Un différend frontalier oppose depuis plusieurs jours les habitants de Kanouma, localité sénégalaise située dans la région de Tambacounda, et ceux de Djataly, en territoire gambien. À l’origine des tensions, un malentendu survenu entre un agent des Eaux et Forêts du Sénégal et un coupeur de bois gambien, dans une zone forestière à la délimitation encore floue.
Face à la montée des crispations, les autorités des deux pays ont rapidement engagé un dialogue de voisinage pour éviter toute escalade. Une rencontre bilatérale s’est ainsi tenue ce mardi à la frontière, réunissant les gouverneurs de Tambacounda (Sénégal), Guédj Diouf, et de Makati (Gambie), Usman Bah. Y ont également pris part des experts en cartographie, des chefs coutumiers et religieux, ainsi que des représentants des forces de sécurité.
L’objectif affiché de cette rencontre, selon le quotidien Le Soleil, était clair : apaiser les tensions, préserver la paix sociale et éviter que le différend ne dégénère en conflit intercommunautaire. Plusieurs mesures concrètes ont été arrêtées. Il a notamment été convenu que les populations des deux localités pourront continuer à exercer librement leurs activités économiques dans la zone litigieuse, le temps que les sous-commissions techniques se penchent sur la délimitation précise de la frontière.
Autre mesure phare : l’installation dès ce jeudi d’une commission mixte composée de dix membres pour chaque pays. Cette instance comprendra notamment des maires, sous-préfets, chefs de village et présidents de commissions domaniales. Elle aura pour mission de tracer de manière concertée les parcours empruntés par les troupeaux de bétail, enjeu crucial dans cette région à forte vocation pastorale.
Cette initiative est saluée comme un pas important vers une gestion apaisée et inclusive des différends frontaliers, dans un contexte où les tensions liées aux ressources naturelles deviennent de plus en plus fréquentes en Afrique de l’Ouest.