Dette publique : Chérif Salif Sy plaide pour une approche responsable, loin des postures politiciennes et de l’austérité aveugle

Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD), diffusée ce 11 janvier 2026, l’économiste et président du Forum du Tiers Monde, le professeur Chérif Salif Sy, s’est longuement exprimé sur la question sensible de la dette publique. Dans un contexte marqué par de vifs débats politiques et médiatiques, il a livré une analyse à la fois technique et politique, appelant à dépasser les clivages partisans et à éviter toute réponse économique brutale susceptible de fragiliser davantage les populations.

D’emblée, le professeur Sy a tenu à relativiser l’ampleur de la polémique actuelle autour de la dette, qu’il estime largement alimentée par des considérations politiques plutôt que par une lecture économique rigoureuse. Selon lui, nombre de prises de position observées dans l’espace public relèvent davantage de la stratégie de confrontation que d’une véritable expertise. Il déplore ainsi un déficit de connaissance dans certains discours, soulignant que certains acteurs, mus par une logique d’opposition systématique, cherchent avant tout à « contrer le gouvernement, coûte que coûte », quitte à semer la confusion et à diffuser des analyses approximatives.

Face aux discours alarmistes, l’économiste a voulu se montrer rassurant quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Pour Chérif Salif Sy, la dette ne saurait être réduite à un fardeau insurmontable ; elle doit être appréhendée comme un instrument de politique économique, susceptible de soutenir le développement lorsqu’elle est correctement gérée. Il se dit ainsi convaincu que l’État fera face à ses obligations, rappelant que la crédibilité de la signature de l’État demeure un atout fondamental sur les marchés financiers internationaux.

« On paiera la dette », a-t-il affirmé avec assurance, estimant que la confiance des partenaires repose précisément sur cette capacité de l’État à respecter ses engagements. Pour lui, préserver cette crédibilité est essentiel, tant pour la stabilité macroéconomique que pour l’accès futur aux financements.

Interrogé sur l’hypothèse d’une restructuration de la dette, le professeur Sy a affiché une certaine prudence. Tout en reconnaissant que cette option peut présenter des avantages dans certaines circonstances, il en a également souligné les risques et la complexité. Il a notamment exprimé sa confiance envers le Premier ministre dans la gestion de ces dossiers délicats, insistant sur la nécessité d’une analyse fine et équilibrée.

L’économiste a surtout mis en garde contre les conséquences sociales d’un redressement économique trop brutal. Tirant les leçons des expériences passées, il a évoqué le traumatisme laissé par les plans d’ajustement structurels, dont les effets ont durablement marqué les économies et les sociétés africaines. Selon lui, une austérité aveugle pourrait entraîner la fermeture d’entreprises, l’asphyxie des ménages et l’émergence de tensions sociales majeures, compromettant ainsi la stabilité du pays.

Chérif Salif Sy insiste également sur la nécessité de protéger les services sociaux de base. Il estime qu’il serait inacceptable que, sous couvert de rigueur budgétaire, des populations se voient privées de biens et services essentiels. Pour lui, la gestion de la dette ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens ni de la cohésion sociale.

En définitive, le président du Forum du Tiers Monde appelle à une gouvernance économique équilibrée, capable de concilier le respect des engagements vis-à-vis des créanciers, qui doivent légitimement récupérer leurs fonds, et la protection du bien-être des populations. À ses yeux, le véritable défi réside dans la capacité des autorités à piloter le redressement économique sans sacrifier la paix sociale sur l’autel des impératifs financiers.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

Réforme constitutionnelle, gouvernance et crise économique : l’APR charge le pouvoir et parle d’une situation « alarmante »

L’Alliance Pour la République (APR) a livré, ce 10 janvier, une déclaration particulièrement sévère sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Avant d’aborder le fond de ses critiques, le parti de l’ancien président Macky Sall s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, adressant ses prières aux disparus et ses condoléances aux familles endeuillées.

Sur le plan politique, l’APR dresse un tableau qu’elle qualifie de sombre, estimant que l’année 2025 a été « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour le peuple sénégalais. Selon le parti, les populations auraient été livrées à elles-mêmes face à une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. Crise politique, économique, sociale et morale se conjugueraient, d’après l’APR, pour placer les Sénégalais « à la limite de l’humainement acceptable ».

Pour les Républicains, l’année écoulée aura été marquée par « tous les reniements et toutes les forfaitures », révélatrices de ce qu’ils qualifient d’« incurie d’un pouvoir désespérément incompétent ». Le parti affirme ne voir aucun acte structurant ou transformationnel à retenir de la tournée économique du président de la République en Casamance, qu’il considère comme une simple appropriation de projets initiés par le régime sortant.

L’APR se montre tout aussi critique à l’égard du message à la Nation du chef de l’État. Selon elle, cette adresse n’a offert aucune perspective susceptible de redonner espoir aux Sénégalais. Le parti rejette avec fermeté l’annonce de réformes constitutionnelles envisagées par voie parlementaire, qu’il refuse « avec la dernière énergie ». Pour l’Alliance Pour la République, le Sénégal, fort de trois alternances démocratiques et pacifiques, ne souffre pas d’un problème institutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance, ainsi que de difficultés économiques et sociales majeures.

Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a « aucune raison d’être », rappelant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité depuis sa création.

Sur le terrain économique et social, le parti de Macky Sall dénonce un « blocage » qu’il impute aux « mesures tatillonnes, ineptes et hasardeuses » du tandem exécutif. Il évoque une diplomatie en perte de vitesse, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse en constante augmentation, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère. Une situation jugée insoutenable par sa dureté et sa durée, et qui, selon l’APR, ne cesse de s’aggraver, faisant craindre des lendemains encore plus difficiles en 2026.

Dans sa déclaration, l’APR évoque également une « crise généralisée inédite » au sommet de l’État, affirmant que le pouvoir serait miné de l’intérieur par une rivalité entre les deux têtes de l’Exécutif. Cette situation, selon le parti, traduit une incapacité manifeste à diriger le pays dans l’intérêt supérieur des populations. L’Alliance Pour la République va plus loin en dénonçant ce qu’elle considère comme les carences d’un Premier ministre « faible en tout et sur tout » et d’un président de la République « en dessous des obligations de sa charge ».

Le parti accuse par ailleurs Ousmane Sonko d’être obsédé par l’échéance présidentielle de 2029 et de conduire une entreprise jugée dangereuse de remise en cause des fondements de l’État de droit. Selon l’APR, la judiciarisation de l’espace public viserait à permettre au Premier ministre de se soustraire à une condamnation judiciaire dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Dans ce contexte, l’Alliance Pour la République appelle les magistrats de la Cour suprême à ne pas céder, selon ses termes, aux pressions politiques et aux « caprices » du chef du gouvernement.

Enfin, le parti critique les récentes déclarations d’Ousmane Sonko sur la campagne arachidière et le fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR lui reproche d’accuser ses propres ministres tout en se dédouanant, et de les livrer à la vindicte populaire. Elle fustige également l’évocation de l’utilisation de moyens financiers, y compris illégaux, pour faire face aux difficultés du monde rural, estimant qu’une telle posture relève d’une démagogie populiste et constitue un « aveu d’impuissance coupable ».

En conclusion, l’Alliance Pour la République affirme que « vaincre le pouvoir du Pastef » serait, selon elle, la seule voie pour sortir le Sénégal du marasme et des dérives actuelles. La déclaration se termine toutefois sur une note sportive, le parti saluant la qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une performance qui, selon lui, apporte un peu de baume au cœur des Sénégalais.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

Affaire PRODAC : Mame Mbaye Niang saisit le Procureur général et le Bâtonnier contre des avocats d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre Mame Mbaye Niang a engagé une nouvelle offensive judiciaire en déposant, le 2 janvier 2026, deux plaintes distinctes visant des membres du pool d’avocats du Premier ministre Ousmane Sonko. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, ces plaintes ont été adressées, d’une part, au Procureur général près la Cour d’appel de Dakar et, d’autre part, au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Dans ces requêtes, Mame Mbaye Niang met directement en cause Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye, qu’il accuse de diffamation, de faux intellectuel et de violation des règles déontologiques de la profession d’avocat. Cette démarche intervient dans un contexte judiciaire sensible, marqué par la volonté des autorités de relancer la procédure liée au dossier de diffamation qui avait opposé par le passé Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko dans l’affaire du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC).

D’après L’Observateur, l’origine de cette nouvelle plainte remonte à une conférence de presse tenue le 22 décembre 2025 par les avocats du Premier ministre. Au cours de cette sortie médiatique, Me Macodou Ndour aurait affirmé que Mame Mbaye Niang avait procédé au décaissement de plus de deux milliards de francs CFA au profit de la société Green 2000, en signant un ordre de démarrage des travaux sans qu’un marché public n’ait été préalablement conclu. Des accusations que l’ancien ministre rejette catégoriquement, les qualifiant d’« archi-faux ».

Mame Mbaye Niang soutient que ces déclarations portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération, dans la mesure où elles laissent entendre l’existence d’une entente frauduleuse autour de fonds publics. Il affirme, au contraire, que l’ordre de démarrage mentionné par les avocats est intervenu après la signature régulière du marché et que toute autre version relève, selon lui, d’un faux intellectuel destiné à tromper l’opinion publique.

Dans sa plainte, l’ancien ministre reproche également à Me Abdy Nar Ndiaye d’avoir relayé ces accusations en langue wolof, contribuant ainsi à leur large diffusion. Me Massokhna Kane est, pour sa part, accusé d’avoir évoqué l’existence d’un rapport qui incriminerait Mame Mbaye Niang pour détournement de deniers publics. Une affirmation que ce dernier juge mensongère et d’autant plus grave qu’elle aurait été reprise par des médias à forte audience tels que TFM et Seneweb TV.

Afin d’étayer ses accusations, Mame Mbaye Niang indique avoir joint à sa plainte une clé USB contenant l’ensemble des déclarations qu’il estime diffamatoires. Il sollicite ainsi l’intervention des autorités judiciaires compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées.

Les mêmes griefs ont été formulés dans la plainte adressée au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans sa requête, Mame Mbaye Niang dénonce des faits qu’il considère comme une violation manifeste des règles de la profession d’avocat, évoquant des actes de diffamation et de faux intellectuel contraires aux principes déontologiques. Il estime que de tels agissements portent atteinte non seulement à sa personne, mais également à l’image et à la crédibilité de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Cette nouvelle étape judiciaire vient ainsi raviver un dossier déjà très sensible, au cœur des tensions politiques et judiciaires persistantes autour de l’affaire PRODAC, et promet de nouveaux développements dans les semaines à venir.

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Kédougou : soixante orpailleurs clandestins burkinabés et maliens interpellés sur les berges de la Falémé

Les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont mené une nouvelle opération d’envergure contre l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Les éléments du 34ᵉ Bataillon d’Infanterie de Moussala ont démantelé un site illégal d’extraction de minéraux précieux installé sur les berges de la Falémé, précisément dans la commune de Bembou. L’intervention s’est soldée par l’arrestation de soixante orpailleurs étrangers impliqués dans des activités minières prohibées.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), les personnes interpellées sont de nationalité burkinabé et malienne. Il s’agit de seize ressortissants du Burkina Faso et de quarante-quatre ressortissants du Mali, tous présents sur le site au moment de l’opération. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la lutte renforcée engagée par les autorités sénégalaises contre l’exploitation illégale des ressources minières, particulièrement dans les zones frontalières sensibles.

L’opération a également permis une saisie importante de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin. Les forces de sécurité ont mis la main sur neuf motocyclettes, deux brouettes, huit tricycles ainsi que quinze motopompes servant à l’extraction et au traitement du sable aurifère. En outre, quarante-deux engins artisanaux, communément appelés « cracheurs », ont été détruits sur place. Ces dispositifs, utilisés pour séparer l’or du sable, constituent un élément central de l’activité clandestine. Leur destruction vise à empêcher toute reprise immédiate des opérations illégales après le départ des forces de l’ordre.

Cette intervention s’inscrit dans le strict respect de la réglementation en vigueur concernant la protection de la Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal. Les autorités ont formellement interdit toute activité minière dans un périmètre de cinq cents mètres à partir de la rive gauche du cours d’eau, afin de préserver l’environnement, les ressources en eau et les populations riveraines. La Falémé joue en effet un rôle stratégique tant sur le plan écologique qu’économique, ce qui justifie une vigilance accrue des services de l’État.

Pour rappel, en août 2024, le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre toutes les activités minières le long de la Falémé jusqu’au 30 septembre 2027. Cette mesure forte vise à freiner la dégradation environnementale causée par l’orpaillage anarchique, à réduire les tensions sécuritaires liées à la présence massive d’orpailleurs clandestins et à mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette opération, l’armée sénégalaise réaffirme sa détermination à faire respecter l’autorité de l’État et à lutter contre les réseaux d’exploitation illégale qui menacent à la fois l’environnement, la sécurité des populations locales et la souveraineté nationale. Les personnes interpellées devraient être mises à la disposition des autorités judiciaires compétentes pour les suites légales.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Projet gazier Yakaar-Teranga : le marché inquiété par l’incertitude autour des partenariats

L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.

Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.

L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.

Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.

Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.

Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.

Création du CNRM : Ibrahima Lissa Faye dénonce un processus « extrêmement grave » et opaque

Le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), destiné à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation médiatique. Adopté en Conseil des ministres, ce texte est vivement critiqué par le président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), Ibrahima Lissa Faye, qui dénonce la manière dont il a été élaboré, qualifiant le processus de « extrêmement grave ».

Selon le patron de PressAfrik, les professionnels des médias, pourtant directement concernés par cette réforme majeure, ont été largement tenus à l’écart des travaux de rédaction. Il affirme que l’élaboration du texte s’est faite dans un cadre restreint, confié à un cercle fermé de juristes, sans véritable concertation avec les acteurs du secteur. « Le travail pour l’élaboration de ce texte a été fait par un cercle fermé de juristes. Et nous n’avons pas du tout été impliqués, à part le lancement des travaux le 24 janvier 2025 », a-t-il déploré.

Pour Ibrahima Lissa Faye, cette mise à l’écart est d’autant plus préoccupante que le futur organe de régulation aura un impact direct sur l’organisation et l’exercice du métier de journaliste et d’éditeur de presse. « Ce texte va régir notre façon de travailler et d’organiser notre métier, et nous n’avons pas eu notre mot à dire. C’est extrêmement grave », a-t-il insisté, soulignant qu’il serait prématuré de se prononcer sur le fond du projet tant que son contenu exact n’a pas été rendu public. Il indique toutefois que les membres de l’APPEL sont en concertation afin de définir l’attitude à adopter face à cette situation.

Malgré ces critiques sévères sur la forme, le président de l’APPEL reconnaît néanmoins la pertinence de la démarche engagée par l’État. Il qualifie même l’initiative gouvernementale d’« excellente », estimant que l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel est devenu inadapté aux réalités du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, le CNRA souffre de limites importantes, tant sur le plan juridique que sur celui des moyens humains et financiers, ce qui l’empêche de remplir efficacement sa mission de régulation.

Ibrahima Lissa Faye dit ainsi fonder l’espoir que le futur CNRM disposera de prérogatives élargies, lui permettant de réguler non seulement les médias traditionnels, mais aussi la presse en ligne et les plateformes numériques. Il considère que de nombreuses dérives observées dans le secteur sont directement liées à l’absence d’un organe de régulation moderne, doté de pouvoirs adaptés à l’évolution rapide des modes de production et de diffusion de l’information.

Le projet de loi portant création du CNRM devrait être soumis, dans les prochains jours, à l’examen de l’Assemblée nationale. Son adoption par la majorité présidentielle ouvrirait alors la voie à une profonde reconfiguration du cadre de régulation des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par l’essor du numérique et les débats récurrents sur la liberté de la presse et la responsabilité des acteurs de l’information.

Visa américain : une caution pouvant atteindre 8,3 millions FCFA exigée des Sénégalais dès janvier 2026

Les conditions d’accès au territoire américain pour les ressortissants sénégalais vont connaître un durcissement notable à partir du 21 janvier 2026. Désormais, les demandeurs de visa de court séjour vers les États-Unis, notamment pour le tourisme ou les affaires, devront s’acquitter d’une caution financière obligatoire dont le montant pourra atteindre 15 000 dollars, soit environ 8,3 millions de francs CFA.

Cette nouvelle mesure concerne les visas de type B1/B2, traditionnellement délivrés pour les voyages temporaires. Elle s’inscrit dans un programme mis en place par les autorités américaines visant à renforcer le contrôle des entrées et des sorties du territoire. Concrètement, la caution exigée sera fixée par l’agent consulaire lors de l’entretien de visa, en fonction du profil du demandeur, selon trois niveaux possibles : 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars américains.

Selon les autorités américaines, cette garantie financière a pour objectif principal de s’assurer que les voyageurs respectent strictement la durée de séjour autorisée et quittent les États-Unis dans les délais prévus. La somme déposée n’a pas vocation à être une taxe définitive, puisqu’elle est remboursable sous certaines conditions. Elle est restituée lorsque le voyageur quitte le territoire avant l’expiration de son visa, lorsque le visa est accordé mais que le déplacement n’a finalement pas lieu, ou encore lorsque l’entrée est refusée par les services de la police des frontières à l’arrivée.

En revanche, la caution est définitivement perdue si le bénéficiaire dépasse la durée légale de son séjour ou tente de modifier son statut migratoire, notamment en introduisant une demande d’asile ou une procédure de régularisation sans quitter le territoire américain. Une telle infraction pourrait également compromettre toute demande future de visa.

À cette exigence financière s’ajoutent des contraintes logistiques strictes. Les voyageurs concernés devront impérativement entrer et sortir des États-Unis par des aéroports désignés, notamment New York (JFK), Washington Dulles (IAD) ou Boston Logan (BOS). Le non-respect de ces points de passage pourrait entraîner la confiscation de la caution et des sanctions administratives.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie américaine de lutte contre les dépassements de séjour, communément appelés « overstay ». Le Sénégal figure sur une liste de pays considérés comme présentant un taux élevé de non-retour après expiration des visas, aux côtés d’États comme le Nigéria, la Mauritanie, le Togo ou encore le Venezuela.

Contacté par la presse sénégalaise, le Consulat du Sénégal à New York a indiqué être en attente d’une communication officielle détaillée des autorités américaines afin de mieux informer les ressortissants sénégalais sur les modalités pratiques de cette nouvelle réglementation.

Enfin, les autorités américaines appellent à la vigilance. Aucun paiement de caution ne doit être effectué sans instruction formelle et directe du consulat ou des services officiels. Les demandeurs sont invités à se méfier des intermédiaires, plateformes non agréées ou individus mal intentionnés qui pourraient tenter de tirer profit de cette réforme en proposant des procédures frauduleuses.

Dette publique : Sonko défie le FMI et revendique la souveraineté économique du Sénégal

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réaffirmé avec fermeté la position du Sénégal sur la question de la dette publique, en rejetant toute restructuration imposée par le Fonds monétaire international (FMI). Cette déclaration a été faite ce jeudi 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Djay, au Building administratif Mamadou Dia.

Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays et les pressions internationales, le chef du gouvernement a tenu à clarifier la ligne de Dakar. Selon lui, le Sénégal explore activement des solutions alternatives avec d’autres partenaires financiers, convaincu de sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration de dette dictée de l’extérieur. Ousmane Sonko a rappelé que le FMI n’est ni une banque commerciale ni un prêteur de premier ressort, mais une institution censée accompagner les États lorsque ceux-ci font des efforts substantiels pour stabiliser leurs économies.

Dans un propos sans concession, le Premier ministre a estimé que la mission originelle du FMI est souvent détournée. Il a ainsi pointé la responsabilité de l’institution dans la situation actuelle du Sénégal, soulignant que le Fonds a longtemps suivi de près la gestion macroéconomique du pays à travers des missions régulières, des revues et des consultations techniques. Pour Ousmane Sonko, le FMI ne saurait aujourd’hui prétendre avoir ignoré les dérives ou les déséquilibres qui se sont accumulés au fil des années.

Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a pris l’exemple de l’Égypte, un pays confronté à de graves difficultés économiques et budgétaires, mais qui a néanmoins bénéficié d’un appui massif du FMI. Il s’est interrogé sur ce qu’il considère comme un traitement différencié à l’égard du Sénégal, estimant que les indicateurs économiques actuels du pays ne sont pas plus fragiles que ceux de l’Égypte au moment où cette dernière a été soutenue. À ses yeux, il est incompréhensible que Dakar fasse aujourd’hui l’objet de pressions visant à imposer une restructuration de la dette, alors même que le pays affirme sa volonté de redressement et de discipline budgétaire.

Ousmane Sonko a martelé que le refus de la restructuration ne relève ni d’un choix idéologique ni d’une posture personnelle. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une position officielle de l’État sénégalais, portée collectivement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et l’ensemble des responsables compétents sur les questions économiques et financières.

Face aux débats nourris par certains économistes et observateurs, le Premier ministre a assuré que la ligne gouvernementale reste inchangée. Il a souligné que les prises de position extérieures, aussi critiques soient-elles, ne sauraient infléchir la stratégie arrêtée par les autorités. Pour Dakar, la relation avec le FMI doit s’inscrire dans un cadre de partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la prise en compte des choix souverains du pays.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal assume pleinement sa position et en accepte toutes les conséquences éventuelles. Mais pour le gouvernement, la restructuration de la dette, telle qu’envisagée par le FMI, n’est ni nécessaire ni acceptable dans les conditions actuelles. Une manière pour l’exécutif d’affirmer sa volonté de rompre avec les schémas traditionnels de dépendance financière et de revendiquer une souveraineté économique assumée.

Commercialisation de l’arachide : Sidy Bâ dénonce une campagne « calamiteuse » et interpelle l’État

La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.

Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.

Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.

Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.

Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.

La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.

Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.

Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.

Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.

Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.

Crise de la filière arachidière : le Collectif Rappel à l’Ordre interpelle l’État et soutient les cultivateurs

La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.

Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.

Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.

La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.

Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.

Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

Crise sociale dans la santé : And Gueusseum-SATSUS décrète une grève de 72 heures et annonce une marche nationale

La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.

Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.

And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.

Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.

La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.

Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.

Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.

Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.

Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.

Logement des agents publics : l’État généralise une indemnité mensuelle de 100 000 FCFA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.

Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.

Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.

Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.

Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.

Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.

Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.

Régulation des médias : l’État enterre le CNRA et crée le Conseil national de Régulation des Médias

Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à connaître une réforme majeure. Réuni ce mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), une nouvelle autorité appelée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette décision marque une étape importante dans l’adaptation du cadre réglementaire aux profondes mutations du secteur de l’information et de la communication.

L’annonce de cette réforme n’est pas une surprise. Elle avait déjà été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, lors de la présentation du budget de son département à l’Assemblée nationale. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de moderniser l’outil de régulation, jugé aujourd’hui dépassé face à l’explosion des médias numériques et à la montée en puissance des plateformes en ligne.

Créé à une époque où la télévision et la radio constituaient les principaux canaux de diffusion de l’information, le CNRA voyait son champ d’intervention strictement limité à l’audiovisuel classique. Or, ces dernières années, l’écosystème médiatique sénégalais s’est profondément transformé, avec l’émergence des médias en ligne, des réseaux sociaux et des plateformes numériques, devenus des espaces majeurs de production, de diffusion et de consommation de contenus.

Selon Alioune Sall, le nouveau Conseil national de Régulation des Médias permettra de combler ce vide juridique. Il aura pour mission d’élargir la régulation à l’ensemble des supports d’information, y compris les médias numériques et les réseaux sociaux, dont l’influence sur l’opinion publique ne cesse de croître. Le ministre a souligné que l’absence de cadre clair pour ces nouveaux espaces favorisait les dérives, notamment la diffusion de fausses informations, les discours de haine et les atteintes à la vie privée.

Toutefois, les autorités tiennent à rassurer sur les intentions du gouvernement. Alioune Sall a insisté sur le fait que cette réforme ne vise ni à restreindre la liberté de la presse ni à instaurer un contrôle politique des contenus. Il a rappelé que l’objectif principal demeure la protection de la dignité humaine et le respect des règles éthiques et professionnelles. À ce titre, il a souligné que le Code pénal prévoit déjà des sanctions contre toute publication attentatoire à l’honneur, à la dignité ou aux droits des personnes.

La création du CNRM s’inscrit ainsi dans une volonté affichée d’adapter la régulation aux réalités contemporaines, tout en maintenant un équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité. Dans un contexte où l’information circule de plus en plus vite et échappe souvent aux filtres traditionnels, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’une autorité capable d’intervenir sur l’ensemble du spectre médiatique.

Le projet de loi devra désormais être soumis au débat parlementaire. Son examen par les députés sera scruté de près par les professionnels des médias, les acteurs du numérique et les organisations de défense de la liberté de la presse, qui restent vigilants quant aux garanties d’indépendance et de transparence du futur organe de régulation.

Avec la disparition annoncée du CNRA et la naissance du CNRM, le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa politique de régulation des médias, à l’heure où l’enjeu n’est plus seulement l’audiovisuel, mais l’ensemble de l’espace public numérique.

Attribution des véhicules aux députés : Abdoulaye Sylla dénonce l’opacité et affecte le sien au Centre d’hémodialyse de Dakar

Depuis leur accession aux responsabilités, les nouvelles autorités font face à des critiques récurrentes sur leur mode de gouvernance, jugé par certains acteurs politiques et de la société civile comme manquant de transparence. Malgré des engagements publics forts en faveur de la clarté et de la redevabilité, plusieurs décisions continuent d’être prises sans communication détaillée ni justification accessible au public.

C’est dans ce contexte que la polémique autour de l’attribution des véhicules aux députés de l’Assemblée nationale refait surface. Une actualité qui, selon le député Abdoulaye Sylla, illustre la persistance de pratiques anciennes, marquées par une absence d’information claire sur les critères et les modalités de ces avantages accordés aux parlementaires.

Dans une déclaration rendue publique, Abdoulaye Sylla affirme vouloir se démarquer de cette logique. Fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est imposée depuis le début de la législature, il rappelle avoir renoncé, dès son installation, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat de député. Ces ressources ont été réorientées vers le Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire confrontée à d’importantes difficultés matérielles.

Poursuivant dans cette démarche de cohérence et de responsabilité, le parlementaire a également décidé de demander que le véhicule qui lui serait attribué par l’Assemblée nationale soit affecté audit centre. Une décision motivée, selon lui, par l’urgence des besoins exprimés par cette structure de santé, mais aussi par sa situation personnelle.

Chef d’entreprise disposant déjà des moyens nécessaires à l’exercice de ses activités professionnelles, Abdoulaye Sylla estime qu’il serait peu pertinent, voire contraire à l’intérêt général, de conserver un véhicule de fonction destiné à rester immobilisé. À ses yeux, son utilisation au profit d’un centre de soins constitue un choix plus rationnel et plus utile à la collectivité.

Par cette prise de position, le député entend interpeller la majorité parlementaire sur la nécessité d’une gouvernance plus transparente et d’une gestion plus responsable des ressources publiques, tout en appelant à des actes concrets alignés avec les discours officiels.

Affaire des véhicules parlementaires : Thierno Alassane Sall dénonce un « camouflage » orchestré par l’Assemblée nationale

La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.

Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.

Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.

Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».

Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.

Lutte sénégalaise : le gouvernement intensifie la lutte contre le « Simol » et annonce des mesures sévères

La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.

Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.

Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.

Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.

Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.

Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.

Arnaque à l’emploi : le réseau Qnet démantelé à Tivaouane Peul avait déjà escroqué plus de 17 millions FCFA

Les autorités sénégalaises viennent de frapper un grand coup contre une arnaque à l’emploi qui sévissait dans la banlieue dakaroise. Le réseau Qnet, récemment démantelé à Tivaouane Peulh, avait déjà amassé la somme colossale de 17 550 000 francs CFA, extorquée à de jeunes candidats en quête d’un avenir meilleur. Selon les investigations menées par la Brigade de proximité, cette somme représentait le cœur financier de la cellule, dont les ramifications pourraient s’étendre bien au-delà de Tivaouane Peul et de Niacourab.

Pour attirer leurs victimes, les responsables de Qnet exploitaient une plateforme numérique sur laquelle étaient publiées de prétendues offres d’emploi au sein d’une entreprise fictive. Les postulants, attirés par la perspective d’un travail stable et rémunérateur, devaient s’acquitter de frais de dossier exorbitants, allant de 600 000 à 1 500 000 FCFA. Ces montants, très élevés pour des populations souvent vulnérables, constituaient le principal levier de l’escroquerie et alimentaient les coffres du réseau.

La descente de la gendarmerie, le 4 janvier dernier, a permis la mise hors d’état de nuire de huit individus identifiés comme les cerveaux du réseau. Lors de l’opération, 24 victimes ont été retrouvées sur place. Ces dernières, originaires de différents pays de la sous-région — Bénin, Congo, Gambie, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali — et deux Sénégalais, étaient encore maintenues dans le dispositif, espérant sans doute récupérer l’argent investi ou obtenir le poste promis.

Les suspects ont été placés à la disposition de la justice, mais les enquêtes se poursuivent. Les autorités cherchent notamment à déterminer l’existence de complices locaux et à identifier d’autres cellules éventuellement actives dans la région. Les forces de l’ordre mettent en garde contre ce type de réseaux, rappelant que l’accès à un emploi ne peut être conditionné par le versement de sommes d’argent, et appellent les jeunes à la vigilance face aux promesses de gains rapides et irréalistes.

Ce dossier met en lumière la vulnérabilité des jeunes face aux arnaques liées à l’emploi, un phénomène qui prend de l’ampleur dans certaines régions du Sénégal. Les enquêteurs insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les services de sécurité et la justice pour prévenir la propagation de telles escroqueries et protéger les populations les plus exposées.

Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

Dette publique à 132 % du PIB : le Sénégal face au spectre d’une rupture financière dès mars 2026

Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.

L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.

Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.

L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.

Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.

Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.

Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.

Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Vœux au corps diplomatique : Bassirou Diomaye Faye rejette toute logique de domination fondée sur le rapport de force

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.

Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.

Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.

Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.

Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.

Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.

En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.

À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.

Fass Boye : une pirogue transportant des candidats à la migration partie le 5 décembre reste introuvable

L’angoisse ne faiblit pas à Fass Boye, village de pêcheurs situé dans le département de Tivaouane. Depuis plus d’un mois, les habitants vivent dans une attente douloureuse après la disparition d’une pirogue transportant plusieurs jeunes candidats à la migration irrégulière. L’embarcation, partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, n’a depuis donné aucun signe de vie.

Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la pirogue transportait majoritairement des ressortissants de Fass Boye, mais également des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss, notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye. Tous avaient pris la mer avec l’espoir de rejoindre l’Espagne, via l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

Depuis cette date, aucune communication n’a été établie avec les passagers, et aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre et, jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie un habitant du village, joint par l’APS. Une absence de contact prolongée qui renforce les craintes des familles, conscientes des nombreux drames qui jalonnent la route de l’Atlantique.

Parmi les familles les plus durement éprouvées figure celle d’Aminata Boye. Cette mère de famille a vu embarquer cinq de ses enfants à bord de la pirogue disparue, dont trois garçons et deux filles. Depuis, elle vit dans une détresse silencieuse, suspendue à l’espoir d’un signe, aussi infime soit-il. Comme elle, de nombreuses mères et proches oscillent entre espoir et résignation, face à l’incertitude totale qui entoure le sort des migrants.

À Fass Boye, le quotidien est désormais rythmé par l’attente et la prière. Les autorités religieuses et coutumières du village ont organisé plusieurs séances de prières collectives, implorant la protection divine pour les disparus et le réconfort des familles. La solidarité communautaire s’est également renforcée, les habitants se rendant régulièrement auprès des familles endeuillées par l’angoisse, pour leur apporter un soutien moral et matériel.

Cette disparition remet une fois de plus en lumière les dangers de la migration irrégulière par voie maritime, un phénomène qui continue de frapper durement les communautés côtières du Sénégal. À Fass Boye, village déjà marqué par d’autres départs tragiques par le passé, l’espoir demeure fragile mais tenace, dans l’attente d’une information officielle ou d’un miracle qui viendrait rompre ce long silence.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

PJF : la Chambre d’accusation financière ordonne la libération de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne

Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.

Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.

Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.

En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.

Litige fiscal entre Woodside et la DGID : le dossier renvoyé au 5 février 2026

Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.

Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.

Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.

Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.

Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.

Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

CAN 2025 : Ibrahim Mbaye inscrit son premier but et creuse l’écart pour les Lions (3-1)

Le Sénégal a définitivement validé son ticket pour les quarts de finale de la CAN 2025 grâce à Ibrahim Mbaye. À quelques minutes du terme de la rencontre face au Soudan, l’attaquant des Lions a scellé le sort du match en inscrivant le troisième but sénégalais, libérant totalement son équipe et le public. Un but important, à la fois pour la qualification et pour la confiance d’un jeune joueur en pleine ascension.

Entré en jeu à la 74ᵉ minute, Ibrahim Mbaye n’a pas mis longtemps à faire parler ses qualités. Alors que le Sénégal cherchait encore à se mettre définitivement à l’abri, le jeune attaquant est lancé en profondeur dans le dos de la défense soudanaise. Grâce à sa vitesse, il prend le dessus sur le capitaine Khamis, l’élimine avec sang-froid et conclut d’une frappe précise qui ne laisse aucune chance au gardien Elneel. Un geste juste, maîtrisé, et surtout décisif, au moment où la pression commençait à monter dans les rangs sénégalais.

Ce but vient couronner une entrée en jeu particulièrement aboutie. Quelques minutes auparavant, Ibrahim Mbaye était déjà tout proche de s’offrir un doublé. Sur un centre parfaitement dosé de Diouf, il surgit au second poteau et place une tête puissante qui frôle la transversale. Le stade retient son souffle, le doublé n’était vraiment pas loin. Cette occasion manquée ne fera finalement que retarder l’échéance, tant l’attaquant semblait inspiré et en confiance.

Ce but revêt une importance particulière pour Ibrahim Mbaye. Il s’agit de son premier but en Coupe d’Afrique des Nations, mais déjà de son deuxième sous le maillot des Lions, après celui inscrit face au Kenya. Au-delà des statistiques, le jeune attaquant confirme surtout son impact immédiat en sortie de banc. Depuis le début du tournoi, il se distingue par des entrées convaincantes, apportant vitesse, percussion et fraîcheur dans les moments clés.

Déjà face à la RDC et au Bénin, Ibrahim Mbaye s’était illustré par son activité et son culot, provoquant notamment un penalty et mettant constamment la pression sur les défenses adverses. Contre le Soudan, il franchit un cap supplémentaire en se montrant décisif, dans un match à élimination directe où chaque détail compte.

Avec ce but, le Sénégal s’offre une fin de match sereine et confirme sa supériorité. Pour Ibrahim Mbaye, cette réalisation pourrait bien marquer un tournant dans sa CAN 2025. À seulement quelques minutes de jeu, il a su se rendre indispensable et envoyer un signal fort au staff technique : les Lions peuvent compter sur lui, même dans les moments les plus décisifs.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

Accident mortel sur la route de Diourbel : 03 morts dont deux enfants

Un drame de la circulation s’est produit sur la route de Diourbel, causant la mort de trois personnes, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. L’accident, d’une extrême violence, a profondément bouleversé les populations locales.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s’agit de Dieynaba Diallo, âgée de 21 ans, de Aissatou Babou, âgée de 3 ans, fille de Daouda et de Dieynaba Diallo, et de Aissatou Ba, âgée de 6 ans, fille de Djibril Ba et de Diariatou Ba. Toutes étaient domiciliées à Keur Cheikh.

Selon les premières informations recueillies, un camion a violemment percuté les trois personnes, provoquant leur décès sur le coup. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer, mais la gravité de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes, dont deux enfants.

Les corps sans vie ont été évacués et déposés à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel, où les familles, sous le choc, se sont rendues pour les formalités d’usage.

Le chauffeur du camion mis en cause a été identifié sous les initiales M. N., né le 10 janvier 1990 à Touba, fils d’Ousmane et d’Aida Diouf, domicilié au quartier Médinatoul. Il a été interpellé par les forces de sécurité puis placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités compétentes

Fin des travaux des comités ad-hoc des Assises de la justice : plusieurs projets de textes attendus à l’Assemblée

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la fin des travaux des comités ad-hoc issus des Assises nationales de la justice et du système politique. L’information a été donnée lors de son discours à la Nation, marquant une étape décisive dans le vaste chantier de réformes institutionnelles engagé depuis son accession à la magistrature suprême.

Selon le chef de l’État, ces comités ad-hoc ont permis de transformer les recommandations issues des concertations nationales en propositions juridiques concrètes. « Ils ont permis de poser les bases d’une traduction juridique des recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère inclusif et consensuel des travaux menés. Pour le président, cette démarche vise à répondre aux attentes exprimées par les citoyens en matière de justice indépendante, de gouvernance démocratique et de consolidation de l’État de droit.

Dans cette dynamique de réforme, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront prochainement soumis au processus législatif. Il s’agit notamment des projets relatifs à la révision de la Constitution, à la mise en place de la Cour constitutionnelle, à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante ainsi qu’à l’élaboration d’un nouveau code électoral. Ces textes, a-t-il précisé, seront d’abord examinés en Conseil des ministres avant d’être transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre de l’année 2026.

Pour le président de la République, ces réformes constituent des leviers essentiels pour renforcer l’équilibre des pouvoirs, garantir l’indépendance de la justice et améliorer la transparence du processus électoral. Elles s’inscrivent également dans la promesse de rupture institutionnelle portée par le nouveau pouvoir, avec pour objectif de moderniser les institutions et de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.

Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs indiqué que les autres réformes issues des Assises s’inscriront dans un calendrier progressif et structuré. Celles-ci seront déployées selon un agenda cohérent, aligné à la fois sur la durée du mandat présidentiel et sur le rythme de la Nation, afin d’assurer leur appropriation par les institutions et les citoyens.

À travers cette annonce, le chef de l’État réaffirme sa volonté de faire des Assises nationales un véritable socle de transformation institutionnelle, en passant des recommandations à des réformes concrètes, débattues et adoptées dans le respect des règles démocratiques.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Litige foncier QVS–Nouvelle Ville : la justice tranche définitivement en faveur de Nouvelle Ville

Le différend foncier opposant Qualité Végétale Sénégal (QVS) à la société Nouvelle Ville a connu, ce mercredi 23 décembre 2025, un dénouement judiciaire d’une rare clarté, mettant un terme aux incertitudes et controverses qui ont marqué les dernières semaines. Par une décision rendue à la veille de Noël, la juridiction saisie a confirmé sans réserve les décisions antérieures, consacrant de manière définitive les droits de Nouvelle Ville sur l’intégralité de la superficie litigieuse et fermant la porte à toute tentative de remise en cause de l’autorité de la chose jugée.

Dans son dispositif, le jugement ordonne à QVS de libérer l’ensemble du terrain qu’elle occupe, constate le caractère manifestement illicite de son maintien sur les lieux et assortit cette obligation d’une astreinte de cinq cent mille francs CFA par jour de retard à compter de la signification de la décision. La juridiction rejette par ailleurs l’intégralité des prétentions développées par QVS, confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens d’appel. La formulation retenue par les magistrats est sans équivoque, ne laissant aucune place à une interprétation alternative quant aux droits respectifs des parties.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interférences notoires, notamment des prises de position publiques à caractère politique. Certaines déclarations attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko évoquaient de supposées irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier et appelaient à une relecture administrative de l’affaire, en contradiction manifeste avec des décisions de justice devenues définitives. En tranchant avec une telle fermeté, la justice sénégalaise rappelle un principe fondamental : le droit ne se négocie pas sous la pression et ne se réécrit ni au gré des déclarations ni en fonction de considérations extra-judiciaires. L’exécution des décisions de justice demeure le socle de l’État de droit et de la sécurité juridique.

Pour Nouvelle Ville, ce verdict revêt la valeur d’une véritable délivrance après des années de blocages, de contentieux et d’incertitudes. Il rétablit pleinement la légitimité de son projet et renforce la confiance dans l’institution judiciaire, à un moment où le Sénégal s’interroge sur la protection des investissements, la stabilité du climat des affaires et le respect effectif des règles. Rendu à la veille des fêtes, ce jugement ne constitue donc pas seulement une victoire judiciaire pour Nouvelle Ville, mais également un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs publics et privés : au Sénégal, l’autorité de la justice demeure intangible et le droit reste la boussole de la République.

Situation des femmes détenues au camp pénal : un appel urgent à l’État pour une prise en charge humaine et responsable

Une conférence de presse a été organisée récemment pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la situation préoccupante des femmes détenues au camp pénal, une réalité souvent méconnue, mais qui nécessite une intervention urgente, humaine et responsable de l’État. L’initiative, portée par Gaindé Macky, a réuni médias et partenaires de la société civile, dans le but de dénoncer les conditions de détention et de plaider pour le respect des droits fondamentaux des détenues.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Gaindé Macky concerne le cas de madame Mabintou Diaby, épouse de Madiambal. Selon l’organisation, sa détention pose de sérieuses questions au regard de ses droits fondamentaux. Gaindé Macky a demandé sa libération, soulignant que la privation de liberté ne doit jamais être arbitraire ou disproportionnée et que la justice doit rester équitable, humaine et respectueuse de la dignité de chaque citoyenne.

Au-delà de ce cas spécifique, la conférence a mis en lumière les difficultés propres aux femmes incarcérées. Ces dernières font face à des conditions de vie extrêmement difficiles, caractérisées par un manque de soins médicaux adaptés, une hygiène insuffisante et une précarité sanitaire constante. La séparation d’avec leurs enfants et leurs familles constitue également une source de souffrance supplémentaire. Selon les intervenants, la prison ne devrait pas être un lieu de souffrance accrue, mais un espace où les droits humains sont respectés, en particulier pour les femmes, souvent plus vulnérables face aux rigueurs du système carcéral.

La question de la détention préventive prolongée a également été pointée du doigt. De nombreuses femmes sont détenues depuis plusieurs années sans avoir été jugées, une situation qui constitue une violation grave des droits humains et contribue à la surpopulation des établissements pénitentiaires. Gaindé Macky a appelé à une accélération des procédures judiciaires et à un examen urgent des dossiers des détenues afin de remédier à cette situation injuste.

Un autre aspect préoccupant souligné lors de la conférence concerne les mineurs détenus avec des adultes. Cette pratique est jugée inacceptable par l’organisation, qui exhorte l’État à créer des établissements pénitentiaires spécifiquement réservés aux mineurs. Ces structures devraient être axées sur la rééducation, la protection et la réinsertion, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

En conclusion, Gaindé Macky a lancé un appel pressant aux autorités, aux institutions judiciaires et aux partenaires nationaux et internationaux pour que des mesures concrètes soient mises en œuvre afin d’améliorer la situation des femmes détenues et des mineurs au camp pénal. Les intervenants ont rappelé que le respect des droits humains constitue un pilier fondamental de toute société juste et démocratique, et que leur application est indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

Révision du procès Sonko – MMN : « Une révision inédite pour corriger une erreur judiciaire », plaident les avocats du Premier ministre

La demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang en 2023 est désormais au cœur de l’actualité judiciaire sénégalaise. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Me Ciré Clédor Ly, avocat du Premier ministre, a défendu avec force ce recours exceptionnel, qu’il présente comme le moyen légitime de corriger ce qu’il considère comme une injustice historique.

« Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette procédure ne se limite pas à un simple recours technique. Elle constitue « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». L’objectif, a insisté Me Ly, est clair : rétablir la vérité et corriger une condamnation injuste.

Cette démarche, qualifiée de « voie de recours extraordinaire », ne se limite pas au cas personnel d’Ousmane Sonko. « Elle est ouverte, même pour des personnes décédées. Que tout le monde le sache. C’est un droit fondamental », a-t-il martelé, soulignant la dimension universelle et symbolique de cette procédure.

Le point central de cette révision repose sur l’apparition d’un élément nouveau majeur : le rapport du PRODAC, dont l’existence avait été contestée lors du procès initial et qui n’est réapparu que récemment, depuis que Sonko occupe la fonction de Premier ministre. Selon Me Ly, ce document pourrait bouleverser l’appréciation juridique des faits et constitue la base légale de la demande de révision.

L’avocat n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les conditions dans lesquelles le procès initial s’est déroulé. Il a décrit une série de violations graves des droits de la défense et du droit à un procès équitable. « Pour une affaire privée, pour diffamation et injure publique, et pour un mensonge d’État, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République, rien que pour obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il déclaré. Me Ly a rappelé des pratiques qu’il qualifie de « comparutions forcées, manu militari, attentats à la vie de son client, voies de recours abusives de la partie civile et du procureur de la République, et décisions violant les droits de la défense ». Il a également souligné les irrégularités procédurales, comme la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’avaient pas été épuisés.

Répondant à une question qui revient régulièrement dans le débat public, l’avocat a clarifié la situation juridique d’Ousmane Sonko : « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie. Tout débat autour de cette question est donc sans intérêt. »

La demande de révision a été officiellement saisie par la garde des Sceaux Yacine Fall auprès de la Cour suprême. Si elle aboutit, ce sera une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal et cela pourrait effacer définitivement la condamnation qui avait écarté Sonko de la présidentielle de 2024. « Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, laissant entrevoir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire qui a profondément marqué la vie politique nationale.

Prestation de serment : Abdoulaye Ba aux nouveaux membres de l’OFNAC : « Vous n’avez pas le droit d’échouer »

La Cour d’appel de Dakar a vécu ce lundi un moment de grande solennité avec la prestation de serment des douze nouveaux membres de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). La cérémonie, riche en symboles et en émotion, a été l’occasion de rappeler l’importance cruciale de l’intégrité et de l’efficacité dans la lutte contre un fléau qui continue de peser sur le Sénégal.

Présidée par Abdoulaye Ba, Premier président de la Cour d’appel de Dakar, en présence du Procureur général Mbacké Fall et du bâtonnier Me Aly Fall, la séance a officiellement marqué l’entrée en fonction de ces nouveaux responsables chargés de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour le Premier président, la prestation de serment ne se limite pas à une formalité protocolaire. Selon Me Abdoulaye Ba, il s’agit avant tout d’un engagement sacré envers la nation et ses citoyens. Il a rappelé le cadre législatif régissant l’OFNAC, notamment l’article 13-6 de la loi créatrice de l’organe et la loi 2025-12 du 03 septembre 2025, ainsi que les engagements internationaux du Sénégal, à travers la Convention de Mérida et les instruments de l’Union Africaine.

Au cours de son allocution, Abdoulaye Ba a insisté sur la responsabilité immense qui repose désormais sur les épaules de ces membres : « En prêtant serment, vous affirmez votre volonté d’exercer en toute circonstance vos fonctions avec indépendance, impartialité, loyauté et discrétion. » Il a souligné que la mission qui leur est confiée dépasse la simple application de la loi : elle consiste à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et à s’assurer que les deniers publics sont gérés avec probité.

La diversité et l’expertise des nouveaux membres ont également été mises en avant. La sélection, rigoureuse et basée sur un appel à candidatures, a permis de constituer un collège composé de magistrats, de professeurs agrégés, d’administrateurs civils, d’experts en suivi-évaluation et de représentants de la société civile. Fort de cette richesse de profils, le Premier président de la Cour n’a laissé aucun doute sur ses attentes : « Vous n’avez pas le droit d’échouer. » Il a encouragé les nouveaux promus à s’appuyer sur l’excellence, la sagesse et l’expérience pour remplir pleinement leur mission de prévention et de lutte contre la corruption, tout en respectant la présomption d’innocence.

Le Procureur général Mbacké Fall a, pour sa part, dressé un bilan lucide de la lutte contre la prévarication des ressources publiques. S’il a reconnu la volonté politique affichée depuis plus d’une décennie, il a souligné que les résultats restent insuffisants face à l’ampleur de l’enrichissement illicite et de la corruption dans le pays. Selon lui, le maillon faible du système réside dans l’absence d’un suivi et d’une évaluation rigoureux des politiques publiques. Il a rappelé que la prévention constitue la mission prioritaire de l’OFNAC, conformément à l’article 3-1 de la loi, tandis que la répression doit être exercée avec vigilance, notamment pour éviter le favoritisme et les pratiques de saucissonnage dans l’attribution des marchés publics. Le Procureur a également mis en avant le rôle de l’OFNAC dans la recommandation de réformes législatives, une prérogative essentielle pour renforcer l’efficacité institutionnelle.

La cérémonie a atteint son apogée lors de l’acte solennel de prestation de serment. Main droite levée, les douze membres ont juré d’exercer leurs fonctions avec indépendance, impartialité et loyauté, tout en respectant le secret des délibérations. Cette entrée officielle en fonction marque pour eux le début d’une mission lourde de responsabilités : restaurer la confiance des citoyens, prévenir les dérives et assurer une gestion transparente des ressources publiques.

En sortant de la salle d’audience, il était clair que l’OFNAC, avec ces nouveaux membres, entend incarner un véritable rempart contre la corruption et devenir un acteur incontournable de la transparence au Sénégal. La nation, quant à elle, observe avec espoir et exigence.

Affaire Softcare : l’entreprise dénonce des « diffamations » et appelle à attendre les conclusions de l’enquête

Au cœur d’une vive polémique liée à des accusations de fabrication de produits à base de matières premières périmées, l’entreprise Softcare est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre 2025, la société rejette catégoriquement les allégations circulant à son encontre et dénonce ce qu’elle qualifie de « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées », largement relayées, selon elle, sur les réseaux sociaux.

Alors que l’affaire suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la nature sensible des produits incriminés — serviettes hygiéniques et couches pour bébés — Softcare affirme que des informations erronées sont diffusées, risquant d’induire le public en erreur. L’entreprise prévient ainsi qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les poursuites judiciaires nécessaires afin de défendre ses intérêts et préserver son image.

Dans son communiqué transmis à PressAfrik, la direction de Softcare insiste sur le caractère non établi des accusations et appelle à la prudence. Elle estime que le débat public autour de cette affaire est marqué par des extrapolations et des jugements hâtifs, en l’absence de conclusions officielles des autorités compétentes. À ce titre, la société affirme faire pleinement confiance au gouvernement sénégalais ainsi qu’au groupe d’enquête conjoint mis en place pour faire la lumière sur cette affaire.

Softcare invite par ailleurs les consommateurs et l’ensemble de la population à attendre sereinement les résultats de l’enquête en cours et à s’en remettre exclusivement aux conclusions finales qui seront rendues par les services habilités. Pour l’entreprise, seule une investigation rigoureuse et objective permettra d’établir les faits et de situer les responsabilités, loin de toute pression médiatique ou spéculation.

Soucieuse de rappeler son poids économique et social, la société met également en avant sa contribution à l’emploi au Sénégal. Elle revendique plus de 500 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, soulignant que ses activités constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Cet argument vise à montrer, selon elle, que Softcare n’a aucun intérêt à compromettre la santé des consommateurs ni à mettre en péril la confiance bâtie depuis son implantation dans le pays.

Enfin, l’entreprise réaffirme placer la sécurité et la satisfaction des consommateurs au cœur de ses priorités. Elle assure que ses processus de production répondent aux normes en vigueur et que la qualité de ses produits a toujours été une exigence centrale de sa politique industrielle. Dans ce contexte de tensions et de suspicions, Softcare se dit déterminée à coopérer avec les autorités tout en se tenant prête à défendre sa réputation par les voies légales si nécessaire.

Alors que l’affaire continue de susciter des réactions au sein de la société civile, des syndicats et des associations de consommateurs, l’issue des enquêtes annoncées est désormais très attendue. Elle devrait permettre de clarifier les responsabilités, d’apaiser le climat et, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences de droit.

Affaire Soya Diagne : le parquet fait appel et maintient le journaliste en détention

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.

Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.

Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.

Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.

Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.

En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.

Affaire à suivre.

Affaire Softcare–ARP : SOS Consommateurs saisit la justice et l’OFNAC pour faire toute la lumière

L’affaire dite Softcare–Agence de régulation pharmaceutique (ARP) continue de susciter de vives inquiétudes et s’oriente désormais vers un bras de fer judiciaire. L’association SOS Consommateurs, par la voix de son président Me Massokhna Kane, a annoncé le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République ainsi qu’auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), afin que des enquêtes approfondies soient ouvertes sur ce dossier aux ramifications potentiellement graves.

S’exprimant sur les ondes de Sud FM, l’avocat a justifié cette démarche par la gravité des faits révélés ces dernières semaines, notamment à la suite des déclarations d’un inspecteur pharmacien assermenté. Selon Me Massokhna Kane, les éléments portés à la connaissance du public ne peuvent plus être traités comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais relèvent désormais du pénal.

« Avec les déclarations extrêmement graves qui ont été faites, nous avons décidé d’aller au-delà des premières démarches. En plus des plaintes déjà déposées auprès des procureurs de Mbour et de Thiès, nous allons saisir l’OFNAC pour permettre une enquête beaucoup plus poussée », a-t-il affirmé.

Le président de SOS Consommateurs rappelle que son organisation avait, dans un premier temps, alerté les autorités administratives compétentes, notamment le ministère du Commerce. Toutefois, face à l’ampleur présumée des faits, l’association estime qu’une enquête judiciaire indépendante est aujourd’hui indispensable pour situer toutes les responsabilités.

Au cœur de cette affaire figurent de lourdes accusations portant sur la fabrication et la mise sur le marché de produits pharmaceutiques à partir de matières premières périmées. Une situation que Me Kane juge particulièrement alarmante, évoquant un risque sanitaire majeur pour les populations. « Quand une société pharmaceutique, pendant près de deux ans, fabrique des produits avec des matières premières périmées, le préjudice est immense. On est clairement face à une mise en danger manifeste de la vie des citoyens », a-t-il dénoncé.

Pour SOS Consommateurs, cette affaire ne saurait se limiter à des sanctions disciplinaires ou administratives. L’organisation exige que toute la lumière soit faite, aussi bien sur les pratiques de l’entreprise mise en cause que sur le rôle éventuel de certains agents ou responsables au sein de l’ARP. La saisine de l’OFNAC vise précisément à examiner d’éventuels faits de corruption, de complaisance ou de manquements graves à l’éthique publique.

« Lorsqu’on parle de corruption à un niveau aussi sérieux, impliquant un secteur aussi sensible que celui du médicament, il est impératif que toutes les conséquences de droit soient tirées », a insisté Me Massokhna Kane, appelant les autorités judiciaires à agir avec diligence et fermeté.

Cette initiative de SOS Consommateurs intervient dans un climat déjà tendu au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique, marqué notamment par le déclenchement d’une grève de 72 heures par la section SAMES-ARP, qui réclame elle aussi la vérité sur l’affaire Softcare. Autant d’éléments qui traduisent la profondeur de la crise et la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’apporter des réponses claires, crédibles et transparentes.

La section SAMES-ARP déclenche une grève de 72 heures pour exiger toute la lumière sur l’affaire Softcare

La tension monte à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), à travers sa section ARP, a annoncé le déclenchement d’une grève de 72 heures à compter de ce mardi. Le mot d’ordre est clair : obtenir un règlement définitif de la crise interne qui secoue la structure, avec en ligne de mire l’affaire dite Softcare, au cœur des préoccupations syndicales.

Joint sur les ondes de Sud FM, le secrétaire général de la section SAMES-ARP, le docteur Yankoba Coly, a fait savoir que cette cessation de travail constitue une réponse directe à ce qu’il considère comme un manque de transparence et de diligence des autorités face à un dossier jugé sensible. Selon lui, la reprise du travail reste conditionnée à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante afin d’établir les faits et de situer clairement les responsabilités.

« Tant que les autorités ne viendront pas ici diligenter une enquête sérieuse, nous n’allons pas reprendre le travail », a martelé Dr Coly, précisant que la grève s’étendra sur trois jours, mardi, mercredi et vendredi, et qu’elle pourrait être reconduite si aucune avancée notable n’est enregistrée.

Le responsable syndical estime qu’une enquête exhaustive est indispensable pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein du personnel de l’Agence. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’éclaircir des faits, mais aussi d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, afin que les responsabilités soient établies sans complaisance.

Dr Yankoba Coly a rappelé qu’une mission d’inspection du ministère de tutelle s’est déjà rendue à l’ARP pour évaluer la situation. Toutefois, il déplore l’absence de communication officielle sur les conclusions de cette mission, un silence que le syndicat considère comme préjudiciable au climat de confiance au sein de l’institution.

« Il faut aller au bout de l’enquête pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient clairement établies », a insisté le secrétaire général de la section SAMES-ARP, soulignant que les travailleurs refusent de reprendre leurs activités tant que la vérité n’aura pas été dite.

Cette grève intervient dans un contexte déjà tendu pour l’Agence de régulation pharmaceutique, dont le rôle est crucial dans le contrôle et la sécurité des produits pharmaceutiques au Sénégal. La mobilisation du personnel syndiqué pourrait ainsi avoir des répercussions sur le fonctionnement de la structure, alors que les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir pour désamorcer la crise.

Lutte contre l’orpaillage clandestin : un site démantelé à Kédougou, seize personnes interpellées

Les forces de défense et de sécurité poursuivent leur offensive contre l’orpaillage clandestin dans l’est du Sénégal. Une nouvelle opération d’envergure a été menée avec succès dans la région de Kédougou, où les éléments du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention numéro 2 (Garsi 2) ont procédé, le jeudi 19 décembre 2025, au démantèlement d’un site illégal d’exploitation aurifère dans le village de Gamba Gamba, situé dans le département de Saraya.

L’intervention, conduite entre 11 heures et 15 heures, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des zones minières et de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles. Selon des sources sécuritaires, l’opération a été déclenchée à la suite de renseignements faisant état d’activités d’orpaillage clandestin intenses dans cette localité frontalière, régulièrement confrontée à des flux incontrôlés de chercheurs d’or.

Sur le terrain, les éléments du Garsi 2 ont surpris plusieurs individus en pleine activité d’extraction aurifère. Au total, seize (16) personnes ont été interpellées pour leur implication présumée dans ces activités illégales. Les suspects, dont l’identité et la nationalité n’ont pas encore été officiellement précisées, devraient être présentés aux autorités judiciaires compétentes pour les besoins de l’enquête.

L’opération a également permis la saisie d’un important lot de matériel servant à l’exploitation clandestine de l’or. Les forces de sécurité ont récupéré dix (10) groupes électrogènes, dix (10) marteaux-piqueurs, neuf (09) tricycles communément appelés « piki paka », six (06) motos ainsi que sept (07) téléphones portables. Ce matériel, souvent introduit illégalement dans les zones aurifères, constitue l’ossature logistique des réseaux d’orpaillage clandestin.

Par ailleurs, quatre (04) machines lourdes utilisées pour l’exploitation aurifère ont été détruites sur place, conformément aux procédures en vigueur, afin d’empêcher toute reprise immédiate des activités illicites sur le site démantelé. Une mesure dissuasive qui témoigne de la fermeté des autorités face à un phénomène aux conséquences multiples.

L’orpaillage clandestin représente en effet une menace sérieuse, tant sur le plan environnemental que sécuritaire. Il entraîne la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau par l’usage de substances toxiques, mais favorise également l’insécurité, les conflits communautaires et les circuits criminels transfrontaliers.

À travers cette nouvelle opération, les forces de défense et de sécurité réaffirment leur détermination à reprendre le contrôle des zones aurifères et à mettre fin aux pratiques illégales qui échappent à toute réglementation. Les autorités assurent que la surveillance sera renforcée dans la région de Kédougou, avec la poursuite d’opérations similaires pour préserver les ressources minières nationales et garantir la sécurité des populations riveraines.

Trafic de drogue : plus de 150 kg de chanvre saisis à Yenne, un vaste réseau démantelé à Tivaouane Peulh

La Gendarmerie nationale vient de porter un coup dur aux réseaux de trafic de drogue opérant dans la région de Dakar. En l’espace de quelques jours, plusieurs opérations coordonnées ont permis la saisie de plus de 150 kilogrammes de chanvre indien à Yenne, l’interpellation de dealers en possession de drogues de synthèse, ainsi que le démantèlement d’un réseau structuré à Tivaouane Peulh. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de l’exécution du plan de lutte contre le trafic de stupéfiants déployé par la Légion de Gendarmerie de Dakar.

La première opération s’est déroulée dans la nuit du lundi 22 décembre 2025, aux environs de 4 h 30 du matin, au niveau du croisement de Yenne Todd. Les éléments de la Brigade de Yenne, en poste lors d’un contrôle routier de routine, ont intercepté deux véhicules jugés suspects. À la vue du dispositif de sécurité, l’un des véhicules a immédiatement pris la fuite, tandis que le second a tenté de forcer le passage en fonçant sur les gendarmes.

Une course-poursuite s’est alors engagée sur plusieurs mètres, avant que les occupants du véhicule poursuivi n’abandonnent leur moyen de transport pour se volatiliser dans la nature. La fouille minutieuse du véhicule abandonné a permis aux gendarmes de découvrir une importante cargaison de drogue. Pas moins de cent cinquante (150) kilogrammes de chanvre indien étaient soigneusement dissimulés dans le coffre, confirmant l’ampleur de l’opération criminelle en préparation.

Le même jour, une autre intervention menée par la Brigade territoriale de la Foire, avec l’appui d’un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a permis l’interpellation d’un individu pris en flagrant délit de vente de stupéfiants. Cette arrestation est intervenue lors d’une patrouille de sécurisation. Le suspect était en possession de deux cent cinquante-cinq (255) comprimés d’ecstasy, une drogue de synthèse de plus en plus répandue, notamment chez les jeunes.

Dans la continuité de cette offensive, la Brigade de proximité de Tivaouane Peulh est entrée en action le dimanche 21 décembre 2025, à la suite de l’exploitation d’un renseignement jugé fiable. Cette opération ciblée a abouti au démantèlement d’un réseau de trafic de drogue bien organisé et à l’interpellation de neuf (09) individus soupçonnés d’être impliqués à différents niveaux de la chaîne de distribution.

À travers ces succès opérationnels, la Gendarmerie nationale réaffirme sa ferme détermination à lutter contre les trafics illicites sous toutes leurs formes. Elle assure que les opérations de sécurisation seront intensifiées sur l’ensemble du territoire et invite les populations à collaborer activement en signalant toute information susceptible de contribuer à la lutte contre le trafic de drogue, véritable fléau pour la sécurité et la santé publique.

Casamance : plus de 2,2 millions de mètres carrés déminés et près de 870 victimes recensées, selon le CNAMS

La lutte contre les mines antipersonnel en Casamance se poursuit, avec des avancées notables mais un lourd héritage humain. À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Dar Salam, dans la commune de Nyassia, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a dressé un état des lieux détaillé des opérations de déminage menées dans le sud du pays depuis le début du processus.

Face au chef de l’État, le directeur du CNAMS, Pape Maguette Diop, a révélé que 2 221 073 mètres carrés de terres ont été officiellement déminés à ce jour en Casamance. Ces opérations ont permis de localiser et de détruire 527 engins explosifs, neutralisant ainsi des menaces qui pesaient depuis des décennies sur les populations civiles, les agriculteurs et les communautés rurales.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage, le stockage et la production des mines antipersonnel. Le pays se positionne ainsi comme un acteur engagé dans la lutte mondiale contre ces armes, tout en poursuivant un travail de terrain complexe et à haut risque.

Au-delà des chiffres, le bilan humain reste particulièrement préoccupant. Selon le CNAMS, près de 870 victimes de mines ont été recensées en Casamance depuis le début du conflit. Parmi elles, 186 civils bénéficient actuellement d’une prise en charge directe par le CNAMS, tandis que les autres blessés sont suivis par les services de santé de l’Armée nationale. Ces victimes, souvent mutilées à vie, incarnent la tragédie silencieuse laissée par des années de conflit armé et de contamination des sols.

Conscient des dangers persistants, l’État a également mis l’accent sur la prévention. Le directeur du CNAMS a indiqué que des campagnes d’éducation aux risques liés aux engins explosifs ont été menées dans 296 localités de la région. À ce jour, 52 085 personnes ont été sensibilisées aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre. Par ailleurs, 234 acteurs communautaires ont été formés afin de servir de relais de sécurité et d’alerte au sein de leurs localités respectives.

Pape Maguette Diop a rappelé que, malgré les progrès enregistrés, le chantier du déminage reste inachevé et nécessite un engagement financier et politique constant. Il a également souligné la poursuite du plaidoyer international du Sénégal en faveur d’un monde débarrassé des mines antipersonnel.

La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Dar Salam revêt ainsi une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des nouvelles autorités de parachever le processus de déminage et de permettre à la Casamance de retrouver définitivement la sécurité, la libre exploitation de ses terres et les conditions d’un développement économique et social durable. Pour les populations locales, longtemps prisonnières de la peur et de l’incertitude, la fin des mines représente bien plus qu’un enjeu sécuritaire : elle est la clé d’un retour à une vie normale dans la « verte Casamance ».

Paix en Casamance : « Je tends la main à mes frères et cousins pour rejoindre le processus qui est engagé », déclare le président Diomaye Faye

En pleine tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel solennel et sans ambiguïté en faveur du retour définitif de la paix dans le sud du Sénégal. Ce dimanche matin, en visite à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de consolider les acquis du processus de paix et d’y associer toutes les parties encore réticentes.

S’exprimant devant la maire de la commune, des autorités administratives et locales, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la stabilité demeure la condition essentielle du développement durable de la Casamance. « La paix vaut tous les sacrifices, elle vaut tous les efforts », a-t-il affirmé, soulignant que le développement économique, social et infrastructurel de la région ne saurait se faire durablement sans la fin totale des violences.

Face aux témoignages recueillis auprès des populations locales, marqués par des décennies de souffrances, de déplacements forcés et de traumatismes, le Président a directement interpellé les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) encore en rébellion. Dans un ton à la fois ferme et conciliant, il a tendu la main aux combattants, les invitant à rejoindre la dynamique engagée par l’État avec certaines factions du mouvement.

« Je profite de cette prise de parole pour appeler tous mes frères et sœurs, pour ne pas dire mes cousins qui sont dans la rébellion, à rejoindre le processus de paix qui est engagé avec des factions avec lesquelles nous avons déjà des résultats encourageants », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant sa volonté d’aboutir à une paix globale et inclusive.

Le chef de l’État a également insisté sur l’importance de la réconciliation nationale, au-delà du simple dépôt des armes. Selon lui, il est impératif de « travailler à la réconciliation des cœurs et des esprits », afin d’éviter que les divergences, politiques ou communautaires, ne dégénèrent à nouveau en conflits ouverts. Il a rappelé que les blessures laissées par des années de conflit armé sont profondes et nécessitent un effort collectif pour être refermées durablement.

Évoquant les lourds dégâts humains, psychologiques et matériels causés par cette crise prolongée, le Président a souligné l’urgence d’une paix définitive. « La Casamance a trop souffert, avec elle le Sénégal », a-t-il insisté, renouvelant son appel à ses « cousins, frères et sœurs » engagés dans la rébellion.

Bassirou Diomaye Faye a enfin assuré que l’État du Sénégal restera pleinement engagé pour accompagner toute volonté sincère de paix exprimée sur le terrain. Il a promis de répondre aux aspirations des populations casamançaises en faveur d’un désarmement total, mais aussi d’une réconciliation franche, durable et définitive, fondée sur la justice, la réparation et le développement inclusif de la région.

Crise financière : Momar Thiam appelle Diomaye à « réduire sa rémunération » en coupant « la poire en deux »

Face à la dégradation de la situation économique et sociale du Sénégal, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a lancé un appel fort au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 21 décembre, il a exhorté le Président de la République à « faire preuve d’audace » en réduisant de moitié sa rémunération, dans un contexte marqué, selon lui, par des difficultés de plus en plus lourdes pour une grande partie de la population.

Pour Momar Thiam, l’ampleur de la crise financière actuelle impose des gestes forts et symboliques de la part des plus hautes autorités. Il estime que les efforts demandés aux citoyens pour redresser les finances publiques ne peuvent être crédibles que s’ils commencent « par le sommet de l’État ». À ses yeux, une baisse volontaire du salaire présidentiel enverrait un signal puissant de solidarité nationale, dans un pays où, rappelle-t-il, « beaucoup de Sénégalais ne mangent pas trois repas par jour ».

Dans cette logique, Momar Thiam considère que le Président de la République ne devrait pas être le seul concerné. Il appelle également le Premier ministre à consentir au même sacrifice, même s’il reconnaît que ce dernier a récemment annoncé consacrer ses rémunérations à l’indemnisation des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024. Pour l’expert, ces initiatives individuelles, bien que louables, gagneraient à être institutionnalisées afin de produire un impact plus large et plus durable.

S’agissant de l’Assemblée nationale, Momar Thiam propose une réforme plus radicale du régime de rémunération des députés. Il suggère de remplacer le salaire fixe par une indemnité de représentation strictement indexée sur la présence effective des élus aux travaux parlementaires. Selon lui, une telle mesure permettrait de lutter efficacement contre l’absentéisme souvent décrié au sein de l’hémicycle, tout en rationalisant les dépenses publiques liées au fonctionnement de l’institution.

Au-delà du pouvoir exécutif et du législatif, Momar Thiam plaide également pour une réduction des rémunérations au niveau des directions générales des sociétés publiques. Il estime que les salaires et avantages accordés à certains dirigeants d’entreprises publiques sont difficilement justifiables dans un contexte de tension budgétaire et de sacrifices demandés aux populations.

À travers cette sortie médiatique, Momar Thiam appelle ainsi à une nouvelle éthique de gouvernance fondée sur l’exemplarité, la sobriété et le partage de l’effort national. Pour lui, sans gestes forts et visibles de la part des dirigeants, les discours sur l’austérité et la mobilisation des ressources risquent de rester lettre morte auprès d’une population déjà éprouvée par la vie chère et la précarité croissante.

Crise du recrutement médical au Sénégal : le SAMES dénonce un système « déshumanisant » et alerte sur 2026

Réuni en congrès autour de la problématique cruciale des ressources humaines en santé, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du système sanitaire national. À travers des échanges sans détour, les responsables syndicaux ont mis en lumière un paradoxe qu’ils jugent inacceptable : alors que les structures de santé manquent cruellement de personnel qualifié, de nombreux jeunes professionnels formés peinent à être recrutés et sombrent dans la précarité.

Pour le docteur Mamadou Demba Ndour, secrétaire général national sortant du SAMES, la situation a atteint un seuil critique. Il s’est indigné du manque de cohérence des politiques publiques en matière de recrutement médical, dans un contexte où les hôpitaux et centres de santé souffrent d’un déficit aigu de médecins spécialistes, de pharmaciens et de chirurgiens-dentistes. Dans le même temps, a-t-il dénoncé, des centaines de jeunes diplômés issus des facultés et des Unités de Formation et de Recherche (UFR) de santé restent sans emploi ou contraints d’accepter des conditions de travail indignes.

Selon lui, l’État semble avoir renoncé à une politique ambitieuse de recrutement, laissant prospérer un système marqué par des contrats précaires, déséquilibrés et « déshumanisants ». Une situation qui, estime-t-il, porte atteinte non seulement à la dignité des professionnels de santé, mais également à la qualité des soins offerts aux populations.

Le SAMES voit dans cette incohérence structurelle l’une des principales causes de la fuite massive des cerveaux vers l’étranger. De nombreux praticiens, découragés par l’absence de perspectives et la dégradation des conditions de travail, choisissent l’exil professionnel, privant ainsi le pays de compétences pourtant chèrement formées et indispensables à la prise en charge sanitaire des Sénégalais.

Le congrès a également été l’occasion pour le syndicat de dresser un bilan sévère de ses relations avec le gouvernement. Malgré la signature du pacte de stabilité sociale à travers sa centrale, la CNTS, le SAMES estime que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés. Une situation vécue comme une véritable trahison par les responsables syndicaux, qui affirment avoir fait preuve de responsabilité dans l’intérêt de la paix sociale.

Très remonté, le docteur Mamadou Demba Ndour a averti que cette rupture de confiance ne resterait pas sans conséquences. Il a clairement annoncé que l’année 2026 s’annonce comme une période de forte mobilisation syndicale. Selon lui, les revendications du secteur de la santé seront portées avec détermination sur le terrain si aucune réponse concrète n’est apportée aux préoccupations exprimées.

Dans cette dynamique, Diabel Dramé, secrétaire général adjoint sortant et candidat déclaré à la succession de Mamadou Demba Ndour, a esquissé les grandes orientations de ce qui pourrait être son mandat. Il a insisté sur l’urgence de combler le déficit de personnel médical dans les hôpitaux et centres de santé sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les zones les plus enclavées.

S’exprimant sur les ondes d’iRadio, il a également mis l’accent sur un enjeu souvent relégué au second plan : la gestion des carrières et la mobilité des agents de santé. Pour lui, le recrutement ne saurait être une solution suffisante sans une politique cohérente de gestion des ressources humaines, garantissant équité, motivation et stabilité professionnelle.

À travers ce congrès, le SAMES entend ainsi replacer la question des ressources humaines au cœur des priorités nationales, avertissant que sans une réforme profonde et sincère, le système de santé sénégalais court le risque d’une crise plus grave encore, aux conséquences directes sur l’accès aux soins pour les populations.

Casamance : le Président Bassirou Diomaye Faye lance un appel solennel à la paix depuis Dar Es Salam Chérif

En déplacement ce dimanche matin à Dar Es Salam Chérif, dans l’arrondissement de Niassya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a posé un acte hautement symbolique en réaffirmant son engagement personnel en faveur d’une paix définitive en Casamance. Dans cette localité chargée d’histoire et de spiritualité, le chef de l’État a lancé un appel solennel aux groupes encore retranchés dans le maquis, les exhortant à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix en cours.

S’adressant directement à ses « cousins », dans un ton empreint de fraternité et de responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de tourner définitivement la page du conflit, après plus de quatre décennies de tensions armées. Il a souligné que le Sénégal est à un tournant décisif et que toutes les conditions sont désormais réunies pour parvenir à une réconciliation durable, fondée sur la confiance, le dialogue et le respect des engagements mutuels.

Le Président de la République a tenu à rassurer les populations et les acteurs du processus de paix sur la volonté ferme de l’État de respecter l’ensemble des engagements déjà pris. Il a réaffirmé que les autorités sénégalaises poursuivront sans relâche les efforts en vue de la signature d’accords de paix définitifs, permettant de garantir la stabilité, la sécurité et le retour à une vie normale pour les communautés longtemps éprouvées par le conflit.

Cette visite présidentielle a également été l’occasion pour les acteurs institutionnels impliqués dans la stabilisation de la Casamance d’exprimer leurs préoccupations. Le Comité national de gestion de l’action antimines au Sénégal (CNAMS) a ainsi attiré l’attention des autorités sur l’urgence de poursuivre les opérations de déminage humanitaire. Selon le comité, la sécurisation des zones encore contaminées par des engins explosifs demeure un préalable indispensable au retour des populations déplacées et à la reprise des activités économiques, notamment agricoles.

À ce titre, le CNAMS a appelé l’État à procéder rapidement au décaissement d’une enveloppe de 179 millions de francs CFA, jugée essentielle pour assurer la continuité des opérations de déminage. Un retard dans le financement pourrait, selon ses responsables, compromettre les progrès réalisés ces dernières années et exposer les populations civiles à des risques persistants.

Dans le même sillage, le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) a plaidé pour le renforcement des actions inscrites dans le cadre du « Plan Diomaye ». Il a rappelé que ce programme constitue un pilier central de la stratégie gouvernementale visant à consolider la paix par le développement. Selon lui, la poursuite de ces initiatives est déterminante pour faciliter le retour progressif des déplacés dans leurs villages d’origine et pour accélérer la reconstruction des infrastructures sociales et économiques de la région.

À travers cette visite à Dar Es Salam Chérif, le Président Bassirou Diomaye Faye envoie un message clair : la paix en Casamance n’est plus un simple objectif politique, mais une priorité nationale qui repose à la fois sur le dialogue, la justice, la sécurité et le développement inclusif. Pour les populations du Sud, cet appel présidentiel ravive l’espoir d’un avenir apaisé après de longues années de souffrance et d’attente.

Sénégalais abattu à Ajaccio : Momar Thiam plaide pour que « les consulats soient dotés d’un service social et d’écoute »

Moins de vingt-quatre heures après la mort par balle d’un ressortissant sénégalais dans le centre-ville d’Ajaccio, en France, le débat sur la protection et l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur refait surface. Invité ce dimanche 21 décembre dans l’émission Objection sur Sud FM, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a interpellé l’État sénégalais sur la nécessité de renforcer le rôle social des représentations diplomatiques.

Pour Momar Thiam, ce drame met en lumière une réalité souvent ignorée : la grande vulnérabilité psychologique et sociale de nombreux migrants sénégalais en Europe. Il estime que l’État doit « franchir un pas » en dotant les consulats généraux à l’étranger de véritables services sociaux capables d’accompagner les compatriotes en situation de détresse. « Les consulats doivent disposer de services sociaux qui peuvent être à l’écoute des Sénégalais en difficulté », a-t-il plaidé.

Selon lui, une grande partie des migrants arrive en Europe dans des conditions extrêmement éprouvantes. « La plupart des migrants qui franchissent les frontières européennes passent par la mer et arrivent dans des situations de détresse, parfois même de folie », a-t-il expliqué, insistant sur les traumatismes liés aux parcours migratoires, à l’errance administrative, à la précarité et à l’isolement social.

Fort de son expérience, Momar Thiam affirme parler en connaissance de cause. Il rappelle avoir côtoyé de nombreux compatriotes en difficulté durant ses douze années passées en tant que consul général. « Pour les avoir vus et accompagnés pendant douze ans, je sais de quoi je parle », a-t-il insisté, soulignant que beaucoup de situations critiques auraient pu être désamorcées avec un accompagnement approprié.

L’expert propose ainsi que les consulats soient dotés de personnels spécialisés, notamment des psychologues ou des agents formés aux questions sociales et migratoires. Selon lui, la présence de tels profils permettrait d’identifier en amont les cas de détresse mentale, d’orienter les personnes concernées vers des structures adaptées et, surtout, d’éviter des issues tragiques.

Pour Momar Thiam, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative ou diplomatique, mais d’un impératif humain. Il estime que la protection des Sénégalais de l’extérieur doit aller au-delà des services consulaires classiques et intégrer une dimension sociale et psychologique à part entière. « En mettant en place un tel dispositif, l’État sénégalais pourrait prévenir certains drames », a-t-il conclu.

Casamance : le « Plan Diomaye » affiche un taux d’exécution de 46 %

Moins d’un an après son lancement officiel, le programme spécial de relance de la Casamance, baptisé « Plan Diomaye », enregistre un taux d’exécution de 46 %, un niveau jugé encourageant par les autorités. Ce bilan d’étape a été présenté par le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Ibba Sané, qui y voit les premiers signes tangibles d’un redémarrage progressif du sud du pays après des décennies de fragilités économiques et sociales.

Opérationnel depuis janvier 2025, le Plan Diomaye constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale en faveur de la Casamance. Doté d’une enveloppe globale de plus de 53 milliards de francs CFA, ce programme ambitieux vise principalement à consolider la paix par le retour sécurisé des populations déplacées et à relancer durablement le tissu économique local. Il s’inscrit dans une approche globale qui combine infrastructures sociales de base, réinstallation des communautés et stimulation des activités productives.

Sur le terrain, plusieurs réalisations concrètes commencent à émerger. Lors d’une récente tournée d’inspection dans différentes localités, Ibba Sané a pu constater l’état d’avancement de projets jugés prioritaires. À Djokado, un poste de santé a été entièrement érigé dans le cadre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), renforçant ainsi l’accès aux soins pour des populations longtemps confrontées à l’éloignement des structures sanitaires. À Djigoudière, des habitations ont été construites grâce à l’appui de l’ONG internationale ICO, basée aux Émirats arabes unis, afin de faciliter le retour et la stabilisation des familles déplacées.

À Madié Diam, autre zone stratégique du programme, les travaux de mise en place des réseaux d’adduction d’eau sont en cours. Ces infrastructures hydrauliques sont considérées comme essentielles pour assurer la sédentarisation durable des populations, soutenir l’agriculture locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Selon l’ANRAC, ces projets structurants participent directement à la restauration de la confiance des populations envers l’État et ses institutions.

Au-delà des réalisations matérielles, le Plan Diomaye se distingue également par une rupture assumée dans la gouvernance de l’ANRAC. Pour la première fois depuis la création de l’agence, le Conseil de surveillance a quitté Dakar pour tenir sa cinquième session à Ziguinchor. Une décision symbolique forte, qui traduit la volonté des nouvelles autorités de rapprocher les instances de décision des réalités du terrain.

S’exprimant sur iRadio, Ibba Sané a expliqué cette démarche par la nécessité de permettre aux membres du Conseil de constater directement l’état d’avancement des projets. « Nous avons jugé nécessaire de délocaliser la tenue de cette importante activité pour permettre aux conseillers de descendre sur le terrain et de voir concrètement ce qui est réalisé », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive et ancrée localement.

Si le taux d’exécution de 46 % est considéré comme satisfaisant à ce stade, les autorités reconnaissent toutefois que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accélérer la cadence. L’ANRAC assure que plusieurs projets sont en phase de finalisation et que les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des travaux, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’hydraulique et de la relance des activités économiques.

À terme, le Plan Diomaye ambitionne de transformer durablement la Casamance, en faisant de la paix retrouvée un véritable levier de développement. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de réparer les séquelles du conflit, mais de jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de répondre aux attentes des populations longtemps éprouvées par l’isolement et la précarité.

Baisse du prix du riz brisé : le cri de colère des boutiquiers détaillants du Sénégal

La récente décision des autorités de baisser le prix du riz brisé continue de susciter des remous au sein des acteurs du commerce de proximité. L’Association des Boutiquiers Détaillants du Sénégal (ABDS) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche unilatérale du ministère du Commerce, prise sans concertation avec les principaux concernés et porteuse de risques sérieux pour la survie économique des petites boutiques.

À l’origine de la colère, la tenue du Conseil national de la consommation, qui a entériné la nouvelle grille tarifaire du riz brisé, aliment de base pour des millions de Sénégalais. Si l’objectif affiché par l’État est de soulager le pouvoir d’achat des ménages, l’ABDS estime que la méthode employée fragilise dangereusement le maillon le plus vulnérable de la chaîne de distribution.

S’exprimant sur les ondes de iRadio, le président de l’ABDS, Aliou Ba, n’a pas caché son amertume. Il déplore l’exclusion de son organisation des discussions ayant conduit à la fixation des nouveaux prix. Selon lui, l’absence des représentants des boutiquiers lors de ce conseil constitue une erreur à la fois stratégique et démocratique. « Le ministre du Commerce a présidé récemment le Conseil national de la consommation sans inviter l’ABDS, qui est pourtant l’association la plus légitime et la plus représentative des boutiquiers au niveau national », a-t-il regretté.

Pour l’ABDS, cette mise à l’écart pose un problème de fond : comment appliquer efficacement une décision prise sans consulter ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre au quotidien ? Aliou Ba estime que fixer des prix de manière administrative, sans tenir compte des réalités du terrain, creuse un fossé entre les autorités et les commerçants. À ses yeux, cette approche risque d’entraîner des difficultés d’application, voire des résistances silencieuses sur les marchés.

Au-delà du problème de concertation, l’association met surtout en garde contre l’impact économique de la mesure sur les détaillants. La nouvelle grille tarifaire, selon elle, entraîne une réduction significative des marges bénéficiaires des boutiquiers, alors même que leurs charges ne cessent d’augmenter. Loyers, factures d’électricité, coûts de transport et frais d’approvisionnement pèsent de plus en plus lourdement sur ces petits commerçants, dont beaucoup peinent déjà à maintenir l’équilibre financier de leurs activités.

L’ABDS précise qu’elle n’est pas opposée au principe de stabilisation ou de baisse des prix des denrées de première nécessité. Au contraire, elle se dit consciente des difficultés que traversent les ménages sénégalais. Toutefois, Aliou Ba insiste sur le fait que cet effort ne doit pas se faire au détriment du commerce de proximité, qu’il juge en net recul ces dernières années. « On ne peut pas protéger le consommateur en sacrifiant le boutiquier », résume-t-il en substance.

Selon l’association, la disparition progressive des petites boutiques de quartier aurait des conséquences sociales et économiques lourdes, notamment dans les zones périphériques et rurales où ces commerces constituent souvent le principal point d’accès aux produits de première nécessité. Elle redoute que des décisions répétées, prises sans dialogue, accélèrent la faillite de nombreux détaillants.

Face à cette situation, l’ABDS appelle les autorités à instaurer une concertation réelle, inclusive et permanente avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution. Elle plaide pour une révision de la méthode de fixation des prix, afin qu’elle tienne compte non seulement du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi des charges et des contraintes auxquelles font face les boutiquiers.

À défaut d’un dialogue franc et constructif, l’association avertit que l’efficacité des mesures de baisse des prix pourrait être compromise sur le terrain, confrontée aux dures réalités économiques du commerce de quartier. Pour les boutiquiers, l’enjeu est clair : préserver à la fois l’accessibilité des produits pour les consommateurs et la survie d’un secteur qui demeure un pilier de l’économie locale.

Tambacounda : le verdict renvoyé après une expertise psychiatrique dans une affaire de fratricide

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Tambacounda a choisi la voie de la prudence dans une affaire de fratricide particulièrement troublante. Alors que le verdict était attendu ce vendredi 19 décembre 2025, la juridiction a décidé de surseoir à statuer et d’ordonner une expertise psychiatrique concernant A. Ba, accusé d’avoir mortellement agressé son frère germain à coups de machette. L’information est rapportée par Le Soleil.

Par cette décision, le tribunal entend lever toute ambiguïté sur l’état mental de l’accusé au moment des faits. Une mission d’expertise a ainsi été confiée au médecin-chef du centre psychiatrique de Tambacounda, qui dispose d’un délai de trente jours, à compter de la notification de l’ordonnance, pour déposer son rapport. L’objectif est de déterminer si A. Ba jouissait pleinement de ses facultés mentales lorsqu’il a commis l’acte qui lui est reproché, une donnée essentielle pour l’appréciation de sa responsabilité pénale.

Les faits remontent au 10 mars 2025, dans la commune de Payar, située dans le département de Koumpentoum. Ce jour-là, les deux frères revenaient d’un village voisin où ils s’étaient rendus pour s’approvisionner en eau. Installés sur une charrette, le cadet conduisant le cheval et l’aîné, âgé de 21 ans, assis à l’arrière, le drame s’est noué sans signe avant-coureur apparent. Selon les éléments du dossier, l’aîné aurait soudainement sorti une machette et asséné trois violents coups à la tête de son frère. Grièvement blessée, la victime a succombé sur place, avant toute prise en charge médicale.

Interpellé peu après les faits, A. Ba a été entendu par les gendarmes, mais n’a livré aucune explication cohérente à son geste. Il s’est contenté d’invoquer « la volonté de Dieu », sans fournir de justification rationnelle. À la barre, il a déclaré avoir agi sous l’emprise de l’alcool, affirmant qu’il s’agissait de sa première consommation, une version qui n’a pas totalement convaincu la cour.

Les témoignages des proches ont davantage alimenté les interrogations sur la personnalité de l’accusé. La mère des deux jeunes hommes a assuré n’avoir jamais constaté de conflits ou de tensions entre ses fils, décrivant une relation fraternelle normale avant le drame. Le beau-père de l’accusé, avec qui ce dernier vivait également, a en revanche évoqué un comportement qu’il jugeait préoccupant, fait de distance, d’instabilité et de fréquents déplacements inexpliqués. Il a également souligné le manque d’implication d’A. Ba dans les travaux champêtres, un élément qui, selon lui, traduisait un certain déséquilibre.

Lors de l’audience, le procureur de la République a dressé un réquisitoire particulièrement sévère. Il a décrit l’accusé comme une personne antisociale et insisté sur la violence extrême de l’acte, estimant que la nature et la répétition des blessures traduisaient un acharnement manifeste. En conséquence, le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de six mois d’emprisonnement pour détention illégale d’arme.

La défense, pour sa part, a axé sa plaidoirie sur l’état psychique de son client, estimant que les circonstances du crime, l’absence de mobile apparent et le comportement de l’accusé justifiaient un examen psychiatrique approfondi. Une demande qui a finalement été retenue par la juridiction, soucieuse de statuer en toute connaissance de cause.

Casamance : Seydi Gassama interpelle le Président Diomaye Faye sur les urgences du développement régional

À l’occasion du séjour du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en Casamance, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’une prise en charge plus ambitieuse et structurée des défis économiques et sociaux auxquels la région demeure confrontée. Dans une interpellation directe mais constructive, il a mis en lumière plusieurs urgences qu’il estime incontournables pour sortir durablement la Casamance de la marginalisation.

Au premier rang de ses préoccupations figure la reconstruction du pont Émile Badiane, infrastructure emblématique et stratégique reliant la région au reste du pays. Pour Seydi Gassama, l’état de dégradation avancée de cet ouvrage constitue un véritable goulot d’étranglement pour la mobilité des personnes et la circulation des biens. Il souligne que ce pont, au-delà de sa dimension symbolique, est vital pour le désenclavement économique de la Casamance. Son mauvais état pénalise lourdement les échanges commerciaux, renchérit les coûts de transport et freine l’intégration de la région aux circuits économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, sa reconstruction ne relève plus d’un simple projet d’infrastructure, mais d’une urgence nationale.

Le défenseur des droits humains s’est également longuement attardé sur le paradoxe agricole de la Casamance, région reconnue pour la fertilité de ses terres et l’abondance de sa production fruitière. Chaque année, déplore-t-il, des centaines de milliers de tonnes de mangues, d’oranges et d’autres fruits sont perdues faute d’infrastructures de conservation, de chaînes de froid et d’unités de transformation industrielle. Cette situation, qualifiée de véritable gaspillage économique, prive les producteurs de revenus substantiels et empêche la création d’emplois locaux, notamment pour les jeunes et les femmes. Seydi Gassama estime que des investissements ciblés dans l’agro-industrie pourraient transformer cette richesse naturelle en moteur de croissance durable pour la région.

Autre secteur jugé largement sous-exploité : le tourisme. Malgré le retour durable de la paix et la fin progressive des tensions qui ont longtemps affecté la Casamance, le potentiel touristique de la région reste, selon lui, en deçà de ses capacités réelles. Plages, forêts, fleuve Casamance, patrimoine culturel et hospitalité des populations constituent pourtant des atouts majeurs. Seydi Gassama regrette l’absence d’une politique de promotion touristique cohérente et offensive, capable d’attirer investisseurs et visiteurs, tant nationaux qu’internationaux.

Dans cette perspective, il invite les autorités sénégalaises à s’inspirer d’exemples africains probants tels que le Rwanda, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud, qui ont su faire du tourisme un levier stratégique de développement économique, de création d’emplois et de valorisation de leur image à l’international.

À travers cette interpellation adressée au Chef de l’État, Seydi Gassama plaide pour que la Casamance devienne une priorité stratégique du développement national. Il appelle à une approche globale et intégrée, articulant infrastructures modernes, valorisation agricole et relance touristique. Selon lui, seule une telle vision permettra de répondre durablement aux attentes des populations locales et de libérer tout le potentiel économique d’une région longtemps reléguée au second plan, mais porteuse d’immenses opportunités pour le Sénégal.

Sit-in des marchands ambulants : le collectif réclame des solutions de recasement durables face aux déguerpissements

Les marchands ambulants et tabliers de Dakar sont de nouveau montés au créneau. Réunis au sein du Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands Ambulants du Sénégal (CDIMAS), ils ont organisé, ce vendredi 19 décembre 2025, une grande marche pacifique à Keur Massar pour dénoncer les opérations de déguerpissement qu’ils jugent brutales et sans solutions alternatives durables.

Venus de plusieurs quartiers de la capitale, des centaines de manifestants se sont rassemblés au terrain Yékini, vêtus de foulards rouges et munis de pancartes aux messages évocateurs : « Je suis Sénégalais », « Ramass bi dafa doy (stop aux rafles) », « Non à la dictature » ou encore « Liguey laniou beugue (nous voulons travailler) ». Dans une ambiance à la fois revendicative et déterminée, les marchands ont réaffirmé leur volonté de continuer à vivre et travailler dignement au Sénégal.

Prenant la parole au nom du collectif, Diarra Ndao a exposé les principales doléances des manifestants. Le CDIMAS exige notamment « l’arrêt immédiat des déguerpissements accélérés », l’ouverture de cadres de concertation et de négociation avec l’ensemble des organisations professionnelles du secteur, ainsi que « la recherche de solutions durables et consensuelles pour l’organisation de l’activité des marchands ambulants et tabliers, avant que la situation ne devienne irréversible ».

Le collectif sollicite également une audience auprès du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de lui soumettre « un mémorandum bien détaillé pour la bonne marche du pays ». Dans le même temps, les marchands réclament la mise à disposition, dans les plus brefs délais, des 13 hectares que le gouvernement leur avait promis pour leur recasement.

Alertant sur les conséquences sociales des déguerpissements, le CDIMAS affirme que « des milliers de familles sont aujourd’hui plongées dans la précarité ». Parmi les impacts évoqués figurent la perte totale des revenus quotidiens, les difficultés d’accès aux soins de santé, l’impossibilité de subvenir régulièrement aux besoins alimentaires, les obstacles à la scolarisation des enfants, ainsi que la fragilisation du tissu social et familial.

De son côté, Dame Badiane, président du collectif, a lancé un avertissement aux autorités. Il a rappelé que c’est la troisième fois que les marchands interpellent le gouvernement, précisant que cette marche constitue un « plan B ». « Le plan C sera dévoilé le moment venu », a-t-il prévenu, sans donner davantage de détails.

Encadrée par la gendarmerie, avec le déploiement de deux fourgonnettes et de deux véhicules, la manifestation s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 17 heures.

Ordre national du Lion et du Mérite : le Président Diomaye honore des parcours d’exception

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République la cérémonie solennelle de réception des dignitaires décorés au titre de l’année 2025. L’événement s’est tenu en présence du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre ainsi que de l’ensemble des membres du Gouvernement, selon un communiqué de la Présidence du Sénégal.

À travers l’Ordre national du Lion et l’Ordre du Mérite, la Nation sénégalaise a rendu hommage à des femmes et des hommes dont les parcours professionnels et citoyens forcent le respect. Ces distinctions viennent consacrer des trajectoires marquées par le sens élevé du devoir, la loyauté envers les institutions de la République, l’intégrité morale et un engagement constant au service de l’État et du bien commun.

Dans une atmosphère empreinte de solennité, cette cérémonie a mis en lumière des profils issus de divers horizons, tous unis par la même exigence d’exemplarité et de dévouement. Pour la Présidence, il s’agit de reconnaître publiquement la valeur du travail bien accompli et de rappeler que le mérite demeure un principe fondamental de l’action publique.

La Présidence de la République souligne par ailleurs que cette rencontre a constitué un moment fort de réaffirmation des valeurs républicaines. Elle a rappelé que l’éthique, la responsabilité et la reconnaissance du mérite sont les piliers sur lesquels repose une République forte, digne et résolument tournée vers l’avenir.

Affaire Aziz Dabala : le chanteur Tarba Mbaye libéré après son audition, mais reste sous convocation

Entendu ce vendredi par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), le chanteur Tarba Mbaye a quitté les locaux de la police après plusieurs heures d’audition dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre des danseurs Aziz Dabala et Wally. S’il a recouvré la liberté, l’artiste n’est toutefois pas totalement tiré d’affaire, puisqu’il a été libéré sous convocation et devra se présenter de nouveau devant les enquêteurs le lundi 21 décembre 2025.

Selon des sources proches du dossier, Tarba Mbaye a été longuement interrogé sur ses liens avec les victimes, le contexte des faits ainsi que sur certains éléments jugés sensibles par les enquêteurs. Son audition s’inscrit dans la poursuite des investigations menées par la DIC afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame qui continue de bouleverser le milieu artistique sénégalais.

À ce stade de la procédure, aucune charge formelle n’a été retenue contre le chanteur. Sa remise en liberté indique que les enquêteurs n’ont pas estimé nécessaire de le placer en garde à vue prolongée. Toutefois, sa convocation pour une nouvelle audition laisse entendre que les investigations se poursuivent activement et que certains points restent à clarifier.

L’affaire du meurtre d’Aziz Dabala et de Wally demeure entourée de nombreuses zones d’ombre. Les enquêteurs multiplient les auditions et les recoupements d’informations afin d’identifier les auteurs et les éventuels complices, mais aussi de comprendre le mobile exact de ce crime qui a profondément choqué l’opinion publique.

Tournée économique en Casamance : Bassirou Diomaye Faye attendu à Ziguinchor pour une visite hautement symbolique

Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Ziguinchor pour une étape qui s’annonce particulièrement marquante. Selon le journaliste Madiambal Diagne, le chef de l’État prévoit une visite auprès de la mère du leader politique Ousmane Sonko, un geste fort qui devrait retenir l’attention de l’opinion publique nationale.

Cette rencontre, à haute portée symbolique, s’inscrit dans un contexte politique et social où les signaux d’apaisement, de dialogue et de rapprochement occupent une place centrale dans l’action du nouveau pouvoir. En rendant visite à la mère d’Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique sénégalaise et originaire de la Casamance, le président Diomaye Faye entend poser un acte de considération humaine et politique, au-delà des clivages et des tensions passées.

La tournée économique du chef de l’État en Casamance a pour objectif principal d’évaluer l’état d’avancement des projets structurants, d’identifier les besoins prioritaires des populations et d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement local. Agriculture, pêche, infrastructures, emploi des jeunes et autonomisation des femmes figurent parmi les secteurs clés qui seront au cœur des échanges avec les autorités locales, les acteurs économiques et les communautés de base.

À Ziguinchor, cette visite revêt également une dimension particulière en raison du rôle historique et stratégique de la région dans l’équilibre national. Longtemps confrontée à des difficultés économiques et à des enjeux de paix durable, la Casamance demeure une priorité pour les nouvelles autorités, qui affichent leur volonté de bâtir un développement inclusif et équitable.

Affaire Farba Ngom : Tahirou Sarr disculpe le député-maire devant le Pool judiciaire financier

Ce mardi, le dossier impliquant Farba Ngom a connu un nouveau développement au Pool judiciaire financier (PJF), où le député-maire a été entendu par le juge d’instruction. Cette audition intervient dans le cadre de l’enquête portant sur des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics, pour lesquels Farba Ngom et Tahirou Sarr ont été placés sous mandat de dépôt.

Selon les déclarations de Me Baboucar Cissé, avocat de la défense, l’audition de Farba Ngom a été précédée de celle de Tahirou Sarr. Ce dernier a été longuement entendu sur les faits qui leur sont reprochés. D’après l’avocat, cette première audition aurait permis d’éclairer le juge d’instruction sur la nature réelle des transactions mises en cause dans ce dossier.

Face au magistrat instructeur, Tahirou Sarr a formellement mis hors de cause Farba Ngom. Me Baboucar Cissé soutient que l’ensemble des faits reprochés repose exclusivement sur des transactions immobilières parfaitement identifiées et documentées. Les preuves de ces opérations auraient été produites par Tahirou Sarr lui-même, démontrant, selon la défense, qu’il ne s’agit nullement d’un détournement de deniers publics.

« Il n’y a pas eu de détournement de deniers publics, il n’y a eu absolument rien du tout », a martelé l’avocat devant la presse, insistant sur l’absence de toute infraction pénale dans les opérations concernées. Il affirme que les éléments versés au dossier établissent clairement la traçabilité et la légalité des transactions incriminées.

Me Baboucar Cissé est également revenu sur les montants évoqués dans cette affaire. Alors que l’accusation ferait état d’un préjudice estimé à 125 milliards de francs CFA, Tahirou Sarr aurait, selon la défense, justifié des opérations portant sur un montant global de 236 milliards de francs CFA. Ces justifications auraient été accompagnées de pièces probantes versées au dossier, renforçant la position de la défense.

Pour l’avocat, ces éléments constituent une démonstration supplémentaire de l’inexistence des faits d’escroquerie allégués et confirment, à ses yeux, l’innocence de Farba Ngom. L’enquête se poursuit néanmoins au niveau du Pool judiciaire financier, où le juge d’instruction devra apprécier l’ensemble des déclarations et des pièces produites avant de tirer les conséquences judiciaires qui s’imposent.

Affaire Soya Diagne : le juge accorde une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar a rendu, ce jour, une ordonnance de liberté provisoire en faveur du journaliste Soya Diagne, actuellement placé sous mandat de dépôt. Cette décision marque une évolution notable dans la procédure judiciaire en cours, même si elle demeure encadrée par des conditions particulièrement strictes.

Incarcéré depuis le 16 octobre dernier, Soya Diagne pourrait ainsi quitter prochainement sa cellule. Le magistrat instructeur a en effet estimé opportun de lui accorder une liberté provisoire, assortie toutefois de l’obligation de porter un bracelet électronique. Cette mesure vise à garantir sa disponibilité pour la suite de l’instruction tout en permettant un aménagement de sa détention.

Si cette ordonnance constitue une première avancée significative pour la défense du journaliste, sa mise en œuvre effective n’est pas encore acquise. La sortie de Soya Diagne reste en effet suspendue à la position du ministère public. Conformément aux dispositions légales, le Procureur de la République dispose d’un délai de six jours pour interjeter appel de cette décision. En l’absence d’un recours du parquet dans ce délai, la liberté provisoire deviendra effective et le journaliste pourra recouvrer la liberté, sous les conditions fixées par le juge.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition par le Doyen des juges d’instruction au mois d’octobre. Il est poursuivi dans le cadre de cette affaire pour diffusion de fausses nouvelles ainsi que pour discours contraire aux bonnes mœurs. L’instruction se poursuit donc, tandis que cette ordonnance de liberté provisoire ouvre une nouvelle phase dans un dossier qui continue de susciter l’attention de l’opinion publique et du monde des médias.

Tivaouane Peulh Nord : l’enquête sur les démolitions massives entre dans une phase décisive

L’enquête judiciaire ouverte à la suite des démolitions massives survenues à Tivaouane Peulh Nord entre le 10 et le 12 décembre 2025 entre dans une phase déterminante. Après le choc et l’indignation provoqués par la destruction de centaines d’habitations et de chantiers en cours, la justice s’emploie désormais à établir les responsabilités dans ce que les victimes dénoncent comme une opération menée en dehors de tout cadre légal.

Depuis plusieurs jours, les auditions se multiplient à la Section de Recherches de la Gendarmerie de Colobane. Les enquêteurs cherchent à reconstituer la chaîne de décision ayant conduit à ces démolitions d’une ampleur rare, exécutées sous la protection d’un important dispositif sécuritaire. Selon des sources proches du dossier, la journée d’hier a été marquée par l’audition du Directeur général de la Société immobilière de promotion et de résidence du Sénégal (SIPRES), ainsi que de son Directeur juridique. Leur comparution vise à éclairer le rôle exact de cette structure dans l’opération, notamment en ce qui concerne la base juridique invoquée pour justifier les destructions.

Parallèlement, les collectifs de victimes ont également été entendus. Ces derniers sont venus porter la voix de centaines de propriétaires qui affirment avoir tout perdu en quelques heures. Terrains aménagés, fondations, maisons en construction et bâtiments à étages quasiment achevés ont été réduits en gravats. Pour ces familles, souvent modestes, ces constructions représentaient l’investissement de toute une vie, parfois réalisé au prix de sacrifices considérables. Lors de leurs auditions, elles ont insisté sur l’absence totale de notification préalable, affirmant n’avoir reçu ni sommation, ni décision administrative formelle les informant d’une quelconque démolition imminente.

La procédure judiciaire devrait connaître une nouvelle accélération ce mercredi avec les auditions annoncées de hauts responsables de la Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DSCOS). Le Directeur général de cette structure, Demba Traoré, est attendu devant les enquêteurs, tout comme le Commandant Youssou Sané, Directeur général adjoint, présenté comme le responsable ayant supervisé les opérations sur le terrain. Ces auditions sont particulièrement attendues, dans la mesure où la DSCOS est au cœur du dispositif étatique chargé de la gestion et du contrôle de l’occupation foncière.

Pour rappel, entre le 10 et le 12 décembre 2025, Tivaouane Peulh Nord a offert un spectacle de désolation. Dès les premières heures, des engins lourds ont investi la zone, escortés par des forces de sécurité en nombre, empêchant toute tentative d’opposition ou de récupération de biens. En l’espace de trois jours, des centaines de constructions ont été méthodiquement rasées, sans distinction apparente entre de simples débuts de chantier et des maisons presque prêtes à être habitées.

Face à cette situation, la colère et l’incompréhension demeurent vives chez les populations affectées. Elles réclament non seulement que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles ces démolitions ont été ordonnées et exécutées, mais aussi que les responsabilités soient clairement situées et que réparation leur soit accordée. L’enquête en cours, désormais entrée dans une phase cruciale, est donc très attendue, tant par les victimes que par l’opinion publique, soucieuse de voir le droit de propriété et les procédures légales respectés.

Diomaye : le président n’est là que pour une période… Aujourd’hui c’est moi, demain ce sera peut-être le Premier ministre, Inch’Allah.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi 16 décembre 2025 au soir, son souhait de voir un jour le Premier ministre, Ousmane Sonko, lui succéder à la tête de l’État. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre tenue au Palais présidentiel avec les pupilles de la Nation, composés notamment d’enfants de victimes de catastrophes ainsi que de militaires et paramilitaires décédés en mission.

Dans une atmosphère empreinte de solennité et de pédagogie, le chef de l’État a tenu à rappeler aux jeunes visiteurs que le Palais présidentiel n’est pas un lieu réservé à une élite, mais un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « C’est notre palais à nous tous », a-t-il affirmé d’emblée, insistant sur le caractère républicain et accessible des institutions de la République.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite souligné la nature temporaire de la fonction présidentielle, évoquant la continuité démocratique qui a marqué l’histoire politique du Sénégal. Il a cité ses prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, pour illustrer l’alternance au sommet de l’État. « Le président n’est là que pour une période. Aujourd’hui, je suis là. Demain, ce sera peut-être Ousmane Sonko, je prie pour cela », a-t-il déclaré, en présence du Premier ministre, suscitant une vive attention parmi l’assistance.

Cette prise de parole, relayée à travers une courte vidéo d’environ deux minutes publiée sur la page Facebook de la Présidence de la République, a également été l’occasion pour le chef de l’État d’adresser un message d’encouragement aux enfants. Il les a exhortés à s’investir pleinement dans le travail et les études, qu’il a présentés comme le « secret de la réussite », les invitant à croire en leurs capacités et en leur avenir.

La visite des pupilles de la Nation s’inscrit dans le cadre d’une initiative portée par la Présidence de la République, visant à ouvrir deux fois par semaine les portes du Palais présidentiel aux écoliers. À travers ces rencontres, les autorités entendent instaurer des échanges simples, chaleureux et sincères avec les enfants, dans l’objectif de marquer durablement leur imaginaire, de renforcer leur confiance en l’avenir et de les rapprocher des valeurs républicaines et citoyennes.

Par cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye affirme sa volonté de rendre les institutions plus accessibles et de transmettre aux jeunes générations le sens de l’engagement, du travail et de la responsabilité, tout en inscrivant son action dans une vision de continuité démocratique et de préparation de l’avenir du pays.

PASTEF engage une vaste offensive militante : Ousmane Sonko fixe le cap pour une massification et un ancrage citoyen renforcés

Le président du parti PASTEF-les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé ce 15 décembre 2025 une instruction majeure destinée à l’ensemble des structures, responsables et militants du parti. À travers l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, le leader des Patriotes entend engager le parti dans une nouvelle phase de consolidation organisationnelle, de massification militante et d’ancrage citoyen, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.
Dans son adresse, Ousmane Sonko revient d’abord sur le grand rassemblement du 8 novembre 2025, qu’il qualifie de moment historique. Selon lui, cette mobilisation populaire a confirmé l’attachement profond des Sénégalais au projet politique de PASTEF et rappelle la lourde responsabilité qui incombe désormais au parti. Pour le président de PASTEF, l’heure n’est plus seulement à la conquête du pouvoir, mais à l’exemplarité, à la discipline et à l’enracinement durable au sein des populations.
Dans cette dynamique, le président du parti affirme que PASTEF doit rester le parti politique le plus structuré, le plus vivant et le plus proche des citoyens, fidèle aux idéaux de justice, d’éthique et de transformation qui ont fondé son combat. L’instruction engage ainsi toutes les structures du parti, au Sénégal comme dans la diaspora, à s’inscrire dans une mobilisation politique, sociale et citoyenne permanente.
Parmi les priorités fixées figure la massification du parti. Ousmane Sonko assigne à PASTEF l’objectif ambitieux d’atteindre un million de militants identifiés et actifs d’ici fin 2026. Cette dynamique devra s’appuyer sur une base de données militante fiable et régulièrement mise à jour, ainsi que sur des campagnes d’adhésion organisées dans toutes les communes, les universités, les lieux de travail et les pays de la diaspora. À cet effet, la reprise officielle du placement et de la vente des cartes de membre est annoncée pour janvier 2026, sous la supervision de la Commission nationale compétente.
Le renforcement de la structuration de proximité constitue un autre pilier central de l’instruction. Le président de PASTEF insiste sur le rôle stratégique des cellules, appelées à devenir le cœur battant du parti. L’objectif est de créer ou de redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles à travers les 46 départements, les 557 communes et la diaspora. Ces cellules devront être à la fois des espaces d’éducation politique, de participation citoyenne, de solidarité, d’actions sociales et de mobilisation permanente à l’écoute des populations.
Sur le plan interne, Ousmane Sonko met également l’accent sur la redynamisation organique et la cohésion du parti. Il appelle à la tenue régulière des réunions statutaires, à l’élaboration de plans d’action trimestriels et à la production obligatoire de rapports mensuels d’activités. Toutes les coordinations, sections et structures nationales, y compris celles de la diaspora, sont invitées à relancer pleinement leurs activités. Les mouvements nationaux, notamment ceux des jeunes, des femmes, des enseignants, des aînés, des cadres, des artisans, des daaras et des personnes vivant avec un handicap, devront être dynamisés dans le strict respect de leurs règlements intérieurs et de la discipline du parti.
Au-delà de l’organisation politique, le président de PASTEF rappelle que le parti est aussi une force sociale et citoyenne. Dans cet esprit, chaque structure est appelée à mener régulièrement des actions concrètes au service des populations. Il s’agit notamment d’initiatives en faveur de la santé publique, de la solidarité, de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie, de la promotion de l’éthique publique et de la lutte contre la corruption. La solidarité sociale, l’accompagnement des familles vulnérables, le soutien scolaire bénévole et le mentorat figurent également parmi les axes jugés essentiels pour renforcer l’ancrage populaire du parti.
La sensibilisation politique de proximité occupe une place importante dans cette instruction. Ousmane Sonko invite les militants à intensifier les causeries communautaires, les cercles de dialogue et les panels populaires, mais aussi à instaurer un porte-à-porte hebdomadaire. L’objectif est double : expliquer les réformes engagées dans le cadre de la transformation nationale et recueillir directement les préoccupations des citoyens.
Le président du parti insiste par ailleurs sur la responsabilité particulière des députés, élus locaux, cadres et membres du Conseil national. Ces derniers sont appelés à être présents aux côtés de la base militante, à accompagner les structures locales, à participer activement aux actions citoyennes et à faire preuve de disponibilité, d’humilité et de solidarité. Pour Ousmane Sonko, la cohésion entre dirigeants, élus et militants constitue une condition essentielle de la réussite politique et sociale de PASTEF.
Enfin, l’instruction prévoit un dispositif rigoureux de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Les coordinations et sections sont invitées à élaborer sans délai des plans d’action départementaux et communaux, à établir un calendrier d’activités et à transmettre des rapports mensuels. Un mécanisme spécial de suivi-évaluation est mis en place au sein du cabinet du président du parti, tandis que des missions de supervision seront déployées sous la responsabilité du Secrétariat général.
En conclusion, Ousmane Sonko appelle l’ensemble des patriotes à redoubler d’engagement, de discipline et de proximité avec les populations. Pour lui, la transformation nationale ne peut réussir que si le parti reste mobilisé, structuré, solidaire et profondément enraciné dans le vécu quotidien des Sénégalais. Il exhorte chaque structure et chaque militant à s’approprier pleinement cette instruction, qu’il érige désormais en priorité stratégique du parti.

Menace de boycott de la tournée du Président Diomaye : son directeur de cabinet temporise et clarifie les enjeux

Face aux appels au boycott visant la tournée économique que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à effectuer dans le Sud du pays, le directeur de cabinet du chef de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro, est monté au créneau pour apporter des clarifications et désamorcer les tensions. Intervenant sur les ondes de la RFM, il a tenu à réaffirmer la portée essentiellement économique et institutionnelle de cette visite présidentielle, prévue du 20 au 25 décembre 2025 en Casamance.

Selon Ousmane Abdoulaye Barro, cette tournée s’inscrit pleinement dans la dynamique de gouvernance de proximité voulue par le chef de l’État et dans la mise en œuvre progressive de la Vision Sénégal 2050. Le Président Diomaye Faye, a-t-il expliqué, ira à la rencontre des populations et surtout sur le terrain pour constater l’état d’avancement de projets structurants, visiter des chantiers en cours de réalisation et évaluer l’impact d’infrastructures déjà livrées. Pour le directeur de cabinet, il est essentiel de recentrer le débat sur la finalité première de ce déplacement présidentiel. « Le cœur de cette tournée, c’est l’économie », a-t-il insisté, soulignant que l’objectif est avant tout de répondre aux préoccupations concrètes des populations du Sud en matière de développement, d’investissements et d’opportunités économiques.

Abordant la question des tensions et des divergences au sommet de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro n’a pas cherché à les minimiser. Il a reconnu l’existence de désaccords entre le président de la République et son Premier ministre, tout en appelant à une lecture apaisée et responsable de la situation. Selon lui, les divergences d’opinions sont inhérentes à toute vie politique et peuvent même, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuer à enrichir le débat public et à améliorer la prise en charge des attentes des citoyens, notamment celles des populations du Sud.

Le directeur de cabinet a toutefois admis le caractère délicat, voire prématuré, de ces dissensions. « C’est inquiétant », a-t-il concédé, estimant que ces divergences apparaissent trop tôt, au sein d’une formation politique et d’une coalition qui ont mené un long combat pour accéder au pouvoir. Il a rappelé que le régime actuel n’a pas encore un an d’exercice, jugeant donc nécessaire de préserver la cohésion et la stabilité afin de se concentrer sur les urgences économiques et sociales du pays.

S’adressant plus particulièrement aux militants et sympathisants de Pastef, Ousmane Abdoulaye Barro a tenu à se montrer rassurant. Il a expliqué que la divergence évoquée publiquement par le Premier ministre porte essentiellement sur des questions d’orientation et de gouvernance interne de la coalition « Diomaye Président ». À ce sujet, il a révélé qu’un processus de réflexion et de réorganisation est actuellement en cours afin de clarifier les rôles, de renforcer la cohésion et d’assurer une meilleure articulation entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Se disant confiant, il a affirmé être optimiste quant à l’issue de ce travail, qu’il estime nécessaire pour consolider les bases politiques du pouvoir en place.

En toile de fond, le directeur de cabinet a appelé à ne pas instrumentaliser la tournée présidentielle à des fins politiques. Pour lui, les enjeux de développement de la Casamance, région longtemps confrontée à des défis économiques et sociaux spécifiques, doivent transcender les querelles internes et les considérations partisanes. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, afin que cette tournée soit un moment d’écoute, de dialogue et d’impulsion économique au bénéfice des populations locales.

Prévue du 20 au 25 décembre 2025, la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance se veut donc, selon la Présidence, un acte fort de gouvernance de proximité et un signal politique en faveur du développement territorial équilibré. Malgré les tensions actuelles, le chef de l’État entend maintenir le cap, convaincu que l’économie et le bien-être des populations doivent rester au-dessus des divergences politiques.

Affaire des ressortissants sénégalais en France : le ministère de la Justice répond aux propos de l’ambassadrice Christine Fages

Le ministère de la Justice est sorti de sa réserve ce lundi 15 décembre 2025 pour apporter des éclaircissements à la suite des déclarations jugées « polémique » de l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, relatives à une affaire impliquant deux ressortissants sénégalais poursuivis pour des faits présumés de corruption et de détournement de deniers publics.

Dans un communiqué officiel, la Chancellerie sénégalaise tient d’abord à rappeler le cadre strictement judiciaire dans lequel s’inscrivent les échanges entre Dakar et Paris. Le ministère indique en effet que le ministère français de la Justice a récemment adressé un courrier aux autorités judiciaires sénégalaises, sollicitant la transmission d’informations déjà versées au dossier et qui avaient, précise-t-il, « dûment été communiquées par le magistrat en charge de la procédure ».

Par souci de respect des accords de coopération judiciaire liant le Sénégal et la France, les autorités judiciaires sénégalaises se disent disposées à transmettre à nouveau les éléments demandés, bien que ces informations aient déjà été officiellement communiquées dans les formes requises. Le ministère de la Justice souligne que cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre des engagements internationaux librement consentis par les deux États et ne traduit en aucun cas une volonté de créer une tension diplomatique.

Toutefois, la Chancellerie sénégalaise a tenu à lever toute ambiguïté concernant certaines interprétations relayées dans l’espace public. Elle précise qu’il ne saurait être question de pressions exercées sur la justice française. Il s’agit, selon le communiqué, de « l’exercice légitime par un État souverain du principe de réciprocité dans ses relations judiciaires internationales », un principe reconnu et appliqué dans les coopérations entre États liés par des conventions judiciaires.

Le ministère de la Justice se montre en revanche plus critique sur la posture adoptée par l’ambassadrice de France. Il estime que certaines de ses déclarations tendant à relativiser la gravité des faits reprochés aux deux ressortissants sénégalais concernés pourraient être perçues comme « un jugement de valeur regrettable ». Pour les autorités sénégalaises, les accusations de corruption et de détournement de fonds publics constituent des infractions d’une extrême gravité, tant au regard du droit pénal que des principes de bonne gouvernance.

Selon la Chancellerie, une telle prise de position est susceptible de remettre en cause les principes universels de transparence, de redevabilité et de lutte contre l’impunité, auxquels le Sénégal affirme être profondément attaché. Elle pourrait également être interprétée comme une forme d’ingérence dans une affaire que les autorités sénégalaises considèrent comme d’une importance majeure pour l’État et pour la crédibilité de son système judiciaire.

À travers ce communiqué, le ministère de la Justice réaffirme ainsi sa détermination à défendre l’indépendance de la justice sénégalaise, tout en maintenant une coopération judiciaire fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et l’égalité de traitement dans la lutte contre la criminalité financière. Cette mise au point vise aussi à rassurer l’opinion publique nationale sur la fermeté des autorités face aux infractions économiques, quel que soit le pays où se trouvent les personnes mises en cause.

Saint-Louis : 96 migrants secourus en mer lors d’une opération coordonnée des forces de sécurité

La Marine nationale sénégalaise a procédé, dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025, au sauvetage de 96 migrants en détresse au large de Saint-Louis. L’opération s’est déroulée dans un contexte de vigilance renforcée le long de la façade maritime nord du pays, régulièrement empruntée par des embarcations de fortune à destination de l’Europe.

L’intervention a été menée en étroite coordination avec plusieurs services de sécurité et de secours, notamment la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers, la Direction de la Police de l’Air et des Frontières ainsi que la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants. Alertées par des informations faisant état d’une embarcation en difficulté en haute mer, les unités engagées ont rapidement déployé les moyens nécessaires pour localiser et secourir les occupants.

Selon les premières informations communiquées par les autorités, les 96 migrants se trouvaient à bord d’une pirogue surchargée, exposée à de graves risques en raison des conditions de navigation nocturnes et de l’état de la mer. Grâce à l’intervention rapide des équipes de la Marine nationale, tous les passagers ont pu être récupérés sains et saufs, évitant ainsi un nouveau drame migratoire au large des côtes sénégalaises.

Après leur sauvetage, les personnes secourues ont été acheminées vers la terre ferme, puis confiées aux services compétents pour leur prise en charge. Des dispositions ont été prises afin de leur fournir une assistance médicale, un accompagnement humanitaire et un encadrement administratif, conformément aux procédures en vigueur.

Cet énième épisode met une nouvelle fois en lumière la persistance du phénomène de la migration irrégulière au départ du Sénégal, en particulier depuis la région nord. Malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés, de nombreux candidats à l’émigration continuent de tenter la traversée maritime, souvent au péril de leur vie.

Les autorités sénégalaises rappellent régulièrement les dangers liés à ces voyages clandestins et réaffirment leur engagement à lutter contre les réseaux de passeurs, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de protection des personnes vulnérables. L’opération menée au large de Saint-Louis illustre, selon les services de sécurité, la détermination de l’État à sauver des vies humaines et à endiguer le trafic de migrants sur l’ensemble du territoire national.

Budget 2026 : les Charges non réparties en hausse pour soutenir les investissements structurants de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’année 2026, adopté récemment à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges non réparties (CNR), un ensemble de dépenses stratégiques gérées par le ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et à la mise en œuvre de ses grandes priorités économiques et sociales.

Pour l’exercice 2026, les Crédits de paiement destinés aux Charges non réparties enregistrent une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à 2025. Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de renforcer les moyens consacrés à des dépenses transversales qui ne peuvent être imputées directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans l’effort global de développement.

La dotation globale des Charges non réparties s’élève ainsi à 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’engagement et à 487 943 504 598 FCFA en Crédits de paiement. Ces ressources servent à financer des interventions d’envergure, allant du fonctionnement de l’appareil budgétaire de l’État aux investissements structurants, en passant par le soutien opérationnel aux différents départements ministériels.

Sur le volet du fonctionnement, les Charges non réparties couvrent notamment la mise en œuvre des réformes budgétaires, le paiement des agences de notation financière, la préparation et l’exécution du budget de l’État ainsi que le suivi des opérations financières majeures. Ces dépenses, bien que souvent peu visibles, sont jugées indispensables à la crédibilité financière du pays et à la bonne gouvernance des finances publiques.

La composante investissement constitue toutefois le principal moteur de la hausse observée en 2026. Les investissements exécutés par l’État dans le cadre des Charges non réparties connaissent une évolution remarquable, estimée à plus de 251 milliards de FCFA. Cette enveloppe est principalement orientée vers le paiement des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures, ainsi que vers la réalisation de projets d’infrastructures majeurs. Il s’agit notamment des chantiers inscrits dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), deux événements d’envergure internationale pour lesquels le Sénégal s’est engagé à livrer des infrastructures aux standards requis.

Les Charges non réparties assurent également un rôle de soutien direct aux ministères à travers la prise en charge de certaines dépenses permanentes de l’administration, comme l’eau et l’électricité, la constitution de réserves de gestion pour le fonctionnement et l’investissement, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrites les provisions relatives aux garanties et avals accordés par l’État.

Malgré cette hausse globale, certaines lignes de dépenses ont connu une rationalisation. Les dépenses de personnel ont été revues à la baisse grâce à une meilleure programmation, tandis que certains crédits, à l’image de ceux dédiés à la modernisation de la gestion des finances publiques, n’ont pas été renouvelés, les autorités estimant qu’ils sont désormais mieux ciblés et intégrés dans d’autres programmes.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, un effort de relocalisation des dépenses a également été entrepris. Des structures telles que la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ont vu leurs crédits transférés à la Présidence de la République. Cette démarche vise à clarifier la présentation des finances publiques et à renforcer le suivi des dépenses transversales.

Face aux interrogations exprimées par plusieurs députés sur les critères d’allocation et d’utilisation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget s’est engagé à transmettre au Parlement un document détaillé afin de faciliter le contrôle et l’évaluation de ces crédits. Un engagement destiné à rassurer sur la gouvernance des Charges non réparties, souvent perçues comme un poste budgétaire sensible.

En dépit de ces débats, l’Assemblée nationale a finalement adopté la dotation des Charges non réparties pour l’année 2026. Ce vote valide une orientation budgétaire résolument tournée vers le soutien aux investissements structurants, la préparation des grands événements internationaux et la consolidation des fonctions transversales de l’État, dans un contexte économique et financier marqué par de fortes contraintes.

Assemblée nationale : Yassine Fall promet de « réconcilier la Justice avec le peuple »

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a réaffirmé ce jeudi 11 décembre son ambition de « réconcilier la Justice avec le peuple », en portant un ensemble de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système judiciaire et les conditions de détention. Elle s’exprimait devant les députés à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation et de la défense de son projet de budget pour l’exercice 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes.

Dès l’ouverture des débats, la surpopulation carcérale s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles. Plusieurs parlementaires ont décrit des conditions de détention « extrêmement dégradantes », qu’ils estiment contraires à la dignité humaine et révélatrices d’un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire. Les cas les plus préoccupants concernent les prisons de Rebeuss, de Kolda et de Ziguinchor. La situation à Rebeuss, en particulier, a suscité l’indignation : la maison d’arrêt accueille aujourd’hui 3 492 personnes, alors qu’elle n’a été conçue que pour en recevoir 1 300, soit près du triple de sa capacité.

Les députés ont également dénoncé les lenteurs judiciaires, le manque criant de magistrats et l’insuffisance du nombre d’éducateurs spécialisés, responsables de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ils ont rappelé que le Sénégal ne dispose actuellement que d’un éducateur pour 63 enfants, un ratio très éloigné de la norme internationale qui en recommande un pour sept. Pour remédier à ces dysfonctionnements, ils ont plaidé pour des recrutements massifs et ont insisté sur l’urgence de créer de nouveaux cabinets d’instruction dans des zones à forte pression démographique telles que Pikine-Guédiawaye, Mbour et Kaolack.

Interpellée sur ces multiples défis, Yassine Fall a assuré que ces préoccupations la touchent « au plus haut point ». Reconnaissant l’urgence d’agir, elle a annoncé la construction prochaine d’infrastructures pénitentiaires majeures, notamment un nouveau camp pénal à Sébikotane et une maison d’arrêt à Fatick, qui devraient offrir à terme une capacité supplémentaire de 3 000 places. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à désengorger les prisons, mais aussi à garantir des conditions de détention plus humaines et conformes aux standards internationaux.

La ministre a également évoqué des mesures immédiates, parmi lesquelles la limitation de la durée des mandats de dépôt, souvent pointés du doigt comme l’une des causes principales de la détention préventive prolongée. Elle a par ailleurs laissé entendre qu’une grâce exceptionnelle pourrait être envisagée pour apaiser la pression sur les établissements pénitentiaires. Concernant le dispositif de surveillance électronique, elle a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition des bracelets, un dossier jugé opaque et source de nombreuses interrogations.

En clôturant sa prise de parole, Yassine Fall a assuré que son département est engagé dans une dynamique de réforme profonde, portée par la volonté d’instaurer une justice plus rapide, plus accessible et véritablement au service des citoyens. Elle a affirmé que la réconciliation entre les Sénégalais et leur justice passe par une transparence accrue, des investissements ciblés et une volonté politique ferme. Reste désormais à voir si les mesures annoncées seront mises en œuvre dans les délais et permettront de répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante sur ces questions.

Incendie au marché central de Kaolack : plusieurs ateliers de menuiserie réduits en cendres, d’importants dégâts enregistrés

Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi au jeudi au marché central de Kaolack, ravageant plusieurs ateliers de menuiserie de bois et plongeant les acteurs du secteur dans la consternation. Le feu, qui s’est déclaré aux premières heures de la nuit, a entièrement consumé une large partie de cette zone particulièrement vulnérable du marché.

Selon les informations recueillies auprès de la 31ᵉ compagnie d’incendie et de secours, les sapeurs-pompiers ont été alertés à 01h40, alors que les flammes embrasaient déjà une superficie estimée à près de 700 m². Conduite par le capitaine Mamadou Yahya Mané, l’équipe d’intervention s’est rapidement déployée pour tenter de circonscrire le sinistre dans une zone dense où les matériaux hautement inflammables, notamment le bois, favorisent une propagation rapide du feu.

Le capitaine Mané a indiqué qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée, un soulagement majeur pour les commerçants comme pour les autorités. Toutefois, les dégâts matériels sont extrêmement lourds. Plusieurs ateliers ont été totalement réduits en cendres, avec des machines, outils, stocks de bois et œuvres en cours de fabrication entièrement détruits. Pour de nombreux artisans, c’est le travail de plusieurs années qui a été balayé en quelques heures.

La violence du feu a nécessité une mobilisation importante de moyens. Les soldats du feu ont utilisé un fourgon pompe-tonne (FPT), un camion-citerne grande capacité (CCGC) ainsi qu’un véhicule d’intervention léger (VIL) pour maîtriser les flammes et éviter leur propagation à d’autres secteurs du marché, très fréquenté et constitué en grande partie de structures en matériaux combustibles. Leur intervention rapide a permis de limiter la catastrophe, même si les pertes économiques restent considérables.

Pour l’heure, l’origine du sinistre demeure inconnue. Une enquête sera probablement ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, alors que certains commerçants évoquent déjà des pistes allant du court-circuit électrique aux actes d’imprudence en fin de journée. Ce nouvel épisode relance également le débat sur la sécurité dans les marchés au Sénégal, régulièrement touchés par des incendies meurtriers ou dévastateurs, souvent liés à des installations électriques vétustes ou à l’absence de dispositifs de prévention adaptés.

Au lendemain du drame, les commerçants sinistrés s’organisent pour évaluer l’étendue des pertes et espèrent un soutien rapide des autorités locales et nationales. Le marché central de Kaolack, l’un des plus importants de la région, reste sous haute surveillance, alors que les sapeurs-pompiers continuent de sécuriser la zone pour prévenir toute reprise de feu.

Université de Dakar : les étudiants menacent de reprendre la grève si les engagements ne sont pas tenus

La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.

Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.

C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.

Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.

En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.

Bourses universitaires : le paiement des réclamations de l’année académique 2024-2025 démarre ce vendredi

Les étudiants concernés peuvent enfin souffler. La Direction des Bourses a annoncé ce jeudi le démarrage du paiement des réclamations portant sur les mois de novembre 2024 à septembre 2025. Cette opération, très attendue par de nombreux étudiants ayant rencontré des difficultés de paiement, débutera officiellement ce vendredi 12 décembre 2025.

Selon le communiqué rendu public, ce paiement ne concerne que les étudiants déjà inscrits sur les états de paiement des mois concernés, mais qui n’avaient pas pu percevoir leur bourse à cause de différentes anomalies administratives. Parmi les problèmes signalés figurent des erreurs de filiation, des changements ou fautes dans les numéros de téléphone, des codes expirés ou encore d’autres dysfonctionnements qui avaient bloqué la réception des allocations.

La Direction des Bourses invite les étudiants concernés à vérifier leurs informations et à se rapprocher des services compétents pour toute précision complémentaire. Le lancement de cette opération vise à régulariser une situation qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein des établissements d’enseignement supérieur, où plusieurs étudiants avaient exprimé leur frustration face aux retards cumulés.

Communiqué du Conseil des ministres du 11 décembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Stabilisation et transformation consensuelle du secteur de l’Enseignement supérieur
Monsieur le Président de la République souligne, à l’entame de sa communication, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement du système d’enseignement supérieur. A ce titre, il demande au Premier Ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur. Il instruit également les Ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures, de finaliser l’évaluation globale de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et de faire, pour chaque université publique, l’état de prise en charge des besoins ainsi que la situation des chantiers concernant les infrastructures académiques et sociales. Pour adapter les formations aux besoins de l’économie nationale, le Chef de l’Etat indique la nécessité de développer la digitalisation des enseignements et travaux de recherche, de renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et de développer les Espaces numériques ouverts (ENO) ainsi que les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP).

Après avoir relevé que le défi du système éducatif demeure l’employabilité des apprenants et étudiants, le Président de la République invite à réfléchir au financement soutenu, durable et innovant de l’Enseignement supérieur. Afin de retracer l’exhaustivité des ressources et dépenses de l’enseignement supérieur, il prescrit de faire, pour chaque université publique, l’audit systématique des dépenses et des ressources et d’engager les vérifications administratives et financières nécessaires des fonctions de services dans les universités et Centres des œuvres universitaires et sociales. Le Chef de l’Etat demande, enfin, au Premier Ministre de lui faire parvenir un Plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.

Rénovation du système national de recherche et promotion de l’innovation

Le Président de la République considère la recherche scientifique et l’innovation technologique comme des catalyseurs de l’industrialisation et du développement d’une économie arrimée aux secteurs et filières moteurs. A cet effet, il demande au Premier Ministre de renforcer les structures nationales de recherche et les écoles d’ingénieurs, afin de former des chercheurs et ingénieurs de pointe et de disposer d’un capital humain endogène, conformément à la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce sillage, il indique l’impératif de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), avec un accent particulier sur la maitrise fondamentale du numérique et des possibilités de l’intelligence artificielle.

Le Président de la République fait observer la nécessité de changement de paradigme dans les buts et le financement du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation et l’impératif de mise en œuvre d’un vaste Programme national de réalisation de laboratoires et d’équipements de recherche dans toutes les universités, écoles et instituts de formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs d’élite. A cet effet, il engage le Premier Ministre à la mise en place d’un Fonds national de Développement de la Recherche et de l’Innovation.

Réhabilitation et développement du transport ferroviaire

Considérant que l’attractivité et la valorisation des territoires reposent sur le développement des transports, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d’accentuer la mise en œuvre de la politique ferroviaire, en veillant, notamment, à la réhabilitation des Chemins de fer du Sénégal, en cohérence avec l’exploitation et l’expansion du Train Express régional.

Il instruit, outre la finalisation d’un Schéma directeur national de développement du ferroviaire, la réalisation des études requises et la recherche du financement des lignes ferroviaires validées sur un horizon décennal programmé. A cet égard, le Président de la République demande au Premier Ministre de mettre en place un Conseil national du Ferroviaire, en vue d’une maitrise stratégique et d’une meilleure coordination des projets et de leurs impacts sur la modernisation des transports terrestres, le développement territorial et l’emploi.

Mesures effectives de lutte contre la vie chère

Le Président de la République souligne l’importance qu’il accorde à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages et à la baisse significative du coût de la vie. Il se réjouit de la baisse des prix du litre du supercarburant et du gasoil ainsi que du gaz butane et demande au Premier Ministre de poursuivre les efforts consentis pour soutenir les populations les plus vulnérables et renforcer ainsi le rôle social de l’Etat, protecteur des ménages, notamment les plus pauvres.

Renforcement du rôle de la Diaspora dans la vie nationale

En tant qu’atout majeur dans la réalisation du projet inclusif et collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, la Diaspora sénégalaise contribue significativement, selon le Chef de l’Etat, au développement national et à la stabilité sociale. A ce titre, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions adéquates pour la bonne organisation de la Journée nationale de la Diaspora, qu’il présidera le 17 décembre 2025.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le mardi 09 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence MSGBC Oil, Gas and Power 2025. Il annonce qu’il prendra part, le 14 décembre 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO. En outre, il procèdera, le mercredi 17 décembre 2025, à la remise du Drapeau national à l’Equipe nationale de Football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidera, le vendredi 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux, avant de se rendre en Casamance pour la période du 20 au 25 décembre 2025, dans le cadre d’une tournée économique.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages par la nouvelle doctrine des prix des produits pétroliers et de l’énergie. Il a rappelé que le soutien aux ménages et aux petits professionnels a toujours constitué l’une des principales préoccupations du Président de la République, régulièrement exprimée à travers des directives en Conseil des Ministres. Il a rappelé la première vague de baisses des prix qui a été opérée durant l’année 2024, portant sur le sucre cristallisé, le riz brisé non parfumé, l’huile de palme, la baguette de pain et les frais de connexion à internet.

Baisse des tarifs du carburant

S’agissant de la baisse du prix du carburant, le Premier Ministre a présenté les mesures, entrées en vigueur à partir du samedi 06 décembre 2025, relatives à la révision des prix des carburants et précisé que les nouveaux tarifs constituent des plafonds réglementaires susceptibles de flexibilité. Le Premier Ministre a exposé l’impact de ces mesures, notamment sur le Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP), institué pour assurer un approvisionnement correct et régulier et la couverture des pertes commerciales découlant des importations de produits pétroliers. Ce fonds a été transformé en une taxe fiscale et les montants collectés fongibles dans le budget global.

En perspective, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de faire une analyse de l’utilisation du FSIPP, d’utiliser le surplus dudit fonds pour les éventuelles hausses du baril, de procéder à une analyse approfondie de mécanismes permettant la péréquation des prix des bouteilles de gaz butane et de démarrer, sans délai, les travaux de réforme de la loi sur le secteur aval des hydrocarbures.

Baisse des tarifs de l’électricité

En ce qui concerne la baisse de l’électricité, le Premier Ministre, après présentation des mesures prises et de leurs impacts, a donné instruction de poursuivre les travaux pour un meilleur ciblage de la subvention de l’électricité, avec les ménages vulnérables à faibles revenus inscrits dans le Registre national unique (RNU) et de mettre en place, sans délai, des mesures visant la baisse des charges d’exploitation de la SENELEC. En outre, avant de le féliciter ainsi que ses équipes, le Premier Ministre a demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines de lui soumettre un plan pour la réduction des pertes non techniques, afin de mettre fin à la fraude de l’électricité.

La baisse des prix à la consommation et la disponibilité des produits, sont corrélées aux initiatives prises par le Gouvernement, visant à procurer des revenus décents aux ménages.

Suivi du Plan de Redressement économique et social et Agenda

Le Premier Ministre a clos sa communication par la présentation des premiers résultats très positifs du Plan de Redressement économique et social (PRES) et le compte rendu de la visite de travail effectuée au Sénégal, les 09 et 10 décembre 2025, par le Ministre du Commerce extérieur des Émirats Arabes Unis, à la tête d’une forte délégation, ayant permis de nouer des partenariats d’investissements, avec la signature d’une dizaine de mémorandums d’entente dans des secteurs prioritaires.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication sur l’état d’avancement des travaux d’extension du Registre national unique (RNU), de sa mise à jour et de la re-certification du Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n°2019-413 du 30 janvier 2019 portant création du Centre de Formation judiciaire (CFJ) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

  • Monsieur Cheikh Tidiane DIOP, Inspecteur général d’Etat, matricule de solde n°516907/F, est nommé Contrôleur financier, en remplacement de Madame Marie Gaye NDIAYE, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre de la Primature

  • Madame Fatoumata MBAYE, Planificateur, matricule de solde n°607025/J, est nommée Directeur des Ressources humaines à la Primature.
  • Monsieur Sidy Mouhamed FALL, Ingénieur en Informatique, matricule de solde n°518226/F, est nommé Directeur des Systèmes d’Information à la Primature.

Au titre du Ministère de la Justice

  • Monsieur Idrissa SOW, Inspecteur 2ème classe 1er échelon de l’Administration pénitentiaire, matricule de solde n°645594/G, est nommé Directeur général adjoint de l’Administration pénitentiaire.

Au titre du Ministère des Infrastructures

  • Monsieur Alioune SENE, Ingénieur en Génie civil, matricule de solde n°763252/E, est nommé Directeur général des Infrastructures routières et du Désenclavement au Ministère des Infrastructures, en remplacement de Monsieur Mamadou Alassane CAMARA.
  • Monsieur Moustapha FALL, Ingénieur en Génie civil, est nommé Directeur général de l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal), en remplacement de Monsieur Mamadou NDAO.
  • Monsieur Cheikh DIOP, Ingénieur en Electromécanique, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du Train Express Régional (SENTER.SA), en remplacement de Monsieur Oumar BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Annulation des arrêtés du ministre de la Communication : une victoire éclatante pour la liberté de la presse

C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente des médias sénégalais. La Chambre administrative de la Cour Suprême a annulé, ce jeudi, l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication visant à instaurer une plateforme d’inscription obligatoire des organes de presse ainsi qu’une commission chargée d’examiner et de valider les entreprises de presse.

Cette décision, obtenue à la suite d’un recours introduit par le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), constitue un véritable souffle d’air pour le secteur. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une victoire éclatante pour la liberté de la presse et un rappel ferme des limites du pouvoir réglementaire de l’exécutif.

Le CDEPS, estimant que ces textes fragilisaient le pluralisme médiatique et ouvraient la voie à une régulation arbitraire, avait confié le dossier à son avocat, Me Cheikh Abdou Ndiaye. Ce dernier a obtenu gain de cause : la Cour Suprême a jugé que les arrêtés étaient dépourvus de base légale et dépassaient les compétences du ministre.

Avec cette décision, la plateforme d’enregistrement et la commission de validation sont purement et simplement annulées. Une victoire symbolique et pratique : les médias échappent à un dispositif perçu comme une entrave potentielle à leur indépendance.

Dans un contexte où les relations entre autorités publiques et acteurs médiatiques sont régulièrement traversées par des tensions, cet arrêt de la Cour Suprême réaffirme l’importance de l’État de droit et rappelle que toute réforme du secteur doit se faire dans le respect absolu des garanties constitutionnelles.

Crise de la dette au Sénégal : les risques pour l’espace civique, selon Civicus

La crise de la dette qui secoue actuellement le Sénégal pourrait compromettre les progrès récemment réalisés en matière de libertés civiles, avertit l’organisation Civicus. Selon les analystes, l’évolution de l’espace civique dépendra largement de la manière dont les autorités répondront aux éventuelles manifestations liées aux mesures économiques strictes mises en place pour stabiliser les finances publiques.

Nelson Baiye Mbu, analyste basé au Cameroun pour le Civicus Monitor, explique que l’espace civique du Sénégal avait été récemment reclassé de « réprimé » à « obstrué », reflétant une amélioration notable par rapport aux années précédentes. Cette progression avait été renforcée par la transition politique réussie du pays l’an dernier, ainsi que par l’instauration de mesures visant à tenir les responsables d’actes de violence lors de manifestations passées pour responsables. Ces initiatives avaient contribué à renforcer la confiance des citoyens dans le respect de leurs droits civiques et dans la capacité des institutions à garantir la sécurité et la liberté d’expression.

Cependant, cette situation reste fragile. Le Sénégal est confronté à une crise de la dette accentuée par la découverte, l’an dernier, de sept milliards de dollars de dettes cachées, héritées de l’ancienne administration. Cette révélation avait conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à rechercher de nouvelles solutions pour stabiliser les finances publiques. Dans ce contexte, le Sénégal doit désormais adopter des mesures d’austérité, notamment la réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer de 13,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,3 % en 2025.

Ces restrictions budgétaires, bien qu’essentielles pour la stabilité économique, risquent de provoquer des réactions de mécontentement dans la population, en particulier si elles affectent directement les conditions de vie des citoyens. Mbu souligne que les gouvernements soumis à de telles pressions peuvent considérer les manifestations comme des menaces et être tentés de restreindre le droit de réunion pacifique ou de réprimer les expressions de contestation. Il ajoute que les tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pourraient également exacerber les risques de protestations ou de divisions politiques, fragilisant davantage l’espace civique.

L’analyse de Civicus s’inscrit dans un contexte plus large de suivi des libertés publiques en Afrique. Cette année, l’organisation a reclassé le Gabon de « réprimé » à « obstrué » après une transition démocratique pacifique, tandis que Madagascar a été rétrogradé de « obstrué » à « réprimé » à la suite d’une prise de pouvoir militaire en octobre. Le Soudan et le Burundi, quant à eux, sont désormais classés « fermés ».

L’alerte de Civicus souligne la vulnérabilité de l’espace civique au Sénégal face à la combinaison d’une crise économique, de mesures d’austérité strictes et de tensions politiques. Elle rappelle l’importance pour le gouvernement d’adopter des stratégies équilibrées qui tiennent compte à la fois des impératifs financiers et de la protection des droits fondamentaux, afin de préserver la confiance des citoyens et d’éviter une régression des libertés publiques.

Marché financier de l’UMOA : le Sénégal lève 35,728 milliards de FCFA

Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.

L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.

Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.

Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.

Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.

Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.

Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.

Adoption du Budget 2026 : le ministre de l’Intérieur expose une stratégie axée sur l’ordre public, la modernisation sécuritaire et la discipline citoyenne

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a défendu ce mercredi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, dans un climat marqué par des débats soutenus avec les députés. À l’issue de sa présentation, le budget a été adopté à une large majorité. Le ministre l’a qualifié de « volontariste et réaliste », estimant qu’il s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformation structurelle portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. L’accent est mis sur le renforcement de la sécurité publique, la réorganisation de l’espace urbain et la modernisation de la sécurité civile.

L’un des points centraux de son intervention a porté sur les opérations de désencombrement menées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays. Bamba Cissé a rappelé qu’il s’agit d’actions conduites sur instruction des plus hautes autorités, destinées à rétablir l’ordre dans les espaces publics. Il a dénoncé le « laxisme » et l’« incivisme » qui, selon lui, ont permis la normalisation de pratiques illégales, notamment l’occupation anarchique des trottoirs et chaussées. Le ministre a évoqué la loi de 1967 interdisant ces pratiques, affirmant que son application ne souffrirait plus d’aucune ambiguïté. « Les trottoirs sont réservés aux piétons, la chaussée aux véhicules et les marchés aux commerçants », a-t-il martelé, ajoutant que ces opérations se poursuivront dans la durée afin de provoquer un véritable « déclic citoyen » autour des valeurs d’ordre, de discipline et de respect des règles.

Abordant l’impact économique du désordre urbain, Bamba Cissé a mis en lumière le lien direct entre encombrement, insécurité et pertes financières importantes. Il a révélé qu’environ 903 milliards de francs CFA sont perdus chaque année par l’État à cause des embouteillages, aggravés par l’occupation irrégulière de la voie publique. Pour garantir la durabilité des mesures engagées, le ministère mobilise d’importants moyens, notamment le déploiement de brigades de gendarmerie chargées de maintenir le retour à l’ordre et d’éviter toute réinstallation illégale.

Le ministre a ensuite détaillé les ambitions de son département en matière de sécurité civile, annonçant un vaste programme de construction de 186 casernes de sapeurs-pompiers d’ici 2035. Ce projet marque selon lui un tournant majeur dans la modernisation des infrastructures d’intervention d’urgence, soutenant l’objectif de rapprocher les services de secours des populations sur l’ensemble du territoire. Il a également insisté sur la lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité, indiquant la réactivation de l’inspection interne de la Police. Cette démarche est présentée comme une déclinaison concrète de la philosophie du « Jub, Jubal, Jubanti » que le nouveau régime ambitionne d’inscrire durablement dans la gouvernance publique.

La question de la sécurité aux frontières a également occupé une part importante des discussions. Face aux menaces transfrontalières et aux risques liés au terrorisme djihadiste, le ministre a annoncé la création d’unités spécialisées de patrouilles. Ces unités auront pour mission de renforcer la vigilance, de surveiller les zones sensibles et de prévenir toute infiltration susceptible de mettre en péril la stabilité nationale.

Sur le plan électoral, Bamba Cissé a informé les députés que les préparatifs des élections territoriales de 2027 débuteront dès 2026. Il a toutefois signalé que le budget initialement prévu pour cette phase préparatoire, estimé à 1,016 milliard de francs CFA, reste insuffisant, plaidant pour une revalorisation afin d’assurer une organisation transparente et efficace du processus.

Le volet médiatique a également suscité des échanges nourris. Le ministre a défendu l’interpellation récente de journalistes ayant accordé une tribune à une personne recherchée sous mandat d’arrêt international. Selon lui, cette démarche constitue une « violation manifeste de la loi », rappelant que la sécurité nationale ne saurait être compromise sous le prétexte de liberté éditoriale.

Abordant finalement la problématique de la mendicité, Bamba Cissé a affirmé que la législation en vigueur sera désormais appliquée avec rigueur. Il a précisé que les étrangers impliqués dans des situations d’infraction feront systématiquement l’objet de mesures d’expulsion, dans le cadre d’une politique de restauration de l’ordre public et de lutte contre l’exploitation humaine.

En clôturant la séance, le ministre des Finances et du Budget a confirmé une augmentation de 7,63 % du budget alloué au ministère de l’Intérieur entre 2025 et 2026, reconnaissant le rôle crucial de ce département dans la préservation de la sécurité nationale. Avec cette hausse, le gouvernement entend renforcer davantage les moyens opérationnels et stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des réformes engagées.

Affaire du commissaire de l’AIBD : Abdou Mbow met la pression sur le ministre de l’Intérieur et exige des explications

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mercredi, lorsque le député Abdou Mbow a interpellé le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes au sein de la police. Au cœur de son intervention : l’affaire du commissaire de l’aéroport international Blaise Diagne, dont le limogeage annoncé par le ministère semble avoir été remis en question.

Dès le début de sa prise de parole, Abdou Mbow a rappelé au ministre l’importance de sa mission et les exigences éthiques qui doivent l’accompagner. Revenant sur la double identité professionnelle de Bamba Cissé, à la fois juriste et avocat, le député a insisté sur les valeurs de dignité, de probité, d’indépendance et de loyauté auxquelles un avocat est normalement tenu, estimant que ces principes devraient impérativement guider l’action d’un ministre de l’Intérieur. Pour Abdou Mbow, cette combinaison de doctrines – celle du ministère chargé de la sécurité et celle du métier d’avocat – devrait faire de Bamba Cissé « un homme juste, drapé de valeurs républicaines ».

Poursuivant son intervention, le parlementaire de l’opposition a tenu à rappeler au ministre que sa responsabilité dépasse désormais les logiques partisanes. Selon lui, Bamba Cissé ne peut plus agir comme le simple avocat d’un camp politique, mais doit servir l’ensemble des citoyens. « Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Vous avez 18 millions de clients, c’est-à-dire les Sénégalais », a-t-il affirmé, avant de mettre en garde contre la tentation d’instrumentaliser la police à des fins politiques. Il a averti qu’aucune dérive de ce type ne serait tolérée, estimant que le rôle des forces de sécurité doit rester strictement républicain.

Mais c’est surtout la situation du commissaire de l’AIBD qui a cristallisé les échanges. Abdou Mbow a demandé des éclaircissements sur l’incohérence apparente entre l’annonce du limogeage du commissaire et les informations selon lesquelles l’intéressé serait toujours en fonction. Il a ainsi interpellé directement le ministre, l’invitant à préciser si le commissaire est bel et bien resté en poste et, le cas échéant, à expliquer les raisons de ce revirement. Pour le député, une telle contradiction mérite une transparence totale, surtout dans un contexte où la gestion de la police est scrutée par l’opinion publique.

À travers cette interpellation, Abdou Mbow entend mettre en lumière ce qu’il perçoit comme un manque de clarté dans la gestion des affaires sensibles au sein du ministère de l’Intérieur. Son intervention souligne également les tensions persistantes entre l’opposition et les autorités, particulièrement sur les questions liées à la sécurité et à l’usage du pouvoir exécutif.

Le ministre Bamba Cissé, quant à lui, est désormais attendu sur une réponse publique et précise. L’affaire du commissaire de l’AIBD, loin d’être un simple incident administratif, soulève des interrogations sur les pratiques internes et sur la cohérence de la communication gouvernementale. Elle relance aussi le débat sur la nécessité de préserver l’indépendance et la neutralité des forces de sécurité dans un contexte politique chargé.

Droits humains : le Forum du justiciable alerte l’ONU sur la santé critique de plusieurs détenus au Sénégal

La situation sanitaire de certains détenus hospitalisés au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec continue d’inquiéter. Face à ce qu’il qualifie de « violations graves du droit à la santé », le Forum du justiciable a officiellement interpellé Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. Dans une correspondance datée du 9 décembre 2025, l’organisation dirigée par Babacar Ba appelle à une intervention urgente de l’instance onusienne.

Depuis plusieurs mois, le traitement réservé aux détenus, notamment ceux impliqués dans des dossiers perçus comme politiquement sensibles, alimente le débat public et suscite l’indignation d’une partie de la société civile. Malgré les alertes répétées, certains prisonniers gravement malades continuent d’être maintenus en détention dans des conditions jugées inadaptées, même en milieu hospitalier.

Selon les informations relayées par Les Échos, plusieurs personnalités sous surveillance médicale figurent parmi les cas que l’ONG juge critiques. Il s’agit notamment de Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye, Mabintou Diaby et Khadim Ba. Le Forum du justiciable estime que leur état de santé est « gravement compromis » et « incompatible avec toute forme de détention ». L’organisation souligne que le Pavillon spécial ne dispose ni des ressources ni de l’environnement nécessaires pour assurer un suivi médical constant et adéquat pour ces patients.

Dans sa lettre adressée aux Nations Unies, Babacar Ba rappelle que le Sénégal est lié par des engagements internationaux clairs en matière de protection des personnes privées de liberté. Le droit à la santé, insiste-t-il, ne souffre aucune exception, y compris pour les personnes en détention, et constitue une obligation à laquelle l’État doit impérativement se conformer.

Le Forum du justiciable formule ainsi deux demandes principales : l’octroi de libertés provisoires immédiates aux détenus considérés comme médicalement inaptes à la détention, et un rappel officiel des engagements internationaux du Sénégal concernant la protection des personnes vulnérables. Selon l’ONG, ces mesures sont indispensables pour éviter des conséquences irréversibles sur la santé – voire la vie – des prisonniers concernés.

L’organisation se dit disposée à fournir toutes les informations supplémentaires dont pourrait avoir besoin le Haut-Commissariat afin d’éclairer la nature et la gravité des violations alléguées. Par cette démarche, le Forum du justiciable espère susciter une pression internationale capable de contraindre les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits fondamentaux des détenus les plus fragiles.

Vol de 6 310 bidons d’huile chez Aziz Ndiaye : une “mafia interne” impliquant un ami d’enfance mise au jour

L’affaire suscite stupéfaction et indignation dans l’entourage d’Aziz Ndiaye. L’homme d’affaires, patron de l’entreprise Aziz Business Company (ABC), a découvert un détournement massif au cœur même de sa société : 6 310 bidons d’huile « J’adore » de 20 litres ont été subtilisés dans l’entrepôt de Cambérène. Le préjudice, estimé à plus de 101 millions de francs CFA, révèle l’existence d’un système organisé qui opérait depuis plusieurs mois.

Selon les révélations du journal Libération, publiées ce mercredi, trois personnes sont au centre du scandale. Il s’agit des magasiniers A. Cissé et K. Mbaye, ainsi que de M. Lô, ancien directeur commercial et surtout ami d’enfance d’Aziz Ndiaye. Ce dernier élément donne à l’affaire une gravité particulière, la trahison émanant non pas d’un simple employé, mais d’un proche de longue date, occupant une position stratégique dans l’entreprise.

L’alerte a été déclenchée lorsque des incohérences ont été repérées dans la gestion des stocks. Soucieux de comprendre l’origine de ces irrégularités, Aziz Ndiaye a ordonné un inventaire approfondi. Celui-ci a mis en lumière un mécanisme bien huilé de détournement : des sorties frauduleuses, des quantités manipulées et une complicité interne qualifiée de véritable « mafia » par le quotidien.

Face à l’ampleur des révélations, l’homme d’affaires a saisi la Section de recherches de Dakar. Les enquêteurs ont rapidement avancé et obtenu les premières confessions. Interpellé en premier, le magasinier A. Cissé a admis avoir transféré plusieurs cargaisons volées à M. Lô, qu’il a désigné comme le principal instigateur. Selon les informations relayées, celui-ci aurait profité des jours du Gamou de Tivaouane – période durant laquelle Aziz Ndiaye était pris par des engagements religieux – pour intensifier les opérations frauduleuses.

Le second magasinier, K. Mbaye, a lui aussi reconnu sa participation, confirmant l’existence d’un réseau structuré et d’un mode opératoire répété. Arrêté par la suite, M. Lô a fini par avouer, tout en tentant d’atténuer les faits, affirmant n’avoir détourné « que » 6 050 bidons, un chiffre en dessous de celui établi par l’inventaire.

Une médiation pénale a été engagée, à la demande de la victime, pour tenter de récupérer une partie des pertes. Dans ce cadre, M. Lô a restitué 40 millions de francs CFA en espèces, auxquels s’ajoute un véhicule évalué à 18 millions. Le montant total rendu s’élève ainsi à 58 millions de francs CFA, loin de couvrir l’intégralité du préjudice estimé.

Cette affaire met en lumière les vulnérabilités internes auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises locales, mais aussi la nécessité d’un contrôle rigoureux des chaînes logistiques et des systèmes de gestion. Pour Aziz Ndiaye, au-delà des pertes financières, c’est surtout une blessure humaine et morale qui marque ce dossier, la trahison venant d’un ami de toujours.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°627 – 10/12/2025

🔴 « DÉMISSION » DE CHEIKH DIBA : QU’EN EST-IL ?
🔴 DISTRIBUTION DE 1,8 MILLIARD F CFA À DES MILITANTS DE PASTEF : ABDOU MBOW CRIE AU SCANDALE

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS : BELLE SOIRÉE POUR MONACO, LIVERPOOL ET BARÇA

Réactualisation administrative au CHU Le Dantec : 149 agents provisoirement retirés du fichier en attendant leur régularisation

Le Centre hospitalier national Aristide Le Dantec a rendu publics, ce 9 décembre 2025, les résultats de sa vaste campagne de réactualisation des dossiers administratifs, une opération qui s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des ressources humaines au sein des établissements publics de santé. Selon la direction générale, 88 % des agents ont répondu à l’appel, un taux considéré comme « extrêmement satisfaisant » compte tenu de l’ampleur et des exigences de l’exercice.

L’audit conduit durant cette campagne a porté sur un effectif total de 1 223 travailleurs, incluant l’ensemble des corps professionnels de l’hôpital. La direction souligne que cette forte participation témoigne du « sens du devoir » du personnel, qui a compris l’importance d’une mise à jour rigoureuse des données administratives pour le bon fonctionnement de l’institution. Dans un environnement hospitalier marqué par une forte pression opérationnelle, cette réactivité est perçue comme une manifestation de maturité professionnelle et de volonté d’améliorer la gouvernance interne.

Néanmoins, malgré ce taux de participation élevé, 149 agents ne se sont pas encore conformés aux demandes de dépôt de dossier. Conformément aux procédures réglementaires appliquées à l’ensemble des établissements publics, ces agents seront retirés du fichier réactualisé tant que leur situation administrative n’aura pas été complètement régularisée. Cette mesure, précise la direction, n’a pas vocation à sanctionner, mais à garantir l’exactitude des données utilisées pour la gestion des carrières, des rémunérations, des affectations et des droits sociaux. Un fichier administratif fiable reste, selon l’hôpital, un socle indispensable pour éviter les erreurs, les doublons, les irrégularités de statut ou les difficultés liées au suivi des parcours professionnels.

Par ailleurs, l’établissement a engagé des opérations complémentaires visant à vérifier l’authenticité et la conformité des diplômes détenus par les agents. Ces contrôles, qui mobilisent plusieurs services internes ainsi que les administrations partenaires compétentes, répondent aux standards de vérification de qualifications dans le secteur de la santé. Ils visent à prévenir les risques liés à de faux diplômes, un phénomène déjà observé dans certains organismes publics, et à s’assurer que chaque employé exerce effectivement en conformité avec les exigences de son métier.

En parallèle, un recensement des besoins en formation est en cours d’élaboration. Ce travail permettra à la direction de mieux anticiper les programmes de renforcement de capacités, notamment dans les services techniques et cliniques où les évolutions technologiques et les nouvelles normes imposent une mise à jour régulière des compétences. L’objectif déclaré est de doter l’hôpital d’un personnel qualifié, mieux accompagné et plus adapté aux transformations du secteur médical.

La direction du CHU Aristide Le Dantec a, dans son communiqué, adressé ses remerciements à l’ensemble des départements impliqués dans la conduite de cette campagne, saluant « un travail de qualité » réalisé dans un délai jugé satisfaisant. Elle a également encouragé ceux dont les dossiers demeurent incomplets à se rapprocher des services compétents afin de finaliser leur situation dans les meilleurs délais. L’établissement dit privilégier une démarche constructive, fondée sur la collaboration et l’intérêt supérieur du service public hospitalier.

Cette opération de réactualisation intervient dans un contexte national où plusieurs institutions sanitaires s’engagent dans des audits administratifs pour renforcer la transparence, améliorer la gestion des effectifs et aligner leurs politiques internes sur les exigences de performance fixées par les autorités. Dans cette dynamique, Le Dantec entend se positionner comme un modèle de gestion rigoureuse et moderne, en phase avec les réformes en cours dans le secteur de la santé publique au Sénégal.

Déclaration de solidarité avec la Palestine : la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal désavoue une délégation non mandatée en Israël

La Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) a rompu le silence ce lundi 12 décembre 2025, après l’annonce largement relayée de la présence d’une délégation se présentant comme composée de religieux sénégalais en visite en Israël. Dans une déclaration ferme et argumentée, l’organisation religieuse a tenu à exprimer son « profond désaccord » et sa « vive condamnation », rejetant catégoriquement toute implication dans cette initiative qu’elle qualifie de « personnelle, non autorisée et dépourvue de légitimité ».

Dès les premières lignes du communiqué, la LIPS clarifie un point essentiel : aucune autorité religieuse reconnue au Sénégal n’a mandaté ni soutenu une telle démarche. L’organisation souligne que les guides religieux, historiquement engagés pour la justice, la dignité humaine et la défense des peuples opprimés, ne sauraient cautionner une action qui va à l’encontre des positions constantes du Sénégal sur la scène internationale. Elle insiste sur le fait que cette prétendue délégation n’engage ni la communauté religieuse du pays, ni le peuple sénégalais.

Cette mise au point intervient dans un contexte international marqué par des tensions extrêmes au Proche-Orient, où les violations du droit international humanitaire, particulièrement en Palestine, continuent de susciter l’indignation mondiale. Pour la LIPS, cette visite en Israël constitue un « contresens historique et diplomatique » à un moment où les populations civiles palestiniennes vivent une situation d’une gravité sans précédent. Le communiqué évoque un geste malvenu, incompréhensible et « en contradiction directe » avec l’engagement moral, spirituel et politique du Sénégal en faveur du peuple palestinien.

Le rappel du rôle central du Sénégal dans ce dossier est au cœur de la déclaration. Depuis 1975, le pays assure la présidence du Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, une responsabilité diplomatique majeure qui place Dakar parmi les voix les plus constantes et influentes en faveur de la Palestine. Cet engagement de près d’un demi-siècle, selon la LIPS, témoigne d’une « posture historique, ferme et immuable ». C’est d’ailleurs cette dimension qui rend, aux yeux de l’organisation, la visite de la délégation non mandatée particulièrement problématique : un tel déplacement donne l’illusion d’une caution religieuse ou d’un infléchissement de la position sénégalaise, alors qu’il n’en est rien.

La Ligue des Imams et Prédicateurs appelle ainsi l’opinion publique, nationale et internationale, à ne pas se laisser tromper par cette initiative isolée. Elle exhorte les citoyens à distinguer clairement entre une démarche individuelle et la position institutionnelle des guides religieux sénégalais, dont les actions et les prises de position ont toujours été alignées sur les valeurs de justice, de solidarité et de respect des droits des peuples.

Dans sa conclusion, la LIPS réaffirme son engagement indéfectible aux côtés du peuple palestinien, rappelant que la solidarité du Sénégal, qu’elle soit populaire, diplomatique ou religieuse, s’est construite dans la durée et demeure intacte. Elle appelle enfin au renforcement de la vigilance collective pour préserver la cohérence de cette position historique et éviter toute manipulation ou récupération de l’image religieuse du pays.

Fonction publique : le Sénégal lance un audit physique et biométrique des agents de l’État

Le Sénégal vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans la modernisation de son administration. Ce mardi, à Dakar, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présidé la cérémonie de lancement des travaux du comité de pilotage de l’audit physique et biométrique des agents de l’État.

L’objectif de cette opération est clair : identifier physiquement et biométriquement l’ensemble des agents publics et contractuels des ministères et administrations. Pour le ministre Boucal, cette démarche vise à « maîtriser les effectifs de la Fonction publique et la masse salariale », un enjeu devenu central pour l’État.

Dès son intervention, le ministre a situé cet audit dans le contexte de la « troisième alternance », marquée selon lui par une volonté de rupture. « L’État s’est engagé dans un vaste processus de changement et de rupture avec les vieilles pratiques qui ne permettent pas d’avoir une administration beaucoup plus efficace », a-t-il déclaré. Il insiste sur l’ambition de bâtir une fonction publique moderne, mieux organisée et surtout maîtrisant ses ressources humaines, qu’il considère comme « le socle » de toute politique publique.

Conscient des difficultés rencontrées lors d’audits précédents, le gouvernement affirme avoir mobilisé des moyens importants. Un cabinet spécialisé a été recruté, un partenariat a été noué avec la Caisse des Dépôts et Consignations, via sa filiale Sinapsis, et plusieurs techniciens et experts ont été associés au processus. Une logistique complète ainsi qu’un programme de gouvernance des ressources humaines ont également été mis en place. « Nous espérons qu’avec le dispositif actuel, nous arriverons à des résultats probants », a assuré Olivier Boucal.

L’une des attentes fortes de cet audit concerne la question sensible des emplois fictifs. Le ministre a rappelé qu’il est « impossible de les établir de façon formelle » sans un audit approfondi. Celui-ci permettra ainsi de vérifier ou d’infirmer les soupçons, mais aussi de lever les obstacles qui plombent encore l’efficacité administrative.

Au-delà de l’identification des agents, l’enjeu majeur demeure l’informatisation complète du système de gestion des ressources humaines. « Tant que la gestion reste manuelle, elle posera toujours des problèmes », a rappelé le ministre. L’audit permettra ainsi de poser les bases d’un système intégré, considéré comme indispensable pour moderniser l’État.

Le calendrier a également été dévoilé. La mise en place du comité de pilotage marque le début effectif du processus. En décembre, le ministère de la Fonction publique servira de ministère pilote pour tester le dispositif. Le démarrage général de l’audit est prévu pour janvier, pour une durée de trois mois. Les résultats seront rendus publics à la fin du mois d’avril.

Avec cet audit biométrique et physique, le Sénégal amorce une réforme profonde destinée à doter le pays d’une administration plus performante, transparente et maîtrisée. Une étape décisive vers une gouvernance modernisée et en phase avec les ambitions de la nouvelle administration.

Badara Gadiaga : 150 jours de détention et deux ordonnances de mise en liberté provisoire ignorées

Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.

Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.

Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.

Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.

Budget Infrastructures 2026 : 98 % des crédits entièrement destinés à l’investissement

Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a présenté ce jeudi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, finalement adopté à une large majorité par les députés. Qualifié de stratégique, ce budget s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à bâtir une nation « souveraine, juste et prospère ».

Dès l’entame de sa présentation, le ministre a exprimé sa gratitude envers le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour la confiance accordée à son département dans la conduite de la politique nationale des infrastructures. Il a ensuite insisté sur la cohérence du budget avec les grandes orientations de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, rappelant que la planification des infrastructures demeure l’un des leviers essentiels de la transformation structurelle du pays.

Le budget 2026 se distingue particulièrement par son orientation massivement tournée vers l’action : 98 % des crédits sont consacrés à l’investissement. Cette proportion exceptionnelle traduit une volonté ferme d’accélérer la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sociales et administratives. Le ministre Fall parle d’une « rupture assumée » avec les modèles antérieurs, affirmant la volonté de replacer la justice sociale, l’équité territoriale et la compétitivité économique au cœur des priorités.

Interpellé sur l’importance des financements extérieurs dans la mise en œuvre des infrastructures, Déthié Fall a tenu à rassurer. Selon lui, « le financement extérieur n’entame en rien la souveraineté budgétaire », qu’il définit comme la capacité de l’État à orienter la mobilisation et l’affectation de ses ressources. Il a par ailleurs souligné la solidité des finances publiques en précisant que, pour l’année 2026, les ressources extérieures prévues — estimées à 1300,8 milliards de FCFA — dépassent le déficit budgétaire projeté, chiffré à 1245,1 milliards de FCFA. Cette performance permet une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse, visant à faire passer le déficit de 12 % en 2024 à 5,3 % en 2026, avec un objectif de 3 % dès 2027, un seuil jugé « tout à fait atteignable ».

Plusieurs dossiers sensibles ont également été clarifiés. Le projet du second port de Ziguinchor, considéré comme prioritaire, sera désormais financé exclusivement sur ressources internes dès 2026, matérialisant un engagement fort du gouvernement en faveur d’une autonomie stratégique accrue. L’achèvement de l’aéroport de la même région est lui aussi garanti, avec une enveloppe de 6 milliards de FCFA inscrite dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 pour boucler définitivement les travaux.

Concernant les arriérés dus aux anciens cheminots, une provision d’un milliard de FCFA a été prévue dans le budget, en attendant une prise en charge définitive à travers la prochaine Loi de finances rectificative. Pour les collectivités territoriales, le ministre a rassuré sur la disponibilité des ressources, expliquant les retards constatés par les ajustements administratifs consécutifs au dernier remaniement gouvernemental.

Le ministre s’est également exprimé sur les impôts et taxes dus par les entreprises, dont les montants réels, jugés particulièrement faibles ces dernières années, inquiétaient plusieurs parlementaires. Le budget 2026 corrige cette situation en planifiant 260 milliards de FCFA destinés au recouvrement des impôts et taxes, contre seulement 9 milliards auparavant. Sur ce total, 160 milliards seront affectés à l’apurement progressif des arriérés d’ici 2027.

Pour répondre aux préoccupations liées à la participation des acteurs locaux dans les marchés publics, Déthié Fall a rappelé l’existence et l’importance des clauses de réservation inscrites dans le Code des marchés publics. Ainsi, pour les marchés de travaux supérieurs à 100 millions de FCFA, 5 % des montants sont réservés aux acteurs locaux : 3 % aux structures de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales, et 2 % spécifiquement aux PME dirigées par des femmes. Le ministre a assuré que son département veillera à l’application rigoureuse de ces dispositions, notamment dans les secteurs stratégiques tels que les hydrocarbures et les mines.

L’adoption finale du budget par les députés constitue un signal clair du soutien apporté à la feuille de route du ministère des Infrastructures, résolument engagé à poser les fondations matérielles d’un Sénégal restructuré, moderne et plus équitable. Pour le gouvernement, l’exercice 2026 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre des grands chantiers de transformation, et un pas supplémentaire vers l’émergence d’un modèle d’aménagement plus cohérent et durable sur l’ensemble du territoire national.

Commémoration des “martyrs” 2021-2024 : Ousmane Sonko réclame une réforme profonde de la justice et le limogeage des magistrats qu’il accuse de “complot”

Le Grand Théâtre de Dakar a accueilli ce dimanche une cérémonie chargée d’émotion et de symboles. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes et actuel Premier ministre, a présidé une journée de commémoration en hommage aux victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et mars 2024, une période marquée par des affrontements, des arrestations massives et une crispation institutionnelle sans précédent au Sénégal.

Dans une salle remplie de familles de victimes, d’anciens détenus, de sympathisants et de responsables du parti, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois mémoriel et fortement politique. Il a rappelé que ces “martyrs”, selon les termes employés par son parti, représentent “un sacrifice inestimable” dont la nation ne peut faire abstraction si elle aspire à un avenir de justice et de stabilité. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître la responsabilité de l’État dans les violences commises durant cette période et de garantir aux familles le droit à la vérité.

Au cœur de son intervention, la justice a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a affirmé qu’aucune réconciliation nationale durable ne sera possible sans une réforme en profondeur du système judiciaire. Selon lui, les dysfonctionnements observés ces dernières années ont révélé une justice “instrumentalisée”, devenue “un bras armé au service d’intérêts politiques”. Il a ainsi appelé à une refonte systémique visant à rétablir la confiance des citoyens, mais aussi à protéger les droits fondamentaux dans toutes les procédures judiciaires.

Dans un passage particulièrement commenté de son discours, Ousmane Sonko a exigé le limogeage des magistrats qu’il accuse d’avoir “comploté” contre lui et contre plusieurs militants de Pastef. Sans citer de noms, il a évoqué des “acteurs judiciaires identifiés” qui, selon lui, auraient participé à la “fabrication” de dossiers destinés à l’écarter de la scène politique et à intimider ses partisans. Il a estimé que ces magistrats ne peuvent continuer à exercer sereinement tant que n’auront pas été établies les responsabilités individuelles dans les dérives qui ont, selon lui, entaché l’État de droit.

La cérémonie a également été marquée par des témoignages poignants de familles endeuillées et d’anciens détenus politiques, plusieurs d’entre eux décrivant les conditions de leur arrestation ou les séquelles laissées par les événements de ces années d’instabilité. Pour beaucoup, cette rencontre se voulait aussi un moment de reconnaissance officielle, après ce qu’ils qualifient d’années d’incompréhension ou de silence institutionnel.

Au-delà de l’hommage, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de poursuivre la quête de justice, assurant que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur les violences et engager les réformes annoncées. Il a rappelé que la construction d’un Sénégal plus juste implique de panser les blessures du passé, mais aussi d’assumer les responsabilités, quelles qu’elles soient.

Cette journée de commémoration s’inscrit dans un contexte où le débat sur la justice, son indépendance et son rôle dans les crises politiques reste au cœur des préoccupations nationales. Pour de nombreux observateurs, les déclarations du Premier ministre marquent un tournant dans la dynamique de réforme annoncée, tout en ouvrant un nouvel épisode politique qui pourrait susciter des réactions au sein de la magistrature et des institutions.

Souveraineté et vigilance : le Général Birame Diop alerte sur les menaces sous-régionales lors du vote du Budget 2026

Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.

Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.

Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».

À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.

Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.

Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.

L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.

En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.

PASTEF DÉCRÈTE LE 7 DÉCEMBRE “JOURNÉE DES MARTYRS” : HOMMAGE NATIONAL AUX VICTIMES DE LA RÉPRESSION

PASTEF–Les Patriotes a annoncé que la journée du 7 décembre 2025 sera entièrement consacrée aux martyrs, ex-détenus politiques et victimes de la répression survenue entre mars 2021 et mars 2024. Dans un communiqué publié ce 6 décembre, le parti affirme vouloir honorer la mémoire de ceux « qui ont lutté pour la démocratie, la liberté et la justice » et qui, selon lui, ont payé le prix fort.

La cérémonie se déroulera en présence du président Ousmane Sonko, dans un cadre qualifié de « sobre » et « grave », fidèle à l’esprit du recueillement. PASTEF prévoit également de donner la parole aux anciens détenus politiques, aux blessés et aux familles des victimes afin qu’ils puissent partager leurs témoignages et exprimer leur vécu face aux tragédies de ces dernières années.

Le communiqué souligne que cette journée permettra aussi de réaffirmer l’engagement du parti à poursuivre le combat pour que justice soit rendue à toutes les victimes. Soucieux de préserver la solennité du moment et d’assurer une organisation rigoureuse, le comité d’organisation indique que l’accès se fera exclusivement sur invitation, en raison du nombre limité de places. Les sympathisants, militants et citoyens sont ainsi invités à s’unir par la prière, où qu’ils se trouvent, pour rendre hommage aux disparus.

Pour la couverture médiatique, PASTEF annonce qu’un « seul signal de diffusion officiel » sera mis à la disposition des médias. Une décision motivée par les contraintes d’espace et par la volonté de contrôler le cadre de la commémoration.

Hausse des tarifs : l’État saisit le CNRA et rappelle à Canal+ l’obligation de gratuité des chaînes nationales

Le gouvernement est officiellement entré en action après la hausse des tarifs appliqués par Canal+ Sénégal. Dans une réponse adressée au député Guy Marius Sagna, qui avait interpellé l’Exécutif en août dernier, les autorités confirment avoir saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) afin d’examiner la légalité et la pertinence de cette augmentation.

Selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, la saisine du CNRA vise à analyser l’impact de cette hausse sur les abonnés, à vérifier sa conformité avec les règles en vigueur et, si nécessaire, à proposer des mesures correctives pour protéger les consommateurs. Le gouvernement souhaite s’assurer que l’opérateur audiovisuel a respecté les procédures réglementaires prévues pour tout changement tarifaire et que les arguments avancés par Canal+ sont conformes au cadre légal sénégalais.

Un autre point majeur concerne la gratuité des chaînes nationales. Le ministre rappelle que l’article 161 du Code de la presse impose à tout distributeur audiovisuel de fournir gratuitement les chaînes publiques généralistes à ses abonnés. Cette obligation, qui vise à garantir l’accès universel à l’information publique et aux services audiovisuels nationaux, s’applique également à Canal+ Sénégal. Alioune Sall assure que son département, en étroite collaboration avec le CNRA, veillera scrupuleusement au respect de cette disposition, indiquant qu’aucune dérogation ne peut être accordée en dehors des cas strictement encadrés par la loi.

Dans ce dossier suivi de près par les consommateurs, Guy Marius Sagna appelle les citoyens à apporter contributions et observations afin de renforcer le contrôle citoyen et d’accompagner le travail de l’État. L’affaire soulève des enjeux essentiels liés à la protection des usagers, à la transparence tarifaire et à l’accès équitable aux services audiovisuels publics.

Régulation numérique : Alioune Sall annonce une nouvelle autorité pour encadrer tous les médias

Le Sénégal se prépare à une réforme majeure dans le domaine de la régulation de l’espace médiatique et numérique. Face à l’évolution rapide des modes de communication, l’État entend mettre fin à un dispositif jugé désormais obsolète. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a révélé, lors de l’examen du budget 2026 de son département à l’Assemblée nationale, qu’une nouvelle autorité de régulation remplacera bientôt le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

Selon le ministre, cette future institution aura une compétence élargie pour intégrer et contrôler l’ensemble des médias modernes : télévision, radio, presse en ligne, réseaux sociaux, plateformes de streaming et de diffusion numérique. L’objectif affiché est clair : adapter le cadre règlementaire aux mutations technologiques et combler les zones d’ombre juridiques qui laissent prospérer des dérives quotidiennes sur Internet.

Alioune Sall a indiqué que le projet de loi portant création de cette nouvelle autorité a déjà été examiné en Conseil des ministres le 3 novembre dernier. Le texte poursuit actuellement son parcours institutionnel et se trouve, depuis quatre semaines, au niveau de la Cour suprême pour avis. Il devra ensuite être soumis au Parlement, probablement « en procédure d’urgence », a précisé le ministre, qui s’exprimait en wolof pour mieux sensibiliser les députés sur l’importance de la réforme.

La démarche du gouvernement s’appuie sur un constat largement partagé : le CNRA, créé à une époque où l’essentiel des contenus médiatiques provenait de la télévision et de la radio, ne dispose aujourd’hui ni des prérogatives ni des outils nécessaires pour faire face aux réalités du numérique. « Le CNRA ne régule que la radio et la télévision », a rappelé Alioune Sall. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des plateformes de vidéos courtes, du streaming et des sites d’information, ce périmètre restreint laisse un « vide réglementaire » dans lequel prolifèrent insultes, diffamations, fausses informations et contenus attentatoires à la dignité humaine.

Face à l’inquiétude exprimée par certains parlementaires sur l’ampleur des dérives observées en ligne, le ministre a tenu à clarifier les responsabilités institutionnelles. Il a rappelé que son département ne pouvait ni se substituer aux forces de l’ordre ni interférer dans les procédures judiciaires. « Demander au ministre de se substituer à la police n’a pas de sens », a-t-il martelé, distinguant fermement les missions de régulation, de répression et d’enquête.

Il a toutefois souligné que, même en l’absence d’une autorité numérique spécialisée, les auteurs d’insultes ou de publications portant atteinte à la dignité d’autrui restent exposés aux sanctions prévues par le Code pénal. Le futur dispositif, selon lui, viendra renforcer cette protection, de manière plus adaptée au fonctionnement des plateformes numériques. Alioune Sall a assuré que le texte en préparation « prendra en compte toutes les craintes et observations » formulées par les députés, dans le but de mieux encadrer les contenus en ligne sans porter atteinte aux libertés publiques ni au pluralisme de l’information.

Sur le plan budgétaire, l’exercice 2026 marque également une montée en puissance du ministère de la Communication et du Numérique. Les crédits de paiement alloués s’élèvent à plus de 81 milliards de francs CFA, contre 58 milliards en 2025. Cette augmentation reflète la volonté de l’État d’investir dans les infrastructures digitales, la cybersécurité, la modernisation des télécommunications et la gouvernance numérique.

Avec cette réforme attendue, le Sénégal s’apprête à franchir une étape importante dans l’organisation de son espace médiatique, de plus en plus influencé par la digitalisation et les flux d’informations en ligne. La nouvelle autorité, en rationalisant et unifiant la régulation, pourrait redéfinir durablement les règles du jeu pour les acteurs médiatiques traditionnels et les créateurs de contenus numériques.

Plan Diomaye pour la Casamance : Kolda affiche 32 % d’exécution sur plus de 13 milliards FCFA mobilisés, mais les lenteurs inquiètent

La région de Kolda progresse, mais à un rythme encore jugé insuffisant, dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, un vaste programme de développement lancé par les nouvelles autorités pour impulser un changement profond dans le Sud du pays. Lors de la réunion du comité régional de suivi, tenue ce jeudi 4 décembre à l’hôtel de ville de Kolda, le gouverneur Moustapha Ndiaye a révélé que le niveau d’exécution global des projets financés dans la région s’élève à 32 %. Plus de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés au bénéfice de Kolda, mais des contraintes structurelles continuent de freiner l’avancée des travaux.

Selon les services techniques, certains secteurs ont enregistré des résultats encourageants, notamment dans le domaine des infrastructures sociales et de l’amélioration de l’accès aux services de base. Toutefois, malgré cette dynamique positive, les responsables régionaux ont insisté sur des retards persistants dans la transmission des données, un problème récurrent qui entrave la capacité de l’administration à disposer d’informations actualisées et fiables. Le gouverneur a regretté que plusieurs services de l’État directement impliqués dans la mise en œuvre du programme manquent de réactivité, ralentissant ainsi le suivi opérationnel. « Il y a des services de l’État engagés dans la mise en œuvre de ce plan qui se font vraiment désirer », a-t-il déploré, soulignant l’impact de ces lenteurs sur la visibilité globale du projet.

Face à ces dysfonctionnements, les acteurs institutionnels et techniques présents à la rencontre ont décidé de mettre en place une nouvelle matrice d’action. Cette matrice, qui servira désormais d’outil central de pilotage, permettra de collecter, organiser et diffuser en temps réel les données liées à chaque projet. L’objectif est de renforcer la qualité du reporting, de faciliter la coordination entre les différentes parties prenantes et de sécuriser les informations nécessaires à l’élaboration de rapports consolidés à destination des autorités nationales. Cette mesure devrait également permettre de réduire les incompréhensions entre les services et d’accélérer la prise de décision sur les chantiers prioritaires.

Le gouverneur Moustapha Ndiaye a insisté sur l’importance d’une implication beaucoup plus soutenue des services déconcentrés, estimant que le succès du Plan Diomaye pour la Casamance dépendra étroitement de la capacité collective à améliorer le suivi administratif. Il a rappelé que ce programme n’est pas un projet isolé, mais une composante essentielle de la stratégie nationale pour réduire les inégalités territoriales, lutter contre l’enclavement de la région Sud et stimuler l’économie locale. À Kolda, une part significative des investissements concerne l’amélioration des infrastructures routières, l’accès à l’eau, l’éducation, la santé et le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes.

Alors que les populations attendent des résultats concrets et une amélioration visible de leurs conditions de vie, les autorités régionales appellent désormais à une mobilisation plus rigoureuse et à une collaboration exemplaire entre tous les acteurs concernés. Le Plan Diomaye pour la Casamance est présenté comme une opportunité historique pour Kolda et les autres régions du Sud ; mais pour que cette promesse se matérialise pleinement, la cadence d’exécution devra impérativement s’accélérer dans les prochains mois.

Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines : le budget 2026 arrêté à plus de 130 milliards de F CFA

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a fait face ce vendredi aux députés pour défendre le projet de budget 2026 de son département. Fixé à un peu plus de 130 milliards de F CFA, ce budget connaît une baisse de 9,31 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré cette diminution, la majorité des commissaires parlementaires ont adopté les programmes proposés, au terme d’une séance où les enjeux énergétiques, les défis structurels et les priorités de gouvernance ont occupé le centre du débat.

Dans sa présentation, le ministre a rappelé les grandes lignes du bilan 2025, marqué par des réformes profondes dans les sous-secteurs des hydrocarbures et des mines. Selon lui, d’« importants pas ont été franchis », notamment en matière d’accès à l’énergie et de valorisation des ressources naturelles. Il a insisté sur les priorités retenues pour 2026 : garantir l’accès à une énergie durable et abordable, développer les chaînes de valeur de manière inclusive et responsable, et renforcer la transparence et la performance dans la gouvernance énergétique, conformément au triptyque « JUB-JUBBAL-JUBBANTI ».

Interpellé par les parlementaires sur les nombreuses irrégularités relevées dans la distribution électrique, Birame Soulèye Diop a décrit la fraude à la SENELEC comme une « situation particulièrement alarmante ». Un rapport d’audit fait état de 490 cas détectés dans la seule capitale, notamment à Pikine, entraînant une perte estimée à 2,6 milliards de F CFA soit l’équivalent de 13 515 kWh détournés. À l’échelle nationale, le préjudice atteint 3,7 milliards de F CFA au 4 septembre 2025. Les fraudeurs identifiés incluraient, selon le ministre, des institutions, des restaurants et des particuliers « bien connus ». Le dossier est aujourd’hui suivi en coordination avec le ministère de la Justice.

Sur la question sensible de la tarification de l’électricité, particulièrement le système « Woyofal », le ministre a tenu à préciser qu’aucune hausse n’a été appliquée depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Toutefois, il a reconnu le poids de cette facture pour les ménages. Une analyse détaillée est en cours, à la demande du Premier ministre, afin d’envisager une solution durable. Birame Soulèye Diop a également rappelé que la première tranche tarifaire, de 0 à 150 kWh, reste fixée à 91,2 F CFA hors TVA, ce qui concerne environ un million de foyers à travers le pays.

Le ministre a révélé que les conclusions de vingt-trois réunions techniques portant sur une mesure conjoncturelle de soutien, concernant entre 1,5 et 1,7 million de ménages, seront bientôt transmises aux autorités. Ces travaux devraient aboutir à une diminution des prix de l’électricité, en attendant la mise en place d’une solution structurelle plus pérenne.

Évoquant les perspectives énergétiques à long terme, Birame Soulèye Diop a rappelé que la baisse durable du coût de l’énergie passera par la stratégie « Gas to Power ». La part du Sénégal dans le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) permettra d’alimenter une centrale de 250 MW. Le lancement de l’appel d’offres pour la construction du premier segment nord du réseau gazier est annoncé avant la fin du premier trimestre 2026.

Le ministre a également salué les performances récentes de la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui a réussi à traiter le pétrole brut extrait du champ de Sangomar. Il a toutefois reconnu les défis liés à la lourdeur de ce brut, nécessitant des investissements supplémentaires. La SAR prévoit d’ailleurs de renforcer ses capacités dans le cadre du projet « SAR 2.0 ».

Le ministre des Finances et du Budget est intervenu à son tour pour éclairer les parlementaires sur la baisse du budget alloué au ministère de l’Énergie. Cette diminution, selon lui, s’explique par la non-reconduction de certains projets arrivés à terme et par la réduction des dépenses de fonctionnement. Il a néanmoins rappelé que d’importants crédits stratégiques se trouvent dans d’autres enveloppes, à l’image du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie logé au ministère des Finances, doté de 250 milliards de F CFA destinés notamment aux subventions.

Concernant la SAR, le ministre a assuré que l’État continuera d’accompagner l’entreprise grâce à la mobilisation de financements bancaires et l’octroi de garanties souveraines, indispensables dans un contexte de transition énergétique et industrielle.

Enfin, il a abordé la question délicate du « miss reporting » financier, qui avait conduit le Fonds monétaire international à revoir sa note concernant le Sénégal. Selon lui, l’État a demandé la suspension du programme en cours afin d’ouvrir des négociations. Contrairement à l’idée d’une restructuration classique de la dette, jugée « simpliste », le gouvernement souhaite s’orienter vers une Gestion Active de la Dette (GAT) et des Garanties Partielles de Crédit (GPC), des outils destinés à améliorer les conditions de refinancement.

Escroquerie présumée : Seydina Fall “Bougazelli” envoyé en prison, la date de son procès fixée

L’ancien député de l’Alliance pour la République (APR), Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, replonge dans les tourments judiciaires. Déféré ce vendredi matin au parquet de Pikine-Guédiawaye, il a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie portant sur près de deux millions de francs CFA, selon des sources proches du dossier. Une nouvelle incarcération qui vient ternir encore davantage le parcours de l’ancien parlementaire, déjà éclaboussé par de lourds scandales par le passé.

Interpellé en début de semaine par la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye, Bougazelli a été présenté au procureur de la République, Saliou Dicko. Après examen du dossier, celui-ci a ordonné son placement en détention préventive, estimant que les éléments réunis justifiaient une comparution immédiate devant la justice. L’ancien député sera ainsi jugé devant le tribunal des flagrants délits le 10 décembre prochain, sauf éventuel renvoi de l’audience.

Cette affaire remet sur le devant de la scène une figure politique dont l’image avait déjà été fortement entachée. En 2019, Bougazelli avait été mis en cause dans un vaste dossier de faux billets, une affaire retentissante qui avait entraîné sa démission de l’Assemblée nationale et provoqué une onde de choc au sein de l’APR et de la classe politique sénégalaise. Depuis cette période, l’ex-député s’était fait discret et s’était réorienté vers l’immobilier, une reconversion qu’il présentait comme un moyen de tourner la page.

Les circonstances exactes de l’escroquerie présumée pour laquelle il est actuellement poursuivi restent encore à préciser. Selon les premières indications, l’affaire porterait sur une somme avoisinant deux millions de francs CFA, dans le cadre de transactions immobilières ou commerciales. L’enquête menée par les éléments de la Sûreté urbaine a suffi à convaincre le parquet de la nécessité d’une détention provisoire, en attendant que le tribunal se prononce sur les faits.

Le dossier transmis au juge permettra d’établir les responsabilités pénales et de déterminer si Seydina Fall s’est effectivement rendu coupable d’escroquerie ou s’il s’agit, comme le plaident souvent les mis en cause dans ce genre d’affaire, d’un simple différend commercial. En attendant l’audience, Bougazelli demeure incarcéré à la Maison d’arrêt de Pikine.

Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse des prix des hydrocarbures d’ici 15 jours

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a créé l’événement ce vendredi à l’Assemblée nationale en annonçant une baisse prochaine des prix des hydrocarbures. Présent devant les députés pour défendre le projet de budget 2026 de son ministère, le ministre a confirmé que cette réduction interviendra dans un délai très court, répondant ainsi aux attentes des ménages et des acteurs économiques fortement éprouvés par la hausse du coût de l’énergie.

Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, la déclaration du ministre a suscité un vif intérêt. « Les prix des hydrocarbures vont baisser de manière claire et nette, et ce sera dans moins de 15 jours », a-t-il assuré, adoptant un ton ferme et volontaire. Cette annonce laisse entrevoir une volonté de rupture avec la tendance actuelle et s’inscrit dans la dynamique des engagements pris par le gouvernement.

Quelques semaines plus tôt, le 27 octobre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko avait en effet réaffirmé l’objectif de l’exécutif de revoir à la baisse les coûts de l’électricité, du gaz et du carburant. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de réponse aux tensions sociales et économiques nées de la flambée des prix de l’énergie, un secteur particulièrement sensible en raison de son impact transversal sur les transports, l’industrie et les ménages.

La perspective d’une baisse dans un délai aussi rapproché soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à son ampleur, à ses modalités d’application et à ses répercussions sur les finances publiques. Depuis plusieurs années, la structure des prix des hydrocarbures est fortement influencée par les cours internationaux, les taxes, les subventions et les coûts logistiques. Toute réduction, même modérée, nécessite un arbitrage entre les impératifs sociaux et les équilibres budgétaires.

Birame Soulèye Diop n’a pour l’heure pas donné de détails chiffrés sur la diminution envisagée. Selon plusieurs analystes, le gouvernement pourrait miser sur une combinaison de mesures, incluant un ajustement des taxes, une renégociation des marges ou une optimisation de la chaîne d’approvisionnement, dans le but de rendre la baisse effective sans fragiliser les finances de l’État. Une communication plus précise devrait intervenir dans les prochains jours.

L’annonce du ministre intervient au moment où les consommateurs, les syndicats et les entreprises multiplient les appels à un allègement des prix de l’énergie, confrontés à une situation devenue difficilement soutenable. Pour de nombreux observateurs, cette décision, si elle est confirmée dans les délais annoncés, pourrait constituer un signal fort de la volonté du gouvernement d’Ousmane Sonko d’allier politique sociale et gestion rigoureuse.

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