Modification de l’article 37 : Abdou Mbow accuse Pastef de « ruse » sur la déclaration de patrimoine

Le débat sur la modification de l’article 37 de la Constitution a donné lieu à une nouvelle passe d’armes à l’Assemblée nationale. Après Guy Marius Sagna, c’est au tour d’Abdou Mbow de monter au créneau pour dénoncer la position des députés de Pastef sur les nouvelles règles relatives à la déclaration de patrimoine des principales autorités de l’État.

Prenant la parole en séance plénière, le député de l’opposition a vivement contesté la version initialement défendue par la majorité parlementaire. Selon lui, les députés de Pastef auraient tenté d’introduire, dans le texte portant modification de l’article 37, une disposition prévoyant une déclaration de patrimoine du président de l’Assemblée nationale auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) uniquement au début de son mandat.

Abdou Mbow affirme surtout que cette déclaration n’aurait pas été exigée à la fin du mandat et qu’elle n’aurait pas non plus été soumise à une obligation de publication. Une disposition que le parlementaire assimile à une tentative de contourner les exigences de transparence.

« Les députés de Pastef avaient, dans le texte portant modification de l’article 37, voulu faire passer une ruse », a-t-il lancé devant les députés, estimant que le traitement réservé au président de l’Assemblée nationale était différent de celui prévu pour le président de la République.

D’après l’ancien président du groupe parlementaire de l’opposition, le chef de l’État devait, lui, être soumis à une obligation de déclaration de patrimoine aussi bien à son entrée en fonction qu’à sa sortie, avec, dans les deux cas, une publication des informations. Abdou Mbow voit dans cette différence de régime une incohérence qu’il juge difficilement défendable au regard des exigences de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Le député affirme toutefois que la position de la majorité aurait évolué au cours de l’examen du texte. Il explique que le changement serait intervenu après la présentation, en commission, de l’amendement introduit par le gouvernement par l’intermédiaire du ministre de la Justice.

Selon Abdou Mbow, les députés de la majorité auraient finalement accepté cet amendement, qui vise notamment à renforcer les obligations liées à la déclaration de patrimoine. Pour lui, cette évolution aurait été dictée en partie par la crainte que l’opinion publique interprète autrement le dispositif initial.

« Il faut donc expliquer dans le rapport que vous avez accepté à contrecœur l’amendement », a-t-il lancé à l’endroit des députés de la majorité, les invitant ainsi à assumer publiquement leur changement de position.

L’intervention d’Abdou Mbow ne s’est toutefois pas limitée à une critique technique du texte. Profitant de l’absence du président de l’Assemblée nationale au moment des débats, le député de l’opposition a directement ciblé Ousmane Sonko. Il l’a notamment qualifié de « manipulateur », avant d’étendre ses attaques à l’ensemble du groupe parlementaire de Pastef.

Abdou Mbow a ainsi dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre le discours de rupture et les pratiques parlementaires de la majorité. Il a également accusé les députés de Pastef d’« incohérence », d’« arrogance » et d’« ignorance », donnant une dimension nettement politique à un débat initialement centré sur les règles constitutionnelles encadrant la déclaration de patrimoine.

Cette nouvelle confrontation illustre la forte polarisation des débats autour de la réforme de l’article 37. Au-delà de la question juridique, les échanges entre majorité et opposition mettent désormais en lumière un enjeu politique majeur : celui de la transparence et de l’égalité des obligations imposées aux plus hautes autorités de l’État.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Quitter la version mobile