En lice pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a poursuivi la présentation de son projet de réforme de l’organisation lors de son Grand Oral devant les États membres. Répondant à une question portant sur la principale menace qui pèse aujourd’hui sur les citoyens du monde, en référence au préambule de la Charte des Nations Unies, le candidat sénégalais a défendu une vision axée sur le retour aux fondamentaux de l’institution et sur une prise en charge urgente des grands défis démographiques, en particulier ceux liés à la jeunesse.
Pour Macky Sall, la crédibilité et l’efficacité de l’ONU dépendent avant tout de sa capacité à renouer avec les missions qui ont fondé son existence. Selon lui, l’organisation doit recentrer son action sur les quatre piliers qui constituent le socle du système multilatéral : la paix, la sécurité, le développement et la promotion des droits humains. À ses yeux, c’est en consolidant ces priorités que l’institution pourra répondre aux attentes des peuples et retrouver une place centrale dans la gouvernance mondiale.
« Pour représenter dignement les peuples et répondre à la promesse de la Charte, nous devons revenir aux fondamentaux de l’organisation, la paix, la sécurité, le développement et les droits humains », a déclaré l’ancien chef de l’État devant l’assemblée.
Au-delà de cette réaffirmation des principes fondateurs de l’ONU, Macky Sall a mis l’accent sur ce qu’il considère comme le principal défi du XXIe siècle : l’avenir de la jeunesse mondiale. Il estime que les tensions sociales, les migrations, l’instabilité politique et les conflits trouvent souvent leur origine dans l’absence de perspectives offertes aux jeunes générations.
S’appuyant sur les tendances démographiques actuelles, il a rappelé que la planète compte aujourd’hui près de quatre milliards de jeunes, un chiffre qui impose, selon lui, une mobilisation internationale sans précédent en faveur de l’éducation, de la formation professionnelle et de la création d’emplois. « Agir efficacement sur ces leviers permet de donner une réponse appropriée à la jeunesse du monde. Je rappelle qu’aujourd’hui, on a près de 4 milliards de jeunes pour lesquels il faut trouver une éducation, une formation et un emploi », a-t-il souligné.
Le candidat a également consacré une partie de son intervention à la question des droits des femmes, qu’il considère comme un facteur déterminant du développement durable et de la stabilité des sociétés. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les politiques de protection des femmes et des jeunes filles, notamment en matière d’accès à l’éducation, d’égalité des droits et d’autonomisation.
« Il faut surtout défendre les femmes dans leurs droits, les jeunes filles dans leur éducation et dans leur statut », a-t-il affirmé, estimant que le progrès des sociétés passe nécessairement par une meilleure inclusion des femmes dans les processus de développement.
En conclusion de son intervention, Macky Sall a esquissé les grandes lignes de son éventuel mandat à la tête des Nations Unies. Il a appelé à une coopération renforcée entre tous les États membres afin de restaurer l’influence de l’organisation sur les grands dossiers internationaux et de réaffirmer la pertinence du multilatéralisme face aux crises contemporaines.
« Travailler de concert avec l’ensemble des États membres autour de ces priorités doit permettre, à l’issue des prochaines cinq années, de voir que l’ONU est revenue au centre du jeu mondial dans le cadre d’un multilatéralisme rénové au service de l’ensemble des États membres », a conclu l’ancien président sénégalais.