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Justice

Reddition des comptes : Nicolas Ndiaye dénonce un « règlement de compte politique »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur Iradio ce 3 août, le secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a livré une analyse tranchée de la situation politique actuelle autour de la reddition des comptes. Tout en réaffirmant son attachement au principe de transparence et à la nécessité pour les gestionnaires de fonds publics de répondre de leurs actes, il a vivement critiqué ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nicolas Ndiaye commence par marquer son adhésion sans ambiguïté à l’idée de redevabilité dans la gestion publique. « La démarche, d’abord par principe, nous sommes pour la reddition des comptes. C’est un élément important. Quand on te confie l’argent public, il faut rendre compte, et si tu ne rends pas compte ou si on voit que les choses ne se sont pas passées normalement, qu’on t’amène en justice », a-t-il déclaré, affirmant que ce principe serait également appliqué si sa formation politique accédait au pouvoir.

Cependant, le député de la LD affirme que la logique actuelle n’a rien à voir avec un processus sincère de justice. « Ce qui se passe, ce n’est pas de la reddition des comptes, c’est un règlement de compte », tranche-t-il, citant en exemple les récentes affaires qui ont conduit à l’incarcération de plusieurs figures liées à l’ancien régime.

C’est notamment le cas de Farba Ngom, proche de l’ancien président Macky Sall, dont l’incarcération a été particulièrement critiquée par l’invité de JDD. Pour Nicolas Ndiaye, l’ancien député n’a jamais été gestionnaire de fonds publics, et sa mise en détention serait donc juridiquement contestable. « S’il a fait des choses illicites, ce n’est pas lui qui doit aller d’abord en prison. Ceux qui ont géré de l’argent public, ceux qui ont sorti l’argent public pour le remettre à Farba Ngom de manière indue, doivent être les premiers à être poursuivis », a-t-il martelé.

Le député met également en cause la hiérarchie des responsabilités, pointant du doigt les agents du Trésor ou des impôts et domaines, qu’il soupçonne d’avoir agi comme intermédiaires financiers dans ces affaires. « Qui a versé ces fonds à Tahirou Sarr et à Farba Ngom ? Ce sont des employés du Trésor ou des agents des impôts et domaines. Mais c’est eux qui auraient dû être les premiers à être inquiétés », insiste-t-il.

Nicolas Ndiaye va plus loin en évoquant un possible « réflexe corporatiste » dans l’administration, qui protégerait certains agents au détriment d’autres personnes ciblées, selon lui, pour des raisons purement politiques. « On dirait qu’il y a un réflexe corporatiste. Les agents du Trésor ou des impôts et domaines n’ont pas été mis en prison, alors qu’ils auraient dû l’être en premier. Cela jette une ombre sur la sincérité de cette opération », déplore-t-il.

Selon lui, les déclarations passées du Premier ministre Ousmane Sonko à Matam, où il avait promis des poursuites à l’encontre de Farba Ngom, renforcent cette lecture politique des événements. « Il y a des propos qui ont été tenus publiquement bien avant le déclenchement de ces procédures. Quand la justice agit ensuite dans le sens annoncé, on peut s’interroger sur son indépendance réelle », suggère-t-il.

En conclusion, Nicolas Ndiaye appelle à une reddition des comptes équitable, fondée sur des critères objectifs et non sur des considérations partisanes. « Ce n’est pas en procédant à des arrestations ciblées qu’on renforcera l’État de droit. C’est en garantissant que tous ceux qui ont géré les ressources publiques, peu importe leur affiliation, soient traités avec la même rigueur », avertit-il.


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