Société
Saint-Louis : un faux agent Orange Money au cœur d’une fraude présumée de près de 37 millions de FCFA
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par
Diack
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), antenne de Saint-Louis, a interpellé un individu présenté comme l’auteur présumé de plusieurs opérations frauduleuses portant notamment sur des retraits d’argent, une escroquerie, une usurpation de fonction et des faits susceptibles de relever du blanchiment de capitaux. Le mis en cause a été conduit devant le procureur de la République financier près le Tribunal de Grande Instance de Saint-Louis.
L’affaire a éclaté à la suite d’un appel téléphonique signalant un retrait frauduleux effectué à partir de comptes Wave au marché Ndar, à Saint-Louis. Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, l’individu, soupçonné d’avoir été pris à partie par des personnes présentes sur les lieux, a fait l’objet d’une opération d’exfiltration menée par les éléments de la DNLT afin de le conduire en sécurité dans les locaux du service.
Entendue par les enquêteurs, la victime a expliqué que le suspect s’était présenté dans sa boutique du marché Ndar en portant un gilet similaire à celui utilisé par les agents d’Orange Money. Il lui aurait proposé des services présentés comme étant liés à l’installation de la nouvelle application Max it ainsi qu’au déplafonnement de son compte Orange Money.
La victime, convaincue d’avoir affaire à un véritable agent ou représentant habilité, lui aurait alors remis son téléphone afin qu’il procède à l’installation de l’application. C’est à la faveur de cette manipulation que le suspect aurait accédé aux informations nécessaires pour effectuer, à son insu, un transfert de 264 000 FCFA depuis son compte Wave.
Face aux enquêteurs, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés et livré des éléments sur son mode opératoire présumé. Il aurait expliqué se faire passer pour un Vendeur Terrain Orange (VTO), en proposant aux clients différents services liés aux comptes de monnaie électronique.
Une fois la victime convaincue, il procédait, selon ses déclarations rapportées par les enquêteurs, à l’enregistrement de sa carte nationale d’identité ainsi qu’à la collecte de son code secret. Il profitait ensuite de l’accès au téléphone pour se connecter discrètement à une autre application de transfert d’argent, en misant notamment sur le fait que certains utilisateurs réemploient les mêmes codes secrets sur plusieurs plateformes.
Une fois l’accès obtenu, le suspect aurait procédé au retrait ou au transfert des fonds disponibles avant de modifier le code d’accès du compte concerné. Cette modification empêchait ensuite le propriétaire légitime d’accéder immédiatement à son compte, offrant ainsi au mis en cause le temps de quitter les lieux.
Les investigations techniques menées par les enquêteurs, ainsi que les demandes de concours adressées aux opérateurs Orange Money et Wave, auraient permis de mettre au jour une activité financière beaucoup plus importante que le seul retrait de 264 000 FCFA signalé au départ.
Selon les éléments de l’enquête, les vérifications effectuées sur le compte Orange Money du mis en cause ont permis de retracer des mouvements financiers évalués à 36 929 860 FCFA entre le 10 mai et le 10 août 2026. Ces transactions, qui font désormais partie des éléments examinés par les enquêteurs, pourraient permettre de déterminer l’ampleur exacte des opérations auxquelles le suspect aurait participé.
L’enquête révèle également que l’individu ne serait pas inconnu des services concernés. Plusieurs dénonciations et lettres de plainte auraient été enregistrées à son encontre. Parmi celles-ci figure une plainte déposée par la Sonatel, par l’intermédiaire de son chef du département contentieux, notamment pour des faits présumés d’usurpation de fonction et d’escroquerie.
Les enquêteurs cherchent désormais à établir l’étendue du réseau éventuel, à identifier d’autres victimes et à déterminer la destination des fonds ayant transité par les différents comptes concernés. Les opérations financières retracées durant la période comprise entre mai et août 2026 constituent notamment un axe important des investigations.
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