Politique
Pastef resserre les rangs face à la présidence : une réunion sous haute tension autour de la nomination d’Aminata Touré
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par
Diack
Selon les informations rapportées par Libération, le bureau politique du Pastef s’est réuni samedi sous la présidence d’Ousmane Sonko, dans une atmosphère lourde de crispations politiques. Cette session extraordinaire intervient à la suite d’une décision jugée controversée : le président Bassirou Diomaye Faye a remplacé Aïda Mbodj par Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ». Un choix qui a immédiatement fait émerger des remous internes et provoqué une véritable fronde au sein de l’alliance.
Durant cette rencontre particulièrement attendue, Ousmane Sonko aurait, toujours selon Libération, exprimé sans détour son désaccord profond avec le chef de l’État. L’ancien opposant devenu Premier ministre conteste fermement la légitimité de cette nomination, estimant que le président Faye a outrepassé ses prérogatives. Pour Sonko et plusieurs cadres du parti, le pouvoir de démettre ou de nommer la tête de la coalition ne relève pas de la présidence mais de la Conférence des leaders, qui avait initialement choisi Aïda Mbodj. La décision de Diomaye Faye est ainsi perçue comme un acte unilatéral, voire comme une remise en cause directe du pacte politique qui lie les différentes composantes de la majorité.
Les débats auraient été vifs, traduisant un malaise grandissant au sein du bloc présidentiel. À l’issue de la réunion, le bureau politique a finalement décidé de rédiger une lettre officielle à l’attention du président de la République. Cette missive vise à solliciter une audience afin d’exposer clairement la position du parti sur cette réorganisation interne et de rappeler les règles de fonctionnement convenues au sein de la coalition. Pour le Pastef, il s’agit de réaffirmer son rôle, son poids politique et ses prérogatives, tout en tentant de redresser ce qu’il considère comme un dérapage institutionnel.
Au-delà de la simple question de leadership au sein de la coalition, cette crise met en lumière une fissure grandissante entre la présidence et le Pastef, pourtant piliers de la même majorité. La nomination d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure politique de premier plan, est analysée par certains responsables du parti comme une manœuvre stratégique visant à redéfinir les équilibres internes en faveur du président. Pour d’autres, elle marque le début d’un recentrage politique qui pourrait marginaliser certaines voix historiques de la coalition.
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