Le durcissement de la législation sénégalaise contre l’homosexualité continue de susciter des réactions sur la scène internationale. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé de vives inquiétudes à la suite de l’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles.
Dans une déclaration rendue publique, le responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit « profondément préoccupé » par cette réforme législative. Le texte adopté prévoit notamment de doubler la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties entre adultes, la portant désormais à dix ans de prison. La loi introduit également des sanctions pénales contre toute personne reconnue coupable de « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.
Pour Volker Türk, cette législation pose de sérieuses questions en matière de respect des droits fondamentaux. Selon lui, elle « bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique ». Il rappelle que ces principes sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.
Le Haut-Commissaire estime également que cette loi pourrait exposer davantage certaines catégories de la population à des abus et à des violences. Selon lui, un tel dispositif juridique risque d’encourager des crimes de haine, des arrestations arbitraires, des actes de chantage et diverses formes de discrimination dans plusieurs domaines essentiels de la vie sociale, notamment l’éducation, l’accès aux soins de santé, l’emploi ou encore le logement.
Volker Türk s’inquiète par ailleurs des conséquences que pourrait avoir cette loi sur l’espace civique. Il souligne qu’elle pourrait restreindre le travail des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des médias, tout en limitant la liberté d’expression de nombreux citoyens sénégalais.
Face à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé un appel direct aux autorités sénégalaises. Il exhorte notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à ne pas promulguer ce texte et invite les autorités à revoir la législation en vigueur. Selon lui, les efforts devraient plutôt s’orienter vers la garantie du respect des droits humains pour tous, sans discrimination.