Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a présenté ce vendredi le nouveau plan de redressement économique du Sénégal, une feuille de route ambitieuse qui entend rompre avec un modèle économique jugé « insoutenable » et poser les bases d’un développement souverain, inclusif et durable.
Cette initiative intervient dans un contexte tendu, marqué par la suspension du programme économique et financier avec le FMI et une crise aiguë de financement qui fragilise les équilibres budgétaires du pays.
Le diagnostic posé par le ministre est sans concession. La dette publique sénégalaise a atteint 119 % du PIB à fin 2024, un seuil alarmant, fruit d’un recours excessif à l’endettement pour financer la croissance. Cette stratégie, selon M. Sarr, n’a pas porté ses fruits : la croissance hors agriculture reste faible, et les investissements publics manquent d’efficacité, plombés par des déficits persistants et une productivité atone.
« Nous avons hérité d’un modèle économique tourné vers l’extérieur, incapable de produire une croissance inclusive. Il est temps de remettre le citoyen et l’entreprise nationale au centre de la stratégie de développement », a déclaré le ministre.
Le plan présenté s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050, un cadre stratégique de long terme qui promeut la souveraineté économique et le développement endogène. Le cap est clairement fixé : sortir du cycle de dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, restaurer la soutenabilité de la dette, et bâtir un secteur privé national fort.
Le gouvernement mise désormais sur une approche partenariale, fondée sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) et les délégations de services publics. Objectif : attirer des investissements à fort contenu local, tout en réduisant la charge budgétaire directe pour l’État.
Pour concrétiser cette nouvelle orientation, une task force interministérielle a été mise en place. Elle aura pour mission de coordonner les réformes, de suivre l’exécution du plan et de garantir la cohérence des politiques publiques.
Améliorer l’efficacité de la dépense publique, en éliminant les gaspillages et en ciblant mieux les investissements. Réduire la dette publique de 3 % d’ici 2027, à travers un assainissement budgétaire progressif. Renforcer les capacités du secteur privé national, en facilitant l’accès au financement, à la commande publique et à l’innovation.
À moyen terme, le gouvernement vise une croissance stable d’au moins 5 %, tirée par un secteur privé compétitif et une administration plus efficiente. Il s’agit, selon Abdourahmane Sarr, de « restaurer la crédibilité économique du pays », tout en répondant aux attentes sociales fortes.