Le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur la situation urbaine de Dakar, qu’il juge devenue « insoutenable ». Intervenant lors de la journée de partage Dakar Métropole Internationale 2050, il a pointé la responsabilité des institutions dans la gestion chaotique de la capitale.
« Les déséquilibres sont profonds, la croissance urbaine est devenue incontrôlable. Dakar, c’est 4 millions d’habitants sur moins de 0,3 % du territoire national, avec en moyenne 100.000 nouveaux arrivants chaque année. 45 % de l’habitat est hors-norme, sans plan ni raccordement », a dénoncé le chef du gouvernement.
Selon lui, cette urbanisation sauvage engendre congestion, manque de logements, déficit d’équipements et problèmes de mobilité. Il a également rejeté l’argument qui attribue les inondations aux caractéristiques du sol de Dakar :
« Avant cette urbanisation incontrôlée, il pleuvait peut-être même plus et il n’y avait pas ces problèmes. Dans le sud du pays, il tombe près de 2.000 mm de pluie contre 400 mm à Dakar, pourtant les inondations y sont rares. C’est bien la mauvaise urbanisation qui explique la situation », a-t-il insisté.
Le Premier ministre a par ailleurs critiqué la gestion des lotissements par les services publics. « Autrefois, sous la colonisation, on réglait d’abord les questions d’assainissement et de voirie avant d’autoriser les constructions. Aujourd’hui, avec les quartiers sauvages et même les lotissements administratifs, l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre pilotent chacun de leur côté, et ensuite chacun se débrouille pour amener l’eau, l’électricité ou l’assainissement », a-t-il regretté.
À travers ce constat, Ousmane Sonko entend replacer la question de la planification urbaine au cœur des priorités pour l’avenir de Dakar, capitale confrontée à une pression démographique et foncière sans précédent.