Réseau sexuel démantelé à Linguère : 23 mandats de dépôt après des aveux en cascade

Ce qui n’était au départ qu’une série de plaintes pour harcèlement sexuel a fini par révéler l’existence présumée d’un vaste réseau organisé à travers plusieurs localités du Sénégal. À Linguère, l’enquête menée par les forces de sécurité a déjà conduit à 23 mandats de dépôt et à l’identification d’une trentaine de personnes, dans un dossier aux ramifications multiples qui continue de susciter de nombreuses interrogations.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’affaire a éclaté après la plainte d’une victime ayant dénoncé des faits répétés de harcèlement sexuel. Les révélations faites à son employeur ont rapidement conduit les enquêteurs jusqu’à un premier suspect : Mame Abdou Lecore, plus connu sous le surnom de « Baye Tama », un tailleur âgé de 32 ans.

Interpellé puis placé en garde à vue, ce dernier aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Son audition marque alors un tournant décisif dans l’enquête. D’après Libération, ses déclarations permettent aux policiers de découvrir l’existence d’un groupe WhatsApp utilisé pour organiser des rencontres sexuelles entre plusieurs membres répartis dans différentes zones du pays.

Au fil des investigations, d’autres victimes se manifestent, faisant passer le nombre de plaintes à quatre contre le même individu. Les enquêteurs remontent ensuite progressivement les ramifications du réseau grâce aux aveux des personnes arrêtées.

Parmi les noms cités figure Amadou Guèye, surnommé « Tigui », commerçant de 48 ans, présenté comme l’un des principaux recruteurs et organisateurs du groupe. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir joué un rôle central dans la mise en relation des membres et dans l’organisation de rencontres sexuelles collectives dans plusieurs localités.

L’enquête prend une dimension encore plus sensible lorsque certains mis en cause sont soumis à des tests médicaux. Libération indique qu’Amadou Guèye aurait été déclaré séropositif au VIH/Sida, tout comme plusieurs autres personnes citées dans le dossier, notamment Allé Daffé et Mbaba Gningue.

Les auditions successives ont également permis de dresser le profil varié des personnes impliquées. Selon les éléments de l’enquête, plusieurs corps de métier sont concernés : enseignants, étudiants, marabouts, éleveurs, boulangers, agents de sécurité, électromécaniciens ou encore commerçants. Cette diversité des profils a renforcé la complexité du dossier et l’ampleur supposée du réseau.

Toujours selon Libération, les enquêteurs ont particulièrement été marqués par la quantité d’aveux recueillis au cours de la procédure. La plupart des personnes interpellées auraient coopéré avec les policiers, livrant des détails précis sur le fonctionnement interne du groupe, ses modes de communication et l’identité de plusieurs participants.

La 23e arrestation, celle de Ndiaga Seck, est venue provisoirement clôturer cette première phase de l’enquête. Il aurait été cité par Ahmadou Lamine Dia, lequel aurait remis aux enquêteurs des photographies et différents contenus jugés compromettants afin d’appuyer ses déclarations.


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