La situation est tendue sur la Langue de Barbarie, notamment dans les quartiers de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie, à Saint-Louis. L’annonce des autorités locales de procéder à la démolition des maisons construites sur la bande des 20 mètres, une zone considérée comme à risque et relevant du domaine public maritime, a provoqué une vive colère au sein des populations concernées.
Cette décision, présentée par les autorités comme une mesure de sécurité et de préservation du littoral, est perçue par les habitants comme une tentative d’expulsion injuste. À Guet Ndar, des centaines de familles vivent dans l’angoisse d’être déguerpies de leurs habitations. Pour elles, il ne s’agit pas seulement de maisons, mais de leur histoire, de leur identité et de leur principal lieu d’ancrage économique et social.
« Nous n’allons pas partir, nos maisons nous appartiennent et nous refusons de quitter Guet Ndar. En tout cas moi, je mourrai ici », a lancé Abdoulaye Sarr, porte-parole des habitants, sur les ondes de la RFM, traduisant la détermination des populations.
Dans les ruelles étroites de Santhié Ba, la même colère gronde. « Si nous quittons Guet Ndar, c’est comme si nous perdons tout dans la vie. Le gouvernement ne fait rien pour nous. Nous sommes les parents pauvres de ce régime, nous allons rester ici », a ajouté un autre habitant, Abdou Gueye.
Les pêcheurs, principaux résidents de cette zone, se sentent particulièrement visés. Ils estiment que cette opération menace leur mode de vie, déjà fragilisé par la raréfaction des ressources halieutiques et la montée des eaux. Beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme une stratégie déguisée de « récupération foncière » au profit de promoteurs immobiliers.
Face à la montée des tensions, les autorités locales appellent au calme et à la concertation. Elles insistent sur le caractère vital de cette mesure pour la protection des populations elles-mêmes, rappelant les nombreux cas d’érosion côtière et d’effondrement de maisons survenus ces dernières années dans la zone.
Mais pour l’instant, la méfiance reste totale. Les habitants de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie campent sur leur position et promettent de résister à toute tentative de démolition. « Nos maisons nous appartiennent, nous allons voir ce qu’ils vont faire. Nous allons rester ici et nous les attendons », préviennent-ils avec fermeté.