Lors de la présentation de son ouvrage « 101 Discours : Plaidoyer pour un monde meilleur », Me Sidiki Kaba a livré une réflexion profonde et structurée sur les fondements indispensables d’une démocratie authentique. L’ancien garde des Sceaux y réaffirme avec force que l’État de droit ne saurait exister sans un socle de valeurs cardinales, au premier rang desquelles figurent l’égalité, l’équité, la justice, l’impartialité, la non-exclusion et la non-discrimination.
Dans ce plaidoyer, Sidiki Kaba s’est appuyé sur la symbolique forte de Thémis, déesse grecque de la justice, pour illustrer le sens et la portée de ces principes. Revenant sur les attributs emblématiques de cette figure mythologique, il a expliqué que le bandeau qui couvre les yeux de Thémis incarne l’impartialité absolue. Pour le juriste, la justice ne doit distinguer ni le riche du pauvre, ni le puissant du faible, encore moins juger en fonction du statut social ou de l’influence politique des justiciables. Elle doit être aveugle à toute considération étrangère au droit.
La balance, autre symbole central, représente selon lui l’équité. Ses deux plateaux doivent rester parfaitement équilibrés afin que chaque partie soit jugée de manière juste et équitable. Quant au glaive, il symbolise la capacité de la justice à trancher clairement les litiges, avec fermeté et sans état d’âme, une fois le droit dit. Pour Sidiki Kaba, ces trois attributs forment un tout indissociable, traduisant l’exigence de rigueur morale et de droiture qui doit guider toute institution judiciaire.
L’ancien ministre de la Justice a également souligné la particularité du département qu’il a dirigé, rappelant qu’il s’agit, selon ses mots, « du seul ministère qui porte le nom d’une vertu ». Cette appellation, loin d’être symbolique ou décorative, impose une exigence morale élevée. « La justice doit être vertueuse », a-t-il insisté, avertissant que si elle cessait de l’être, elle se transformerait en un ministère de l’injustice, marqué par la dérive et la corruption.
Dans un ton grave, Me Sidiki Kaba a enfin alerté sur les multiples menaces qui pèsent sur l’indépendance de la justice. Il a rappelé que l’impartialité judiciaire suppose une rupture nette avec toute forme de domination ou d’influence. La justice, a-t-il martelé, ne doit pas être sous l’emprise du pouvoir exécutif, ni vassalisée, ni dominée par des forces obscures. Elle doit encore moins être corrompue par ce qu’il a qualifié d’« argent roi », capable de gangréner les institutions jusqu’à « la moelle des os ».
À travers ce plaidoyer, Sidiki Kaba invite ainsi à une vigilance constante pour préserver l’indépendance et la vertu de la justice, condition essentielle à la crédibilité de l’État et à la confiance des citoyens. Son ouvrage se veut à la fois un rappel des principes fondamentaux et un appel à l’engagement pour un monde plus juste, fondé sur le respect du droit et de la dignité humaine.