Sébikhotane : Le « scandale » du protocole de 115 hectares au profit de Holding Gueye SA

En juillet 2024, un protocole d’accord a été signé entre la société Holding Gueye SA, représentée par son administratrice générale Mame Diarra Gueye, et la Direction des Eaux, Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS). Cet accord autorise l’aménagement et l’exploitation d’une plateforme logistique de 115 hectares dans la forêt classée de Sébikhotane, au sud-ouest de Dakar. Officiellement, ce projet est présenté comme une initiative stratégique destinée à contribuer au désengorgement du Port autonome de Dakar, aujourd’hui saturé par l’intensité des mouvements de marchandises. Il prévoit la construction d’infrastructures modernes telles que des hangars de stockage, un hôtel pour chauffeurs, des bureaux de douane, une banque, une clinique et même une station d’essence, transformant ainsi une partie de la forêt classée en un véritable port sec privé.
Le protocole, approuvé par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique d’alors, le professeur Daouda Ngom, oblige Holding Gueye à financer annuellement la Brigade forestière de Sébikhotane à hauteur de quarante millions de francs CFA, à produire cinq mille plants destinés au reboisement et à participer à des opérations de cartographie et de préservation environnementale. En contrepartie, la DEFCCS a concédé à l’entreprise l’usage de l’assiette foncière pour une durée de vingt-cinq ans, une concession qui suscite depuis de vives polémiques.
La controverse a pris une nouvelle dimension le 4 août 2025, lorsque le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, Cheikh Sadibou Diop, a signé une autorisation exceptionnelle de démarrage des travaux préparatoires de terrassement. Cette décision est intervenue alors même que l’étude d’impact environnemental et social (EIES) n’était pas encore finalisée. Pour de nombreux observateurs, cette autorisation constitue une violation flagrante du Code forestier sénégalais, qui interdit toute exploitation en forêt classée sans un déclassement officiel par décret présidentiel.
Les populations riveraines ont aussitôt exprimé leur colère. Le 21 septembre 2025, un collectif d’usagers de la forêt classée de Sébikhotane a publié un communiqué dans lequel il rejette catégoriquement ce protocole, jugé illégal et dangereux. Les habitants dénoncent l’absence de consultation publique, rappelant qu’ils n’ont jamais été associés à un projet qui les concerne pourtant directement. Ils estiment que la construction de ce port sec est inutile dans la mesure où l’État développe déjà les ports de Sendou et de Ndayane, dotés de vastes réserves foncières prévues précisément pour désenclaver Dakar et renforcer les infrastructures logistiques. Pour eux, ce protocole ouvre surtout la voie à une privatisation progressive des forêts classées, avec le risque de voir se multiplier les attributions foncières au profit d’intérêts privés au détriment des communautés locales et de l’environnement.
Les accusations de corruption sont également au cœur de la contestation. Le collectif évoque des pratiques opaques au sein de l’administration territoriale, de la mairie de Diamniadio, de la direction des eaux et forêts et du ministère de l’Environnement. Selon les contestataires, l’attribution de ces 115 hectares à Holding Gueye illustre une stratégie récurrente de spoliation foncière maquillée sous couvert de protocoles administratifs.
La mobilisation s’est intensifiée avec l’entrée en scène du Collectif des exploitants des villages de Dougar, Gandoul et Ndoukhoura. Le 6 mai 2025, ce collectif a adressé une lettre ouverte au Président de la République. Dans ce courrier, signé par leur représentant Charles Justinien Thione, les habitants rappellent qu’ils avaient déjà formulé en 2018 puis en 2021 une demande de déclassement de 98 hectares de la forêt afin d’étendre leurs villages et de créer une zone d’activités locales génératrice d’emplois. Or, après confrontation des coordonnées géographiques, les 98 hectares sollicités se trouvent exactement sur l’assiette foncière de 115 hectares attribuée à Holding Gueye. Cette superposition signifie que les besoins vitaux en logement et en terres agricoles des populations entrent directement en conflit avec un projet privé à but lucratif.
La lettre met également en lumière des pratiques troublantes. Le ministre de l’Environnement aurait tenté d’associer un représentant de Holding Gueye à une audience officielle entre les exploitants et ses services, ce que le collectif a décliné. Quelques jours plus tard, l’administratrice générale de Holding Gueye SA a directement contacté les leaders villageois, après avoir obtenu leurs coordonnées via le ministère. Pour le collectif, ces méthodes démontrent une proximité inquiétante entre l’administration et l’entreprise, et confirment l’existence d’un traitement de faveur.
Au-delà de ces aspects, les exploitants dénoncent le fait que le protocole autorise une société privée à occuper une partie de la forêt classée pour y développer une activité lucrative indépendante pendant vingt-cinq ans. Ils soulignent que l’article 28 de la loi 2018-25 du 12 novembre 2018, invoqué pour justifier le protocole, ne peut pas primer sur l’article 11 de la même loi qui interdit toute exploitation régulière dans les forêts classées non aménagées. Pour eux, ce protocole est en réalité une attribution déguisée de terres publiques au profit d’une société privée, en violation de la législation et au détriment de l’intérêt général.

Parquet financier : Waly Seck libéré après avoir versé une caution de 210 millions de FCFA

Le chanteur Waly Seck, convoqué ce mercredi devant le parquet financier, a finalement retrouvé la liberté après plusieurs heures d’audition. Selon son avocat, Me Abdou Dialy Kane, l’artiste a été relâché à la suite du versement d’un cautionnement fixé à 210 millions de francs CFA.

Le nom du musicien avait été cité dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ce document fait état de transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Macky Sall ».

Si Waly Seck n’a pas été placé sous mandat de dépôt, son implication dans ce dossier sensible continue de susciter de nombreuses réactions. Pour ses avocats, le paiement de la caution ne signifie pas une reconnaissance de culpabilité mais s’inscrit dans la procédure afin de garantir sa disponibilité à répondre aux convocations de la justice.

La suite de l’enquête permettra de déterminer le rôle exact joué par l’artiste dans ces transactions financières jugées douteuses par la CENTIF. En attendant, Waly Seck, figure incontournable de la scène musicale sénégalaise, reste sous la surveillance étroite de la justice financière.

Trafic de cocaïne et crack : trois individus arrêtés à Dakar, tentative de corruption avortée

Une opération coup de filet de la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) de Dakar, relevant de l’OCRTIS, a permis d’interpeller trois individus impliqués dans un réseau de trafic de cocaïne et de crack. Les arrestations, menées entre le 21 et le 22 septembre 2025, se sont concentrées sur les quartiers de Ngor et Yoff, identifiés comme des zones sensibles pour ce type d’activités criminelles.

L’affaire a débuté dans la nuit du 21 au 22 septembre, avec l’arrestation d’un premier suspect pris en flagrant délit de détention de stupéfiants. Les policiers ont découvert sur lui 37 pierres de crack ainsi qu’une demi-boulette de cocaïne. Cette saisie a rapidement orienté les enquêteurs vers son fournisseur, qui a été appréhendé peu après au niveau du rond-point de Ngor. La fouille corporelle a permis de trouver en sa possession deux téléphones portables et une somme d’argent, confirmant son rôle central dans le trafic.

Poussant plus loin leurs investigations, les agents de la BRS ont identifié un deuxième fournisseur. Une perquisition menée dans sa chambre, en sa présence, a mis en évidence du matériel utilisé pour le conditionnement de la drogue : une louche, deux balances électroniques, deux rouleaux de scotch et plusieurs sachets d’emballage. Autant d’indices qui établissent l’organisation et la structuration du réseau.

Dans une ultime manœuvre pour tenter d’échapper à la justice, ce suspect a proposé aux enquêteurs une somme de 500 000 francs CFA. La tentative de corruption, effectuée via un transfert Orange Money réalisé par un complice contacté par téléphone, a été immédiatement consignée comme élément de preuve aggravant.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. Ils devront répondre de lourdes charges, notamment association de malfaiteurs, détention de drogues en vue de trafic, tentative de corruption et blanchiment de capitaux. Cette opération illustre la vigilance accrue des forces de sécurité face à la recrudescence du trafic de cocaïne et de crack dans la capitale sénégalaise, et confirme la détermination des autorités à démanteler les réseaux qui menacent la jeunesse et la stabilité sociale.

Établissements privés : seulement 40 sur 120 ont déposé leurs dossiers, l’État fixe la date butoir au 2 octobre

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation hausse le ton face aux établissements privés d’enseignement supérieur (EPES) qui tardent à régulariser leur situation administrative. Dans un communiqué publié le 23 septembre 2025, la Direction de l’Enseignement supérieur privé a rappelé que les dépôts de dossiers en vue de l’habilitation institutionnelle sont ouverts depuis le 2 septembre et prendront fin le 2 octobre 2025 à 23 h 59, délai de rigueur.

À dix jours de la clôture de cette campagne, le constat est préoccupant : seuls 40 établissements sur les 120 concernés ont déposé leur dossier. « Ce faible taux de participation inquiète », a reconnu le directeur, le professeur Benoît Tine, signataire du document. Les autorités mettent en garde les retardataires et insistent sur le caractère obligatoire de cette démarche pour tout établissement privé fonctionnant depuis plus de quatre ans avec un simple agrément provisoire.

Le communiqué rappelle en effet l’article 3 du décret n°2018-850, qui impose à tout établissement privé d’enseignement supérieur de solliciter auprès du ministre chargé de l’Enseignement supérieur une habilitation à délivrer les diplômes du système LMD, et ce dès la fin de la première année académique de fonctionnement. Le non-respect de cette obligation expose les contrevenants à des sanctions lourdes, allant jusqu’à l’impossibilité légale de délivrer des diplômes reconnus par l’État.

La Direction de l’Enseignement supérieur privé invite donc les responsables d’EPES à finaliser sans délai leurs démarches et à se rapprocher de M. Mamadou Doudou Sane, chargé du suivi des dossiers, afin de se conformer à la réglementation en vigueur. Passé le 2 octobre, tout établissement non régularisé s’exposera à des conséquences administratives et juridiques.

Cette mise au point marque la volonté des autorités de mettre de l’ordre dans le paysage de l’enseignement supérieur privé, un secteur en pleine expansion mais encore confronté à des pratiques irrégulières qui fragilisent la crédibilité des diplômes délivrés.

DIC : Madiambal Diagne ignore une convocation des enquêteurs

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est au cœur d’une nouvelle polémique. Convoqué par la Division des investigations criminelles (DIC), il n’a pas donné suite à l’invitation qui lui avait été adressée. Selon plusieurs sources proches du dossier, le fondateur du groupe Avenir Communication aurait délibérément manqué à ce rendez-vous avec les enquêteurs.

Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet financier. À l’origine de la procédure, un rapport transmis par la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières) fait état de transactions suspectes estimées à près de 21 milliards de francs CFA. Ces opérations mettraient en cause Madiambal Diagne et impliqueraient des responsables de la société Ellipse.

Pour l’heure, aucune précision n’a filtré sur les suites immédiates que les autorités comptent donner à ce refus de déférer. Mais l’affaire suscite déjà de nombreuses interrogations, tant par l’ampleur des sommes évoquées que par la personnalité concernée. Patron de l’un des groupes de presse les plus influents du pays, Madiambal Diagne est également connu pour ses prises de position tranchées dans le débat public.

Ce dossier, désormais suivi de près par l’opinion, pourrait marquer un tournant dans la relation entre justice et médias au Sénégal. Les prochains développements permettront de savoir si la justice décidera de passer à une étape supérieure, en contraignant le journaliste à s’expliquer devant les enquêteurs.

42ᵉ Assemblée de l’OACI : le Sénégal récompensé pour sa performance en aviation civile

Le Sénégal s’est vu décerner une importante distinction lors de la cérémonie d’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), tenue mardi à Montréal, au Canada. Cette reconnaissance met en lumière les efforts constants du pays pour renforcer la supervision de son système d’aviation civile et garantir une meilleure conformité aux standards internationaux.

Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a personnellement reçu le certificat des mains de Salvatore Sciacchitano, président du Conseil de l’OACI. Ce geste symbolique vient couronner plusieurs années d’efforts engagés par les autorités sénégalaises, à travers l’Autorité de l’aviation civile nationale (ANACIM), pour améliorer la sécurité aérienne et se conformer aux exigences de l’organisation mondiale.

Cette distinction fait suite à un audit minutieux de l’OACI qui visait à évaluer la capacité du Sénégal à mettre en place un système de supervision robuste et des mécanismes adaptés à l’application des normes et pratiques recommandées. Les résultats témoignent d’un bond significatif : de 67 % en 2019, le taux de mise en œuvre effective de ces standards est passé à 85 % en 2024. Une progression de plus de 15 points qui traduit les avancées du pays dans la modernisation de ses procédures, la formation de ses acteurs et le renforcement de son cadre réglementaire.

Pour les autorités sénégalaises, cette reconnaissance constitue non seulement un motif de fierté, mais aussi un gage de crédibilité sur la scène internationale. Elle envoie un signal fort aux compagnies aériennes, aux investisseurs et aux partenaires techniques, confirmant que Dakar ambitionne de consolider son rôle de hub aérien en Afrique de l’Ouest.

La 42ᵉ Assemblée de l’OACI, ouverte le 23 septembre, se poursuivra jusqu’au 3 octobre. Elle réunit les représentants des 193 États membres, ainsi que de nombreuses organisations internationales invitées. Ces assises mondiales permettront de définir les orientations de l’aviation civile internationale pour les trois prochaines années et d’adopter un plan stratégique de long terme couvrant la période 2026-2050.

Avec cette distinction, le Sénégal confirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de rigueur et de transparence, en faisant de la sécurité et de la qualité de ses services aériens des priorités nationales. Une étape décisive dans l’ambition affichée de hisser le pays au rang des acteurs majeurs de l’aviation civile africaine et internationale.

Tambacounda : un réseau de fraude documentaire démantelé à Kidira, neuf personnes arrêtées

La Section de Recherches de Tambacounda a mené une opération décisive dans la lutte contre la criminalité organisée. Le mercredi 17 septembre 2025, ses agents ont réussi à mettre fin aux agissements d’un réseau spécialisé dans la falsification et la commercialisation de documents liés au transport routier.

Selon les premières informations, ce réseau avait trouvé refuge à Kidira, une ville frontalière considérée comme un point stratégique pour le transit des marchandises. Les faussaires s’étaient spécialisés dans la confection de cartes internationales de transport public de marchandises. Ces documents, censés être officiels, étaient en réalité de grossières imitations vendues à 25 000 francs CFA l’unité. Un système frauduleux qui générait des profits considérables pour ses organisateurs, au détriment de la régularité du secteur et de la sécurité des usagers.

Les enquêteurs ont également découvert que plusieurs syndicalistes du transport étaient directement impliqués dans ce trafic, ce qui démontre la profondeur de l’infiltration du réseau dans un secteur déjà fragile. Leur rôle consistait à faciliter la diffusion des fausses cartes auprès de transporteurs cherchant à contourner les règles administratives.

Au terme de l’opération, neuf personnes ont été interpellées. Elles ont été mises à la disposition de la justice et devront répondre des accusations de fraude documentaire et de participation à un réseau criminel organisé.

Ce coup de filet marque une étape importante dans les efforts de sécurisation du corridor Est du pays, particulièrement exposé aux trafics en tout genre en raison de sa position frontalière. Il illustre également la détermination des autorités à lutter contre les pratiques illégales qui fragilisent le secteur du transport et nuisent à l’économie nationale.

Bakel : sensibilisation des orpailleurs pour une exploitation minière plus responsable

Un atelier d’échanges et de sensibilisation s’est tenu récemment à Bakel, dans la région de Tambacounda, à l’initiative du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Cette rencontre, rapportée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), avait pour objectif de mieux encadrer l’activité des orpailleurs du département et de promouvoir une exploitation minière durable et respectueuse des normes en vigueur.

Le directeur régional de l’Énergie et des Mines, Diéry Abdoul Diallo, a expliqué que les discussions ont porté sur la réglementation en vigueur, avec une volonté affirmée de sensibiliser les acteurs locaux et d’échanger avec les services techniques ainsi que les collectivités territoriales. « L’idée est de parvenir à des recommandations concrètes pour que l’exploitation artisanale et semi-mécanisée des ressources se fasse de manière responsable et durable », a-t-il déclaré.

Cet atelier s’inscrivait dans le cadre des journées portes ouvertes initiées par le ministre Birame Souleye Diop, placées sous le thème : « Vers une exploitation responsable et durable des ressources minérales pour un développement inclusif au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le préfet de Bakel, Daouda Sène, en présence de plusieurs autorités administratives, locales, de chefs de service et bien sûr des orpailleurs concernés.

Les échanges ont abordé plusieurs aspects essentiels, notamment le code minier, les modalités d’exploitation semi-mécanisée et la nécessité de formaliser les orpailleurs pour mieux organiser leur activité. Diéry Abdoul Diallo a salué la création d’un cadre de concertation qui permet d’anticiper et de résoudre les difficultés récurrentes dans l’exploitation artisanale. Parmi les propositions issues de la rencontre figurent l’augmentation du nombre de couloirs d’orpaillage et l’ouverture de carrières publiques dans les arrondissements et communes afin d’offrir aux exploitants davantage de possibilités légales d’activité.

La question du désenclavement des zones minières a également été soulevée. Les participants ont insisté sur l’importance de construire des pistes rurales et d’améliorer la couverture téléphonique afin de renforcer la sécurité sur les sites. L’ouverture de comptoirs d’achat directement au niveau des zones d’orpaillage a également été évoquée comme un moyen de mieux encadrer la filière et d’éviter les pratiques informelles.

Pour le directeur régional, la formalisation des orpailleurs est un passage obligé si l’État veut mieux contrôler la chaîne de valeur. Cela permettrait de suivre la production, de connaître les lieux de vente de l’or et de créer des centres de traitement intégrés capables de limiter les pollutions environnementales liées à l’exploitation artisanale.

Il a rappelé que le département de Bakel présente déjà une avance notable par rapport à d’autres zones minières du pays. La majorité des exploitants y sont organisés en groupements d’intérêt économique (GIE), et la zone concentre plus de 90 % des titres miniers de la région de Tambacounda. « Ces échanges sont indispensables pour améliorer la gouvernance de nos ressources minières et assurer que leur exploitation profite réellement aux communautés locales », a conclu M. Diallo.

Diamel submergé : Thierno Alassane Sall accuse le gouvernement de négligence

La situation dramatique vécue par les habitants du village de Diamel, aujourd’hui submergé par les eaux, fait vivement réagir la classe politique. Parmi les voix les plus critiques, celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, se distingue par sa fermeté. Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce ce qu’il qualifie de « non-assistance à des populations en danger » de la part du président Bassirou Diomaye Faye et de son gouvernement.

Selon l’ancien député, la menace pesant sur Diamel n’était ni soudaine, ni imprévisible. Depuis deux mois, affirme-t-il, les habitants du village se battent à mains nues contre une crue annoncée, tentant désespérément d’endiguer les eaux avec de simples sacs de sable. Il rappelle avoir alerté à plusieurs reprises, y compris lors de sessions extraordinaires à l’Assemblée nationale, sur la gravité de la situation et l’urgence d’une intervention étatique.

Le 18 septembre dernier, après les premiers lâchers d’eau du barrage de Manantali, Thierno Alassane Sall dit avoir réitéré son appel, insistant sur le caractère « pressant » de la situation. En vain. Quelques jours plus tard, Diamel est sous les eaux, ses habitants livrés à eux-mêmes. Pour lui, ce drame aurait pu être évité. « Ce n’était pas une fatalité », écrit-il. « C’est de la non-assistance à des populations en danger. »

Mais ce qui semble l’avoir le plus choqué, c’est l’attitude du chef de l’État dans ce contexte de crise. Alors que le village appelait à l’aide, le président Diomaye Faye apparaissait, selon lui, dans une scène légère et déplacée : une partie de Scrabble partagée sur les réseaux sociaux. Une image qui, pour Thierno Alassane Sall, incarne un manque total de considération face à la détresse d’une partie du peuple. « Il avait le temps et les moyens », souligne-t-il, tout en fustigeant une communication décalée, à mille lieues des urgences du terrain.

Avec une ironie amère, il anticipe déjà la suite. « Sans doute, comme l’année dernière, il va aller, en tenue de Général, au chevet des sinistrés. Un Général qui vient toujours après la bataille. » Une formule acérée qui résume le sentiment d’abandon ressenti par les sinistrés et que l’opposition n’hésite pas à exploiter pour dénoncer l’inaction du pouvoir.

Au-delà du président, Thierno Alassane Sall interpelle également les parlementaires. Deux sessions extraordinaires ont été organisées récemment à l’Assemblée nationale, mais aucune n’a, selon lui, accordé l’attention requise à la situation de Diamel et d’autres localités menacées par les inondations. Un silence institutionnel qu’il juge complice. « Les représentants du peuple porteront aussi la responsabilité d’avoir ignoré une situation extraordinaire qui frappe bien des localités du pays. »

Il conclut son message par une définition sans équivoque du patriotisme : « Le patriotisme, c’est être auprès du peuple. » Une piqûre de rappel adressée à ceux qui, selon lui, ont tourné le dos à leurs responsabilités les plus élémentaires.

Sénégal : des pluies et des orages annoncés sur une grande partie du pays

L’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a publié un nouveau bulletin météorologique pour la période allant du lundi 23 septembre à 21h jusqu’au mardi 24 septembre à la même heure. Selon les prévisions, une grande partie du territoire sénégalais connaîtra une nuit marquée par des épisodes pluvieux parfois accompagnés d’orages.

Les régions du sud, notamment Kédougou, Kolda, Ziguinchor et Sédhiou, devraient être particulièrement concernées par ces intempéries. Le centre du pays, incluant Kaolack, Thiès, Fatick, Diourbel, Linguère et Louga, pourrait également enregistrer des précipitations, avec une probabilité de pluie à Dakar. Du côté est, Matam, Bakel et Tambacounda sont aussi sous la menace d’averses orageuses, tandis que le nord, notamment Saint-Louis, n’est pas épargné. En revanche, à Podor, le risque de pluie demeure plus limité.

Pour la journée du mardi 24 septembre, l’ANACIM prévoit que l’ouest et le centre du pays pourraient encore connaître des averses et des orages. Ailleurs, le temps sera majoritairement nuageux, avec des pluies légères et éparses possibles par moments.

Enseignement supérieur : Daouda Ngom inscrit le dialogue au centre de sa stratégie

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, s’est rendu ce mardi à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), située dans la Cité du Savoir à Diamniadio. Cette visite a été l’occasion pour lui de réaffirmer sa volonté de fonder son action sur une approche participative et inclusive.

D’après l’Agence de presse sénégalaise (APS), le ministre a insisté sur l’importance de la concertation avec l’ensemble des parties prenantes du secteur. Il a déclaré que l’ensemble de ses initiatives seront guidées par l’écoute et l’échange avec les enseignants-chercheurs, les chercheurs, le personnel administratif et technique, les étudiants ainsi que les syndicats, dans le but de garantir un accès juste et équitable à un enseignement supérieur de qualité.

Lors de son intervention, Daouda Ngom a tenu à saluer les performances remarquables de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane. En douze ans seulement, l’établissement est devenu la deuxième université du pays en nombre d’inscrits, comptant aujourd’hui quelque 74 000 étudiants. Il a rappelé que l’université a obtenu son habilitation institutionnelle en 2020, avant d’ouvrir une école doctorale dès l’année suivante, en 2021.

Cette progression rapide, qu’il qualifie de « prouesse », démontre selon lui le rôle essentiel que joue l’UN-CHK dans la démocratisation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le ministre a également mis en lumière les avancées technologiques de l’établissement, en citant notamment les applications numériques développées en interne telles que « Jokoo », « Gisé » et « Disso ». Ces outils, selon lui, participent activement à la consolidation de la souveraineté numérique nationale.

Il a d’ailleurs exprimé un intérêt particulier pour l’application « Gisé », soulignant qu’elle représente une alternative gratuite et locale aux plateformes de visioconférence payantes comme Zoom.

Encourageant l’université à poursuivre ses efforts, Daouda Ngom a salué des initiatives telles que les vacances citoyennes numériques, organisées en partenariat avec le ministère en charge du numérique. Pour lui, ces actions illustrent parfaitement l’engagement de l’UN-CHK au service des communautés.

Enfin, le ministre s’est montré attentif aux difficultés rencontrées par l’université. S’il a promis un accompagnement de la part de son département, il a également précisé qu’il souhaitait éviter les promesses non tenues, préférant une approche réaliste et pragmatique dans la conduite des réformes.

Macky Sall reçoit une délégation de l’Utah pour renforcer les liens avec l’Afrique

Ce mardi 23 septembre, l’ancien président de la République, Macky Sall, a reçu en audience une délégation officielle venue des États-Unis. À la tête de cette mission diplomatique se trouvait Jabez Stuart Adams, président du Sénat de l’État de l’Utah. Il était accompagné de Jonathan Freeman, président du World Trade Center Utah, ainsi que de Miles Hansen, président de la Fondation Stirling.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la visite que Macky Sall avait effectuée à Salt Lake City en mai 2024. Selon lui, ces échanges ont été l’occasion de faire avancer les discussions sur plusieurs dossiers d’intérêt commun. L’objectif affiché reste clair : consolider la coopération entre l’État de l’Utah et le continent africain. Macky Sall a d’ailleurs souligné sur sa page Facebook l’importance stratégique de ces relations pour le développement de partenariats durables.

Santé : un deuxième cas de Mpox confirmé à Dakar, 20 personnes sous surveillance

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, ce lundi 22 septembre 2025, la confirmation d’un deuxième cas de Mpox, plus connue sous le nom de variole du singe, dans la capitale sénégalaise. Cette annonce intervient à peine quelques jours après la détection d’un premier cas, suscitant une vigilance accrue des autorités sanitaires et de la population.

Selon les précisions du communiqué officiel, il s’agit d’un patient de nationalité sénégalaise, résidant à Dakar, qui avait commencé à présenter des signes suspects dès le 11 septembre. Le malade a été reçu en consultation au Service des maladies infectieuses de l’Hôpital de Fann le 21 septembre, avant d’être immédiatement hospitalisé. Les analyses effectuées sur ses prélèvements ont confirmé la présence du virus le 22 septembre.

À la suite de cette confirmation, une enquête épidémiologique a été déclenchée afin de retracer les déplacements et interactions du patient. Les services compétents ont déjà identifié vingt personnes qui ont été en contact direct ou indirect avec lui. Toutes ces personnes sont désormais placées sous surveillance médicale rapprochée, conformément aux protocoles établis. À ce stade, les autorités soulignent qu’aucun lien n’a pu être établi entre ce deuxième cas et le premier patient confirmé ni avec les contacts de ce dernier, ce qui laisse penser à des chaînes de transmission distinctes.

Le ministère a tenu à rassurer la population, rappelant que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour limiter la propagation de la maladie. Les équipes médicales spécialisées sont mobilisées et des dispositifs de suivi rigoureux ont été mis en place dans les zones potentiellement exposées. L’autorité sanitaire invite néanmoins les citoyens à rester vigilants, à signaler rapidement tout symptôme suspect et à suivre scrupuleusement les recommandations données par les agents de santé.

Dans son communiqué, le ministère insiste sur l’importance de la sérénité et de la responsabilité collective. L’apparition de signes tels que la fièvre, les éruptions cutanées, les douleurs musculaires ou les ganglions enflés doit pousser les personnes concernées à consulter sans délai les structures de santé les plus proches. Cette démarche préventive, combinée à une réponse rapide du système sanitaire, est jugée essentielle pour éviter une propagation plus large du Mpox.

Avec ce deuxième cas confirmé, le Sénégal rejoint la liste des pays africains appelés à renforcer leur dispositif de surveillance épidémiologique face à une maladie qui, bien que rarement mortelle, peut avoir de graves conséquences sur la santé et créer une forte inquiétude au sein des populations. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si la situation est maîtrisée ou si des mesures supplémentaires devront être prises.

Ngor : arrestation d’un trafiquant avec du crack et de la cocaïne

Une opération de la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a permis l’interpellation d’un individu suspecté de trafic de drogue dure. Les faits se sont déroulés le 22 septembre 2025, dans la commune de Ngor, selon une communication officielle de la Police nationale.

L’intervention est partie d’un renseignement jugé « exploitable » par les enquêteurs, faisant état de l’existence d’un réseau actif dans la zone côtière de Ngor. Les policiers ont alors mis en place une opération de surveillance qui a conduit à l’arrestation du suspect au niveau du rond-point du casino du Cap-Vert.

La fouille de sécurité effectuée sur place a permis de mettre la main sur 37 pierres de crack et une demi-boulette de cocaïne, ainsi qu’une somme d’argent dont l’origine reste à déterminer. La nature des produits saisis confirme l’implication présumée du mis en cause dans un trafic de drogues dites « dures », particulièrement surveillées par les autorités en raison de leur dangerosité et de leur forte valeur marchande.

Placée en garde à vue, la personne arrêtée fait désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs et détention de stupéfiants en vue de trafic. Elle sera présentée au parquet à l’issue de l’enquête, qui devrait également s’attacher à identifier d’éventuels complices et à démanteler l’ensemble du réseau.

Cette saisie illustre une nouvelle fois la vigilance accrue des forces de sécurité dans la lutte contre la prolifération des drogues dures au Sénégal. Ces dernières années, la police et la gendarmerie multiplient les opérations de terrain, souvent grâce à des informations issues de dénonciations citoyennes ou de recoupements de renseignements.

Pour les autorités, la présence de crack et de cocaïne à Dakar et dans sa banlieue constitue une menace croissante, en particulier pour la jeunesse. Les enquêteurs de l’OCRTIS entendent donc renforcer la pression sur les trafiquants afin de couper l’approvisionnement et de dissuader les réseaux de s’implanter durablement dans la capitale.

Sénégal : la Direction de l’Emploi introduit la délivrance de certificats de chômage

La Direction de l’Emploi a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mardi 23 septembre 2025, la mise en place d’une nouvelle procédure permettant aux citoyens sénégalais d’obtenir un « certificat de chômage ». Ce document administratif, délivré sur demande, vise à attester officiellement la situation de non-emploi d’un individu et pourrait être requis dans divers contextes, notamment pour l’accès à certains programmes publics, aux appuis sociaux ou dans le cadre de démarches administratives spécifiques.

Selon la note, plusieurs pièces justificatives sont nécessaires pour constituer un dossier. Parmi elles figurent une photocopie de la carte nationale d’identité, une déclaration sur l’honneur légalisée, une demande manuscrite adressée au Directeur de l’Emploi, ainsi qu’un certificat de résidence. Dans le cas où la demande est effectuée par une tierce personne, une procuration dûment signée doit également être présentée.

La Direction de l’Emploi insiste sur l’importance de vérifier la complétude du dossier avant tout dépôt, afin d’éviter les retards liés à des pièces manquantes ou mal établies. Cette précision témoigne de la volonté des autorités de rationaliser et d’accélérer la procédure, tout en garantissant la fiabilité des informations fournies par les demandeurs.

L’instauration de ce certificat intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le marché du travail, où le chômage reste une préoccupation majeure pour une grande partie de la population active, notamment les jeunes diplômés. Pour certains observateurs, cette initiative pourrait contribuer à mieux cerner et documenter la réalité du chômage au Sénégal, en fournissant des statistiques plus fiables aux décideurs publics.

Cependant, des interrogations demeurent quant à l’impact réel de ce document sur l’amélioration des conditions d’accès à l’emploi. Si le certificat constitue une reconnaissance administrative d’une situation vécue par beaucoup de Sénégalais, il n’apporte pas de solution directe au déficit d’opportunités économiques et professionnelles.

Migration irrégulière : la marine nationale intercepte une pirogue avec 259 candidats au large de Dakar

Un nouveau coup de filet en mer illustre l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de frapper le Sénégal et la sous-région. La marine nationale sénégalaise, en étroite coordination avec l’armée de l’air, a annoncé avoir intercepté, lundi dernier, une pirogue transportant 259 candidats à l’immigration irrégulière. L’embarcation a été repérée à environ 100 kilomètres au large de Dakar alors qu’elle tentait de rallier les côtes européennes.

Selon la communication officielle relayée via la page X (ex-Twitter) de la marine nationale, l’opération a mobilisé des moyens aériens et navals permettant de sécuriser rapidement la pirogue et de mettre les passagers hors de danger. Ces derniers, visiblement épuisés après plusieurs jours en mer, ont été conduits sains et saufs à la base navale Amiral Faye Gassama, où ils ont été pris en charge par les services compétents.

Les migrants interceptés sont actuellement entre les mains des structures chargées de leur identification et de leur accompagnement. Les autorités n’ont pas précisé la nationalité des personnes secourues, mais l’embarcation, selon les premières informations, provenait d’un pays voisin, confirmant le caractère transfrontalier et régional de cette migration irrégulière.

Cette opération vient rappeler l’intensification des départs par voie maritime observés ces derniers mois. Malgré les risques considérables, de nombreux jeunes continuent de s’embarquer à bord de pirogues surchargées, dans l’espoir d’atteindre l’Espagne, via les Canaries. Une traversée périlleuse qui entraîne chaque année des drames humains, avec des naufrages meurtriers recensés au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes.

Les autorités sénégalaises réaffirment régulièrement leur détermination à lutter contre ce fléau, en renforçant la surveillance côtière et la coopération internationale. Mais les observateurs estiment que la solution durable passe par des mesures structurelles, visant à améliorer les opportunités économiques et sociales des jeunes dans leurs pays d’origine.

En interceptant cette pirogue chargée de 259 personnes, la marine nationale évite sans doute une nouvelle tragédie en mer. Mais cet épisode illustre aussi la persistance d’un phénomène migratoire complexe, où l’espoir d’une vie meilleure continue de pousser des centaines de candidats à défier les vagues et les dangers de l’Atlantique.

Saint-Louis : Les chemins de fer du Sénégal portent plainte pour « bradage foncier » sur le périmètre ferroviaire

La société nationale Les chemins de fer du Sénégal (CFS) a décidé de saisir la justice pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « bradage foncier » sur son patrimoine à Saint-Louis. L’affaire, désormais confiée à la Section de recherche (SR) de la gendarmerie, met en lumière une occupation jugée illégale et anarchique des emprises ferroviaires de la vieille gare de la ville tricentenaire.

Selon les révélations du journal Libération, la situation remonte à 2020, année de la création de la nouvelle société nationale chargée de la gestion du rail. Dès son installation, la direction des CFS a constaté une prolifération d’occupations irrégulières sur les terrains ferroviaires, notamment dans le périmètre stratégique de la gare de Saint-Louis. Des individus se seraient arrogé, sans droit ni titre, la qualité de propriétaires de portions de ces emprises, allant jusqu’à les diviser en parcelles pour les louer ou les vendre à d’autres personnes.

Cette pratique a entraîné, selon les CFS, une véritable « anarchie foncière » au cœur même d’un domaine réservé à l’exploitation ferroviaire. Les nouveaux occupants, souvent inconscients de l’illégalité de leurs acquisitions, y ont installé des abris précaires ou développé des activités commerciales et artisanales sans respecter aucune norme de sécurité. Une situation jugée particulièrement préoccupante puisque ces occupations s’étendent parfois jusque dans des zones où le passage des trains ou la protection des infrastructures impose des règles strictes.

La société nationale dénonce également des complicités qui auraient facilité cette appropriation frauduleuse. Elle estime que des acteurs locaux, par leur silence ou leur implication directe, ont contribué à renforcer ce désordre foncier, au détriment du patrimoine national. « Ces pratiques mettent en danger non seulement la sécurité des usagers et des riverains, mais elles hypothèquent aussi la relance du rail que l’État s’efforce de promouvoir », confie une source proche du dossier.

En portant plainte, les CFS cherchent à la fois à mettre un terme aux occupations irrégulières et à valoriser leurs droits légitimes sur les emprises ferroviaires. L’objectif est clair : obtenir la réparation du préjudice subi et restaurer l’autorité de l’État sur un domaine d’utilité publique stratégique.

Ce bras de fer judiciaire survient dans un contexte de regain d’intérêt pour le transport ferroviaire au Sénégal, notamment avec la relance du projet de réhabilitation de la ligne Dakar–Tambacounda et la modernisation de certains tronçons. Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre les défis récurrents liés à la gestion du foncier dans le pays, où l’absence de contrôle rigoureux et les pratiques frauduleuses fragilisent souvent les grands projets d’infrastructures.

À Saint-Louis, la balle est désormais dans le camp de la justice. Les habitants et usagers du rail attendent de voir si cette plainte permettra non seulement de sanctionner les fraudeurs, mais aussi de sécuriser définitivement le patrimoine ferroviaire de la ville, berceau historique du chemin de fer au Sénégal.

Groupe Ledakarois en deuil : décès du père de notre correspondante à Diourbel

Le Groupe Ledakarois a appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu, hier, du père de notre correspondante à Diourbel, Ndeye Yancine Mbaye.

En ce moment de douleur et de recueillement, nous tenons à lui exprimer toute notre compassion et à présenter nos condoléances les plus émues à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la communauté de Diourbel.

La disparition d’un parent est une épreuve difficile, et nous partageons sa peine avec solidarité et fraternité. Le Groupe Ledakarois reste à ses côtés dans cette épreuve, priant pour le repos éternel de l’âme du défunt et pour que Dieu, dans Sa miséricorde infinie, lui ouvre les portes du paradis.

Nous adressons également nos pensées de réconfort à Ndeye Yancine Mbaye, à sa famille, et à tous ceux qui l’ont connu et aimé.

Que la terre de Touba lui soit légère.

Podor : le fleuve Sénégal franchit le seuil d’alerte

L’inquiétude monte à Podor où le niveau du fleuve Sénégal continue de grimper. Ce samedi 20 septembre 2025, à 8 heures, l’échelle du quai Elhadj Boubou Sall a affiché 5,14 mètres, soit trois centimètres de plus que la veille.

Cette évolution confirme une hausse régulière enregistrée depuis plusieurs jours. La côte d’alerte fixée à 5 mètres a été franchie dès le 14 septembre. À titre de comparaison, à la même période l’année dernière, le fleuve n’avait pas dépassé 4,95 mètres, ce qui souligne la gravité de la crue actuelle.

Dans certaines zones, notamment au niveau des périmètres irrigués villageois (PIV) relevant de la SAED, des parcelles sont déjà envahies par les eaux. Les populations, préoccupées, suivent avec appréhension l’évolution de la situation, d’autant que des lâchers d’eau ont été confirmés au barrage de Manantali, après que le réservoir a atteint son seuil critique.

Face à ce contexte, les autorités locales exhortent les riverains à rester « prudents, vigilants et mobilisés » afin de limiter les risques liés à la montée du fleuve.

Lâchers d’eau à Manantali : le préfet de Matam annonce un plan de protection des populations

À la suite des lâchers d’eau du barrage de Manantali, qui ont provoqué une hausse du niveau du fleuve Sénégal, le préfet du département de Matam, Téning Faye, a présenté les dispositions prises pour protéger les habitants. Il a indiqué qu’un plan de réponse opérationnel a été finalisé afin d’anticiper d’éventuels risques.

Selon lui, la montée des eaux a été constatée dès le week-end dernier. Pour y faire face, l’administration locale a pu compter sur l’appui d’entreprises de la place. La SAED (Société d’Aménagement et d’Exploitation du Delta du Fleuve Sénégal) a notamment participé à la réhabilitation de la digue de Matam et à la construction d’une petite digue à Tigéré, destinée à détourner les eaux.

Au micro d’iRadio, Téning Faye a également évoqué des mesures spécifiques pour les zones déjà affectées par les eaux stagnantes, comme à Afia. Avec l’appui de l’entreprise Dental BTP, une tranchée a été creusée pour permettre un écoulement par gravité, afin de limiter l’impact sur les habitations.

Liberté d’expression : Seydi Gassama plaide pour plus de responsabilité et de tolérance

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a appelé ce vendredi les citoyens à faire preuve de retenue dans l’usage de la liberté d’expression, tout en invitant les autorités à davantage de tolérance dans la répression des propos jugés offensants, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

« Nous encourageons les citoyens à user de leur liberté d’expression avec discernement et à éviter de polluer le débat public par des propos inutiles. S’exprimer librement ne signifie pas diffamer ou porter atteinte à la dignité d’autrui », a-t-il affirmé.

Ces propos ont été tenus lors d’un atelier consacré à la présentation des avant-projets de loi sur la protection des défenseurs des droits humains, l’instauration d’un juge des libertés, ainsi que les recommandations issues des assises de la justice et du dialogue national sur le système politique.

D’après l’APS, cette rencontre visait à sensibiliser les parlementaires et à faciliter une adoption rapide de ces réformes destinées à renforcer la garantie des droits et libertés au Sénégal.

Le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Me Abdoulaye Tall, a pour sa part souligné que « tous ceux qui aspirent à la paix et à la justice doivent accorder une attention particulière à ces textes ».

Présent également, Ayéda Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, a salué les efforts conjoints de l’État et de la société civile dans la promotion des droits humains.

« Cet atelier est une initiative que nous soutenons fortement. Il est essentiel de continuer à progresser sans exclure aucune institution », a-t-il conclu.

Abdou Mbow dénonce une « dictature » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d’expression

La marche citoyenne organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre, ce vendredi à Dakar, continue de susciter des réactions politiques marquées. Parmi les participants, le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et proche du régime précédent, a tenu un discours virulent contre l’actuel pouvoir, qu’il accuse de bafouer la liberté d’expression et de tendre vers une « dictature ».

Dans une allocution prononcée devant les manifestants, l’élu a rappelé que cette initiative est partie de citoyens qui, selon lui, ont été déçus par les promesses non tenues du président Ousmane Sonko et de son parti Pastef. « Des Sénégalaises qui avaient placé leurs espoirs en Ousmane Sonko et son parti, porteurs d’une promesse de changement, ont pris l’initiative de cette manifestation. Toutes ces promesses faites aux Sénégalais n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, la liberté d’expression dans ce pays est bafouée », a-t-il affirmé, sous les applaudissements d’une partie de la foule.

Le député a également pointé du doigt la vague d’arrestations qui, selon lui, vise à réduire au silence toute voix discordante. Citant des noms précis, Abdou Mbow a évoqué les cas de Badara Gadiaga, Farba Ngom, Abdou Nguer, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Maodo Malick Mbaye, tous emprisonnés dans des conditions qu’il juge arbitraires. Pour lui, ces détentions traduisent une volonté claire d’instaurer un régime répressif et autoritaire.

« L’actuel régime veut instaurer une dictature au Sénégal, mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais », a lancé le député, appelant à une mobilisation populaire massive pour contraindre Ousmane Sonko et Pastef à quitter le pouvoir. Ses propos s’inscrivent dans une stratégie d’opposition frontale, marquée par une dénonciation constante de la gouvernance actuelle et de ses pratiques jugées liberticides.

Cette sortie d’Abdou Mbow intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui accuse les autorités de restreindre les libertés publiques et de multiplier les décisions arbitraires. La marche du Collectif Rappel à l’Ordre, qui se veut pacifique, apparaît ainsi comme un espace d’expression de ces frustrations, mais aussi comme un point de ralliement pour les forces politiques et citoyennes qui entendent résister à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire.

Marche du Collectif Rappel à l’Ordre : Thierno Alassane Sall fustige une justice « absente » au Sénégal

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme de la marche pacifique organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre. Ce mouvement citoyen, né dans un contexte de crispations sociales et politiques, milite pour la défense des libertés fondamentales et le respect de l’État de droit. Parmi les personnalités présentes, la participation de Thierno Alassane Sall, député à l’Assemblée nationale et leader du parti République des Valeurs, a retenu l’attention.

L’ancien ministre a profité de cette tribune pour pointer du doigt ce qu’il considère comme une faillite de l’appareil judiciaire sénégalais. Dans son allocution, il a affirmé avec force qu’« il ne peut y avoir de paix sans justice », rappelant que la stabilité sociale et politique du pays dépend directement de l’impartialité des juges et de leur capacité à rendre des décisions équitables. Il a cité le cas d’Abdou Nguer, envoyé en instruction « sans raison valable », ainsi que celui d’autres personnes détenues qu’il estime arbitrairement privées de liberté.

Revenant sur les crises de 2021 et de 2024, marquées par des manifestations violentes et de profondes contestations sociales, Thierno Alassane Sall a insisté sur le fait qu’elles ne résultaient pas uniquement d’un conflit autour d’un individu ou d’un parti politique, mais traduisaient surtout un ressentiment collectif face à ce qu’il a appelé « l’absence de justice ». Selon lui, ce déficit de confiance dans les institutions judiciaires est l’un des principaux moteurs des tensions persistantes au Sénégal.

Au-delà de la justice, le député a également dénoncé des pratiques qu’il qualifie de « dictatoriales » de la part des dirigeants actuels. Il a notamment pointé le licenciement de travailleurs qu’il juge arbitraire, remplacés, selon lui, par des militants du parti au pouvoir, Pastef. « Des travailleurs, soutiens de famille, ont été licenciés sans motif valable. C’est une violence inacceptable », a-t-il martelé, soulignant que ces décisions ne font qu’aggraver le sentiment d’injustice au sein des populations.

Pour Thierno Alassane Sall, sa présence à cette marche répond à une exigence morale et citoyenne. Il affirme que ce type d’injustices constitue l’une des principales raisons de son engagement aux côtés du Collectif Rappel à l’Ordre. Par ce geste, il veut signifier sa solidarité avec les Sénégalais qui dénoncent une gouvernance jugée autoritaire et qui appellent à un retour aux valeurs fondamentales de l’État de droit.

Cette mobilisation, bien que pacifique, s’inscrit dans une dynamique de contestation qui prend de l’ampleur à travers le pays. Elle illustre le malaise profond d’une partie de la société sénégalaise, qui estime que les institutions, en particulier la justice, ne remplissent plus leur rôle de garant de l’équité et de la paix sociale.

Diourbel : le Dr Mamadou Dieng tire la sonnette d’alarme face à la prolifération des maladies non transmissibles

À Diourbel, la situation sanitaire interpelle les autorités médicales. Le directeur régional de la santé, Dr Mamadou Dieng, a profité de la cérémonie de restitution de l’enquête STEPS sur les facteurs de risques liés aux maladies non transmissibles (MNT) pour alerter sur une tendance qu’il qualifie d’« alarmante ». Selon lui, la population doit impérativement modifier ses habitudes alimentaires et son mode de vie si elle veut freiner la progression de pathologies comme l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires ou encore certains troubles métaboliques.

L’enquête STEPS, menée sur l’ensemble du territoire national et ciblant des personnes âgées de 18 à 69 ans conformément aux directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), révèle des résultats préoccupants pour la région de Diourbel. La consommation excessive de sel et d’épices y atteint 75 %, un taux particulièrement inquiétant au regard des conséquences connues sur la santé. Ce constat met en évidence une tendance qui alimente la recrudescence de maladies cardiovasculaires et d’autres affections chroniques.

Lors de son intervention, Dr Dieng a rappelé que ces maladies, longtemps associées aux personnes âgées, touchent désormais des populations beaucoup plus jeunes. Cette évolution inquiète d’autant plus qu’elle menace la vitalité économique et sociale de la région. Selon lui, la lutte contre les MNT passe nécessairement par un changement profond de comportement : réduire la consommation de sel, de sucre et de matières grasses, pratiquer une activité physique régulière et éviter la sédentarité. Le directeur régional a également insisté sur l’importance du dépistage afin que chaque individu connaisse son état de santé et puisse adopter des mesures préventives adaptées.

Au-delà des maladies cardiovasculaires, Dr Dieng a évoqué un autre problème de santé en forte progression dans la région : les déficits visuels, qui touchent particulièrement les femmes. Face à cette réalité, il a plaidé pour un développement accru des services d’ophtalmologie afin de répondre efficacement aux besoins des populations et d’assurer un meilleur suivi.

Pour transformer les conclusions de l’enquête en actions concrètes, le directeur régional de la santé a annoncé l’organisation de séances de restitution communautaire. Ces rencontres de proximité permettront de sensibiliser directement les habitants, de les amener à s’approprier les résultats et de les inciter à adopter des comportements plus sains. L’objectif est de susciter une véritable dynamique collective, où les communautés elles-mêmes deviennent actrices de la lutte contre les MNT.

À travers cette alerte, Dr Mamadou Dieng souligne l’urgence d’une mobilisation générale. Les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui un défi majeur pour le système de santé sénégalais. À Diourbel, elles menacent de plus en plus de foyers et nécessitent une réponse collective, faite de prévention, de dépistage et de changement durable des modes de vie.

Riziculture : record historique de 420.000 tonnes de paddy dans la vallée du fleuve Sénégal

La vallée du fleuve Sénégal vient d’écrire une nouvelle page de son histoire agricole. La campagne de contre-saison chaude 2025 a permis d’atteindre un niveau record de production de riz, avec 420.000 tonnes de paddy récoltées, selon les chiffres relayés par le quotidien national Le Soleil. Ce résultat constitue un bond remarquable par rapport aux 343.000 tonnes enregistrées lors de la même période en 2024.

Dans les casiers rizicoles du Walo et du Dieri, les silos affichent complet et les rizeries fonctionnent à plein régime. Cette réussite est saluée par les producteurs, qui mettent en avant la disponibilité à temps des intrants agricoles, la diffusion de semences améliorées comme Sahel-108, Sahel-177 et Sahel-202, ainsi qu’une planification mieux structurée des cultures. « Cette année, nous avons connu des rendements de 7 à 9 tonnes à l’hectare. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une telle réussite », a témoigné Souleymane Sall, président de l’Union Doué.

L’atteinte de ce record n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un ensemble de réformes et d’investissements opérés par la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal (Saed). La modernisation des infrastructures hydrauliques, la remise en état des stations de pompage et la gestion optimale de l’irrigation ont permis de mieux sécuriser la campagne agricole. L’État a également joué un rôle déterminant à travers l’octroi de crédits agricoles, la subvention d’engrais et un accompagnement technique renforcé auprès des producteurs.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est d’ailleurs déplacé dans la vallée pour féliciter les riziculteurs et réaffirmer sa volonté de conduire le pays vers l’autosuffisance alimentaire. Ce soutien politique, combiné aux efforts des acteurs de la filière, nourrit l’espoir de voir le Sénégal réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis des importations de riz.

L’abondance profite également aux opérateurs nationaux. La Société sénégalaise de filières alimentaires (SFA) a pu collecter, pour la première fois, 20.000 tonnes de paddy, un volume qui illustre le dynamisme et la professionnalisation croissante de la filière. « Nous savons désormais que l’autosuffisance alimentaire est possible si les moyens sont maintenus », a estimé Oumar Bâ, riziculteur à Ndioum.

Au-delà des chiffres, ce record historique conforte la vallée du fleuve dans son rôle stratégique pour la sécurité alimentaire nationale. Il ouvre aussi de nouvelles perspectives de compétitivité pour le riz local, qui pourrait, dans un avenir proche, rivaliser sérieusement avec le riz importé sur les marchés sénégalais. Pour les producteurs, il s’agit désormais de consolider ces acquis et de veiller à ce que la dynamique enclenchée ne soit pas interrompue.

Rapport CENTIF : les montants perçus par Wally Seck et plusieurs personnalités révélés

Le dossier dit du rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de livrer ses secrets. Un rapport supplétif transmis au parquet financier révèle les sommes perçues par plusieurs personnalités citées dans l’affaire des transferts financiers jugés suspects.

Selon les enquêteurs, l’ancien ministre Samuel Sarr aurait bénéficié d’un montant de 200 millions de FCFA. Mahamadane Sarr, de Lansar Automobile, aurait quant à lui perçu 800 millions de FCFA. Il est d’ailleurs placé sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois dans le cadre de l’enquête sur la reddition des comptes. Mamadou Sy figure également parmi les bénéficiaires présumés, avec un milliard de francs CFA. Le chanteur Wally Seck, de son côté, est cité pour un montant de 210 millions de FCFA.

Ces flux financiers, selon la CENTIF, proviennent de chèques ou de virements liés au Trésor public ou à d’autres entités étatiques. Ils n’auraient cependant aucun fondement économique réel, ce qui alimente les soupçons de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs. Face à ces révélations, le parquet financier a établi un réquisitoire supplétif, transmis au président du collège des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier. Des mesures de saisies conservatoires sur les biens identifiés ont également été planifiées.

Au cœur du dispositif, le cambiste Saliou Sylla, gérant d’un bureau de change, a été placé en garde à vue. Il est accusé d’avoir joué un rôle central dans le circuit financier en procédant notamment à des retraits de chèques d’un montant total de 5,59 milliards de FCFA sur les comptes de la société Woodrose Investment Ltd. Devant les enquêteurs, il a évoqué l’implication d’un certain Seydou Dia, entendu à la Division des investigations criminelles (DIC). Ce dernier a remis des pièces justificatives qu’il présente comme preuves de la légalité de ses transactions, conformément aux règles bancaires en vigueur.

Le rapport met aussi en lumière l’implication présumée d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Il est cité pour sa participation à hauteur de 30 % dans la SCI CTS, une société immobilière créée en partenariat avec Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. La CENTIF estime que ces parts auraient été financées grâce à la vente en 2002 d’un terrain situé à Ouakam. Toutefois, l’entourage d’Ibrahima Ba avance une autre version. Ses proches assurent qu’il avait apporté comme contribution un terrain acquis en 2008, bien avant l’accession de Macky Sall à la présidence. Ils soutiennent également qu’il avait envisagé de construire un immeuble qui n’a finalement jamais vu le jour.

Les auditions menées par la DIC visent à lever ces zones d’ombre et à déterminer si le fils de l’ancien Premier ministre a, ou non, procédé à des opérations de blanchiment en association avec le fils de l’ancien chef de l’État. Ce nouveau rebondissement confirme la complexité d’une affaire qui mêle personnalités politiques, artistes et hommes d’affaires, et dont les ramifications continuent d’être explorées par la justice.

Maintenance : la Senelec annonce des perturbations sur la plateforme Woyofal à partir du 22 septembre

La Société nationale d’électricité (Senelec) a informé sa clientèle d’une opération de maintenance sur sa plateforme informatique de vente de crédit Woyofal. Cette intervention, prévue entre le lundi 22 et le jeudi 25 septembre 2025, entraînera des interruptions temporaires du service.

Selon le communiqué de l’entreprise, ces perturbations se produiront uniquement la nuit, entre 1 heure et 5 heures du matin, durant trois jours consécutifs : du 22 au 23 septembre, du 23 au 24 septembre et enfin du 24 au 25 septembre. Pendant ces plages horaires, aucun achat de crédit Woyofal ne sera possible.

La Senelec invite donc ses clients à prendre les dispositions nécessaires afin d’anticiper leurs besoins en électricité. Elle recommande notamment de recharger leurs compteurs avant les périodes concernées, afin d’éviter toute coupure inopinée liée à l’impossibilité d’acheter du crédit.

L’entreprise publique a présenté ses excuses pour les désagréments que ces interruptions pourraient occasionner, tout en rassurant que le service sera pleinement opérationnel en dehors de ces créneaux.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts de la Senelec pour renforcer la fiabilité et la performance de son système informatique, élément essentiel à la gestion du réseau prépayé Woyofal, qui concerne des centaines de milliers de ménages sénégalais.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Réforme fiscale : l’Assemblée nationale adopte le nouveau Code général des impôts malgré quelques réticences

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 17 septembre 2025, le projet de loi n°17/2025 modifiant la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts. Sur les 133 députés présents, 123 ont voté en faveur du texte, 8 s’y sont opposés et 2 se sont abstenus. Ce large plébiscite traduit l’adhésion d’une grande majorité des parlementaires, même si des voix discordantes ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact social de certaines mesures.

Défendu par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le projet de loi s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), axe central de la politique économique actuelle. Selon le ministre, cette réforme se fonde sur trois piliers : la souveraineté nationale, la justice sociale et la transparence dans la gestion des ressources publiques. Il a souligné que l’objectif du PRES est d’assurer une plus grande indépendance financière de l’État en s’appuyant sur des ressources endogènes, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans sa présentation, Cheikh Diba a mis en avant la nécessité d’explorer de nouvelles niches fiscales, capables d’apporter une contribution significative au financement du développement économique et social. Les choix opérés par le gouvernement s’expliquent, selon lui, par l’évolution de la structuration de l’économie sénégalaise, marquée notamment par le poids croissant des transactions numériques dans les flux financiers. Les transferts d’argent, qu’ils soient nationaux ou internationaux, représentent aujourd’hui un volume considérable et apparaissent comme un secteur à fort potentiel contributif.

Au-delà de la recherche de recettes, le ministre a insisté sur le rôle du vecteur fiscal comme instrument de régulation publique. L’introduction de nouvelles taxes vise aussi à infléchir certains comportements jugés nocifs pour la société. C’est dans ce sens que la réforme cible les jeux de hasard, les boissons alcoolisées, les liquides alcoolisés et le tabac, des produits dont la consommation engendre à la fois des risques sanitaires et des coûts sociaux importants. De même, la taxation des véhicules importés a été justifiée par des impératifs à la fois économiques et environnementaux, dans un contexte où le parc automobile connaît une croissance rapide et parfois désordonnée.

Le ministre a assuré que les nouvelles mesures fiscales n’ont pas été conçues dans une logique punitive mais dans une perspective de justice sociale et d’équité. Elles doivent permettre à chaque secteur de contribuer de manière proportionnelle à l’effort collectif, tout en consolidant la base budgétaire nécessaire au financement des services publics essentiels comme l’éducation, la santé ou encore l’aménagement du territoire.

Malgré l’adhésion massive des députés, le texte n’a pas fait l’unanimité. Certains élus ont exprimé des réserves, estimant que ces hausses fiscales risquent de peser directement sur les ménages les plus modestes, en particulier en ce qui concerne les transferts d’argent et les transactions digitales, qui constituent souvent un soutien vital pour de nombreuses familles. Des inquiétudes similaires ont été exprimées sur le risque de voir s’accroître l’économie informelle, si les taxes incitent une partie des usagers à contourner les circuits officiels.

La réforme, désormais adoptée, marque toutefois une étape importante dans la mise en œuvre du PRES. Elle traduit la volonté du gouvernement d’adapter la fiscalité nationale aux mutations économiques et sociales, tout en renforçant sa marge de manœuvre financière dans un contexte marqué par la pression sur les dépenses publiques et la nécessité de financer de vastes projets structurants.

À l’issue du vote, Cheikh Diba a salué « un pas décisif vers une souveraineté budgétaire plus affirmée » et a assuré que son ministère veillera à une mise en œuvre progressive et concertée, en tenant compte des réalités sociales et économiques du pays.

Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22 septembre au 10 octobre 2025, est portée par le ministère des Finances et du Budget en partenariat avec Impaxis Securities, société de gestion et d’intermédiation désignée comme chef de file. Les autorités affirment que cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources financières de l’État et qu’elle constitue une étape importante dans la volonté de renforcer l’implication des Sénégalais, en particulier de la diaspora, dans le financement des projets nationaux.

Mais cette présentation optimiste ne convainc pas tout le monde. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Pape Malick Ndour, a réagi avec scepticisme et a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « slogan creux ». Dans une analyse critique, il estime que cette opération pourrait bien être utilisée comme un outil de communication politique si le gouvernement n’accompagne pas son discours d’une transparence totale. Selon lui, au moment du bilan prévu pour le 10 octobre, il est fort probable que les autorités annoncent un succès éclatant, avec un taux de souscription dépassant 100 %, sans pour autant préciser l’origine réelle des fonds collectés.

Pape Malick Ndour insiste sur la nécessité de publier la répartition détaillée des souscriptions entre la diaspora, les personnes physiques sénégalaises et les personnes morales de droit sénégalais. Il considère que sans cette ventilation, les citoyens risquent de se laisser abuser par une présentation biaisée, alors même que, dans la réalité, ce sont souvent des capitaux étrangers, transitant notamment par des banques de la sous-région comme celles installées en Côte d’Ivoire, qui assurent la plus grande partie du financement. À ses yeux, la rhétorique de l’endogénéité du financement national ne résiste pas à l’épreuve des faits, d’autant plus que l’économie sénégalaise connaît une morosité qui limite fortement la capacité d’épargne et d’investissement des ménages.

Dans une touche ironique, l’ancien ministre a également interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé publiquement sa volonté de souscrire à l’emprunt. Pape Malick Ndour estime que pour montrer l’exemple et asseoir la crédibilité du projet, le chef du gouvernement devrait rendre public le montant de sa contribution. Il soulève toutefois une interrogation sur l’origine de ces fonds, rappelant que M. Sonko avait affirmé exercer ses fonctions à titre gratuit, sans percevoir de salaire, et qu’il ne dispose d’aucune autre source de revenus identifiée en dehors de ses fonds politiques.

Cette sortie traduit une inquiétude plus large sur la manière dont les autorités communiquent autour des instruments financiers. Pour Pape Malick Ndour, la question n’est pas seulement économique mais aussi politique, car il en va de la confiance des citoyens dans la gestion publique. Sans transparence, dit-il, l’emprunt obligataire risque de n’être qu’un artifice de communication destiné à masquer une dépendance persistante à l’égard de capitaux étrangers.

En rappelant ces enjeux, l’ancien ministre invite le gouvernement à faire preuve de courage et de clarté. Pour lui, seule la publication de chiffres précis permettra de transformer ce projet en véritable acte de souveraineté économique. Dans le cas contraire, il restera dans l’opinion comme un simple slogan, détaché des réalités du pays et des difficultés quotidiennes des Sénégalais.

Sénégal : l’Éducation nationale amorce l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques

Le Sénégal entre dans une nouvelle ère éducative marquée par l’introduction progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique impulsé par le chef de l’État et s’aligne sur la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 (SNE 25-29). Dans une note adressée aux enseignantes et enseignants, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a insisté sur l’importance de l’IA comme moteur des grandes transformations éducatives à l’échelle mondiale. Selon lui, l’école sénégalaise doit saisir ces opportunités avec lucidité et ambition, tout en veillant à une intégration éthique et inclusive.

Pour concrétiser cette orientation, le ministère va lancer dès cette rentrée un vaste programme national de formation continue destiné à plus de 105 000 enseignants. Ce dispositif, mis en place en partenariat avec l’Université Cheikh Hamidou Kane à travers la plateforme Force-N, comprendra notamment un module consacré à l’usage éducatif et responsable de l’IA. L’objectif est de doter les enseignants de compétences solides pour renforcer leurs pratiques professionnelles, encourager l’innovation pédagogique et maîtriser les technologies émergentes au bénéfice des élèves.

Parallèlement à la formation des enseignants, le ministère a prévu la distribution de 5 000 ordinateurs portables aux élèves de Première et de Terminale des séries scientifiques S1 et S3. Cette dotation vise à soutenir l’apprentissage des disciplines scientifiques tout en initiant les bénéficiaires à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle et en développant leurs compétences numériques avancées. Cependant, conscient des disparités d’accès à la connectivité qui persistent à travers le territoire, le ministère a prévu des solutions hybrides et diversifiées afin de garantir une inclusion numérique équitable pour l’ensemble du pays.

Moustapha Guirassy a par ailleurs tenu à préciser que l’intelligence artificielle ne remplacera en aucun cas le rôle de l’enseignant. Selon lui, l’IA doit être envisagée comme un outil d’accompagnement, capable d’enrichir les méthodes pédagogiques, de mieux différencier les parcours d’apprentissage, d’identifier en temps réel les besoins des apprenants et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la réussite scolaire. Il considère que l’IA contribuera ainsi à renforcer l’équité, la créativité et la performance du système éducatif.

Afin d’encadrer cette transition, le ministère annonce la mise en place prochaine d’une Charte nationale d’éthique de l’IA en éducation. Ce document de référence aura pour mission de garantir que l’intégration des outils intelligents respecte pleinement les valeurs républicaines et humanistes de l’école sénégalaise. Pour le ministre, il s’agit de s’assurer que l’innovation technologique reste avant tout un levier au service de la dignité, de la justice sociale et du droit à l’éducation pour tous.

À travers cette initiative, le Sénégal confirme sa volonté d’inscrire son système éducatif dans les standards internationaux de modernisation et d’innovation. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les écoles représente à la fois un défi et une opportunité : celui d’accompagner les enseignants et les apprenants vers un avenir où le numérique devient un moteur d’équité et de performance.

Révocation de Barthélemy Dias : la Cour suprême rendra sa décision ce jeudi à midi

L’affaire de la révocation de Barthélemy Dias connaît un nouveau tournant. Ce jeudi, la Cour suprême s’est penchée sur le recours introduit par l’ancien maire de Dakar, qui conteste la légalité de sa destitution. Après de brefs débats, l’audience a été suspendue et le verdict a été fixé à midi, dans une atmosphère tendue où les doutes persistent quant à l’issue.

À la sortie de l’audience, Me El Hadji Amadou Sall, seul avocat présent aux côtés de l’ex-maire, a livré ses impressions devant la presse. Son discours était empreint d’inquiétude. « Je ne suis pas rassuré du dénouement de cette affaire. Nous avons des craintes par rapport au verdict qui sera rendu par le juge à 12 heures », a-t-il déclaré. Ces craintes, selon lui, découlent notamment du climat politique entourant le dossier.

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il considère comme une pression excessive exercée par l’État et l’administration sur le Conseil municipal de Dakar. « Fondamentalement, nous avons des craintes liées d’une certaine façon au comportement du Conseil municipal, à la pression que l’État a exercée, que l’administration et le gouvernement ont exercée sur ce Conseil », a-t-il souligné.

Il a également dénoncé le calendrier jugé suspect de certaines décisions administratives. Alors même que la Cour suprême avait été saisie en procédure d’urgence, le Conseil municipal s’était réuni pour élire un nouveau maire. « Pendant que nous plaidions devant la Cour, le Conseil municipal élisait un maire. La Cour suprême aurait pu annuler et interdire cette réunion. La décence et le respect commandaient d’attendre sa décision », a regretté Me Sall. Il a par ailleurs rappelé que la convocation du Conseil municipal est intervenue peu après la publication par le Greffe de la date de l’audience, ce qui donne, selon lui, « la désagréable sensation d’une course de vitesse contre la Cour suprême ».

Concernant l’absence remarquée des autres membres du collectif d’avocats de Barthélemy Dias, Me Sall a relativisé : « Leur présence ou leur prise de parole n’était pas indispensable. Nous nous en rapportons à ce qui a été écrit. Les audiences de la Cour suprême ne sont pas des audiences de longs débats, ce sont des audiences très courtes. »

Malgré ses inquiétudes, l’avocat a tenu à réaffirmer sa foi dans l’institution judiciaire. « L’essentiel a été dit et écrit. La décision relève désormais de la Cour suprême. Même si, fondamentalement, nous avons des craintes, nous avons confiance en la Cour, quel que soit le verdict », a-t-il conclu.

23ᵉ anniversaire du naufrage du Joola : les familles exigent justice et le renflouement de l’épave

Le Sénégal s’apprête à commémorer, le 26 septembre 2025, le 23ᵉ anniversaire du naufrage du bateau Le Joola. À l’approche de cette date douloureuse, le Comité d’initiative pour l’érection du Musée-Mémorial Le Joola a organisé, ce jeudi 18 septembre à Dakar, une conférence de presse pour rappeler deux revendications centrales : la réouverture du dossier judiciaire et le renflouement du navire englouti au large de la Gambie.

Samsidine Aidara, porte-parole du comité, a dénoncé le classement sans suite du dossier, qu’il juge injuste. « Aujourd’hui, 23 ans après, nous pensons que si la lumière est faite sur le Joola, si ce dossier est ramené à sa juste place et jugé convenablement, il n’y a rien de mieux comme baromètre pour tester la justice sénégalaise et la volonté du nouveau régime d’en faire son fer de lance », a-t-il déclaré.

L’autre exigence porte sur le renflouement de l’épave, perçu comme un impératif moral et un devoir de mémoire. Le collectif rappelle que, malgré les promesses faites par les autorités successives, le navire repose toujours au fond de l’océan, enfermant les dépouilles de centaines de victimes. « Renflouer le bateau est aussi une question de justice sociale. Vingt ans après le naufrage, le bateau n’est toujours pas renfloué malgré les engagements répétés de l’État à le faire. Le renflouement est aussi un acte de respect de la dignité humaine », a martelé le comité.

Les familles estiment qu’aucune contrainte, qu’elle soit financière ou psychologique, ne peut justifier le maintien de l’épave sous les eaux. « Est-il possible, un seul instant, de penser que les familles acceptent, l’esprit apaisé, de laisser leurs proches coincés dans l’épave du bateau, sous prétexte que renflouer créerait de nouveaux traumatismes ou coûterait cher ? Non ! Le renflouement du Joola n’est pas juste une question technique et financière. C’est aussi et surtout une occasion unique de faire véritablement le deuil et de connaître toute la vérité sur le naufrage », a insisté le porte-parole.

Pour mémoire, le 26 septembre 2002, le bateau Le Joola sombrait en pleine nuit, au large des côtes gambiennes. Parti quelques heures plus tôt du port de Ziguinchor en direction de Dakar, il transportait des centaines de passagers au-delà de sa capacité. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts, ce qui en fait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire moderne, comparable au naufrage du Titanic.

Vingt-trois ans après, les blessures restent vives. Les familles des victimes, toujours en quête de vérité et de justice, espèrent que cette commémoration sera l’occasion pour les nouvelles autorités de prendre enfin des décisions concrètes pour solder ce lourd héritage.

Taxe sur les transactions digitales : l’AFP tire la sonnette d’alarme et redoute des pertes d’emplois massives

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), dirigée par l’honorable Mbaye Dione, a tenu une réunion stratégique le 18 septembre 2025 consacrée à l’examen de la situation nationale et aux perspectives politiques du parti. À l’issue de cette rencontre, l’AFP a publié un communiqué dans lequel elle exprime de profondes inquiétudes quant à la trajectoire économique et politique du pays, tout en annonçant de nouvelles orientations internes pour renforcer sa présence sur le terrain.

Sur le plan économique, l’AFP estime que le Sénégal traverse « des zones de turbulences inédites » et accuse le gouvernement de naviguer à vue. Le parti dénonce un « tâtonnement sans fin » dans la recherche de solutions à la crise actuelle et considère que le plan de redressement présenté par les autorités est compromis dès son lancement par « un manque flagrant de concertation » et une « pression fiscale déraisonnable » imposée aux populations les plus vulnérables.

La formation politique prend pour exemple la taxe sur les transactions digitales, qualifiée de menace directe pour l’emploi et l’activité économique. Selon le communiqué, cette mesure risque de provoquer une contraction immédiate des transactions et de pousser de nombreuses entreprises à réduire leurs effectifs. L’AFP prévient que ces pertes d’emplois s’ajouteraient aux « 30 000 travailleurs du public déjà remerciés », aggravant encore les tensions sociales dans un contexte marqué par l’arrêt de plusieurs chantiers du BTP.

Sur le plan diplomatique, le parti critique sévèrement la stratégie du gouvernement, pointant du doigt « les errements d’une communication et d’une diplomatie hasardeuses ». D’après l’AFP, cette approche a contribué à dégrader l’image du Sénégal à l’international et à fragiliser ses relations avec des partenaires stratégiques tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays a plus que jamais besoin de financements extérieurs.

La gouvernance politique est également mise en cause. L’AFP évoque une « dualité au sommet de l’État » qui engendrerait confusion et désordre, tout en représentant une « menace grave » pour la séparation des pouvoirs. Le dernier remaniement ministériel est perçu comme une manœuvre visant à lever les obstacles gênant « le projet totalitaire du régime en place », en contradiction avec les valeurs républicaines.

Face à ce constat, l’AFP appelle à « un sens élevé des responsabilités » et à une gouvernance fondée sur la sérénité, le respect de l’État de droit et la transparence, en mettant en garde contre les règlements de comptes politiques susceptibles de miner la cohésion nationale.

Sur le plan organisationnel, le parti entend engager une dynamique de massification et de remobilisation de ses bases. Mbaye Dione a déjà entamé des tournées départementales et multiplié les rencontres avec d’anciens militants, la diaspora et divers acteurs sociaux. La Direction collégiale a décidé de mettre en place des structures plus légères et efficaces afin de mieux répondre aux enjeux actuels.

La relance des mouvements affiliés tels que le MOUNFEP et le MNJP, ainsi que des organisations partenaires comme l’ANCP et le MPASI, fait partie des priorités définies. L’AFP prévoit également de renforcer ses alliances politiques et sociales, notamment avec l’opposition, la gauche plurielle et les syndicats. Dans ce cadre, Mbaye Dione a récemment rencontré les responsables du PIT et l’association des licenciés du public.

En conclusion, l’AFP exhorte ses responsables et militants à un « engagement sans faille » afin de préparer les prochaines échéances électorales et de se poser en véritable alternative face aux défis économiques et politiques du pays. Le parti réaffirme son ambition de participer activement à la gestion des aspirations des Sénégalais, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales grandissantes.

Rapport CENTIF 2024 : le secteur extractif épinglé pour plus de 4 milliards FCFA de flux financiers suspects

Le secteur extractif sénégalais se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, après la publication du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). L’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a révélé des flux financiers suspects estimés à plus de 4 milliards de francs CFA. Ces fonds proviendraient d’opérations douteuses dans le domaine de l’exploitation aurifère, en particulier dans les circuits liés à l’orpaillage artisanal, mais aussi dans des transactions effectuées par des sociétés de négoce considérées comme des façades de blanchiment.

Les investigations de la CENTIF ont mis en évidence des pratiques inquiétantes. Plusieurs individus, officiellement présentés comme orpailleurs, effectuaient régulièrement des dépôts bancaires en espèces, parfois de très forte valeur. Or, les montants déposés étaient sans commune mesure avec les revenus déclarés de ces exploitants artisanaux. Dans certains cas, ces dépôts étaient rapidement suivis de transferts à l’international, notamment vers des pays reconnus comme plaques tournantes du commerce de l’or. Ce schéma, classique dans les circuits de blanchiment, a attiré l’attention des enquêteurs.

Le rapport met aussi en cause des sociétés de négoce, parfois créées récemment, qui réalisaient des transactions financières massives sans qu’une activité économique claire ne justifie de tels flux. Ces structures, soupçonnées de servir de couverture, semblent avoir été mises en place pour masquer l’origine illicite de fonds liés à des trafics de métaux précieux ou à de la contrebande aurifère. Dans plusieurs zones minières, la sous-déclaration de la production officielle a par ailleurs facilité l’introduction de l’or de contrebande dans les circuits formels, alimentant des réseaux transnationaux de blanchiment.

Pour la CENTIF, le secteur extractif reste l’un des plus vulnérables aux activités criminelles. La prédominance des transactions en espèces, la difficulté à tracer les flux financiers et l’implication d’acteurs transnationaux rendent ce domaine particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de financement illicite. Le rapport recommande un renforcement de la vigilance des banques et institutions financières, qui doivent redoubler d’attention dans la gestion des comptes ouverts par les acteurs du secteur, notamment ceux implantés dans les zones frontalières où les contrôles sont souvent plus difficiles.

Le document de la CENTIF ne se limite pas au secteur extractif. Pour l’année 2024, l’institution indique avoir transmis 62 dossiers aux juridictions compétentes, pour un montant cumulé de plus de 102 milliards de francs CFA. Une partie importante de ces affaires est directement ou indirectement liée aux activités minières, confirmant la sensibilité du secteur et la nécessité de mieux encadrer ses flux financiers.

Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence l’urgence d’une coopération renforcée entre l’État, les acteurs financiers et les structures de contrôle. Il s’agit non seulement de protéger les ressources naturelles du Sénégal, mais aussi de garantir que leur exploitation profite réellement à l’économie nationale, sans être détournée par des circuits opaques et criminels.

La CENTIF, qui joue un rôle central dans la prévention et la détection du blanchiment, appelle ainsi à des réformes structurelles pour sécuriser le secteur extractif et limiter les risques. Pour les experts, cette alerte devrait constituer un signal fort en faveur de la transparence et du renforcement de la gouvernance dans un domaine stratégique pour l’avenir économique du pays.

Ministère des Infrastructures : Déthié Fall prend officiellement en main de nouvelles directions stratégiques

La réorganisation gouvernementale autour des infrastructures a franchi une étape clé avec la cérémonie de passation de service tenue entre Yankhoba Diemé, ministre des Transports terrestres et aériens, et Déthié Fall, désormais en charge du nouveau ministère des Infrastructures. Sous la supervision d’un inspecteur général d’État, le transfert s’est déroulé dans un climat empreint de respect institutionnel et de collaboration, marquant le passage de relais sur l’ensemble des dossiers relevant du volet infrastructures.

Désormais, plusieurs directions et structures stratégiques rejoignent le portefeuille confié à Déthié Fall. Parmi elles, la Direction générale des Infrastructures routières et du Désenclavement, qui pilote la planification, le suivi et la régulation des projets routiers, un rôle essentiel dans la consolidation de la continuité territoriale et la lutte contre l’isolement des régions. À cela s’ajoute la Direction des Infrastructures aéroportuaires, chargée de mettre en œuvre la politique nationale de développement aéroportuaire, un levier important pour renforcer la compétitivité du Sénégal à l’échelle régionale et internationale.

L’Agence des Travaux et de Gestion des Routes, connue pour sa contribution directe à la réalisation, à l’entretien et à la gestion du réseau routier, est également rattachée à ce ministère, tout comme le Fonds d’Entretien Routier Autonome, qui assure la mobilisation des financements nécessaires à la préservation du patrimoine routier national.

Dans le domaine de la qualité et de la sécurité, le Laboratoire national de Référence du Bâtiment et des Travaux publics devient un allié incontournable pour garantir la fiabilité des ouvrages réalisés. À cela s’ajoute le Centre de Formation et de Perfectionnement des Travaux publics, dont la mission de former et de renforcer les compétences des acteurs du secteur en fait un outil stratégique pour accompagner l’ambition de modernisation du pays. Enfin, les Divisions régionales des Infrastructures passent elles aussi sous la tutelle du ministère, permettant un maillage plus rapproché et une gestion déconcentrée des projets.

Avec cette nouvelle architecture, Déthié Fall hérite d’un portefeuille élargi et lourdement stratégique. Le ministre a déjà affiché sa volonté d’inscrire son action dans la rigueur, la transparence et l’efficacité, pour accélérer la cadence des grands chantiers nationaux. Dans un pays où la modernisation des infrastructures conditionne le développement économique et social, cette prise en main marque un tournant décisif pour la mise en œuvre des priorités fixées par les plus hautes autorités.

Élimination du trachome au Sénégal : un succès sanitaire qui inspire l’Afrique et le reste du monde

Le Sénégal vient de franchir une étape historique dans le domaine de la santé publique avec l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique. Cette maladie oculaire, principale cause de cécité infectieuse dans le monde et classée parmi les quatorze maladies tropicales négligées (MTN), a officiellement été éradiquée grâce à des années d’efforts concertés entre l’État, les acteurs de santé et les partenaires internationaux.

À l’occasion de la journée de célébration de cette prouesse, organisée mardi, le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Samba Cor Sarr, a souligné que cette victoire devait être inscrite parmi les indicateurs nationaux de transformation sanitaire. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’un succès ponctuel, mais d’un levier stratégique pour transformer durablement le système de santé sénégalais. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les budgets consacrés à la surveillance et à la coordination multisectorielle, tout en plaidant pour une valorisation diplomatique de cette réussite dans les fora régionaux et internationaux.

Dr Sarr a expliqué que cette étape constitue « un début de capitalisation » et que le parcours sénégalais doit être documenté afin de produire des articles scientifiques, des communications internationales et des leçons utiles à d’autres pays encore confrontés à cette maladie. « Au-delà de la victoire sanitaire, cette validation représente un levier stratégique pour la transformation globale de notre système de santé et l’atteinte des autres objectifs de souveraineté, d’équité et de développement durable », a-t-il déclaré, ajoutant que cette prouesse illustrait l’engagement du pays à bâtir un Sénégal inclusif et solidaire tel que défini dans le projet Sénégal 2050.

Le représentant par intérim de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal, Dr Mady Ba, a pour sa part salué un exemple inspirant pour l’Afrique et le monde. Selon lui, l’expérience sénégalaise prouve qu’il est possible d’éliminer des maladies longtemps considérées comme inévitables, à condition de s’appuyer sur une approche fondée sur la dignité humaine, l’équité en matière de santé et un engagement constant. « Le Sénégal montre aujourd’hui l’exemple à l’Afrique et au monde entier », a-t-il déclaré, espérant que cette célébration serve de source d’inspiration pour d’autres initiatives de santé publique et pour les pays encore engagés dans cette lutte.

Neuvième pays de la région africaine de l’OMS à réussir cette performance, le Sénégal avait déjà éliminé la dracunculose, ou maladie du ver de Guinée, en 2004. Le ministère de la Santé entend désormais consolider ces acquis en mettant en place un plan national de surveillance et d’élimination, destiné à prévenir toute résurgence du trachome.

Ce succès témoigne du chemin parcouru par le pays et de la force de la volonté politique, de l’engagement des acteurs de santé et du soutien indéfectible des partenaires techniques et financiers. En devenant une référence dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, le Sénégal ouvre une voie qui inspire à la fois l’Afrique et le reste du monde.

Inondations à Touba : Cheikh Tidiane Dièye valide un plan d’urgence et mobilise des moyens exceptionnels

La situation des inondations à Touba a pris une tournure critique, poussant les autorités à valider un plan d’action d’urgence. Ce mardi 16 septembre 2025, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présidé une réunion stratégique consacrée à la lutte contre ce fléau dans la région de Diourbel, plus particulièrement dans la ville sainte.

Autour de la table, toutes les forces vives ont été mobilisées. Le Gouverneur de Diourbel, le maire de Touba (Mosquée), les Forces armées, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, ainsi que les services techniques du ministère (ONAS, SONES, SEN’EAU, Directions de l’Assainissement et de la Prévention des inondations) ont pris part aux discussions. Des structures opérationnelles telles qu’Ageroute, Senter, l’ADM, le Service national de l’hygiène, ainsi que des organismes de bassin (OMVS et OMVG), des entreprises de travaux et l’Association des Acteurs de l’Assainissement étaient également représentés.

Le ministre a insisté sur la nécessité de mutualiser et de redéployer les ressources existantes pour répondre à l’urgence. Près de 130 millions de FCFA et 15 000 litres de carburant ont été immédiatement débloqués. Des camions hydrocureurs, des motopompes et électropompes à gros débit, ainsi que des engins d’excavation et de terrassement ont été mobilisés, complétés par trois kilomètres de tuyaux destinés à améliorer l’évacuation des eaux. Sur le plan humanitaire, un appui conséquent a été mis en place : plus de 200 millions de FCFA ont été engagés par la mairie de Touba Mosquée, tandis que la Gendarmerie a offert cinq tentes, 200 moustiquaires et 500 matelas pour venir en aide aux familles sinistrées.

Parmi les mesures prioritaires adoptées figurent l’ouverture de tranchées drainantes pour accélérer l’écoulement des eaux, le renforcement du dispositif de pompage et de drainage, ainsi que des travaux de voirie pour désenclaver les zones touchées. La mobilisation de jeunes volontaires a été décidée, tout comme l’intervention d’Ageroute sur les routes fortement dégradées. Le Service national de l’hygiène, pour sa part, est chargé des opérations de saupoudrage et de délarvage afin de prévenir les risques sanitaires.

Cheikh Tidiane Dièye a rappelé que la gestion des inondations est une responsabilité collective et a confié au gouverneur de Diourbel le suivi et la coordination de la mise en œuvre de ce plan. Objectif : soulager rapidement les populations impactées par cette catastrophe.

Le ministre a également annoncé sa venue à Touba dans les prochains jours pour constater l’avancement des travaux, rencontrer les familles sinistrées et échanger avec le Khalife général des mourides, son porte-parole et les autorités religieuses. À travers ce déplacement, il souhaite discuter non seulement des solutions d’urgence, mais aussi des projets structurels à long terme, dont un écoulement gravitaire durable des eaux pluviales vers la vallée du Sine.

Financement agricole : l’adjointe au gouverneur de Dakar alerte sur les détournements et annonce des contrôles renforcés

À Dakar, la gestion des financements destinés au secteur agricole attire désormais une attention particulière des autorités. L’adjointe au gouverneur de la région, chargée du développement, Digou Yala Mathilde Sadio, a tenu à mettre en garde les bénéficiaires de fonds publics contre toute utilisation détournée des ressources mises à leur disposition.

« Nous veillons, et demandons d’éviter les détournements d’objectif parce qu’on ne doit pas utiliser de l’argent destiné à des projets bien définis à d’autres fins », a-t-elle déclaré lors d’un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS). La responsable a annoncé que des contrôles réguliers seraient effectués sur le terrain pour s’assurer que les financements sont employés conformément aux objectifs fixés.

Cette mise au point est intervenue mardi, au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation consacrée aux opportunités offertes par le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), un dispositif régional visant à soutenir l’agriculture et l’élevage.

Selon Mme Sadio, les échanges avec les participants ont mis en lumière des préoccupations récurrentes. Plusieurs intervenants ont souligné les risques de détournements d’usage des financements, mais également le problème du non-remboursement des prêts contractés. « On entend toujours les gens dire qu’on ne rembourse pas parce que c’est de l’argent de l’État », a-t-elle relevé, déplorant une perception erronée qui nuit à la pérennité des dispositifs de soutien.

Elle a rappelé avec insistance que ces ressources proviennent de l’argent du contribuable et doivent donc être considérées comme un bien commun. « Les financements publics ne sont pas une manne gratuite, mais un outil destiné à renforcer la productivité et la résilience des exploitants », a-t-elle insisté.

La sortie de l’adjointe au gouverneur s’inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour améliorer la sécurité alimentaire et soutenir les acteurs agricoles. Mais l’efficacité de ces politiques dépend largement de la bonne gestion des fonds par les bénéficiaires, une responsabilité que les autorités entendent désormais suivre de près.

Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre aux questions des juges sur une affaire de surfacturation présumée de riz portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA.

Devant la Commission, le maire de Saint-Louis a fermement nié les accusations qui pèsent sur lui et affirmé qu’aucune surfacturation n’avait été commise. Pour appuyer ses déclarations, il a présenté plusieurs éléments de preuve qu’il considère comme suffisants pour établir son innocence.

Les magistrats instructeurs lui ont opposé un arrêté ministériel datant de 2013, lequel fixait le prix de la tonne de riz à 250 000 francs CFA. Mansour Faye aurait, selon l’accusation, acquis la même denrée à 275 000 francs CFA en pleine période de Covid-19. L’ancien ministre a répondu en expliquant qu’il était tout à fait normal que le prix du riz en 2020 soit supérieur à celui fixé sept ans plus tôt. Il a ajouté que la hausse des cours mondiaux justifiait cette différence.

Par ailleurs, il a rappelé que les marchés en question n’étaient pas de son ressort direct. Une commission indépendante était chargée de l’attribution des contrats, et il n’en assurait pas la présidence. Son rôle, a-t-il précisé, se limitait à veiller au respect des procédures administratives, une tâche dont il s’est acquitté avec rigueur alors qu’il n’y était pas obligé. Il a même souligné que la Cour des comptes avait reconnu dans son rapport que les règles du Code des marchés publics avaient été respectées.

Mansour Faye a également tenu à préciser que l’offre retenue par la commission correspondait à la moins chère du marché au moment de l’appel d’offres. Selon lui, la tonne de riz a été achetée à 275 000 francs CFA, un tarif inférieur à d’autres propositions qui atteignaient 300 000 francs CFA.

Ses avocats, de leur côté, ont contesté la validité de l’arrêté ministériel de 2013, soulignant qu’il ne pouvait être pris en compte dans la procédure car sa durée de validité n’était que de deux mois, renouvelables une fois. Ils ont par ailleurs fait remarquer que cet arrêté concernait plusieurs denrées de base, comme l’huile, le sucre ou le riz, et se sont étonnés que seule la question du riz soit retenue contre leur client. « C’est comme si l’on cherchait à cibler exclusivement Mansour Faye, alors que d’autres structures comme la Sonacos n’ont jamais été inquiétées », ont-ils dénoncé.

À la sortie de son audition, l’ancien ministre a déclaré n’avoir détourné « aucun sou » dans cette affaire. Ses avocats n’ont pas sollicité de liberté provisoire orale, mais selon des informations relayées par le journal Libération, ils envisagent de déposer prochainement des requêtes écrites. Le parquet donnera ensuite son avis avant que le juge ne tranche. À ce stade, aucune offre de cautionnement n’a été proposée par la défense.

Cette affaire, qui remonte à la période critique de la pandémie de Covid-19, continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, tant par l’importance des montants en jeu que par le profil politique de Mansour Faye, beau-frère de l’ancienne Première dame Marième Faye Sall. Les prochains développements judiciaires seront déterminants pour éclairer l’issue de ce dossier sensible.

Affaire Wally Seck : son frère Aliou met en garde contre toute prise de parole non autorisée

Alors que l’affaire impliquant le chanteur Wally Ballago Seck continue de faire couler beaucoup d’encre, son frère Aliou Seck est monté au créneau pour recadrer le débat et mettre fin aux spéculations. Dans un message publié ce mardi 16 septembre 2025 sur sa page Facebook, il a rappelé que toute communication au sujet de l’artiste relève exclusivement de ses conseillers juridiques.

« Toute personne qui se prononcera sur cette affaire au nom de l’artiste ou de la famille sera traduite en justice », a-t-il prévenu fermement, dénonçant les multiples interventions faites jusque-là sans l’aval de Wally Seck ni celui de ses proches. Selon lui, ces déclarations indépendantes ne reflètent en rien la position de la famille et risquent de perturber davantage l’opinion publique.

Aliou Seck a profité de son message pour inviter les fans et les sympathisants du chanteur à garder leur calme et leur sérénité. « Le concerné Wally Ballago Seck va très bien par la grâce d’Allah. Bientôt cette affaire sera réglée et ensemble nous continuerons à avancer In Shaa Allah », a-t-il rassuré.

Se voulant apaisant, il a également insisté sur la nécessité de la patience et de la confiance en la justice, soulignant que celle-ci est là « pour tous les citoyens ». Il a par ailleurs précisé qu’aucune conférence de presse ne sera organisée et qu’aucune déclaration publique ne sera faite, si ce n’est par les conseillers juridiques de l’artiste, au moment jugé opportun.

Ce message vise à mettre un terme aux rumeurs et à rétablir une communication claire dans un contexte où chaque prise de parole sur ce dossier est scrutée et amplifiée. En attendant les prochaines étapes judiciaires, la famille de Wally Seck demande donc silence et discipline, tout en réaffirmant sa confiance dans le dénouement prochain de l’affaire.

Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Ngor : dix-neuf candidats à l’émigration irrégulière interpellés, dont trois enfants

La lutte contre l’émigration irrégulière s’est encore illustrée à Ngor ce lundi 15 septembre 2025. La Brigade de proximité a procédé à l’interpellation de dix-neuf personnes, parmi lesquelles figuraient trois enfants, toutes en partance pour une traversée clandestine.

L’opération a été déclenchée après la dénonciation d’un propriétaire de maison sur l’île de Ngor. À son retour, ce dernier a découvert la présence de personnes étrangères installées chez lui et a immédiatement alerté les gendarmes. Ces derniers ont rapidement investi les lieux, procédant à une perquisition qui a permis de mettre la main sur l’ensemble des occupants.

Selon les informations fournies par la Gendarmerie nationale, les personnes interpellées étaient de nationalités diverses. On dénombre douze Guinéens, un Ivoirien, un Malien et cinq Sénégalais. Les enquêteurs ont précisé que tous étaient candidats à l’émigration irrégulière et se préparaient à rejoindre clandestinement les côtes européennes.

En plus de cette opération réussie, la Gendarmerie a tenu à rappeler son engagement constant dans la lutte contre ce phénomène qui continue de mettre en danger de nombreuses vies, en particulier celles des jeunes et des mineurs. Elle a également lancé un appel à la population, invitant chacun à collaborer davantage avec les forces de sécurité pour signaler toute activité suspecte et contribuer ainsi à endiguer ce fléau social.

Cette nouvelle arrestation met une fois de plus en lumière l’ampleur de l’émigration irrégulière au Sénégal, malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés. Elle illustre aussi les risques que prennent certaines familles entières, prêtes à s’engager dans des périples souvent mortels pour tenter de rejoindre l’Europe.

Passation de service au MESRI : El Hadji Abdourahmane Diouf cède la place au Pr Daouda Ngom

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a officiellement changé de titulaire ce lundi 15 septembre 2025. La cérémonie de passation de service, organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), a marqué le relais entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre sortant, et le Pr Daouda Ngom, désormais en charge du MESRI.

Après avoir dirigé le département de l’Environnement et de la Transition écologique pendant dix-sept mois et six jours, le Pr Daouda Ngom retrouve un secteur qu’il connaît bien. Son expérience et son expertise dans l’enseignement supérieur en font un acteur familier de ce milieu stratégique pour l’avenir du pays. En prenant les rênes du MESRI, il succède au Dr Abdourahmane Diouf, appelé à occuper désormais le portefeuille de l’Environnement et de la Transition écologique.

Ce jeu de chaises ministérielles illustre la volonté du gouvernement de mettre à profit les compétences de chacun dans les domaines jugés prioritaires. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au cœur des enjeux liés à la formation des jeunes, à l’innovation et à la compétitivité nationale, se retrouve placé sous la responsabilité d’un universitaire aguerri, tandis que l’Environnement et la Transition écologique, domaine sensible et transversal, est confié à un profil rompu aux questions de gouvernance et de stratégie.

Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI : Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé son élection en tant que membre du Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI. Une nomination qui confère à l’ancienne ministre des Affaires étrangères une nouvelle responsabilité sur la scène internationale, où elle représentera désormais la région Afrique de l’Ouest.

Dans un message adressé à l’opinion, Aïssata Tall Sall a expliqué que son rôle, aux côtés de ses collègues membres du Board, consistera à administrer le Réseau et à contribuer à sa mission d’appréciation critique et d’orientation des politiques menées par les deux institutions financières internationales. L’objectif est de veiller à ce que les décisions et stratégies mises en œuvre profitent directement aux populations, particulièrement celles des pays en développement.

« Je siégerai en ma qualité de député du Sénégal représentant la région Afrique de l’Ouest. Notre mission débutera le 13 octobre à Washington, à l’occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi sa participation à ce rendez-vous majeur de la gouvernance économique mondiale.

Cette élection marque une étape importante dans la carrière politique de la parlementaire, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, de la justice sociale et du rayonnement du Sénégal à l’international. Elle offre également une opportunité au pays de renforcer sa voix au sein des débats stratégiques portant sur le financement du développement, la réduction de la pauvreté et les réformes économiques globales.

Santé publique : une enquête révèle de fortes disparités régionales dans les facteurs de risque au Sénégal

L’enquête nationale STEPS sur les maladies non transmissibles, rendue publique cette semaine après sa publication en juillet dernier, met en lumière une réalité préoccupante pour la santé publique sénégalaise. Les résultats révèlent des écarts considérables entre les régions, où certains comportements à risque et pathologies chroniques atteignent des niveaux alarmants.

La consommation d’alcool reste une pratique marquée dans certaines zones. À Ziguinchor, plus d’un habitant sur dix déclare en consommer, soit un taux de 11,1 %, trois fois supérieur à la moyenne nationale fixée à 3,6 %. Dakar n’est pas en reste avec un taux de 5,9 %, confirmant une tendance qui dépasse le seuil national.

Le tabac, quant à lui, est surtout présent dans le sud du pays. Sédhiou affiche un taux de 12,1 %, largement au-dessus de la moyenne nationale estimée à 6 %. Dakar se situe également en zone rouge avec un taux de 7,9 %.

Mais c’est sur le plan de la santé mentale que les chiffres interpellent le plus. Fatick enregistre un taux de suicide de 26,9 %, le plus élevé du pays, suivi par Matam avec 20,8 % et Tambacounda avec 20,2 %. La moyenne nationale est pourtant de 13 %, ce qui montre l’ampleur du malaise dans ces régions. Louga (17,1 %) et Saint-Louis (15,3 %) affichent aussi des niveaux supérieurs à la moyenne.

Les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète apparaissent également comme des menaces grandissantes. Saint-Louis détient le record national de l’hypertension artérielle avec un taux de 43,3 %, suivi de près par Thiès (40,3 %) et Matam (32,6 %). La moyenne nationale est de 28,2 %, ce qui signifie que plusieurs régions dépassent de manière inquiétante ce seuil. Dakar (31,6 %) et Louga (30,4 %) ne sont pas épargnées. En ce qui concerne le diabète, Matam attire particulièrement l’attention avec une prévalence de 10,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale fixée à 4,2 %. Dakar, Kaolack et Louga affichent respectivement 7,7 %, 6,1 % et 5,8 %.

À Kédougou, ce sont les comportements alimentaires et le mode de vie qui suscitent l’inquiétude. Près de 96,5 % des habitants utilisent systématiquement du sel, des épices et du bouillon lors de la cuisson, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale de 75,8 %. La sédentarité est également marquée, avec 91,5 % de la population ne pratiquant pas suffisamment d’activité physique, un taux également au-dessus de la moyenne nationale estimée à 86,1 %. Saint-Louis affiche des chiffres comparables avec 91 % d’inactivité physique.

La dépigmentation volontaire, considérée comme un problème de santé publique à part entière, est très répandue dans certaines régions. Diourbel arrive en tête avec 21,3 %, suivie de près par Kaffrine avec 20,2 %. Kaolack (19,6 %), Thiès (17,4 %), Fatick (17,2 %) et Saint-Louis (16,2 %) affichent toutes des niveaux supérieurs à la moyenne nationale fixée à 15 %.

Cette enquête met en lumière une carte sanitaire contrastée où chaque région présente ses propres fragilités. Ziguinchor et Sédhiou se distinguent par la consommation d’alcool et de tabac, Fatick, Matam et Tambacounda par des indicateurs inquiétants en matière de santé mentale, Saint-Louis et Thiès par une forte prévalence de l’hypertension, Matam par une alerte rouge sur le diabète, Kédougou par des pratiques alimentaires et un manque d’activité physique, tandis que Kaffrine, Diourbel et Kaolack sont en première ligne sur la dépigmentation.

Ces résultats rappellent l’urgence d’adapter les politiques de prévention et de santé publique aux spécificités régionales, afin d’agir de manière ciblée et efficace. Faute d’une réponse rapide et coordonnée, le Sénégal risque de voir ces maladies non transmissibles peser lourdement sur son système de santé et sur l’équilibre socio-économique des communautés locales.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Passation de service au ministère des Infrastructures : Déthié Fall promet rigueur et accélération des projets

Une nouvelle page s’ouvre au ministère des Infrastructures. Ce lundi, aux Sphères ministérielles de Diamniadio, Déthié Fall, leader du Parti Républicain pour le Progrès (PRP), a officiellement pris ses fonctions à la tête du département, succédant à Fatou Diouf. La cérémonie de passation de service s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte de respect, où se sont mêlées gratitude et volonté d’accélérer les chantiers stratégiques du pays.

Dans son discours d’au revoir, Fatou Diouf, qui dirigeait jusque-là le portefeuille des Infrastructures maritimes et portuaires, a rappelé les grandes orientations de son mandat. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la ville de Saint-Louis, qualifiée de « grande ville de pêche » mais qui reste encore dépourvue d’infrastructures portuaires adaptées. Un projet de quai de pêche agréé y est actuellement à l’étude, de même que la construction du port en eau profonde de Ndiaye (Nikin), présenté comme un projet structurant pour le sud du pays. Elle a assuré avoir transmis à son successeur tous les éléments nécessaires pour poursuivre l’ambition de faire du Sénégal un véritable hub régional en matière de logistique et d’infrastructures maritimes et portuaires.

Prenant la parole à son tour, Déthié Fall a rendu un hommage appuyé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la confiance qu’ils lui ont témoignée. Il a salué le travail accompli par sa prédécesseure avant de s’engager à mobiliser « toute l’énergie nécessaire, dans la rigueur requise, dans la transparence attendue et en toute célérité » pour atteindre les objectifs fixés.

Le nouveau ministre a par ailleurs réaffirmé l’orientation donnée par le Premier ministre d’un travail sans relâche, « 24 heures sur 24 », afin de rattraper le retard du Sénégal sur certains pays plus avancés. Dans ce sens, il a lancé un avertissement ferme aux entreprises du secteur : celles qui ne partagent pas cette exigence de rigueur et de rapidité ne seront pas retenues pour collaborer avec son département. « Elles ne vont pas travailler avec nous », a-t-il tranché, promettant d’appliquer cette politique « de façon militaire ».

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par l’engagement partagé de faire des infrastructures sénégalaises un levier essentiel de la croissance économique. Entre continuité et rupture, la passation entre Fatou Diouf et Déthié Fall symbolise la volonté du gouvernement d’accélérer le rythme de réalisation des projets structurants pour accompagner les ambitions du pays.

Suspension des importations de bananes : l’Arm veille à la régulation et à la stabilité des prix

L’Agence de régulation des marchés (Arm) poursuit son travail de terrain après la suspension des importations de bananes. Son directeur général, Babacar Sembène, accompagné du comité de suivi et d’évaluation du protocole, a effectué une tournée dans plusieurs sites de stockage et de commercialisation. Cette mission avait pour objectif de vérifier concrètement l’état d’application du protocole signé avec les acteurs de la filière et d’en mesurer les premiers résultats.

Selon le journal Libération, qui rapporte la visite dans son édition de ce lundi, l’initiative vise avant tout à garantir aux consommateurs l’accès à des bananes de qualité, disponibles en quantité suffisante et proposées à un prix abordable. Mais elle a aussi pour ambition de soutenir les producteurs locaux et de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur de cette filière stratégique.

Durant ses échanges sur les différents sites, Babacar Sembène a rencontré des commerçants, des distributeurs et des consommateurs afin de recueillir leurs avis sur la mise en œuvre du dispositif. Le directeur général a insisté sur l’importance d’un contrôle rigoureux de la qualité des produits mis sur le marché et sur la nécessité de maintenir des prix justes et stables. Pour lui, la réussite de cette politique passe par la collaboration de tous les acteurs, chacun devant jouer son rôle dans la préservation de l’équilibre entre l’offre et la demande.

En saluant les efforts consentis par les partenaires de la filière, Babacar Sembène a réaffirmé la détermination de l’Arm à garantir le bon fonctionnement des marchés. Il a rappelé que la mission de l’institution ne se limite pas à la régulation économique, mais inclut également la protection du pouvoir d’achat des ménages et le renforcement de la confiance entre producteurs, commerçants et consommateurs.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de suivi permanent qui traduit la volonté de l’Arm d’accompagner durablement la filière banane. L’agence entend ainsi prévenir les déséquilibres qui pourraient résulter de la suspension des importations, tout en consolidant les acquis en matière de qualité, de disponibilité et de stabilité des prix.

Marché des chantiers navals de Dakar : le recours de Hat-San jugé irrecevable par l’Arcop

Le processus de sélection pour l’attribution du contrat de partenariat public-privé relatif à la reprise, la réhabilitation, le financement, l’exploitation et la maintenance des Chantiers Navals de Dakar vient de franchir une nouvelle étape. L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a déclaré irrecevable le recours introduit par Hat-San, l’un des candidats retenus, qui contestait certains aspects de la procédure.

D’après les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi, la décision a été rendue sans même qu’il soit nécessaire d’examiner le fond du dossier. L’Arcop a motivé son rejet par le non-paiement, par Hat-San, du montant fixé par l’arrêté conjoint du 3 avril 2023 relatif à la consignation exigée en matière de recours dans le cadre de la passation des contrats de partenariat public-privé. En l’absence de ce versement obligatoire, l’autorité n’avait pas d’autre choix que de déclarer la requête irrecevable.

Cette décision intervient dans un processus où la concurrence est particulièrement forte. Sur dix-sept dossiers initialement retirés, sept soumissions avaient été déposées auprès de la Société des infrastructures de réparation navale (Sirn), qui pilote ce marché stratégique. À l’issue de la phase de présélection, quatre candidats avaient été retenus : le groupement Dakarnave/Lisnave, exploitant sortant, le groupement Damen Shipyards/Matériel terrestre offshore Africa Sas, Hat-San Shipyard et l’entreprise italienne Jobson Italia Sri.

Les soumissionnaires préqualifiés ont jusqu’au 9 octobre prochain, à 11 heures, pour déposer leurs offres définitives. L’issue de cette compétition est très attendue, compte tenu des enjeux liés à l’avenir des Chantiers Navals de Dakar. Ce site industriel, véritable pilier du secteur maritime sénégalais, joue un rôle crucial dans la réparation et la maintenance des navires, mais aussi dans la dynamique économique et sociale de la capitale.

Le rejet du recours de Hat-San ne met pas fin à sa participation, mais il illustre la rigueur du cadre réglementaire qui encadre la passation de ce type de marché. La décision de l’Arcop permet en tout cas au processus de se poursuivre sans encombre, dans l’attente des propositions définitives des candidats retenus.

Inondations à Touba : Papa Djibril Fall dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à un plan d’urgence

Le député Papa Djibril Fall s’est rendu, ce samedi 13 septembre 2025, dans plusieurs quartiers de Touba durement touchés par les récentes inondations. Constatant l’ampleur des dégâts, il a exprimé sa profonde tristesse et sa colère face au silence et à l’inaction des autorités.

Dans les zones les plus affectées – Soura, Guèdè, Darou Khoudouss, Ngiraanen, Kër Niang, Madiyana Maarya, Dianatoul Firdawsy et Garabu Serigne Ibra –, les habitants vivent une situation dramatique. Des centaines de maisons sont englouties par les eaux, des mosquées abandonnées et de nombreuses familles contraintes de quitter leur domicile. « Je suis peiné et sidéré par le mutisme et le manque d’empathie du gouvernement face à cette tragédie », a déclaré l’élu, visiblement indigné.

Face à ce drame humain, Papa Djibril Fall a lancé un appel pressant à la mobilisation des moyens publics à travers le déclenchement du Plan d’Organisation Rapide des Secours (ORSEC). Selon lui, il est urgent de mettre à contribution, sans délai, le ministère de la Santé, la Brigade nationale du service d’hygiène, la Direction de la protection civile ainsi que la Délégation à la solidarité nationale. Il préconise également la mobilisation du Fonds de solidarité nationale afin de venir en aide aux sinistrés.

Le député estime qu’il est du devoir de l’État d’apporter une réponse rapide et coordonnée à cette crise qui plonge des milliers de citoyens de la ville sainte dans la détresse. Pour lui, seule une action concertée et immédiate permettra d’atténuer les souffrances des victimes et d’éviter une aggravation de la catastrophe.

Inondations à Touba : Papa Djibril Fall dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à un plan …

Mali : le JNIM mène une guerre économique en s’attaquant à Kayes, selon le Timbuktu Institute

Dans le sud-ouest du Mali, la région de Kayes est devenue une zone de forte pression pour les groupes jihadistes, notamment le Jama’at Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), qui la considère désormais comme un territoire stratégique majeur. Une étude publiée le 12 septembre par le Timbuktu Institute, basé à Dakar, met en lumière cette évolution inquiétante. Selon ce centre de recherche, les actions du JNIM s’inscrivent dans une nouvelle logique baptisée « guerre économique ».

Le rapport explique que les groupes armés cherchent à perturber délibérément l’approvisionnement du pays dans l’objectif de fragiliser l’économie nationale, d’isoler la capitale Bamako et d’augmenter la pression sur les autorités de transition. Ce changement de stratégie se manifeste notamment par des attaques répétées contre des infrastructures clés.

La région de Kayes, deuxième contributeur au PIB malien après Bamako, constitue un véritable carrefour économique. Elle est traversée par la Route Nationale 1 (RN1), qui relie Bamako à Dakar en passant par Kayes et Diboli. Cet axe représente à lui seul près de 30 % des importations terrestres du pays, avec environ 2,7 millions de tonnes de marchandises acheminées chaque année, incluant des produits essentiels tels que le carburant et les denrées alimentaires. Ce corridor est également vital à l’échelle régionale, puisque plus de 70 % des importations maliennes transitent par les ports de pays voisins, notamment celui de Dakar.

Le 1er juillet 2025, des attaques coordonnées ont visé plusieurs localités de la région, notamment Kayes et Diboli, située à seulement 1,3 km de la frontière sénégalaise. Le JNIM a mené des assauts simultanés contre cinq positions militaires, ciblant notamment des casernes, des postes de contrôle et des bâtiments administratifs. Ces opérations, dirigées par la Katiba Macina – principale branche armée du JNIM –, visaient à désorganiser le trafic transfrontalier et à démontrer la capacité du groupe à défier l’autorité de l’État malien. Bien qu’ils n’aient pas pu maintenir un contrôle durable sur les zones attaquées, les combattants ont réussi à interrompre temporairement les flux commerciaux.

L’étude souligne également que le JNIM continue de renforcer son emprise sur le centre du Mali tout en planifiant de nouvelles actions ciblées contre les axes économiques cruciaux. Le 3 septembre, un message audio diffusé en peul et en bambara par un certain Abou Houzeifa Al-Bambari a annoncé l’instauration d’un blocus sur les routes menant à Kayes et Nioro-du-Sahel, qui sont des points de passage vers le Sénégal et la Mauritanie. Ce message interdisait également le transport de carburant depuis la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie, et annonçait la suspension forcée des activités de l’entreprise Diarra Transport.

Ce durcissement stratégique a eu des conséquences directes sur l’approvisionnement en carburant et en denrées alimentaires à destination de Bamako. Les tensions sur les prix se sont accentuées, aggravant l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions, dont Ménaka, où plus d’1,5 million de personnes sont concernées. En réaction à cette situation, l’Union des transporteurs routiers du Sénégal (UTRS) a appelé dès le 2 juillet à suspendre temporairement les trajets vers le Mali, signe que la menace est perçue au-delà des frontières maliennes.

Le Timbuktu Institute estime que cette stratégie vise à étouffer Bamako en bloquant ses principales routes d’approvisionnement, contraignant ainsi les autorités à dépendre de voies secondaires souvent contrôlées par les insurgés. Selon l’analyse, cette logique de conquête passe par un contrôle accru des flux transfrontaliers, l’imposition de taxes sur certaines routes et l’organisation de blocus ciblés, comme cela a déjà été observé dans d’autres localités maliennes, notamment à Farabougou.

Diplomatie économique : Ousmane Sonko quitte les Émirats arabes unis et poursuit sa tournée en Italie

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a quitté ce vendredi 12 septembre 2025 les Émirats arabes unis à la mi-journée, à destination de l’Italie. Plus précisément, il est attendu ce samedi à Milan où il présentera le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) à la diaspora sénégalaise établie dans la région lombarde.

Cette étape italienne s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale entamée plus tôt cette semaine, axée sur la mobilisation de la diaspora et le renforcement des partenariats économiques stratégiques. Après cinq jours passés à Dubaï, où il a multiplié les rencontres avec des investisseurs et visité les installations du géant portuaire DP World, Ousmane Sonko veut désormais s’adresser aux Sénégalais d’Europe pour partager sa vision et recueillir leur soutien dans la mise en œuvre des réformes économiques engagées depuis l’arrivée du nouveau régime.

Durant son séjour aux Émirats, le chef du gouvernement sénégalais a supervisé la signature d’un avenant au partenariat stratégique entre DP World et le Port Autonome de Dakar, un projet structurant qui concerne notamment le développement du port de Ndayane. Ce nouveau hub logistique est censé renforcer la compétitivité du Sénégal sur les corridors de commerce ouest-africains et impulser un nouveau souffle à la politique d’industrialisation portée par le gouvernement.

Dans une rencontre organisée avec les membres de la communauté sénégalaise à Dubaï, Sonko a déclaré que ce déplacement aux Émirats « aura un impact réel sur le développement économique du pays », saluant l’ouverture d’esprit des investisseurs du Golfe et leur intérêt pour les opportunités qu’offre le Sénégal dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies.

À Milan, le Premier ministre poursuivra cette dynamique en mettant l’accent sur la place centrale de la diaspora dans la relance économique du pays. Il devrait notamment évoquer les dispositifs mis en place pour faciliter les investissements des Sénégalais de l’extérieur, la simplification des procédures administratives, mais aussi le renforcement des mécanismes de soutien à la création d’entreprise. Le PRES, pilier de la politique économique actuelle, prévoit un rôle accru pour la diaspora dans la création d’emplois, le transfert de compétences et la transformation des chaînes de valeur locales.

Ce voyage en Italie est le troisième déplacement hors du continent africain du chef du gouvernement depuis son entrée en fonction en avril 2024. Il témoigne d’un positionnement diplomatique résolument tourné vers l’économie, où les voyages officiels sont désormais orientés vers des résultats concrets, en lien avec les priorités nationales.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en recul de 16,1 % en juillet 2025, malgré une progression annuelle de 15,9 % (ANSD)

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a rendu public son rapport mensuel sur le commerce extérieur du Sénégal pour juillet 2025. Ce document met en lumière une baisse significative des exportations sur un mois, contrastée par une évolution globalement positive sur une base annuelle. Il dévoile également une nette hausse des importations et une dégradation du solde commercial par rapport au mois précédent.

Selon les données compilées par l’ANSD, les exportations du Sénégal ont atteint 431,9 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 514,6 milliards en juin, soit une baisse de 16,1 %. Ce recul est essentiellement attribué à la diminution des expéditions de certains produits stratégiques. Parmi eux figurent les produits pétroliers raffinés, dont les ventes sont passées à 88,5 milliards de FCFA, le pétrole brut (76,3 milliards), l’or non-monétaire (75,4 milliards), l’acide phosphorique (23,8 milliards) et les poissons frais de mer (14,4 milliards). Ces produits représentaient une part significative des recettes à l’exportation, et leur repli a impacté négativement les performances du mois.

Les principaux marchés d’exportation restent relativement stables, avec le Mali en tête (17,7 % des exportations), suivi des États-Unis (11,0 %), des Pays-Bas (10,8 %), de la Suisse (10,5 %) et de l’Inde (10,1 %). Toutefois, le rapport note que l’effet de la baisse mensuelle a été quelque peu atténué par la hausse des exportations de certains produits comme l’acide phosphorique, les produits pétroliers raffinés et les conserves de poisson.

En dépit du recul enregistré sur un mois, les résultats annuels sont plus encourageants. Les exportations de juillet 2025 ont en effet progressé de 15,9 % par rapport à juillet 2024. Mieux encore, le cumul des exportations sur les sept premiers mois de l’année s’élève à 3 272,1 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 60 % comparée aux 2 045,4 milliards enregistrés à la même période l’an dernier.

En revanche, les importations ont connu une progression notable, s’établissant à 635,6 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 545,0 milliards le mois précédent, soit une augmentation de 16,6 %. Cette croissance est principalement portée par la reprise des importations de pétrole brut, qui ont atteint 83,3 milliards de FCFA alors qu’aucun achat n’avait été enregistré en juin. D’autres produits ont également vu leurs volumes croître, notamment les sucres bruts et raffinés, les huiles et graisses animales et végétales, ainsi que les camions et camionnettes.

Cependant, cette dynamique haussière a été freinée par la baisse des importations de certains produits, notamment les autres produits pétroliers raffinés, qui sont passés de 155,9 milliards en juin à 131,3 milliards en juillet, ainsi que le riz, dont les importations ont chuté de 20,2 à 8,9 milliards de FCFA.

Par rapport à juillet 2024, les importations ont progressé de 9,4 %. En cumulé, elles atteignent 4 204,4 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 3 980,1 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 5,6 %. Les principaux fournisseurs du Sénégal restent la Chine (13,5 %), la France (10,2 %), la Russie (9,2 %), les Émirats Arabes Unis (8,1 %) et le Nigéria (6,7 %).

Le solde de la balance commerciale s’est, pour sa part, considérablement détérioré. Il est passé de -30,3 milliards de FCFA en juin à -203,8 milliards en juillet 2025. Cette aggravation du déficit est notamment due à une forte dégradation du solde commercial avec plusieurs partenaires : le Nicaragua (déficit de 41,3 milliards), le Nigéria (42,2 milliards), la France (60,1 milliards) et surtout la Chine, avec laquelle le déficit s’est creusé à 81,6 milliards de FCFA.

Toutefois, une amélioration a été notée dans les relations commerciales avec les États-Unis et l’Inde. Le Sénégal a enregistré un excédent de 31,8 milliards de FCFA avec les premiers et de 23,4 milliards avec les seconds. Ces gains, bien que significatifs, n’ont pas suffi à compenser le déséquilibre global.

Malgré cette situation, le cumul du déficit commercial sur les sept premiers mois de l’année affiche une amélioration notable. Il s’élève à -932,2 milliards de FCFA contre -1 934,7 milliards à la même période en 2024, ce qui témoigne d’un redressement progressif de la balance commerciale sur le moyen terme.

Le rapport de l’ANSD montre ainsi les limites de la performance mensuelle, mais confirme une dynamique positive sur l’année en cours. Il reste désormais à voir si cette tendance pourra être maintenue dans les mois à venir, notamment dans un contexte international marqué par l’instabilité des prix des matières premières et les incertitudes géopolitiques.

Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

Le Collectif Rappel à l’Ordre s’oppose à la nomination de Me Bamba Cissé et alerte les instances internationales

La récente nomination de Me Bamba Cissé au poste de ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions vives au sein de la société civile sénégalaise. Ce jeudi 11 septembre, le Collectif Rappel à l’Ordre, mouvement citoyen connu pour son engagement dans la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit, a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ce choix gouvernemental.

Dans un communiqué officiel, le Collectif qualifie cette décision de « menace grave pour la démocratie et pour l’équilibre institutionnel » du pays. Selon les membres du mouvement, Me Bamba Cissé serait marqué par un « engagement partisan » et des « prises de position radicales » qui, selon eux, ne correspondent en rien à l’exigence d’impartialité requise à un poste aussi stratégique que celui du ministère de l’Intérieur.

Craignant des dérives autoritaires ou des restrictions futures des libertés individuelles et collectives, Rappel à l’Ordre a décidé de porter l’affaire au niveau international. Deux institutions ont d’ores et déjà été saisies : l’Association Panafricaine des Avocats et le Département d’État des États-Unis, plus précisément son Bureau des Droits de l’Homme. Le mouvement indique avoir alerté ces entités sur les « risques que cette nomination fait peser sur les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits humains au Sénégal ».

Pour les membres du Collectif, cette alerte n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte politique qu’ils jugent tendu, et où certaines décisions récentes du pouvoir sont perçues comme des signaux inquiétants quant à la direction prise par les autorités. En appelant à une surveillance accrue de la communauté internationale, Rappel à l’Ordre espère prévenir d’éventuelles dérives et rappeler le Sénégal à ses engagements en matière de gouvernance démocratique.

Le Collectif conclut en réaffirmant son engagement total en faveur de la démocratie, de l’indépendance des institutions, et de la défense des libertés fondamentales. Il appelle à la vigilance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, face à ce qu’il qualifie de tournant potentiellement dangereux dans la conduite des affaires de l’État.

Gamou de Ndiassane : l’État renouvelle son engagement aux côtés des familles religieuses

La 142e édition du Gamou de Ndiassane, haut lieu de la confrérie Khadriya au Sénégal, a été marquée ce jeudi par une forte présence de l’État, représenté officiellement par le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne. À l’occasion de cette célébration religieuse d’envergure nationale, le ministre, qui parlait au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir pleinement les communautés religieuses du pays.

Dans son adresse au khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, ainsi qu’aux fidèles venus de tout le Sénégal, Dr Diagne a insisté sur le respect inaltérable de la liberté de culte, tout en réitérant l’engagement de l’État à accompagner les familles religieuses dans l’organisation de leurs activités cultuelles. Selon lui, ces manifestations spirituelles sont des moments de communion nationale qui participent à l’ancrage des valeurs républicaines, à travers la foi, la solidarité et la transmission intergénérationnelle des enseignements islamiques.

Le thème retenu pour cette édition, « Voilà ceux qu’Allah a guidés, suis donc leur direction », a été l’occasion pour le ministre d’opérer un parallèle entre les fondements spirituels de l’islam et les défis contemporains du Sénégal. Il a souligné que suivre la guidance divine aujourd’hui, c’est incarner les principes de justice, de probité, de fraternité et de travail. Dans un contexte économique et social marqué par des attentes fortes, il a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs fondamentales pour bâtir une société plus équitable et résiliente.

Dr Mabouba Diagne a également mis en lumière le rôle central que jouent les confréries religieuses dans la stabilité du pays. Il a salué la contribution historique de la tariqa khadriya dans la pacification des esprits, l’éducation religieuse et la préservation du vivre-ensemble. À ses yeux, le modèle sénégalais de l’islam, tolérant, enraciné dans les réalités sociales et ouvert au dialogue interreligieux, est une exception qu’il faut protéger contre les dérives extrémistes.

Le représentant de l’État a particulièrement loué la manière dont la famille Kounta a su transmettre fidèlement l’héritage prophétique à travers les générations, en mettant l’accent sur la modération, la recherche du savoir et la quête de la paix. Pour lui, le Gamou de Ndiassane n’est pas seulement une veillée religieuse commémorant la naissance du Prophète Muhammad (PSL), mais un acte vivant de fidélité aux valeurs universelles de l’islam.

En clôturant son intervention, Dr Diagne a appelé à renforcer le partenariat entre les autorités religieuses et les pouvoirs publics, dans l’optique de construire un Sénégal plus juste, plus spirituel et plus uni. Il a exprimé la volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec toutes les composantes de la société pour garantir la paix sociale, la cohésion nationale et le développement inclusif.

Ce discours a été chaleureusement accueilli par les dignitaires religieux et les fidèles, venus nombreux assister à cette édition du Gamou, devenue au fil des années un symbole de la vitalité spirituelle du Sénégal et de la place prépondérante des familles religieuses dans l’équilibre sociopolitique du pays.

Grève des concessionnaires du nettoiement : la mobilisation reste intacte malgré une avance de 5 milliards FCFA

La grève déclenchée par les concessionnaires du nettoiement se poursuit, en dépit de l’annonce faite par le Directeur du Budget concernant un décaissement partiel des sommes dues. Ces entreprises, qui assurent une part importante du service public de collecte et de traitement des déchets au Sénégal, réclament au total 15 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement. Mercredi, un mandat de 5 milliards de francs CFA a été confirmé par les services budgétaires, mais cela n’a pas suffi à convaincre les concessionnaires de reprendre leurs activités.

Selon Boubacar Diallo, secrétaire général du collectif des concessionnaires du nettoiement, cette somme représente à peine un tiers des montants attendus. S’exprimant au micro de Radio Sénégal International (RSI), il a précisé que bien que le collectif ait initialement exigé entre 70 et 80 % des sommes dues, il a accepté le principe de percevoir d’abord les 5 milliards proposés, dans un esprit d’ouverture. Il a aussi indiqué qu’un engagement supplémentaire a été pris par les autorités pour le versement de 4 milliards supplémentaires « d’ici une vingtaine de jours », au début du mois d’octobre.

Cependant, cet engagement verbal ne suffit pas à lever la suspension des activités. Les concessionnaires, qui disent être à bout de souffle, insistent sur la nécessité d’un décaissement effectif. Pour eux, les promesses et annonces ne permettent plus d’assurer les services dans les conditions actuelles. « La suspension de nos activités reste en vigueur car nous n’avons plus les moyens de préfinancer le service », a souligné M. Diallo. Il a précisé que si le ministère des Finances a accompli sa part en validant les mandats, c’est désormais au Trésor public de mobiliser effectivement les fonds pour permettre aux entreprises concernées de fonctionner à nouveau.

La grève affecte visiblement la propreté dans plusieurs communes, où les ordures s’accumulent en bordure de route et aux abords des marchés. Les autorités locales, souvent prises en otage par cette situation, peinent à rassurer les populations. Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte économique difficile, où les tensions sur la trésorerie de l’État compliquent l’exécution budgétaire dans plusieurs secteurs.

Les concessionnaires, qui avaient déjà alerté depuis plusieurs semaines sur leur précarité financière croissante, réclament plus de transparence dans le traitement de leurs créances et une régularité dans les paiements. Ils dénoncent un système dans lequel ils sont contraints d’assurer un service public essentiel sans garantie de rémunération dans les délais convenus.

Face à cette impasse, l’exécutif est désormais sous pression. Le règlement rapide de la dette due aux entreprises du secteur du nettoiement s’impose pour éviter une crise sanitaire et environnementale plus grave. Le bras de fer reste tendu, et les jours à venir seront décisifs pour savoir si la promesse de décaissement se matérialisera suffisamment vite pour convaincre les grévistes de reprendre leurs activités.

Demande de liberté provisoire de Farba Ngom : la CNDH dénonce la fuite d’un courrier confidentiel

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a vivement réagi après la fuite d’une correspondance adressée au juge d’instruction dans le cadre de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom. Dans un communiqué officiel, l’institution dirigée par le professeur Amsatou Sow Sidibé a dénoncé la divulgation de ce document confidentiel, la qualifiant de « grave atteinte au principe de confidentialité » et de « fait passible de poursuites judiciaires ».

Selon le document consulté par Les Échos, la CNDH rappelle que toutes ses démarches institutionnelles, en particulier celles touchant à des situations individuelles ou judiciaires, sont couvertes par une confidentialité stricte. Elle souligne que cette discrétion est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, qu’il s’agisse de détenus, de victimes ou de tiers impliqués dans une procédure.

La commission précise que ses interventions ne deviennent publiques que dans un cadre bien défini, notamment lors de la présentation de son rapport annuel remis au Président de la République, conformément à la loi qui régit son fonctionnement. Toute autre publication ou fuite en dehors de ce cadre est considérée comme une violation du secret de ses procédures.

Au-delà de la polémique, la CNDH a tenu à rappeler la nature de sa mission. Celle-ci est définie par l’article 4 de la loi qui l’institue : prévenir les violations, promouvoir et protéger les droits humains. À ce titre, la Commission indique qu’elle est fondée à adresser des recommandations et avis aux autorités, y compris judiciaires, dans le cadre de situations impliquant des droits fondamentaux, tout en respectant les limites de son mandat et de la séparation des pouvoirs.

L’institution s’est également appuyée sur ses récents travaux concernant la loi d’amnistie, un dossier particulièrement sensible, pour illustrer sa posture constante en faveur de la protection des droits humains dans un cadre strictement légal. Elle rappelle avoir formulé neuf recommandations dans ce cadre, dont l’une portait sur la création d’une commission d’indemnisation des victimes, preuve de son engagement envers une justice réparatrice et équitable.

Enfin, la CNDH a salué la volonté politique manifestée par les nouvelles autorités de l’État en faveur d’un renforcement de son indépendance. Elle cite notamment un projet de loi en cours, visant à élargir son mandat et à doter l’institution de nouveaux leviers d’action dans la promotion des droits humains au Sénégal.

En conclusion, la CNDH affirme qu’elle restera fidèle à ses principes fondateurs, notamment la confidentialité, l’impartialité et l’indépendance. Elle invite l’opinion publique à ne pas prêter foi aux fuites et lectures biaisées de ses correspondances internes, et rappelle que dans une démocratie, la protection des droits humains ne saurait être instrumentalisée ni exposée au tribunal de l’opinion publique.

Affaire Lat Diop : ses avocats vont s’exprimer publiquement ce lundi 15 septembre à Dakar

Le collectif des avocats assurant la défense de Lat Diop a annoncé la tenue d’un point de presse ce lundi 15 septembre 2025, à partir de 16 heures, dans la capitale sénégalaise. Cette déclaration a été rendue publique à travers un communiqué signé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, l’un des avocats du mis en cause.

Selon le communiqué, l’objectif de cette rencontre avec la presse est « d’éclairer l’opinion publique sur le contenu du dossier, les procédures en cours et les droits de la défense », tout en précisant que cet exercice se fera dans le strict respect du secret de l’instruction et des règles déontologiques qui encadrent la profession d’avocat.

Pour rappel, Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), est en détention depuis le 26 septembre 2024. Il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs chefs d’accusation graves, notamment « détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds ». Les montants en jeu dans ce dossier sont estimés à près de 8 milliards de francs CFA, selon les sources judiciaires.

Cette affaire, qui implique une personnalité bien connue du paysage politique et économique national, suscite depuis plusieurs mois une forte attention médiatique et un vif intérêt au sein de l’opinion publique. Le point de presse de ses avocats devrait ainsi permettre de clarifier certains éléments du dossier, dans un contexte où les spéculations et rumeurs continuent d’alimenter le débat public.

Les maladies non transmissibles : Un enjeu majeur de santé publique au Sénégal, selon l’Enquête STEPS 2024

Au Sénégal, les maladies non transmissibles (MNT) sont désormais responsables de 53 % des décès, selon les résultats de l’enquête nationale STEPS 2024, rendus publics à Kolda lors d’un atelier régional organisé ce jeudi. Cette rencontre, réunissant des autorités sanitaires, administratives et communautaires, s’inscrit dans un cycle de partages régionaux destinés à renforcer la riposte nationale contre ces pathologies silencieuses mais dévastatrices.

Le Dr Malick Hann, chef de la Division de la lutte contre les MNT au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a présenté les principales conclusions de cette étude d’envergure. Il a rappelé que les MNT regroupent principalement quatre grandes familles de maladies : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les affections respiratoires chroniques. Toutes ont en commun des facteurs de risque bien identifiés, liés au mode de vie et à l’environnement. « Une alimentation déséquilibrée – trop salée, trop sucrée ou trop grasse –, la consommation excessive d’alcool, le tabagisme, la sédentarité ainsi que la pollution de l’air sont les principaux éléments déclencheurs de ces pathologies », a-t-il précisé.

Ces facteurs, modifiables pour la plupart, mettent en lumière l’importance d’une stratégie de prévention solide. D’autant que les MNT, souvent silencieuses à leurs débuts, deviennent extrêmement coûteuses à traiter une fois qu’elles s’aggravent. C’est pourquoi le ministère de la Santé, à travers cette enquête, cherche à sensibiliser l’ensemble des acteurs sur la nécessité d’agir en amont, en renforçant la communication et la mobilisation communautaire.

Prenant la parole à son tour, Bonaventure Kalamo, gouverneur adjoint de la région de Kolda, a insisté sur la responsabilité collective face à ce fléau sanitaire. Pour lui, la lutte contre les MNT ne peut se limiter au seul secteur de la santé. Elle doit impliquer les collectivités locales, les établissements scolaires, les acteurs religieux et les leaders d’opinion. « Il faut diversifier les canaux d’information pour toucher toutes les couches sociales. Les MNT sont des maladies qui ruinent les familles, mettent à mal les revenus des ménages et pèsent sur le budget de l’État », a-t-il soutenu.

L’atelier de Kolda, à l’instar de ceux organisés dans d’autres régions du pays, ambitionne d’ancrer la lutte contre les maladies non transmissibles dans une logique territoriale, en tenant compte des spécificités locales. Il est question de former des relais communautaires, de renforcer les structures sanitaires de proximité, et surtout, de promouvoir des comportements sains dès le plus jeune âge.

Les résultats de l’enquête STEPS 2024 serviront par ailleurs de base pour l’élaboration d’un nouveau plan stratégique national de lutte contre les MNT. L’actuel plan d’action couvrant la période 2023-2025 arrive à son terme, et les autorités veulent s’appuyer sur des données actualisées pour affiner leurs interventions. L’ambition est claire : faire reculer de manière significative l’impact des MNT dans les années à venir, en misant sur la prévention, la détection précoce et un accompagnement durable des patients.

Le Sénégal, à l’image de nombreux pays en développement, est aujourd’hui confronté à un double fardeau épidémiologique : la persistance des maladies infectieuses et la montée en puissance des pathologies chroniques. Dans ce contexte, la lutte contre les maladies non transmissibles s’impose comme une priorité de santé publique et un défi national qui engage l’avenir du système sanitaire et la qualité de vie des populations.

AUGMENTATION DE 2,2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UN AN : Les Sénégalais à l’épreuve de la cherté de la vie

Le quotidien des Sénégalais devient de plus en plus insoutenable. Même ceux qui parviennent encore à subvenir à leurs besoins essentiels ne trouvent plus le sommeil tranquille. Selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré, en août 2025, une progression de 2,2 % en glissement annuel, signe manifeste d’un renchérissement généralisé qui fragilise davantage les ménages.
Cette inflation est principalement imputable à la hausse du coût des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées (+3,8 %), poste de dépense central des familles. La hausse des prix des légumes, tubercules, fruits, viandes et poissons – largement tributaire d’une baisse de la production maraîchère en période hivernale – illustre l’ampleur de cette tension. D’autres secteurs stratégiques accentuent également la pression : logement, eau, électricité et combustibles (+1,3 %), transports (+1,7 %), santé (+1,8 %) et services de restauration et d’hébergement (+1,8 %). La flambée des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants (+7,5 %) vient, quant à elle, compléter ce tableau alarmant.
Certes, quelques allègements se dessinent dans les services de communication (-3,1 %) ou certains produits de soins personnels (-1,2 %) ; toutefois ils apparaissent marginaux face à l’ampleur de la tendance haussière.
Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, atteint 4,5 % en rythme annuel, révélant la persistance de tensions structurelles sur les prix. Les produits locaux connaissent une hausse marquée (+4,2 %), contrastant avec le léger recul des biens importés (-1,8 %).
En variation mensuelle, les prix progressent encore de 1 %, avec une envolée spectaculaire des légumes feuillus (+32,2 %), des légumes-fruits (+13,3 %) et des tubercules (+12,7 %). À ces hausses alimentaires s’ajoutent celles du transport aérien, des services de livraison, de l’électricité et même de certaines prestations culturelles et de santé.
Par conséquent, derrière les chiffres, c’est une réalité implacable qui se dessine : la cherté de la vie grignote chaque jour davantage le pouvoir d’achat et plonge de nombreux foyers dans une angoisse croissante. L’inflation n’est plus une abstraction statistique, mais une épreuve quotidienne qui met à rude épreuve la résilience des populations.

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Tribunal de Dakar : Dame Amar condamné à un mois ferme pour détention et usage de drogue

Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de grande instance de Dakar dans l’affaire qui mettait en cause l’homme d’affaires Dame Amar pour détention et usage de drogue. Alors que le parquet avait requis deux ans de prison dont six mois ferme, la juridiction a opté pour une peine plus clémente, en le condamnant à un mois de prison ferme.

Selon plusieurs sources médiatiques ayant suivi l’audience, le tribunal a également ordonné la restitution des quatre véhicules de luxe ainsi que des 2 millions de francs CFA saisis lors de son arrestation, lesquels avaient été initialement présentés comme une tentative de corruption visant les agents de la brigade des stupéfiants. Le juge n’a donc pas retenu cette qualification dans sa décision finale.

Pour rappel, Dame Amar, âgé de 35 ans, avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à son domicile situé au Plateau, en plein centre-ville de Dakar. Cette arrestation faisait suite à une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. Elle avait également conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont sa compagne, de nationalité marocaine, présente sur les lieux au moment de l’intervention.

Les enquêteurs avaient mis la main sur une quantité importante de produits illicites : 100 grammes de skunk, une variété de cannabis à forte teneur en THC, 10 grammes de haschich, du matériel de consommation, neuf téléphones portables, des bijoux en or ainsi que les quatre véhicules saisis. Le chauffeur personnel de Dame Amar avait lui aussi été arrêté, poursuivi pour tentative de corruption, après avoir, selon les enquêteurs, proposé de l’argent aux policiers pour étouffer l’affaire.

Dame Amar n’en est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été cité et jugé dans le cadre de l’affaire Hiba Thiam, une jeune femme décédée en 2020 lors d’une soirée privée à Dakar où l’usage de drogues et d’alcool avait été mis en cause. Ce précédent judiciaire avait déjà entaché sa réputation et placé son nom au cœur de plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire vient donc alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, bien que la peine prononcée cette fois reste relativement légère. Elle relance également les débats sur la consommation de stupéfiants dans les milieux mondains de Dakar et la réponse judiciaire face à des figures publiques impliquées dans ce type de dossier.

Reste à savoir si le parquet fera appel de cette décision qu’il pourrait juger insuffisamment dissuasive au regard de la gravité des faits reprochés. En attendant, Dame Amar devra purger son mois de prison ferme, une peine qui, si elle semble symbolique, pourrait avoir des répercussions sur sa liberté conditionnelle dans le cadre de ses précédentes condamnations.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 10 Septembre 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a évoqué le décret n° 2025-1430 du 06 septembre 2025, qui nomme les Ministres et Secrétaires d’Etat, membres du nouveau Gouvernement de la République du Sénégal. Il a adressé ses remerciements aux Ministres sortants qui n’ont ménagé aucun effort pour mettre en œuvre la politique qu’il a déterminée, sous la conduite et la coordination du Premier Ministre Ousmane SONKO. Il a félicité et encouragé les Ministres et Secrétaires d’Etat reconduits dans le Gouvernement, ainsi que ses nouveaux membres. Il a rappelé qu’être Ministre ou Secrétaire d’Etat, est une responsabilité nationale primordiale. C’est une position spéciale, fondée sur une confiance exceptionnelle, dans l’exercice de charges publiques, au service des populations et de l’Intérêt général. D’où, l’impératif, pour tout Ministre ou Secrétaire d’Etat, d’incarner, à tout instant, la sacralité de l’Etat, le culte du service public et l’engagement patriotique, l’intégrité, l’efficacité dans la mise en œuvre de la politique de la Nation, à travers le déploiement optimal des politiques publiques.
 

Le Président de la République a invité le nouveau Gouvernement qui a tenu sa première session de Conseil des ministres ce jour, d’être une institution de la République marquée du sceau de l’action. Dans cette posture d’exception, il constitue dans la lettre et l’esprit de la Constitution, une équipe collégiale et solidaire, une force collective de propositions et de réalisations au service des attentes, aspirations et même des exigences de nos populations. Le Gouvernement, doit incarner le projet politique patriotique, plébiscité par le Peuple sénégalais. Il doit le matérialiser par la détermination, l’engagement et la maitrise de la communication, mais aussi le sens du travail dans la diligence, la qualité, l’efficacité et la proximité.
 

Le Chef de l’État a invité le nouveau gouvernement à s’attacher avec méthode à la gestion axée sur les résultats à l’intérieur de chaque département ministériel, à l’intensification de la mise en œuvre optimale du Plan de Redressement économique et social (PRES), conformément aux séquences temporelles et aux stratégies sectorielles opérationnelles de l’Agenda national de Transformation. Il a rappelé à chaque Ministre, l’urgence de mettre en œuvre, sous la supervision du Premier Ministre, les programmes, projets, réformes et textes requis dans le cadre de l’exécution des directives présidentielles. A cet égard, il a indiqué au Ministre des Finances et du Budget, l’urgence de prendre toutes les dispositions nécessaires avec le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et les Ministres sectoriels, en vue de la finalisation adéquate avec le Premier Ministre, de tous les arbitrages concernant le projet de Loi de finances pour l’année 2026. Par ailleurs, il a signalé au Gouvernement, la nécessité d’asseoir un ancrage territorial des actions ministérielles et interministérielles, en liaison avec la politique de territorialisation des politiques publiques. Il s’agit aussi et surtout, de veiller sans relâche à la prise en charge des problématiques sécuritaires, ainsi que des questions sociales dirimantes concernant l’éducation, l’enseignement supérieur, la santé, la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat des populations par la maitrise des circuits de commercialisation et des prix des denrées et produits essentiels. Enfin, il a demandé au Gouvernement d’intensifier la relance de l’économie nationale, le développement du secteur privé, des investissements productifs et de l’entreprenariat, de même que les travaux publics à haute intensité de main d’œuvre dans tous les secteurs, fondamentalement dans ceux du logement et des constructions, afin de promouvoir l’employabilité et l’emploi des jeunes : une priorité nationale.


Abordant les questions liées à l’organisation du dernier Maouloud, le Chef de l’État s’est appesanti sur l’accompagnement de ces cérémonies religieuses. Il a adressé ses chaleureuses félicitations au Gouvernement, aux forces de défense et de sécurité, aux services de l’Etat et à l’ensemble de la communauté musulmane du Sénégal, ainsi qu’aux Khalifes généraux, pour l’excellent déroulement des célébrations du Maouloud sur l’étendue du territoire national. Il a demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller avec les acteurs publics et religieux impliqués, à la programmation optimale des différentes interventions de l’Etat dans les cités et lors des manifestations religieuses et même coutumières. Il a insisté sur la tenue des réunions d’évaluation de l’organisation des manifestations assorties de recommandations d’amélioration pour les prochaines éditions.
 

Sur un autre chapitre, le Président de la République a mis l’accent sur la question de la relance des programmes d’alphabétisation et de promotion des langues nationales. Il a profité de la célébration du mois de l’alphabétisation qu’il avait initié en 2024 pour féliciter les acteurs et opérateurs en alphabétisation pour leur travail remarquable à l’échelle de toutes les collectivités territoriales du Sénégal. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale d’accentuer, à tous les niveaux, la mise en œuvre inclusive et optimale des projets et programmes d’alphabétisation, notamment dans nos langues nationales, dont la vulgarisation dans notre système éducatif et universitaire, et dans les secteurs public et privé, demeure une exigence essentielle à la réalisation du projet d’un Sénégal souverain, juste et prospère.


Dans un an, le Sénégal va accueillir les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, un évènement international d’envergure qui a des impacts notables sur les systèmes de transport (aériens, terrestres, maritimes), d’hébergement et sur nombre de secteurs de la vie économique, sociale et culturelle. C’est pourquoi, le Chef de l’État a invité le Gouvernement, notamment le Ministre de la Jeunesse et des Sports de prendre toutes les dispositions avec le Comité d’organisation (COJOJ), les Ministères et acteurs concernés, en vue de la réalisation, à temps, des infrastructures et autres diligences requises par l’organisation. Il a souligné la nécessité d’accentuer, dès à présent, une bonne préparation de nos athlètes à cette importante compétition, qui se déroule pour la première fois en Afrique.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

  • Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation des mises en place et cessions des intrants agricoles 2025, la situation prévisionnelle des semences et le point sur Africa Foods System Forum (AFSF) ;
  • Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.

Le Conseil a examiné et adopté :

  • Le Projet de loi portant Code des Investissements.
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts ;
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2008-46 du 03 septembre 2008 instituant une redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL), modifiée ;

Le Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions
Porte-Parole du Gouvernement.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Visite officielle aux Émirats arabes unis : Ousmane Sonko échange avec Cheikh Mansour Bin Zayed sur de nouveaux axes de coopération

Dans le cadre d’une visite officielle entamée lundi à Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu, ce mercredi, par Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, vice-président des Émirats arabes unis et figure influente du gouvernement émirati. Ce tête-à-tête de haut niveau, tenu à la résidence de Cheikh Mansour, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays.

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), les discussions entre les deux hommes ont porté sur plusieurs axes stratégiques de coopération bilatérale. Les domaines de l’énergie, des mines, des infrastructures et de l’investissement ont été au cœur des échanges. Cheikh Mansour, en plus de ses fonctions de vice-président, cumule des postes clés comme celui de ministre des Affaires présidentielles, président de la Banque centrale des Émirats et de l’Autorité d’investissement émiratie, ce qui donne un poids particulier à cette rencontre sur le plan institutionnel et économique.

La rencontre a été suivie par une série d’audiences entre Ousmane Sonko et des responsables d’institutions émiraties majeures opérant dans les secteurs stratégiques ciblés par le Sénégal pour soutenir son développement. Il s’agit notamment de partenaires dans l’énergie renouvelable, les infrastructures portuaires, les télécommunications et la transformation minière. Des contacts ont également été établis avec des fonds souverains et des groupes d’investissement désireux de s’implanter en Afrique de l’Ouest.

Cette visite officielle, qui s’étale sur six jours, constitue le troisième déplacement hors du continent africain pour Ousmane Sonko depuis sa nomination en tant que chef du gouvernement. Après la Chine et la Turquie, le choix des Émirats arabes unis témoigne d’une volonté assumée de diversifier les partenariats stratégiques du Sénégal, tout en attirant des investissements à forte valeur ajoutée.

Le Premier ministre est accompagné dans cette mission diplomatique par une délégation composée de plusieurs membres du gouvernement. Parmi eux, Ahmadou Al Aminou Lo, ministre auprès du président de la République, et Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui devrait également prendre les rênes du ministère de la Justice. Leur présence souligne l’envergure politique et diplomatique de cette visite.

En s’entretenant directement avec Cheikh Mansour, propriétaire du club anglais Manchester City mais surtout puissant acteur de la finance et de la diplomatie économique des Émirats, Ousmane Sonko cherche à positionner le Sénégal comme un partenaire crédible, stable et stratégique dans une région du monde en quête d’opportunités d’expansion en Afrique.

Les retombées concrètes de cette visite pourraient se manifester dans les mois à venir à travers de nouveaux projets d’investissement, des accords de coopération technique, ou encore des financements dans des secteurs prioritaires. Ce déplacement renforce également la stature internationale du Premier ministre sénégalais, qui entend redéfinir les contours de la diplomatie économique nationale à travers une approche plus proactive et ciblée.

Mairie de Dakar : Abass Fall succède à Ngoné Mbengue lors d’une passation marquée par des tensions organisationnelles

La mairie de Dakar a officiellement changé de main ce mardi à l’occasion d’une cérémonie de passation de service entre la maire intérimaire sortante, Ngoné Mbengue, et son successeur, Abass Fall. Organisé dans une ambiance à la fois solennelle et électrique, l’événement a connu un démarrage mouvementé, débutant avec près de deux heures de retard sur l’horaire initialement prévu.

Prévue à 10 heures, la cérémonie n’a effectivement commencé qu’à midi, dans une salle comble où se mêlaient conseillers municipaux, représentants d’institutions, militants, sympathisants et membres du personnel administratif. Ce retard s’explique en partie par des tensions liées à l’organisation et à la gestion des invités, notamment autour de la question de l’occupation des places assises.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines de militants, manifestement acquis à la cause d’Abass Fall, ont pris d’assaut la salle et occupé la majorité des sièges. Lorsque les invités officiels, dont certains dignitaires politiques et représentants des collectivités locales, sont arrivés, il ne restait que très peu de places disponibles. Les agents de sécurité et les services de la mairie ont alors tenté de réorganiser la salle en demandant à certains militants de céder leurs sièges aux invités protocolaires. Cette initiative a été mal accueillie par une partie du public, provoquant une brève montée de tension.

Refusant de quitter leurs places, plusieurs militants se sont opposés aux instructions, forçant les organisateurs à trouver une solution d’urgence. Des chaises supplémentaires ont été installées dans la salle pour pallier le manque d’espace, mais cela n’a pas suffi à satisfaire tout le monde. Ainsi, plusieurs participants, y compris des personnalités invitées, ont dû suivre la cérémonie debout.

Malgré ce début chaotique, la cérémonie a ensuite pu se dérouler dans le calme. Elle a été ouverte par des prières, demandant succès et bénédictions pour le nouveau mandat d’Abass Fall. Ce dernier, peu avant son entrée officielle dans la salle, avait tenu une réunion à huis clos avec les conseillers municipaux, dans un geste de concertation visant à poser les bases de son administration.

Cette passation de service marque un tournant dans la gestion de la mairie de Dakar. Abass Fall, figure politique bien connue sur la scène dakaroise, prend désormais les rênes de la capitale avec de nombreuses attentes. Son arrivée intervient dans un contexte de réformes et de défis urbains majeurs, où la gestion de l’espace public, les services de base et la gouvernance locale seront au cœur des priorités.

S’il a su galvaniser ses partisans, le nouveau maire devra maintenant rassembler au-delà de son cercle de fidèles pour répondre aux besoins concrets des populations et apaiser les tensions observées dès cette première étape de son mandat.

Patisen : les travailleurs menacent d’entrer en grève pour dénoncer des conditions de travail jugées dégradantes

Un climat social tendu règne actuellement au sein de Patisen, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires du Sénégal. Ce mardi, les employés de la société ont organisé un rassemblement devant les locaux de l’entreprise pour exprimer leur profonde colère face à ce qu’ils considèrent comme des abus persistants. Brandissant la menace d’une grève, ils réclament le respect de leurs droits fondamentaux et une nette amélioration de leurs conditions de travail.

À l’origine de cette mobilisation, le licenciement, qualifié d’« injuste », du chef du personnel. Une décision que les travailleurs perçoivent comme un signal inquiétant de la part de la direction, qui semble ignorer les inquiétudes et aspirations du personnel. Le délégué du personnel, Lamine D., a fermement dénoncé cette mesure, affirmant qu’elle a été prise sans concertation ni respect pour ceux qui œuvrent quotidiennement à la productivité de l’entreprise. « Nous sommes prêts, tous pieds fermes, pour qu’au moins les droits des travailleurs soient respectés », a-t-il déclaré devant la presse.

Mais au-delà de ce renvoi, les employés de Patisen dénoncent un malaise bien plus profond. Selon les représentants syndicaux, les salaires perçus sont jugés insuffisants et indignes de la charge de travail imposée. Certains agents gagneraient à peine entre 70 000 et 75 000 francs CFA par mois. Un montant qui, dans le contexte économique actuel, ne permettrait pas de couvrir les besoins élémentaires comme le logement, le transport ou la nourriture. « Si vous payez la location, votre transport, votre nourriture, 70 000 francs ne peuvent rien contre ça », a lancé Lamine D., visiblement excédé.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les travailleurs dénoncent également l’absence totale de plan de carrière au sein de la société. Pour beaucoup, il n’existe aucune perspective d’évolution professionnelle, aucune politique de motivation ni reconnaissance des efforts. Ce manque d’horizon professionnel, combiné à des conditions de travail qu’ils jugent précaires, viendrait aggraver le malaise social déjà bien installé.

Sur le plan sanitaire, les accusations sont tout aussi préoccupantes. Le personnel pointe du doigt des conditions de sécurité et d’hygiène défaillantes dans les unités de production, exposant ainsi les employés à des risques pour leur santé. « La santé des employés est complètement menacée », a alerté le délégué du personnel, évoquant une détérioration progressive de l’environnement de travail.

Face à cette situation jugée « grave », les employés n’écartent pas l’option d’une grève générale si leurs revendications continuent d’être ignorées. Ils appellent la direction à entamer un dialogue franc et à apporter des solutions concrètes à leurs doléances, sous peine de voir le mouvement social s’intensifier dans les prochains jours.

Pour l’heure, la direction de Patisen n’a pas encore officiellement réagi aux accusations portées contre elle, mais la pression monte, et le malaise au sein du personnel est palpable. Si aucune médiation n’est engagée rapidement, l’entreprise pourrait faire face à un blocage aux lourdes conséquences sur ses activités et son image.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet

Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.

Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.

Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.

À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.

Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.

Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.

Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

Aïssatou Diop Fall auditionnée par la Division spéciale de Cybersécurité avant d’être relâchée

La journaliste Aïssatou Diop Fall, connue pour son franc-parler et son engagement dans les médias, a été convoquée et entendue ce mardi par la Division spéciale de Cybersécurité (DSC). Directrice de la chaîne d’information en ligne Public.sn, elle a été interrogée dans le cadre d’une plainte déposée par l’une de ses consœurs, Thioro Mandela. Après plusieurs heures d’audition, Mme Diop Fall a été autorisée à rentrer chez elle, sans qu’aucune mesure restrictive ne soit prise à son encontre pour le moment.

Cette affaire fait suite à une émission récemment diffusée sur la plateforme Public.sn, au cours de laquelle Aïssatou Diop Fall aurait tenu des propos jugés diffamatoires par Thioro Mandela. Cette dernière a rapidement saisi la justice, estimant que sa réputation avait été mise à mal de manière injustifiée. Le contenu précis des propos incriminés n’a pas encore été rendu public, mais la plainte fait état d’atteinte à l’honneur et à la considération de la plaignante.

Dans un climat où la liberté d’expression et la régulation des contenus en ligne soulèvent de nombreuses questions, cette audition a immédiatement suscité l’intérêt de l’opinion publique et des acteurs du monde médiatique. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les implications de cette affaire, à la fois sur le plan juridique et sur la liberté des journalistes d’exercer leur métier sans subir de pressions.

À ce stade, aucune inculpation n’a été prononcée, et l’enquête se poursuit sous la houlette des services compétents. Aïssatou Diop Fall, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources proches de la journaliste indiquent qu’elle reste sereine et prête à se défendre face aux accusations portées contre elle.

AFFAIRE MOUHAMED DIENG : Quand l’argent cherche à acheter le silence des médias

L’affaire Mouhamad Dieng, déjà alourdie par le rapport accablant de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), connaît désormais un prolongement des plus préoccupants. L’homme d’affaires aurait, par l’entremise d’un promoteur musical très en vue, entrepris de soudoyer plusieurs rédactions sénégalaises afin d’orienter la couverture médiatique en sa faveur. Des sommes faramineuses, se chiffrant en millions, ont été proposées pour obtenir des publications flatteuses, destinées à redorer son image et à détourner l’opinion publique des accusations documentées qui pèsent sur lui.
Le Dakarois Quotidien a lui aussi été approché dans le cadre de cette opération de charme. Une offre de plusieurs millions a été soumise à la rédaction, en échange de contenus complaisants. Toutefois, elle a été rejetée sans équivoque. Le journal demeure fidèle à son engagement d’indépendance, préférant la rigueur de l’information à la compromission ou à la capitulation face aux menaces, et la vérité à l’argent.
Cette tentative de corruption illustre une stratégie profondément préoccupante : substituer à la transparence judiciaire une mise en scène médiatique financée à coups de billets. Plutôt que de répondre devant les autorités aux faits précis relevés par la CENTIF – flux financiers suspects, acquisitions douteuses, sociétés-écrans – Mouhamad Dieng semble avoir choisi la voie d’un storytelling artificiel, construit pour séduire l’opinion et museler les voix discordantes.
Le recours à un intermédiaire issu du milieu culturel révèle, par ailleurs, la volonté de brouiller les pistes et de s’appuyer sur des relais d’influence familiers pour pénétrer le champ médiatique. Ce procédé ne fait que renforcer les interrogations sur l’étendue des moyens mobilisés pour échapper au regard de la justice.
Il convient de rappeler une évidence : l’innocence ne se proclame pas dans les colonnes achetées des journaux, mais se démontre devant les tribunaux.
Le silence du parquet, face à un dossier d’une telle gravité, interpelle et nourrit la suspicion d’un étouffement.
Au-delà du cas de Mouhamad Dieng, c’est la crédibilité de notre système démocratique et judiciaire qui est en jeu. L’argent ne devrait pas dicter la ligne des rédactions et achèter les consciences.
Le Dakarois Quotidien réaffirme son refus de toute compromission : informer, sans crainte ni faveur, demeure notre unique boussole.

Mauritanie : 119 migrants secourus au large d’Amhijrat, dont 50 Sénégalais

Les garde-côtes mauritaniens ont porté secours à 119 migrants en détresse au large d’Amhijrat, dans la région d’Inchiri. L’annonce a été faite par le ministère mauritanien de la Pêche et de l’Économie maritime à travers un communiqué publié sur sa page officielle. Parmi les rescapés figurent 50 Sénégalais, dont une femme, 54 Gambiens, dont dix femmes, ainsi que 15 Guinéens de Conakry.

Selon les premières informations, l’embarcation avait quitté la Gambie au début du mois de septembre 2025 avec pour objectif de rallier l’Europe. Mais le moteur de la pirogue est tombé en panne en pleine mer, condamnant ses passagers à une errance de près d’une semaine. Privés de moyens de propulsion et à la merci des courants, les migrants ont vécu des jours d’angoisse avant d’être localisés. Leur sauvetage a été rendu possible grâce à une coordination entre les garde-côtes mauritaniens et des navires évoluant dans la zone.

Après avoir été secourus, les migrants ont été conduits à Nouakchott où ils ont bénéficié d’une assistance et de soins médicaux conformément aux procédures en vigueur. Ce dénouement heureux a permis d’éviter un drame supplémentaire dans une région où les naufrages sont fréquents et souvent meurtriers.

L’épisode illustre une nouvelle fois les dangers extrêmes liés à la migration irrégulière par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes originaires du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre les côtes européennes à bord d’embarcations de fortune. Faute de conditions de navigation sûres, nombre d’entre eux périssent en mer ou disparaissent sans laisser de traces, transformant ces traversées en tragédies humaines répétées.

Keur Massar : démantèlement d’un vaste réseau de vol d’électricité impliquant des prestataires de la SENELEC

La brigade de recherches de Keur Massar a mis au jour, ce week-end, un vaste réseau de fraude électrique qui opérait depuis plusieurs mois au détriment de la SENELEC. L’opération, entamée dans la nuit du 6 septembre et poursuivie le lendemain, a conduit à l’arrestation de trois suspects, parmi lesquels figurent deux prestataires travaillant directement pour la société nationale d’électricité.

Selon les informations recueillies, les personnes interpellées sont A. Diame, âgé de 41 ans et prestataire affecté à Malika, S. Diallo, 40 ans, également prestataire à Keur Massar, et M. M. Diop, 35 ans, un électricien indépendant. Les enquêteurs, accompagnés d’agents de la SENELEC et d’un huissier de justice, ont découvert un système sophistiqué mais dangereux : des câbles posés à même le sol, des branchements irréguliers s’étendant sur plus de cent mètres et des dizaines de foyers connectés illégalement. Les habitants concernés payaient un forfait fixe de 7 000 francs CFA par mois, quel que soit le niveau de leur consommation.

Les pertes pour la SENELEC se chiffreraient à plusieurs millions de francs CFA. Cependant, les conséquences ne se limitent pas à l’aspect financier. Ces branchements anarchiques constituaient un danger mortel. Des cas d’électrocution ont déjà été signalés, dont la mort de deux chevaux, tandis que les riverains vivaient constamment sous la menace d’incendies et d’accidents graves liés à la mauvaise installation des câbles.

Dimanche 7 septembre, entre 11 heures et 15 heures, les gendarmes, renforcés par un escadron de la Légion de gendarmerie d’intervention, ont procédé à la neutralisation complète du dispositif frauduleux. Une cinquantaine de maisons identifiées comme bénéficiaires de ces branchements illégaux ont été débranchées. Les agents de la SENELEC ont retiré les câbles sous la supervision de l’huissier de justice afin de sécuriser la zone et de rétablir l’ordre sur le réseau.

Les trois suspects arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol et fraude d’électricité. Ils devraient être présentés mardi devant le tribunal de grande instance de Rufisque. L’enquête reste ouverte pour identifier d’éventuelles complicités et mesurer l’ampleur réelle de ce trafic, qui pourrait concerner d’autres quartiers de la banlieue dakaroise.

Cette affaire met en lumière les lourdes conséquences des branchements clandestins, non seulement pour la SENELEC et les finances publiques, mais surtout pour la sécurité des populations. Les autorités entendent renforcer la lutte contre ces pratiques, qui continuent de fragiliser le réseau électrique national et de mettre des vies en péril.

YASSINE FALL À LA JUSTICE, Me BAMBA CISSÉ À L’INTÉRIEUR : Le spectre d’un parti-État

La nomination de Yassine Fall au ministère de la Justice et de Me Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur pourrait dépasser le cadre d’un simple réaménagement gouvernemental. Elle semblerait traduire une orientation politique : faire de la justice et de la sécurité des instruments au service d’un projet de contrôle accru.
Ces choix, loin d’être anodins, pourraient envoyer un signal fort sur la volonté du régime de verrouiller les institutions et d’imposer une gouvernance partisane.
Yassine Fall, militante assumée du Pastef, avait déjà attiré l’attention en octobre 2024 lorsqu’elle aurait pris publiquement fait et cause pour une passagère ayant agressé verbalement l’ancien président Macky Sall dans un avion. Ce positionnement, jugé partisan par beaucoup, pourrait aujourd’hui nourrir des interrogations sur son aptitude à incarner l’impartialité attendue de la fonction de garde des Sceaux. La justice, censée rester un rempart contre les dérives, risquerait d’être alignée et instrumentalisée.
Les déclarations du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, affirmant que « ceux qui dérangent » devraient être écartés du corps judiciaire ou encore celles attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko selon lesquelles les ministres de la Justice et de l’Intérieur devraient exécuter sans discuter un ordre d’arrestation, pourraient conforter cette lecture d’une justice d’obéissance plutôt que d’équilibre.
De l’autre côté, l’arrivée de Me Bamba Cissé comme ministre de l’Intérieur ne semblerait pas être le fruit du hasard. Plus qu’un avocat connu, il est une vieille connaissance d’Ousmane Sonko qu’il fréquente depuis plus de vingt ans. Lui-même rappelait avoir partagé avec le leader du Pastef des années de doctorat à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). En 2024, il n’hésitait pas à qualifier Sonko de « phénomène politique » et d’« homme le plus remarquable dans l’histoire politique du Sénégal ». Sa proximité avec le Premier ministre, avérée de longue date, pourrait conforter l’idée d’un appareil sécuritaire confié à un fidèle dont l’allégeance politique ne ferait aucun doute.
Au-delà des personnes, c’est une certaine conception de l’État qui semblerait se dessiner. Les nominations de Yassine Fall et de Me Bamba Cissé pourraient confirmer la mise en place progressive d’un Parti-État où justice et sécurité deviendraient des leviers de domination. Les promesses de rupture, brandies comme des symboles d’espoir, sembleraient céder le pas à une pratique politique qui installerait la peur, fragiliserait la presse, marginaliserait les opposants et mettrait en péril l’indépendance des institutions.
Le Sénégal, longtemps cité en exemple pour son pluralisme et son équilibre démocratique, pourrait, dès lors, se retrouver dans une situation délicate. Si la justice venait à se transformer en bras armé d’un régime, elle perdrait sa fonction de rempart et entraînerait avec elle l’ensemble du système dans une zone de turbulence.

Penda THIAM

Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des incertitudes sur la capacité de l’exécutif à gouverner efficacement.

La nomination des titulaires de la Justice et de l’Intérieur marque un tournant. Longtemps défendus par la présidence comme des bastions de neutralité, ces ministères ont finalement été cédés sous la pression du Premier ministre et de son camp. Ce choix confère à Ousmane Sonko et à ses proches un pouvoir inédit dans l’appareil sécuritaire et judiciaire. Pour nombre d’observateurs, cela ouvre la voie à un durcissement des pratiques répressives et à une possible instrumentalisation des procédures judiciaires dans la gestion des rivalités politiques.

Alors que le pays traverse une conjoncture difficile – hausse du coût de la vie, chômage des jeunes, fragilité de l’investissement – les attentes étaient fortes sur l’émergence d’une équipe compétente et soudée autour du plan de redressement. Or, plusieurs ministres critiqués pour leur manque de résultats ont été reconduits, par défaut d’accord entre le président et son Premier ministre. Ce statu quo traduit un arbitrage politique plutôt qu’une vision économique, laissant craindre un retard dans la mise en œuvre des réformes attendues.

Derrière les sourires officiels, la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko reste palpable. L’un incarne la légitimité institutionnelle, l’autre revendique la légitimité politique et militante. Cette dualité installe une « guerre froide » au sommet, qui pourrait se diffuser insidieusement dans la haute administration et les institutions de la République. La stratégie présidentielle, consistant à temporiser et laisser pourrir la situation, apparaît comme un aveu de faiblesse. Mais ce choix pourrait à terme miner la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Ce gouvernement, né de compromis laborieux, illustre les limites d’un partage du pouvoir imposé par des équilibres politiques précaires. Loin d’incarner une dynamique de réforme, il s’apparente à une fragile coalition interne dont les contradictions risquent d’entraver l’action publique. Dans un contexte où la société sénégalaise attend des réponses rapides et concrètes, cette paralysie politique pourrait s’avérer lourde de conséquences.

Matam : le pont de Oréfondé fermé à la circulation à cause de la crue du fleuve Sénégal

La circulation a été provisoirement interdite sur le pont de Oréfondé, submergé par les eaux du fleuve Sénégal. L’annonce a été faite ce samedi par le gouverneur de la région de Matam, Saïd Dia.

« Le pont de Oréfondé, reliant cette commune du Dandé Mayo nord, a été submergé par les eaux du fleuve Sénégal. La circulation y est provisoirement interdite », a indiqué l’autorité administrative dans un communiqué.

Cet ouvrage constitue un axe vital pour relier la commune de Oréfondé aux villages environnants. Déjà par le passé, il avait été fermé dans des circonstances similaires, forçant les populations à se rabattre sur les pirogues motorisées pour se déplacer.

La situation reste préoccupante, puisque le niveau d’alerte du fleuve Sénégal, fixé à 8 mètres, a été dépassé depuis plusieurs jours. Les risques d’inondations persistent et perturbent fortement la mobilité dans cette zone frontalière, où les populations attendent des mesures urgentes pour sécuriser leurs déplacements.

Sangue Barhamou Ndiaye : Un destin scellé par la spiritualité

Né le 5 février 1958 à Thiakho Thiof Yôr, dans la région du Saloum, Sangue Barhamou Ndiaye est issu d’une lignée noble. Fils d’Ibrahima Ndiaye et d’Aminata Cissé, il grandit dans un environnement marqué par la foi et la tradition. Très tôt, il fut initié à l’apprentissage coranique auprès de plusieurs maîtres, dont Ibra Gueye et Cheikh Mbaye Awa, qui virent en lui les prémices d’une vocation spirituelle singulière.

Parmi les souvenirs de son enfance, un épisode demeure gravé dans sa mémoire comme le sceau de sa destinée. Un jour béni, alors qu’il n’était qu’un enfant de Thiakho, le village eut l’honneur de recevoir la visite du grand maître Shaykh Ibrahim Niass. L’événement attira une foule enthousiaste, et les enfants, débordants d’ardeur, s’éparpillèrent entre un acacia et un baobab avant de courir derrière la voiture qui transportait le guide. Sangue Bi, le plus vif, fut le premier à atteindre le véhicule. Lorsque Baye descendit, il posa sa main avec douceur sur la tête du jeune garçon. Ce simple geste provoqua en lui une émotion indicible, une vibration intérieure qu’il n’avait jamais ressentie. Il en garda le souvenir comme une marque intime, un signe silencieux scellant un destin spirituel hors du commun.
En 1978, il s’installa définitivement à Dakar, où son cheminement spirituel prit une dimension nouvelle. Sa quête de vérité l’amena à fréquenter divers cercles de savoir et de spiritualité, jusqu’à franchir les portes d’églises pour écouter des prêtres. Cette ouverture rare, loin d’être une errance, traduisait une soif ardente de Dieu. Elle s’inscrivait dans la continuité de la tradition des grands maîtres soufis, qui passèrent par de multiples écoles avant de recevoir la grâce définitive. Shaykh Ahmad at-Tijânî lui-même, bien qu’essence de sainteté dès avant sa naissance, avait suivi une douzaine de maîtres avant que le Prophète – en état de veille – ne l’investisse directement de la voie tijânie.
Cette quête inlassable trouva son accomplissement en 1996, lorsque Sangue Barhamou Ndiaye rencontra Mawlânâ Shaykh Ibrahim Niass, vers qui il fut conduit par Mawlânâ Shaykh Uld Khayr de Mauritanie. Dès lors, il devint l’un de ses disciples les plus fervents, entièrement dévoué à sa voie. Déjà, Shaykh Uld Khayr avait pressenti son destin spirituel en affirmant que « Babacar Ndiaye », comme on le nommait alors, connaîtrait une ouverture totale qui l’élèverait au-dessus de ses semblables. L’un de ses proches, Baye Abdul Qâdir Lo, avait lui aussi reconnu son envergure exceptionnelle : « Ton horizon spirituel est si vaste qu’il te faudra longtemps pour trouver un maître à ta mesure. »
Aujourd’hui, Sangue Bi s’impose comme une figure majeure de la Fayda Tijâniyya. Sa rigueur, sa générosité et sa constante disponibilité au service de la transmission de la gnose font de lui une référence incontournable de la spiritualité contemporaine. Son itinéraire, marqué par l’humilité et l’ardeur, incarne la continuité vivante d’une tradition qui dépasse les frontières du temps et de l’espace.

CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI NIASSE : Un guide spirituel au service de l’humanité

À la fois érudit, pédagogue et médiateur, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse reste fidèle à l’héritage de son père, El Hadji Ibrahima Niasse, tout en façonnant une vision contemporaine de l’Islam fidèle aux enseignements du Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui). De la bibliothèque de Médina Baye à la médiation des conflits à l’international, sa mission repose sur le savoir et l’amour de l’humanité.

Chaque jour, le cinquième khalife de Médina Baye, depuis 2020, s’entoure d’un cercle de fidèles et de proches. Ces rencontres quotidiennes, empreintes d’humilité et de culture générale, traduisent la proximité d’un guide spirituel qui aime échanger sur tous les aspects de la vie contemporaine. Modeste et généreux, il incarne l’image d’un érudit accessible, profondément enraciné dans la tradition tout en demeurant attentif aux défis du monde moderne.
Sa passion pour la lecture et son attachement à la jeunesse renforcent l’image d’un apôtre de la paix, soucieux de transmettre les valeurs de dialogue, de tolérance et de savoir.
En 2022, Cheikh Mahi Ibrahima Niass s’est distingué par une médiation historique dans la crise soudanaise, contribuant ainsi à rapprocher des belligérants que tout semblait opposer. Cet acte a confirmé son rôle de passeur de paix et d’acteur incontournable de la diplomatie religieuse. Héritier spirituel de son illustre père, El Hadji Ibrahima Niasse, il perpétue une tradition d’ouverture et d’engagement au service de la Oumma et de l’humanité.
En 2024, celui qui est également Président de l’Union islamique africaine, a été l’artisan de la conversion de plus d’une centaine de personnes à l’Islam.

QUÊTE ÉTERNELLE DU SAVOIR
Né en 1938, Cheikh Mahi Ibrahima Niasse est unanimement décrit comme un homme d’une humilité exemplaire, d’une disponibilité constante et d’une érudition remarquable. Alors que la plupart des enfants de sa génération commençaient l’apprentissage du Coran à l’âge de 7 ans, il en entama la mémorisation dès l’âge de 5 ans en Mauritanie, auprès de maîtres coraniques réputés auxquels son père l’avait confié. Arraché à l’affection maternelle pour être initié aux sciences religieuses, il s’est très tôt consacré à la quête de Dieu, aux côtés de ses frères également dédiés à cette mission spirituelle.
De retour au Sénégal, il poursuivit son apprentissage avant de s’exiler en Égypte. À l’Université Al Azhar du Caire, en Égypte, haut lieu du savoir islamique, il s’illustra par sa rigueur intellectuelle et obtint en 1976 une maîtrise en Histoire islamique.
Très impliqué dans les mouvements estudiantins du monde arabe, il fut tenté de prolonger son engagement militant en dehors du Sénégal. Mais son père, conscient des dérives possibles, le rappela à ses responsabilités spirituelles et le ramena à une voie plus mesurée. Ce rappel paternel marqua un tournant décisif dans son parcours : Cheikh Mahi choisit alors de mettre son érudition et son énergie au service du savoir et de la communauté.
Directeur de l’Institut franco-arabe El Hadji Abdoulaye Niasse de Médina Baye, il s’impose depuis plusieurs décennies comme un pédagogue passionné, transmettant aux nouvelles générations son amour de la connaissance. Il confia un jour que, lors d’une retraite auprès de son père, il avait prié pour une seule chose : le savoir. Cette prière fut exaucée, tant sa maîtrise des sciences islamiques et des enjeux contemporains force aujourd’hui l’admiration de ses pairs et de ses disciples.

APÔTRE DE LA PAIX
Propulsé sur le devant de la scène en tant que vice-khalife sous le magistère du quatrième khalife, Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, Cheikh Mahi a toujours préféré la discrétion aux honneurs. Il affectionne davantage l’esplanade de la grande mosquée, où il improvise des conférences sur la géopolitique, l’histoire ou l’œuvre de son père, que les tribunes officielles. Sa résidence, abritant une bibliothèque riche et variée, est devenue un lieu de rencontres et d’échanges, où il reçoit sans protocole et où chacun peut trouver écoute et conseil.
Au-delà de son érudition et de sa proximité avec les fidèles, c’est son rôle dans la résolution de conflits qui demeure le plus marquant. L’exemple le plus frappant est sans doute celui du Darfour, où il mit fin à une guerre ethnique qui avait duré 9 ans et impliqué plus de cinquante (50) tribus. Sans mobilisation militaire ni moyens financiers, il réussit à instaurer un cessez-le-feu fondé uniquement sur l’amour d’Allah et les valeurs universelles de l’islam. Cette victoire silencieuse, obtenue par la seule force du dialogue et de la foi, illustre parfaitement sa vision d’une diplomatie spirituelle au service de la paix et de la réconciliation.
Humble, visionnaire et profondément attaché au service de l’humanité, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse apparaît aujourd’hui comme l’un des grands artisans de paix de notre temps.
Fidèle à l’héritage de son père tout en affirmant sa propre voie, il demeure un serviteur infatigable de la Oumma et un guide éclairé dont l’influence dépasse largement les frontières du Sénégal.

BAYE SERIGNE ASSANE SECK : Le Khalife bâtisseur

Serigne Assane Seck, 9ᵉ Khalife général de Thiénaba, perpétue une tradition tidiane séculaire. Issu d’une lignée prestigieuse, il allie guidance spirituelle, engagement moral et actions concrètes pour renforcer l’unité, la justice et le développement de sa communauté.

Né en 1939 à Thiouty, un village situé à proximité de Thiénaba, Serigne Assane Seck est le 9ᵉ Khalife général de la confrérie tidjane de Thiénaba. Fils de Serigne Ibrahima Seck, le 6ᵉ Khalife, il a grandi dans un environnement profondément religieux, imprégné des valeurs de droiture, de générosité et de dévouement à la communauté. Très tôt, il a reçu une éducation religieuse solide, à Thiouty puis à Thiénaba, qui a forgé son attachement aux enseignements de la Tidjania et à la Sunna du Prophète Muhammad (PSL).
Avant son accession au khalifat, Serigne Assane Seck a longuement accompagné son frère, Serigne Abdou Rahim Seck, dans la gestion des affaires de la confrérie, acquérant ainsi une connaissance fine des besoins spirituels et matériels de sa communauté. Sa réputation de gardien vigilant des valeurs tidianes repose sur son intégrité, son sens de la justice et son engagement constant pour l’unité de la communauté.
Intronisé Khalife en 2021, il a immédiatement affirmé son désir de poursuivre et d’élargir les projets de ses prédécesseurs. Sous sa direction, Thiénaba a poursuivi son développement, avec notamment l’électrification de plusieurs villages et l’amélioration des infrastructures locales. Il valorise l’action concrète autant que la guidance spirituelle, convaincu que le progrès matériel et la vie religieuse doivent se renforcer mutuellement.
Serigne Assane Seck n’hésite pas à souligner l’importance historique et religieuse de Thiénaba dans le paysage national. Lors de la célébration du Gamou 2025, il a appelé à une plus grande reconnaissance de la cité par les autorités étatiques, rappelant son rôle central dans la préservation des valeurs tidianes et dans la promotion de l’éthique religieuse au Sénégal.
Sa stature morale, son dévouement à la communauté et sa capacité à incarner l’unité font de lui une figure respectée et écoutée, non seulement par ses talibés, mais aussi par l’ensemble de la société sénégalaise. Avec un équilibre rare entre tradition et modernité, Serigne Assane Seck illustre la continuité d’une lignée religieuse prestigieuse et demeure un pilier de la Tidjania, guidant sa communauté avec sagesse, fermeté et humilité.

Accident sur l’axe Linguère-Matam : cinq morts et quinze blessés, dont huit dans un état grave

Un nouvel accident mortel vient endeuiller les routes sénégalaises. Ce mercredi matin, un drame s’est produit sur l’axe Linguère-Matam, au niveau du village de Loumbelana, dans la commune de Barkédji. Le bilan est particulièrement lourd : cinq personnes ont perdu la vie et quinze autres ont été blessées, dont huit grièvement.

Selon les premières informations fournies par l’adjudant-chef Papa Élimane Ndour, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers de Linguère, l’accident s’est produit lorsqu’un véhicule de transport en commun, de type « Cheikhou Chérifou », reliant Kaolack à Matam, est entré en collision avec un camion en stationnement sur le bord de la route. La violence du choc a été telle que plusieurs passagers sont morts sur le coup.

Les secours ont rapidement été déployés sur place. Six ambulances et quatre véhicules d’intervention ont été mobilisés pour évacuer les victimes. Quinze blessés ont été transportés vers l’hôpital Magatte Lô de Linguère. Parmi eux, huit présentaient des blessures graves nécessitant une prise en charge urgente, tandis que sept souffraient de traumatismes plus légers. Deux des cas les plus critiques ont dû être transférés d’urgence vers l’hôpital de Matam.

Les corps sans vie des cinq victimes ont été déposés à la morgue de l’hôpital de Linguère, où familles et proches se sont rendus dans une grande consternation. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir les responsabilités.

Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité routière au Sénégal, alors que les accidents de la circulation continuent de faire des dizaines de victimes chaque mois, en particulier sur les axes interrégionaux. Les causes souvent invoquées vont de l’excès de vitesse au stationnement dangereux des camions, en passant par l’état dégradé des routes.

Diplomatie : Ousmane Sonko renonce au BIG de Paris et annonce une visite officielle aux Émirats Arabes Unis

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décliné l’invitation de la France à participer en tant qu’invité d’honneur à la 11ᵉ édition de Bpifrance Inno Génération (BIG), prévue le 23 septembre prochain à Paris. L’annonce a été faite dans un communiqué diffusé par la Primature sur les réseaux sociaux, précisant que ce renoncement est lié à des contraintes d’agenda.

« En raison d’un empêchement lié à son calendrier, le Premier ministre ne pourra honorer cette invitation, à laquelle il aurait souhaité prendre part personnellement », indique le texte officiel. Toutefois, le Sénégal sera représenté à l’événement par un membre du gouvernement, dont le nom n’a pas encore été communiqué.

Si Ousmane Sonko renonce à Paris, il ne ferme pas la porte au dialogue avec la France. Le communiqué précise en effet qu’il accueillera prochainement à Dakar son homologue français, à l’occasion du Séminaire intergouvernemental (SIG), une initiative conjointe annoncée par les deux Chefs d’État pour renforcer la coopération bilatérale.

En parallèle, la Primature a confirmé que le Premier ministre effectuera une visite officielle aux Émirats Arabes Unis, du 8 au 12 septembre 2025. Durant ce déplacement, il sera reçu par Son Altesse Sheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, Président des Émirats, avec qui il discutera de partenariats stratégiques dans les domaines de l’investissement, de l’énergie, des infrastructures et de la technologie. Cette mission s’inscrit dans la volonté du Sénégal de diversifier ses alliances diplomatiques et économiques, en multipliant les partenariats avec les puissances émergentes et les pays du Golfe.

Ousmane Sonko a par ailleurs tenu à adresser ses remerciements à Bpifrance et à son Directeur général, Nicolas Dufourcq, pour l’invitation officielle qui lui avait été transmise le 22 juillet 2025. Ce courrier l’invitait à représenter le Sénégal comme invité d’honneur d’un événement international réunissant chaque année des milliers d’acteurs économiques, institutionnels et innovateurs.

En déclinant Paris pour privilégier Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais envoie un signal fort sur ses priorités diplomatiques. Tout en maintenant une ouverture avec la France, il affiche une volonté assumée de consolider les relations avec les Émirats, partenaires de plus en plus présents sur le continent africain.

Ousmane Sonko charge l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre : « Dakar est victime d’une urbanisation sauvage insoutenable ! »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un véritable cri d’alarme sur la situation urbaine de Dakar, dénonçant une « urbanisation sauvage » qui, selon lui, menace l’avenir de la capitale sénégalaise. Prenant la parole lors de la journée de partage du projet Dakar Métropole Internationale 2050, il a pointé du doigt les responsabilités institutionnelles dans ce qu’il qualifie de désastre planifié.

« Les déséquilibres sont profonds, la croissance urbaine est devenue insoutenable », a-t-il martelé devant un parterre d’experts, d’élus et de partenaires. Les chiffres qu’il avance traduisent l’ampleur du problème : 4 millions d’habitants concentrés sur moins de 0,3 % du territoire national, et une moyenne de 100 000 nouveaux arrivants chaque année. Le Premier ministre souligne que près de 45 % de l’habitat est hors-norme, sans planification urbaine ni raccordement aux réseaux essentiels.

Cette urbanisation incontrôlée, selon lui, se traduit par des problèmes majeurs de congestion, une pénurie criante de logements adaptés, un déficit d’équipements publics et une mobilité urbaine devenue chaotique.

M. Sonko a également balayé l’argument récurrent selon lequel les inondations à Dakar seraient dues à la nature du sol. « Avant cette urbanisation sauvage, il pleuvait peut-être même plus à Dakar et il n’y avait pas ces problèmes », a-t-il rappelé, prenant l’exemple du sud du pays où les pluies atteignent parfois 2 000 mm par an, contre 400 mm seulement à Dakar, sans que les populations y connaissent des inondations majeures. Pour lui, c’est bien la mauvaise urbanisation qui est à la base de ce fléau récurrent.

Le Premier ministre n’a pas hésité à pointer directement les responsabilités des services publics. Il a critiqué la gestion actuelle des lotissements, citant nommément l’Urbanisme, les Impôts et Domaines ainsi que le Cadastre. « Autrefois, sous la colonisation, on réglait d’abord les questions d’assainissement et de voirie avant d’admettre les constructions. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il regretté.

Selon lui, la logique s’est inversée : les quartiers dits « sauvages » prolifèrent, et même dans certains lotissements administratifs, les services publics valident les plans sans garantir les infrastructures de base. « On laisse l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre piloter, puis chacun se débrouille après pour amener l’eau, faire l’assainissement ou amener l’électricité », a-t-il dénoncé avec amertume.

En posant ce diagnostic sévère, Ousmane Sonko appelle à une refonte radicale de la gouvernance urbaine de Dakar, afin de stopper une dynamique qui, selon lui, met en péril non seulement la capitale mais aussi l’équilibre territorial et social du pays.

Gamou 2025 : un dispositif exceptionnel de sapeurs-pompiers déployé à Tivaouane et Thiénaba

À la veille du Gamou 2025, célébration de la naissance du Prophète Mohamed (PSL) prévue ce jeudi 4 septembre, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a annoncé la mise en place d’un dispositif spécial pour encadrer l’événement. Cette mission, qui s’étend du 31 août au 6 septembre, couvre l’ensemble des foyers religieux, avec un accent particulier sur Tivaouane et Thiénaba, qui accueillent chaque année des centaines de milliers de fidèles.

L’objectif des soldats du feu est clair : prévenir et gérer les risques liés à la forte affluence, qu’il s’agisse des accidents de circulation, des incendies, des sinistres sanitaires ou encore des inondations qui touchent actuellement plusieurs régions du pays. Le plan prévoit également une présence renforcée autour des sites de prières, des grandes cuisines collectives et des zones de rassemblement, considérées comme des espaces sensibles.

Dans son communiqué, la BNSP a détaillé les contours de son intervention. Outre la prévention et la prévision des risques, les sapeurs-pompiers assureront l’assistance médicale et les secours d’urgence, la sécurisation des mosquées et des esplanades, ainsi que le ravitaillement en eau des pèlerins. Des équipes spécialisées seront également mobilisées pour superviser les cérémonies officielles et accompagner le dispositif sanitaire déployé par le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Pour mener à bien cette mission, la Brigade a mobilisé 550 sapeurs-pompiers, dont 25 officiers, 155 sous-officiers et 370 militaires du rang. Le dispositif repose sur un parc de 93 véhicules comprenant 14 engins d’incendie, 24 ambulances, 8 véhicules de secours routiers, 9 camions-citernes de 30 000 litres et plusieurs engins spéciaux adaptés aux interventions en terrain difficile.

La BNSP insiste sur l’importance de la coordination interservices, notamment avec les structures de santé publique, afin d’apporter un soutien efficace aux millions de pèlerins attendus cette année. Dans un contexte marqué par les risques sanitaires et climatiques, les autorités veulent rassurer : tout est mis en œuvre pour garantir la sécurité et le bon déroulement de ce grand rendez-vous spirituel.

Le Gamou, célébré dans plusieurs villes religieuses du Sénégal, demeure l’un des événements les plus fédérateurs du pays. Le dispositif exceptionnel des sapeurs-pompiers vient ainsi renforcer l’encadrement de cette célébration, où la ferveur religieuse se conjugue à une mobilisation logistique et sécuritaire sans précédent.

Notation abaissée : le Port autonome de Dakar sous pression malgré des performances solides

Le Port autonome de Dakar (PAD) traverse une zone de turbulence financière. Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé la note d’émetteur de long terme du port de A-(WU) à BBB-(WU). Dans le même temps, l’emprunt obligataire de 60 milliards de FCFA émis en 2020 et arrivant à échéance en 2027 a subi la même dégradation. La note de court terme est également revue à la baisse, passant de A2(WU) à A3(WU), même si la perspective est jugée stable.

Selon GCR, cette révision traduit une aggravation des risques liés au contexte macroéconomique sénégalais. Le pays fait face à un endettement public élevé et à des déséquilibres persistants, qui fragilisent l’environnement financier dans lequel évolue le PAD. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement, malgré les performances en nette progression du port et sa position stratégique sur la façade atlantique.

Les résultats de 2024 confirment pourtant une solide dynamique. Le PAD a enregistré une hausse de 9,3 % de ses revenus et une progression de 27 % de ses autres produits d’exploitation. Dans le même temps, les charges de personnel ont reculé de 4,4 %. Ces évolutions se traduisent par une marge d’EBITDA de 35,8 %, en hausse par rapport aux 31 % de 2023, et une marge nette de 25 %, contre 20 % un an plus tôt et seulement 5 % en 2021. La liquidité du port s’est également améliorée, avec une couverture des besoins à un an supérieure à 200 %, un niveau jugé satisfaisant par les analystes.

Toutefois, ces performances sont ternies par un endettement toujours préoccupant. Le ratio dette brute/EBITDA s’établissait encore à 8,9x fin 2024, après un pic de 12,9x en 2023. De plus, la couverture des intérêts nets reste faible, à seulement 1,3x, ce qui limite la capacité du PAD à absorber les charges financières sans fragiliser ses marges.

Les investissements massifs engagés dans la construction du Port de Ndayane expliquent en grande partie cette pression financière. S’il s’agit d’un projet stratégique destiné à renforcer l’avantage compétitif du Sénégal face à la montée en puissance des hubs portuaires de la sous-région, son financement par l’endettement alourdit la structure financière du PAD. GCR estime que cette politique demeure « agressive », malgré le caractère structurant des infrastructures en cours de réalisation.

La perspective stable accordée par l’agence repose sur des anticipations prudentes : une amélioration progressive des performances opérationnelles et une meilleure maîtrise des coûts pourraient permettre au port de conserver sa notation actuelle. Mais les risques restent élevés. Un nouvel abaissement interviendrait en cas de dégradation de la marge nette ou de la liquidité. À l’inverse, un relèvement exigerait un ratio dette/EBITDA ramené sous 5x et une couverture des intérêts supérieure à 4,5x, deux objectifs ambitieux au regard de la situation actuelle.

Introduit à la BRVM en 2020, le PAD demeure un acteur central de l’économie sénégalaise, vital pour les échanges commerciaux du pays et de la sous-région. Mais sa dépendance aux fragilités macroéconomiques du Sénégal et aux tensions budgétaires de l’État, son unique actionnaire, accentue la pression qui pèse sur sa trajectoire financière.

Préparatifs du Gamou de Ndiassane : le ministre de l’Intérieur juge les avancées « acceptables »

À quelques jours du Gamou de Ndiassane, prévu le 4 septembre prochain, les préparatifs étaient au centre d’une rencontre nationale présidée, jeudi dernier, par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le général Jean-Baptiste Tine. La réunion s’est tenue en présence de Serigne Khalifa Abdallah Kounta, porte-parole de Cheikh Bouh Sidy Makhtar Kounta, Khalife général de la famille Ahloul Kountiyou, entouré d’une forte délégation.

Lors des échanges, le représentant du Khalife a fait part de plusieurs préoccupations majeures. Il a notamment insisté sur les insuffisances constatées dans les domaines de la santé, de l’assainissement, des routes, de l’électricité et des télécommunications. Il a particulièrement attiré l’attention des autorités sur la nécessité de mettre en place un programme spécial d’électricité pour Ndiassane, afin de garantir une couverture adéquate durant la période du Gamou. Il a par ailleurs critiqué l’Agence des routes (Ageroute), accusée de n’avoir « rien construit dans la cité religieuse depuis dix ans », en dépit de la fréquentation grandissante du site.

En réponse, le ministre Jean-Baptiste Tine a reconnu les défis à relever, tout en se félicitant du « niveau acceptable » d’exécution des travaux en cours. Il a annoncé que le secrétaire général de son département assurerait un suivi quotidien des décisions arrêtées, notamment dans les domaines sensibles de la santé, de l’électricité et de l’assainissement, et ce jusqu’à la fin de l’événement.

Le ministre de l’Intérieur a également saisi l’occasion pour solliciter les prières du Khalife général, afin d’accompagner le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la réussite du « projet de transformation systémique du Sénégal » porté par le nouveau gouvernement.

Considéré comme l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, le Gamou de Ndiassane attire chaque année des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de plusieurs pays de la sous-région. Les autorités entendent ainsi renforcer les mesures d’organisation et de sécurité pour assurer le bon déroulement de cette importante manifestation spirituelle.

Rentrée scolaire 2025/2026 : reprise fixée au 6 octobre pour les enseignants et au 8 octobre pour les élèves

Le gouvernement a officiellement arrêté les dates de la rentrée scolaire pour l’année académique 2025/2026. Selon un décret signé conjointement par le président de la République et son Premier ministre, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la reprise des cours est fixée au lundi 6 octobre 2025 à 8 heures pour les enseignants et le personnel administratif.

Les élèves, quant à eux, bénéficieront de deux jours supplémentaires avant de reprendre le chemin des classes. Leur rentrée est prévue pour le mercredi 8 octobre 2025 à 8 heures. Ce décalage permet aux équipes pédagogiques de disposer du temps nécessaire pour préparer les établissements et organiser les conditions d’accueil.

Le décret précise également que la fixation du calendrier des examens scolaires relève de la compétence du ministre de l’Éducation nationale, qui devra aussi définir les modalités pratiques de l’année académique. En ce qui concerne l’enseignement technique et la formation professionnelle, la répartition des congés et vacances sera arrêtée par décision ministérielle spécifique.

Plusieurs départements ministériels sont associés à l’exécution de ce texte, notamment ceux des Forces armées, de la Formation professionnelle, des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, en plus du ministère de l’Éducation nationale. Cette transversalité traduit la volonté des autorités de mieux coordonner les actions pour une rentrée apaisée et une année scolaire sans perturbations.

Avec ce calendrier désormais fixé, l’ensemble de la communauté éducative se prépare à entamer une nouvelle année, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de qualité d’enseignement et de stabilité du système scolaire.

54ᵉ session de l’UPCI : Malick Ndiaye appelle l’OCI à s’opposer à la judaïsation d’Al Qods et à soutenir fermement la Palestine

La capitale sénégalaise a accueilli, ce lundi 1ᵉʳ septembre 2025, la 54ᵉ session du comité exécutif de l’Union parlementaire de la Conférence islamique (UPCI). Les travaux, qui réunissent parlementaires et diplomates venus de plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont été largement dominés par la question palestinienne.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a lancé un appel solennel à l’ensemble des délégations pour « rejeter sans équivoque la tentative de judaïsation de la ville sainte d’Al Qods », qu’il a qualifiée de « patrimoine sacré des trois religions révélées ».

Le président du Parlement sénégalais a exhorté les États membres à dénoncer « avec la plus grande fermeté le génocide en cours » et à soutenir « la solution des deux États », présentée comme la seule issue crédible pour un règlement pacifique et durable du conflit israélo-palestinien. En rappelant l’incendie criminel de la mosquée El Aqsa en 1969, événement fondateur de l’OCI, il a insisté sur la dimension historique de ce combat. « La Palestine n’est pas seulement une cause, elle est notre cause commune », a-t-il martelé devant ses homologues.

Malick Ndiaye a par ailleurs invité les pays membres de l’OCI à porter « haut et fort la voix du peuple palestinien dans toutes les enceintes diplomatiques », soulignant que défendre la Palestine équivaut à « défendre la justice, protéger notre identité commune et préserver la dignité de la communauté musulmane ».

Au-delà de la question palestinienne, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de bâtir une Oumma forte, respectée et influente grâce à « des décisions courageuses et une solidarité agissante ». Il a mis en avant l’urgence de renforcer la lutte contre le terrorisme, de protéger les minorités musulmanes souvent persécutées et de garantir les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des enfants.

Il a également rappelé le rôle actif et constant du Sénégal au sein de l’OCI et sur la scène internationale. En tant que président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien aux Nations unies, le Sénégal, a-t-il rappelé, « n’a cessé de défendre le droit à l’autodétermination, à la dignité et à la justice ».

Hydrologie : la DGPRE alerte sur les fluctuations du fleuve Gambie

Le fleuve Gambie connaît actuellement des variations significatives de son niveau d’eau, selon le dernier bulletin hydrologique publié ce lundi par la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE). Ce document met en évidence une évolution contrastée entre l’amont et l’aval du cours d’eau, conséquence des dynamiques complexes de la saison des pluies.

Dans la partie amont, la tendance est clairement à la baisse. À Kédougou, le niveau du fleuve est passé de 500 centimètres le 30 août à 465 centimètres le 1er septembre, soit une diminution de 35 centimètres en seulement deux jours. À Mako, la situation apparaît encore plus préoccupante, avec une baisse de 51 centimètres sur la même période. Ces reculs inquiètent fortement les populations riveraines dont les activités agricoles dépendent étroitement de la disponibilité en eau. Une chute prolongée pourrait compromettre les cultures en cours et accentuer les risques de précarité alimentaire dans des zones déjà fragiles.

En revanche, l’aval du fleuve présente une évolution encourageante. Le niveau a progressé de 45 centimètres à Simenti, atteignant 805 centimètres, et de 43 centimètres à Gouloumbou, pour s’établir à 742 centimètres. Ces hausses sont accueillies avec optimisme par les éleveurs et les pêcheurs, qui y voient la promesse d’une meilleure disponibilité en eau pour l’abreuvement du bétail, la pêche artisanale et la régénération des écosystèmes.

La DGPRE insiste sur l’importance du suivi de ces variations pour la prévention des risques liés aux crues. Les mesures hydrométriques sont relevées deux fois par jour, matin et soir, puis transmises aux autorités locales afin d’alimenter le système national d’alerte précoce. « Notre mission est d’assurer un suivi rigoureux afin de protéger les populations et leurs activités face aux aléas climatiques », a expliqué Idrissa Ka, chef de la Brigade des Ressources en Eau de Tambacounda.

Ces contrastes observés entre l’amont et l’aval rappellent à quel point les équilibres hydrologiques restent sensibles en période hivernale. Si certaines zones bénéficient d’un apport vital en eau, d’autres doivent faire face à un déficit préoccupant. Dans ce contexte, la DGPRE appelle les communautés riveraines à rester vigilantes et à suivre attentivement les prochains bulletins, considérés comme essentiels pour anticiper toute évolution défavorable et adapter les activités agricoles, pastorales ou de pêche.

Forum africain des systèmes alimentaires : le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour une agriculture moderne et inclusive

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio accueille depuis ce lundi l’édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires (AFSF). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, aux côtés du président rwandais Paul Kagame et de l’ancien Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, actuel président de l’AFSF. Les travaux, qui réunissent décideurs, experts et acteurs du secteur agricole, se poursuivront jusqu’à vendredi autour du thème central : l’innovation et la transformation des systèmes agroalimentaires.

Dans son allocution d’ouverture, le président Diomaye Faye a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le continent africain, tout en soulignant ses fragilités persistantes. « En ce moment même, des millions de femmes et d’hommes sont dans les champs, à la faveur de la saison des pluies. La plupart travaillent la terre à la force des bras ou avec des outils rudimentaires, et n’ont que quelques mois pluvieux pour espérer nourrir leur famille », a-t-il déclaré, insistant sur la dépendance du secteur agricole aux aléas climatiques.

Le chef de l’État a évoqué les conséquences directes du changement climatique, qui accentuent l’irrégularité des pluies et limitent fortement les capacités de production. À cela s’ajoutent les pertes post-récoltes, parfois estimées à près de 30 % des denrées produites, un facteur qui contribue à la persistance de la faim et de la malnutrition sur le continent.

Pour étayer ses propos, le président a rappelé les chiffres alarmants publiés par la FAO en 2024 : plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde l’année dernière, dont une part importante en Afrique. Une situation qui éloigne davantage le continent de l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°2 (ODD), qui vise l’éradication de la faim d’ici à 2030. Si la tendance actuelle persiste, a-t-il averti, plus d’un demi-milliard d’êtres humains seront en situation de sous-alimentation chronique à cette échéance, et la moitié d’entre eux se trouvera en Afrique.

Face à ce constat, Bassirou Diomaye Faye estime que l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Pour lui, la transformation des systèmes alimentaires est désormais une urgence de première nécessité, qui exige non seulement des politiques adaptées mais aussi une mobilisation accrue des acteurs sociaux et économiques.

Le président sénégalais a particulièrement insisté sur le rôle central de la jeunesse dans cette transformation. « Nous devons mettre les jeunes au cœur de nos politiques de développement », a-t-il plaidé, avant de préconiser leur responsabilisation et leur implication directe dans la formulation des politiques agricoles. Pour atteindre cet objectif, il appelle à développer une offre de formation adaptée aux besoins d’une agriculture moderne, intensive et durable, capable de concilier productivité et respect de l’environnement.

Cette édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires se veut un espace de réflexion mais aussi d’action, où les innovations technologiques et les modèles inclusifs devront être partagés pour répondre à un défi commun : assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté agricole de l’Afrique.

Polémique autour du règlement intérieur : Amadou Ba recadre l’expert Alioune Souaré

Le débat autour de la promulgation du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale continue d’alimenter la presse et la classe politique. Dans son édition du jour, le quotidien Les Échos a mis en avant l’analyse de l’expert en droit parlementaire, Alioune Souaré, qui estime que le Conseil constitutionnel a censuré la disposition relative à l’audition des magistrats par les commissions d’enquête. Une lecture vivement contestée par le député de Pastef, Amadou Ba, qui a tenu à clarifier les termes juridiques.

« Une réserve d’interprétation n’est pas juridiquement une censure », a martelé le parlementaire dans sa réplique. Selon lui, la nuance est fondamentale : « La disposition incriminée reste bel et bien dans le texte promulgué, mais elle prend le sens indiqué par le Conseil constitutionnel. Or, celui-ci n’a jamais interdit l’audition des magistrats par les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. »

Pour Amadou Ba, la décision des Sages a simplement précisé les conditions dans lesquelles cette audition est possible, à savoir sans dépendre d’une autorisation préalable du ministre de la Justice. En d’autres termes, le Conseil n’a pas supprimé la mesure, mais en a encadré l’application.

Le député a également dénoncé la manière dont l’affaire a été relayée par Les Échos. Il estime que le quotidien aurait dû vérifier ses informations auprès des services de l’Assemblée nationale, plutôt que de s’appuyer sur une analyse qu’il juge « totalement erronée ». « L’expert Alioune Souaré confond censure et réserve d’interprétation », a-t-il insisté.

Amadou Ba rappelle par ailleurs que les décisions du Conseil constitutionnel, qu’elles plaisent ou non, s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics. Il souligne que dans le cas présent, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a respecté scrupuleusement l’avis du Conseil en promulguant le règlement intérieur tel qu’interprété par les Sages.

Cette mise au point vient ainsi contrer la lecture faite par Alioune Souaré, qui soutenait que la disposition relative à l’audition obligatoire des magistrats avait été annulée par le Conseil, mais réintroduite par le chef de l’État lors de la promulgation. Une interprétation jugée infondée par Amadou Ba, qui conclut que l’expert « n’a pas bien lu la décision » rendue par le Conseil constitutionnel.

Mpox au Sénégal : guérison du patient importé et levée de l’alerte immédiate

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé, ce lundi 1er septembre 2025, la guérison complète du patient testé positif au Mpox il y a une dizaine de jours. Diagnostiqué le 22 août dernier, l’individu avait été immédiatement pris en charge par les équipes médicales spécialisées, avant d’être déclaré rétabli et autorisé à quitter l’hôpital ce jour.

Dans son communiqué, le ministère précise que la surveillance mise en place autour du malade a porté ses fruits. Trente personnes identifiées comme cas contacts ont été suivies de près par les services sanitaires durant toute la période d’incubation. Aucun symptôme n’a été détecté chez elles, ce qui permet de confirmer que le pays ne compte plus aucun cas actif de Mpox.

Si cette issue rassurante marque un soulagement pour les autorités sanitaires comme pour la population, le ministère appelle toutefois à ne pas baisser la garde. La vigilance reste de mise face à une maladie encore présente dans plusieurs pays. Les recommandations habituelles demeurent en vigueur : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des lésions cutanées ou des symptômes suspects, et consulter rapidement un centre de santé en cas de doute.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines d’inquiétude et confirme l’efficacité du dispositif de surveillance épidémiologique du Sénégal. Le ministère assure que ses services resteront mobilisés pour prévenir toute nouvelle introduction du virus et protéger la santé publique.

Seydi Gassama : « Le régime Sonko-Diomaye ne fait pas mieux que les précédents en matière d’environnement »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé sa déception face à la politique environnementale du gouvernement actuel. Dans un message publié sur X, il estime que l’équipe dirigée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye reproduit les mêmes erreurs que les précédents régimes dans la gestion du droit à un environnement sain.

« En matière de protection du droit à un environnement sain, le régime ne fait pas mieux que les précédents », a-t-il dénoncé. Pour le défenseur des droits humains, l’implantation de cimenteries, de carrières polluantes et de décharges d’ordures à ciel ouvert près des agglomérations illustre ce manque de considération pour les populations.

Seydi Gassama accuse également les autorités de valider des études d’impact environnemental biaisées, financées par les promoteurs eux-mêmes. Il évoque des méthodes marquées par « les menaces, la répression, la division, l’exclusion et le forcing » pour faire passer des projets contestés.

Ces critiques viennent rappeler que la gouvernance écologique demeure un défi majeur au Sénégal. Alors que les attentes citoyennes sont fortes, la société civile réclame une véritable rupture en faveur d’une politique plus respectueuse de l’environnement et des communautés.

Kafountine : dix-sept candidats à l’émigration interceptés par la gendarmerie

La lutte contre l’émigration irrégulière se poursuit dans le sud du Sénégal. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Brigade de gendarmerie de Kafountine a interpellé dix-sept personnes qui tentaient de rallier clandestinement les côtes espagnoles à partir du village d’Abéné, situé dans la région de Ziguinchor.

Selon une source sécuritaire citée par l’APS, parmi les migrants arrêtés figurent onze Sénégalais. Trois individus soupçonnés d’être des complices dans l’organisation de ce départ ont également été mis aux arrêts. Il s’agit de deux Sénégalais et d’un ressortissant étranger, dont l’identité n’a pas été révélée.

Cette nouvelle opération intervient seulement quelques jours après une précédente arrestation. Dans la nuit de mardi à mercredi, les gendarmes de Kafountine avaient déjà intercepté trente-quatre candidats à l’émigration. Ce groupe comprenait quatre femmes, dont l’une voyageait accompagnée de ses deux enfants mineurs, soulignant encore une fois la diversité des profils qui tentent de franchir la mer au péril de leur vie.

Ces interpellations successives témoignent de l’ampleur du phénomène migratoire dans la région sud du pays, où les départs clandestins se multiplient malgré les dangers. Les autorités locales insistent sur leur détermination à renforcer la surveillance des côtes et à démanteler les réseaux qui alimentent ce trafic humain.

À Kafountine comme ailleurs, la gendarmerie reste en alerte face à ce fléau qui continue d’endeuiller de nombreuses familles et d’alimenter les débats sur la recherche de solutions durables pour offrir des perspectives meilleures à la jeunesse sénégalaise.

Écroué hier par le doyen des juges : Hamidou Djiba, figure controversée du MFDC, replonge dans les ténèbres de la prison

Le feuilleton de la crise casamançaise vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Hamidou Djiba, 61 ans, connu pour s’être autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté à Ziguinchor le 20 août 2025, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, accusé de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs criminelle.

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’opération a été soigneusement planifiée et menée conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Pendant plusieurs jours, les enquêteurs ont surveillé les moindres faits et gestes du suspect avant de l’intercepter, le 20 août aux alentours de 18 heures, à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Après son arrestation, il a été transféré sous bonne escorte à Dakar, où il a été pris en charge dès le lendemain matin par les services de la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête. Dans le même temps, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, dans la périphérie de Ziguinchor, a permis de saisir plusieurs tee-shirts floqués de symboles jugés liés au mouvement indépendantiste, considérés comme pièces à conviction.

Les autorités judiciaires expliquent que cette opération a été déclenchée à la suite de propos incendiaires tenus par Hamidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure emblématique du MFDC. Ses déclarations, filmées et largement diffusées, ont été interprétées comme une menace directe contre la stabilité nationale, poussant le parquet à demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Hamidou Djiba apparaît dans les chroniques judiciaires. Déjà en 1995, il avait été arrêté lors d’une vaste opération militaire avant d’être détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss. Sa libération, intervenue dans le cadre des négociations de paix entre l’État du Sénégal et le MFDC, lui avait alors permis de retrouver une liberté surveillée. Mais trois décennies plus tard, le sexagénaire se retrouve de nouveau face aux mêmes accusations, confirmant ainsi son statut de figure controversée et persistante d’un conflit qui continue de hanter la Casamance.

Aujourd’hui, son incarcération marque une nouvelle étape dans ce long bras de fer entre l’État et les franges les plus radicales du MFDC. Elle rappelle aussi que, malgré les multiples tentatives de médiation et les accords de paix successifs, la question casamançaise reste une plaie ouverte dans l’histoire politique et sécuritaire du Sénégal.

Gamou 2025 : Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye en visite auprès des foyers religieux de Thiénaba, Thiès et Dakar

À quelques jours de la célébration du Gamou, marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a entamé une tournée de courtoisie ce samedi 30 août auprès de plusieurs foyers religieux situés à Thiénaba, Thiès et Dakar. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition républicaine de dialogue et de proximité avec les guides spirituels du pays.

Première étape de cette tournée : Thiénaba, haut lieu de l’islam au Sénégal. El Malick Ndiaye y a été reçu par le khalife, Baye Serigne Assane Seck, à qui il a rendu hommage pour le rôle historique et spirituel joué par cette cité dans l’enracinement et la diffusion de la religion musulmane. Dans son allocution, il a souligné que les familles religieuses constituent des piliers de stabilité, de paix et de cohésion nationale, rappelant ainsi leur place centrale dans la vie sociale et spirituelle du pays.

À Thiès, le président de l’Assemblée nationale a ensuite rendu visite au khalife Serigne Mounirou Ndiéguéne. L’occasion pour lui de magnifier l’héritage spirituel et intellectuel de la famille de Mame El Hadj Ndiéguéne, dont il a salué l’apport à l’éducation islamique et à la préservation des valeurs fondamentales de foi, de discipline et de solidarité qui forgent la société sénégalaise.

La tournée s’est achevée à Dakar, où El Malick Ndiaye a été reçu par le khalife de la famille omarienne, Serigne Thierno Madani Tall. Dans son intervention, il a exprimé toute son estime pour l’œuvre de la famille omarienne dans la diffusion du savoir religieux et la défense des valeurs islamiques, tout en sollicitant des prières pour la paix et la prospérité du Sénégal.

Dans chacune de ces étapes, le président de l’Assemblée nationale a demandé des prières pour le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que pour le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin que Dieu les accompagne dans leur mission de service à la Nation. Les khalifes, en retour, ont formulé des prières pour la réussite de ses actions, mais aussi pour les autorités et l’ensemble du peuple sénégalais, dans un esprit de bénédiction et de solidarité nationale.

Ousmane Sonko en visite à Médina Baye : « D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal »

Le Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation gouvernementale, s’est rendu ce samedi 30 août 2025 à Médina Baye, dans la ville de Kaolack. Cette visite de courtoisie auprès du Khalife général de la Fayda Tidjanya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Maouloud, célébration annuelle marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL).

Accueilli dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour dresser un état des lieux de la situation nationale et exposer les grandes lignes de son plan de redressement. Face au Khalife, Ousmane Sonko a rappelé les difficultés héritées de ses prédécesseurs, dénonçant une gouvernance marquée par l’opacité et la mauvaise gestion. « Le pays dispose d’énormes potentialités, mais il a longtemps été retardé par une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Nous avons hérité d’une situation catastrophique, marquée par une dette colossale. Les Sénégalais nous ont élus pour y remédier, et nous sommes résolument engagés dans ce défi national. D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également insisté sur le caractère collectif de l’effort à fournir pour sortir le pays de ses difficultés. Selon lui, le développement ne peut être atteint qu’au prix de sacrifices. « Aucun pays ne s’est développé sans sacrifice. En Chine, avec la révolution culturelle, des millions de personnes ont perdu la vie. Nous n’en arriverons pas là, mais nous sommes la génération qui va consentir des efforts pour que nos enfants vivent dans un Sénégal développé », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a annoncé que son plan de redressement, déjà présenté aux instances gouvernementales, sera bientôt partagé avec l’ensemble des guides religieux, traduit en wolof et en arabe pour une meilleure appropriation par tous.

Cancers féminins : le retard de consultation, un danger mortel pour les patientes

Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye a lancé un cri d’alerte ce samedi sur la gravité des cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, lors d’un panel consacré aux cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions Sanitaires pour le Fouta (ASFO). Selon lui, la majorité des patientes arrivent à l’hôpital dans un état trop avancé, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie.

« Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent déjà au stade 4, le plus avancé », a déclaré le médecin à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « À ce stade, 90 % décèdent au bout de cinq ans », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et surtout le dépistage précoce.

Le spécialiste a pointé du doigt une situation particulièrement alarmante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam, où les femmes consultent souvent trop tard, parfois après plusieurs mois de symptômes ignorés ou tus. Les causes de ces retards sont multiples : manque d’accès aux structures de santé spécialisées, déficit d’information, mais aussi poids des tabous.

« Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein », a expliqué le gynécologue, rappelant que ces silences sont lourds de conséquences.

Malgré ce constat inquiétant, le médecin a tenu à saluer les efforts de sensibilisation de l’ASFO, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de proximité dans le Fouta et ses environs. Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a d’ailleurs annoncé la tenue de la 26ᵉ édition de ces campagnes de dépistage et de soins, prévue du 11 au 17 septembre prochain. Huit villages de la région de Matam seront concernés et plus de 110 professionnels de santé, parmi lesquels des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes, seront mobilisés.

Selon l’ASFO, ces campagnes ont déjà permis de consulter près de 10 000 patients lors des précédentes éditions, contribuant ainsi à rapprocher les services de santé des populations et à briser certains tabous. Mais face à l’ampleur du défi, Mamadou Guèye estime que la lutte contre les cancers féminins nécessite encore davantage d’efforts concertés de l’État, des structures sanitaires et des organisations communautaires, afin de sauver des milliers de vies menacées par le silence et le retard de consultation.

Ousmane Sonko en visite de courtoisie à Kaolack en prélude au Gamou

À l’approche de la célébration du Gamou, prévue le 4 septembre prochain, le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès de plusieurs foyers religieux de Kaolack.

Cette tournée s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de sa rencontre à Tivaouane avec le khalife général des Tidianes. Le chef de l’État avait exprimé sa volonté de se rendre auprès des grandes familles religieuses du pays à l’occasion du Gamou, mais, pour des raisons d’agenda, il avait précisé que le Premier ministre et d’autres autorités d’État effectueraient certaines visites en son nom. Ainsi, pendant que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, était à Thiès et à Thiénaba, Ousmane Sonko a été mandaté pour Kaolack.

À Médina Baye, le chef du gouvernement a été reçu par Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Fayda tidianiyya. Accompagné de membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, ainsi que des autorités administratives locales, Ousmane Sonko a salué l’érudition et l’ouverture de l’autorité religieuse sur les grands défis du continent, en particulier la souveraineté et le panafricanisme. Il a également sollicité des prières pour la paix, l’unité et la prospérité du Sénégal.

Poursuivant son séjour à Kaolack, le Premier ministre s’est ensuite rendu à Léona Niassane. Il y a été accueilli par le khalife Cheikh Ahmed Tidiane Niass et plusieurs membres de la famille de l’illustre El Hadji Abdoulaye Niass, père de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass et de Mame Khalifa Niass. Cette étape a constitué un moment de communion spirituelle, marqué par des échanges fraternels et des prières pour le pays.

Quitter la version mobile