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Société

Sécurité routière : 2025, l’année de trop pour les routes sénégalaises

L’hécatombe routière enregistrée en 2025 dépasse largement le cadre du simple fait divers pour s’imposer comme un véritable problème de gouvernance publique. Derrière les chiffres alarmants des accidents mortels se dessine une réalité plus profonde : celle d’un système de transport fragilisé, insuffisamment encadré et confronté à des défis structurels longtemps restés sans réponses durables.

Pour Cheikh Tidiane Sarr, président de l’Association des cavaliers de la sécurité routière du Sénégal, l’année écoulée constitue un signal d’alerte majeur. « Nous ne sommes plus dans la fatalité, mais dans l’urgence d’agir », soutient-il, pointant notamment l’état de délabrement avancé du parc automobile, devenu l’un des maillons faibles de la chaîne de sécurité routière.

Véhicules hors d’âge, contrôles techniques peu rigoureux et absence de mécanismes incitatifs au renouvellement du matériel roulant exposent quotidiennement des milliers d’usagers à des risques pourtant évitables. À ces insuffisances s’ajoute l’expansion incontrôlée des motos-taxis, dont la contribution à la mobilité urbaine contraste fortement avec les défis qu’ils posent en matière de sécurité, de formation des conducteurs et de traçabilité administrative.

L’immatriculation systématique de ces engins, longtemps évoquée sans être pleinement appliquée, apparaît désormais comme une nécessité stratégique plutôt qu’une simple mesure administrative. Pour les acteurs du secteur, il s’agit d’un préalable indispensable à toute politique de régulation crédible et efficace.

Au-delà de l’état des véhicules, les professionnels du transport interpellent également l’État sur les choix réglementaires actuels, notamment l’interdiction de la circulation nocturne des transports interurbains. Si cette mesure vise à réduire les risques d’accidents, elle met surtout en lumière les limites d’une approche essentiellement restrictive, qui ne s’attaque pas aux causes profondes de l’insécurité routière : insuffisance des infrastructures, éclairage public défaillant, signalisation obsolète et manque de postes de contrôle modernes.

À l’aube de 2026, les acteurs du transport appellent à un changement de paradigme, fondé sur la prévention, l’investissement et la concertation. Plus qu’un simple bilan annuel, l’année 2025 s’impose ainsi comme le moment charnière où la sécurité routière ne peut plus être traitée comme une urgence ponctuelle, mais doit être érigée en priorité nationale durable.


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