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Justice

Procès de Bachir Fofana et Moustapha Diakhaté : le verdict repoussé au 23 juillet, les débats sur la liberté d’expression relancés

Alors que le délibéré était attendu ce mercredi, le tribunal a renvoyé sa décision d’une semaine, prolongeant la détention provisoire des deux prévenus dans une affaire aux forts relents politiques.

Le tribunal de Dakar a une nouvelle fois différé son verdict dans le procès très médiatisé opposant le journaliste Bachir Fofana et l’ancien député Moustapha Diakhaté au ministère public. Prévu ce mercredi 16 juillet 2025, le prononcé du jugement a été reporté au 23 juillet prochain. Une décision qui prolonge l’incarcération provisoire des deux hommes et ravive les inquiétudes sur l’état de la liberté d’expression au Sénégal.

Bachir Fofana, figure bien connue du paysage médiatique sénégalais pour ses prises de position critiques, est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles ». Il est accusé d’avoir affirmé que le marché public relatif à l’acquisition de véhicules pour l’Assemblée nationale aurait été attribué à Cheikh Guèye, une personne citée dans une affaire de corruption supposée impliquant l’ex-ministre Ismaïla Madior Fall.

Le parquet a requis six mois de prison dont trois ferme, assortis d’une amende de 200 000 francs CFA. La demande de mise en liberté provisoire déposée par ses avocats a été rejetée. Lors de l’audience du 2 juillet, la défense a plaidé la relaxe, insistant sur l’absence d’intention diffamatoire, soulignant que le journaliste s’était exprimé dans le cadre d’un débat public légitime.

De son côté, Moustapha Diakhaté, ancien président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle Benno Bokk Yakaar, est poursuivi pour « offense au chef de l’État » et à une autorité présidentielle. Ce dernier a notamment qualifié certaines hautes autorités de « gougnafiers », un terme que le ministère public a jugé particulièrement injurieux. Interpellé le 10 juin et jugé huit jours plus tard, il encourt la même peine que Bachir Fofana : six mois de prison dont trois ferme et une amende de 200 000 francs CFA.

Ce double procès suscite de vifs débats au sein de la société civile et des milieux juridiques. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un recul inquiétant de la liberté d’expression au Sénégal, alors que le pays a longtemps été perçu comme un bastion du pluralisme en Afrique de l’Ouest.

Des organisations de défense des droits humains et des associations de journalistes dénoncent des poursuites à caractère politique. Elles pointent une tendance croissante à la judiciarisation de la parole critique, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Le report du délibéré, sans explication officielle fournie par le tribunal, suscite des interrogations. Certains observateurs y voient une manœuvre dilatoire ou un signe de pressions externes sur une affaire devenue sensible au plus haut sommet de l’État.


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