Le Dakarois Quotidien N°626 – 09/12/2025
Étiquette : Afrique
Badara Gadiaga : 150 jours de détention et deux ordonnances de mise en liberté provisoire ignorées
Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.
Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.
Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.
Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.
Budget 2026 : plus de 728 milliards de F CFA alloués au ministère des Infrastructures
Le budget 2026 du ministère des Infrastructures a été officiellement arrêté à 728 427 280 128 F CFA en autorisations d’engagement (AE) et 716 129 572 271 F CFA en crédits de paiement (CP). Ces chiffres ont été communiqués ce lundi lors de l’examen du rapport budgétaire mené par la Commission des finances et du contrôle budgétaire, élargie à la Commission de l’Aménagement du territoire.
Ce département, récemment créé dans l’architecture gouvernementale, ne permet pas encore une comparaison avec l’exercice précédent. Toutefois, la répartition interne des programmes donne une indication très claire de ses priorités : près de 98 % des crédits sont orientés vers l’investissement, confirmant une stratégie axée sur l’expansion et la modernisation accélérée des infrastructures vitales du pays.
La pièce maîtresse de ce budget demeure le programme consacré au développement, à la gestion et à l’entretien des infrastructures de transport routières et ferroviaires. Avec une enveloppe de 486 890 317 761 F CFA en AE et 483 637 609 904 F CFA en CP, il concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Dans le détail, les investissements exécutés directement par l’État s’élèvent à 416,24 milliards de F CFA, reflétant la priorité accordée à la rénovation du réseau routier national, à la réhabilitation ferroviaire et à la sécurisation des axes stratégiques. À cela s’ajoute un important montant de 62 milliards de F CFA dédié aux transferts en capital, témoignant d’une politique volontariste de renforcement des infrastructures de mobilité.
Outre le transport, l’aménagement du territoire occupe une place centrale dans la stratégie du ministère. Le programme dédié aux infrastructures sociales et administratives bénéficie ainsi d’un montant de 155 209 145 614 F CFA, entièrement dédié à des investissements exécutés par l’État. Ce segment vise la construction, la réhabilitation et la modernisation des bâtiments publics, des infrastructures sociales et des équipements administratifs, essentiels à l’amélioration des services rendus aux citoyens.
Un autre pan majeur concerne le programme d’équité territoriale et de développement des pôles économiques. Doté de 73 219 406 477 F CFA en AE, ce programme est entièrement constitué d’investissements. Il traduit la volonté de réduire les disparités régionales à travers des projets structurants destinés à dynamiser les zones rurales, à renforcer les économies locales et à désenclaver les territoires.
Les infrastructures portuaires et aéroportuaires, elles aussi, bénéficient d’une attention particulière, avec une enveloppe de 12 610 159 276 F CFA en AE. Là encore, la quasi-totalité des ressources est orientée vers les investissements, dans le but de moderniser les portes d’entrée du pays, d’améliorer la compétitivité logistique et de renforcer les capacités d’accueil des zones économiques.
Le programme de soutien, consacré au pilotage, à la gestion et à la coordination administrative, ferme la marche avec un budget de 498 251 000 F CFA. Bien que plus modeste, il couvre les besoins nécessaires au fonctionnement du ministère, notamment les dépenses de personnel, l’acquisition de biens et services et les outils de gestion interne indispensables à l’exécution des politiques publiques.
Avec une telle architecture budgétaire, le ministère des Infrastructures se positionne comme l’un des moteurs de la transformation du pays. La place prépondérante accordée aux investissements témoigne d’une orientation stratégique claire : bâtir une base matérielle solide pour accompagner l’Agenda Sénégal 2050, soutenir la croissance, réduire les inégalités territoriales et renforcer la souveraineté économique par des infrastructures durables et compétitives.
Budget Infrastructures 2026 : 98 % des crédits entièrement destinés à l’investissement
Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a présenté ce jeudi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, finalement adopté à une large majorité par les députés. Qualifié de stratégique, ce budget s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à bâtir une nation « souveraine, juste et prospère ».
Dès l’entame de sa présentation, le ministre a exprimé sa gratitude envers le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour la confiance accordée à son département dans la conduite de la politique nationale des infrastructures. Il a ensuite insisté sur la cohérence du budget avec les grandes orientations de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, rappelant que la planification des infrastructures demeure l’un des leviers essentiels de la transformation structurelle du pays.
Le budget 2026 se distingue particulièrement par son orientation massivement tournée vers l’action : 98 % des crédits sont consacrés à l’investissement. Cette proportion exceptionnelle traduit une volonté ferme d’accélérer la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sociales et administratives. Le ministre Fall parle d’une « rupture assumée » avec les modèles antérieurs, affirmant la volonté de replacer la justice sociale, l’équité territoriale et la compétitivité économique au cœur des priorités.
Interpellé sur l’importance des financements extérieurs dans la mise en œuvre des infrastructures, Déthié Fall a tenu à rassurer. Selon lui, « le financement extérieur n’entame en rien la souveraineté budgétaire », qu’il définit comme la capacité de l’État à orienter la mobilisation et l’affectation de ses ressources. Il a par ailleurs souligné la solidité des finances publiques en précisant que, pour l’année 2026, les ressources extérieures prévues — estimées à 1300,8 milliards de FCFA — dépassent le déficit budgétaire projeté, chiffré à 1245,1 milliards de FCFA. Cette performance permet une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse, visant à faire passer le déficit de 12 % en 2024 à 5,3 % en 2026, avec un objectif de 3 % dès 2027, un seuil jugé « tout à fait atteignable ».
Plusieurs dossiers sensibles ont également été clarifiés. Le projet du second port de Ziguinchor, considéré comme prioritaire, sera désormais financé exclusivement sur ressources internes dès 2026, matérialisant un engagement fort du gouvernement en faveur d’une autonomie stratégique accrue. L’achèvement de l’aéroport de la même région est lui aussi garanti, avec une enveloppe de 6 milliards de FCFA inscrite dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 pour boucler définitivement les travaux.
Concernant les arriérés dus aux anciens cheminots, une provision d’un milliard de FCFA a été prévue dans le budget, en attendant une prise en charge définitive à travers la prochaine Loi de finances rectificative. Pour les collectivités territoriales, le ministre a rassuré sur la disponibilité des ressources, expliquant les retards constatés par les ajustements administratifs consécutifs au dernier remaniement gouvernemental.
Le ministre s’est également exprimé sur les impôts et taxes dus par les entreprises, dont les montants réels, jugés particulièrement faibles ces dernières années, inquiétaient plusieurs parlementaires. Le budget 2026 corrige cette situation en planifiant 260 milliards de FCFA destinés au recouvrement des impôts et taxes, contre seulement 9 milliards auparavant. Sur ce total, 160 milliards seront affectés à l’apurement progressif des arriérés d’ici 2027.
Pour répondre aux préoccupations liées à la participation des acteurs locaux dans les marchés publics, Déthié Fall a rappelé l’existence et l’importance des clauses de réservation inscrites dans le Code des marchés publics. Ainsi, pour les marchés de travaux supérieurs à 100 millions de FCFA, 5 % des montants sont réservés aux acteurs locaux : 3 % aux structures de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales, et 2 % spécifiquement aux PME dirigées par des femmes. Le ministre a assuré que son département veillera à l’application rigoureuse de ces dispositions, notamment dans les secteurs stratégiques tels que les hydrocarbures et les mines.
L’adoption finale du budget par les députés constitue un signal clair du soutien apporté à la feuille de route du ministère des Infrastructures, résolument engagé à poser les fondations matérielles d’un Sénégal restructuré, moderne et plus équitable. Pour le gouvernement, l’exercice 2026 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre des grands chantiers de transformation, et un pas supplémentaire vers l’émergence d’un modèle d’aménagement plus cohérent et durable sur l’ensemble du territoire national.
Tentative de coup d’État au Bénin : la CEDEAO déploie sa Force en attente pour défendre les institutions
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec fermeté à la tentative de coup d’État survenue ce dimanche au Bénin. Dans un communiqué officiel, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État, Julius Maada Bio, a annoncé avoir « ordonné le déploiement immédiat de la Force en attente » afin de protéger les institutions républicaines du pays.
Selon les précisions fournies, cette force régionale sera constituée de contingents en provenance du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Leur mission sera de coopérer étroitement avec l’Armée républicaine du Bénin pour préserver l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale du pays, ébranlés par la tentative de prise de pouvoir.
La CEDEAO souligne que cette décision intervient après des consultations menées au sein du Conseil de médiation et de sécurité, réunissant des chefs d’État et de gouvernement de la sous-région. L’organisation réaffirme ainsi sa ligne dure face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, un phénomène devenu récurrent dans plusieurs pays membres ces dernières années.
Dès les premières heures de la journée, l’organisation sous-régionale avait prévenu qu’elle soutiendrait toute initiative visant à rétablir l’ordre, avant que le gouvernement béninois ne communique pour assurer que « la situation est sous contrôle ».
En mobilisant sans délai sa Force en attente, la CEDEAO entend envoyer un signal clair : aucun coup de force contre un gouvernement élu ne sera toléré dans la région.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°625 – 08/12/2025
Présidentielle 2029 : Ousmane Sonko réaffirme sa candidature et défie toute tentative d’exclusion
Ousmane Sonko a profité, ce dimanche, de la cérémonie de commémoration en hommage aux « martyrs » des manifestations survenues entre 2021 et 2024 pour envoyer un message politique clair : il sera candidat à la présidentielle de 2029. Le leader du Pastef-Les Patriotes, désormais figure centrale de la scène politique sénégalaise, a tenu un discours offensif, mêlant mémoire, justice et perspectives électorales.
Face aux familles des victimes, à ses militants et aux responsables du parti réunis au Grand Théâtre, Ousmane Sonko a rappelé les obstacles politiques et judiciaires qui ont jalonné son parcours depuis 2021. C’est dans ce contexte chargé qu’il a lancé une déclaration forte : « Après 2024, personne ne pourra m’empêcher de participer à une élection… ». Une affirmation qui sonne comme une mise en garde directe à toute tentative future de contestation de son éligibilité.
Sa sortie intervient alors que la question de sa participation au scrutin de 2029 continue d’alimenter le débat public. Sa condamnation pour diffamation dans l’affaire Prodac, qui l’opposait à Mame Mbaye Niang, avait suscité une longue bataille judiciaire et politique autour de son statut électoral. L’affaire avait été au cœur des tensions préélectorales de 2024, conduisant notamment à son exclusion provisoire des listes électorales avant son retour sur la scène institutionnelle.
En évoquant son avenir politique, Ousmane Sonko a voulu dissiper tout doute : pour lui, 2029 est désormais un horizon incontournable. Il a assuré que plus aucune manœuvre judiciaire ou administrative ne pourra entraver sa candidature. Cette déclaration marque le début d’une nouvelle séquence politique, alors même que son gouvernement poursuit des réformes majeures dans plusieurs secteurs et que Pastef tente de consolider son assise nationale.
Devant une assistance acquise à sa cause, le Premier ministre a également replacé cette annonce dans une vision plus large : celle de poursuivre le combat entamé depuis plus d’une décennie pour, selon lui, transformer les institutions et garantir une véritable justice sociale au Sénégal. Son discours, empreint de détermination, laisse présager une campagne future qui s’annonce déjà musclée.
Cette prise de position, qui intervient quatre ans avant le scrutin, est perçue comme une volonté d’installer très tôt les lignes du débat politique national. Elle devrait faire réagir la classe politique, en particulier ses adversaires qui voient dans cette affirmation anticipée une manière d’occuper le terrain médiatique et de resserrer les rangs de ses partisans autour d’un objectif clair.
Commémoration des “martyrs” 2021-2024 : Ousmane Sonko réclame une réforme profonde de la justice et le limogeage des magistrats qu’il accuse de “complot”
Le Grand Théâtre de Dakar a accueilli ce dimanche une cérémonie chargée d’émotion et de symboles. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes et actuel Premier ministre, a présidé une journée de commémoration en hommage aux victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et mars 2024, une période marquée par des affrontements, des arrestations massives et une crispation institutionnelle sans précédent au Sénégal.
Dans une salle remplie de familles de victimes, d’anciens détenus, de sympathisants et de responsables du parti, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois mémoriel et fortement politique. Il a rappelé que ces “martyrs”, selon les termes employés par son parti, représentent “un sacrifice inestimable” dont la nation ne peut faire abstraction si elle aspire à un avenir de justice et de stabilité. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître la responsabilité de l’État dans les violences commises durant cette période et de garantir aux familles le droit à la vérité.
Au cœur de son intervention, la justice a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a affirmé qu’aucune réconciliation nationale durable ne sera possible sans une réforme en profondeur du système judiciaire. Selon lui, les dysfonctionnements observés ces dernières années ont révélé une justice “instrumentalisée”, devenue “un bras armé au service d’intérêts politiques”. Il a ainsi appelé à une refonte systémique visant à rétablir la confiance des citoyens, mais aussi à protéger les droits fondamentaux dans toutes les procédures judiciaires.
Dans un passage particulièrement commenté de son discours, Ousmane Sonko a exigé le limogeage des magistrats qu’il accuse d’avoir “comploté” contre lui et contre plusieurs militants de Pastef. Sans citer de noms, il a évoqué des “acteurs judiciaires identifiés” qui, selon lui, auraient participé à la “fabrication” de dossiers destinés à l’écarter de la scène politique et à intimider ses partisans. Il a estimé que ces magistrats ne peuvent continuer à exercer sereinement tant que n’auront pas été établies les responsabilités individuelles dans les dérives qui ont, selon lui, entaché l’État de droit.
La cérémonie a également été marquée par des témoignages poignants de familles endeuillées et d’anciens détenus politiques, plusieurs d’entre eux décrivant les conditions de leur arrestation ou les séquelles laissées par les événements de ces années d’instabilité. Pour beaucoup, cette rencontre se voulait aussi un moment de reconnaissance officielle, après ce qu’ils qualifient d’années d’incompréhension ou de silence institutionnel.
Au-delà de l’hommage, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de poursuivre la quête de justice, assurant que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur les violences et engager les réformes annoncées. Il a rappelé que la construction d’un Sénégal plus juste implique de panser les blessures du passé, mais aussi d’assumer les responsabilités, quelles qu’elles soient.
Cette journée de commémoration s’inscrit dans un contexte où le débat sur la justice, son indépendance et son rôle dans les crises politiques reste au cœur des préoccupations nationales. Pour de nombreux observateurs, les déclarations du Premier ministre marquent un tournant dans la dynamique de réforme annoncée, tout en ouvrant un nouvel épisode politique qui pourrait susciter des réactions au sein de la magistrature et des institutions.
Souveraineté et vigilance : le Général Birame Diop alerte sur les menaces sous-régionales lors du vote du Budget 2026
Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.
Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.
Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».
À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.
Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.
Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.
L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.
En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.
Crise à l’université : l’AEEMS exprime ses inquiétudes et appelle au dialogue
L’Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS) a fait part, ce samedi 6 décembre, de sa « vive préoccupation » face aux tensions persistantes dans les universités publiques, marquées ces derniers jours par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre.
Dans son communiqué, l’AEEMS déplore particulièrement la présence des forces de sécurité dans les campus, rappelant que ces espaces doivent rester des lieux de vie étudiante, propices à l’apprentissage et au calme. Selon l’organisation, cette présence « accentue les frictions » et installe « un climat d’inquiétude » qui nuit au bon déroulement des activités académiques.
L’association invite ainsi toutes les parties prenantes à éviter toute forme de violence et à privilégier un « dialogue responsable » pour parvenir à une solution durable. Elle insiste sur la nécessité de préserver les vies humaines et la stabilité de l’espace universitaire, qu’elle considère comme une priorité absolue.
Dans le même esprit, l’AEEMS appelle les étudiants à faire preuve de retenue et à éviter toute destruction d’infrastructures, rappelant que « toute manœuvre destructrice compromet durablement l’année académique ».
L’organisation exhorte également l’État à apporter des réponses structurelles aux crises répétitives dans les universités, notamment en ce qui concerne les bourses et les conditions sociales, et à le faire dans un esprit de gouvernance proactive et de communication transparente.
Pour conclure, l’AEEMS encourage l’ensemble des acteurs du système universitaire à assumer leurs responsabilités afin de préserver l’avenir des étudiants et les installations des campus, qu’elle qualifie de « biens communs à toutes les générations ».
PASTEF DÉCRÈTE LE 7 DÉCEMBRE “JOURNÉE DES MARTYRS” : HOMMAGE NATIONAL AUX VICTIMES DE LA RÉPRESSION
PASTEF–Les Patriotes a annoncé que la journée du 7 décembre 2025 sera entièrement consacrée aux martyrs, ex-détenus politiques et victimes de la répression survenue entre mars 2021 et mars 2024. Dans un communiqué publié ce 6 décembre, le parti affirme vouloir honorer la mémoire de ceux « qui ont lutté pour la démocratie, la liberté et la justice » et qui, selon lui, ont payé le prix fort.
La cérémonie se déroulera en présence du président Ousmane Sonko, dans un cadre qualifié de « sobre » et « grave », fidèle à l’esprit du recueillement. PASTEF prévoit également de donner la parole aux anciens détenus politiques, aux blessés et aux familles des victimes afin qu’ils puissent partager leurs témoignages et exprimer leur vécu face aux tragédies de ces dernières années.
Le communiqué souligne que cette journée permettra aussi de réaffirmer l’engagement du parti à poursuivre le combat pour que justice soit rendue à toutes les victimes. Soucieux de préserver la solennité du moment et d’assurer une organisation rigoureuse, le comité d’organisation indique que l’accès se fera exclusivement sur invitation, en raison du nombre limité de places. Les sympathisants, militants et citoyens sont ainsi invités à s’unir par la prière, où qu’ils se trouvent, pour rendre hommage aux disparus.
Pour la couverture médiatique, PASTEF annonce qu’un « seul signal de diffusion officiel » sera mis à la disposition des médias. Une décision motivée par les contraintes d’espace et par la volonté de contrôler le cadre de la commémoration.
Hausse des tarifs : l’État saisit le CNRA et rappelle à Canal+ l’obligation de gratuité des chaînes nationales
Le gouvernement est officiellement entré en action après la hausse des tarifs appliqués par Canal+ Sénégal. Dans une réponse adressée au député Guy Marius Sagna, qui avait interpellé l’Exécutif en août dernier, les autorités confirment avoir saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) afin d’examiner la légalité et la pertinence de cette augmentation.
Selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, la saisine du CNRA vise à analyser l’impact de cette hausse sur les abonnés, à vérifier sa conformité avec les règles en vigueur et, si nécessaire, à proposer des mesures correctives pour protéger les consommateurs. Le gouvernement souhaite s’assurer que l’opérateur audiovisuel a respecté les procédures réglementaires prévues pour tout changement tarifaire et que les arguments avancés par Canal+ sont conformes au cadre légal sénégalais.
Un autre point majeur concerne la gratuité des chaînes nationales. Le ministre rappelle que l’article 161 du Code de la presse impose à tout distributeur audiovisuel de fournir gratuitement les chaînes publiques généralistes à ses abonnés. Cette obligation, qui vise à garantir l’accès universel à l’information publique et aux services audiovisuels nationaux, s’applique également à Canal+ Sénégal. Alioune Sall assure que son département, en étroite collaboration avec le CNRA, veillera scrupuleusement au respect de cette disposition, indiquant qu’aucune dérogation ne peut être accordée en dehors des cas strictement encadrés par la loi.
Dans ce dossier suivi de près par les consommateurs, Guy Marius Sagna appelle les citoyens à apporter contributions et observations afin de renforcer le contrôle citoyen et d’accompagner le travail de l’État. L’affaire soulève des enjeux essentiels liés à la protection des usagers, à la transparence tarifaire et à l’accès équitable aux services audiovisuels publics.
Baisse des prix du carburant : les nouveaux tarifs appliqués dès ce samedi
Comme annoncé vendredi par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, le gouvernement a procédé à une révision à la baisse des prix des hydrocarbures. La Commission de régulation du secteur de l’Énergie (CRSE) a officialisé la mesure, confirmant que la nouvelle tarification entre en vigueur ce samedi 6 décembre 2025 à partir de 18 heures précises.
Cette révision concerne deux produits stratégiques pour l’économie nationale : le supercarburant et le gasoil. Désormais, le litre de supercarburant, auparavant fixé à 990 FCFA, sera vendu à 920 FCFA. Quant au gasoil, il connaît une baisse encore plus marquée, passant de 755 FCFA à 680 FCFA. Une réduction de 75 FCFA qui devrait impacter positivement le coût du transport, de la production et des activités génératrices de revenus.
Cette décision intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des ménages. Les déplacements quotidiens, le transport des marchandises et le fonctionnement de nombreux secteurs économiques dépendent directement du prix des carburants. Pour beaucoup d’usagers, cette baisse représente donc une bouffée d’oxygène bienvenue.
Du côté du ministère de l’Énergie, l’on souligne que cette révision tarifaire s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’ajuster régulièrement les prix en fonction de l’évolution du marché international et des capacités nationales. La CRSE, chargée de fixer et de suivre les tarifs, assure pour sa part que d’autres réajustements sont possibles si les conditions économiques le permettent.


CHRONIQUE / Poule compliquée mais les Lions n’ont pas le droit de miauler ( Mamadou Moustapha Mbaye – Journaliste)
Le tirage du Groupe I de la Coupe du Monde 2026 a accouché d’un monstre à trois têtes: la France de Mbappé, la Norvège de Haaland, et le Sénégal de… Pape Thiaw. Oui, Pape Thiaw. Et si vous avez cligné des yeux, vous avez raté l’entrée en scène d’un pays qui n’a plus le droit de jouer les figurants.
On ne parle plus du petit poucet qui danse autour du feu. Le Sénégal a déjà fait tomber la France en 2002, humilié l’Angleterre en 2024, et fait trembler plus d’un géant. Alors, dans ce groupe, pas de complexe. Mbappé court vite? Très bien. Haaland frappe fort? Parfait. Mais les Lions ont des griffes, et elles ne sont pas là pour caresser.
Le sélectionneur sénégalais devra transformer la CAN en laboratoire. Pas pour tester des potions magiques, mais pour injecter du sang neuf. Iliman Ndiaye, Assane Diao, Yehvan Diouf, Mamadou Sarr, Cheikh Sabaly, Pape Matar Sarr… Ce ne sont pas des noms à mettre sur le banc pour faire joli. Ce sont des moteurs, des fusées, des antidotes à la vitesse de Mbappé et Haaland.
Et si Thiaw veut aller loin, il devra sortir la carte d’Europe, fouiller les championnats, dénicher les binationaux, et leur dire: « Le train part maintenant. Monte ou reste à quai. »
Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Guèye… Ils ont porté le drapeau, ils ont fait vibrer le continent. Mais l’heure n’est plus aux statues. Ils doivent devenir des guides, pas des freins. La jeunesse pousse, et elle pousse fort. La transition ne doit pas être une guerre de générations, mais une passation musclée.
PHYSIQUE, VITESSE ET ENDURANCE
Une Coupe du Monde, c’est une guerre de tranchées avec des sprints tous les trois jours. Il faut des joueurs qui courent, qui cognent, qui respirent encore à la 120e minute. Pas des artistes fatigués après une passe en profondeur. Le Sénégal doit aligner une équipe véloce, physique, affamée. Sinon, c’est retour à la maison avec des selfies et des regrets.
La France fait peur? La Norvège impressionne? L’Angleterre aussi faisait peur, et elle est tombée. Le Sénégal n’a pas besoin de trembler. Il a besoin de rugir. Ce groupe I n’est pas une malédiction. C’est une opportunité. Une scène mondiale pour montrer que les Lions ne miaulent pas. Ils mordent.
Bref… Le Sénégal n’a pas le droit de faire moins que la génération de El Hadj Diouf. Et cette fois, il a les armes, les jambes, et les idées. À Pape Thiaw de jouer. Et à ses Lions de rugir.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°624 – 06 ET 07/12/2025
Section de recherches : le journaliste Pape Sané placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles
Le journaliste Pape Sané, figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, a été placé en garde à vue ce vendredi 5 décembre 2025 à la Section de recherches de la gendarmerie. La mesure est intervenue à l’issue de son audition, dans le cadre d’une enquête ouverte pour diffusion de fausses nouvelles, selon des sources proches du dossier.
L’affaire trouve son origine dans une déclaration faite mardi dernier par le journaliste sur le plateau de l’émission « Balance », diffusée sur la chaîne privée Walf TV. Ses propos portaient sur le dossier sensible de Sanna Manjang, une affaire qui continue de susciter de vives réactions au Sénégal comme dans la diaspora. Les autorités judiciaires auraient estimé que les informations divulguées étaient infondées et susceptibles de troubler l’ordre public, ouvrant ainsi la voie à sa convocation puis à son placement en garde à vue.
Ce développement judiciaire intervient dans un contexte où la question de la régulation des contenus médiatiques et numériques occupe une place centrale dans le débat public. Plusieurs cas récents ont mis en lumière la responsabilité des acteurs médiatiques face à la diffusion d’informations non vérifiées, notamment sur des sujets sensibles ou des affaires judiciaires en cours.
À ce stade, aucune précision officielle n’a été communiquée sur la durée de la garde à vue ni sur les suites que le parquet pourrait décider de donner à cette procédure. Pape Sané pourrait être présenté au procureur dans les prochaines heures, conformément aux délais prévus par la loi.
Du côté de Walf TV et de ses collègues, aucune déclaration publique n’a encore été faite, mais la situation devrait rapidement alimenter les discussions autour de la liberté de la presse, de la responsabilité éditoriale et des limites imposées par la législation sénégalaise.
L’affaire pourrait également raviver les débats sur l’encadrement des émissions de grande audience où les prises de position des animateurs et chroniqueurs sont souvent perçues comme influentes, parfois au-delà des règles déontologiques traditionnelles du journalisme.
En attendant d’éventuels développements judiciaires, Pape Sané demeure entre les mains des enquêteurs de la Section de recherches, tandis que le monde médiatique suit de près une affaire qui pourrait, une fois de plus, interroger l’équilibre entre liberté d’informer et obligation de ne pas diffuser de fausses nouvelles dans l’espace public.
Régulation numérique : Alioune Sall annonce une nouvelle autorité pour encadrer tous les médias
Le Sénégal se prépare à une réforme majeure dans le domaine de la régulation de l’espace médiatique et numérique. Face à l’évolution rapide des modes de communication, l’État entend mettre fin à un dispositif jugé désormais obsolète. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a révélé, lors de l’examen du budget 2026 de son département à l’Assemblée nationale, qu’une nouvelle autorité de régulation remplacera bientôt le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).
Selon le ministre, cette future institution aura une compétence élargie pour intégrer et contrôler l’ensemble des médias modernes : télévision, radio, presse en ligne, réseaux sociaux, plateformes de streaming et de diffusion numérique. L’objectif affiché est clair : adapter le cadre règlementaire aux mutations technologiques et combler les zones d’ombre juridiques qui laissent prospérer des dérives quotidiennes sur Internet.
Alioune Sall a indiqué que le projet de loi portant création de cette nouvelle autorité a déjà été examiné en Conseil des ministres le 3 novembre dernier. Le texte poursuit actuellement son parcours institutionnel et se trouve, depuis quatre semaines, au niveau de la Cour suprême pour avis. Il devra ensuite être soumis au Parlement, probablement « en procédure d’urgence », a précisé le ministre, qui s’exprimait en wolof pour mieux sensibiliser les députés sur l’importance de la réforme.
La démarche du gouvernement s’appuie sur un constat largement partagé : le CNRA, créé à une époque où l’essentiel des contenus médiatiques provenait de la télévision et de la radio, ne dispose aujourd’hui ni des prérogatives ni des outils nécessaires pour faire face aux réalités du numérique. « Le CNRA ne régule que la radio et la télévision », a rappelé Alioune Sall. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des plateformes de vidéos courtes, du streaming et des sites d’information, ce périmètre restreint laisse un « vide réglementaire » dans lequel prolifèrent insultes, diffamations, fausses informations et contenus attentatoires à la dignité humaine.
Face à l’inquiétude exprimée par certains parlementaires sur l’ampleur des dérives observées en ligne, le ministre a tenu à clarifier les responsabilités institutionnelles. Il a rappelé que son département ne pouvait ni se substituer aux forces de l’ordre ni interférer dans les procédures judiciaires. « Demander au ministre de se substituer à la police n’a pas de sens », a-t-il martelé, distinguant fermement les missions de régulation, de répression et d’enquête.
Il a toutefois souligné que, même en l’absence d’une autorité numérique spécialisée, les auteurs d’insultes ou de publications portant atteinte à la dignité d’autrui restent exposés aux sanctions prévues par le Code pénal. Le futur dispositif, selon lui, viendra renforcer cette protection, de manière plus adaptée au fonctionnement des plateformes numériques. Alioune Sall a assuré que le texte en préparation « prendra en compte toutes les craintes et observations » formulées par les députés, dans le but de mieux encadrer les contenus en ligne sans porter atteinte aux libertés publiques ni au pluralisme de l’information.
Sur le plan budgétaire, l’exercice 2026 marque également une montée en puissance du ministère de la Communication et du Numérique. Les crédits de paiement alloués s’élèvent à plus de 81 milliards de francs CFA, contre 58 milliards en 2025. Cette augmentation reflète la volonté de l’État d’investir dans les infrastructures digitales, la cybersécurité, la modernisation des télécommunications et la gouvernance numérique.
Avec cette réforme attendue, le Sénégal s’apprête à franchir une étape importante dans l’organisation de son espace médiatique, de plus en plus influencé par la digitalisation et les flux d’informations en ligne. La nouvelle autorité, en rationalisant et unifiant la régulation, pourrait redéfinir durablement les règles du jeu pour les acteurs médiatiques traditionnels et les créateurs de contenus numériques.
FIDAK 2025 : le CICES mise sur la digitalisation pour fluidifier l’accès et moderniser la foire
La 33ᵉ édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), qui s’ouvre ce lundi, s’annonce comme l’une des plus modernisées de ces dernières années. Le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) veut tourner la page des longues files d’attente, des embouteillages sur la VDN et des formalités lourdes qui ont longtemps gâché l’expérience des visiteurs et des exposants. Cette année, l’institution dirigée par Justin Corréa présente un dispositif largement digitalisé censé révolutionner l’organisation de l’événement.
Face aux critiques récurrentes du public et des opérateurs économiques, le CICES a misé sur une innovation majeure : la dématérialisation de l’achat des billets et de l’enregistrement des participants. Justin Corréa explique que l’application « CICES Ticketing » permettra désormais d’acheter son ticket d’entrée à distance, grâce à un système de paiement en ligne, évitant ainsi les traditionnels ralentissements sur les routes d’accès au site. Selon lui, ce changement doit fluidifier l’arrivée des visiteurs et réduire la pression sur la VDN, souvent saturée en période de foire.
L’autre nouveauté importante concerne les exposants, qui n’auront plus besoin de se déplacer au siège du CICES pour remplir des formulaires et accomplir des démarches administratives. Une plateforme totalement digitalisée, « SUNU FIDAK », a été mise en place pour permettre l’inscription en ligne, la génération de badges via QR code et la transmission instantanée des documents requis. Cette évolution marque une rupture avec les pratiques antérieures, où les exposants passaient parfois plusieurs heures dans les bureaux du CICES pour régulariser leur participation.
Pour le directeur général, ces innovations répondent à une volonté claire : rendre la FIDAK plus moderne, plus accessible et en phase avec les standards internationaux des grandes foires commerciales. Il estime que la simplification des procédures est un levier essentiel pour attirer davantage d’entreprises, améliorer la satisfaction des visiteurs et renforcer l’image du Sénégal comme hub commercial régional. « Tout ce parcours a été réduit et le processus facilité pour gagner plus de temps », affirme Justin Corréa, soulignant que des campagnes de communication intensifiées ont été lancées pour mieux faire connaître ces nouveautés au grand public.
Au-delà des aspects logistiques, l’édition 2025 de la FIDAK ambitionne également de renforcer sa dimension intellectuelle et prospective. Un forum scientifique est prévu, réunissant chercheurs, experts, responsables institutionnels et acteurs économiques autour de thèmes liés au développement. Ces panels et conférences offriront une réflexion approfondie sur les enjeux de transformation économique du continent et permettront de croiser les expériences de divers pays.
Le choix du thème « Transformation territoriale et Développement inclusif » illustre d’ailleurs cette volonté de lier la modernisation de la foire à une réflexion plus large sur les dynamiques de croissance et les défis de l’aménagement du territoire. Du 7 au 31 décembre, la FIDAK ne veut donc pas être seulement un espace d’exposition, mais également un lieu de débat, d’innovation et de rencontres stratégiques entre acteurs nationaux et internationaux.
Avec cette nouvelle orientation axée sur la digitalisation, la transparence et l’efficacité, le CICES espère inscrire la FIDAK 2025 dans une nouvelle ère. Une édition test qui pourrait servir de modèle pour les prochaines organisations et repositionner la foire de Dakar comme un événement incontournable dans l’agenda économique africain.
Plan Diomaye pour la Casamance : Kolda affiche 32 % d’exécution sur plus de 13 milliards FCFA mobilisés, mais les lenteurs inquiètent
La région de Kolda progresse, mais à un rythme encore jugé insuffisant, dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, un vaste programme de développement lancé par les nouvelles autorités pour impulser un changement profond dans le Sud du pays. Lors de la réunion du comité régional de suivi, tenue ce jeudi 4 décembre à l’hôtel de ville de Kolda, le gouverneur Moustapha Ndiaye a révélé que le niveau d’exécution global des projets financés dans la région s’élève à 32 %. Plus de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés au bénéfice de Kolda, mais des contraintes structurelles continuent de freiner l’avancée des travaux.
Selon les services techniques, certains secteurs ont enregistré des résultats encourageants, notamment dans le domaine des infrastructures sociales et de l’amélioration de l’accès aux services de base. Toutefois, malgré cette dynamique positive, les responsables régionaux ont insisté sur des retards persistants dans la transmission des données, un problème récurrent qui entrave la capacité de l’administration à disposer d’informations actualisées et fiables. Le gouverneur a regretté que plusieurs services de l’État directement impliqués dans la mise en œuvre du programme manquent de réactivité, ralentissant ainsi le suivi opérationnel. « Il y a des services de l’État engagés dans la mise en œuvre de ce plan qui se font vraiment désirer », a-t-il déploré, soulignant l’impact de ces lenteurs sur la visibilité globale du projet.
Face à ces dysfonctionnements, les acteurs institutionnels et techniques présents à la rencontre ont décidé de mettre en place une nouvelle matrice d’action. Cette matrice, qui servira désormais d’outil central de pilotage, permettra de collecter, organiser et diffuser en temps réel les données liées à chaque projet. L’objectif est de renforcer la qualité du reporting, de faciliter la coordination entre les différentes parties prenantes et de sécuriser les informations nécessaires à l’élaboration de rapports consolidés à destination des autorités nationales. Cette mesure devrait également permettre de réduire les incompréhensions entre les services et d’accélérer la prise de décision sur les chantiers prioritaires.
Le gouverneur Moustapha Ndiaye a insisté sur l’importance d’une implication beaucoup plus soutenue des services déconcentrés, estimant que le succès du Plan Diomaye pour la Casamance dépendra étroitement de la capacité collective à améliorer le suivi administratif. Il a rappelé que ce programme n’est pas un projet isolé, mais une composante essentielle de la stratégie nationale pour réduire les inégalités territoriales, lutter contre l’enclavement de la région Sud et stimuler l’économie locale. À Kolda, une part significative des investissements concerne l’amélioration des infrastructures routières, l’accès à l’eau, l’éducation, la santé et le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes.
Alors que les populations attendent des résultats concrets et une amélioration visible de leurs conditions de vie, les autorités régionales appellent désormais à une mobilisation plus rigoureuse et à une collaboration exemplaire entre tous les acteurs concernés. Le Plan Diomaye pour la Casamance est présenté comme une opportunité historique pour Kolda et les autres régions du Sud ; mais pour que cette promesse se matérialise pleinement, la cadence d’exécution devra impérativement s’accélérer dans les prochains mois.
Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines : le budget 2026 arrêté à plus de 130 milliards de F CFA
Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a fait face ce vendredi aux députés pour défendre le projet de budget 2026 de son département. Fixé à un peu plus de 130 milliards de F CFA, ce budget connaît une baisse de 9,31 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré cette diminution, la majorité des commissaires parlementaires ont adopté les programmes proposés, au terme d’une séance où les enjeux énergétiques, les défis structurels et les priorités de gouvernance ont occupé le centre du débat.
Dans sa présentation, le ministre a rappelé les grandes lignes du bilan 2025, marqué par des réformes profondes dans les sous-secteurs des hydrocarbures et des mines. Selon lui, d’« importants pas ont été franchis », notamment en matière d’accès à l’énergie et de valorisation des ressources naturelles. Il a insisté sur les priorités retenues pour 2026 : garantir l’accès à une énergie durable et abordable, développer les chaînes de valeur de manière inclusive et responsable, et renforcer la transparence et la performance dans la gouvernance énergétique, conformément au triptyque « JUB-JUBBAL-JUBBANTI ».
Interpellé par les parlementaires sur les nombreuses irrégularités relevées dans la distribution électrique, Birame Soulèye Diop a décrit la fraude à la SENELEC comme une « situation particulièrement alarmante ». Un rapport d’audit fait état de 490 cas détectés dans la seule capitale, notamment à Pikine, entraînant une perte estimée à 2,6 milliards de F CFA soit l’équivalent de 13 515 kWh détournés. À l’échelle nationale, le préjudice atteint 3,7 milliards de F CFA au 4 septembre 2025. Les fraudeurs identifiés incluraient, selon le ministre, des institutions, des restaurants et des particuliers « bien connus ». Le dossier est aujourd’hui suivi en coordination avec le ministère de la Justice.
Sur la question sensible de la tarification de l’électricité, particulièrement le système « Woyofal », le ministre a tenu à préciser qu’aucune hausse n’a été appliquée depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Toutefois, il a reconnu le poids de cette facture pour les ménages. Une analyse détaillée est en cours, à la demande du Premier ministre, afin d’envisager une solution durable. Birame Soulèye Diop a également rappelé que la première tranche tarifaire, de 0 à 150 kWh, reste fixée à 91,2 F CFA hors TVA, ce qui concerne environ un million de foyers à travers le pays.
Le ministre a révélé que les conclusions de vingt-trois réunions techniques portant sur une mesure conjoncturelle de soutien, concernant entre 1,5 et 1,7 million de ménages, seront bientôt transmises aux autorités. Ces travaux devraient aboutir à une diminution des prix de l’électricité, en attendant la mise en place d’une solution structurelle plus pérenne.
Évoquant les perspectives énergétiques à long terme, Birame Soulèye Diop a rappelé que la baisse durable du coût de l’énergie passera par la stratégie « Gas to Power ». La part du Sénégal dans le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) permettra d’alimenter une centrale de 250 MW. Le lancement de l’appel d’offres pour la construction du premier segment nord du réseau gazier est annoncé avant la fin du premier trimestre 2026.
Le ministre a également salué les performances récentes de la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui a réussi à traiter le pétrole brut extrait du champ de Sangomar. Il a toutefois reconnu les défis liés à la lourdeur de ce brut, nécessitant des investissements supplémentaires. La SAR prévoit d’ailleurs de renforcer ses capacités dans le cadre du projet « SAR 2.0 ».
Le ministre des Finances et du Budget est intervenu à son tour pour éclairer les parlementaires sur la baisse du budget alloué au ministère de l’Énergie. Cette diminution, selon lui, s’explique par la non-reconduction de certains projets arrivés à terme et par la réduction des dépenses de fonctionnement. Il a néanmoins rappelé que d’importants crédits stratégiques se trouvent dans d’autres enveloppes, à l’image du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie logé au ministère des Finances, doté de 250 milliards de F CFA destinés notamment aux subventions.
Concernant la SAR, le ministre a assuré que l’État continuera d’accompagner l’entreprise grâce à la mobilisation de financements bancaires et l’octroi de garanties souveraines, indispensables dans un contexte de transition énergétique et industrielle.
Enfin, il a abordé la question délicate du « miss reporting » financier, qui avait conduit le Fonds monétaire international à revoir sa note concernant le Sénégal. Selon lui, l’État a demandé la suspension du programme en cours afin d’ouvrir des négociations. Contrairement à l’idée d’une restructuration classique de la dette, jugée « simpliste », le gouvernement souhaite s’orienter vers une Gestion Active de la Dette (GAT) et des Garanties Partielles de Crédit (GPC), des outils destinés à améliorer les conditions de refinancement.
Escroquerie présumée : Seydina Fall “Bougazelli” envoyé en prison, la date de son procès fixée
L’ancien député de l’Alliance pour la République (APR), Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, replonge dans les tourments judiciaires. Déféré ce vendredi matin au parquet de Pikine-Guédiawaye, il a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie portant sur près de deux millions de francs CFA, selon des sources proches du dossier. Une nouvelle incarcération qui vient ternir encore davantage le parcours de l’ancien parlementaire, déjà éclaboussé par de lourds scandales par le passé.
Interpellé en début de semaine par la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye, Bougazelli a été présenté au procureur de la République, Saliou Dicko. Après examen du dossier, celui-ci a ordonné son placement en détention préventive, estimant que les éléments réunis justifiaient une comparution immédiate devant la justice. L’ancien député sera ainsi jugé devant le tribunal des flagrants délits le 10 décembre prochain, sauf éventuel renvoi de l’audience.
Cette affaire remet sur le devant de la scène une figure politique dont l’image avait déjà été fortement entachée. En 2019, Bougazelli avait été mis en cause dans un vaste dossier de faux billets, une affaire retentissante qui avait entraîné sa démission de l’Assemblée nationale et provoqué une onde de choc au sein de l’APR et de la classe politique sénégalaise. Depuis cette période, l’ex-député s’était fait discret et s’était réorienté vers l’immobilier, une reconversion qu’il présentait comme un moyen de tourner la page.
Les circonstances exactes de l’escroquerie présumée pour laquelle il est actuellement poursuivi restent encore à préciser. Selon les premières indications, l’affaire porterait sur une somme avoisinant deux millions de francs CFA, dans le cadre de transactions immobilières ou commerciales. L’enquête menée par les éléments de la Sûreté urbaine a suffi à convaincre le parquet de la nécessité d’une détention provisoire, en attendant que le tribunal se prononce sur les faits.
Le dossier transmis au juge permettra d’établir les responsabilités pénales et de déterminer si Seydina Fall s’est effectivement rendu coupable d’escroquerie ou s’il s’agit, comme le plaident souvent les mis en cause dans ce genre d’affaire, d’un simple différend commercial. En attendant l’audience, Bougazelli demeure incarcéré à la Maison d’arrêt de Pikine.
Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse des prix des hydrocarbures d’ici 15 jours
Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a créé l’événement ce vendredi à l’Assemblée nationale en annonçant une baisse prochaine des prix des hydrocarbures. Présent devant les députés pour défendre le projet de budget 2026 de son ministère, le ministre a confirmé que cette réduction interviendra dans un délai très court, répondant ainsi aux attentes des ménages et des acteurs économiques fortement éprouvés par la hausse du coût de l’énergie.
Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, la déclaration du ministre a suscité un vif intérêt. « Les prix des hydrocarbures vont baisser de manière claire et nette, et ce sera dans moins de 15 jours », a-t-il assuré, adoptant un ton ferme et volontaire. Cette annonce laisse entrevoir une volonté de rupture avec la tendance actuelle et s’inscrit dans la dynamique des engagements pris par le gouvernement.
Quelques semaines plus tôt, le 27 octobre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko avait en effet réaffirmé l’objectif de l’exécutif de revoir à la baisse les coûts de l’électricité, du gaz et du carburant. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de réponse aux tensions sociales et économiques nées de la flambée des prix de l’énergie, un secteur particulièrement sensible en raison de son impact transversal sur les transports, l’industrie et les ménages.
La perspective d’une baisse dans un délai aussi rapproché soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à son ampleur, à ses modalités d’application et à ses répercussions sur les finances publiques. Depuis plusieurs années, la structure des prix des hydrocarbures est fortement influencée par les cours internationaux, les taxes, les subventions et les coûts logistiques. Toute réduction, même modérée, nécessite un arbitrage entre les impératifs sociaux et les équilibres budgétaires.
Birame Soulèye Diop n’a pour l’heure pas donné de détails chiffrés sur la diminution envisagée. Selon plusieurs analystes, le gouvernement pourrait miser sur une combinaison de mesures, incluant un ajustement des taxes, une renégociation des marges ou une optimisation de la chaîne d’approvisionnement, dans le but de rendre la baisse effective sans fragiliser les finances de l’État. Une communication plus précise devrait intervenir dans les prochains jours.
L’annonce du ministre intervient au moment où les consommateurs, les syndicats et les entreprises multiplient les appels à un allègement des prix de l’énergie, confrontés à une situation devenue difficilement soutenable. Pour de nombreux observateurs, cette décision, si elle est confirmée dans les délais annoncés, pourrait constituer un signal fort de la volonté du gouvernement d’Ousmane Sonko d’allier politique sociale et gestion rigoureuse.
Sénégal : le numérique pourrait générer 1100 milliards FCFA et 280 000 emplois d’ici 2030
Le Sénégal avance à grands pas vers une nouvelle ère numérique, mais le chemin reste semé d’obstacles à lever pour exploiter pleinement son potentiel. C’est ce que révèle le dernier rapport de la GSMA, présenté ce vendredi lors du « Digital Africa Summit Senegal ». Selon cette étude, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 1 100 milliards FCFA de valeur économique supplémentaire et créer 280 000 emplois d’ici 2030, à condition de mener des réformes ciblées et urgentes dans les domaines clés de l’accessibilité, des compétences numériques et du cadre réglementaire.
Le rapport met en avant une contradiction marquante : le Sénégal dispose d’une infrastructure mobile avancée, avec une couverture 4G estimée à 97 % et une couverture 5G qui atteint déjà 39 %, mais malgré ces performances, une grande partie de la population n’utilise pas Internet mobile. Selon la GSMA, 54 % des Sénégalais vivant en zone couverte ne se connectent pas, un écart d’usage parmi les plus élevés de la région.
Les raisons de cette situation sont multiples, mais la principale est économique. Le coût d’un smartphone d’entrée de gamme représente environ 19 % du PIB mensuel par habitant, ce qui constitue un frein majeur pour les ménages à faibles revenus. À cela s’ajoutent des lacunes en compétences numériques et plusieurs obstacles réglementaires qui compliquent l’accès à la connectivité.
Angela Wamola, Directrice Afrique de la GSMA, a rappelé que le Sénégal « dispose de tous les ingrédients pour devenir l’une des économies numériques les plus dynamiques d’Afrique », tout en soulignant que des millions de personnes restent en marge du numérique faute de moyens, d’accompagnement ou d’un environnement juridique suffisamment moderne.
Pour lever ces obstacles, la GSMA encourage une collaboration plus étroite entre le secteur privé, le ministère et les autorités de régulation. Angela Wamola a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures stratégiques, de développer les compétences numériques à grande échelle et d’accélérer la mise en place d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle. Selon elle, ces actions cumulées permettront au Sénégal non seulement de rattraper son retard, mais de consolider sa place parmi les leaders africains du numérique.
Une annonce majeure est venue du ministère des Finances et du Budget, qui a dévoilé l’élaboration en cours d’un nouveau cadre fiscal. Celui-ci sera formalisé prochainement par une révision du Code général des Impôts et du Code des Douanes.
Selon Malan Faty, représentant le ministre, cette réforme reposera sur une distinction entre la fiscalité de rendement, destinée à garantir la stabilité budgétaire, et une fiscalité de développement, destinée à accompagner l’innovation et l’investissement dans les technologies.
Il a assuré que « le Sénégal ne fera jamais le choix d’une fiscalité punitive », affirmant que le pays préfère une fiscalité qui soutient l’écosystème numérique et les ambitions industrielles, notamment dans le cadre du « New Deal Technologique 2034 » et de la « Vision Sénégal 2050 ».
Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, a souligné que le pays dispose de bases solides mais doit désormais passer à une phase supérieure : celle de l’appropriation. Il ne s’agit plus seulement d’être connectés, mais d’utiliser le numérique comme un levier d’opportunités économiques, de modernisation de l’administration et de souveraineté nationale.
Selon lui, la stratégie du « New Deal Technologique », impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, vise notamment à porter la contribution du numérique à 15 % du PIB national d’ici 2035 et à assurer une connectivité universelle.
Dans cette dynamique, son département s’est engagé à actualiser le Code des communications électroniques afin de créer un cadre réglementaire agile, capable de protéger les infrastructures critiques, de rassurer les investisseurs et de mieux réguler l’utilisation croissante des données.
L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a également exposé sa vision stratégique. Son directeur, Dahirou Thiam, a rappelé que la régulation n’est plus uniquement une fonction administrative, mais un outil de souveraineté indispensable à la croissance économique.
L’ARTP entend moderniser le marché en anticipant les déséquilibres, en encourageant une concurrence saine et en garantissant une protection accrue des consommateurs. La sécurisation des investissements constitue également une priorité, notamment à travers le partage des infrastructures et la gestion des ressources rares telles que les fréquences et les données, considérées comme des actifs souverains nécessitant une gouvernance stricte.
La dynamique en cours est soutenue par des initiatives complémentaires, comme le lancement du nouveau Start-Up Act, destiné à soutenir l’entrepreneuriat technologique et à encourager l’innovation locale. Selon les prévisions de l’ARTP, l’ensemble des mesures en préparation pourrait générer une hausse des recettes nationales de 417 milliards FCFA, tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations.
Avec l’alliance du secteur privé, de la GSMA, de l’État et des acteurs de la régulation, le Sénégal s’engage dans une transformation profonde. Le pays ambitionne de devenir un véritable laboratoire de solutions digitales, capable d’inspirer le continent africain et de consolider sa souveraineté technologique dans un monde en mutation rapide.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°623 – 05/12/2025
Badara Gadiaga : la Chambre d’accusation confirme sa liberté provisoire sous bracelet électronique
Les avocats du chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, étaient ce jeudi 4 décembre devant la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Dakar, pour examiner le recours introduit par le ministère public. Celui-ci contestait l’ordonnance du juge d’instruction ayant accordé au journaliste une liberté provisoire sous bracelet électronique.
Selon des informations rapportées par Seneweb, à l’issue des plaidoiries, la Chambre d’accusation a confirmé la décision du juge d’instruction, donnant ainsi raison à la défense de Gadiaga. Cette décision sera définitive à moins que le parquet général ne se pourvoie en cassation dans les délais légaux.
Pour rappel, après son audition au fond, le doyen des juges du Tribunal de Dakar avait ordonné, le 10 novembre dernier, la mise en liberté provisoire de Badara Gadiaga avec port du bracelet électronique. Une décision à laquelle s’était opposé le procureur de la République, qui avait immédiatement interjeté recours, transférant l’affaire à la juridiction supérieure.
La Chambre d’accusation a donc tranché : la liberté provisoire est maintenue, assortie du bracelet électronique, et le chroniqueur est autorisé à poursuivre ses activités professionnelles entre 7h et 21h, sous réserve du strict respect des obligations imposées par la justice.
FMI : La cheffe de mission pour la Zambie nommée à la tête du dossier Sénégal
Le Fonds monétaire international s’apprête à opérer un changement stratégique dans la gestion de son programme avec le Sénégal. Mercedes Vera Martin, jusque-là cheffe de mission du FMI pour la Zambie, prendra la tête du dossier sénégalais dès janvier prochain. Elle succède à Edward Gemayel, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et qui, dans un jeu de rotations internes à l’institution, remplacera en retour Vera Martin à Lusaka.
Cette transition, qualifiée de « rotation habituelle » par un porte-parole du FMI, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Dakar. Le Sénégal traverse en effet une période de forte pression financière, marquée par la découverte récente de plusieurs milliards de francs CFA de dettes jusque-là non déclarées par l’ancien régime. Une situation qui soulève des interrogations sur la transparence budgétaire et complique les négociations en cours pour un nouveau programme de financement auprès du FMI.
L’expérience de Mercedes Vera Martin pourrait s’avérer déterminante. Depuis 2023, elle a piloté le dossier zambien, un cas emblématique de restructuration de dette souveraine. La Zambie a dû naviguer à travers un processus complexe, jusqu’à finalement obtenir un accord avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’eurobonds pour un allègement significatif de sa dette. Cette expertise acquise dans un environnement de crise pourrait être précieuse, alors que le Sénégal doit convaincre ses partenaires financiers de la viabilité d’une stratégie budgétaire mise à rude épreuve.
Pour l’heure, Dakar exclut toute idée de restructuration de sa dette. Le gouvernement sénégalais affirme que la situation reste maîtrisable et privilégie un financement nouveau auprès du FMI plutôt qu’un rééchelonnement susceptible d’envoyer un signal négatif aux marchés. Le Fonds, de son côté, avait indiqué le mois dernier qu’il évaluait toujours la dynamique d’endettement du pays et examinait en détail la solidité de sa stratégie de financement.
La prise de fonction de Mercedes Vera Martin en janvier pourrait ainsi marquer une nouvelle phase des discussions entre Dakar et le FMI. Sa connaissance des négociations complexes et des environnements budgétaires fragiles laisse penser que les échanges pourraient gagner en technicité, mais aussi en exigence.
Reste à savoir si le Sénégal choisira de maintenir sa ligne actuelle — refus d’une restructuration et recherche d’un programme appuyé par le FMI — ou si les conclusions des analyses en cours obligeront le gouvernement à reconsidérer sa position. Dans un contexte où les finances publiques sont sous tension et où la confiance des partenaires est cruciale, chaque décision pèsera lourd dans les prochains mois.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°622 – 04/12/2025
COUP D ÉTAT EN GUINÉE BISSAU : LE CHEF DE L’ ÉTAT BASSIROU DIOMAYE FAYE DEVRAIT DÉMETTRE SON PREMIER MINISTRE POUR SES PROPOS
Le leader de Pastef a habitué les sénégalais de ses déclarations abracadabrantes. Malheureusement elles constituent très souvent , un grave danger et une menace réelle pour la Paix et la Stabilité nationales du Sénégal. Ces actes ne sont pas dignes d’un citoyen, de surcroît un homme public , un Premier ministre qui voudrait présider aux destinées de ses compatriotes. En effet, c’est avec cet homme que l’on aura vu pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un leader de parti faire de son idéologie, son credo, des promesses populistes, à base de désinformations, de manipulations. Nous avions surnommé ces actions « 5D » : « Désacralisation, Déshumanisation Déconsidération, Déconstruction et Destruction » des fondements et des symboles de l’ État : les figures institutionnelles ( l’ancien Président de la République Macky Sall, aujourd’hui le Président Bassirou Diakhar Diomaye Faye, nos braves officiers, magistrats, ministres dg.) « Chose promise, chose due ». Le Premier ministre a ainsi tenu sa promesse d’honorer son calendrier d’activités, de démonstration de force pour se mesurer à son Chef le Président Diomaye devant ses militants en trois temps : « Avant le 8, Pendant le 8 et l’Aprè- le 8 novembre . Le meeting du 8 Novembre annoncé à travers tous les médias se voulait un rassemblement national des militants du parti pastef venus de toutes les régions du Sénégal , et même de la Diaspora transportés gratuitement par des bus, avec un repas et un billet de banque à l’arrivée. En vérité , en terme de mobilisation , de discours appropriés par rapport au contexte morose ,ce « Tera meeting »qui s’était tenu devant le foirail aux abords du Stade Léopold Sédar Senghor n’avait pas répondu aux attentes des citoyens et des partisans . Cette messe avait accouché plutôt d’un « Mini Meeting », comparé aux rassemblements précédents . Après des annonces en avant- première, le Premier ministre s’était finalement rendu à l’Assemblée nationale ce vendredi 28 novembre, pour la séance de réponse aux questions d’actualité des parlementaires au Gouvernement. L’absence des députés de l’opposition de la Coalition « Taku Walu » ayant fait le « boycott » l’avait pris au dépourvu . « Les fruits n’avaient pas tenu la promesse des fleurs. » En effet les sénégalais attendaient du Chef du Gouvernement des explications et des solutions à propos des difficultés financières du Gouvernement avec la dégringolade ascendante de jour en jour de la note du Sénégal , la posture du Fmi ,celle des sénégalais de tous bords, le front social en ébullition , avec les enseignants , les agriculteurs laissés á eux-mêmes, leurs récoltes d’arachides restées entre leurs mains ,faute d’avoir des propositions de prix justes et décentes , les pêcheurs dans la mélasse , leurs rêves évanouis après la fin des Accords de pêche tant décriés par ces gouvernants étant dans l’opposition , la grogne des enseignants , des agents de la santé, le coût inaccessible de l’électricité, l’inondation de certaines localités du Sénégal , toujours envahies par les eaux de pluie, malgré des investissements de sept milliards pour Touba et 8 milliards pour Bakel « selon », la descente des marchands ambulants, mécaniciens déguerpis, des affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants qui n’ont pas perçu leurs bourses depuis des mois. Ces derniers récitaient leurs leçons de vandalisme bien apprises lors des évènements de mars 2021 á juin 2023. En lieu et place d’une séance sereine, les sénégalais avaient eu droit dans l’Hémicycle à une grotesque scène d’hystérie . L’hôte du jour , toujours égal à lui-même ne s’était pas du tout gêné de donner une réponse vague, superficielle et laconique aux deux députés de l’opposition présents sur son voyage fait dans le secret total, sans communiqué officiel, non sans rappeler « qu’il ne travaillait pas pour le Président Diomaye , mais pour le Sénégal, sous les vivats des députés de son camp. Piqué à vif par les déclarations du ministre des Finances et celui de l’Économie qui avaient violé l’omerta sur la « dette cachée » qu’ils trouvaient insensée, le Premier ministre retourna sa redoutable mitraillette buccale en direction du député qui avait eu « l’outrecuidance », selon lui de fustiger « l’incompétence et la paresse des membres du Gouvernement » lui au premier chef. Ses balles de diatribes et de vocifération n’avaient pas épargné les députés qui avaient fait le boycott et l’opposition extra muros. Mais cette fois son discours enrobé de miel ,plein de mansuétude en direction des magistrats qu’il avait traités jusqu’ici de tous les noms désobligeants avait bien créé la surprise générale et suscité surtout des interrogations sur les motivations réelles de son auteur . Le « Président illégitime » aurait il enfin refroidi le café très chaud du « Président Légitime » avec beaucoup de glaçons, remettant les choses à l’endroit en sonnant la fin des séries « Nova » :« Tantes Mimi et Aïda » , « Serigne Ousmane et Serigne Abdourakhmane » qui avaient tenu en haleine pendant un temps le Peuple de Pastef et les sénégalais ? Malheureusement l’intermède de cette ambiance de bonne humeur du Chef fut brève. Comme raisons on pourrait citer la décision de la Cour d’appel de Versailles qui présage d’une fin de non recevoir de la demande d’extradition du journaliste Madiambal Diagne. L’homme ne s’était toujours remis de sa déception et sa colère . Il avait brandi la menace d’appliquer désormais la réciprocité pour les citoyens français en détention ou condamnés par des juridictions sénégalaises l’avait mis en rage d’abord. Le rapport accablant du professeur de droit norvégien Mads Andenaes pour la Commission des Nations unies des droits de l’homme requis par les avocats du député Farba Ngom toujours maintenu en prison par le procureur qui s’était opposé à sa mise en liberté provisoire, et d’autres comme Khadim Ba, l’épouse de Madiambal , Mawdo Malick Mbaye tous gravement malades. L’habitude étant une seconde nature, le Premier ministre renoua avec la sienne en s’attaquant cette fois à un sujet très sensible qui relève du domaine exclusif du Chef de l’État. Alors , sans crier gare , il évoquait le coup d’État survenu il y’a quelques jours en Guinée Bissau. Le Président Umaro Sissoco Embalo candidat à un second mandat avait été déchu par les militaires. Alors que le Président Diomaye Faye, après discussion et accord avec ses pairs de la Cedeao avait accueilli à bras ouverts son homologue au moment de la proclamation des résultats des élections présidentielles qui s’étaient déroulées normalement. Le Premier ministre « sans fard » pour reprendre le journaliste ( Mansaly du journal Libération du 29 novembre 2025) avait donné sa position personnelle en faveur de son ami l’opposant et candidat à ces élections. Ce dernier avait élu refuge à Ziguinchor, fief du Premier ministre. En effet ce dernier avait pris le contrepied du Président Diomaye . Catégorique, sans frisson, il avait qualifié ce coup d’État de « mascarade , une combine. ». Il poursuit en appelant à « l’aboutissement du processus électoral et en exigeant la libération de Domingos Pereira » qui n’était même pas candidat. Il n’est pas besoin d’être alors un devin pour prévoir les terribles conséquences de ces déclarations intempestives , inappropriées et irresponsables au niveau national, africain et au niveau des organisations internationales. Les partenaires financiers vont cette fois achever notre pays économiquement en agonie. L’Union africaine (UA) a annoncé avoir suspendu le pays de ses instances, en réaction au renversement du président Umaro Sissoco Embalo et la prise de pouvoir par des militaires..
La Cedeao pourrait à titre de sanctions donner des instructions fermes aux États et institutions bancaires et financières de l’espace Cedaeo à l’exclusion des pays comme le Mali, le Niger,le Burkina Faso, de l’espace Umoa unis par une monnaie commune et les autres de ne plus donner suite aux prochaines demandes de levées de fonds par le Sénégal à l’occasion des emprunts obligataires. Le Président Umaro Sissoco Embalo, malgré tout, avait le soutien de la communauté internationale pour son engagement, sa détermination à lutter contre la grande criminalité. Car ce dernier avait presque mis fin en collaboration avec les vaillantes forces de défense sénégalaises aux actions des bandes armées, sévissant depuis des années dans la vaste région du Sud en Casamance et les trafiquants de drogue. Ces derniers trouvaient refuge dans la forêt frontalière , zone rouge des cultures de drogues de toutes sortes , refuge des narco trafiquants de l’Amérique du Sud , notamment de la Colombie , quasi nettoyée aujourd’hui . Le Conseil de l’Union africaine pour la Paix et la Sécurité (CPS), le Giaba, organe de la Cedao en Afrique , l’Onudc, le Gafi, l’Ocde , organes responsables du Programme global contre le blanchiment d’argent, les recettes du crime et le financement du terrorisme avaient tous été mis en contribution lors de ces opérations . Ils ont condamné ce coup d’État et tout pays qui l’aurait soutenu ou encouragé. En janvier, les agents de l’Agence américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA) avaient procédé à des milliers d’arrestations liées au fentanyl, (drogue la plus dangereuse et mortelle qui fait des ravages au niveau des jeunes . Des laboratoires avaient été transférés dans les forêts de Casamance . Le Président Emballo avait alors signé avant la dissolution de l’Assemblée nationale de son pays , promulgué et pris un décret d’ application d’une loi renforçant les peines de prison pour le trafic de cette drogue . La police bissau -guinéenne avait saisi plus de 1,8 tonne de cocaïne en provenance de Colombie. C’est la « plus grosse » prise de l’histoire de ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest. Huit suspects, trois Colombiens, quatre Bissau-Guinéens et un Malien, avaient été arrêtés à la suite de cette saisie qui s’est opérée en deux temps dans deux localités proches de la côte nord du pays, à environ 120 km de la capitale. Avec ce nouveau régime populiste de Pastef , ce qui fait plus mal aujourd’hui en sus des arrestations et détentions arbitraires , c’est la dé -crédibilisation du Sénégal. Notre pays respecté partout, avait toujours été la vitrine de la Connaissance, de la Science , des Arts , de la Couture , de la Démocratie , des Droits et des Libertés. Devant un tel affront du Premier ministre , le Président Bassirou Diomaye Faye n’a pas le choix pour préserver son autorité, ses rapports de respect réciproque avec ses pairs. Il devrait se départir de ses sentiments d’amitié avec son compagnon. La lourde Charge de Chef d’État ne s’aurait s’accommoder de romance angélique des légendes et des contes magnifiant l’amitié du genre « Rolland et Olivier ( La Chanson de Rolland), et chez nous l’histoire de ces deux femmes, amies d’enfance « Khandiou et Yaye Ndatté » qui connut une fin tragique dans le puits. En lieu et place , c’est la vraie histoire du Président Abdou Diouf et de son vieux ami et Premier ministre feu Habib Thiam qui devrait prévaloir . Le Président Bassirou Diomaye Faye, père de famille modèle , qui a supporté tous les caprices , les quolibets , humiliations, du Premier ministre , des insultes de ses partisans au vu de son père, sa mère , ses épouses et ses enfants devant la gravité des actes et propos du Premier ministre à propos de ce coup d’État devrait le démettre ses fonctions . Sinon le Sénégal va alors poursuivre sa descente non plus jusqu’au quatrième sous-sol mais à plus de cent kilomètres du sol : le magma.
Maître Djibril War, ancien député , Coordonnateur du Mouvement National Pour la Paix , la Tolérance et la Préservation du Patrimoine Moral et Religieux, membre du PGA , observateur à la Commission des Nations unies des Droits de l’homme à New york, et au Réseau Libéral Africain
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°621 – 03/12/2025
Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre
Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.
Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.
Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »
Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».
La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.
Tension à Niague – Lac Rose : le DG de Casa Orascom s’explique
Suite aux manifestations sur le site d’implantation du projet « Villes vertes » de l’entreprise Casa Orascom au Lac Rose, ayant conduit à l’arrestation de onze personnes dont le docteur Amath Wade, le directeur général de la société est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements.
Le DG réfute toutes les accusations portées contre Casa Orascom :
« Ce 20 novembre, un certain nombre d’individus se sont introduits sur le site et ont agressé Ilimane Fall, un employé de notre entreprise. Il a été violemment tabassé avec des barres de fer. C’est à la suite de cette agression qu’il a porté plainte. Et ce sont ces individus qui ont été interpellés après l’enquête de la gendarmerie. »
Il poursuit :
« La violence est inacceptable et nous devons tous la combattre. Il faut également préciser que de fausses images circulent, laissant croire à un abattage d’arbres. Nous avons respecté la physionomie du site sur le plan topographique et nous avons veillé à épouser le terrain naturel. »
Le directeur général rappelle par ailleurs l’envergure du projet et les opportunités qu’il est censé offrir aux populations, estimant qu’il ne peut être que bénéfique pour la zone.
Il conclut :
« La question environnementale, qui est centrale dans nos engagements auprès de l’État du Sénégal, a été pleinement prise en compte dans le processus et dans tous les aspects du projet. »

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »
L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.
L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.
L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.
À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°620 – 02/12/2025
Troisième pétrolier lié à la Russie touché par des explosions : le Mersin atteint au large de Dakar
Un nouvel incident maritime est survenu au large de Dakar. Le pétrolier Mersin, un navire transportant du gasoil et géré par la compagnie Besiktas Shipping, a été frappé par quatre explosions externes alors qu’il naviguait dans les eaux sénégalaises. L’armateur a confirmé que de l’eau de mer avait envahi la salle des machines, mais que le navire demeurait stable, sans pollution signalée et avec un équipage sain et sauf.
Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Il s’agit en effet du troisième navire ayant transporté du pétrole russe à subir une attaque ou des dommages en seulement trois jours. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité ukrainiens seraient impliqués dans deux incidents récents survenus en mer Noire contre des pétroliers qui avaient précédemment transporté des hydrocarbures russes. Cependant, aucune revendication n’a été formulée concernant l’explosion survenue au large du Sénégal, et le flou persiste sur les motivations et les auteurs.
Besiktas Shipping a indiqué collaborer étroitement avec les autorités sénégalaises et les assurances pour déterminer les causes exactes des explosions. L’entreprise assure qu’elle participe pleinement aux enquêtes en cours et qu’elle met en place toutes les mesures nécessaires pour gérer l’impact technique et logistique de l’incident.
Selon les données de la firme d’analyse maritime Kpler, le Mersin transportait du gasoil et avait fréquenté plusieurs ports russes ces derniers mois. Cette information alimente les spéculations autour d’une possible série d’attaques ciblant des navires ayant participé au commerce du pétrole russe, même si aucun élément concret ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct avec le conflit en Ukraine.
Du côté des autorités sénégalaises, le Port autonome de Dakar a confirmé que le navire avait pris « une quantité d’eau significative » avant d’être stabilisé grâce à l’intervention de remorqueurs permanents et d’équipes techniques spécialisées. Les premières opérations consistent à colmater les brèches afin de rétablir l’étanchéité de la coque. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que le transfert de la cargaison pourra commencer, une manœuvre délicate destinée à éviter toute déstabilisation du pétrolier pendant les travaux de pompage.

Pour l’heure, aucune menace environnementale n’a été signalée, mais les services sénégalais restent en alerte. Outre l’enquête sur les explosions, l’objectif majeur est d’éviter tout risque de pollution sur le littoral dakarois, surtout face à la nature hautement inflammable de la cargaison.
Cet incident, qui survient loin des zones habituellement touchées par les tensions liées au transport de pétrole russe, interpelle et ouvre de nouvelles questions sur l’évolution des risques maritimes internationaux. Les conclusions de l’enquête pourraient avoir des implications stratégiques, tant pour les routes commerciales que pour la sécurité maritime dans la région ouest-africaine.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°619 – 01/12/2025
Santé : le SATSUS annonce une nouvelle grève les 10 et 11 décembre 2025
La tension reste vive dans le secteur de la santé. Le Syndicat autonome des techniciens supérieurs de la santé (SATSUS/And Gueusseum) a annoncé ce dimanche une nouvelle grève de 48 heures prévue les mercredi 10 et jeudi 11 décembre 2025. Une décision qui s’inscrit dans un bras de fer qui s’intensifie avec le gouvernement, accusé de maintenir un « silence illégal, lourd et stratégique » face aux revendications déposées depuis plusieurs mois.
Dans son communiqué, le SATSUS revendique une mobilisation « historique » lors de la première phase de la grève générale des 25 et 26 novembre. Selon le syndicat, entre 80 % et 98 % des structures sanitaires du pays ont cessé de fonctionner, à l’exception des urgences et du service minimum. Cette démonstration de force aurait galvanisé les troupes, le syndicat affirmant vouloir inscrire désormais sa lutte « dans la durée » pour obtenir l’application intégrale des accords signés avec l’État.
Malgré cette mobilisation, le syndicat fustige ce qu’il considère comme une entrave à son droit de manifester. Il condamne en effet « le refus poli et totalement injustifié du préfet de Dakar » qui aurait interdit la marche prévue le 26 novembre, pourtant déclarée dans les délais réglementaires. Une interdiction interprétée comme une volonté de freiner la dynamique contestataire dans un secteur déjà fragilisé par les tensions internes et les lourdeurs administratives.
Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut remonter au 16 novembre 2025. À cette date, les syndicats de santé, après une analyse jugée « approfondie » du processus d’apurement du passif social, avaient annoncé une série de marches, grèves et sit-in pour faire pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’application des accords de mai 2022, qui prévoient des augmentations salariales, le versement des fonds de motivation destinés au personnel hospitalier, ainsi que le reclassement des techniciens supérieurs ayant achevé leurs formations. Selon le SATSUS, la lenteur observée dans ce processus s’apparente à un blocage délibéré, en contradiction avec les engagements pris par l’État.
Dans ce nouveau communiqué, les syndicalistes durcissent encore le ton en avertissant les autorités que « nul ne peut prétendre assurer une paix sociale durable tout en mettant un coude sur un passif social lourd ». Ils accusent également l’État de violer quotidiennement le Code du travail et de se protéger derrière « une prétendue crise économique » utilisée comme prétexte pour ne pas appliquer les mesures convenues.
Cette nouvelle grève de 48 heures risque de perturber davantage le fonctionnement des hôpitaux et centres de santé, déjà éprouvés par des mois de tensions. À l’approche de cette nouvelle date de mobilisation, le gouvernement n’a toujours pas réagi publiquement aux accusations du syndicat, alimentant l’inquiétude d’un conflit social qui pourrait s’enliser au détriment des usagers du service public de santé.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°618 – 29 ET 30/11/2025
Dernière minute : L’épouse du journaliste Madiambal Diagne évacuée en urgence à l’Hôpital Principal de Dakar
Un développement préoccupant vient de survenir dans l’affaire impliquant la famille du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne. Son épouse, Bineta Diaby, qui était jusqu’ici hospitalisée à l’Hôpital Aristide Le Dantec, a été évacuée d’urgence ce vendredi à l’Hôpital Principal de Dakar. Selon des sources proches du dossier, son état de santé se serait brusquement dégradé, nécessitant une prise en charge médicale plus soutenue.
Bineta Diaby était internée depuis plusieurs jours à Le Dantec, mais les médecins auraient constaté une évolution jugée « très difficile », ce qui a motivé son transfert immédiat vers un établissement mieux équipé pour faire face à la gravité de la situation. Pour l’instant, aucune information officielle n’a été communiquée sur la nature exacte de son malaise, mais son entourage évoque une forte détérioration de son état physique et moral depuis son arrestation.
Pour rappel, l’épouse de Madiambal Diagne a été arrêtée en septembre dernier, en même temps que deux de leurs fils et un proche de la famille. Tous ont été placés sous mandat de dépôt dans le cadre d’une vaste enquête portant sur des accusations d’« escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux ». Une affaire qui a suscité de nombreux commentaires dans le paysage médiatique et politique, compte tenu de la notoriété du journaliste.
Depuis leur incarcération, plusieurs sources rapportent que Bineta Diaby avait exprimé des difficultés psychologiques et physiologiques, accentuées par les conditions de détention et la pression médiatique entourant le dossier. Son avocat avait déjà alerté sur la nécessité d’un suivi médical rapproché.
Son transfert vers l’Hôpital Principal constitue donc une étape critique, qui pourrait relancer le débat sur la santé des personnes détenues et leurs conditions de prise en charge dans les structures pénitentiaires et hospitalières du pays. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer son évolution.
“Dette cachée” : Ousmane Sonko affirme que « le travail n’est pas achevé » et annonce la poursuite des investigations
La polémique autour de la « dette cachée » révélée par le Premier ministre Ousmane Sonko en septembre 2024 continue d’occuper le devant de la scène politique nationale. Ce vendredi, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont interpellé le gouvernement sur la nature, l’origine et l’ampleur de cette dette dont les contours demeurent encore flous pour une partie de l’opinion publique.
Face aux parlementaires, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a apporté une première clarification, indiquant qu’il s’agit d’une dette « qui n’a pas été communiquée au Fonds monétaire international (FMI) ». Une omission particulièrement préoccupante au regard des standards de transparence financière exigés par les partenaires internationaux. Mais au-delà du FMI, estime l’exécutif, c’est d’abord le peuple sénégalais qui a été tenu à l’écart de ces engagements contractés en son nom.
Prenant la parole à son tour, Ousmane Sonko a insisté sur cet aspect, rappelant que « l’Assemblée nationale devait être la première informée, car il s’agit d’une dette contractée au nom du peuple sénégalais ». Le chef du gouvernement a ensuite livré des éléments nouveaux, confirmant que les investigations engagées depuis plusieurs mois sont loin d’être terminées. « Le travail n’est pas achevé, les enquêtes se poursuivent », a-t-il affirmé, précisant que les premières découvertes ne représentent qu’une partie des irrégularités relevées.
Pour justifier la prolongation des travaux d’enquête, Sonko a évoqué deux motifs précis. Le premier concerne la dette bancaire intérieure, pour laquelle une « enquête minutieuse » est toujours en cours afin d’identifier la nature exacte des engagements, leurs bénéficiaires, ainsi que les mécanismes ayant permis de les dissimuler. Le second motif, qualifié de « plus préoccupant », porte sur des flux financiers importants opérés en dehors de toute procédure réglementaire. « Entre 2019 et 2024, plus de 1300 milliards de F CFA sont passés par un compte sans surveillance », a révélé le Premier ministre, soulignant la gravité d’un tel dysfonctionnement dans la gestion des finances publiques.
Ces révélations renforcent la détermination du gouvernement à poursuivre le travail d’audit engagé depuis son arrivée au pouvoir, dans une démarche qui vise, selon Sonko, à « éclairer pleinement les Sénégalais » sur la gestion de l’État durant les dernières années. L’exécutif affirme vouloir s’appuyer sur les conclusions de ces enquêtes pour renforcer les mécanismes de gouvernance, éviter la reproduction de telles pratiques et assainir définitivement les finances publiques.
Interpellé également sur les critiques visant le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), un programme phare du gouvernement pour relancer l’économie, Ousmane Sonko a invité l’opposition à dépasser la posture de contestation et à formuler des propositions concrètes. « Si vous n’êtes pas d’accord avec le PRES, proposez mieux. Le pays a besoin d’avancer », a-t-il lancé, réaffirmant son engagement à mener les réformes jugées nécessaires malgré les résistances politiques.
Alors que les auditions et vérifications se poursuivent, la révélation de cette « dette cachée » continue d’ouvrir un large débat sur la transparence budgétaire, la responsabilité politique et le rapport entre pouvoir exécutif et institutions de contrôle. Les prochaines semaines seront décisives, à mesure que les résultats des investigations se préciseront et que les implications politiques de ces découvertes se feront sentir.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°617 – 28/11/2025
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°616 – 27/11/2025
Idrissa Seck se rend à Rebeuss : un geste politique fort qui redonne une nouvelle dimension à l’affaire Badara Gadiaga
L’affaire Badara Gadiaga continue de susciter de vifs débats au Sénégal, mais ce mercredi, un événement inattendu est venu renforcer encore davantage sa portée politique et symbolique. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, ancien Premier ministre et l’une des figures majeures de la scène politique nationale, s’est personnellement rendu à la prison de Rebeuss pour rencontrer le chroniqueur incarcéré. Une visite rare, lourde de sens, qui repositionne l’affaire Gadiaga au centre du débat sur les libertés publiques et le traitement réservé aux acteurs de l’espace médiatique.
Arrivé en fin de matinée, Idrissa Seck a été discret mais déterminé. Les services pénitentiaires, visiblement préparés à cette visite de haut profil, l’ont conduit vers une salle réservée aux entretiens particuliers. Selon des sources présentes sur place, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, mais empreinte d’une forte charge émotionnelle. Le président de Rewmi aurait exprimé à Badara Gadiaga son soutien personnel, en insistant sur son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression, qu’il considère comme au cœur de tout État de droit.
Le geste d’Idrissa Seck n’a rien d’anodin. Connu pour son sens aigu de la mesure, sa prudence politique et son refus des sorties impulsives, il se déplace très rarement en prison pour ce type de visite. En se rendant à Rebeuss, il envoie un signal fort : l’affaire Badara Gadiaga n’est plus un simple dossier pénal ou une polémique médiatique passagère. Elle touche à des enjeux institutionnels, politiques et démocratiques majeurs, au point de mobiliser des acteurs qui, jusque-là, observaient la situation avec distance.
Pour de nombreux observateurs, cette visite constitue un tournant dans l’affaire. Elle signifie que le cas Gadiaga dépasse désormais les clivages partisans pour devenir une question de principe, presque un test grandeur nature de la résilience de la démocratie sénégalaise. Certains analystes y voient une mise en garde implicite contre toute tentative d’instrumentalisation de la justice ou de restriction de la parole publique. D’autres estiment que le geste d’Idrissa Seck pourrait encourager d’autres leaders politiques ou personnalités publiques à prendre position de manière plus ouverte.
La présence du président de Rewmi à Rebeuss intervient dans un contexte où les interrogations se multiplient autour du traitement réservé aux journalistes, chroniqueurs et analystes politiques. Dans un paysage médiatique marqué par des tensions croissantes, la détention de Badara Gadiaga est devenue le symbole d’un débat plus large sur la place du discours critique et sur les limites, parfois floues, entre liberté d’expression et responsabilité pénale.
Cette visite, hautement symbolique, renforce donc l’idée que l’affaire Gadiaga est désormais inscrite dans une dynamique nationale qui interroge directement les fondements mêmes de l’État de droit. Elle remet au premier plan les enjeux liés à la protection des voix critiques et au respect des principes démocratiques, dans un pays souvent cité en exemple sur le continent pour sa tradition de liberté et de pluralisme.
Affaire Badara Gadiaga : la Cour d’appel de Dakar fixe une audience décisive pour le 4 décembre
Un nouveau tournant judiciaire s’annonce dans l’affaire opposant le ministère public à Badara Gadiaga. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a fixé une audience pour ce jeudi 4 décembre 2025 à 9h, selon un avis officiel transmis aux avocats concernés. Le recours porte sur l’appel introduit contre l’ordonnance ayant accordé une mise en liberté provisoire assortie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique à l’homme d’affaires.
Dans le document adressé aux conseils de la défense — Maîtres Djiby Diallo, Malick Fall, Abou Alassane Diallo, Alioune Badara Fall, Souleymane Soumaré, El Hadji Diouf, Seydou Diagne et Oumar Youm — la juridiction indique que l’affaire « Ministère public contre Badara Gadiaga » a été régulièrement inscrite au rôle de la Chambre d’accusation pour être appelée à cette date.
Cette audience revêt une importance majeure : elle déterminera si la mise en liberté provisoire accordée à Badara Gadiaga sera confirmée, réformée ou annulée. L’enjeu est donc considérable, puisqu’un retour en détention ou un durcissement des mesures de contrôle judiciaire demeure juridiquement possible, tout comme une confirmation du dispositif actuel.
L’affaire Badara Gadiaga, qui avait déjà suscité de vives réactions dans l’opinion et dans certains milieux économiques, continue ainsi son chemin dans les arcanes judiciaires. Les débats devant la Chambre d’accusation devraient permettre de clarifier plusieurs points contestés, notamment les conditions et fondements du placement sous surveillance électronique, ainsi que la portée exacte de l’ordonnance attaquée.
Les avocats de la défense, particulièrement mobilisés, envisagent cette audience comme une étape déterminante dans la stratégie visant à obtenir l’allègement, voire la levée des mesures restrictives. De son côté, le ministère public entend défendre son appel, estimant que les mesures initiales étaient insuffisantes au regard des faits reprochés.
Madiambal fusille Abass Fall : “Le maire des baudets ne fait que répéter les âneries de Sonko”
Une vive passe d’armes secoue une nouvelle fois la scène politique sénégalaise. Ce mercredi, le journaliste Madiambal Diagne a lancé une réplique cinglante au maire de Dakar, Abass Fall, qu’il accuse d’avoir moqué sa couleur de peau dans une sortie qu’il juge indigne d’un responsable public.
Dans un message sur X, Madiambal charge sans retenue. Il affirme que si Abass Fall avait “un minimum de culture”, il lui aurait rappelé une fable de La Fontaine évoquant Aliboron, symbole d’ignorance et de médiocrité. Mais, selon lui, le maire qu’il qualifie “d’usurpateur” serait “au niveau des baudets” et se contenterait de répéter “les âneries de Sonko”, en référence au Premier ministre.
L’élément qui a mis le feu aux poudres est une pique d’Abass Fall sur le teint de Madiambal, qu’il aurait qualifié de “noirot”. Une insulte que le journaliste juge d’autant plus choquante qu’elle émane, selon lui, de dirigeants d’un parti se réclamant du panafricanisme. “Pathétique, l’élite panafricaniste de Pastef”, a-t-il fustigé.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°615 – 26/11/2025
Gueum Sa Bopp charge la gouvernance : entre accusations de dérives, soupçons de manœuvres politiques et appel à une mobilisation nationale
Le mouvement Gueum Sa Bopp, par la voix de ses cadres réunis au sein de la plateforme « Les Jambaars », a livré ce 25 novembre 2025 une déclaration liminaire particulièrement offensive, dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Entre critiques institutionnelles, interrogations sur la transparence publique, dénonciation d’un agenda politique dissimulé et propositions économiques, la sortie du mouvement a marqué un tournant dans le débat politique national à la veille du face-à-face entre le Premier ministre et les députés prévu ce vendredi 28 novembre à l’Assemblée nationale.
Dès l’entame de la déclaration, les responsables de Gueum Sa Bopp expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « rupture totale entre les engagements pris devant le peuple et la réalité de la gestion actuelle du pays ». Pour eux, moins de deux années après l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement, les signes d’un affaiblissement institutionnel, d’une récession économique et d’un chômage en hausse seraient aujourd’hui visibles et alarmants. Le mouvement accuse l’exécutif d’avoir substitué au programme initial des priorités politiques et électoralistes, décrivant une gouvernance bâtie sur « l’incompétence, l’inexpertise et l’irresponsabilité ».
Dans leur diagnostic, les cadres du mouvement pointent particulièrement les choix de nomination qu’ils jugent hasardeux. Selon eux, les nominations au sein des administrations, des directions nationales ou des conseils d’administration ne répondent plus aux critères de compétence ou d’expérience. Ils évoquent l’arrivée de directeurs « inexpérimentés, parfois anciens stagiaires », de présidents de conseil d’administration « sans qualification reconnue » et de députés « incapables de légiférer ». Pour Gueum Sa Bopp, cette situation a contribué à une bureaucratie coûteuse et inefficace, absorbant une grande partie des finances publiques sans produire de résultats tangibles.
Ce manque d’efficacité serait aggravé, selon eux, par l’absence de transparence. Le mouvement accuse le pouvoir de dissimuler des informations essentielles au public et d’étouffer les demandes légitimes de reddition des comptes. L’affaire liée à la « note de renseignement concernant Madiambal » est citée comme exemple emblématique. Gueum Sa Bopp reproche au gouvernement de ne pas rendre publique cette note évoquée dans le débat national, estimant que « l’information appartient au peuple » et que rien ne justifie une telle opacité dans une démocratie.
Les questions posées par le mouvement touchent plusieurs domaines jugés stratégiques. Sur les ressources naturelles, ils affirment que les Sénégalais ne disposent toujours pas d’informations détaillées et régulières sur les recettes issues du pétrole et du gaz. Sur le train de vie de l’État, ils exigent la publication des dépenses liées à l’usage du jet privé pour les déplacements du Premier ministre, ainsi que la mise à disposition des factures, des missions et des dépenses ministérielles financées par le contribuable.
Pour les cadres du mouvement, le pays se trouve dans une situation économique préoccupante, caractérisée par une dette publique qui compromet la capacité de l’État à investir. Ils affirment que les secteurs clés – agriculture, élevage, pêche – manquent d’intrants, de mécanisation et d’infrastructures, malgré les annonces répétées de réformes. Les réformes administratives présentées par le gouvernement seraient restées, selon eux, au stade du discours, tandis que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement explosent au détriment des investissements productifs.
Gueum Sa Bopp accuse également l’exécutif de préparer en coulisses un agenda politique dissimulé visant à restructurer le paysage électoral à son avantage. Ils évoquent une possible dissolution programmée de l’Assemblée nationale en décembre 2026 pour coupler les élections locales de 2027 aux législatives, une stratégie qu’ils qualifient de « conspiration d’État » destinée à verrouiller les échéances électorales de 2027 et 2029. Pour eux, cette approche détournerait le gouvernement de ses responsabilités premières : répondre aux urgences sociales, lutter contre la vie chère, garantir l’emploi et assurer la sécurité nationale.
Face à ce qu’ils décrivent comme un échec de la gouvernance, les responsables du mouvement avancent plusieurs pistes de redressement. Ils estiment que le Sénégal pourrait économiser entre 180 et 240 milliards grâce à une rationalisation administrative réelle, permettant de rediriger ces fonds vers les secteurs productifs. Ils plaident pour une gestion rigoureuse des recettes pétrolières et gazières, un financement renforcé des intrants agricoles, une modernisation de l’élevage et des infrastructures halieutiques, ainsi qu’un soutien massif aux petites entreprises et artisans afin de relancer l’économie.
Le mouvement propose également l’adoption de nouveaux cadres légaux pour renforcer la transparence financière, un contrôle renforcé des marchés publics, une diplomatie économique plus active et la mise en place d’un cadre de suivi public des réformes accompagné d’une commission indépendante d’évaluation de l’action gouvernementale.
Au-delà de la critique, Gueum Sa Bopp appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces de l’opposition à se mobiliser. Du 1ᵉʳ décembre 2025 au 30 avril 2026, le mouvement prévoit une vaste campagne nationale, avec la création de « clubs Jambaars » dans les villages, les quartiers et dans la diaspora. Ces structures auront pour rôle d’animer le mouvement, de sensibiliser la population et de diffuser sa ligne politique. Le slogan choisi, « Dello Sénégal ci kaw » (« Relevons le Sénégal »), ambitionne d’incarner cette dynamique.
Le mouvement annonce également qu’après la séance de vendredi à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le Premier ministre sera interpellé par les députés, il présentera aux Sénégalais « la vérité des chiffres, la vérité des manœuvres et la vérité des solutions ». Pour Gueum Sa Bopp, la mobilisation citoyenne est désormais indispensable afin de restaurer la confiance dans les institutions et de remettre le pays sur les rails du progrès économique et social.
La déclaration se conclut par un appel solennel à la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre, jugée indispensable dans un contexte où la note souveraine du pays se dégrade et où les investissements étrangers connaissent une baisse sensible. Selon Gueum Sa Bopp, le Sénégal traverse un moment charnière où seule une action corrective rapide et transparente pourrait éviter un basculement vers une crise plus profonde.
Crise au sommet de l’État
Le Khalife de Bambilor : « La stabilité du Sénégal dépend de Sonko et de Diomaye »
La crise entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, continue d’alimenter les débats. Depuis le tera-meeting du 8 novembre 2025 et la nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président — décision qui a installé un malaise au sein du gouvernement — les réactions se multiplient.
Si certains concitoyens pointent du doigt le Pastef et invitent le chef de l’État à prendre ses responsabilités, d’autres appellent à un sursaut national et exhortent les deux dirigeants à dépasser les querelles partisanes.
C’est dans ce sens que s’est exprimé le Khalife général de Bambilor, appelant les deux responsables à mettre de côté leurs différends et à penser aux populations qui les ont portés au pouvoir.
« Le peuple sénégalais est fatigué et tous les regards sont tournés vers le tandem Sonko–Diomaye, attendu sur les promesses faites hier comme aujourd’hui. Il ne doit y avoir ni tiraillements ni querelles entre eux », a déclaré Thierno Amadou Ba, lors de la cérémonie de signature du jumelage entre les communes de Bambilor et Verdelino, dans la province de Bergame, en Italie.
Poursuivant, le guide religieux a ajouté :
« M. le maire nous a demandé de prier pour les autorités gouvernementales, et nous continuerons de le faire. Le TOUT-PUISSANT a exaucé leurs prières. C’est pourquoi ils n’ont plus droit à l’erreur. Leur priorité doit être de s’occuper des urgences du moment, mais surtout des préoccupations des populations : c’est là que le peuple les attend.
Le message que je leur lance, c’est de garder à l’esprit ce qu’ils disaient au peuple lorsqu’ils étaient dans l’opposition, quand ils sollicitaient les suffrages des Sénégalais et formulaient toutes ces critiques. La stabilité du Sénégal dépend aujourd’hui d’Ousmane Sonko et de Diomaye Faye. Il est donc grand temps pour eux de mettre de côté leurs états d’âme et de préserver le Sénégal. Nous allons continuer à prier pour le pays et pour eux, mais ils doivent aussi y mettre du leur. »
Cette déclaration a été faite ce mardi en marge de la signature de l’accord de jumelage entre le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, et le maire de Verdelino, Zanoli Silvano, ainsi qu’entre la commune de Bambilor et l’ONG Fawzi Wa Nadiaty, dirigée par Thierno Amadou Ba. Cette organisation assurera le volet technique du programme de jumelage, axé sur la culture, le tourisme, la formation, la santé et l’emploi des jeunes, entre autres.
Aly Saleh
Université de Saint-Louis : les étudiants suspendent les cours pour 24 heures et menacent de durcir le mouvement
L’Université Gaston Berger de Saint-Louis est de nouveau secouée par une montée de tension qui fait ressurgir les vieux démons des crises sociales et académiques. Ce mardi 25 novembre, la Coordination des étudiants a décrété un mot d’ordre de suspension totale des activités pédagogiques pour 24 heures, combiné à une Journée sans ticket renouvelable (JST), une mesure souvent utilisée comme levier de pression contre l’administration. Ce débrayage, qui paralyse cours et évaluations, traduit un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.
Dans un communiqué transmis à la presse, les étudiants dénoncent avant tout le retard jugé « inexplicable » dans la régularisation de la situation des boursiers. Ils rappellent que plusieurs étudiants vivent une précarité accentuée par ces retards de paiement, qui affectent le logement, la restauration et même la capacité à poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour eux, l’absence de réponses concrètes malgré des engagements répétés des autorités ne fait qu’aggraver la frustration et la perte de confiance.
Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Coordination pointe également l’immobilisme autour des chantiers du campus social, dont le démarrage effectif se fait toujours attendre. Ces projets, censés améliorer les conditions de vie des étudiants à travers la rénovation des dortoirs, l’augmentation des capacités d’hébergement ou encore la modernisation des infrastructures de restauration, semblent être à l’arrêt. Les étudiants estiment qu’un tel retard est devenu « intenable », alors même que la population estudiantine continue de croître chaque année.
Autre point de crispation : l’accès à une connexion Internet stable et opérationnelle, un besoin désormais essentiel au fonctionnement de l’université. Ils affirment que l’absence d’un réseau performant handicape gravement les activités académiques, qu’il s’agisse de la recherche documentaire, des travaux dirigés en ligne ou des cours hybrides introduits depuis la pandémie. Pour eux, dans une université moderne, l’Internet ne doit plus être considéré comme un luxe mais comme un outil pédagogique fondamental.
Face à ce qu’ils considèrent comme une accumulation de manquements, les étudiants préviennent qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. La Coordination affirme suivre de près les réactions des autorités et n’exclut pas de durcir le mouvement si leurs préoccupations ne sont pas prises en charge dans les plus brefs délais. Une radicalisation du mouvement reste donc possible, au risque de replonger l’UGB dans l’une de ces longues crises qui perturbent régulièrement son calendrier académique.
Alors que les autorités universitaires et étatiques sont attendues pour une prise de position claire, les regards restent tournés vers Saint-Louis, où les étudiants semblent plus déterminés que jamais à faire entendre leurs revendications.
Rebasing 2021 : le Sénégal revoit son PIB à la hausse et améliore ses indicateurs macroéconomiques
Le Sénégal vient d’opérer une révision majeure de ses comptes nationaux, un exercice essentiel pour mieux capter la réalité économique du pays. Dans une publication rendue publique ce 25 novembre 2025, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) annonce officiellement le passage de l’année de base 2014 à une nouvelle année de référence, 2021. Cette mise à jour, appelée rebasing, consiste à moderniser le système statistique en intégrant les dernières données disponibles, de nouvelles nomenclatures et une méthodologie améliorée de calcul du PIB et des agrégats macroéconomiques.
L’ANSD souligne que cette révision répond à la nécessité de refléter plus fidèlement la structure actuelle de l’économie sénégalaise, profondément transformée ces dernières années par l’essor de nouveaux secteurs, la digitalisation, l’évolution des services et l’amélioration des systèmes d’information économique. L’institution indique ainsi que le changement d’année de base a intégré de nouvelles enquêtes, des sources actualisées et une couverture élargie d’activités jusqu’ici mal mesurées ou insuffisamment prises en compte. Ces améliorations représentent à elles seules plus de onze points sur l’évolution du PIB.
L’impact le plus visible de cette opération est la revalorisation du produit intérieur brut. Avec la nouvelle base 2021, le PIB du Sénégal pour cette année-là est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards selon l’ancienne base 2014. L’économie sénégalaise affiche ainsi une hausse de 13,5 %, soit une revalorisation totale de 2 054,7 milliards de francs CFA. Ce saut statistique ne traduit pas une croissance réelle supplémentaire, mais plutôt une meilleure photographie de l’activité économique. Il permet d’intégrer des branches émergentes et de moderniser la lecture des performances nationales.
La structure de l’économie s’en trouve également remodelée. Le secteur tertiaire, moteur dominant de l’activité, voit son poids progresser sensiblement, passant de 50,5 % du PIB à 53,4 %. Le secteur secondaire, en revanche, se replie légèrement de 23,9 % à 22,6 %, un ajustement qui reflète sans doute une meilleure réévaluation du poids réel de l’industrie et des activités extractives. Le secteur primaire, quant à lui, maintient son importance mais reste relativement stable dans la nouvelle configuration statistique.
Cette révision a également un impact direct sur les principaux indicateurs macroéconomiques du Sénégal. La nouvelle valeur du PIB permet d’améliorer mécaniquement plusieurs ratios utilisés pour évaluer la santé et la soutenabilité de l’économie. Le solde budgétaire global, rapporté au PIB, se redresse en passant de -13,3 % à -11,8 %. Le taux d’endettement public connaît lui aussi un allègement notable, passant de 90,8 % à 80 % du PIB. Cette baisse de dix points renforce la capacité du Sénégal à respecter les critères de convergence régionaux et à présenter une situation budgétaire plus soutenable.
Par ailleurs, le taux de pression fiscale pour l’année 2021 est désormais évalué à 15,9 %, contre 18 % auparavant. Si la pression fiscale semble moins élevée, cela découle surtout de la réévaluation du PIB, et non d’une diminution effective des recettes. Le solde extérieur courant, indicateur clé de la balance des paiements, s’améliore également, passant de -12,1 % du PIB à -10,7 %.
En résumé, ce changement de base opéré par l’ANSD offre une vision plus précise, plus moderne et plus réaliste de l’économie sénégalaise. Il redessine les contours des performances macroéconomiques du pays et repositionne plusieurs indicateurs stratégiques sur des niveaux plus favorables. Cette révision, attendue depuis plusieurs années, constitue un outil essentiel pour la planification économique, la conception des politiques publiques et l’évaluation des objectifs de développement.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°614 – 25/11/2025
Chers frères et sœurs,« Ce n’est pas la morsure du serpent qui tue, mais le venin qu’on garde. » ( par Mouhamadou Moustapha MANÉ Président R les RÉPUBLICAINS )
Aujourd’hui, notre nation traverse une situation socio-économique et politique lourde, faite de tensions, de suspicions et de rivalités exacerbées. Mais la véritable menace n’est pas seulement ce que les crises nous font : c’est ce que nous en gardons au fond de nous. La partisanerie a injecté un venin dangereux dans notre vivre-ensemble, un poison fait de rancœur, de haine, d’invectives, et qui, à force d’être entretenu, menace d’atteindre un point de non-retour.
La morsure, c’est l’événement politique, la décision contestée, la parole de trop, le détournement de deniers publics, l’échec des politiques publics, etc. Mais le venin, c’est ce que nous choisissons d’en faire : cette colère que nous cultivons, cette défiance que nous transmettons, ce rejet de l’autre simplement parce qu’il pense différemment. Pendant que la pauvreté progresse, que les jeunes cherchent un avenir, que l’école s’essouffle et que l’économie peine à respirer, nous nous empoisonnons nous-mêmes de querelles qui ne nourrissent personne.
Nous oublions que nos positions politiques ne doivent pas détruire nos liens. Ni la parenté, ni la fraternité, ni l’amitié, ni même l’amour n’ont vocation à être sacrifiés sur l’autel de nos divergences. Une République ne se construit pas avec des clans, mais avec des citoyens debout, capables de se parler malgré tout, capables d’extraire le venin avant qu’il ne ronge le socle national.
Le pardon politique n’est pas l’oubli. C’est le courage d’assainir nos cœurs pour protéger la nation. C’est la lucidité de comprendre que si nous laissons la rancune devenir notre boussole, alors nous deviendrons nos propres bourreaux.
Pour la survie de cette République, il est urgent de cracher le venin, de refuser la logique de la haine, de retisser les liens, d’apprendre à débattre sans se détruire. Le Sénégal mérite mieux que nos colères accumulées. Il mérite notre lucidité, notre responsabilité et notre humanité.
Vive la République
Vive le Sénégal
Yalla na Yalla doli diam ak sutura Sénégal
Mouhamadou Moustapha MANÉ
Président R les RÉPUBLICAINS
Dakar : une vaste opération conjointe Police–Gendarmerie aboutit à 554 interpellations
La capitale sénégalaise a été le théâtre d’une opération de sécurisation de grande envergure dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre 2025. Entre 20 heures et 6 heures du matin, la Police nationale et la Gendarmerie ont mené une action coordonnée qui a abouti à l’interpellation de 554 personnes pour divers motifs, selon un communiqué officiel publié ce dimanche.
Cette opération nocturne, déployée dans plusieurs zones stratégiques de Dakar, visait à renforcer la lutte contre l’insécurité, les activités criminelles et les dérives liées à la délinquance urbaine. Les forces de l’ordre ont été particulièrement actives dans les quartiers identifiés comme sensibles, mais aussi dans les grands axes de circulation, les zones de forte affluence et les points réputés pour abriter des activités illicites.
Sur les 554 personnes interpellées, 429 ont été arrêtées dans le cadre de simples vérifications d’identité. Les forces de sécurité expliquent que ces contrôles massifs sont destinés à détecter d’éventuels suspects en fuite, prévenir les agressions nocturnes et entraver les réseaux criminels qui profitent souvent de la nuit pour opérer. Parmi les autres personnes interpellées, 69 l’ont été pour ivresse publique manifeste, un phénomène qui continue de poser des problèmes de sécurité et de tranquillité dans certains quartiers de la capitale.
L’opération a également permis l’arrestation de 18 individus pour des infractions liées aux stupéfiants, ainsi que de 34 autres pour des faits d’escroquerie, de vols, de rixes, d’abus sexuels sur mineur ou encore de racolage. Les autorités ont annoncé la saisie de 2,5 kg de chanvre indien et 310 grammes de cornets, confirmant une nouvelle fois que Dakar demeure une zone de transit et de consommation pour certaines drogues.
La dimension routière a aussi été un axe fort de cette initiative. Au total, 149 motos et 38 véhicules légers ont été immobilisés, dont 26 ont été directement envoyés en fourrière. Ces immobilisations visent à lutter contre les comportements dangereux, les véhicules non conformes et les motos parfois utilisées pour des actes criminels tels que les vols à l’arraché.
Pour mener à bien cette opération, un effectif impressionnant a été mobilisé : 527 policiers, dont 237 issus du Groupement mobile d’intervention (GMI), ainsi que 356 gendarmes. Les forces de l’ordre ont également déployé 69 moyens roulants — voitures d’intervention, motos de poursuite — ainsi que deux chiens spécialisés dans la détection de stupéfiants et d’objets illicites.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, a personnellement supervisé l’opération. Dans une déclaration à la presse, il a insisté sur « la disponibilité et la volonté de son département d’appuyer activement » les unités opérationnelles pour garantir la sécurité des populations. Il a également rappelé la détermination de l’État à renforcer les actions préventives et répressives afin de contenir l’insécurité dans la région de Dakar.
Cette vaste opération marque une nouvelle étape dans la stratégie de sécurisation des autorités, dans un contexte où les citoyens expriment régulièrement leur inquiétude face aux agressions, aux vols et aux nuisances nocturnes. Les résultats obtenus seront scrutés de près alors que de nouvelles initiatives pourraient être annoncées dans les semaines à venir.
Scandale à l’hôpital Dalal Jamm : un marché de 1,454 milliard F CFA au cœur d’irrégularités graves
Un nouveau scandale éclabousse le secteur de la santé publique. Un audit technique commandité par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèle de lourdes irrégularités dans l’exécution d’un marché au Centre hospitalier national Dalal Jamm (CHNDJ). Le projet concernait la construction d’un bâtiment R+2 destiné à accueillir deux unités hautement stratégiques : la greffe de moelle osseuse et la procréation médicalement assistée (PMA), des infrastructures essentielles pour moderniser l’offre de soins au Sénégal.
Le marché avait été attribué, à l’issue d’un appel d’offres restreint, au groupement Sylla Trading Corporation Sarm/Groupe Delta pour un montant initial de 1,119 milliard de F CFA. Pourtant, au fil des mois, le coût final du projet a explosé pour atteindre 1,454 milliard de F CFA, soit une augmentation de plus de 334 millions de francs. Ce surcoût provient d’un avenant signé en avril 2022, censé couvrir des travaux supplémentaires et une prolongation du délai d’exécution.
Cet avenant est précisément au cœur des critiques formulées par les auditeurs du cabinet Adoc SA. Selon leur rapport, une partie substantielle des travaux intégrés dans l’avenant était déjà incluse dans le marché initial. Les experts estiment que 178,4 millions de F CFA correspondent à des tâches qui auraient dû être exécutées dans le cadre du contrat de base et n’avaient aucune raison d’être facturées en supplément. Une anomalie qui interroge profondément sur la transparence de la gestion du projet et les mécanismes de contrôle interne du CHNDJ.
L’audit met également en lumière un retard considérable dans l’exécution du chantier. Alors que les travaux étaient censés durer dix-huit mois, l’équipe d’audit a constaté qu’après trente-trois mois, le bâtiment n’était toujours pas livré. Ce dépassement de délai de neuf mois aurait dû entraîner l’application de pénalités contractuelles à l’encontre de l’entreprise adjudicataire. Pourtant, les auditeurs notent que ces pénalités n’ont jamais été réclamées. Le manque à gagner pour l’hôpital est estimé à 332,7 millions de F CFA. Cette omission renforce les soupçons d’une gestion défaillante ou complaisante de la part de l’autorité contractante.
Le rapport révèle par ailleurs des faits encore plus inquiétants. Les experts ont découvert que des travaux d’une valeur de 63,4 millions de F CFA TTC ont été facturés alors qu’ils n’étaient pas encore réalisés lors de leur visite. Autrement dit, des paiements ont été validés sur des prestations inexistantes, ce qui constitue une violation flagrante des règles de comptabilisation des dépenses publiques. L’équipe d’audit a aussi relevé une surévaluation manifeste des quantités de certains matériaux, gonflant artificiellement le coût total du marché de près de 75 millions de F CFA TTC.
Enfin, autre manquement majeur : l’entreprise chargée des travaux n’aurait jamais fourni la garantie de bonne exécution ni la retenue de garantie pourtant exigées dans tout marché public de cette nature. Ces mécanismes, essentiels pour protéger l’État en cas de malfaçons ou de défaut d’exécution, semblent avoir été purement ignorés.
Au terme de leur mission, les auditeurs du cabinet Adoc SA ont été catégoriques : « le projet est exécuté de manière peu satisfaisante au regard des normes techniques, administratives et générales ». Un constat sévère qui ouvre la voie à des interrogations encore plus profondes : comment un marché aussi sensible a-t-il pu accumuler autant d’irrégularités sans qu’aucune alerte ne soit soulevée ? Pourquoi les organes internes de contrôle du CHNDJ n’ont-ils pas agi ? Et surtout, qui devra répondre de ces manquements ?
À l’heure où le Sénégal s’efforce de moderniser son système de santé et d’améliorer la qualité des infrastructures hospitalières, ce scandale est un signal d’alarme. Il met en lumière l’urgence de renforcer la gouvernance, la transparence et la rigueur dans la gestion des marchés publics, notamment dans un secteur aussi vital que la santé.
FONGIP–Crédit mutuel du Sénégal : un bras de fer judiciaire autour d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard F CFA
Un nouveau contentieux financier éclate au grand jour entre une institution publique stratégique et l’un des plus importants réseaux mutualistes du pays. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a décidé d’assigner le Crédit mutuel du Sénégal (CMS) en justice afin d’obtenir la restitution d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard de francs CFA. Ce montant avait été logé au CMS dans le cadre d’un partenariat signé sous la direction de l’ancienne administratrice générale, Thérèse Faye.
L’affaire plonge ses racines dans la convention signée le 20 avril 2021 entre les deux parties. Ce partenariat s’inscrivait dans la dynamique du programme gouvernemental « Xëyu Ndaw Yi », destiné à stimuler l’accès au financement pour les jeunes et les femmes, considérés comme les cibles prioritaires de la politique d’emploi et d’inclusion économique de l’État. Dans cette logique, le Fongip avait mobilisé un dépôt conséquent, censé servir de garantie aux crédits que le CMS devait accorder aux porteurs de projets éligibles.
Mais le mécanisme prévu exigeait une procédure stricte. Avant de pouvoir bénéficier de la couverture du Fongip, le Crédit mutuel devait transmettre un portefeuille complet de crédits à garantir. Ces dossiers devaient comporter plusieurs éléments essentiels : une demande signée adressée à l’Administrateur général du Fongip, un tableau détaillant l’ensemble des bénéficiaires potentiels, ainsi que le procès-verbal du comité de crédit expliquant l’approbation de chaque financement. Toutes ces pièces devaient être transmises par double canal — courrier physique et version électronique.
Or, selon le Fongip, c’est précisément à ce niveau que le CMS aurait gravement failli à ses obligations. L’institution publique affirme n’avoir jamais reçu un seul dossier complet conforme à la procédure convenue. Elle soutient que ni le tableau des bénéficiaires ni le procès-verbal du comité de crédit n’ont été fournis, rendant impossible tout traitement ou accord de garantie. Le Fongip estime ainsi que « jamais le CMS n’a respecté les procédures de saisine et d’approbation prévues dans le cadre du programme Xëyu Ndaw Yi ».
Conséquence logique, lorsqu’une demande d’indemnisation a été introduite par le Crédit mutuel, le Fongip a émis un avis défavorable. L’article 5 de la convention est clair : aucun remboursement ou déclenchement de garantie n’est possible sans la transmission préalable des dossiers complets et validés. Pour le Fongip, les manquements constatés suffisent à invalider toute demande d’indemnisation de la part du CMS.
Entre les deux institutions, des tentatives de conciliation ont bien eu lieu, mais elles se sont soldées par des échecs successifs. Face à l’impasse, le Fongip estime désormais n’avoir d’autre recours que celui des tribunaux pour récupérer le dépôt de 1,5 milliard de F CFA. Cette décision judiciarisée porte ainsi le différend sur la place publique et pose de nombreuses questions sur la gestion passée du programme, la transparence du partenariat et les responsabilités contractuelles de chaque partie.
Le CMS, de son côté, n’a pour l’instant pas officiellement réagi à cette assignation, mais le dossier promet de susciter de nouveaux débats dans un secteur financier déjà scruté de près depuis plusieurs mois. Au-delà de la bataille juridique, cette affaire met en lumière des enjeux sensibles : l’efficacité des mécanismes de soutien public au financement des jeunes, la rigueur dans l’application des conventions et la gouvernance des institutions partenaires.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°613 – 24/11/2025
Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre
Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.
Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.
Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.
Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.
Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.
Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.
Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »
La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.
Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.
L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.
Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.
Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.
Dakar : 613 personnes interpellées lors d’une vaste opération de sécurisation
Une importante opération de sécurisation menée conjointement par la Police nationale et la Gendarmerie a permis d’interpeller 613 personnes dans la région de Dakar dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre 2025. L’annonce a été faite dans un communiqué conjoint des deux forces, qui soulignent l’ampleur de cette descente coordonnée dans plusieurs zones stratégiques de la capitale.
Selon les autorités, parmi les personnes interpellées, 511 l’ont été pour des vérifications d’identité tandis que 102 ont été arrêtées pour diverses infractions allant de la détention de stupéfiants à des violations du Code de la route. Cette opération de grande envergure a également conduit à l’immobilisation de 53 véhicules — dont 23 mis directement en fourrière — et de 183 motos. Les forces de sécurité ont par ailleurs retiré 53 permis de conduire pour infractions graves ou répétées.
Les résultats de la lutte contre la délinquance et le trafic de drogue se sont également matérialisés par la saisie de 3,5 kilogrammes de chanvre indien, auxquels s’ajoutent huit cornets, cinq joints et soixante-neuf comprimés prohibés. Les amendes forfaitaires perçues à l’issue des contrôles routiers s’élèvent à 616 000 FCFA.
Cette opération s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, qui a supervisé une partie des dispositifs déployés sur le terrain. Au total, 1 149 éléments de la Gendarmerie et 391 personnels de la Police ont été mobilisés, illustrant la volonté ferme des autorités d’intensifier la lutte contre l’insécurité urbaine et de renforcer la présence des forces de l’ordre dans les zones sensibles de Dakar.
Les services de sécurité rappellent que ces opérations seront régulièrement renouvelées afin de prévenir les actes criminels, de dissuader les réseaux délinquants et de garantir la tranquillité publique, à un moment où la capitale fait face à une recrudescence des violences, des trafics illicites et des infractions routières.
Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes
Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.
Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.
Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.
Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.
Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.
Origines SA : les délégués du personnel dénoncent de graves “atteintes à la liberté syndicale” imputées au PDG El Hadj Ndiaye
Une vive tension secoue l’entreprise Origines SA, où les délégués du personnel accusent le président-directeur général, El Hadj Ndiaye, de s’attaquer frontalement aux libertés syndicales. Dans un communiqué rendu public le samedi 22 novembre 2025, le collège des délégués a dénoncé l’interdiction faite à leur camarade Abdoulaye Sarr, délégué titulaire, d’accéder aux locaux de l’entreprise pour participer à une réunion de la section syndicale tenue la veille.
Selon les représentants du personnel, cette interdiction constitue une violation flagrante des droits syndicaux protégés par la Constitution sénégalaise. Ils estiment que « les humeurs d’un employeur septuagénaire ne peuvent se substituer aux principes d’un État de droit » et rappellent qu’aucun dirigeant, quel que soit son statut, n’a le pouvoir de restreindre la liberté d’organisation des travailleurs. Abdoulaye Sarr, technicien-réalisateur réputé pour son sérieux et son engagement professionnel, serait particulièrement ciblé en raison de son rôle actif au sein du collège des délégués.
Au-delà de cet incident, les représentants légaux des travailleurs pointent un climat de pressions constantes exercées par le PDG contre plusieurs membres du personnel. Ils accusent notamment El Hadj Ndiaye d’opérer des « rétentions et ponctions injustifiées » sur les salaires, déjà jugés modestes, de certains employés. Des pratiques qui, selon eux, révèlent un mode de gestion abusif et attentatoire aux droits fondamentaux garantis par le Code du travail.
Face à ce qu’ils qualifient de dérives répétées, les délégués menacent de saisir les juridictions compétentes pour faire respecter les libertés syndicales et rappeler au dirigeant d’Origines SA que nul n’est au-dessus des lois. Ils affirment que ces violations ne pourraient perdurer sans la complicité active de deux inspecteurs du travail à la retraite — identifiés comme M. Sow et M. Diakhoumpa — qui accompagneraient le PDG dans ses tentatives de neutraliser les représentants du personnel et de bloquer leurs missions.
Les délégués appellent les autorités étatiques et judiciaires à intervenir de toute urgence et à diligenter une enquête au sein de l’entreprise pour évaluer l’ampleur des atteintes aux droits des travailleurs. Ils disent craindre que ces pratiques ne se banalisent au point de compromettre durablement l’exercice syndical au sein d’Origines SA.
Malgré leur indignation, les représentants du personnel affirment rester profondément attachés à un dialogue social sincère, mais insistent sur le fait qu’il ne peut être envisagé que dans le respect strict des lois et règlements en vigueur. Ils exhortent ainsi la direction à abandonner toute politique de répression et à privilégier un climat de concertation constructive.
Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget
La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.
Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.
Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.
Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.
Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.
Décès de Nogaye Thiam : la vice-présidente de l’ONDH évoque l’homicide involontaire et la non-assistance à personne en danger
L’affaire Nogaye Thiam continue de susciter colère, indignation et incompréhension au Sénégal. Alors que l’émotion reste vive après la découverte de la jeune femme morte dans la maison de sa belle-famille, près de quarante-huit heures après son décès, les voix s’élèvent désormais pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires. Parmi elles, celle de Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), qui appelle à ce que la justice prenne ses responsabilités face à ce drame aux contours encore troublants.
Selon la juriste, la gravité des faits révélés impose que « le mari de la victime ainsi que tous les membres de la belle-famille soient mis en examen pour homicide involontaire », sur la base de l’article 307 du Code pénal. Cette disposition punit toute personne ayant causé la mort d’autrui par imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Me Samb estime également que la non-assistance à personne en danger pourrait être retenue contre les mêmes individus, conformément à l’article 341 du Code pénal, qui réprime le fait de s’abstenir volontairement de porter secours à une personne en péril. Les peines encourues, souligne-t-elle, vont d’un à cinq ans d’emprisonnement.
L’avocate dit attendre du Procureur de la République, désormais officiellement saisi du dossier, qu’il prenne des mesures rapides et concrètes pour garantir que justice soit rendue. Elle martèle que le pays ne doit pas fermer les yeux sur de telles dérives familiales, qui soulèvent des questions profondes sur la protection des femmes, la solidarité au sein des foyers et la responsabilité morale face à des personnes vulnérables.
Le drame, rappelons-le, a éclaté à la suite d’une vidéo rendue publique par la grande sœur de la victime, l’influenceuse Adja Makeup, qui a révélé les détails glaçants de la situation. Nogaye Thiam aurait été retrouvée morte dans sa chambre, dans la maison qu’elle partageait avec son époux — également son cousin — et le reste de sa belle-famille, à Yoff. Le corps n’aurait pas été découvert avant près de deux jours. Durant tout ce temps, son bébé d’un an et demi serait resté auprès d’elle, tentant tant bien que mal de se nourrir en cherchant sa mère, dans une scène dont la violence psychologique a profondément choqué l’opinion.
Ces révélations ont déclenché un torrent de réactions et mis en lumière les zones d’ombre entourant les circonstances du décès. De nombreuses interrogations subsistent sur l’absence de vigilance dans le foyer, les tensions familiales évoquées par certains proches, et le silence qui aurait entouré les difficultés conjugales de la jeune femme. Les internautes, organisations féministes et défenseurs des droits humains réclament une enquête transparente, estimant qu’un tel drame ne peut être rangé au simple rang des faits divers.
L’affaire Nogaye Thiam, au-delà de sa dimension humaine et tragique, met en lumière la nécessité urgente de renforcer la protection des femmes au sein de la cellule familiale et de sensibiliser l’opinion sur les dérives des violences psychologiques, de l’isolement et de l’indifférence. Pour beaucoup, ce drame doit marquer un tournant dans la manière dont la société sénégalaise traite les violences silencieuses, celles qui ne laissent parfois aucune trace visible mais brisent des vies.
Pikine Icotaf : un présumé trafiquant arrêté avec 21 pierres de crack
Une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (BRS), unité relevant de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation d’un individu suspecté d’être impliqué dans un réseau de trafic de crack à Pikine Icotaf. L’interpellation a eu lieu le 20 novembre 2025, à proximité du marché Syndicat, un point de convergence souvent surveillé en raison de la forte affluence et des activités illicites qui peuvent s’y développer.
Selon les informations publiées par la Police nationale, cette intervention fait suite à un renseignement jugé fiable, faisant état de l’existence d’un réseau actif de distribution de drogue dure dans le secteur. Les enquêteurs ont immédiatement mis en place une équipe spécialisée, chargée de vérifier l’alerte et d’observer les allées et venues suspectes dans la zone.
C’est dans ce contexte qu’un homme présentant une attitude jugée inhabituelle a attiré l’attention des agents. Il a été appréhendé et soumis à une fouille corporelle. Les policiers ont alors découvert dix-huit pierres de crack soigneusement emballées dans un sachet, dissimulé dans la poche droite de son pantalon. Conformément aux procédures, les enquêteurs ont ensuite procédé à une perquisition à son domicile, où trois autres pierres de crack ont été retrouvées.
La fouille du logement a également permis de mettre la main sur six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, souvent utilisés dans ce type de trafic pour limiter les risques de traçabilité. Du matériel de conditionnement a été saisi, notamment une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du scotch, confirmant l’hypothèse d’une activité de préparation et d’emballage de drogue. Une somme d’argent, dont le montant n’a pas été précisé, a également été découverte, laissant penser à des transactions en cours.
L’individu interpellé a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue dure, en l’occurrence le crack, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la lutte quotidienne menée par les forces de l’ordre contre les réseaux de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones urbaines de Dakar.
La Police nationale a rappelé, à travers cette opération, sa détermination à démanteler les circuits de distribution et à neutraliser les acteurs de ce trafic qui touche de nombreuses familles et alimente une criminalité préoccupante dans la capitale.
Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions
L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.
Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».
L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.
L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».
Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.
Le président Diomaye Faye reçoit la ministre malienne des Infrastructures et le Comité de l’ASECNA
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce vendredi 21 novembre 2025 une audience à Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, a été l’occasion pour la ministre malienne de transmettre au chef de l’État sénégalais les remerciements du gouvernement et du peuple maliens. Ces remerciements font suite aux mesures prises par les autorités sénégalaises pour lever les obstacles liés aux conteneurs maliens au port de Dakar, facilitant ainsi le commerce et les échanges entre les deux pays.
Cette initiative illustre la solidité et la maturité des relations entre le Sénégal et le Mali, ainsi que la volonté partagée de maintenir une coopération fluide, efficace et fraternelle. Le président Faye a salué cette démarche et réaffirmé son engagement à promouvoir des relations bilatérales stables et mutuellement avantageuses, soulignant l’importance de l’intégration régionale pour le développement économique et social des deux nations.
Dans la foulée, le chef de l’État a reçu le Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réuni à Dakar pour sa 76ᵉ session extraordinaire. Les ministres ont présenté au président Diomaye Faye les conclusions de leurs travaux, mettant en avant les stratégies visant à renforcer la sécurité, la modernisation et la performance des services de navigation aérienne au sein de l’espace communautaire.

Le président Faye a salué les efforts des États membres et du comité pour le progrès de la sécurité aérienne en Afrique. Il a réitéré la disponibilité du Sénégal à contribuer activement aux initiatives régionales, insistant sur la nécessité d’une coopération soutenue pour garantir des services de navigation aérienne modernes, sûrs et fiables.
Cette double audience témoigne de l’engagement du Sénégal sur le plan régional, que ce soit dans le renforcement des échanges commerciaux avec ses voisins ou dans la consolidation de la sécurité et de l’efficacité des infrastructures aériennes sur le continent. Elle confirme également la position du pays comme acteur clé de l’intégration régionale et de la coopération technique en Afrique de l’Ouest.
31ᵉ réunion OMD-AOC à Dakar : des recommandations pour une gouvernance douanière renforcée en Afrique de l’Ouest et Centrale
Dakar a accueilli la 31ᵉ réunion du Comité des experts de la Région Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD-AOC), qui s’est achevée ce vendredi après trois jours d’intenses travaux. L’événement, organisé sous l’égide de la Douane sénégalaise, a réuni des spécialistes et des hauts responsables douaniers de la région afin d’examiner les défis et les opportunités liés à la gouvernance douanière et à la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest et Centrale.
Durant ces 72 heures de débats, les participants ont planché sur plusieurs thématiques majeures, notamment les grands projets en cours, le renforcement du cadre institutionnel régional, le plan stratégique de la région et le fonctionnement des différentes structures douanières. Ces discussions ont permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des systèmes douaniers, à la lutte contre la fraude, au développement de mécanismes communs de contrôle et à la prévention de la criminalité transnationale organisée.
À l’issue des travaux, un ensemble de recommandations concrètes a été formulé, visant à améliorer la gouvernance douanière et à renforcer l’efficacité des administrations dans la région. Ces recommandations seront portées à la connaissance des Directeurs généraux des administrations douanières lors de la prochaine conférence régionale prévue en 2026 à Freetown, en Sierra-Leone, où elles pourront être adoptées et mises en œuvre.
Lors de la cérémonie de clôture, le Coordonnateur de la Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal, Malick Mbaye, a insisté sur l’importance de l’appropriation rigoureuse de ces recommandations par les administrations douanières de la région. « Dans un contexte où nos pays sont confrontés à des défis multiples, notamment en matière de lutte contre la fraude et la criminalité transnationale, de facilitation des échanges et de modernisation de nos systèmes douaniers, l’application de ces recommandations sera très utile », a-t-il souligné.
Malick Mbaye a également réaffirmé l’engagement constant des Douanes sénégalaises à accompagner la Vice-Présidence de la Région AOC dans l’accomplissement de ses missions, afin de garantir une coordination efficace et une meilleure intégration des politiques douanières dans la région.
Aux côtés du Coordonnateur, le Directeur des Opérations douanières, Ousmane Kane, et le Directeur des Systèmes d’Information, Hamidou Ndiaye, ont contribué à l’animation des travaux et à l’encadrement technique des discussions. Avant la clôture officielle, les experts ont tenu à saluer la qualité de l’organisation assurée par la Douane sénégalaise, reconnaissant la rigueur et le professionnalisme dont le pays a fait preuve.
Abdoulaye Maïga, Directeur de Cabinet du Vice-Président de la Région, ainsi que Gatien Pangob Tetanga, Coordonnateur régional représentant le Secrétaire général de l’OMD, ont eux aussi exprimé leur gratitude envers les autorités sénégalaises, louant la logistique et l’accueil offerts lors de cette rencontre cruciale pour l’avenir des administrations douanières de la région.
Cette 31ᵉ réunion du Comité des experts de l’OMD-AOC constitue un jalon important dans la consolidation d’une gouvernance douanière harmonisée et efficace en Afrique de l’Ouest et Centrale, renforçant à la fois la sécurité, la transparence et la compétitivité des échanges commerciaux régionaux.
Soussoung : le collectif se réjouit de la libération des détenus et réaffirme sa lutte pour la défense des terres
Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung, basé à Ndiaganiao, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des neuf personnes interpellées lors des manifestations récentes autour des questions foncières. Ces détenus, retenus depuis près de quatre mois, avaient été arrêtés dans le cadre de mobilisations visant à dénoncer des tentatives présumées d’accaparement de terres par des entreprises privées.
Dans une déclaration officielle, Ousseynou Dia, membre actif du collectif, a souligné l’importance de cet événement pour la communauté locale. « Nous nous félicitons de la libération de ces neuf paysans, injustement retenus pendant plusieurs mois. Leur retour marque une première victoire dans notre combat pour la préservation des terres et des droits des populations de Soussoung », a-t-il déclaré.
Le collectif a cependant insisté sur le fait que cette libération ne signifie pas la fin de la mobilisation. Il a appelé l’ensemble des habitants de Soussoung, femmes et hommes, à renforcer leur unité pour protéger le tissu social de la localité, qu’il juge fragilisé par des pressions externes et des entreprises aux « intentions funestes ». Le message adressé à la population souligne la nécessité de rester vigilant et solidaire face aux menaces pesant sur les terres agricoles et les espaces communautaires.
Par ailleurs, le collectif a renouvelé son engagement à défendre les terres de Soussoung contre toute forme de spoliation, d’intimidation ou d’accaparement. Il a également tenu à remercier les organisations et individus qui ont contribué à la libération des détenus, saluant le soutien national et international qui a permis de mettre fin à cette situation critique.
Cette mobilisation illustre une fois de plus la détermination des communautés rurales à protéger leurs ressources foncières et à faire respecter leurs droits face aux pressions économiques et politiques. Pour le collectif, la bataille pour les terres de Soussoung se poursuit, avec la conviction que seule la cohésion et la vigilance de la population permettront de sauvegarder ces biens essentiels à la survie et au développement local.
76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’ASECNA : Ousmane Sonko plaide pour une souveraineté aérienne africaine renforcée
Le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvert, ce vendredi 21 novembre 2025, la 76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réunie exceptionnellement pour discuter des perspectives stratégiques et opérationnelles de l’organisation. Dans un discours d’ouverture empreint de solennité, il a mis en avant l’importance de l’ASECNA comme pilier de la connectivité aérienne et de la croissance économique sur le continent africain.
Ousmane Sonko a rappelé que les principes fondateurs de l’ASECNA — solidarité, compétence, mutualisation et neutralité technique — ont permis à l’agence de traverser les turbulences politiques et économiques tout en conservant son rôle central dans la sécurité aérienne. Selon lui, cette résilience découle d’une gouvernance collective qui fait de l’ASECNA une référence mondiale dans la gestion intégrée des espaces aériens multinationaux, malgré des débuts difficiles à l’aube des indépendances des pays membres.
Le chef du gouvernement a salué l’ASECNA comme un modèle de souveraineté partagée et de mutualisation réussie, invitant le Comité des ministres à conduire les travaux de la session avec rigueur et responsabilité. Parmi les points prioritaires figurent l’examen du Plan d’Orientations Stratégiques (POS 2026–2035) et du Plan de Services et Équipements (PSE 2026–2030). Ousmane Sonko a insisté sur le fait que ces plans ne représentent pas une simple addition de projets nationaux, mais traduisent la capacité des États africains à penser, investir et progresser ensemble dans le domaine aérien.
Le Premier ministre a notamment souligné l’importance de la mutualisation des systèmes de communication, de surveillance et de navigation, y compris satellitaires, pour renforcer la sécurité et la compétitivité des espaces aériens africains. Selon lui, l’ASECNA démontre qu’une souveraineté technologique africaine est possible lorsqu’elle s’appuie sur la coopération, la formation et la discipline collective. Les économies d’échelle générées par ces mécanismes mutualisés permettent aux États de soutenir leurs politiques publiques tout en consolidant leur indépendance stratégique.
Ousmane Sonko a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour une Afrique maîtresse de ses infrastructures critiques, en particulier dans le domaine stratégique de la navigation aérienne. « L’ASECNA doit rester en première ligne pour garantir une navigation aérienne moderne, sûre et souveraine », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’impératif d’une gestion collective et proactive de l’espace aérien continental.
Pour sa part, la présidente du Comité des ministres de l’ASECNA, Fatima Goukouni Weddeye, a souligné l’importance de cette 76ᵉ session pour consolider et moderniser l’agence. Elle a affirmé que les décisions du Comité seraient guidées par la lucidité, la rigueur et la clairvoyance nécessaires pour inscrire durablement l’ASECNA sur une trajectoire de performance et de stabilité partagée. « En unissant nos expertises, nos convictions et nos volontés politiques, nous doterons notre agence des instruments stratégiques et financiers nécessaires pour relever les défis d’aujourd’hui et anticiper ceux de demain », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de la coopération entre États membres pour la pérennité de l’organisation.
Cette réunion, qui réunit les ministres de l’aviation civile des États membres de l’ASECNA, marque un tournant stratégique pour le continent. Elle s’inscrit dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer sa souveraineté technologique et opérationnelle, tout en garantissant une sécurité aérienne optimale, condition indispensable à son développement économique et à son rayonnement international.
Diffamation : Cheikh Bara Ndiaye engage des poursuites contre Maïmouna Ndour Faye
La tension entre le député Cheikh Bara Ndiaye et Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, franchit un nouveau cap judiciaire. L’élu a officiellement annoncé avoir déposé une plainte contre la journaliste et femme d’affaires pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». L’information a été relayée par le parlementaire lui-même sur sa page Facebook, soulignant la gravité de l’affaire et son intention de voir la justice trancher.
Cette action en justice fait suite à un épisode médiatique tendu : jeudi soir, Maïmouna Ndour Faye avait annoncé son intention de porter plainte contre Cheikh Bara Ndiaye, à la suite d’accusations publiques formulées par le député à son encontre. Dans ses déclarations, Cheikh Bara Ndiaye avait affirmé que la directrice de 7TV agissait en tant que personnalité influente dans l’ombre de Mimi Touré, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Il avait également allégué que Maïmouna Ndour Faye avait bénéficié d’un passeport diplomatique remis par le Président Bassirou Diomaye Faye, insinuant une proximité et des privilèges non justifiés au sein du cercle politique.
Face à ces accusations, Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir. Dans un ton très ferme, elle a qualifié Cheikh Bara Ndiaye de « menteur » et a ironisé en affirmant qu’il détenait une « licence en mensonge ». Ses propos ont été relayés sur plusieurs plateformes médiatiques, intensifiant l’attention du public et créant un climat de confrontation entre les deux personnalités.
L’affaire prend désormais une tournure judiciaire, chaque partie s’en remettant à la justice pour clarifier les faits et déterminer si les accusations portées sont fondées ou relèvent de la diffamation. Ce conflit illustre, au-delà des enjeux personnels, la délicate frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans le traitement de l’information publique, en particulier lorsque des personnalités politiques et des acteurs médiatiques sont impliqués.
La procédure judiciaire qui s’ouvre sera donc scrutée de près, non seulement par les parties directement concernées, mais aussi par l’opinion publique, attentive à la manière dont le système judiciaire gère les différends mêlant médias, politique et réputation. Le dénouement de cette affaire pourrait également fixer un précédent sur la manière dont les accusations publiques contre des personnalités sont traitées au Sénégal.
Sénégal, le temps des tumultes (Par Cherif Diop)
Aux difficultés économiques s’ajoute désormais la mésentente politico-institutionnelle. Nous pensions ce temps de guerre froide entre le président et son premier ministre révolu. Ce temps des tempêtes médiatiques et des marches de protestations. Hélas, tout nous ramène au douloureux passé récent que nous avons déjà vomi.
Économiquement, le pays tire la langue. Le gouvernement cherche à remonter de l’abîme de la dette publique, dont on n’a pas cessé d’explorer les tréfonds. La critique et la raillerie faciles consistent pour les contempteurs du pouvoir en place à exulter dans une espèce de vengeance puérile. Or, aucun Sénégalais ne devrait se réjouir de ce bond en arrière. Même si, nous pouvons reconnaître que depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, ça va en empirant. Sans attendre l’acmé d’un duel dont l’inéluctabilité est désormais démontrée par tous les signaux, les militants de Pastef ont d’ores et déjà condamné Bassirou Diomaye Faye au procès de la « traîtrise ». Les réactions réprobatrices pullulent sur internet depuis l’officialisation de Madame Aminata Touré comme Superviseure générale de la coalition DIOMAYE PRÉSIDENT, acte considéré comme un coup de Jarnac contre Ousmane Sonko et le « projet ».
Que nous est-il permis d’espérer ?
Que peuvent espérer les Sénégalais en déréliction des trois années de mandat qui restent au président Faye ? Si ce n’est une querelle picrocholine entre militants de PASTEF en vue de la présidentielle de 2029 ? Une guerre des tranchées entre les partisans de Sonko « l’homme-peuple » et les sympathisants de Diomaye, « l’homme qui ne voulait pas être président ». Tout ceci n’augure rien de bon, à moins d’un an des Jeux Olympiques de la Jeunesse, les JOJ, qualifiés de « priorité nationale » par le président de la République.
Au sens de l’alinéa 2 de l’article 42 de la Constitution, le président de la République « incarne l’unité nationale ». Dès lors, peut-on reprocher au Chef de l’État de vouloir « faire nation » après des années tumultueuses ? Ces années où le pays s’est vu fracturé, où chaque Sénégalais a souffert dans sa chair de la mauvaise publicité faite à NOTRE Sénégal sur la scène internationale. Bassirou Diomaye Faye, qui s’érige en pater familias, n’a pourtant renié ni son éthique ni à ses convictions profondes qu’il partage, du reste, avec Ousmane Sonko. En même temps, les divergences éclatent au grand jour.
Des divergences de fond et de forme
La séquence actuelle est une grenade assourdissante qui empêche d’entendre les dissonances de fond entre les deux hommes. Ce différend assumé et affiché est l’arbre qui masque le rhizome d’une divergence pragmatique plus profonde. D’un côté, Diomaye privilégie une approche conciliatrice et institutionnelle ; de l’autre, Sonko, « l’homme-peuple », maintient ses certitudes dogmatiques d’opposant radical, persuadé qu’un pays ne saurait être réformé par de simples compromis. Or, les réformes structurelles ne peuvent se substituer à de simples déclarations fracassantes. L’annonce tonitruante, dans un cadre purement politique, du refus de la restructuration de la dette publique a créé la surprise, voire la stupeur, dans les arcanes du pouvoir et bien au-delà de nos frontières. Lors de l’installation du comité de pilotage du pacte de stabilité nationale, en pleine mission du Fond Monétaire International à Dakar, Ousmane Sonko avait également annoncé une prochaine baisse des prix de l’électricité, du gaz et du carburant. Une déclaration surréaliste aux yeux de tous les économistes sérieux qui se demandent comment cette promesse pourra être tenue, en l’état actuel du tableau des opérations financières du pays. Nous sommes en mesure d’affirmer que ces déclarations publiques ont complexifié davantage les âpres négociations avec le FMI.
D’un autre côté, face au FMI, le président du conseil supérieur de la défense nationale affiche une fermeté DIPLOMATIQUE. Tout est dans le style. Quand l’usage est plus fort que les idées de progrès, le tact doit guider votre manière d’agir. Les Sénégalaises dans leur écrasante majorité subissent sans broncher une crise économique qui leur a été imposée. Treize mois après la divulgation de la dette cachée, ils attendent toujours la pensée de sortie de crise. Au contraire, tout porte à croire que le pays s’achemine tout droit vers un gouffre bien sombre.
Ousmane Sonko, “l’homme-peuple”
Le meeting du 08 novembre 2025 a démontré, si besoin en était, que la popularité d’Ousmane Sonko n’a pas pris une ride. Seulement, la popularité, aussi immense soit-elle, ne saurait à elle seule définir l’ordre étatique et la légitimité du pouvoir. Si Ousmane Sonko était une incarnation parfaite et consensuelle de la société, son leadership ne serait pas si profondément clivant. Cette posture « d’homme-peuple » est une vue de l’esprit, malgré l’immense popularité de Sonko, tel un Général Georges Boulanger des temps modernes. L’ancien ministre de la guerre en France était le leader du « Boulangisme », ce mouvement politique populiste et nationaliste de la fin du XIXe siècle en France. « Le boulangisme exploitait le mécontentement populaire vis-à-vis des scandales politiques, la popularité du général Boulanger reposait en grande partie sur une stratégie de communication innovante, utilisant des chansons, des portraits et une presse populaire pour le présenter comme un héros et un sauveur. »
Ousmane Sonko ne lâchera rien. S’il y a un terrain sur lequel il excelle, c’est bien celui de l’adversité. Le Premier Ministre a démontré sa combativité politique et stratégique face aux différents écueils qui se sont érigés devant lui. Comme du temps de Macky Sall, Sonko se retrouve dans sa position favorite : celle de la victime, du vaillant combattant blessé, de l’opposant persécuté. Aujourd’hui au pouvoir, il est contraint d’admettre que les pouvoirs de la République ne peuvent se découper comme de la brioche. La Constitution du Sénégal est sans équivoque.
Décider à changer ce qu’il faut tout en maintenant ce qui vaut, le temps des épreuves commence pour Bassirou Diomaye Faye. Le Chef de l’État devra faire preuve d’habileté politique afin d’éviter au pays, des explosions majeures en ces temps troubles.
Cherif DIOP
Ohio : l’incendie meurtrier de la famille Dièye confirmé comme volontaire, le fils au centre de l’enquête
Le drame survenu dans l’Ohio aux États-Unis continue de secouer la communauté sénégalaise de Saint-Louis. L’incendie qui a ravagé la résidence de la famille Dièye, causant la mort tragique de trois membres, a été officiellement qualifié par les autorités locales d’acte volontaire. Selon les enquêteurs, le responsable présumé de cette tragédie est Cheikh Dièye, âgé de 25 ans, le fils de la famille. Les premières conclusions de l’enquête indiquent qu’il aurait intentionnellement mis le feu à la maison, entraînant la mort de ses parents et la sienne.
Les secours dépêchés sur les lieux lundi soir ont été confrontés à une situation d’une extrême violence. Les caméras piétons des premiers intervenants, dont les images ont été rendues publiques jeudi, témoignent de la rapidité avec laquelle l’incendie a consumé la maison et de l’ampleur de la catastrophe à laquelle ils ont dû faire face. Les pompiers ont dû lutter contre des flammes particulièrement intenses, alors que les occupants étaient déjà en danger, ce qui a rendu les opérations de sauvetage particulièrement complexes et dramatiques.
L’incendie s’est déclaré dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 novembre 2025 à Columbus, et le bilan humain reste lourd. Trois adultes, dont le suspect Cheikh Dièye et ses deux parents, ont péri dans l’incendie, tandis que deux autres personnes ont été grièvement blessées. Parmi elles, un jeune enfant dont le pronostic vital reste préoccupant, ce qui accentue encore la dimension tragique de l’événement. La communauté locale et la diaspora sénégalaise suivent avec une inquiétude croissante l’évolution de l’état de santé de cet enfant.
Si les motivations exactes du jeune homme restent à éclaircir, la piste criminelle semble désormais confirmée par les autorités américaines. Le drame suscite de nombreuses réactions, mêlant stupéfaction et incompréhension, et soulève des questions sur les facteurs ayant pu conduire à un geste aussi désespéré et destructeur. La communauté sénégalaise aux États-Unis et au Sénégal est sous le choc, et plusieurs voix appellent à une meilleure sensibilisation sur la santé mentale et le soutien aux jeunes adultes confrontés à des difficultés personnelles ou familiales.
Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de reconstituer les circonstances exactes de cet incendie volontaire, et les résultats définitifs permettront de comprendre les motivations de Cheikh Dièye et les éventuelles défaillances ayant pu contribuer à cette tragédie. Entre douleur, incompréhension et consternation, le drame de la famille Dièye restera gravé dans les mémoires comme l’un des événements les plus tragiques touchant la diaspora sénégalaise à l’étranger.
La Médiature de la République : le foncier au cœur des 120 réclamations enregistrées en cinq mois
La Médiature de la République, sous la direction de Demba Kandji, fait face à un afflux croissant de plaintes citoyennes. Entre le 1er avril et le 30 septembre 2025, l’institution a enregistré un total de 120 dossiers de réclamation, témoignant des tensions persistantes entre les usagers et l’administration publique. Ces chiffres traduisent un véritable défi pour la Médiature, chargée de faciliter le dialogue entre l’État et les citoyens et de résoudre les litiges liés à l’action administrative.
Après un premier examen, 22 dossiers ont été écartés pour diverses raisons. Douze d’entre eux avaient un caractère strictement privé et ne relevaient donc pas de la compétence de la Médiature. Trois dossiers ont été jugés hors du champ d’action de l’institution, deux autres n’avaient pas suivi la démarche préalable nécessaire auprès des administrations concernées, et deux étaient déjà pendants devant la justice. Enfin, trois plaintes ont été jugées non fondées. Au terme de cette sélection, 98 dossiers ont été retenus et sont actuellement « en cours de traitement » par les services de Demba Kandji.
L’analyse des réclamations révèle que le foncier demeure la principale source de tensions entre citoyens et administration, avec 24 dossiers en cours touchant directement à cette question. Ces litiges fonciers concernent notamment les problèmes d’attribution de terrains, de régularisation de titres fonciers et de conflits successoraux. Le foncier, en raison de son impact direct sur la vie des citoyens et sur le développement économique, apparaît comme un secteur où la médiation est particulièrement sollicitée.
D’autres domaines essentiels de l’action publique sont également au centre des préoccupations. Les pensions de retraite, les régularisations administratives et le paiement de créances ou d’indemnités dues par l’État figurent parmi les litiges les plus sensibles. Le ministère des Finances et du Budget arrive en tête des services concernés avec 19 réclamations, suivi des communes locales (11 dossiers), du ministère de l’Intérieur (8 dossiers) et de l’IPRES (6 dossiers). Le ministère de l’Urbanisme et du Cadre de vie est directement impliqué dans cinq dossiers, tandis que les autres ministères partagent 12 réclamations. En outre, vingt-deux dossiers concernent divers organismes chargés de missions de service public.
Selon Demba Kandji, ces chiffres mettent en évidence les secteurs où la médiation est la plus sollicitée et permettent de dégager des tendances claires sur les difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs relations avec l’administration. La Médiature apparaît ainsi comme un acteur central de la gouvernance, capable de révéler les failles du système administratif et de proposer des solutions concrètes pour les résoudre.
Cette dynamique démontre que, malgré les défis, la Médiature de la République continue de jouer un rôle crucial dans le renforcement de la transparence, de l’efficacité administrative et de la confiance entre les citoyens et l’État. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le traitement des dossiers en cours, et les résultats de ces médiations pourraient constituer un indicateur clé de la capacité de l’administration à répondre aux attentes de ses usagers.
Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain
Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.
Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.
Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.
L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.
Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.
L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.
Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.
Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.
Interpol frappe fort en Afrique de l’Ouest : l’opération “Screen West Africa 2025” révèle l’ampleur des menaces régionales
L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape majeure dans la lutte contre la criminalité transnationale. Entre juillet et octobre, l’Interpol a coordonné une vaste opération baptisée « Screen West Africa 2025 », mobilisant douze pays de la région, dont le Sénégal. Cette initiative d’envergure, menée sur plusieurs fronts simultanément, a abouti à soixante-deux arrestations et à des saisies impressionnantes, révélant la densité des réseaux criminels actifs dans cet espace géopolitique particulièrement vulnérable.
Les forces de sécurité ont découvert dix-sept caches contenant des armes, des munitions et des explosifs, ainsi que cent trente-six véhicules volés. Elles ont également saisi plus de sept cents kilogrammes de cannabis, une quantité significative de médicaments contrefaits, de faux billets de banque et de documents falsifiés. Autant d’éléments qui démontrent non seulement l’ampleur des trafics, mais aussi la sophistication des réseaux qui opèrent à l’échelle régionale.
Parmi les personnes interpellées, neuf sont soupçonnées de liens directs avec des organisations terroristes. Près de deux cent cinquante correspondances ont été établies grâce aux bases de données d’Interpol, aboutissant à l’émission de sept notices rouges et neuf notices bleues. Ces alertes internationales ont facilité une traque transfrontalière décisive et permis de tisser des liens entre différentes affaires éparpillées à travers la région. Cyril Gout, directeur des services de police d’Interpol, a souligné que ces résultats illustrent la valeur du soutien opérationnel fourni aux États membres et l’efficacité des outils de coopération mis à disposition.
Si certains résultats spectaculaires sont venus du Burkina Faso ou encore de la Mauritanie, la participation du Sénégal revêt une importance stratégique particulière. Grâce à sa position géographique, notamment son long littoral et la présence du Port autonome de Dakar, le pays est depuis longtemps une zone de transit privilégiée pour de nombreux trafics. Interpol a d’ailleurs mis en lumière les techniques avancées utilisées par les criminels, telles que la falsification d’identité des navires, la désactivation de leur système d’identification automatique (AIS) ou encore les changements clandestins de pavillon. Ces procédés permettent aux réseaux de contourner la surveillance maritime et d’intensifier les activités illicites au large des côtes sénégalaises.
Le contexte sécuritaire régional, marqué par l’instabilité persistante au Sahel, accentue la nécessité d’une vigilance soutenue. Les déplacements de combattants et de flux d’armes depuis cette zone vers les régions côtières sont devenus plus fréquents. L’opération en offre une nouvelle illustration : au Burkina Faso, deux individus recherchés par la Côte d’Ivoire pour des attaques attribuées au Jnim ont été arrêtés sur la base de notices bleues, tandis qu’un autre suspect a été interpellé à la demande du Togo. Ces mouvements montrent que les groupes armés cherchent à élargir leur zone d’action et rappellent l’importance pour le Sénégal de renforcer la sécurité en Casamance et dans l’ensemble de ses points d’entrée stratégiques.
Les enjeux dépassent cependant le seul cadre sécuritaire. Les saisies de fausse monnaie, de drogues et de médicaments contrefaits soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique et de stabilité économique. Ces activités sont souvent liées au crime organisé et alimentent ses ressources financières. Au Sénégal, la sécurisation des corridors commerciaux, la protection du Port de Dakar et la lutte contre la pêche illicite constituent des priorités absolues pour préserver les secteurs économiques les plus sensibles. La libération de vingt et une victimes de trafic d’êtres humains au Nigeria, également mentionnée dans le rapport de l’opération, rappelle que les réseaux criminels touchent aussi à la dignité humaine et consolident un système d’exploitation profondément enraciné.
L’opération « Screen West Africa 2025 » marque ainsi une étape significative, mais elle souligne en même temps le besoin d’une approche durable et intégrée. Les autorités sénégalaises sont désormais appelées à renforcer leur surveillance maritime, moderniser les contrôles frontaliers, et consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’enjeu pour Dakar et l’ensemble de la région est de transformer cette action ponctuelle en une dynamique de sécurité pérenne, capable d’harmoniser justice, développement et protection stratégique des populations.
L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis immenses, mais l’opération coordonnée par Interpol démontre que des réponses efficaces sont possibles lorsque les États unissent leurs forces. Le Sénégal, en particulier, se retrouve au cœur de cette lutte et devra, dans les mois à venir, confirmer sa détermination à adapter ses dispositifs pour contrer durablement des menaces en constante mutation.
Mort tragique de la sœur d’Adja Makeup : Une scène d’une profonde douleur, presque inimaginable
Nogaye Thiam, née en 2002, sœur de l’influenceuse et maquilleuse Adja Makeup, a été retrouvée morte dans la maison de sa belle-famille à Yoff, dans des circonstances qui ont plongé le pays dans l’émoi et l’incompréhension. Le drame est d’autant plus poignant que son enfant d’un an et demi est resté à ses côtés pendant quarante-huit heures, tentant de téter sa mère sans savoir qu’elle avait rendu l’âme.
Selon les informations mises en ligne par Adja Makeup, qui a pris la parole dans une vidéo largement relayée, le corps de sa jeune sœur est resté sans vie dans sa chambre pendant deux jours entiers sans que personne ne s’en rende compte. Durant ce temps, son bébé est resté seul avec elle, cherchant à se nourrir et dormant contre elle, dans une solitude totale. Cette scène, décrite par la famille comme insoutenable, suscite un choc national et soulève de nombreuses interrogations sur l’environnement dans lequel vivait la défunte.
Nogaye Thiam, que sa famille décrit comme une jeune femme discrète, calme et peu encline aux conflits, était mariée à son cousin et vivait dans sa belle-famille. Selon plusieurs témoignages, elle semblait porter un poids silencieux. Des proches rapportent qu’elle faisait face à des tensions internes, notamment un conflit persistant avec une autre belle-fille du foyer, une situation qui l’aurait isolée au fil du temps. Un détail troublant revient fréquemment dans les récits : sa belle-mère, homonyme de Nogaye, aurait entretenu une relation difficile avec elle.
La révélation de sa mort par Adja Makeup a déclenché un torrent de réactions sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes, d’influenceurs et de personnalités publiques ont exprimé leur indignation, dénonçant l’absence de vigilance dans la maison où vivait la jeune femme, mais aussi, plus largement, les conditions de vie souvent éprouvantes des jeunes mariées dans certaines familles. Beaucoup s’interrogent sur la façon dont une mère de famille a pu rester introuvable pendant deux jours, sans qu’aucun membre de son entourage immédiat ne s’en inquiète.
Ce drame remet crûment en lumière les pressions psychologiques et sociales qui pèsent parfois sur les femmes mariées, particulièrement dans des contextes où elles se retrouvent isolées, coupées de leurs familles d’origine et contraintes au silence face aux difficultés conjugales ou familiales. Il révèle aussi les failles d’un système où la souffrance des femmes est souvent minimisée ou ignorée jusqu’à ce qu’une tragédie surgisse.
Alors que les hommages à Nogaye Thiam se multiplient, les appels à une introspection collective se font entendre. Pour beaucoup, il s’agit d’un signal d’alarme : il devient urgent de renforcer la vigilance, l’écoute et la protection des femmes dans l’espace familial, afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Le décès tragique de la jeune mère résonne comme un rappel douloureux de la nécessité de lutter contre l’indifférence, le silence et les violences invisibles au sein des foyers.
À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités, mais l’affaire pourrait ouvrir la voie à une réflexion sociale plus large sur les conditions de vie et la protection des femmes, particulièrement les plus jeunes et les plus vulnérables. En attendant, le pays, choqué, tente encore d’assimiler l’ampleur de ce drame humain.
Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées
Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».
Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.
Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.
La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.
Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.
La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.
Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.
Batiprom : le gestionnaire interpellé pour un détournement présumé de 1,2 milliard F CFA
L’affaire fait grand bruit dans le secteur du bâtiment et alimente depuis quelques jours les discussions dans les milieux économiques et judiciaires. M. Touré, enseignant-chercheur et gestionnaire de la société Batiprom, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier pour « abus de confiance présumé portant sur la somme de 1,2 milliard de francs CFA ». Après un premier retour de parquet, il devrait connaître son sort ce vendredi, au terme de nouvelles auditions.
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, tout est parti d’une plainte déposée par le directeur général (DG) de Batiprom. Cette société, spécialisée dans l’achat et la vente de matériaux de construction, avait en 2022 décroché un contrat de sous-traitance avec Naffco, une entreprise basée à Dubaï. Cette dernière avait été attributaire la même année d’un important marché public du ministère de l’Intérieur, portant à la fois sur la fourniture de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.
Pour faciliter l’exécution du contrat, le DG de Batiprom avait confié à M. Touré la gestion complète de la société. Il lui avait même remis une procuration bancaire, faisant de lui l’interlocuteur direct et privilégié de Naffco. Une confiance totale, devenue aujourd’hui le point central de l’accusation.
Devant les enquêteurs, M. Touré a tenté de se défendre en affirmant que les montants transférés étaient destinés à l’exécution du contrat de sous-traitance. Mais ses explications n’ont pas convaincu. Les enquêteurs ont estimé que ces justifications n’étaient étayées par aucun document probant. Aucun élément matériel, selon eux, ne venait confirmer que les sommes en question avaient réellement servi au chantier ou à l’acquisition d’équipements en lien avec le marché.
Plus grave encore, l’enquête financière a mis en évidence des mouvements jugés hautement suspects. De nombreux virements auraient été effectués directement depuis le compte bancaire de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, sans motif professionnel clair et sans validation préalable du directeur général. Ces transactions constituent aujourd’hui la base de l’accusation de détournement, portant sur un montant total estimé à 1,2 milliard de francs CFA.
L’arrestation du gestionnaire marque une nouvelle étape dans ce dossier aux ramifications complexes, mêlant marché public international, contrat de sous-traitance et soupçons de fraude massive. Le Pool judiciaire financier poursuit actuellement l’examen du dossier pour déterminer si les faits reprochés sont constitués et quels chefs d’inculpation pourraient être retenus.
Dans l’attente de la décision de la justice, l’affaire continue de susciter inquiétude et interrogations au sein de Batiprom, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans l’attribution et la gestion des marchés de sous-traitance au Sénégal.
Dagana : un étudiant de l’Isep tué lors d’une attaque à moto, une enquête ouverte
La commune de Richard-Toll est sous le choc après la mort tragique de Mouhamed Ndiaye, étudiant à l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de la localité. Le jeune homme a été mortellement agressé dans la soirée du jeudi 20 novembre, aux alentours de 21 heures, sur la route nationale 2, à hauteur du village de Keur Birane, un secteur connu pour être relativement isolé dès la tombée de la nuit.
Selon les premières informations relayées par Le Soleil, Mouhamed Ndiaye circulait à moto en compagnie d’un ami lorsque trois individus non identifiés les ont pris pour cible. Les assaillants, embusqués au bord de la route, auraient tenté de s’emparer de l’engin en interceptant les deux jeunes hommes. L’attaque a été d’une extrême violence : l’un des agresseurs aurait porté un coup de gourdin au jeune étudiant, provoquant immédiatement la perte de contrôle de la moto. Le choc et la chute qui ont suivi se sont avérés fatals.
Mouhamed Ndiaye est décédé sur place, tandis que son compagnon, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins. Son état reste préoccupant, selon des sources locales.
Alertés, les éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Richard-Toll se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constats d’usage et sécurisé la zone, avant d’ouvrir une enquête afin de retrouver les auteurs de cette attaque meurtrière. Les premiers témoignages recueillis laissent penser à un acte de banditisme ciblant les motocyclistes circulant de nuit sur cet axe, mais aucune piste n’est écartée à ce stade de l’enquête.
La mort de Mouhamed Ndiaye a provoqué une vive émotion parmi ses camarades de l’Isep et dans toute la communauté locale, où il était décrit comme un jeune homme sérieux et apprécié. De nombreux habitants appellent les autorités à renforcer la sécurité sur la RN2, devenue selon eux un point sensible en raison de la recrudescence des attaques nocturnes.
Crise politique et institutionnelle : le FDR accuse PASTEF et appelle à un sursaut national
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a livré une analyse particulièrement inquiétante de la situation actuelle du Sénégal, qu’il considère comme l’une des plus graves de l’histoire politique du pays. Dans un communiqué rendu public, la coalition de l’opposition soutient que le Sénégal traverse « la pire crise de son existence », estimant qu’aucune des grandes secousses qui ont marqué la vie politique nationale — notamment celles de 1962, 1968, 1988 ou encore 2021 — n’aurait atteint le niveau de dégradation institutionnelle et de fragilité économique observé aujourd’hui.
Selon le FDR, cette situation critique trouve sa source principale dans ce qu’il qualifie « d’échec profond et multiforme » de la gouvernance de PASTEF. Pour l’opposition, les autorités actuelles n’ont pas seulement manqué à leurs promesses de transformation structurelle ; elles auraient également compromis certains acquis démocratiques, économiques et institutionnels du pays. Le Front considère que les vingt derniers mois de gestion ont entraîné un affaiblissement préoccupant de l’appareil étatique.
Sur le plan économique, le FDR brosse un tableau particulièrement sombre. Il affirme que le Sénégal se trouve désormais parmi les pays les plus endettés du continent, fragilisé au point d’être exposé aux risques d’intervention des fonds vautours. Selon la coalition, l’État serait « au bord de la faillite », une situation que le Front attribue à des décisions hasardeuses, un manque d’expérience et une gouvernance dominée par « le populisme ». Les difficultés rencontrées par le pays à honorer ses engagements financiers, l’incapacité à payer certaines créances internes et l’impact de nouvelles taxes sur les ménages les plus modestes sont autant d’éléments que le FDR interprète comme des signaux d’alarme.
Le paysage institutionnel n’échappe pas non plus à la critique du Front. Il souligne une série d’événements récents qui, selon lui, témoignent d’un affaiblissement inédit de la stabilité politique. Le communiqué rappelle notamment les accusations publiques du Premier ministre, affirmant être la cible d’un complot impliquant de hauts magistrats, ainsi que les déclarations d’un député de la majorité accusant le président de la République de mener un « coup d’État constitutionnel » contre son propre chef de gouvernement. Pour le FDR, l’absence de réponse formelle des autorités sur ces accusations, qui relèvent potentiellement d’attentats contre la sûreté de l’État, révèle une situation institutionnelle explosive.
Au-delà de ces dysfonctionnements, le FDR estime que ces tensions traduisent une crise interne au sein même du parti au pouvoir. Il considère que les fractures qui émergent au cœur de PASTEF pourraient, si elles ne sont pas contenues, provoquer une implosion politique susceptible d’entraîner le pays dans une instabilité encore plus profonde.
Conscient de la gravité de ce qu’il décrit comme une « catastrophe imminente », le Front lance un appel solennel à un large sursaut national. Il invite les forces vives de la nation, les organisations citoyennes, les travailleurs, les acteurs politiques et l’ensemble de la société sénégalaise à se mobiliser pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation. Le FDR estime qu’un mouvement national coordonné est nécessaire pour « mettre un terme aux dérives » et rétablir les équilibres institutionnels et économiques.
Le Front annonce enfin la poursuite de son plan d’action dans les prochains jours, avec l’objectif de traduire cet appel en initiatives concrètes destinées, selon lui, à « sauvegarder la République » et à préserver la stabilité du Sénégal face aux risques qu’il juge imminents.
CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique
Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.
Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.
Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.
Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.
Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.
Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°612 – 21/11/2025
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°611 – 20/11/2025
Le Sénégal agonise, la République danse autour du brasier (Par Pape Moussa Traoré)
Au moment où le Sénégal traverse l’une des périodes les plus sombres financièrement de son histoire, le spectacle politique vire à la farce. Les agences de notation, peu sensibles aux péripéties diplomatiques ou aux joutes internes, ont sonné l’alerte : selon Standard & Poor’s (S&P), le Sénégal a été abaissé à « CCC+ » avec perspective négative, ce qui le place dans la catégorie des pays à risque aigu de défaut. Selon un article plus récent, le pays subit « une double dégradation » : S&P à CCC+, Moody’s en B3. Autre donnée glaçante : la dette publique est estimée à plus de 119 % du PIB en fin 2024, voire au-dessus selon certains calculs.
Faut-il encore dire que cette situation rend l’État moins crédible aux yeux des investisseurs ? Que le coût de l’emprunt grimpe ? Que cela crée de l’angoisse chez ceux qui, dans le privé, espèrent pouvoir compter sur l’Etat pour des contrats, des investissements, des engagements financiers enfin tenus ?
Quand un pays sombre dans la catégorie « risqué », mieux vaut pour un investisseur s’armer de prudence. Le message est clair : « Attention ». Dans ce contexte, les appels à la vigilance ne sont plus un luxe : ce sont des signaux de survie. Et qu’en fait-on ? Rien. Ou pire : on détourne l’attention. On s’embourbe dans des querelles accessoires pendant que la maison brûle.
Le G7 déroule son plan d’actions, déterminé à faire plier un gouvernement engagé dans une stratégie de diversion plutôt que dans une véritable négociation. Les étudiants, piliers de notre avenir national, descendent dans la rue pour réclamer… leurs arriérés de bourses. Une dette morale avant d’être financière. Faudra-t-il attendre un drame pour réagir ?
Et c’est précisément au cœur de cette tourmente que les autorités choisissent d’offrir au peuple un épisode supplémentaire d’une querelle politique digne d’un théâtre de quartier : une mésentente de borne-fontaine. Au lieu de gouverner, on est dans la distraction. Au lieu de relancer notre économie déjà à terre, on s’amuse.
Question simple, brutale, presque taboue : le Sénégal est-il maudit ?
Maudit d’être otage de ses propres élites politiques ? Maudit de voir des enjeux personnels s’ériger au-dessus de la souffrance collective ? Maudit d’avoir transformé l’espace public en scène, le citoyen en spectateur, et la crise nationale en divertissement ? Alors que tous les feux rouges clignotent : dette, déficit, jeunesse, tensions sociales, ce que choisit l’Etat ? Une distraction.
Un conflit de borne fontaine oui, une querelle symbolique, animée par deux « marraines » du système pendant que les vraies priorités restent sur la touche. Résultat : toute une République est mobilisée pour éteindre un feu de paille, oubliant les vraies préoccupations des sénégalais et les promesses nombreuses faites au peuple. Le Sénégal, un pays doté d’un esprit de résilience, mais enlisé dans ses propres contradictions. Un pays qui accumule les bons mots, les plans d’actions, les promesses, et qui recule lorsqu’il faudrait foncer. Un pays dont les finances s’effondrent, dont la jeunesse proteste, et dont les dirigeants trouvent quand même le moyen d’entrer en conflit sur des sujets dérisoires.
Chers lecteurs, si vous cherchez un résumé de l’absurdité : la note souveraine tombe, la dette explose, l’investisseur détourne le regard, les étudiants hurlent dans la rue, et l’État organise un débat secondaire pour passer le temps. Le moment est grave. La pause est ridicule.
Et pendant que les tenants du pouvoir s’amusent de querelles futiles, le pays s’enfonce à une vitesse inquiétante.
Pape Moussa Traoré
Séries d’auditions au PJF : Waly Seck, le fils d’Amadou Ba, les frères de Farba Ngom et plusieurs personnalités convoqués
Le Pool judiciaire financier (PJF) s’apprête à vivre une fin d’année sous haute intensité avec une nouvelle vague d’auditions au fond visant plusieurs personnalités impliquées dans des dossiers sensibles de détournement présumé, blanchiment de capitaux et malversations financières. Selon des informations rapportées par la RFM, le calendrier des convocations s’étend du 21 novembre au 4 décembre 2025 et touche aussi bien des figures politiques que des célébrités du monde culturel et économique.
La convocation la plus médiatisée concerne le chanteur Waly Seck, attendu le 2 décembre devant le premier cabinet du PJF. Cette audition s’inscrit dans le vaste dossier ouvert par la CENTIF portant sur un flux financier évalué à 5,5 milliards de FCFA. Dans cette affaire, plusieurs noms circulent, dont celui d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Waly Seck, initialement placé sous mandat de dépôt, avait retrouvé la liberté après le versement d’une caution de plus de 210 millions de FCFA. Cette audition au fond pourrait déterminer la suite judiciaire de son dossier.
Dès le lendemain, le 3 décembre, l’attention se portera sur Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba. Détenu depuis plusieurs mois dans une affaire liée à la gestion d’une société immobilière qu’il co-dirigeait avec Amadou Sall, il devra répondre aux questions du juge du premier cabinet. Son chauffeur, Cheikh Tidiane Seck, également mis en cause dans cette même affaire, sera à son tour entendu le 4 décembre. Les enquêteurs soupçonnent ce dernier d’implication dans des opérations de blanchiment de capitaux.
La pression judiciaire se poursuit également dans le dossier explosif des 125 milliards de FCFA, qui a conduit à l’incarcération du maire des Agnam, Farba Ngom. Deux frères de ce dernier, Ismaïla et Birame Ngom, sont convoqués respectivement les 21 et 24 novembre pour être interrogés au fond. Leur rôle dans ce vaste scandale financier est scruté de près, les enquêteurs cherchant à clarifier les circuits financiers et les responsabilités.
Dans le secteur privé, l’homme d’affaires Mamadou Racine Sy, figure influente du paysage économique sénégalais, est lui aussi attendu au PJF. Il devra se présenter le 28 novembre devant les enquêteurs chargés de démêler les ramifications de cette affaire tentaculaire qui touche plusieurs segments de la sphère politico-financière.
Ces convocations s’inscrivent dans un contexte où, depuis le 19 septembre 2025, plusieurs protagonistes ont déjà été placés sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation graves, parmi lesquels association de malfaiteurs, escroquerie financière et blanchiment de capitaux. Le PJF semble déterminé à accélérer le rythme des investigations afin de faire avancer plusieurs dossiers restés en suspens.
À mesure que ces auditions s’enchaînent, l’opinion publique suit avec attention l’évolution de ces enquêtes, qui mettent en lumière l’ampleur des dérives financières imputées à certaines personnalités influentes. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre les responsabilités de chacun et mesurer la portée des poursuites qui pourraient suivre.
Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins
Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».
Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.
Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.
L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.
Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.
Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.
Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.
Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°610 – 19/11/2025
FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco
La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.
Le Dakarois
Budget de l’État au 3ᵉ trimestre 2025 : recettes en hausse mais déficit alarmant de 1 059 milliards de F CFA
L’exécution du budget de l’État du Sénégal au troisième trimestre 2025 révèle une situation financière marquée par un contraste saisissant entre la progression notable des recettes publiques et l’ampleur persistante du déficit budgétaire, évalué à 1 059 milliards de francs CFA. C’est ce qui ressort du rapport d’exécution trimestrielle consulté par Ledakarois, document qui met en lumière à la fois des avancées encourageantes en matière de mobilisation des recettes et des défis structurels liés aux dépenses publiques et à la dynamique de financement.
Selon les chiffres communiqués, les recettes du budget général ont atteint 3 254 milliards de francs CFA à fin septembre 2025, soit un taux de réalisation de 69,7% par rapport à l’objectif annuel fixé à 4 668,9 milliards. Cette performance représente une hausse de 367,5 milliards de francs CFA, correspondant à une progression de 12,7% en glissement annuel. Cette augmentation est attribuée aux efforts de recouvrement déployés par les services fiscaux, appuyés par des dispositifs d’élargissement de l’assiette, de digitalisation des procédures et d’intensification du contrôle fiscal.
Les recettes fiscales se chiffrent à 2 987,9 milliards de francs CFA, avec un taux de réalisation de 72,9% de la cible annuelle, traduisant une croissance de 7,6% par rapport à la même période de 2024. Les recettes non fiscales affichent un montant de 214,2 milliards, avec un taux de réalisation supérieur à 75%, confirmant leur bonne dynamique. Cependant, les dons restent nettement en deçà des attentes, ne représentant que 18,1% des prévisions, avec seulement 52 milliards mobilisés, ce qui souligne une dépendance limitée à ces flux mais pose la question de la coopération financière internationale et de la mise en œuvre de certains programmes cofinancés.
Malgré l’amélioration des recettes, l’État est confronté à un important déficit, qui a nécessité le recours massif à des financements de trésorerie. Le rapport indique que les ressources mobilisées à cet effet s’élèvent à 3 655,8 milliards de francs CFA, soit 64% des besoins annuels. Une grande partie de ces ressources provient des marchés financiers, où l’État a levé 2 775,1 milliards, correspondant à un taux de réalisation de 73,6%. Cette forte sollicitation des marchés interroge sur la soutenabilité future de la dette, d’autant plus que certaines opérations ont été contractées sans autorisation parlementaire, alimentant le débat sur la gouvernance budgétaire et la transparence des engagements financiers.
Les dépenses publiques sont évaluées à 4 313 milliards de francs CFA, soit 67,8% des prévisions annuelles. Les dépenses ordinaires, estimées à 3 220,8 milliards, demeurent dominées par les transferts courants (1 169,4 milliards) et la masse salariale (1 082,8 milliards), confirmant la pression structurelle liée au fonctionnement de l’État. Les charges de la dette, qui représentent 705,7 milliards, témoignent de la lourdeur croissante liée au remboursement des emprunts, notamment ceux contractés hors cadre d’autorisation législative, un point déjà soulevé dans les débats nationaux sur la gestion de la dette publique.
Sur le volet des investissements, les résultats demeurent mitigés. Les dépenses en capital ont été exécutées à hauteur de 1 092,2 milliards, correspondant à un taux d’exécution globale de 56,4%. Une lecture plus détaillée révèle une meilleure performance des investissements financés sur ressources internes, réalisés à 71,4%, alors que ceux dépendants des ressources externes n’ont atteint que 49,9%, traduisant des lenteurs administratives, des retards dans le décaissement des partenaires techniques et financiers, ainsi que des contraintes liées à la maturité des projets. Par ailleurs, le rapport souligne que les investissements directs de l’État restent particulièrement faibles, estimés à seulement 40,8 milliards de francs CFA, soit 27,4% des prévisions, soulevant des inquiétudes quant à la capacité de l’État à accélérer la transformation structurelle et les infrastructures productives.
Au total, ces résultats révèlent un paradoxe budgétaire : une amélioration de la mobilisation des ressources internes, mais des dépenses qui demeurent lourdes, rigides et difficilement compressibles, associées à une forte pression sur l’endettement et un rythme d’investissement insuffisant pour soutenir les ambitions économiques inscrites dans les orientations stratégiques de l’État. Le dernier trimestre sera déterminant, notamment pour l’évaluation de la trajectoire budgétaire, de la capacité d’absorption des financements extérieurs et de l’impact réel des investissements sur la croissance nationale.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°609 – 18/11/2025
Sénégal : les eurobonds reculent après une troisième dégradation de la note souveraine par S&P Global Ratings
Les marchés financiers ont de nouveau réagi négativement à la situation budgétaire du Sénégal. Ce lundi, les obligations en dollars émises par l’État sénégalais ont enregistré un recul notable après que l’agence de notation internationale S&P Global Ratings a abaissé, pour la troisième fois en 2025, la note souveraine du pays, désormais classée à CCC+, soit sept niveaux en dessous de la catégorie « investment grade ». Cette décision, annoncée vendredi dernier, reflète selon l’agence une fragilité persistante des finances publiques, exacerbée par l’absence d’un programme d’appui financier officiel pleinement opérationnel.
Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2048 ont ainsi perdu 0,89 cent pour se négocier autour de 58,06 cents sur le dollar, figurant parmi les titres les plus en baisse sur les marchés émergents. Les obligations venant à maturité en 2033 ont également reculé pour atteindre 62,94 cents, signe que la confiance des investisseurs reste sous tension malgré les engagements affichés par les autorités.
Dans son analyse, S&P Global Ratings justifie cette nouvelle dégradation par un déséquilibre financier jugé préoccupant, notamment un niveau d’endettement élevé et une charge d’intérêts particulièrement lourde pour l’État. Selon l’agence, les mesures actuelles visant à stimuler la croissance et à renforcer la mobilisation fiscale, bien que significatives, ne suffisent pas, en l’absence d’un programme d’appui multilatéral crédible, à restaurer la soutenabilité financière dans un horizon proche.
La crise de confiance actuelle trouve son origine dans la suspension, l’an dernier, du programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Cette suspension est intervenue après la découverte d’un volume de dette estimé à 7 milliards de dollars, jusque-là non inscrit dans les déclarations officielles, et attribué à l’ancienne administration. Depuis lors, le gouvernement sénégalais tente de renégocier un nouvel accord avec le FMI, mais les discussions semblent progresser lentement, dans un contexte où les engagements budgétaires affichés apparaissent difficiles à tenir.

L’économiste Jacques Nel, responsable de l’analyse macroéconomique pour l’Afrique au sein du cabinet Oxford Economics, estime que le Sénégal fait face à une équation budgétaire complexe. Alors que les autorités prévoient une réduction rapide du déficit, passant de 5,4 % du PIB dès 2026 à 3 % en 2027, S&P juge ces projections irréalistes et anticipe plutôt un déficit de 8,1 % en 2026 et 6,8 % en 2027. Cet écart notable entre objectifs politiques et estimations techniques renforce la perception d’incertitude parmi les investisseurs internationaux.
Cette nouvelle dégradation représente un signal d’alerte supplémentaire pour Dakar, dont l’accès aux marchés internationaux pourrait être davantage restreint, avec des coûts d’emprunt en hausse et une exposition accrue au risque de refinancement. Elle intervient également à un moment où le gouvernement multiplie les efforts diplomatiques, financiers et institutionnels pour rétablir sa crédibilité, rassurer les partenaires internationaux et relancer la dynamique économique nationale.
La suite dépendra en grande partie de deux leviers : la conclusion d’un nouvel accord stabilisateur avec le FMI et la mise en œuvre concrète, soutenue et cohérente des réformes budgétaires annoncées.
Affaire à suivre de très près…

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°608 – 17/11/2025
Mauritanie : 224 migrants interceptés au large de Nouadhibou alors qu’ils tentaient de rejoindre les Canaries
Les garde-côtes mauritaniens ont intercepté, dans la nuit de lundi à mardi, une embarcation partie de la Gambie avec plus de 220 migrants en route vers les îles Canaries. Selon les informations rapportées par un correspondant de Sahara 24, le bateau est tombé en panne en mer non loin du port de Nouadhibou, avant d’être secouru par les autorités locales.
Au total, 224 personnes ont été sauvées. Parmi elles, une vingtaine étaient dans un état de grande faiblesse après avoir épuisé la majorité de leurs vivres durant la traversée. Ces migrants affaiblis ont été immédiatement transférés vers un centre de soins, sous la supervision du Croissant-Rouge mauritanien, afin de recevoir une prise en charge médicale.
D’après les éléments recueillis, l’embarcation avait quitté les côtes gambiennes avec à son bord 75 Sénégalais, 135 Gambiens et 17 Guinéens de Conakry. Tous tentaient de rejoindre clandestinement l’archipel espagnol dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie.
Ces derniers mois, Nouadhibou est devenue un point névralgique des tentatives de migration irrégulière vers les Canaries. Les autorités mauritaniennes font régulièrement état d’interceptions de groupes de migrants, souvent suivies de procédures d’expulsion vers leurs pays d’origine. Cette hausse des traversées s’inscrit dans un contexte régional marqué par la pression migratoire, la précarité économique et l’attractivité persistante de la route atlantique malgré sa dangerosité.
Hamidou Anne alerte sur la fragilisation de la démocratie au Sénégal et dans le monde
Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l’Alliance Pour la République (APR), a livré un constat particulièrement préoccupant sur l’avenir de la démocratie, qu’il estime en pleine régression à l’échelle mondiale. Selon lui, le Sénégal n’échappe pas à cette tendance inquiétante.
Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trois décennies. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. » Ce constat l’amène à observer un affaiblissement généralisé des systèmes démocratiques dans le monde. En Europe, la montée du populisme et la tentation d’un discours autoritaire menacent l’équilibre institutionnel. Dans plusieurs régions, le durcissement des régimes et l’affaiblissement du multilatéralisme alimentent cette régression.
En Afrique de l’Ouest, l’essayiste pointe du doigt l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires, citant notamment les exemples récents au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais selon lui, le danger le plus insidieux ne réside pas dans les putschs, mais dans la montée des régimes populistes. Ces derniers, estime-t-il, sont plus dangereux car ils détruisent progressivement les contre-pouvoirs, souvent par des moyens légaux, ce qui peut conduire à une démocratie illibérale sans que les citoyens en prennent conscience.
Interrogé spécifiquement sur le Sénégal, Hamidou Anne évoque des « signaux faibles » de fragilisation démocratique. Il mentionne les appels à l’intervention de l’armée, les violences politiques, les crispations institutionnelles, ainsi que certaines procédures judiciaires controversées. Il attire également l’attention sur la fragilité des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie », avertit-il.
Pour prévenir ce scénario et protéger le pays, Hamidou Anne plaide pour un triple effort. Il insiste d’abord sur le renforcement de l’éducation nationale, qu’il considère comme le socle de tout État moderne. Ensuite, il préconise la modernisation du « logiciel démocratique », encore marqué selon lui par les dérives héritées des régimes précédents. Enfin, il appelle à une défense renforcée des institutions, seules garantes de la stabilité et du respect des principes démocratiques.
Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko
La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.
Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.
L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.
L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.
Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.
Sénégal – Cohésion militaire : Le ministre des Forces armées et le président Diomaye Faye lancent la première Randonnée Pédestre des Armées
Le ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, a présidé ce dimanche, aux côtés du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, la première édition de la Randonnée Pédestre des Forces Armées. L’événement, qui devient désormais un rendez-vous annuel prévu le premier dimanche suivant la Journée des Forces armées, marque une nouvelle étape dans les efforts de renforcement de la cohésion, de la solidarité et de l’esprit de corps au sein de l’institution militaire.
Dans son allocution, le Général Diop a salué la présence du président de la République, qu’il a qualifiée d’« honneur » pour l’ensemble du personnel militaire. Exprimant sa gratitude, il a déclaré : « Permettez-moi, au nom de l’ensemble du personnel des Forces armées, de vous remercier très sincèrement pour l’honneur que vous nous faites en participant à cette première édition de la Randonnée des Forces armées. »
Revenant sur la portée de cette initiative, le ministre a souligné son importance symbolique et stratégique. Selon lui, organiser une marche de cohésion dans un même uniforme vise à rappeler à chaque militaire son appartenance à une seule et même institution. Il s’agit également de raviver le sens de la fraternité, de la camaraderie d’armes et de l’obligation permanente de coordonner les efforts pour remplir efficacement la mission fondamentale des Forces armées : sécuriser le territoire national et protéger les populations ainsi que leurs biens.
Le Général Diop a par ailleurs insisté sur la solidarité et l’unité qui caractérisent les Forces armées sénégalaises. Il a réaffirmé leur intention de poursuivre et d’intensifier leur collaboration avec les autres Forces de défense et de sécurité, afin de maintenir un environnement national stable, sécurisé et propice au développement. Dans ce cadre, il a rappelé l’engagement de l’Armée à contribuer, au-delà des missions de défense, au progrès socio-économique du pays, notamment à travers l’application renforcée du concept « Armée-Nation », qui vise à consolider les liens entre l’institution militaire et la population.
Cette première randonnée, qui a réuni autorités civiles et militaires, apparaît ainsi comme un symbole fort d’unité, de proximité et de mobilisation collective pour un Sénégal résolument tourné vers la paix, la stabilité et le développement.
Face aux attaques contre la Justice, l’UMS riposte et annonce une série de mesures
L’Union des magistrats sénégalais (UMS) hausse le ton. Confronté à des attaques répétées visant tant les magistrats que l’institution judiciaire elle-même, le Bureau exécutif de l’organisation a décidé d’engager une série de mesures pour défendre la profession et rétablir la confiance. Dans une note rendue publique ce vendredi 14 novembre 2025, l’UMS évoque « une démarche concertée avec la hiérarchie judiciaire afin d’adopter une stratégie de communication jugée adaptée au climat actuel ».
Avant de retenir ses premières actions, l’organisation affirme avoir saisi officiellement le Président de la République à travers un courrier, signe de la gravité accordée à cette situation et de la volonté d’obtenir un soutien institutionnel au plus haut sommet de l’État. Parmi les premières initiatives annoncées figure une intervention médiatique : le Bureau exécutif participera à l’émission « Point de vue » sur RTS 1, ce dimanche 16 novembre à 14 heures. Cette apparition vise à apporter des éclairages, répondre aux interpellations du public et clarifier les enjeux qui agitent le débat national depuis plusieurs jours.
L’UMS invite également l’ensemble des magistrats à renforcer leur cohésion interne et à préserver la solidarité qui caractérise traditionnellement leur corps. Dans un contexte où la justice fait l’objet d’une pression croissante, l’organisation insiste sur la nécessité de protéger la magistrature et de défendre les valeurs fondamentales qui la fondent.
Face à la montée des critiques, cette sortie marque un tournant. L’UMS entend désormais adopter une communication plus ferme et structurée pour rappeler le rôle central de la justice dans l’État de droit, tout en appelant à un climat d’apaisement et de respect des institutions.
Croissance économique 2025 : le Sénégal recule dans le classement africain et pointe au 9e rang
Le Sénégal continue de faire face à d’importants défis économiques, dans un contexte marqué par les révélations récentes autour de la dette publique. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées par L’Observateur, le pays n’occupe que la 9e place dans le classement des dix économies africaines qui enregistreront les plus fortes croissances en 2025.
Avec un taux de croissance annoncé de 6%, équivalent à celui de la Gambie, du Djibouti et de la Tanzanie, le Sénégal se retrouve pourtant en avant-dernière position, ne devançant que la Tanzanie. Ce recul est symbolique d’un ralentissement plus profond, au moment même où le pays entame sa transition vers la production pétrolière et gazière.
En haut du classement, l’Éthiopie et la Guinée affichent des performances nettement supérieures, chacune atteignant 7,20% de croissance. L’Éthiopie doit cette progression à de vastes investissements dans les infrastructures énergétiques et de transport, associés à une politique d’ouverture de son économie destinée à dynamiser l’industrie manufacturière. La Guinée, de son côté, profite de l’essor de ses secteurs minier et énergétique.
Le Bénin se positionne parmi les pays les plus dynamiques, avec une croissance projetée de 7%, portée par une diversification économique en cours, le développement de ses infrastructures portuaires et une amélioration notable de l’environnement des affaires. La Côte d’Ivoire, avec 6,40%, s’appuie sur des réformes économiques ambitieuses, des investissements publics massifs et la solidité de son agriculture, notamment sa production de cacao, la plus importante au monde.
Pour le Sénégal, les perspectives demeurent mitigées. Malgré son entrée dans le cercle des producteurs de pétrole et de gaz, la croissance n’atteint pas encore le niveau espéré. Le contexte reste d’autant plus complexe que le FMI tarde à formaliser de nouveaux accords économiques avec les autorités sénégalaises, laissant planer une incertitude sur la capacité du pays à consolider ses finances publiques.
Alors que 2025 s’annonce comme une année charnière, le Sénégal devra accélérer les réformes structurelles, renforcer la gouvernance économique et valoriser pleinement son potentiel énergétique afin de retrouver une position plus favorable dans la dynamique de croissance du continent.
Finances publiques : Dakar lève 99 milliards FCFA sur le marché régional et franchit la barre des 2 000 milliards mobilisés en 2025
Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.
Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.
Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.
Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.
La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.
En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.
Sénégal : S&P abaisse la note souveraine à « CCC+ » face aux risques croissants sur la dette
Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences financières. L’agence de notation S&P Global Ratings a annoncé l’abaissement de la note souveraine à long terme en devises étrangères du pays à « CCC+ », contre « B- » auparavant. Cette dégradation traduit une hausse significative du risque de défaut, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires du pays se réduisent dangereusement. S&P a également placé Dakar sous « CreditWatch » avec implication négative, signalant que d’autres abaissements pourraient suivre si le gouvernement ne parvient pas à refinancer ses importantes échéances commerciales prévues dans les prochains mois.
L’agence a, par ailleurs, ramené la note à court terme en devises étrangères à « C », tandis que la notation souveraine à long terme en monnaie locale a été maintenue à « B- ». Ce maintien reflète un risque relativement moindre sur la dette libellée en franc CFA, bien que l’environnement global reste fragile.
Pour justifier cette décision sévère, S&P pointe des besoins de financement publics exceptionnels en 2026. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités, ces besoins atteindraient 26 % du PIB, mais S&P estime qu’ils pourraient grimper jusqu’à 29 %. Une telle charge rend le pays fortement dépendant d’un accès fluide aux marchés financiers, dans un contexte où les coûts d’emprunt augmentent et où la confiance des investisseurs reste volatile.
La dette publique constitue un autre facteur d’inquiétude majeur. À fin 2024, celle-ci s’élèverait à 119 % du PIB, un niveau particulièrement élevé pour un pays classé dans la catégorie spéculative. En intégrant les arriérés budgétaires et les engagements des entités publiques liées à l’État, S&P estime que près de 9 points de PIB supplémentaires pèseraient sur la trajectoire budgétaire. Une accumulation qui place le Sénégal parmi les États les plus endettés de sa catégorie.
La situation a été aggravée par la suspension, en octobre 2024, du programme de 1,8 milliard de dollars du Fonds monétaire international. Cette suspension prive le pays d’un appui financier crucial et limite son accès à des financements concessionnels, généralement moins coûteux et plus longs que les emprunts classiques.
Le Sénégal s’est ainsi davantage tourné vers les marchés régionaux pour financer son budget. D’après S&P, près de 70 % du programme de financement 2025 a déjà été couvert via des émissions sur ces marchés. Mais les taux d’intérêt y dépassent désormais les 7 %, et les maturités y sont beaucoup plus courtes que celles proposées par les bailleurs internationaux, ce qui augmente la pression sur les finances publiques à court terme.
Malgré ce tableau sombre, S&P laisse la porte ouverte à une amélioration. L’agence estime qu’un relèvement de la note reste possible si le Sénégal parvient à refinancer ses prochaines échéances et à mettre en œuvre une consolidation budgétaire crédible. Pour l’heure, la situation reste incertaine, et les prochains mois seront décisifs pour la trajectoire financière du pays.
Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »
Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.
La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.
« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.
L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.
Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.
Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.
Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.
Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.
La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.
Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.






































