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Religion

Magal 2025 : Cheikh Bassirou Mbacké dénonce le faible investissement de l’État à Touba malgré son poids spirituel

La cérémonie d’évaluation finale du Grand Magal de Touba, qui s’est tenue ce samedi, a réuni le ministère de l’Intérieur et le Comité d’Organisation autour d’un bilan de l’édition 2025. L’occasion a été marquée par une intervention de Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, qui a rappelé la portée historique et spirituelle de l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme. Il a évoqué les épreuves, complots et persécutions auxquels le saint homme a été confronté, avant que son parcours ne se conclue par un acte de pardon universel, symbole de grandeur et d’élévation spirituelle.

Saluant la présence et l’engagement du ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, Serigne Bassirou Mbacké a souligné que l’État avait respecté ses engagements pris dans le cadre de la préparation de l’événement. Il a toutefois tenu à revenir sur l’héritage de Serigne Touba, rappelant que son combat allait au-delà de la religion, puisqu’il visait à libérer l’homme noir, à restaurer sa dignité et à le décomplexer face aux injustices de l’époque.

À ce titre, il a vivement réagi contre les propos de certains qui qualifient les populations de Mbacké et de Touba d’analphabètes. Pour lui, une telle perception trahit une méconnaissance profonde de la réalité, puisque les daaras, piliers de l’éducation coranique, transmettent un savoir riche et structuré, contribuant à la formation intellectuelle et morale des habitants.

Sur le plan des infrastructures et du développement, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a exprimé un certain regret quant au niveau d’investissement de l’État à Touba. Selon lui, en dehors du projet autoroutier, les financements publics n’ont pas atteint les 100 milliards de francs CFA, une somme qu’il juge dérisoire face aux besoins de la ville et à sa contribution à l’histoire nationale. Il a comparé cette enveloppe à celle destinée à Dakar, où plus de 2 000 milliards de francs CFA sont investis, dénonçant une disparité qu’il estime injuste.

En conclusion, il a appelé à un rééquilibrage des priorités d’investissement, estimant que Touba mérite une attention proportionnelle à son importance spirituelle, historique et socio-économique pour le Sénégal et, plus largement, pour la communauté noire.


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