Le gouverneur de Thiès-Est, Saër Ndao, a annoncé que les autorités sénégalaises ont engagé un processus de restauration du patrimoine des chemins de fer, dans le cadre de la stratégie de relance du transport ferroviaire national. Cette initiative vise à remettre en état les infrastructures ferroviaires existantes tout en récupérant les emprises occupées illégalement au fil des années.
Dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), le gouverneur a expliqué que les pouvoirs publics travaillent actuellement à la réhabilitation du patrimoine lié aux rails, considéré comme un préalable indispensable à la relance du réseau ferroviaire. Selon lui, l’ambition des autorités dépasse la simple remise en service de certaines lignes : il s’agit d’une reprise globale du réseau, accompagnée d’une politique de développement et de modernisation du transport par train.
Saër Ndao a indiqué que cette opération intervient après plusieurs années de léthargie du secteur ferroviaire. Durant cette période d’inactivité, une partie importante du patrimoine appartenant aux chemins de fer a été progressivement occupée ou exploitée de manière irrégulière par des particuliers. Le gouverneur souligne que ces occupations concernent non seulement les rails eux-mêmes, mais aussi les emprises ferroviaires situées de part et d’autre des lignes.
Il rappelle que ces emprises constituent un élément stratégique du patrimoine ferroviaire, car elles garantissent la sécurité et le fonctionnement normal des trains. Leur occupation anarchique complique aujourd’hui les perspectives de réhabilitation et de relance du réseau. Pour les autorités, la récupération de ces espaces est donc une étape incontournable afin de permettre la circulation des trains dans des conditions conformes aux normes de sécurité.
Le gouverneur de Thiès-Est s’est également alarmé de la nature des constructions qui ont été érigées le long des rails au fil des années. Il a expliqué que de nombreuses habitations se sont installées directement en bordure des voies, certaines étant même ouvertes sur les rails. Une situation qu’il qualifie d’anormale au regard de l’histoire et des règles qui ont toujours encadré l’exploitation ferroviaire au Sénégal.
Selon Saër Ndao, dans l’histoire des chemins de fer sénégalais, les habitations n’ont jamais été construites de manière à donner directement sur les rails. Cette configuration pose aujourd’hui des problèmes de sécurité majeurs, aussi bien pour les populations que pour les futures activités ferroviaires. Elle illustre, d’après lui, l’ampleur du désordre qui s’est installé durant les années de ralentissement du secteur.
Face à cette situation, les autorités entendent procéder à un travail de restauration et de réorganisation du patrimoine ferroviaire. Cette démarche devrait permettre de clarifier la situation foncière des emprises, de sécuriser les rails et de préparer le terrain pour une relance durable du transport ferroviaire dans le pays.
La région de Thiès, historiquement considérée comme le cœur du réseau ferroviaire sénégalais, occupe une place stratégique dans ce processus. La ville abrite en effet d’importantes infrastructures ferroviaires héritées de l’époque coloniale, notamment des ateliers et des installations techniques qui ont longtemps servi de centre névralgique pour l’exploitation du rail.