Société
Secrétaire général de l’ONU : la candidature de Macky Sall rejetée après l’opposition de 20 États africains
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par
Le Dakarois
Coup d’arrêt pour la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. La Commission de l’Union africaine a annoncé ce 27 mars 2026, depuis Addis-Abeba, l’échec de la procédure dite de « silence » engagée pour valider officiellement le soutien du continent à l’ancien président sénégalais.
Dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres, l’institution continentale précise que vingt pays ont formellement rompu le silence avant l’échéance fixée à la fin de la journée. Cette opposition collective empêche automatiquement l’adoption du projet de décision qui visait à faire de Macky Sall le candidat unique de l’Afrique à cette fonction stratégique.
La procédure de silence, souvent utilisée au sein de l’Union africaine pour accélérer la prise de décision, repose sur un principe simple : en l’absence d’objection formelle dans un délai donné, la proposition est considérée comme adoptée par consensus. Mais dans ce cas précis, le nombre élevé d’États opposés a totalement bloqué le mécanisme, révélant des divisions profondes au sein de l’organisation.
Au total, 20 États membres — dont le Sénégal lui-même — ont exprimé leur désaccord avec le projet de soutien. Une situation pour le moins paradoxale, qui souligne la complexité des équilibres diplomatiques autour de cette candidature. En face, 34 des 54 pays membres de l’Union africaine s’étaient prononcés en faveur de Macky Sall, un soutien majoritaire mais insuffisant dans un système qui exige l’absence d’opposition significative.
Cet échec met en lumière les difficultés persistantes de l’Afrique à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Alors que l’Union africaine plaidait pour une candidature unifiée afin de peser davantage dans le processus de désignation du futur secrétaire général de l’ONU, les divergences internes ont finalement pris le dessus.
Malgré ce revers, la dynamique autour de Macky Sall n’est pas totalement stoppée. Le Burundi, par la voix de son président Evariste Ndayishimiye, s’est engagé à porter officiellement sa candidature. Une initiative qui ouvre la voie à une candidature individuelle, en dehors d’un consensus continental, mais qui pourrait s’avérer plus difficile à défendre sur la scène internationale, notamment face aux grandes puissances et aux autres blocs régionaux.
Le calendrier reste toutefois serré. Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 1er avril 2026 pour participer aux dialogues interactifs prévus à partir du 20 avril. Dans ce contexte, Macky Sall devra désormais compter sur des soutiens bilatéraux et une stratégie diplomatique élargie pour espérer exister dans la course à la succession à la tête des Nations Unies.
Au-delà du cas personnel de l’ancien chef de l’État sénégalais, cet épisode révèle une fois de plus les limites du fonctionnement consensuel de l’Union africaine dans les dossiers à forte portée stratégique. Une réalité qui pourrait peser lourd dans la capacité du continent à influencer les grandes décisions de gouvernance mondiale.
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