Politique
Les avocats de Cellou Dalein Diallo saisissent la Cour de justice de la CEDEAO pour spoliation et poursuites jugées abusives
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par
Diack
Les avocats de l’ancien Premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo, ont annoncé, ce mardi 25 novembre, avoir déposé une requête devant la Cour de justice de la CEDEAO. Cette démarche, présentée comme l’aboutissement de plusieurs années de réflexion, s’articule autour de deux volets majeurs : la contestation de la destruction du domicile de leur client à Dixinn et la dénonciation du caractère jugé abusif des poursuites judiciaires engagées contre lui dans l’affaire dite « Air Guinée ».
Dans leur communiqué transmis à la presse, les conseils du leader politique — Me Amadou Diallo, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth — expliquent qu’ils demandent à la juridiction régionale de constater la spoliation d’un bien immobilier appartenant à M. Diallo. Son domicile avait en effet été rasé en 2022, une décision prise par les autorités militaires au pouvoir en Guinée, et que la défense qualifie de violation flagrante du droit de propriété.
Le second volet de la requête concerne les poursuites menées par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier « Air Guinée ». Les avocats affirment que ces procédures sont dépourvues de fondement juridique et s’inscrivent selon eux dans une logique de « harcèlement politico-judiciaire ». Ils soutiennent que les décisions prises jusqu’ici à l’encontre de leur client témoignent d’un « mal jugé manifeste », assimilable à un véritable déni de justice.
Pour justifier leur recours à la CEDEAO, les avocats évoquent l’absence de garanties juridictionnelles en Guinée. Selon eux, les voies internes de recours sont vouées à l’échec en raison du contexte politique et judiciaire actuel. Ils soulignent que M. Diallo, après avoir longtemps espéré un changement d’attitude des autorités, a été contraint de se tourner vers une instance régionale afin de faire valoir ses droits.
Les défenseurs de l’ancien Premier ministre l’accusent ainsi d’avoir été privé de plusieurs droits fondamentaux, protégés à la fois par la législation guinéenne et par les instruments internationaux auxquels le pays est partie. Ils exhortent désormais la Cour de justice de la CEDEAO à reconnaître l’ensemble des violations qu’ils imputent à l’État guinéen et à en tirer toutes les conséquences juridiques.
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