Justice
Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet
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par
Le Dakarois
Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.
Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.
Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.
À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.
Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.
Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.
Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.
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