Suivez-nous

Société

Les membres de l’ITF Sénégal montent au créneau :

« Nous réclamons la dignité au travail »

Dans une atmosphère empreinte de colère et de détermination, les membres de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) au Sénégal ont tenu, ce mardi à Dakar, une conférence de presse pour dénoncer des conditions de travail jugées « inhumaines » dans plusieurs secteurs clés de l’économie nationale. Sont notamment concernés la pêche artisanale, le transport routier et maritime, ainsi que les services portuaires.

« Nous ne sommes pas des esclaves modernes », a lancé Gora Khouma, coordonnateur des travailleurs du transport, devant une salle comble composée de travailleurs, de journalistes et de responsables syndicaux. « Les travailleurs sont épuisés, mal payés, sans couverture sociale et exposés à des risques permanents. Cela ne peut plus durer », a-t-il martelé.

Des secteurs vitaux, des travailleurs oubliés

Les témoignages recueillis sur place dressent un tableau sombre de la réalité vécue par ces travailleurs : pêcheurs sans gilets de sauvetage, chauffeurs de camions contraints à des journées de 16 heures, dockers sans contrat formel ni assurance maladie.

« Nous contribuons à la richesse du pays, mais nous vivons dans la misère », déplore Mme Diallo, coordonnatrice des femmes de l’ITF Sénégal, qui a également dénoncé les licenciements abusifs constatés au Port autonome de Dakar, notamment au niveau du môle 4.

Appel aux ministres : « Ouvrez vos portes, lisez nos lettres »

Au cœur des revendications figure une profonde frustration face au silence des autorités. Les responsables de l’ITF affirment avoir adressé à plusieurs reprises des courriers aux ministères de tutelle, notamment ceux de la Pêche et des Transports, sans jamais obtenir de réponse.

« Nous demandons simplement à être entendus. Que les ministres ouvrent leurs portes, qu’ils lisent nos lettres et qu’ils viennent voir la réalité sur le terrain », ont plaidé Mbaye Ndiao et Ousmane Sall, membres de l’ITF et représentants respectifs des secteurs du transport terrestre et aérien.

Une réforme du Code du travail attendue

Les syndicats appellent à une réforme urgente du Code du travail sénégalais, qu’ils jugent obsolète et inadapté aux réalités actuelles. Parmi leurs principales revendications figurent :

la reconnaissance effective des droits syndicaux dans tous les secteurs ; l’instauration d’un salaire minimum vital ; la régularisation des travailleurs du secteur informel ; des inspections du travail plus fréquentes et véritablement indépendantes.

Une mobilisation qui s’intensifie

Face à ce qu’ils qualifient d’inaction des pouvoirs publics, les membres de l’ITF n’excluent pas de durcir le ton. Des sit-in, des grèves sectorielles et des actions de sensibilisation sont en préparation.

« Nous ne cherchons pas la confrontation, mais nous n’avons plus le choix. L’ITF est la plus grande organisation syndicale du monde, ce qui témoigne de l’importance stratégique des travailleurs du transport. De bonnes conditions de travail constituent un avantage pour le pays : c’est une clé essentielle de l’économie nationale », a conclu Gora Khouma.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Plus dans Société

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture