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Société

Sédhiou : un cultivateur amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnel à Niaga

Un grave accident a bouleversé la quiétude du village de Niaga, dans la région de Sédhiou, dimanche soir. Un cultivateur âgé de 35 ans a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine antipersonnel, alors qu’il revenait de son champ d’arachide. Ce drame, survenu dans une zone encore marquée par les séquelles du conflit en Casamance, ravive les inquiétudes autour de la présence persistante d’engins explosifs dans certaines zones rurales du sud du Sénégal.

Selon des informations rapportées par la Radio Futurs Médias (Rfm), l’accident s’est produit dans un secteur forestier que l’homme avait emprunté pour cueillir des fruits sauvages. Sans le savoir, il aurait mis le pied sur un engin explosif enfoui depuis plusieurs années. L’explosion a été d’une violence telle qu’elle a provoqué de graves blessures au niveau des jambes et du bassin, provoquant une panique immédiate parmi les habitants alertés par la détonation.

Rapidement secouru par des villageois, la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Kolda, où il a reçu les premiers soins. Toutefois, les médecins, face à la gravité des lésions, ont dû procéder à une amputation de la jambe pour lui sauver la vie. Son pronostic vital serait désormais stabilisé, mais son état demeure préoccupant selon une source hospitalière.

Cet incident tragique met une fois de plus en lumière la dangerosité persistante des mines antipersonnel dans certaines zones frontalières du sud du Sénégal, notamment entre les régions de Sédhiou et de Ziguinchor. Bien que la paix soit officiellement revenue en Casamance depuis plusieurs années, les résidus d’explosifs laissés par le conflit continuent de menacer la sécurité des populations rurales, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les enfants.

Des organisations humanitaires et des structures spécialisées, comme le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), poursuivent depuis des années des opérations de déminage dans la région. Cependant, certaines zones boisées et reculées restent encore difficiles d’accès, rendant les opérations plus complexes et laissant planer un danger permanent.

Les autorités locales, informées du drame, ont réitéré leurs appels à la prudence, invitant les habitants à éviter les zones non sécurisées et à signaler tout objet suspect aux forces de défense et de sécurité. Plusieurs voix s’élèvent par ailleurs pour demander l’accélération des programmes de déminage et un renforcement de la sensibilisation dans les villages frontaliers, où la pauvreté pousse souvent les populations à s’aventurer dans des zones à risque.

Ce nouveau drame à Niaga rappelle, s’il en était besoin, que la menace des mines antipersonnel demeure une réalité tangible pour les communautés rurales du sud du Sénégal, malgré les efforts constants des autorités et des partenaires internationaux pour éradiquer définitivement ce fléau silencieux.


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