Trafic de drogue à Dakar : trois arrestations en quatre jours et 95 doses saisies

À Dakar, les services de police continuent de traquer les réseaux de trafic de drogue. Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a mené, en l’espace de quatre jours, deux opérations distinctes qui ont conduit à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’appartenir à un réseau actif de distribution de stupéfiants dans la capitale.

La première opération s’est déroulée dans le quartier Arafat, le 14 juin 2025. Alertés par un renseignement jugé fiable, les agents de police se sont déployés discrètement dans une ruelle du quartier. Deux individus y ont été surpris en flagrant délit. La fouille de leurs effets personnels a permis de découvrir 17 cornets de chanvre indien et 22 comprimés d’ecstasy, soigneusement emballés dans un sachet en plastique. Cette saisie a conforté les enquêteurs dans l’idée qu’ils avaient affaire à des revendeurs organisés et bien informés.

Quatre jours plus tard, le 18 juin, les policiers ont mené une autre intervention à Khar Yalla, cette fois dans un contexte plus mouvementé. C’est au moment où un homme refermait la selle de sa moto de marque TMAX que les agents en patrouille sont intervenus. Une fouille rapide du véhicule a permis de mettre la main sur 34 cornets de chanvre indien dissimulés sous la selle. Le suspect, pris sur le fait, a immédiatement été interpellé et conduit au poste.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, l’enquête se poursuit pour remonter les filières d’approvisionnement, identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur du réseau. Les services de sécurité envisagent également d’étendre leurs investigations à d’autres zones de la capitale, soupçonnées d’être des points de transit ou de distribution.

Avec ces nouvelles interpellations, les autorités sénégalaises entendent réaffirmer leur engagement à lutter contre le trafic de stupéfiants, considéré comme une menace majeure pour la jeunesse et la stabilité sociale.

Affaire Premier Bet : deux mandats d’amener décernés, un mandat d’arrêt international en vue

L’affaire Premier Bet connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon les révélations du journal Libération, le juge du 3e cabinet financier a officiellement activé la Division des investigations criminelles (DIC) pour l’exécution de deux mandats d’amener émis contre Joris Dutel et Frank Attal, deux figures centrales dans ce dossier de blanchiment de capitaux présumé.

Ces derniers sont cités dans une procédure lourde de conséquences, déclenchée à la suite du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce document avait mis en lumière de sérieux soupçons de fraude fiscale, de blanchiment d’argent, de conflits d’intérêts et d’abus de biens sociaux au sein de Premier Bet Sénégal, société détenue par le groupe Editec.

Déjà impliqué dans une autre affaire de fraude fiscale en cours devant le même cabinet, Joris Dutel fait l’objet d’un placement sous bracelet électronique. C’est justement ce dispositif qui l’a contraint à anticiper la mesure du juge. Il s’est donc présenté de lui-même devant le magistrat instructeur, accompagné de ses avocats, arguant de son impossibilité matérielle de fuir le territoire en raison du contrôle judiciaire strict auquel il est soumis. Son inculpation dans le dossier Premier Bet est d’ores et déjà prévue pour la semaine prochaine.

En revanche, la situation est bien différente pour Frank Attal. Les vérifications menées par la police judiciaire ont confirmé qu’il n’a plus foulé le sol sénégalais depuis octobre 2019. Cette absence prolongée pourrait précipiter l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, une option désormais à l’étude dans les bureaux du juge en charge du dossier.

Le parquet financier avait saisi la justice à la suite du rapport accablant de la Centif, demandant l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment de capitaux à travers des pratiques de conflits d’intérêts, de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux. Le dossier est depuis entre les mains du juge du 3e cabinet, qui accélère visiblement la cadence des procédures.

Ce développement marque un durcissement dans la gestion de ce dossier emblématique, alors que les montages financiers et les pratiques de gestion de Premier Bet sont désormais scrutés sous l’angle de la criminalité économique organisée. Reste à savoir si la coopération judiciaire internationale permettra de mettre la main sur Frank Attal, dont le rôle semble aussi déterminant que celui de Dutel dans cette affaire aux ramifications transnationales.

Affaire AEE POWER EPC – SONAC : Thierno Alassane Sall crie au scandale et exige le retrait des marchés

Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.

Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.

Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.

Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.

Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.

Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.

L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°490 – 19/06/2025

🔴 JOURNÉES DE CONCERTATION DU SECTEUR DE LA COMMUNICATION : LES PLAIES DE LA  PRESSE À NU
🔴 SÉNÉGAL / TROISIÈME PAYS LE PLUS CHER AU MONDE : ENVOYER DE L’ARGENT EST UN LUXE ICI !

🔴 COUPE DE LA LIGUE : GUÉDIAWAYE TOMBE EN QUART DE FINALE
🔴 LIGUE 1 (28e J) : USO LIMITE L’ACCÈS AUX SUPPORTERS DU JARAAF

Affaire ASER – AEE POWER EPC : Thierno Alassane Sall promet des révélations explosives ce jeudi

Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.

Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».

Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.

Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.

L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.

Moustapha Diakhaté devant le juge : « J’avais honte, je pensais qu’on allait me poursuivre pour des faits plus sérieux »

Ce mardi matin, l’ancien député Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire d’« offense au chef de l’État ». Visiblement agacé par la nature des poursuites engagées contre lui, l’ex-président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY) n’a pas mâché ses mots face au juge.

À la barre, Moustapha Diakhaté a exprimé son incompréhension et sa gêne devant la légèreté, selon lui, des accusations retenues contre lui. « Quand l’enquêteur a commencé à m’interroger, j’avais honte, parce que je pensais qu’on allait me poursuivre pour des faits plus sérieux », a-t-il déclaré devant un tribunal rempli d’observateurs attentifs.

L’ancien parlementaire, connu pour ses prises de position tranchées depuis son éloignement du pouvoir, a également interpellé le parquet sur ce qu’il considère comme une justice à géométrie variable. Prenant à témoin le public, il a lancé une charge contre le procureur, évoquant une sortie de l’opposant Ousmane Sonko. « Ce même procureur n’a pas eu le temps de poursuivre Ousmane Sonko lorsqu’il a appelé Bassirou Diomaye Faye de Serigne Ngoundou », a-t-il déclaré.

Et d’expliquer que ce surnom est lourd de sens dans l’imaginaire collectif sénégalais. « C’est l’insulte la plus grave qu’il ait entendue depuis qu’il est élu président de la République. Ousmane Sonko a utilisé ce sobriquet dont tout le monde connaît la signification. Or, Serigne Ngoundou veut dire : un faux marabout, celui qui ne dit pas la vérité », a martelé Moustapha Diakhaté.

Le procès, qui suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, en particulier lorsqu’elle touche les plus hautes autorités de l’État. Les avocats de l’ancien parlementaire ont plaidé la relaxe, estimant que les propos incriminés relèvent du débat politique et non d’un délit pénal.

Le délibéré est attendu dans les prochains jours. En attendant, l’affaire Moustapha Diakhaté risque de continuer à alimenter les discussions dans une actualité politique déjà très chargée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°489 – 18/06/2025

🔴 AFFAIRE ASER / MALGRÉ LE DÉMENTI DU DIRECTEUR NATIONAL DES ASSURANCES : TAS PERSISTE ET SIGNE !
🔴 GRÈVE DE 48 HEURES / APRÈS UNE TRÊVE SOCIALE DE 14 MOIS : LE SYTJUST RELANCE LA FRONDE

🔴 DEMI-FINALES / COUPE DU SÉNÉGAL DAMES : RÈGLEMENTS DE COMPTE EN VUE !
🔴 DISTRICT DE FOOTBALL DE PIKINE : LE FAUTEUIL PRÉSIDENTIEL ATTISE LES AMBITIONS

Affaire des primes d’assurances de la SONAC-SA : TAS persiste et signe après les explications du Directeur national des Assurances

Le bras de fer entre le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), et le ministère des Finances autour du paiement des primes d’assurance dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne continue de faire des vagues.

Suite aux déclarations du Directeur national des Assurances (DNA), Mamadou Dème, sur les ondes de la RFM, qui affirmait que la prime d’assurance avait été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission des garanties, et que ce délai respectait largement les 180 jours autorisés par la loi, Thierno Alassane Sall a décidé de remettre les pendules à l’heure.

Le député s’interroge publiquement : « Qui le Directeur national des Assurances cherche-t-il à protéger ? ». Pour TAS, les explications du DNA ne résistent pas à un examen approfondi. Il rappelle que l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a, à trois reprises, demandé à la SONAC la preuve que les primes relatives aux garanties avaient bien été payées dans les délais impartis. Cette démarche s’inscrit dans le respect strict des règles encadrant les marchés publics, où un paiement tardif peut entraîner la nullité irrévocable du marché.

Malgré ces relances répétées, le député souligne que le DNA, qui avait reçu ces courriers, n’a jamais présenté à l’ARCOP la moindre dérogation officielle justifiant le paiement tardif des primes, effectué le 14 juin 2024, soit trois mois après l’émission des garanties. TAS insiste sur un principe fondamental du droit administratif : une dérogation est une exception à la règle qui doit être formalisée par un document écrit, précisant notamment sa date d’entrée en vigueur et sa durée. Or, aucune dérogation de ce type n’a été prévue ou communiquée dans le cadre de ce marché.

Par ailleurs, le député cite un élément contractuel majeur, rappelé dans les factures émises par la SONAC à AEE Power EPC, qui conditionne expressément la prise d’effet du contrat au paiement préalable de la prime d’assurance. Ce point contractuel vient renforcer la position de TAS selon laquelle le paiement tardif remet en cause la validité de la garantie.

Face à ces contradictions, Thierno Alassane Sall promet de poursuivre son combat et d’apporter prochainement de nouvelles révélations sur cette affaire qu’il qualifie de « scandale à multiples rebondissements ».

Cette opposition frontale entre le député et le ministère des Finances, via le Directeur national des Assurances, illustre la tension persistante autour de la transparence et du respect des procédures dans la gestion des marchés publics au Sénégal. La suite de cette controverse est attendue avec attention par l’opinion publique.

Affaire AEE Power EPC : l’État clarifie le rôle de la SONAC dans l’émission des garanties

Au milieu d’une controverse grandissante autour du marché public d’électrification rurale attribué à l’entreprise espagnole AEE Power EPC S.A.U, le ministère des Finances et du Budget a apporté des clarifications sur les garanties d’assurance émises par la SONAC, la Société nationale de Crédit et de Cautionnement. Ce marché, signé le 23 février 2024 avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), porte sur un montant global de 91,97 milliards de francs CFA. La polémique s’est cristallisée autour des conditions d’émission et de validité des garanties, mais surtout sur l’ampleur des montants annoncés, estimés à 37 milliards FCFA, que certains ont qualifiés d’irréguliers voire fictifs.

Dans une note explicative publiée par sa cellule de communication, le ministère affirme que la SONAC a bien émis, le 20 mars 2024, trois garanties dans le cadre du contrat : une pour l’avance de démarrage du projet, une seconde pour les dépenses déjà engagées par l’entreprise, et une dernière pour garantir la bonne exécution des travaux. Ces garanties sont prévues contractuellement et encadrées juridiquement. Leur validité, explique le ministère, repose sur le paiement d’une prime d’assurance, conformément à l’article 13 du Code des assurances de la CIMA, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances. Ce texte prévoit notamment un délai maximal de 180 jours pour régler la prime lorsqu’il s’agit de risques contractés avec l’État ou ses démembrements.

Dans ce cas précis, la prime d’assurance a été payée par virement bancaire le 20 juin 2024, soit exactement 90 jours après l’émission des garanties. Ce délai respecte donc largement les 180 jours autorisés. Le ministère dément ainsi toute irrégularité, en précisant que cette pratique est tout à fait conforme à la législation applicable aux assurances liées aux marchés publics.

La note revient également sur les montants de 37 milliards FCFA souvent évoqués dans les débats publics. Ces chiffres ne renvoient pas au montant de la prime versée à l’assureur, mais à celui des capitaux assurés. Il s’agit de l’enveloppe totale couverte par les trois garanties émises pour sécuriser les engagements de l’entreprise adjudicataire. La prime réelle payée par AEE Power EPC pour bénéficier de cette couverture s’élève à 947 millions de francs CFA par an. Le chiffre de 37 milliards FCFA correspond donc à l’engagement financier maximal de la SONAC dans le cadre du contrat, et non à une somme encaissée ou distribuée.

Le ministère insiste sur le fait que les garanties émises remplissent toutes les conditions de validité juridique. Elles s’inscrivent dans un cadre légal strict, avec des modalités d’engagement bien établies. L’assureur, dans ce type de montage, peut exiger des contreparties financières ou juridiques de la part de l’entreprise, comme des cautions solidaires, des dépôts ou des garanties bancaires. Il peut aussi recourir à la réassurance pour se prémunir contre les risques liés à l’exécution du marché.

Enfin, le document publié par le ministère vise à rassurer l’opinion sur la régularité de la procédure. Il affirme que les garanties délivrées ne sont ni fictives, ni irrégulières, et que leur émission respecte les normes juridiques et techniques en vigueur. Le respect des délais, la transparence sur les montants engagés et la traçabilité des paiements sont mis en avant comme gages de conformité.

En résumé, les autorités cherchent à dissiper les soupçons d’irrégularités autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale au Sénégal. À travers cette mise au point, le ministère des Finances veut réaffirmer le sérieux du dispositif national d’assurance des marchés publics, tout en appelant à une lecture rigoureuse et contextualisée des chiffres avancés dans les débats publics.

Sénégal : les travailleurs de la justice en grève de 48 heures à partir du 18 juin

Le secteur de la Justice va connaître de fortes perturbations. Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) a annoncé ce mardi le déclenchement d’une grève de 48 heures, prévue les mercredi 18 et jeudi 19 juin 2025. Ce mouvement intervient après plusieurs mois d’attente infructueuse, selon le syndicat, qui fustige l’inaction du gouvernement face à des revendications jugées légitimes.

Dans un communiqué transmis à la presse, le SYTJUST exige l’alignement de tous les greffiers à la hiérarchie A2, conformément aux engagements antérieurs, ainsi que le reclassement automatique des agents des hiérarchies B et C ayant au moins cinq ans d’ancienneté dans le corps des greffiers, sans exigence de formation préalable.

Le syndicat rappelle avoir observé une trêve sociale de 14 mois, depuis le 22 mars 2024, espérant une réponse favorable des nouvelles autorités installées après la dernière alternance politique. Mais cette patience, souligne-t-il, n’a rencontré « aucune avancée notable ».

« Le statu quo est devenu insupportable. L’attitude attentiste des autorités trahit un manque de volonté politique flagrant », déplore le communiqué du SYTJUST, qui ajoute que les agents sont aujourd’hui contraints à la grève « pour obtenir le respect de droits pourtant consacrés par les textes en vigueur ».

Le préavis de grève, déposé depuis le 7 février 2025, incluait déjà ces doléances. Le syndicat regrette qu’aucune négociation sérieuse n’ait été engagée depuis lors, malgré les alertes répétées sur les risques de paralysie du service public de la justice.

Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le SYTJUST prévient : « Nous ne transigerons pas sur la dignité professionnelle et les acquis statutaires des travailleurs de la justice ». Le bras de fer semble désormais engagé.

Affaire des chèques volés : le principal suspect dénonce une « pratique courante » au Trésor public

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais connaît un tournant décisif. Mansour Kane, contrôleur du Trésor et considéré par les enquêteurs comme le cerveau présumé du réseau de fraude, a livré des aveux explosifs lors de son audition, remettant en question l’intégrité même du système de gestion financière de l’État.

Incarcéré dans une autre affaire de faux chèque de 400 millions FCFA, Kane est cité par plusieurs transitaires dans la procédure en cours. Parmi eux, Abdoulaye Ba de Niany Transit l’accuse de lui avoir remis un chèque frauduleux d’un montant de 547,643 millions FCFA, moyennant une commission de 12 %. Une accusation que Kane nie catégoriquement. Toutefois, il ne rejette pas toute implication dans le vaste réseau de détournement mis au jour par la Division des investigations criminelles (DIC).

Dans un témoignage consigné par L’Observateur, le contrôleur du Trésor fait tomber les masques. Il admet avoir « exploité une faille » dans le système, tout en soulignant qu’il n’était ni le premier, ni le seul à le faire. « Je ne suis pas la seule personne à proposer ce deal. D’autres réseaux opéraient comme moi. Mais comme je suis le premier en prison, on me fait porter toute l’affaire », a-t-il confié aux enquêteurs. Selon lui, le trafic de chèques volés était loin d’être un fait isolé : « C’était une pratique courante au Trésor. Beaucoup d’autres personnes faisaient la même chose. »

Plus grave encore, Kane accuse indirectement certains services internes de complicité passive, voire active. Il attire notamment l’attention sur les dysfonctionnements des services chargés du rapprochement comptable entre les écritures. « Les enquêteurs doivent vérifier les services qui font le rapprochement entre les comptables. Normalement, si un solde n’est pas soldé, l’écart doit apparaître et être régularisé. Mais chaque année, des gens s’arrangent pour rendre artificiellement les soldes nuls, sans régularisation réelle », a-t-il déclaré.

Mansour Kane dit assumer sa part de responsabilité : « Lors de mon arrestation, j’ai expliqué mon mode opératoire. J’ai exploité une faille, mais je ne protégerai personne. La vérité doit sortir. » Cependant, il refuse de citer d’autres noms, se contentant de suggérer que les pratiques incriminées étaient profondément ancrées dans les rouages du Trésor. « Je ne ferai pas d’accusations gratuites. Mais une chose est sûre : cette pratique existait bien avant moi. »

Ces déclarations jettent une lumière crue sur un système potentiellement gangrené, où les mécanismes de contrôle semblent défaillants et où la fraude aurait pu prospérer pendant plusieurs années, sous le regard complice ou négligent de certains agents.

L’affaire, qui implique déjà plusieurs transitaires et commerçants, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le parquet financier a ordonné des investigations supplémentaires pour démêler l’étendue du réseau, remonter la chaîne des responsabilités et déterminer l’éventuelle implication de hauts fonctionnaires du ministère des Finances.

Affaire des chèques volés au Trésor : des aveux accablants et le cerveau présumé passe aux aveux partiels

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais prend une nouvelle tournure explosive, avec des révélations qui mettent à nu une vaste fraude impliquant transitaires, commerçants et fonctionnaires. Alors que l’enquête se poursuit à la Division des investigations criminelles (DIC), plusieurs acteurs mis en cause dans cette affaire ont commencé à coopérer, allant jusqu’à reconnaître les faits et à rembourser une partie des fonds détournés.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, plusieurs transitaires, parmi lesquels Mamadou Ly, gérant de Médina Transit, ont fait des aveux jugés accablants par les enquêteurs. Ce dernier a reconnu avoir reçu deux chèques d’un montant cumulé de plus d’1,3 milliard de FCFA des mains de son voisin, Pape Galaye Thiaw, un commerçant de téléphones. Il affirme avoir versé à ce dernier une commission de 10%, tout en prétendant ne pas connaître l’origine frauduleuse des chèques.

Même scénario du côté de Lamine Ba, responsable de Touba Darou Salam Transit, qui a admis avoir encaissé des chèques totalisant plus de 1,4 milliard FCFA, également fournis par le même Pape Galaye Thiaw. Ce dernier, aujourd’hui introuvable, est présenté comme un simple exécutant. Selon les témoignages recueillis, il serait trop peu structuré pour avoir lui-même orchestré le vol des chèques, ce qui laisse entrevoir l’existence d’un réseau plus vaste et mieux organisé.

Les investigations ont rapidement mené vers Mansour Kane, un contrôleur du Trésor déjà incarcéré dans une autre affaire de faux chèque portant sur 400 millions FCFA. Plusieurs transitaires l’ont directement désigné comme étant au cœur du système. L’un d’eux, Abdoulaye Ba, de Niany Transit, a déclaré avoir reçu de lui un chèque de 547 millions FCFA moyennant une commission de 12%.

Extrait de prison pour être confronté à ces accusations, Mansour Kane a d’abord tout nié, avant de finir par reconnaître, face aux éléments présentés, avoir remis deux chèques à Ahmed Tidiane Nam et Ramatoulaye Fall. Il a cependant rejeté toute implication dans les autres cas, estimant qu’on cherche à faire de lui le bouc émissaire d’un système plus complexe : « J’ai exploité une faille du système, mais comme je suis le premier à avoir été arrêté, on veut tout me faire endosser », a-t-il déclaré lors de son audition.

Ces confessions ont conduit le parquet financier à demander l’élargissement des investigations. Les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne, pour déterminer l’ampleur exacte de la fraude et identifier les autres complices, notamment au sein de l’administration du Trésor.

Ce scandale met en lumière la vulnérabilité des mécanismes de contrôle dans la gestion des fonds publics et pose, une nouvelle fois, la question de la transparence et de la responsabilité dans les finances de l’État. Le public reste suspendu à l’évolution de cette affaire tentaculaire, dont les ramifications pourraient secouer davantage les institutions concernées.

Affaire du terrain du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao, Abdoulaye Sy et Cie placés sous bracelet électronique

Le dossier explosif relatif à l’assiette fiscale du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, continue de faire tomber des têtes. Après l’inculpation de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, de nouvelles personnalités viennent d’être mises en cause par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Selon les informations du journal Libération dans son édition du mardi 17 juin, Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, a été inculpé pour corruption présumée et placé sous bracelet électronique. Une mesure identique a été prononcée contre Abdoulaye Sy, ex-directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de la Justice, ainsi que contre d’anciens responsables des bureaux des Domaines et du Cadastre de Guédiawaye.

Toujours dans le cadre de cette affaire, un mandat d’amener a été émis contre Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous le régime de Macky Sall, actuellement à l’étranger. Sa traque a été confiée à la Direction de l’Investigation Criminelle (DIC), chargée de son interpellation.

Pour rappel, deux autres mis en cause — l’entrepreneur Cheikh Guèye et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice — avaient été initialement placés sous mandat de dépôt avant de bénéficier eux aussi d’un placement sous bracelet électronique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°488 – 17/06/2025

🔴 LE RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES : ARGUMENT DU MINISTÈRE DES FINANCES POUR JUSTIFIER LA NON-PUBLICATION DES RAPPORTS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : UNE CONTINUITÉ DE DISSIMULATION ?
🔴 ATTAQUE D’ISRAËL CONTRE L’IRAN : DAKAR EN MISSION DE PAIX

🔴 À LA VEILLE DES ÉLECTIONS DE LA FSF ET DES LIGUES : CHEIKH BA PASSE À LA LOUPE LE FOOT SÉNÉGALAIS
🔴 MONDIAL DES CLUBS / VICTOIRE DE CHELSEA : JACKSON S’ILLUSTRE PAR UNE PASSE DÉCISIVE


Affaire NSIA-Senelec : Plus de 2 milliards prélevés sur les comptes de la société nationale, la garantie contestée devant la justice

Un scandale financier secoue actuellement la Senelec, la société nationale d’électricité du Sénégal. Selon des révélations exclusives du quotidien Libération, la banque NSIA a prélevé plus de 2 milliards de francs CFA sur les comptes de Senelec, en application d’une garantie controversée accordée en 2020 au Comité sénégalais pour la sécurité des usagers de l’électricité (Cossuel).

Les faits remontent au 29 septembre 2020, lorsque l’ancienne direction de la Senelec a signé un document engageant la société nationale comme garante à première demande auprès de la NSIA Banque. Cette garantie, référencée sous le numéro Nbs/Corp/Ds/290922020, concernait un financement de 3,3 milliards FCFA destiné à soutenir les activités de contrôle et de certification des installations électriques domestiques et publiques lancées par le Cossuel.

Toutefois, selon les informations obtenues par Libération, le Cossuel n’aurait pas respecté ses engagements contractuels vis-à-vis de la banque, ce qui a conduit la NSIA à activer la garantie. Par conséquent, la banque a directement ponctionné les comptes de la Senelec pour un montant total de 2 206 682 747 FCFA au 10 avril 2025, incluant les appels à garantie et les commissions associées.

Cette situation inattendue a pris la nouvelle direction générale de la Senelec au dépourvu. Constatant ce qu’elle qualifie de « bombe à retardement » financière, elle a décidé de réagir en saisissant la justice. Une sommation-assignation a été déposée devant le tribunal de Commerce de Dakar, demandant l’annulation pure et simple de cette garantie. La Senelec réclame également le remboursement intégral des sommes prélevées, arguant que l’engagement pris par son ancienne direction est nul et de nul effet.

Cette affaire, qui oppose aujourd’hui la société publique à la banque NSIA, soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des garanties financières et la responsabilité des anciens dirigeants dans la signature de contrats engageant lourdement les finances publiques. Le litige est désormais entre les mains de la justice commerciale, qui devra trancher sur la validité de cette garantie et le sort des fonds prélevés.

Migration clandestine : neuf individus interpellés à Jaxaay, la police ouvre une enquête pour trafic de migrants

Une nouvelle tentative de migration clandestine a été déjouée à Jaxaay, dans la banlieue dakaroise. Selon un communiqué officiel transmis à la presse, les éléments du commissariat d’arrondissement de Jaxaay ont procédé à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de traversée illégale vers l’étranger. L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement signalant la présence de candidats à l’émigration irrégulière dans une maison située à l’unité 19 du quartier.

Parmi les neuf individus arrêtés figurent deux Sénégalais et sept ressortissants étrangers. Ces derniers auraient, d’après leurs déclarations recueillies par les enquêteurs, quitté leur pays d’origine, situé dans la sous-région ouest-africaine, pour rejoindre Dakar la veille de la fête de la Tabaski. Leur objectif : organiser une traversée clandestine en direction d’un pays étranger, dont la destination précise n’a pas été communiquée.

L’intervention policière a permis de localiser les suspects dans la maison signalée et de procéder à leur interpellation sans heurts. À l’issue des premières auditions, la police a décidé de placer les sept étrangers en garde à vue pour nécessité d’enquête. Quant aux deux Sénégalais, ils sont poursuivis pour des faits présumés de trafic de migrants, une infraction grave au regard de la législation sénégalaise.

Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué. L’objectif est de remonter la filière, souvent composée de passeurs organisés, de logisticiens et de facilitateurs locaux ou étrangers. La police n’écarte pas l’hypothèse d’un réseau transfrontalier actif dans plusieurs pays de la sous-région.

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des tentatives de migration irrégulière, notamment en direction des îles Canaries. Les forces de sécurité sénégalaises renforcent leurs actions de prévention et de répression à travers des patrouilles, des opérations de renseignement et des actions ciblées dans les zones identifiées comme points de départ ou de regroupement.

Les autorités rappellent aux populations les dangers liés à l’émigration clandestine et appellent à la collaboration citoyenne pour signaler toute activité suspecte. Elles réitèrent leur détermination à lutter sans relâche contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité de jeunes désespérés en quête d’un avenir meilleur.

Justice : Guy Marius Sagna relaxé dans l’affaire qui l’opposait au général Moussa Fall

C’est un tournant judiciaire qui marque un soulagement pour Guy Marius Sagna. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant l’activiste et député à l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall. Statuant sur l’appel interjeté par M. Sagna, la juridiction a infirmé la décision rendue en première instance et prononcé la relaxe pure et simple du parlementaire.

En 2023, Guy Marius Sagna avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 200.000 FCFA, après avoir passé dix jours en détention provisoire. Une sentence prononcée suite à des propos jugés diffamatoires à l’encontre du général Moussa Fall. Le député avait immédiatement fait appel, dénonçant une décision injuste.

Ce lundi, la justice a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, lavant ainsi Guy Marius Sagna de toute accusation. L’activiste s’est réjoui de cette issue favorable via une publication sur sa page Facebook. « Aujourd’hui, la chambre correctionnelle a infirmé le jugement. Statuant à nouveau, la justice a décidé la relaxe, c’est-à-dire : le tribunal m’a déclaré non coupable des accusations du général Moussa Fall », a-t-il écrit.

Guy Marius Sagna a profité de cette décision pour rendre hommage à ses conseils. Il a salué la mémoire de Me Koureichi Ba, qui l’avait défendu en première instance, évoquant un « géant du barreau sénégalais » disparu. Il a également exprimé sa gratitude envers Me Moussa Sarr, son avocat en appel, dont il a loué la plaidoirie et l’engagement : « un autre géant du barreau sénégalais dont les plaidoiries, savoureux délices, ont été mises au service du peuple sénégalais ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°487 – 16/06/2025

🔴 AFFAIRE ASER / ÉMISSION DES GARANTIES SONAC PRODUITES PAR AEE POWER EPC AUX ANTIPODES DES PRINCIPES RÉGISSANT LES ASSURANCES : TAS REMUE LE COUTEAU DANS LA PLAIE
🔴 ALERTE DE ROBERT BOURGI SUR LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE, LE TERRORISME, L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE, ETC : « J’AI PEUR POUR LE SÉNÉGAL »

🔴 LIGUE 2 / DÉCÈS DE MOUSTAPHA SOW : LE MATCH DIAMBARS-CNEPS EXCELLENCE REPORTÉ
🔴 KAOLACK / ÉLECTIONS DE LA LIGUE DE FOOTBALL AMATEUR : TOUS UNIS DERRIÈRE KOSSO DIANÉ !

Affaire AEE Power / Garanties SONAC : TAS remue le couteau dans la plaie

Un nouvel épisode vient secouer la gouvernance des marchés publics au Sénégal. Dans une question écrite adressée au ministre des Finances et du Budget, l’honorable député Thierno Alassane SALL, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), soulève de graves irrégularités dans l’émission de garanties d’assurance par la SONAC au profit de l’entreprise espagnole AEE POWER EPC.

Selon le député, la SONAC aurait délivré des garanties d’un montant total de 56 millions d’euros (environ 36,5 milliards FCFA) à AEE POWER EPC dans le cadre du marché de l’électrification rurale, sans que les primes exigées n’aient été payées à la date d’émission des garanties. Une pratique qui, si elle est avérée, viole frontalement les règles du Code des assurances de la CIMA, notamment l’article 13 qui subordonne la validité du contrat à la perception préalable de la prime.

AEE POWER EPC s’était vu attribuer un marché portant sur l’électrification de localités dans plusieurs régions (Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis, Tambacounda). Comme le veut la procédure, les avances de démarrage et de dépenses engagées, ainsi que la garantie de bonne exécution, ont été conditionnées à la présentation de garanties dûment émises. Mais les documents comptables consultés par le député montrent que les primes n’étaient pas encore virées sur le compte de la SONAC à la date de délivrance des garanties, ce qui jette un sérieux doute sur la légalité de la procédure.

Pire encore, la société AEE POWER Sénégal – filiale locale du groupe espagnol – a saisi à plusieurs reprises l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) pour dénoncer la situation, dès août 2024. À son tour, l’ARCOP a saisi officiellement la SONAC en juillet 2024 pour exiger des preuves de paiement des primes dans un délai de 72 heures. À ce jour, selon Thierno Alassane SALL, aucune réponse n’a été fournie par la société d’assurance étatique.

Dans sa correspondance datée du 12 juin 2025, le député demande expressément au ministre des Finances de fournir la chronologie exacte de la délivrance des garanties et du paiement effectif des primes. En tant qu’autorité de tutelle de la SONAC, le ministre est interpellé pour éclairer les députés, mais aussi l’opinion publique, sur les conditions opaques entourant cette opération.

Cette affaire soulève une fois de plus la problématique de la transparence dans les garanties financières d’État, notamment dans les projets stratégiques financés par des partenaires internationaux. Elle met également en lumière les risques systémiques liés à une gestion laxiste des obligations contractuelles dans les marchés publics.

Alors que le gouvernement Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la reddition des comptes, cette affaire pourrait devenir un test de crédibilité pour les autorités. Les députés, les organismes de régulation et l’opinion attendent désormais des clarifications urgentes sur cette situation, qui pourrait avoir des implications juridiques, financières et diplomatiques.

Arrestation de Moustapha Diakhaté – Reddition des comptes : Alioune Tine fustige les pratiques judiciaires actuelles au Sénégal

Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty International, est monté au créneau ce dimanche 15 juin, lors de son passage à l’émission Jury du dimanche (JDD). Il y a dénoncé avec vigueur la tournure que prend, selon lui, la justice sénégalaise dans le cadre de la reddition des comptes, en particulier à travers l’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien parlementaire.

Pour M. Tine, l’arrestation de Moustapha Diakhaté pour avoir exprimé ses opinions est non seulement injustifiée, mais symptomatique d’un climat de régression des libertés. « Les propos de Moustapha Diakhaté ne méritent pas l’emprisonnement », a-t-il tranché, rappelant que ce dernier, malgré ses excès verbaux, reste une figure politique singulière qui mérite d’être traitée avec discernement et respect.

« Moi-même, j’ai été victime de ses attaques verbales très violentes, mais ce n’est pas une raison pour vouloir le faire taire par la prison », a-t-il ajouté, tout en condamnant fermement les agressions verbales dans le débat public, que celles-ci viennent du pouvoir ou de l’opposition. « Ces violences verbales sont contraires à l’esprit démocratique », a-t-il insisté.

Mais au-delà du cas Diakhaté, c’est l’approche globale de la politique pénale que l’ancien président de la Raddho remet en question. « C’est le principe même de la politique pénale actuelle qui est en cause. On ne devrait pas humilier les gens. On peut pratiquer la reddition des comptes avec fermeté, mais cela doit se faire dans le respect strict des droits humains », a-t-il martelé.

Alioune Tine estime que la judiciarisation des affaires publiques doit s’affranchir des considérations politiques : « Si on laisse la justice faire son travail de manière indépendante, sans pression politique, les citoyens n’auront pas l’impression d’être ciblés ou humiliés. »

L’expert en droits humains appelle donc à une réforme urgente de la politique pénale, pour aligner son fonctionnement sur les obligations internationales du Sénégal. « Le respect de la dignité humaine doit être au cœur de toute procédure judiciaire », a-t-il plaidé.

Dans un contexte marqué par une volonté affichée du nouveau pouvoir d’assainir la gestion publique à travers la reddition des comptes, Alioune Tine alerte sur les dérives possibles. « On ne peut pas réclamer la justice et en même temps sacrifier les principes fondamentaux des droits humains. C’est une contradiction dangereuse pour notre démocratie », conclut-il.

Polémique autour de sa participation au dialogue national : « Si c’était à refaire, je le referais », dixit Abdoulaye Seydou Sow

Invité de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD ce dimanche, l’ancien ministre de l’Urbanisme et actuel maire de Kaffrine, Abdoulaye Seydou Sow, est revenu sur sa participation controversée au dialogue national du 28 mai dernier. Une démarche qu’il assume pleinement, malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son parti, l’Alliance pour la République (APR), alors dans l’opposition.

Réagissant aux critiques sur son choix d’avoir répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye, M. Sow s’est voulu clair : « On ne peut pas boycotter un dialogue, quelles que soient les circonstances politiques. » Il explique avoir partagé cette position au sein du parti lors d’une réunion du sous-comité mis en place par l’ancien président Macky Sall.

Selon lui, la posture du boycott ne servait pas les intérêts de l’opposition : « Je leur ai dit que si ça ne tenait qu’à moi, on prendrait part au dialogue. Le président ne va pas nous faire du tort pour avoir donné notre point de vue. » Et de rappeler que lors du dialogue initié par Macky Sall, certains responsables de l’opposition, dont Oumar Sarr, avaient bien participé malgré l’incarcération de Karim Wade à l’époque.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, deux raisons justifient la présence de l’opposition à ce dialogue : d’abord pour éviter qu’elle « ne se casse », ensuite pour « garder une position face au pouvoir ». Une stratégie politique assumée, qu’il dit avoir défendue devant l’assistance lors de sa prise de parole au dialogue.

M. Sow a également précisé qu’il n’avait pas été informé officiellement de l’interdiction faite aux membres de l’APR de participer au dialogue. « Je l’ai appris à la conférence de presse », confie-t-il. Il cite à ce propos une célèbre formule de Me Abdoulaye Wade : « Si tu manges un repas dont tu ne sais comment il a été préparé, si tu en meurs, tu es responsable de ta mort. » Manière de dégager sa responsabilité et de souligner l’ambiguïté des instructions au sein du parti.

Il rappelle avoir été transparent sur sa décision : « Lors d’une réunion préparatoire, j’ai dit que j’irais au dialogue en tant que maire et en tant que citoyen. Personne ne m’en a empêché. On m’a juste dit qu’on n’encourageait pas les maires à y aller, mais cela n’a rien d’une interdiction formelle. »

Et de souligner, non sans ironie, que le 4 avril dernier, plusieurs présidents d’institutions avaient participé à une rencontre officielle avec le chef de l’État, sans en informer le parti. « Ça aussi, c’est une forme de dialogue », glisse-t-il.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, l’APR commet une erreur stratégique en refusant d’assister au dialogue. Il prend à témoin la participation d’Oumar Youm aux Assises nationales sous Wade pour justifier la pertinence de sa propre démarche : « Si c’était à refaire, je le referais », insiste-t-il, convaincu d’avoir agi dans l’intérêt du débat démocratique.

Réformes électorales : Ndiaga Sylla salue la création d’une Cour constitutionnelle et appelle à la fin de la déchéance électorale automatique

L’expert électoral Ndiaga Sylla a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la création d’une Cour constitutionnelle au Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il a salué cette réforme institutionnelle, la qualifiant de « garantie pour le respect des droits de l’homme ». Il a également souligné que la constitutionnalisation de la Commission électorale, désormais dotée d’une autonomie renforcée, constitue une avancée majeure dans le processus de modernisation du système électoral sénégalais.

Toutefois, Ndiaga Sylla invite les autorités à aller plus loin dans l’esprit de rupture et de refondation démocratique. Il plaide notamment pour la suppression de la disposition du Code électoral relative à la déchéance électorale automatique, qu’il juge contraire aux standards internationaux en matière de droits humains.

Selon lui, cette mesure a injustement empêché plusieurs figures politiques de se présenter à des élections, citant nommément Karim Wade, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, et potentiellement Barthélémy Dias.

« La déchéance électorale automatique dont ont été victimes des acteurs politiques devrait être supprimée en application des standards internationaux », a-t-il insisté.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°486 – 14 ET 15/06/2025

🔴 UMOA TITRES / LEVÉE DE 76,9 MILLIARDS F CFA PAR DAKAR : ABIDJAN RESTE LE 1ᵉʳ INVESTISSEUR
🔴 REPORT DE LA CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LA PALESTINE : DIOMAYE CONFINÉ À DOMICILE

🔴 BAL 2025 : LE SÉNÉGALAIS YOUSSOU NDOYE SUR LE PODIUM
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS / PRÉSENCE DE KOULIBALY, JACKSON ET NIANG : LE SÉNÉGAL S’INVITE EN FORCE

Dakar : deux étrangers arrêtés avec 4 kg de cocaïne, l’OCRTIS remonte une filière internationale

Dans une opération minutieusement préparée, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS) a interpellé deux individus de nationalités étrangères à Dakar. Ces derniers ont été surpris en possession de quatre kilogrammes de cocaïne, une saisie qui vient confirmer les soupçons nourris depuis plusieurs jours sur l’existence d’un réseau actif dans la sous-région.

Les arrestations font suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel précis. Les enquêteurs avaient été alertés par des informations faisant état d’une livraison imminente d’un colis suspect, dont les caractéristiques rappelaient fortement celles de précédentes saisies opérées en Espagne. Le 2 juin 2025, les autorités de Madrid avaient en effet intercepté huit kilogrammes de cocaïne, dissimulés dans les bagages de quatre passagers sénégalais voyageant en tant que GP (gratuits passagers), et soupçonnés de collaborer avec une expéditrice dont le nom circule désormais dans plusieurs enquêtes croisées.

L’intervention des agents de l’OCRTIS à Dakar a permis de mettre la main sur les deux suspects au moment critique, interrompant ainsi une chaîne logistique bien rodée. Une perquisition au domicile de l’un des mis en cause a débouché sur la découverte de quatre cent mille francs CFA en espèces, ainsi que d’objets directement liés à l’activité de trafic de drogue, renforçant les soupçons pesant sur les deux hommes.

Cette nouvelle affaire illustre l’enracinement des réseaux de trafic international au sein de la capitale sénégalaise, qui semble servir de relais ou de point de transit pour des cargaisons à destination de l’Europe. Les autorités policières, en collaboration avec leurs homologues internationaux, poursuivent les investigations dans le but de remonter toute la filière, identifier les complices encore dans la nature et démanteler entièrement ce réseau structuré.

Dans un contexte régional de plus en plus marqué par la recrudescence des trafics de stupéfiants, cette opération confirme la vigilance des services de répression sénégalais et leur engagement à lutter contre l’implantation de cartels sur le territoire national. Les deux suspects devraient être présentés devant les juridictions compétentes dans les prochains jours.

Décès de Mor Seck à Guédiawaye : le commissariat de Yeumbeul-Nord rejette les accusations de la famille

Accusée d’être impliquée dans la mort tragique du jeune Mor Seck à Guédiawaye, la police de Yeumbeul-Nord a tenu à faire une mise au point ferme, réfutant catégoriquement toute implication dans ce drame. Dans une déclaration relayée ce vendredi, les responsables du commissariat ont contesté point par point les allégations formulées par la famille du défunt.

La police a affirmé n’avoir procédé à aucune interpellation d’un individu portant le nom de Mor Seck, ni à son placement en garde à vue dans leurs locaux. Selon leur version des faits, aucune opération policière impliquant un suspect de ce nom n’a été menée, et aucune trace de son identité n’apparaît dans les dossiers du commissariat, y compris parmi les personnes interpellées au cours de leurs récentes interventions.

Les événements survenus le vendredi 30 mai ont été détaillés avec précision. Dans la journée, les agents étaient principalement mobilisés par des opérations de déferrement de suspects vers le parquet, dans le cadre d’enquêtes en cours. En soirée, ils ont conduit des actions de sécurisation de routine, portant sur des délits tels que la consommation de chanvre indien, l’ivresse publique ou des contrôles d’identité. Aucun des individus arrêtés ce jour-là ne portait le nom de Mor Seck, a insisté la police.

En réponse directe à l’accusation visant un certain Assane Karbala, cité par les proches du défunt comme l’un des agents présumés impliqués dans l’agression, la police de Yeumbeul-Nord a affirmé qu’aucun membre de leur personnel ne porte ce nom ou ce surnom. Un agent ayant requis l’anonymat a précisé que seuls deux policiers nommés Assane travaillent dans ce service : l’un est actuellement affecté à la préfecture, l’autre au corps urbain. Aucun d’eux n’est connu sous le sobriquet de « Karbala ».

La localisation présumée de l’incident soulève également des interrogations. Les proches de Mor Seck affirment que ce dernier a été interpellé au niveau du Terminus de la ligne 41. Cependant, les autorités policières rappellent que cette zone ne relève pas de leur juridiction. En d’autres termes, même si une patrouille policière avait été présente à cet endroit, elle ne dépendrait pas du commissariat de Yeumbeul-Nord.

Pour la police, ces accusations sont graves et méritent des preuves concrètes. Elle invite les membres de la famille du défunt à venir formellement identifier les agents qu’ils désignent comme responsables de l’agression. En attendant, elle maintient que ni les faits rapportés, ni les noms mentionnés, ni le lieu évoqué ne sont en lien avec ses opérations.

Ce démenti public s’ajoute aux nombreuses questions que continue de susciter la mort de Mor Seck, et relance le débat sur les responsabilités dans les cas de violence présumée impliquant des agents de l’État. En l’absence d’éléments judiciaires établis, l’enquête devra se poursuivre pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès.

Yeumbeul : deux individus arrêtés avec plus de 45 millions FCFA en liquide

Une importante opération menée par les forces de l’ordre a permis l’interpellation de deux individus à Yeumbeul Comico, dans la banlieue de Dakar, en possession d’une somme impressionnante d’argent liquide. L’intervention, conduite ce jeudi par les agents du commissariat d’arrondissement, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les flux financiers illicites et les formes de criminalité économique.

Selon les informations communiquées par la police nationale via son compte officiel sur le réseau X (anciennement Twitter), les deux suspects transportaient 1.130 billets de 10.000 francs CFA, soit un total de 11.300.000 FCFA. Ils avaient également en leur possession 517 billets de 100 euros, équivalant à environ 33.863.500 FCFA selon le taux de change en vigueur. L’ensemble de l’argent saisi s’élève ainsi à une somme globale de 45.163.500 FCFA, en francs CFA et en devises étrangères.

Les circonstances de cette détention de fonds restent à élucider. Les enquêteurs, mobilisés dès l’interpellation, explorent plusieurs pistes, notamment celle d’un éventuel blanchiment d’argent, d’un trafic illégal de devises ou du financement d’activités criminelles. L’hypothèse d’un lien avec des réseaux de criminalité organisée est également à l’étude. Les services spécialisés ont été saisis pour procéder à des vérifications approfondies sur l’origine des billets, les déplacements des suspects et les éventuelles ramifications internationales de cette affaire.

Les deux individus interpellés sont actuellement placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Yeumbeul. Ils seront entendus dans le cadre d’une enquête préliminaire avant d’être présentés devant le parquet. Il reviendra au procureur de la République de déterminer les chefs d’accusation qui pourraient leur être imputés. Leur placement en détention provisoire pourrait être requis dans l’attente de leur jugement.

Cette saisie spectaculaire rappelle l’ampleur des défis liés à la circulation de fonds illicites dans le pays et souligne la vigilance croissante des forces de sécurité sénégalaises face à ces pratiques aux répercussions économiques et sécuritaires considérables.

Kédougou : sept personnes interpellées pour trafic de peaux d’animaux protégés

Une opération conjointe menée par la Brigade de Recherches du Commissariat de Kédougou et l’ONG ÉGALE Sénégal a conduit, ce jeudi vers 15h, à l’arrestation de sept individus impliqués dans le trafic de produits issus d’espèces animales protégées. L’intervention, déclenchée à la suite d’un renseignement anonyme, a permis de mettre la main sur les trafiquants alors qu’ils s’apprêtaient à conclure une vente illicite à l’hôtel Sankara, situé dans cette localité du sud-est du Sénégal.

Les personnes arrêtées étaient en possession de quatre peaux de léopard et d’une peau d’hyène, toutes issues d’animaux protégés par la législation sénégalaise et les conventions internationales relatives à la conservation de la faune sauvage. L’opération s’est déroulée sans incident, grâce à une coordination rapide entre les autorités locales et les agents de l’ONG engagée dans la lutte contre la criminalité faunique.

Outre les peaux, les forces de sécurité ont saisi un véhicule de type « 7 places » ainsi que trois motocyclettes, utilisés par les présumés trafiquants pour le transport et la logistique de leur activité illégale. Selon des sources proches du dossier, ces moyens de déplacement seraient essentiels dans un réseau bien organisé opérant dans la région frontalière.

Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police. Ils font l’objet d’une enquête pour détention, circulation et tentative de commercialisation de produits dérivés d’espèces animales protégées. Une infraction grave au regard du Code de la chasse et des textes sur la biodiversité en vigueur au Sénégal.

Des agents des parcs nationaux se sont rendus sur les lieux pour constater les faits et évaluer la nature exacte des peaux saisies. Ces dernières serviront probablement d’éléments de preuve dans la procédure judiciaire en cours. L’affaire relance le débat sur le renforcement des moyens de lutte contre le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage dans les zones frontalières du pays.

La conférence internationale sur la Palestine reportée : le Président Diomaye Faye parmi les invités impactés

Prévue pour se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies à New York, la conférence internationale sur l’État de Palestine a été officiellement reportée. L’annonce a été faite ce vendredi 13 juin par le président français Emmanuel Macron, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Élysée. Le report est motivé, selon le chef de l’État français, par des « raisons logistiques et sécuritaires », dans un contexte géopolitique marqué par une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Parmi les chefs d’État invités à cette rencontre de haut niveau figurait le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Sa participation, attendue et symbolique, devait marquer l’engagement renouvelé du Sénégal en faveur de la cause palestinienne, dans la continuité d’une tradition diplomatique forte portée historiquement par Dakar au sein des instances internationales, notamment à travers son rôle au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Malgré le report, le président Macron a tenu à réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la paix et de la solution à deux États. « Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États », a-t-il insisté. Il a également réitéré sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine, indépendamment du calendrier de la conférence, soulignant que cette reconnaissance constitue pour lui un impératif politique et moral.

Le climat régional, particulièrement tendu ces dernières semaines, semble avoir pesé lourd dans la balance. L’intensification des frappes israéliennes sur l’Iran et les craintes d’un embrasement généralisé ont compliqué les conditions d’organisation d’un tel événement à New York, où des chefs d’État, diplomates et représentants d’organisations internationales étaient attendus.

Emmanuel Macron a indiqué que la conférence « aura lieu au plus vite », sans toutefois fournir de date précise pour son report. Il a néanmoins précisé la vision de la France pour la région, affirmant qu’un « État palestinien démilitarisé est un préalable indispensable à l’intégration régionale d’Israël ». Une position qui rejoint les appels récurrents de plusieurs États membres des Nations unies en faveur d’une reconnaissance formelle et d’une solution politique durable.

Pour le Sénégal, ce report n’altère en rien la position constante en faveur de la Palestine. L’administration de Diomaye Faye, dans la lignée de ses prédécesseurs, devrait continuer à porter cette voix dans les cercles diplomatiques, en particulier à l’ONU, où Dakar reste un interlocuteur respecté sur les questions de paix, de sécurité et de droits des peuples.

Affaire de blanchiment et d’escroquerie : la justice confirme la saisie des biens de Farba Ngom et Tahirou Sarr

La Chambre d’accusation financière a confirmé ce vendredi les ordonnances de saisie pénale visant les hommes d’affaires Farba Ngom et Tahirou Sarr, selon des informations rapportées par Seneweb. Ces décisions, rendues par le juge d’instruction financier, s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de capitaux, escroquerie et abus de biens sociaux portant sur plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, a été inculpé le 27 février 2025 pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de blanchiment de capitaux, escroquerie sur des fonds publics à hauteur de 31,8 milliards de FCFA, et complicité d’abus de biens sociaux. Son coaccusé, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, a été mis en cause dès le lendemain, le 28 février, pour les mêmes faits, en plus d’une escroquerie distincte portant sur 25,3 milliards de FCFA. Ces inculpations s’appuient notamment sur un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Dans une ordonnance rendue le 11 mars 2025, le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a ordonné la saisie des comptes bancaires, immeubles, véhicules et autres avoirs appartenant aux deux prévenus. Cette saisie repose sur les dispositions des articles 41-1 à 41-4 du Code pénal, des articles 677-40 à 677-42 du Code de procédure pénale, ainsi que sur l’article 202 de la loi n°2024-08 du 14 février 2024, relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Les avocats des deux mis en cause avaient introduit un recours contre ces mesures, arguant d’un excès de pouvoir et de l’absence de preuves matérielles justifiant une saisie préventive de cette ampleur. Ce recours a été rejeté ce vendredi par la Chambre d’accusation, qui a estimé que les conditions légales étaient réunies pour garantir la préservation des biens litigieux en attendant l’issue du procès.

Cette confirmation judiciaire marque une nouvelle étape dans un dossier à fort retentissement politico-économique, qui met en lumière les efforts des autorités judiciaires pour lutter contre la criminalité financière au Sénégal. Les deux hommes d’affaires restent présumés innocents jusqu’à l’issue définitive de la procédure.

Le procès en première instance pourrait s’ouvrir dans les mois à venir, sauf rebondissement judiciaire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°485 – 13/06/2025

🔴 PREMIÈRE VICTOIRE : SUSPENSION DE LA NOTIFICATION DE CESSATION DE PARUTION DU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION À PUBLIC SN : QUE ÇA NE S’ENDORT PAS SUR SES LAURIERS !
🔴 CONFÉRENCE DE CINQUANTENAIRE : LA CEDEAO CHERCHE UN SECOND SOUFFLE À DAKAR

🔴 « COMMUNIQUÉ INTOLÉRABLE » DU JARAAF : LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA LSFP EXIGE DES EXCUSES
🔴 MERCATO / TRANSFERT AU QATAR : SABALY REJOINT AL-DUHAIL

Arrestations politiques : le juge Dème tire à boulets rouges sur la justice sénégalaise

Alors que plusieurs figures publiques – chroniqueurs, activistes et responsables politiques – ont récemment été arrêtées pour leurs prises de parole dans les médias ou pour offense au chef de l’État, la tension monte autour de la question des libertés publiques au Sénégal. Ces interpellations, largement perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, suscitent une vague d’indignation dans les rangs de la société civile, des défenseurs des droits humains et de l’opposition politique.

Dans ce contexte, la réaction du magistrat Ibrahima Hamidou Dème, connu pour ses positions critiques sur le fonctionnement de la justice, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a dénoncé une justice soumise au pouvoir exécutif, remettant en cause l’indépendance réelle des magistrats. « Comment la justice peut-elle devenir indépendante avec des magistrats qui se comportent toujours en préfets judiciaires, prêts à exécuter toutes les commandes de l’exécutif ? », a-t-il interrogé dans une publication qui fait grand bruit.

Ce coup de gueule intervient dans un climat déjà tendu, où les interpellations pour « délits d’opinion » se multiplient. Plusieurs organisations, dont Amnesty International Sénégal et la Raddho, ont récemment appelé à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice et à garantir la liberté d’expression, pierre angulaire de tout régime démocratique.

Fact-checking – Manifestation du 23 mai 2025 : les quotidiens Les Échos et L’As utilisent une photo datant de 2021

Le 24 mai 2025, les quotidiens sénégalais Les Échos et L’As ont tous deux publié en Une une image identique pour illustrer la manifestation organisée la veille, à Dakar, par le collectif “Rappel à l’ordre”, militant pour la criminalisation de l’homosexualité. Or, l’image en question ne correspond pas à l’événement de 2025 : elle a été prise quatre ans plus tôt, lors d’une autre manifestation sur le même thème.

La photo montre un homme en t-shirt vert, bras levés, arborant le message “And Samm Djiko yi – Non à l’homosexualité”, devant une foule de manifestants. Ce cliché a été utilisé pour appuyer les reportages des deux journaux sur la manifestation du 23 mai 2025. Pourtant, le mouvement “And Samm Djiko yi”, bien visible sur le t-shirt, n’était pas impliqué dans l’organisation de cette mobilisation récente. Imam Babacar Sylla, coordonnateur général du mouvement, avait même déclaré à la presse que cette manifestation visait à “remettre sur la table un texte déjà rejeté à deux reprises par l’Assemblée nationale”, confirmant que son mouvement n’en faisait pas partie.

Une vérification par recherche d’image inversée révèle que cette photographie a été prise le 23 mai 2021, à la Place de l’Obélisque à Dakar, lors d’un rassemblement contre l’homosexualité organisé par des associations religieuses, dont justement “And Samm Djiko yi”. Depuis, elle a été utilisée à plusieurs reprises par des médias, dont La Croix et Le Nouvel Observateur, qui en ont conservé la légende originale précisant le contexte et la date.

Toutefois, cette rigueur n’a pas été suivie par tous. Dans les publications du 24 mai 2025, Les Échos et L’As n’ont fourni aucune précision sur l’origine de l’image ni indiqué qu’il s’agissait d’une photo d’archives. Cette omission peut fausser la perception du public, en donnant l’impression d’une affluence plus importante qu’en réalité lors de la marche de 2025, d’autant plus que les organisateurs ont évoqué une “participation modeste mais symbolique”.

Le photographe à l’origine de l’image, Seyllou, de l’Agence France-Presse (AFP), a confirmé à DUBAWA qu’il avait bien pris ce cliché en 2021. Il a regretté son utilisation non autorisée et hors contexte, affirmant : « En journalisme, une photo non légendée n’est pas une photo de presse. Le plus grave, c’est que ces journaux ne sont même pas abonnés à l’AFP, ce qui signifie clairement que la photo a été piratée. »

Ce n’est pas un cas isolé. Déjà en mai 2025, le journal L’Info avait utilisé pour illustrer une manifestation de la diaspora sénégalaise à Genève une photo prise à Paris en 2021, lors d’un rassemblement du parti Pastef. Face aux critiques, L’Info avait dû publier une note d’excuses.

Conclusion :
L’image diffusée par Les Échos et L’As pour illustrer la manifestation contre l’homosexualité du 23 mai 2025 est une archive datant de mai 2021. Son utilisation hors contexte, sans mention de la date ni de la source, constitue une désinformation visuelle. Ce type de pratique nuit à la rigueur journalistique et induit le public en erreur.

Référé sur excès de pouvoir : le ministre de la Communication désavoué par la Cour suprême

Coup de théâtre dans l’affaire opposant le ministère de la Communication au média Public SN. La Cour suprême a ordonné ce jeudi la suspension de la notification de cessation de parution adressée au média dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision symbolique et juridiquement lourde de conséquences.

L’information a été rendue publique par Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, qui a confirmé que le juge du référé a prononcé la suspension de l’arrêté ministériel contesté. La décision écrite du tribunal est attendue pour le début de la semaine prochaine, entre mardi et mercredi.

Un arrêté ministériel contesté et désormais suspendu

Pour rappel, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) avait pris, en avril dernier, un arrêté ordonnant la cessation de parution et de diffusion d’une dizaine de médias, jugés non conformes aux critères de reconnaissance officielle établis par ses services. L’acte, très critiqué, avait entraîné la fermeture immédiate de plusieurs entreprises de presse et le licenciement de dizaines de travailleurs.

Un premier recours en référé déposé par les avocats de Public SN avait été rejeté pour vice de forme. Cette fois, la requête fondée sur un excès de pouvoir a été jugée recevable. « Le droit a été dit », se félicite Me Kane.

Une victoire pour la liberté de la presse

La décision de la Cour suprême est interprétée comme un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, dont les actes – notamment les fameuses « listes officielles » de médias agréés – sont désormais frappés de caducité.

« C’est une victoire incontestable pour la liberté de la presse et pour l’État de droit », a réagi Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). Il appelle les autorités à revoir en profondeur leur politique de régulation des médias et à privilégier le dialogue plutôt que la répression administrative.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°484 – 12/06/2025

🔴 NOUVELLE CARTOGRAPHIE DES PAYS À HAUT RISQUE DE BLANCHIMENT D’ARGENT ET DE FINANCEMENT DU TERRORISME : SÉNÉGAL « OUT », CÔTE D’IVOIRE « IN » !
🔴 BLOCAGE DE LA REVALORISATION STATUTAIRE DES GREFFIERS : DU « SABOTAGE INSTITUTIONNEL », SELON LE SYTJUST

🔴 LIGUE 1 / COURSE AU TITRE : GORÉE, JARAAF ET OUAKAM AU COUDE-À-COUDE
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS 2025 / GROUPE D’ÉTUDE TECHNIQUE DE LA FIFA : ALIOU CISSÉ PARMI LES MEMBRES

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 JUIN 2025


Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 11 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations aux communautés musulmane et chrétienne du Sénégal, suite au bon déroulement dans la communion et la solidarité de la fête de Tabaski et de la Pentecôte marquées par le succès de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. Il a magnifié l’exemplarité du dialogue interreligieux au Sénégal et demandé au Gouvernement de mobiliser les moyens adéquats en vue d’accompagner au mieux la modernisation des sites religieux ainsi que l’exercice du culte sur l’étendue du territoire national. Il a informé le Conseil de sa décision d’instituer chaque année une rencontre nationale avec les Guides religieux et Chefs coutumiers.

La bonne préparation de la campagne agricole et l’intensification des efforts de promotion de la souveraineté alimentaire du Sénégal constituent une priorité de l’action gouvernementale.
Le Chef de l’Etat a salué toutes les mesures hardies prises par le Gouvernement, depuis l’année dernière, pour améliorer les conditions de préparation, de déroulement et d’encadrement des campagnes de production agricole. Au regard de l’intensification de la pluviométrie dans plusieurs zones éco-géographiques du pays, il a demandé au Gouvernement, notamment au Ministre en charge de l’Agriculture et au Ministre en charge des Finances, d’accélérer les modalités de mise à disposition des semences, engrais et matériels agricoles sur l’étendue du territoire national. Il a souligné la nécessité d’impliquer davantage et de renforcer le rôle des coopératives agricoles communautaires dans le processus de mise en place du dispositif relatif à la campagne de production agricole. Le Président de la République a réitéré que la montée en puissance du programme national de reconstitution du capital semencier passe par une forte implication de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA), organisme scientifique de premier plan, dont les ressources financières et humaines, ainsi que les moyens techniques d’action doivent être significativement renforcés. L’évaluation de l’organisation et du fonctionnement des services techniques de conseil et d’encadrement agricole dudit institut s’impose également.

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement la nécessité de développer les formations professionnelles liées aux métiers agricoles et d’envisager le renforcement des lycées agricoles ou des centres de formation aux métiers de l’agriculture à l’image de l’Ecole nationale supérieure d’Agriculture, socle de la formation d’ingénieurs agricoles. Par ailleurs, il a rappelé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, l’urgence de développer un programme spécial de renforcement des aménagements agricoles et d’actualiser les lettres de mission de la Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), de la Société de Développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) et de la Société de Développement et des Fibres textiles (SODEFITEX), en vue d’une meilleure planification des productions rizicoles, céréalières, cotonnières et des spéculations à haute valeur en termes de commercialisation et de consommation. Il a invité le Gouvernement à accentuer les efforts de relance et d’extension des Domaines agricoles communautaires, mais aussi des Agropoles dont l’implémentation effective dans les sites dédiés doit faire l’objet d’un suivi dans le cadre du monitoring de l’Agenda national de Transformation. Le Chef de l’Etat a, dans le même sillage, invité le Gouvernement à accentuer l’implication et la mobilisation des jeunes dans le développement de l’agriculture et la promotion de la souveraineté alimentaire. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement, notamment au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, au Ministre en charge de la Jeunesse et au Secrétaire d’Etat aux
Coopératives et de l’Encadrement paysan, la nécessité de prendre toutes les dispositions pour une bonne organisation, à Dakar, du 30 août au 05 septembre 2025, de la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires sous le thème « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ».

Afin de soutenir la transformation durable du système agricole national, le Président de la République a informé le Conseil qu’il effectuera, les 12 et 13 juin 2025, une visite économique et de travail dans la région de Saint Louis, à la rencontre des producteurs et industriels du secteur. Dans la même lancée, il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral.

Le Sénégal est un pays doté de plus de 700 kilomètres de côtes ouvertes sur l’océan atlantique et d’un potentiel maritime exceptionnel. Le Chef de l’Etat a, à cet égard, rappelé au Gouvernement l’urgence de finaliser la nouvelle politique maritime du Sénégal en impliquant l’ensemble des acteurs publics, privés et des populations des zones concernées. Il a indiqué au Premier Ministre, la nécessité d’accentuer le suivi de toutes les infrastructures maritimes et portuaires en service, en cours de réalisation ou en projet avec des partenaires bien identifiés.
Il a également demandé au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre de la stratégie de promotion de l’attractivité et de la compétitivité des ports publics et privés du Sénégal et de définir un cadre renforcé d’évaluation des performances des infrastructures maritimes et portuaires nationales. Par ailleurs, il a souligné l’impératif de renforcer le dispositif de coordination de l’action de l’Etat en mer avec la réalisation urgente d’infrastructures spécialisées sous le contrôle de la Haute Autorité chargée de la Coordination de la Sécurité maritime, de la Sûreté et de la Protection de l’Environnement marin (HASSMAR). Le Président de la République a demandé au Gouvernement de poursuivre les concertations régulières avec les acteurs de la pêche artisanale et ceux de la pêche industrielle ainsi que les scientifiques et chercheurs, en vue d’une maitrise stratégique des zones de pêche, de nos ressources halieutiques et fonds marins, dans le respect des lois et règlements et des conventions internationales en la matière. Au regard de l’acuité de la problématique de la pêche dans la vie nationale et de l’importance des sujets relatifs aux océans, dans l’agenda international, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité d’assurer le suivi de l’ensemble des questions relatives à la mer et au développement de l’économie bleue au Sénégal.

Le tourisme demeure un secteur moteur de la relance économique et de la création d’emplois dans les sites et zones dédiés. Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre du Tourisme et de l’Artisanat de finaliser, sous la supervision du Premier Ministre, avec la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), l’actualisation des programmes d’aménagement de nouvelles zones touristiques, en vue d’impulser la relance du secteur avec l’implication des professionnels, investisseurs et acteurs concernés. Il a rappelé, l’urgence de la tenue d’une réunion interministérielle sur le tourisme, pour asseoir la mise en œuvre maitrisée de l’agenda de développement du secteur touristique.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera, du 17 au 19 juin 2025 à New York, à la Conférence sur la Palestine et prendra part, le 22 juin 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO.
Evoquant la question du renforcement des capacités dans la gestion de la commande publique, Monsieur le Premier Ministre, après avoir souligné les constats alarmants relevés dans le cadre de la relecture des contrats et conventions, notamment les cas de surfacturation et de graves violations des règles de passation de marchés, a mis l’accent sur l’importance des marchés publics comme moyens d’exécution des missions de l’Etat. C’est ainsi que le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une formation complète des acteurs à toutes les étapes de la commande publique avec un dispositif de suivi-évaluation des connaissances dispensées.
Le Premier Ministre a retenu que désormais l’exécution correcte des règles relatives à la commande publique, de façon efficace, dans la transparence et dans les délais requis, constitue un critère de performance pour toute entité publique et tout manager public. Le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de proposer, en rapport avec la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) et l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), des termes de référence pour une formation en matière de commande publique avec un programme pertinent tenant compte de la préoccupation des acteurs. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Finances et du Budget de prendre toutes les dispositions pour mobiliser les crédits nécessaires à la prise en charge de cette formation.
Abordant la gestion des urgences hospitalières, le Premier Ministre a rappelé que le gouvernement accorde une priorité élevée à l’accès des populations aux soins d’urgence de qualité dans toutes les structures de santé. Il a aussi insisté sur l’attention toute particulière à accorder à l’amélioration de la qualité des services d’accueil d’urgence afin de donner un visage plus humain à la prise en charge des personnes en détresse. Aussi, a-t-il invité le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à renforcer le dispositif du SAMU national et à travailler en parfaite synergie avec la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers et les autres structures publiques et privées évoluant dans le secteur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– Le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés en perspective des Jeux olympiques de la Jeunesse (JoJ) Dakar 2026 ;

– Le Ministre de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de production de semences de prébase de céréales et de légumineuses pour la campagne agricole 2025-2026.

AU TITRES DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre de la Primature
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un diplôme d’état en médecine, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en remplacement de Dr Aminata DIOP NDOYE.
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
– Monsieur Laurent SINA, Consultant en système de management de la qualité, est nommé Directeur du Laboratoire National de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP), en remplacement de Monsieur Chérif BALDE. Au titre du Ministère des Finances et du Budget
– Madame Souadou DRAME, Economiste, matricule de solde n°619 499/J est nommée Directeur de la Programmation budgétaire, poste vacant.

– Monsieur Serigne Cheikh MBEGUERE, Conseiller en Planification, matricule de solde n°603 378/E, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques en remplacement de Monsieur Samba FALL appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Boubacar CAMARA, Administrateur civil principal, matricule n°616
278/H est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel de la Direction générale
du Budget, en remplacement de Monsieur Abdourakhmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
– Monsieur Baba TALL, Expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar FALL.
Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Monsieur Mamadou Bamba NDIAYE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
– Monsieur Serigne Ahmadou Bamba SY, Ingénieur centralien, Expert en management des projets est nommé Secrétaire général du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en remplacement de Madame Fatou Bintou NDIAYE.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
– Monsieur Abasse Boubou NDIAYE, titulaire d’une licence en gestion de projets, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT) en remplacement de Monsieur Lakhbouss DIAKHATE.
Au titre du Ministère de l’Education nationale
– Monsieur Assane SOW, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde 644
051/J est nommé de Directeur l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE) en remplacement de Monsieur Alioune Badara Diop.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Blocage de la revalorisation statutaire des greffiers : le Sytjust dénonce une « fraude administrative »

Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse le ton face au blocage persistant de la revalorisation statutaire des greffiers et des assistants de greffe et de parquet. En conférence de presse, Me Aya Boun Malick Diop, Secrétaire général du Sytjust, a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude administrative » et de « sabotage institutionnel inadmissible ».

Selon Me Diop, le blocage remonte à 2018, année au cours de laquelle deux décrets avaient été validés en Conseil des ministres pour revaloriser le statut des greffiers. Toutefois, ces textes auraient ensuite été « remplacés en catimini », sans le consentement du président de la République, par d’autres décrets introduisant des conditions nouvelles qui n’étaient ni prévues ni discutées. Pour le syndicaliste, cette manœuvre constitue une grave entorse à la légalité administrative.

« C’est une substitution illégale de décret par des textes frauduleux. Deux décrets ont été signés à l’insu du chef de l’État, introduisant des dispositions contraires à celles initialement arrêtées », a-t-il affirmé. Il pointe du doigt un groupe de juristes au sein de la fonction publique, accusés de bloquer toute tentative de correction à travers des « avis juridiques sans aucune base légale ».

Me Diop évoque une trahison manifeste de la parole de l’État. Il appelle à une réaction forte du chef de l’État, garant des institutions, face à ce qu’il considère comme une dérive grave : « Le président de la République ne saurait rester silencieux. Ce que réclame le Sytjust, c’est simplement le respect d’une décision gouvernementale. »

Face à ce blocage qui dure depuis six ans, le Sytjust en appelle à la « loyauté républicaine » et au respect de l’État de droit. Le syndicat exige la mise en œuvre immédiate des décrets originaux et entend maintenir la pression jusqu’à la réparation complète de ce qu’il considère comme une injustice administrative.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Procès en diffamation contre Vicas et Delta : Dr Cheikh Dieng obtient la réouverture du dossier

Le procès opposant Dr Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), aux entreprises Vicas et Delta connaît un nouveau rebondissement. Initialement jugé par défaut, Dr Dieng a obtenu du tribunal correctionnel de Dakar le report du délibéré qui était prévu le 28 mai 2025. Le dossier sera rouvert, et les débats reprendront le mardi 25 juin, offrant ainsi à l’ex-responsable public la possibilité de présenter sa défense.

À l’origine de ce contentieux, des accusations de diffamation et de propagation de fausses nouvelles formulées contre Dr Dieng, après des déclarations publiques visant les entreprises Vicas et Delta. Selon les informations rapportées ce mercredi par le journal Les Échos, le prévenu entend faire de cette nouvelle audience une tribune pour détailler les raisons qui l’ont poussé à s’exprimer publiquement sur ce qu’il considère comme des dérives graves dans la gestion des marchés de l’ONAS.

Dr Cheikh Dieng affirme que ses accusations sont fondées et s’inscrivent dans une logique de transparence. Il soutient que les sociétés plaignantes sont en réalité des instruments manipulés par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, qu’il accuse d’être à la manœuvre dans ce qu’il qualifie de « prédation organisée ». Il évoque un audit qui aurait mis en lumière des irrégularités financières d’un montant de 440 milliards de FCFA, document qui pourrait constituer un élément central de sa stratégie de défense.

Lors de la dernière audience, à laquelle il n’avait pas assisté, la partie civile avait demandé la condamnation de l’ancien directeur général à verser 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de Vicas et Delta avaient aussi sollicité la publication du jugement dans plusieurs organes de presse à titre de réparation morale. Le parquet, pour sa part, avait requis l’application stricte de la loi pénale à l’encontre de Dr Dieng.

La réouverture du procès intervient donc dans un contexte tendu, où les enjeux économiques se mêlent à des rivalités politiques. L’audience du 25 juin prochain s’annonce cruciale. Elle pourrait marquer un tournant dans cette affaire qui, au-delà du contentieux judiciaire, met en lumière des pratiques opaques dans la gestion de certains marchés publics au Sénégal.

Contentieux autour de Greentech Sénégal : la maison-mère française poursuit sa filiale et sa présidente Hapsatou Sy

Une bataille judiciaire inédite oppose la société française Greentech SA à sa filiale sénégalaise, Greentech Sénégal SA, et à sa présidente Hapsatou Sy. Le différend, déjà porté devant le tribunal de commerce de Dakar, a été évoqué pour la première fois le 2 juin 2025 avant d’être renvoyé au 23 juin pour un examen plus approfondi du dossier.

À l’origine de cette affaire, un partenariat initié en 2021 entre l’entrepreneure franco-sénégalaise Hapsatou Sy et Jean-Yves Berthon, administrateur de Greentech SA. Cette collaboration s’est concrétisée par la création officielle de la société Greentech Sénégal SA le 24 juin 2022. Dans le pacte capitalistique établi à la naissance de l’entreprise, la maison-mère française détenait 72 % des parts contre 24 % pour Hapsatou Sy, qui assurait également la présidence de la filiale.

Greentech SA affirme avoir injecté un montant de 1,72 million d’euros, soit environ 1,13 milliard de francs CFA, pour permettre à la filiale sénégalaise de lancer ses activités. Selon les déclarations de la société française, ces fonds devaient couvrir l’installation des infrastructures administratives et techniques, l’achat de matières premières, l’acquisition d’un terrain à Diamniadio destiné à accueillir une usine, ainsi que des études de marché et des programmes de formation.

Cependant, près de deux ans après la mise en place de la filiale, les activités sont à l’arrêt complet. Le projet d’usine, élément central de l’ambition industrielle à Diamniadio, n’a jamais vu le jour. Un document officiel daté du 7 janvier 2025 révèle que le terrain supposé accueillir l’infrastructure est toujours sous la propriété de la Direction générale du patrimoine de l’État, jetant ainsi le doute sur la réalité des démarches engagées et sur l’utilisation effective des ressources financières mobilisées.

La société mère, s’estimant lésée, pointe du doigt un manque total de transparence dans la gestion de la filiale. Elle affirme avoir débloqué en plus 353 000 euros, soit environ 231,5 millions de francs CFA, pour couvrir des frais liés au foncier et à des études architecturales. Malgré cela, Greentech SA dit n’avoir jamais pu accéder aux comptes ni obtenir de justificatifs fiables sur l’emploi des fonds. C’est pourquoi elle réclame aujourd’hui la désignation d’un expert judiciaire indépendant chargé de vérifier l’utilisation des ressources investies.

Face à ces accusations, Hapsatou Sy rejette en bloc les reproches de la maison-mère. Elle accuse à son tour Jean-Yves Berthon d’avoir volontairement saboté le projet et abandonné les employés sénégalais, laissant l’entreprise dans une impasse totale. Pour elle, la responsabilité du blocage incombe à la partie française.

Le litige, qui illustre les tensions parfois vives dans les partenariats économiques internationaux, sera de nouveau au cœur des débats judiciaires le 23 juin prochain devant le tribunal de commerce de Dakar. L’issue de ce bras de fer financier pourrait bien influencer d’autres initiatives d’investissement entre sociétés européennes et partenaires africains.

Moustapha Diakhaté placé sous mandat de dépôt : un procès pour offense au chef de l’État prévu le 18 juin

L’ancien ministre-conseiller et ex-député Moustapha Diakhaté a été officiellement placé sous mandat de dépôt ce mardi, à la suite d’une procédure engagée contre lui pour offense au chef de l’État. L’information a été rendue publique ce mercredi 11 juin 2025 par son avocat, Me El Hadji Diouf, au cours d’un point de presse organisé à Dakar.

Selon les explications fournies par la défense, l’ancien parlementaire est poursuivi pour des propos tenus récemment sur les réseaux sociaux et dans certains médias, dans lesquels il critiquait une prétendue entorse au protocole républicain lors d’un événement officiel présidé par le chef de l’État. Ces déclarations, considérées par les autorités comme outrageantes, ont suffi à enclencher une procédure judiciaire rapide, qui a conduit à sa convocation par la Division des investigations criminelles (DIC).

Après sa convocation, Moustapha Diakhaté a été placé en garde à vue le mardi 10 juin, avant d’être présenté au parquet et placé sous mandat de dépôt. Il devra ainsi comparaître en flagrant délit devant le tribunal de Dakar le mercredi 18 juin 2025. Ce procès, prévu dans les délais les plus brefs, suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques, médiatiques et juridiques.

Pour Me El Hadji Diouf, cette procédure repose sur une interprétation abusive de la loi relative à l’offense au chef de l’État. Il affirme que son client n’a fait qu’user de son droit à la liberté d’expression pour alerter sur un manquement aux principes républicains. « Il est accusé d’offense au chef de l’État pour avoir dénoncé publiquement ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain. C’est une procédure vide, une tentative manifeste d’intimidation contre la liberté d’expression dans la République », a martelé l’avocat.

Ce dossier relance une fois de plus le débat sur la place de la critique politique dans l’espace public sénégalais. La mise en détention d’une figure aussi connue du landerneau politique, pour des propos tenus dans le cadre d’un débat public, interroge sur la capacité de la justice à rester indépendante face aux pressions politiques. Elle soulève également la question de la pertinence et de la portée de l’infraction d’« offense au chef de l’État », souvent brandie contre des personnalités critiques du pouvoir en place.

Moustapha Diakhaté, ancien collaborateur du président Macky Sall, devenu par la suite l’un de ses détracteurs les plus virulents, n’est pas à son premier différend avec les autorités. Connu pour ses prises de position tranchées, il s’est régulièrement exprimé sur les dérives institutionnelles qu’il attribue au régime actuel, notamment en matière de gouvernance, de libertés publiques et de respect des principes républicains.

Le procès prévu le 18 juin sera donc suivi avec une attention particulière, tant par les observateurs politiques que par les défenseurs des droits humains. Il constituera un test majeur pour l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi pour l’avenir du débat démocratique au Sénégal.

Affaire Samuel Amète Sarr : Une requête pour annuler le renvoi en correctionnelle secoue le dossier West African Energy

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Samuel Amète Sarr, Directeur général de la société West African Energy (WAE), à Moustapha Ndiaye, ancien président du Conseil d’administration de la société. Les avocats de M. Sarr ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une requête aux fins d’annulation de l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle rendue le 2 juin dernier.

Cette procédure fait suite à une longue instruction ouverte pour des faits présumés d’abus de biens sociaux, sur dénonciation de Moustapha Ndiaye, actionnaire évincé de la société. Le dossier, particulièrement sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il implique — notamment la mise en service récente d’une centrale électrique d’un coût de 283 milliards FCFA — est désormais au cœur d’un débat juridique intense sur le respect des droits de la défense.
Selon la requête déposée par les conseils de M. Sarr, les droits de la défense ont été « gravement violés » au cours de l’instruction. L’ordonnance de clôture, prise le 16 mai 2025, n’aurait pas respecté les délais légaux de communication du dossier aux avocats de la défense, comme le prévoit l’article 169 du Code de procédure pénale. Les conseils n’auraient reçu les récépissés de mise à disposition du dossier que le 19 mai, soit après la transmission du dossier au parquet.
Autre manquement invoqué : l’absence d’avis adressé à l’inculpé détenu, comme l’exige l’article 177 in fine du même code. Samuel Amète Sarr, incarcéré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, n’aurait jamais été informé formellement de la clôture de l’instruction.
Les avocats du dirigeant contestent également la base factuelle de l’ordonnance de renvoi. Ils reprochent au juge d’instruction d’avoir fondé ses conclusions sur un rapport du cabinet Mazars, obtenu dans le cadre d’une « procédure convenue » à l’initiative du plaignant, sans validation de la société WAE. Ce type de rapport, selon les textes comptables et juridiques, n’a pas valeur d’audit ni de vérification indépendante.
À l’inverse, une expertise judiciaire commandée par le juge lui-même — et menée par l’expert Alioune Touré — aurait conclu à l’absence de tout préjudice financier pour la société. Ledit rapport relève même que M. Sarr, principal développeur du projet de centrale, n’a jamais perçu de salaire alors qu’une rémunération de 10 millions FCFA par mois était prévue.
Estimant que le magistrat instructeur a « instruit exclusivement à charge », les avocats demandent non seulement l’annulation de l’ordonnance de clôture et du renvoi, mais aussi que la Chambre d’accusation évoque l’affaire et ordonne un supplément d’information.
Une telle démarche, encadrée par l’article 199 alinéa 3 du Code de procédure pénale, permettrait selon eux de restaurer l’équilibre procédural dans un dossier où les enjeux judiciaires se croisent avec des intérêts économiques majeurs : la centrale construite par WAE, d’une capacité de 366 mégawatts, injecte déjà 127 MW dans le réseau de la SENELEC depuis le 5 mai 2025.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°483 – 11/06/2025

🔴 REQUÊTE AUX FINS D’ANNULATION D’UNE ORDONNANCE DE RENVOI EN POLICE CORRECTIONNELLE ET D’ÉVOCATION : LES AVOCATS CONTESTENT
🔴 HAUSSE DE 0,3% DE L’INDICE HARMONISÉ DES PRIX À LA CONSOMMATION : UNE INFLATION MAÎTRISÉE !

🔴 MATCH AMICAL SÉNÉGAL VS ANGLETERRE : VICTOIRE ÉCLATANTE DES « LIONS » (3-1)

Thierno Alassane Sall dénonce une « traque politique » et critique les reniements de Pastef

Dans une récente publication sur le réseau social X, Thierno Alassane Sall, député et président du parti La République des Valeurs, a vivement dénoncé la gestion sécuritaire et judiciaire du régime actuel. Selon lui, au lieu de répondre aux préoccupations majeures des citoyens, notamment en matière d’insécurité, le pouvoir préfère s’acharner sur les opposants politiques.

« L’insécurité est la hantise des populations, les braquages se multiplient, mais le pouvoir s’illustre dans la traque de celles et ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit-il avec amertume. Thierno Alassane Sall dénonce une instrumentalisation flagrante de la justice et des institutions répressives, évoquant une année marquée par un nombre record de convocations et d’emprisonnements pour des propos qualifiés d’offensants. Il souligne l’ironie de la situation, venant d’un groupe politique — allusion claire à Pastef — qui s’est lui-même illustré par l’insulte, la calomnie et l’intimidation comme armes politiques, ce qui selon lui « frise le ridicule ».

L’élu n’épargne pas Pastef, dont il critique les contradictions et les reniements. Le parti, qui avait promis la suppression du délit d’offense au chef de l’État, est selon lui loin d’avoir tenu cet engagement. Pire encore, Thierno Alassane Sall reproche à Pastef et à ses députés d’avoir justifié l’amnistie de présumés criminels liés à des événements violents en invoquant les libertés publiques, tout en se montrant eux-mêmes très intolérants à toute critique ne flattant pas leur position.

Pour conclure, il affirme que Moustapha Diakhaté, récemment convoqué et placé en garde à vue, s’ajoute à la liste des « prisonniers politiques », illustrant selon lui l’usage abusif de la justice pour réprimer l’opposition et museler la liberté d’expression dans le pays.

Convocation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une « violation flagrante de la Constitution sénégalaise »

La convocation de Moustapha Diakhaté par la Division des investigations criminelles (DIC) continue de susciter une vague d’indignation dans la classe politique sénégalaise. Thierno Bocoum, président du mouvement Agir et ancien député, a vivement réagi sur sa page Facebook, dénonçant une « violation flagrante de la Constitution » et une atteinte grave à la liberté d’expression au Sénégal.

Dans une publication virulente, l’opposant a souligné que cette convocation marque un tournant inquiétant pour le régime en place. Selon lui, elle ne s’inscrit pas dans une simple démarche administrative, mais révèle une volonté manifeste de réprimer les opinions divergentes. Bocoum invoque explicitement la Constitution sénégalaise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 9), ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 19), pour rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental garanti tant par le droit national que par les conventions internationales auxquelles le Sénégal est partie.

Il estime que rien, dans une République digne de ce nom, ne justifie qu’un citoyen soit inquiété pour avoir exprimé ses opinions, aussi critiques soient-elles, dès lors qu’elles ne constituent pas des appels à la haine ou à la violence. Pour lui, l’État sénégalais répond désormais aux critiques non pas par des réformes, mais par l’intimidation et la répression.

Thierno Bocoum n’a pas épargné le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir renié les principes qu’il incarnait autrefois. « Le Premier ministre, au lieu d’incarner une rupture avec les dérives du passé, s’est tristement mué en effaceur d’opinions, en l’assumant devant l’hémicycle, là où le pays attendait de lui un bâtisseur d’avenir », écrit-il.

Dans une formule lourde de sens, l’opposant affirme que ce n’est pas Moustapha Diakhaté qui est véritablement visé, mais bien la liberté d’expression dans son ensemble. Il accuse le pouvoir de faire preuve de nervosité, de fébrilité, et d’instrumentaliser les institutions judiciaires pour « traquer les mots, surveiller les esprits et réprimer la pensée ». Selon lui, la justice ne doit jamais être utilisée comme un outil politique, mais rester garante des droits et des libertés fondamentales.

La publication se conclut sur un appel clair : « Relâchez Moustapha Diakhaté et l’ensemble des détenus politiques injustement pris en otage… ». Une déclaration qui vient s’ajouter aux nombreuses voix qui réclament une justice indépendante et respectueuse des droits civils au Sénégal, dans un climat politique de plus en plus tendu.

Affaire ANAMO : Maodo Malick Mbaye dément toute arrestation et confirme sa convocation du 23 juin

Maodo Malick Mbaye, ancien Directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), a formellement démenti l’information selon laquelle il aurait été arrêté à Thiès puis relâché. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par certains organes de presse, est qualifiée de « totalement fausse » par l’intéressé lui-même.

Dans une déclaration intitulée « De Rabat, une volonté manifeste de répondre à la justice sénégalaise », M. Mbaye a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité. Il y explique qu’avant même de quitter Rabat, au Maroc, où il dit avoir des engagements internationaux, il a pris l’initiative de se signaler volontairement auprès du greffe du juge d’instruction du 3ᵉ cabinet du Pool Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur sa gestion à la tête de l’ANAMO.

Il précise que l’enquête en question a été ouverte durant son absence du territoire national et qu’il a tenu à montrer sa disponibilité en informant officiellement la justice de son retour prochain à Dakar. « Contrairement aux fausses informations évoquant mon arrestation à Thiès, je tiens à informer que je me suis volontairement signalé au Greffe du juge d’instruction pour manifester ma disponibilité d’être entendu une fois à Dakar », a-t-il écrit.

Maodo Malick Mbaye a également justifié les raisons de son retour au Sénégal. Selon lui, il s’agit d’une part de répondre à une convocation judiciaire fixée au lundi 23 juin 2025 à 11h, et d’autre part de passer la fête de la Tabaski auprès de sa famille.

L’ancien responsable de l’ANAMO affirme par ailleurs être pleinement disposé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits qui lui sont reprochés. Il se dit serein et confiant dans le processus judiciaire en cours, réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice sénégalaise.

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures engagées par le Pool judiciaire financier visant plusieurs anciens dignitaires de l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Affaire Ismaila Madior Fall : les accusateurs remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’enquête se poursuit

L’affaire de corruption présumée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, connaît un nouveau tournant avec la libération sous contrôle judiciaire des deux principaux accusateurs. Il s’agit de Cheikh Guèye, gérant de la société Technologie Consulting Service (TCS), et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos dans sa parution de ce mardi, les deux hommes, inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis le 19 mai dernier, ont été remis en liberté. Toutefois, ils demeurent sous contrôle judiciaire strict, assorti du port obligatoire d’un bracelet électronique, signe que la justice reste prudente dans le traitement de ce dossier explosif.

L’affaire remonte à plusieurs mois et concerne une série d’accusations graves liées à la gestion d’un projet foncier autour du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Guèye avait publiquement mis en cause Ismaila Madior Fall, l’accusant d’avoir été impliqué dans un montage frauduleux destiné à détourner des deniers publics à travers des surfacturations et des transactions foncières douteuses.

À la suite de ces révélations, une enquête a été ouverte, et les investigations ont conduit à l’inculpation de Cheikh Guèye et de Mohamed Anas El Bachir Wane. Les charges qui pèsent contre eux sont lourdes : association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, ainsi que corruption. Leur mise en détention provisoire avait suscité de nombreuses réactions, certains y voyant une tentative de faire taire des lanceurs d’alerte, d’autres estimant que la justice devait faire la lumière sur l’ensemble du dossier, quel qu’en soit le coût politique.

La décision de les placer sous contrôle judiciaire relance le débat. Elle indique que les juges d’instruction souhaitent poursuivre les investigations dans un climat apaisé, tout en gardant un œil sur les principaux protagonistes de l’affaire. La présence du bracelet électronique témoigne de la sensibilité du dossier et des risques d’entrave à la procédure.

De son côté, Ismaila Madior Fall, qui n’a pas été formellement inculpé, continue de nier toute implication dans une quelconque affaire de corruption. L’ancien garde des Sceaux, aujourd’hui en retrait de la scène politique, n’a jusque-là pas été entendu par la justice dans le cadre de cette procédure.

Alors que l’opinion publique suit l’affaire de près, notamment en raison du profil des personnalités concernées et des implications potentielles pour la gouvernance publique, les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir judiciaire des deux accusateurs et pour l’éventuelle mise en cause d’autres responsables.

Ce dossier, qui touche le cœur même du système judiciaire, soulève une nouvelle fois la question de la transparence dans la gestion des marchés publics et de la reddition des comptes dans les sphères de décision.

Moustapha Diakhaté placé en garde à vue par la DIC après son audition

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue ce mardi 10 juin à l’issue de son audition par la Division des investigations criminelles (DIC), à Dakar.

Selon des sources proches du dossier, M. Diakhaté est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du chef de l’État, des délits prévus par le Code pénal sénégalais.

Son audition intervient quelques jours après des déclarations virulentes tenues dans la presse et sur les réseaux sociaux, au cours desquelles il avait accusé le régime actuel d’autoritarisme et comparé la gouvernance du parti Pastef à une dérive fascisante. Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, tant dans la classe politique que dans l’opinion publique.

Moustapha Diakhaté pourrait être déféré dès demain mercredi devant le parquet, en attendant une éventuelle décision du procureur de la République.

Cette arrestation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal, dans un contexte politique tendu marqué par une polarisation accrue et une montée des tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°482 – 10/06/2025

🔴 CÉLÉBRATION DE LA TABASKI LE MÊME JOUR À TOUBA, MÉDINA BAYE, TIVAOUANE, YOFF DIAMALAYE, GRANDE MOSQUÉE DE DAKAR, ETC : UNISSON DE LA FOI DANS LES VILLES SAINTES
🔴 137E PÈLERINAGE MARIAL DE POPENGUINE : LA MAURITANIE, INVITÉE D’HONNEUR

🔴 MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL À L’ASSAUT DE L’ANGLETERRE

Pénalisation de la liberté d’expression : Moustapha Diakhaté convoqué à la DIC pour ses déclarations dans la presse

Moustapha Diakhaté, ancien ministre conseiller et figure bien connue de la scène politique sénégalaise, a annoncé avoir reçu une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite de propos tenus dans la presse. Cette nouvelle convocation, qu’il relie à ses prises de position publiques, relance le débat sur la liberté d’expression et les méthodes de traitement des voix dissidentes au Sénégal.

Selon ses propres mots, Diakhaté a été contacté par téléphone, le vendredi 6 juin 2025 à 10 heures 37 minutes, par un fonctionnaire de police qui lui demandait de se présenter à la DIC le même jour à 15 heures. L’ancien député a alors exigé une convocation écrite et des précisions sur les motifs exacts de cette demande. Faute de réponse, et après avoir attendu jusqu’à 15 heures 40 minutes, il a choisi d’honorer un autre engagement de longue date.

Ce n’est que trois jours plus tard, le lundi 9 juin à 17 heures 35 minutes, que le délégué de quartier lui a remis la convocation officielle, lui demandant de se présenter à la DIC le mardi 10 juin à 10 heures. Tout en rappelant son attachement au respect des lois de la République, Moustapha Diakhaté a confirmé qu’il répondrait présent à cette convocation.

Mais au-delà des faits, c’est le ton du message de Diakhaté qui frappe. Dans une déclaration largement partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce une politique d’« épuration » orchestrée, selon lui, par le parti Pastef au pouvoir. Il qualifie ce dernier de « premier parti fasciste africain » et accuse l’État dirigé par le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir « faire disparaître toute vraie opposition, toute presse libre, tout État de droit et toute démocratie pluraliste ».

Moustapha Diakhaté affirme que le régime actuel cherche à s’arroger le monopole de l’espace politique sénégalais, dans une logique d’élimination systématique de toute contestation. Il en appelle à un sursaut démocratique, rappelant la leçon de l’histoire européenne et citant les mises en garde de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel à propos de la fragilité des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Diakhaté met en garde contre une possible dérive autoritaire du Sénégal, en comparant les dynamiques actuelles à celles qui ont précédé l’instauration des régimes fascistes en Allemagne et en Italie au XXe siècle.

Pour lui, le combat pour les libertés et la démocratie ne saurait être suspendu sous la pression de convocations policières ou de procédures judiciaires. Il affirme, dans un ton résolument combatif, qu’aucune convocation ni condamnation ne l’empêchera de poursuivre sa lutte contre ce qu’il appelle le « pouvoir fasciste, anti-Sénégal, traître à la nation ». Il conclut sa déclaration par une citation de Noam Chomsky, soulignant que les droits ne sont pas accordés mais conquis par la lutte.

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, mais aussi par une sensibilité accrue autour de la gestion de la parole publique et des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur des poursuites, ou si elle s’inscrit dans une série d’interrogations politiques sur les limites de la liberté d’expression dans le Sénégal post-alternance.

Déploiement militaire à Los Angeles : les gouverneurs démocrates dénoncent un « abus de pouvoir alarmant »

Les tensions entre la Maison Blanche et les autorités locales ont franchi un nouveau cap ce dimanche, alors que plusieurs gouverneurs démocrates ont vivement critiqué la décision du président Donald Trump de déployer 2.000 soldats de la Garde nationale à Los Angeles. Cette initiative a été prise contre l’avis du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, suscitant une vague de réprobation au sein des responsables démocrates.

Dans un communiqué conjoint, les gouverneurs ont qualifié la mesure d’ »abus de pouvoir alarmant ». Ils ont souligné qu’il est essentiel de respecter l’autorité exécutive des gouverneurs pour le déploiement et la gestion de leurs propres unités de la Garde nationale. Ce geste unilatéral du président, selon eux, compromet dangereusement l’équilibre des pouvoirs et la gouvernance locale, dans un contexte déjà marqué par une forte polarisation politique.

Les signataires du communiqué ont réaffirmé leur soutien à Gavin Newsom, estimant que ce dernier, en tant que gouverneur élu, est le seul habilité à décider des conditions d’engagement de la Garde nationale sur le territoire californien. Ce nouvel épisode vient accentuer les tensions entre l’administration fédérale et les États démocrates, souvent en désaccord sur les questions de sécurité intérieure et de maintien de l’ordre.

Tabaski 2025 : le Sénégal dépasse ses besoins en moutons avec un taux de couverture de 114 %

À l’occasion de l’Aïd El-Kébir 2025, le Sénégal a enregistré une performance inédite dans la gestion de l’approvisionnement en moutons. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a annoncé que les besoins nationaux ont été couverts à 114 %, saluant une mobilisation exemplaire des acteurs de la filière.

« Le marché a été extrêmement bien ravitaillé, avec un taux de couverture dépassant les attentes », a déclaré le ministre, samedi, après la prière de l’Aïd célébrée à la mosquée Massalikoul Jinaan, à Dakar. Cette abondance résulte d’une stratégie de coordination rigoureuse, déployée à travers 296 marchés à bétail répartis sur l’ensemble du territoire.

Le ministre a souligné que l’effort a particulièrement bénéficié aux ménages les plus modestes, qui ont pu accéder plus facilement à un mouton, grâce à une meilleure régulation de l’offre et une relative stabilité des prix.

Cette réussite, selon Mabouba Diagne, s’explique aussi par l’appui direct des plus hautes autorités : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont soutenu les éleveurs en distribuant 2 570 tonnes d’aliments pour bétail, facilitant ainsi la préparation et l’acheminement du cheptel vers les zones de consommation.

Au sortir de la prière, le ministre a formulé des vœux de paix, de prospérité et de cohésion nationale, appelant les Sénégalais à préserver « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui a marqué cette fête. « Continuons de prier pour la stabilité de notre pays et pour le pardon divin », a-t-il conclu.

Avec cette Tabaski réussie sur le plan logistique, le gouvernement confirme sa volonté d’assurer une souveraineté alimentaire progressive et un soutien concret aux producteurs locaux, en droite ligne avec les priorités affichées du nouveau régime.

Thiès : quatre individus arrêtés pour vol à Grand Standing, une arme et des objets divers saisis

Alors que les préparatifs de la Tabaski battent leur plein, les autorités redoublent d’efforts pour faire face à la recrudescence des actes de délinquance. Dans ce contexte, le poste de Police des Parcelles Assainies de Thiès a mis la main sur un groupe de présumés cambrioleurs à la suite d’un vol commis dans un domicile au quartier Grand Standing.

Selon les informations relayées par la Direction de la Police nationale, quatre individus ont été interpellés dans le cadre de cette affaire. L’opération, menée avec efficacité par les éléments du poste de police local, a permis non seulement l’arrestation des suspects, mais aussi la perquisition de leurs domiciles, qui a révélé un important butin.

Parmi les objets retrouvés figurent une arme à feu de type revolver, chargée de neuf cartouches, ce qui soulève des inquiétudes sur le niveau de dangerosité du groupe. Outre l’arme, les enquêteurs ont mis la main sur une quinzaine de téléphones portables, un réfrigérateur, une cuisinière, une tablette numérique, ainsi que des articles plus insolites comme un sac d’oignons et un sac de pommes de terre, vraisemblablement issus du même cambriolage.

Les quatre suspects ont été placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de poursuivre leurs investigations et de déterminer les circonstances exactes du vol, ainsi que l’existence éventuelle d’autres victimes ou complices.

Les forces de sécurité appellent les citoyens à redoubler de vigilance, particulièrement en cette période de fêtes propice aux actes de banditisme. Elles rappellent également l’importance de signaler tout comportement suspect ou toute présence inhabituelle dans les quartiers.

Rapatriement du Niger : ADHA dénonce une gestion « indigne » des migrants sénégalais

Soixante-huit ressortissants sénégalais ont été rapatriés du Niger ce mardi 4 juin. Si ce retour a été salué sur le plan humanitaire, il soulève aussi une vive controverse. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) fustige les conditions d’accueil réservées aux migrants, qu’elle qualifie de « dégradantes » et contraires aux engagements internationaux du Sénégal.

« Après avoir survécu à l’enfer en Algérie, puis à six mois de détention dans les camps d’Assamaka, d’Arlit et d’Agadez, ces migrants ont été accueillis à Dakar dans un établissement notoirement inadapté, connu pour abriter des activités incompatibles avec la dignité humaine », dénonce l’ADHA. L’organisation s’alarme également de l’absence totale de prise en charge psychologique et médicale, malgré les traumatismes vécus par ces rapatriés.

Selon le communiqué (n°CP016-0625), l’ADHA avait pourtant alerté les autorités sur la nécessité d’un accompagnement adapté, notamment pour les plus vulnérables. « C’est une négligence grave et un affront aux principes fondamentaux des droits humains », estime l’ONG.

Pour ADHA, cette situation traduit un manquement aux obligations juridiques et éthiques du Sénégal, tant au niveau national qu’international. « L’État a le devoir d’assurer à ses ressortissants un retour dans des conditions respectueuses de leur dignité, et non de les reléguer dans l’indifférence », rappelle l’organisation.

L’ONG attire également l’attention sur les dizaines de Sénégalais encore bloqués dans les camps nigériens. Parmi eux, une femme et ses deux enfants vivraient dans des conditions qualifiées d’« extrêmement précaires ». ADHA lance un appel pressant pour un rapatriement rapide et digne de ces personnes.

« Ces migrants sont avant tout des êtres humains, porteurs de rêves et de souffrances. Ils méritent d’être accueillis avec respect, solidarité et compassion », conclut ADHA, en appelant les autorités sénégalaises à revoir en profondeur leur politique migratoire.

Ce nouveau signal d’alerte relance le débat sur la manière dont le Sénégal traite ses citoyens en situation de vulnérabilité à l’étranger, et sur la nécessité d’un dispositif national cohérent et humain de retour et de réintégration.

Cheikh Mbacké Gadiaga interpellé par la Section de recherches après une plainte pour diffamation de Gabrielle Kane

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane a interpellé ce jeudi le journaliste Cheikh Mbacké Gadiaga, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’activiste et féministe Gabrielle Kane. Cette dernière accuse le directeur de publication du site Sénégalinfo de diffamation et d’injures publiques.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, Gabrielle Kane affirme être la cible, depuis plusieurs mois, d’une « campagne de discrédit » menée par deux plateformes médiatiques : Le Verdict News, dirigé par Badara Ngom, et Sénégalinfo, dont Gadiaga est responsable. Elle cite notamment un article publié en Une du Verdict News le 7 décembre 2023, qui la présentait sous un titre particulièrement agressif : « Gabrielle Kane, une grosse ratée qui veut assainir son image à travers la magie du petit écran ».

En page intérieure, le contenu allait plus loin, qualifiant l’activiste de « dévergondée » et de « pétasse ratée », dans des termes que les avocats de Gabrielle Kane jugent « insultants, humiliants, mensongers et attentatoires à la dignité humaine ».

La plaignante met l’accent sur la dimension publique de ces propos, publiés dans un média largement diffusé et accessible à un vaste public. Pour elle, il ne s’agit pas d’un simple dérapage journalistique, mais d’une campagne de haine qui a nui à son image, à sa réputation et à son engagement public.

Les faits reprochés sont susceptibles de relever des délits de diffamation et d’injures publiques, conformément aux articles 248 et 258 du Code pénal sénégalais. Gabrielle Kane demande non seulement l’établissement des responsabilités pénales, mais également la réparation intégrale du préjudice moral subi.

Pour l’heure, Cheikh Mbacké Gadiaga est entendu par les enquêteurs. Il devrait être présenté prochainement au procureur si les charges sont jugées suffisamment étayées.

L’affaire relance le débat sur les dérives de la presse en ligne et la régulation de l’espace médiatique, à l’heure où les réseaux sociaux et certains sites d’information s’affranchissent de plus en plus des règles élémentaires de déontologie.

Haute Cour de Justice : la Commission d’instruction enclenche l’étape des convocations

La procédure judiciaire engagée contre plusieurs anciens ministres sénégalais connaît une nouvelle évolution. La Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a décidé de franchir une étape cruciale : celle des convocations officielles. Cette phase marque l’entrée dans le cœur du processus d’instruction, avec des auditions attendues qui devraient permettre de faire la lumière sur les dossiers en cours.

Après une première vague d’inculpations ayant concerné des personnalités de premier plan, la justice sénégalaise accélère la cadence. Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines, fait l’objet d’un mandat de dépôt. Ndèye Saly Diop Dieng, ex-ministre de la Femme, a été placée sous contrôle judiciaire. Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soumis à un port de bracelet électronique. Quant à Moustapha Diop et Amadou Mansour Faye, ils sont également incarcérés, sous mandat de dépôt.

Selon les informations relayées par le quotidien Libération, la Commission d’instruction a désormais transmis une série de convocations à la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de les notifier aux personnes concernées. Ces convocations visent des individus cités dans les enquêtes en cours, notamment dans l’affaire emblématique impliquant Sophie Gladima. D’après les mêmes sources, certaines de ces personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle clé dans la chaîne de décisions ou dans la gestion de fonds publics relevant du ministère des Mines.

La démarche marque une intensification des travaux de la Haute Cour, qui semble déterminée à établir toutes les responsabilités, au terme d’un processus rigoureux mais inédit dans l’histoire institutionnelle récente du pays. Cette dynamique judiciaire, inédite à cette échelle, est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les questions de reddition des comptes et de transparence dans la gestion publique occupent le devant de la scène politique.

Les auditions qui découleront de ces convocations devraient ouvrir une nouvelle séquence, susceptible d’alimenter aussi bien les débats juridiques que les tensions politiques. Pour l’heure, aucun calendrier officiel des auditions n’a été communiqué, mais les convocations notifiées par la DIC laissent présager des développements imminents.

La Haute Cour de Justice, jusque-là rarement mobilisée, devient ainsi un acteur central dans ce qui s’apparente de plus en plus à une vaste opération de moralisation de la vie publique. Reste à savoir jusqu’où cette procédure ira, et quels nouveaux noms pourraient être entendus dans les prochaines semaines.

Trafic de faux médicaments à Thiaroye : 26 sacs saisis, 7 dépôts illégaux démantelés

Une vaste opération de lutte contre le trafic de médicaments contrefaits s’est déroulée ce lundi 2 juin 2026 au marché de Thiaroye. Menée par la Brigade Nationale de Lutte contre la Piraterie et la Contrefaçon (BNLPC), en étroite collaboration avec l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), cette intervention ciblée a permis de démanteler sept dépôts illégaux et de saisir vingt-six sacs remplis de médicaments illicites.

L’opération, soigneusement planifiée, s’inscrit dans le cadre de la riposte nationale contre la prolifération des médicaments falsifiés, un fléau sanitaire en pleine expansion au Sénégal. Les produits saisis étaient destinés à être vendus sur le marché parallèle, échappant à tout contrôle de qualité ou d’origine, mettant ainsi gravement en danger la santé des citoyens. Les médicaments contrefaits, souvent mal dosés, mal conservés ou composés de substances toxiques, peuvent provoquer des effets dévastateurs, voire mortels.

Selon les autorités, les dépôts démantelés étaient habilement dissimulés dans les allées du marché de Thiaroye, et approvisionnaient une filière informelle bien organisée. L’envergure de la saisie témoigne de l’ampleur du phénomène. Ce trafic, aussi discret que lucratif, gangrène à la fois la santé publique et l’économie légale du secteur pharmaceutique. Il affaiblit la confiance dans les circuits de distribution officiels et favorise l’impunité de réseaux transnationaux souvent difficiles à tracer.

À l’issue de cette opération coup de poing, la BNLPC et l’ARP ont réaffirmé leur détermination à intensifier la lutte contre les contrebandiers. Des enquêtes ont été immédiatement ouvertes afin de remonter toute la chaîne logistique impliquée, depuis les fournisseurs jusqu’aux distributeurs finaux. Les autorités n’excluent pas d’éventuelles ramifications internationales.

Par ailleurs, un appel a été lancé aux populations. Les autorités exhortent les citoyens à ne pas acheter de médicaments en dehors des circuits agréés — notamment les pharmacies — et à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre ou aux services de santé. La vigilance communautaire est jugée essentielle pour freiner la progression de ce commerce clandestin, dont les conséquences peuvent être dramatiques.

LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : Mame Boye Diao éclaboussé

Un nouveau scandale foncier secoue la haute administration sénégalaise. Au cœur de l’affaire, un terrain qui serait illégalement attribué par Mame Boye Diao, directeur des Domaines à l’époque, à l’homme politique Fabouly Gaye, qui l’a ensuite revendu à un commerçant. À la plus grande surprise de ce dernier, le bien, qui lui a été cédé à 70 millions F CFA, fait en réalité partie du domaine national.

L’histoire commence en 2022. Mame Boy Diao, alors tout-puissant Directeur général des Domaines sous le magistère du président de la République, Macky Sall, signe un acte d’attribution foncière au profit de Fabouly Gaye, figure politique de la région de Kolda et acteur influent de la vie locale. Jusque-là, rien d’extraordinaire dans un pays où les faveurs foncières entre proches du pouvoir se traitent à huis clos et se matérialisent sur du papier à en-tête de la République.
Mais l’affaire prend une tournure explosive lorsque Fabouly Gaye revend le terrain à un commerçant établi à Dakar, désireux de construire un entrepôt pour étendre ses activités. Le commerçant, confiant, engage des frais, prépare son projet, sollicite les autorisations. Et c’est là que le couperet tombe : la direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DSCOS) lui notifie que le terrain est classé dans le domaine public, donc inaliénable et inconstructible. Autrement dit, il n’appartient ni à Fabouly Gaye, ni à personne, et ne pouvait légalement faire l’objet d’une transaction.
Le document d’attribution est pourtant formel. Il est signé par Mame Boye Diao en personne, dans l’exercice de ses fonctions de directeur des Domaines. Ce n’est pas un faux, ni une contrefaçon artisanale. Il s’agit d’un acte authentique, mais d’une légalité douteuse, car il attribue à un particulier un bien appartenant au domaine public de l’État ; ce que la loi interdit formellement.
La question est simple, mais explosive : comment un directeur des Domaines a-t-il pu attribuer un terrain non cessible ? Erreur ? Négligence ? Complicité ? Manipulation ? La justice est désormais saisie, mais à ce jour, seul Fabouly Gaye a été arrêté, soupçonné d’escroquerie et de recel de bien public. Pendant ce temps, Mame Boye Diao, signataire de l’acte originel, circule librement, sans convocation judiciaire ni commentaire public.

SYNOPSIS

Vu que Fabouly n’a pas été trouvé chez lui, sa convocation lui a finalement été envoyée via Whatsapp. Par la suite, il l’a transférée à Mame Boye Diao pour lui dire qu’il faut régler cette affaire qui risque de les faire couler tous les deux. C’est ainsi que Mame Boye Diao lui aurait proposé de vendre un terrain qui leur appartiendrait tous les deux pour que le commerçant puisse rentrer dans ses fonds, s’élevant à soixante-dix (70) millions F CFA. Toutefois, Fabouly n’a pas trouvé l’idée ingénieuse car son acolyte est très connue dans les hautes sphères de l’administration publique. Ainsi, lui a-t-il proposé de régler le problème d’une autre manière. Ce que Mame Boye Diao a approuvé. Mais, malheureusement pour Fabouly, il n’aura pas de retour de ce dernier jusqu’à son arrestation hier, mercredi. L’adjoint au maire se trouve actuellement dans les geôles de la gendarmerie de Thiong.
D’après des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », des proches de Mame Boye Diao, jusque vers minuit dans la soirée d’hier, s’affairaient dans les locaux de la gendarmerie afin que l’affaire ne tombent pas entre les mains des journalistes. Ils quémandaient la clémence du commerçant, lui promettant de solder entièrement les 70 millions F CFA. Les négociations n’ont pas abouti. Fabouly a passé la nuit à la brigade de Thiong, en position de garde à vue.
Dans cette affaire, un commerçant qui a cru aux documents officiels de l’État, investi, planifié, s’est retrouvé avec un terrain inexploitable et un projet ruiné. Une situation tristement banale pour de nombreux investisseurs, petits ou grands, dans un pays où le flou administratif et l’arbitraire bureaucratique alimentent une instabilité foncière chronique.
Mais cette fois, le dossier est trop emblématique pour rester dans l’ombre. Car il expose au grand jour le dysfonctionnement au sommet de la gestion foncière nationale. Que vaut une signature d’un commis de l’État si elle ne garantit ni propriété, ni sécurité juridique ? Et que vaut l’égalité devant la loi si seuls les seconds couteaux sont inquiétés, pendant que les auteurs premiers des actes illégaux sont épargnés ?
Le nouveau régime, issu de la rupture politique de 2024, s’est présenté comme le porte-étendard de la moralisation de la vie publique. Cette affaire est un test de crédibilité. En effet, Mame Boy Diao n’est pas un fonctionnaire lambda : il est devenu, depuis son départ des Domaines, une personnalité politique active, proche de certaines composantes de l’actuel pouvoir, voire pressenti dans certains cercles pour des fonctions de plus haut niveau.
Laisser cette affaire se refermer sur Fabouly Gaye seul serait un aveu de continuité dans l’injustice. Et ce serait renoncer à l’État de droit, à la transparence et à la rupture promise. La société sénégalaise, de plus en plus vigilante et connectée, ne se satisfait plus des boucs émissaires. Elle exige la traçabilité des actes et la reddition des comptes.
Mouhamadou CISSÉ

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°481 – 05/06/2025

🔴 LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : MAME BOYE DIAO DANS LA SAUCE
🔴 DIALOGUE NATIONAL / LES MODES DE SCRUTIN : LE SUJET QUI FÂCHE !

🔴 LIGUE 1 / AS PIKINE VS GUÉDIAWAYE À THIÈS : L’ÉQUILIBRE DE LA TERREUR !
🔴 UEFA U18 / TIRS AU BUT : LE SÉNÉGAL NEUTRALISE LE JAPON

Scandale foncièr : Fabouly Gaye arrêté pour un terrain fantôme, Mame Boye Diao vaque à ses besoins

Un parfum de scandale plane à nouveau sur la gestion du foncier au Sénégal. Fabouly Gaye, figure politique connue à Kolda, a été interpellé ce matin dans une affaire de vente frauduleuse de terrain. L’homme aurait cédé une parcelle à un particulier… qui, après vérification auprès du DSCOS (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol), découvre que ladite parcelle n’existe tout simplement pas. Terrain fictif, argent bien réel. Une arnaque de haut vol qui rappelle les travers persistants de l’administration foncière.

 

Mais ce qui agite davantage l’opinion, c’est le nom de celui qui aurait initialement « attribué » ce terrain : Mame Boy Diao, ancien directeur des Domaines sous Macky Sall. Un nom bien connu du sérail, longtemps considéré comme un technocrate ambitieux et méthodique, aujourd’hui réputé proche des cercles du pouvoir Diomaye-Sonko. Pendant que Fabouly Gaye goûte aux rigueurs de la garde à vue, Mame Boy, lui, vaque tranquillement à ses occupations. Deux poids, deux mesures ?

 

Selon les premières sources proches du dossier, Fabouly Gaye aurait produit un document d’attribution signé du temps où Diao était aux commandes de la Direction des Domaines. Un document que la DSCOS n’a pas retrouvé dans ses archives, et qui serait donc,jusqu’à preuve du contraire, un faux en bonne et due forme. La justice, saisie, devra déterminer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’un système bien huilé, où certains noms servaient de caution morale à des opérations spéculatives aux contours mafieux.

 

Dans un pays où la question foncière vire souvent au chaos et alimente un ressentiment populaire croissant, cette affaire risque de faire tache. Car elle pose une question brûlante : comment un ancien directeur des Domaines peut-il être lié à une attribution fantôme sans être immédiatement inquiété ?

 

À ce jour, ni la Cour des Comptes ni l’OFNAC n’ont officiellement réagi. Mais dans les couloirs feutrés de l’administration, l’affaire fait grincer des dents. La transition politique amorcée le nouveau regime avait suscité l’espoir d’un nettoyage en profondeur des pratiques opaques. L’affaire Fabouly Gaye sonne comme un test grandeur nature pour le nouveau régime, qui doit prouver qu’il ne protège aucun parrain, fût-il ancien camarade de parti ou soutien silencieux.

 

Le foncier reste au Sénégal un miroir fidèle de la gouvernance : opaque, sensible et hautement politique. Si l’impunité prévaut une fois de plus, alors la rupture tant promise n’aura été qu’un mirage.

 

Affaire à suivre… de très près.

 

Thiès : 140 kg de chanvre indien saisis par la Brigade régionale des Stupéfiants

Une importante saisie de drogue a été opérée par l’Unité de Lutte de Mbour de la Brigade régionale des Stupéfiants de Thiès, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Au total, 140 kilogrammes de chanvre indien ont été interceptés lors d’une opération ciblée.

Selon les informations fournies par la Police nationale, la saisie a été réalisée à la suite d’une mission de patrouille et d’investigation menée sur la plage de Mbaling. Les agents, qui opéraient sur la base de renseignements, ont réussi à mettre la main sur la marchandise illicite avant qu’elle ne soit écoulée sur le marché.

Cette nouvelle opération vient renforcer la lutte active menée contre le trafic de drogue dans la région de Thiès, l’une des zones régulièrement surveillées par les services spécialisés. Aucune information n’a encore été divulguée sur d’éventuelles interpellations liées à cette saisie, mais les investigations se poursuivent pour remonter les filières impliquées.

Affaire Lat Diop : la Cour suprême statue le 19 juin sur le pourvoi du parquet contre sa mise en liberté provisoire

L’avenir judiciaire de Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), se jouera en partie le 19 juin prochain. Ce jour-là, la Chambre pénale de la Cour suprême du Sénégal examinera le pourvoi en cassation déposé par le parquet général contre la décision de mise en liberté provisoire accordée à l’ex-responsable public.

Ce recours fait suite à l’arrêt rendu le 26 mars 2025 par la chambre d’accusation, qui était revenue sur une première décision du doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Ce dernier avait initialement refusé la demande de liberté provisoire présentée par la défense. Cependant, en seconde instance, la chambre d’accusation avait décidé de remettre Lat Diop en liberté, mais sous de strictes conditions.

Cette mesure comprenait notamment le port obligatoire d’un bracelet électronique, la remise de son passeport, l’interdiction d’entrer en contact avec les témoins du dossier, ainsi que l’obligation de rester à la disposition de la justice à tout moment. Mais cette liberté conditionnelle n’a pas été exécutée, car le parquet général a immédiatement introduit un pourvoi en cassation, suspendant ainsi son application.

Depuis son placement en détention le 26 septembre 2024, Lat Diop reste incarcéré. Il est poursuivi pour des faits graves, notamment détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux. Le montant en jeu est évalué à 8 milliards de francs CFA, selon les éléments de l’enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par Mouhamed Dieng, administrateur de la plateforme 1xBet Sénégal.

Le 19 juin prochain, la plus haute juridiction du pays devra trancher sur la régularité de la décision ayant accordé la liberté provisoire. Si elle confirme la validité de cette décision, Lat Diop pourrait être remis en liberté dans les conditions prévues. Dans le cas contraire, il restera en détention en attendant la suite de la procédure judiciaire. Ce nouveau round judiciaire s’annonce crucial pour l’ancien DG de la Lonase, dont le dossier reste l’un des plus sensibles dans le sillage des enquêtes ouvertes contre des responsables publics ces derniers mois.

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Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°479 – 03/06/2025

🔴 BAISSE DE 0,6% DES PRIX DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION : UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE POUR LE BTP
🔴 ÉVALUATION FISCALE / PLAINTE AUPRÈS DU CIRDI : WOODSIDE ENERGY POURSUIT LE SÉNÉGAL

🔴 LUTTE / COMBAT MODOU LÔ – TAPHA TINE : UN DUEL INÉLUCTABLE, SELON FADAM 2
🔴 ZIGUINCHOR / DÉCÈS DE LÉOPOLD NZALÉ, ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DU DUC : UN ROC DU SPORT SÉNÉGALAIS S’EN VA

Lutte contre le blanchiment : La CENTIF enregistre une hausse de 15 % des déclarations d’opérations suspectes en 2024

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a rendu public son rapport d’activités pour l’année 2024, mettant en lumière une progression marquée du nombre de Déclarations d’Opérations Suspectes (DOS) enregistrées sur le territoire sénégalais. Chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, la CENTIF joue un rôle stratégique dans la prévention des menaces financières graves.

Selon les données officielles contenues dans ce rapport, 928 déclarations de soupçon ont été reçues en 2024, contre 807 en 2023, soit une augmentation de 15 %. Cette évolution traduit un renforcement du dispositif national de détection des flux financiers illicites, mais aussi une plus grande vigilance des entités assujetties à la législation en vigueur.

La majorité écrasante des déclarations émane toujours des banques et établissements financiers, qui représentent 82,87 % du total, soit 769 déclarations. Cette tendance confirme le rôle central du secteur bancaire dans la détection des transactions suspectes. Derrière eux, les systèmes financiers décentralisés contribuent à hauteur de 6,36 % avec 59 déclarations, tandis que les établissements de monnaie électronique ont transmis 44 déclarations, soit 4,74 % du volume global.

Cette progression s’inscrit dans le sillage de la nouvelle loi n° 2024-08 du 14 février 2024, qui encadre et renforce la lutte contre les circuits financiers illégaux. Ce texte oblige les institutions financières, mais également d’autres professions réglementées, à signaler toute opération qui leur paraît anormale ou injustifiée.

La mission de la CENTIF ne s’arrête pas à la simple réception de ces signalements. Elle procède à leur analyse approfondie, enrichit les informations par recoupement, puis, en cas d’indices graves et concordants, transmet ses conclusions au Procureur de la République financier, pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le rapport rappelle que la transparence et la vigilance du secteur financier sont des piliers essentiels de la stabilité économique et de la réputation internationale du Sénégal. L’augmentation du nombre de déclarations est interprétée à la fois comme un signe d’efficacité du dispositif et comme une alerte sur la persistance des menaces pesant sur le système financier national.

Litige autour du champ de Sangomar : Woodside Energy saisit le CIRDI contre l’État du Sénégal

La société australienne Woodside Energy, opératrice du projet pétrolier et gazier de Sangomar, a déposé une plainte contre le Sénégal auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un organe d’arbitrage de la Banque mondiale. Cette procédure, révélée lundi par l’agence Reuters, marque une nouvelle escalade dans les tensions entre le géant énergétique et les autorités sénégalaises.

Selon les informations disponibles, la plainte a été enregistrée le 30 mai dernier. Le document officiel consulté ne précise pas la nature exacte du différend, mais il indique que le ministère sénégalais du Pétrole et de l’Énergie est désigné comme partie défenderesse.

Cette démarche juridique intervient dans un contexte de crispation croissante. Déjà en août 2024, Woodside avait engagé une procédure judiciaire contre l’État sénégalais, cette fois sur le plan fiscal. Le différend actuel pourrait être lié à des désaccords concernant la fiscalité du projet, les conditions contractuelles, ou encore l’évolution de la gouvernance énergétique mise en œuvre par le nouveau régime sénégalais.

Woodside Energy détient 82 % des parts dans le champ offshore de Sangomar, situé au large du Sénégal. Il s’agit du tout premier projet pétrolier en mer du pays, censé marquer l’entrée du Sénégal dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures. Le démarrage de la production, prévu pour courant 2024, avait été présenté comme une étape historique vers une plus grande souveraineté énergétique et des recettes budgétaires accrues.

Cependant, le changement de régime intervenu en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre, semble avoir entraîné une relecture de plusieurs contrats dans le secteur extractif. Le gouvernement a en effet promis plus de transparence, de justice fiscale et une meilleure défense des intérêts nationaux, notamment en matière de ressources naturelles.

Pour le moment, aucune déclaration officielle n’a été faite par le gouvernement sénégalais ni par Woodside Energy sur cette procédure d’arbitrage. Le recours au CIRDI pourrait cependant ralentir les relations entre les deux parties, voire impacter le calendrier de production si le différend n’est pas rapidement résolu.

Le projet Sangomar est stratégique pour le Sénégal, avec des retombées économiques attendues à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA. Ce litige ouvre ainsi une période d’incertitude pour un secteur déjà sous haute surveillance.

Guy Marius Sagna dénonce Embaló et fustige l’inaction de la CEDEAO face au terrorisme au Bénin

Le député sénégalais Guy Marius Sagna a vivement critiqué, lors de la dernière session du Parlement de la CEDEAO à Abuja, le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, tout en s’indignant de l’inaction de l’organisation ouest-africaine face aux attaques terroristes meurtrières survenues au Bénin.

Dans une intervention sans concession, Guy Marius Sagna a accusé le chef de l’État de Guinée-Bissau de manipuler les institutions de son pays pour s’accrocher au pouvoir. Selon lui, Umaro Sissoco Embaló instrumentalise un présumé coup d’État militaire pour justifier ce qu’il qualifie de véritable « coup d’État constitutionnel ». Le parlementaire sénégalais a appelé le président bissau-guinéen à respecter la Constitution et à se soumettre à la volonté souveraine du peuple bissau-guinéen, qu’il accuse d’avoir été ignorée au profit d’une dérive autoritaire.

S’exprimant également sur la situation sécuritaire dans la sous-région, Guy Marius Sagna a évoqué avec émotion le drame survenu au Bénin, où 54 soldats ont récemment perdu la vie dans des attaques attribuées à des groupes terroristes. Il a exprimé sa solidarité avec le peuple béninois, tout en dénonçant le silence de la CEDEAO face à cette tragédie. Pour lui, la léthargie de l’organisation régionale face à l’expansion du terrorisme en Afrique de l’Ouest est non seulement inexplicable, mais également inacceptable.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le député a également révélé que, depuis juillet 2024, les sessions du Parlement de la CEDEAO ne sont plus retransmises en direct. D’après lui, cette mesure aurait été prise dans le but de censurer ses prises de parole, jugées trop critiques envers l’institution. Il s’est excusé pour la qualité médiocre de la vidéo de son intervention, expliquant que cette décision prive les citoyens ouest-africains d’un accès direct aux débats parlementaires. Il a saisi l’occasion pour dénoncer une gouvernance opaque, antidémocratique et autoritaire au sein même de la CEDEAO.

Connu pour son franc-parler, Guy Marius Sagna continue ainsi de s’ériger en défenseur des peuples et des principes démocratiques dans l’espace ouest-africain. Il appelle à une réforme profonde de la CEDEAO afin qu’elle cesse de protéger les régimes autoritaires et devienne un véritable rempart contre le terrorisme et les violations des droits des peuples.

Scandale foncier, menaces armées et refus de remboursement : les dessous de l’affaire Alioune Kandji

Alioune Kandji, major de la gendarmerie à la retraite, est au cœur d’un retentissant scandale mêlant affaire foncière, outrages à autorités, menaces armées et soupçons de fraude. Convoqué vendredi dernier par la Sûreté urbaine (SU), il a été placé sous mandat d’arrêt par le juge du premier cabinet de Kaolack et écroué dans l’attente de son audition. Il est désormais poursuivi pour « outrage à magistrat », « outrage à un commandant de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » et « diffusion de fausses nouvelles ». Ces nouvelles accusations s’ajoutent à des délits antérieurs : « association de malfaiteurs », « escroquerie », « faux et usage de faux ».

L’affaire, relatée par le quotidien Libération dans son édition du 2 juin 2025, remonte à 2018. À cette époque, un certain Mamadou Moustapha Sarr, agissant au nom d’Alioune Kandji, avait approché un entrepreneur, Mansour Sy, pour lui proposer l’achat de terrains commerciaux à Kaolack. Sarr avait affirmé agir pour le compte de Kandji, qui avait lui-même confirmé l’opération et proposé un prix de 28 millions de francs CFA. Pour lancer la transaction, il avait demandé un acompte de 2 millions, que Sy avait remis directement à Sarr.

Au lieu de recevoir des actes de cession en bonne et due forme, Mansour Sy s’était vu remettre de simples conventions de location signées par Kandji. Lorsque Sy avait exprimé ses inquiétudes, les vendeurs l’avaient rassuré, promettant qu’une autorisation de construire lui serait rapidement délivrée. Pourtant, lorsque Sy avait déposé une demande officielle, le service régional de l’Urbanisme de Kaolack avait rejeté la requête. Il s’était avéré que le site se trouvait sur une zone relevant du domaine public, destinée à un projet d’aménagement baptisé « Boulevard du Cœur de ville ». Or, conformément à l’article 9 de la loi 76-66 du 2 juillet 1976, le domaine public est inaliénable et imprescriptible.

Des enquêtes complémentaires avaient révélé que le titre foncier 1267/KL concerné ne pouvait en aucun cas faire l’objet de cession ou d’autorisation de construire. Face à cette situation, deux autres mis en cause, Moustapha Guèye et Mamadou Moustapha Sarr, avaient choisi de rembourser intégralement les 14 millions de francs CFA encaissés pour les lots vendus. Mais Alioune Kandji, de son côté, avait refusé tout remboursement, arguant qu’il agissait « au nom de l’État » et que c’était à l’acquéreur de se débrouiller pour obtenir les autorisations ou se faire rembourser par l’État.

Cette position, jugée intenable par les autorités judiciaires, avait conduit le procureur de Kaolack de l’époque, Cheikh Dieng, à demander au commissaire central de convoquer Kandji pour l’obliger à restituer les fonds. Convoqué le 28 novembre 2022 pour être entendu deux jours plus tard, Kandji avait refusé de se présenter, déclarant que « s’il est arrêté, c’est l’État du Sénégal qui est arrêté », car il aurait agi pour le compte de l’État.

Pire, lorsqu’une équipe de la Sûreté urbaine de Dakar avait tenté de l’appréhender à son domicile, Kandji s’était barricadé dans une chambre avec ses enfants et petits-enfants, menaçant les agents avec une arme et leur intimant de se retirer. Les policiers avaient dû se replier, face à cette menace directe. Entre-temps, un intermédiaire de l’ancien régime aurait remis 15 millions de francs CFA à la partie civile pour le compte de Kandji, une somme toujours inférieure aux 28 millions en jeu.

En plus de ces actes, Alioune Kandji aurait tenté de discréditer les magistrats et policiers chargés de son dossier, les accusant publiquement d’être affiliés au parti Pastef, ce qui lui vaut aujourd’hui des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles et outrages à l’autorité.

Le dossier Kandji, devenu explosif, illustre les dérives possibles en matière de gestion du foncier au Sénégal, et soulève aussi des interrogations sur les limites entre protection institutionnelle, abus de fonction et détournement d’intérêt public à des fins privées. En attendant son audition, l’ancien haut gradé dort en prison.

Habib Sy sur le dialogue national : « Il y a trop de participants, trop de folklore… »

Le président du Conseil d’administration de la Senelec, Habib Sy, n’a pas mâché ses mots à propos du dialogue national en cours, axé sur les réformes du système politique sénégalais. Invité ce dimanche 1er juin de l’émission Jury du dimanche sur I-radio, l’ancien ministre a exprimé ses réserves quant à l’efficacité de la démarche actuelle.

Selon lui, le cadre du dialogue est trop large et souffre d’un manque de rigueur. « Il y a trop de folklore, trop de participants », a-t-il déclaré, regrettant que la profusion d’acteurs autour de la table ne permette pas de recentrer les débats sur les véritables enjeux politiques.

Habib Sy a plaidé pour un format plus restreint, composé d’intervenants aguerris et capables d’apporter des contributions pertinentes. « Quand vous mélangez politiques, société civile, chefs religieux, etc., ce n’est pas toujours utile », a-t-il estimé, appelant à une meilleure structuration des discussions pour garantir des résultats concrets.

Pour l’ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, la multiplication des profils nuit à la lisibilité et à l’efficacité du dialogue, qui, selon lui, doit impérativement déboucher sur des réformes solides et durables.

Justice : Adama Adus Fall condamné à deux mois de prison avec sursis pour vol de 70.000 FCFA

Le tribunal de grande instance de Dakar a condamné ce lundi 2 juin le chroniqueur Adama Adus Fall à une peine de deux mois de prison avec sursis, pour le vol de 70.000 francs CFA. Une affaire qui remonte au mois d’avril, et dont les faits ont été révélés par Le Soleil Digital.

Devant la barre, le prévenu a nié avoir volé l’argent, tout en reconnaissant qu’il avait bel et bien dépensé la somme transférée par erreur sur son compte Wave. Il a exprimé ses regrets, demandant pardon à la victime, Mouhamadou Touré, qu’il a qualifié de « frère ».

Le différend a commencé le 4 avril dernier, lorsque M. Touré, souhaitant envoyer 70.000 francs CFA à une dame du nom d’Adama Fall, a effectué par mégarde le transfert au chroniqueur Adama Adus Fall, en raison de la similitude des noms. Réalisant son erreur, il a aussitôt contacté le bénéficiaire involontaire pour récupérer les fonds.

Cependant, selon les éléments présentés au tribunal, Adama Fall a refusé de restituer la somme, restant injoignable malgré les multiples relances. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, précisément le 27 mai, à la suite d’une convocation à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), qu’il a finalement remboursé l’argent via la même application.

Le juge a retenu les faits de vol, estimant que le refus de rendre la somme après notification de l’erreur constituait une intention frauduleuse. Toutefois, en raison du remboursement effectué avant l’audience et de son attitude coopérative à l’audience, le tribunal a décidé de lui accorder une peine avec sursis.

Cette condamnation à deux mois assortis du sursis épargne donc à Adama Adus Fall l’incarcération, mais laisse sur son casier judiciaire une trace de cette affaire qui, malgré son faible enjeu financier, a soulevé des questions sur l’usage éthique des transferts d’argent numérique.

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Propos sur « l’islam importé » : le RIS saisit la justice après les déclarations du général Meïssa Sellé Ndiaye

Les propos tenus par le général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye à Koki continuent de susciter de vives réactions. Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda a dénoncé avec fermeté les déclarations jugées « dangereusement réductrices » et « clivantes » de l’ancien aide de camp du président Macky Sall, et en appelle désormais à la justice.

Lors d’une cérémonie de parrainage du lycée de Koki, le général Meïssa Sellé Ndiaye s’est inquiété de l’émergence d’un « islam importé » au Sénégal, selon lui promu par de nouveaux prédicateurs formés à l’étranger, et en rupture avec l’islam confrérique traditionnel. Des propos qui, selon le RIS, portent atteinte à l’unité et à la diversité légitimes de la communauté musulmane sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, le RIS Alwahda estime que cette prise de position entretient « une vision dangereusement réductrice » de l’islam. « L’islam est une religion plurielle, traversée depuis ses origines par des courants de pensée, des traditions et des sensibilités diverses », souligne le mouvement, qui s’insurge aussi contre les allusions du général à des supposés financements occultes de certaines associations islamiques.

« Le général n’a pas hésité à insinuer publiquement que certaines structures religieuses seraient financées par des réseaux liés au trafic de drogue ou au terrorisme, sans présenter la moindre preuve », déplore le RIS, qui considère ces propos comme relevant d’une « extrême gravité ».

Le mouvement islamique appelle ainsi le Procureur de la République à s’autosaisir afin que toute la lumière soit faite sur ces accusations. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient des éléments tangibles, qu’il les présente devant les juridictions compétentes. Dans le cas contraire, ses propos doivent être traités comme des allégations diffamatoires et dangereuses pour la paix sociale », insiste le communiqué.

En conclusion, le RIS Alwahda réaffirme son attachement à la diversité des expressions de l’islam au Sénégal et appelle à rejeter toute tentative de division de la communauté musulmane. « Il n’existe pas un islam supérieur à un autre. Toute parole visant à opposer un islam local à un prétendu islam importé ne peut qu’alimenter la discorde au sein de la nation », martèle le mouvement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°478 – 02/06/2025

🔴 RENOUVELLEMENT DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU DANS UN MONDE FRACTURÉ : MACKY SALL, CANDIDAT DE LA CONCORDE
🔴 MENACES DJIHADISTES : L’ALERTE DU GÉNÉRAL SELLÉ NDIAYE

🔴 APRÈS L’OM, PSG VAINQUEUR DE LA LIGUE DES CHAMPIONS : À JAMAIS LES DEUXIÈMES !
🔴 LIGUE 1 / GUÉDIAWAYE-PIKINE : LE DERBY EXILÉ, SANS PUBLIC !

Recrutement à l’ère de l’intelligence artificielle : des experts plaident pour une digitalisation centrée sur l’humain

À l’heure où l’intelligence artificielle (IA) et la transformation numérique redessinent les contours du monde du travail, la question du recrutement prend une dimension stratégique. C’est dans cette perspective que la startup Socium a organisé, ce samedi à Dakar, un panel autour du thème : « Réussir son recrutement en 2025 : méthodes, outils et retours d’expérience ». L’événement a rassemblé un public varié, composé de professionnels des ressources humaines, de dirigeants d’entreprises, de représentants de l’administration publique et d’acteurs du secteur technologique.

Prenant la parole lors de cette rencontre, Malang Seni Faty, conseiller technique au ministère des Finances et du Budget, a souligné la nécessité de concilier innovation technologique et préservation du facteur humain. « Il ne faut pas prendre la digitalisation comme quelque chose qui va enlever le métier des gens. La digitalisation est là pour accélérer, pour aider, pour amener plus de célérité à ce que nous faisions auparavant. Mais l’être humain restera toujours au centre », a-t-il déclaré, en insistant sur le rôle fondamental de l’intelligence humaine dans le développement et l’amélioration des solutions numériques.

Selon lui, la digitalisation des processus de recrutement offre des perspectives prometteuses en matière de performance, de transparence et d’efficacité, notamment au sein de l’administration publique sénégalaise qui s’engage dans une vaste transition numérique. Il a également mis en lumière les efforts de Socium, qui accompagne près de 200 entreprises dans cinq pays africains (Sénégal, Côte d’Ivoire, Maroc, RDC, Cameroun) et qui a levé plus de 4 milliards de francs CFA pour développer des solutions allant de la gestion de la paie à la cartographie des compétences en passant par le suivi des performances.

Par ailleurs, Malang Seni Faty a encouragé les jeunes à se tourner vers les filières scientifiques, dans un contexte où la demande en profils techniques et technologiques ne cesse de croître. « Nous manquons cruellement d’ingénieurs. Et un pays, ce sont les ingénieurs qui le construisent, surtout à l’ère technologique dans laquelle nous nous trouvons. Une entreprise sur trois a du mal à recruter les profils dont elle a besoin. Si les jeunes investissent dans les compétences scientifiques et technologiques, ils trouveront forcément un emploi », a-t-il martelé.

Ce diagnostic est partagé par Rokhaya Ndiaye, consultante en ressources humaines, qui a pointé les lacunes actuelles dans la maîtrise des outils numériques par les professionnels RH. Pour elle, « la digitalisation représente une opportunité unique pour rattraper notre retard en Afrique, mais elle nécessite une véritable évangélisation ». Elle a plaidé pour une meilleure formation des spécialistes RH afin que les entreprises puissent adopter des politiques de gestion du capital humain plus performantes et centrées sur les besoins des individus.

À travers cette rencontre, Socium entend non seulement outiller les professionnels, mais aussi susciter une prise de conscience collective sur l’importance d’un recrutement repensé, aligné sur les enjeux technologiques, mais sans jamais perdre de vue l’humain. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté de bâtir des organisations plus résilientes, inclusives et prêtes à relever les défis de demain.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°477 – 31/05 ET 01/06/2025

🔴 UMOA-TITRES / CONTRIBUTION À PLUS DE 60% DES INVESTISSEURS IVOIRIENS LORS DES DEUX DERNIÈRES ÉMISSIONS : LE SÉNÉGAL SOUS OXYGÈNE IVOIRIEN ?
🔴 POPENGUINE 2025 : LE GÉNÉRAL TINE SORT LE GRAND JEU

🔴 UFOA A&B (U20) : LE SÉNÉGAL DANS UNE POULE RELEVÉE
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / DÉCISION DE LA FSF EN FAVEUR DU JARAAF : BUILDERS FC PRÊTE À SAISIR LA FIFA

Kolda : un homme interpellé avec quatre kilogrammes de chanvre indien et 69 cornets prêts à la vente

À Kolda, un important coup de filet a été réalisé par le Commissariat central dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Dans la matinée du lundi 26 mai 2025, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’un homme soupçonné d’activités de cession et d’offre de chanvre indien dans le quartier populaire de Gadapara. Cette opération fait suite à un renseignement jugé fiable par les services de police, évoquant un trafic intense de stupéfiants dans cette zone résidentielle de la ville.

L’intervention s’est déroulée au domicile du mis en cause, où les agents ont procédé à une perquisition minutieuse. Cette fouille a permis de découvrir une importante quantité de drogue : quatre kilogrammes de chanvre indien soigneusement dissimulés et conditionnés, ainsi que soixante-neuf cornets de la même substance, vraisemblablement destinés à la vente directe. En plus de cette saisie, une moto de type Jakarta, de marque KTM, a été retrouvée sur les lieux, accompagnée de matériel de conditionnement utilisé pour le trafic.

Face aux éléments accablants réunis par les enquêteurs, le suspect a été immédiatement placé en garde à vue. Les autorités ont ouvert une enquête en vue d’identifier d’éventuels complices et de remonter la filière de ce réseau local de distribution de drogue. Selon des sources policières, d’autres interpellations pourraient suivre dans les prochains jours, l’objectif étant de mettre définitivement hors d’état de nuire les réseaux impliqués dans ce type de trafic dans la région.

Cette opération renforce les efforts des services de sécurité de Kolda dans leur mission de protection des populations contre les fléaux liés aux drogues. Elle illustre également la volonté des autorités locales de réprimer fermement toute forme de criminalité liée aux stupéfiants, dans un contexte régional où la consommation et la vente de chanvre indien prennent une ampleur inquiétante.

Parcelles Assainies : deux policiers écroués pour vol et fraude sur Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés sous mandat de dépôt pour leur implication dans une affaire de vol et de fraudes financières à hauteur de 2,9 millions de FCFA, survenue dans le quartier des Parcelles Assainies (Unité 9). Les agents mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux via les plateformes Wave et Orange Money.

Les faits remontent au 11 mai 2025. Un gérant de multiservices, I. Sow, a été approché par deux hommes se présentant comme policiers. Prétextant un contrôle d’identité, ils lui auraient confisqué son téléphone « en garantie », exigeant au passage les codes d’accès à ses comptes d’argent mobile pendant qu’il allait chercher sa pièce d’identité. À son retour, Sow découvre que les deux individus ont disparu avec son téléphone.

Dès le 15 mai, une plainte est déposée. La Direction de la surveillance du territoire (DST) ouvre une enquête et découvre que près de 2,9 millions FCFA ont été retirés frauduleusement depuis les comptes Wave et Orange Money de la victime, via divers points de transfert.

L’exploitation des données de transaction a permis d’identifier les auteurs : M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans), tous deux policiers. Interpellés, ils ont reconnu les faits et déclaré avoir revendu le téléphone volé. M. Kane a restitué 1,45 million FCFA, équivalent de sa part dans l’opération.

L’affaire suscite une vive émotion, notamment dans les rangs de la police. Des sanctions disciplinaires sont attendues, indépendamment des poursuites judiciaires en cours. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres agents ou complices externes sont impliqués.

Ce scandale remet sur la table la question de l’intégrité dans les forces de sécurité, alors que les populations peinent à distinguer entre agents légitimes et usurpateurs.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°476 – 30/05/2025

🔴 ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : LE SÉNÉGAL DIALOGUE, L’OCÉAN ENGLOUTIT SON AVENIR
🔴 ÉLECTION DE SIDI OULD TAH À LA PRÉSIDENCE DE LA BAD : LA MAURITANIE S’IMPOSE EN SILENCE

🔴 TOURNOI UFOA/A 2025 / VICTOIRE FACE AU LIBÉRIA : LES « LIONNES » EN FINALE !
🔴 BASKET / COUPE DU MAIRE : JEANNE D’ARC ET GBA EN DEMI-FINALES

Fimela : face à la pénurie d’eau, les populations de trois communes annoncent une grande marche citoyenne

La colère gronde dans le Sine. Excédées par une pénurie d’eau qui perdure depuis plusieurs mois, les populations des communes de Fimela, Diofior et Palmarin, dans le département de Fatick, ont décidé de descendre dans la rue ce samedi 31 mai 2025. Cette mobilisation, portée par le « Collectif pour le Patrimoine », prend la forme d’une marche citoyenne pacifique pour revendiquer un accès régulier et équitable à l’eau potable.

Le rassemblement débutera au rond-point de Djilor, point stratégique situé au cœur de la commune de Fimela. Le cortège se dirigera ensuite vers le terrain municipal, où plusieurs prises de parole sont prévues. Les organisateurs veulent faire entendre un message clair : « L’eau est un droit fondamental, non une faveur. »

Depuis plusieurs années, les habitants de cette zone du centre-ouest du Sénégal font face à des coupures fréquentes, à une pression d’eau insuffisante et à une vétusté grandissante des installations hydrauliques. Cette situation, dénoncent-ils, affecte l’ensemble des secteurs d’activité, de l’agriculture à l’élevage, en passant par la santé, l’éducation et le tourisme local.

Dans un communiqué transmis à la presse, le Collectif pour le Patrimoine s’indigne : « Trop longtemps, nos communautés souffrent du manque d’eau potable. Cela affecte notre quotidien, notre santé et notre économie locale. » Les membres du collectif appellent l’État du Sénégal et les autorités compétentes à une prise en charge urgente et structurelle de la crise.

Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un abandon progressif de certaines zones rurales en matière d’accès aux services publics essentiels. Pour eux, cette marche dépasse le simple cadre d’une réclamation locale. Elle symbolise une lutte plus large pour la justice sociale, la dignité et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

« Ce n’est pas une manifestation de colère, mais un acte de résistance pacifique, un appel à la responsabilité de l’État. Nous marcherons pour notre dignité, pour la santé de nos familles, pour l’avenir de nos territoires », peut-on lire dans la déclaration des organisateurs.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national où plusieurs localités, aussi bien rurales qu’urbaines, font face à des défis similaires liés à l’approvisionnement en eau potable. À quelques semaines de la saison des pluies, les populations espèrent que leur cri d’alerte sera enfin entendu et que des solutions durables seront mises en œuvre.

Dialogue politique : le FRAPP dénonce son exclusion et pointe un mépris institutionnel

Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a vivement réagi à son exclusion du dialogue sur le système politique national, ouvert sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une note rendue publique ce jeudi 29 mai, au lendemain du lancement officiel des concertations, le mouvement a dénoncé une « marginalisation délibérée » et un « mépris institutionnel » qu’il impute directement au ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation.

Selon le communiqué du secrétariat exécutif du FRAPP, le mouvement n’a reçu aucune invitation formelle à participer à cette initiative pourtant présentée comme inclusive. Une absence jugée d’autant plus grave que le FRAPP avait manifesté, en amont, sa volonté de participer de manière constructive à toute dynamique de refondation sérieuse du système politique sénégalais.

Le Front ne cache pas son indignation. Il parle d’un « mépris organisé » à l’encontre non seulement de son organisation, mais aussi de toutes les forces populaires qui luttent, chaque jour, contre l’injustice, l’impunité et la domination néocoloniale. « Ce mépris organisé est une insulte à celles et ceux qui œuvrent pour un Sénégal souverain, juste et véritablement démocratique », déclare le texte.

Pour le FRAPP, cette mise à l’écart ne relève pas d’un oubli, mais d’un choix assumé du ministère. Le communiqué affirme que les termes de référence du dialogue ont été envoyés à 23 organisations de la société civile, parmi lesquelles le FRAPP ne figure pas. Un geste interprété comme une volonté manifeste d’exclure un acteur perçu comme trop critique ou trop radical par les autorités organisatrices.

Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna rejette toute tentative de participation à ce qu’il qualifie de « table truquée », estimant que son combat ne dépend pas de l’approbation institutionnelle. « Le FRAPP ne quémande pas une place à une table truquée. Il construit chaque jour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine », martèle la note.

Cette sortie du FRAPP intervient alors que les travaux du dialogue politique viennent à peine de commencer. Ils visent, entre autres, à réformer le système électoral, renforcer les institutions et améliorer la participation citoyenne. L’absence d’acteurs majeurs de la société civile critique, tels que le FRAPP, soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de l’inclusivité promise par le nouveau régime.

Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’instant, donné aucune explication publique sur les critères retenus pour la sélection des organisations invitées à la concertation.

Matam : trois morts et deux disparus après le chavirement d’une pirogue à Werma

Un nouveau drame fluvial a endeuillé la région de Matam, dans le nord du Sénégal. Trois corps sans vie ont été repêchés dans les eaux du fleuve Sénégal, ce jeudi 22 mai, à hauteur du village de Werma, situé dans la commune de Dembancané, département de Kanel.

Selon les informations fournies par le Lieutenant Ignace François Ndiaye, commandant de la 54ème Compagnie d’incendie et de secours de Matam, les victimes ont été retrouvées avant même l’arrivée des équipes de secours. Ce sont des habitants de la localité qui ont récupéré les corps, suite au chavirement d’une pirogue qui transportait plusieurs personnes.

Le sinistre s’est produit dans un contexte encore flou, alors que les circonstances exactes de l’accident n’ont pas encore été déterminées. Le fleuve Sénégal, qui traverse cette zone frontalière, est souvent utilisé pour le transport local entre les villages. Il est également fréquenté par des pêcheurs et des populations rurales pour leurs activités quotidiennes.

Les opérations de recherche se poursuivent, car deux personnes sont toujours portées disparues. Les sapeurs-pompiers, appuyés par les populations riveraines, poursuivent les fouilles dans les eaux du fleuve afin de tenter de retrouver les corps manquants. La zone, réputée difficile d’accès, complique l’intervention des secours qui s’activent malgré les contraintes logistiques.

Ce nouvel accident met en lumière les risques persistants liés aux traversées fluviales dans les régions rurales, souvent effectuées sans gilets de sauvetage, ni mesures de sécurité adéquates. Les autorités locales appellent une nouvelle fois à la prudence et au respect des consignes de sécurité lors des déplacements sur le fleuve.

Une enquête a été ouverte pour établir les causes du chavirement et déterminer les responsabilités éventuelles. En attendant, la commune de Dembancané est sous le choc, confrontée à une tragédie qui rappelle l’urgence de renforcer la sécurité sur les voies fluviales dans cette partie du pays.

Justice : Samuel Ameth Sarr libéré sous bracelet électronique pour raisons médicales

Le juge a finalement tranché. Après plusieurs mois de détention et une série de rapports médicaux concordants, Samuel Ameth Sarr bénéficie désormais d’une liberté sous condition. Selon des informations obtenues par Dakaractu, la justice a accédé à la requête des experts médicaux en ordonnant sa libération sous bracelet électronique, assortie d’une assignation à résidence.

Placé sous mandat de dépôt en novembre 2024 par le juge d’instruction du 2e Cabinet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’ancien ministre de l’Énergie faisait face à de lourdes accusations portant sur un abus de biens sociaux, dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de huit milliards de francs CFA.

La décision du juge intervient à la suite d’expertises médicales ayant conclu que l’état de santé de M. Sarr était incompatible avec les conditions de vie en milieu carcéral. Ses avocats avaient plusieurs fois alerté sur la dégradation de son état, sollicitant une mesure d’aménagement de peine pour des raisons humanitaires et médicales.

Avec ce nouveau statut de résidence surveillée sous surveillance électronique, Samuel Ameth Sarr reste néanmoins à la disposition de la justice, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Ce développement relance le débat sur la prise en charge des détenus malades dans le système pénitentiaire sénégalais, et sur l’utilisation du bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°475 – 28 ET 29/05/2025

🔴 FILIÈRE ANACARDE / TRANSFORMATION LOCALE DE 50 % DE LA PRODUCTION : LE DÉFI D’ICI 5 ANS
🔴 ÉMEUTES 2021-2024 / DISTRIBUTION D’ENVELOPPES D’ARGENT PAR UNE « JOURNALISTE » : DES EX-DÉTENUS S’INDIGNENT !

🔴 MATCHS AMICAUX / ABSENCE DE SADIO MANÉ : « C’EST UNE DÉCISION PERSONNELLE », D’APRÈS PAPE THIAW
🔴 EXPERTISE MÉDICALE DE LA BLESSURE DE REUG REUG : « QUE LE CNG PRENNE SES RESPONSABILITÉS », CLAME MAKANE MBENGUE

Démantèlement d’un réseau de voleurs de pots catalytiques à Diffoncé : un Sénégalais d’origine nigériane arrêté

Un coup de filet policier mené vendredi dernier au marché Diffoncé, en plein centre de Dakar, a permis de démanteler un réseau spécialisé dans le vol de pots catalytiques, ces pièces automobiles devenues très convoitées pour les métaux précieux qu’elles renferment. L’affaire met en lumière une forme de criminalité urbaine en forte progression dans la capitale sénégalaise.

Parmi les personnes interpellées figure Mody Ka, un Sénégalais d’origine nigériane, surpris en possession de plusieurs pots catalytiques dérobés. Son arrestation, rapportée par une source proche du dossier à PressAfrik, a été décisive pour les enquêteurs. Lors de son interrogatoire, Mody Ka a reconnu s’approvisionner régulièrement en pièces automobiles volées, qu’il stockait dans un dépôt situé à la Médina. Le local appartient à un certain Victor, identifié comme un autre acteur clé du réseau.

Les premières investigations ont révélé l’existence d’une filière organisée autour de la revente illégale de pots catalytiques, impliquant plusieurs vendeurs de pièces détachées d’origine nigériane installés dans la même zone de Diffoncé. Ces derniers seraient impliqués à différents niveaux de la chaîne, allant du vol à la commercialisation, en passant par le stockage et l’exportation éventuelle.

Le vol de pots catalytiques est un phénomène mondial, notamment en raison des matériaux rares qu’ils contiennent, comme le platine, le palladium ou le rhodium, dont les prix flambent sur le marché international. En Afrique, et particulièrement à Dakar, cette tendance commence à inquiéter les autorités locales, confrontées à une montée des vols ciblant les véhicules stationnés dans les zones peu surveillées.

L’enquête se poursuit pour identifier les autres membres du réseau, mais ce premier coup de filet pourrait marquer un tournant dans la lutte contre ce type de criminalité technique. Les autorités appellent les garagistes, revendeurs et propriétaires de véhicules à plus de vigilance, tout en promettant de renforcer la traque des réseaux spécialisés opérant sur le territoire national.

Affaire Farba Ngom : Me Moussa Bocar Thiam fustige une « mascarade judiciaire » et dénonce un « acharnement » contre le Fouta

L’arrestation du député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de susciter une vague d’indignation dans le nord du pays. L’ancien ministre et avocat Me Moussa Bocar Thiam est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mascarade judiciaire » et un « acharnement ciblé » contre une figure politique emblématique du Fouta. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il n’a pas mâché ses mots et a livré une défense vigoureuse de celui qu’il considère comme « l’un des fils les plus valeureux et généreux de la région ».

Selon Me Thiam, l’incarcération de Farba Ngom représente un désastre politique et moral pour le Fouta. Il décrit une région en état de choc, plongée dans un sentiment d’injustice profond, marquée par l’emprisonnement d’un homme qu’il décrit comme « symbole de loyauté, d’engagement et de générosité ». L’ancien ministre estime que cette arrestation s’apparente à une tentative de briser une dynamique sociale et politique propre à cette zone du pays, historiquement marginalisée mais fortement mobilisée ces dernières années autour de certaines figures influentes.

Au cœur de cette affaire se trouvent de lourdes accusations : blanchiment d’argent, escroquerie, complicité de détournement de deniers publics et association de malfaiteurs. Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, dans le cadre du dossier explosif des 125 milliards de francs CFA révélés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Me Thiam déplore la nature des charges qui pèsent sur son client, en particulier celle de « complicité de détournement », alors que, selon lui, Farba Ngom n’a jamais été administrateur de crédits publics ni en position de responsabilité financière dans les structures incriminées.

L’avocat dénonce également le refus du juge d’instruction d’accepter le cautionnement proposé par la défense. Une dizaine de titres fonciers avaient pourtant été mis en garantie, dans l’espoir d’obtenir une liberté provisoire. Le rejet de cette démarche est interprété par Me Thiam comme une preuve supplémentaire d’un acharnement judiciaire, qu’il estime politiquement orienté. Il affirme que son client est privé de ses droits à une procédure équitable et transparente, et s’alarme d’une justice à deux vitesses.

Farba Ngom, plus connu sous le prénom Mouhamadou, a depuis été extrait à deux reprises de sa cellule pour être réentendu et faire face à de nouveaux chefs d’inculpation. Fin avril, il a été inculpé pour « association de malfaiteurs en bande criminelle organisée », un développement qui a encore aggravé la situation du parlementaire. Le mardi 6 mai, il a de nouveau été conduit à la Section de recherches de Colobane pour une audition relative à une affaire de lotissement impliquant la Banque of Africa (BOA).

Face à l’ampleur de cette affaire, Me Moussa Bocar Thiam a tenu à lancer un message de résistance et de solidarité. Il affirme que « le peuple du Fouta reste debout et résilient » et que la population locale ne compte pas céder face à ce qu’il considère comme une tentative de marginalisation. Pour lui, l’issue ne fait aucun doute : « Nous mettrons fin à cette mascarade judiciaire. »

Dans un climat politique tendu, cette affaire prend une dimension à la fois judiciaire, sociale et symbolique. Elle illustre les nouvelles dynamiques de la lutte contre la corruption tout en soulevant des interrogations sur l’impartialité et la transparence des procédures engagées contre certaines personnalités politiques. Le sort de Farba Ngom, à la fois élu et notable local, est désormais suivi de près par l’opinion publique, particulièrement dans le Fouta où il jouit encore d’un fort soutien populaire.

Orpaillage clandestin à Saraya : six sites illégaux démantelés et du matériel saisi lors de l’ »Opération Orientale »

Les autorités sénégalaises viennent de porter un nouveau coup dur à l’orpaillage clandestin dans le sud-est du pays. Dans le secteur stratégique de la Falémé, aux abords de la commune de Saraya, six sites d’extraction illégale d’or ont été démantelés au cours des quatre derniers jours. Cette intervention entre dans le cadre de l’ »Opération Orientale », une initiative sécuritaire de grande envergure destinée à assainir les zones aurifères de la région.

Sur le terrain, les forces engagées ont saisi un matériel conséquent utilisé par les orpailleurs clandestins. Le butin confisqué comprend notamment quatorze motopompes, sept motos et plusieurs équipements artisanaux conçus pour l’extraction de l’or. Ces outils rudimentaires mais efficaces permettent aux exploitants illégaux de creuser rapidement dans le sous-sol à la recherche du précieux minerai. Leur présence atteste d’une activité soutenue et structurée, souvent en marge de la loi et sans aucun respect des normes environnementales ou sécuritaires.

Les sites visés par cette opération ne sont pas de simples campements isolés. Ils sont régulièrement associés à des dégradations graves de l’environnement, en particulier de la flore et des cours d’eau, du fait de l’utilisation intensive de produits chimiques ou de techniques d’exploitation destructrices. Outre leur impact écologique, ces zones d’orpaillage clandestin sont souvent à l’origine de tensions sociales, d’insécurité et de conflits entre populations locales, étrangers et acteurs légaux du secteur minier.

Selon les autorités, l’ »Opération Orientale » ne fait que commencer. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation et de régulation du secteur aurifère dans le sud-est du Sénégal. L’objectif est clair : réduire durablement les activités minières clandestines, qui échappent au contrôle de l’État et privent le pays de ressources fiscales importantes tout en exposant les populations locales à des risques sanitaires et sociaux.

Ce type d’intervention, souvent saluée par les riverains et les opérateurs miniers légaux, s’inscrit également dans une logique de préservation de l’environnement et de restauration de l’autorité de l’État sur des territoires parfois abandonnés aux logiques de l’exploitation sauvage. Reste à savoir si ces efforts seront soutenus dans la durée, car la prolifération de l’orpaillage clandestin, alimentée par la pauvreté et le manque d’alternatives économiques, demeure une réalité complexe à éradiquer.

Pour l’heure, les autorités promettent de maintenir la pression sur les zones les plus touchées, tout en renforçant les moyens de surveillance et les actions de sensibilisation auprès des communautés locales. Saraya, devenue ces dernières années un épicentre de l’orpaillage illégal, reste au cœur des préoccupations sécuritaires dans cette partie du Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°474 – 27/05/2025

🔴 ENCORE EN DÉTENTION MALGRÉ LA VALIDATION D’UNE CAUTION DE PRÈS DE 32 MILLIARDS F CFA : LE CAS TAHIROU SARR INTERROGE
🔴 MANDAT DE DÉPÔT CONTRE LE MAIRE MANSOUR FAYE : LA DÉFENSE BRANDIT UNE REQUÊTE AUX FINS DE CONTESTATIONS SÉRIEUSES

🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE CONTRE WALLYDAAN : L’US OUAKAM DANS LE TOP 3
🔴 NATIONAL 1 / VICTOIRE CONTRE TOGLOU DIASS : GUELWAARS DE FATICK EN LIGUE 2

Oumar Sow incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles : son procès prévu mercredi prochain

Le responsable politique Oumar Sow a été placé sous mandat de dépôt ce lundi, à l’issue de son audition par le juge d’instruction. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais. L’information a été confirmée par son avocat, Me Barro, qui indique par ailleurs que le procès de son client est fixé pour mercredi prochain.

Militant actif basé à Yeumbeul, Oumar Sow s’était récemment illustré par des déclarations virulentes à l’endroit des autorités judiciaires. Lors de sa dernière intervention publique, il avait ouvertement critiqué le parquet pour ce qu’il a qualifié de gestion partiale du dossier impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il avait également accusé le parti au pouvoir de mener une campagne ciblée contre les maires appartenant à l’opposition, dans ce qu’il a décrit comme une tentative de « liquidation politique ».

Ces propos ont suscité une vive réaction de la part des autorités judiciaires, qui ont ouvert une enquête ayant conduit à son arrestation. Le parquet a estimé que ses accusations publiques, sans preuves tangibles, relevaient de la diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire.

Oumar Sow est actuellement incarcéré dans l’attente de son procès. Son avocat, tout en déplorant une procédure qu’il juge précipitée, affirme que son client compte assumer pleinement sa défense devant le tribunal. Me Barro a par ailleurs souligné que les déclarations de son client s’inscrivent dans un contexte de liberté d’expression et de débat politique, et qu’elles ne sauraient être assimilées à des actes délictueux en l’absence d’intention de nuire ou de fausses informations avérées.

L’affaire est très suivie dans la sphère politique, notamment parmi les opposants au régime en place, qui dénoncent une justice à géométrie variable et s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique. Le verdict du procès prévu mercredi pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà du seul cas de Oumar Sow.

Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics, corruption, prise illégale d’intérêt et blanchiment de capitaux, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et sollicite sa mise en liberté provisoire.

Cette affaire trouve son origine dans la gestion des fonds alloués à la Force Covid-19, un programme mis en place par l’État du Sénégal en 2020 pour atténuer les effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables. À l’époque, Mansour Faye était en charge de la composante « Appuis alimentaires » du Programme de Résilience économique et sociale (PRES). Son ministère supervisait l’achat et la distribution de denrées alimentaires de première nécessité à destination de plus d’un million de ménages à travers le pays. Selon les conclusions d’une enquête, ces opérations auraient donné lieu à une surfacturation estimée à 2,7 milliards de francs CFA sur les lots de riz.

Dans le mémoire déposé à la Haute Cour de Justice, la défense de l’ancien ministre affirme que ce dernier n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de signataire des marchés publics. Il est précisé que l’ensemble des procédures d’achat avait été confié à la commission des marchés de son ministère, et que les contrats avaient été validés et payés par le ministère des Finances, en conformité avec la réglementation en vigueur. Les avocats soulignent que les fournisseurs avaient été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres ouvert, sous la supervision de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), et que les prix appliqués étaient en réalité inférieurs à ceux en vigueur sur les marchés internationaux à l’époque.

Pour appuyer cette défense, plusieurs éléments économiques sont mis en avant. Les avocats de Mansour Faye invoquent les rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) ainsi que ceux du Commissariat à la sécurité alimentaire, qui font état d’une hausse généralisée et durable des prix du riz entre 2020 et 2024. Ils estiment par ailleurs que l’arrêté ministériel de 2013, utilisé pour fixer le prix de référence ayant servi à calculer la supposée surfacturation, n’était plus applicable dans un contexte marqué par des ruptures de stocks et une inflation internationale causée par la pandémie.

Sur les accusations de corruption et d’escroquerie, l’ancien ministre soutient qu’il n’a jamais bénéficié personnellement des fonds et qu’aucune manœuvre frauduleuse ni utilisation de faux documents n’ont été observées dans la passation ou l’exécution des marchés. Il rappelle que les fournisseurs avaient bien livré les produits convenus et qu’ils avaient été rémunérés par l’État, sans irrégularités avérées.

Enfin, Mansour Faye demande à être placé en liberté provisoire. Il affirme présenter toutes les garanties de représentation nécessaires devant la justice. Il évoque notamment sa résidence fixe à Saint-Louis, son statut d’élu local en tant que maire, sa coopération constante avec les autorités judiciaires, ainsi que l’absence de risques de fuite ou de tentative d’entrave à la procédure, les enquêtes étant désormais closes. Il ajoute que si sa demande de liberté était rejetée, il solliciterait l’application des nouvelles dispositions du Code de procédure pénale qui permettent un aménagement des mesures de détention.

Le dossier sera prochainement examiné par la Haute Cour de Justice, dans un climat marqué par une volonté politique affichée de lutte contre l’impunité, mais aussi par un débat grandissant sur la neutralité des poursuites engagées contre certains anciens dignitaires du régime précédent.

Justice : Mansour Faye placé sous mandat de dépôt dans une affaire de surfacturation

Dakar, 25 mai 2025 – L’ancien ministre et ex-maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, a été placé sous mandat de dépôt ce matin, à l’issue de sa comparution devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette décision fait suite à une enquête portant sur une affaire de surfacturation estimée à environ trois milliards de FCFA dans le cadre d’un marché public de riz, destiné à l’aide alimentaire d’urgence pendant la pandémie de Covid-19.

Le dossier, ouvert il y a plusieurs mois, met en cause l’ancien responsable pour des irrégularités financières jugées graves par les enquêteurs. Il est reproché à Mansour Faye d’avoir dirigé une opération d’achat de riz à des prix anormalement élevés, suscitant des soupçons de détournement et de favoritisme dans l’attribution des marchés.

Cette mise sous mandat de dépôt marque une étape importante dans les poursuites engagées contre d’anciens membres du régime de Macky Sall. Elle survient dans un contexte où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affirment leur volonté de faire de la reddition des comptes un pilier central de leur gouvernance.

L’affaire suscite d’autant plus d’attention qu’Amadou Mansour Faye est également le beau-frère de l’ancien président Macky Sall, ce qui confère à cette procédure une dimension politique non négligeable. Si certains y voient une instrumentalisation de la justice, d’autres saluent une volonté assumée de rompre avec une culture d’impunité.

L’ouverture de cette procédure devant la Haute Cour de Justice, juridiction compétente pour juger les anciens ministres, confirme le durcissement des mécanismes de contrôle de la gestion publique. Le signal envoyé est clair : aucun dignitaire, aussi proche soit-il du pouvoir passé, ne sera à l’abri d’éventuelles poursuites en cas de faute présumée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°473 – 26/05/2025

🔴 PARTICIPATION AU DIALOGUE NATIONAL : 8 EXIGENCES DE BOUGANE POUR S’ASSEOIR À LA TABLE
🔴 AFFAIRE WEST AFRICAN ENERGY : DÉTÉRIORATION DE L’ÉTAT DE SANTÉ DE SAMUEL SARR

🔴 AMICAUX FACE À L’IRLANDE ET L’ANGLETERRE : DES RETOURS DANS LA « TANIÈRE »
🔴 BLESSURE DE REUG REUG : AZIZ NDIAYE DEMANDE À MAKANE DE FAIRE UNE CONTRE-EXPERTISE

Pikine : démantèlement d’un réseau de voleurs de motos grâce à la vigilance d’une victime

Une enquête rondement menée par les commissariats de Pikine et de Thiaroye a permis, ce jeudi 22 mai 2025, l’arrestation de quatre individus impliqués dans une affaire de vol organisé de motos. Ce coup de filet est le fruit d’une plainte déposée par un citoyen victime d’un vol habilement orchestré et d’une traque entamée dans la discrétion.

Les faits remontent à quelques jours plus tôt, au niveau du Rond-Point Dominique, à Pikine. Alors que sa moto était en panne, un homme se présente à la victime comme un mécanicien. Gagnant rapidement sa confiance, il simule un diagnostic de la panne avant de suggérer au propriétaire d’aller acheter un fil d’attache pour réparer la pièce défectueuse. Ce dernier, sans méfiance, s’exécute. À son retour, le soi-disant mécanicien s’était volatilisé… avec la moto.

Déposée immédiatement, la plainte donne lieu à une enquête minutieuse, lancée par le Commissariat de Pikine. Le déclic survient quelques jours plus tard, lorsque la victime, en déplacement à Thiaroye, aperçoit par hasard l’homme qui l’avait escroqué, non loin du commissariat local. Alertés, les policiers interviennent promptement et procèdent à l’interpellation du suspect.

Une fois en garde à vue, le suspect est confronté à plusieurs autres victimes qui, informées de l’arrestation, se présentent à leur tour au poste de police. Tous confirment avoir été piégés selon le même mode opératoire : panne simulée, assistance proposée, puis vol de l’engin au moment opportun.

L’enquête, élargie avec l’appui du Commissariat de Thiaroye, permet ensuite d’arrêter trois receleurs présumés. Ces derniers seraient les acheteurs réguliers des motos volées, qu’ils écoulaient sur le marché noir. En perquisitionnant leurs domiciles et lieux de stockage, les policiers découvrent onze motos de différentes marques, dont deux ont déjà été rendues à leurs propriétaires grâce aux numéros de châssis.

Les quatre individus arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol et recel. Ils ont été placés en garde à vue dans l’attente de leur présentation au procureur. L’enquête se poursuit afin de déterminer si d’autres complices ou points de revente sont impliqués dans ce réseau structuré.

Dialogue national : Pape Djibril Fall et le parti Les Serviteurs annoncent leur boycott

À l’approche de l’ouverture du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, une voix dissidente s’est fait entendre. Pape Djibril Fall, député et leader du mouvement politique Les Serviteurs, a officiellement annoncé le retrait de sa formation des concertations initiées par les autorités. Cette décision a été rendue publique samedi, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.

Dans une déclaration ferme, le parlementaire a dénoncé un cadre de dialogue qu’il juge biaisé et inefficace pour opérer de véritables avancées démocratiques. « Nous refusons de participer à un dialogue qui ne garantit pas une véritable transformation démocratique. Les réformes doivent être structurelles. Il est temps d’arrêter de violer la Constitution et les lois simplement pour satisfaire les intérêts d’un individu », a-t-il martelé devant les journalistes.

Malgré son retrait, Pape Djibril Fall a salué l’engagement personnel du facilitateur désigné, Dr Cheikh Gueye, soulignant son sérieux et sa volonté de conduire les discussions de manière inclusive. Toutefois, il a pointé du doigt le manque de ressources et de soutien alloués à ce dernier, estimant que cela traduit un déficit de volonté politique quant à la portée réelle de ce dialogue.

Le thème retenu pour cette nouvelle phase des concertations nationales – le système politique – avait suscité beaucoup d’attentes, notamment autour des questions de gouvernance, de séparation des pouvoirs, de justice électorale et de réforme des institutions. Mais la désaffection de plusieurs acteurs clés jette une ombre sur l’ambition de cette initiative.

Outre Les Serviteurs, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, a également annoncé son boycott du dialogue. Ces absences notables pourraient compromettre la représentativité des discussions et réduire la portée des conclusions qui en découleront.

En se retirant de ce processus, Pape Djibril Fall affirme vouloir rester fidèle à ses principes. Son mouvement estime que les conditions ne sont pas réunies pour des discussions sincères et profondes susceptibles d’aboutir à un véritable changement de paradigme démocratique. Ce positionnement confirme la persistance d’un clivage entre les forces politiques sur les mécanismes à adopter pour refonder durablement les institutions sénégalaises.

Criminalisation de l’homosexualité : une urgence reconnue, mais pas une priorité selon Momath Talla Ndao

Invité ce dimanche 25 mai sur les ondes de la RFM dans l’émission « Grand Jury de Dimanche », Momath Talla Ndao, secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme, a apporté un éclairage nuancé sur la place qu’occupe la question de la criminalisation de l’homosexualité dans les priorités actuelles du gouvernement. Tout en réaffirmant l’engagement de l’exécutif à agir sur ce dossier, il a tenu à rappeler que d’autres urgences priment dans l’action immédiate des nouvelles autorités.

« La criminalisation, c’est un engagement qui sera tenu », a-t-il déclaré d’emblée, reconnaissant l’importance de cette revendication dans le paysage politique et social sénégalais. Toutefois, il a tempéré cette promesse par une mise au point : « La question de la reddition des comptes, les deniers publics, ce sont des dossiers urgents parce que nous devons financer l’économie, l’éducation, la santé… Ce sont des urgences qu’il faut gérer. »

Cette déclaration marque une volonté de hiérarchiser les actions du gouvernement, avec une nette préférence pour les urgences économiques et la restauration de la gouvernance publique. En évoquant la nécessité de recouvrer les fonds publics détournés, Momath Talla Ndao a souligné que l’assainissement des finances de l’État constitue un préalable incontournable au redressement national.

« C’est ce processus que nous sommes en train de suivre », a-t-il expliqué, évoquant les efforts entrepris pour instaurer la transparence budgétaire, renforcer les marges de manœuvre financières et relancer les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Selon lui, ces choix sont dictés par les attentes profondes des Sénégalais et les promesses faites durant la campagne.

Sur le plan politique, ses propos traduisent également une volonté de rassurer l’opinion : les engagements sociétaux ne sont pas abandonnés, mais relégués à un second plan par rapport à l’urgence économique. C’est une réponse indirecte à la pression exercée ces derniers jours par certains groupes conservateurs, notamment après la marche du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une loi plus dure contre l’homosexualité.

Le message est donc double : d’un côté, l’État reste fidèle à ses principes et à la ligne idéologique portée par la coalition au pouvoir ; de l’autre, il affirme sa détermination à répondre d’abord aux défis immédiats du pays, avec une gouvernance orientée vers les résultats, la rigueur et la redéfinition des priorités nationales.

Dans un contexte de transition politique marqué par de fortes attentes sociales, la position de Momath Talla Ndao illustre la complexité de l’équation à laquelle le gouvernement fait face : concilier les exigences d’une base militante attachée aux valeurs culturelles et religieuses, tout en s’attaquant aux fondements économiques d’un pays en quête de stabilité et de développement.

Khalifa Sall annonce son retour imminent sur la scène politique : « Je reprends la parole publique très, très bientôt »

Après plusieurs mois de retrait volontaire de la sphère médiatique et politique, Khalifa Ababacar Sall, figure majeure de la vie politique sénégalaise et leader de la plateforme Taxawu Sénégal, a annoncé ce dimanche son retour imminent. L’ancien maire de Dakar, resté silencieux depuis mars 2024, a profité d’une conférence de presse pour officialiser sa décision de reprendre la parole et de renouer avec l’action politique publique.

Dans un ton serein mais résolu, Khalifa Sall a reconnu avoir volontairement réduit ses interventions ces derniers mois. « Ma parole a été rare. De mars 2024 à aujourd’hui, je ne me suis pas exprimé publiquement. Mais je vous donne rendez-vous très, très bientôt », a-t-il lancé à l’assistance, laissant présager une reprise dynamique de ses engagements dans les jours à venir. Il a insisté sur sa volonté de redevenir un acteur actif du débat politique national, affirmant : « Je reprends la parole publique, je m’inscrirai plus activement dans le débat et je serai surtout présent sur le terrain ».

Cette déclaration marque un tournant pour Taxawu Sénégal, coalition qui avait connu un certain ralentissement depuis les dernières échéances électorales. Khalifa Sall, dont le silence avait alimenté plusieurs spéculations, entend désormais reprendre l’initiative dans un contexte politique marqué par des transformations importantes depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Par ailleurs, Khalifa Sall a confirmé la participation de sa plateforme au dialogue national prévu pour le 28 mai 2025. Il a souligné que cette décision s’inscrivait dans la logique de continuité avec sa posture politique adoptée dès 2023, lorsqu’il avait également répondu favorablement aux appels à la concertation. « Nous croyons au dialogue. Ce pays a besoin de concertation pour avancer », a-t-il affirmé, réaffirmant ainsi son engagement en faveur d’une approche inclusive et participative dans la construction du Sénégal.

Le retour de Khalifa Sall, à la veille de ce dialogue crucial, pourrait modifier les dynamiques entre les différents pôles politiques, notamment au sein de l’opposition. Nombre d’observateurs s’accordent à dire que sa voix, forte de son expérience et de sa base militante solide à Dakar, pourrait peser significativement dans les débats à venir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°472 – 24 ET 25/05/2025

🔴 RECOURS CONTRE LE DÉCRET DE NOMINATION DES MEMBRES DE LA CENA : LA COUR SUPRÊME DÉSAVOUE « PARTIELLEMENT » MACKY
🔴 COUR SUPRÊME / NOUVEAU REJET DE DEMANDE DE LIBERTÉ PROVISOIRE DE SAMUEL SARR : L’EXPIRATION DU MANDAT DE DÉPÔT : DERNIÈRE ISSUE

🔴 COMBAT CONTRE BOY NIANG / BLESSURE AUX ÉPAULES : REUG REUG SUR LA TOUCHE ?
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / CONTENTIEUX : BUILDERS FC ET JARAAF DEVANT LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA FSF

Bignona : Saisie record de billets noirs d’une valeur de plus de 1,5 milliard FCFA par les Douanes

Un coup de filet d’envergure a été mené par les agents de la Brigade mobile des Douanes de Bignona, relevant de la Subdivision de Ziguinchor et de la Direction régionale des Douanes du Sud. Jeudi 15 mai 2025, aux environs de 17 heures, une importante quantité de billets noirs a été saisie à Silinkine, dans le département de Bignona. Le montant global de cette saisie s’élève à 1 milliard 541 millions 600 mille francs CFA.

Selon les informations relayées par la Division de la communication et des relations publiques des Douanes sénégalaises, cette opération ciblée est le fruit de l’exploitation d’un renseignement fiable. Ce dernier faisait état d’une opération imminente de blanchiment de billets noirs, communément appelés « billets destinés à être lavés », dans la zone de Silinkine, près d’Oulampane.

La descente des agents des Douanes a permis la découverte de 4.700 coupures de 500 euros en billets noirs, dissimulées dans un lieu tenu secret. La contrevaleur de ces faux billets, une fois convertie, atteint les 1,541 milliard FCFA.

Les autorités douanières précisent que l’enquête se poursuit afin de remonter toute la chaîne impliquée dans ce trafic illicite. L’objectif affiché est clair : démanteler le réseau de faussaires à l’origine de cette tentative de mise en circulation de faux signes monétaires.

Cette opération témoigne une nouvelle fois de la vigilance accrue des services douaniers dans la lutte contre le faux monnayage et le blanchiment de capitaux dans le sud du Sénégal, une région frontalière souvent ciblée par les réseaux criminels transnationaux.

Marche contre l’homosexualité à Ngor : Mame Matar Gueye invoque la religion pour justifier son opposition

Lors d’un rassemblement organisé ce week-end à Ngor, Mame Matar Gueye, vice-président de l’ONG Jamra, a pris la parole devant un public venu manifester son rejet de l’homosexualité. Dans un discours teinté de ferveur religieuse et de fermeté, l’activiste connu pour ses positions conservatrices a affirmé que « c’est le bon Dieu qui a criminalisé en premier l’homosexualité », en référence aux enseignements religieux aussi bien islamiques que chrétiens.

S’exprimant avec vigueur, Mame Matar Gueye a justifié cette position par la foi, en invoquant la condamnation unanime de l’homosexualité dans les textes religieux. « L’Église la bannit, l’islam également », a-t-il insisté, rejetant toute tentative d’imposer ce qu’il appelle « une idéologie étrangère » aux sociétés africaines et sénégalaises.

Le responsable de Jamra a par ailleurs accusé le « lobby LGBT » de multiplier ce qu’il qualifie de « provocations répétées » au Sénégal. Selon lui, des actes graves auraient été posés, notamment la diffusion de contenus pornographiques tournés dans des lieux saints ou encore l’organisation de cérémonies de mariage homosexuel dans des cités religieuses du pays. Des faits qu’il juge inacceptables et contraires aux valeurs spirituelles et culturelles sénégalaises.

« On n’approuve pas et on ne va pas se taire, que cela soit clair », a-t-il lancé, en guise d’avertissement à ceux qui, selon lui, chercheraient à normaliser l’homosexualité au Sénégal. Pour Mame Matar Gueye, l’ONG Jamra poursuivra sa mission de « veille éthique », en s’appuyant sur ce qu’il considère comme la volonté divine et la protection des fondements moraux de la nation.

Ce discours intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des droits LGBT au Sénégal, où l’homosexualité est toujours pénalement réprimée. La marche de Ngor s’inscrit ainsi dans une série d’initiatives de groupes conservateurs qui militent pour un durcissement des lois contre les minorités sexuelles, face aux appels internationaux pour davantage de tolérance et de respect des droits humains.

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Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ancien ministre de l’Intérieur accusé d’avoir dégradé une villa de l’État

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, a comparu ce jeudi devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, dans une affaire portant sur la dégradation présumée d’un bien immobilier appartenant à l’État. À l’origine de la plainte : la Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), qui estime les dommages causés à la villa de fonction à plus de 50 millions de francs CFA.

La Sogepa accuse l’ex-ministre d’avoir restitué le logement dans un état de détérioration avancée, plusieurs années après la fin de son mandat ministériel en 2012. Le bien en question, une villa de fonction mise à disposition pendant l’exercice de ses fonctions, aurait subi d’importants dégâts, suscitant l’indignation des services de l’État chargés de la gestion du patrimoine public.

Mais Mbaye Ndiaye conteste vigoureusement ces allégations. À sa sortie d’audience, il a livré sa version des faits, relayée par L’Observateur. « J’ai investi personnellement 200 millions dans la rénovation de la villa », a-t-il affirmé, ajoutant que le logement initialement doté de trois chambres avait été entièrement réaménagé pour en contenir quinze. L’ancien ministre souligne qu’il a quitté les lieux il y a plus de dix ans, à la fin de son mandat ministériel, en 2012.

Cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la gestion du patrimoine de l’État par les anciens dignitaires. Elle intervient dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la transparence et la redevabilité dans l’usage des biens publics.

Le procès a été renvoyé au 24 juillet prochain, date à laquelle les différentes parties présenteront leurs plaidoiries. D’ici là, la défense de Mbaye Ndiaye promet de fournir toutes les preuves des investissements réalisés, tandis que la Sogepa maintient ses accusations, déterminée à obtenir réparation.

Affaire à suivre.

Féminicides au Sénégal : ActionAid appelle à déclarer l’urgence nationale

Face à la montée inquiétante des violences faites aux femmes, l’organisation non gouvernementale ActionAid Sénégal tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’ONG exhorte les nouvelles autorités sénégalaises à reconnaître les féminicides comme une urgence nationale et à prendre des mesures fortes et immédiates pour y faire face.

L’organisation se dit profondément indignée par l’ampleur du phénomène, qualifiant cette période de « particulièrement sombre » pour le pays. Selon elle, les meurtres de femmes, survenus le plus souvent dans un contexte conjugal ou sur fond de violence sexiste, se multiplient dans un climat d’indifférence générale. Ces drames bouleversent des familles et choquent l’opinion publique, tout en révélant des lacunes graves dans la prévention, la protection des victimes et l’accès à la justice.

Entre janvier et mai 2025, au moins sept femmes ont été tuées dans diverses localités du Sénégal, d’après un décompte du journal Enquête. Le mois de mai s’est révélé particulièrement tragique, avec deux cas survenus en moins d’une semaine. Le plus récent remonte à quelques jours seulement : une femme de 41 ans, mère de quatre enfants, a été abattue en pleine journée à Ndiouwar, près de Fatick, par son mari, un ancien militaire.

ActionAid estime que ces crimes ne doivent plus être perçus comme de simples faits divers, mais comme les manifestations d’un système de violences structurelles, renforcé par le silence, l’impunité et la banalisation. L’organisation appelle à une réponse d’envergure, articulée autour de quatre priorités : la reconnaissance officielle de l’urgence, la stricte application des lois existantes, le renforcement des dispositifs de protection pour les femmes en situation de danger, et le lancement de vastes campagnes nationales de sensibilisation pour transformer les mentalités.

L’ONG insiste également sur la nécessité d’une réponse judiciaire exemplaire. Elle plaide pour des poursuites systématiques, des jugements équitables et des sanctions dissuasives à l’encontre des auteurs de violences, afin de briser le cycle de l’impunité.

Pour ActionAid, chaque féminicide est « une vie de trop » et chaque silence équivaut à « une complicité ». L’organisation en appelle à l’État du Sénégal pour qu’il rompe ce silence et agisse avec détermination afin de protéger les femmes, préserver leur dignité et garantir leur droit fondamental à la vie et à la sécurité.

Déclaration conjointe des mouvements, organisations et personnalités de la société civile : Appel urgent pour la réforme de l’article 255 du Code pénal !

Nous, mouvements et organisations de la société civile, exprimons notre vive préoccupation face à l’usage récurrent et préoccupant de l’article 255 du Code de procédure pénale au Sénégal. Un an après l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, nous constatons avec inquiétude que plusieurs journalistes, activistes, chroniqueurs et citoyens engagés ont été interpellés ou poursuivis sur la base de cette disposition juridique. 
Cette situation contraste fortement avec les aspirations démocratiques exprimées par les citoyens lors des dernières élections, ainsi qu’avec les engagements de rupture et de renouveau institutionnel pris par les nouvelles autorités.

Le dernier à en faire les frais est Abdou Nguer, chroniqueur et commentateur de l’actualité politique. Le 20 mai, il a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il est inculpé pour diffusion de fausses nouvelles, offense au Chef de l’État et apologie de crime ou délit. Il s’agit là de la seconde incarcération préventive en l’espace d’un mois, les chefs d’accusation étant liés à des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, dans lesquelles il aurait analysé des dossiers d’intérêt public tels que l’affaire PRODAC, le rapport de la Cour des comptes…

Le 17 avril, ce chroniqueur entre autres, de la chaîne de télé SenTV, a été placé pour la première fois sous mandat de dépôt après sa présentation devant le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il était poursuivi pour des faits de « diffusion de fausses nouvelles ». Sa convocation découlait d’une auto saisine du procureur de la République, intervenue après la diffusion de propos jugés sensibles au sujet du défunt magistrat Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel. 
Sa détention prolongée marque les limites de la liberté d’expression dans un État de droit. Il est reproché à Abdou Nguer d’avoir émis des opinions critiques sur des sujets d’intérêt public. un droit pourtant protégé par la Constitution sénégalaise et par les instruments juridiques internationaux ratifiés par le Sénégal.

Après une auto saisine du procureur pour avoir été  accusés d’avoir injurié l’ancien président Macky Sall, les militants de Pastef, Assane Gueye dit Azoura Fall et Ousseynou Kairé ont été jugés en flagrant délit le 21 mai et risquent 6 mois de prison, dont 3 ferme. Pour rappel, Azoura Fall avait bénéficié d’une liberté provisoire en raison de son état de santé avant d’être convoqué à nouveau.

Quant à l’activiste Assane Diouf, il a été placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles et offense à une autorité assimilée au président de la République après sa comparution devant le doyen des juges d’instruction le 3 mars dernier. Le 10 avril, le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de SenTv et de Zik Fm, a été convoqué et placé en garde pour diffusion de fausses nouvelles avant d’être libéré sous le régime du contrôle judiciaire. 

Parmi les acteurs politiques, les cas de Moustapha Diakhaté et Adama Fall sont à relever. Le premier est une voix critique du pouvoir actuel. Il a été arrêté le 22 novembre 2024 pour « insultes par le biais d’un système informatique envers un groupe se caractérisant par son origine nationale” avant d’être libéré le 24 janvier dernier. Le second, Adama Fall, acteur politique et opposant au pouvoir, est placé en garde à vue pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles le 21 février, avant d’être relaxé le 26 février. 

Ces cas, récents parmi tant d’autres, s’inscrivent dans une tendance préoccupante de l’utilisation abusive de l’article 255 du code pénal, qui menace gravement la liberté d’expression et la liberté de presse surtout dans l’espace numérique. Il stipule : « La publication, la diffusion, la divulgation ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, sera punie d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs (…) ». 

Cet article rédigé en des termes ambigus dans un cadre législatif post-colonial, ouvre la voie à des interprétations subjectives. Par ailleurs, le recours systématique à la sanction la plus sévère, sans prise en compte des circonstances spécifiques de l’infraction, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect du principe de proportionnalité des peines dans un État de droit. 

Les Nations Unies ont mis en garde contre les réponses étatiques excessives. Elles appellent les États à s’abstenir de mesures disproportionnées telles que les coupures d’Internet ou l’adoption de lois imprécises et trop larges, utilisées pour criminaliser, bloquer, censurer ou restreindre les discours en ligne, au détriment de l’espace civique.
​​Pour éviter des réponses juridiques inadéquates et préjudiciables aux droits de l’Homme, l’État du Sénégal doit mettre en oeuvre une série de mesures à savoir : renforcer le rôle des médias libres, indépendants et diversifiés, investir dans l’éducation aux médias et au numérique, autonomiser les individus et rétablir la confiance du public.

Toutes les personnes en détention préventive sur la base de cet article controversé ces derniers mois, devraient pouvoir bénéficier d’une remise en liberté immédiate. Pour celles ayant déjà été condamnées, il est impératif d’envisager un réexamen de leur situation, notamment à travers un aménagement de peine ou une mesure de grâce, afin de garantir le respect des principes de proportionnalité et de protection des droits humains.
Pour concrétiser certaines des conclusions des assises nationales de la Justice du Sénégal qui se sont tenues en juin 2024, nous mouvements et organisations de la société civile, appelons l’État du Sénégal à :
Réformer l’article 255 du code pénal qui criminalise la publication de fausses nouvelles et l’article 80 pour les aligner avec les normes internationales;
Réexaminer toutes les mesures punitives, y compris les restrictions pénales à la diffamation, l’injure, l’offense ou à la publication de fausses informations, et s’assurer qu’elles sont nécessaires, proportionnées, justifiables et compatibles avec les normes internationales en matière de droits de l’homme;

Privilégier des peines alternatives à l’emprisonnement, dans le respect du principe de proportionnalité comme des peines avec sursis, des travaux d’intérêt général (TIG), des amendes proportionnées aux capacités financières de la personne condamnée, un programme sur l’usage responsable de l’information;

Respecter les engagements internationaux en matière de droits humains, notamment ceux découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le Sénégal est partie;

À la protection des journalistes, activistes…;
Instaurer un juge des détentions et de la liberté pour statuer sur les mises en détention.

Dans une période où le Sénégal est perçu comme un modèle de démocratie stable en Afrique, ces convocations et arrestations tous azimuts, peuvent ternir l’image d’un pays, respectueuse des droits humains. La démocratie ne se résume pas aux élections, elle est une culture. Elle repose aussi sur un espace civique libre et pluraliste où les citoyens peuvent s’exprimer sans crainte de représailles systématiques.

Fait à Dakar le 22/05/2025

Signataires
AfricTivistes
AfrikaJom Center 
Article 19 Afrique de L’Ouest
Mouhamadou Seck, secrétaire général de la Raddho

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