La cité du rail est à l’arrêt. Depuis les premières heures de ce lundi, les cheminots de Thiès, à 70 kilomètres de Dakar, ont lancé un vaste mouvement de protestation qui a conduit à une interruption totale de la circulation ferroviaire. Aucun train, ni de passagers ni de marchandises, ne circule dans la ville, symbole historique du transport ferroviaire au Sénégal.
Sur les lieux, les agents, visiblement déterminés, ont érigé des barrages symboliques autour des installations ferroviaires et refusent de reprendre le travail tant que leurs revendications ne seront pas entendues. Leur mot d’ordre est clair : « Pas de train tant que nos pensions ne sont pas versées ». Ces travailleurs, pour la plupart retraités ou en fin de carrière après plus de trente années de service, exigent le paiement immédiat de leurs pensions de retraite qu’ils attendent depuis plusieurs mois.
Les manifestants dénoncent le non-respect des engagements pris par les autorités à plusieurs reprises concernant la régularisation de leurs droits sociaux. « Nous avons tout donné au rail sénégalais. Aujourd’hui, nous ne demandons pas la charité, mais simplement ce qui nous revient de droit », lance un ancien conducteur de train, la voix chargée d’émotion. D’autres cheminots fustigent l’indifférence des responsables du secteur, qu’ils accusent de les avoir « oubliés » malgré les promesses répétées lors des précédentes négociations.
La tension est palpable à Thiès, où la population observe avec inquiétude la paralysie du trafic. La grève a un impact direct sur les activités économiques, notamment sur le transport des marchandises vers Dakar et les régions de l’intérieur. Des usagers réguliers du train expriment également leur frustration, redoutant que le blocage ne s’éternise.
Du côté des autorités, aucun communiqué officiel n’a encore été publié. Mais selon des sources proches du dossier, des discussions en urgence seraient en cours pour tenter de désamorcer la crise et éviter que la situation ne dégénère davantage.