Politique
Ousmane Sonko rejette toute restructuration de la dette et défend la stratégie de redressement économique du Sénégal
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par
Diack
En marge de la visite officielle de travail et d’amitié de son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, effectuée ce jeudi au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé avec fermeté la position du gouvernement sénégalais : il n’est pas question d’accepter une restructuration de la dette publique. Une déclaration sans ambiguïté, faite dans un contexte économique particulièrement tendu, marqué par une dette estimée à 119 % du produit intérieur brut et un déficit budgétaire avoisinant les 13 %.
Face à cette situation qu’il a lui-même qualifiée de « presque catastrophique », le chef du gouvernement a tenu à défendre la stratégie de redressement engagée par les nouvelles autorités. Devant la presse, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots en revenant sur la gestion de l’ancien régime, qu’il accuse d’avoir gravement compromis l’avenir du pays pour des « considérations purement politiciennes et électoralistes ». Selon lui, la gravité de la situation financière actuelle n’est plus sujette à débat, les chiffres étant désormais établis et validés aussi bien par les institutions nationales que par les partenaires bilatéraux et multilatéraux. « Aucun homme politique ne voudrait avoir le pays dans cette situation », a-t-il déclaré, en réponse à une question d’une journaliste.
Loin de tout fatalisme, le Premier ministre a lancé un appel à la mobilisation nationale. Il a invité les Sénégalais à consentir aux sacrifices nécessaires pour « remettre définitivement le pays sur les rails ». Dans cette optique, il a détaillé les principales mesures prises par le gouvernement, notamment un vaste programme de rattrapage budgétaire, accompagné d’une rationalisation rigoureuse des recettes et des dépenses publiques.
Le budget 2025, selon lui, illustre concrètement ces efforts, avec une réduction significative des dépenses de fonctionnement de l’État. Ousmane Sonko a également annoncé que les réformes structurelles en cours devraient permettre de dégager des ressources additionnelles importantes, estimées à 960 milliards de francs CFA à l’horizon 2026, un montant appelé à augmenter davantage en 2027.
Sur le plan de la dette, le chef du gouvernement s’est félicité des résultats obtenus en matière de refinancement. Il a souligné que le Sénégal est parvenu à refinancer sa dette essentiellement sur le marché régional, et ce, sans recourir à de nouveaux emprunts depuis plus d’un an et demi, malgré l’existence d’échéances de remboursement importantes. « Nous considérons que nos projections, aussi bien de croissance que de recettes, sont raisonnables », a-t-il assuré, précisant que ces projections ont été validées par l’ensemble des partenaires du pays, y compris le Fonds monétaire international.
Toutefois, Ousmane Sonko n’a pas manqué de rappeler la « part de responsabilité » du FMI dans la situation actuelle, tout en soulignant que l’institution continue d’être présente au Sénégal à travers ses missions de supervision. Un rappel qui traduit une volonté de dialogue, mais aussi une affirmation claire de la souveraineté des choix économiques du pays.
Enfin, le Premier ministre a tenu à insister sur le caractère unanime et inflexible de la position gouvernementale concernant la restructuration de la dette. « Nous ne pouvons pas comprendre qu’on veuille nous imposer une restructuration », a-t-il martelé, avant de préciser qu’il ne s’agit nullement d’une position personnelle. « Ce n’est pas une position de Ousmane Sonko, mais celle du président de la République et du gouvernement tout entier. Et nous comptons y rester », a-t-il affirmé avec fermeté.
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