Affaire Soya Diagne : la Chambre d’accusation confirme la liberté provisoire

La Chambre d’accusation a confirmé l’ordonnance rendue par le juge d’instruction accordant la liberté provisoire à Soya Diagne, poursuivi dans une affaire de diffusion de fausses nouvelles et de discours jugés contraires aux bonnes mœurs. Cette décision marque une étape importante dans la procédure judiciaire engagée contre le patron du site Le Dakarois 221.

Avec cette confirmation, Soya Diagne pourrait recouvrer la liberté dans les prochains jours. Toutefois, cette issue reste conditionnée à une éventuelle initiative du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, qui dispose encore de la possibilité d’introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. En l’absence d’un tel recours, la décision de mise en liberté provisoire devrait être exécutée.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt le 16 octobre dernier dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à son encontre. Les chefs d’accusation retenus sont la « diffusion de fausses nouvelles » et la tenue de « discours contraires aux bonnes mœurs », des infractions prévues et réprimées par le Code pénal sénégalais.

Cette décision de la Chambre d’accusation intervient dans un contexte où les questions liées à la liberté d’expression, à la régulation des contenus en ligne et à la responsabilité des acteurs des médias numériques suscitent de vifs débats. Pour ses proches et ses soutiens, la confirmation de la liberté provisoire constitue un signal fort en faveur du respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence, dans l’attente d’un jugement sur le fond du dossier.

Préparatifs des JOJ 2026 : ultimatum fixé au 18 janvier pour la libération des emprises à la Gueule Tapée

Dans le cadre des préparatifs en vue de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les autorités administratives accélèrent la mise en œuvre des travaux d’aménagement autour des infrastructures sportives concernées. À cet effet, le préfet du département de Dakar, Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, a fixé au dimanche 18 janvier 2026 le délai ultime pour la libération des emprises situées le long du Boulevard de la Gueule Tapée.

Dans un communiqué daté du 13 janvier, l’autorité administrative rappelle que des travaux de mise à niveau et d’aménagement de la voirie seront engagés dans les prochains jours aux abords de plusieurs infrastructures sportives appelées à accueillir les compétitions des JOJ 2026. Ces travaux, qualifiés d’intérêt public, ont pour objectif d’améliorer durablement la circulation, de renforcer la sécurité des usagers de la route et d’assainir le cadre de vie des populations riveraines.

Le préfet souligne toutefois que la bonne exécution de ces travaux est conditionnée par la libération complète et la sécurisation des emprises concernées. À ce titre, il invite formellement toutes les personnes occupant actuellement le Boulevard de la Gueule Tapée et ses dépendances à quitter les lieux dans les délais impartis. Sont particulièrement concernés les occupants du tronçon compris entre le rond-point de l’hôpital Abass Ndao et la Place de la Nation, une zone stratégique dans le dispositif de circulation autour des sites sportifs.

Le communiqué précise que cette mesure vise à permettre le démarrage effectif des travaux dans de bonnes conditions et dans le respect du calendrier établi pour les préparatifs des JOJ 2026. « La libération des emprises est indispensable pour garantir la sécurité de tous et assurer le bon déroulement des opérations », insiste l’autorité préfectorale.

Passé le délai du 18 janvier 2026, le préfet avertit que des mesures appropriées pourraient être prises pour procéder à la libération des emprises concernées. Ces dispositions, précise-t-il, s’inscrivent dans une démarche de préservation de l’ordre public et de respect des engagements pris par l’État du Sénégal dans l’organisation de cet événement sportif international.

À travers cette décision, l’administration territoriale entend ainsi conjuguer impératifs de développement urbain, exigences sécuritaires et respect des délais liés à l’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse. À Dakar, la phase opérationnelle des préparatifs entre désormais dans une étape concrète, où les travaux d’aménagement de la voirie constituent un enjeu clé pour la réussite de Dakar 2026.

Criquets pèlerins dans le nord du Sénégal : l’État active un dispositif préventif pour protéger les cultures

Face à la présence signalée de criquets pèlerins dans plusieurs zones du nord du Sénégal, notamment à Dagana, Louga, Saint-Louis, Podor et Matam, les autorités sénégalaises ont décidé d’anticiper le risque afin d’éviter une crise acridienne aux conséquences potentiellement graves pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA), Boubacar Dramé, a ainsi annoncé, le 15 janvier 2025, la mise en place d’« actions coordonnées et préventives » dans la vallée du fleuve Sénégal, avec un accent particulier sur le département de Dagana.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette réaction rapide des pouvoirs publics fait suite aux premières alertes émises par les services techniques, notamment la Direction de la protection des végétaux (DPV). Dès les signaux initiaux, une mission conjointe regroupant le Secrétariat exécutif du CNSA, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les services techniques de l’État a été déployée sur le terrain. L’objectif était multiple : évaluer l’ampleur des dégâts causés par les criquets pèlerins, mesurer l’efficacité des traitements déjà appliqués et renforcer la concertation avec les acteurs locaux, en première ligne face à la menace.

À l’issue de cette mission, une note technique détaillée a été transmise au Premier ministre. Ce document, élaboré sur la base des informations collectées par la DPV et les services déconcentrés, vise à éclairer la prise de décision au plus haut niveau de l’État. « Dès les premières alertes, nous avons jugé nécessaire d’agir rapidement pour éviter une propagation incontrôlée », a souligné Boubacar Dramé, insistant sur l’importance de la prévention dans la gestion du risque acridien.

Dans les zones concernées, la vigilance reste de mise. Les criquets pèlerins, connus pour leur capacité à se déplacer rapidement et à ravager de vastes surfaces agricoles, représentent une menace sérieuse pour les cultures, notamment dans une région stratégique comme la vallée du fleuve Sénégal, considérée comme un grenier agricole du pays. C’est pourquoi les autorités privilégient une approche anticipative, fondée sur la surveillance permanente, la lutte ciblée et la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Le CNSA, en collaboration avec la FAO et les services techniques nationaux, entend également renforcer la sensibilisation des producteurs et des collectivités locales. L’objectif est de favoriser une remontée rapide de l’information depuis le terrain et d’assurer une réaction immédiate en cas d’évolution du phénomène. Cette stratégie concertée vise non seulement à contenir les foyers existants, mais aussi à prévenir toute invasion de grande ampleur susceptible de compromettre les récoltes et, à terme, la sécurité alimentaire.

À ce stade, les autorités se veulent rassurantes tout en appelant à la prudence. Les dispositifs de surveillance et de lutte sont opérationnels, et l’État affirme disposer des moyens nécessaires pour faire face à la situation. Toutefois, la nature imprévisible des criquets pèlerins impose une vigilance constante. Dans le nord du Sénégal, la mobilisation reste totale pour éviter que cette menace acridienne ne se transforme en crise majeure.

Météo : une houle dangereuse annoncée à partir du 18 janvier sur une partie du littoral sénégalais

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a émis une alerte concernant l’arrivée d’une houle dangereuse qui affectera une partie de la côte sénégalaise à partir du dimanche 18 janvier. Selon les prévisions météorologiques, cette houle, en provenance du nord-ouest, pourrait atteindre, voire dépasser, une hauteur de 2,5 mètres, avec des conditions maritimes particulièrement agitées.

Dans son bulletin, l’ANACIM précise que ce phénomène sera marqué par de fortes vagues accompagnées de courants marins puissants, susceptibles de représenter un danger réel pour les activités maritimes et côtières. Les zones concernées incluent Dakar, la Grande Côte, située à environ 75 kilomètres au nord de la capitale, ainsi que la Petite Côte, à près de 101 kilomètres au sud.

Ces conditions océaniques défavorables pourraient avoir des répercussions importantes sur la pêche artisanale, la navigation maritime et les activités de loisirs en mer. Les pirogues, souvent vulnérables face aux fortes houles, pourraient être exposées à des risques accrus, tout comme les embarcations de plaisance. Les autorités appellent ainsi à la vigilance des pêcheurs, des usagers de la mer et des populations riveraines.

L’ANACIM recommande également une grande prudence aux baigneurs, en raison des vagues puissantes et des courants de retour susceptibles d’entraîner des accidents. Les populations vivant le long du littoral sont invitées à suivre régulièrement les bulletins météorologiques et à se conformer aux consignes de sécurité émises par les services compétents.

Cette alerte s’inscrit dans un contexte où les phénomènes de houle deviennent de plus en plus fréquents et parfois imprévisibles, renforçant la nécessité d’une vigilance constante, notamment durant la saison sèche où les vents peuvent intensifier l’agitation marine. Les autorités météorologiques assurent un suivi rapproché de l’évolution de la situation et n’excluent pas la publication de nouveaux avis en fonction des conditions observées.

La nouvelle cheffe de mission du FMI attendue à Dakar : aucune négociation de fond n’est prévue

Dès le début de la semaine prochaine, Dakar accueillera une délégation de haut niveau du Fonds monétaire international (FMI), un déplacement très attendu dans les cercles économiques et financiers du pays. Au centre de cette visite figure la présentation officielle de la nouvelle cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, qui prend ainsi le relais d’Edward Gemayel. Officiellement qualifiée de « visite de courtoisie » par l’institution de Bretton Woods, cette mission intervient pourtant dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des tensions persistantes autour de la situation des finances publiques sénégalaises.

Selon les informations rapportées par l’agence Reuters, aucune négociation de fond n’est inscrite à l’agenda de ce court séjour. Le FMI entend avant tout procéder à une prise de contact avec les nouvelles autorités économiques du pays et assurer une transition ordonnée entre l’ancienne et la nouvelle cheffe de mission. Edward Gemayel accompagnera d’ailleurs Mercedes Vera Martin à Dakar, signe d’une volonté de continuité dans le suivi du dossier sénégalais.

Cependant, l’arrivée de Mercedes Vera Martin suscite de nombreuses interrogations sur la Place de Dakar. L’économiste jouit d’une réputation de grande rigueur et d’une solide expérience dans la gestion de situations financières complexes. Elle arrive tout droit de Zambie, où elle a dirigé, entre 2023 et 2025, un processus de restructuration de dette considéré comme l’un des plus délicats en Afrique. Ce parcours, bien que salué par les experts, nourrit les spéculations dans un pays où la question de l’endettement public est devenue un sujet central du débat économique et politique.

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu de cette visite est avant tout stratégique. Il s’agit de rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé et une pression accrue sur les finances publiques. Les autorités sénégalaises tiennent toutefois à clarifier leur position : toute hypothèse de restructuration de la dette est formellement exclue. Dakar considère cette option comme une ligne rouge, craignant qu’elle n’affecte durablement la crédibilité financière du pays et son accès aux marchés internationaux.

Même en l’absence de discussions formelles, cette visite sera scrutée de près pour les signaux qu’elle pourrait envoyer. Les échanges informels, les rencontres de couloirs et le ton des déclarations publiques seront analysés avec attention par les acteurs économiques. Beaucoup s’interrogent sur la capacité de cette nouvelle dynamique à ouvrir, à moyen terme, la voie à un nouveau programme de financement avec le FMI, alors que les besoins budgétaires du Sénégal restent importants.

Ce changement à la tête de la mission du FMI intervient dans un climat encore marqué par de fortes turbulences entre Dakar et l’institution financière internationale. Les relations se sont crispées à la suite de l’audit des finances publiques, qui a mis en lumière des fragilités structurelles et soulevé des interrogations sur la soutenabilité de la dette. Depuis lors, un climat de méfiance prudente s’est installé, même si les deux parties affichent la volonté de maintenir un dialogue ouvert.

Ainsi, si cette mission est officiellement présentée comme une simple visite de présentation, elle n’en demeure pas moins lourde de symboles. Dans un contexte économique tendu et sous le regard attentif des marchés, chaque geste, chaque mot et chaque rencontre compteront. À Dakar, la visite de la nouvelle cheffe de mission du FMI apparaît moins comme une formalité que comme un moment d’observation mutuelle, où se joue en filigrane l’avenir des relations financières entre le Sénégal et le Fonds monétaire international.

Réexamen de la décision favorable à Ousmane Sonko : le procureur général conteste la révision point par point

Dans une requête en réexamen transmise le 29 décembre 2025 au premier président de la Cour suprême, et dont Libération s’est fait l’écho, le procureur général près la haute juridiction engage une démarche judiciaire inédite en contestant frontalement la décision de révision qui avait bénéficié à Ousmane Sonko dans l’affaire de diffamation l’opposant à Mame Mbaye Niang. Ce document, appuyé par un avis favorable du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, dévoile une argumentation juridique dense et structurée visant à remettre en cause l’interprétation retenue par la commission de révision.

Au cœur de cette requête figure la demande de réexamen de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Dakar, lequel avait conduit à la révision de la condamnation de Mame Mbaye Niang. Pour le procureur général, la commission de révision aurait fait une lecture erronée des textes applicables, en particulier de l’article 92 de la loi organique sur la Cour suprême, et aurait outrepassé ses compétences en appréciant des éléments relevant du fond du dossier.

Le magistrat s’attaque d’abord à l’interprétation de l’article 92, qu’il cite dans sa requête. Ce texte prévoit que la révision d’une décision pénale définitive ne peut être demandée que lorsque, après une condamnation, des faits nouveaux se produisent ou se révèlent, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont présentées, à condition qu’elles soient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Selon le procureur général, ces conditions ne sont pas réunies en l’espèce. Il soutient notamment que l’auteur des propos diffamatoires, en l’occurrence Ousmane Sonko, aurait dû être en mesure de démontrer l’absence d’impôts de profession et ne pouvait, dès lors, ignorer les faits qu’il avançait publiquement.

La requête s’appuie ensuite sur un rappel minutieux des faits ayant conduit à la condamnation initiale. Le procureur général revient sur les propos tenus par Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci avait affirmé que Mame Mbaye Niang avait été « épinglé » par un rapport de l’Inspection générale d’État, ce qui, selon la juridiction de jugement, constituait une imputation diffamatoire. Le document souligne que Sonko avait déclaré disposer d’éléments à l’appui de ses accusations, citant notamment un rapport présenté comme émanant de l’Inspection générale des Finances et des informations accessibles via des sources publiques, dont des déclarations d’Amadou Bâ, alors ministre des Finances, ainsi que de Mame Mbaye Niang lui-même, évoquant l’existence d’un rapport.

Pour le procureur général, l’accusation de mensonge portée contre Mame Mbaye Niang demeure centrale. Il rappelle que Sonko avait affirmé que Niang mentait en niant avoir été épinglé par un rapport de contrôle, et que tous les documents devaient, à ce titre, être produits devant le juge. Or, Mame Mbaye Niang, par l’intermédiaire de ses avocats, avait déposé une plainte en soutenant n’avoir jamais été mis en cause par un rapport de l’Inspection générale d’État ni par aucun autre organe de contrôle concernant la gestion du Prodac. Le procureur général renchérit en expliquant qu’il était matériellement impossible pour Niang de s’immiscer dans la gestion financière du projet, celle-ci relevant de la tutelle du ministère des Finances.

La critique de la commission de révision constitue un autre axe fort de la requête. Le procureur général estime que cette instance a outrepassé son rôle en procédant à des constatations qui relèvent, selon lui, de la compétence exclusive du juge du fond. Il reproche à la commission d’avoir cherché à motiver sa décision au-delà de ses prérogatives, en appréciant la portée des faits nouveaux sur la culpabilité du condamné. Il cite à cet effet les conclusions de la commission, qui avait estimé que certaines constatations étaient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité d’Ousmane Sonko relativement à l’infraction de diffamation.

L’argument juridique central développé par le procureur général repose sur la question de la découverte tardive du rapport invoqué. Selon lui, ce rapport était resté inconnu lors des débats en première instance comme en appel, son existence ayant été niée. Dans cette logique, la découverte ultérieure de ce document ne saurait justifier une révision favorable à Sonko. Bien au contraire, elle viendrait, selon la requête, confirmer la matérialité de la diffamation, puisque Sonko avait accusé Niang de mentir sur l’existence d’un rapport, et que l’existence même de ce rapport ne prouve pas que Niang ait été « épinglé » comme cela avait été affirmé publiquement.

La requête soulève également des enjeux procéduraux majeurs, notamment sur les limites de compétence de la commission de révision. Pour le procureur général, celle-ci aurait dû se borner à constater l’existence éventuelle de faits nouveaux ou de pièces inconnues, sans en tirer des conclusions sur la culpabilité, domaine réservé au juge du fond. Le document précise enfin que le ministre de la Justice a transmis les recommandations de la commission au premier président de la Cour suprême pour exécution, conformément à la procédure, tout en donnant un avis favorable à la démarche du procureur général.

Au terme de cette argumentation détaillée, la requête invite la Cour suprême à se prononcer sur la légalité de la décision de révision et sur l’interprétation à retenir de l’article 92 de la loi organique. Au-delà du seul contentieux opposant deux figures politiques majeures, cette affaire pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre le droit à la révision des condamnations pénales et le principe de l’autorité de la chose jugée, plaçant la Cour suprême face à un débat juridique d’une portée institutionnelle considérable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°650 – 15/01/2026

🔴 FARBA NGOM ET LA JOURNÉE SANS PRESSE DU 13 AOÛT 2024 : QUAND CHEIKH BARA NDIAYE DÉLIRE ET DÉBITE
🔴 AFFAIRE DES TÉLÉPHONES DE FARBA NGOM : UN GARDE PÉNITENTIAIRE SUR LA SELLETTE

🔴 LES LIONS PLUS FORTS QUE LES PHARAONS : LE SÉNÉGAL EN FINALE

CAN 2025 : les félicitations du président Diomaye Faye aux « Lions » après leur victoire contre l’Égypte

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé ses chaleureuses félicitations à l’équipe nationale du Sénégal après sa victoire (1-0) face à l’Égypte, synonyme de qualification pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Le chef de l’État a salué la performance des « Lions » à travers un message publié sur sa page Facebook, mettant en avant la qualité du jeu et l’état d’esprit affiché par les champions d’Afrique.

« Je félicite nos Lions qui, par un match sérieux et maîtrisé, ont écarté l’Égypte et décroché leur place en finale de la Coupe d’Afrique », a écrit Bassirou Diomaye Faye, soulignant la solidité collective et la maîtrise tactique dont ont fait preuve les joueurs sénégalais face à un adversaire réputé pour son expérience et son palmarès.

À l’approche de l’ultime rencontre de la compétition, le président a encouragé l’équipe à rester fidèle aux valeurs qui ont forgé son succès. « À une marche de la consécration, poursuivez avec la même lucidité, la même discipline et le même esprit collectif, pour offrir au Sénégal une nouvelle étoile et une fierté partagée par toute la Nation », a-t-il ajouté, exprimant l’espoir de voir le Sénégal inscrire un nouveau sacre continental à son palmarès.

Ce message présidentiel s’inscrit dans un contexte d’euphorie nationale, alors que la qualification des « Lions » pour la finale suscite un immense engouement populaire à travers le pays et au sein de la diaspora. La victoire face à l’Égypte, l’une des sélections les plus titrées du continent, renforce la confiance autour du groupe et alimente l’espoir d’un nouveau sacre pour le football sénégalais.

À quelques jours de la finale, les regards sont désormais tournés vers la dernière étape de la CAN 2025. Soutenus par tout un peuple et encouragés au plus haut sommet de l’État, les « Lions » auront à cœur de conclure leur parcours en beauté et de décrocher une nouvelle étoile pour le Sénégal.

Changement climatique : Diomaye Faye plaide pour « une mobilisation internationale accrue »

Face à l’aggravation des effets du changement climatique et à leur impact particulièrement sévère sur le continent africain, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appelé, ce mercredi 14 janvier, à « une mobilisation internationale accrue ». Le chef de l’État s’exprimait lors de son allocution d’ouverture d’un side event consacré au soutien du processus préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau, que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis en 2026.

Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes, Diomaye Faye a insisté sur le fait que l’Afrique demeure l’une des régions les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique, alors même qu’elle contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour le président sénégalais, cette situation impose une responsabilité collective renforcée et une solidarité internationale plus concrète, notamment à travers des mécanismes de financement adaptés, un transfert de technologies et un appui accru aux politiques d’adaptation.

Selon la Présidence de la République, le chef de l’État a également mis en exergue le caractère hautement stratégique de la ressource en eau. Il a souligné que l’eau se situe aujourd’hui « à l’intersection du climat, de la paix, de la sécurité et du développement durable », rappelant qu’une mauvaise gestion ou une raréfaction de cette ressource essentielle peut exacerber les tensions sociales, fragiliser la sécurité alimentaire et compromettre durablement les efforts de développement. À ses yeux, l’eau doit être au cœur des agendas climatiques et de développement, en particulier dans les pays du Sud.

Cette prise de parole s’inscrit dans la dynamique préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue en 2026, un rendez-vous international majeur que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis. À travers cet engagement, Dakar entend jouer un rôle actif dans la définition des priorités mondiales liées à la gestion durable de l’eau, à l’adaptation aux changements climatiques et à la résilience des territoires vulnérables.

La participation de Diomaye Faye à cette rencontre intervient dans le cadre d’un déplacement officiel à Abu Dhabi, où il prend part, les 14 et 15 janvier 2026, à un forum international consacré aux enjeux du développement durable, de la transition énergétique et de l’innovation. Ce déplacement fait suite à un séjour de deux jours effectué auparavant au Koweït, illustrant l’intensification de la diplomatie sénégalaise sur les questions climatiques, énergétiques et de coopération internationale.

À travers ce plaidoyer, le président sénégalais réaffirme la position du Sénégal en faveur d’une gouvernance mondiale plus équitable du climat et des ressources naturelles. Il appelle à des engagements plus ambitieux et à des actions concrètes pour répondre à l’urgence climatique, estimant que sans une mobilisation internationale forte et coordonnée, les pays africains continueront de payer un lourd tribut à un phénomène qu’ils n’ont que très peu contribué à provoquer.

Intelligence artificielle : le Sénégal classé 97ᵉ au niveau mondial et 9ᵉ en Afrique

Le Sénégal occupe la 97ᵉ place au niveau mondial et le 9ᵉ rang en Afrique dans le Government AI Readiness Index, l’Indice de préparation des gouvernements à l’intelligence artificielle. Avec un score global de 38,84, le pays apparaît comme un État en transition, affichant des avancées notables sur le plan stratégique et politique, mais confronté à d’importants défis structurels pour une adoption effective de l’IA dans l’action publique.

Publié chaque année par le cabinet britannique Oxford Insights, cet indice évalue 195 gouvernements à travers 69 indicateurs regroupés en plusieurs piliers clés, notamment la capacité politique, la gouvernance, l’infrastructure d’IA, l’adoption par le secteur public, le développement et la diffusion des technologies d’IA, ainsi que la résilience économique et sociale. L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les États sont prêts à intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics et dans la modernisation de l’administration.

Selon l’analyse relayée par PressAfrik, le Sénégal présente des performances contrastées. Sur le plan de la capacité politique, le pays obtient un score relativement élevé de 61,00, traduisant l’existence d’une vision claire et d’une volonté politique affirmée. Cette performance repose notamment sur l’adoption de stratégies nationales, la mise en place de cadres législatifs et la reconnaissance officielle de l’IA comme un levier de croissance économique et de modernisation de l’État. Les autorités sénégalaises affichent ainsi une ambition assumée de s’inscrire dans la transformation numérique globale.

Le pilier gouvernance, avec un score de 50,88, confirme cette dynamique. Il reflète l’existence de cadres éthiques, de dispositifs de protection des données et d’une prise de conscience des enjeux liés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Ces éléments constituent des bases importantes pour encadrer le développement de l’IA et limiter les risques liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux dérives algorithmiques.

Cependant, malgré ces acquis institutionnels, les difficultés apparaissent plus marquées dans la mise en œuvre concrète. L’adoption de l’IA par le secteur public, notée à 28,47, demeure faible. Ce score indique que, malgré la volonté politique affichée, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les services administratifs reste limitée, souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des expérimentations ponctuelles. L’IA peine encore à transformer en profondeur les procédures, la gestion des données publiques et la qualité des services offerts aux citoyens.

L’infrastructure d’IA, avec un score de 37,00, constitue également un point de fragilité. Ce pilier englobe l’accès à des données de qualité, la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire, notamment les GPU, ainsi que la connectivité Internet. Or, ces éléments sont indispensables pour développer, entraîner et déployer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Les limites observées dans ces domaines freinent considérablement la capacité du pays à passer d’une phase stratégique à une phase opérationnelle.

Enfin, la résilience, évaluée à 35,48, met en lumière la capacité encore insuffisante du marché du travail et de l’économie à s’adapter aux transformations induites par l’IA et l’automatisation. Ce pilier mesure notamment la préparation des compétences, la flexibilité du tissu économique et la capacité à absorber les chocs technologiques. À ce niveau, le Sénégal fait face à des défis majeurs en matière de formation, de reconversion professionnelle et d’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins émergents liés aux technologies avancées.

En définitive, le classement du Sénégal dans l’Indice de préparation à l’IA d’Oxford Insights révèle un pays qui a posé les fondations politiques et institutionnelles de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, mais qui doit encore franchir un cap décisif sur le plan des infrastructures, des compétences et de l’adoption effective dans le secteur public. La consolidation de ces aspects apparaît aujourd’hui comme un enjeu central pour permettre à l’IA de devenir un véritable moteur de modernisation de l’État et de développement économique durable.

Exportation d’arachides : les opérateurs demandent un lancement du processus avant le nouvel an chinois

Les acteurs de la filière arachidière sénégalaise appellent les autorités à accélérer le lancement de la campagne d’exportation des graines d’arachide, en particulier à destination de la Chine, avant le mois de février. Cette période correspond au nouvel an chinois, un événement majeur qui entraîne traditionnellement un ralentissement significatif des activités économiques dans ce pays, principal marché d’exportation de l’arachide sénégalaise.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette préoccupation a été largement exprimée lors d’une rencontre tenue mardi entre le ministre de l’Industrie et du Commerce et les différents acteurs du secteur, en présence de partenaires stratégiques. À cette occasion, Cheikh Ahmadou Bamba Fall, membre du Collectif des acteurs de la filière arachidière du Sénégal, a attiré l’attention des autorités sur les contraintes liées au calendrier commercial chinois.

D’après lui, le nouvel an chinois constitue une période durant laquelle les activités économiques tournent au ralenti. « Les Chinois restent un mois quasiment sans activité en période de fête, marquée par un ralentissement des activités dans ce pays », a-t-il expliqué, soulignant l’impact direct que cette situation peut avoir sur les opérations d’exportation et sur la fluidité des transactions commerciales. Pour les exportateurs sénégalais, tout retard dans le lancement de la campagne risque ainsi de compromettre les volumes attendus et de perturber les relations avec les partenaires chinois.

Cheikh Ahmadou Bamba Fall a insisté sur l’importance, pour le gouvernement, de donner rapidement un signal clair en autorisant le démarrage effectif des exportations. Selon lui, un lancement avant le nouvel an chinois permettrait aux partenaires commerciaux en Chine de se positionner dans de meilleures conditions, d’anticiper les commandes et d’assurer une continuité des échanges malgré la période festive.

Au-delà de la question du calendrier, les opérateurs ont également réaffirmé leurs engagements en matière de volumes et de respect des règles fixées par l’État. Ils annoncent être prêts à exporter entre 300 000 et 400 000 tonnes d’arachides au cours de la campagne, tout en respectant le prix plancher de 350 FCFA le kilogramme, tel que défini par le gouvernement. Cette garantie vise à protéger les producteurs locaux et à assurer une rémunération équitable aux paysans, tout en maintenant la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur le marché international.

Cette sortie des acteurs de la filière intervient dans un contexte où l’arachide demeure un pilier stratégique de l’économie agricole sénégalaise, à la fois en termes de revenus ruraux, de création d’emplois et de recettes d’exportation. Les opérateurs estiment ainsi qu’une décision rapide des autorités permettrait non seulement de sécuriser les débouchés extérieurs, mais aussi de renforcer la confiance entre l’État, les exportateurs et les partenaires étrangers.

En attendant une position officielle, les acteurs de la filière espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin d’éviter tout blocage lié aux contraintes calendaires internationales. Pour eux, l’anticipation du nouvel an chinois constitue un enjeu crucial pour la réussite de la campagne d’exportation et pour la valorisation optimale de la production arachidière nationale.

Production industrielle : une hausse de 18 % enregistrée en novembre 2024, portée par l’entrée en production du pétrole

La production industrielle au Sénégal a connu une nette accélération en novembre 2024, avec une progression globale de 18,3 %. C’est ce qui ressort du rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) relatif à l’Indice harmonisé de la production industrielle (IHPI), publié le 13 janvier 2025. Cette performance traduit une dynamique particulièrement soutenue du secteur industriel, largement impulsée par le démarrage effectif de l’extraction pétrolière.

Selon l’ANSD, la principale source de cette croissance réside dans la forte hausse enregistrée par les industries extractives, dont l’indice a bondi de 39,1 % en glissement annuel. Cette progression exceptionnelle est directement liée à l’entrée en production du pétrole, qui marque un tournant majeur dans la structure industrielle nationale. En revanche, lorsqu’on exclut le pétrole, l’indice des hydrocarbures affiche une évolution beaucoup plus modérée, se limitant à une hausse de 0,7 %, ce qui souligne le rôle déterminant joué par l’or noir dans les performances récentes.

Sur les onze premiers mois de l’année 2024, la tendance globale demeure très favorable. L’IHPI enregistre une augmentation cumulée de 24,5 % par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant une dynamique qualifiée d’« excellente » par les statisticiens. Cette progression soutenue témoigne d’un regain d’activité industrielle, malgré un contexte international marqué par des incertitudes économiques persistantes.

Les secteurs de l’énergie et de l’eau contribuent également à cette évolution positive. La production d’électricité, de gaz et d’eau affiche une hausse de 14,4 % en novembre 2024, traduisant une amélioration de la capacité de production et une demande accrue, notamment dans un contexte d’industrialisation progressive et de croissance démographique.

Du côté des industries manufacturières, la croissance est plus modérée mais reste significative. L’ANSD note une augmentation de 5,1 % de la production, reflétant une progression continue de la transformation industrielle, même si celle-ci demeure moins spectaculaire que celle observée dans les industries extractives. Cette évolution positive traduit néanmoins une certaine résilience du secteur manufacturier, confronté à des défis structurels liés aux coûts de production et à l’approvisionnement en intrants.

En revanche, tous les segments de l’industrie n’ont pas évolué dans le même sens. Les industries environnementales enregistrent un recul de 5,1 % sur la période, marquant un ralentissement de l’activité dans ce sous-secteur. Cette contre-performance pèse sur la dynamique globale et souligne la nécessité de renforcer les investissements et les politiques publiques en faveur des filières liées à la gestion des déchets, au recyclage et à la protection de l’environnement.

Par ailleurs, la filière coton a connu une situation particulière. En novembre 2024, aucune activité d’égrenage n’a été enregistrée, en raison d’une pause qualifiée de saisonnière ou conjoncturelle. Cette absence d’activité a eu un impact négatif sur les résultats spécifiques du secteur, même si elle reste conforme au cycle habituel de la filière.

Dans l’ensemble, les chiffres de novembre 2024 confirment une transformation progressive du tissu industriel sénégalais, désormais fortement influencé par l’exploitation des ressources pétrolières. Si cette nouvelle dynamique constitue un levier important de croissance, elle pose également la question de la diversification et de la consolidation des autres secteurs industriels afin d’assurer une croissance équilibrée et durable à moyen et long terme.

Affaire Farba Ngom : un garde pénitentiaire du Pavillon spécial placé en garde à vue

L’affaire des téléphones portables découverts dans la cellule de Farba Ngom connaît un nouveau développement judiciaire. Selon des sources proches du dossier, les investigations menées par la Section de Recherches (SR) de Dakar ont abouti à l’interpellation d’un garde pénitentiaire en service au Pavillon spécial, désormais placé en garde à vue.

Cette arrestation fait suite à une fouille de routine effectuée dans la cellule de Farba Ngom, au cours de laquelle deux téléphones portables avaient été retrouvés. Une découverte qui avait immédiatement soulevé de sérieuses interrogations, compte tenu des règles strictes encadrant la détention et l’usage d’objets de communication en milieu carcéral, a fortiori dans un pavillon à régime spécial.

D’après les premières conclusions des investigations techniques, relayées par le quotidien Libération, l’introduction de ces appareils n’aurait pas pu se faire sans une complicité interne. Les enquêteurs privilégient ainsi la piste d’un contournement délibéré des protocoles de sécurité de l’établissement pénitentiaire, ce qui a conduit à l’audition puis à l’arrestation du garde pénitentiaire concerné.

L’agent interpellé est soupçonné de « complicité de détention d’objets illicites en milieu carcéral », une infraction sévèrement réprimée par la loi. Les enquêteurs cherchent à établir avec précision les circonstances dans lesquelles les téléphones ont été introduits, leur durée de présence dans la cellule ainsi que l’usage qui en aurait été fait.

L’enquête est toujours en cours et pourrait connaître de nouveaux rebondissements. Les autorités judiciaires n’excluent pas l’implication éventuelle d’autres agents pénitentiaires ou de tiers, dans un système organisé visant à faciliter l’introduction d’objets prohibés au sein du Pavillon spécial. Des auditions supplémentaires et des vérifications internes sont annoncées afin de situer toutes les responsabilités.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité et le contrôle au sein des établissements pénitentiaires, notamment dans les quartiers sensibles accueillant des détenus à fort enjeu judiciaire ou politique. En attendant les conclusions définitives de l’enquête, le garde pénitentiaire arrêté reste à la disposition des enquêteurs, tandis que la justice poursuit ses investigations pour faire toute la lumière sur ce dossier.

Sortie de Cheikh Bara Ndiaye : le CDEPS dénonce des propos diffamatoires et annonce des actions judiciaires

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau après les déclarations du député Cheikh Bara Ndiaye, tenues le mardi 13 janvier 2026 sur le plateau de Seneweb. Dans un communiqué officiel signé par son président, Mamadou Ibra Kane, le patronat de la presse sénégalaise dénonce des propos qu’il qualifie de « gravement diffamatoires » à l’encontre des entreprises de presse privée et de leurs responsables.

Au cœur de la polémique, les affirmations du parlementaire selon lesquelles l’homme politique Farba Ngom serait à l’origine de la journée sans presse observée le 13 août 2024. Une accusation que le CDEPS rejette catégoriquement, la qualifiant d’« infondée » et de « dénuée de toute nuance ». Pour l’organisation patronale, ces propos relèvent davantage de la spéculation que d’une analyse sérieuse fondée sur des faits avérés.

Dans son communiqué, le CDEPS rappelle que si une journée sans presse a effectivement eu lieu en août 2024, celle-ci avait un objectif clair et assumé : protester contre les atteintes répétées aux libertés de la presse imputées au gouvernement issu de la troisième alternance. Le Conseil insiste sur le fait que cette mobilisation était exclusivement dirigée contre des pratiques jugées liberticides et non contre des considérations partisanes ou des agendas politiques occultes.

Le patronat de la presse estime par ailleurs que les propos de Cheikh Bara Ndiaye s’inscrivent dans une dynamique plus large de discrédit systématique de la presse privée. Selon le CDEPS, cette stratégie serait portée par certains acteurs du nouveau régime, dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre les autorités et les médias indépendants.

Près de vingt-trois mois après l’accession au pouvoir du régime actuel, le Conseil dresse un tableau particulièrement sombre de la situation de la presse privée au Sénégal. Il accuse les autorités de mener, avec « constance et méthode », une entreprise de fragilisation du secteur. Cette politique se traduirait, selon le CDEPS, par des poursuites fiscales ciblées, des blocages de comptes bancaires, le non-paiement des créances dues par l’État, des résiliations unilatérales de contrats publicitaires, ainsi que par la non-distribution de l’aide publique à la presse depuis près de deux ans.

Le communiqué évoque également des pratiques qu’il juge illégales et attentatoires à la liberté d’informer, telles que la confiscation de bouquets télévisuels, des coupures arbitraires de signaux audiovisuels et des restrictions injustifiées d’accès des journalistes aux manifestations publiques. Autant d’éléments qui, selon le CDEPS, traduisent une volonté manifeste d’asphyxier économiquement et institutionnellement la presse indépendante.

Dans ce contexte, le Conseil considère que le recours à la diffamation constitue un ultime levier utilisé pour tenter de discréditer durablement les médias privés. Toutefois, souligne-t-il, « aucun mensonge n’étant jamais parfaitement étanche », l’inconsistance de certaines affirmations finirait toujours par apparaître aux yeux de l’opinion attentive.

Le CDEPS s’interroge également sur le lien que certains tenteraient d’établir entre la journée sans presse d’août 2024 et l’arrestation de Farba Ngom intervenue en février 2025. Pour l’organisation, cette mise en relation relève de la pure affabulation et ne repose sur aucun élément factuel solide. Elle ne pourrait donc être interprétée que comme une tentative délibérée de manipulation de l’opinion publique.

Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à l’honneur et à la crédibilité de la presse sénégalaise, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse annonce son intention de tirer toutes les conséquences juridiques de ces propos. Des actions judiciaires sont ainsi envisagées afin de rétablir la vérité et de défendre l’intégrité du secteur.

En conclusion, le CDEPS lance un appel solennel à l’ensemble des professionnels des médias. Dans un esprit de confraternité et de responsabilité collective, il les exhorte à ne s’associer, ni par complaisance ni par silence, à aucune tentative de dénigrement de la presse privée sénégalaise, rappelant que la défense de la liberté de la presse demeure un combat commun et fondamental pour la démocratie.

CAN 2025 : le Sénégal fait tomber l’Égypte au mental et se hisse en finale

Le Sénégal s’est qualifié pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en dominant l’Égypte (1-0), ce mercredi soir au stade Ibn Batouta de Tanger. Au terme d’une demi-finale âprement disputée, les Lions de la Teranga ont fait parler leur force mentale, leur discipline tactique et leur expérience pour venir à bout d’une formation égyptienne fidèle à sa réputation de solidité et de résilience.

Dans une rencontre à haute intensité, marquée par une bataille tactique de tous les instants, les hommes d’Aliou Cissé ont longtemps dû faire preuve de patience. Face à un bloc égyptien très compact, difficile à manœuvrer, le Sénégal a monopolisé le ballon sans toutefois parvenir à concrétiser ses occasions en première période. Les Pharaons, bien organisés défensivement, ont fermé les espaces et misé sur des transitions rapides, rendant chaque offensive sénégalaise complexe à conclure.

Malgré plusieurs situations franches manquées avant la pause, les champions d’Afrique 2021 n’ont jamais perdu leur calme. Fidèles à leur plan de jeu, ils ont continué à presser, à imposer un rythme soutenu et à faire circuler le ballon avec maîtrise. Cette domination progressive a fini par payer en seconde période, lorsque le Sénégal a trouvé la faille sur une action décisive, conclue par un but qui a fait exploser de joie les supporters présents dans les tribunes.

Ce but, fruit d’une persévérance collective, a changé la physionomie du match. Dos au mur, l’Égypte a tenté de réagir, multipliant les efforts pour revenir au score. Mais la défense sénégalaise, solide et disciplinée, a parfaitement résisté aux assauts adverses. Portés par une grande sérénité mentale, les Lions ont su gérer leur avantage jusqu’au coup de sifflet final, sans céder à la pression d’une équipe égyptienne connue pour sa capacité à renverser les situations.

Pour les Pharaons, l’élimination est cruelle mais honorable. Les coéquipiers de Mohamed Salah quittent la compétition avec les honneurs après avoir livré un match courageux et engagé. Longtemps en place, ils n’ont finalement pas réussi à contenir la constance et la détermination sénégalaise, s’inclinant sur la plus petite des marges.

Cette victoire revêt une dimension symbolique forte pour le Sénégal, qui retrouve une nouvelle fois l’Égypte à un stade décisif de la compétition. Elle ravive surtout le rêve d’un deuxième sacre continental, quatre ans après le triomphe historique de 2021, déjà face aux Pharaons. Les Lions de la Teranga confirment ainsi leur statut de référence du football africain, capables de s’imposer autant par le jeu que par la force mentale.

Qualifié pour la grande finale, le Sénégal affrontera dimanche prochain le vainqueur de l’autre demi-finale opposant le Maroc, pays hôte, au Nigeria. Un rendez-vous capital au cours duquel les Lions tenteront d’écrire une nouvelle page glorieuse de leur histoire et de confirmer leur ambition de régner durablement sur le football africain.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°649 – 14/01/2026

🔴 BIZARRERIES AUTOUR DE L’AFFAIRE FARBA NGOM ET DE SON INTERMINABLE DÉTENTION / SORTIE INATTENDUE DE LA MINISTRE DE LA JUSTICE : ON ATTEND 125 MILLIARDS , YASSINE SORT 02 TÉLÉPHONES
🔴 CITÉ DANS UNE AFFAIRE JUDICIAIRE PORTANT SUR DES ACCUSATIONS DE HARCÈLEMENT, D’INJURES ET DE VOIES DE FAIT : LE DG DE LA SANTÉ …DANS DE BEAUX DRAPS ?

🔴 DEMI-FINALE CAN 2025 : SÉNÉGAL–ÉGYPTE, LE CHOC DES GÉANTS

Maintien en détention de Farba Ngom : l’APR dénonce un « acharnement politique » et annonce un plan d’action

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce mardi 13 janvier à l’issue d’une conférence de presse consacrée au maintien en détention du député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Face aux journalistes, les responsables du parti ont vivement contesté la décision judiciaire, qu’ils assimilent à un acharnement politique ciblé contre l’un de leurs cadres les plus en vue.

Revenant sur l’évolution du dossier, les dirigeants de l’APR ont mis en parallèle les situations de deux personnes mises en cause dans la même affaire, à savoir Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la mise en liberté de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, puisque le parquet financier a rapidement interjeté appel de la décision concernant Farba Ngom, un acte que le parti impute directement à une volonté politique incarnée, selon ses responsables, par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour l’APR, cette démarche du parquet n’est pas anodine. Le parti y voit une récidive, soulignant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une décision judiciaire ordonnant une remise en liberté est aussitôt contestée. Cette situation traduirait, selon eux, une justice à géométrie variable, caractérisée par une inégalité manifeste de traitement entre des personnes poursuivies pour des faits similaires.

Les responsables de l’Alliance pour la République affirment que Farba Ngom est aujourd’hui le seul détenu dans ce dossier, une réalité qu’ils jugent révélatrice d’un traitement particulier. Ils énumèrent une série d’événements qu’ils considèrent comme les signes d’un acharnement continu, notamment la levée de l’immunité parlementaire du député, son éviction du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées qu’ils estiment non étayées depuis près d’un an.

La question de l’état de santé de Farba Ngom a également occupé une place centrale lors de la conférence de presse. Selon l’APR, plusieurs rapports médicaux attestent de l’incompatibilité de son état de santé avec une détention carcérale prolongée. Malgré cela, le député demeure en prison, une situation que le parti qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Le parti a par ailleurs vivement critiqué la sortie médiatique de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Les responsables de l’APR estiment que sa conférence de presse relevait davantage, selon leurs termes, d’une « conférence de panique » que d’un exercice institutionnel normal. Ils s’interrogent sur le rôle de la garde des Sceaux, qu’ils accusent de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier, brouillant ainsi, à leurs yeux, la séparation des pouvoirs.

Pour l’APR, il ne fait aucun doute que ce dossier est avant tout politique. Le parti rejette catégoriquement l’idée d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu gravement malade, rien n’empêche la justice d’ordonner une mise en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux dispositions prévues par la loi. Le maintien en détention de Farba Ngom est ainsi qualifié d’« hérésie juridique », posant une question centrale que les responsables adressent directement à la justice sénégalaise : comment comprendre que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière aussi différente ?

Face à ce qu’elle considère comme des détentions arbitraires, l’Alliance pour la République exige la libération immédiate et sans condition de Farba Ngom et de toute autre personne concernée par des décisions qu’elle juge injustes. Le parti a annoncé un plan d’action destiné à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation. Celui-ci prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans l’objectif déclaré de préserver l’image et la stabilité du Sénégal.

L’APR entend également engager des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes du pays et annonce l’organisation prochaine d’une marche nationale. Pour conclure, les responsables du parti estiment que la République est en danger et que la démocratie est menacée, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde.

À noter que cette conférence de presse de l’APR est intervenue quelques heures après celle de la garde des Sceaux. La ministre de la Justice, Yassine Fall, y a évoqué de nouveaux éléments susceptibles, selon elle, d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom, renforçant davantage la tension politique et judiciaire autour de cette affaire désormais au cœur du débat public.

Sénégal : Eiffage condamnée à verser plus de 51 millions FCFA à Sphynx Sécurité Sénégal

La justice sénégalaise a tranché un contentieux opposant la société Eiffage Sénégal, succursale du groupe français Eiffage à travers sa filiale Eiffage Rails, à l’entreprise Sphynx Sécurité Sénégal. Au terme de la procédure judiciaire, Eiffage a été condamnée à verser un montant global de plus de 51 millions de francs CFA à son cocontractant, dans une affaire portant sur l’exécution d’un contrat de prestations de sécurité lié à des projets d’infrastructures ferroviaires.

Le litige trouve son origine dans un contrat conclu entre les deux parties pour assurer la sécurisation de sites et d’installations relevant des activités ferroviaires d’Eiffage au Sénégal. Selon Sphynx Sécurité Sénégal, l’entreprise aurait pleinement exécuté ses obligations contractuelles en mettant à disposition le personnel requis et en assurant la surveillance des sites concernés durant la période convenue. Toutefois, malgré l’exécution effective des prestations, plusieurs factures seraient restées impayées, en dépit de nombreuses démarches amiables engagées auprès d’Eiffage.

Face à l’absence de règlement, Sphynx Sécurité Sénégal a décidé de saisir la justice, estimant avoir subi un préjudice financier important. Devant le tribunal, la société de sécurité a soutenu que les prestations avaient été réalisées conformément aux termes du contrat et qu’aucun manquement ne pouvait lui être reproché. Elle a ainsi réclamé le paiement intégral des sommes dues, assorties de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi du fait de ces retards de paiement.

De son côté, Eiffage Sénégal a contesté une partie des prétentions de son cocontractant, invoquant notamment des désaccords sur l’exécution de certaines prestations et sur le montant exact des sommes réclamées. L’entreprise a tenté de justifier le non-paiement de certaines factures par des réserves liées à la gestion contractuelle et à la conformité des services rendus.

Après examen des pièces versées au dossier, notamment le contrat liant les deux sociétés, les factures émises, les échanges écrits et les éléments attestant de l’exécution des prestations, le tribunal a donné raison à Sphynx Sécurité Sénégal. La juridiction a estimé que la société avait effectivement exécuté ses obligations contractuelles et qu’Eiffage Sénégal n’apportait pas la preuve suffisante d’un manquement susceptible de justifier le non-paiement des sommes dues.

En conséquence, Eiffage a été condamnée à verser à Sphynx Sécurité Sénégal un montant total de plus de 51 millions de francs CFA, correspondant aux factures impayées, ainsi qu’aux frais et pénalités retenus par le tribunal. Cette décision judiciaire vient rappeler l’obligation pour les grandes entreprises opérant au Sénégal de respecter scrupuleusement leurs engagements contractuels, y compris à l’égard de leurs partenaires locaux.

Cette condamnation intervient dans un contexte où les relations entre grands groupes internationaux et entreprises sénégalaises sont de plus en plus scrutées, notamment en matière de respect des contrats, de délais de paiement et d’équité dans les partenariats économiques. Pour Sphynx Sécurité Sénégal, cette décision constitue une reconnaissance judiciaire de ses droits et de la légitimité de ses revendications, après plusieurs mois de procédures.

Sauf appel de la décision, Eiffage Sénégal est désormais tenue de s’exécuter, sous peine de mesures d’exécution forcée prévues par la loi, dans une affaire qui illustre une nouvelle fois l’importance du recours au droit pour la protection des intérêts des entreprises locales engagées dans des projets d’envergure nationale.

Justice : le Directeur général de la Santé cité dans une affaire de harcèlement

Le professeur Ousmane Cissé, Directeur général de la Santé du Sénégal et responsable politique du parti Pastef, est cité dans une affaire judiciaire portant sur des accusations de harcèlement, d’injures et de voies de fait. Il a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant le Tribunal d’Instance Hors Classe de Dakar, aux côtés de Pape Ibrahima Thiam, dans un dossier qui suscite une attention particulière en raison de la position institutionnelle de l’un des mis en cause.

L’origine de l’affaire remonte au mois de juin 2024. À cette période, le Dr Hadji Mansour Diop, administrateur d’une clinique privée située à Zac Mbao, commence à recevoir des messages anonymes à caractère injurieux, diffamatoire et menaçant. Face à la gravité et à la répétition des faits, la victime décide de saisir la justice en déposant une plainte contre X, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les investigations ont été confiées aux services de police du commissariat du Point E. Les enquêteurs ont procédé à des réquisitions téléphoniques et à un traçage approfondi de l’appareil utilisé pour l’envoi des messages incriminés. Selon les éléments versés au dossier, le téléphone à partir duquel les messages auraient été envoyés aurait été acquis par le Pr Ousmane Cissé, avant d’être confié à un groupe de personnes. Ces investigations techniques, menées sur une période de six mois, ont permis aux enquêteurs d’établir un faisceau d’indices ayant conduit à l’identification des personnes poursuivies dans cette affaire.

Dans ce dossier, le Pr Ousmane Cissé est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait présumés datés du 1er janvier, ainsi que pour des injures non publiques qui auraient été commises le 2 janvier. Il est cité aux côtés de Pape Ibrahima Thiam. Les infractions retenues sont prévues et réprimées par les articles 296, 45 et 46 du Code pénal sénégalais, ainsi que par l’article 11-1 du Code de la communication, qui encadre notamment les infractions commises par voie de messages ou de communications électroniques.

Le dossier, déclaré en état d’être jugé, a été appelé en audience plénière ce mardi 13 janvier 2026. À l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi ferme afin de mieux préparer leur argumentation et d’examiner en profondeur les éléments du dossier. Cette demande a été accueillie favorablement par le juge, qui a renvoyé l’affaire au 10 février 2026.

En attendant cette nouvelle audience, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans le milieu judiciaire que dans l’opinion publique, en raison de la gravité des accusations et du statut du principal mis en cause. Le tribunal aura la charge de faire toute la lumière sur les faits reprochés, dans le respect du principe de la présomption d’innocence, alors que ce dossier sensible entre désormais dans une phase décisive de la procédure judiciaire.

Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Accusations contre Farba Ngom : Yassine Fall annonce l’ouverture d’enquêtes approfondies

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, est longuement revenue ce mardi sur le dossier judiciaire de l’ancien député Farba Ngom, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR). Lors d’un point de presse tenu devant les journalistes, elle a révélé de nouveaux éléments qu’elle qualifie de particulièrement graves, annonçant la demande d’ouverture d’enquêtes approfondies afin de situer toutes les responsabilités.

Selon les explications de la ministre, une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la salle du pavillon spécial a permis de découvrir que le détenu Farba Ngom était en possession de deux téléphones portables. Yassine Fall a précisé que ces appareils étaient détenus « frauduleusement et en violation manifeste de la loi n° 87-15 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Elle a insisté sur le caractère illégal de cette détention, rappelant que l’introduction et l’usage de téléphones portables en milieu carcéral constituent une infraction grave aux règles pénitentiaires.

La garde des Sceaux a également détaillé l’ampleur des communications réalisées à partir de ces téléphones. Selon elle, l’exploitation des appareils a révélé un volume important d’échanges, notamment 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue, 60 échanges avec un journaliste de presse en ligne, ainsi que 158 interactions avec un directeur de publication d’un groupe de presse également connu. Des chiffres qui, selon la ministre, témoignent d’une activité soutenue incompatible avec le régime normal de détention.

Plus préoccupant encore, Yassine Fall a affirmé que ces téléphones auraient servi à des échanges sensibles et potentiellement compromettants. Elle a révélé que les appareils auraient été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu, et ce sur deux dossiers distincts. La ministre a également évoqué la réception et le partage de contenus à caractère pornographique, précisant qu’un de ces partages aurait impliqué un avocat de Farba Ngom, une révélation qu’elle a qualifiée de particulièrement grave.

Au-delà de ces faits, la ministre de la Justice a fait état d’échanges relatifs à des « manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public ». Concernant l’implication présumée d’avocats dans cette affaire, Yassine Fall a assuré que « le bâtonnier sera bien sûr saisi », laissant entendre que des procédures disciplinaires pourraient être engagées si les faits sont avérés.

Sur la question de l’état de santé de Farba Ngom, souvent évoquée dans certains médias pour justifier une éventuelle libération, la ministre a tenu à apporter des clarifications fermes. Elle a indiqué que, contrairement aux allégations faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention, les éléments objectifs en possession de son département révèlent « une activité soutenue et constante », marquée notamment par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses. Pour Yassine Fall, ces éléments sont difficilement conciliables avec l’image d’un détenu gravement malade.

La garde des Sceaux a rappelé avec insistance que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait, à elle seule, faire obstacle à l’application de la loi. Elle a réaffirmé l’engagement de l’État à faire respecter strictement les règles, sans traitement de faveur, quel que soit le statut politique ou social de la personne concernée.

Au regard de l’ensemble des faits révélés, Yassine Fall a conclu en indiquant que ces agissements sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Elle a annoncé que son département va demander l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’élucider toutes les zones d’ombre de cette affaire, tout en appelant à la vigilance et au respect de la présomption d’innocence. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre ainsi dans le dossier Farba Ngom, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique et de la classe politique sénégalaise.

Sénégal–Koweït : vers un partenariat stratégique renforcé entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir Cheikh Meshal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu avec les plus grands honneurs au Palais Bayan par Son Altesse l’Émir du Koweït, Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Koweït et marque une étape importante dans le raffermissement des relations diplomatiques entre Dakar et Koweït City.

L’entretien entre les deux dirigeants s’est déroulé dans un climat empreint de cordialité et de fraternité. L’Émir Cheikh Meshal a tenu à souligner l’attachement particulier du peuple koweïtien au Sénégal, évoquant un lien historique et émotionnel profond entre les deux nations. Il a rappelé que cette relation repose sur une coopération ancienne, fondée sur la solidarité, le respect mutuel et une vision commune du développement et de la stabilité internationale.

Selon les services de la Présidence sénégalaise, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir du Koweït ont largement dépassé le cadre d’une visite de courtoisie. Les deux chefs d’État ont affiché une volonté claire d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération bilatérale, en décidant d’élever les relations sénégalo-koweïtiennes à un niveau stratégique. Cette orientation vise à renforcer les liens politiques, économiques et diplomatiques, tout en ouvrant la voie à des partenariats plus structurants et durables.

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés comme axes majeurs de cette coopération renforcée. Il s’agit notamment de la paix et de la sécurité, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie et de l’agriculture. Autant de domaines considérés comme essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Sénégal, tout en offrant des opportunités d’investissement et de coopération au Koweït, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement constant du Koweït aux côtés du Sénégal, notamment à travers des projets structurants soutenus par les fonds koweïtiens de développement. Il a réaffirmé la volonté de son pays de consolider ces acquis et de diversifier davantage les champs de collaboration, dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques majeurs.

La visite s’est achevée par un banquet officiel offert par l’Émir Cheikh Meshal en l’honneur du Président sénégalais et de sa délégation. Ce moment solennel a symbolisé l’engagement mutuel des deux États à bâtir un partenariat stratégique solide, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts partagés.

À travers cette rencontre, Dakar et Koweït City affichent clairement leur ambition commune d’inscrire leurs relations dans une nouvelle ère, portée par une coopération renforcée et durable, au service de la stabilité régionale et du développement économique et social de leurs peuples respectifs.

Affaire Farba Ngom : Ousmane Kane dénonce « un très mauvais chemin pris par la reddition des comptes »

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, magistrat à la retraite, est monté au créneau pour critiquer la tournure prise par le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, l’ex-juge n’a pas mâché ses mots après la décision rendue lundi par la justice, accordant une liberté provisoire à Tahirou Sarr tout en maintenant Farba Ngom en détention, alors que les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés de corruption et de blanchiment de capitaux portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA.

Pour Ousmane Kane, cette situation révèle de profondes incohérences et traduit un dysfonctionnement inquiétant du processus de reddition des comptes au Sénégal. Il parle d’une « situation abracadabrante » qui met à nu, selon lui, « le très mauvais chemin pris par la reddition des comptes ». L’ancien magistrat se dit d’autant plus déçu que cette exigence de justice avait suscité un fort espoir au sein de la population. « La reddition des comptes a été une forte demande sociale. J’avais bon espoir qu’elle serait menée à bon port, mais voilà qu’elle tient infiniment moins longtemps que la défunte Cour de répression de l’enrichissement illicite, avant de s’affaisser », a-t-il regretté, dénonçant une dynamique qu’il juge déjà essoufflée.

L’ex-président de la Cour d’appel de Kaolack estime par ailleurs que le traitement réservé à Farba Ngom ne saurait être dissocié du contexte politique actuel. Selon lui, les déclarations publiques du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de l’ancien député-maire des Agnam auraient pesé lourdement sur la conduite du dossier. Ousmane Kane évoque ainsi un « désordre » manifeste dans la gestion de cette affaire, laissant entendre que des considérations extra-judiciaires pourraient influencer les décisions rendues, au détriment de la rigueur juridique et de l’égalité des justiciables devant la loi.

Pour rappel, la Cour d’appel avait, dans un premier temps, accordé la liberté provisoire sous condition aussi bien à Tahirou Sarr qu’à Farba Ngom. Toutefois, le parquet a rapidement interjeté appel de la décision concernant ce dernier, entraînant son maintien en détention, une évolution qui a ravivé les débats et les controverses autour de ce dossier sensible.

Ousmane Kane tient enfin à souligner ce qu’il considère comme un point fondamental dans cette affaire. Selon lui, « le plus grand triomphe de Farba Ngom devant l’exécutif, c’est de n’avoir pas été libéré sur la base de son état de santé critique, mais sur l’absence de charges sérieuses sur lui ». Une affirmation lourde de sens, qui remet en question la solidité du dossier d’accusation et interroge la cohérence globale de la procédure engagée.

À travers cette sortie très critique, l’ancien magistrat relance le débat sur l’indépendance de la justice, la crédibilité du processus de reddition des comptes et les risques d’une instrumentalisation politique des dossiers judiciaires. Autant de questions qui continuent d’alimenter les discussions dans l’opinion publique, alors que l’affaire Farba Ngom demeure au cœur de l’actualité judiciaire et politique du pays.

Nouvelles accusations contre Farba Ngom : la ministre de la Justice révèle la présence de deux téléphones dans sa cellule

De nouveaux éléments viennent alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom. La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a révélé ce mardi des faits jugés particulièrement graves lors d’un point de presse tenu au Building administratif Président Mamadou Dia. Face aux journalistes, elle est longuement revenue sur la situation de l’ancien député-maire des Agnam, actuellement détenu, en apportant des précisions inédites sur les conditions de sa détention.

Selon la ministre, Farba Ngom a été retrouvé en possession de deux téléphones portables à l’intérieur même de sa cellule, en violation flagrante des règles en vigueur dans les établissements pénitentiaires. Cette découverte, a-t-elle souligné, soulève de sérieuses interrogations quant au respect du régime carcéral et à la sécurité au sein de l’administration pénitentiaire. Yassine Fall a insisté sur le caractère illégal de la détention de tels objets, rappelant que les téléphones portables sont strictement interdits en milieu carcéral en raison des risques qu’ils représentent pour l’ordre, la sécurité et le bon déroulement des procédures judiciaires.

La ministre de la Justice a également précisé que ces téléphones auraient servi à Farba Ngom pour entretenir des échanges avec certaines personnalités politiques ainsi qu’avec des organes de presse. Des communications qui, selon elle, posent un véritable problème au regard de la procédure judiciaire en cours, mais aussi du principe d’égalité devant la loi. « Aucun détenu ne doit bénéficier de privilèges particuliers, quelle que soit sa position sociale ou politique », a martelé la Garde des Sceaux, réaffirmant la volonté de l’État de faire respecter strictement la loi.

Ces révélations interviennent dans un contexte déjà tendu autour du dossier Farba Ngom, qui continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Pour Yassine Fall, cette affaire doit être traitée avec rigueur et transparence, sans pression ni interférence extérieure. Elle a assuré que toute la lumière sera faite sur les circonstances ayant permis l’introduction de ces téléphones en détention et que des sanctions seront prises si des complicités internes sont établies.

La ministre a enfin réitéré l’engagement des autorités à renforcer les contrôles dans les établissements pénitentiaires afin d’éviter de telles dérives à l’avenir. Elle a rappelé que le respect des règles carcérales est une condition essentielle pour garantir la crédibilité de la justice et la confiance des citoyens dans les institutions de la République.

Avec ces nouvelles accusations, le dossier Farba Ngom prend une tournure supplémentaire, ajoutant une dimension disciplinaire et sécuritaire à une affaire judiciaire déjà complexe, dont les développements continuent d’être suivis de près par l’opinion nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°648 – 13/01/2026

🔴 ÉLECTIONS MUNICIPALES DE 2027 À TIVAOUANE : GORGUI MASSAMBA BOYE SUR LA SHORT-LIST
🔴 MAINTENU EN PRISON MALGRÉ LA LIBERTÉ PROVISOIRE ASSORTIE D’UN CONTRÔLE JUDICIAIRE PRONONCÉE EN SA FAVEUR : FARBA ET LE SIGNE INDIEN

🔴 DEMI-FINALE SOUS TENSION : AVANT SÉNÉGAL–ÉGYPTE, LA FSF APPELLE AU FAIR-PLAY

Santé : le SAMES alerte sur la mal-gouvernance à l’ARP et réclame la fin de l’impunité

Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante qui prévaut au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), institution stratégique chargée de garantir la sécurité des médicaments et la protection de la santé publique. Dans un communiqué publié ce 12 janvier, le syndicat exprime sa « consternation et son indignation » face à ce qu’il qualifie de « mal-gouvernance et d’impunité » au sommet de cette structure essentielle.

Selon le SAMES, les scandales à répétition, dont celui désormais tristement célèbre de la société Softcare, révèlent des dérives graves au sein de l’ARP. Le syndicat pointe une gestion marquée par « l’opacité, l’arbitraire et le mépris assumé des textes réglementaires », et considère ces manquements comme une « faillite éthique, administrative et institutionnelle » de l’organe censé garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits de santé au Sénégal.

Le syndicat souligne que ses enquêtes internes à la section ARP ont permis de documenter des pratiques de gestion opaques, des soupçons graves de corruption et des violations manifestes des procédures réglementaires en vigueur. Pour le SAMES, l’affaire Softcare illustre à elle seule une transgression flagrante du Décret n° 2022-824 du 7 avril 2022, qui constitue le socle fondamental de la régulation pharmaceutique nationale. Le syndicat rappelle avec force que toute entorse à la réglementation pharmaceutique constitue un acte grave, susceptible de mettre délibérément en danger la vie des populations, et relève pleinement du champ pénal.

Au-delà des scandales liés aux produits de santé, le SAMES dénonce également les pratiques de gestion du personnel au sein de l’ARP. Le syndicat accuse l’agence de recourir à des recrutements clientélistes, à du favoritisme et au népotisme, qui seraient devenus une véritable norme au sein de la structure. Ces pratiques, selon le SAMES, portent une atteinte grave aux principes fondamentaux de transparence, d’équité et de mérite dans l’accès à l’emploi, et contribuent à fragiliser l’efficacité institutionnelle et la confiance du public dans le système de régulation pharmaceutique.

Face à cette situation, le SAMES appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour restaurer la transparence, l’intégrité et la responsabilité au sein de l’ARP. Le syndicat exige la fin de l’impunité et un contrôle rigoureux des pratiques internes, afin de garantir que l’institution remplisse pleinement sa mission de protection de la santé des Sénégalais.

Pour le SAMES, la santé publique ne peut tolérer des manquements de cette nature : « il est impératif que les responsables rendent des comptes et que toute violation de la réglementation pharmaceutique soit sanctionnée conformément à la loi », conclut le communiqué.

Justice ou réhabilitation politique ? La ligne rouge franchie selon Guem Sa Bopp

La polémique autour de la candidature d’Ousmane Sonko et de la volonté affichée de certains de contester sa condamnation judiciaire continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique. Pour Guem Sa Bopp, mouvement citoyen et politique, la situation dépasse désormais le simple cadre judiciaire et révèle une tentative manifeste d’instrumentalisation des institutions.

Selon Moussa Niang, Délégué national à la vie politique de Guem Sa Bopp, il ne s’agit plus d’un procès ou d’un débat sur la justice, mais d’un bras de fer politique orchestré au détriment des règles et des institutions. « Lorsqu’un pouvoir s’acharne à réécrire les règles après une condamnation définitive, il ne réforme pas les institutions, il les instrumentalise », affirme-t-il. La condamnation de M. Sonko pour diffamation est définitive et conforme à l’article 627 du Code de procédure pénale, qui impose un délai strict de dix jours pour produire la preuve. Faute d’avoir respecté cette exigence, le leader politique a été déchu légalement de son droit de preuve et la décision judiciaire bénéficie de l’autorité absolue de la chose jugée.

Pour Guem Sa Bopp, les tentatives actuelles de réouverture du dossier s’appuient sur des documents prétendument incriminants, mais qui ne résistent pas à l’examen des faits. Ni rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), ni rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) n’existent pour accabler Ousmane Sonko. Le rapport de la Cour des comptes 2023 sur la gestion 2018-2021 confirme que le Programme de Développement des Compétences (PRODAC) n’a jamais fait l’objet d’un audit, à l’exception d’une vérification contractuelle menée par l’IGF en 2017 entre l’État et l’entreprise Green 2000. Aucun élément nouveau juridiquement recevable n’a donc été produit. Dans ces conditions, toute tentative de rouvrir le procès constitue, selon le mouvement, une impasse juridique totale, dépourvue de fondement légal et vouée à l’irrecevabilité.

Pour Moussa Niang, la démarche actuelle n’a qu’un objectif clair : une offensive politique visant à contester la décision judiciaire et à rétablir artificiellement l’éligibilité d’Ousmane Sonko. Sous couvert de réformes institutionnelles, qu’il s’agisse de modifications du Code électoral ou de la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l’enjeu véritable reste de corriger une sanction judiciaire par des moyens politiques. « La loi électorale est sans ambiguïté : en conséquence de sa condamnation définitive, Ousmane Sonko est inéligible. Il ne pourra participer ni aux prochaines élections locales, ni aux législatives, ni à la présidentielle », rappelle Moussa Niang.

Guem Sa Bopp insiste sur la nécessité de respecter la loi dans son caractère général et impersonnel. « La loi ne saurait être façonnée pour un individu, encore moins pour effacer une décision de justice », souligne le mouvement. Pour le Délégué national à la vie politique, ce qui est présenté comme une réclamation de justice n’est en réalité qu’un échec juridique transformé en agitation politique. Et pour Moussa Niang, la République, pour rester digne de son nom, ne doit jamais céder au chantage politique, quelle qu’en soit la pression.

Pool judiciaire financier : La nécessité de revoir les méthodes et pratiques

La succession de mises en liberté sous contrôle judiciaire observée ces dernières semaines dans plusieurs dossiers à caractère financier invite à une réflexion sérieuse sur les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier. Sans remettre en cause l’indépendance de la justice ni les principes fondamentaux de l’État de droit, cette dynamique soulève néanmoins des interrogations légitimes sur la qualité des poursuites engagées et la solidité des dossiers instruits.

Lorsque des personnes poursuivies pour des infractions économiques graves recouvrent régulièrement la liberté après une détention parfois brève, l’opinion publique peut légitimement s’interroger. Ces décisions, bien qu’encadrées par la loi, peuvent donner le sentiment d’une justice hésitante, marquée soit par une précipitation dans l’engagement des poursuites, soit par une insuffisance dans la préparation des dossiers. Une telle perception fragilise la confiance des citoyens dans les institutions chargées de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le Pool judiciaire financier, conçu comme un instrument spécialisé et rigoureux de répression des crimes économiques, se doit d’être exemplaire. Cela suppose, en amont, un renforcement notable de la qualité des enquêtes préalables. Les poursuites judiciaires ne devraient être engagées que lorsque les éléments de preuve sont suffisamment étayés, cohérents et juridiquement robustes, afin d’éviter toute impression d’improvisation ou d’acharnement ciblé.

Par ailleurs, la privation de liberté, même à titre provisoire, doit demeurer une mesure exceptionnelle. Elle ne saurait être utilisée comme un outil de communication judiciaire ou comme une réponse automatique à la pression de l’opinion publique. La rigueur méthodologique dans l’instruction des dossiers est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables tout en assurant l’efficacité de l’action pénale.

La répétition de procédures fragiles, conduisant à des libérations fréquentes, comporte un risque majeur : celui de décrédibiliser durablement la justice financière. Elle peut alimenter l’idée d’une justice à géométrie variable, voire politisée, perception d’autant plus dommageable dans un contexte où la demande de reddition des comptes est forte et légitime.

Revoir les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier apparaît dès lors comme une nécessité. Il ne s’agit pas d’affaiblir la lutte contre la délinquance économique, mais au contraire de la renforcer, en inscrivant l’action judiciaire dans une démarche plus professionnelle, plus cohérente et plus respectueuse des garanties procédurales. C’est à cette condition que la justice financière pourra pleinement jouer son rôle, restaurer la confiance des citoyens et s’imposer comme un pilier crédible de l’État de droit.

Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

CAN 2025 : la lettre de Samuel Eto’o au Maroc secoue le football africain

Moins de quarante-huit heures après l’élimination du Cameroun en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face au Maroc (2-0), Samuel Eto’o a surpris tout le continent. Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a adressé une lettre officielle à son homologue marocain, Fouzi Lekjaa, dans un ton courtois et apaisé, contrastant fortement avec la tension extrême qui avait entouré la rencontre.

Avant et après ce quart de finale, le climat était pourtant explosif. Eto’o avait ouvertement critiqué la désignation de l’arbitre et exprimé sa colère à la suite du match, estimant que son équipe avait été lésée. C’est donc dans un contexte encore brûlant que cette correspondance a été rendue publique, rendant le geste encore plus inattendu.

Dans sa lettre, Samuel Eto’o commence par reconnaître l’issue sportive de la rencontre avant de féliciter le Maroc, au nom de la délégation camerounaise et de ses supporters. Il insiste sur les valeurs de fair-play et de respect mutuel, des termes lourds de sens après les polémiques liées à l’arbitrage. Il salue également « la qualité exemplaire de l’organisation » de la CAN au Maroc, ainsi que « l’accueil fraternel, chaleureux et bienveillant » réservé aux Lions Indomptables tout au long de leur séjour.

Le président de la FECAFOOT met aussi en avant le travail de la Fédération royale marocaine de football, avant de souhaiter bonne chance aux Lions de l’Atlas pour la suite de la compétition. Un message qui tranche avec la posture combative qu’il avait affichée quelques heures plus tôt et qui donne à cette lettre une dimension presque diplomatique.

Dans les milieux du football africain, cette sortie est largement interprétée comme un acte stratégique. Le Maroc est aujourd’hui l’un des acteurs les plus influents au sein de la Confédération africaine de football (CAF), et Fouzi Lekjaa en est l’une des figures majeures. Pour de nombreux observateurs, Samuel Eto’o chercherait ainsi à normaliser, voire renforcer ses relations avec Rabat, dans l’optique d’une éventuelle ambition future à la tête de la CAF.

Geste de fair-play sincère ou manœuvre politique habile, la lettre d’Eto’o montre en tout cas une chose : l’ancien attaquant légendaire ne se limite plus à l’émotion du terrain. Il apprend à jouer sur l’échiquier du pouvoir, où les mots, les alliances et la diplomatie comptent autant que les buts. Dans le football africain d’aujourd’hui, cette lettre pourrait bien valoir plus qu’un simple message de félicitations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°647 – 12/01/2026

🔴 LE FDR / LA PLATEFORME DES PAYSANS DU SENEGAL / LES PRODUCTEURS SUR LA CAMPAGNE ARACHIDIÈRE DÉNONCENT : UN ÉNORME FLOP
🔴 LICENCIEMENTS DÉGUISÉS / DÉCISIONS ADMINISTRATIVES FLOUES ET ABUSIVES… : GRINCEMENTS DE DENTS À ANAMO

🔴 LIGUE 1 – 11ᵉ JOURNÉE : GORÉE EN DÉMONSTRATION, TEUNGUETH RÈGNE SUR RUFISQUE

Niolanéme Extension (Mbadakhoune) : Les habitants descendent dans la rue pour dénoncer leurs conditions de vie

Les habitants de Niolanéme Extension, dans la commune de Mbadakhoune, région de Kaolack, ont exprimé ce dimanche leur profond ras-le-bol face à des conditions de vie jugées insoutenables. Revêtus de brassards rouges, ils ont organisé une manifestation pacifique pour alerter les autorités locales et nationales sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Parmi leurs principales préoccupations figure le manque d’eau potable, un problème qui perdure depuis près de trois mois. Les habitants dénoncent le fait de recevoir des factures malgré l’absence de service régulier, ce qu’ils considèrent comme une injustice criante. La situation est d’autant plus inquiétante qu’elle touche un quartier densément peuplé, où l’accès à l’eau est un besoin vital pour les familles.

Le mauvais état de la route reliant Niolanéme à Kaolack constitue également un sérieux handicap. Pendant la saison des pluies, le quartier devient quasi-inaccessible, rendant difficile le transport des personnes, des marchandises et même l’accès aux services de santé. Les habitants décrivent cette route comme « désastreuse » et dénoncent l’enclavement du quartier, qui aggrave leur isolement social et économique.

Autre source de préoccupation majeure, la présence d’une décharge d’ordures dans la zone. Selon les riverains, il s’agit des déchets de la ville de Kaolack qui sont déversés à Niolanéme, provoquant des nuisances olfactives et des risques sanitaires considérables. Des maladies pulmonaires ont été signalées et certains habitants estiment que des décès sont directement liés à la mauvaise gestion de cette décharge.

Le quartier fait également face à des problèmes d’insécurité et de foncier. Les habitants dénoncent l’opacité dans la gestion des terrains et le manque de sécurité dans les rues et alentours, une situation qui accroît leur sentiment de vulnérabilité.

Le porte-parole de la communauté, El Hadj Fara Diop, a rappelé que ces conditions de vie difficiles deviennent insupportables et appelle directement le Président de la République et le Premier ministre à prendre en compte leurs doléances. « Nous souffrons de maladies, nos routes sont impraticables et nous sommes confrontés à une injustice dans la gestion de l’eau et du foncier. Nous sommes fatigués et nous demandons une intervention urgente », a-t-il lancé.

Très déterminés, les habitants de Niolanéme Extension ont averti qu’ils passeront à la vitesse supérieure si leurs demandes ne trouvent pas de réponses dans les plus brefs délais. Cette mobilisation témoigne d’un quartier qui refuse de rester dans l’ombre et qui exige désormais des solutions concrètes pour améliorer son cadre de vie.

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Situation économique du Sénégal : Thiaba Camara Sy tire la sonnette d’alarme

La situation économique et sociale du Sénégal préoccupe profondément les acteurs nationaux et internationaux. Invitée de l’émission Le Grand Jury de Dimanche (JDD) sur la RFM ce 11 janvier, l’experte-comptable Thiaba Camara Sy a dressé un constat alarmant sur l’état des finances publiques et les perspectives économiques du pays, soulignant la gravité de la crise et l’urgence d’une action concertée.

D’emblée, Thiaba Camara Sy a affirmé que « l’heure est grave » et que le pays fait face à « un gros problème financier ». Selon elle, cette crise ne relève pas seulement de facteurs conjoncturels, mais s’inscrit dans des difficultés structurelles accumulées au fil des années. L’experte a mis en cause ce qu’elle considère comme des pratiques de mal gouvernance qui ont fragilisé la gestion des ressources publiques et limité la capacité de l’État à anticiper et à maîtriser les crises. Ces carences, a-t-elle insisté, ont des conséquences directes sur le quotidien des Sénégalais et menacent la stabilité sociale.

Pour Thiaba Camara Sy, l’ampleur des défis dépasse largement la capacité de l’administration publique seule. L’État, selon elle, ne pourra pas, sans soutien externe et coopération nationale, apporter des réponses durables. Elle appelle à une mobilisation nationale inclusive, impliquant toutes les forces vives du pays, qu’il s’agisse du secteur public, du secteur privé ou de la diaspora sénégalaise. « C’est pendant les moments de crise qu’il faut avoir l’intelligence de se rassembler, de se réunir et de dialoguer », a-t-elle expliqué, soulignant que la coordination des efforts et l’engagement citoyen sont essentiels pour surmonter la gravité de la situation.

L’experte a également insisté sur le rôle central de la diaspora dans la relance économique. Selon elle, les compétences, les réseaux et les ressources disponibles à l’étranger constituent un levier important qui, s’il est mobilisé efficacement, pourrait soutenir les efforts nationaux. Elle a exhorté les acteurs nationaux à travailler de concert avec la diaspora afin de créer des solutions durables et inclusives, capables de sortir le Sénégal du cycle actuel de fragilité financière. « Mettons ensemble nos énergies, ici localement et dans la diaspora, pour sortir le pays de cette situation », a-t-elle plaidé.

Au-delà du diagnostic, Thiaba Camara Sy a relancé le débat sur la gouvernance économique et la nécessité d’un dialogue national autour des solutions à apporter. Elle a souligné que la crise actuelle est autant un défi financier qu’un test de maturité politique et sociale, qui exige vision, coordination et engagement collectif. Pour l’experte-comptable, les réformes ne pourront réussir que si elles sont accompagnées d’une stratégie inclusive et transparente, impliquant l’ensemble des citoyens et des acteurs institutionnels.

En conclusion, Thiaba Camara Sy a rappelé que le Sénégal se trouve à un tournant décisif. Les réponses à apporter à la crise économique détermineront non seulement la stabilité immédiate du pays, mais aussi sa capacité à se projeter durablement dans l’avenir. L’experte a insisté sur l’importance d’une action rapide, rigoureuse et concertée, estimant que seule une mobilisation nationale coordonnée permettrait de surmonter le « mur financier » qui se profile et de préparer le pays à relever les défis économiques à venir.

Sénégal – FMI : Souleymane Bachir Diagne plaide pour une souveraineté traduite en capacité de négociation

Face à la crise de la dette qui préoccupe le Sénégal, le philosophe et universitaire Souleymane Bachir Diagne a livré une réflexion approfondie sur le rôle stratégique de la souveraineté dans un contexte mondial marqué par la domination des marchés financiers. Pour lui, la souveraineté ne doit plus se limiter à un slogan ou à une rhétorique politique, mais se traduire concrètement en « capacité de négociation » face à la brutalité du capital mondial et à la complexité des rapports de force internationaux.

Au micro de la RTS, Souleymane Bachir Diagne a insisté sur le fait que l’endettement du Sénégal concerne chaque citoyen et dépasse le simple cadre technique et comptable. Selon lui, l’accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne se résume pas à un document de chiffres et de conditions : il constitue un sceau de crédibilité sur l’échiquier économique mondial. « Des investisseurs lient leur propre confiance dans l’économie sénégalaise au programme FMI », a-t-il souligné, expliquant que le pays ne peut ignorer l’importance symbolique et stratégique de cet accord dans la stabilisation et le financement de son économie.

Le philosophe a proposé une redéfinition pragmatique de la souveraineté dans le contexte contemporain. Aucun État n’est totalement autonome dans un monde globalisé et interconnecté, rappelle-t-il. « La souveraineté doit être convertie en capacité de négociation », affirme-t-il, insistant sur le fait que la posture d’indépendance ne suffit plus. Pour illustrer ses propos, il a évoqué la Grèce, victime de rapports de force asymétriques avec le FMI, et a expliqué que réussir à négocier implique de transformer la volonté de souveraineté en outil stratégique de dialogue.

Souleymane Bachir Diagne a également mis en lumière l’importance du temps dans toute négociation. « Dans une négociation, le temps est une arme », a-t-il déclaré, précisant que le Sénégal, confronté à des échéances immédiates, doit se montrer rapide et efficace, alors que le FMI dispose d’une capacité d’attente. Cette asymétrie de temporalité confère un avantage considérable à la partie qui peut patienter, obligeant le pays à se présenter à la table des discussions avec des arguments solides et des ressources mobilisées.

Malgré la rudesse du contexte, le philosophe a voulu souligner les aspects positifs de la situation. Selon lui, la crise a contraint l’État sénégalais à explorer ses propres ressorts et à mobiliser davantage de ressources internes. Chaque progrès dans la collecte et la gestion des fonds nationaux enrichit ainsi la « corbeille » de négociation du Sénégal, transformant la crise en un catalyseur de maturité étatique et d’autonomie stratégique.

Pour Souleymane Bachir Diagne, la souveraineté sénégalaise ne se mesure pas à la vigueur des discours officiels ou aux déclarations politiques, mais à la capacité concrète du pays à ajuster ses ambitions aux contraintes du système financier international, sans se renier. Dans ce contexte, « patience, pragmatisme et rigueur interne » constituent les véritables instruments de l’autonomie et de la crédibilité de l’État sur la scène mondiale.

En somme, l’universitaire invite le Sénégal à dépasser la vision purement symbolique de la souveraineté pour en faire un levier d’action, transformant chaque défi financier en opportunité stratégique et chaque contrainte extérieure en moteur de renforcement institutionnel et économique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

Économie : le Sénégal face au « mur financier » de 2026, l’alerte du Dr Abdourahmane Ba

Alors que le gouvernement sénégalais a récemment rejeté le plan de restructuration proposé par le Fonds Monétaire International (FMI), les observateurs économiques tirent la sonnette d’alarme. Pour le Docteur Abdourahmane Ba, expert en évaluation des politiques publiques, « l’heure n’est plus à la rhétorique, mais à une préparation technique rigoureuse ».

Le Sénégal se trouve à un tournant critique. Entre la gestion d’une dette jugée partiellement « cachée » et des échéances internationales imminentes, la marge de manœuvre de l’État se réduit considérablement. Selon le Dr Ba, le rejet du plan du FMI ne doit pas être interprété uniquement comme un acte de souveraineté nationale, mais aussi comme un défi majeur pour les capacités institutionnelles du pays. Le point le plus préoccupant reste le remboursement d’un Eurobond massif. Entre mars et mai 2026, le Sénégal devra mobiliser au minimum 1,1 milliard de dollars, une échéance que l’expert qualifie de « mur financier » à franchir.

« Ce que nous devons noter, ce n’est pas une bataille idéologique entre la souveraineté du Sénégal et le FMI, mais une bataille entre l’improvisation et la préparation technique », a expliqué le Dr Abdourahmane Ba au micro d’iRadio. Pour surmonter cet obstacle, il estime que le marché régional seul ne suffira pas. Selon lui, plusieurs mesures doivent être envisagées : l’émission d’un nouvel Eurobond à maturité plus longue, l’obtention d’un prêt relais (bridge) pour assurer la transition, et la renégociation des échéances avec les créanciers afin de différer certains paiements.

Malgré les tensions et les divergences actuelles, le Dr Ba insiste sur la nécessité de parvenir à un accord avec le FMI pour crédibiliser la signature du Sénégal sur la scène internationale. Cet accord, selon lui, constituerait une véritable « bouffée d’oxygène », permettant au pays d’accéder de nouveau aux marchés financiers et de lever les fonds indispensables. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit rassurer les partenaires par un discours clair et technique. Il est crucial de sceller un programme avec le FMI avant la fin février pour anticiper le virage de 2026 », a-t-il ajouté. L’expert a également rappelé que, même après 2026, d’autres échéances majeures attendent le Sénégal, notamment en 2028, ce qui rend l’année 2027 particulièrement périlleuse.

Le Premier ministre a assuré que ses équipes étaient prêtes à relever le défi. Toutefois, le Dr Ba prévient que la seule bonne volonté ne suffira pas face à la rigueur des chiffres et des échéances. « Par rapport à ce mur financier qui arrive, une attitude responsable du gouvernement est à prioriser », a-t-il conclu, lançant un appel à la prudence et à la stratégie pour éviter une crise majeure.

Face à l’hégémonie de Trump : le Sénégal appelé à adopter une « réciprocité stratégique »

Dans un contexte international marqué par le retour de Donald Trump et sa volonté affirmée de renforcer la domination des États-Unis sur l’ordre mondial, le Sénégal et, plus largement, les pays en développement, sont invités à adopter une diplomatie plus musclée, fondée sur le principe de réciprocité. C’est l’avis d’Ahmad Soumaré, expert en intelligence économique, qui tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres flagrants dans les relations internationales affectant le continent africain.

Selon M. Soumaré, les ressortissants africains subissent quotidiennement des contraintes administratives et financières disproportionnées. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’obtention d’un visa peut nécessiter une caution de 9 millions de francs CFA, une exigence qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’expert souligne également les incohérences dans les relations avec l’Europe, où un citoyen français peut parfois entrer au Sénégal avec une simple carte d’identité valide ou même légèrement périmée, tandis que les Sénégalais doivent se soumettre à des procédures de visa rigoureuses, même avec un passeport en règle.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Soumaré préconise l’adoption d’une politique de stricte réciprocité. Il cite en exemple le Gabon dans les années 1990 et 2000, qui, face à l’imposition de visas par la France, avait décidé d’appliquer les mêmes règles à l’envers. Les voyageurs étrangers avaient dû se conformer aux exigences gabonaises, payant les visas et démontrant ainsi que la souveraineté nationale est respectée dès lors qu’elle est affirmée. L’expert estime que le Sénégal devrait s’inspirer de cette approche audacieuse pour faire valoir ses droits et protéger ses citoyens.

Ahmad Soumaré balaie également l’argument selon lequel les pays en développement seraient trop faibles pour imposer de telles mesures. Pour lui, la présence des puissances étrangères sur le sol sénégalais n’est pas philanthropique mais motivée par des intérêts économiques précis. « L’Américain est comme la mouche, là où il se pose, c’est qu’il y a quelque chose de sucré. S’il n’y avait rien, ils ne viendraient pas ici », a-t-il souligné, soulignant que cette attractivité devrait devenir un levier de négociation stratégique.

L’expert appelle le gouvernement sénégalais à adopter une « politique de droiture » et de fermeté. Il recommande notamment d’imposer systématiquement la réciprocité dans les conditions d’entrée et de visa, de défendre l’intérêt national dans chaque accord bilatéral et de refuser toute forme de soumission diplomatique aux grandes puissances. « Si nous laissons faire, ils vont nous écraser. Pour être respecté sur la scène mondiale, le Sénégal doit d’abord apprendre à dire ‘non’ et à exiger le même traitement qu’il accorde à ses partenaires », a-t-il averti sur Iradio.

En somme, Ahmad Soumaré plaide pour une diplomatie sénégalaise affirmée, capable de protéger la dignité nationale et de garantir un respect mutuel avec les puissances étrangères, dans un contexte international où la compétition géopolitique s’intensifie.

Kolda : trois individus arrêtés et plus de 5 kg de chanvre indien saisis

Le Commissariat central de Kolda a annoncé, le 8 janvier 2026, l’arrestation de trois individus et la saisie de 5,101 kilogrammes de chanvre indien, dans le cadre d’une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants. Les trois suspects ont été placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs » et pour « offre et cession de stupéfiants », tandis que les enquêtes se poursuivent pour identifier d’éventuels complices.

Selon le communiqué de la police, les deux premiers individus ont été interpellés dans le quartier Batanguel, à la suite d’une information opérationnelle signalant un trafic de stupéfiants d’envergure dans la zone. Une perquisition effectuée à leurs domiciles a permis la saisie de trois kilogrammes de chanvre indien.

La troisième arrestation a eu lieu dans le quartier Sikilo. L’individu, reconnu comme un acteur majeur du trafic dans la région, a été d’abord trouvé en possession de deux cornets de chanvre. Une perquisition de son logement a conduit à la saisie complémentaire de 2,101 kilogrammes supplémentaires ainsi que de cinquante-quatre cornets, renforçant la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Cette opération confirme la vigilance des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic de drogues à Kolda, région frontalière et souvent ciblée par des réseaux de stupéfiants. Les autorités locales ont annoncé que des mesures supplémentaires seraient prises afin de démanteler complètement les filières identifiées et de prévenir la propagation de ce fléau dans la région.

Dette publique : Chérif Salif Sy plaide pour une approche responsable, loin des postures politiciennes et de l’austérité aveugle

Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD), diffusée ce 11 janvier 2026, l’économiste et président du Forum du Tiers Monde, le professeur Chérif Salif Sy, s’est longuement exprimé sur la question sensible de la dette publique. Dans un contexte marqué par de vifs débats politiques et médiatiques, il a livré une analyse à la fois technique et politique, appelant à dépasser les clivages partisans et à éviter toute réponse économique brutale susceptible de fragiliser davantage les populations.

D’emblée, le professeur Sy a tenu à relativiser l’ampleur de la polémique actuelle autour de la dette, qu’il estime largement alimentée par des considérations politiques plutôt que par une lecture économique rigoureuse. Selon lui, nombre de prises de position observées dans l’espace public relèvent davantage de la stratégie de confrontation que d’une véritable expertise. Il déplore ainsi un déficit de connaissance dans certains discours, soulignant que certains acteurs, mus par une logique d’opposition systématique, cherchent avant tout à « contrer le gouvernement, coûte que coûte », quitte à semer la confusion et à diffuser des analyses approximatives.

Face aux discours alarmistes, l’économiste a voulu se montrer rassurant quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Pour Chérif Salif Sy, la dette ne saurait être réduite à un fardeau insurmontable ; elle doit être appréhendée comme un instrument de politique économique, susceptible de soutenir le développement lorsqu’elle est correctement gérée. Il se dit ainsi convaincu que l’État fera face à ses obligations, rappelant que la crédibilité de la signature de l’État demeure un atout fondamental sur les marchés financiers internationaux.

« On paiera la dette », a-t-il affirmé avec assurance, estimant que la confiance des partenaires repose précisément sur cette capacité de l’État à respecter ses engagements. Pour lui, préserver cette crédibilité est essentiel, tant pour la stabilité macroéconomique que pour l’accès futur aux financements.

Interrogé sur l’hypothèse d’une restructuration de la dette, le professeur Sy a affiché une certaine prudence. Tout en reconnaissant que cette option peut présenter des avantages dans certaines circonstances, il en a également souligné les risques et la complexité. Il a notamment exprimé sa confiance envers le Premier ministre dans la gestion de ces dossiers délicats, insistant sur la nécessité d’une analyse fine et équilibrée.

L’économiste a surtout mis en garde contre les conséquences sociales d’un redressement économique trop brutal. Tirant les leçons des expériences passées, il a évoqué le traumatisme laissé par les plans d’ajustement structurels, dont les effets ont durablement marqué les économies et les sociétés africaines. Selon lui, une austérité aveugle pourrait entraîner la fermeture d’entreprises, l’asphyxie des ménages et l’émergence de tensions sociales majeures, compromettant ainsi la stabilité du pays.

Chérif Salif Sy insiste également sur la nécessité de protéger les services sociaux de base. Il estime qu’il serait inacceptable que, sous couvert de rigueur budgétaire, des populations se voient privées de biens et services essentiels. Pour lui, la gestion de la dette ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens ni de la cohésion sociale.

En définitive, le président du Forum du Tiers Monde appelle à une gouvernance économique équilibrée, capable de concilier le respect des engagements vis-à-vis des créanciers, qui doivent légitimement récupérer leurs fonds, et la protection du bien-être des populations. À ses yeux, le véritable défi réside dans la capacité des autorités à piloter le redressement économique sans sacrifier la paix sociale sur l’autel des impératifs financiers.

Guédiawaye : 150 femmes outillées pour la transformation des produits locaux

À Guédiawaye, l’autonomisation économique des femmes a franchi une nouvelle étape avec la remise de matériels de transformation de produits locaux à 150 bénéficiaires. La cérémonie s’est tenue le 10 janvier 2025, sous la présidence du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, en présence du maire de la commune, Ahmeth Aidara, ainsi que de plusieurs acteurs locaux.

Cette initiative s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à renforcer l’économie sociale et solidaire, considérée comme un levier stratégique pour un développement inclusif et durable. Les femmes bénéficiaires ont ainsi reçu des équipements destinés à améliorer leurs capacités de transformation des produits locaux, mais également des certificats attestant de la formation qu’elles ont suivie, gage d’un meilleur encadrement technique et d’une professionnalisation accrue de leurs activités.

S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre Alioune Dione a insisté sur l’importance de l’économie sociale et solidaire dans le modèle de développement prôné par les autorités. « L’économie sociale et solidaire n’est pas une option, c’est une nécessité », a-t-il affirmé, soulignant qu’elle traduit la volonté de l’État de placer l’humain au cœur des politiques économiques. Selon lui, l’autonomisation des femmes constitue un axe prioritaire pour bâtir une économie plus inclusive, capable de générer des revenus durables et de renforcer la résilience des ménages.

Le ministre a également rappelé que l’appui à la transformation des produits locaux permet non seulement de créer de la valeur ajoutée, mais aussi de stimuler l’emploi, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines comme Guédiawaye. À travers ce type d’actions, le gouvernement entend encourager l’entrepreneuriat féminin et favoriser l’émergence de micro-entreprises capables de s’insérer durablement dans les circuits économiques.

Pour sa part, le maire de Guédiawaye, Ahmeth Aidara, a salué cette initiative qu’il juge en parfaite adéquation avec les besoins des populations locales. Il a mis en avant le rôle central des femmes dans le tissu économique de la commune et a exprimé sa satisfaction de voir des actions concrètes accompagner leur engagement et leur détermination.

Les bénéficiaires, visiblement satisfaites, ont accueilli ce soutien comme une opportunité majeure de renforcer leurs activités, d’améliorer leurs revenus et de gagner en autonomie. À Guédiawaye, cette dotation en équipements et en compétences apparaît ainsi comme un pas important vers la promotion d’une économie locale dynamique, portée par des femmes désormais mieux outillées pour transformer et valoriser les ressources locales.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Thiès : l’OCRTIS met la main sur 196 kg de chanvre indien à Mbodiène

La lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit avec fermeté dans la région de Thiès. La Brigade régionale des stupéfiants, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a réalisé une importante saisie de chanvre indien, estimée à 196 kilogrammes, le jeudi 9 janvier 2026.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette opération est le fruit d’une patrouille de sécurisation menée par l’unité de lutte basée à Mbour. Les agents intervenaient dans la localité de Mbodiène lorsqu’ils ont procédé à la découverte de la marchandise illicite. Le chanvre indien était soigneusement conditionné en six colis et transporté à bord d’une charrette, un mode de convoyage souvent utilisé pour tenter d’échapper à la vigilance des forces de sécurité.

Cette saisie témoigne de la persistance des réseaux de trafic dans certaines zones rurales et périurbaines, où les trafiquants misent sur la discrétion et des moyens de transport rudimentaires pour acheminer la drogue. Grâce à la vigilance et au professionnalisme des agents de l’OCRTIS, cette cargaison a pu être interceptée avant d’atteindre sa destination finale.

Les autorités policières indiquent que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier les propriétaires de la drogue ainsi que les convoyeurs impliqués dans cette opération. L’objectif est de remonter toute la chaîne du trafic et de démanteler le réseau à l’origine de cette tentative d’acheminement.

Cette nouvelle saisie s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants, menée par l’OCRTIS en collaboration avec les autres unités de la Police nationale. Les forces de sécurité réaffirment leur détermination à combattre ce fléau, qui constitue une menace sérieuse pour la santé publique, la sécurité et la stabilité sociale.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

Réforme constitutionnelle, gouvernance et crise économique : l’APR charge le pouvoir et parle d’une situation « alarmante »

L’Alliance Pour la République (APR) a livré, ce 10 janvier, une déclaration particulièrement sévère sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Avant d’aborder le fond de ses critiques, le parti de l’ancien président Macky Sall s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, adressant ses prières aux disparus et ses condoléances aux familles endeuillées.

Sur le plan politique, l’APR dresse un tableau qu’elle qualifie de sombre, estimant que l’année 2025 a été « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour le peuple sénégalais. Selon le parti, les populations auraient été livrées à elles-mêmes face à une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. Crise politique, économique, sociale et morale se conjugueraient, d’après l’APR, pour placer les Sénégalais « à la limite de l’humainement acceptable ».

Pour les Républicains, l’année écoulée aura été marquée par « tous les reniements et toutes les forfaitures », révélatrices de ce qu’ils qualifient d’« incurie d’un pouvoir désespérément incompétent ». Le parti affirme ne voir aucun acte structurant ou transformationnel à retenir de la tournée économique du président de la République en Casamance, qu’il considère comme une simple appropriation de projets initiés par le régime sortant.

L’APR se montre tout aussi critique à l’égard du message à la Nation du chef de l’État. Selon elle, cette adresse n’a offert aucune perspective susceptible de redonner espoir aux Sénégalais. Le parti rejette avec fermeté l’annonce de réformes constitutionnelles envisagées par voie parlementaire, qu’il refuse « avec la dernière énergie ». Pour l’Alliance Pour la République, le Sénégal, fort de trois alternances démocratiques et pacifiques, ne souffre pas d’un problème institutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance, ainsi que de difficultés économiques et sociales majeures.

Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a « aucune raison d’être », rappelant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité depuis sa création.

Sur le terrain économique et social, le parti de Macky Sall dénonce un « blocage » qu’il impute aux « mesures tatillonnes, ineptes et hasardeuses » du tandem exécutif. Il évoque une diplomatie en perte de vitesse, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse en constante augmentation, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère. Une situation jugée insoutenable par sa dureté et sa durée, et qui, selon l’APR, ne cesse de s’aggraver, faisant craindre des lendemains encore plus difficiles en 2026.

Dans sa déclaration, l’APR évoque également une « crise généralisée inédite » au sommet de l’État, affirmant que le pouvoir serait miné de l’intérieur par une rivalité entre les deux têtes de l’Exécutif. Cette situation, selon le parti, traduit une incapacité manifeste à diriger le pays dans l’intérêt supérieur des populations. L’Alliance Pour la République va plus loin en dénonçant ce qu’elle considère comme les carences d’un Premier ministre « faible en tout et sur tout » et d’un président de la République « en dessous des obligations de sa charge ».

Le parti accuse par ailleurs Ousmane Sonko d’être obsédé par l’échéance présidentielle de 2029 et de conduire une entreprise jugée dangereuse de remise en cause des fondements de l’État de droit. Selon l’APR, la judiciarisation de l’espace public viserait à permettre au Premier ministre de se soustraire à une condamnation judiciaire dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Dans ce contexte, l’Alliance Pour la République appelle les magistrats de la Cour suprême à ne pas céder, selon ses termes, aux pressions politiques et aux « caprices » du chef du gouvernement.

Enfin, le parti critique les récentes déclarations d’Ousmane Sonko sur la campagne arachidière et le fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR lui reproche d’accuser ses propres ministres tout en se dédouanant, et de les livrer à la vindicte populaire. Elle fustige également l’évocation de l’utilisation de moyens financiers, y compris illégaux, pour faire face aux difficultés du monde rural, estimant qu’une telle posture relève d’une démagogie populiste et constitue un « aveu d’impuissance coupable ».

En conclusion, l’Alliance Pour la République affirme que « vaincre le pouvoir du Pastef » serait, selon elle, la seule voie pour sortir le Sénégal du marasme et des dérives actuelles. La déclaration se termine toutefois sur une note sportive, le parti saluant la qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une performance qui, selon lui, apporte un peu de baume au cœur des Sénégalais.

Kolda : la fête patronale du 6ᵉ bataillon d’infanterie célèbre la fraternité militaire entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée

La ville de Kolda a vibré ce vendredi 9 janvier au rythme de la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie, un événement placé sous le sceau de la fraternité militaire et de la coopération sous-régionale. Cette célébration a réuni, aux côtés des Forces de défense et de sécurité sénégalaises, d’importantes délégations militaires venues de la Gambie et de la Guinée, illustrant la solidité des liens entre armées sœurs face à des défis sécuritaires de plus en plus transfrontaliers.

La forte mobilisation des délégations étrangères a été saluée par le commandant du 6ᵉ bataillon d’infanterie, le lieutenant-colonel El Hadji Fodé Almamy Ba. Pour lui, cette présence témoigne de la dynamique actuelle de renforcement de la coopération militaire dans l’espace sous-régional. Dans son intervention, il a rappelé que les menaces sécuritaires contemporaines ne connaissent plus de frontières et exigent des réponses collectives et coordonnées. « La menace est globale et la réponse ne peut être que globale », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité de la mutualisation des moyens, des forces et des stratégies entre pays voisins.

Le même message a été porté par la délégation guinéenne. Le chef de corps du bataillon d’infanterie de Koundara, le colonel Boubacar Barry, a insisté sur l’importance d’une collaboration permanente entre les forces armées sénégalaises et guinéennes. Selon lui, le partage d’informations, la coordination opérationnelle et la conduite de patrouilles conjointes doivent s’inscrire dans une logique quotidienne afin de faire face à des menaces devenues multiformes et évolutives. Il a souligné que la présence de la délégation guinéenne à Kolda visait non seulement à renforcer cette coopération opérationnelle, mais aussi à communier avec leurs frères d’armes sénégalais et gambiens à l’occasion de cette fête patronale.

Représentant l’armée gambienne, le lieutenant-colonel Yaya Dabo a, pour sa part, magnifié l’excellence des relations militaires entre le Sénégal et la Gambie. Il a rappelé que les deux pays sont liés par une histoire commune, une géographie partagée et des liens fraternels solides, qui se traduisent par une coopération militaire étroite et exemplaire dans la sous-région.

Au-delà de son caractère festif et symbolique, la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie a ainsi servi de cadre d’expression de la volonté commune des armées sénégalaise, gambienne et guinéenne de faire front ensemble face aux défis sécuritaires. Dans un contexte régional marqué par la persistance de menaces transfrontalières, cette rencontre a réaffirmé l’engagement des forces armées des trois pays à œuvrer dans un esprit de solidarité, de fraternité et d’intégration sous-régionale au service de la paix et de la stabilité.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

Affaire PRODAC : Mame Mbaye Niang saisit le Procureur général et le Bâtonnier contre des avocats d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre Mame Mbaye Niang a engagé une nouvelle offensive judiciaire en déposant, le 2 janvier 2026, deux plaintes distinctes visant des membres du pool d’avocats du Premier ministre Ousmane Sonko. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, ces plaintes ont été adressées, d’une part, au Procureur général près la Cour d’appel de Dakar et, d’autre part, au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Dans ces requêtes, Mame Mbaye Niang met directement en cause Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye, qu’il accuse de diffamation, de faux intellectuel et de violation des règles déontologiques de la profession d’avocat. Cette démarche intervient dans un contexte judiciaire sensible, marqué par la volonté des autorités de relancer la procédure liée au dossier de diffamation qui avait opposé par le passé Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko dans l’affaire du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC).

D’après L’Observateur, l’origine de cette nouvelle plainte remonte à une conférence de presse tenue le 22 décembre 2025 par les avocats du Premier ministre. Au cours de cette sortie médiatique, Me Macodou Ndour aurait affirmé que Mame Mbaye Niang avait procédé au décaissement de plus de deux milliards de francs CFA au profit de la société Green 2000, en signant un ordre de démarrage des travaux sans qu’un marché public n’ait été préalablement conclu. Des accusations que l’ancien ministre rejette catégoriquement, les qualifiant d’« archi-faux ».

Mame Mbaye Niang soutient que ces déclarations portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération, dans la mesure où elles laissent entendre l’existence d’une entente frauduleuse autour de fonds publics. Il affirme, au contraire, que l’ordre de démarrage mentionné par les avocats est intervenu après la signature régulière du marché et que toute autre version relève, selon lui, d’un faux intellectuel destiné à tromper l’opinion publique.

Dans sa plainte, l’ancien ministre reproche également à Me Abdy Nar Ndiaye d’avoir relayé ces accusations en langue wolof, contribuant ainsi à leur large diffusion. Me Massokhna Kane est, pour sa part, accusé d’avoir évoqué l’existence d’un rapport qui incriminerait Mame Mbaye Niang pour détournement de deniers publics. Une affirmation que ce dernier juge mensongère et d’autant plus grave qu’elle aurait été reprise par des médias à forte audience tels que TFM et Seneweb TV.

Afin d’étayer ses accusations, Mame Mbaye Niang indique avoir joint à sa plainte une clé USB contenant l’ensemble des déclarations qu’il estime diffamatoires. Il sollicite ainsi l’intervention des autorités judiciaires compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées.

Les mêmes griefs ont été formulés dans la plainte adressée au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans sa requête, Mame Mbaye Niang dénonce des faits qu’il considère comme une violation manifeste des règles de la profession d’avocat, évoquant des actes de diffamation et de faux intellectuel contraires aux principes déontologiques. Il estime que de tels agissements portent atteinte non seulement à sa personne, mais également à l’image et à la crédibilité de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Cette nouvelle étape judiciaire vient ainsi raviver un dossier déjà très sensible, au cœur des tensions politiques et judiciaires persistantes autour de l’affaire PRODAC, et promet de nouveaux développements dans les semaines à venir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°646 – 10 ET 11/01/2026

🔴 DIFFAMATION, IGF ET MANŒUVRE D’ÉTAT : LA TENTATIVE DE RÉHABILITATION DE SONKO
🔴 BASSIN ARACHIDIER / ENTRE VENTES PRÉCIPITÉES ET BONS IMPAYÉS : L’IMMENSE MALAISE DES PAYSANS

🔴 CAN 2025 : LE SÉNÉGAL FAIT TOMBER LE MALI ET FILE EN DEMI-FINALE

Migration clandestine depuis la Gambie : plus de 780 migrants ouest-africains interceptés après une série de naufrages meurtriers

La Gambie fait face à une crise migratoire majeure. Ces derniers jours, plus de 780 personnes originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali ont été interceptées alors qu’elles tentaient de rejoindre clandestinement l’Europe depuis les côtes gambiennes. Cette série d’interceptions survient quelques jours seulement après le naufrage tragique d’une pirogue qui a coûté la vie à au moins 31 personnes, tandis que de nombreux autres migrants restent portés disparus.

Selon Simon Lowe, porte-parole du Département de l’immigration gambien, trois opérations distinctes ont permis l’arrestation de 782 migrants présumés dans plusieurs localités du pays. Parmi eux, 233 sont originaires du Sénégal, 197 de Gambie, 176 de Guinée et 148 du Mali. Tous ont été remis en liberté sous caution, en attendant le traitement de leur situation par les autorités compétentes.

Les opérations ont débuté le 3 janvier, soit deux jours après le naufrage du bateau parti le soir du 31 décembre avec plus de 200 personnes à son bord, au large de la région de North Bank. Ce drame a profondément marqué le pays, déjà confronté à une recrudescence de tentatives de départ par la mer, utilisant la Gambie comme point de départ vers les îles Canaries. La marine nationale gambienne avait alors lancé une vaste opération de recherche dans la nuit, tandis que des équipes d’intervention spéciale ont été activées pour renforcer la surveillance et limiter les départs clandestins.

Les dangers de la route maritime sont encore accrus par le déplacement récent des points de départ vers le sud. En effet, les contrôles renforcés au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc ont conduit de nombreux migrants à quitter la Gambie et la Guinée, rallongeant considérablement le temps passé en mer et augmentant les risques de naufrage. Selon la Fondation Ebrima, plusieurs centaines de migrants originaires de villages sénégalais embarqués il y a plus d’un mois depuis les côtes gambiennes n’ont toujours pas donné signe de vie. Une autre pirogue transportant plus de 190 personnes, partie des côtes du nord de la Gambie le 17 novembre, a également sombré, laissant ses passagers disparus.

Le ministère gambien de l’Intérieur a exprimé sa vive inquiétude face à cette situation et a souligné que la Gambie observe une augmentation rapide du nombre de tentatives de migration maritime. Dans un communiqué, il rappelle l’urgence de mesures de sécurité renforcées et appelle à une coopération régionale pour limiter le drame humain lié à ces traversées périlleuses.

Cette situation illustre à nouveau les risques majeurs auxquels sont confrontés les migrants ouest-africains sur la route de l’Europe, et l’impérieuse nécessité pour les autorités de mieux encadrer les flux migratoires tout en développant des alternatives sûres pour ceux qui cherchent à quitter leur pays.

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Riz brisé ordinaire importé : le gouvernement fixe de nouveaux tarifs pour protéger le pouvoir d’achat

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, le 6 janvier 2026, la publication de l’arrêté n°000685, réglementant les prix du riz brisé ordinaire importé sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, prise après concertation avec le Conseil national de la Consommation, vise à encadrer le marché et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais face à la fluctuation des prix.

Pour le riz brisé ordinaire provenant de pays comme l’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, le Pakistan ou le Myanmar, les tarifs ont été fixés selon quatre niveaux pour la région de Dakar. Le prix importateur, correspondant à la sortie des magasins, est établi à 270 000 francs CFA la tonne. Le prix demi-gros est de 274 000 francs CFA, le prix de gros s’élève à 280 000 francs CFA par tonne, tandis que le prix de détail, celui payé directement par le consommateur, est fixé à 300 francs CFA le kilogramme.

Dans les autres régions du pays, ces tarifs de base sont conservés, mais ils pourront être majorés d’un différentiel de transport. Ce coût supplémentaire est calculé localement par chaque Conseil régional de la Consommation afin de refléter au mieux les réalités logistiques et les contraintes liées à l’acheminement des marchandises vers les zones éloignées.

L’arrêté insiste également sur l’obligation de transparence pour tous les acteurs du marché. Les prix doivent être clairement affichés dans les lieux de vente, soit par marquage, étiquetage ou affichage visible, de manière à ce que les consommateurs puissent facilement les identifier. Toute infraction, qu’il s’agisse de pratiques de prix illicites, de refus de vente ou de défaut d’affichage, sera sanctionnée conformément aux dispositions de la loi n°2021-25 relative aux prix et à la protection du consommateur.

Cette mesure réglementaire intervient dans un contexte où la stabilité des prix des denrées alimentaires de base est cruciale pour la sécurité alimentaire et le bien-être des familles sénégalaises. En fixant ces nouveaux tarifs, le ministère entend à la fois protéger les consommateurs et assurer un cadre légal clair pour les commerçants, tout en renforçant la régulation du marché du riz importé.

CAN 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye salue la solidité des Lions après leur qualification en demi-finales

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à féliciter l’équipe nationale du Sénégal à la suite de sa brillante qualification en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Les Lions ont validé leur billet pour le dernier carré ce vendredi 9 janvier 2026, après une victoire précieuse face au Mali en quart de finale.

Dans un message adressé à la nation et à l’équipe nationale, le chef de l’État a exprimé sa satisfaction et sa fierté face à la prestation des joueurs sénégalais. « Je félicite les Lions pour la victoire face au Mali et la qualification en demi-finale de la Coupe d’Afrique », a-t-il déclaré, saluant ainsi l’engagement et la détermination affichés par les hommes de Pape Thiaw tout au long de la rencontre.

Pour le président Bassirou Diomaye Faye, cette qualification est le fruit d’un travail collectif rigoureux et constant. Il estime que cette performance confirme la solidité du groupe et la maturité d’une équipe bâtie dans la continuité, la discipline et le sens de l’effort. Une reconnaissance qui souligne la cohésion et la constance dont font preuve les Lions depuis le début de la compétition.

Encourageant les joueurs à poursuivre sur cette lancée, le chef de l’État les a invités à maintenir le même niveau d’exigence et d’ambition pour la suite du tournoi. « Continuez avec ambition, exigence et combativité. Le Sénégal regarde devant, avec confiance », a-t-il ajouté, traduisant ainsi l’espoir et l’attente de tout un peuple derrière son équipe nationale.

Cette qualification en demi-finales renforce un peu plus les ambitions du Sénégal, qui vise une nouvelle fois les sommets du football africain. Soutenus par les autorités, les supporters et l’ensemble de la nation, les Lions abordent désormais la prochaine étape de la CAN 2025 avec détermination et sérénité, portés par l’objectif de décrocher un nouveau sacre continental.

Ousmane Sonko et son homologue mauritanien en visite d’infrastructures stratégiques à Thiès et Dakar

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, ont effectué ce vendredi 9 janvier 2025 une visite conjointe de plusieurs infrastructures stratégiques à Thiès et à Dakar. Cette tournée, placée sous le signe de la coopération économique et industrielle entre le Sénégal et la Mauritanie, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays voisins.

La première étape de cette visite a conduit les deux chefs de gouvernement à l’usine Carrefour Médical Industries, implantée à Pout, dans la région de Thiès. Selon un communiqué publié par la Primature du Sénégal, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de consommables de dialyse, un secteur crucial pour la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale. À travers cette unité industrielle, le Sénégal renforce sa capacité de production locale de produits médicaux essentiels, réduisant ainsi sa dépendance aux importations et améliorant l’accessibilité des soins de santé pour les populations.

Sur place, Ousmane Sonko et El Moctar Ould Djay ont pu apprécier les installations, échanger avec les responsables de l’usine et s’informer sur les perspectives de développement de cette industrie, dont l’impact dépasse le seul cadre national. La visite a également permis de mettre en lumière les opportunités de coopération régionale dans le domaine pharmaceutique et biomédical, un secteur stratégique pour les deux États.

Les deux Premiers ministres se sont ensuite rendus au Port autonome de Dakar, plus précisément au niveau du môle, où ils ont visité le chantier du terminal gazier de Elton. Cette infrastructure majeure est appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des capacités énergétiques du Sénégal, à un moment où le pays se prépare à entrer pleinement dans l’ère de l’exploitation gazière. Le terminal gazier s’inscrit dans la stratégie nationale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir l’industrialisation et accompagner la transition vers une énergie plus compétitive.

Cette visite conjointe illustre la volonté des autorités sénégalaises et mauritaniennes de consolider leur coopération autour de projets structurants, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et de l’énergie. Elle témoigne également d’une convergence de vues entre Dakar et Nouakchott sur la nécessité de bâtir des partenariats solides autour d’infrastructures capables de soutenir la croissance économique et le développement durable dans l’espace sous-régional.

Assises des daaras : à Tivaouane, le ministre de l’Éducation salue un modèle exemplaire de concertation et d’inclusion

Le département de Tivaouane s’impose comme une référence nationale dans le processus préparatoire des assises des daaras. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a salué avec force la qualité de la démarche de concertation menée à l’échelle locale, qu’il a qualifiée de « modèle exceptionnel de réussite, de démocratie participative et d’inclusion ». Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de partage et de validation du rapport départemental issu des concertations communales.

Selon le ministre, Tivaouane s’est distinguée par sa capacité remarquable à fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un objectif commun : poser les bases d’une réforme concertée et durable des daaras, en droite ligne avec la directive présidentielle relative à l’organisation des assises nationales. Cette mobilisation large et inclusive, impliquant autorités administratives, éducatives, religieuses et acteurs communautaires, a permis d’instaurer une synergie constructive, rare et exemplaire, a-t-il souligné.

Pour Moustapha Guirassy, les assises des daaras ne doivent pas être perçues comme un simple débat technique sur les modèles éducatifs. Elles constituent, selon ses termes, un véritable « contrat avec le Sénégal de demain », fondé sur la reconnaissance du rôle stratégique des daaras dans la transformation systémique du pays. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages et les approches réductrices pour inscrire cette réflexion dans une vision globale de développement humain, culturel et social.

Le ministre a tenu à rappeler le rôle central des daaras dans l’histoire et la construction de la nation sénégalaise. Il a présenté cette offre éducative arabo-islamique traditionnelle comme un socle identitaire historique, essentiel à la transmission de valeurs fondamentales telles que la spiritualité, le civisme, le patriotisme, la discipline, la générosité, l’hygiène, la paix et la cohésion sociale. « On ne peut raconter l’histoire du Sénégal, de la résistance au colonialisme à la stabilité actuelle du pays, sans évoquer le rôle fondamental des daaras », a-t-il affirmé avec conviction.

Moustapha Guirassy a également mis en avant la pertinence de la démarche adoptée à Tivaouane, qui a consisté à donner la parole aux acteurs à la base avant toute décision au sommet. Pour lui, cette approche conforte le principe de souveraineté éducative, culturelle et intellectuelle du Sénégal, en parfaite cohérence avec l’Agenda Sénégal 2050 et les ambitions nationales en matière de transformation du capital humain.

Se disant « très satisfait » du déroulement du processus dans le département, le ministre a salué l’appui constant du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, dont le représentant a activement pris part à toutes les étapes de la concertation. Cette implication des autorités religieuses a largement contribué, selon lui, à créer un climat de confiance et d’adhésion autour des travaux.

Le ministre a par ailleurs souligné l’adhésion unanime de l’ensemble des parties prenantes, au-delà des différences de sensibilités et de points de vue, autour d’un objectif commun : proposer des orientations durables pour l’avenir des daaras, dans l’intérêt supérieur des enfants et du pays. « Tivaouane a montré la voie », a-t-il conclu, estimant que la conduite du processus dans ce département, avec l’onction du Khalife général des Tidianes, constitue désormais une référence pour la réussite des assises nationales des daaras.

En marge de la validation du rapport départemental, Moustapha Guirassy a effectué des visites de courtoisie auprès des Khalifes généraux des Khadres et des Tidianes, témoignant de l’importance qu’il accorde au dialogue permanent avec les autorités religieuses. Il a enfin salué la « brillante coordination » du processus, assurée par le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye, en étroite collaboration avec l’administration territoriale, l’Inspection d’académie et l’Inspection de l’éducation et de la formation.

Kédougou : soixante orpailleurs clandestins burkinabés et maliens interpellés sur les berges de la Falémé

Les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont mené une nouvelle opération d’envergure contre l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Les éléments du 34ᵉ Bataillon d’Infanterie de Moussala ont démantelé un site illégal d’extraction de minéraux précieux installé sur les berges de la Falémé, précisément dans la commune de Bembou. L’intervention s’est soldée par l’arrestation de soixante orpailleurs étrangers impliqués dans des activités minières prohibées.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), les personnes interpellées sont de nationalité burkinabé et malienne. Il s’agit de seize ressortissants du Burkina Faso et de quarante-quatre ressortissants du Mali, tous présents sur le site au moment de l’opération. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la lutte renforcée engagée par les autorités sénégalaises contre l’exploitation illégale des ressources minières, particulièrement dans les zones frontalières sensibles.

L’opération a également permis une saisie importante de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin. Les forces de sécurité ont mis la main sur neuf motocyclettes, deux brouettes, huit tricycles ainsi que quinze motopompes servant à l’extraction et au traitement du sable aurifère. En outre, quarante-deux engins artisanaux, communément appelés « cracheurs », ont été détruits sur place. Ces dispositifs, utilisés pour séparer l’or du sable, constituent un élément central de l’activité clandestine. Leur destruction vise à empêcher toute reprise immédiate des opérations illégales après le départ des forces de l’ordre.

Cette intervention s’inscrit dans le strict respect de la réglementation en vigueur concernant la protection de la Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal. Les autorités ont formellement interdit toute activité minière dans un périmètre de cinq cents mètres à partir de la rive gauche du cours d’eau, afin de préserver l’environnement, les ressources en eau et les populations riveraines. La Falémé joue en effet un rôle stratégique tant sur le plan écologique qu’économique, ce qui justifie une vigilance accrue des services de l’État.

Pour rappel, en août 2024, le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre toutes les activités minières le long de la Falémé jusqu’au 30 septembre 2027. Cette mesure forte vise à freiner la dégradation environnementale causée par l’orpaillage anarchique, à réduire les tensions sécuritaires liées à la présence massive d’orpailleurs clandestins et à mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette opération, l’armée sénégalaise réaffirme sa détermination à faire respecter l’autorité de l’État et à lutter contre les réseaux d’exploitation illégale qui menacent à la fois l’environnement, la sécurité des populations locales et la souveraineté nationale. Les personnes interpellées devraient être mises à la disposition des autorités judiciaires compétentes pour les suites légales.

CAN 2025 : Un éclair d’Iliman Ndiaye propulse le Sénégal dans le dernier carré

Le Sénégal poursuit son aventure à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Les Lions de la Téranga ont validé leur billet pour les demi-finales en venant à bout du Mali sur le score étriqué mais précieux d’un but à zéro. Une victoire arrachée au terme d’un quart de finale intense, engagé et parfois tendu, qui permet au Sénégal d’atteindre le dernier carré de la compétition pour la septième fois de son histoire.

La rencontre débute sur un rythme élevé, imposé par des Aigles du Mali très entreprenants. Dès la 3ᵉ minute, le Sénégal frôle le scénario catastrophe. Lancé dans la surface, Lassine Sinayoko s’écroule après un contact avec Kalidou Koulibaly et réclame un penalty. Le stade retient son souffle, mais après consultation de la VAR, l’arbitre décide de ne pas sanctionner le défenseur sénégalais. Un premier tournant dans ce quart de finale sous haute tension.

Piqués mais lucides, les Lions choisissent ensuite la prudence. Le Mali monopolise le ballon dans les premières minutes et tente d’installer son jeu, s’appuyant sur une circulation rapide et des projections vers l’avant. Le Sénégal, bien regroupé, procède par transitions rapides. Sur le flanc gauche, El Hadji Malick Diouf se montre particulièrement actif, multipliant les accélérations et provoquant son vis-à-vis, sans toutefois parvenir à concrétiser ses centres.

La bataille se déplace progressivement au milieu de terrain, où l’impact physique et l’intensité montent d’un cran. À la 22ᵉ minute, Iliman Ndiaye allume la première vraie mèche sénégalaise. Par une percée axiale pleine de détermination, il casse les lignes maliennes et sert Pape Gueye, dont la frappe est déviée in extremis par la défense. Le Sénégal prend confiance et commence à gagner les duels.

Au fil des minutes, les Lions haussent leur niveau de jeu. Plus agressifs à la récupération, plus précis dans les transmissions, ils finissent par prendre l’ascendant psychologique sur leurs adversaires. Le Mali, toujours dangereux, tente de répondre par des frappes lointaines et des incursions rapides, mais se heurte à une défense sénégalaise solide et bien organisée autour de Koulibaly.

Le moment décisif survient finalement lorsque Iliman Ndiaye, déjà très en vue, fait parler son sang-froid et son sens du but. Profitant d’un ballon mal repoussé et d’un léger flottement dans la défense malienne, l’attaquant sénégalais ajuste parfaitement le gardien et libère tout un peuple. Un but d’orfèvre, à l’image de la maîtrise et de la maturité affichées par le Sénégal dans cette phase cruciale de la compétition.

En seconde période, les Aigles du Mali jettent toutes leurs forces dans la bataille pour revenir au score. Les occasions se multiplient, la pression s’intensifie, mais les Lions font preuve d’une grande solidarité défensive. Le bloc reste compact, les replis sont rapides et les interventions décisives. Le Sénégal gère son avantage avec intelligence, sans jamais céder à la panique.

Au coup de sifflet final, c’est toute l’expérience et la résilience sénégalaise qui sont récompensées. En s’imposant face à un Mali combatif et ambitieux, les Lions confirment leur statut de grande nation du football africain et poursuivent leur rêve continental. Désormais qualifié pour les demi-finales, le Sénégal se rapproche un peu plus d’un nouveau sacre et envoie un message fort à ses futurs adversaires : les champions sont toujours là.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°645 – 09/01/2026

🔴 QUESTION DE LA DETTE PUBLIQUE ET RESTRUCTURATION ÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL : SONKO « DÉFIE » LE FMI
🔴 CRÉATION PAR LE GOUVERNEMENT DU CNRM EN LIEU ET PLACE DU CNRA : L’APPEL APPROUVE MAIS…

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, THIAW–SAINTFIET, LE DUEL DES MOTS AVANT LE CHOC

Sénégal : le gouvernement mise sur les recettes fiscales pour sécuriser un nouveau programme du FMI

Dakar – Le Sénégal entend tirer parti d’une collecte fiscale robuste dès le premier trimestre 2026 pour renforcer sa position auprès du Fonds monétaire international (FMI) et éviter une restructuration de sa dette jugée potentiellement douloureuse. Pour les autorités, la performance fiscale anticipée sera un indicateur clé de la discipline économique et de la résilience financière du pays aux yeux des partenaires internationaux.

Ahmadou Al Aminou Lo, ministre d’État auprès du président Bassirou Diomaye Faye, a souligné lundi sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) l’importance de l’atteinte des objectifs fiscaux dès les premiers mois de l’année. « Si, durant le premier trimestre 2026, nous parvenons à réaliser au moins 25 % de nos objectifs de recettes fiscales, cela change complètement la donne », a-t-il affirmé, précisant qu’un tel résultat améliorerait considérablement la crédibilité du pays et ses chances d’obtenir un nouveau programme du FMI sans être contraint à une restructuration.

Le gouvernement a rappelé que le maintien de la discipline budgétaire et l’atteinte des recettes prévues sont essentiels dans un contexte marqué par l’augmentation du service de la dette et les incertitudes économiques régionales. À cette fin, des mesures ont été mises en œuvre pour élargir l’assiette fiscale, renforcer l’efficacité de la collecte et assurer une gestion durable des finances publiques.

Selon des analystes, une performance fiscale solide au cours de ce premier trimestre pourrait envoyer un signal fort à l’institution financière internationale et aux investisseurs étrangers, démontrant l’engagement du Sénégal envers la responsabilité budgétaire et ouvrant la voie à des conditions de financement plus favorables. Un résultat positif pourrait également renforcer la confiance des marchés et faciliter la mobilisation de ressources supplémentaires pour le développement économique.

Le gouvernement sénégalais insiste par ailleurs sur sa volonté d’éviter toute restructuration imposée de l’extérieur, qui pourrait avoir des conséquences économiques à long terme. En montrant sa capacité à générer des revenus et à gérer ses finances de manière prudente, le pays espère négocier à partir d’une position de force et conserver le contrôle de sa stratégie de gestion de la dette.

Les mois à venir seront donc cruciaux. Les résultats du premier trimestre seront scrutés par les partenaires internationaux, les institutions financières et les acteurs économiques locaux, car ils détermineront largement l’issue des négociations du Sénégal avec le FMI et le futur soutien financier international.

Sénégal–Mauritanie : la coopération militaire élargie à toutes les forces de défense et de sécurité

La visite de travail et d’amitié du Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, au Sénégal a été marquée par une avancée significative dans les relations bilatérales entre Dakar et Nouakchott. À l’issue de leurs échanges avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, les deux chefs de gouvernement ont annoncé l’élargissement de la coopération militaire existante à l’ensemble des forces de défense et de sécurité des deux pays. Cette décision vise à renforcer la capacité des deux États à faire face aux défis sécuritaires communs dans la sous-région, dans un contexte où les menaces transfrontalières et les mouvements irréguliers de populations nécessitent une coordination accrue entre les forces armées et les forces de sécurité civile.

Depuis plusieurs années, la coopération militaire entre le Sénégal et la Mauritanie est déjà reconnue pour son exemplarité. Des opérations conjointes ont été menées régulièrement, et des échanges constants entre les forces armées des deux pays ont permis de renforcer la surveillance des frontières et de coordonner les interventions contre la criminalité transnationale et les réseaux de trafic. L’élargissement de cette coopération à toutes les forces de défense et de sécurité traduit une volonté politique claire de créer un dispositif intégré et réactif capable de répondre rapidement aux défis sécuritaires communs.

Les discussions entre les deux délégations ont également porté sur la question de la mobilité des populations et de la gestion concertée des flux migratoires. Ousmane Sonko et Moctar Ould Djay ont rappelé les liens culturels, historiques et humains qui unissent les deux peuples et ont souligné l’importance de l’intégration socio-économique des communautés établies de part et d’autre de la frontière. L’objectif est de permettre à ces populations de devenir de véritables acteurs économiques et de jouer un rôle de pont entre les deux pays, tout en facilitant la libre circulation des personnes dans le respect des règles établies par les autorités.

Dans ce cadre, les deux gouvernements ont réaffirmé leur engagement à assurer la mise en œuvre intégrale de l’Accord sur les conditions d’entrée, de séjour et d’établissement des ressortissants respectifs, signé le 2 juin 2025. Pour garantir un suivi rigoureux de cet accord, un comité mixte bilatéral sera mis en place d’ici la fin du mois de février 2026. Ce comité sera chargé de superviser l’application des dispositions prévues, de proposer des ajustements si nécessaire et de veiller à ce que les engagements pris soient respectés de manière efficace et transparente.

Cette visite officielle souligne l’importance stratégique des relations sénégalo-mauritaniennes, non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi dans les sphères économique et sociale. Elle traduit la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale afin de mieux gérer les défis régionaux, qu’il s’agisse de sécurité, de migration, ou de développement socio-économique. L’élargissement de la coopération militaire et sécuritaire constitue ainsi une étape majeure pour consolider la stabilité et la prospérité dans la sous-région.

Projet gazier Yakaar-Teranga : le marché inquiété par l’incertitude autour des partenariats

L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.

Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.

L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.

Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.

Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.

Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.

Elinkine : la disparition d’une pirogue relance l’alerte sur la sécurité des pêcheurs artisanaux

Depuis le 27 novembre 2025, une pirogue partie d’Elinkine n’a plus donné signe de vie, plongeant familles et communautés de pêcheurs dans une inquiétude croissante. L’équipage, dont les membres affrontaient les eaux de la haute mer, reste introuvable, et le silence radio prolongé alimente l’angoisse dans toute la localité. Les proches des disparus vivent dans une tension permanente, surveillant chaque retour potentiel et espérant des nouvelles qui tardent à venir.

Face à ce drame, la communauté locale ne reste pas inactive. Une première opération de solidarité a été organisée afin de collecter des fonds destinés à financer le carburant et la nourriture pour les volontaires prêts à repartir en mer pour tenter de localiser la pirogue. Les habitants d’Elinkine, conscients de l’urgence, mobilisent leur énergie et leurs ressources pour participer à ces recherches, espérant ainsi retrouver les pêcheurs sains et saufs. Un porte-parole de la communauté a souligné sur les ondes de RFM que toutes les conditions logistiques étaient désormais réunies pour relancer les opérations de recherche et salué l’élan de générosité et de solidarité qui s’est manifesté parmi les habitants.

Cependant, cette mobilisation citoyenne met en évidence un manque criant de moyens techniques. Les pêcheurs dénoncent l’absence d’outils modernes de géolocalisation, indispensables pour sécuriser les flottes artisanales. Dans un contexte où la technologie permet de suivre des navires et de prévenir les accidents en mer, il est jugé « anormal » que des vies soient encore mises en danger faute de dispositifs appropriés. Les pêcheurs appellent l’État à intervenir pour doter le secteur artisanal de systèmes de sécurité performants, alors que les zones de pêche s’éloignent chaque année davantage des côtes et que les risques s’amplifient.

Au-delà de l’aspect humain, cette disparition met en lumière les difficultés structurelles de la pêche artisanale au Sénégal. Le Connipasse (Conseil National Interprofessionnel de la Pêche Artisanale au Sénégal) a profité de cette situation pour annoncer l’élaboration d’un plan stratégique de communication couvrant la période 2026-2029. Ce plan vise à accompagner les autorités dans la mise en œuvre de solutions durables pour renforcer la sécurité en mer, mieux organiser les flottes artisanales et préserver les ressources halieutiques locales.

La raréfaction des produits de la mer constitue un facteur aggravant. Les pêcheurs sont contraints de s’aventurer toujours plus loin et plus longtemps afin de trouver du poisson, augmentant considérablement les risques encourus. Selon le Connipasse, cette pression sur les équipages les expose à des accidents graves, voire mortels, comme en témoigne la disparition de cette pirogue. Le secteur, qui représente un pilier de l’économie locale et de l’alimentation nationale, souffre donc d’une combinaison de dangers naturels et de carences techniques et institutionnelles.

Ce drame rappelle de manière tragique l’importance d’investir dans la modernisation de la pêche artisanale. La sécurité des pêcheurs, la formation aux bonnes pratiques, la mise à disposition d’équipements adaptés et la surveillance en mer doivent devenir des priorités. La communauté d’Elinkine, tout en s’organisant pour faire face à l’urgence, appelle l’État et les partenaires à une action rapide et concrète afin de prévenir de nouvelles pertes et de protéger ce secteur vital pour la région et pour le Sénégal.

Création du CNRM : l’APPEL approuve le principe mais fustige une réforme menée « en circuit fermé »

L’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) a réagi à l’adoption par le gouvernement du projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à succéder au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’organisation professionnelle a exprimé une position nuancée, mêlant satisfaction sur le fond et vives réserves sur la méthode ayant conduit à l’élaboration du texte.

Sur le principe, l’APPEL se félicite de ce qu’elle considère comme une avancée majeure pour le secteur des médias au Sénégal. L’association salue la mise en place annoncée d’une autorité de régulation à vocation transversale, mieux adaptée aux mutations profondes du paysage médiatique, marqué par l’essor des médias numériques, des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. Pour les éditeurs de la presse en ligne, le cadre actuel incarné par le CNRA était devenu obsolète et insuffisant pour répondre aux défis technologiques, économiques et éthiques auxquels fait face la profession.

Cependant, cet accueil favorable est fortement tempéré par une critique sévère de la démarche adoptée par les autorités. L’APPEL dénonce une méthode d’élaboration qu’elle juge cavalière, clivante et non inclusive. L’association affirme n’avoir été associée ni aux séances de réflexion, ni aux travaux d’élaboration ou de relecture du projet de loi, après le lancement officiel du processus le 24 janvier 2025. Une mise à l’écart d’autant plus préoccupante que le texte est appelé à encadrer directement l’exercice du métier et les conditions de fonctionnement des médias.

Selon l’APPEL, le projet de loi aurait été conçu en circuit fermé par un cercle restreint de juristes, sans réelle implication des acteurs directement concernés. Une approche qui, aux yeux de l’association, rompt avec les principes de concertation et de participation pourtant indispensables à toute réforme structurante du secteur de la presse. Dans ces conditions, l’organisation estime ne pas être en mesure de se prononcer sur le fond du texte, faute d’en connaître précisément le contenu et les orientations retenues.

Malgré ces critiques, l’APPEL se veut ouverte au dialogue et réaffirme sa disponibilité à échanger avec les autorités publiques. Elle souligne toutefois que la refondation durable du paysage médiatique sénégalais ne saurait se faire sans une démarche véritablement inclusive, associant l’ensemble des professionnels, des éditeurs et des organisations représentatives de la presse.

À l’heure où le projet de loi sur le CNRM s’achemine vers l’Assemblée nationale pour examen, la sortie de l’APPEL met en lumière les tensions latentes autour de la gouvernance du secteur des médias. Elle pose surtout la question centrale de la place accordée aux acteurs de la presse dans les grandes réformes censées réguler leur activité et garantir, à terme, un environnement médiatique libre, responsable et adapté aux réalités contemporaines.

Affaire Softcare : Guy Marius Sagna et la société civile accusent le ministère de la Santé de « silence complice »

La polémique autour des produits de la gamme Softcare prend une nouvelle tournure. Un collectif d’organisations de la société civile, conduit par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, a officiellement déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Par cette démarche, les signataires entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de « silence complice » des autorités sanitaires face aux interrogations persistantes sur la supposée dangerosité de certains produits Softcare, notamment les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés, mais aussi face aux soupçons de corruption visant l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP).

L’atmosphère était lourde d’indignation sur le perron du ministère, où militants et activistes ont exprimé leur colère. Depuis le 18 décembre 2025, date à laquelle les premières alertes ont été rendues publiques concernant la qualité et la sécurité des produits Softcare, aucune communication officielle claire n’a été faite par le ministre de tutelle. Un mutisme jugé inacceptable par les manifestants, qui estiment que cette absence de réaction met directement en péril la santé des populations, en particulier celle des femmes et des nourrissons.

Pour Guy Marius Sagna, figure centrale de cette mobilisation, le silence des autorités sanitaires constitue une faute grave aux conséquences potentiellement dramatiques. Devant la presse, le député n’a pas mâché ses mots, reprochant au ministère de ne pas assumer ses responsabilités face à une situation aussi sensible. Il souligne que depuis plusieurs semaines, les citoyens restent dans l’incertitude totale, ne sachant pas s’ils doivent continuer à utiliser ou non ces produits du quotidien. Une situation qu’il juge dangereuse et indigne d’un État censé protéger la santé publique.

Le parlementaire a également tenu à rappeler que cette interpellation dépasse les clivages politiques et les considérations partisanes. Selon lui, la protection de la santé des citoyens doit rester une priorité absolue, indépendamment des régimes ou des alternances au pouvoir. Usant d’une formule volontairement frappante, il a insisté sur le fait que les principes de base en matière de responsabilité publique ne changent pas avec les gouvernements, affirmant que ce qui était vrai hier doit le rester aujourd’hui.

Au-delà du silence du ministère, le collectif s’inquiète également des soupçons de corruption évoqués au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique, censée garantir la conformité et la sécurité des produits mis sur le marché. Pour les protestataires, ces accusations, même à l’état de soupçons, exigent une réaction rapide, transparente et rigoureuse des autorités afin de restaurer la confiance des populations.

À travers ce dépôt de plainte collectif et cette action symbolique, Guy Marius Sagna et ses alliés entendent maintenir la pression sur le ministère de la Santé. Ils exigent une prise de parole officielle, des investigations indépendantes et, surtout, des mesures claires pour protéger les consommateurs. Pour eux, il en va de la crédibilité de l’État et du droit fondamental des citoyens à une information fiable lorsqu’il s’agit de leur santé et de celle de leurs enfants.

Création du CNRM : Ibrahima Lissa Faye dénonce un processus « extrêmement grave » et opaque

Le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), destiné à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation médiatique. Adopté en Conseil des ministres, ce texte est vivement critiqué par le président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), Ibrahima Lissa Faye, qui dénonce la manière dont il a été élaboré, qualifiant le processus de « extrêmement grave ».

Selon le patron de PressAfrik, les professionnels des médias, pourtant directement concernés par cette réforme majeure, ont été largement tenus à l’écart des travaux de rédaction. Il affirme que l’élaboration du texte s’est faite dans un cadre restreint, confié à un cercle fermé de juristes, sans véritable concertation avec les acteurs du secteur. « Le travail pour l’élaboration de ce texte a été fait par un cercle fermé de juristes. Et nous n’avons pas du tout été impliqués, à part le lancement des travaux le 24 janvier 2025 », a-t-il déploré.

Pour Ibrahima Lissa Faye, cette mise à l’écart est d’autant plus préoccupante que le futur organe de régulation aura un impact direct sur l’organisation et l’exercice du métier de journaliste et d’éditeur de presse. « Ce texte va régir notre façon de travailler et d’organiser notre métier, et nous n’avons pas eu notre mot à dire. C’est extrêmement grave », a-t-il insisté, soulignant qu’il serait prématuré de se prononcer sur le fond du projet tant que son contenu exact n’a pas été rendu public. Il indique toutefois que les membres de l’APPEL sont en concertation afin de définir l’attitude à adopter face à cette situation.

Malgré ces critiques sévères sur la forme, le président de l’APPEL reconnaît néanmoins la pertinence de la démarche engagée par l’État. Il qualifie même l’initiative gouvernementale d’« excellente », estimant que l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel est devenu inadapté aux réalités du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, le CNRA souffre de limites importantes, tant sur le plan juridique que sur celui des moyens humains et financiers, ce qui l’empêche de remplir efficacement sa mission de régulation.

Ibrahima Lissa Faye dit ainsi fonder l’espoir que le futur CNRM disposera de prérogatives élargies, lui permettant de réguler non seulement les médias traditionnels, mais aussi la presse en ligne et les plateformes numériques. Il considère que de nombreuses dérives observées dans le secteur sont directement liées à l’absence d’un organe de régulation moderne, doté de pouvoirs adaptés à l’évolution rapide des modes de production et de diffusion de l’information.

Le projet de loi portant création du CNRM devrait être soumis, dans les prochains jours, à l’examen de l’Assemblée nationale. Son adoption par la majorité présidentielle ouvrirait alors la voie à une profonde reconfiguration du cadre de régulation des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par l’essor du numérique et les débats récurrents sur la liberté de la presse et la responsabilité des acteurs de l’information.

Visa américain : une caution pouvant atteindre 8,3 millions FCFA exigée des Sénégalais dès janvier 2026

Les conditions d’accès au territoire américain pour les ressortissants sénégalais vont connaître un durcissement notable à partir du 21 janvier 2026. Désormais, les demandeurs de visa de court séjour vers les États-Unis, notamment pour le tourisme ou les affaires, devront s’acquitter d’une caution financière obligatoire dont le montant pourra atteindre 15 000 dollars, soit environ 8,3 millions de francs CFA.

Cette nouvelle mesure concerne les visas de type B1/B2, traditionnellement délivrés pour les voyages temporaires. Elle s’inscrit dans un programme mis en place par les autorités américaines visant à renforcer le contrôle des entrées et des sorties du territoire. Concrètement, la caution exigée sera fixée par l’agent consulaire lors de l’entretien de visa, en fonction du profil du demandeur, selon trois niveaux possibles : 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars américains.

Selon les autorités américaines, cette garantie financière a pour objectif principal de s’assurer que les voyageurs respectent strictement la durée de séjour autorisée et quittent les États-Unis dans les délais prévus. La somme déposée n’a pas vocation à être une taxe définitive, puisqu’elle est remboursable sous certaines conditions. Elle est restituée lorsque le voyageur quitte le territoire avant l’expiration de son visa, lorsque le visa est accordé mais que le déplacement n’a finalement pas lieu, ou encore lorsque l’entrée est refusée par les services de la police des frontières à l’arrivée.

En revanche, la caution est définitivement perdue si le bénéficiaire dépasse la durée légale de son séjour ou tente de modifier son statut migratoire, notamment en introduisant une demande d’asile ou une procédure de régularisation sans quitter le territoire américain. Une telle infraction pourrait également compromettre toute demande future de visa.

À cette exigence financière s’ajoutent des contraintes logistiques strictes. Les voyageurs concernés devront impérativement entrer et sortir des États-Unis par des aéroports désignés, notamment New York (JFK), Washington Dulles (IAD) ou Boston Logan (BOS). Le non-respect de ces points de passage pourrait entraîner la confiscation de la caution et des sanctions administratives.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie américaine de lutte contre les dépassements de séjour, communément appelés « overstay ». Le Sénégal figure sur une liste de pays considérés comme présentant un taux élevé de non-retour après expiration des visas, aux côtés d’États comme le Nigéria, la Mauritanie, le Togo ou encore le Venezuela.

Contacté par la presse sénégalaise, le Consulat du Sénégal à New York a indiqué être en attente d’une communication officielle détaillée des autorités américaines afin de mieux informer les ressortissants sénégalais sur les modalités pratiques de cette nouvelle réglementation.

Enfin, les autorités américaines appellent à la vigilance. Aucun paiement de caution ne doit être effectué sans instruction formelle et directe du consulat ou des services officiels. Les demandeurs sont invités à se méfier des intermédiaires, plateformes non agréées ou individus mal intentionnés qui pourraient tenter de tirer profit de cette réforme en proposant des procédures frauduleuses.

Drame sur la Transgambienne : l’accident de Farafenni fait 7 morts et plusieurs blessés graves

Le drame survenu mercredi à Farafenni, en Gambie, continue de livrer son lourd bilan. Initialement annoncé comme particulièrement meurtrier, l’accident de la circulation impliquant deux véhicules en provenance du Sénégal a vu son bilan officiellement réévalué à quinze victimes, dont sept morts et sept blessés graves, selon des sources concordantes.

S’exprimant auprès de PressAfrik, le président du mouvement des chauffeurs patriotes, Birane Diagne, a indiqué que « sept personnes sont décédées sur le coup » à la suite de la violente collision. Une information confirmée par le commandant Yatma Dièye, chef de la Division informations et relations publiques de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (Bnsp) du Sénégal. Dans des déclarations rapportées par le quotidien L’Observateur, l’officier a toutefois précisé qu’il s’agissait d’un « bilan provisoire », faisant état de quinze victimes au total, dont sept blessés graves et un blessé léger.

Le choc, d’une extrême violence, a rendu l’identification de certaines victimes particulièrement difficile. Selon les secours, deux des personnes décédées se trouvaient dans un état ne permettant pas une identification immédiate. Les corps sans vie ont été acheminés vers différentes structures sanitaires du Sénégal, six d’entre eux ayant été déposés à l’hôpital régional de Kaolack, tandis qu’un autre a été transféré à Nioro du Rip, dans le centre-ouest du pays.

Face à la gravité des blessures enregistrées, les autorités sénégalaises ont rapidement activé un dispositif d’évacuation sanitaire d’urgence. Une prise en charge par voie aérienne a été organisée afin de transférer les blessés vers Dakar, où ils doivent bénéficier de soins spécialisés dans des structures mieux équipées.

Pour rappel, l’accident s’est produit le mercredi 7 janvier aux environs de 11 heures, à quelques centaines de mètres du camp militaire de Farafenni. Un minibus de type « Cheikhou-Cherifou », d’une capacité de 15 places et en provenance de la gare routière de Ziguinchor, est entré en collision frontale avec un bus de plus de 60 places circulant en sens inverse. Les circonstances exactes du drame restent à déterminer, même si des témoignages évoquent une manœuvre dangereuse sur cet axe réputé pour sa forte fréquentation et sa dangerosité.

Ce nouveau drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière le long de la Transgambienne, un corridor stratégique mais tristement célèbre pour la fréquence des accidents mortels. En attendant les conclusions de l’enquête ouverte par les autorités gambiennes, les familles des victimes, elles, pleurent encore leurs proches, tandis que l’émotion reste vive des deux côtés de la frontière.

Lutte contre la délinquance à Dakar : la gendarmerie frappe fort lors d’une opération nocturne d’envergure

La gendarmerie nationale a mené une importante opération de sécurisation dans la capitale sénégalaise, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 janvier 2026. Cette vaste intervention, conduite entre 21 heures et 5 heures du matin par la compagnie de Gendarmerie de Dakar, s’inscrit dans le cadre du renforcement du dispositif de lutte contre la délinquance et l’insécurité urbaine.

Selon un communiqué de la maréchaussée, l’opération a été menée conjointement avec les brigades territoriales, appuyées par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI) ainsi que des équipes cynophiles spécialisées. D’importants moyens humains et matériels ont été déployés afin de quadriller plusieurs zones jugées sensibles de la capitale.

À l’issue de cette action coordonnée, quarante-six personnes ont été interpellées pour diverses infractions. Parmi elles figurent un ressortissant burkinabè, deux ressortissants guinéens et quarante-trois citoyens sénégalais. Les personnes arrêtées ont été mises à la disposition des services compétents pour les besoins de l’enquête et des procédures judiciaires en cours.

L’opération a également permis de procéder à des contrôles routiers renforcés. Vingt-et-une motos ont été immobilisées pour défaut d’assurance et absence de pièces administratives réglementaires. Trois véhicules ont également été saisis pour des manquements similaires. En outre, sept permis de conduire ont été retirés à des conducteurs en infraction, tandis qu’un montant total de quarante-huit mille francs CFA a été encaissé au titre des amendes forfaitaires.

Sur le volet de la lutte contre les stupéfiants, les gendarmes ont réalisé d’importantes saisies. Quatre-vingt-cinq comprimés d’ecstasy et douze petits cornets de chanvre indien ont été découverts et confisqués, confirmant la persistance du trafic de drogues dans certains quartiers de Dakar.

À travers cette opération coup de poing, la gendarmerie nationale réaffirme sa détermination à assurer la sécurité des personnes et des biens, tout en luttant activement contre la criminalité sous toutes ses formes. La hiérarchie rappelle par ailleurs que ce type d’opérations de sécurisation sera régulièrement reconduit afin de maintenir la pression sur les réseaux délinquants et de rassurer les populations.

Dette publique : Sonko défie le FMI et revendique la souveraineté économique du Sénégal

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réaffirmé avec fermeté la position du Sénégal sur la question de la dette publique, en rejetant toute restructuration imposée par le Fonds monétaire international (FMI). Cette déclaration a été faite ce jeudi 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Djay, au Building administratif Mamadou Dia.

Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays et les pressions internationales, le chef du gouvernement a tenu à clarifier la ligne de Dakar. Selon lui, le Sénégal explore activement des solutions alternatives avec d’autres partenaires financiers, convaincu de sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration de dette dictée de l’extérieur. Ousmane Sonko a rappelé que le FMI n’est ni une banque commerciale ni un prêteur de premier ressort, mais une institution censée accompagner les États lorsque ceux-ci font des efforts substantiels pour stabiliser leurs économies.

Dans un propos sans concession, le Premier ministre a estimé que la mission originelle du FMI est souvent détournée. Il a ainsi pointé la responsabilité de l’institution dans la situation actuelle du Sénégal, soulignant que le Fonds a longtemps suivi de près la gestion macroéconomique du pays à travers des missions régulières, des revues et des consultations techniques. Pour Ousmane Sonko, le FMI ne saurait aujourd’hui prétendre avoir ignoré les dérives ou les déséquilibres qui se sont accumulés au fil des années.

Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a pris l’exemple de l’Égypte, un pays confronté à de graves difficultés économiques et budgétaires, mais qui a néanmoins bénéficié d’un appui massif du FMI. Il s’est interrogé sur ce qu’il considère comme un traitement différencié à l’égard du Sénégal, estimant que les indicateurs économiques actuels du pays ne sont pas plus fragiles que ceux de l’Égypte au moment où cette dernière a été soutenue. À ses yeux, il est incompréhensible que Dakar fasse aujourd’hui l’objet de pressions visant à imposer une restructuration de la dette, alors même que le pays affirme sa volonté de redressement et de discipline budgétaire.

Ousmane Sonko a martelé que le refus de la restructuration ne relève ni d’un choix idéologique ni d’une posture personnelle. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une position officielle de l’État sénégalais, portée collectivement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et l’ensemble des responsables compétents sur les questions économiques et financières.

Face aux débats nourris par certains économistes et observateurs, le Premier ministre a assuré que la ligne gouvernementale reste inchangée. Il a souligné que les prises de position extérieures, aussi critiques soient-elles, ne sauraient infléchir la stratégie arrêtée par les autorités. Pour Dakar, la relation avec le FMI doit s’inscrire dans un cadre de partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la prise en compte des choix souverains du pays.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal assume pleinement sa position et en accepte toutes les conséquences éventuelles. Mais pour le gouvernement, la restructuration de la dette, telle qu’envisagée par le FMI, n’est ni nécessaire ni acceptable dans les conditions actuelles. Une manière pour l’exécutif d’affirmer sa volonté de rompre avec les schémas traditionnels de dépendance financière et de revendiquer une souveraineté économique assumée.

Commercialisation de l’arachide : Sidy Bâ dénonce une campagne « calamiteuse » et interpelle l’État

La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.

Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.

Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.

Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.

Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.

La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.

Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.

Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.

Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.

Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.

Crise de la filière arachidière : le Collectif Rappel à l’Ordre interpelle l’État et soutient les cultivateurs

La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.

Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.

Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.

La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.

Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.

Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°644 – 08/01/2026

🔴 OPACITÉ AUTOUR DE L’ACHAT DE VÉHICULES POUR LES DÉPUTÉS : ABDOULAYE SYLLA OFFRE LE SIEN AUX HÉMODIALYSÉS DE DAKAR
🔴 GUEUM SA BOPP ESTIME QUE PASTEF A TRAHI SES PROMESSES EN PROPOSANT : L’IMPOSTURE À LA PLACE DE LA RUPTURE
🔴 DIVERSION AUTOUR DU DOSSIER ASER PORTANT SUR 37 MILLIARDS : TAS GARDE L’ŒIL OUVERT

🔴 CAN 2025 : LES AFFICHES COMPLÈTES DES QUARTS DE FINALE

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

Crise sociale dans la santé : And Gueusseum-SATSUS décrète une grève de 72 heures et annonce une marche nationale

La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.

Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.

And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.

Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.

La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.

Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.

Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.

Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.

Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.

Logement des agents publics : l’État généralise une indemnité mensuelle de 100 000 FCFA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.

Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.

Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.

Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.

Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.

Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.

Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.

Régulation des médias : l’État enterre le CNRA et crée le Conseil national de Régulation des Médias

Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à connaître une réforme majeure. Réuni ce mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), une nouvelle autorité appelée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette décision marque une étape importante dans l’adaptation du cadre réglementaire aux profondes mutations du secteur de l’information et de la communication.

L’annonce de cette réforme n’est pas une surprise. Elle avait déjà été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, lors de la présentation du budget de son département à l’Assemblée nationale. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de moderniser l’outil de régulation, jugé aujourd’hui dépassé face à l’explosion des médias numériques et à la montée en puissance des plateformes en ligne.

Créé à une époque où la télévision et la radio constituaient les principaux canaux de diffusion de l’information, le CNRA voyait son champ d’intervention strictement limité à l’audiovisuel classique. Or, ces dernières années, l’écosystème médiatique sénégalais s’est profondément transformé, avec l’émergence des médias en ligne, des réseaux sociaux et des plateformes numériques, devenus des espaces majeurs de production, de diffusion et de consommation de contenus.

Selon Alioune Sall, le nouveau Conseil national de Régulation des Médias permettra de combler ce vide juridique. Il aura pour mission d’élargir la régulation à l’ensemble des supports d’information, y compris les médias numériques et les réseaux sociaux, dont l’influence sur l’opinion publique ne cesse de croître. Le ministre a souligné que l’absence de cadre clair pour ces nouveaux espaces favorisait les dérives, notamment la diffusion de fausses informations, les discours de haine et les atteintes à la vie privée.

Toutefois, les autorités tiennent à rassurer sur les intentions du gouvernement. Alioune Sall a insisté sur le fait que cette réforme ne vise ni à restreindre la liberté de la presse ni à instaurer un contrôle politique des contenus. Il a rappelé que l’objectif principal demeure la protection de la dignité humaine et le respect des règles éthiques et professionnelles. À ce titre, il a souligné que le Code pénal prévoit déjà des sanctions contre toute publication attentatoire à l’honneur, à la dignité ou aux droits des personnes.

La création du CNRM s’inscrit ainsi dans une volonté affichée d’adapter la régulation aux réalités contemporaines, tout en maintenant un équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité. Dans un contexte où l’information circule de plus en plus vite et échappe souvent aux filtres traditionnels, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’une autorité capable d’intervenir sur l’ensemble du spectre médiatique.

Le projet de loi devra désormais être soumis au débat parlementaire. Son examen par les députés sera scruté de près par les professionnels des médias, les acteurs du numérique et les organisations de défense de la liberté de la presse, qui restent vigilants quant aux garanties d’indépendance et de transparence du futur organe de régulation.

Avec la disparition annoncée du CNRA et la naissance du CNRM, le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa politique de régulation des médias, à l’heure où l’enjeu n’est plus seulement l’audiovisuel, mais l’ensemble de l’espace public numérique.

Attribution des véhicules aux députés : Abdoulaye Sylla dénonce l’opacité et affecte le sien au Centre d’hémodialyse de Dakar

Depuis leur accession aux responsabilités, les nouvelles autorités font face à des critiques récurrentes sur leur mode de gouvernance, jugé par certains acteurs politiques et de la société civile comme manquant de transparence. Malgré des engagements publics forts en faveur de la clarté et de la redevabilité, plusieurs décisions continuent d’être prises sans communication détaillée ni justification accessible au public.

C’est dans ce contexte que la polémique autour de l’attribution des véhicules aux députés de l’Assemblée nationale refait surface. Une actualité qui, selon le député Abdoulaye Sylla, illustre la persistance de pratiques anciennes, marquées par une absence d’information claire sur les critères et les modalités de ces avantages accordés aux parlementaires.

Dans une déclaration rendue publique, Abdoulaye Sylla affirme vouloir se démarquer de cette logique. Fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est imposée depuis le début de la législature, il rappelle avoir renoncé, dès son installation, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat de député. Ces ressources ont été réorientées vers le Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire confrontée à d’importantes difficultés matérielles.

Poursuivant dans cette démarche de cohérence et de responsabilité, le parlementaire a également décidé de demander que le véhicule qui lui serait attribué par l’Assemblée nationale soit affecté audit centre. Une décision motivée, selon lui, par l’urgence des besoins exprimés par cette structure de santé, mais aussi par sa situation personnelle.

Chef d’entreprise disposant déjà des moyens nécessaires à l’exercice de ses activités professionnelles, Abdoulaye Sylla estime qu’il serait peu pertinent, voire contraire à l’intérêt général, de conserver un véhicule de fonction destiné à rester immobilisé. À ses yeux, son utilisation au profit d’un centre de soins constitue un choix plus rationnel et plus utile à la collectivité.

Par cette prise de position, le député entend interpeller la majorité parlementaire sur la nécessité d’une gouvernance plus transparente et d’une gestion plus responsable des ressources publiques, tout en appelant à des actes concrets alignés avec les discours officiels.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°643 – 07/01/2026

🔴 GUY MARIUS SAGNA ET THIERNO ALASSANE SALL SUR LES VÉHICULES DES DÉPUTÉS ET L’IMMENSE TRAIN DE VIE PARLEMENTAIRE : UN SCANDALE
🔴 LE SÉNÉGAL ET SA DETTE PUBLIQUE À 132 % DU PIB : TURBULENCES FINANCIÈRES EN PERSPECTIVE

🔴 LUTTE SÉNÉGALAISE : L’ÉTAT DURCIT LE TON CONTRE LE « SIMOL »

Nouvel An tragique à la Sicap Liberté 5 : la fête d’adolescents vire au drame sous l’effet des drogues

Ce qui devait être un moment de joie et de célébration pour le passage à la nouvelle année s’est transformé en un véritable drame à la Sicap Liberté 5. Dans un appartement meublé loué pour l’occasion, un jeune homme a trouvé la mort dans des circonstances horrifiantes, révélant au grand jour les dangers liés à la consommation de drogues chez les adolescents et jeunes adultes. Familles, amis et voisins restent sous le choc de cette tragédie qui aurait pu être évitée.

Selon les informations recueillies par l’Observateur, huit jeunes âgés de 16 à 23 ans, principalement élèves et mécaniciens, avaient investi 130 000 FCFA pour disposer d’un appartement privé, loin des regards et des contraintes d’une fête publique. La soirée avait pour objectif de célébrer le Nouvel An dans la convivialité. Mais l’ambiance festive a rapidement dégénéré après l’introduction de substances psychotropes et de chanvre indien.

Baye Cheikh, domicilié à la rue 6 de la Médina, faisait partie du groupe. Selon les sources, il aurait fumé plusieurs joints de chanvre indien avant de consommer une demi-pilule d’ecstasy rose, connue dans le milieu sous le nom de « Tik-Tok ». La moitié restante de la pilule a été dissoute dans une tasse et partagée entre ses amis. Quelques minutes à peine après l’ingestion, Baye Cheikh a commencé à ressentir de violents maux de tête. Selon des témoins, il s’est alors levé brusquement et s’est mis à mâcher sa langue dans un geste désespéré et incompréhensible, provoquant un climat de panique parmi les jeunes présents.

Malgré les efforts désespérés de ses camarades pour le maîtriser et le secourir, la situation a rapidement dégénéré. L’arrivée des sapeurs-pompiers de Dieuppeul n’a malheureusement pas permis de sauver Baye Cheikh. La police a été alertée et un constat a été établi sur place. Les enquêteurs ont retrouvé des résidus de drogues et du matériel de consommation, confirmant que la mort était probablement due à une overdose ou à une réaction toxique sévère aux substances ingérées.

Une autopsie a été ordonnée afin de déterminer avec précision les causes du décès, tandis que l’enquête se poursuit pour comprendre les circonstances exactes de l’événement. Les amis de la victime ont été placés en garde à vue pour usage collectif de drogues psychotropes et pour non-assistance à personne en danger. Le propriétaire de l’appartement, identifié par les initiales Ch. D, est activement recherché par la police, qui tente de reconstituer le déroulé de cette soirée fatale.

Au-delà du drame individuel, cette affaire met en lumière les risques majeurs que représente la consommation de drogues dans des lieux privés, surtout chez les jeunes. Elle souligne également la nécessité d’une vigilance accrue et d’une sensibilisation plus forte sur les dangers des substances psychotropes et des pratiques festives à risque. Pour les familles et les communautés de Sicap Liberté 5, ce Nouvel An restera gravé dans les mémoires comme un avertissement tragique contre les excès et l’inconscience face aux drogues.

Pornographie clandestine au Sénégal : 152 vidéos, des millions en jeu et une filière démantelée par la gendarmerie

Une industrie souterraine, jusqu’ici opérant dans l’ombre, a été mise à jour par la Brigade de recherches de Keur Massar. Il s’agit d’un réseau de production et de diffusion de films pornographiques, estampillés « Made in Senegal », dont l’ampleur et l’organisation viennent d’être révélées après une enquête minutieuse et infiltrée. Cette opération a permis l’arrestation de plusieurs acteurs clés du réseau, dont le principal organisateur et plusieurs complices, tandis que de nombreux autres participants restent activement recherchés.

Selon les informations recueillies par Libération, six personnes ont été déférées hier au parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figure Modou Seck, présenté comme commerçant, identifié comme le recruteur principal et acteur central de la filière. Ibrahima Diop, monteur-photographe et également acteur, Mariama Ka, commerçante et prostituée, ainsi que deux ressortissantes africaines résidant au Sénégal, la Nigériane Onugbu Lobth et la Congolaise Aissatou Cissokho, complètent ce groupe d’interpellés. Les mis en cause sont poursuivis pour une série d’infractions, dont association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, et défaut de carnet sanitaire.

L’enquête a mis au jour le rôle de Modou Seck dans le réseau, qui consistait à recruter les acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution, pour des vidéos financées par deux administrateurs étrangers de plateformes pornographiques, opérant sous pseudonymes en Europe et gérant notamment Nandité.com et Nexna.com. Les tournages, réalisés dans des appartements meublés, étaient pris en charge par Ibrahima Diop, chargé du montage et de la réalisation des vidéos. Le recrutement et la communication avec les participants se faisaient essentiellement via Instagram, où une certaine « Chacha » approchait des « débutantes » et « débutants » attirés par des promesses de gains financiers.

L’affaire a été déclenchée après que des informations ont fait état de la diffusion de vidéos intimes sénégalaises sur des sites pornographiques internationaux. Pour confondre les auteurs, la gendarmerie a mis en place une infiltration, envoyant une femme gendarme se faire passer pour une actrice potentielle. Cette opération a permis l’arrestation initiale de Modou Seck, dont le téléphone portable contenait 152 vidéos pornographiques locales. L’analyse de ces contenus a révélé la participation d’acteurs et actrices sénégalais, mais aussi de ressortissants congolais et nigérians. Certaines scènes mettaient en scène des partouzes, avec des actrices parfois cagoulées, tandis que certains hommes, dont Modou Seck, apparaissaient à visage découvert.

Modou Seck a reconnu avoir généré des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités, qui mêlaient production, rôle d’acteur et recrutement. Sa collaboration a permis de remonter progressivement le réseau et d’effectuer des perquisitions fructueuses. Chez Ibrahima Diop, la gendarmerie a saisi du matériel de tournage, des préservatifs, des produits divers utilisés lors des séances, ainsi qu’un gode noir visible sur certaines vidéos.

L’enquête est loin d’être close et plusieurs acteurs, actrices et recruteurs identifiés continuent d’être activement recherchés. Les autorités avertissent que cette filière clandestine, très lucrative et bien organisée, pourrait encore révéler d’autres ramifications, renforçant la vigilance sur la cybersécurité et la protection des mineurs et adultes vulnérables au Sénégal.

Lutte sénégalaise : Eumeu Sène freiné par le CNG, la santé au cœur des licences

Le champion Eumeu Sène, figure emblématique de l’écurie Tyshinger, voit sa participation au prochain combat face à Ada Fass suspendue provisoirement. Le Comité national de gestion de la lutte (CNG) a décidé de bloquer pour l’instant le renouvellement de sa licence, suscitant inquiétude et interrogations au sein des fans et de l’arène.

Le lutteur, qui devait effectuer les formalités administratives pour pouvoir affronter Ada Fass dans un combat organisé par Gaston Production, s’est présenté au siège du CNG. Là, il lui a été signifié que sa demande de renouvellement ne pouvait être validée automatiquement, en raison de son âge. À 45 ans, Eumeu Sène entre dans la catégorie des lutteurs dont la condition physique doit être certifiée par des examens médicaux approfondis avant toute prolongation de carrière.

Un membre du CNG, sous couvert d’anonymat, a expliqué que « tant qu’Eumeu Sène n’aura pas fourni des tests médicaux conformes attestant de son aptitude à continuer la compétition, sa licence restera suspendue. Ces mesures visent à protéger la santé des lutteurs et à garantir que les combats se déroulent dans des conditions sécurisées ». Cette décision met en lumière la rigueur croissante du Comité dans le contrôle médical et la prévention des risques liés à la lutte, un sport exigeant et physiquement éprouvant.

L’expérience récente de Bombardier, dont la licence avait été prolongée de trois ans après des examens médicaux satisfaisants, laisse toutefois une lueur d’espoir à Eumeu Sène. Si ses tests passent avec succès, il pourrait bénéficier d’une prolongation de carrière similaire, lui permettant de continuer à évoluer dans l’arène et à défendre sa position parmi les leaders de la lutte sénégalaise.

Cette suspension provisoire souligne aussi un changement de paradigme dans le sport national : la priorité est désormais donnée à la santé et à la longévité des lutteurs, plutôt qu’à la seule performance sur le ring. Les fans et organisateurs attendent désormais les résultats des examens médicaux pour savoir si le champion pourra monter sur le ring comme prévu, dans les semaines à venir.

Campagne arachidière 2025 : Ibrahima Hamidou Dème pointe du doigt la responsabilité du Premier ministre

La campagne arachidière 2025, censée renforcer l’économie rurale et assurer des revenus décents aux producteurs, se transforme en fiasco pour de nombreux agriculteurs et acteurs de la filière. Face aux constats alarmants de dysfonctionnements dans la collecte et la commercialisation, le Premier ministre Ousmane Sonko avait récemment reconnu publiquement des lacunes dans la conduite de cette campagne. Cette sortie, bien que sincère, n’a pas échappé aux critiques des acteurs de la société civile et des responsables politiques.

Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement politique ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), a réagi avec vigueur à cette déclaration dans un post publié sur sa page Facebook. Selon lui, les manquements relevés par le chef du gouvernement ne sauraient être attribués uniquement aux ministres sectoriels, comme le suggérait implicitement Sonko. Pour Juge Dème, la responsabilité première incombe au Premier ministre, en sa qualité de coordinateur de l’action gouvernementale.

Dans son message, le leader d’ETIC dénonce une approche « incohérente » consistant à revendiquer les succès de l’action publique tout en se déchargeant systématiquement des échecs. « Campagne arachidière catastrophique : le Premier ministre reconnaît de graves manquements tout en rejetant la faute sur ses ministres. Mais peut-on sérieusement conduire et coordonner l’action gouvernementale en se glorifiant des succès sans jamais en assumer les échecs ? » s’interroge-t-il.

Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette campagne met en lumière un déficit criant de coordination et de pilotage au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre avait le devoir d’anticiper les difficultés, d’arbitrer les choix stratégiques et d’agir avec rigueur pour éviter les écueils observés sur le terrain. La situation actuelle, caractérisée par des points de collecte non opérationnels et des producteurs pénalisés par des prix insuffisants, serait le résultat direct d’une absence de supervision proactive et d’une gestion trop laxiste des instruments de régulation de la filière.

Le président d’ETIC insiste également sur la dimension humaine et économique de ce fiasco. Les producteurs, qui représentent l’épine dorsale de l’économie rurale, se retrouvent confrontés à l’accumulation de stocks invendus, à des pertes financières et à une incertitude quant à la prochaine campagne agricole. Pour lui, ces manquements pourraient avoir des conséquences durables sur la confiance des acteurs et sur la stabilité économique des zones rurales.

En conclusion, Ibrahima Hamidou Dème appelle à une remise en question profonde de la gouvernance de la filière arachidière et à un redressement urgent de la coordination au plus haut niveau de l’État. Pour lui, seule une implication directe et responsable du Premier ministre permettra de restaurer l’efficacité de cette campagne et de protéger les intérêts des producteurs sénégalais.

Kaffrine : la filière arachide en crise, les agriculteurs pointent du doigt le ministre Mabouba Diagne

La campagne de commercialisation de l’arachide connaît une situation critique dans la région de Kaffrine, où les producteurs se retrouvent dans l’impasse face à une mévente persistante et à des prix jugés insuffisants. Dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, les sacs d’arachide s’accumulent dans les entrepôts, faute de débouchés et face à l’absence de collecteurs fiables. Les quelques intermédiaires présents sur place offrent des tarifs qui ne couvrent pas les coûts de production, plongeant les agriculteurs dans une situation financière précaire.

Toby Ba, chef du village de Yalale Diacké, ne cache pas son désarroi et son amertume. « Les populations sont fatiguées, elles ne parviennent pas à vendre leur récolte, c’est difficile ! », déplore-t-il. Il n’hésite pas à pointer du doigt le ministre de l’Agriculture, le Dr Mabouba Diagne, qu’il accuse d’inaction et d’incompétence dans la gestion de cette filière stratégique. La colère des producteurs s’explique aussi par les longues distances à parcourir pour accéder aux points de collecte officiels, combinées à des coûts logistiques élevés qui viennent grever leurs marges.

Un producteur rencontré sur place explique que le prix actuel de l’arachide « ne permet pas de couvrir les frais liés aux semences, aux engrais, à la main-d’œuvre et au transport », et que cette situation menace directement la survie économique des familles agricoles. Selon plusieurs témoignages, certains producteurs envisagent même de stocker leur récolte jusqu’à la prochaine campagne, dans l’espoir d’obtenir un meilleur prix, un pari risqué face aux aléas climatiques et aux coûts de conservation.

Face à cette crise, le député-maire de la commune de Gossas, Adama Diallo, s’est rendu sur le terrain pour témoigner son soutien aux agriculteurs et pour alerter le gouvernement sur l’urgence de la situation. Il a appelé les autorités à réviser le prix d’achat de l’arachide et à envisager l’ouverture des marchés frontaliers afin de permettre aux producteurs d’écouler leurs récoltes dans de meilleures conditions. Selon lui, cette mesure serait cruciale pour préserver la filière et garantir la prochaine campagne agricole.

Dans cette région où l’arachide constitue une source essentielle de revenus et un pilier de l’économie locale, la tension monte, et les producteurs attendent désormais des réponses concrètes du gouvernement. Les mois à venir seront déterminants pour la survie de nombreux ménages et pour l’avenir de la filière, alors que la saison agricole se profile à l’horizon et que le temps presse pour agir.

Affaire des véhicules parlementaires : Thierno Alassane Sall dénonce un « camouflage » orchestré par l’Assemblée nationale

La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.

Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.

Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.

Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».

Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.

Lutte sénégalaise : le gouvernement intensifie la lutte contre le « Simol » et annonce des mesures sévères

La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.

Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.

Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.

Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.

Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.

Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.

Goudomp : le pont de Témento, un chantier prioritaire pour lever l’enclavement et booster le développement

La question de la construction du pont de Témento, dans le département de Goudomp, refait surface en ce début d’année 2026. Depuis des années, les populations du Balantacounda vivent avec les conséquences d’un territoire enclavé, souffrant de l’isolement économique et social. La concrétisation de ce projet est perçue comme une condition sine qua non pour lever ces obstacles et favoriser un véritable développement local.

Le maire de Goudomp, Malang Vieux Cissé, a de nouveau mis en avant la nécessité de mobiliser toutes les forces autour de ce projet structurant. Interrogé par la radio locale Pkumel FM, il a insisté sur l’urgence et l’importance du chantier : « Nous devons tous nous battre ensemble pour que Goudomp soit désenclavé. Tant que ce pont n’est pas réalisé, notre département restera coupé du reste du pays », a-t-il souligné.

Au-delà de la simple amélioration de la mobilité, le maire a insisté sur les perspectives économiques offertes par cette infrastructure. Selon lui, le désenclavement du département permettrait de valoriser un potentiel agricole, commercial et halieutique considérable. La région, riche en cultures diverses et en activités de pêche, voit sa croissance freinée par l’absence de franchissements adéquats. « Nous avons un réel potentiel de développement économique qui ne peut s’exprimer tant que nous restons isolés », a-t-il ajouté.

Sur le plan social, l’isolement du Balantacounda complique également l’accès aux soins. Bien que l’hôpital de niveau 3 soit implanté à Sédhiou, à seulement une vingtaine de kilomètres, sa fréquentation reste difficile pour les habitants. Les malades sont souvent contraints de se rendre à Ziguinchor, situé à environ 80 kilomètres, pour bénéficier de soins spécialisés, une situation jugée « anormale » par plusieurs acteurs locaux.

Le secteur économique souffre lui aussi du manque d’infrastructures adaptées. Les producteurs des six bananeraies du département peinent à écouler leurs récoltes en raison de la difficulté de transport vers les marchés régionaux. Les commerçants dénoncent un véritable goulot d’étranglement qui freine l’essor de l’activité agricole et compromet les revenus des exploitants.

Face à cette situation, autorités locales et populations font de 2026 une année charnière pour le pont de Témento. Sa construction est perçue non seulement comme un outil de désenclavement mais aussi comme une clé pour impulser un développement durable et améliorer la qualité de vie des habitants de Goudomp. Pour de nombreux acteurs, la réussite de ce projet symbolise la possibilité de transformer les obstacles en opportunités et de connecter durablement le département au reste du Sénégal.

Arnaque à l’emploi : le réseau Qnet démantelé à Tivaouane Peul avait déjà escroqué plus de 17 millions FCFA

Les autorités sénégalaises viennent de frapper un grand coup contre une arnaque à l’emploi qui sévissait dans la banlieue dakaroise. Le réseau Qnet, récemment démantelé à Tivaouane Peulh, avait déjà amassé la somme colossale de 17 550 000 francs CFA, extorquée à de jeunes candidats en quête d’un avenir meilleur. Selon les investigations menées par la Brigade de proximité, cette somme représentait le cœur financier de la cellule, dont les ramifications pourraient s’étendre bien au-delà de Tivaouane Peul et de Niacourab.

Pour attirer leurs victimes, les responsables de Qnet exploitaient une plateforme numérique sur laquelle étaient publiées de prétendues offres d’emploi au sein d’une entreprise fictive. Les postulants, attirés par la perspective d’un travail stable et rémunérateur, devaient s’acquitter de frais de dossier exorbitants, allant de 600 000 à 1 500 000 FCFA. Ces montants, très élevés pour des populations souvent vulnérables, constituaient le principal levier de l’escroquerie et alimentaient les coffres du réseau.

La descente de la gendarmerie, le 4 janvier dernier, a permis la mise hors d’état de nuire de huit individus identifiés comme les cerveaux du réseau. Lors de l’opération, 24 victimes ont été retrouvées sur place. Ces dernières, originaires de différents pays de la sous-région — Bénin, Congo, Gambie, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali — et deux Sénégalais, étaient encore maintenues dans le dispositif, espérant sans doute récupérer l’argent investi ou obtenir le poste promis.

Les suspects ont été placés à la disposition de la justice, mais les enquêtes se poursuivent. Les autorités cherchent notamment à déterminer l’existence de complices locaux et à identifier d’autres cellules éventuellement actives dans la région. Les forces de l’ordre mettent en garde contre ce type de réseaux, rappelant que l’accès à un emploi ne peut être conditionné par le versement de sommes d’argent, et appellent les jeunes à la vigilance face aux promesses de gains rapides et irréalistes.

Ce dossier met en lumière la vulnérabilité des jeunes face aux arnaques liées à l’emploi, un phénomène qui prend de l’ampleur dans certaines régions du Sénégal. Les enquêteurs insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les services de sécurité et la justice pour prévenir la propagation de telles escroqueries et protéger les populations les plus exposées.

Véhicules des députés : Guy Marius Sagna fustige une « défaillance grave » et appelle à la fin du train de vie parlementaire

La controverse autour de l’acquisition de 76 véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale continue de provoquer de vives réactions sur la scène politique. Cette fois, c’est au sein même de la majorité que les critiques se font entendre. Le député Guy Marius Sagna a publiquement dénoncé, ce mardi 6 janvier, ce qu’il qualifie de « défaillance » et de « manque de vigilance » du Bureau de l’Assemblée nationale dans la gestion de ce dossier sensible.

Selon le parlementaire, l’achat de ces véhicules s’est fait dans une opacité totale, sans information préalable ni consultation des députés. Il affirme que le Bureau de l’Assemblée nationale a manqué à son devoir de transparence en procédant à cette acquisition sans associer l’ensemble des élus, alors même que la situation économique du pays impose une gestion rigoureuse des ressources publiques. Pour Guy Marius Sagna, cette absence d’information constitue une faute politique et morale.

Face à ce qu’il décrit comme un « silence complice » autour de la question des véhicules, le député estime que la majorité parlementaire, notamment le groupe des vingt députés coordonnateurs du projet, doit assumer ses responsabilités. Il appelle ces derniers à rendre des comptes et à présenter des excuses non seulement aux députés, mais également au peuple sénégalais. À ses yeux, l’Assemblée nationale, en agissant de la sorte, a envoyé un « mauvais signal » à l’opinion publique, en contradiction flagrante avec le discours de sobriété prôné par les autorités.

Guy Marius Sagna replace cette polémique dans un contexte économique particulièrement tendu. Alors que le gouvernement a récemment exposé à la population la gravité de la situation financière héritée de l’ancien régime, ainsi que ce qu’il qualifie d’« actes anti-nationaux » posés sous la présidence de Macky Sall, le Parlement se devait, selon lui, d’être exemplaire. Il soutient que les députés auraient dû accompagner les efforts de redressement par une rationalisation stricte des dépenses et une réduction significative de leur train de vie.

Pour le député, cette affaire va bien au-delà de la simple question des véhicules. Elle pose le problème plus large de la cohérence entre les discours politiques et les pratiques institutionnelles. Il juge incohérent d’exiger des sacrifices aux populations tout en maintenant, voire en renforçant, certains privilèges au sommet de l’État. Cette situation risque, selon lui, d’entamer la crédibilité des institutions et d’alimenter la défiance citoyenne.

En guise de conclusion, Guy Marius Sagna a appelé ses collègues députés à une vigilance accrue. Il les exhorte à « surveiller l’Assemblée nationale » et à veiller à ce que de telles décisions ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour lui, cette affaire doit servir de leçon et marquer un tournant vers une gouvernance parlementaire plus responsable, plus transparente et en phase avec les réalités économiques du pays.

Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

Accident à Louga : un mort et 45 blessés après le renversement d’un bus à Kelle Guèye

Un grave accident de la circulation s’est produit ce lundi 5 janvier 2026, dans l’après-midi, au niveau du village de Kelle Guèye, situé dans le département de Louga, au nord du Sénégal. Un bus de transport en commun s’est renversé pour des raisons qui restent encore à déterminer, provoquant un lourd bilan humain.

Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le drame a coûté la vie à une personne, tandis que 45 autres passagers ont été blessés, dont 14 grièvement. La violence du choc a semé la panique parmi les occupants du véhicule et les populations riveraines, accourues pour porter secours aux victimes avant l’arrivée des services de secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers se sont déployés sur les lieux pour procéder aux opérations de sauvetage et d’évacuation. Les blessés ont été acheminés en urgence vers l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga, où une prise en charge médicale a été assurée. Les cas les plus graves ont fait l’objet d’une attention particulière de la part du personnel soignant.

La gendarmerie nationale s’est également rendue sur place pour sécuriser la zone et ouvrir une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les premières constatations devraient permettre d’établir si un excès de vitesse, un problème mécanique ou l’état de la chaussée est à l’origine du renversement du bus.

Cet accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière au Sénégal, notamment sur les axes secondaires souvent empruntés par les transports en commun. Chaque année, de nombreux accidents impliquant des bus et des cars rapides sont enregistrés, avec des conséquences humaines parfois dramatiques.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

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