Polémique autour du règlement intérieur : Amadou Ba recadre l’expert Alioune Souaré

Le débat autour de la promulgation du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale continue d’alimenter la presse et la classe politique. Dans son édition du jour, le quotidien Les Échos a mis en avant l’analyse de l’expert en droit parlementaire, Alioune Souaré, qui estime que le Conseil constitutionnel a censuré la disposition relative à l’audition des magistrats par les commissions d’enquête. Une lecture vivement contestée par le député de Pastef, Amadou Ba, qui a tenu à clarifier les termes juridiques.

« Une réserve d’interprétation n’est pas juridiquement une censure », a martelé le parlementaire dans sa réplique. Selon lui, la nuance est fondamentale : « La disposition incriminée reste bel et bien dans le texte promulgué, mais elle prend le sens indiqué par le Conseil constitutionnel. Or, celui-ci n’a jamais interdit l’audition des magistrats par les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. »

Pour Amadou Ba, la décision des Sages a simplement précisé les conditions dans lesquelles cette audition est possible, à savoir sans dépendre d’une autorisation préalable du ministre de la Justice. En d’autres termes, le Conseil n’a pas supprimé la mesure, mais en a encadré l’application.

Le député a également dénoncé la manière dont l’affaire a été relayée par Les Échos. Il estime que le quotidien aurait dû vérifier ses informations auprès des services de l’Assemblée nationale, plutôt que de s’appuyer sur une analyse qu’il juge « totalement erronée ». « L’expert Alioune Souaré confond censure et réserve d’interprétation », a-t-il insisté.

Amadou Ba rappelle par ailleurs que les décisions du Conseil constitutionnel, qu’elles plaisent ou non, s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics. Il souligne que dans le cas présent, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a respecté scrupuleusement l’avis du Conseil en promulguant le règlement intérieur tel qu’interprété par les Sages.

Cette mise au point vient ainsi contrer la lecture faite par Alioune Souaré, qui soutenait que la disposition relative à l’audition obligatoire des magistrats avait été annulée par le Conseil, mais réintroduite par le chef de l’État lors de la promulgation. Une interprétation jugée infondée par Amadou Ba, qui conclut que l’expert « n’a pas bien lu la décision » rendue par le Conseil constitutionnel.

Mpox au Sénégal : guérison du patient importé et levée de l’alerte immédiate

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé, ce lundi 1er septembre 2025, la guérison complète du patient testé positif au Mpox il y a une dizaine de jours. Diagnostiqué le 22 août dernier, l’individu avait été immédiatement pris en charge par les équipes médicales spécialisées, avant d’être déclaré rétabli et autorisé à quitter l’hôpital ce jour.

Dans son communiqué, le ministère précise que la surveillance mise en place autour du malade a porté ses fruits. Trente personnes identifiées comme cas contacts ont été suivies de près par les services sanitaires durant toute la période d’incubation. Aucun symptôme n’a été détecté chez elles, ce qui permet de confirmer que le pays ne compte plus aucun cas actif de Mpox.

Si cette issue rassurante marque un soulagement pour les autorités sanitaires comme pour la population, le ministère appelle toutefois à ne pas baisser la garde. La vigilance reste de mise face à une maladie encore présente dans plusieurs pays. Les recommandations habituelles demeurent en vigueur : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des lésions cutanées ou des symptômes suspects, et consulter rapidement un centre de santé en cas de doute.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines d’inquiétude et confirme l’efficacité du dispositif de surveillance épidémiologique du Sénégal. Le ministère assure que ses services resteront mobilisés pour prévenir toute nouvelle introduction du virus et protéger la santé publique.

Seydi Gassama : « Le régime Sonko-Diomaye ne fait pas mieux que les précédents en matière d’environnement »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé sa déception face à la politique environnementale du gouvernement actuel. Dans un message publié sur X, il estime que l’équipe dirigée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye reproduit les mêmes erreurs que les précédents régimes dans la gestion du droit à un environnement sain.

« En matière de protection du droit à un environnement sain, le régime ne fait pas mieux que les précédents », a-t-il dénoncé. Pour le défenseur des droits humains, l’implantation de cimenteries, de carrières polluantes et de décharges d’ordures à ciel ouvert près des agglomérations illustre ce manque de considération pour les populations.

Seydi Gassama accuse également les autorités de valider des études d’impact environnemental biaisées, financées par les promoteurs eux-mêmes. Il évoque des méthodes marquées par « les menaces, la répression, la division, l’exclusion et le forcing » pour faire passer des projets contestés.

Ces critiques viennent rappeler que la gouvernance écologique demeure un défi majeur au Sénégal. Alors que les attentes citoyennes sont fortes, la société civile réclame une véritable rupture en faveur d’une politique plus respectueuse de l’environnement et des communautés.

Kafountine : dix-sept candidats à l’émigration interceptés par la gendarmerie

La lutte contre l’émigration irrégulière se poursuit dans le sud du Sénégal. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Brigade de gendarmerie de Kafountine a interpellé dix-sept personnes qui tentaient de rallier clandestinement les côtes espagnoles à partir du village d’Abéné, situé dans la région de Ziguinchor.

Selon une source sécuritaire citée par l’APS, parmi les migrants arrêtés figurent onze Sénégalais. Trois individus soupçonnés d’être des complices dans l’organisation de ce départ ont également été mis aux arrêts. Il s’agit de deux Sénégalais et d’un ressortissant étranger, dont l’identité n’a pas été révélée.

Cette nouvelle opération intervient seulement quelques jours après une précédente arrestation. Dans la nuit de mardi à mercredi, les gendarmes de Kafountine avaient déjà intercepté trente-quatre candidats à l’émigration. Ce groupe comprenait quatre femmes, dont l’une voyageait accompagnée de ses deux enfants mineurs, soulignant encore une fois la diversité des profils qui tentent de franchir la mer au péril de leur vie.

Ces interpellations successives témoignent de l’ampleur du phénomène migratoire dans la région sud du pays, où les départs clandestins se multiplient malgré les dangers. Les autorités locales insistent sur leur détermination à renforcer la surveillance des côtes et à démanteler les réseaux qui alimentent ce trafic humain.

À Kafountine comme ailleurs, la gendarmerie reste en alerte face à ce fléau qui continue d’endeuiller de nombreuses familles et d’alimenter les débats sur la recherche de solutions durables pour offrir des perspectives meilleures à la jeunesse sénégalaise.

Écroué hier par le doyen des juges : Hamidou Djiba, figure controversée du MFDC, replonge dans les ténèbres de la prison

Le feuilleton de la crise casamançaise vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Hamidou Djiba, 61 ans, connu pour s’être autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté à Ziguinchor le 20 août 2025, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, accusé de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs criminelle.

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’opération a été soigneusement planifiée et menée conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Pendant plusieurs jours, les enquêteurs ont surveillé les moindres faits et gestes du suspect avant de l’intercepter, le 20 août aux alentours de 18 heures, à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Après son arrestation, il a été transféré sous bonne escorte à Dakar, où il a été pris en charge dès le lendemain matin par les services de la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête. Dans le même temps, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, dans la périphérie de Ziguinchor, a permis de saisir plusieurs tee-shirts floqués de symboles jugés liés au mouvement indépendantiste, considérés comme pièces à conviction.

Les autorités judiciaires expliquent que cette opération a été déclenchée à la suite de propos incendiaires tenus par Hamidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure emblématique du MFDC. Ses déclarations, filmées et largement diffusées, ont été interprétées comme une menace directe contre la stabilité nationale, poussant le parquet à demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Hamidou Djiba apparaît dans les chroniques judiciaires. Déjà en 1995, il avait été arrêté lors d’une vaste opération militaire avant d’être détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss. Sa libération, intervenue dans le cadre des négociations de paix entre l’État du Sénégal et le MFDC, lui avait alors permis de retrouver une liberté surveillée. Mais trois décennies plus tard, le sexagénaire se retrouve de nouveau face aux mêmes accusations, confirmant ainsi son statut de figure controversée et persistante d’un conflit qui continue de hanter la Casamance.

Aujourd’hui, son incarcération marque une nouvelle étape dans ce long bras de fer entre l’État et les franges les plus radicales du MFDC. Elle rappelle aussi que, malgré les multiples tentatives de médiation et les accords de paix successifs, la question casamançaise reste une plaie ouverte dans l’histoire politique et sécuritaire du Sénégal.

Gamou 2025 : Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye en visite auprès des foyers religieux de Thiénaba, Thiès et Dakar

À quelques jours de la célébration du Gamou, marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a entamé une tournée de courtoisie ce samedi 30 août auprès de plusieurs foyers religieux situés à Thiénaba, Thiès et Dakar. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition républicaine de dialogue et de proximité avec les guides spirituels du pays.

Première étape de cette tournée : Thiénaba, haut lieu de l’islam au Sénégal. El Malick Ndiaye y a été reçu par le khalife, Baye Serigne Assane Seck, à qui il a rendu hommage pour le rôle historique et spirituel joué par cette cité dans l’enracinement et la diffusion de la religion musulmane. Dans son allocution, il a souligné que les familles religieuses constituent des piliers de stabilité, de paix et de cohésion nationale, rappelant ainsi leur place centrale dans la vie sociale et spirituelle du pays.

À Thiès, le président de l’Assemblée nationale a ensuite rendu visite au khalife Serigne Mounirou Ndiéguéne. L’occasion pour lui de magnifier l’héritage spirituel et intellectuel de la famille de Mame El Hadj Ndiéguéne, dont il a salué l’apport à l’éducation islamique et à la préservation des valeurs fondamentales de foi, de discipline et de solidarité qui forgent la société sénégalaise.

La tournée s’est achevée à Dakar, où El Malick Ndiaye a été reçu par le khalife de la famille omarienne, Serigne Thierno Madani Tall. Dans son intervention, il a exprimé toute son estime pour l’œuvre de la famille omarienne dans la diffusion du savoir religieux et la défense des valeurs islamiques, tout en sollicitant des prières pour la paix et la prospérité du Sénégal.

Dans chacune de ces étapes, le président de l’Assemblée nationale a demandé des prières pour le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que pour le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin que Dieu les accompagne dans leur mission de service à la Nation. Les khalifes, en retour, ont formulé des prières pour la réussite de ses actions, mais aussi pour les autorités et l’ensemble du peuple sénégalais, dans un esprit de bénédiction et de solidarité nationale.

Ousmane Sonko en visite à Médina Baye : « D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal »

Le Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation gouvernementale, s’est rendu ce samedi 30 août 2025 à Médina Baye, dans la ville de Kaolack. Cette visite de courtoisie auprès du Khalife général de la Fayda Tidjanya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Maouloud, célébration annuelle marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL).

Accueilli dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour dresser un état des lieux de la situation nationale et exposer les grandes lignes de son plan de redressement. Face au Khalife, Ousmane Sonko a rappelé les difficultés héritées de ses prédécesseurs, dénonçant une gouvernance marquée par l’opacité et la mauvaise gestion. « Le pays dispose d’énormes potentialités, mais il a longtemps été retardé par une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Nous avons hérité d’une situation catastrophique, marquée par une dette colossale. Les Sénégalais nous ont élus pour y remédier, et nous sommes résolument engagés dans ce défi national. D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également insisté sur le caractère collectif de l’effort à fournir pour sortir le pays de ses difficultés. Selon lui, le développement ne peut être atteint qu’au prix de sacrifices. « Aucun pays ne s’est développé sans sacrifice. En Chine, avec la révolution culturelle, des millions de personnes ont perdu la vie. Nous n’en arriverons pas là, mais nous sommes la génération qui va consentir des efforts pour que nos enfants vivent dans un Sénégal développé », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a annoncé que son plan de redressement, déjà présenté aux instances gouvernementales, sera bientôt partagé avec l’ensemble des guides religieux, traduit en wolof et en arabe pour une meilleure appropriation par tous.

Cancers féminins : le retard de consultation, un danger mortel pour les patientes

Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye a lancé un cri d’alerte ce samedi sur la gravité des cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, lors d’un panel consacré aux cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions Sanitaires pour le Fouta (ASFO). Selon lui, la majorité des patientes arrivent à l’hôpital dans un état trop avancé, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie.

« Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent déjà au stade 4, le plus avancé », a déclaré le médecin à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « À ce stade, 90 % décèdent au bout de cinq ans », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et surtout le dépistage précoce.

Le spécialiste a pointé du doigt une situation particulièrement alarmante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam, où les femmes consultent souvent trop tard, parfois après plusieurs mois de symptômes ignorés ou tus. Les causes de ces retards sont multiples : manque d’accès aux structures de santé spécialisées, déficit d’information, mais aussi poids des tabous.

« Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein », a expliqué le gynécologue, rappelant que ces silences sont lourds de conséquences.

Malgré ce constat inquiétant, le médecin a tenu à saluer les efforts de sensibilisation de l’ASFO, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de proximité dans le Fouta et ses environs. Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a d’ailleurs annoncé la tenue de la 26ᵉ édition de ces campagnes de dépistage et de soins, prévue du 11 au 17 septembre prochain. Huit villages de la région de Matam seront concernés et plus de 110 professionnels de santé, parmi lesquels des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes, seront mobilisés.

Selon l’ASFO, ces campagnes ont déjà permis de consulter près de 10 000 patients lors des précédentes éditions, contribuant ainsi à rapprocher les services de santé des populations et à briser certains tabous. Mais face à l’ampleur du défi, Mamadou Guèye estime que la lutte contre les cancers féminins nécessite encore davantage d’efforts concertés de l’État, des structures sanitaires et des organisations communautaires, afin de sauver des milliers de vies menacées par le silence et le retard de consultation.

Ousmane Sonko en visite de courtoisie à Kaolack en prélude au Gamou

À l’approche de la célébration du Gamou, prévue le 4 septembre prochain, le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès de plusieurs foyers religieux de Kaolack.

Cette tournée s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de sa rencontre à Tivaouane avec le khalife général des Tidianes. Le chef de l’État avait exprimé sa volonté de se rendre auprès des grandes familles religieuses du pays à l’occasion du Gamou, mais, pour des raisons d’agenda, il avait précisé que le Premier ministre et d’autres autorités d’État effectueraient certaines visites en son nom. Ainsi, pendant que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, était à Thiès et à Thiénaba, Ousmane Sonko a été mandaté pour Kaolack.

À Médina Baye, le chef du gouvernement a été reçu par Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Fayda tidianiyya. Accompagné de membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, ainsi que des autorités administratives locales, Ousmane Sonko a salué l’érudition et l’ouverture de l’autorité religieuse sur les grands défis du continent, en particulier la souveraineté et le panafricanisme. Il a également sollicité des prières pour la paix, l’unité et la prospérité du Sénégal.

Poursuivant son séjour à Kaolack, le Premier ministre s’est ensuite rendu à Léona Niassane. Il y a été accueilli par le khalife Cheikh Ahmed Tidiane Niass et plusieurs membres de la famille de l’illustre El Hadji Abdoulaye Niass, père de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass et de Mame Khalifa Niass. Cette étape a constitué un moment de communion spirituelle, marqué par des échanges fraternels et des prières pour le pays.

JAMMI Sénégal dénonce les “dérives” du président de l’Assemblée nationale et appelle au respect de la Constitution

Le Mouvement JAMMI Sénégal a haussé le ton ce vendredi 29 août 2025 à Paris en exprimant sa « profonde inquiétude » face aux récentes prises de position d’El Hadji Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué signé par son président, Ibrahima Diop, le mouvement accuse le responsable parlementaire d’adopter une attitude jugée contraire aux fondements de la République, notamment par des déclarations qui remettent en cause l’équilibre institutionnel.

En s’appuyant sur la doctrine classique de la séparation des pouvoirs, JAMMI Sénégal rappelle le célèbre avertissement de Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Le communiqué insiste sur le fait que la Constitution sénégalaise, à travers ses articles 88 et suivants, établit clairement une distinction entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, tout en garantissant l’indépendance des magistrats.

Or, selon le mouvement, le président de l’Assemblée nationale s’est engagé dans une série de prises de position jugées préoccupantes. Il lui est reproché de s’immiscer dans les prérogatives de l’Exécutif et d’adresser des menaces directes au pouvoir judiciaire. Une attitude qui, selon JAMMI Sénégal, constitue « une violation flagrante du principe sacré de séparation des pouvoirs » et expose le pays à un déséquilibre institutionnel dangereux.

Dans son communiqué, le mouvement met l’accent sur les responsabilités républicaines qui incombent au chef du Parlement. Il rappelle que le Législatif n’a pas vocation à interférer dans la conduite de l’Exécutif, que le pouvoir judiciaire doit rester indépendant et respecté dans son intégrité, et que le président de l’Assemblée nationale a l’obligation morale et politique de se conformer à la retenue républicaine afin de préserver la dignité du Parlement.

JAMMI Sénégal se montre ferme : « La République ne saurait tolérer aucune dérive autoritaire, aucune confusion des pouvoirs, ni aucune tentative de pression sur la justice. » Le mouvement appelle ainsi solennellement El Hadji Malick Ndiaye « à se ressaisir, à rester dans le périmètre de ses compétences et à cesser immédiatement ses attaques contre les magistrats ainsi que son ingérence dans l’action gouvernementale ».

En conclusion, le mouvement rappelle que la solidité de la démocratie sénégalaise repose sur trois piliers indissociables : un Parlement responsable, une justice indépendante et un Exécutif respecté dans ses prérogatives. Selon JAMMI Sénégal, seul le respect scrupuleux de cet équilibre permettra au pays de continuer à incarner « une République forte, juste et crédible ».

Gamou 2025 : les plus hautes autorités attendues auprès des familles religieuses ce samedi

À l’approche du Gamou, célébration marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), l’État du Sénégal prépare sa participation à travers une forte mobilisation de ses plus hautes autorités. Ce samedi 30 août 2025, plusieurs personnalités institutionnelles seront présentes dans différentes cités religieuses du pays, témoignant de l’importance de cette fête dans la vie nationale et du lien fort entre la République et les foyers spirituels.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Tivaouane, épicentre du Gamou, où il se recueillera auprès de la famille de Seydi El Hadji Malick Sy. Cette visite présidentielle constitue un moment symbolique fort, confirmant la centralité de Tivaouane dans la célébration du Maouloud et le respect des traditions établies entre les autorités étatiques et les guides religieux.

Parallèlement, le Premier ministre, Ousmane Sonko, se rendra à Kaolack pour rencontrer les familles religieuses de Médina Baye et de Léona Niassène. Ces visites de courtoisie traduisent la reconnaissance de l’État envers l’influence spirituelle et sociale des foyers niassènes, qui accueillent chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de la sous-région pour célébrer le Gamou.

Le Président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, poursuivra cette dynamique de proximité en se rendant à Thiénaba, foyer spirituel fondé par Cheikh Ahmadou Ndack Seck, ainsi qu’auprès de la famille Ndiéguène de Thiès, autre grande référence religieuse du pays.

À travers ces déplacements coordonnés, l’État manifeste son ancrage dans une tradition républicaine où le respect, le dialogue et la solidarité entre les institutions et les familles religieuses demeurent essentiels. Le Gamou, au-delà de sa portée spirituelle, reste ainsi un rendez-vous national majeur, qui unit les Sénégalais autour de valeurs communes de foi, de paix et de cohésion sociale.

Gamou 2025 : Dakar Dem Dikk déploie un dispositif spécial pour Tivaouane

À l’occasion du Gamou, prévu le 4 septembre 2025, la société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a annoncé la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour accompagner les milliers de fidèles attendus à Tivaouane. La ville sainte, centre spirituel de la Tidjaniyya, sera une nouvelle fois le point de convergence des pèlerins venus rendre hommage à l’œuvre d’El Hadji Malick Sy et à la tradition religieuse qui s’y perpétue.

Pour faciliter les déplacements, trois journées de départs ont été programmées à partir de Dakar. Les bus quitteront la capitale les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 septembre, avec un premier départ fixé à 6 heures du matin et un dernier départ prévu à 15 heures. Le prix du billet aller simple est fixé à 2 500 francs CFA, une tarification que Dakar Dem Dikk a souhaité accessible afin de permettre au plus grand nombre de rallier Tivaouane dans de bonnes conditions.

Les bus desserviront directement le site Serigne Mansour Sy Djamil, situé au quartier Ndiandakhoune, pour déposer les fidèles au plus près des lieux d’accueil et de recueillement. Les retours vers Dakar sont programmés dès le vendredi 5 septembre, à partir de 5 heures du matin, afin de fluidifier le retour des pèlerins après les célébrations religieuses.

La société rappelle toutefois qu’aucune réservation ne sera possible pour ce service spécial. « La vente de tickets se fait uniquement sur place », a précisé Dakar Dem Dikk, invitant ainsi les voyageurs à se rendre tôt aux points de départ afin de garantir leur place.

Par cette initiative, Dakar Dem Dikk confirme son rôle d’acteur central dans l’accompagnement logistique des grands événements religieux, en apportant un soutien pratique et sécurisé aux fidèles qui se déplacent chaque année en masse vers Tivaouane.

Professeur Demba Diedhiou : une trajectoire au carrefour de la médecine, de la recherche et de l’engagement citoyen

Spécialiste en médecine interne, en médecine du travail, en endocrinologie et diabétologie, le professeur Demba Diedhiou incarne une figure majeure du monde médical et universitaire sénégalais. Le 14 avril 2025, il a été nommé directeur du Centre Hospitalier Abass Ndao, une institution qu’il connaît parfaitement puisqu’il y exerce depuis près de deux décennies.

Ancien interne des hôpitaux, le Pr Diedhiou a soutenu son doctorat en médecine en 2007, avant d’obtenir un diplôme d’études spécialisées en médecine interne en 2009. Soucieux de renforcer ses compétences, il s’est orienté vers l’endocrinologie et les maladies métaboliques avec un D.E.S en 2018, auquel il a ajouté un diplôme universitaire en santé publique et promotion de la santé dès 2011. Son parcours académique est couronné par un brillant succès au concours d’agrégation du CAMES en médecine moderne en 2020, où il sort major de sa promotion, avant d’être promu professeur titulaire des universités en 2024.

Depuis 2009, il a gravi tous les échelons au sein du Centre Hospitalier Abass Ndao, passant de Chef de clinique à Professeur titulaire, en occupant entre-temps les fonctions de Maître-Assistant, Maître de Conférences agrégé et responsable du Service de Médecine du Travail depuis 2018. Il s’est également distingué par son engagement institutionnel en tant que Vice-Président de la Commission Médicale d’Établissement.

Parallèlement, son implication dans la formation des générations futures de médecins s’est étendue à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ainsi qu’à plusieurs universités régionales, notamment Saint-Louis, Bambey, Thiès et Ziguinchor. Ses enseignements couvrent des disciplines fondamentales telles que l’endocrinologie, la diabétologie, la sémiologie médicale et la médecine interne.

Chercheur prolifique, le Pr Diedhiou est l’auteur de plus de cinquante publications scientifiques, diffusées aussi bien dans des revues nationales qu’internationales. Ses travaux portent sur des thématiques diverses : diabète sucré, maladies de la thyroïde, ostéoporose, tuberculose extrapulmonaire, pathologies hypophysaires, mais aussi les impacts de la Covid-19. Il s’est imposé comme une référence dans la réflexion sur les pathologies chroniques en Afrique subsaharienne, en contribuant à l’élaboration de guides nationaux et de protocoles standardisés pour une meilleure prise en charge des malades.

Son expertise ne se limite pas au terrain académique. Durant la pandémie de Covid-19, il a joué un rôle déterminant dans l’organisation et l’optimisation des réponses hospitalières, confirmant sa capacité à allier rigueur scientifique et sens pratique.

Acteur incontournable de la coopération scientifique, le professeur Diedhiou est membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société Sénégalaise de Médecine Interne, la Société Francophone Africaine de Diabétologie et Endocrinologie, ou encore le Réseau Métabolisme Diabète et Nutrition, dont il est Vice-Président. Il en est aujourd’hui le président en exercice, renforçant ainsi son influence dans l’espace francophone africain.

Son engagement citoyen se manifeste aussi à travers son implication associative. Il milite activement au sein de l’Association Sénégalaise d’Aide aux Diabétiques, du Lions Club Dakar Flamboyant, et dans divers projets communautaires visant à améliorer la santé et le bien-être des populations.

En alliant compétence clinique, excellence académique et leadership institutionnel, le professeur Demba Diedhiou s’impose comme un acteur central du développement du système de santé sénégalais. Son parcours est le reflet d’un engagement constant au service de la médecine, de la recherche et de la société.

Le collectif des ex-détenus politiques recadre Pa Ousmane Seck et appelle à l’unité dans le combat pour la justice

Le Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2024 a tenu à clarifier sa position après l’incident survenu lors d’une conférence de presse ce vendredi, interrompue par Pa Ousmane Seck. Dans un communiqué exploité par Ledakarois, l’organisation a exprimé sa « désolidarisation catégorique » de ce comportement, qualifié d’inopportun et jugé contraire à l’esprit de responsabilité qui doit guider leur lutte.

Le Collectif rappelle que son engagement repose sur des principes clairs : la dignité, la justice et la vérité. Selon lui, les attitudes impulsives et les actions individuelles qui s’écartent de cette ligne risquent non seulement de ternir l’image du mouvement, mais aussi de détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la reconnaissance et la réparation des victimes de la répression.

L’incident, qualifié de « regrettable à plus d’un titre », ne reflète en rien les valeurs portées par le Collectif. Celui-ci insiste sur la nécessité de maintenir une discipline exemplaire, d’éviter toute division et de préserver la cohésion interne, indispensable pour mener à bien ce combat engagé depuis plusieurs années.

Dans son message, l’organisation exhorte ses membres et sympathisants à garder leur sang-froid, à privilégier la sérénité et à rester unis autour de stratégies concertées. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attitude, et réaffirmons notre engagement à poursuivre ce combat avec intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue », a précisé le communiqué.

Le Collectif met par ailleurs en garde contre toute tentative de manipulation ou d’instrumentalisation politique qui fragiliserait son action. Il souligne que la force du mouvement réside dans son unité et sa détermination à défendre les droits des victimes dans le respect des principes démocratiques.

En se démarquant de Pa Ousmane Seck, le Collectif réaffirme son ambition de rester concentré sur l’essentiel : obtenir justice, vérité et réparation pour toutes les victimes des répressions de 2021 à 2024.

Dakar : lancement de l’Observatoire national des médias pour renforcer l’intégrité de l’information

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en partenariat avec la GIZ, l’agence allemande de coopération internationale pour le développement durable, a procédé ce jeudi 28 août 2025 à Dakar au lancement de l’Observatoire national des médias sur l’intégrité de l’information. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du Sénégal de renforcer la régulation et l’accompagnement du secteur médiatique, ainsi que la lutte contre la désinformation.

Mamadou Moustapha Diouf, représentant de la Direction de la communication du ministère, a expliqué que l’Observatoire a été mis en place à la veille du déplacement d’une délégation sénégalaise à Praia, au Cap-Vert, où elle participera à la conférence régionale de l’UNESCO sur l’intégrité de l’information en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Il a souligné que l’État du Sénégal, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, entend prendre une part active dans l’accompagnement et la régulation des médias, secteur qui nécessite selon lui un soutien accru.

Pour Mamadou Moustapha Diouf, la régulation ne se limite pas à un cadre juridique, elle inclut également l’accompagnement et le soutien aux médias, souvent confrontés à des difficultés financières et organisationnelles. Il a insisté sur l’importance du fact-checking, particulièrement dans un contexte où les manipulations de l’information se multiplient avec les outils technologiques et l’intelligence artificielle. Selon lui, l’émergence de vidéos ou de contenus trompeurs qui attribuent de fausses déclarations à des personnalités publiques rend impérative la mise en place de dispositifs de contrôle de l’information pour protéger le public.

Le représentant du ministère a également détaillé les modalités d’accompagnement des médias. L’aide, structurée par le Fonds d’appui au développement de la presse (FADP), vise à soutenir des projets médiatiques structurants avec un suivi-évaluation rigoureux, et à éviter les subventions arbitraires ou détournées. Il a également présenté l’incubateur pour jeunes journalistes, conçu pour offrir un environnement sécurisé et propice au développement professionnel, afin que les journalistes puissent exercer leur métier dans de bonnes conditions.

Du côté de la GIZ, Katharina Lobeck, directrice du projet « Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest », a précisé que la conférence de Praia, prévue du 3 au 5 septembre, portera sur quatre axes principaux et donnera lieu à l’adoption de trois documents politiques. Ces axes incluent l’accès à l’information, la gouvernance des plateformes, l’éducation aux médias et la synergie entre différentes structures régionales et internationales œuvrant pour la fiabilité de l’information.

Le lancement de cet Observatoire national des médias constitue donc un pas important vers une information plus transparente et fiable au Sénégal, tout en préparant le pays à s’inscrire activement dans les échanges régionaux sur l’intégrité de l’information et la lutte contre la désinformation.

Macky Sall à Paris : l’APR dément toute rencontre avec Bassirou Diomaye Faye

Alors que plusieurs médias ont évoqué une possible rencontre entre l’ancien président sénégalais Macky Sall et le président Bassirou Diomaye Faye à Paris, l’Alliance pour la République (APR) a tenu à apporter un démenti catégorique. Dans un communiqué publié le 28 août et relayé par la rédaction de Dakaractu, le parti au pouvoir précise que ces informations sont entièrement infondées.

Selon l’APR, Macky Sall se trouve à Paris dans le cadre d’un agenda international fixé « depuis le début de l’année », et n’a eu aucun contact officiel ou informel avec le chef de l’État sénégalais en exercice. Le communiqué souligne que les rumeurs de rencontre sont « des manipulations grotesques » et des « allégations mensongères » dont le but apparent est de semer la confusion et de tromper l’opinion publique.

L’APR insiste sur le fait que la communication autour des déplacements internationaux de Macky Sall suit des protocoles stricts, avec des agendas officiels et préalablement connus, et qu’aucun événement diplomatique ou politique n’a été organisé avec Bassirou Diomaye Faye à Paris. Le parti rappelle ainsi sa vigilance face à la circulation de fausses informations, soulignant les risques que ces rumeurs représentent pour l’image de l’ancien président et pour la stabilité du débat public.

Cette mise au point intervient dans un contexte où la scène politique sénégalaise est particulièrement sensible aux spéculations médiatiques, et où la moindre interprétation d’un déplacement officiel peut donner lieu à des interprétations politiques. L’APR appelle donc les médias et le public à la prudence et à la vérification des faits avant toute diffusion d’informations concernant des personnalités politiques de premier plan.

Assistance aux victimes de la période pré-électorale : conditions de recevabilité allégées pour accélérer les paiements

Le ministère de la Famille et des Solidarités a annoncé, dans un communiqué daté du 24 août 2025, la mise en place de nouvelles mesures pour accélérer l’assistance aux victimes de la période pré-électorale. L’objectif affiché est de clôturer le dossier d’ici fin septembre 2025, avec un appel pressant aux bénéficiaires qui n’ont pas encore déposé leurs dossiers à le faire avant le 30 août.

Le processus de paiement, déjà entamé, sera intensifié dans les prochains jours grâce à la levée des principales difficultés rencontrées, notamment la fourniture tardive des pièces administratives par les familles. Sur la base des recommandations du comité interministériel en charge du suivi, le ministre de la Famille, Maimouna Dièye, a décidé d’assouplir les conditions de recevabilité des dossiers, particulièrement pour les familles des victimes décédées.

Ces dernières bénéficient désormais d’une procédure simplifiée leur permettant de percevoir immédiatement une allocation de 10 millions de francs CFA, sous réserve de compléter leur dossier dès l’obtention du jugement d’hérédité, pièce essentielle sur le plan comptable. Pour ce premier versement, les familles devront fournir un récépissé de dépôt de demande de jugement d’hérédité, une copie de pièce nationale d’identité, le certificat de décès, le certificat de genre de mort, un procès-verbal signé par les ayants droit ainsi qu’une procuration désignant trois personnes responsables de la réception de l’allocation.

Lors d’une audience tenue le 21 août avec les représentants du collectif des familles des victimes décédées, Maimouna Dièye a présenté ces nouvelles orientations. Elle a souligné que cette démarche traduit la volonté ferme du gouvernement de respecter ses engagements et de traiter les familles « avec dignité et respect ». Elle a également annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement psychologique afin d’apporter un soutien adapté aux victimes et à leurs proches.

Le communiqué du ministère rappelle que, jusqu’ici, 1 931 ex-détenus ont bénéficié chacun d’une allocation de 500 000 francs CFA, pour un montant global de 1 125 850 000 francs CFA. Par ailleurs, 127 blessés ont bénéficié d’une prise en charge médicale et six familles de victimes ont déjà reçu 10 millions de francs CFA chacune.

Santé fragile de Farba Ngom : le Forum du justiciable alerte et demande une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Forum du Justiciable a lancé ce jeudi 28 août 2025 un appel pressant aux autorités judiciaires concernant la situation du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. L’organisation citoyenne se dit « très préoccupée » par l’état de santé de l’édile, actuellement placé en détention, et alerte sur les risques graves auxquels il est exposé.

Dans un communiqué rendu public, le Forum rappelle que la contre-expertise médicale ordonnée par le Pôle judiciaire financier a confirmé les conclusions du premier rapport. Les spécialistes estiment que la condition physique de Farba Ngom est « incompatible avec la vie carcérale ». Son état présenterait un danger vital immédiat, avec un risque de « mort subite nocturne » si aucune mesure appropriée n’est prise.

S’appuyant sur ces éléments, le Forum du Justiciable plaide pour la mise en liberté provisoire du parlementaire, sous contrôle judiciaire, avec un bracelet électronique afin de concilier la poursuite de la procédure et la préservation de sa vie. « La vie humaine est sacrée », rappelle le Bureau exécutif de l’organisation, qui insiste sur le caractère humanitaire et non partisan de sa démarche.

Pour le Forum, il est impératif que la justice agisse rapidement afin d’éviter que l’« irréparable » ne survienne. L’organisation citoyenne en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et politiques, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une nécessité dictée par des considérations médicales et humanitaires.

Ce nouvel épisode relance le débat autour de la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves et pose la question de l’adaptation des mesures judiciaires aux réalités médicales. Pour Farba Ngom, la balle est désormais dans le camp de la justice, sommée d’arbitrer entre rigueur procédurale et impératif de préservation de la vie.

Naufrage d’une pirogue en Mauritanie : des dizaines de migrants portés disparus, des Sénégalais parmi les victimes

Un nouveau drame migratoire a secoué la sous-région. Dans la journée du mercredi 27 août, une pirogue transportant près d’une centaine de migrants a chaviré au large de Tanit, en Mauritanie, alors qu’elle faisait route vers les îles Canaries. La scène, filmée et relayée massivement sur les réseaux sociaux, témoigne de la violence du naufrage et de la panique à bord. Seuls 17 passagers ont pu être secourus par les gardes-côtes mauritaniens, selon les premières informations disponibles.

Dans les heures qui ont suivi, la mer a rejeté de nombreux corps sur les plages voisines. Les premières identifications ont été faites par des Sénégalais établis en Mauritanie, qui ont reconnu certains des disparus grâce aux images diffusées. Parmi les victimes figure Mame Bara Ndiaye, un jeune originaire de Touba, dans la localité de Guédé Bousso. Sa carte d’identité et ses coordonnées familiales ont été retrouvées sur lui, confirmant tragiquement son décès.

Les autorités mauritaniennes ont mobilisé des équipes pour repêcher les corps et poursuivre les recherches dans la zone du naufrage. Les opérations visent à retrouver d’éventuels survivants, même si les chances s’amenuisent avec le temps. Pour l’heure, aucune estimation précise du nombre de disparus n’a été communiquée, mais tout laisse à penser que plusieurs dizaines de migrants ont perdu la vie.

Ce naufrage vient rappeler une fois de plus les dangers de l’émigration clandestine par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes Africains risquent tout pour tenter de rejoindre l’Europe par l’Atlantique, une route particulièrement périlleuse. Les drames de ce genre se répètent sur les côtes de Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie, endeuillant régulièrement des familles entières.

Alors que les témoignages affluent et que les familles des victimes s’organisent pour obtenir des informations, ce nouvel accident met en lumière l’ampleur de la tragédie migratoire en Afrique de l’Ouest. Derrière les chiffres et les bilans provisoires, ce sont des destins brisés et des espoirs noyés dans l’océan qui interpellent à nouveau l’opinion publique.

Élection du maire de Dakar : Taxawu Sénégal dénonce une « trahison » de Barthélémy Dias et maintient son ancrage dans l’opposition

La succession à la mairie de Dakar continue d’agiter le champ politique. Ce jeudi, la plateforme Taxawu Sénégal a tenu un point de presse dans son siège pour livrer sa lecture de l’élection municipale qui a vu l’installation d’Abass Fall à la tête de la capitale. Face aux journalistes, les proches de Khalifa Sall ont dénoncé ce qu’ils qualifient de manipulations et de contre-vérités, regrettant « une trahison » de Barthélémy Dias, et réaffirmant leur appartenance claire et assumée à l’opposition.

Dès l’entame, Seydina Issa Laye Samb, porte-parole du mouvement, a rappelé que l’affaire remonte au 11 décembre 2024, lorsque l’autorité administrative avait déclaré de manière unilatérale la démission de Barthélémy Dias. Une décision qualifiée d’arbitraire que Taxawu Sénégal avait aussitôt contestée, en engageant à la fois une bataille politique et judiciaire pour rétablir ce qu’ils considèrent comme la légitimité du maire de Dakar. Depuis cette date, la plateforme dit avoir multiplié les initiatives afin d’obtenir un règlement juste de ce litige.

Selon Taxawu, tout a basculé le 16 août 2025, lorsque le préfet a enjoint le maire intérimaire de convoquer le Conseil municipal avec à l’ordre du jour l’élection d’un nouveau maire, décision qu’il disait tenir du ministre des Collectivités locales. Pour le mouvement, il n’était pas question de laisser la mairie filer alors même que la Cour suprême doit rendre un arrêt sur la situation de Barthélémy Dias le 18 septembre prochain.

Le Bureau municipal, réuni dans la foulée, a fixé l’élection au 25 août 2025 tout en saisissant la Cour suprême d’une requête en sursis à exécution. En parallèle, Taxawu a mené des consultations internes et externes pour aboutir à une candidature unique, en accord avec les partenaires de l’opposition. De ce processus, décrit comme démocratique et inclusif, est ressorti le choix de Ngoné Mbengue comme porte-drapeau du mouvement.

Dans ses explications, Taxawu Sénégal a tenu à souligner que Barthélémy Dias avait lui-même, dès le départ, affiché sa préférence pour Ngoné Mbengue. Une position justifiée par son soutien de 2022 lors de son élection à la mairie de Dakar, mais aussi par la jurisprudence Soham El Wardini qui faisait de la candidature féminine un choix symbolique et politique.

Le revirement du maire de Dakar a donc créé la stupeur au sein de la plateforme. En effet, au moment où l’élection approchait, Barthélémy Dias a décidé de soutenir son adjoint Pathé Bâ, avant de finir par appeler au boycott du scrutin à la veille du vote. Taxawu s’interroge sur les raisons profondes d’un tel basculement et souligne l’absence de toute base juridique ou arithmétique crédible pour justifier ce boycott.

Selon les partisans de Khalifa Sall, les arguments avancés par Sénégal Biñu Bokk en faveur du boycott, notamment le report de la séance en attendant la décision de la Cour suprême, étaient juridiquement fragiles. La saisine du juge n’étant pas suspensive, rien ne garantissait la légalité d’un report. Taxawu a donc estimé qu’il ne pouvait cautionner une telle option.

Le déroulement du vote a d’ailleurs montré les limites de cette stratégie. Malgré l’appel au boycott, le Conseil municipal a enregistré une mobilisation record avec 88 votants, dont cinq procurations. Les 49 voix du Pastef et les 9 du PUR suffisaient à dépasser largement le quorum fixé à 51. Pour Taxawu, cet épisode révèle une leçon politique majeure : la cohérence des choix et le respect de la parole donnée doivent primer sur les calculs de circonstance.

Taxawu Sénégal dit avoir ressenti une véritable trahison dans l’attitude de Barthélémy Dias, accusé d’avoir manqué à la loyauté envers ses alliés et envers le combat collectif. Plus largement, le mouvement déplore la tendance de certains acteurs de l’opposition à se détourner de leur engagement pour se rapprocher du pouvoir, lequel, selon eux, continue de s’enfermer dans « des pratiques corruptrices ».

En conséquence, le mouvement estime que l’implosion de l’opposition au sein du Conseil municipal a offert une opportunité au Pastef de tirer profit de ces divisions. « C’est tout le socle de confiance qui se trouve ébranlé », a regretté Seydina Issa Laye Samb.

Malgré cette crise interne et les accusations croisées, la plateforme a tenu à réaffirmer son identité : Taxawu Sénégal se revendique comme force d’opposition et entend le rester. Elle invite les acteurs politiques à privilégier les débats d’idées et les explications claires aux yeux des Sénégalais, plutôt que les coups d’éclat et les divisions. « Si la politique est une guerre, c’est bien une guerre des idées dans la vérité », a conclu son porte-parole.

Quelle pertinence de maintenir des hommes d’affaires en prison

En dépit de plusieurs demandes de liberté provisoire de Tahirou Sarr, en l’occurrence, et celles d’annulation de la procédure ainsi que de mainlevée du mandat de dépôt introduites par les avocats de Khadim Ba refusée par le juge financier malgré un rapport d’expertise qui lui est favorable, leur arrestation et détention prolongée comme celles d’autres hommes d’affaires sénégalais sous la troisième alternance survenue le 24 mars 2024 à la faveur de la présidentielle la même année posent sur la table la pertinence ou non d’une question touchant à la fois au droit, à l’économie, à la morale et à la politique.

Il est évident que la pertinence de garder des dirigeants d’entreprise en prison indique pour le pouvoir en place sa détermination à préserver l’égalité devant la loi. La prison rappelant justement aux justiciables, quels que soient leur rang et grade, que la justice est la même pour tous, riches ou pauvres, et que la libération d’un homme d’affaires « trop facilement », ou perçu comme tel, envoie un signal défavorable aux électeurs et populations du fait qu’ils peuvent croire qu’avec de l’argent « on peut tout acheter ».

On comprend dès lors pourquoi le dirigeant d’entreprise « doit répondre » de ses supposés crimes : fraude, corruption, abus de biens sociaux, délits financiers, etc. Encore faudrait-il préciser qu’il appartient au procès d’en juger définitivement par une condamnation ou non, sans compter les recours.

Voilà pourquoi, la sanction et la dissuasion restent une constante déterminante pour le pouvoir, l’incarcération du ou des hommes d’affaires servant en effet d’exemple pour dissuader d’autres élites économiques de transgresser la loi.

Les prochaines semaines nous en diront davantage sur les nouvelles affaires dont parlent déjà les médias du reste moribonds.

La crédibilité de l’État et de la justice épiée, d’une part, par les partisans du pouvoir et les populations, et d’autre part, la corruption jugée par le pouvoir actuel « très forte » sous le précédent régime ne peuvent que déboucher sur le « combat contre fraude et corruption » avec pour mot d’ordre le maintien des patrons d’entreprises incriminés et en prison. Le renforcement de la confiance des électeurs et populations, par conséquent du peuple envers l’État étant à ce prix, pourrait-on défendre.

S’y ajoute un autre aspect que l’État peut brandir : la préservation de l’ordre public. Les déclarations de certains cadres du parti au pouvoir, Pastef, laissant croire que la capacité de manipulation de la justice, la politique ou l’opinion est réelle du fait du « pouvoir d’influence énorme » des opérateurs économiques emprisonnés. Pour ces cadres politiques, il convient qu’ils restent incarcérés.

Cela dit, la pertinence à les garder en prison est à relativiser, ledit homme d’affaires n’étant pas un danger physique pour la société comme l’est un criminel violent. Dès lors, il convient d’apprécier le coût et l’inutilité sociale de l’incarcération ce d’autant que la détention coûte cher au contribuable.

Ces mêmes acteurs importants de l’économie, connus pour leur implication sociale ne peuvent-ils pas contribuer davantage à l’effort commun de redressement, ne serait-ce que par les amendes, la confiscation d’avoirs, les travaux d’intérêt public, etc. et mieux encore leurs apports personnels et déterminants au dit processus de plan de relance ?

L’impact économique étant à prendre en compte, ces décideurs économiques en détention sont justement à la tête d’entreprises, d’emplois et d’investissements. Leur maintien longtemps en prison ne peut que fragiliser des salariés, voire l’économie nationale.

Cela semble plus bénéfique à la société que leur incarcération qui ne fait pas du reste forcément d’eux des coupables. Encore une fois, seul le procès peut en décider. Mais, ne dit-on pas « qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès » ?.

S’il semble pertinent aux yeux de certains que le maintien de ces hommes d’affaires en prison traduise l’objectif de défendre l’égalité devant la loi, de sanctionner la faute et de montrer que la justice est impartiale, il n’est pas dit que la preuve est faite et que cet objectif protège l’économie, préserve les emplois et obtienne réparation financière pour la société.

C’est pourquoi, la peine de substitution économique semble plus pertinente que la prison surtout si l’on sait que la route vers le procès est longue et qu’il n’est pas dit que l’accusateur l’emporte à l’arrivée. Des exemples nous confortent.

Mikhael Khodorkovski, ex-magnat du pétrole russe, emprisonné de 2003 à 2013 a fait face à la primauté de l’État de droit en Russie qui l’accusait de fraude et d’évasion fiscale, montrant ainsi que même les plus riches n’étaient pas au-dessus des lois. Mais son emprisonnement a été non seulement perçu comme politique, mais encore occasionné la destruction de son empire qui a nui à des milliers d’employés.

Les raisons de le maintenir en prison n’ont pas eu l’effet escompté, au contraire.

Cela est valable pour Bernard Tapie en France, dans l’affaire de corruption Adidas. L’accusation soutenait que les délits financiers sont sanctionnés comme les délits de droit commun, renvoyant ainsi une symbolique forte contre les abus de pouvoir économique, mais Tapie a payé de lourdes amendes et l’impact économique de son incarcération n’était pas forcément proportionné au préjudice.

Il en est de même pour Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault-Nissan arrêté au Japon en 2018. La raison de le maintenir en prison prouvait que les crimes financiers, notamment la dissimulation de revenus et abus de biens sociaux sont réprimés, même pour des dirigeants mondiaux, sauf que son incarcération a déstabilisé Nissan et Renault, deux géants industriels.

Une sanction financière massive aurait pu préserver l’entreprise,

On peut citer encore Patrick Balkany en France arrêté pour fraude fiscale, corruption. Là aussi, on a voulu montrer que les plus riches ne sont pas intouchables et que la prison est le symbole fort contre la corruption politique. Par contre sa détention a coûté cher à l’État alors que Balkany aurait pu contribuer via un remboursement intégral, les amendes ou interdiction d’exercer.

Il en est de même pour Muammar Khadafi fils et de plusieurs autres oligarques africains dont l’emprisonnement et/ou le gel de leurs avoirs ont montré une volonté politique de lutter contre la corruption endémique, il aurait été encore plus pertinent de trouver un accord de restitution d’avoirs volés à l’Etat promu. C’est toujours plus bénéfique que la détention prolongée.

Il n’est pas toujours plus pertinent de prioriser le maintien en prison, les arguments pour des alternatives à la prison semblant plus pragmatiques et porteuses à notre sens.

Encore faut-il préciser que concernant Khadim Ba, le rapport d’expertise demandé par le pool des juges financiers lui est favorable en dépit des charges douanières. Et que par ailleurs, un ancien douanier s’est montré virulent sur une chaîne de télévision (TFM) contre ses anciens collègues sur ladite affaire, Une sortie restée à ce jour sans réponse.

Ajoutons qu’après l’audition au fond de leur client, les avocats de Khadim Ba ont introduit le 16 juin dernier une demande d’annulation, arguant des vices de procédure dans le déroulement de l’enquête douanière ayant conduit à son arrestation, mettant en avant les conclusions d’un rapport d’expertise commandité par le juge lui-même.

Concernant Tahirou Sarr, dont il se dit qu’il a « mis la main à la pâte pour soutenir des politiques publiques », il est connu de la haute sphère financière ses relations avec de grands cabinets internationaux ayant pignon sur rue dans les grandes places financières.

Charles FAYE

Santé de Farba Ngom : une contre-expertise alerte sur un risque de « mort subite nocturne »

La situation sanitaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, attire désormais l’attention au plus haut niveau. Une contre-expertise médico-légale, réalisée par trois praticiens de renom — Dr Ousmane Dièye, Pr Papa Saliou Mbaye et Pr Serigne Maguèye Gueye — met en lumière un tableau clinique préoccupant, jugé incompatible avec une incarcération.

Selon le rapport remis au Pôle judiciaire et financier du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’élu souffre d’un syndrome d’apnée obstructive sévère du sommeil, jusqu’ici non diagnostiqué. Cette affection, combinée à une cardiopathie naissante, au diabète, à l’obésité et à des antécédents cardiovasculaires, place Farba Ngom dans une zone de risque critique.

Les experts décrivent un patient sujet à des palpitations, malaises, essoufflement, fatigue chronique et somnolence diurne. L’échoDoppler cardiaque a confirmé une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique ascendante, aggravant la gravité du cas.

La polygraphie ventilatoire du 31 juillet a confirmé l’apnée obstructive sévère du sommeil, nécessitant une assistance respiratoire par ventilation à pression positive continue. La spirométrie du 2 août, quant à elle, a révélé un trouble ventilatoire obstructif léger, compatible avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante. Les antécédents tabagiques et l’excès pondéral du patient renforcent cette hypothèse.

Même si les analyses biologiques ne révèlent pas d’aggravation majeure par rapport aux bilans précédents, la combinaison de ces pathologies, notent les experts, expose Farba Ngom à des complications graves et évolutives, « dont une mort subite nocturne ».

Détenu depuis le 27 février dernier, Farba Ngom se trouve ainsi dans une situation jugée médicalement intenable. Ses avocats devraient, selon L’Observateur, introduire une nouvelle demande de liberté provisoire en s’appuyant sur ce rapport alarmant.

Cas de Mpox au Sénégal : le Pr Moussa Seydi se veut rassurant

Le premier cas de Mpox confirmé au Sénégal est en bonne voie de guérison. C’est l’assurance donnée par le Pr Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Fann, qui a tenu à informer l’opinion sur l’évolution de l’état du patient et sur les mesures de prévention mises en place par les autorités sanitaires.

Selon le Pr Seydi, le malade, hospitalisé pour une forme sévère avec plus de 100 lésions cutanées et une surinfection, répond favorablement au traitement. « Sa guérison sera complète dans quelques jours, sauf complications de dernière minute. Il n’a plus de fièvre et la cicatrisation de ses lésions est en cours », a-t-il indiqué. Le génotype Ib, identifié chez le patient et connu pour sa gravité, n’inquiète pas outre mesure le professeur : « Avec une bonne prise en charge, la létalité est inférieure à 1 % ».

Le patient a été isolé dans une chambre à pression négative, utilisée pour les pathologies hautement contagieuses. Le traitement repose sur des antidouleurs, des antiprurigineux et des antibiotiques pour la surinfection, ainsi qu’un accompagnement nutritionnel et dermatologique. Sur le plan psychologique, une assistante sociale spécialisée a déjà entamé un suivi, et un recours aux psychiatres reste envisagé si nécessaire, l’isolement étant parfois difficile à supporter pour les patients.

Le nombre de cas contacts identifiés est passé de 25 à 29 après une enquête approfondie. Aucun ne présente pour l’instant de symptômes. Le Pr Seydi rappelle qu’un contact n’est pas nécessairement malade, mais doit rester vigilant et s’isoler à domicile en cas de symptômes.

Le ministère de la Santé a activé son plan de riposte : isolement des cas, limitation des contacts étroits sans protection, hygiène stricte, aération des espaces clos, et vaccination des personnes à risque si nécessaire. Le Sénégal s’était déjà préparé depuis plus d’un an à faire face à cette maladie, en formant son personnel et en simulant des situations d’épidémie. « La situation est sous contrôle. Les leçons tirées du COVID-19 et des autres épidémies nous servent toujours », a insisté le Pr Seydi.

Des contrôles sont renforcés dans les aéroports et ports du pays, mais, comme l’a rappelé le professeur, « une vigilance constante reste nécessaire ».

En conclusion, le spécialiste a tenu à rassurer : le Sénégal dispose d’infrastructures et d’équipes qualifiées pour contenir cette maladie, et toutes les dispositions sont prises pour éviter sa propagation.

Tribunal de Dakar : Fallou Fall acquitté après cinq ans de détention

Fin d’un long calvaire judiciaire pour Fallou Fall. Condamné en première instance à 15 ans de réclusion criminelle pour viol sur sa demi-sœur, le jeune homme vient d’être acquitté ce mercredi par la Cour d’appel de Dakar, après avoir passé cinq années derrière les barreaux.

Lors de l’audience du 30 juillet dernier, l’avocat général avait déjà ouvert la voie à cette issue en demandant l’infirmation du verdict initial. Une position qui rejoignait la plaidoirie de la défense, et qui a finalement conduit à un acquittement pur et simple.

L’affaire trouve son origine dans une plainte portée par la marâtre du jeune homme, à l’origine de l’accusation. La décision de la Cour d’appel met aujourd’hui un terme à ce dossier, redonnant la liberté à Fallou Fall, qui recouvre ses droits après plusieurs années d’incarcération.

Coopération, sécurité et mémoire : Diomaye Faye et Macron dessinent de nouveaux horizons 

En marge de sa participation à la Rencontre des Entrepreneurs de France, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu ce mardi matin à l’Élysée par son homologue français, Emmanuel Macron, pour un petit-déjeuner de travail.

La rencontre, marquée par une atmosphère cordiale, a permis aux deux Chefs d’État de passer en revue l’état des relations bilatérales et d’examiner les perspectives de leur partenariat rénové. Les échanges ont particulièrement porté sur les axes prioritaires de coopération, parmi lesquels l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité. Ces thématiques seront approfondies lors du prochain séminaire intergouvernemental prévu en septembre.

Au-delà des questions économiques et sécuritaires, le volet mémoriel a également occupé une place centrale dans les discussions. Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement de son homologue français concernant la reconnaissance des pages sombres de l’histoire coloniale, en particulier le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944. Dans cette dynamique, il a officiellement invité Emmanuel Macron à prendre part à la deuxième édition de la commémoration de cet événement, prévue le 1er décembre 2025 à Dakar.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des deux dirigeants de donner un nouveau souffle à la coopération franco-sénégalaise, en l’adaptant aux enjeux contemporains et en l’ancrant dans une relation de confiance, de respect mutuel et de mémoire partagée.

Cybersécurité : Mamadou Sy Tounkara rentre chez lui après son audition

Le chroniqueur politique Mamadou Sy Tounkara a finalement regagné son domicile après avoir été entendu ce mardi par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). L’information a été confirmée par son avocat, Me El Hadji Diouf, qui s’est félicité de la libération de son client à l’issue de plusieurs heures d’audition.

Selon Me Diouf, cette convocation s’inscrivait dans le cadre d’une enquête ouverte sur la diffusion présumée d’une fausse nouvelle concernant la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Le chroniqueur, connu pour ses prises de position tranchées et ses analyses souvent polémiques sur la vie politique nationale, avait récemment commenté ce sujet sensible dans une publication qui a suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux.

L’affaire intervient dans un contexte où la régulation de l’espace numérique reste au cœur des préoccupations des autorités sénégalaises. La Division spéciale de la cybersécurité, placée sous l’autorité de la Police nationale, est régulièrement saisie pour enquêter sur des affaires de cybercriminalité, allant des arnaques en ligne aux publications jugées attentatoires à l’ordre public. Le dossier concernant Tounkara relance ainsi le débat sur la frontière entre liberté d’expression, responsabilité des chroniqueurs publics et lutte contre la désinformation.

Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été annoncée. Mais selon son avocat, Mamadou Sy Tounkara « reste disponible pour répondre à toute convocation des enquêteurs » et entend continuer son travail d’analyste politique. De leur côté, ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et rappellent que la liberté d’expression est protégée par la Constitution.

Matam : le fleuve Sénégal franchit le seuil d’alerte

Le fleuve Sénégal connaît une montée préoccupante de ses eaux. Ce mardi matin, la station hydrologique de Matam, dans le nord du pays, a enregistré un niveau de 8,1 mètres, dépassant ainsi la côte d’alerte fixée à 8 mètres. Ce franchissement marque une étape critique dans l’évolution de la crue et fait craindre des débordements plus importants dans les jours à venir.

Les premières conséquences se font déjà sentir. Dans la zone du Dandé Mayo, plusieurs habitations situées le long du fleuve sont directement menacées par les eaux. Les populations riveraines, en particulier les producteurs agricoles dont les champs jouxtent le cours d’eau, se retrouvent en situation de grande vulnérabilité. Les risques de pertes matérielles et de déplacements forcés sont réels si la tendance haussière se poursuit.

Face à la gravité de la situation, les autorités locales appellent à la vigilance. Moussa Mbodji, cadre de la direction régionale de Matam, a rappelé que les services compétents avaient déjà anticipé une telle évolution. « De toute façon, je pense qu’on a été averti à temps et que là, on avait vraiment des craintes. Ce qu’on va faire, c’est une bonne sensibilisation en tout cas des producteurs et de prendre les dispositions nécessaires », a-t-il expliqué, insistant sur l’importance de la prévention et de l’accompagnement des populations.

Le gouvernement suit de près l’évolution de la crue. Le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, est attendu ce mardi à Matam pour évaluer de visu la situation et coordonner les réponses urgentes. Sa visite devrait permettre de renforcer la coordination entre services techniques, autorités locales et comités de lutte contre les inondations.

Alors que la saison des pluies se poursuit et que de nouveaux épisodes pluvieux sont attendus, les habitants de la vallée du fleuve Sénégal redoutent une aggravation des inondations. L’attention reste focalisée sur Matam et ses environs, où chaque nouvelle variation du niveau d’eau peut avoir des conséquences immédiates sur les populations riveraines.

Justice : Ousmane Diagne annonce la création prochaine d’un Centre national du casier judiciaire

Le Sénégal s’engage résolument dans une nouvelle ère de modernisation de son système judiciaire. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a annoncé ce mardi la mise en place prochaine d’un Centre national du casier judiciaire, une structure centrale qui aura pour mission de dématérialiser et de centraliser toutes les demandes de casiers judiciaires, quel que soit le lieu de naissance des requérants.

Jusqu’ici, l’obtention d’un extrait de casier judiciaire relevait souvent d’un véritable parcours du combattant pour les citoyens nés loin de leur localité actuelle. Avec ce nouveau centre, l’objectif est clair : mettre fin aux lourdeurs administratives et aux déplacements contraignants. « La dématérialisation permettra à terme de délivrer ce document en un clic, au bénéfice du citoyen », a assuré le ministre, insistant sur le caractère inclusif et simplificateur de la réforme.

Cette innovation s’inscrit dans un projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée nationale. Elle a été évoquée par Ousmane Diagne lors du vote, à l’unanimité, de la loi sur l’accès à l’information publique. Ce texte, considéré comme un jalon important dans la construction d’une gouvernance plus transparente, fait partie d’un paquet législatif comprenant quatre projets de loi. Parmi eux figurent la réforme de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) et le renforcement de l’obligation de déclaration de patrimoine pour les responsables publics.

Lors des débats parlementaires, plusieurs députés ont rappelé les difficultés persistantes auxquelles font face de nombreux citoyens, notamment dans les zones éloignées ou rurales, lorsqu’il s’agit d’obtenir leur casier judiciaire. La création de ce centre vient répondre directement à cette préoccupation récurrente, en offrant une solution digitale et uniformisée.

Au-delà du casier judiciaire, Ousmane Diagne a également révélé l’ambition du ministère de la Justice de mettre en place une bibliothèque numérique destinée à rassembler et à rendre accessible à tous les textes de loi ainsi que les décisions de justice. Une telle base documentaire contribuerait à démocratiser l’accès à l’information juridique et à renforcer l’État de droit.

Avec ces réformes, le gouvernement entend donner un signal fort en matière de transparence, de bonne gouvernance et de modernisation des services publics. Si elles aboutissent, les innovations annoncées devraient transformer durablement la relation entre l’administration judiciaire et les citoyens, en réduisant les lenteurs, en favorisant l’équité territoriale et en consolidant la confiance dans l’institution judiciaire.

Crue du fleuve Sénégal : vigilance orange à Matam et Toufoundé Civé

Les eaux du fleuve Sénégal continuent de monter et inquiètent les autorités. Ce mardi 26 août 2025, la vigilance orange a été déclenchée dans les zones de Matam et Toufoundé Civé, où les cotes hydrométriques franchissent désormais les seuils critiques. À Matam, la hauteur d’eau a atteint 8,01 mètres, dépassant le seuil d’alerte fixé à 8 mètres, avec une tendance toujours orientée à la hausse. La situation reste donc particulièrement préoccupante dans cette partie de la vallée.

À Bakel, les instruments de mesure indiquent une cote de 9,94 mètres, soit à seulement quelques centimètres du seuil critique de 10 mètres. La tendance est cette fois à la baisse, ce qui constitue un signe encourageant, mais qui n’écarte pas totalement le risque de débordement en cas de nouveaux épisodes pluvieux. Plus en amont, à Kayes, le niveau reste contenu à 6,04 mètres, bien en deçà du seuil d’alerte fixé à 8 mètres. Les autorités rappellent cependant que les précipitations annoncées dans les prochains jours pourraient changer rapidement la donne.

Face à cette situation, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) maintient son plan d’alerte actif. Celui-ci repose sur une cartographie précise des zones inondables, des seuils fixés pour chaque localité et un système d’alerte impliquant les autorités administratives, les comités locaux de lutte et les médias. L’objectif est d’assurer une diffusion rapide et efficace de l’information, afin que les populations puissent prendre les dispositions nécessaires avant toute crue brutale.

En amont du fleuve, le barrage de Manantali joue un rôle déterminant. En stockant une partie de l’eau et en écrêtant la crue du Bafing, il permet de limiter l’impact de la montée des eaux dans la vallée et le delta. « Nous appelons les populations de la vallée et du delta à rester vigilantes et à prendre toutes les dispositions nécessaires », ont insisté les autorités, soulignant que la prudence reste de mise malgré les mesures de régulation en place.

Pour l’instant, les zones de Bakel et Gouraye demeurent sous vigilance jaune. Mais l’évolution des précipitations et des débits en amont pourrait modifier la situation dans les jours à venir. Dans ce contexte incertain, les riverains sont invités à suivre de près les consignes de sécurité, tandis que les comités de veille locaux se préparent à intervenir en cas de montée soudaine des eaux.

Sénégal : plus de 15 000 détenus recensés, dont 547 en longue détention

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a livré des chiffres préoccupants sur la situation carcérale au Sénégal. Devant les députés, ce mardi, lors de la plénière consacrée au projet de loi sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte, le Garde des Sceaux a indiqué que le pays comptait 15 267 détenus au 18 août 2025.

Interpellé par le député Saliou Dione sur la question des longues détentions provisoires, le ministre a reconnu l’ampleur du problème. Selon les données communiquées, 547 détenus sont incarcérés depuis trois ans ou plus en attente de jugement. Cela représente 3,58 % de la population carcérale totale, un chiffre qui met en lumière la lenteur et les dysfonctionnements de la machine judiciaire. Ousmane Diagne a précisé que la durée moyenne de détention au Sénégal s’élève actuellement à une année, un délai qui dépasse largement les standards internationaux.

Face à cette situation, le ministre a souligné les efforts engagés pour inverser la tendance. Il a notamment évoqué l’introduction de la limite de six mois pour les détentions en matière correctionnelle, une réforme destinée à limiter l’accumulation des dossiers en suspens et à éviter des privations de liberté indûment prolongées. « On est en train de trouver les moyens d’y remédier », a-t-il insisté, tout en réaffirmant l’engagement de son département à poursuivre les réformes structurelles de la justice.

La problématique des longues détentions n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été dénoncée lors des Assises de la Justice en mai 2024, où magistrats, avocats et organisations de défense des droits de l’homme avaient mis en garde contre l’engorgement des prisons et la lenteur des procédures judiciaires. Le phénomène contribue non seulement à une surpopulation carcérale chronique, mais aussi à des conditions de détention souvent jugées indignes.

Dans ce contexte, les chiffres rendus publics par Ousmane Diagne confirment l’urgence d’une réforme profonde. Si la limitation des délais de détention provisoire constitue une avancée, les observateurs estiment que des mesures complémentaires seront nécessaires : renforcement des effectifs judiciaires, amélioration de la gestion des dossiers, recours accru aux alternatives à l’incarcération. Autant de pistes sur lesquelles le gouvernement dit travailler, mais dont la mise en œuvre reste attendue avec impatience par les acteurs de la justice et les organisations de défense des droits humains.

La question des longues détentions continue ainsi d’incarner l’un des défis majeurs du système judiciaire sénégalais. Les prochains mois permettront de mesurer si les réformes annoncées par le ministre de la Justice parviennent à alléger durablement le poids de cette problématique sur les détenus et sur l’ensemble de la société.

Élection du nouveau maire de Dakar : Madiambal Diagne tacle Khalifa Sall

L’élection d’Abass Fall à la tête de la mairie de Dakar continue de faire réagir le landerneau politique et médiatique. Le journaliste et directeur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a livré un commentaire pour le moins piquant sur son compte X, ce lundi 25 août. « Abass Fall du Pastef élu maire de Dakar. Bravo à Khalifa Sall », a-t-il écrit, dans une formule où l’ironie ne laisse aucune place au doute.

Le message, en apparence paradoxal, trouve tout son sens dans la lecture politique des résultats. L’accession d’Abass Fall au fauteuil de maire n’est pas seulement la victoire d’un candidat du Pastef, mais aussi l’échec d’une stratégie interne à Taxawu Sénégal. Les divisions et rivalités autour de la candidature de Ngoné Mbengue, adoubée par Khalifa Sall, ont favorisé la percée du ministre du Travail, qui a su capitaliser sur ces fractures pour l’emporter.

Abass Fall a obtenu 49 voix, contre 30 pour Ngoné Mbengue. Un score net qui sonne comme un revers sévère pour le mouvement de Khalifa Sall, jusque-là maître incontesté de la capitale depuis plus d’une décennie. Cette défaite prive Taxawu Sénégal d’une institution stratégique, dirigée sans discontinuer depuis 2009.

L’histoire a, par ailleurs, des allures de revanche politique. Khalifa Sall, élu maire en 2009, avait été destitué en 2018 par le président Macky Sall, à la suite de sa condamnation dans l’affaire des caisses d’avance. Son héritage avait ensuite été porté par Barthélémy Dias, élu en 2022 sous la bannière de Yewwi Askan Wi. Mais trois ans plus tard, le fauteuil municipal échappe une nouvelle fois à l’ancien édile et à son camp, pour revenir au Pastef, un parti qui fut un temps allié de Taxawu avant de s’ériger en son principal adversaire.

Avec ce basculement, la capitale ouvre un nouveau cycle politique où se croisent ironie de l’histoire, calculs partisans et luttes d’influence, confirmant Dakar comme un terrain hautement symbolique dans la bataille nationale pour le pouvoir.

Mairie de Dakar : Abass Fall élu maire et promet d’être « au service de tous »

La capitale sénégalaise a un nouveau maire. Ce lundi 25 août, Abass Fall, membre du parti Pastef, a été élu à la tête de la Ville de Dakar avec 49 voix, contre 30 pour sa concurrente, Ngoné Mbengue, qui assurait jusque-là l’intérim. L’élection, très suivie, marque un tournant politique pour l’institution municipale, au cœur des rivalités partisanes depuis plusieurs années.

Dès son installation, Abass Fall a tenu à rassurer ses concitoyens en prenant ses distances avec toute logique partisane. « Je ne serai pas le maire d’une chapelle politique. Je serai le maire de toutes les Dakaroises et de tous les Dakarois », a-t-il affirmé dans son premier discours officiel. Celui qui occupe également le poste de ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions a insisté sur son ambition de tourner la page des clivages. « La Ville de Dakar ne sera plus politisée. Elle sera là pour tout le monde, avec l’appui des conseillers ici présents », a-t-il souligné.

Face à lui, Ngoné Mbengue, candidate malheureuse et membre de Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, a réagi avec un esprit de fair-play. « C’est Dakar qui a gagné, non une personne », a-t-elle déclaré, tout en réaffirmant son engagement à continuer de servir les habitants de la capitale en tant que conseillère municipale. Dans son allocution, elle a exhorté la nouvelle équipe à adopter une gouvernance inclusive et participative, en mettant l’intérêt général au-dessus des logiques partisanes. Elle a conclu son intervention en adressant ses « vœux de plein succès » à son successeur.

Avec cette élection, la mairie de Dakar change de main, mais le défi reste entier : concilier les attentes pressantes des habitants avec la nécessité de dépasser les clivages politiques qui, depuis des années, rythment la gestion municipale de la capitale.

Manifestations pré-électorales : le ministre de la Justice annonce la saisine du procureur général

Le débat sur les violences qui avaient secoué le Sénégal à la veille de l’élection présidentielle de 2024 refait surface. En séance plénière ce lundi à l’Assemblée nationale, consacrée à la création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), le ministre de la Justice, Me Ousmane Diagne, a confirmé que le procureur général près la Cour d’appel de Dakar a été saisi par correspondance en vue de l’ouverture d’une enquête. L’annonce, faite devant les députés, a marqué l’un des temps forts de la session parlementaire, en raison de la sensibilité politique et judiciaire du sujet.

C’est à la suite d’une interpellation du député Guy Marius Sagna que le Garde des Sceaux s’est longuement exprimé sur ce dossier. Me Diagne a rappelé que les événements de 2024 avaient entraîné des pertes en vies humaines et des destructions, des faits qui, selon lui, pourraient être juridiquement assimilés à des crimes d’une gravité exceptionnelle. « Ces événements sont susceptibles de revêtir des contours de crime contre l’humanité », a-t-il lancé, en précisant que cette qualification n’avait pas été choisie au hasard, mais pour garantir la solidité des procédures futures et prévenir toute annulation éventuelle pour vice de forme.

Le ministre a par ailleurs reconnu que l’État avait pris du temps avant de s’engager sur la voie judiciaire. Cette attente, a-t-il expliqué, était due à la complexité du cadre législatif. Une loi d’amnistie avait d’abord été votée, avant d’être corrigée par un texte rectificatif. Par la suite, le Conseil constitutionnel avait introduit ses propres amendements, créant une situation confuse pour les magistrats appelés à se prononcer. « La justice se devait d’attendre avant d’y voir clair », a insisté Me Diagne, évoquant un « terrain mouvant » sur le plan juridique.

La perspective d’une enquête formelle ouvre désormais une nouvelle phase. Elle pourrait relancer les débats sur la responsabilité des différents acteurs impliqués dans ces violences, alors que l’amnistie votée avait initialement été perçue comme un moyen de clore le dossier. L’annonce du ministre, en donnant un souffle nouveau à la judiciarisation de ces faits, laisse planer l’idée d’un processus long et potentiellement conflictuel, mêlant droit, politique et mémoire collective.

Ville de Dakar : Barthélémy Dias dénonce une « élection illégale » et met en garde Ngoné Mbengue et l’opposition

À la veille de l’élection prévue pour installer un nouveau maire à la tête de la Ville de Dakar, l’ancien édile Barthélémy Dias est sorti de sa réserve. Lors d’un point de presse organisé ce dimanche, il a qualifié la procédure engagée par la maire intérimaire, Ngoné Mbengue, de « mascarade illégale » et mis en garde les conseillers municipaux de l’opposition. Pour lui, cette convocation est une violation manifeste des textes qui régissent les collectivités locales.

Selon l’ancien maire, le préfet de Dakar a commis une faute en demandant à la maire intérimaire d’organiser une élection dans ce contexte. Barthélémy Dias s’appuie sur l’article 137, alinéa 2, du Code général des collectivités territoriales, qui stipule que l’installation d’un maire doit se faire exclusivement dans le cadre d’une session ordinaire du conseil municipal. Or, la réunion convoquée pour ce lundi s’inscrit dans une session extraordinaire, ce qui rend l’élection irrégulière et donc sans valeur juridique.

Au-delà des aspects légaux, l’ancien édile accuse Ngoné Mbengue de « piétiner elle-même la loi » en convoquant un conseil municipal qu’elle n’avait pas, selon lui, le droit de tenir. Il estime que cette initiative, loin de répondre à un besoin institutionnel, s’inscrit dans une manœuvre politique visant à priver les Dakarois de leur droit de choisir un maire dans les règles prévues par la loi.

Très ferme dans ses propos, Barthélémy Dias a lancé un avertissement direct aux conseillers municipaux de l’opposition, les mettant en garde contre toute participation à ce qu’il considère comme une « élection illégitime ». « Tous ceux qui mettront les pieds demain à la Ville de Dakar pour l’élection sont dans l’illégalité », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que toute décision issue de cette rencontre serait frappée de nullité.

Malgré ce ton offensif, Barthélémy Dias a affirmé son attachement à l’État de droit et dit attendre avec sérénité la décision de la justice. La Cour suprême, saisie de ce dossier, doit en effet se prononcer le 18 septembre prochain. « Je me plierai à ce que décidera la haute juridiction », a-t-il conclu, rappelant que seule cette instance est habilitée à trancher le contentieux.

Cette sortie intervient dans un climat déjà tendu depuis la démission de Barthélémy Dias de son poste de maire de Dakar. Depuis, la gestion intérimaire assurée par Ngoné Mbengue alimente des controverses, et l’élection annoncée risque de cristalliser encore davantage les tensions politiques. La capitale sénégalaise, enjeu stratégique majeur, se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer où se mêlent droit, politique et légitimité.

Conflit Israël-Palestine : Guy Marius Sagna appelle le Sénégal à rompre ses relations avec Israël

À l’occasion d’une manifestation organisée ce dimanche à Dakar contre ce qu’il qualifie de « génocide perpétré par Israël en Palestine », le député Guy Marius Sagna a lancé un appel ferme à l’État du Sénégal pour qu’il rompe toute coopération et relation diplomatique avec Israël. Selon lui, la gravité des actes commis dans la bande de Gaza et en Cisjordanie exige une réponse radicale de la communauté internationale.

Face à la presse, le parlementaire a dénoncé sans détour « le sionisme israélien » qu’il considère comme un « crime contre l’humanité ». À ses yeux, la situation actuelle en Palestine ne saurait être décrite comme une guerre entre deux camps, mais plutôt comme un génocide orchestré contre un peuple sans défense. « Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide. C’est l’utilisation de la faim comme arme de guerre », a martelé Guy Marius Sagna.

S’il reconnaît les prises de position de l’État du Sénégal en faveur de la Palestine, le député estime néanmoins que la posture actuelle demeure insuffisante. Il juge dépassée l’ère des simples déclarations et dénonce l’inefficacité des condamnations verbales répétées. « Plus on dénonce, plus le génocide prend de l’ampleur. Les dénonciations n’ont donc plus d’effet, les critiques non plus, les conférences de presse également », a-t-il insisté.

Pour Guy Marius Sagna, la seule issue cohérente est la rupture totale avec Israël. Selon lui, l’État sénégalais doit aller au-delà des symboles et poser un acte diplomatique fort en mettant un terme aux relations bilatérales. « Quand un individu commet un crime, on l’envoie en prison ; quand un pays commet un crime, il doit être sanctionné. Et la sanction, c’est de rompre toute diplomatie avec lui », a-t-il affirmé, tout en appelant d’autres nations à rappeler leurs ambassadeurs en signe de protestation.

Cet appel s’inscrit dans un contexte international marqué par une polarisation croissante autour du conflit israélo-palestinien. Si plusieurs pays ont choisi de renforcer leur soutien politique ou humanitaire à la Palestine, rares sont ceux qui ont opté pour une rupture diplomatique totale avec Israël. Au Sénégal, la position officielle a toujours été celle d’un appui ferme aux droits du peuple palestinien, dans le cadre des résolutions internationales, sans pour autant remettre en cause ses relations diplomatiques avec l’État hébreu.

La sortie de Guy Marius Sagna, connue pour son ton radical et son engagement panafricaniste, relance ainsi le débat sur la posture que doit adopter le Sénégal face à ce conflit persistant. Elle pose surtout la question de l’équilibre entre diplomatie traditionnelle et engagement politique fort au nom des valeurs de justice et de solidarité internationale.

Ismaïla Diallo décrypte les relations avec les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER et la situation à la mairie de Dakar

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, s’est exprimé ce dimanche 24 août sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, notamment les rapports entre le Sénégal et les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER ainsi que la situation politique à la mairie de Dakar. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV, le député a livré une analyse sans détour, défendant la posture du gouvernement tout en appelant à des réformes structurelles.

Concernant la suspension des prêts au Sénégal par les institutions de Bretton Woods, Ismaïla Diallo a expliqué que ce refus est paradoxalement lié à la transparence prônée par les nouvelles autorités. Selon lui, dès leur installation, le gouvernement a choisi de communiquer ouvertement sur l’état réel des finances publiques, un exercice pourtant recommandé par ces bailleurs de fonds. Toutefois, cette volonté de transparence aurait eu pour conséquence une série de notations dégradantes, qui ont poussé ces institutions financières internationales à se montrer réticentes à accorder de nouveaux financements. « Nous sommes victimes de notre transparence », a-t-il martelé, estimant que cette décision est plus politique qu’économique. Face à cette impasse, le député a rappelé que l’État a lancé un Plan national de redressement visant à démontrer la capacité du pays à se développer avec ou sans l’appui de ces partenaires traditionnels.

Interrogé sur l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le parlementaire a précisé que le processus de nomination du prochain président sera strictement encadré afin d’éviter qu’une personne « peu orthodoxe » ne prenne la tête de cette institution clé dans la gouvernance publique.

Sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Ismaïla Diallo a confirmé que des enquêtes sont bel et bien en cours, conformément aux déclarations du ministre de la Justice à l’Assemblée nationale. Toutefois, il a pris ses distances avec les accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, estimant que les preuves avancées ne suffisent pas à justifier un soutien de son camp politique. Pour lui, il faut laisser la justice aller au bout des investigations avant de tirer des conclusions.

La situation politique à la mairie de Dakar a également été abordée. Le premier vice-président de l’Assemblée a réfuté toute tentative de son parti de s’accaparer la municipalité. Selon lui, la perte du mandat de Barthélémy Dias relève d’une stricte application de la loi. « C’est une décision de justice qui a conduit à cette situation. Il a été visé par l’article 29 du Code électoral, ce que le préfet a acté », a-t-il expliqué, balayant ainsi les accusations d’ingérence politique.

Enfin, Ismaïla Diallo s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le secteur de la presse sénégalaise. Reconnaissant les difficultés que rencontrent les entreprises médiatiques, il a invité les acteurs du secteur à se réinventer et à s’adapter aux nouveaux défis technologiques et économiques. Néanmoins, il a salué le rôle essentiel des médias dans la consolidation de la démocratie au Sénégal, soulignant qu’ils constituent un pilier incontournable de la vie républicaine.

Session extraordinaire à l’Assemblée nationale : Ismaïla Diallo clarifie le processus d’amendement et défend la vision de la majorité

Les travaux de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale se poursuivent autour de quatre projets de loi majeurs, qui font actuellement l’objet d’amendements. Ces modifications, proposées soit par les députés, soit par des organisations de la société civile, témoignent de la vitalité du débat parlementaire, a déclaré ce dimanche 24 août le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV.

Le député, membre du parti Pastef, a toutefois précisé qu’il ne pouvait entrer dans le détail de ces amendements, les textes étant toujours en phase d’examen au niveau des commissions. Il a néanmoins assuré que les réformes présentées s’inscrivent dans la logique du projet politique de la majorité présidentielle. « Ces réformes, qui traduisent notre volonté de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence, ont été soumises aux Sénégalais lors de l’élection présidentielle et des législatives », a-t-il affirmé, soulignant leur caractère programmatique et légitime.

Interrogé sur la question sensible de la déclaration de patrimoine, notamment celle du président de la République à la fin de son mandat, Ismaïla Diallo a rappelé que la Constitution sénégalaise exempte le chef de l’État de cette obligation. Toutefois, il a ajouté que l’actuel président n’a aucun problème à s’y soumettre par souci de transparence. Il a également tenu à préciser que toutes les personnes gérant un budget public, y compris les membres du bureau de l’Assemblée nationale, sont tenues de respecter cette exigence légale.

Concernant le projet de loi relatif à l’accès à l’information, le Premier vice-président de l’Assemblée a reconnu certains manquements relevés par l’ONG Article 19. Il a néanmoins assuré que ces remarques seraient intégrées afin d’améliorer le texte avant son passage en séance plénière. Cette ouverture traduit, selon lui, la volonté de la majorité de construire des réformes inclusives et adaptées aux attentes citoyennes.

Sur le débat autour de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et des soupçons d’une réforme visant à écarter son président, Serigne Bassirou Guèye, Ismaïla Diallo a été catégorique : « Une loi est impersonnelle, elle n’est jamais dirigée contre une personne ». Pour lui, il s’agit avant tout d’adapter les institutions aux besoins de transparence et de bonne gouvernance, sans ciblage particulier.

Enfin, le député est revenu sur les changements opérés à l’Assemblée depuis l’installation de la nouvelle législature. Il a insisté sur la rupture opérée avec certaines pratiques jugées nuisibles à l’image du Parlement. « Les comportements qui ternissaient l’image de l’institution sont désormais révolus », a-t-il affirmé, mettant en avant un processus de modernisation et de moralisation de la vie parlementaire.

Partenariat sino-sénégalais : Ousmane Sonko et l’ambassadeur Li Zhigang accélèrent la concrétisation du projet d’aciérie

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a reçu ce samedi 23 août 2025 l’ambassadeur de la République populaire de Chine, S.E. Li Zhigang, accompagné de hauts responsables de China Harbour Engineering Company (CHEC) et de BAOWU International, géant mondial de la sidérurgie. La rencontre, tenue à la Primature et rapportée par la cellule de communication officielle, s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la récente visite d’Ousmane Sonko en Chine.

Au cœur des discussions figurait le projet d’implantation d’une aciérie au Sénégal, considéré comme un levier stratégique pour l’industrialisation du pays et un pilier du partenariat économique sino-sénégalais. La présence conjointe de CHEC, spécialisée dans les grandes infrastructures, et de BAOWU International, leader incontesté de la production d’acier, traduit la volonté des deux parties de donner une dimension concrète et opérationnelle à ce projet industriel d’envergure.

Selon la Primature, cette rencontre visait non seulement à réaffirmer l’engagement politique des deux pays, mais aussi à accélérer le processus de mise en œuvre des projets stratégiques discutés à Pékin. L’aciérie, en particulier, apparaît comme un investissement structurant qui pourrait transformer durablement le tissu économique sénégalais. Elle permettra de réduire la dépendance aux importations d’acier, d’approvisionner le marché local et régional, et de créer des milliers d’emplois directs et indirects.

Au-delà de l’impact économique, le projet est perçu comme un catalyseur de transfert de technologies et de renforcement des capacités locales. Le Sénégal, qui ambitionne de faire de l’industrialisation un moteur de sa croissance, voit dans ce partenariat une opportunité de renforcer ses infrastructures, de moderniser son appareil productif et d’accroître sa compétitivité sur la scène internationale.

La rencontre entre Ousmane Sonko et l’ambassadeur Li Zhigang illustre également la solidité des relations diplomatiques entre Dakar et Pékin. Depuis plusieurs années, la Chine s’impose comme un partenaire économique de premier plan pour le Sénégal, en finançant et réalisant des projets majeurs dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de l’agriculture. L’aciérie, dont la mise en œuvre entre dans une phase décisive, s’inscrit dans cette dynamique de coopération renforcée, tournée vers le développement durable et la création de valeur ajoutée locale.

En concrétisant ce projet, le Sénégal franchirait une étape importante dans sa quête d’industrialisation et d’autonomie économique, tout en consolidant un partenariat stratégique avec la Chine, acteur incontournable de l’économie mondiale.

Cybercriminalité : Bougar Diouf placé en garde à vue pour diffusion de “fausses nouvelles”

La Division spéciale de la Cybercriminalité (DSC) a procédé, ce vendredi 22 août, à la garde à vue de Bougar Diouf, membre de la coalition Diomaye Président, suite à sa convocation. L’activiste est poursuivi pour diffusion de “fausses nouvelles” à travers les réseaux sociaux, un délit de plus en plus scruté par les autorités judiciaires dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité.

À l’origine de cette affaire, une publication faite par Bougar Diouf sur sa page Facebook dans laquelle il s’adressait directement au Premier ministre Ousmane Sonko, l’interpellant sur la situation en Casamance. Dans son message, il exhortait le chef du gouvernement à demander aux rebelles de « cesser d’acheter des armes à Paris et en Turquie », insinuant que ces acquisitions pouvaient être destinées à un usage contre l’armée nationale.

Ces propos, jugés graves par les autorités, ont conduit à son audition par les enquêteurs spécialisés dans la surveillance des contenus numériques et à sa mise en garde à vue dans l’attente de nouvelles décisions judiciaires. L’affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes autour de la question sécuritaire en Casamance, mais aussi la vigilance accrue de l’État face à la prolifération de messages jugés attentatoires à la stabilité et à l’ordre public sur les réseaux sociaux.

La garde à vue de Bougar Diouf relance également le débat sur la liberté d’expression en ligne et ses limites légales. Ses partisans dénoncent une tentative d’intimidation politique, tandis que ses détracteurs estiment que la gravité de ses propos justifie l’intervention de la justice. L’évolution du dossier dans les prochains jours permettra de déterminer si des poursuites judiciaires formelles seront engagées contre lui.

Bonne gouvernance : la société civile outille ses membres sur les principes de la transparence de l’action publique

Dans un contexte marqué par l’examen de quatre projets de loi relatifs à la transparence, à la redevabilité et à la lutte contre la corruption à l’Assemblée nationale, la société civile sénégalaise intensifie ses efforts pour renforcer les capacités de ses membres. Le Consortium des organisations de la société civile (OSC), regroupées au sein du Comité national du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), a ainsi tenu ce vendredi 22 août, à Dakar, un atelier consacré à la formation sur les valeurs et mécanismes du PGO, mais également sur le système de suivi-évaluation et de notation des critères d’éligibilité.

Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, a expliqué l’importance de cette rencontre. Selon lui, l’objectif est non seulement de partager les principes et valeurs du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, mais aussi de permettre aux acteurs de mieux comprendre les outils de suivi et d’évaluation qui conditionnent l’éligibilité du Sénégal dans cette initiative. « Nous sommes réunis ici en tant que communauté de la société civile PGO pour discuter et renforcer nos capacités sur les valeurs et principes du PGO, mais également pour comprendre comment fonctionnent les mécanismes de suivi, d’évaluation et de notation des critères d’éligibilité », a-t-il déclaré.

Lancé en 2011, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), ou Open Government Partnership (OGP), est une initiative multilatérale visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité et l’usage des outils numériques dans l’action publique. Le Sénégal y a adhéré en 2018 et en est à son deuxième plan d’action nationale, qui prendra fin en décembre prochain. Ce processus engage l’État et ses partenaires à travailler ensemble pour favoriser une gouvernance plus ouverte et inclusive.

La tenue de l’atelier coïncide avec une période particulièrement cruciale pour le pays, alors que l’Assemblée nationale est en session extraordinaire pour examiner plusieurs projets de loi stratégiques liés à la gouvernance. Pour Alfred Bulakali, cette conjoncture est un signe encourageant. « Tous ces signaux me font dire que nous tenons cet atelier dans un contexte très particulier d’espoir et de satisfaction, car notre plaidoyer en tant que société civile est en train de se concrétiser », s’est-il réjoui, rappelant que la mission de la société civile ne se limite pas à la critique, mais consiste également à formuler des propositions concrètes.

Il a par ailleurs insisté sur le rôle essentiel que devront jouer les organisations citoyennes une fois les réformes adoptées. Leur mission sera de vulgariser ces lois, de veiller à leur mise en œuvre effective et d’accompagner les institutions dans l’appropriation des nouvelles règles par les citoyens. « Demain, lorsque ces lois seront votées, nous devrons jouer un rôle central pour que les institutions étatiques, les citoyens et toutes les parties prenantes puissent se les approprier, afin que l’objectif ultime de transparence, de bonne gouvernance et de participation citoyenne soit atteint », a-t-il conclu.

Inondations à Podor : lourdes pertes de bétail et dégâts matériels à Ouro Alseyni et Tatki

De violentes pluies se sont abattues dans la nuit de mercredi à jeudi sur le département de Podor, provoquant des inondations dévastatrices dans plusieurs villages, notamment à Ouro Alseyni et à Tatki. Ces intempéries ont causé de lourdes pertes, avec au moins 70 têtes de bétail emportées par les eaux, selon des habitants interrogés par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Les populations touchées décrivent une situation dramatique. Le bétail, principale richesse des ménages, a été décimé en quelques heures, plongeant plusieurs familles dans une grande détresse. Les villageois affirment qu’une évaluation globale des pertes est toujours en cours, mais les premiers constats révèlent déjà une ampleur exceptionnelle des dégâts.

Au-delà des pertes animales, les infrastructures sociales n’ont pas été épargnées. À Tatki, plusieurs salles de classe ont vu leur toiture gravement endommagée, compromettant la reprise des cours à l’approche de la rentrée scolaire. Le mur de clôture d’une école s’est également effondré sous la pression des eaux, rendant l’établissement encore plus vulnérable.

Amadou Thiam, habitant de Fanaye – la commune dont relèvent Ouro Alseyni et Tatki – a confirmé l’ampleur des dégâts matériels et exprimé l’inquiétude des populations face aux conséquences à long terme. Ces villages, déjà fragiles sur le plan économique, voient ainsi leurs maigres ressources anéanties par les intempéries.

Les habitants lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires pour venir en aide aux sinistrés. Entre pertes de bétail, effondrement d’infrastructures scolaires et destruction de biens, les villages d’Ouro Alseyni et de Tatki font aujourd’hui face à une urgence humanitaire qui exige une intervention rapide et coordonnée.

Renforcement des relations bilatérales avec le Sénégal : le Japon approuve un programme agricole en Casamance

En visite officielle au Japon dans le cadre du renforcement du partenariat stratégique entre Dakar et Tokyo, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a multiplié les rencontres avec des responsables de haut niveau. Ce vendredi matin, il a reçu en audience le Professeur Tanaka Akihiko, président de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), un échange qui a permis de réaffirmer la solidité des relations bilatérales et de mettre en avant de nouveaux axes de coopération.

Au cœur des discussions, le chef de l’État sénégalais et son interlocuteur ont évoqué l’élargissement des domaines d’intervention de la JICA, notamment à travers la construction de l’annexe du Centre de Formation Sénégal–Japon à Diamniadio, un projet emblématique destiné à renforcer le développement des compétences et la formation professionnelle.

La présidence a par ailleurs annoncé, via sa page X (ex-Twitter), que le gouvernement japonais a donné son feu vert à un ambitieux programme agricole en Casamance. Cette région, qui bénéficie déjà de l’appui nippon à travers la mise à disposition de deux machines de déminage, est désormais au cœur d’une nouvelle dynamique d’investissement. L’intérêt croissant du secteur privé japonais pour le Sénégal s’étend aussi à d’autres secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’hydraulique, le numérique, la santé et l’agriculture.

Lors de cette rencontre, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les atouts majeurs du Sénégal : sa stabilité politique, l’attractivité de son environnement des affaires et sa position géographique stratégique, faisant du pays une porte d’entrée privilégiée vers l’Afrique de l’Ouest et l’ensemble du continent. Ces arguments visent à séduire davantage d’investisseurs japonais et à consolider un partenariat gagnant-gagnant.

En marge de son agenda diplomatique, le président sénégalais a également reçu le maire de Yokohama, l’une des plus grandes métropoles japonaises avec plus de quatre millions d’habitants et hôte de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD). Les échanges ont porté sur la coopération entre Yokohama et plusieurs villes sénégalaises, avec un accent particulier sur la gestion de l’eau, le traitement des déchets et l’aménagement urbain, autant de défis partagés entre les deux pays.

Cette visite officielle illustre la volonté des deux nations de consolider un partenariat dynamique et durable, fondé sur la formation, l’innovation et le développement inclusif, afin de répondre aux aspirations de leurs populations. Elle marque une étape importante dans l’approfondissement des relations sénégalo-japonaises, avec des retombées attendues aussi bien sur le plan économique que social.

Cour suprême : une audience fixée pour examiner la suspension de la décision du préfet de Dakar

La Cour suprême du Sénégal vient de rendre une ordonnance importante dans le cadre du contentieux opposant un conseiller municipal de la Ville de Dakar au préfet du département de Dakar.

Dans une ordonnance n°001/2025, signée par Madame Aïssatou Diallo Ba, Conseiller déléguée par le Premier Président de la Cour suprême, il est fait droit à une requête reçue le 21 août 2025 au greffe central. La demande vise la suspension de l’exécution de la décision n°3925/P/D/DK/AP du 11 décembre 2024, par laquelle le préfet du département de Dakar avait déclaré la démission du mandat d’un conseiller municipal de la Ville de Dakar.

La haute juridiction, après avoir examiné les pièces du dossier et conformément aux dispositions de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 modifiée par la loi organique n°2022-16 du 23 mai 2022, a autorisé la signification à bref délai de la requête.

L’affaire sera débattue devant la Cour suprême le lundi 25 août 2025 à 9 heures précises. La Conseillère a également précisé qu’il lui en sera référé en cas de difficulté dans l’exécution de l’ordonnance.

Badara Gadiaga : Derrière les barreaux, l’ascension d’une voix qui dérange

Dans un pays où la parole libre se heurte souvent aux lignes rouges du pouvoir, l’affaire Badara Gadiaga est devenue un symbole. Incarcéré depuis le 9 juillet 2025 à Reubeuss sous de lourdes accusations, le chroniqueur n’a paradoxalement jamais été aussi présent dans le débat public. Plus les barreaux se referment sur lui, plus son influence s’étend hors des murs de la prison, portée par un nombre croissant de soutiens politiques, religieux et citoyens.

Certes, Reubeuss retient son corps, mais son esprit reste libre. Connu pour son verbe tranchant et ses prises de position sans concession, Gadiaga a finalement été muselé par la justice. Le doyen des juges a retenu contre lui quatre chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, atteinte à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État, et soupçons de financement pour troubler l’ordre public. Il a depuis été transféré à la chambre 18 de la prison de Reubeuss.

Pourtant, derrière ces murs, son aura ne cesse de croître. Chaque semaine, des responsables politiques, des leaders religieux et des figures économiques se succèdent pour lui témoigner leur solidarité. Parmi les visiteurs récents figurent les anciens maires de Dakar, Khalifa Sall et Barthélémy Dias, la députée Aïssata Sall, l’homme d’affaires Thione Niang, ainsi que le député Tahirou Sarr, Thierno Bocoum et Amidou Hanne. La liste s’allonge si rapidement qu’une question s’impose : qui n’est pas encore allé voir Badara ?

La force de Gadiaga réside dans sa parole. Révélé par ses chroniques incisives, il s’est imposé avec un ton direct, parfois irrévérencieux, n’épargnant ni le pouvoir ni l’opposition. Puisant dans la tradition oratoire wolof, il a su séduire un public avide d’authenticité. Ancien cadre du Parti Rewmi, il a claqué la porte après seize ans aux côtés d’Idrissa Seck pour tracer sa propre voie.

Aujourd’hui, son incarcération met en lumière un paradoxe : en cherchant à l’étouffer, le pouvoir semble avoir amplifié sa voix. Loin d’affaiblir son aura, la prison l’a propulsé au centre du jeu politique. Pour beaucoup, Gadiaga n’est plus seulement un chroniqueur critique : il est devenu un acteur politique en devenir, que le régime actuel ne peut plus ignorer.

Le droit douanier à l’assaut de l’économie numérique :  l’envers du dédouanement des services en gestation

Les problèmes de la fiscalité sont étroitement liés à ceux du budget, de l’emprunt et de la monnaie : l’ensemble de ces questions constituent la science financière.

La fiscalité procure à l’Etat une partie de ses ressources financières. Elle traduit aussi la politique économique et sociale de l’Etat à travers les subventions et les mesures incitatives[1].

S’appuyant sur le renouveau de la fiscalité, le Plan de relance économique pour le Sénégal (PRES) promeut un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisés, viables et compétitifs.

Parmi les leviers identifiés pour générer ces ressources internes figure la taxation de niches de financement ‘’sous fiscalisées’’ comme les jeux de hasard en ligne, les réseaux sociaux, le « mobile money », la connexion internet, la monnaie virtuelle et, plus généralement, l’économie numérique.

Dans ce contexte, il est plus que nécessaire pour les douanes de changer de paradigme et de mener les réflexions idoines pour mettre en place un système performant de contrôle douanier du numérique surtout lorsque le numérique en question traverse les frontières.

Le principal problème fiscal posé par l’imposition de l’économie numérique réside dans le fait que des activités peuvent être exercées par des entreprises dans un pays sans avoir besoin d’avoir une présence physique dans ledit pays. Or, dans les principes d’imposition du bénéfice d’une entreprise en droit fiscal, la notion d’établissement stable est au centre de l’analyse. Les difficultés soulevées sont alors liées à l’exigence d’un établissement stable et d’un domicile fiscal[2].

En tout état de cause, il est toujours intéressant de discuter de la pertinence de l’assujettissement des services commerciaux au dédouanement, surtout par rapport à la nécessité d’aboutir à combler le fossé numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud et de voir quelle est la meilleure stratégie pour arriver à cette fin[3] .

La tendance de l’Entreprise à produire des biens immatériels n’est pas nouvelle, mais elle connait dans la période contemporaine une sensible accélération. C’est l’intensité inédite du mouvement qui le rend plus perceptible que jamais. La société industrielle a profondément transformé les fortunes en les désincarnant[4]

Malgré ce dynamisme, le droit fiscal a dû mal à bien profiter de ce bouillonnement commercial autour de l’immatériel, puisque de nos jours, seule la marchandise, en tant qu’objet, remplissant les fonctions d’usage et d’échange, est prise en charge, contrôlée et taxée au cordon douanier.

Compte tenu de la place prépondérante que les services commerciaux sont en train de prendre dans le système économique mondial, il nous semble opportun d’envisager, sérieusement, une double mutation structurelle et fonctionnelle du droit fiscal et du droit douanier en vue de tirer profit de l’économie numérique.

C’est la raison pour laquelle, j’approuve fortement le plan visant à instituer un régime fiscal efficace et intelligent de l’économie numérique qui est en adéquation avec l’objectif stratégique 1.3 de la Stratégie nationale de développement 2025-2029 du plan Sénégal 2050.

Pour répondre aux problématiques fiscales introduites par cette nouvelle ère de l’immatériel qui a considérablement modifié les habitudes du consommateur, les règles fiscales doivent être repensées. Concrètement, il s’agit de concevoir une nouvelle fiscalité notamment, celle du numérique[5].

Malheureusement, le droit douanier à l’assaut de l’économie du numérique bute devant les principes qui gouvernent le fonctionnement de l’Etat de Droit qui interdisent, à l’Etat, de lever l’impôt en l’absence de texte explicite autorisant sa perception.

Il s’y ajoute que la politique des engagements visés par les cycles d’Uruguay (1986-1994) qui ont consacré l’adoption de l’Accord général sur le Commerce des services (AGCS) ne milite guère en faveur de la mise en place d’un dispositif douanier de contrôle des services commerciaux.

C’est ainsi que jusqu’à présent, les législations douanières sont restées muettes sur la possibilité de dédouaner les services commerciaux ou produits immatériels, même s’il est important de préciser qu’il en est fait allusion, subrepticement, dans le cadre du contrôle du commerce extérieur et des changes[6].

Les dispositions du Code des douanes étant d’interprétation stricte, le droit pour les douanes de contrôler les changes dans le cadre du Règlement n°06/2024/CM/UEMOA du 20 décembre 2024 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’UEMOA ne leur donne pas, pour autant le droit de les taxer lorsqu’ils franchissent les frontières immatérielles.

A l’assaut du numérique, le droit douanier évolue en vue d’inclure les services commerciaux dans les produits, objet de dédouanement. La démarche va s’inscrire dans l’analyse objective des procédures de dédouanement en vigueur, en vue de leur adaptation pour la prise en compte de l’activité numérique.

Il s’agira, donc, de lever les barrières légales, ainsi que les contraintes juridico-économiques pour assurer une régulation douanière de la circulation transfrontalière des biens immatériels en général et du numérique en particulier.

L’objectif étant d’assurer la pérennité des principes de justice et d’équité dans les relations commerciales internationales par l’application des mêmes mesures tarifaires aussi bien aux marchandises qu’aux services.

La taxation par l’Administration des douanes des services dans le cadre de la fiscalisation numérique présente des enjeux fiscaux à travers l’élargissement de l’assiette fiscale imposable, un intérêt économique par la protection des créations et innovations immatérielles, et relève d’une nécessité sécuritaire impliquant la présence du fisc aux frontières de l’immatériel[7].

Docteur Ndiaga SOUMARE,

Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.


[1] El Hadji Dialigué BA, Droit fiscal, L’Harmattan, 2015, 200 pages

[2] Eric DEWEDI, la taxation du commerce électronique dans l’espace UEMOA : cas du Bénin et du Burkina Faso, in Le droit africain à la quéte de son identité, mélanges offerts au Professeur Isaac Yankhoba NDIAYE 

[3] Alioune DIONE, le droit douanier, le commerce électronique et la dématérialisation, Paris, L’Harmattant, 297 pages 

[4] Frédéric ZENATI, « l’immatériel et les choses », Arch. Phil. Droit ; n° 43 ; 1999, p/ 81

[5] Projet de note conceptuelle du projet de mise en place du système de taxation des transactions numériques

[6] Article 26 Code des Douanes du Sénégal (CDS) : « Indépendamment des obligations prévues par le présent code, les importateurs, les exportateurs et les voyageurs doivent se conformer à la réglementation du contrôle du commerce extérieur ainsi qu’à la législation communautaire relative aux relations financières extérieures des Etats membres. »

[7] Ndiaga SOUMARE, Le dédouanement des services, Revue des douanes sénégalaises, n° 44.

Litige foncier à Tivaouane Peul : El Hadji Dia Ousso contre-attaque et nie toute spoliation

Le contentieux foncier qui secoue Tivaouane Peul prend une nouvelle tournure. Accusé par la coopérative des enseignants d’être au cœur d’une vaste opération de spoliation, El Hadji Dia Ousso a tenu à apporter sa version des faits. Joint par PressAfrik, il a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, allant jusqu’à accuser ses détracteurs d’être les véritables responsables de la vente irrégulière des terrains en question.

Face aux accusations de “grand voleur” de terres, El Hadji Dia Ousso se défend fermement. Selon lui, il n’a “aucun problème avec la coopérative” dans son ensemble, mais estime que certains de ses responsables, notamment M. Ba et M. Thiam, ont joué un rôle central dans la cession illégale de ses parcelles. Il affirme avoir saisi la justice, laquelle lui aurait donné raison, avec à la clé une décision lui accordant plus d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

El Hadji Dia Ousso assure par ailleurs que la préfecture de Sangalkam a confirmé la validité de ses documents fonciers, contrairement à ceux produits par la coopérative. Malgré cette reconnaissance, il soutient que les enseignants ont poursuivi leurs constructions, poussant la DESCOS à intervenir pour mettre fin aux travaux jugés illégaux. Il accuse également ses adversaires de détenir de “faux papiers” et de procéder à la vente de parcelles initialement destinées à des espaces verts, des marchés ou encore des lieux de culte.

Au-delà du volet administratif et judiciaire, El Hadji Dia Ousso évoque aussi une escalade de violence. Il déclare que sa famille a été victime d’agressions physiques et que son véhicule a été détruit dans le cadre de ce conflit foncier. Il affirme toutefois rester confiant et se dit prêt à fournir toutes les preuves nécessaires pour démontrer sa qualité de propriétaire légitime des terrains contestés. “Je laisse le soin à la justice de trancher”, a-t-il insisté.

De leur côté, les enseignants regroupés au sein de la coopérative maintiennent leur position et promettent de poursuivre le combat pour la reconnaissance de ce qu’ils considèrent comme leurs droits fonciers légitimes. La tension reste donc vive à Tivaouane Peul, où l’issue de ce litige dépend désormais de l’intervention des autorités judiciaires et administratives pour départager les deux camps.

Affaire ASER–AEE Power : Thierno Alassane Sall dénonce un scandale financier de 37 milliards de FCFA

Le dossier qui secoue l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la Banque Santander et la société AEE Power Sénégal connaît un nouveau rebondissement. Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a une nouvelle fois pris la parole ce mardi 19 août pour dénoncer un détournement présumé de 37 milliards de francs CFA. Face à la presse, l’ancien ministre des Infrastructures a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’un « scandale financier majeur » impliquant des acteurs étrangers et locaux.

Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall a directement mis en cause le président de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, José Angel Gonzalez Tausz, qu’il accuse d’avoir eu un rôle central dans ce qu’il considère comme des manœuvres douteuses. « Comment cet homme a-t-il pu se donner le droit de suspendre la convention avec la société sénégalaise AEE Power Sénégal, tout en poursuivant ses négociations ? », s’est interrogé le parlementaire. Selon lui, le dirigeant espagnol aurait abusé de sa position et serait potentiellement impliqué dans la disparition des fonds publics destinés à des projets d’électrification rurale.

Le député a par ailleurs affirmé que la Banque Santander, principal partenaire financier, a suspendu le financement en raison de l’opacité constatée. « Les Espagnols ont suspendu le financement pour savoir où sont passés les 37 milliards. AEE Power Sénégal a encaissé cette somme, destinée à électrifier plusieurs villages, mais aucun justificatif n’a été fourni malgré les réclamations de la Banque Santander », a dénoncé Thierno Alassane Sall, soulignant l’absence totale de transparence dans l’exécution du projet.

Estimant que ce silence et cette inertie fragilisent la gouvernance du pays, le député a interpellé directement les autorités. « Le Premier ministre Ousmane Sonko dispose de tous les leviers pour exiger des explications. Quatorze mois après, rien n’a été fait. Pourquoi ce régime protège-t-il AEE Power Sénégal alors que son implication sur ces 37 milliards est pointée du doigt ? », a-t-il martelé.

Pour le leader de la République des Valeurs, ce dossier symbolise les dérives dans la gestion des finances publiques et mérite une enquête approfondie. Il appelle ainsi le gouvernement à prendre ses responsabilités en éclairant l’opinion nationale sur les zones d’ombre de ce scandale. Dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure une question cruciale pour les populations rurales, cette affaire, si elle venait à être confirmée, mettrait en lumière les graves conséquences de la mauvaise gestion des ressources allouées à l’électrification.

Gamou de Tivaouane 2025 : l’État réaffirme ses engagements pour une organisation réussie

À l’approche du Gamou de Tivaouane, prévu les 5 ou 6 septembre prochains, l’État du Sénégal a renouvelé son engagement à accompagner l’une des plus grandes manifestations religieuses du pays. Lors d’une réunion nationale consacrée aux préparatifs, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, a exhorté l’ensemble des services de l’État impliqués à respecter scrupuleusement les engagements pris afin de garantir le bon déroulement de l’événement.

Le ministre a souligné que les engagements arrêtés lors de la réunion du comité régional de développement affichent déjà « un niveau d’exécution acceptable », tout en rappelant l’importance d’intensifier les efforts à moins de trois semaines de la célébration.

Le comité d’organisation au service du khalife Ababacar Sy (COSKAS) a, pour sa part, mis en avant plusieurs préoccupations essentielles. L’approvisionnement en eau et en électricité, la sécurité des fidèles ainsi que la gestion de l’assainissement figurent au premier rang des priorités. Ces besoins demeurent cruciaux, compte tenu de l’afflux massif attendu dans la cité religieuse de Tivaouane.

En réponse, plusieurs structures publiques et partenaires se sont engagés à renforcer leurs dispositifs. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) a annoncé la mobilisation de plus de 50 camions pour pomper les eaux usées et pluviales afin de prévenir tout désagrément lié à l’hygiène et à la salubrité. La Direction du matériel et du transit administratif (DMTA) mettra à disposition 4 000 chaises destinées à accueillir les fidèles venus de tout le pays et de la diaspora. De leur côté, les opérateurs de téléphonie mobile ont pris l’engagement de garantir une meilleure fluidité du réseau, souvent saturé lors des grands rassemblements religieux. Quant aux forces de défense et de sécurité, elles comptent capitaliser sur l’expérience des éditions précédentes pour renforcer davantage le dispositif sécuritaire et assurer la tranquillité des pèlerins.

Jean Baptiste Tine a enfin demandé au gouverneur de Thiès d’assurer un suivi rigoureux des décisions prises et a invité toutes les structures concernées à respecter à la lettre leurs engagements. L’objectif est clair : répondre aux attentes du COSKAS et du khalife général des Tidianes, afin de permettre aux fidèles de vivre un Gamou dans les meilleures conditions de sécurité, de confort et de sérénité.

Cette édition 2025 du Gamou s’annonce ainsi sous le signe d’une meilleure organisation et d’une mobilisation renforcée de l’État, dans un contexte où Tivaouane continue de constituer un pôle spirituel majeur et un lieu de convergence de milliers de fidèles musulmans venus du Sénégal et d’ailleurs.

Japon : Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani réaffirment leur volonté de renforcer la coopération

En marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a eu un entretien bilatéral ce mardi avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. La rencontre, qualifiée de « fraternelle » par la Présidence sénégalaise, s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de cordialité et d’engagement réciproque.

Selon le communiqué diffusé par la Présidence de la République, les deux chefs d’État ont exprimé leur volonté commune d’intensifier la concertation et de consolider la coopération entre Dakar et Nouakchott. Au-delà des relations diplomatiques classiques, le message officiel a insisté sur les liens historiques et culturels qui unissent les deux nations, renforcés par la proximité géographique et par un destin que les dirigeants considèrent comme « partagé ».

Cette rencontre au Japon illustre une fois de plus la dynamique de rapprochement entre les deux pays, qui ont en commun des enjeux stratégiques liés à la sécurité au Sahel, à la gestion des ressources naturelles et au développement économique transfrontalier. Elle intervient dans un contexte où les partenariats régionaux deviennent essentiels pour faire face aux défis contemporains, qu’ils soient économiques, sécuritaires ou environnementaux.

En affichant leur convergence de vues, Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani posent les jalons d’une coopération renforcée, appelée à s’élargir dans les domaines de la gouvernance, du commerce, de l’énergie et des infrastructures. Ce tête-à-tête au Japon, en marge d’une rencontre internationale de haut niveau, vient rappeler la place centrale du dialogue bilatéral dans les stratégies diplomatiques des deux pays.

FMI : une mission technique prévue à Dakar du 19 au 26 août pour renforcer la coopération avec le Sénégal

Le Sénégal accueillera du 19 au 26 août 2025 une mission technique du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé le Ministère des Finances et du Budget dans une note d’information à la presse. Cette visite de travail, communément appelée “staff-visit”, sera conduite par les équipes du FMI et s’inscrit dans le cadre du suivi des dossiers en cours et du renforcement des échanges entre l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises.

Selon le communiqué officiel, cette mission constituera un « cadre privilégié pour renforcer les échanges et la concertation avec les autorités sénégalaises ». Les discussions porteront sur plusieurs axes majeurs, notamment l’exécution budgétaire de l’année 2025, la préparation de la loi de finances initiale (LFI) pour 2026, ainsi que les différentes réformes envisagées par le gouvernement pour consolider la gouvernance économique du pays.

La mission du FMI permettra ainsi aux autorités sénégalaises et aux experts de l’institution internationale de passer en revue les progrès accomplis, d’évaluer les mesures en cours et d’examiner les perspectives pour le court et moyen terme. À l’issue de cette visite, une communication officielle sera publiée pour partager les conclusions et recommandations de la mission, offrant ainsi aux citoyens et aux acteurs économiques une vision claire des orientations retenues et des engagements futurs du gouvernement dans le cadre de sa coopération avec le FMI.

Me Patrick Kabou appelle les militants de Pastef à accepter les critiques pour avancer

Ce lundi, Me Patrick Kabou a adressé un message aux militants du parti au pouvoir, Pastef, les encourageant à accueillir les critiques comme un moteur de progrès et de perfectionnement. Selon l’avocat, les remarques et observations émises à l’encontre du parti ne doivent pas être perçues comme des attaques, mais comme des opportunités de se renforcer et de mieux servir les citoyens.

Dans sa déclaration, Me Kabou souligne que l’acceptation des critiques permet non seulement de corriger les erreurs, mais aussi de rallier ceux qui, aujourd’hui, émettent des réserves. « Accepter les critiques, s’amender, se perfectionner pour que demain celles et ceux qui vous critiquent vous rejoignent dans la marche pour un Sénégal libre et meilleur. La marche est très longue », écrit-il, insistant sur la patience et la persévérance nécessaires à la construction d’un pays.

Il rappelle également que la résolution de tous les problèmes nationaux ne peut se faire en un temps record. « En moins de deux années, si vous parvenez à régler tous les problèmes des Sénégalais, c’est que vous étiez vous-mêmes leurs origines. Un pays se construit dans le temps, dans l’endurance, dans l’acceptation des imperfections », précise-t-il.

Pour conclure, Me Kabou encourage les membres de Pastef à continuer à déployer leur projet et à considérer les critiques comme des leviers pour atteindre leurs objectifs. « Vous avez présenté au peuple un beau projet, il est temps de dérouler et d’accepter les critiques qui ne feront que vous pousser vers votre objectif. Bon courage ! »

Alerte météo : fortes pluies et vents violents annoncés à Dakar et Thiès

L’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a émis ce lundi une alerte concernant l’arrivée imminente d’un système pluvio-orageux en direction des régions de Dakar et de Thiès. Selon les prévisions, ces orages devraient s’abattre dans les prochaines heures et pourraient s’accompagner de vents violents.

L’ANACIM appelle les populations à la vigilance, particulièrement dans les zones côtières et les quartiers les plus exposés aux risques d’inondations. Les rafales de vent attendues pourraient également causer des perturbations de la circulation et endommager certaines installations précaires.

Les autorités invitent les habitants à éviter les déplacements non urgents durant les passages orageux et à sécuriser leurs biens, notamment les toitures légères, les panneaux publicitaires et les installations électriques extérieures.

Cette alerte intervient alors que plusieurs régions du pays connaissent déjà des précipitations intenses depuis le début de la saison des pluies, provoquant par endroits des accumulations d’eau et des désagréments dans la circulation urbaine.

Clip “Porozé bi” : Fou Malade salue la puissance du nouveau texte de Thiat

Le dernier clip de Thiat, membre du groupe Keur Gui et figure emblématique du mouvement Y’en a Marre, continue de nourrir les débats sur la scène artistique et politique sénégalaise. Intitulée “Porozé bi”, cette œuvre remet au goût du jour le rap contestataire en lui redonnant sa fonction première : traduire la colère et les espoirs d’un peuple en quête de justice sociale et de transparence. Fidèle à son style incisif, Thiat y dénonce sans détour les dérives du pouvoir en place, un message qui ne laisse personne indifférent.

Parmi les réactions enregistrées depuis la sortie du clip, celle de Malal Talla, alias Fou Malade, attire particulièrement l’attention. Camarade de longue date de Thiat et membre du même mouvement citoyen, Fou Malade s’est exprimé dans les colonnes de L’Observateur pour saluer la force du texte. Selon lui, le morceau incarne une rare cohérence artistique et un engagement sans concession. Il décrit le texte comme étant « remarquablement bien écrit, avec une valeur poétique Hip-Hop très marquée », avant de préciser que le rap, tel que le pratique Thiat, reste factuel, concret, imagé et surtout accessible. À ses yeux, il n’y a ni énigmes ni codes hermétiques, seulement des paroles claires et compréhensibles qui résonnent immédiatement auprès du public.

L’artiste n’a pas seulement marqué par ses paroles mais également par l’esthétique du clip. Fou Malade souligne le retour de Thiat à ses tresses, à sa montre et à son style d’époque, autant d’éléments qui rappellent la continuité de son engagement depuis ses débuts. « Il redevient le Thiat de Keur Gui, celui qui rappelle qu’il est toujours en alerte », note-t-il. Cette cohérence est renforcée par l’utilisation des symboles dans le visuel, notamment le pain, qui représente selon Fou Malade la revendication populaire et le minimum vital que le peuple réclame.

Au-delà de l’aspect esthétique, c’est surtout le moment de la sortie du clip qui lui confère une résonance particulière. Pour Fou Malade, cette œuvre tombe à point nommé, dans un contexte marqué par une forte attente citoyenne et un désenchantement social. « Cette œuvre ré-émancipe le rap. Le timing est parfait. Ce que dit Thiat, c’est ce que la majorité des Sénégalais expriment déjà au quotidien. Il ne fait qu’amplifier leurs voix, comme doit le faire un rappeur », explique-t-il.

Il ajoute enfin que la force du message réside dans sa capacité à être percutant et violent dans le fond, sans jamais sombrer dans la vulgarité. Une preuve, selon lui, de l’intelligence artistique de Thiat et de sa volonté de mettre son art au service de la cause citoyenne. En saluant cette œuvre, Fou Malade rappelle le rôle essentiel du rap engagé dans la vie publique sénégalaise, et réaffirme la place centrale de Thiat dans ce combat.

Bakel sous la menace des eaux : le président du Conseil départemental alerte sur un risque d’inondation majeur

À Bakel, la situation devient préoccupante avec la montée inquiétante des eaux du fleuve Sénégal. Ce lundi matin, le niveau du fleuve a été mesuré à 9,32 mètres, contre seulement 6 mètres à la même période l’an dernier, soit une hausse spectaculaire qui fait craindre une inondation généralisée de la commune.

Face à ce danger imminent, le président du Conseil départemental, Mapathé Sy, a lancé un appel pressant aux autorités nationales pour une intervention rapide. Selon lui, la construction de logements sociaux pour les sinistrés des précédentes crues doit être une priorité, rappelant que de nombreuses familles vivent encore sous des tentes après les inondations dévastatrices de 2024.

« Les tendances sont à la hausse, ce qui confirme les prévisions météorologiques qui annonçaient déjà une saison beaucoup plus pluvieuse que la précédente », a-t-il indiqué. La situation est d’autant plus alarmante que la côte d’alerte à Bakel est fixée à 10 mètres. Avec 9,32 mètres actuellement, il ne reste que 0,68 mètre avant d’atteindre le seuil critique. La Falémé, affluent du fleuve Sénégal, suit la même tendance avec un niveau de 7,16 mètres, contre 5,13 mètres à la même période en 2024.

Les conséquences pourraient être dramatiques pour les populations locales. « L’année dernière, nous avions tout perdu. Les producteurs n’avaient rien récolté et si la tendance se poursuit, nous risquons à nouveau de perdre nos cultures et nos habitations », a averti Mapathé Sy.

Pour les habitants, la menace est bien réelle et le spectre d’un nouveau désastre plane sur la ville. Le président du Conseil départemental insiste sur l’urgence d’un plan de relogement digne et durable, afin de protéger les familles et d’éviter que Bakel ne revive le cauchemar des inondations passées.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : l’acteur de « Baabel », Khalil Thiam, écope de 15 jours de prison ferme

Le verdict est tombé ce lundi 18 août au Tribunal de Pikine-Guédiawaye dans l’affaire impliquant l’acteur Moda Thioune, plus connu sous le nom de Khalil Thiam dans la série télévisée « Baabel ». Le comédien a été condamné à trois mois de prison assortis de sursis, dont 15 jours fermes, ainsi qu’au paiement d’une amende de 300 000 FCFA.

L’affaire remonte au dimanche 10 août, lorsque l’acteur a été interpellé par les forces de l’ordre après un incident survenu dans la banlieue dakaroise. Selon les informations rapportées par L’Observateur, il lui est reproché d’avoir commis un « délit de fuite », de s’être rendu coupable de « refus d’obtempérer » et d’avoir « mis en danger la vie d’autrui ». Placé sous mandat de dépôt dès le lundi 11 août, Moda Thioune a donc comparu une semaine plus tard devant le tribunal.

La sentence, mêlant sursis et prison ferme, traduit la volonté de la justice de sanctionner l’acteur tout en tenant compte des circonstances. La décision devrait amener l’artiste, très suivi par le public à travers son rôle dans « Baabel », à faire face à une nouvelle image médiatique, loin de son aura télévisée.

Ce dénouement judiciaire met en lumière une fois encore la sensibilité des dossiers liés à la sécurité routière et au respect de la loi, dans un contexte où de tels faits sont régulièrement pointés du doigt dans la capitale et sa périphérie.

Financement climatique et gestion de projet : de jeunes activistes africains en formation à Dakar

Dakar accueille depuis ce lundi un atelier régional de trois jours consacré au financement climatique et à la gestion de projet, destiné à de jeunes activistes africains. L’initiative est portée par la Commission africaine de la jeunesse (African Youth Commission) dans le cadre du projet Africains pour la justice climatique (AACJ). L’objectif affiché est de doter la jeunesse africaine d’outils pratiques et de compétences renforcées pour mener une action climatique plus efficace, inclusive et durable sur le continent.

L’événement, financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas et organisé en partenariat avec la Jeune Chambre internationale Dakar Avenir, réunit des participants venus de huit pays de la sous-région. Ce cadre de formation et d’échanges offre aux jeunes leaders l’opportunité de discuter des stratégies de mobilisation de fonds et des mécanismes de lutte contre les effets du changement climatique, qui affectent de manière disproportionnée les populations africaines.

Selon Moussa Fara Diop, chargé du projet AACJ, cette rencontre vise avant tout à « démocratiser le débat climatique et impliquer davantage les jeunes », estimant que leur voix est trop souvent marginalisée dans les discussions sur le financement, alors même qu’ils constituent plus de 70 % de la population et qu’ils subissent directement les conséquences du réchauffement.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de Boubacar Ba, représentant la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diene Gaye. Il a salué l’initiative, rappelant que le changement climatique est une problématique mondiale dont les effets se manifestent de plus en plus au Sénégal à travers les inondations récurrentes, les vagues de chaleur et la dégradation des écosystèmes. Il a insisté sur la nécessité d’associer les jeunes, qui représentent plus de 75 % de la population nationale, aux politiques publiques et aux projets d’atténuation et d’adaptation.

Cet atelier se veut ainsi une étape importante pour renforcer la place des jeunes Africains dans la gouvernance climatique et les équiper pour jouer un rôle central dans la mobilisation de ressources financières, la conception et la mise en œuvre de projets innovants face à l’urgence environnementale. Au-delà de la formation technique, il constitue également une plateforme de plaidoyer pour que la jeunesse africaine cesse d’être spectatrice et devienne un acteur incontournable de la lutte contre le dérèglement climatique.

Sénégal : Amadou Ba appelle à une stratégie nationale de prévention après les inondations

Au lendemain des pluies diluviennes qui se sont abattues le vendredi 15 août sur Dakar et plusieurs régions du pays, provoquant d’importantes inondations, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a réagi en exprimant sa solidarité aux populations sinistrées. Le leader du mouvement Nouvelle Responsabilité appelle à dépasser les réponses ponctuelles et à mettre en place une véritable stratégie nationale de prévention face aux catastrophes climatiques.

Les fortes précipitations ont particulièrement touché certains quartiers de Dakar, notamment aux Parcelles Assainies, où des familles ont subi de lourds dégâts matériels. Cette situation dramatique vient rappeler une fois de plus la fragilité des infrastructures urbaines face aux intempéries.

Dans son message, Amadou Ba a souligné la gravité de ces événements et a plaidé pour des mesures structurelles. « J’exprime tout mon soutien aux populations sinistrées et réaffirme la nécessité de mettre en place des mesures urgentes et durables pour prévenir et limiter l’impact de ces catastrophes récurrentes », a-t-il déclaré.

Pour lui, les inondations ne doivent plus être gérées uniquement dans l’urgence. Elles appellent une mobilisation collective et un engagement ferme de l’État, des collectivités locales et de la société civile pour renforcer les infrastructures d’assainissement, améliorer la planification urbaine et anticiper les risques. « L’heure n’est plus aux interventions ponctuelles, mais à une véritable stratégie nationale de prévention, au service exclusif des populations », a insisté le leader du mouvement Nouvelle Responsabilité.

À travers cette sortie, Amadou Ba met en avant une approche tournée vers l’intérêt général, soulignant la nécessité de bâtir des réponses durables face aux défis climatiques qui frappent de plus en plus fréquemment le Sénégal.

Inondations à Touba : Serigne Modou Bousso Dieng fustige l’inaction de l’État

La ville sainte de Touba est une nouvelle fois frappée par des inondations qui plongent les habitants dans la détresse. Face à la gravité de la situation et à l’absence de réponses concrètes des autorités, la colère monte. Serigne Modou Bousso Dieng, coordinateur de la Confédération internationale des familles religieuses, a lancé un véritable cri de cœur pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« abandon » de la population par l’État.

« Aucune solution, aucune mesure sérieuse n’est prise depuis un an et demi. Et les inondations continuent d’augmenter davantage. Les gens vivent un calvaire et pleurent », a-t-il déclaré avec amertume, dénonçant l’indifférence des dirigeants face à la souffrance des habitants.

L’autorité religieuse a insisté sur la gravité de la situation, soulignant que même les abords de la grande mosquée de Touba se trouvent aujourd’hui envahis par les eaux. Plus grave encore, selon lui, aucune autorité politique de premier plan ne s’est déplacée sur les lieux pour constater de visu l’ampleur du désastre. « Ni ministre, ni Premier ministre n’a foulé le sol de Touba pour aider la population », a-t-il regretté.

Il a par ailleurs fustigé le discours du Premier ministre qu’il juge « populiste », sans impact réel sur l’amélioration des conditions de vie dans la cité religieuse. « On n’a pas besoin de discours. On a besoin d’action rapide, immédiate et urgente. On est fatigué. Il est temps », a martelé Serigne Modou Bousso Dieng, qui appelle le gouvernement à passer enfin des paroles aux actes.

Pour les habitants de Touba, chaque nouvelle saison pluvieuse rouvre les mêmes blessures et réactive les mêmes angoisses. Les appels des autorités religieuses rappellent avec force l’urgence d’une solution durable à ce problème récurrent, qui continue de mettre à mal le quotidien de milliers de familles.

Inondations à Kaolack : le quartier Fass Cheikh Tidiane plongé dans la détresse, les habitants interpellent l’État

Les pluies diluviennes tombées ces derniers jours à Kaolack ont transformé le quotidien des habitants du quartier Fass Cheikh Tidiane en véritable calvaire. Situé à moins de 100 mètres de la cité religieuse de Médina Baye, ce quartier est aujourd’hui méconnaissable : rues impraticables, maisons abandonnées, stagnation d’eaux pluviales mélangées aux eaux usées.

De nombreuses familles ont dû fuir leurs habitations envahies par l’eau, tandis que celles restées sur place vivent dans des conditions insalubres. « J’habite ici depuis plus de 5 ans, mais je n’ai jamais vécu une pareille tourmente. Nous ne dormons plus à cause des eaux », confie Yally Sam Thiam, complètement désespéré.

La situation sanitaire et sécuritaire inquiète également les riverains. « Avec cette eau sale, nous sommes exposés à tout : les moustiques, les maladies, l’insécurité… Même en cas d’urgence, il est impossible de circuler, les voitures et les motos Jakarta ne peuvent pas entrer dans le quartier », alerte Ousseynou Thiam.

À quelques semaines du Gamou international de Médina Baye, la crainte est grande de ne pas pouvoir accueillir dignement les fidèles et visiteurs. « Nous avons honte de recevoir des invités dans ces conditions. Les rues sont impraticables, nos maisons submergées. C’est intenable », regrette Aliou Lo, président de l’association And Défar Fass Cheikh Tidiane.

Face à l’ampleur de la crise, les habitants ne cachent plus leur désarroi et s’adressent directement aux plus hautes autorités. « Nous interpellons le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre. Eux seuls peuvent nous sortir de ce calvaire. Nous n’attendons rien du maire… », tranche Khady Mbathie, une habitante du quartier.

Avec un mois d’août encore très pluvieux, les populations de Fass Cheikh Tidiane redoutent que la situation ne s’aggrave davantage si aucune mesure urgente n’est prise.

Diplomatie : Julius Maada Bio en visite de travail à Dakar

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accueilli ce vendredi 15 août à Dakar son homologue de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, par ailleurs président en exercice de la CEDEAO. Cette visite de travail s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre les deux pays et de la consolidation de l’intégration régionale.

Les discussions entre les deux chefs d’État ont porté sur plusieurs axes, notamment la coopération bilatérale et les enjeux régionaux. Selon des sources proches de la Présidence, Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio ont réaffirmé leur détermination commune à œuvrer pour la stabilité de l’espace communautaire ouest-africain, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et économiques.

Au-delà des échanges bilatéraux, cette rencontre illustre la volonté partagée du Sénégal et de la Sierra Leone de contribuer activement au raffermissement de la CEDEAO. Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de bâtir une organisation plus solidaire, plus efficace et capable de répondre aux aspirations des peuples de la région.

La présidence sénégalaise a salué « l’engagement partagé des deux pays à œuvrer de concert pour la prospérité et la paix dans la sous-région », soulignant que cette coopération s’inscrit dans une vision commune d’un espace ouest-africain plus intégré et résilient face aux défis contemporains.

Fortes pluies à Dakar : l’ANACIM prolonge l’alerte et prévoit de nouvelles précipitations jusqu’au 22 août

De fortes pluies se sont abattues vendredi 15 août sur Dakar, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers, notamment aux Parcelles Assainies et à Grand Yoff. Selon l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), 77 millimètres d’eau ont été enregistrés à la station de Dakar-Yoff dans la seule journée de vendredi.

« Tel qu’il a été annoncé dans notre bulletin d’alerte précoce, de fortes pluies ont été constatées sur la région de Dakar et d’importantes quantités ont été relevées », a confirmé Abdoulaye Diouf, chef du service prévision et réduction des risques.

Le phénomène n’a pas concerné uniquement la capitale. Entre le 13 et le 14 août, la région de Tambacounda a enregistré 150 millimètres de pluie, tandis que Kaffrine, Kaolack et plusieurs localités du sud ont également été touchées.

L’alerte émise le 13 août par l’ANACIM reste en vigueur jusqu’au 16 août, avec des prévisions de pluies sur l’ensemble du territoire, particulièrement dans les régions du centre-ouest, du sud, du centre et du nord.

Par ailleurs, l’agence météorologique annonce d’autres épisodes pluvieux entre le 18 et le 20 août, puis entre le 21 et le 22 août. « Au-delà de cette perspective, nous reviendrons avec des prévisions sur une échéance beaucoup plus longue », a précisé M. Diouf.

Fleuve Sénégal : Bakel et Matam proches du seuil d’alerte, risque de débordement imminent

La vigilance est de mise sur le fleuve Sénégal. Selon la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE), plusieurs stations hydrométriques affichent des niveaux inquiétants, particulièrement à Bakel et Matam, où le seuil d’alerte pourrait être atteint dans les prochaines 48 heures si la tendance actuelle se maintient.

À Bakel, le plan d’eau a été mesuré ce vendredi matin à 8,25 mètres, soit seulement 1,75 mètre en dessous de la cote d’alerte fixée à 10 mètres. À Matam, la situation est tout aussi préoccupante, avec un niveau de 6,43 mètres pour une cote d’alerte de 8 mètres, ce qui laisse une marge de seulement 1,57 mètre.

La DGPRE souligne également que d’autres stations longent dangereusement leurs seuils critiques. À Kidira, il reste 2,34 mètres avant la cote d’alerte. À Podor, le niveau du fleuve s’établissait à 3,75 mètres sur une cote d’alerte de 5 mètres. Quant à Saint-Louis, l’une des zones historiquement les plus exposées, la station hydrométrique indiquait déjà 0,93 mètre, pour un seuil fixé à 1,75 mètre.

Face à cette montée des eaux, les services hydrométéorologiques appellent les populations riveraines et les acteurs économiques installés le long du fleuve à redoubler de prudence. « La situation est sous surveillance permanente, mais nous invitons les populations à rester vigilantes face à la progression de l’onde de crue », précise la DGPRE.

Si la pluviométrie et les orages se poursuivent dans la sous-région, les risques de débordements pourraient devenir réels dans plusieurs localités, avec des conséquences sur les zones basses et les activités économiques qui dépendent directement du fleuve.

Inondations à Grand Yoff : des maisons envahies et des familles en détresse

La forte pluie qui s’est abattue ce vendredi 15 août sur Dakar a plongé plusieurs quartiers de Grand Yoff dans une situation dramatique. En quelques heures, l’eau a submergé les rues et s’est engouffrée dans les concessions, transformant des habitations entières en mares impraticables.

Dans plusieurs foyers, les chambres ont été envahies, contraignant les habitants à improviser des solutions de fortune pour sauver leurs biens. Mais face à la force de l’eau, beaucoup se retrouvent démunis. Une mère de famille, visiblement éprouvée, raconte son désarroi : « À chaque hivernage nous vivons le même calvaire. Je suis avec mes enfants et toutes mes provisions ont été englouties par l’eau de pluie. Nous n’avons pas de quoi manger. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. »

La situation n’a épargné personne. Même le quartier du lutteur Zarco, bien connu des amateurs d’arènes sénégalaises, a subi les assauts de l’eau. Là aussi, des familles entières voient leur quotidien bouleversé par l’inondation.

Partout à Grand Yoff, le même spectacle s’impose : des habitants pataugeant, les pieds dans l’eau, tentant de préserver l’essentiel. La détresse est palpable et les appels à l’aide se multiplient. Les populations, déjà éprouvées par les années précédentes, redoutent une aggravation si les pluies persistent et implorent une intervention rapide des autorités.

Cette énième scène d’inondations remet en lumière la vulnérabilité chronique de certains quartiers de la capitale face aux aléas climatiques, et l’urgence d’apporter des solutions durables pour protéger des milliers de familles de ce fléau récurrent.

147 migrants irréguliers secourus au large de Sangomar par la marine sénégalaise

Une opération de sauvetage d’envergure a été menée jeudi par la marine nationale au large de Sangomar. Le patrouilleur hauturier PHM NIANI a intercepté une pirogue en détresse à environ 92 kilomètres des côtes, avec à son bord 147 candidats à l’émigration irrégulière. Les passagers, en situation de vulnérabilité, ont été secourus par les équipes du navire dans des conditions maritimes difficiles.

Après avoir été mis en sécurité, les migrants ont été conduits à la Base navale Amiral Faye Gassama. Sur place, ils ont bénéficié d’une prise en charge par les autorités compétentes, comprenant les procédures administratives et les contrôles sanitaires habituels.

Droits humains au Sénégal : le rapport accablant du Département d’État américain pour 2024

Le Département d’État américain a rendu public son rapport annuel sur les droits humains au Sénégal pour l’année 2024, et ses conclusions sont préoccupantes. Le document fait état de rapports jugés crédibles selon lesquels certaines forces de sécurité auraient eu recours à la torture et à des mauvais traitements contre des détenus. Des organisations de défense des droits humains y dénoncent notamment l’usage excessif de la force, des fouilles à nu et des méthodes d’interrogatoire considérées comme cruelles et dégradantes.

Selon les informations recueillies, la police aurait contraint certains détenus à dormir à même le sol, à subir l’éclairage continu de lumières vives, à être frappés à coups de matraque et à rester dans des cellules mal ventilées, avec un accès limité à l’air frais.

Le rapport s’attarde également sur les conditions de détention, qu’il juge dures et dangereuses pour la santé des prisonniers. Il évoque des pénuries alimentaires, une surpopulation chronique, des conditions sanitaires dégradées et des soins médicaux insuffisants. La prison centrale de Rebeuss, à Dakar, est citée comme exemple emblématique, avec un nombre de détenus dépassant largement le double de sa capacité initiale.

Si le document souligne que les conditions de détention des femmes sont en général meilleures que celles des hommes, il estime que cette disparité n’atténue en rien l’ampleur des violations constatées.

Magal 2025 : Cheikh Abdou Ahad Gaïndé Fatma met en garde contre les “futilités” médiatiques

À l’occasion du Grand Magal de Touba 2025, le président de la Commission Culture et Communication, Cheikh Abdou Ahad Gaïndé Fatma, a tenu un discours ferme à l’endroit de certains médias dont la couverture de l’événement se limiterait, selon lui, à des contenus superficiels ou irrespectueux. D’un ton résolu, il a prévenu que des mesures drastiques seraient prises dès l’année prochaine pour mettre fin à ce qu’il qualifie de dérives.

« Nous allons effectivement prendre des mesures. Ce n’est pas décent ce que font certains médias. Si c’est pour ne traiter que des banalités, ces médias peuvent rester à Dakar ou ailleurs », a-t-il déclaré. Pour lui, le Magal est un événement religieux majeur qui doit être couvert avec dignité et respect, loin des distractions jugées inappropriées.

Rappelant que Touba est une cité religieuse placée sous l’autorité exclusive du Khalife Général des Mourides, Cheikh Abdou Ahad a affirmé que tout comportement déplacé ou contraire à l’esprit du Magal ne serait plus toléré. Dans ce sens, il a annoncé un resserrement significatif des critères d’accréditation pour les médias. Désormais, seules les rédactions s’engageant à traiter du contenu en lien direct avec la portée spirituelle et culturelle de l’événement seront accréditées.

« Il est certain que désormais, les accréditations ne seront plus délivrées aux médias qui ne traitent que de futilités. Même si un média est accrédité par erreur, dès que nous en sommes informés, nous viendrons leur retirer le document », a-t-il averti.

Au-delà de la régulation médiatique, cette mesure vise à protéger l’intégrité spirituelle du Magal et à maintenir une couverture à la hauteur de sa signification religieuse. Cheikh Abdou Ahad Gaïndé Fatma a enfin rappelé que toute personne non reconnue par le Khalife comme invitée officielle devra quitter les lieux : « Quiconque n’est pas reconnu par le Khalife comme invité devra quitter les lieux. Et tu pourras faire ce que bon te semble ailleurs. Et c’est moi qui le dis ».

En adoptant ce ton sans concession, le président de la Commission Culture et Communication du Magal entend poser les bases d’une couverture médiatique plus respectueuse et fidèle à l’esprit de l’événement dès l’édition 2026.

Liberté de la presse au Sénégal : le rapport critique du département d’État américain

Le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’État américain a livré, dans son rapport 2024, une évaluation préoccupante de la situation de la liberté d’expression et de la presse au Sénégal. Bien que la Constitution et la loi garantissent ces libertés, le document relève que le gouvernement a parfois imposé des restrictions, notamment à travers des sanctions pour diffamation et pour outrage au chef de l’État, visant y compris des journalistes.

Le rapport cite l’arrestation, le 24 juillet 2024, d’un membre de l’opposition pour délit d’outrage au chef de l’État, après des déclarations accusant des responsables du parti au pouvoir d’avoir menti pour accéder aux commandes du pays. L’intéressé a été libéré peu après. En septembre, l’ancien commissaire de police Cheikhna Keïta a, lui, été arrêté pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir publié un article évoquant un désaccord entre le président et le Premier ministre. Amnesty International avait dénoncé cette arrestation comme une restriction à la liberté d’expression, appelant à une réforme législative pour supprimer ce type de poursuites.

Le rapport note également des agressions, arrestations et pressions subies par des professionnels des médias. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), plus de 25 journalistes ont été agressés ou arrêtés lors des troubles civils de février 2024. Parmi les cas cités, celui de Kader Dia, interpellé le 30 septembre après avoir évoqué la corruption policière lors d’une émission en ligne sur Sen TV. La division spéciale de cybersécurité de la police lui reprochait ses propos tenus le 23 septembre. Cheikh Yérim Seck, journaliste et analyste, a quant à lui été arrêté le 1er octobre après avoir remis en question, sur 7TV le 27 septembre, l’exactitude d’une annonce budgétaire du Premier ministre. Tous deux ont été libérés le 3 octobre, et l’affaire Seck a finalement été classée sans suite.

En matière d’influence sur le paysage médiatique, le document souligne que le gouvernement sénégalais s’appuie sur des médias publics comme la Radio Télévision Sénégalaise (RTS) et le journal Le Soleil, accusés d’afficher régulièrement un parti pris progouvernemental. Si les journalistes indépendants ont pu critiquer le pouvoir sans toujours subir de représailles, certaines décisions ont marqué l’année, notamment la révocation, le 5 février, de la licence de diffusion de la chaîne privée Walfadjiri TV pour « diffusion d’images violentes et de propos subversifs, haineux et dangereux portant atteinte à la sécurité de l’État ».

Le rapport mentionne enfin des violences commises par des acteurs politiques contre des journalistes. Le 2 octobre, des partisans du leader de l’opposition Bougane Guèye Dany ont agressé Ngoné Diop et Maty Sarr Niang, reporters du site Sans Limites. Ngoné Diop a été empêchée de couvrir l’arrivée de Dany à la division de la cybercriminalité, tandis que Maty Sarr Niang a été giflée.

Magal 2025 : 21 morts et 640 victimes prises en charge, selon le bilan provisoire des sapeurs-pompiers

Le détachement spécial de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers mobilisé pour le Grand Magal de Touba a publié un bilan provisoire faisant état de 21 décès sur un total de 640 victimes prises en charge lors de 395 interventions.

Les accidents de la circulation demeurent la principale cause de ces pertes humaines et blessures. Sur les 240 sinistres recensés, 575 victimes ont été dénombrées, dont 18 morts. Les motocyclistes apparaissent comme particulièrement vulnérables : 135 accidents impliquant des motos ont causé 165 blessés et 11 décès.

Ces chiffres, bien que provisoires, illustrent l’ampleur des risques liés aux déplacements massifs vers la ville sainte à l’occasion du Magal. Les sapeurs-pompiers rappellent que la prudence sur les routes, le respect du code de la circulation et la vigilance des conducteurs sont essentiels pour limiter le nombre de drames enregistrés chaque année.

Magal 2025 : plus de 6,5 millions de participants, selon une enquête statistique inédite

Le Grand Magal de Touba 2025 a franchi un cap historique, avec une participation estimée à 6 583 278 personnes. Ce chiffre provient d’une vaste opération de collecte de données coordonnée par le Dr Moubarack Lô et Moussa Diaw, experts en statistiques et membres du Pool d’Experts As Haabul Jannati mis en place par le khalife général des mourides.

Entre le 10 et le 13 août 2025, les enquêteurs d’Emergence Consulting Group ont été déployés en continu, 24 heures sur 24, aux principaux points d’accès à Touba. Les données recueillies indiquent que 235 919 véhicules, hors motos et charrettes, ont été comptabilisés, soit une hausse de 14,5 % par rapport à l’édition 2023. Cette augmentation est attribuée à la croissance du parc automobile national ainsi qu’au contrôle plus strict des surcharges.

Sur la base des flux entrants et des projections démographiques, les statisticiens estiment que 5 129 891 voyageurs sont venus de diverses localités du Sénégal ou de l’étranger, auxquels s’ajoutent 1 443 387 résidents de Touba et du département de Mbacké ayant pris part à l’événement. En l’espace de quatorze ans, la fréquentation du Magal a ainsi doublé, passant de 3,09 millions de participants en 2011 à plus de 6,5 millions en 2025.

Parallèlement, une enquête qualitative a été menée auprès des pèlerins afin d’analyser leurs points de départ, les modes de transport utilisés, les dépenses engagées pour le déplacement et le séjour, ainsi que la date d’arrivée et la durée de leur présence à Touba. Les initiateurs de cette étude affirment que ces données inédites permettront d’orienter les politiques publiques, d’améliorer les dispositifs d’accueil et d’optimiser la logistique lors des prochaines éditions du Magal.

Magal de Touba : 357 interventions des sapeurs-pompiers, 21 morts dans des accidents

La Brigade nationale des sapeurs-pompiers, mobilisée pour assurer la sécurité du Grand Magal de Touba, a effectué 357 interventions de toutes natures jusqu’à ce mercredi 13 août 2025.

Selon Radio Sénégal International (RSI), une part importante de ces opérations concerne les accidents de la circulation, qui ont fait 21 morts.

Face à ce bilan préoccupant, les sapeurs-pompiers formulent plusieurs recommandations. Ils invitent les femmes enceintes en état avancé à éviter les déplacements vers les zones de forte affluence, afin de réduire les risques pour leur santé.

Ouakam : quatre femmes arrêtées pour proxénétisme et diffusion d’images pornographiques

La Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar a démantelé, à Ouakam, un réseau présumé de prostitution lors d’une opération de renseignement ciblée. Quatre femmes ont été interpellées et sont poursuivies pour proxénétisme, incitation à la débauche, outrage public à la pudeur et diffusion d’images à caractère pornographique.

Selon la Police nationale, l’enquête a révélé que les activités se déroulaient dans un appartement où une responsable recrutait et rémunérait trois autres jeunes femmes, avec des paiements hebdomadaires allant de 40 000 à 60 000 FCFA.

Les investigations ont aussi mis au jour un volet numérique : des numéros de téléphone et des images obscènes circulaient sur internet pour promouvoir des prestations sexuelles, tarifées entre 5 000 et 10 000 FCFA.

Lors des auditions, l’une des prévenues a nié se livrer à la prostitution, affirmant n’assurer que la réception des appels.

Sénégal : le littoral menacé par de nouvelles fortes houles et vents violents ce week-end

De nouvelles houles puissantes, accompagnées de vents violents, sont attendues sur le littoral sénégalais entre jeudi et le week-end, a annoncé la directrice de la Météorologie nationale, Aïda Diongue Niang, à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Ces phénomènes pourraient provoquer les mêmes dégâts que ceux enregistrés le week-end dernier à Thiaroye-sur-Mer, Mbao et Hann Bel-Air, où des vagues déferlantes avaient pénétré dans les habitations côtières, causant d’importants dommages matériels.

Selon Mme Niang, ces houles sont générées par un système orageux qui balaie actuellement le pays. « Ce système, en se déplaçant vers l’ouest et en atteignant la mer, prend une forme tournante, associée à des vents forts et à une faible pression au centre. Cela provoque une montée soudaine du niveau de la mer et la formation de houles locales », a-t-elle expliqué.

Deux nouveaux systèmes orageux seraient en cours de formation au large des côtes sénégalaises. La Météorologie nationale compte renforcer la surveillance pour déterminer avec précision les zones du littoral susceptibles d’être impactées, que ce soit à Dakar, sur la Petite-Côte ou en Casamance.

Liberté provisoire de Lat Diop : Babacar Ba appelle le parquet à respecter la décision judiciaire

La décision de la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar d’accorder une liberté provisoire sous bracelet électronique à l’ancien directeur général de la Lonase, Lat Diop, continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle du coordonnateur du Forum du Justiciable, Babacar Ba, qui a publiquement invité le parquet à ne pas s’opposer à cette mesure.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Babacar Ba a rappelé que le code de procédure pénale sénégalais prévoit des peines alternatives à l’emprisonnement, parmi lesquelles figure le port d’un bracelet électronique. Selon lui, cette option offre une voie équilibrée entre la privation de liberté et le maintien d’un contrôle judiciaire strict. « J’invite solennellement le procureur à ne pas s’opposer à la décision des juges du fond », a-t-il déclaré, estimant que ce type de mesure doit être encouragé dans le cadre de la modernisation du système judiciaire.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le Sénégal réfléchit de plus en plus à des solutions pour désengorger ses prisons, souvent confrontées à une surpopulation carcérale. Le bracelet électronique, utilisé dans plusieurs pays comme alternative à la détention préventive ou à certaines peines de prison, permet un suivi en temps réel des personnes concernées tout en leur offrant la possibilité de rester insérées dans leur environnement familial et professionnel.

Pour rappel, Lat Diop, poursuivi dans le cadre d’une affaire de gestion financière, avait vu sa demande de mise en liberté provisoire rejetée en première instance par le juge d’instruction avant que la Chambre d’accusation financière ne revienne sur cette décision le mardi 12 août 2025. Reste à savoir si le parquet respectera l’appel au calme lancé par Babacar Ba ou s’il tentera de contester cette mesure devant les juridictions compétentes.

Effondrement d’un immeuble à Sédhiou : les premières conclusions pointent de graves manquements aux normes

La ville de Sédhiou a été frappée par un drame dans la nuit de lundi à mardi, avec l’effondrement d’un immeuble de quatre étages dans le quartier de Dembaya. Deux personnes ont perdu la vie, retrouvées sans vie sous les décombres en fin de matinée après plusieurs heures de recherches acharnées.

Selon les premières constatations, le non-respect des normes de construction serait à l’origine de la tragédie. Présent sur les lieux, le gouverneur de région, Diadia Dia, n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé « des défaillances flagrantes dans le dosage du ciment, l’utilisation du fer et l’absence d’un véritable plan de béton armé », autant de manquements techniques qui fragilisent la solidité des édifices et multiplient les risques d’effondrement.

Les secours, menés par la 43ᵉ compagnie d’incendie et de secours avec l’appui d’engins lourds mobilisés par une entreprise privée, ont d’abord réussi à extraire deux survivants. Ils ont ensuite poursuivi les recherches pour retrouver les personnes portées disparues. Le lieutenant-colonel Diène Sène, commandant du Groupement d’incendie et de secours n°4, a salué la rapidité et la coordination des équipes, ainsi que l’implication des autorités administratives.

Sur place, la mobilisation populaire a également marqué les esprits. De nombreux habitants se sont joints spontanément aux opérations de déblaiement, témoignant d’une solidarité et d’une compassion exemplaires face à la détresse des familles touchées.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour établir les responsabilités exactes et prendre les mesures nécessaires afin de prévenir de nouvelles tragédies. Ce drame met une fois de plus en lumière la nécessité de renforcer les contrôles sur les chantiers et de veiller au strict respect des normes de construction, dans une région où la pression immobilière et l’urbanisation rapide font parfois oublier les règles de sécurité les plus élémentaires.

Affaire Lat Diop : La Chambre d’accusation financière ordonne une liberté provisoire sous bracelet électronique

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a tranché ce mardi 12 août 2025 : Lat Diop, ancien directeur général de la Lonase, recouvre sa liberté provisoire… sous étroite surveillance électronique.

Cette décision infirme l’ordonnance du juge d’instruction financier, qui avait initialement refusé la demande de mise en liberté provisoire. Les avocats de l’ex-patron de la Lonase, Me Seydou Diagne, Me Alioune Badara Fall et leurs confrères, ont interjeté appel et obtenu gain de cause devant la juridiction supérieure.

Une affaire qui se fragilise

Après 11 mois d’instruction, coup de théâtre : l’accusation a présenté devant la Chambre un nouveau rapport d’expertise, établi de manière non contradictoire, réclamant désormais 1 milliard de FCFA au lieu des 8 milliards initialement avancés. Une volte-face qui interroge sur la solidité du dossier et la cohérence de l’enquête.

Rappelons que Lat Diop est détenu depuis septembre 2024 pour détournement de deniers publics, extorsion et blanchiment de capitaux. La liberté provisoire accordée reste toutefois conditionnelle : si le parquet général décide de se pourvoir en cassation, l’issue pourrait encore basculer.

Seydi Gassama plaide pour une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature afin de renforcer l’indépendance judiciaire

Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a récemment lancé un appel fort en faveur d’une réforme profonde du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Selon lui, cette réforme est essentielle pour garantir l’indépendance réelle de la justice sénégalaise et préserver la séparation des pouvoirs, socle fondamental de toute démocratie.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Gassama souligne que la présence du Président de la République et du ministre de la Justice au sein du CSM compromet cette indépendance. Il plaide donc pour leur exclusion du Conseil, estimant que ces deux figures de l’exécutif ne devraient pas siéger dans cette instance qui joue un rôle clé dans la gouvernance de la justice.

Pour renforcer la légitimité et la transparence du CSM, Seydi Gassama propose également d’ouvrir cette institution à des représentants extérieurs à la magistrature. Il évoque notamment l’intégration de personnalités issues des corps d’avocats, des professeurs de droit des universités ainsi que de la société civile. Cette ouverture permettrait, selon lui, de mieux refléter la réalité selon laquelle « la justice est rendue au nom du peuple sénégalais » et ainsi d’inscrire la gouvernance judiciaire dans une logique démocratique plus large.

Cette proposition vise également à dissiper les craintes persistantes liées au corporatisme au sein de la magistrature, et à éviter ce que certains appellent la « république des juges », expression qui dénonce une justice perçue comme fermée et auto-référentielle. En intégrant des acteurs externes, le CSM pourrait accroître sa transparence, renforcer la confiance du public dans le système judiciaire et garantir une meilleure impartialité dans ses décisions.

Cette initiative de Seydi Gassama s’inscrit dans un débat plus large, toujours très actuel au Sénégal, sur la réforme des institutions judiciaires et sur la nécessité d’assurer une justice indépendante, transparente et équitable pour tous. La question de la composition et du fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature reste ainsi au cœur des discussions visant à moderniser et à renforcer la justice sénégalaise.

Projet de loi sur la déclaration de patrimoine : Amadou Ba exclut le président de la République

À l’approche de l’examen du projet de loi relatif à la déclaration de patrimoine par l’Assemblée nationale, prévu pour le 18 août 2025, le député d’opposition Amadou Ba, membre de Pastef, a tenu à clarifier la portée de ce texte, en excluant explicitement le président de la République de cette obligation. Selon lui, la déclaration de patrimoine du chef de l’État relève d’un régime juridique particulier, intégralement encadré par la Constitution sénégalaise, et notamment par l’article 37.

Dans une publication, Amadou Ba rappelle que cet article stipule clairement que le président nouvellement élu doit effectuer une déclaration écrite de son patrimoine, déposée auprès du Conseil constitutionnel, qui en assure la publicité. Ce dispositif constitutionnel, selon lui, constitue une lex specialis dérogatoire à la loi ordinaire, plaçant la déclaration du président hors du champ d’application du projet de loi examiné par l’Assemblée nationale.

Il souligne ainsi que le président Bassirou Diomaye Faye a déjà rempli cette obligation constitutionnelle, déposant sa déclaration auprès du Conseil constitutionnel après son élection en 2024.

Le projet de loi n°15/2025, adopté en Conseil des ministres le 30 juillet puis officialisé par le décret présidentiel n°2025-1312 du 31 juillet 2025, étend quant à lui la liste des personnes soumises à la déclaration de patrimoine. Cette liste désormais élargie concerne notamment les présidents d’institutions de la République, les membres de l’Assemblée nationale (incluant questeurs, trésorier, directeur du budget), les membres du Gouvernement, ainsi que les personnalités liées à la Présidence, à la Primature et au Secrétariat général du Gouvernement.

Sont également assujettis les chefs de cours et tribunaux, les magistrats, les membres du pool judiciaire financier, le Médiateur de la République, ainsi que les dirigeants et cadres des autorités administratives indépendantes, des sociétés nationales, établissements publics et agences d’exécution. Enfin, les membres des corps civils, militaires et paramilitaires de contrôle et enquête, ainsi que les directeurs intervenant dans les secteurs des mines, carrières et hydrocarbures, figurent également parmi les personnes concernées.

Ainsi, le projet vise à renforcer la transparence et la lutte contre la corruption en élargissant le spectre des responsables publics soumis à cette obligation, tout en confirmant que le président de la République reste soumis à un cadre constitutionnel spécifique qui lui est propre.

Touba : La mairie enregistre 130 000 naissances depuis le début de l’année, alerte Abdou Lahat Ka

Lors de son intervention dans l’émission RFM Matin du lundi 11 août 2025, Serigne Abdou Lahat Ka, maire de Touba, a révélé que l’état civil de la mairie a enregistré pas moins de 130 000 naissances depuis le début de l’année. Toutefois, il précise que ce chiffre ne représente qu’une partie de la réalité, estimant que près de 50 % des naissances ne sont pas officiellement déclarées auprès des services municipaux.

Ce constat témoigne de la dynamique démographique très forte de la ville sainte, qui connaît une croissance rapide de sa population. Serigne Abdou Lahat Ka prévient que dans les 20 prochaines années, cette augmentation sera encore plus marquée, surtout avec l’afflux continu de nouveaux habitants venus s’installer à Touba.

Face à ce défi démographique, le maire exprime son inquiétude quant au déficit d’infrastructures essentielles, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’assainissement et des équipements urbains. Il indique cependant que le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, est conscient de ces enjeux et s’implique dans la réflexion sur les solutions à apporter. Par ailleurs, le maire appelle les autorités politiques à engager rapidement un plan ambitieux et adapté afin d’accompagner cette croissance, pour garantir un développement harmonieux et durable de Touba.

Abidjan : un bus transportant 70 Sénégalais pour le Grand Magal de Touba porté disparu

Un convoi de 70 Sénégalais, en route d’Abidjan vers Dakar pour participer au Grand Magal de Touba, est porté disparu depuis ce lundi. Le bus, qui avait quitté la capitale ivoirienne, n’a pas encore atteint sa destination, plongeant dans l’inquiétude les familles et la communauté sénégalaise à l’étranger.

Selon un responsable d’une association de ressortissants sénégalais en Côte d’Ivoire, l’alerte a été donnée après un appel reçu du chauffeur d’un véhicule-guide accompagnant le bus. Celui-ci a informé que le convoi aurait été la cible d’une attaque jihadiste au Mali, près de la localité de Diéma, non loin de Kayes, à la frontière avec le Sénégal. Depuis cet incident, ni les passagers ni le convoyeur, Aya Lô, ne sont joignables, et leurs proches au Sénégal sont sans nouvelles.

Face à cette situation préoccupante, l’association a saisi l’ambassadeur du Sénégal en Côte d’Ivoire, qui aurait promis de prendre contact avec son homologue malien pour clarifier la situation.

En attendant des informations officielles et rassurantes des autorités, la communauté sénégalaise en Côte d’Ivoire lance un appel à l’aide pour retrouver rapidement les 70 compatriotes portés disparus. Cette disparition inquiète d’autant plus que le Grand Magal de Touba, événement majeur pour les Sénégalais du monde entier, approche à grands pas.

Turquie : Ousmane Sonko sollicite le soutien d’Erdogan pour surmonter les défis budgétaires du Sénégal

Lors d’une visite officielle de cinq jours en Turquie, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a engagé un plaidoyer appuyé en faveur d’un renforcement de la coopération bilatérale afin d’aider son pays à faire face à ses difficultés financières. Invité par le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Sonko a présenté avec transparence la situation économique délicate que traverse le Sénégal, marqué par un passif important hérité qui pèse sur les finances publiques.

Reconnaissant sans détour les défis économiques actuels, le chef du gouvernement a souligné : « Nous n’avons pas honte de vous parler de la situation financière que nous traversons. C’est un passif que nous avons hérité et qui place notre pays dans une situation budgétaire délicate. Cependant, nous sommes déterminés à prendre notre destin en main ». Cette franchise illustre la volonté du Sénégal de surmonter ses obstacles tout en cherchant activement des partenaires stratégiques.

Ousmane Sonko a ainsi sollicité un accompagnement ferme et concret de la Turquie durant cette période sensible. « Je solliciterai avec beaucoup d’insistance votre accompagnement durant cette période. Nous croyons qu’une Turquie déterminée à nos côtés nous aidera à stabiliser nos finances publiques », a-t-il affirmé, affichant son optimisme quant à l’impact positif d’une coopération renforcée.

Au-delà du soutien financier, le Premier ministre a également encouragé les entreprises turques à investir de manière significative au Sénégal, notamment dans des secteurs jugés prioritaires tels que l’énergie, l’agriculture et l’industrie. Il a demandé à Recep Tayyip Erdogan d’agir en tant que relais auprès d’autres partenaires internationaux afin d’élargir les opportunités de coopération et renforcer l’intégration économique du Sénégal à l’échelle globale.

La visite officielle s’est conclue par la signature de plusieurs accords bilatéraux dans des domaines jugés stratégiques par les deux gouvernements, témoignant d’une volonté partagée de consolider leurs liens politiques, économiques et sociaux.

Cette rencontre marque un tournant dans la dynamique des relations sénégalo-turques, avec l’espoir d’un soutien durable qui permettra au Sénégal de relever ses défis budgétaires tout en accélérant son développement économique.

Suppression des bourses familiales, dette cachée et tensions économiques : la CDS fustige la gestion des nouvelles autorités

La Convergence Démocratique Sénégal (CDS) est montée au créneau pour dénoncer la gestion économique des nouvelles autorités, qu’elle juge défaillante et préjudiciable aux populations les plus vulnérables. Dans un communiqué au ton virulent, la formation politique s’alarme de la suspension des bourses de sécurité familiale, de la montée en flèche de la dette publique et des conséquences de la rupture de financement avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Selon la CDS, l’arrêt du programme de bourses de sécurité familiale, qui représentait un soutien direct de 30 milliards de francs CFA en faveur de plus de 300 000 Sénégalais parmi les plus démunis, a plongé des milliers de ménages dans le désarroi. Cette décision est qualifiée « d’iniquité » par le parti, qui y voit un signe d’indifférence des autorités face aux difficultés quotidiennes des citoyens les plus fragiles.

Sur le plan macroéconomique, la CDS estime que le pays est dans une situation critique, aggravée par la perte de confiance des investisseurs et partenaires financiers. Les nouvelles autorités, incapables selon le parti de répondre aux besoins primaires des Sénégalais, se contenteraient de justifier leur inertie en accusant le régime sortant d’avoir dissimulé une partie substantielle de la dette publique. Ces accusations, toujours selon la CDS, ont contribué à détériorer davantage la crédibilité du pays sur les marchés internationaux.

Le Fonds Monétaire International, qui saluait encore en juin 2024 les performances économiques du Sénégal, a demandé dès septembre 2024 un audit et des clarifications avant tout nouveau décaissement. Parallèlement, les agences de notation ont revu à la baisse la note souveraine du pays, avec des perspectives de plus en plus pessimistes.

Dans ce contexte tendu, malgré l’entrée récente du Sénégal dans le cercle restreint des producteurs de gaz et de pétrole, le gouvernement aurait été contraint de recourir à des emprunts auprès de fonds spéculatifs, qualifiés de « fonds vautours » par la CDS, à des taux jugés usuraires. Le ratio dette/PIB, déjà préoccupant, atteindrait désormais 119 %, un niveau qui pèse lourdement sur la capacité de l’État à investir dans des secteurs prioritaires et à soutenir la croissance.

Plan de redressement économique : La CDS charge le nouveau régime et alerte sur la situation financière du pays

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS), regroupant l’AJ/PADS-A, l’AJS, la CNNO, la LD, Niaxx Jarinu/Mag, le PIT-S, le RTA-S et l’UDS/Mbooloo Mi, a tenu une importante déclaration le 8 août 2025 sous le thème évocateur « Un mois, deux discours, deux fractures ! ». À travers cette sortie, la CDS a exprimé ses vives préoccupations sur la gestion actuelle du pays, tout en dénonçant les attaques répétées du nouveau régime et la dégradation inquiétante des finances publiques.

Dès l’entame, les leaders de la coalition ont fustigé ce qu’ils qualifient d’« attaques intempestives » provenant de certains membres du PASTEF, y compris du président de ce parti, visant les institutions nationales et même le Président de la République. Pour eux, cette posture fragilise l’unité nationale et détourne l’attention des véritables défis du moment.

La CDS a surtout insisté sur la gravité de la situation économique, décrite comme « catastrophique ». Selon ses membres, l’état des finances publiques a atteint un niveau critique qui a contraint le gouvernement à mettre en place un plan de « Redressement économique et social », dévoilé le 1er août 2025 au Grand Théâtre national par le Premier ministre Ousmane Sonko. Toutefois, pour la CDS, ce plan, loin de rassurer, traduit davantage l’ampleur des difficultés auxquelles le Sénégal est confronté.

Les leaders de la coalition estiment que le pays traverse une véritable « zone de turbulence », marquée à la fois par une tension politique exacerbée et par une fragilité économique inquiétante. Ils appellent à un sursaut national et à une gestion responsable, axée sur le dialogue, la cohésion sociale et une vision claire pour sortir le Sénégal de cette passe difficile.

En conclusion, la CDS interpelle le nouveau régime sur la nécessité de rompre avec les discours clivants et de concentrer ses efforts sur des réformes inclusives et réalistes. Pour eux, seule une gouvernance apaisée et tournée vers l’intérêt général permettra de redonner espoir au peuple sénégalais et de remettre le pays sur la voie du progrès.

Économie du Sénégal : la CDS dénonce l’arrêt des chantiers et la montée du chômage

La Convergence Démocratique du Sénégal (CDS) tire la sonnette d’alarme sur l’état de l’économie nationale, qu’elle juge marquée par une morosité extrême et un climat de découragement. Selon cette formation politique, la situation actuelle résulte de décisions jugées inappropriées et insuffisamment réfléchies, ayant fragilisé plusieurs secteurs clés, notamment celui du bâtiment.

La CDS rappelle qu’en décidant de suspendre la quasi-totalité des chantiers en cours, le gouvernement a porté un coup sévère à un domaine considéré comme l’un des moteurs de l’économie sénégalaise. Cette mesure, loin d’être anodine, a entraîné un arrêt brutal de nombreuses activités connexes, provoquant ainsi une hausse inquiétante du chômage.

L’organisation déplore également que cette suspension ait été accompagnée d’une vague de licenciements touchant divers organismes publics et parapublics. Le Rassemblement des Travailleurs du Sénégal (RTS) avance le chiffre de plus de 30 000 agents déflatés. Pour la CDS, cette politique de déflation a été aggravée par une volonté de remplacer les travailleurs licenciés par des militants du parti au pouvoir, le PASTEF, ce qui alimente un sentiment d’injustice et de frustration sociale.

À travers cette sortie, la CDS interpelle les autorités sur la nécessité urgente de relancer les chantiers et de réinjecter de la dynamique dans l’économie nationale. Elle met en garde contre les conséquences d’une telle paralysie, non seulement sur le marché de l’emploi, mais aussi sur la confiance des citoyens et des acteurs économiques.

Politique : Guy Marius Sagna sonne l’alerte contre un « complot » visant à affaiblir Ousmane Sonko

Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) ce 10 août sur iRadio, le député Guy Marius Sagna a livré un réquisitoire virulent contre ce qu’il considère comme une manœuvre organisée pour « isoler » le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, cette opération de déstabilisation ne vise pas seulement l’homme, mais aussi le projet politique porté par le Pastef et, plus largement, l’avenir du Sénégal.

Dans ses propos, l’élu a mis en garde contre une volonté de réduire Ousmane Sonko à un « Premier ministre rabougri et chétif », incapable de déployer la vision qui l’a porté au sommet de l’État aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye. Il y voit un plan savamment orchestré par certains segments de l’opposition, une partie de la presse et des « chroniqueurs » qui, depuis l’accession du Pastef au pouvoir, multiplient les attaques pour discréditer le chef du gouvernement.

Guy Marius Sagna accuse ses adversaires politiques de vouloir opposer Ousmane Sonko au président Diomaye Faye, afin de fissurer un tandem qu’il décrit comme « une chance pour le Sénégal ». Pour lui, cette tentative de division ne serait qu’un prétexte pour freiner, voire empêcher, la mise en œuvre du programme du Pastef, qu’il présente comme un projet souverainiste, transparent et bénéfique pour l’ensemble de la population.

Le député a également interpellé les militants et sympathisants du camp patriotique, les exhortant à se dresser en véritable « bouclier » pour protéger Ousmane Sonko et défendre la cohésion au sommet de l’État. « Briser ce duo, c’est compromettre l’application de notre projet de société », a-t-il prévenu, appelant à la vigilance et à la mobilisation contre ce qu’il considère comme un complot politique d’ampleur.

Élections locales : Moussa Tine annonce une grande coalition et plaide pour des réformes institutionnelles

L’ancien député et président du parti Alliance Démocratique Pencco, Moussa Tine, a dévoilé, ce dimanche, sur le plateau de l’émission Face au Jury de PressafrikTVHD, l’existence de tractations au sein de l’opposition pour mettre en place une vaste coalition en vue des prochaines élections locales. Objectif affiché : constituer une force politique capable de rivaliser avec le parti au pouvoir, Pastef, et de lui disputer le contrôle des collectivités territoriales. Selon lui, les discussions avancent et visent à réunir des sensibilités diverses autour d’un programme commun, afin de proposer une alternative crédible sur le terrain.

Au cours de l’entretien, Moussa Tine a également évoqué ses relations avec certaines figures politiques majeures. Sur Khalifa Sall, il a insisté sur des liens allant au-delà du champ purement politique, rappelant l’existence d’une amitié et de relations familiales. En ce qui concerne Barthélemy Dias, il a précisé que, bien qu’ils n’aient pas échangé depuis quatre ou cinq mois, il n’existe aucun différend entre eux. Il explique cette distance par des cheminements politiques distincts, tout en soulignant qu’il ne ferme pas la porte à la collaboration.

Moussa Tine n’a pas hésité à critiquer certaines pratiques actuelles du pouvoir, notamment les arrestations pour délit d’« offense ». Il a dénoncé l’absence de tolérance vis-à-vis de la critique et les incohérences dans la manière dont les insultes sont sanctionnées. « Ce n’est pas parce qu’on te traite de gougnafier que tu dois envoyer une personne en prison. Et puis, de ton côté, tu traites des gens de fumiers et tu n’es pas inquiété, ce n’est pas normal », a-t-il martelé. À travers cet exemple, il a voulu illustrer le déséquilibre et le manque de cohérence dans l’application de la loi, appelant les autorités à accepter le jeu démocratique et la contradiction.

Pour l’ancien parlementaire, l’État ne doit pas être réduit à des individus, mais doit incarner des valeurs et des principes immuables. Il estime nécessaire d’instaurer une constance dans la défense de ces principes, quel que soit le statut politique du moment. Il dénonce l’attitude de certains acteurs qui, une fois arrivés au pouvoir, reproduisent les mêmes dérives qu’ils condamnaient auparavant.

Sur le plan institutionnel, Moussa Tine a réaffirmé sa conviction que l’indépendance de la justice doit être une priorité. Il considère comme problématique le fait que le président de la République préside le Conseil supérieur de la magistrature, ce qui, selon lui, met à mal l’équilibre des pouvoirs. Il a également pointé la position dominante du procureur de la République face aux juges, plaidant pour un réajustement qui passerait par la création d’un « juge des libertés », garant impartial des droits fondamentaux et de la protection des citoyens.

En exposant à la fois ses ambitions électorales et ses propositions de réformes profondes, Moussa Tine cherche à ancrer son discours dans une double dynamique : affronter le Pastef sur le terrain politique local et contribuer à un débat national sur la gouvernance et la justice. À quelques mois du scrutin, ses prises de position visent à mobiliser l’opposition tout en posant les jalons d’un programme qui mêle stratégie électorale et réformes structurelles.

Moussa Tine met en garde contre les conséquences d’un éventuel divorce politique entre Sonko et Diomaye

Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrikTVHD, le 10 août 2023, le président du parti Alliance Démocratique Pencco, Moussa Tine, a lancé un avertissement solennel quant aux risques majeurs qu’engendrerait une rupture politique entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, un tel scénario pourrait plonger le Sénégal dans une zone de turbulences politiques et institutionnelles d’une gravité inédite.

Pour illustrer ses propos, Moussa Tine a rappelé un épisode marquant de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de décembre 1962 entre le président Léopold Sédar Senghor et son puissant président du Conseil, Mamadou Dia. Ce conflit, qui avait profondément divisé l’exécutif et mis en péril la stabilité du jeune État, avait débouché sur l’emprisonnement de Mamadou Dia et l’instauration d’un régime présidentiel renforcé. À partir de cet épisode, le Sénégal n’a cessé de consolider les prérogatives du chef de l’État, réduisant progressivement tout espace de partage réel du pouvoir exécutif.

L’ancien député, également expert en droit et en science politique, estime que le fonctionnement des institutions sénégalaises place le président de la République au sommet de la pyramide étatique. Il en est, selon lui, la « clé de voûte », garant de la cohésion et du bon fonctionnement de l’État. Dès lors, toute tentative de dualité ou de rivalité au sein de l’exécutif est, d’après Moussa Tine, vouée à l’échec.

L’homme politique a été clair : dans un affrontement au sommet, c’est toujours le président qui finit par l’emporter. « Le président est l’homme fort qui gagne toujours », a-t-il martelé, soulignant ainsi l’importance de préserver l’unité et la collaboration entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko pour éviter de replonger le pays dans une crise aux conséquences imprévisibles.

Si ce discours se veut un avertissement, il sonne aussi comme un appel à la prudence et à la responsabilité, dans un contexte où le Sénégal, confronté à de multiples défis économiques et sociaux, ne peut se permettre une guerre ouverte au sommet de l’État.

Amadou Ba tacle Ousmane Chimère Diouf : « Ce sont des propos inopérants »

Le député de l’opposition Amadou Ba a réagi avec fermeté aux récentes déclarations d’Ousmane Chimère Diouf, président sortant de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). Dans un message publié sur sa page Facebook, l’élu a qualifié de « contre-productif et totalement inopérant » le fait pour un magistrat de considérer certaines initiatives législatives comme relevant du « populisme ».

Pour Amadou Ba, il est impératif que le dialogue entre les institutions de la République se fasse dans un climat de respect mutuel et dans le strict cadre des principes de séparation des pouvoirs. « Le dialogue entre les institutions devra se faire dans le respect des principes de la séparation des pouvoirs et de l’exercice par chaque pouvoir, de la plénitude de ses compétences constitutionnelles », a-t-il affirmé, rappelant que chaque institution doit agir dans la limite de ses attributions sans empiéter sur celles des autres.

Cette réaction intervient après la sortie médiatique d’Ousmane Chimère Diouf en marge de l’Assemblée générale de l’UMS. Le magistrat avait alors dénoncé ce qu’il qualifiait de « populisme parlementaire », en référence à une disposition du règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui prévoyait la possibilité pour le Parlement de convoquer des magistrats. Ses propos avaient été perçus comme une critique directe du travail des députés, provoquant un vif débat sur la nature et les limites des prérogatives respectives du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire.

La controverse illustre les tensions persistantes autour de l’interprétation de la séparation des pouvoirs au Sénégal, un principe fondamental de l’État de droit, mais dont l’application concrète continue de susciter débats et divergences.

UMS : Cheikh Ba prend la tête de l’Union des Magistrats du Sénégal

L’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) a tourné une nouvelle page de son histoire en élisant Cheikh Ba à la présidence de l’organisation. Président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, il succède à Ousmane Chimère Diouf, qui occupait ce poste depuis plusieurs années et qui a marqué ses mandats par une défense constante de l’indépendance de la justice face aux critiques et aux pressions.

L’élection s’est déroulée ce samedi à Dakar, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’UMS. Cheikh Ba s’est imposé avec 146 voix, un résultat qui traduit un soutien affirmé de ses pairs. Le scrutin, organisé dans un climat serein, a réuni un grand nombre de magistrats venus de tout le pays pour prendre part au choix de leur nouveau représentant.

Ce changement à la tête de l’UMS intervient dans un contexte institutionnel sensible, marqué par de récents débats sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la magistrature et les relations entre le pouvoir judiciaire et les autres institutions de l’État. Cheikh Ba hérite d’un mandat où les défis ne manqueront pas, entre la défense des droits et prérogatives des magistrats, l’amélioration du fonctionnement du service public de la justice et la nécessité de préserver la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

En succédant à Ousmane Chimère Diouf, le nouveau président devra également s’inscrire dans la continuité des actions entreprises par son prédécesseur, tout en apportant sa propre vision pour renforcer le rayonnement de la justice sénégalaise sur le plan national et international. Sa prise de fonction ouvre une nouvelle séquence pour l’UMS, qui joue un rôle clé dans la défense des principes de l’État de droit au Sénégal.

Règlement intérieur de l’Assemblée : l’UMS salue la décision du Conseil constitutionnel et réaffirme l’indépendance de la justice

Lors de l’Assemblée générale de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) tenue ce samedi, le président sortant, le juge Ousmane Chimère Diouf, est revenu sur la récente décision du Conseil constitutionnel ayant invalidé certaines dispositions du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ce verdict, rendu le 24 juillet 2025, a été accueilli favorablement par l’UMS, qui y voit une réaffirmation essentielle des principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance du pouvoir judiciaire.

Dans son allocution, Ousmane Chimère Diouf a rappelé que la prise de parole publique des magistrats, qu’elle soit écrite ou orale, est encadrée par des règles strictes prévues par leurs statuts. Il a insisté sur le fait que la fonction judiciaire est incompatible avec toute forme de populisme, ce qui explique la retenue affichée par le bureau de l’UMS au moment de l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte prévoyant notamment la possibilité pour le Parlement de convoquer des magistrats. Conscients que la disposition litigieuse devait passer sous le contrôle du Conseil constitutionnel, les responsables de l’organisation avaient choisi de différer toute réaction publique jusqu’au verdict.

La décision n° 2/C 2025 rendue par la haute juridiction a finalement confirmé les inquiétudes exprimées par certains observateurs. Dans ses considérants 49, 50 et 51, le Conseil constitutionnel a jugé que plusieurs alinéas de l’article 56 du nouveau règlement intérieur étaient contraires à la Constitution, rappelant avec fermeté les fondements de la séparation des pouvoirs et la nécessité de préserver l’indépendance des magistrats. Pour Ousmane Chimère Diouf, cette clarification est salutaire et doit être respectée scrupuleusement.

Le magistrat a par ailleurs précisé que la Constitution confère au Parlement le pouvoir de contrôler l’action du gouvernement, d’auditionner les ministres, ainsi que les dirigeants d’établissements publics, de sociétés nationales et d’agences, dans le cadre de commissions permanentes ou d’enquêtes parlementaires. Cependant, a-t-il souligné, aucun texte de la loi fondamentale n’autorise explicitement l’Assemblée à convoquer des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.

Il a également rappelé que le règlement intérieur, bien qu’adopté sous forme de loi organique, ne bénéficie pas d’un rang constitutionnel. Son rôle doit se limiter à préciser les exigences prévues par la Constitution, sans introduire de nouvelles procédures qui pourraient être perçues comme des contraintes à l’égard des garants des libertés individuelles.

En saluant la décision du Conseil constitutionnel, Ousmane Chimère Diouf a réaffirmé l’attachement de l’UMS à une justice indépendante, respectueuse des équilibres institutionnels, et imperméable aux pressions extérieures. Pour lui, cette affaire illustre la nécessité de veiller constamment au respect de la séparation des pouvoirs, pierre angulaire de l’État de droit.

Assemblée générale de l’UMS : Ousmane Chimère Diouf monte au créneau pour défendre la justice

L’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) a tenu ce samedi son Assemblée générale, marquée par l’intervention du président sortant, le juge Ousmane Chimère Diouf, qui a pris la parole pour défendre la magistrature face aux critiques et attaques qui la visent. Tout en réaffirmant son ouverture à des remarques constructives, il a mis en garde contre les discours politiques susceptibles de discréditer l’institution judiciaire.

Revenant sur les deux mandats qu’il a passés à la tête de l’UMS, Ousmane Chimère Diouf a rappelé que son premier exercice avait été marqué par la pandémie de Covid-19, avant que l’environnement politico-judiciaire ne devienne de plus en plus tendu. Selon lui, ces dernières années ont été ponctuées de vives critiques, justifiées ou non, à l’encontre de la justice. Il a souligné que chaque fois que la situation l’exigeait, l’UMS avait rappelé aux acteurs politiques et sociaux le respect dû à l’institution, laquelle reste, malgré ses imperfections, le dernier rempart incontournable et la garante de l’État de droit.

Le magistrat a indiqué qu’il avait déjà, lors du discours d’ouverture d’août 2022, attiré l’attention sur les attaques répétées contre la justice. Il s’était alors dit preneur de toute critique objective, étayée par une argumentation juridique et susceptible de faire progresser le droit ainsi que le bon fonctionnement du service public. Cette position, selon lui, a été réaffirmée en 2023 et 2024, notamment après des attaques visant directement certains magistrats dans l’exercice de leurs fonctions, un phénomène qui reste toujours d’actualité.

Reconnaissant que la justice est rendue au nom du peuple, il a rappelé que les citoyens ont le droit d’en évaluer le fonctionnement, d’autant plus qu’ils sont les premiers à subir les conséquences de l’application des lois. Pour autant, il a insisté sur le fait que la critique ne doit pas se transformer en discrédit, une distinction essentielle à préserver. Il a rappelé que le système judiciaire repose lui-même sur la critique constructive, incarnée par les voies de recours qui permettent à toute partie non satisfaite d’une décision de saisir une juridiction supérieure. Mais, a-t-il ajouté, « la justice tient sa force de la loi » et la Constitution a clairement défini la répartition des pouvoirs, ce qui ne laisse place à aucune ambiguïté.

Le président sortant de l’UMS a également salué le rayonnement de la justice sénégalaise sur la scène africaine et internationale. Il a cité en exemple la réunion du groupe africain de l’Union internationale de la Magistrature, organisée en avril dernier à Casablanca, où plusieurs juristes étrangers ont loué les performances et le professionnalisme de la justice au Sénégal. Cette reconnaissance s’est traduite par une proposition des participants de tenir la prochaine réunion de 2026 au Sénégal, sous réserve de l’accord et du soutien des autorités publiques.

En conclusion, Ousmane Chimère Diouf a réaffirmé son attachement à une justice respectée et respectable, ouverte au débat juridique mais fermement opposée à toute tentative de la fragiliser par des propos politisés. Son discours, prononcé devant ses pairs, s’inscrit comme un plaidoyer pour une magistrature indépendante, garante des valeurs de l’État de droit, dans un contexte où l’institution judiciaire est régulièrement au cœur des débats nationaux.

Inondations à Touba : le ministère de l’Assainissement déploie l’opération « Fendi » pour libérer les maisons avant le Magal

À quelques jours du grand Magal, la ville sainte de Touba fait toujours face aux conséquences des fortes pluies qui s’y sont abattues ces dernières semaines. Plusieurs habitations restent envahies par les eaux, obligeant leurs occupants à les abandonner temporairement. Pour permettre leur retour et éviter une aggravation de la situation avec de nouvelles précipitations, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a officiellement lancé l’opération « Fendi », une initiative d’envergure destinée à évacuer rapidement les eaux stagnantes.

Dans le cadre de cette opération, 120 motopompes ont été remises aux autorités locales, un renfort matériel jugé crucial à l’approche du Magal, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles. La Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DGPI) a également mobilisé des équipements supplémentaires pour appuyer les équipes sur le terrain. L’objectif est clair : pomper l’eau des maisons abandonnées et des zones critiques afin de garantir un accueil optimal aux pèlerins.

« Avec les pluies diluviennes tombées sur Touba, des centaines de maisons ont été inondées. C’est pour cette raison que le ministre a mobilisé le matériel nécessaire pour mener une opération Fendi avant les prochaines pluies, afin de libérer les maisons qui devront accueillir les pèlerins », a expliqué Serigne Ndiaye, adjoint au maire, sur les ondes de la RFM. Il a précisé que 50 motopompes provenant du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS) ont été mises à disposition, permettant de mettre en place un plan communal de sauvegarde spécialement dédié à la gestion de cette crise.

De son côté, Serigne Bousso Ndiaye a indiqué que 50 autres motopompes avaient été confiées au préfet, avec tout le matériel nécessaire pour leur fonctionnement. Il a ajouté que le carburant serait pris en charge par la mairie, afin de garantir la continuité des opérations.

Cette intervention, qualifiée d’« opération coup de poing » par les autorités locales, se poursuivra jusqu’au Magal. Elle vise non seulement à soulager les populations sinistrées, mais aussi à assurer un environnement salubre et sécurisé pour les milliers de fidèles déjà en route vers Touba. L’urgence est d’autant plus grande que les prévisions météorologiques annoncent encore des risques de pluies dans les prochains jours.

Recrutement massif dans l’enseignement supérieur : Abdourahmane Diouf promet une amélioration des conditions de travail des enseignants-chercheurs

Le 15ᵉ congrès du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) s’est tenu ce vendredi 8 août à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf. Cette rencontre, qui a rassemblé les principaux acteurs du secteur, a été l’occasion de dresser un bilan des acquis, d’évoquer les défis à relever et de discuter des perspectives d’amélioration des conditions de travail dans les universités.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le ministre a mis en lumière une problématique majeure : la surcharge de travail et le stress auxquels sont confrontés les enseignants-chercheurs. Selon lui, ces facteurs expliquent en grande partie la dégradation de leur santé. Il a exprimé l’espoir que le recrutement annoncé de 500 nouveaux enseignants-chercheurs, prévu pour la prochaine rentrée universitaire, permettra de réduire la pression sur le personnel existant, leur offrant ainsi plus de temps pour la recherche mais aussi pour leur bien-être. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le thème du congrès : « La santé des enseignants-chercheurs au prisme des conditions de travail dans les universités ».

Le ministre a également mis en avant l’action du Comité d’Appui au Pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (CAP-ANTESRI), dirigé par le professeur Babacar Diop. Cette structure, selon lui, constitue une réponse systémique aux difficultés persistantes du système universitaire sénégalais, dans une logique de réforme en profondeur.

Abordant la question du calendrier universitaire, Dr Abdourahmane Diouf s’est félicité de la stabilité retrouvée dans le secteur. Il a affirmé que, sauf rares exceptions, la quasi-totalité des universités sénégalaises auront terminé leur année académique d’ici décembre 2025, ce qui marque une nette amélioration après des années de perturbations. Il a salué les efforts conjoints de l’ensemble des acteurs pour éviter les pertes financières colossales – estimées à 40 milliards de francs CFA par an – enregistrées durant la dernière décennie en raison des retards et grèves.

Tout en exprimant sa transparence et son engagement à dialoguer avec les syndicats, le ministre a reconnu que les contraintes budgétaires actuelles limitent la capacité du gouvernement à répondre favorablement à toutes les revendications.

De son côté, le secrétaire général du SAES, David Célestin Faye, a rappelé plusieurs avancées sociales obtenues ces dernières années. Il a cité l’augmentation des salaires, l’amélioration des indemnités de logement, la revalorisation progressive de la prime académique spéciale, la mensualisation et l’augmentation de la prime de recherche, ainsi que la réversion de l’allocation spéciale de retraite aux ayants droit.

Le syndicat a aussi souligné son implication dans la construction et la rénovation d’infrastructures universitaires, notamment la réfection de la salle de sport et du siège national du SAES. Toutefois, le secrétaire général n’a pas manqué de dénoncer les retards importants dans la livraison de certains bâtiments pédagogiques et scientifiques entamés depuis 2015, ainsi que l’inachèvement du projet des 100 laboratoires, malgré une remise partielle de matériel effectuée lors d’une cérémonie officielle.

Parmi les autres préoccupations évoquées figurent la question du foncier, avec la promesse présidentielle d’octroyer des terrains à usage d’habitation aux enseignants, ainsi que le problème du non-versement des pensions de retraite pour certains collègues étrangers ayant pourtant cotisé au système sénégalais. Sur ce dernier point, le SAES a exprimé une ferme indignation, affirmant qu’il ne saurait tolérer cette situation.

Ce congrès, au-delà des revendications et constats, a également permis de réaffirmer la volonté commune des autorités et du SAES de poursuivre le dialogue pour améliorer durablement le système universitaire sénégalais, tant sur le plan académique que social.

PÉTITION ACCUSANT DAKAR D’AVOIR EXCLU BANJUL DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE : Le champ de Sangomar fait-il des jaloux ?

L’affaire fait grand bruit en Gambie, mais c’est le silence absolu au Sénégal. Un juriste britannico-gambien, Ousman F. M’Bai, ancien procureur spécialisé dans la criminalité financière au Royaume-Uni, a déposé une pétition explosive auprès de la CEDEAO. Dans cette requête au ton particulièrement grave, il réclame la part gambienne de l’exploitation d’un réservoir pétrolier transfrontalier offshore, situé dans la zone de Sangomar.

Dans sa pétition adressée au président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Ousmane F. Mbai dénonce l’instrumentalisation, depuis 2017, de la force d’intervention ECOMIG, censée stabiliser la Gambie après le départ de Yahya Jammeh, mais qui, d’après lui, aurait permis au Sénégal d’étendre son influence sur des institutions clés gambiennes, plus précisément dans le secteur des ressources naturelles. Il accuse le Sénégal, sous l’impulsion du Président Macky Sall, d’avoir abusé de cette position dominante, via ses agents infiltrés, pour empêcher toute négociation d’unitisation. Ce processus est une procédure requise par le droit international lorsque des gisements d’hydrocarbures traversent des frontières nationales, selon le fils de feu Fafa Mbai. Pour étayer son propos, M. M’Bai cite la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et reproche au Sénégal d’avoir agi de mauvaise foi, en refusant de coopérer pour une gestion équitable de la ressource pétrolière commune. Ainsi, demande-t-il l’ouverture d’une enquête indépendante ou, à défaut, la facilitation d’un dialogue diplomatique entre le Sénégal et la Gambie.
Par ailleurs, le juriste international affirme que Woodside et FAR Ltd ont poursuivi unilatéralement le développement du champ de Sangomar, en dépit de preuves géologiques reconnues par leurs propres experts indiquant que le réservoir s’étend jusqu’au bloc A2 de la Gambie. Le redécoupage silencieux de ce bloc en 2023, à l’en croire, coïncidant avec la sortie de FAR Ltd du pays et la révision du code maritime sénégalais, aurait entraîné l’exclusion de zones à fort potentiel telles que Bambo-1, Soloo, Soloo Deep et Panthera, estimées à plus d’un milliard de barils récupérables.
« Cette démarcation illégale prive la Gambie de sa souveraineté sur ces ressources (…) Elle crée une zone tampon tacite qui bénéficie au Sénégal et à Woodside, tout en spoliant une nation entière de son avenir énergétique. », insiste M. M’Bai.
Toutefois, ce dossier a l’air d’avoir des contours politiques. En toile de fond, l’ombre de Yahya Jammeh. En exil, l’ancien président gambien Yahya Jammeh, dans un discours virulent relayé par ses partisans, juin dernier, a directement accusé Macky Sall d’avoir « volé le pétrole gambien » avec la complicité de son successeur Adama Barrow. L’ex-homme fort de Banjul, qui n’a jamais digéré son départ du pouvoir sous pression régionale, s’en est également pris à l’actuel Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, qu’il accuse de « complicité par le silence », en contradiction avec ses discours en faveur de la souveraineté et de la transparence.
Face à ces accusations croisées, Dakar continue de garder le silence. Ni le ministère sénégalais du Pétrole, ni Petrosen, ni Woodside Energy n’ont pas encore réagi, malgré plusieurs lettres, selon M. M’Bai. Une attitude qui, d’après lui, appelle une réaction ferme de la CEDEAO pour éviter un climat de méfiance généralisée entre les États de la sous-région.
En attendant, la question reste entière : le pétrole de Sangomar pourrait-il empoisonner les relations entre le Sénégal et la Gambie ?

Penda THIAM

Réduction du train de vie de l’État : Abdou Mbow dénonce les contradictions du régime en place

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, Abdou Mbow, député et membre influent de l’Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le plan de redressement économique récemment présenté par le Premier ministre. Remettant en cause l’efficacité et la sincérité des mesures annoncées, il a dénoncé un discours déconnecté des réalités concrètes.

Abdou Mbow a rappelé que le président Diomaye Faye avait affirmé une réduction de 50 milliards de francs CFA dans le train de vie de l’État. Pourtant, selon lui, cette annonce ne tient pas face à la rigueur des actions menées sous l’ancien régime. « Si vous vous souvenez, sous notre régime, rien qu’en téléphonie, nous avions réussi à diminuer 100 milliards FCFA », a-t-il souligné, insistant sur le fait que les chiffres avancés par le gouvernement actuel sont loin d’être à la hauteur.

Plus encore, il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » dans la gestion des fonds publics. Le porte-parole de l’APR accuse notamment le gouvernement de vouloir faire oublier les budgets alloués aux fonds politiques ainsi que l’augmentation du budget de la Primature, qui aurait été majorée de 6 milliards de francs CFA, sans oublier également l’augmentation budgétaire de l’Assemblée nationale. « Ils pensent qu’on va oublier ces dépenses. Nous ne les oublierons pas. Au lieu de réduire le train de vie de l’État, ils l’augmentent et utilisent le Sénégalais lambda pour financer ce fonctionnement », a-t-il déploré.

Abdou Mbow a ensuite rappelé les initiatives concrètes prises sous le mandat de l’ancien président Macky Sall. Il a évoqué la commission mise en place dès 2012 pour réduire les coûts de fonctionnement de l’État, soulignant que cette démarche s’était appuyée sur des institutions nationales comme l’Inspection générale d’État (IGE), dirigée à l’époque par Nafy Ngom Keïta. Cette commission avait abouti, le 21 mai 2012, à un rapport présenté au président Macky Sall, qui avait aussitôt ordonné la suppression de 59 agences et directions, une mesure qu’Abdou Mbow qualifie de « concrète et efficace ».

Comparant cette approche aux annonces actuelles, il a regretté l’absence de garanties sur la réduction réelle du train de vie de l’État dans le plan du gouvernement. « Jusqu’à présent, on ne sait pas quelle agence ou direction sera supprimée, ni ce qui a effectivement été réduit », a-t-il déploré, qualifiant la promesse de réduction comme une simple « poudre aux yeux ».

Au final, Abdou Mbow a dressé un tableau sévère du régime actuel, qu’il accuse de manquer de transparence et d’engagement sincère dans la maîtrise des dépenses publiques, laissant craindre que ce soit le contribuable sénégalais, en particulier les plus modestes, qui supporte la charge financière de ces choix.

Redressement économique : l’APR dénonce le plan « Jubbanti Koom » et alerte sur ses risques pour les plus vulnérables

L’Alliance pour la République (APR) a livré, ce jeudi, une critique sévère du plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom » présenté par le gouvernement. Lors d’un point de presse animé par sa porte-parole adjointe, Mame Gueye Diop, le parti de l’ancien président Macky Sall a accusé les autorités en place de préparer un dispositif qui risque, selon lui, d’accentuer la précarité sociale plutôt que de la résorber.

D’entrée, l’APR a pointé du doigt la faiblesse de l’engagement budgétaire de l’État, estimé à moins de 100 milliards de francs CFA, soit environ 2 % du financement global prévu pour la mise en œuvre du plan. Pour Mame Gueye Diop, cette proportion traduit un désengagement flagrant de l’État au profit d’une charge transférée quasi exclusivement sur les épaules des populations. « C’est comme si on demandait au peuple de relancer seul l’économie pendant que l’État se contente de commentaires et de promesses, confortablement installé dans ses privilèges », a-t-elle affirmé.

Le parti dénonce également un « matraquage fiscal » qui, selon lui, découle directement de l’architecture du « Jubbanti Koom ». Il accuse le gouvernement de protéger son train de vie tout en imposant des mesures fiscales lourdes aux entreprises, aux ménages, aux travailleurs du public et du privé, au secteur informel et aux acteurs du monde rural. Dans le détail, l’APR évoque un programme fondé sur des recettes fiscales attendues à hauteur de 4 605 milliards de francs CFA sur trois ans, issues de mesures jugées excessives et inéquitables. Pour les Républicains, la répartition de ces ressources demeure opaque et entachée de contradictions, laissant planer des doutes sur la transparence du processus.

Au-delà des chiffres, l’APR s’inquiète des conséquences sociales du plan. Elle estime que la suppression de subventions, la réduction des exonérations et l’élargissement brutal de l’assiette fiscale entraîneront inévitablement une hausse généralisée des prix, touchant les denrées de base, les services de transport, la téléphonie et d’autres secteurs clés. Cette spirale inflationniste, avertit le parti, sera directement supportée par le consommateur final, accentuant l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes.

Les critiques vont jusqu’à remettre en cause la légitimité même du programme. L’APR accuse le gouvernement d’échouer à apporter au Fonds monétaire international (FMI) les preuves des supposées irrégularités financières attribuées à l’ancien régime, tout en lançant un plan « obéissant à une logique funeste ». « Le Jubbanti Koom mérite lui-même un redressement », a ironisé Mame Gueye Diop, estimant que les mesures proposées ouvrent de « sombres perspectives » pour les populations, le secteur privé et le monde rural.

Enfin, le parti a alerté sur le risque de privatisation du foncier agricole, qu’il juge incompatible avec la souveraineté alimentaire et foncière du Sénégal. Pour l’APR, ce danger, ajouté à la pression fiscale, constitue une double menace sur la stabilité sociale et la sécurité économique du pays. « Après une analyse lucide, nous rejetons ce plan dans la forme comme dans le fond », a conclu Mame Gueye Diop, appelant à repenser en profondeur la stratégie économique nationale pour éviter, selon ses termes, « un cinglant jubbanti qui frapperait les plus vulnérables ».

Magal 2025 : Serigne Mountakha exprime son attachement profond au Président Diomaye Faye

La visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, auprès du Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, à l’approche du Grand Magal de Touba 2025, a été marquée par un échange d’une rare intensité spirituelle. À cette occasion, un message personnel et empreint d’affection a été transmis au chef de l’État par le porte-parole du Khalife, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, connu sous le nom de Cheikh Bass.

En réponse aux propos du président, Serigne Mountakha a fait savoir, par la voix de son porte-parole, qu’il lui porte une profonde affection. « Serigne Mountakha m’a chargé de vous dire qu’il vous porte profondément dans son cœur, en raison des vertus religieuses qui vous caractérisent. Votre attachement sincère à l’Islam a suscité chez lui un sentiment d’estime et d’affection véritables », a déclaré Cheikh Bass devant l’assistance.

Le Khalife a profité de ce message pour rappeler qu’il se considère avant tout comme le représentant de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride, et qu’à ce titre, il se met au service de tous les Sénégalais, sans distinction aucune. Il a insisté sur sa mission exclusivement spirituelle, dépourvue de toute ambition mondaine, et réitéré les propos déjà tenus à l’endroit du président lors du mois de Ramadan, exprimant sa conviction en la sincérité et en la volonté de ce dernier de faire avancer le pays.

Au sujet des projets en cours, notamment ceux relatifs à l’Université de Touba et à l’organisation du Magal, Serigne Mountakha a fait part de sa gratitude pour l’engagement concret du gouvernement. « Les directives que vous avez données à votre Premier ministre et à vos ministres ont été respectées et exécutées dans la mesure du possible », a souligné Cheikh Bass, transmettant ainsi les remerciements du Khalife.

Enfin, le guide religieux a tenu à rappeler qu’il consacre toute son énergie à la religion, à la ville sainte et à la famille religieuse. « Il n’a ni ambition personnelle ni temps à gaspiller dans des choses étrangères à la religion », a précisé son porte-parole, réaffirmant ainsi la nature exclusivement spirituelle de sa mission.

Cette rencontre, à la fois solennelle et empreinte de chaleur humaine, renforce les liens entre l’État et la communauté mouride à l’approche de l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, confirmant que la préparation du Magal demeure une priorité nationale.

Grand Magal de Touba 2025 : le Président Diomaye Faye réaffirme l’engagement total de l’État aux côtés de la communauté mouride

À quelques jours de la célébration du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur rassemblant chaque année plusieurs millions de pèlerins, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu dans la ville sainte pour une visite officielle placée sous le signe du respect, de la solidarité et du partenariat avec la communauté mouride. Accueilli par le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le chef de l’État était accompagné d’une importante délégation composée de plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels Mary Teuw Niane, Jean Baptiste Tine, Cheikh Diba, Moussa Balla Fofana et Alioune Dione, ainsi que des responsables de l’administration centrale.

Cette rencontre, tenue dans un climat empreint de fraternité et de considération mutuelle, a été l’occasion pour le président Diomaye Faye de renouveler l’engagement indéfectible de l’État dans l’accompagnement et la bonne organisation de cet événement spirituel d’envergure nationale et internationale. Dans son allocution, il a rappelé que, lors du dernier Conseil des ministres, il avait donné des instructions fermes à tous les ministres et directeurs généraux afin qu’ils mobilisent leurs services et leurs moyens pour assurer la réussite du Magal. La coordination générale des préparatifs a, comme l’année précédente, été confiée au Premier ministre, avec pour mission de travailler en synergie avec les différents ministères afin de garantir une logistique irréprochable, une sécurité optimale et une prise en charge sanitaire adéquate pour les millions de fidèles attendus.

Le chef de l’État a également insisté sur la place centrale de la religion dans son programme de gouvernance. Il a rappelé la création d’une Délégation générale aux affaires religieuses, structure dédiée au maintien d’un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des guides spirituels du pays. Touba, en tant que pôle religieux majeur, bénéficie d’une attention particulière, surtout depuis que la date du Magal coïncide avec la saison des pluies depuis deux années consécutives. Conscient des difficultés liées aux inondations, le président a indiqué avoir donné des directives claires au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement pour améliorer de manière significative la gestion des eaux pluviales et minimiser les désagréments pour les pèlerins. « Bien sûr, tous les problèmes ne peuvent pas être réglés en une fois, mais chaque année, nous poursuivrons les efforts pour éradiquer définitivement les inondations », a-t-il assuré.

Sur le plan des infrastructures religieuses et éducatives, le président Diomaye Faye a affirmé avoir examiné attentivement les demandes formulées par la délégation mandatée par le Khalife, notamment en ce qui concerne l’université de Touba. Il a annoncé que l’État apportera son soutien à ce projet stratégique pour l’éducation et la formation des jeunes. Il a également réaffirmé la volonté de son gouvernement de contribuer aux travaux de la Grande Mosquée, symbole spirituel et architectural de la ville.

En marge des actions gouvernementales, la Première dame, Absa Faye, a également pris une part active aux préparatifs. Elle a financé l’organisation de journées de consultations médicales gratuites et de campagnes de don de sang, initiatives destinées à renforcer la prise en charge sanitaire des fidèles durant cette période de forte affluence.

Au nom du Khalife général, son porte-parole, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadr, a salué la présence du président et les efforts tangibles fournis par l’État. Il a souligné que tous les engagements pris par les autorités, du Premier ministre aux ministres, avaient été respectés, et a transmis les prières et bénédictions de Serigne Mountakha pour la réussite des actions présidentielles et le développement harmonieux du pays.

La visite s’est conclue par un déplacement du chef de l’État à la Grande Mosquée de Touba, marquant ainsi la dimension spirituelle et symbolique de cette mission. En réaffirmant son engagement à soutenir le Magal et à travailler main dans la main avec la communauté mouride, Bassirou Diomaye Faye a voulu adresser un message clair : l’État reste un partenaire attentif et constant, prêt à mettre ses moyens au service de la foi, de la paix et de l’unité nationale.

Sandiara : Saisie de 42 kg de chanvre indien, les trafiquants en fuite

Une nouvelle opération coup de poing a été menée ce mercredi 6 août 2025 à Sandiara par l’Unité de lutte de Mbour, relevant de la Brigade régionale des stupéfiants de Thiès (OCRTIS). Cette intervention s’inscrit dans le cadre des actions de surveillance et de répression contre le trafic de drogue, qui connaît une recrudescence dans certaines zones du pays.

Selon une note de la police exploitée par Ledakarois.sn, les agents ont réussi à intercepter deux colis de chanvre indien, pour un poids total de 42 kilogrammes. La marchandise a été découverte après que des individus, surpris par l’arrivée des forces de l’ordre, ont pris la fuite à bord d’une charrette, abandonnant leur cargaison sur place. La rapidité de leur fuite laisse penser qu’ils avaient été repérés ou craignaient un contrôle imminent.

Cette saisie résulte d’une mission d’investigation ciblée, menée grâce à des informations collectées sur le terrain. Les agents de l’OCRTIS avaient renforcé leur présence dans la zone, suspectée d’être un point de transit important pour les trafiquants. L’opération, minutieusement préparée, a permis de mettre la main sur la drogue, même si les auteurs ont pour l’instant échappé à l’arrestation.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier les suspects et remonter la filière. Les autorités précisent que ce type d’action s’inscrit dans un plan global visant à neutraliser les réseaux de distribution et à assécher les circuits d’approvisionnement. Elles réitèrent par ailleurs leur détermination à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants, un fléau qui menace la sécurité et la stabilité des communautés locales.

Si les auteurs de cette opération illégale restent pour le moment dans la nature, les forces de l’ordre se disent confiantes quant à l’aboutissement de l’enquête, grâce aux pistes actuellement exploitées. Cette saisie vient ainsi rappeler que, dans la guerre contre la drogue, chaque kilogramme intercepté représente un coup dur pour les réseaux criminels.

Un nouvel OFNAC en gestation : vers une autorité plus indépendante et puissante

Le gouvernement sénégalais prépare une réforme majeure de son dispositif de lutte contre la corruption, avec la création annoncée d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Ce projet de loi, déjà transmis à l’Assemblée nationale, vise à doter le pays d’un organe renforcé, autonome et en phase avec les normes internationales.

Le texte propose de remplacer la structure actuelle, instituée par la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, par une nouvelle autorité dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Selon l’exposé des motifs, le but est de créer un OFNAC “efficace, indépendant et crédible”, capable de mieux prévenir, détecter et poursuivre les actes de corruption sur l’ensemble du territoire national.

Le futur OFNAC sera une autorité administrative indépendante, avec des prérogatives élargies. Il sera habilité à sensibiliser et éduquer sur les enjeux de la corruption, mais également à saisir directement les juridictions compétentes lorsqu’il détecte des infractions. Il aura pour mission de mener des enquêtes, de procéder à des vérifications, et de transmettre les dossiers au procureur de la République ou à l’Autorité nationale de poursuite.

L’Office pourra également engager des audits sur les pratiques de gouvernance publique, surveiller les déclarations de patrimoine et exercer un contrôle sur les marchés publics. Cette approche vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à réduire les risques de malversations.

Le président de l’OFNAC sera nommé par décret pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Il travaillera avec un conseil d’orientation regroupant des représentants de l’État, de la société civile, des organisations professionnelles et du secteur privé. Ce conseil aura pour mission de garantir que l’action de l’OFNAC reste cohérente avec les objectifs nationaux en matière de bonne gouvernance.

Autre nouveauté majeure, les agents de l’OFNAC disposeront du statut d’officiers de police judiciaire, leur permettant de mener des enquêtes de manière autonome. Les modalités d’exercice de ces prérogatives seront précisées par décret.

La transparence est également au cœur de ce projet de loi. L’OFNAC devra publier chaque année un rapport public sur l’état de la corruption au Sénégal, accompagné de recommandations concrètes pour améliorer la situation.

Enfin, le projet introduit un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte. Les personnes qui signalent de bonne foi des faits de corruption bénéficieront d’une protection contre les représailles. Un fonds d’assistance sera mis en place pour leur offrir un soutien juridique et social, afin de garantir qu’elles puissent jouer leur rôle sans subir de pression.

Ce projet de loi, s’il est adopté, abrogera la loi de 2012 et instaurera un nouveau cadre institutionnel pour la lutte contre la corruption au Sénégal. Il marque une volonté politique de rompre avec les insuffisances du passé, mais sa mise en œuvre et son efficacité dépendront des garanties réelles d’indépendance et de moyens qui lui seront effectivement accordés par l’État.

Justice : SYTJUST-UNTJ suspend son mot d’ordre de grève pour favoriser les négociations

Après quarante-cinq jours de paralysie dans les services judiciaires, l’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé, ce mercredi 6 août, la suspension de son mot d’ordre de grève. Une décision majeure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats de la Justice et l’État, mais qui marque surtout une volonté d’ouverture en vue d’une sortie de crise.

Lancée le 18 juin 2025, la grève des travailleurs de la Justice avait fortement perturbé le fonctionnement des juridictions sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation de blocage prolongé, l’Entente a choisi de suspendre provisoirement le mouvement pour permettre aux discussions avec les autorités de progresser. Dans un communiqué transmis à la presse, les responsables syndicaux ont expliqué que cette trêve vise à « donner une chance réelle aux négociations entamées avec le gouvernement ».

La décision fait suite à deux rencontres jugées encourageantes avec le ministre de la Fonction publique, tenues respectivement les 1er et 5 août. Ces échanges, selon les syndicats, ont été marqués par un climat d’écoute et d’apaisement. Une première trêve avait d’ailleurs été observée les 4 et 5 août, permettant aux citoyens d’accéder temporairement aux services judiciaires, bloqués depuis plusieurs semaines.

L’Entente a tenu à saluer l’attitude responsable des travailleurs de la Justice, qui, malgré les difficultés et frustrations accumulées, ont accepté de mettre fin à leur grève dans l’intérêt des populations. Elle souligne que « cette écoute solidaire des souffrances de leurs concitoyens » a pesé lourd dans la balance au moment de prendre cette décision. La suspension du mouvement est ainsi présentée comme un geste fort de bonne foi et de patriotisme social.

Toutefois, la trêve est loin d’être un chèque en blanc au gouvernement. Dans leur communiqué, les syndicats rappellent les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les agents judiciaires, et dénoncent les nombreuses injustices qu’ils subissent. Ils exhortent l’État à tenir ses engagements et à apporter des réponses concrètes aux revendications, qui concernent aussi bien les conditions de travail que la reconnaissance du rôle central des travailleurs de la Justice dans la mise en œuvre des réformes du secteur.

L’Entente SYTJUST–UNTJ avertit : la trêve pourrait être de courte durée si les autorités ne respectent pas leurs promesses. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra prouver sa volonté de résoudre la crise en profondeur et de restaurer durablement le bon fonctionnement du service public de la Justice.

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