Prenant part à la conférence de presse organisée ce jeudi par les avocats de l’ancien Président Macky Sall, Me Aïssata Tall Sall a livré une charge soutenue contre le gouvernement actuel, qu’elle accuse de propager des accusations infondées autour d’une prétendue « dette cachée ».
L’ancienne ministre des Affaires étrangères et membre du pool d’avocats de l’ancien chef de l’État a ouvertement interpellé le Premier ministre, l’invitant à apporter la preuve de ses déclarations. « Tout le monde se souvient, lorsque le Premier ministre a fait sa sortie, pour dire qu’il y a une dette ‘cachée’ au Sénégal. Il ne nous dit pas comment cette dette a été cachée, et en quoi consiste cette dette cachée. Mais en disant cela, il laisse croire qu’il y a des éléments en sa possession qui confirment cette dette », a déclaré Me Tall Sall, avant de lancer un défi direct : « Sur quoi s’est basé le gouvernement pour dire qu’il y a une dette cachée ? Il faut qu’il nous montre les éléments en sa possession. »
Pour l’avocate, le refus du gouvernement de communiquer les documents censés étayer ses propos constitue une violation flagrante de la loi. Elle a accusé l’exécutif d’avoir « délibérément caché » ces informations, malgré les demandes écrites formulées par les conseils de l’ancien Président. « Nous avons adressé une première lettre au gouvernement, et il a fait l’autruche », a-t-elle fustigé.
Dans son plaidoyer, Me Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire, estimant qu’elle porte atteinte non seulement à l’honneur de Macky Sall, mais aussi à l’intégrité de tout son régime. « Cette affaire, il faut la tirer au clair. Pour l’honneur de Macky Sall et pour tout son régime. Nous ne lâcherons pas parce qu’il est facile d’accuser les gens », a-t-elle martelé, visiblement déterminée à défendre l’ancien chef de l’État contre ce qu’elle considère comme une campagne de dénigrement.
L’avocate a également tenu à clarifier le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans ce débat, niant catégoriquement que l’institution de Bretton Woods ait jamais évoqué l’existence d’une « dette cachée » du Sénégal. « J’étais moi-même aux Assemblées générales du FMI, le Sénégal était sur toutes les langues. Madame Georgieva faisait un débriefing, comme cela se fait dans les rencontres annuelles du Fonds. Elle s’est juste prononcée sur l’importance de trouver des plages de convergence avec le Sénégal pour sortir de cette situation », a-t-elle expliqué.
Selon elle, le FMI n’a jamais mené d’expertise ni produit de rapport concluant à une dissimulation de dettes. C’est pourquoi elle estime que cette controverse a été « montée de toutes pièces » par les nouvelles autorités. « Le FMI n’a jamais parlé de dette cachée. Cette affaire de dette cachée est montée de toutes pièces », a-t-elle conclu, dénonçant ce qu’elle perçoit comme une instrumentalisation politique de la question de la dette publique.