Politique
Affaire ASER : la République des Valeurs relance le débat à Paris et interpelle l’État sénégalais sur les 37 milliards
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par
Diack
L’affaire ASER, qui agite la scène politique et judiciaire sénégalaise depuis plusieurs mois, s’est invitée ce jour à Paris à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la République des Valeurs (RV), le parti du député Thierno Alassane Sall. Devant la presse et des militants de la diaspora, les responsables de RV ont tenu à réaffirmer la gravité du dossier et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de banalisation, voire d’étouffement, d’une affaire devenue, selon eux, une véritable affaire d’État.
Prenant la parole au nom de la coordination de RV en France, Aly Bathily a insisté sur le sens de cette sortie publique. Selon lui, il ne s’agit ni d’une polémique politicienne ni d’un calcul partisan, mais d’un devoir de vérité face à ce qu’il qualifie de dérives inquiétantes dans la gouvernance publique au Sénégal. Il a rappelé que l’affaire ASER ne repose ni sur des rumeurs ni sur des accusations gratuites, mais sur des faits documentés et rendus publics par le député Thierno Alassane Sall, qui a saisi les juridictions compétentes après avoir constaté le décaissement de 37 milliards de francs CFA pour des réalisations jugées largement insuffisantes sur le terrain.
La coordination de RV en France s’est particulièrement insurgée contre la communication du Directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, qui a présenté la décision rendue par la Cour suprême le 22 janvier 2026 comme la clôture définitive du dossier et la levée de tous les obstacles juridiques. Pour Aly Bathily, cette lecture est trompeuse. Il précise que la Cour suprême ne s’est prononcée que sur un recours pour excès de pouvoir visant l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), et non sur le fond du marché concerné, encore moins sur l’utilisation effective des 37 milliards de francs CFA mis en cause.
Sur le plan judiciaire, RV rappelle que la procédure engagée par Thierno Alassane Sall devant le Pool judiciaire financier est toujours en cours. Des diligences sont actuellement menées par la gendarmerie, ce qui, selon le parti, démontre que le dossier est loin d’être vidé. Dans ce contexte, Aly Bathily estime que la réactivation du recours devant la Cour suprême intervient de manière opportuniste et vise essentiellement à semer la confusion dans l’opinion publique et à détourner l’attention du cœur du problème.
La République des Valeurs a également exprimé sa vive préoccupation face à l’intervention publique du Premier ministre, qui aurait, selon elle, cherché à blanchir un responsable administratif alors même que la justice est saisie du dossier. Une telle posture est jugée dangereuse par RV, car elle porterait atteinte au principe de la séparation des pouvoirs et fragiliserait l’État de droit.
En conclusion, la coordination de la République des Valeurs en France martèle que la question centrale demeure entière et sans réponse claire : où sont passés les 37 milliards de francs CFA et qui doit en répondre ? Pour les partisans de Thierno Alassane Sall, aucune manœuvre politique, aucune communication institutionnelle et aucune décision procédurale ne saura effacer cette interrogation fondamentale, appelée à rester au cœur du débat public tant que toute la lumière n’aura pas été faite.
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