Réunis autour d’un ndogou organisé ce samedi par l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE), les alliés d’Ousmane Sonko ont assisté à une prise de parole très attendue du Premier ministre. Loin d’être une simple rencontre conviviale du mois de Ramadan, l’événement s’est transformé en véritable moment de clarification politique, durant lequel le leader de Pastef a tracé les grandes lignes de sa stratégie pour les années à venir.
La rencontre s’est ouverte par une intervention d’Aïda Mbodj, figure politique et membre influente de cette dynamique d’alliance. Après cette introduction, Ousmane Sonko a pris la parole devant ses partenaires politiques pour livrer un discours structuré autour de plusieurs axes majeurs qui traduisent clairement sa volonté de consolider son espace politique tout en préparant les échéances électorales futures.
Le Premier ministre a d’abord tenu à répondre aux spéculations qui agitent depuis plusieurs semaines les cercles politiques concernant son éventuel départ du gouvernement. Sur cette question, il s’est montré catégorique. Ousmane Sonko a affirmé qu’il ne démissionnera pas de ses fonctions de chef du gouvernement. Selon lui, seul le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dispose du pouvoir constitutionnel de mettre fin à ses fonctions de Premier ministre. Par cette déclaration, il semble vouloir mettre un terme aux appels, parfois venus de l’intérieur même de la majorité présidentielle, qui évoquent la nécessité d’un remaniement ou d’un retrait volontaire.
Cette position traduit également la volonté du président de Pastef de conserver une pleine marge de manœuvre politique. Ousmane Sonko entend en effet poursuivre l’organisation et la structuration de ses alliances politiques dans la perspective de la présidentielle de 2029. À cet égard, l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique apparaît de plus en plus comme un cadre stratégique destiné à fédérer ses soutiens et à préparer l’avenir.
Le Premier ministre a d’ailleurs replacé cette démarche dans la continuité de la stratégie d’alliances qui a toujours caractérisé son parcours politique. Il a rappelé qu’en 2017, son mouvement avait participé à la coalition Ndaw Askan Wi. Deux ans plus tard, lors de l’élection présidentielle de 2019, Pastef avait noué des alliances notamment avec le MRDS et plusieurs autres formations politiques. En 2022, le parti avait rejoint la coalition Yewwi Askan Wi, avant de participer en 2024 à la coalition Diomaye Président qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême.
Seules les élections législatives de 2024 avaient constitué une exception dans cette logique d’alliance, Pastef ayant alors choisi de se présenter seul afin de sécuriser une majorité parlementaire solide à l’Assemblée nationale.
Au-delà des échéances nationales, Ousmane Sonko a également fixé un objectif politique immédiat pour les prochaines élections locales prévues en 2027. Le Premier ministre ambitionne, avec ses alliés, de remporter l’ensemble des mairies du pays. Cette stratégie territoriale vise à renforcer l’implantation locale de son camp politique et à consolider les bases électorales avant toute nouvelle confrontation nationale.
Enfin, le chef du gouvernement a abordé la question sensible d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, un sujet qui alimente régulièrement le débat politique. Sans s’opposer frontalement à cette hypothèse, Ousmane Sonko a néanmoins tenu à rappeler qu’il dispose lui aussi d’une coalition structurée. Ce rappel a été interprété comme un avertissement politique à peine voilé, laissant entendre que toute décision de dissolution pourrait modifier l’équilibre interne de la majorité et ouvrir un nouveau rapport de force politique.