L’équipe nationale U17 du Sénégal s’apprête à disputer sa troisième Coupe du monde, prévue du 3 au 27 novembre 2025 au Qatar, mais son parcours préparatoire a été semé d’embûches. À quelques jours du coup d’envoi, les Lionceaux, dirigés par Pape Ibrahima Faye (PIF), rejoindront Doha ce mercredi, sans avoir bénéficié d’une préparation à la hauteur des ambitions affichées.
Selon les informations relayées par Wiwsport, la préparation des jeunes Sénégalais a été marquée par de graves dysfonctionnements organisationnels et un manque criant de matchs de haut niveau. Contrairement aux précédentes éditions, les Lionceaux n’ont disputé que deux rencontres amicales internationales, toutes deux face au Maroc, à l’invitation du royaume chérifien. Ces confrontations se sont soldées par deux matchs nuls (0-0 et 2-2), des résultats encourageants sur le plan comptable, mais insuffisants pour évaluer réellement le potentiel du groupe et corriger les failles techniques ou tactiques.
Depuis leur retour du Maroc, la préparation s’est limitée à des matchs contre des clubs et écoles de football locaux, un programme jugé trop léger pour une équipe appelée à affronter les meilleures sélections mondiales. « C’est quand même compliqué de préparer une Coupe du monde sans véritables tests internationaux. Ces rencontres permettent de jauger le niveau, de corriger les erreurs et de forger l’expérience », a confié une source proche de la sélection. Elle ajoute : « Certains joueurs n’ont jamais voyagé à l’international. Il aurait été préférable d’organiser d’autres matchs amicaux à l’extérieur pour leur permettre de se confronter à d’autres styles de jeu. »
Mais au-delà du volet sportif, ce sont les conditions logistiques et matérielles qui suscitent le plus d’inquiétude. Selon Le Quotidien, même les séances d’entraînement ont été entravées par des problèmes d’accès aux infrastructures. « Contre le Maroc en amical, on nous a refusé l’accès au stade Lat Dior parce que les Marocains devaient s’y entraîner », confie une source au sein du staff. D’autres difficultés ont également été rencontrées au centre technique de Toubab Dialaw, où le regroupement a été interrompu à plusieurs reprises. « Une fois, il a fallu laisser la place aux stadiers qui faisaient leur stage pendant une semaine. La semaine passée, on nous a encore chassés le vendredi pour laisser la place aux préparateurs de gardiens de but de la Ligue 1 », déplore notre interlocuteur, avant de s’interroger : « Est-ce que les dirigeants y croient vraiment, ou pensent-ils qu’une simple participation à la Coupe du monde suffit ? »
Ces témoignages révèlent un manque de considération préoccupant pour une génération appelée à défendre les couleurs nationales sur la scène mondiale. D’autant plus que plusieurs sélections déjà qualifiées ont rejoint le Qatar depuis plusieurs jours pour s’acclimater et finaliser leur préparation, alors que les Lionceaux ne doivent quitter Dakar que ce mercredi matin.
Autre signe du désordre ambiant : la traditionnelle remise du drapeau national n’avait toujours pas eu lieu à la veille du départ. La seule visite officielle de la Fédération sénégalaise de football (FSF) aux Lionceaux s’est tenue samedi dernier, après le match nul (0-0) des Lionnes face à la Côte d’Ivoire, dans le cadre des éliminatoires de la CAN féminine.
Malgré ce contexte difficile, l’équipe de Pape Ibrahima Faye entend faire honneur au Sénégal et franchir un nouveau cap après deux éliminations consécutives en huitièmes de finale lors des éditions précédentes. Logés dans le groupe C, les Lionceaux débuteront leur tournoi le lundi 3 novembre face à la Croatie, avant d’affronter le Costa Rica le 6 novembre, puis les Émirats arabes unis le 9 novembre.