Le Front syndical pour la défense du travail a exprimé sa vive inquiétude face à la situation sociale dans plusieurs secteurs, notamment celui de l’éducation. Lors d’un point de presse tenu le 12 mars 2026, à Dakar, la plateforme syndicale dirigée par Mody Guiro, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal, a dénoncé ce qu’elle considère comme une dégradation préoccupante du climat social, marquée par des licenciements jugés abusifs et des sanctions financières contre des enseignants grévistes.
Face à cette situation, le Front syndical a annoncé le dépôt d’un préavis de grève ainsi que l’organisation d’une marche pacifique prévue le 08 avril prochain. Ces actions, selon ses responsables, visent à attirer l’attention des autorités sur les difficultés rencontrées par de nombreux travailleurs et à exiger le respect des engagements pris dans le cadre du dialogue social.
Prenant la parole devant la presse, Mody Guiro a vivement critiqué les ponctions opérées sur les salaires des enseignants ayant observé des mouvements de grève. Pour lui, ces mesures sont non seulement injustes, mais constituent également une forme de manque de considération envers les professionnels de l’éducation. Il a souligné que ces derniers jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement et la pérennité du système éducatif sénégalais.
Le responsable syndical a également exprimé sa préoccupation face à ce qu’il qualifie de multiplication alarmante des licenciements dans plusieurs secteurs d’activité. Selon lui, certains travailleurs seraient victimes de décisions arbitraires sans protection suffisante de leurs droits. Il a aussi pointé du doigt ce qu’il considère comme une impunité dont bénéficieraient certaines multinationales opérant au Sénégal, accusées de ne pas toujours respecter les règles en matière de droit du travail.
Pour Mody Guiro et les organisations syndicales membres du Front, cette situation traduit une remise en cause de l’esprit du Pacte national de stabilité sociale signé entre l’État, les organisations syndicales et le patronat. Ce pacte, censé instaurer un climat de confiance et de concertation permanente entre les différentes parties, repose selon lui sur le respect mutuel des engagements et sur la promotion d’un dialogue social sincère et constructif.
Le leader syndical estime cependant que cet esprit de coopération est aujourd’hui fragilisé. Il a déclaré que les décisions prises récemment dans certains secteurs donnent l’impression d’un éloignement des principes qui avaient guidé la signature de cet accord, ce qui risque, selon lui, d’alimenter davantage les tensions sociales.
Dans ce contexte, le Front syndical pour la défense du travail formule plusieurs revendications. Les organisations syndicales exigent notamment l’arrêt immédiat des licenciements qu’elles jugent abusifs, la protection effective des emplois ainsi que la réintégration sans délai des travailleurs qui auraient été injustement licenciés.
Les syndicalistes réclament également l’application effective du protocole d’accord signé le 10 juillet 2025 entre le gouvernement et les collectivités territoriales. Selon eux, la mise en œuvre de cet engagement constitue une étape essentielle pour apaiser le climat social et rétablir la confiance entre les travailleurs, l’État et les employeurs.