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Maître Ciré Clédor Ly met en garde le tandem Sonko-Diomaye : « Le pouvoir est pris, mais il n’est pas pleinement exercé »

Dans un contexte post-électoral marqué par les attentes d’une jeunesse déterminée à voir le changement se concrétiser, Maître Ciré Clédor Ly, avocat de renom et figure influente du barreau sénégalais, a lancé un vibrant appel au duo présidentiel Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Selon lui, l’heure n’est plus à la prudence mais à l’action. Il estime que la survie du nouvel ordre politique issu des urnes dépend d’une refonte profonde, voire radicale, de la justice et de l’administration.

« Tout État qui ne se dote pas d’une justice forte est destiné à l’effondrement », avertit Maître Ly, pour qui la justice doit être « une lance de fer dans un fourreau d’acier ». L’avocat ne mâche pas ses mots et dénonce la faiblesse structurelle du système judiciaire sénégalais, qu’il juge gangrené par des années de compromissions et de soumissions au pouvoir politique. « Une justice faible est une justice de compromission », tranche-t-il, rappelant que de nombreux juges et procureurs ayant activement participé à la répression durant les trois années de crise politique « restent impunis et commencent à échapper à toute sanction pénale et pécuniaire ».

Pour l’avocat, cette absence de reddition de comptes met en péril la crédibilité du processus de rupture promis par le nouveau pouvoir. Mais le mal, selon lui, ne s’arrête pas à la justice. Maître Ly s’en prend également à une administration qu’il qualifie de « compradore », c’est-à-dire dépendante d’intérêts étrangers et hostiles au changement. « Cette administration travaille intelligemment et méthodiquement à l’échec du gouvernement d’Ousmane Sonko », accuse-t-il, estimant que des forces internes s’activent pour neutraliser les réformes.

Plus grave encore, il alerte sur l’existence d’une « contre-révolution » en gestation, soutenue selon lui par des réseaux internes et des appuis extérieurs. « Elle est prête à l’assaut, avec une 5e colonne qui partira de l’Hexagone, de Paris, dès la semaine prochaine », prévient-il, appelant le pouvoir à ne pas adopter une posture défensive, mais à réagir avec fermeté et anticipation.

Maître Ciré Clédor Ly, connu pour son franc-parler et son engagement constant aux côtés des victimes de la répression, exhorte le tandem Sonko-Diomaye à ne pas trahir l’esprit de la révolution citoyenne. Il rappelle le prix élevé payé par le peuple sénégalais au cours des dernières années : « Le Sénégal a vécu trois interminables années de répression sanglante, d’emprisonnements arbitraires, de tortures, de barbarie et de meurtres. »

Dans une mise en garde solennelle, il avertit le nouveau gouvernement : « Toute révolution non assumée et qui s’accommode de réformes non systémiques est vouée à un lamentable échec. » Pour lui, la rupture doit être totale et les réformes engagées doivent rompre avec les logiques du passé. « Le système doit être cassé, le pouvoir pleinement exercé et les commandes confiées à ceux qui avaient donné de leur liberté et de leur sang », martèle-t-il.

En s’adressant directement au président de la République et à son Premier ministre, l’avocat souligne la légitimité historique du duo au pouvoir : « Le tandem Sonko-Diomaye a l’onction de tout un peuple, la légitimité et la légalité. Le pouvoir est pris, mais il n’est pas pleinement exercé. »

Maître Ly conclut en revenant à ce qu’il considère comme le cœur de la transformation à venir : la justice. Selon lui, celle-ci, censée être la gardienne du nouvel ordre démocratique, « est restée sous le contrôle de l’ordre renversé ». D’où son appel à accélérer la cadence, à assumer sans réserve la rupture et à faire de la justice le socle d’un État véritablement nouveau.


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