Au Sénégal, le droit à un environnement sain, pourtant inscrit dans la Constitution, reste un vœu pieux. C’est le constat amer dressé par Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal, qui dénonce l’aveuglement des autorités face aux dérives environnementales.
Cimenteries, carrières à ciel ouvert, décharges implantées au cœur des zones d’habitation… Le pays s’industrialise dans le chaos, au détriment de la santé des populations. Et comme toujours, les riverains ne sont ni consultés ni protégés. Ils respirent la poussière, subissent les nuisances et voient leur cadre de vie détruit, pendant que les investisseurs engrangent les bénéfices.
Pire encore, les études d’impact environnemental, censées être un garde-fou, ne sont souvent qu’une mascarade. Financées par les promoteurs eux-mêmes, elles sont validées au forceps, dans un climat de menaces, de répression et d’exclusion. Une mécanique bien huilée où l’intérêt public passe systématiquement après les intérêts privés.
Seydi Gassama tire la sonnette d’alarme : la complaisance de l’État face à ces pratiques bafoue un droit fondamental et ouvre la voie à des catastrophes écologiques et sanitaires. Les autorités ne peuvent plus se réfugier derrière de beaux discours. Elles doivent agir, et vite.
Car derrière chaque usine polluante, chaque décharge improvisée, il y a des vies humaines en danger, des écosystèmes sacrifiés et un avenir compromis. Le silence officiel face à cette réalité n’est pas seulement une faute politique. C’est une faute morale.