Le Dakarois Quotidien N°746 – 03/06/2026
Étiquette : AFFAIRE ASER
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°691 – 09/03/2026
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°673 – 16/02/2026
Affaire ASER : la République des Valeurs relance le débat à Paris et interpelle l’État sénégalais sur les 37 milliards
L’affaire ASER, qui agite la scène politique et judiciaire sénégalaise depuis plusieurs mois, s’est invitée ce jour à Paris à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la République des Valeurs (RV), le parti du député Thierno Alassane Sall. Devant la presse et des militants de la diaspora, les responsables de RV ont tenu à réaffirmer la gravité du dossier et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de banalisation, voire d’étouffement, d’une affaire devenue, selon eux, une véritable affaire d’État.
Prenant la parole au nom de la coordination de RV en France, Aly Bathily a insisté sur le sens de cette sortie publique. Selon lui, il ne s’agit ni d’une polémique politicienne ni d’un calcul partisan, mais d’un devoir de vérité face à ce qu’il qualifie de dérives inquiétantes dans la gouvernance publique au Sénégal. Il a rappelé que l’affaire ASER ne repose ni sur des rumeurs ni sur des accusations gratuites, mais sur des faits documentés et rendus publics par le député Thierno Alassane Sall, qui a saisi les juridictions compétentes après avoir constaté le décaissement de 37 milliards de francs CFA pour des réalisations jugées largement insuffisantes sur le terrain.
La coordination de RV en France s’est particulièrement insurgée contre la communication du Directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, qui a présenté la décision rendue par la Cour suprême le 22 janvier 2026 comme la clôture définitive du dossier et la levée de tous les obstacles juridiques. Pour Aly Bathily, cette lecture est trompeuse. Il précise que la Cour suprême ne s’est prononcée que sur un recours pour excès de pouvoir visant l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), et non sur le fond du marché concerné, encore moins sur l’utilisation effective des 37 milliards de francs CFA mis en cause.
Sur le plan judiciaire, RV rappelle que la procédure engagée par Thierno Alassane Sall devant le Pool judiciaire financier est toujours en cours. Des diligences sont actuellement menées par la gendarmerie, ce qui, selon le parti, démontre que le dossier est loin d’être vidé. Dans ce contexte, Aly Bathily estime que la réactivation du recours devant la Cour suprême intervient de manière opportuniste et vise essentiellement à semer la confusion dans l’opinion publique et à détourner l’attention du cœur du problème.
La République des Valeurs a également exprimé sa vive préoccupation face à l’intervention publique du Premier ministre, qui aurait, selon elle, cherché à blanchir un responsable administratif alors même que la justice est saisie du dossier. Une telle posture est jugée dangereuse par RV, car elle porterait atteinte au principe de la séparation des pouvoirs et fragiliserait l’État de droit.
En conclusion, la coordination de la République des Valeurs en France martèle que la question centrale demeure entière et sans réponse claire : où sont passés les 37 milliards de francs CFA et qui doit en répondre ? Pour les partisans de Thierno Alassane Sall, aucune manœuvre politique, aucune communication institutionnelle et aucune décision procédurale ne saura effacer cette interrogation fondamentale, appelée à rester au cœur du débat public tant que toute la lumière n’aura pas été faite.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°657 – 26/01/2026
Affaire ASER : la Cour suprême met le recours en délibéré, Thierno Alassane Sall dénonce une « deuxième forfaiture »
La Cour suprême a examiné ce jour le volet du recours pour excès de pouvoir introduit par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) le 24 octobre 2024. À l’issue des plaidoiries, la juridiction a décidé de mettre l’affaire en délibéré, avec une décision attendue le 21 janvier 2026. Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions autour de ce dossier sensible, marqué par des soupçons de mauvaise gestion financière et des procédures judiciaires multiples.
Réagissant à cette évolution, le député Thierno Alassane Sall a publiquement attiré l’attention du Président de la République ainsi que du Conseil supérieur de la magistrature sur ce qu’il considère comme de graves dysfonctionnements au sein de la Cour suprême. Selon lui, la gestion de ce dossier s’apparente à une « deuxième forfaiture » de la juridiction suprême, après des décisions antérieures déjà très controversées.
Le parlementaire dénonce d’abord le choix de la juridiction saisie. Il estime anormal que le recours pour excès de pouvoir, qui relève par nature du contentieux administratif, ait été confié à la Deuxième Chambre civile et commerciale de la Cour suprême. À ses yeux, ce type de recours devrait être examiné exclusivement par les Chambres administratives, seules compétentes en la matière. Cette situation soulève, selon lui, un sérieux problème de procédure et de respect des règles de compétence juridictionnelle.
Thierno Alassane Sall souligne également un élément qu’il juge particulièrement préoccupant : le président de la Deuxième Chambre civile et commerciale, à qui l’affaire a été confiée, est le même magistrat qui avait rendu l’ordonnance de rétractation du 21 février 2025. Cette ordonnance avait eu pour effet de neutraliser une décision initiale prise par un conseiller des Chambres administratives, et ce, selon le député, sans la production d’éléments nouveaux suffisamment sérieux pour justifier une telle rétractation. Il y voit une répétition des mêmes pratiques et un affaiblissement de la sécurité juridique.
Sur le fond, le député considère que, quelle que soit l’issue du délibéré annoncé pour janvier 2026, une éventuelle décision de la Cour suprême serait sans effet juridique réel. À son avis, cette décision ne pourrait ni régulariser la situation ni permettre le déblocage du projet concerné. Il rappelle notamment que les bailleurs de fonds espagnols exigent toujours des explications claires et documentées sur l’utilisation de l’avance de 37 milliards de francs CFA accordée dans le cadre du projet. Jusqu’à présent, ces explications n’auraient pas été fournies de manière satisfaisante.
Dans ce contexte, Thierno Alassane Sall estime que l’activation de la Cour suprême sur ce dossier viserait davantage à « brouiller les cartes » qu’à apporter une solution définitive. Selon lui, cette manœuvre interviendrait alors même que la Section de recherches, agissant sur instruction du Pool judiciaire financier, poursuit activement ses investigations. Ces enquêtes ont pour objectif de faire toute la lumière sur la destination réelle des 37 milliards de francs CFA et d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.
L’affaire ASER apparaît ainsi comme un dossier emblématique des tensions actuelles entre exigences de transparence, fonctionnement de la justice et gestion des fonds publics. À mesure que les procédures judiciaires avancent, les attentes restent fortes, tant du côté de l’opinion publique que des partenaires financiers, quant à la manifestation de la vérité et au respect strict des règles de droit.
Affaire ASER – Pape Mahawa Diouf placé en garde à vue après son audition à la DSC
Le responsable politique de l’Alliance pour la République (APR), Pape Mahawa Diouf, est au cœur d’une nouvelle polémique judiciaire. Convoqué ce lundi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), l’ancien coordonnateur de la cellule de communication de Benno Bokk Yaakaar (BBY) a été entendu en présence de ses deux avocats. À l’issue de son audition, il a été placé en garde à vue dans les locaux de la DSC, selon des sources relayées par Seneweb.
Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, à la suite d’une plainte déposée par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
Tout est parti d’une sortie médiatique de Pape Mahawa Diouf lors de l’émission « Faram Facce », diffusée le 17 septembre dernier sur la TFM. Au cours de son intervention, le responsable républicain aurait déclaré qu’« un détournement de 37 milliards aurait eu lieu au sein de l’ASER ».
Des propos jugés diffamatoires par l’agence publique, qui a aussitôt réagi à travers un communiqué rendu public le 18 septembre 2025. L’ASER y dénonçait des accusations « graves » susceptibles de ternir son image et de semer la confusion dans l’opinion publique, avant d’annoncer avoir saisi la justice.
Après sa garde à vue, Pape Mahawa Diouf devrait être déféré, sauf changement, ce mardi, au tribunal de grande instance hors classe de Dakar. La suite de la procédure déterminera si l’affaire sera jugée rapidement ou instruite plus en profondeur.
Ismaïla Diallo décrypte les relations avec les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER et la situation à la mairie de Dakar
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, s’est exprimé ce dimanche 24 août sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, notamment les rapports entre le Sénégal et les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER ainsi que la situation politique à la mairie de Dakar. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV, le député a livré une analyse sans détour, défendant la posture du gouvernement tout en appelant à des réformes structurelles.
Concernant la suspension des prêts au Sénégal par les institutions de Bretton Woods, Ismaïla Diallo a expliqué que ce refus est paradoxalement lié à la transparence prônée par les nouvelles autorités. Selon lui, dès leur installation, le gouvernement a choisi de communiquer ouvertement sur l’état réel des finances publiques, un exercice pourtant recommandé par ces bailleurs de fonds. Toutefois, cette volonté de transparence aurait eu pour conséquence une série de notations dégradantes, qui ont poussé ces institutions financières internationales à se montrer réticentes à accorder de nouveaux financements. « Nous sommes victimes de notre transparence », a-t-il martelé, estimant que cette décision est plus politique qu’économique. Face à cette impasse, le député a rappelé que l’État a lancé un Plan national de redressement visant à démontrer la capacité du pays à se développer avec ou sans l’appui de ces partenaires traditionnels.
Interrogé sur l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le parlementaire a précisé que le processus de nomination du prochain président sera strictement encadré afin d’éviter qu’une personne « peu orthodoxe » ne prenne la tête de cette institution clé dans la gouvernance publique.
Sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Ismaïla Diallo a confirmé que des enquêtes sont bel et bien en cours, conformément aux déclarations du ministre de la Justice à l’Assemblée nationale. Toutefois, il a pris ses distances avec les accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, estimant que les preuves avancées ne suffisent pas à justifier un soutien de son camp politique. Pour lui, il faut laisser la justice aller au bout des investigations avant de tirer des conclusions.
La situation politique à la mairie de Dakar a également été abordée. Le premier vice-président de l’Assemblée a réfuté toute tentative de son parti de s’accaparer la municipalité. Selon lui, la perte du mandat de Barthélémy Dias relève d’une stricte application de la loi. « C’est une décision de justice qui a conduit à cette situation. Il a été visé par l’article 29 du Code électoral, ce que le préfet a acté », a-t-il expliqué, balayant ainsi les accusations d’ingérence politique.
Enfin, Ismaïla Diallo s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le secteur de la presse sénégalaise. Reconnaissant les difficultés que rencontrent les entreprises médiatiques, il a invité les acteurs du secteur à se réinventer et à s’adapter aux nouveaux défis technologiques et économiques. Néanmoins, il a salué le rôle essentiel des médias dans la consolidation de la démocratie au Sénégal, soulignant qu’ils constituent un pilier incontournable de la vie républicaine.
Affaire ASER – Santander : Thierno Alassane Sall traque les 37 milliards jusqu’en Espagne
Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, remet sur la table le dossier explosif du contrat d’électrification rurale signé en février 2024 entre l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Un projet estimé à 91 milliards FCFA, censé permettre l’accès à l’électricité à près de 1 500 villages.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi, l’opposant s’en prend au régime en place, qu’il accuse de pratiquer un double langage : « Le régime actuel use et abuse du slogan ‘Jub, Jubbal, Jubbanti’, jusqu’à l’afficher dans nos rues. Pourtant, il refuse obstinément de répondre à mes questions de député sur l’utilisation d’une première tranche de 37 milliards décaissés par la banque Santander. »
Ces fonds représentent l’avance initiale consentie dans le cadre du projet. Mais rapidement, des zones d’ombre ont surgi : absence de démarrage effectif des travaux, manque de pièces justificatives et soupçons de transferts suspects vers l’étranger. Devant ces irrégularités, la banque Santander a suspendu ses financements, tandis que l’ARCOP ordonnait, en octobre 2024, l’arrêt du marché.
Thierno Alassane Sall évoque également de possibles violations du Code CIMA. Selon lui, les garanties émises dans ce contrat n’auraient pas été accompagnées du paiement préalable des primes, ce qui les rendrait nulles et de nul effet.
Contre toute attente, la Cour suprême a annulé en février 2025 la suspension du projet, au nom de « l’intérêt public », relançant ainsi un marché plombé par de graves soupçons.
Pour Thierno Alassane Sall, le combat ne fait que commencer. L’ancien ministre des Infrastructures assure poursuivre ses investigations, y compris en Espagne, afin que la vérité éclate : « Tôt ou tard, la lumière sera faite. Les Sénégalais sauront où est passé cet argent, et qui en a réellement profité. »
AFFAIRE ASER / JEAN-MICHEL ZAPPE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ET ORGANISE UN LIVE : Qu’est-ce que ça cache ?
Alors que la polémique autour du contrat d’électrification confié à AEE Power Sénégal ne cesse d’enfler, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène, se retrouve au cœur d’une contradiction qui intrigue. D’un côté, il refuse obstinément de répondre à la sommation interpellative envoyée par l’administrateur d’AEE Power, M. Saidou Kane ; de l’autre, il s’exprime abondamment sur les réseaux sociaux, notamment dans un live diffusé sur sa page Facebook, pour répondre à un acteur politique, le député Thierno Alassane Sall. Une posture qui suscite incompréhension et questionnement, tant chez les juristes que chez les observateurs du monde des marchés publics.
Cette affaire, désormais connue sous le nom d’« ASER-GATE », trouve son origine dans des propos tenus le 2 septembre 2024 par Jean Michel Sène lors d’une émission sur la Radio-Télévision Walfadjri. À cette occasion, le DG de l’ASER avait formulé des accusations particulièrement graves à l’encontre de Saidou Kane, l’impliquant dans des faits de falsification dans le cadre de l’exécution d’un marché public. Face à ces déclarations publiques, AEE Power Sénégal a réagi en déposant une sommation interpellative, non seulement contre M. Sène, mais aussi contre le média et la journaliste Khady Sylla, qui avait mené l’interview.
Dans cette sommation, M. Kane, par l’intermédiaire de ses avocats, pose huit questions précises visant à établir la véracité ou non des accusations proférées. Il y est notamment question d’un contrat signé le 23 février 2024 entre l’ASER et AEE Power EPC, d’un satisfecit délivré le même jour, d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023, ainsi que d’une décision rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ordonnant la suspension d’une résiliation de contrat. Les avocats souhaitent également des éclaircissements sur la nature juridique exacte de la relation contractuelle entre l’ASER et AEE Power Sénégal, et sur les implications d’une éventuelle rupture du contrat vis-à-vis de la garantie souveraine de l’État sénégalais.
Pourtant, depuis la réception de cette sommation, Jean Michel Sène n’a apporté aucune réponse concrète aux questions posées. Pire encore, selon des sources proches du dossier, les représentants de l’ASER se sont contentés de réponses vagues, promettant de « transmettre au DG » ou de « faire suivre au service compétent », sans jamais donner suite aux interpellations. Cette attitude est perçue, du côté de AEE Power Sénégal, comme un mépris manifeste pour une procédure légale pourtant claire dans ses attendus et dans son importance.
Ce mutisme devient d’autant plus problématique que, parallèlement, M. Sène a choisi de s’exprimer longuement ce 19 juin 2025 via un direct Facebook. Il y a notamment répondu aux critiques formulées par le député Thierno Alassane Sall sur la gestion du projet d’électrification. Jean Michel Sène a défendu la régularité des procédures, a détaillé les mécanismes de garantie et a vanté les innovations apportées au contrat, comme l’insertion professionnelle de jeunes Sénégalais et la relocalisation d’une partie des bénéfices économiques au Sénégal.
Mais en réaffirmant ses accusations à l’égard de Saidou Kane dans cette intervention, tout en continuant à ignorer la sommation qui lui est légalement adressée, Jean Michel Sène entretient une asymétrie préoccupante. D’un côté, il revendique la transparence et la légalité. De l’autre, il évite soigneusement d’en répondre formellement dans un cadre juridique.
Ce silence, devenu assourdissant, soulève une question cruciale : pourquoi Jean Michel Sène choisit-il de répondre aux critiques politiques sur les réseaux sociaux, tout en se dérobant aux voies légales initiées par ceux qu’il accuse ? Si ses affirmations sont fondées, pourquoi ne pas y répondre clairement, point par point, dans le cadre de la sommation, devant notaire, comme le droit l’exige ?
La situation actuelle place Jean Michel Sène face à ses responsabilités. En ne répondant pas à la sommation interpellative, il entretient le flou et alimente la méfiance autour de l’ASER et de sa gestion. Or, c’est bien la transparence, l’impartialité et le respect des procédures qui devraient guider l’action publique, surtout lorsqu’il s’agit de projets aussi sensibles que l’électrification de milliers de localités sénégalaises.
Affaire ASER – AEE POWER EPC : Thierno Alassane Sall promet des révélations explosives ce jeudi
Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.
Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».
Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.
Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.
L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.











