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Politique

Pikine : Vives tensions entre Anta Babacar Ngom et la ministre Fatou Diouf lors du Forum des femmes

Le Forum des femmes, organisé ce week-end à Pikine, a été le théâtre d’un échange tendu entre deux figures politiques de premier plan : la députée Anta Babacar Ngom, présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), et la ministre des Pêches, Dr Fatou Diouf. Un affrontement verbal qui a vivement animé les débats et mis en lumière les clivages sur la situation des femmes et l’action gouvernementale.

« Le président et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine »

Devant un public majoritairement féminin, Anta Babacar Ngom n’a pas mâché ses mots. Prenant la parole avec assurance, l’ancienne candidate à la présidentielle a ouvertement critiqué l’inaction du pouvoir en place dans la banlieue dakaroise. « Le président de la République et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine. Nous sommes dans l’obligation de vous le dire, parce que c’est la vérité », a-t-elle lancé, provoquant une onde de murmure dans l’assemblée.

Se défendant de toute intention politicienne, Anta Babacar Ngom a insisté sur la légitimité de ses propos : « Je ne suis pas venue faire de la politique, mais juste parler de la femme et de ses préoccupations. Cependant, je suis dans l’impossibilité de respecter cette volonté : la situation l’impose. » Elle a notamment évoqué les inégalités persistantes qui frappent les femmes sénégalaises : un taux de chômage de 31,5 % chez les femmes en âge de travailler, une prédominance des femmes dans les couches vulnérables (plus de 60 %), un écart salarial de 23 % entre les sexes et une représentation féminine dans les sphères de décision limitée à moins de 15 %.

Dr Fatou Diouf riposte : « La campagne est terminée, l’heure est au travail »

Ces critiques n’ont pas laissé la ministre des Pêches indifférente. Visiblement piquée au vif, Dr Fatou Diouf a tenu à répondre sans détour. « Anta est toujours en campagne électorale. Je lui rappelle que la campagne est terminée. L’heure est au travail. Il y a un temps pour la politique et un temps pour l’action », a-t-elle rétorqué, en rappelant que les priorités du gouvernement étaient désormais axées sur le redressement du pays.

La ministre, native de Pikine, s’est dite avant tout « femme de cette localité » et a défendu l’action de l’État, notamment dans son propre département ministériel. « Le pays ne peut pas se redresser en une seule année, tant le préjudice est lourd. Mais il faut reconnaître que des efforts sont en cours. Je prends l’exemple de mon département : aujourd’hui, les femmes y ont du pouvoir. Et ce forum en est la preuve. »

Si le ton et les approches divergent, les deux intervenantes s’accordent néanmoins sur l’urgence d’une meilleure implication des femmes dans les sphères de décision. Pour Anta Babacar Ngom, cette émancipation passe par un engagement politique affirmé : « Ce forum n’aura de sens que si nous en faisons un levier d’action. Engageons-nous politiquement pour être dans les instances de décision. Nous devons avoir le courage de diriger, car nous en sommes capables ! »

De son côté, Dr Fatou Diouf semble miser sur le travail institutionnel et les réformes en cours pour améliorer la condition des femmes, tout en appelant à la patience et à l’unité autour de l’effort national.


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