Société
Sénégalais abattu à Ajaccio : Momar Thiam plaide pour que « les consulats soient dotés d’un service social et d’écoute »
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par
Le Dakarois
Moins de vingt-quatre heures après la mort par balle d’un ressortissant sénégalais dans le centre-ville d’Ajaccio, en France, le débat sur la protection et l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur refait surface. Invité ce dimanche 21 décembre dans l’émission Objection sur Sud FM, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a interpellé l’État sénégalais sur la nécessité de renforcer le rôle social des représentations diplomatiques.
Pour Momar Thiam, ce drame met en lumière une réalité souvent ignorée : la grande vulnérabilité psychologique et sociale de nombreux migrants sénégalais en Europe. Il estime que l’État doit « franchir un pas » en dotant les consulats généraux à l’étranger de véritables services sociaux capables d’accompagner les compatriotes en situation de détresse. « Les consulats doivent disposer de services sociaux qui peuvent être à l’écoute des Sénégalais en difficulté », a-t-il plaidé.
Selon lui, une grande partie des migrants arrive en Europe dans des conditions extrêmement éprouvantes. « La plupart des migrants qui franchissent les frontières européennes passent par la mer et arrivent dans des situations de détresse, parfois même de folie », a-t-il expliqué, insistant sur les traumatismes liés aux parcours migratoires, à l’errance administrative, à la précarité et à l’isolement social.
Fort de son expérience, Momar Thiam affirme parler en connaissance de cause. Il rappelle avoir côtoyé de nombreux compatriotes en difficulté durant ses douze années passées en tant que consul général. « Pour les avoir vus et accompagnés pendant douze ans, je sais de quoi je parle », a-t-il insisté, soulignant que beaucoup de situations critiques auraient pu être désamorcées avec un accompagnement approprié.
L’expert propose ainsi que les consulats soient dotés de personnels spécialisés, notamment des psychologues ou des agents formés aux questions sociales et migratoires. Selon lui, la présence de tels profils permettrait d’identifier en amont les cas de détresse mentale, d’orienter les personnes concernées vers des structures adaptées et, surtout, d’éviter des issues tragiques.
Pour Momar Thiam, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative ou diplomatique, mais d’un impératif humain. Il estime que la protection des Sénégalais de l’extérieur doit aller au-delà des services consulaires classiques et intégrer une dimension sociale et psychologique à part entière. « En mettant en place un tel dispositif, l’État sénégalais pourrait prévenir certains drames », a-t-il conclu.
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