Récemment nommé ministre-conseiller et porte-parole de la Présidence de la République, Abdoulaye Tine affiche clairement ses ambitions : transformer en profondeur la communication officielle de l’État et instaurer une relation plus directe, plus structurée et plus transparente avec les citoyens ainsi qu’avec les médias.
Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur ce mardi, l’avocat de formation a détaillé les grandes orientations qu’il entend donner à cette nouvelle mission stratégique au cœur du pouvoir exécutif. Dès ses premières déclarations, il a voulu imprimer un ton différent, axé sur la rigueur, la pédagogie et la défense des faits.
Revenant sur l’absence du président Bassirou Diomaye Faye au meeting politique organisé à Mbour, Me Abdoulaye Tine a tenu à apporter des clarifications afin de couper court aux interprétations politiques. Selon lui, le chef de l’État était mobilisé par des obligations diplomatiques majeures liées au sommet Africa Forward organisé à Nairobi, au Kenya. Il a insisté sur le fait qu’un président de la République doit avant tout privilégier les intérêts stratégiques du pays et les négociations internationales importantes.
« Un Président ne sacrifie pas des négociations stratégiques pour un meeting, même si important soit-il », a-t-il affirmé, soulignant ainsi la priorité accordée par les autorités sénégalaises aux enjeux économiques, diplomatiques et géopolitiques du moment.
Au-delà de cette mise au point, le nouveau porte-parole a surtout présenté sa vision d’une communication présidentielle rénovée. Me Tine estime que la parole publique doit désormais s’appuyer sur des bases solides, notamment la transparence, la responsabilité et l’accès à l’information. Il affirme vouloir rompre avec certaines pratiques du passé jugées trop fermées ou insuffisamment explicatives.
Dans cette perspective, il annonce l’instauration de points de presse hebdomadaires afin de permettre aux journalistes et à l’opinion publique de disposer régulièrement d’informations officielles sur les décisions gouvernementales et les grandes orientations de l’État. Ces rencontres devraient être accompagnées de briefings thématiques associant les ministres concernés par les différents dossiers abordés.
Le ministre-conseiller souhaite également renforcer l’accès des citoyens aux documents publics grâce à la création d’un portail numérique dédié. Cette plateforme devrait centraliser plusieurs informations administratives, rapports et documents officiels afin de faciliter la consultation par le public et d’encourager une gouvernance plus ouverte.
Sur la question des relations avec la presse, Me Abdoulaye Tine envisage aussi une réforme du système d’accréditation des journalistes au Palais présidentiel. Selon lui, cette démarche serait placée sous la supervision d’une commission indépendante et reposerait sur des critères strictement déontologiques, dans le but de professionnaliser davantage l’accès aux activités présidentielles tout en garantissant l’équité entre les organes de presse.
Face à la montée de la désinformation et à la circulation rapide de fausses informations sur les réseaux sociaux, le nouveau porte-parole promet une communication plus réactive et davantage documentée. Il estime que les autorités doivent répondre rapidement aux polémiques et aux manipulations par des faits vérifiables et des explications précises.
À travers cette nouvelle stratégie, Me Abdoulaye Tine affirme vouloir accompagner une nouvelle étape de l’action gouvernementale, tournée vers les réformes structurelles et la consolidation de la stabilité institutionnelle. Il assure que la coalition au pouvoir entend désormais se concentrer sur les grands chantiers économiques, sociaux et administratifs afin de répondre aux attentes des Sénégalais.