Société
Spoliation foncière : le Khalife général des Khadres interpelle le chef de l’État sur des litiges touchant le patrimoine de Ndiassane
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par
Diack
Le Khalife général des Khadres, Cheikh Bou Sidy Mokhtar Kounta, a adressé une correspondance au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour dénoncer ce qu’il qualifie de « vaste spoliation » foncière affectant le patrimoine historique de sa famille. À travers cette démarche, le guide religieux attire l’attention des autorités sur une série de litiges fonciers qui, selon lui, menacent des domaines hérités de plusieurs générations et intimement liés à l’histoire de la cité religieuse de Ndiassane.
Dans sa lettre, relayée par le quotidien L’Observateur, le Khalife évoque des opérations de morcellement, d’occupation et d’appropriation qu’il considère comme irrégulières. Ces pratiques concerneraient plusieurs terres situées dans les régions de Saint-Louis, Thiès et Dakar, où des portions importantes du patrimoine foncier de la famille Kounta seraient aujourd’hui au cœur de contentieux.
Le dossier le plus sensible cité dans cette correspondance concerne le domaine de Thioune Kounta, dans la région de Thiès. Selon les informations avancées par le guide religieux, près de 1 098 hectares seraient concernés par ces différends fonciers. Il estime que ces terres font l’objet de multiples convoitises et dénonce des procédures qui auraient favorisé leur occupation ou leur appropriation au détriment des ayants droit.
Le Khalife général des Khadres va plus loin en évoquant une possible implication de certains services déconcentrés de l’État. Sans citer nommément des responsables, il fait état d’une « complicité présumée » dans la gestion de certains dossiers fonciers, une situation qui, selon lui, mérite d’être examinée avec la plus grande rigueur par les autorités compétentes.
Face à ce qu’il considère comme des atteintes répétées aux droits de propriété de sa famille, Cheikh Bou Sidy Mokhtar Kounta appelle à une réaction rapide de l’État. Il demande notamment l’arrêt immédiat de toute procédure d’expropriation ou d’occupation contestée, ainsi que l’ouverture d’une enquête administrative impartiale afin d’établir les responsabilités et de clarifier la situation juridique des terres concernées.
Le guide religieux affirme par ailleurs être disposé à mettre à la disposition des autorités l’ensemble des documents et preuves qu’il estime nécessaires pour étayer ses accusations. Il soutient que les archives foncières et les titres en sa possession permettent de retracer l’historique de ces domaines et de confirmer les droits de propriété revendiqués par sa famille.
Au-delà de la question foncière, le Khalife met en garde contre les conséquences sociales que pourraient engendrer ces litiges. Selon lui, la persistance de ces tensions autour de terres historiquement rattachées à Ndiassane risque d’alimenter des incompréhensions et de fragiliser la cohésion sociale dans plusieurs localités concernées. C’est pourquoi il appelle les pouvoirs publics à agir rapidement afin de préserver la paix sociale et de garantir le respect des droits fonciers dans un climat de transparence et d’équité.
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