Nouveau programme avec le FMI : comment négocier en position de faiblesse Par Mamadou Sy Tounkara

Le Fonds monétaire international (FMI) a attendu en vain les preuves promises par le gouvernement sénégalais sur la supposée « dette cachée ». Un an après, aucune pièce tangible n’a été produite. Rien ne nous a été donné non plus, à nous citoyens, même pas le bulletin statistique de la dette, encore moins le rapport du cabinet Forvis-Mazars. De guerre lasse, le Fonds a fini par classer cette affaire dans la catégorie « politique-fiction ». Ce tournant est lourd de conséquences : désormais, les discussions entre le Sénégal et le FMI s’ouvrent dans un contexte de crédibilité affaiblie.


La fin d’un récit politique
Pendant des mois, le débat public s’est focalisé sur la « dette cachée », avec des accusations spectaculaires, des déclarations enflammées et une bataille de communication aux résonances politiques. Mais le temps a joué contre ceux qui ont brandi ces accusations sans preuves. Le FMI, qui a une mémoire longue, n’oublie pas qu’il a été publiquement accusé d’avoir été floué ou fermé les yeux sur des pratiques comptables frauduleuses.
Aujourd’hui, le vocabulaire a changé. Le gouvernement comme le FMI parlent désormais de « misreporting », c’est-à-dire de déclarations erronées — une formulation bien moins explosive que dette cachée, « hidden debt ». Mais la trace de la polémique demeure, et elle pèsera sur la table des négociations.


Une position de faiblesse assumée… ou subie
Négocier avec le FMI est déjà difficile en temps normal. Le faire après une telle séquence revient à entrer dans la pièce avec un désavantage stratégique.
Le Sénégal a besoin de financement, le FMI détient une partie des clés de cet accès, et la confiance a été entamée. Dans ces conditions, le rapport de force penche naturellement en faveur du Fonds, qui saura imposer ses conditions — sous couvert de rigueur macroéconomique.
Le FMI ne négocie pas comme un partenaire politique
Le FMI n’est pas une organisation humanitaire. C’est une institution financière, dont la mission est de garantir la stabilité macroéconomique et de sécuriser les flux de remboursement. Dans son logiciel, il n’y a qu’un levier principal : l’ajustement.


Cela signifie concrètement :
• des réductions de subventions sur les produits de base, l’énergie et les carburants,
• un resserrement des filets sociaux, souvent considérés comme des dépenses « inefficaces »,
• une accélération des réformes structurelles avec des coûts sociaux à court terme.
Ce n’est ni une surprise ni une injustice : c’est simplement la logique de l’institution.
Reprendre l’initiative
Être en position de faiblesse ne signifie pas être sans leviers. Pour ne pas subir un programme « prêt-à-porter » taillé par Washington, le Sénégal doit reprendre l’initiative. Cela suppose :
• une communication claire et transparente sur l’état réel des finances publiques,
• une stratégie de négociation articulée autour de priorités sociales intangibles,
• une mobilisation diplomatique auprès des bailleurs non-FMI pour élargir la marge de manœuvre,
• et surtout, une posture politique ferme et crédible.
Car l’austérité imposée d’en haut n’a jamais permis de construire une économie durable. Elle génère frustrations et conflits sociaux.


Le choix de la dignité économique
Le Sénégal n’a pas intérêt à s’enfermer dans une posture de confrontation, mais il n’a pas non plus intérêt à céder sur l’essentiel. Le remboursement de la dette restera une obligation, mais il ne doit pas devenir une obsession qui écrase la souveraineté économique.
Il est temps que le pays négocie en adulte, avec lucidité, discipline et vision stratégique. La dignité économique ne se proclame pas : elle se défend à la table des négociations.
La dette cachée n’a jamais existé. La confiance, elle, s’est bel et bien effritée.
La bataille qui s’ouvre avec le FMI ne sera pas idéologique, mais technique et politique. Et c’est là que se jouera une partie de la souveraineté économique du Sénégal pour la génération à venir.


Mamadou Sy Tounkara

Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations

À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.

Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.

Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.

Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.

Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.

Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.

Appels à l’interdiction des manifestations : Seydi Gassama alerte sur les dérives et défend le droit à la contestation pacifique

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le climat social est marqué par une intensification des mobilisations citoyennes. À Dakar, les rues ont de nouveau vibré ce week-end sous le signe de la contestation. Après la marche du mouvement « Ñoo Lank » vendredi, organisée pour dénoncer la cherté de la vie, une nouvelle manifestation a eu lieu samedi. Plusieurs centaines de personnes ont parcouru le trajet de Liberté 6 au Jet d’eau, exigeant la libération de Farba Ngom, maire des Agnam, placé en détention dans le cadre d’une instruction financière.

Face à cette recrudescence des rassemblements, certaines voix issues du camp présidentiel ont appelé à interdire les manifestations, arguant que les discours tenus lors de ces événements risquent d’attiser la tension politique. Ces appels à restreindre la liberté de rassemblement ont suscité une vive réaction dans la société civile.

Parmi les voix les plus critiques figure Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui s’est exprimé sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’activiste a mis en garde contre les conséquences d’une politique d’interdiction systématique :

« L’État doit continuer à autoriser et à encadrer les manifestations qui doivent être pacifiques. Les interdictions entraînent la défiance et la violence », a-t-il déclaré.

Pour Seydi Gassama, la liberté de manifester demeure un droit fondamental garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il rappelle que le rôle des autorités est d’assurer la sécurité publique sans pour autant restreindre les libertés individuelles. Selon lui, interdire les rassemblements revient à alimenter la frustration et à ouvrir la voie à des affrontements imprévisibles.

Cette sortie du défenseur des droits humains intervient dans un contexte où le débat sur les libertés publiques reprend de la vigueur. Entre la volonté du gouvernement d’assurer l’ordre public et la détermination des citoyens à exprimer leurs revendications, le Sénégal se trouve à un tournant délicat de sa vie démocratique.

Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une éventuelle interdiction des manifestations. Mais le message de Seydi Gassama résonne comme un avertissement : la paix sociale, selon lui, ne saurait se construire sur la répression des libertés, mais sur le dialogue, la confiance et le respect du droit de manifester pacifiquement.

Les avocats de Pape Malick Ndour dénoncent une « manipulation grossière » de ses propos et menacent de porter plainte

Une vive polémique enfle autour des déclarations récentes de Pape Malick Ndour. Alors que certains responsables politiques de Pastef lui attribuent des propos jugés subversifs, le collectif d’avocats de l’ancien ministre monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation grossière » et d’« interprétation tendancieuse » de ses mots.

Dans un communiqué rendu public et signé par Me El Hadji Amadou Sall, le collectif de la défense estime que les déclarations de Pape Malick Ndour ont été déformées à des fins politiques. « Ses propos ont été volontairement travestis par des responsables et militants de Pastef, notamment Amadou Ba et Ayib Daffé », affirme le texte. Selon les avocats, l’un aurait prêté à leur client des intentions de « renverser le gouvernement », tandis que l’autre aurait évoqué un prétendu appel à un « coup d’État ».

Les défenseurs de Pape Malick Ndour rejettent fermement ces accusations qu’ils jugent « fallacieuses » et « politiquement motivées ». Ils estiment qu’il s’agit d’un « stratagème habituel visant à déclencher des poursuites pour faire taire des voix discordantes au sein de l’opposition ».

Dans leur communiqué, les avocats mettent formellement en demeure les deux responsables politiques cités de retirer leurs déclarations qu’ils considèrent comme diffamatoires. À défaut d’une rétractation immédiate, ils annoncent leur intention de déposer une plainte pour « dénonciation calomnieuse et diffamation », tout en les tenant « solidairement responsables de tout préjudice moral ou matériel subi par leur client ».

Cette réaction du collectif intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une recrudescence des affrontements verbaux entre responsables de la majorité et figures de l’opposition. Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse et cadre de la mouvance présidentielle, s’était récemment exprimé sur la situation nationale, appelant à un débat politique apaisé et à la responsabilité des acteurs publics. Ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux, ont rapidement fait le tour de la toile, suscitant des interprétations contradictoires.

Alors que ses avocats dénoncent une campagne de désinformation, cette affaire relance le débat sur l’usage politique des réseaux sociaux et la manipulation de l’opinion à travers des extraits sortis de leur contexte. Le collectif promet de « défendre l’honneur et la réputation » de leur client, tout en avertissant que « toute nouvelle tentative de dénaturation de ses propos fera l’objet d’une riposte judiciaire ».

Papa Malick Ndour répond à Amadou Ba : « Je refuse la diffamation et la manipulation »

L’ancien ministre de la Jeunesse, Papa Malick Ndour, a brisé le silence ce samedi à la suite des accusations portées contre lui, l’accusant d’avoir tenu des propos incitant à un coup d’État. Dans un message fort et empreint de dignité, il a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité, tout en annonçant une action judiciaire contre ses détracteurs.

« Monsieur le Ministre Amadou Ba, je suis un homme d’élégance et de principes. Jamais je ne m’abaisserai à des interprétations malveillantes pour salir un adversaire politique ou instrumentaliser la justice », écrit Papa Malick Ndour, dénonçant ce qu’il qualifie de manipulation politique. L’ancien ministre se défend de tout appel à la subversion : « Que les choses soient claires : je n’ai appelé ni à un renversement du gouvernement par la force ni à un coup d’État. Tout le monde peut regarder la vidéo. »

Pour illustrer sa conception de la politique et de l’éthique républicaine, il rappelle un souvenir personnel partagé avec Amadou Ba : « Souviens-toi de cette photo, celle où, ministre de la République que j’étais, élégant et respectueux de l’adversaire politique, je te déposais chez toi sans rancune, tout sourire et sans amertume, après un débat où tu avais pourtant traité notre régime, l’État, la justice et notre gouvernance de tous les qualificatifs inélégants et anti-républicains. Voilà l’élégance dans notre République, la République sénégalaise. »

Papa Malick Ndour estime que le débat politique doit se faire dans le respect et la vérité, non dans la manipulation. « Aujourd’hui, je refuse la diffamation et la manipulation », martèle-t-il avant d’annoncer la suite : « Dès lundi, mes avocats déposeront une plainte contre toi, Monsieur le Ministre, ainsi que contre le président du groupe parlementaire de Pastef qui m’accuse d’avoir appelé à un coup d’État. »

L’ancien ministre conclut avec un message de fermeté teinté de sérénité : « La dignité, c’est aussi de répondre fermement, mais sans haine. Le combat continue… »

« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive

La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.

UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?

Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.

UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS

Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.

NOUVEAU PROGRAMME DU FMI

Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°586 – 18 ET 19/10/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » : LA VÉRITÉ DERRIÈRE LE SCANDALE
🔴 MARCHE DE « NOO LANK » CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : LA RUE DÉFIE LE TANDEM

🔴 CLASSEMENT FIFA : LE SÉNÉGAL SE MAINTIENT, LE MAROC ET LE CAMEROUN DÉGRINGOLENT
🔴 FINALE 9B / APRÈS L’ASC MANKOO : AÏTHIA MET EN CAUSE LE PRÉSIDENT DE LA ZONE

Massacre de Thiaroye : les fouilles archéologiques révèlent de troublantes incohérences dans les tombes des tirailleurs

Le voile se lève progressivement sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais, le professeur Moustapha Sall, président de la Commission Archéologie, a présenté les premiers résultats des fouilles entreprises au cimetière militaire de Thiaroye, théâtre du drame du 1er décembre 1944. Ces investigations confirment d’importantes incohérences entre les archives officielles et la réalité du terrain, ouvrant une nouvelle phase dans la quête de vérité historique.

Selon le Pr Sall, les fouilles avaient pour but de vérifier la correspondance entre les tombes présumées des tirailleurs et les restes humains qui y reposent réellement. Il a rappelé que « la vérité sur ce qui s’est passée à Thiaroye se trouve dans le sol, car tout y est enfoui », soulignant que les archives françaises ne permettent pas à elles seules d’éclairer toutes les zones d’ombre entourant ce massacre.

Les premières constatations des archéologues se révèlent particulièrement troublantes. Contrairement à ce que soutiennent les récits officiels, les squelettes ne se trouvent pas à l’intérieur des tombes supposées abriter les tirailleurs. Dans plusieurs cas, les restes humains ont été retrouvés à l’extérieur du carré funéraire, parfois dans des positions inhabituelles. « Certains corps ont été découverts la tête tournée à l’opposé de la stèle, ce qui montre que les tombes actuelles ne sont pas contemporaines des inhumations », a précisé le chercheur.

Le professeur Sall parle d’un « cimetière réceptacle de plusieurs pratiques d’enterrement », une formule qui laisse entendre que les lieux auraient servi à diverses opérations funéraires à des époques différentes, brouillant ainsi la traçabilité des victimes du massacre.

Depuis le lancement des fouilles en mai dernier, sept tombes ont été ouvertes, permettant la découverte de sept squelettes généralement bien conservés. Chacun d’eux révèle des éléments singuliers. Le premier individu, mesurant environ 1m80, portait encore des brodequins, des bagues, des anneaux, ainsi que des restes de chaînes de fer autour des tibias, évoquant une détention ou une exécution violente. Le second corps ne présente que la moitié de la colonne vertébrale et du bassin, tandis que le troisième est dépourvu de crâne et d’une partie des côtes, avec une balle logée dans la poitrine gauche.

Ces indices, selon le professeur Sall, constituent des preuves matérielles d’une exécution massive et d’un possible déplacement ultérieur des corps. « Ces découvertes confirment que les tombes que l’on croyait être celles des tirailleurs ne le sont pas toutes, ou du moins, qu’elles ne correspondent pas aux récits établis », a-t-il affirmé.

Les archéologues comptent désormais poursuivre leur travail à travers des études anthropologiques et génétiques pour déterminer l’identité des victimes. « Les sept squelettes exhumés feront l’objet d’analyses approfondies. Nous allons extraire leur ADN afin de tenter de les identifier et de retracer leur origine », a indiqué le Pr Sall.

Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, reste l’un des symboles les plus forts des violences coloniales. Des dizaines de tirailleurs sénégalais, anciens combattants revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, furent abattus par l’armée française pour avoir réclamé le paiement de leurs soldes.

Ces nouvelles fouilles viennent remettre en question la version officielle, longtemps contestée par les historiens et les familles des victimes. Elles pourraient ouvrir la voie à une reconnaissance historique plus complète, fondée cette fois sur des preuves scientifiques, et marquer une étape décisive dans la réhabilitation de la mémoire des tirailleurs de Thiaroye.

Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.

Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.

« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.

Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.

Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.

Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.

Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.

Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.

Fatick : une vaste opération de saupoudrage lancée pour contrer la fièvre de la vallée du Rift

La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.

L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”

Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.

Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.

Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.

Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.

Bassirou Diomaye Faye accueilli à Kigali par Paul Kagame pour une visite officielle placée sous le signe du partenariat stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce vendredi une visite officielle à Kigali, au Rwanda, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. À son arrivée à l’aéroport international de Kigali, le chef de l’État sénégalais a été chaleureusement accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame, dans une ambiance empreinte de fraternité africaine et de respect mutuel.

Cette visite officielle revêt une importance particulière dans le contexte actuel de redéfinition des alliances africaines et de promotion de la coopération Sud-Sud. Elle vise à consolider les liens d’amitié et de partenariat entre le Sénégal et le Rwanda, deux nations reconnues pour leur vision réformatrice et leur volonté de bâtir des États modernes, performants et souverains.

Au cœur des échanges entre Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame figurent plusieurs axes prioritaires, notamment la gouvernance publique, la transformation numérique, la sécurité régionale, l’industrialisation et la promotion du capital humain. Les deux dirigeants entendent également explorer de nouvelles opportunités de collaboration dans les domaines de l’innovation technologique, de l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que du développement durable.

Le président Faye, dont la politique étrangère repose sur une approche souverainiste et pragmatique, considère le Rwanda comme un partenaire africain exemplaire, en raison de ses avancées notables en matière de gouvernance, de digitalisation des services publics et de promotion de l’efficacité administrative. Kigali, souvent cité comme modèle en Afrique en termes de stabilité et de développement, partage avec Dakar une vision commune : celle d’un continent maître de son destin, où la coopération entre nations africaines se substitue progressivement à la dépendance extérieure.

La visite du président sénégalais intervient dans un contexte où les relations entre Dakar et Kigali connaissent un essor constant. Ces dernières années, plusieurs accords de coopération ont été signés dans les domaines de la formation, des technologies de l’information, de la gestion publique et du commerce. Le déplacement de Bassirou Diomaye Faye devrait aboutir à la signature de nouveaux partenariats destinés à renforcer la coopération institutionnelle et économique.

Au-delà des enjeux politiques et économiques, cette rencontre revêt également une forte portée symbolique. Elle illustre la volonté des deux chefs d’État de donner un nouvel élan à la diplomatie africaine, fondée sur la complémentarité et la mutualisation des ressources. Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame entendent ainsi mettre en avant une nouvelle génération de leadership africain, déterminée à offrir des solutions endogènes aux défis du développement et à redéfinir la place du continent sur la scène internationale.

Affaire Parilutte-Parilamb : la Lonase lourdement désavouée, la saisie de fonds annulée par le Tribunal de commerce de Dakar

Le feuilleton judiciaire opposant la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) au Groupement d’intérêt économique (Gie) Parilutte-Parilamb vient de connaître un nouveau rebondissement, et pas en faveur de l’entreprise publique. Le Tribunal de commerce de Dakar a rendu une ordonnance en référé annulant la saisie-attribution de créances opérée par la Lonase sur les comptes bancaires de son partenaire, au motif d’un vice de fond dans la procédure. Cette décision, rendue avec exécution provisoire, vient aggraver la situation de la société nationale déjà condamnée au fond en 2023 à verser 5 milliards de francs CFA au Gie pour rupture abusive de contrat.

Le contentieux remonte à janvier 2020, date à laquelle la Lonase et le Gie Parilutte-Parilamb avaient signé un partenariat stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique dédiée aux paris sur la lutte sénégalaise, dénommée « Parilutte-Parilamb ». Ce projet ambitieux visait à moderniser la gestion des paris sportifs et à mieux encadrer les mises autour du sport roi du Sénégal. Dans l’esprit du partenariat, la Lonase devait apporter son expertise institutionnelle, son réseau et ses autorisations réglementaires, tandis que Parilutte-Parilamb devait fournir la solution technologique et l’infrastructure opérationnelle.

Mais très vite, des désaccords sont apparus. Le Gie accuse la Lonase d’avoir manqué à ses engagements contractuels, en bloquant le lancement du projet et en refusant d’exécuter certaines obligations financières prévues dans la convention. Malgré de multiples tentatives de conciliation, les discussions ont échoué, poussant Parilutte-Parilamb à saisir le Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir réparation.

En octobre 2023, la justice avait tranché en faveur du Gie, condamnant la Lonase à lui verser la somme de cinq milliards de francs CFA pour non-exécution de ses engagements. Une décision que l’entreprise publique avait contestée sans succès, tout en cherchant à contourner ses effets. En mars 2025, la Lonase a tenté de faire saisir les comptes bancaires du Gie logés à la Coris Bank International, sur la base d’une procédure initiée par Me Guillaume Sagna, huissier de justice à Dakar.

Mais cette démarche s’est retournée contre elle. Le Tribunal de commerce, saisi par les avocats de Parilutte-Parilamb, a constaté plusieurs irrégularités de fond dans la procédure de saisie. Le juge a ainsi déclaré nulle la saisie-attribution de créances opérée le 21 mars 2025 et a ordonné la main levée immédiate sur les fonds. Dans son ordonnance, le tribunal a estimé que la Lonase avait violé les principes élémentaires de la procédure civile, en initiant une saisie sans base juridique solide. L’entreprise publique a, de surcroît, été condamnée aux dépens, avec exécution provisoire de la décision, ce qui signifie qu’elle devra s’y conformer sans délai, même en cas d’appel.

Pour Me Mohamed Seydou Diagne, avocat de Parilutte-Parilamb, cette nouvelle victoire judiciaire ne souffre d’aucune ambiguïté : « C’est une décision claire, cohérente et conforme au droit. Elle confirme que la Lonase a choisi une voie de fait en tentant d’obtenir par la force ce que la justice lui avait déjà refusé. » Le conseil a ajouté que son client restait déterminé à obtenir l’exécution intégrale du jugement de 2023 et à faire respecter ses droits.

Cette affaire, au-delà de son aspect financier, met en lumière les fragilités structurelles de la gouvernance contractuelle dans certaines entreprises publiques sénégalaises. Plusieurs analystes y voient le symptôme d’un rapport souvent déséquilibré entre les institutions étatiques et leurs partenaires privés. Dans le cas d’espèce, la Lonase, censée incarner la rigueur et la transparence du service public, se retrouve accusée de manquements répétés à ses engagements, d’initiatives procédurales hasardeuses et de tentatives d’intimidation économique.

Pour l’entreprise publique, ce nouveau désaveu judiciaire constitue un coup dur. Déjà en proie à des critiques sur sa gestion interne et sur la transparence de ses partenariats, la Lonase voit son image encore ternie par cette série de revers judiciaires. Elle se retrouve désormais dans une position délicate : condamnée au fond, déboutée en référé, et sous pression pour exécuter les décisions de justice qui s’accumulent contre elle.

De son côté, le Gie Parilutte-Parilamb sort renforcé de cette séquence. Après cinq années d’un combat juridique éprouvant, il dispose désormais de deux victoires successives qui confortent la solidité de sa position et la légitimité de ses revendications. L’enjeu, désormais, est d’obtenir le paiement effectif des 5 milliards de francs CFA fixés par le tribunal en 2023.

Ce bras de fer, qui mêle enjeux économiques, juridiques et institutionnels, risque de se poursuivre encore longtemps. Mais une chose est certaine : la Lonase, en accumulant les revers, donne l’image d’une institution fragilisée, confrontée à ses propres contradictions et à un besoin urgent de réforme interne. Quant à Parilutte-Parilamb, sa détermination à faire respecter la justice pourrait en faire un symbole de la résistance du secteur privé face aux dérives des structures publiques.

Assises des entreprises : le gouvernement consacre 300 milliards FCFA à l’apurement des arriérés du secteur privé dans la LFR 2026

Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.

Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.

Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.

M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.

Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.

Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.

Assises de l’entreprise : Baïdy Agne alerte sur les contentieux bancaires et le manque de concertation fiscale

Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.

Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.

Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.

Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.

Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.

Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.

Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.

Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.

Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°585 – 17/10/2025

🔴 AFFAIRE DES 8 MILLIARDS DE BAKEL / PLAINTE DE GUEUM SA BOPP CONTRE OUSMANE SONKO ET SES MINISTRES : UNE MAYONNAISE QUI VA PRENDRE ?
🔴 PROGRAMME AVEC LE FMI : DANS LES COULISSES DE LA « DETTE CACHÉE »

🔴 MONDIAL 2026 / ENVELOPPE DE PLUS DE 5 MILLIARDS F CFA POUR LE SÉNÉGAL : UNE QUALIF’ EN OR !

Forum national du Livre : le Président Diomaye veut faire de Dakar un hub régional de l’édition et de la création intellectuelle

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé ce jeudi à Dakar la volonté du gouvernement de hisser la capitale sénégalaise au rang de pôle régional majeur de l’édition, du livre et de la création intellectuelle. Il présidait la cérémonie d’ouverture du Forum national sur le livre et la lecture, tenu sous le thème “L’éducation par le livre pour une souveraineté éclairée”, un rendez-vous qui marque une étape importante dans la redéfinition de la politique culturelle et éducative du Sénégal.

Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé que la culture, le savoir et la pensée critique constituent les leviers d’une véritable souveraineté nationale. Il a souligné que le livre doit redevenir un outil central dans la formation citoyenne, intellectuelle et morale de la jeunesse, à l’heure où le pays s’engage sur la voie de la refondation de son système éducatif.

Le président Diomaye Faye a annoncé la volonté du gouvernement de réinventer la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), afin d’en faire un cadre plus dynamique, tourné vers l’innovation et la promotion des métiers de l’édition. Il a également insisté sur la nécessité d’ancrer Dakar comme “un hub culturel et intellectuel pour toute la sous-région ouest-africaine”, en renforçant la coopération entre éditeurs, auteurs et institutions éducatives.

Le Forum national du livre et de la lecture, a-t-il expliqué, constitue “un moment fondateur d’un dialogue sincère et d’un pacte renouvelé entre l’État et les acteurs du livre”. Cette rencontre, réunissant éditeurs, écrivains, bibliothécaires, enseignants et institutions publiques, vise à identifier les défis structurels du secteur et à proposer des solutions concrètes pour sa modernisation.

Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation des bibliothèques et salles de lecture, la structuration et le financement du sous-secteur du livre, ainsi que les enjeux liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle, appelées à transformer durablement le paysage éditorial sénégalais.

Le président Faye a aussi insisté sur la valorisation des langues nationales dans la production littéraire, qu’il considère comme un impératif pour consolider l’identité culturelle et exprimer la pensée sénégalaise dans sa propre grammaire. « La souveraineté culturelle et intellectuelle passe par la reconquête de notre parole propre. Il n’est pas possible de transformer durablement une nation sans transformer d’abord son imaginaire, sans élever ses lectures, sans nourrir sa pensée », a-t-il déclaré avec conviction.

Dans un moment empreint d’émotion, le chef de l’État a rendu hommage aux grandes figures des lettres sénégalaises disparues, saluant leur héritage et leur rôle dans la promotion du livre et de la lecture. Il a également exprimé sa reconnaissance aux professionnels du secteur, femmes et hommes “dont l’engagement traduit un patriotisme éclairé et une citoyenneté assumée”.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les écrivains, éditeurs et acteurs du monde du livre sont “les dépositaires d’une mission essentielle” : celle de tenir éveillée la conscience nationale, d’entretenir la flamme du savoir et de préserver la dignité de l’esprit. Pour lui, faire de Dakar un centre de rayonnement intellectuel et éditorial, c’est aussi affirmer la place du Sénégal dans la renaissance culturelle africaine.

« Diffusion de fausses nouvelles » : Soya Diagne envoyé en prison

Le journaliste Soya Diagne, directeur du site d’information en ligne Ledakarois221, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi par le Doyen des juges d’instruction, selon des informations rapportées par la RFM. Il passera ainsi sa première nuit en détention, après avoir été inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, dont diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, et actes ou manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République.

Les faits qui lui sont reprochés découlent d’une publication sur les réseaux sociaux. Soya Diagne aurait partagé un post du blogueur Akhenaton, dans lequel des propos jugés diffamatoires et dénigrants visaient El Malick Ndiaye, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Cette reprise de contenu aurait suffi à déclencher la procédure judiciaire, les autorités estimant que le journaliste a contribué à propager des informations susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à l’honneur d’une institution.

L’affaire suscite déjà de vives réactions dans le milieu de la presse. Plusieurs confrères dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté d’expression et appellent à une application mesurée des lois sur la cybercriminalité et la désinformation. D’autres, en revanche, rappellent la nécessité pour les journalistes et les administrateurs de plateformes en ligne de vérifier leurs sources avant toute diffusion d’information.

Ce nouveau cas relance le débat sur les limites de la liberté de presse au Sénégal, à l’heure où les autorités affichent leur détermination à lutter contre les « fausses nouvelles » et les dérives sur les réseaux sociaux. Soya Diagne reste en détention en attendant la suite de l’instruction.

Auchan applique désormais un droit de timbre sur tous les paiements en espèces

La direction d’Auchan Sénégal a annoncé une nouvelle mesure qui concerne tous ses clients effectuant des paiements en espèces. À compter de ce mois d’octobre, un droit de timbre de 1 % est désormais appliqué sur toutes les transactions réglées en numéraire, quel que soit le montant. Cette décision a été officialisée à travers un communiqué rendu public par l’entreprise, qui précise qu’il s’agit d’une mesure conforme aux dispositions fiscales en vigueur au Sénégal.

Selon Auchan, cette nouvelle taxe n’est pas une initiative commerciale, mais une exigence légale découlant de la politique fiscale nationale. L’entreprise indique qu’elle agit simplement en tant qu’intermédiaire dans le processus de collecte. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », explique le communiqué.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à renforcer la mobilisation des recettes fiscales et à encourager la traçabilité des transactions financières. En imposant un droit de timbre sur les paiements en espèces, le gouvernement espère réduire la circulation du cash et favoriser l’utilisation des moyens de paiement électroniques, jugés plus transparents et sécurisés.

Du côté des consommateurs, cette mesure risque cependant de susciter des réactions mitigées. Certains y verront un prélèvement supplémentaire sur leur pouvoir d’achat déjà affecté par l’inflation, tandis que d’autres y liront une incitation à se tourner vers le paiement par carte ou mobile money.

Budget 2026 : la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent plus de 100 milliards FCFA

Le projet de loi de finances 2026, présenté par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, détaille avec précision les allocations budgétaires destinées aux principales institutions de la République. Dans un contexte de rigueur, de rationalisation et de transparence, la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale voient leurs enveloppes financières adaptées à leurs missions, conformément à la politique d’assainissement des finances publiques mise en avant par l’exécutif.

Pour l’exercice 2026, la Présidence de la République bénéficiera d’un budget global de 56,01 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 17,01 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette dotation, selon les précisions du document budgétaire, comprend d’importants concours extérieurs, parmi lesquels 48 milliards proviennent de la Banque africaine de développement (BAD/FAD), 5 milliards de la coopération allemande via la KfW et 2 milliards de l’Agence française de développement (AFD). Ces ressources sont destinées à soutenir la mise en œuvre des programmes présidentiels axés sur la gouvernance, la diplomatie, la modernisation institutionnelle et la coopération internationale. L’objectif affiché est de permettre à la Présidence d’accompagner les grandes orientations du Plan de Redressement économique et social, tout en garantissant la continuité des projets stratégiques de l’État.

La Primature, de son côté, se voit attribuer une enveloppe de 8,29 milliards de francs CFA. Cette somme intègre des appuis extérieurs conséquents, notamment un don de 2,86 milliards de l’AFD, 4,17 milliards du Fonds mondial et un prêt de 1,25 milliard de la Banque islamique de développement (BID). Ces ressources permettront à la Primature d’assurer efficacement la coordination des politiques gouvernementales, la supervision des réformes structurelles et le suivi de la performance administrative. L’enveloppe servira également à appuyer la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES), un pilier majeur du programme gouvernemental visant la relance économique et la création d’emplois.

Quant à l’Assemblée nationale, elle disposera d’un budget de 25,11 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 24,86 milliards en crédits de paiement. Cette dotation vise à renforcer les capacités institutionnelles du Parlement, afin qu’il remplisse pleinement ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un Parlement fort et efficace, garant de la redevabilité et du bon usage des deniers publics, dans un contexte où la rationalisation des dépenses institutionnelles demeure une priorité.

Ainsi, la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent une enveloppe globale dépassant les 100 milliards de francs CFA. Cette somme, bien que conséquente, s’inscrit dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence prônée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de restaurer la discipline budgétaire et d’optimiser les ressources publiques.

Le projet de loi de finances 2026 introduit également un dispositif de suivi et de contrôle renforcé des dépenses publiques. Il fixe notamment les plafonds d’emplois à 1 962 agents pour la Présidence et 877 pour la Primature. Ce mécanisme vise à assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale et une utilisation optimale des ressources humaines de l’État. Dans la même dynamique, une obligation de publication régulière des rapports d’exécution budgétaire est instaurée, afin de garantir la transparence et de permettre aux citoyens de suivre, en toute clarté, l’utilisation des fonds publics.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de concilier efficacité institutionnelle, rigueur financière et redevabilité. En plaçant la transparence au cœur de la gestion des finances publiques, l’exécutif entend instaurer une nouvelle gouvernance budgétaire, plus sobre, plus responsable et tournée vers les résultats.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°584 – 16/10/2025

🔴 GRÈVE DES ENSEIGNANTS : LA RENTRÉE DÉMARRE MAL
🔴 « ASER-GATE » / SAISINE DU POOL JUDICIAIRE FINANCIER : LE PRESSING DE TAS

🔴 IDÉES – LE SÉNÉGAL QUALIFIÉ POUR LA COUPE DU MONDE 2026 : L’HÉRITAGE SPORTIF DU PRÉSIDENT MACKY SALL PLEINEMENT CONFIRMÉ (Par Mamadou DJIGO)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°583 – 15/10/2025

🔴 AUGMENTATION DE 2,6% DES PRIX EN UNE ANNÉE : TEMPS DURS POUR LE « GOÓRGOÓRLU »
🔴 LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE STUPÉFIANTS : L’OCTRIS RATISSE LARGE

🔴 VICTOIRE ÉCRASANTE CONTRE LA MAURITANIE : LE SÉNÉGAL FILE AU MONDIAL

Migration irrégulière : 123 candidats interceptés au large de Sangomar par la Marine nationale sénégalaise

La Marine nationale sénégalaise a annoncé, dans la soirée du lundi 13 octobre 2025, avoir intercepté une pirogue transportant 123 candidats à l’émigration irrégulière au large de Sangomar, à environ 110 kilomètres des côtes. L’embarcation, partie d’un pays voisin selon les premières informations, a été repérée par les dispositifs de surveillance maritime avant que les unités navales n’interviennent pour porter secours à ses passagers.

D’après un communiqué publié sur la page X (ex-Twitter) de la Marine nationale, l’opération de sauvetage s’est déroulée dans des conditions difficiles, en raison des courants marins et du nombre élevé de passagers à bord. Les 123 migrants, parmi lesquels figuraient plusieurs femmes et jeunes hommes, ont été secourus et ramenés sains et saufs à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. Une fois sur place, ils ont été remis aux autorités compétentes pour identification, soins médicaux et audition.

Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Europe, notamment vers les îles Canaries. En l’espace de deux semaines, la Marine nationale a procédé à plusieurs opérations similaires. Le 27 septembre dernier, une autre pirogue transportant 282 migrants avait été secourue au large de Dakar, tandis que deux jours auparavant, une embarcation avec 142 personnes à bord avait été interceptée en coordination avec l’Armée de l’Air. Ces opérations traduisent une intensification des départs, souvent organisés par des réseaux transfrontaliers de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des jeunes Africains à la recherche d’un avenir meilleur.

Les autorités militaires affirment que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de surveillance et de sécurisation des côtes sénégalaises. La Marine nationale, appuyée par l’Armée de l’Air et la Gendarmerie maritime, déploie régulièrement des patrouilles dans les zones à haut risque, notamment autour de Sangomar, Joal, Mbour et Saint-Louis, devenues des points de départ fréquents pour les migrants.

Au-delà de la dimension sécuritaire, cette situation met en lumière la persistance des causes profondes de la migration irrégulière : chômage massif, manque d’opportunités économiques, pauvreté, et désespoir social. Beaucoup de jeunes, confrontés à une précarité accrue, continuent de céder aux promesses illusoires des passeurs, malgré les dangers connus des traversées clandestines.

Les autorités sénégalaises, en partenariat avec des organisations internationales comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), multiplient les campagnes de sensibilisation et les programmes d’insertion socio-économique. Cependant, les résultats restent limités face à la pression migratoire croissante et au pouvoir d’attraction du rêve européen.

La Marine nationale, dans son communiqué, a rappelé que la mer n’est pas une voie de salut mais un cimetière pour des milliers de jeunes Africains. Elle a renouvelé son engagement à poursuivre sans relâche les opérations de surveillance et de secours, tout en appelant à une coopération régionale plus soutenue pour endiguer le phénomène à sa source.

Cette nouvelle interception au large de Sangomar vient ainsi s’ajouter à la longue liste des opérations de sauvetage menées ces dernières semaines, soulignant une fois de plus l’urgence d’une réponse globale et concertée à la crise migratoire qui frappe l’Afrique de l’Ouest.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°582 – 14/10/2025

🔴 NOO LANK CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : GRANDE MOBILISATION LE 17
🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE L’EXPLOITATION DE LA LICENCE D’AFRICA7TV : SOLO MÉDIA DÉBOUTÉ

🔴 JAKOBS INCERTAIN CONTRE LA MAURITANIE : COUP DUR POUR LES « LIONS »
🔴 TENNIS – BARRAGES COUPE DAVIS : LE SÉNÉGAL DÉFIE LE PAKISTAN À ISLAMABAD

Hausse du prix de l’électricité : Noo Lank dénonce une « injustice énergétique » et appelle à une grande mobilisation le 17 octobre

Le collectif citoyen Noo Lank a tenu, ce lundi 13 octobre à Dakar, une conférence de presse au ton particulièrement ferme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « cherté injustifiée de l’électricité » au Sénégal. Face à la hausse continue des tarifs appliqués par la SENELEC, les membres du mouvement ont fustigé un système de tarification qu’ils jugent « injuste, déséquilibré et socialement insoutenable ». Noo Lank a ainsi annoncé une grande mobilisation populaire prévue pour le vendredi 17 octobre 2025, afin d’exiger du gouvernement des mesures concrètes pour soulager les ménages et les entreprises.

Au cours de cette rencontre avec la presse, les porte-parole du collectif ont dressé un tableau alarmant de la situation énergétique actuelle. Selon eux, les Sénégalais font face à des factures d’électricité exorbitantes et à des consommations jugées anormalement élevées, notamment avec les compteurs prépayés Woyofal. Cette situation, dénoncent-ils, engendre une pression économique insupportable sur les familles, un effondrement du pouvoir d’achat et une asphyxie progressive des petites et moyennes entreprises, ainsi que des startups qui n’arrivent plus à supporter leurs charges mensuelles. Pour Noo Lank, cette crise traduit « l’échec d’une politique énergétique au service des intérêts privés plutôt que de l’intérêt national ».

Le collectif explique avoir tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec les autorités pour trouver des solutions, mais sans succès. Une rencontre prévue avec le ministère de l’Énergie n’a finalement pas eu lieu pour des raisons de coordination. Toutefois, Noo Lank affirme avoir échangé avec la Convergence syndicale des travailleurs de la SENELEC, le directeur général de la société et Habib Sy, président du conseil d’administration. Ces discussions ont permis, selon le mouvement, de confirmer que la situation dénoncée par les citoyens correspond bien à une réalité vécue au quotidien : celle d’un réseau énergétique en crise et d’une gestion financière fragilisée par l’endettement et la dépendance.

Le système de tarification est au cœur des critiques formulées par le collectif. Noo Lank dénonce un modèle qui ne prend pas en compte les disparités sociales ni les efforts de paiement anticipé consentis par les usagers du compteur Woyofal. Selon eux, il est injustifiable que le tarif appliqué soit identique pour les consommateurs prépayés et ceux du système postpayé. Le collectif souligne que Woyofal, en permettant à la SENELEC de bénéficier d’une avance de trésorerie tout en éliminant les risques d’impayés, devrait logiquement être accompagné d’un tarif préférentiel. « Woyofal doit signifier soulagement et non souffrance. Ce système doit bénéficier d’un allègement tarifaire sur toutes les tranches pour jouer pleinement son rôle social », soutient le mouvement.

Dans sa déclaration, Noo Lank ne se limite pas à la dénonciation, mais avance également une série de recommandations. Le collectif appelle le gouvernement à s’attaquer aux causes structurelles de la crise énergétique en commençant par le paiement immédiat de la dette de l’État envers la SENELEC, une dette qui, selon certaines estimations, pèse lourdement sur le fonctionnement de la société nationale. Il plaide aussi pour une augmentation de la capacité nationale de production afin de réduire les coupures récurrentes d’électricité qui affectent l’économie et la qualité de vie des citoyens.

Noo Lank exhorte également l’État à réduire progressivement la dépendance aux producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui assurent près de 70 % de la production nationale, une dépendance jugée dangereuse pour la souveraineté énergétique du pays. Dans le même esprit, le collectif insiste sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet gazier Yakaar-Teranga, censé permettre une réduction significative des coûts de production à moyen terme. Par ailleurs, Noo Lank réclame une renégociation transparente des contrats énergétiques et gaziers conclus avec des opérateurs étrangers, afin qu’ils soient véritablement au service du développement national et non de la rente privée.

En attendant des réponses concrètes, Noo Lank maintient son appel à la mobilisation citoyenne du vendredi 17 octobre. Le rassemblement, prévu à partir de 15 heures, se déroulera du rond-point Sipres au rond-point Pentola, sur les deux voies de Liberté 6, à Dakar. Les organisateurs assurent qu’il s’agira d’une marche « pacifique, populaire et déterminée » destinée à interpeller les autorités sur l’urgence d’une réforme profonde du système énergétique.

Pour le collectif, la lutte contre la cherté de l’électricité dépasse le simple enjeu économique : elle touche au cœur même de la justice sociale et du droit à une vie décente. « L’électricité n’est pas un luxe, c’est un droit social et un levier de développement. Tant que ce droit sera bafoué, nous continuerons à nous battre », a conclu Noo Lank dans sa déclaration finale, invitant l’ensemble des citoyens, syndicats et organisations sociales à se joindre à leur mouvement pour faire entendre la voix du peuple.

Crise de confiance économique : Sénégal Bi Ñu Bokk dénonce la gouvernance « sans cap » du tandem Sonko-Diomaye après la dégradation de la note souveraine

La récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par l’agence de notation américaine Moody’s continue de susciter des réactions politiques et économiques dans le pays. Le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a réagi avec fermeté, dénonçant une « crise de confiance majeure » née, selon lui, d’une gouvernance budgétaire sans direction claire et d’une communication gouvernementale jugée « imprudente et déstabilisatrice ».

Dans un communiqué rendu public, le mouvement dirigé par des figures de la société civile et d’anciens cadres économiques estime que cette dégradation à la note « Caa1 » — la troisième en moins d’un an — est la conséquence directe des « errements et contradictions » du gouvernement. Pour Sénégal Bi Ñu Bokk, cette décision marque « une perte de crédibilité sans précédent du Sénégal sur les marchés financiers internationaux », alors que le pays connaissait auparavant une réputation de stabilité et de bonne gestion budgétaire.

Les membres du mouvement rappellent que cette baisse de la note, couplée à la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI), place désormais le Sénégal dans la catégorie des débiteurs à haut risque, rendant plus difficile et plus coûteux l’accès au financement extérieur. Selon leurs analyses, le pays se retrouve aujourd’hui à emprunter sur les marchés internationaux à des taux dépassant les 7 %, une situation qualifiée d’« intenable » à moyen terme. Le ratio dette/PIB, quant à lui, frôlerait désormais les 119 %, soit le plus haut niveau de l’histoire financière du Sénégal moderne.

Sénégal Bi Ñu Bokk insiste sur les conséquences sociales de cette dérive financière, soulignant que chaque hausse du coût de la dette se traduit par des sacrifices sur les investissements publics. Concrètement, cela signifie moins de budgets pour les écoles, les hôpitaux, les infrastructures régionales et les programmes d’emploi des jeunes. Le mouvement estime que la population sénégalaise paie le prix d’une politique économique marquée par « l’improvisation et la communication », plutôt que par la rigueur et la planification.

Les responsables du mouvement pointent du doigt une déclaration jugée « désastreuse » du Premier ministre Ousmane Sonko, faite en 2024, évoquant l’existence d’une « dette cachée de plusieurs milliers de milliards de francs CFA ». Selon eux, cette sortie publique a eu l’effet d’une bombe dans les milieux financiers internationaux, provoquant un effondrement de la confiance et un renchérissement immédiat du coût de la dette. Ils accusent également le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement de manquer de coordination, évoquant « une cacophonie économique où les chiffres changent chaque semaine et où les ministres se contredisent dans leurs déclarations ».

Le communiqué du mouvement déplore une hausse continue des impôts et des taxes, présentée comme une solution de facilité pour combler les déficits, mais qui asphyxie selon eux les ménages et les petites entreprises déjà fragilisées par l’inflation. Le mouvement y voit le signe d’une perte de maîtrise budgétaire, aggravée par l’absence d’une stratégie économique claire depuis la transition politique de 2024.

Au-delà des finances publiques, Sénégal Bi Ñu Bokk alerte également sur une crise sanitaire croissante, citant les 140 cas confirmés et 18 décès dus à la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) recensés au 10 octobre 2025, principalement dans la région de Saint-Louis. Le mouvement accuse les autorités sanitaires d’improvisation et d’inaction, déplorant l’absence d’un plan national d’urgence sanitaire malgré la gravité de la situation. Cette double crise, économique et sanitaire, serait selon eux la conséquence d’une gouvernance « sans boussole, sans anticipation et sans cohérence ».

Face à ce constat, Sénégal Bi Ñu Bokk formule plusieurs exigences de transparence et de réforme. Il appelle d’abord le gouvernement à publier immédiatement le rapport d’audit du cabinet Forvis-Mazars sur la dette publique, ainsi que le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et le rapport budgétaire de la Cour des comptes. Ces documents permettraient, selon eux, de « faire toute la lumière sur l’état réel des finances de l’État et sur la gestion de la dette publique ».

Le mouvement propose également la centralisation de la dette dans un compte unique du Trésor pour mieux en assurer la traçabilité, la publication mensuelle des statistiques budgétaires, à l’instar des pays modèles du continent comme le Rwanda, et une réforme profonde du système fiscal afin de le rendre plus équitable et plus favorable au développement économique.

En conclusion, Sénégal Bi Ñu Bokk estime que le Sénégal traverse une crise de confiance sans précédent, où la perte de crédibilité financière s’ajoute à un climat social tendu. Pour ses responsables, il est urgent de « restaurer la vérité, la justice, la transparence et le courage politique », car chaque erreur de gouvernance se traduit aujourd’hui par des prix plus élevés, des taxes nouvelles et des emplois perdus.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°581 – 13/10/2025

🔴 SCANDALE PRÉSUMÉ DES 8 MILLIARDS DE BAKEL : GUEUM SA BOPP INCLUT CHEIKH TIDIANE DIÈYE DANS SA PLAINTE
🔴 « AVANT DE DÉPENDRE DU FMI, LE SÉNÉGAL DOIT COMPTER SUR SES SES PROPRES FORCES » : AYIB DAFFÉ CHANTE UNE SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE

🔴 ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : KÉBA KANTÉ LANCE « LE CHEMIN DE LA GLOIRE »
🔴 CHERTÉ DES BILLETS : KRÉPIN DIATTA ET CHÉRIF NDIAYE PRENNENT EXEMPLE SUR LE COACH

Farba Ngom : ses avocats exigent la mainlevée du mandat de dépôt face à un état de santé préoccupant

Le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr dans une affaire présumée de blanchiment et de détournement de fonds continue de susciter de vives tensions. Ce dimanche 12 octobre, Me Baboucar Cissé, avocat du pool de défense de Farba Ngom, a officiellement demandé la mainlevée du mandat de dépôt de son client, dénonçant un non-respect flagrant des droits de la défense et des procédures pénales. Selon lui, Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février, et Tahirou Sarr, incarcéré le 28 février, n’ont jamais été entendus sur le fond de l’affaire malgré neuf mois de détention.

Me Cissé a insisté sur l’état de santé critique de Farba Ngom, soulignant que dès le jour de son inculpation, ce dernier avait fourni un dossier médical complet au juge, demandant une expertise qui n’a jamais été prise en compte. Après l’opposition du procureur, trois professeurs-médecins civils ont confirmé la gravité de la situation, précisant que Farba Ngom courait un risque de « mort subite ». L’avocat a dénoncé l’interprétation erronée de l’alinéa 2 de l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit la mainlevée du mandat de dépôt lorsque l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention. Il a ainsi réclamé la sortie de prison de son client, éventuellement sous contrôle judiciaire.

Me Cissé a par ailleurs critiqué la loi régissant la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qu’il qualifie de « loi scélérate » pour son non-respect du principe du contradictoire et pour avoir permis une incarcération préventive sans preuves tangibles. Il a rappelé que, dans ce dossier, aucune preuve n’atteste que Farba Ngom et son co-prévenu auraient détourné les 125 milliards de francs CFA qui leur sont reprochés. L’avocat a notamment questionné l’absence d’interventions des inspecteurs du Trésor et le manque de détails budgétaires dans le dossier, qui auraient dû clarifier la provenance réelle de ces fonds.

Au-delà des aspects financiers, Me Cissé a dénoncé un déséquilibre dans le traitement de certaines affaires et a appelé au strict respect des droits de la défense, « sacrés » selon la Constitution sénégalaise. Il a souligné qu’il est inconcevable de maintenir Farba Ngom et Tahirou Sarr en détention pendant neuf mois sans les entendre sur un dossier de 125 milliards de francs CFA, et a insisté sur la nécessité de permettre à son client de se défendre dans les plus brefs délais.

Cette demande de mainlevée s’inscrit dans un contexte où la défense de Farba Ngom met en avant l’urgence médicale et les lacunes procédurales, appelant les autorités judiciaires à prendre des mesures conformes à la loi pour garantir la protection de la santé et des droits fondamentaux de leur client.

Thierno Lô dénonce une justice « revancharde » et défend la stratégie de Madiambal Diagne

L’ancien ministre et président de l’Alliance pour la Paix et le Développement (APD), Thierno Lô, a profité de son passage dans l’émission Face au Jury diffusée ce dimanche 12 octobre sur PressAfrik pour livrer une analyse percutante sur la situation politique et judiciaire actuelle du Sénégal. Sans langue de bois, il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de la justice sénégalaise, qu’il qualifie de « revancharde », tout en apportant son soutien à Madiambal Diagne, dont il estime que le départ du pays relève d’une « stratégie de défense » et non d’une fuite.

Dès le début de son intervention, Thierno Lô a remis en cause la légitimité de certaines détentions dans le cadre de la politique de reddition des comptes mise en œuvre par le gouvernement. Évoquant le cas de l’ancien ministre Mansour Faye, il a affirmé que son incarcération était « arbitraire » et motivée davantage par des considérations politiques que juridiques. « Je savais que s’il se présentait devant le juge, il allait être libéré parce qu’il était dans la légalité. Il est parti d’un décret, il a fait un appel. On l’a mis en prison juste parce qu’il est le beau-frère de l’ancien président Macky Sall », a-t-il déclaré. L’ancien ministre a ajouté que le pays faisait face à « une justice revancharde », où certains juges ou procureurs semblent agir sous l’influence de règlements de comptes politiques.

Abordant la question des réformes institutionnelles, Thierno Lô s’est montré dubitatif face à la multiplication des dialogues nationaux et autres forums. Selon lui, ces initiatives n’apportent aucun changement concret. « Les Sénégalais en ont marre des dialogues et des forums qui ne servent à rien. Les conclusions restent toujours dans les tiroirs », a-t-il déploré, soulignant la lassitude d’une population en quête de résultats concrets plutôt que de discours politiques.

Le président de l’APD s’est ensuite longuement attardé sur le dossier brûlant de Madiambal Diagne, journaliste et patron de presse accusé dans plusieurs affaires. Contrairement à ceux qui le qualifient de fugitif, Thierno Lô estime que son départ pour la France s’inscrit dans une stratégie de défense réfléchie. « On dit qu’il a fui, mais moi je ne considère pas ça comme une fuite. Pour moi, c’est une stratégie pour préparer sa défense », a-t-il expliqué, avant de justifier sa position. Selon lui, Madiambal Diagne aurait quitté le pays pour mettre en sécurité certains documents sensibles et mieux organiser sa riposte judiciaire.

« Madiambal dit qu’il détient des documents et il défie constamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Il parle du protocole du Cap Manuel, du patrimoine du Premier ministre, de l’affaire Adji Sarr, du patrimoine bâti et d’autres dossiers. Il affirme qu’il possède une masse d’informations car il a été dans le système. Si tout cela est avéré, son départ n’est rien d’autre qu’une démarche pour préserver ces éléments et préparer sa défense », a expliqué Thierno Lô.

L’ancien ministre a même anticipé le retour du journaliste en évoquant un plan d’action bien orchestré. « Si c’est le Madiambal que je connais, quand il reviendra au Sénégal, il le fera avec un pool d’avocats et en compagnie de la presse internationale pour mener son combat », a-t-il déclaré, laissant entendre que cette affaire pourrait bientôt prendre une dimension internationale.

Dans la dernière partie de son intervention, Thierno Lô a élargi son propos en analysant les racines profondes des dysfonctionnements du pays. Pour lui, le problème du Sénégal n’est pas lié aux institutions ou aux textes, mais aux hommes qui les incarnent. « Nous n’avons ni un problème de texte, ni un problème de système. Nous avons un problème d’animateurs des systèmes. Si on prenait les gens d’ici et qu’on les mettait en France, et inversement, dans deux ans la France serait un pays sous-développé et le Sénégal un pays développé », a-t-il lancé, dans une formule choc illustrant sa vision d’un État gangrené par l’incompétence et le manque d’éthique.

Cette sortie médiatique de Thierno Lô relance le débat sur la politisation de la justice, la place du journalisme d’investigation dans un contexte tendu, et la responsabilité des élites dans la construction d’un Sénégal plus juste et plus équitable. À travers ses propos, l’ancien ministre appelle implicitement à un sursaut national pour réhabiliter la justice, protéger les libertés et restaurer la confiance entre institutions et citoyens.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°580 – 11 ET 12/10/2025

🔴 NOUVELLE BAISSE DE LA NOTE SOUVERAINE DU SÉNÉGAL PAR MOODY’S : ÇA SENT LE BRÛLÉ !
🔴 8 MILLIARDS F CFA DES INONDATIONS À BAKEL : GUEUM SA BOPP EXIGE DES COMPTES

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 / VICTOIRE CONTRE LE SOUDAN DU SUD : LE SÉNÉGAL SUR LA BONNE VOIE
🔴 CHERTÉ DES BILLETS : PAPE THIAW DÉCIDE D’UTILISER SES PRIMES POUR LES SUPPORTERS

Moody’s dégrade la note souveraine du Sénégal à Caa1 face à des inquiétudes sur la dette et la liquidité

L’agence de notation Moody’s a abaissé, ce vendredi, les notes d’émetteur à long terme du Sénégal en devises étrangères et locales de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision reflète l’accroissement des risques liés à la trajectoire de la dette publique et à la situation de liquidité du pays depuis le début de l’année 2025.


Selon Moody’s, la dette publique du Sénégal a été réévaluée à 119 % du PIB pour l’année 2024, ce qui complique fortement les efforts d’ajustement budgétaire, malgré les avantages de l’appartenance du pays à l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le ratio d’endettement du pays, estimé à 581 % des recettes publiques en 2024, dépasse largement la médiane observée pour les émetteurs souverains notés B (283 %) et pour les pairs notés Caa (355 %). Cette situation place le Sénégal parmi les marchés émergents et frontières ayant le niveau d’endettement le plus élevé au monde.


L’agence de notation a également relevé la lenteur des progrès concernant la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette situation oblige le gouvernement à se financer davantage via le marché régional, plus coûteux, augmentant ainsi les risques de liquidité et fragilisant la soutenabilité de la dette. Bien que Moody’s estime dans son scénario de base que le pays pourrait bénéficier d’un soutien du FMI sans restructuration de la dette, la confiance dans cette hypothèse a diminué. Les négociations formelles avec le FMI sont prévues pour mi-octobre, l’agence anticipant un accord d’ici mi-2026.


Le Sénégal fait face à des besoins de financement bruts élevés, représentant environ 26 % du PIB pour cette année et pour 2026, avec des paiements d’intérêts estimés à 27 % des recettes publiques en 2026. Pour y répondre, le gouvernement a fortement recours au marché régional de l’UEMOA, émettant des bons et obligations du Trésor combinés équivalant à 8 % du PIB jusqu’à fin septembre, avec des taux compris entre 6,75 % et 7,75 %.


Moody’s a également abaissé les plafonds nationaux du Sénégal en monnaie locale et en devises étrangères, les ramenant respectivement à Ba3 et B1 contre Ba2 et Ba3 auparavant. La perspective négative maintenue par l’agence traduit les risques persistants pour la liquidité du pays, en particulier si des retards supplémentaires venaient à se produire dans la conclusion d’un accord avec le FMI. Une telle situation pourrait réduire le soutien financier externe et accroître la dépendance à des marchés régionaux aux capacités d’absorption limitées.


Cette dégradation de notation reflète donc non seulement les vulnérabilités financières et budgétaires du Sénégal, mais elle met également en évidence l’importance cruciale de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les perspectives économiques et sécuriser les financements nécessaires au fonctionnement de l’État et à la réalisation de ses projets de développement.

Dakar accueille le premier sommet régional sur les filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : Maimouna Dieye appelle à un front unitaire pour leur épanouissement

Dakar a ouvert ses portes au tout premier sommet sur les Filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, un événement qualifié d’« initiative conjointe » réunissant l’UNICEF et le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités du Sénégal. Cette rencontre marque un engagement fort et unifié pour promouvoir l’épanouissement des jeunes filles dans la région et s’inscrit dans une dynamique de partenariat inédit avec les principales concernées : les filles elles-mêmes.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre sénégalaise de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dieye, a exprimé sa fierté d’accueillir ce sommet et a salué la présence massive de ses homologues de la sous-région comme la preuve d’une « convergence de vues » et d’une « détermination collective à créer un front unitaire, j’allais dire un bouclier solide contre tous les obstacles à l’épanouissement des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre ». La ministre a insisté sur le fait que l’avenir des filles est désormais une « priorité absolue, stratégique et intergouvernementale » pour les Chefs d’État et Gouvernements de la région.

Le sommet se distingue par son approche novatrice, centrée sur l’élaboration d’un Agenda Régional commun qui sera « porté, par les filles, pour les filles ». Selon Mme Dieye, cette méthodologie place les bénéficiaires en première ligne de la conception et de la prise de décision, garantissant la pertinence des politiques publiques et valorisant le savoir-faire et les compétences extraordinaires des filles africaines. Elle a également rappelé leur parfaite maîtrise des enjeux et leur connaissance approfondie des solutions adaptées aux défis qu’elles affrontent.

Cette rencontre rassemble l’ensemble des parties prenantes, notamment la CEDEAO, la CEEAC, les partenaires au développement, les corps diplomatiques, les leaders religieux et traditionnels, la société civile, le secteur privé, et surtout les filles elles-mêmes. Mme Dieye a souligné que le choix de Dakar est hautement symbolique, trente ans après l’adoption de la position commune africaine fondant la Plateforme d’action de Beijing en 1995.

Au cours de son allocution, la ministre a rappelé les défis persistants auxquels font face les 74 millions de filles de la région, notamment les violences, les mariages précoces, les mutilations génitales ainsi que l’accès limité à la santé et à l’éducation, des fléaux accentués par les crises liées aux conflits, à l’instabilité économique et au dérèglement climatique. Elle a martelé que « ce sommet de Dakar vient à son heure » et constitue une plateforme pour dire « Assez ! ».

Les travaux, qui s’étaleront sur deux jours, auront pour objectif principal de finaliser l’Agenda Régional. Le point d’orgue de la rencontre sera le Dialogue Intergénérationnel de haut niveau, au cours duquel les jeunes filles présenteront leur Déclaration directement aux autorités politiques, incluant le Haut Représentant du Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

En clôture de son discours d’ouverture, Maimouna Dieye a lancé un appel à transformer ce sommet en acte fondateur d’un mouvement régional puissant pour les filles et annoncé que l’illumination du Monument de la Renaissance Africaine reflétera « l’espoir de toute une génération », symbolisant l’engagement collectif pour un avenir meilleur des jeunes filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Aliou Sall et son épouse toujours en garde à vue malgré une caution de 240 millions FCFA : Me El Hadji Diouf dénonce

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse, Aïssata Sall, restent en détention au Pôle judiciaire financier, une situation qui suscite incompréhension et indignation de la part de leur avocat, Me El Hadji Diouf. Ce vendredi 10 octobre 2025, à l’issue de l’audition du couple devant le président du Collège des juges d’instruction, Me Diouf a exprimé son étonnement quant au maintien en garde à vue de ses clients alors que ceux-ci ont déposé une caution importante pour obtenir leur mise en liberté provisoire.

Selon l’avocat, Aliou Sall et son épouse ont versé en espèces un montant de 240 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations, répondant ainsi aux exigences pour leur libération. Cependant, le procureur, arrivé tardivement, n’a pas pu examiner la demande dans les délais impartis, ce qui a conduit au prolongement de la détention. Me Diouf insiste sur le fait que toutes les pièces justificatives concernant les opérations bancaires et les transactions liées au projet immobilier conduit par Aliou Sall ont été fournies. L’avocat assure qu’il n’existe aucun élément d’illégalité dans les démarches entreprises par ses clients.

Il a également relevé que les juges d’instruction n’étaient pas tenus de communiquer la demande de caution au procureur, et a indiqué que ce dernier s’est engagé à retourner le dossier lundi au président du Collège des juges d’instruction pour statuer sur la mise en liberté du couple. Me Diouf se montre confiant sur le fait qu’Aliou Sall et son épouse seront libérés après l’examen de cette caution.

L’avocat a par ailleurs déploré le maintien en garde à vue de ses clients durant le week-end, dénonçant ce qu’il qualifie « d’humiliation » et de « souffrance supplémentaire ». Il estime que le couple aurait pu rentrer chez lui et revenir sur convocation lundi, d’autant que, jusqu’à présent, aucun acte d’instruction n’a été formellement pris contre eux.

Cette situation met en lumière la lenteur des procédures judiciaires au Pôle judiciaire financier, alors même que le couple a respecté les exigences financières imposées par la justice. Le maintien en détention d’Aliou Sall et de son épouse, malgré la caution déposée, soulève des interrogations sur la gestion des dossiers et la communication entre les différentes instances judiciaires impliquées.

Pôle judiciaire financier : Aliou Sall et son épouse obtiennent un retour de parquet

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse ont été autorisés à bénéficier d’un retour de parquet à l’issue de leur audition ce vendredi devant le Pôle judiciaire financier (PJF). Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête en cours portant sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, liés à une société immobilière dont Aliou Sall serait l’actionnaire principal.

Le couple est convoqué une nouvelle fois devant le juge d’instruction en charge du dossier ce lundi, pour poursuivre les investigations. Cette mesure permet aux autorités judiciaires de continuer à approfondir l’examen des éléments constitutifs de l’affaire et de déterminer la suite à donner à cette procédure.

L’affaire, très médiatisée, s’inscrit dans un contexte de contrôle renforcé sur les activités financières et immobilières des personnalités publiques au Sénégal. Les investigations du Pôle judiciaire financier visent à établir la réalité des transactions et à identifier les éventuelles infractions à la législation en vigueur en matière de blanchiment de capitaux.

Le retour de parquet octroyé à Aliou Sall et son épouse illustre le fonctionnement normal de la procédure judiciaire, offrant aux mis en cause la possibilité de répondre aux questions du juge tout en permettant aux enquêteurs de poursuivre la collecte et l’analyse des preuves. L’audition de lundi sera déterminante pour la suite du dossier et pourrait orienter les décisions ultérieures du juge d’instruction concernant la mise en liberté ou la détention éventuelle des intéressés.

Éducation nationale : Moustapha Guirassy présente les avancées et projets stratégiques du ministère

Lors de la conférence de presse du gouvernement « Kàddu » tenue ce vendredi 10 octobre 2025, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a détaillé un ensemble de projets et d’initiatives en cours, soulignant les efforts du ministère pour renforcer la qualité et l’accessibilité de l’éducation au Sénégal.

Le ministre a d’abord mis l’accent sur l’enseignement des langues nationales, qui constitue un axe majeur de sa politique éducative. Huit langues nationales sont désormais enseignées dans les écoles publiques élémentaires à travers les douze académies régionales du pays. Deux nouvelles langues, le Balante et le Safi, ont récemment été intégrées au programme, ce qui témoigne de la volonté du ministère de valoriser la diversité linguistique sénégalaise et de mieux préparer les élèves à un environnement multiculturel. Parallèlement, l’enseignement de l’anglais au préscolaire sera progressivement généralisé, offrant ainsi aux jeunes élèves une ouverture sur le monde et renforçant leurs compétences linguistiques dès les premières années scolaires.

Sur le plan de l’alimentation scolaire, Moustapha Guirassy a rappelé que le ministère a désormais une politique claire en la matière. Il a précisé que l’adoption prochaine d’une loi viendra encadrer cette politique, conformément aux directives du Conseil interministériel. Cette mesure vise à garantir la santé et la sécurité des enfants, tout en contribuant à l’amélioration de la performance scolaire. L’accent est mis sur la qualité nutritionnelle des repas servis et sur l’importance d’un suivi rigoureux afin de répondre aux besoins alimentaires des élèves.

Concernant les daaras, le ministre a indiqué que les travaux des assises sont en cours et que leurs conclusions seront communiquées dans les prochains mois. Ces assises visent à moderniser et à mieux encadrer ces établissements traditionnels, en intégrant des programmes éducatifs adaptés tout en respectant leur dimension culturelle et religieuse. L’objectif est de renforcer la qualité de l’enseignement dispensé et de mieux protéger les droits des élèves.

En matière d’infrastructures scolaires, le ministre a annoncé l’ouverture de deux nouveaux LYNAQES en moins d’un an et la pose imminente de la première pierre de 46 collèges (CEM) et 46 écoles élémentaires, dont le financement est déjà sécurisé. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie nationale de renforcement de l’offre éducative, permettant à davantage d’élèves d’accéder à des structures modernes et adaptées à leurs besoins. Le développement des infrastructures est également pensé pour réduire les disparités régionales et améliorer les conditions d’apprentissage.

Enfin, Moustapha Guirassy a évoqué le rôle essentiel de l’enseignement privé dans le système éducatif national et annoncé la tenue prochaine d’un symposium national à ce sujet avant la fin de l’année. Cette initiative vise à favoriser le dialogue entre le public et le privé, à soutenir les acteurs privés et à créer des synergies pour améliorer la qualité globale de l’éducation. Le ministre a insisté sur la nécessité d’accompagner le secteur privé et de l’intégrer pleinement dans les politiques éducatives nationales.

À travers ces annonces, le ministère de l’Éducation nationale confirme sa volonté de moderniser le système éducatif sénégalais, en valorisant la diversité linguistique, en assurant une meilleure nutrition pour les élèves, en améliorant les infrastructures scolaires et en renforçant la coopération avec le secteur privé. L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une démarche globale visant à garantir un accès équitable à une éducation de qualité pour tous les enfants du pays.

Hivernage 2025 : le ministère de l’Hydraulique dresse un bilan positif des opérations de préhivernage

Lors de la conférence de presse du gouvernement « Kàddu » tenue ce vendredi 10 octobre 2025, Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a présenté un bilan détaillé des activités menées par son département dans le cadre de l’hivernage 2025 et des opérations de préhivernage.

Le ministre a souligné l’ampleur des interventions réalisées pour sécuriser le territoire face aux risques d’inondation. Il a indiqué que 594 kilomètres de canalisations ont été curés, accompagnés de l’entretien de plus de 10 hectares de bassins, ce qui a permis de mobiliser 6,7 millions de mètres cubes d’eau pompée. Pour assurer l’efficacité de ces opérations, 210 camions hydrocureurs ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire.

Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations techniques introduites pour mieux anticiper les crues et gérer les flux d’eau. Il a ainsi annoncé l’installation de 10 stations hydrométriques automatiques, équipées de systèmes de télétransmission, ainsi que la mise en service d’un radar météorologique couvrant un rayon de 60 kilomètres entre Dakar, Mbour et Thiès. Ces outils permettront un suivi plus précis des niveaux d’eau et une meilleure préparation face aux intempéries.

Le ministre a par ailleurs détaillé les efforts réalisés pour réduire les risques de débordement fluvial. La construction de deux bassins de rétention à Kidira, d’une capacité de 20 000 m³ chacun, ainsi que le déplacement et l’indemnisation d’une trentaine de places d’affaires, ont été effectués pour limiter les impacts sur les populations et les infrastructures. À cela s’ajoutent huit digues totalisant 15 kilomètres, dont 3,5 kilomètres de murs de soutènement, contribuant à sécuriser les zones vulnérables.

S’exprimant sur les passerelles et ouvrages de franchissement, le ministre a précisé que quatre passerelles ont été construites dans plusieurs villages de l’intérieur, notamment à Kaffrine (Dioly Manda et Fanaye), tandis que des travaux similaires ont été réalisés à Keur Massar Nord et Sud, ainsi qu’à Rufisque, facilitant ainsi la mobilité des populations et des biens pendant la saison des pluies.

Toutes ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de la Matrice d’actions prioritaires, dont l’objectif est de renforcer la fluidité des mobilisations et d’atténuer les risques d’inondation. Pour appuyer ces efforts, le budget du ministère a été porté de 2,6 milliards à 6,4 milliards F CFA, témoignant de l’importance accordée par l’État à la prévention et à la gestion des eaux pluviales.

Santé mentale : le Sénégal brille par son absence lors de la Journée mondiale, les acteurs tirent la sonnette d’alarme

Le 10 octobre, le monde entier célébrait la Journée mondiale de la santé mentale, une occasion de sensibiliser sur l’importance du bien-être psychique et d’attirer l’attention sur les défis liés à la prise en charge des troubles mentaux. Mais au Sénégal, cette journée est passée dans un silence total. Aucune activité officielle n’a été organisée par les autorités pour marquer l’événement, une situation dénoncée avec fermeté par les acteurs du secteur.

L’Association sénégalaise de soutien et de suivi des malades mentaux (ASSMM), par la voix de son président Ansoumana Dione, a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un désintérêt de l’État pour une question de santé publique majeure. Intervenant sur les ondes de la RFM, M. Dione a rappelé que cette journée, placée sous le thème « Accès aux services de santé mentale en cas d’urgence », devait être une opportunité pour le Sénégal de montrer son engagement. « Il n’y a pas eu de cérémonie officielle, aucune activité institutionnelle n’a été organisée. Nous demandons au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’organiser une réunion afin que cette journée soit tout de même célébrée au cours de ce mois d’octobre que l’OMS a dédié à la santé mentale », a-t-il plaidé.

L’activiste a également dénoncé l’absence de services d’urgence psychiatriques dans plusieurs régions du pays. « Que ce soit à Kaolack, à Saint-Louis, à Matam, voire même à Dakar, beaucoup de zones ne disposent d’aucun service d’urgence dédié à la santé mentale », a-t-il regretté. Une réalité alarmante, d’autant plus que les troubles psychiques ne cessent de croître, notamment chez les jeunes.

Le psychiatre Bamba Seck, exerçant dans la région de Kaolack, abonde dans le même sens. Selon lui, la situation devient critique. « Nous avons enregistré 5 370 consultations cette année, un chiffre en constante augmentation. Cela montre que la région fait face à un problème majeur de prise en charge des malades mentaux », a-t-il déclaré. Il dénonce par ailleurs le manque criant d’infrastructures adaptées et l’insuffisance du personnel médical spécialisé, rappelant qu’il est le seul psychiatre couvrant les régions de Kaolack, Kaffrine et Diourbel. « Lorsqu’une hospitalisation est nécessaire, nous devons transférer les patients vers d’autres structures, car il n’y a pas de centre de santé mentale ni de psychiatre à Kaffrine », explique-t-il, soulignant les conditions précaires de travail dans lesquelles évoluent les professionnels du secteur.

Cette situation préoccupante met également en lumière les failles du système de prévention. Pour le Dr Augustin Diégane Tine, psychiatre en santé publique à l’Université Cheikh Anta Diop, le pays doit investir davantage dans la sensibilisation et l’éducation communautaire. « Le Sénégal doit renforcer la promotion et la prévention de la santé mentale. Il ne faut pas attendre qu’une catastrophe se produise pour orienter les populations. Celles-ci doivent être préparées à réagir de manière proactive pour préserver leur santé mentale », a-t-il insisté.

En réalité, le Sénégal souffre d’un déficit chronique de personnel qualifié. Le pays compte moins de 40 psychiatres pour plus de 18 millions d’habitants, un ratio largement insuffisant pour faire face aux besoins croissants. Pour pallier ce déficit, les autorités universitaires et sanitaires ont lancé un programme de formation de 500 étudiants d’ici décembre, dans le cadre de l’initiative « Santé mentale mobile », mise en œuvre par l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, avec l’appui de partenaires comme la CEDEAO.

Cependant, en l’absence d’une politique nationale forte et d’un engagement réel de l’État, les efforts isolés risquent de ne pas suffire. La célébration manquée de cette journée mondiale est, pour beaucoup, le symbole d’un désintérêt structurel envers la santé mentale, encore trop souvent considérée comme un sujet secondaire.

Alors que les troubles psychiques gagnent du terrain et que les structures d’accueil se font rares, la santé mentale au Sénégal reste le parent pauvre du système sanitaire, malgré son impact direct sur les familles, les communautés et la productivité nationale. Les acteurs de terrain appellent à une réaction urgente des autorités pour que la santé mentale cesse d’être ignorée et devienne enfin une priorité nationale de santé publique.

Crise sociale à AIBD.SA : les travailleurs dénoncent le non-paiement des salaires d’octobre

Une vive tension secoue l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD.SA). Depuis le début du mois d’octobre, les agents de la société n’ont toujours pas perçu leurs salaires, une situation qui plonge plusieurs familles dans la détresse et qui provoque la colère du Syndicat des Travailleurs des Aéroports du Sénégal (SYTAS). Dans un communiqué rendu public ce vendredi 10 octobre 2025, le syndicat dénonce une « situation scandaleuse et intolérable » qui illustre, selon lui, la mauvaise gestion de l’entreprise et le mépris affiché envers les travailleurs.

Le retard du paiement intervient dans un contexte particulièrement sensible. En pleine période de rentrée scolaire, de nombreux employés se retrouvent dans l’incapacité de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants. Le SYTAS déplore que des pères et mères de famille, dévoués au service de l’entreprise, soient ainsi laissés sans ressources. Dans sa déclaration, le syndicat alerte sur les conséquences directes de cette situation sur la vie des agents, soulignant que certaines banques ont commencé à suspendre les avantages et à couper les lignes de crédit, aggravant davantage la précarité financière des familles concernées.

Les travailleurs ne cachent pas leur indignation. Pour eux, ce retard n’est pas un simple incident administratif, mais le signe d’un dysfonctionnement profond au sein de la direction de l’AIBD.SA. Le SYTAS parle d’une « énième forfaiture » et accuse la direction de confisquer progressivement les acquis sociaux, pourtant obtenus après de longues luttes syndicales. Les agents dénoncent un climat de travail devenu pesant, marqué par une absence de dialogue et par une gestion jugée opaque des ressources de la société.

Face à cette situation, le syndicat appelle la direction générale à assumer pleinement sa responsabilité sociale et à rétablir sans délai le paiement des salaires. Le SYTAS interpelle également les autorités publiques, en particulier le ministère des Finances et du Budget et le ministère des Transports aériens, les exhortant à intervenir pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « mépris institutionnalisé » envers les travailleurs. Les représentants syndicaux rappellent que l’AIBD.SA n’est pas une entreprise ordinaire, mais une structure stratégique qui joue un rôle central dans l’économie nationale et l’image du Sénégal à l’international.

Le syndicat s’interroge sur la capacité de gestion d’une société aussi symbolique du développement national, incapable de garantir à ses employés le minimum vital. Selon le communiqué, cette situation compromet non seulement la stabilité sociale du personnel, mais aussi la performance de l’aéroport, qui repose sur l’engagement quotidien de centaines de travailleurs. Le SYTAS affirme rester ouvert au dialogue, mais avertit que la patience des employés a atteint ses limites. En cas d’inaction, le syndicat se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux et syndicaux, y compris la mobilisation générale pour défendre les droits des travailleurs.

En attendant, la tension reste vive au sein de l’AIBD.SA, où l’incertitude domine. Le retard du paiement des salaires d’octobre risque d’amplifier la grogne sociale et de relancer le débat sur la gouvernance des entreprises publiques, à un moment où la question du pouvoir d’achat et de la justice sociale prend une importance croissante au Sénégal.

UMOA : La SENELEC innove avec une émission de 120 milliards FCFA d’obligations vertes et durables

La SENELEC, opérateur public de l’électricité au Sénégal, vient de franchir une étape majeure en lançant une opération de titrisation de ses créances pour un montant de 120 milliards de francs CFA, marquant une première sur le continent africain. Cette initiative combine pour la première fois une émission de Green Bond et de Sustainable Linked Bond, offrant ainsi aux investisseurs la possibilité de soutenir à la fois la transition énergétique et les objectifs de durabilité sociale et environnementale du pays.
L’opération consiste à céder des factures échues et impayées, notamment auprès d’entités publiques, d’ambassades et de grandes entreprises, à un Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC SENELEC 2025-2030). En contrepartie, des obligations seront émises sur le marché financier régional de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), avec une période de souscription ouverte du 29 septembre au 5 novembre 2025. La durée de ces obligations est de cinq ans, avec échéance en 2030, et elles sont structurées en quatre tranches offrant des taux d’intérêt allant jusqu’à 10 %.
La répartition des fonds montre la volonté de SENELEC d’investir dans des projets durables et verts : 52,5 % de l’enveloppe, soit 63 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations vertes destinées au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, tandis que 47,5 %, soit 57 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations liées à la durabilité, indexées sur des objectifs environnementaux et sociaux. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’objectif national de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique d’ici 2030 et d’assurer un accès universel à l’électricité.
La titrisation des créances, méthode novatrice pour un énergéticien africain, consiste à transformer un portefeuille de factures clients en titres financiers négociables. Les flux futurs des paiements de ces créances serviront à rémunérer les investisseurs. Cette approche permet à SENELEC de réduire sa dépendance aux subventions étatiques et de diversifier ses sources de liquidités, alors que la demande en électricité croît régulièrement sur l’ensemble du territoire. En logeant les créances dans un fonds commun coté à la BRVM, la société bénéficie d’une notation basée sur la qualité de ses factures plutôt que sur son bilan, réduisant ainsi la prime de risque exigée par les investisseurs.
Le montant de 120 milliards FCFA correspond à environ la moitié du programme d’investissement de SENELEC pour la période 2025-2027, couvrant la modernisation du réseau de transport, l’extension de la production solaire et le renforcement des postes de distribution urbains critiques. Le Plan spécial d’investissement est structuré en trois tranches à durées variables de cinq, sept et dix ans, avec des coupons différenciés afin d’attirer différents types d’investisseurs, allant des banques commerciales aux caisses de retraite et assurances.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large du marché financier régional, où des entreprises ivoiriennes et maliennes ont déjà expérimenté des émissions titrisées dans le secteur des télécoms. Pour les régulateurs et les investisseurs africains, la réussite de cette initiative pourrait servir de référence pour d’autres utilities publiques, notamment en Afrique centrale, qui cherchent des solutions innovantes pour financer l’électrification rurale et fiabiliser leurs réseaux.
Pour les investisseurs institutionnels, les obligations de SENELEC représentent une alternative intéressante aux bons du Trésor, avec des rendements supérieurs et un placement sécurisé par la qualité des créances titrisées. Les caisses de retraite, notamment, bénéficieront de placements à long terme permettant d’adosser leurs engagements sociaux.
En termes de transition énergétique, les fonds levés permettront de financer la distribution de quarante mille kits solaires dans les zones rurales, de renforcer les partenariats avec les développeurs indépendants pour l’intégration de gaz naturel dans le mix énergétique et d’améliorer le raccordement des infrastructures électriques sans alourdir la dette publique. La réussite de cette opération enverra un signal positif aux partenaires techniques et financiers internationaux sur la capacité des entreprises africaines à s’autofinancer de manière innovante et responsable.


Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°579 – 10/10/2025

🔴 UMOA / ÉMISSION DE 120 MILLIARDS F CFA POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE PAR LA SENELEC : LE WOYOFAL ALLÉGÉ ?
🔴 ALIOU SALL ET SON ÉPOUSE EN GARDE À VUE : LE CERCLE DU MACKY SOUS PRESSION

🔴 15 OCTOBRE : DATE DE CLÔTURE DES « NAVÉTANES » !
🔴 TOURNOI UFOA-A U17 : LE SÉNÉGAL FAIT MATCH NUL FACE À LA GUINÉE

Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 9 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 09 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A l’entame du Conseil, il a présenté sa communication sur les points suivants :

CHANGEMENT DE PARADIGME DANS LA PROMOTION DE L’ATTRACTIVITÉ

Le Président de la République est d’abord revenu sur l’organisation de la 2ème édition du Forum Invest in Sénégal sur le thème « Connecter les opportunités, bâtir l’avenir », tenue les 7 et 8 octobre 2025, pour remercier l’ensemble des participants et partenaires pour leur mobilisation et leur engagement.

Après avoir félicité le Premier Ministre, le Gouvernement, les services de l’Etat, avec mention spéciale à l’APIX, pour l’organisation remarquable dudit Forum, il demande au Premier Ministre de veiller, en lien avec chaque ministre concerné et le Directeur général de l’APIX, à la concrétisation et au suivi des engagements pris, lors de la signature des Accords d’investissement et de partenariat, en vue de la réalisation adéquate et rapide des projets sectoriels co-validés.

Le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre d’accélérer la digitalisation des services publics et le déploiement de toutes les réformes recommandées, afin d’améliorer l’attractivité et l’environnement des affaires du Sénégal en faveur des investissements directs étrangers.

Le Président de la République indique, en outre, l’urgence de renforcer la compétitivité de l’économie et le dispositif national de

Promotion de l’investissement et de réfléchir à un système de financement innovant et efficace. A cet effet, il estime qu’il est essentiel pour le Gouvernement d’engager toutes les administrations publiques et le secteur parapublic à un changement de rythme et de paradigme dans l’accompagnement et le suivi des projets privés ou de partenariats public-privé.

PILOTAGE OPTIMAL DES POLITIQUES PUBLIQUES

Rappelant que l’Agenda national de Trans- formation se décline à travers les Lettres de Politique sectorielle de Développement (LPSD), le Président de la République souligne que ces dernières doivent être exhaustives et cohérentes dans le cadre intégral du système national de Planification.

Il instruit ainsi tous les Ministres et Secré- taires d’Etat, membres du Gouvernement, de prendre toutes les mesures et dispositions idoines, sous la supervision du Premier Ministre, en vue de signer, dans les meilleurs dé- lais, avec le Ministre chargé du Plan, la LPSD, validée, de chaque département ministériel.

SUIVI DU PLAN DE TRANSFORMATION DU SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Après avoir souligné la place de l’Enseigne- ment supérieur, qui demeure un secteur moteur de la modernisation et de la transformation du pays, le Président de la République réitère sa volonté de mobiliser les moyens adéquats pour accentuer sa transformation.

A cet effet, il demande au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de finaliser le Plan d’actions prioritaires (2026-2028) issu des concertations de l’Agenda national de Transformation du Secteur et, au Premier Ministre, de superviser le suivi de l’exécution des projets prioritaires de l’Enseignement supérieur.

CONSTRUCTION ET RÉALISATION D’INFRASTRUCTURES PUBLIQUES DANS LES ZONES ET TERRITOIRES FRONTALIERS

Le Président de la République fait observer que la situation stratégique des zones et territoires frontaliers, appelle des investissements publics massifs en infrastructures sociales de base. Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre, aux Ministres chargés de l’Intérieur, des Finances et des Infrastructures de prendre les dispositions idoines, en vue de renforcer les ressources budgétaires nécessaires à la réalisation progressive et rapide d’infrastructures sociales de base, dans les zones et territoires frontaliers du Sénégal.

Il souligne également l’importance d’une relance des projets et actions du Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (PUMA) dans les zones prioritaires et invite le Premier Ministre à présider, chaque année, un Conseil national de suivi du développement des zones et territoires frontaliers, en vue d’une meilleure programmation et coordination des interventions de l’Etat et de ses démembrements.

PROMOTION DE LA PROTECTION SOCIALE ET DE LA SOLIDARITÉ NATIONALE

Le Chef de l’Etat rappelle les caractères laïque, démocratique et social de la République et demande au Gouvernement de veiller à la vulgarisation des valeurs de la République, au- tour du principe fondamental du « Gouverne- ment du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple
», socle de la cohésion nationale.

Il indique au Gouvernement l’urgence de restructurer les instruments de protection sociale et de promotion de la solidarité nationale. A cet égard, il engage le Premier Ministre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités et le Ministre des Finances et du Budget, à relancer l’allocation de Bourses de Solidarité nationale (BSN) et de bourses d’assistance sociale en cas de sinistre, en conformité avec la nouvelle doctrine de solidarité nationale, d’inclusion, d’équité et de transparence.

AGENDA

Le Président de la République annonce qu’il effectuera, à partir du 17 octobre 2025, une visite de travail au Rwanda à l’invitation de Son Excellence le Président Paul KAGAME et au Kenya du 19 au 21 octobre 2025, à l’invitation de son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO.


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE


Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :

RENOUVEAU DE L’INVESTISSEMENT POUR LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

Monsieur le Premier Ministre a fait remarquer que la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation (ANT)-Sénégal 2050 requiert une démarche cohérente reposant sur le triptyque « Redresser-Impulser-Accélérer », dont le lancement du Plan de Redressement économique a été une étape importante.

Il a annoncé aussi que seize (16) réformes majeures ont été élaborées, dont cinq (5) lois déjà adoptées par l’Assemblée nationale, huit (08) projets de décret et trois (3) arrêtés en cours de finalisation. Ces réformes traduisent la détermination du Gouvernement à moderniser l’environnement économique, à renforcer la transparence et la régulation et à bâtir un cadre attractif pour l’investissement, l’innovation et la création d’emplois durables, tout en mobilisant des ressources nécessaires au financement de l’action publique. Ainsi, Monsieur le Premier Ministre a invité à saisir les opportunités d’accélération, à travers l’investissement massif sur une courte période.

Relativement à la tenue du Forum Invest in Sénégal, il a félicité Monsieur le Président de la République pour l’initiative et les services présidentiels dont l’APIX pour la bonne organisation et l’éclatant succès de cet événement phare. Pour être optimal, a-t-il rappelé, l’investissement attendu doit rigoureusement obéir aux priorités dans l’objectif de transformation poursuivi et dans les domaines d’intervention retenus. Cet investissement doit renforcer les poumons économiques du Sénégal, favorisant

l’ouverture sur l’Afrique et le renforcement du capital humain en sortant le maximum de citoyens de l’ignorance, de la précarité sanitaire, du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité.

Par ailleurs, Monsieur le Premier Ministre a abordé l’approche filière de l’Agenda national de Transformation, qui permettra de promouvoir les chaines de valeur et d’impacter significativement sur la vie des populations à travers une transformation structurelle durable. Dans ce cadre, la réalisation d’infrastructures de soutien à l’économie est indispensable. Celles- ci doivent porter notamment sur les ports et aéroports, les ouvrages d’accès aux zones de production, de stockage, de conservation et de commercialisation des produits tirés de l’agri- culture, de la pêche et de l’élevage en particulier.

Enfin, Monsieur le Premier Ministre a insisté sur le bloc de support à l’économie qui doit être renforcé avec la réalisation de grands projets pour rendre disponibles, et à moindre coût, l’énergie et l’eau. Ces investissements sont nécessaires pour un aménagement adéquat du territoire, l’assainissement, les transports et les télécommunications.

Il a annoncé qu’un Plan spécial d’Investissement pour la réalisation des projets structurants prioritaires, sur une période de trois (03) ans (2026-2027-2028), adossé à un schéma de financement, est en cours de finalisation.

Monsieur le Premier Ministre a rappelé que la réalisation des projets retenus dans ledit Plan spécial nécessitera l’aménagement d’un environnement propice et de mesures d’accompagnement. Dans ce cadre, il a demandé à tous les ministres de mettre en place un dispositif dédié de facilitation en faveur du secteur privé national et de prendre les mesures appropriées pour sensibiliser les agents placés sous leur autorité.

DÉVELOPPEMENT DU TOURISME ET VALORISATION DU PATRIMOINE CRÉATIF

Monsieur le Premier Ministre a informé qu’en prélude aux prochains États généraux du Tourisme instruits par le Président de la République, le Gouvernement s’attèle à ériger le tourisme en levier majeur de croissance économique, de création d’emplois, de cohésion territoriale et de promotion de la Destination Sénégal.

Pour ce faire, il a signifié toute l’attention à accorder à la Zone touristique intégrée (ZTI) de Pointe Sarène, qui permettra de créer une destination balnéaire d’excellence, conciliant modernité, durabilité et attractivité.

Monsieur le Premier Ministre a souligné que la réussite de notre ambition touristique repose sur la mise en valeur du patrimoine immatériel du Sénégal ; les industries culturelles et créatives, en particulier l’artisanat, doivent en être les piliers.
En ce sens, il a demandé à l’ensemble des acteurs publics de faire des créateurs et artisans les ambassadeurs de l’identité nationale sénégalaise,


en intégrant systématiquement les produits de l’artisanat local dans les achats publics, les événements officiels et l’aménagement des espaces administratifs ; en réservant aussi une part significative de la commande publique aux productions sénégalaises et en accompagnant les entrepreneurs culturels et artisanaux pour faciliter leur accès aux marchés publics et aux financements.

Monsieur le Premier Ministre a clos sa communication sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 qui constituent une opportunité historique pour le rayonnement du Sénégal. Il a indiqué que le Gouvernement mobilisera toutes les forces vives pour transformer cet événement en un levier de visibilité et de fierté nationale.

A cet effet, une stratégie nationale de “marketing pays” sera mise en œuvre, sous la coordination de la Primature, en synergie avec les ministères du Tourisme, de la Culture, du Commerce et des Sports. Cet évènement sera l’occasion de montrer au monde la vitalité du Sénégal, la qua- lité de son hospitalité, l’authenticité de sa culture et la créativité de son peuple.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
 


–          Monsieur le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;

–          Monsieur le Ministre des Finances et du Budget a fait une communication sur le pro- jet de Loi de Finances initiale (LFI) de l’année 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
 


Le Conseil a examiné et adopté :

–          le projet de loi de finances initiale de l’an- née 2026 ;
–          le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement des Services de Recherches et de Sauvetage (SAR) en temps de paix ;
–          le projet de décret fixant l’assiette et les montants des redevances et produits dus pour services rendus par l’Autorité de l’Aviation civile;
–          le projet de décret fixant les montants des amendes et pénalités aéronautiques ;
–          le projet de décret modifiant l’article 12 du décret n°2011-1055 du 28 juillet 2011 portant création et fixant les règles d’organisation et de
 fonctionnement de l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM), modifié ;
–          le projet de décret modifiant le décret n°2001-72 du 26 janvier 2001 relatif aux conditions d’importation des véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés ;
–          le projet de décret fixant les montants et les modalités d’application et de recouvrement des amendes forfaitaires pour contraventions routières constatées par vidéoverbalisation ;
–          le projet de décret fixant les taxes et redevances en matière forestière ;
–          le projet de décret portant institution d’un système de marquage fiscal de certaines catégories de marchandises.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES


Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère des Transports terrestres et aériens :

•          Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde n° 624 581/J, est nommé Secrétaire général du Ministère des Transports terrestres et aériens ;

•          Monsieur Ablaye DIOP, Planificateur, matricule de solde n° 618 402/G, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du Ministère des Transports terrestres et aériens.

Au titre du Ministère de la Communication des Télécommunications
et du Numérique :

•          Monsieur Birane BADIANE, Comptable-auditeur, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de la Communication des Télécommunications et du Numérique, en remplace- ment de Madame Hélène Ndoukite Helndou DIOUF.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique :

•          Monsieur Serigne MBAYE, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 516 909/H, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

•          Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités :

•          Monsieur Edmond KAMARA, Adminis- trateur civil, matricule de solde n° 624 555/C, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fa- mille, de l’Action sociale et des Solidarités.

•          Madame Coura SOW, agent de suivi de projets, titulaire d’un Master en Banque et Assurance, est nommée Directeur du Fonds national de Crédit pour les Femmes.

•          Monsieur Matar TRAORE, Consultant en Systèmes d’Information décisionnels, est nom- mé Secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la Couverture sanitaire universelle (SEN- CSU).

Au titre du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime :

•          Monsieur Mamadou Abibou DIAGNE, docteur vétérinaire de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 600 694/E, est nommé Secrétaire général du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime.

•          Monsieur Papa Ndiamé SENE, spécialiste en Finances publiques, matricule de solde n° 625 106/B, est nommé Directeur de l’Adminis- tration générale et de l’Equipement du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime ;

•          Monsieur Ibrahima LO, Ingénieur des Pêches et de l’Aquaculture, matricule de solde n° 513 971/D est nommé Inspecteur des Affaires Administratives et financières (IAAF), au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, en remplacement de Madame Marième Diagne TALLA, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public :

•          Madame Thioro Mbaye SALL, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 604 145/H, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Ré- forme du Service public ;

•          Monsieur Louis Benoit MBAYE, Pro- fesseur de l’Enseignement moyen, matricule de solde n° 666 139/A, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public.

Au titre du Ministère de la Jeunesse et des Sports :

•          Monsieur Moussa DIAGNE, Administrateur civil, matricule de solde n° 518 911/C, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Jeunesse et des Sports ;

•          Monsieur Aboubakry BOCOUM, Inspecteur du Trésor, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Au titre du Ministère des Infrastructures :

•          Monsieur Abdoulaye GUEYE, Conseiller en Planification de classe exceptionnelle, matricule de solde numéro 602 820/B, est nommé Secrétaire général du Ministère des Infrastructures.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme :

•          Madame Seynabou NIANG, Administra- teur civil, matricule de solde n° 607 623/ F, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ;

•          Monsieur Mamadou Moustapha DIALLO, Spécialiste en gestion de projets et en Finances publiques, matricule de solde n° 634 436/Z, est

nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :

•          Monsieur Thierno Seydou LY, Ingénieur pétrolier, matricule de solde n° 727 813/B, est nommé Directeur général des Hydrocarbures au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Education nationale :

•          Monsieur Assane MBENGUE, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n° 626 385/J, précédemment Inspecteur d’Académie de Tambacounda par intérim, est nommé Inspecteur d’Académie de Tambacoun- da, en remplacement de Monsieur Babacar DIACK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
•          Monsieur Khadim SYLLA, titulaire d’un Diplôme en d’Etudes approfondies (DEA) en étude méditerranéenne, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut islamique de Dakar, en remplacement de Mon- sieur Papa Abdou CISSE.
•          Monsieur Makha NDIOM, matricule de solde n° 514 154/H, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Education nationale, en rem- placement de Madame Yacine GUEYE

Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique :
•          Monsieur Mamadou GUEYE, Psycho- logue Conseiller, matricule de solde n° 685 098/ D, est nommé Directeur général de la Formation professionnelle et technique au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Madame Mame Diarra DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Cheikh Sadibou SIDIBE, Pro- fesseur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n° 704 563/I, précédemment Directeur par intérim du Centre de Référence aux métiers de l’Aviculture de Diamniadio, est nommé Directeur des Examens, Concours professionnels et Certifications au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Alassane DJIGO admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•          Monsieur Mamadou Camara FALL, Ins- pecteur du Travail et de la Sécurité sociale, ma- tricule de solde n° 515 710/C, est nommé Se- crétaire général du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique ;

•          Docteur Mamadou KANE, matricule de solde n° 625 481/L, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Affaire Madiambal Diagne : le CDEPS dénonce une atteinte aux libertés et exprime sa solidarité

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a réagi avec inquiétude à la situation de son ancien président, Madiambal Diagne, actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui secoue le monde médiatique sénégalais. Dans un communiqué publié ce 9 octobre 2025, le CDEPS dénonce la manière dont le journaliste a été empêché de quitter le territoire national et alerte sur les conséquences de ces pratiques sur la liberté de la presse et les droits fondamentaux.

Selon le communiqué, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal après avoir été confronté à une menace réelle d’arrestation alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France. Cette interdiction brutale de sortie du territoire, suivie d’une convocation par un service de police, l’aurait contraint à s’installer temporairement en France pour préparer sa défense.

Le CDEPS dit s’émouvoir de la violence des procédures judiciaires et policières engagées contre son ancien président, estimant qu’elles traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des affaires publiques et dans la manière de traiter les journalistes et acteurs de la presse. « Ces méthodes constituent une menace pour la liberté des citoyens et pour la presse en particulier », souligne le communiqué.

L’organisation professionnelle rappelle également que les entreprises membres du CDEPS traversent une période économique difficile, aggravée par ce qu’elle qualifie de « mesures injustes et illégales » visant à affaiblir leur santé financière. Cette situation, selon le Conseil, s’inscrit dans un climat général de pressions croissantes sur les médias, qui fragilisent le pluralisme et le droit à l’information.

En signe de soutien, le CDEPS exprime sa solidarité totale avec Madiambal Diagne, saluant son parcours et son engagement pour la liberté de la presse. Le Conseil appelle les autorités sénégalaises à garantir le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, particulièrement ceux des journalistes, dans le respect des principes de l’État de droit.

Par ce communiqué, le CDEPS entend également alerter sur la nécessité de préserver un espace médiatique libre et indépendant, condition essentielle pour toute démocratie. L’affaire Madiambal Diagne, selon l’organisation, ne doit pas devenir le symbole d’un recul des libertés au Sénégal, pays historiquement reconnu pour son attachement à la liberté d’expression.

Affaire Madiambal Diagne : Ellipse Projects dément toute implication et dénonce un conflit « politique et médiatique »

L’affaire Madiambal Diagne, liée au Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), continue de faire couler beaucoup d’encre. La société française Ellipse Projects, citée dans l’enquête sur de présumées malversations financières, a tenu à réagir pour la première fois. Interrogée par Jeune Afrique, la directrice de la communication du groupe, Victoria Jaunasse, a fermement démenti toute implication, estimant que l’entreprise est « injustement mentionnée dans un conflit d’apparence politique et médiatique qui ne la concerne pas ».

Au Sénégal, le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne, patron du quotidien Le Quotidien, est visé par une procédure judiciaire portant sur des soupçons « d’enrichissement illicite » et de « passation de marchés frauduleuse » dans le cadre du PROMIJ. Plusieurs membres de sa famille ont également été inculpés. Selon les premiers éléments de l’enquête, les autorités cherchent à établir d’éventuelles connexions financières entre Ellipse Projects, principal prestataire du programme, et la SCI Pharaon, une société immobilière appartenant à Madiambal Diagne et à certains de ses proches.

Face à ces accusations, la représentante d’Ellipse Projects se veut catégorique. « Aucune notification officielle ne nous a été adressée concernant d’éventuelles procédures en cours », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que la société « a respecté l’ensemble de ses engagements contractuels et les mécanismes de contrôle établis par l’État sénégalais ». Le groupe français, spécialisé dans les infrastructures publiques en Afrique, dénonce ainsi ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique d’un dossier purement administratif et technique.

Pour rappel, le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), lancé par le gouvernement sénégalais, visait la réhabilitation et la construction de tribunaux sur tout le territoire national. Ce projet, estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, devait permettre d’améliorer l’accès à la justice et les conditions de travail des magistrats et personnels judiciaires. Cependant, des mouvements financiers suspects ont été signalés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), entraînant l’ouverture d’une enquête pour déterminer d’éventuels détournements de fonds ou conflits d’intérêts.

Alors que le dossier prend une tournure de plus en plus sensible, Madiambal Diagne, qui se trouverait actuellement en France, n’a pas encore publiquement réagi aux dernières déclarations d’Ellipse Projects. De son côté, la société française réaffirme sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités sénégalaises si elle était officiellement sollicitée, tout en dénonçant le caractère « disproportionné » des soupçons portés contre elle dans ce qu’elle décrit comme un « contexte de tensions politiques et médiatiques au Sénégal ».

Rentrée scolaire 2025-2026 : une reprise réussie et pleine de symboles à Ndiaganiao

La rentrée scolaire 2025-2026 s’est déroulée dans un climat d’enthousiasme et de satisfaction sur l’ensemble du territoire sénégalais. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, qui a présidé la cérémonie officielle à Ndiaganiao, dans le département de Mbour, s’est félicité du bon déroulement de cette reprise. Selon les chiffres communiqués, le taux de reprise s’élève à 86 % dans le primaire et à 84 % dans les collèges et lycées, traduisant un engagement fort de tous les acteurs de la communauté éducative.

La cérémonie s’est tenue à l’école privée catholique Marie Médiatrice, un établissement qui compte près de 600 élèves. Dans une ambiance à la fois solennelle et joyeuse, le ministre a salué l’esprit de discipline et de responsabilité qui a marqué cette journée d’ouverture. Le choix de Ndiaganiao pour abriter cette cérémonie revêtait une signification particulière. « Célébrer la rentrée à Ndiaganiao revêt une portée particulière : c’est ici que le Président Bassirou Diomaye Faye a effectué ses premières années d’apprentissage », a rappelé Moustapha Mamba Guirassy dans les colonnes du quotidien Libération.

En visitant la classe où le chef de l’État a fait ses débuts scolaires, le ministre a souligné le caractère symbolique de cette visite. Selon lui, le parcours de Bassirou Diomaye Faye illustre parfaitement la capacité de l’école sénégalaise à révéler des talents exceptionnels, même dans les zones rurales. Il a insisté sur le fait que chaque élève, où qu’il soit au Sénégal, peut rêver grand et réussir grâce à l’éducation, pilier fondamental du développement national.

Pour le ministre Guirassy, ces taux de reprise élevés témoignent du dévouement et du sens du devoir des enseignants, mais aussi de la confiance renouvelée des parents envers l’école publique et privée. Il a rendu hommage à tous les acteurs de l’éducation, rappelant que leur engagement collectif fait de l’école « le cœur battant de la République, enracinée dans ses valeurs et tournée vers l’avenir ».

La rentrée 2025-2026 apparaît ainsi comme un moment fort dans la consolidation des acquis du système éducatif sénégalais. Elle symbolise non seulement la continuité des efforts entrepris par les autorités pour améliorer la qualité de l’enseignement, mais aussi une reconnaissance des potentialités de chaque région du pays. En choisissant Ndiaganiao, le gouvernement a voulu envoyer un message d’espoir et de proximité, soulignant que l’excellence éducative ne dépend pas du lieu de naissance mais de la détermination et du travail.

Cette rentrée, au-delà des chiffres, incarne une véritable dynamique nationale pour une école plus performante, plus inclusive et plus ancrée dans les valeurs républicaines. Elle ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’éducation au Sénégal, une page tournée vers l’avenir, portée par la volonté collective de bâtir un système éducatif à la hauteur des ambitions du pays.

UN « NON-SENS », SELON MACKY SALL : Abdourahmane Sarr théorise la « dette cachée »

Dans un entretien exclusif accordé à RFI, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, est revenu sur la polémique autour de la supposée « dette cachée » mise en avant par le régime actuel et jugée être un « non-sens » par l’ancien président de la République, Macky Sall.
« En réalité, c’est la loi qui impose à tout nouveau pouvoir de procéder à un audit des finances publiques afin d’établir un état des lieux avant de se projeter », explique le ministre, esquissant un sourire. « C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui emploie le terme misreporting, lequel signifie ‘transmission de données erronées’. Celui qui transmet de telles données a, de fait, caché sa dette à celui auquel il devait fournir des informations véridiques. C’est de ce point de vue-là que la dette est cachée », développe-t-il.
L’économiste, qui a travaillé plusieurs années pour FMI, précise que c’est « le service de la dette se faisait, donc l’entité chargée de ce service connaissait le stock de la dette ». Et de préciser, toujours le sourire aux lèvres : « en transmettant des données erronées, cette entité a nécessairement dissimulé la vérité à celle à qui elle devait la communiquer. »
Interrogé par Bruno Faure sur la possibilité, dans le monde d’aujourd’hui, de cacher des manques budgétaires, Abdourahmane Sarr répond : « c’est tout à fait possible. C’est pourquoi j’insiste sur la notion de ‘transmission de données erronées’ : c’est de ce point de vue que c’est caché. Mais l’entité qui transmet ces données connaît la dette ; elle ne peut pas l’ignorer, puisqu’elle agit en connaissance de cause. »
Le ministre distingue alors les flux des stocks : « On peut examiner le déficit et se demander si le déficit annoncé correspond au stock de la dette. Très souvent, cette correspondance n’existe pas », explique-t-il. « Dans notre cas, l’ampleur était significative et les causes bien connues : il s’agit des dépenses extrabudgétaires effectuées sans l’autorisation du Parlement et sans comptabilisation dans le stock de la dette », poursuit-il.
Lorsque notre confrère lui demande si Macky Sall a tort de parler de « non-sens », Abdourahmane Sarr tranche : « dans la mesure où les données transmises et connues du transmetteur ne correspondent pas, il s’agit bien de ‘misreporting’. Le corollaire, c’est que celui qui a transmis les données a caché la vérité. »
Abordant ensuite l’audit commandité par le Gouvernement, le ministre met en avant un exercice de transparence profondément sénégalais auquel ont participé l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes. « Pour renforcer la crédibilité de cet exercice, c’est nous-mêmes qui avions commandité à un cabinet privé international (Forvis Mazars) qui a terminé ce travail », souligne-t-il.
Il poursuit : « quand nous transmettons la vraie information, disant que la dette fait 119% du PIB, c’est la réalité transmise au FMI qui constate. Il lui suffit d’aller à son Conseil d’administration pour acter cette réalité pour que nous puissions entrer dans une phase nouvelle tout en étant dans la vérité. »
Dès lors, faudra-t-il renégocier avec les investisseurs vu ces résultats ? Le ministre évoque qu’il n’y a aucune urgence dans la mesure où tous les paramètres sont disponibles. D’autant plus qu’il y a une maturité de 9, 10 ans et un coût moyen de la dette qui est relativement faible à cause de sa composante concessionnelle et une croissance qui est, certes, forte avec la production d’hydrocarbures ; mais, elle est à accélérer avec les réformes à venir. À en croire le ministre, le Sénégal a un déficit qui se maîtrise ; donc, la dette est soutenable.
Enfin, évoquant la relation entre le Sénégal et le FMI, le ministre précise : « c’est une institution respectée, qui peut donner gage à certains investisseurs qui peuvent [méconnaître] le détail de notre gestion. La relation avec le FMI permet de donner un signal à ces investisseurs. C’est une institution qui est là pour tous les pays. Donc le Sénégal ne fait pas exception. Une fois le ‘misreporting’ dépassé et la viabilité de la dette confirmée, nous pourrons poursuivre une relation tout à fait normale, dans la vérité ».

ÈRE SONKO-DIOMAYE : Une justice à deux vitesses ?

Sous le régime du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la question de l’impartialité de la justice sénégalaise refait surface avec acuité. Deux « influenceurs du Projet », Lamignou Darou et Boy Dakar, ont été récemment placés sous mandat de dépôt et vont être jugés ce mercredi 8 octobre 2025, en flagrant délit.
La rapidité de la procédure intrigue, surtout lorsqu’on la compare à celle réservée à d’autres figures, connues pour leur hostilité envers le « Projet », mais dont les dossiers stagnent dans les circuits judiciaires. Badara Gadiaga, qui totalise déjà quatre-vingt-dix (90) jours derrière les barreaux, en est une illustration. Tout comme Assane Diouf et Abdou Nguer, eux aussi, interpellés pour des propos tenus sur des médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux, mais dont les affaires ont été confiées à l’instruction, rallongeant d’autant leur détention préventive.
Un contraste qui rappelle d’autres épisodes précédents. Azoura Fall, par exemple, avait copieusement insulté l’ancien chef de l’État, Macky Sall. Ses avocats avaient plaidé la folie, lui permettant d’éviter la prison. Une issue d’autant plus surprenante que le jeune homme apparaissait régulièrement aux côtés du chef du Gouvernement, dirigeait une équipe digitale en faveur de Pastef et s’affichait au volant de voitures de luxe.
Dans le même registre, le cas de Ngoné Saliou Diop, chroniqueuse du « Projet », continue de susciter la polémique. Ses propos jugés ethnicistes envers la communauté « hal pulaar » ont provoqué la colère d’associations et donné lieu à plusieurs plaintes. Pourtant, après une simple audition à la Division de la Cybersécurité (DSC), elle a été relâchée sans suite.
Pendant ce temps, d’autres personnes issues de l’ancien camp présidentiel, telles Farba Ngom – gravement malade -, et Lat Diop, dont le corrupteur présumé, hume tranquillement l’air frais, subissent une rigueur judiciaire manifeste.
Dernièrement, Pape Mahawa Diouf, cadre de l’APR, a été également mis en détention, en attente du verdict dans son procès pour diffamation contre le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène.
Dans une République qui s’est longtemps enorgueillie de la solidité de ses institutions, cette impression de déséquilibre interroge. Faut-il désormais croire que la prison, sous l’ère Sonko-Diomaye, n’est faite que pour les « anti-Pastef » ?

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°578 – 09/10/2025

🔴 BAISSE DE 83,7 MILLIARDS F CFA EN JUILLET 2025 : COUP DE FREIN SUR LES RECETTES TOTALES
🔴 « DETTE CACHÉE » OU « DONNÉES ERRONÉES » ? : ABDOURAHMANE SARR SUR LE RING

🔴 ANNONCE D’UNE STANDING OVATION PAR LE 12e GAÏNDÉ : SADIO MANÉ CÉLÉBRÉ LE 14 OCTOBRE
🔴 IDÉES – DAME MBODJI : ON NE FAIT PAS CHANTER UNE NATION POUR 100 MILLIONS (Par Baba Aïdara)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°577 – 08/10/2025

🔴 ÈRE SONKO-DIOMAYE : LA PRISON QUE POUR LES « ANTI-PASTEF » ?
🔴 DISCOURS « HUMILIANT » DU PREMIER MINISTRE : Bougar Diouf défend le Président de la République

🔴 ABSENCE DE JAKOBS : LA FSF EXIGE DES EXPLICATIONS À GALATASARAY
🔴 ZONE 8 YÈNE : SUSPENSION DES COMPÉTITIONS ET SANCTIONS CONTRE SADIA

Salimata Dieng limogée de la Présidence après un post critique sur la gestion de la jeunesse

La Présidence de la République a pris la décision de mettre fin aux fonctions de Salimata Dieng, secrétaire générale nationale de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) et membre active du mouvement Pastef, suite à un message publié sur les réseaux sociaux considéré comme critique à l’égard de la gestion de la jeunesse au sein du parti et de l’appareil d’État. Salimata Dieng, qui occupait le poste de chargée de mission à la Présidence depuis sa nomination par décret présidentiel, a vu sa carrière interrompue après la publication d’un texte intitulé « Pastef entre négligence de la jeunesse et oubli de certains militants… ».

Dans ce message, la militante dénonçait ce qu’elle considérait comme une marginalisation persistante des jeunes au sein du parti et appelait à une implication plus significative de cette frange de la population dans la gestion de l’État. Son intervention a été perçue comme une remise en cause interne, provoquant des réactions tant au Palais qu’au sein de Pastef. Selon des sources proches du dossier, une réunion générale des chargés de mission avait été convoquée pour discuter de cette publication et évaluer les suites à donner avant que la décision de limogeage ne soit prise.

L’arrêté présidentiel mettant fin aux fonctions de Salimata Dieng aurait été signé discrètement afin de limiter les tensions, mais la nouvelle a fini par se répandre, suscitant un certain émoi au sein du parti et dans le cercle des jeunes militants. Âgée de 30 ans, Salimata Dieng figurait sur la liste nationale de Pastef lors des récentes élections législatives, ce qui témoigne de sa visibilité et de son engagement au sein du mouvement.

Cet événement met en lumière les tensions internes autour de la participation des jeunes dans la vie politique et le fonctionnement des structures partisanes. Il soulève également des interrogations sur l’espace laissé aux critiques constructives au sein des organisations politiques et de l’administration publique, et sur la manière dont les autorités équilibrent discipline administrative et liberté d’expression dans le cadre d’un engagement politique.

Forum Fii Sénégal 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye sollicite 1,7 milliard de dollars pour financer le « New Deal technologique »

Lors du Forum Fii Sénégal 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel ambitieux à la communauté internationale des investisseurs, annonçant la nécessité d’un investissement de 1,7 milliard de dollars pour propulser le « New Deal Technologique » du Sénégal. Ce plan stratégique vise à faire du numérique un moteur central de la croissance économique et de l’innovation dans le pays.

Le Chef de l’État a expliqué que cet investissement massif est indispensable pour la construction d’infrastructures critiques, comprenant notamment des data centers et des « clouds souverains ». Ces infrastructures permettront de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal, de sécuriser les données publiques et privées, et de créer un écosystème favorable au développement des services numériques et de la fintech. En parallèle, le programme prévoit le développement des compétences locales afin de stimuler l’innovation et de former une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux besoins d’une économie de plus en plus digitalisée.

Pour rassurer les investisseurs potentiels, le Président Faye a mis en avant les réformes légales et économiques déjà engagées. Elles incluent une gestion rigoureuse des finances publiques, l’assainissement du cadre macroéconomique et l’adoption du plan national de redressement économique et social. Il a également annoncé que plusieurs codes majeurs seront finalisés d’ici la fin de l’année, notamment les révisions du Code général des impôts, du Code des douanes, du Code du travail, du Code unique de sécurité sociale, et du Code des marchés publics. Les lois relatives aux partenariats public-privé et aux zones économiques spéciales seront également adaptées pour offrir un environnement plus attractif et sécurisé pour les investisseurs.

Selon le Président, ces instruments légaux et réglementaires fourniront des incitations ciblées, des garanties juridiques renforcées et une meilleure lisibilité des activités économiques, rendant le marché sénégalais plus compétitif et conforme aux réalités actuelles des marchés internationaux.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a souligné l’attractivité du Sénégal, mettant en avant un marché en expansion bénéficiant du cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et d’un environnement juridique en mutation et en modernisation continue. Il a encouragé les investisseurs à se positionner sur les secteurs stratégiques à fort potentiel commercial, rappelant que l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux de l’État (APIX) est mobilisée pour accompagner les démarches d’installation, notamment grâce à son guichet unique et à la digitalisation complète des procédures.

Le « New Deal Technologique » du Sénégal ambitionne ainsi de transformer le pays en un hub régional du numérique, combinant infrastructures modernes, capital humain qualifié et cadre légal attractif, avec l’objectif de stimuler la croissance économique et de renforcer la souveraineté numérique nationale.

Éducation : le G7 lance « Octobre Rouge » pour exiger la révision du statut des décisionnaires et la fin de la surimposition des rappels

Le G7, regroupant les sept syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation au Sénégal, a annoncé le lancement d’une campagne de mobilisation nationale baptisée « Octobre Rouge », prévue pour démarrer le 8 octobre 2025. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le corps enseignant et le Gouvernement concernant le passif social et l’application des accords conclus lors des précédentes négociations.

Dans un communiqué publié ce mardi 7 octobre, le G7 rappelle avoir pris note des recommandations issues du conseil interministériel du 3 octobre 2025 et invite les autorités à régler de manière définitive plusieurs points, jugés cruciaux pour la stabilité du système éducatif. Les syndicats exigent notamment la révision immédiate du statut des enseignants non fonctionnaires, communément appelés décisionnaires, à travers la signature des décrets modifiant les textes 2006-392 et 74-347. Ils réclament également la fin de la surimposition des rappels dus aux enseignants, ainsi que la convocation sans délai du Comité de suivi des accords et l’ouverture de nouvelles négociations sur les questions émergentes.

Le G7 met aussi l’accent sur le parachèvement de la Formation diplômante universelle (FDU) pour les enseignants dans les différentes institutions concernées, notamment la FASTEF, l’INSEPS, le CNEPS, l’ENSEPT et les CFRPE. Selon les syndicats, cette formation constitue un élément essentiel pour assurer un enseignement de qualité et valoriser le personnel éducatif.

Dans son communiqué, le G7 dénonce avec force l’inertie observée dans la mise en œuvre de plusieurs accords, touchant des aspects aussi variés que l’habitat social, la réforme des retraites, la digitalisation des procédures administratives, le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, le relèvement des budgets des établissements scolaires, ainsi que le paiement des indemnités aux intervenants extérieurs des CRFPE pour les promotions 2023-2024 et 2024-2025. Le syndicat souligne que ces retards compromettent la stabilité et l’efficacité du système éducatif, et appelle le Gouvernement à faire de l’école une véritable priorité nationale en procédant à l’apurement complet des accords et au respect strict des engagements pris.

Pour obtenir satisfaction, le G7 a mis en place un plan d’action concret. À partir du 8 octobre 2025, un mois dit « Octobre Rouge » débutera avec le port de brassards rouges par les enseignants, symbole de protestation et d’avertissement, visant à rappeler l’urgence de la signature des décrets relatifs à la révision du statut des décisionnaires, à la bonne tenue de la FDU et à la cessation de la surimposition des rappels. Une conférence de presse est également programmée le 10 octobre pour présenter les actions à venir et les modalités de mobilisation sur le terrain.

Enfin, le G7 adresse ses vœux de bonne rentrée scolaire 2025-2026 à l’ensemble du personnel administratif, aux enseignants et aux élèves, tout en exprimant l’espoir que ces actions permettront de concrétiser des avancées significatives sur le plan syndical et d’améliorer les conditions de travail dans le secteur de l’éducation, au bénéfice de l’école et de tous ses acteurs.

L’Union des Panafricanistes Sénégalais dénonce le discours “humiliant” du Premier ministre Ousmane Sonko au Salon de l’Investissement

L’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) a exprimé une vive indignation à la suite du discours prononcé mardi 7 octobre 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de la cérémonie officielle du Salon de l’Investissement FII Sénégal 2025, qui s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio. La manifestation a réuni, entre autres, le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, et a été l’occasion de présenter les ambitions du Sénégal en matière d’investissement et de coopération régionale. Le communiqué de l’UPS, parvenu à Ledakarois, qualifie les propos du Premier ministre de “profondément inopportuns et humiliants”, considérant qu’ils portent atteinte à la dignité des institutions et ternissent l’image du Sénégal sur la scène internationale.

Au cours de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour les dirigeants ouest-africains de faire preuve de courage politique, particulièrement sur les questions monétaires et économiques régionales. Il a affirmé que les réformes indispensables à la stabilité et à la prospérité de la région étaient connues depuis longtemps, mais qu’elles n’avaient jamais été mises en œuvre faute de volonté. Selon lui, il était urgent que les autorités assument pleinement leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires afin d’engager des transformations effectives. “Sans cela, elles continueront à gouverner sans jamais transformer”, a-t-il déclaré, appelant à une action décisive pour que les politiques adoptées produisent des résultats concrets pour les populations.

Pour l’UPS, ce ton et ces déclarations ont été perçus comme une atteinte à la dignité des chefs d’État présents, constituant une forme d’humiliation publique, d’autant plus qu’elles ont été prononcées devant deux présidents africains et de nombreux partenaires internationaux. Dans son communiqué, le mouvement souligne qu’un Premier ministre, quelle que soit sa popularité ou son influence, ne doit pas adopter un ton qui frôle le mépris envers le président de la République ou envers un chef d’État frère. Selon l’organisation, de tels propos fragilisent l’image diplomatique du Sénégal et portent atteinte aux symboles africains de solidarité, de cohésion et de respect mutuel entre dirigeants.

L’UPS a rappelé que le panafricanisme véritable repose sur le respect mutuel, l’humilité et la responsabilité, et qu’il ne peut s’exprimer par des critiques publiques ou des humiliations à l’égard des institutions et des chefs d’État africains. Le mouvement estime que la parole publique doit rester mesurée, surtout lorsqu’elle émane de représentants de l’État, qui ont la responsabilité de préserver la crédibilité et l’honneur des institutions qu’ils incarnent.

Dans sa déclaration, l’organisation appelle à un sursaut républicain et à un retour à la retenue dans l’expression des membres du gouvernement, en soulignant que la dignité des institutions nationales et africaines doit demeurer inviolable. L’UPS plaide pour un respect strict des codes diplomatiques et des conventions de courtoisie entre dirigeants africains afin de renforcer l’image du Sénégal et de promouvoir l’unité et la coopération panafricaine. Elle conclut en invitant l’État sénégalais à s’assurer que les interventions publiques, en particulier lors de rencontres internationales, respectent les principes de civilité et de responsabilité qui fondent la crédibilité et la réputation du pays sur le plan continental et international.

Affaire de torture présumée : Pape Malick Ndour dénonce des accusations « fallacieuses » et se dit prêt à une confrontation

L’ancien ministre de la Jeunesse sous le régime de Macky Sall, Pape Malick Ndour, a vivement réagi après son audition par la Section de recherches de la gendarmerie, ce lundi, dans le cadre d’une affaire de torture présumée impliquant des nervis et des éléments des forces de l’ordre. L’ancien responsable politique, qui se dit victime d’une campagne de diffamation, a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, qu’il qualifie de « fallacieuses, erronées et reposant sur du néant ».

Face à la presse, Pape Malick Ndour a tenu à clarifier sa position, niant toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. « On m’accuse d’avoir donné des ordres à des gendarmes pour qu’ils s’associent à des nervis et torturent une personne. C’est un mensonge », a-t-il affirmé. Selon lui, il est facile pour les enquêteurs d’identifier les gendarmes supposément concernés, et il se dit entièrement disposé à les affronter dans le cadre d’une confrontation officielle. « Je suis prêt à être confronté à eux en toute transparence, même devant les caméras. La RTS peut filmer cette confrontation, je n’ai absolument rien à cacher », a-t-il ajouté.

Pape Malick Ndour a profité de cette sortie pour exprimer sa gratitude envers ceux qui l’ont soutenu durant cette période qu’il décrit comme une épreuve injuste. Il a salué « la courtoisie et le professionnalisme des enquêteurs » de la gendarmerie, tout en remerciant « le peuple sénégalais pour son soutien constant ». Il a également eu un mot particulier pour sa famille, ses avocats et ses collaborateurs politiques, avant d’adresser un remerciement appuyé à Barthélemy Dias, qu’il a décrit comme « le maire légitime de Dakar », pour sa présence et son soutien moral.

Confiant en la justice de son pays, l’ancien ministre dit attendre « la victoire finale », convaincu que la vérité finira par triompher. Dans un ton empreint de spiritualité, il a conclu en priant « pour que la main de Dieu s’abatte sur tout coupable, quel qu’il soit, y compris sur [lui-même] si une seule fois [il a] été complice de torture ou de tuerie ».

Cette affaire, qui continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique, relance la question de l’implication de certains anciens responsables politiques dans des pratiques répressives dénoncées par plusieurs organisations de défense des droits humains. L’enquête suit son cours au niveau de la Section de recherches, et les prochains développements seront déterminants pour la suite du dossier.

Dakar : le président Embaló appelle à un partenariat de développement fondé sur la technologie et l’humain

Le président de la République de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a pris part à l’édition 2025 du Forum Investir au Sénégal, organisé à Dakar. Dans une allocution empreinte d’ambition et de réalisme, le chef de l’État bissau-guinéen a mis l’accent sur la nécessité d’un partenariat régional tourné vers le développement technologique et le renforcement du capital humain, piliers selon lui d’une Afrique émergente et souveraine.

Dès son arrivée, le président Embaló a exprimé sa joie d’être à Dakar, soulignant la profondeur des liens qui unissent la Guinée-Bissau et le Sénégal. Il a rappelé que les deux pays partagent « bien plus qu’une frontière », évoquant une communauté de destin façonnée par la parenté, l’histoire, la culture et la langue. Il a salué la stratégie du Sénégal visant à devenir un véritable hub technologique régional, ajoutant que tout progrès enregistré de part et d’autre de la frontière se répercute positivement sur les deux nations.

Dans son discours, Umaro Sissoco Embaló a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de s’appuyer sur deux leviers essentiels : les infrastructures physiques d’une part, et le capital humain, la science et la créativité d’autre part. « L’avenir du continent se construira certes sur l’infrastructure physique, mais aussi et surtout sur le capital humain, la science, la technologie, l’innovation et la créativité », a-t-il affirmé devant les participants du forum.

Le président bissau-guinéen a ensuite détaillé les secteurs qu’il considère comme les moteurs de la croissance africaine : la révolution numérique, l’agriculture intelligente (smart farming), l’agro-transformation, les énergies renouvelables, la santé connectée et l’intelligence artificielle. Il a rappelé que la Guinée-Bissau s’est déjà engagée sur cette voie à travers la digitalisation des services publics et la création de zones économiques spéciales destinées à attirer les investissements.

Umaro Sissoco Embaló a également décrit l’Afrique de l’Ouest comme un « écosystème intégré », doté d’un potentiel humain exceptionnel. Il a appelé à une nouvelle approche de l’investissement, axée non seulement sur la rentabilité financière, mais aussi sur l’impact social et humain. « Nous recherchons des investissements capables de transformer la vie des citoyens, notamment celle des jeunes, des femmes et des populations rurales », a-t-il déclaré, tout en saluant l’essor des start-up africaines et des initiatives citoyennes dans l’économie numérique.

En conclusion, le président de la Guinée-Bissau a exhorté les gouvernements et les partenaires internationaux à bâtir un modèle de développement basé sur la confiance, la justice sociale et la durabilité. « Nous devons encourager les transferts de technologies, valoriser les compétences locales et promouvoir une croissance socialement juste et écologiquement soutenable », a-t-il plaidé.

Convaincu que ce forum ouvrira la voie à des partenariats « équitablement profitables et durables », Embaló a lancé un appel vibrant à la solidarité régionale : « Ensemble, ouvrons de nouvelles perspectives pour une prospérité partagée, une justice sociale affirmée et un développement au service de nos peuples. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°576 – 07/10/2025

🔴 946 HECTARES INONDÉS, 3 825 SINISTRÉS, 178 FAMILLES DÉPLACÉES : BAKEL EN DÉTRESSE
🔴 2,89 MILLIONS DE BARILS ET 336 690 m³ DE GNL EN SEPTEMBRE : SANGOMAR ET GTA CARTONNENT

🔴 QUALIF’ CAN U17 : LE SÉNÉGAL ACCROCHÉ PAR LA SIERRA LEONE
🔴 « TANIÈRE » / FORFAIT DE BOULAYE DIA : HABIB DIALLO À LA RESCOUSSE !

Le Cadre Tijaani « Wattu Sunu Diine » condamne fermement les propos jugés offensants de Sa Wolof

Le Cadre de Réflexion et d’Actions Tijaani « Wattu Sunu Diine » a fait part, ce lundi 6 octobre 2025, de sa profonde indignation à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle Abdoulaye Cissé, alias Sa Wolof, tient des propos jugés gravement offensants à l’encontre de Papa Moukhtar Kébé et du vénéré guide religieux Seydil Hadji Malick Sy.

Dans un communiqué transmis à la presse, les disciples de la Hadara Malickiya dénoncent une atteinte grave à la dignité et à la mémoire de leurs illustres guides spirituels, dont l’influence, rappellent-ils, transcende les générations et dépasse toute appartenance confrérique ou ethnique. Selon le collectif, Abdoulaye Cissé aurait manipulé un extrait d’une allocution de Papa Moukhtar Kébé, y ajoutant des commentaires jugés irrespectueux et déplacés, qui ont profondément choqué la communauté tidiane.

Le Cadre estime que cette sortie de Sa Wolof illustre une dérive préoccupante dans l’espace numérique sénégalais, où les réseaux sociaux deviennent le théâtre d’une instrumentalisation identitaire et religieuse. « Nous observons avec inquiétude une tendance croissante à transformer la fierté culturelle en hostilité ouverte envers d’autres communautés ou familles religieuses », déplore le communiqué, avant de mettre en garde contre les discours haineux et les dérives ethnicisées susceptibles de menacer la cohésion sociale et la paix civile.

Face à cette « désacralisation du religieux », le mouvement « Wattu Sunu Diine » condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par Sa Wolof et exige le retrait immédiat de la vidéo jugée offensante. Le Cadre appelle le procureur de la République à s’autosaisir du dossier et à engager des poursuites judiciaires pour que des sanctions exemplaires soient infligées à l’auteur.

Le collectif en appelle également à la responsabilité des plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, le Premier ministre, ainsi que les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Communication. Il leur demande de veiller à la protection de la mémoire des guides religieux et à la préservation de la dignité des symboles spirituels qui constituent le socle moral de la nation sénégalaise.

En outre, « Wattu Sunu Diine » propose l’adoption d’un cadre législatif renforcé pour réguler les contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Cette réforme inclurait la création d’une autorité de régulation dédiée au numérique, ainsi qu’un dispositif juridique spécifique pour la protection des dignitaires religieux, comparable aux garanties prévues pour la figure du chef de l’État.

Le communiqué conclut en rappelant que « porter atteinte à nos guides revient à saper les fondements mêmes de notre société ». Le Cadre Tijaani réaffirme son engagement indéfectible envers la foi, la science et la paix, dans la droite ligne de l’héritage spirituel de Seydil Hadji Malick Sy, symbole de tolérance, de savoir et de cohésion nationale.

Réforme du système carcéral : Yassine Fall annonce une série de mesures pour améliorer les conditions de détention au Sénégal

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, a annoncé ce lundi 6 octobre 2025 un ensemble de réformes destinées à transformer en profondeur le système pénitentiaire sénégalais. Cette déclaration fait suite à sa visite de terrain à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, un établissement symbole des difficultés du milieu carcéral au Sénégal.

Devant la presse, Yassine Fall a dressé un constat alarmant : « La Maison d’arrêt de Rebeuss, conçue pour accueillir un maximum de 800 détenus, en héberge aujourd’hui près de 3 740. Cette situation constitue une atteinte à la dignité humaine et un frein à l’efficacité de nos politiques pénales », a-t-elle déploré. Elle a tenu à réaffirmer « l’engagement total de l’État à améliorer de manière tangible les conditions de détention », insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une question de confort, mais d’un impératif de justice et d’humanité.

« Il faut avoir le courage, la responsabilité et la lucidité de le dire : la situation actuelle est la conséquence d’une inaction prolongée », a souligné la ministre. Elle a également rappelé que cette préoccupation est suivie « de très près » par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui ont exprimé la volonté d’apporter des réponses rapides et durables à cette crise structurelle.

Yassine Fall a par ailleurs mis en lumière un constat historique préoccupant : « Depuis l’indépendance du Sénégal, aucune nouvelle prison n’a été construite alors même que la population carcérale n’a cessé d’augmenter. » Elle a également évoqué le projet de construction d’un établissement pénitentiaire de 2 500 places, inscrit dans le programme de modernisation des infrastructures judiciaires de l’ancien régime. Selon la ministre, ce projet n’a jamais été mené à terme et s’est transformé en « un véritable scandale de prévarication sur fonds publics ».

Pour remédier à cette situation, la garde des Sceaux a annoncé une série de réformes articulées autour de quatre axes principaux. D’abord, l’élargissement du recours aux alternatives à l’incarcération pour les délits mineurs, à travers des mécanismes tels que la médiation pénale, le travail d’intérêt général ou le bracelet électronique. Ensuite, l’aménagement systématique des peines pour les détenus malades, âgés ou en fin de peine, afin d’alléger la pression sur les établissements surpeuplés.

Le troisième axe porte sur l’activation de la procédure de grâce présidentielle, dans le respect des principes de justice et d’équité, pour désengorger rapidement les prisons du pays. Enfin, la ministre a annoncé la relance effective du programme de construction de nouveaux établissements pénitentiaires, avec un cahier des charges rigoureux, transparent et soumis à un suivi strict par les autorités compétentes.

En conclusion, Yassine Fall a réaffirmé la détermination du gouvernement à refonder le système carcéral sur des bases humaines, équitables et conformes aux standards internationaux. Elle a insisté sur le fait que la réforme du milieu carcéral ne saurait être perçue comme un geste politique, mais comme une exigence morale et républicaine, au cœur de l’État de droit que le Sénégal entend consolider.

Crues à Bakel : 946 hectares inondés et 3 825 sinistrés, le gouvernement mobilise des vivres d’urgence

Les récentes crues enregistrées dans le département de Bakel, consécutives aux lâchers d’eau du barrage de Manantali, ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels. Selon les autorités locales, près de 946 hectares de terres agricoles ont été submergés, affectant gravement les populations et les cultures de cette zone située à l’extrême est du pays.

Le préfet de Bakel, Daouda Sène, s’exprimant à l’issue d’une réunion du comité départemental de gestion des inondations et des catastrophes naturelles, a dressé un premier bilan alarmant. Il a indiqué que sept localités du département sont actuellement envahies par les eaux, contraignant de nombreuses familles à quitter leurs habitations. « À ce jour, nous avons recensé 200 familles sinistrées, soit un total de 3 825 personnes affectées par ces inondations », a déclaré le préfet dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Face à cette situation d’urgence, le gouvernement a rapidement réagi. Un premier lot de vivres et de matériel d’assistance a été acheminé vers la préfecture, sous la coordination du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Daouda Sène a salué la « promptitude » de la réponse gouvernementale, qui a permis la mise à disposition de denrées et produits de première nécessité au profit des familles touchées.

Selon les précisions du préfet, les secours comprennent notamment 10 tonnes de riz, 2 tonnes de sucre, 2 000 litres d’huile, 1 tonne de lait en poudre, 500 bouteilles d’eau, 200 kilogrammes de savon, 500 litres de javel, 10 motopompes d’une capacité de 50 mètres cubes par heure, 500 matelas, 1 000 litres de carburant et une enveloppe de 250 000 francs CFA destinée à la manutention. Ces vivres et équipements seront acheminés vers les zones inondées dès ce lundi.

« Le comité s’est réuni pour la répartition de ce don en prenant en compte la situation cas par cas. L’impact n’est pas le même d’une localité à une autre, et les membres ont jugé nécessaire de donner la priorité aux personnes déplacées et relogées dans les établissements scolaires », a expliqué le préfet.

Ces inondations, récurrentes dans la vallée du fleuve Sénégal, rappellent la fragilité de certaines zones face aux variations hydrauliques du bassin du fleuve, notamment lors des lâchers d’eau des barrages en amont. Les autorités locales poursuivent les opérations d’assistance et de recensement en attendant une évaluation plus complète des pertes agricoles et matérielles.

Sangomar et GTA : 2,89 millions de barils et 336 690 m³ de gaz naturel liquéfié produits en septembre 2025

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a rendu public le rapport de production du mois de septembre 2025 concernant les deux principaux projets pétroliers et gaziers du Sénégal, Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Ce document met en lumière la montée en puissance de la production nationale et confirme la dynamique positive observée depuis le début de l’exploitation de ces gisements stratégiques.

Selon le rapport, le champ pétrolier de Sangomar a enregistré durant le mois de septembre trois cargaisons de pétrole brut expédiées et commercialisées sur le marché international, représentant un volume cumulé de 2,89 millions de barils. Ce niveau de production confirme la stabilité des opérations et la fiabilité des installations mises en service depuis le premier semestre de l’année. Initialement, les projections pour 2025 tablaient sur une production annuelle de 30,53 millions de barils, mais les performances constatées ont conduit les autorités à revoir ces prévisions à la hausse, désormais estimées à 34,5 millions de barils. Cette révision traduit la robustesse des performances opérationnelles et la bonne productivité des puits de Sangomar.

Le document ministériel souligne également que les conditions techniques et logistiques du projet se sont considérablement améliorées depuis la phase initiale, grâce à une coordination étroite entre les opérateurs et les autorités nationales. La qualité du brut sénégalais, déjà reconnue sur les marchés, contribue à renforcer la compétitivité du pays comme nouvel acteur dans le secteur énergétique régional.

Concernant le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), le ministère annonce que deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ont été produites et livrées durant le mois de septembre, pour un volume total de 336 690 mètres cubes. Ce chiffre marque une étape importante dans la phase de montée en charge du projet, qui vise à stabiliser la production avant une exploitation à plein régime dans les prochains mois.

Parallèlement, les opérations de mise en service se poursuivent à bord du navire FPSO (Floating Production Storage and Offloading), élément central du dispositif de production gazière. Les équipes techniques s’emploient à ajuster les paramètres de fonctionnement afin d’assurer une montée progressive et sécurisée de la capacité opérationnelle.

Ces résultats confirment la bonne trajectoire du Sénégal dans sa stratégie de valorisation des ressources naturelles. Avec Sangomar et GTA, le pays entre dans une nouvelle ère énergétique, marquée par l’exportation de volumes significatifs de pétrole et de gaz, tout en poursuivant les efforts de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion du secteur extractif.

Interpellation de Pape Malick Ndour à l’AIBD : l’ADHA exige des clarifications sur la base légale de l’interdiction de sortie du territoire

L’interpellation de Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse, à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) dans la nuit du 4 au 5 octobre 2025, continue de faire réagir. L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a, dans un communiqué publié ce lundi 6 octobre, exprimé sa vive préoccupation face à cette mesure qu’elle juge préoccupante pour les libertés publiques. L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités à fournir des explications claires sur les circonstances de cette interpellation et sur la base légale de l’interdiction de sortie du territoire national (IST) imposée à l’ancien ministre.

Selon les déclarations de Pape Malick Ndour, recueillies lors d’un point de presse, il aurait été extrait de la salle d’embarquement après avoir accompli toutes les formalités administratives et de voyage. L’ancien ministre affirme qu’aucune notification officielle ou document écrit ne lui a été remis pour justifier cette interdiction, qu’il considère comme arbitraire. Il soutient par ailleurs avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires pour se rendre à l’étranger et évoque une violation du principe de privilège de juridiction réservé aux anciens membres du gouvernement.

Dans son communiqué, l’ADHA dit suivre avec une attention particulière cette affaire qu’elle juge révélatrice d’un possible dysfonctionnement dans l’application des règles de procédure. L’organisation avertit que, si les faits rapportés s’avéraient exacts, ils constitueraient une atteinte grave aux droits fondamentaux, notamment à la liberté de circulation, à la dignité de la personne et au droit à une procédure régulière. Toutefois, l’ADHA appelle à la prudence et rappelle que le respect de la présomption d’innocence reste un principe cardinal en droit sénégalais.

L’organisation invite les autorités judiciaires et administratives compétentes à faire preuve de transparence en publiant les éléments légaux justifiant la mesure d’interdiction de sortie du territoire. Elle appelle également les institutions nationales de contrôle et de défense des droits humains à veiller à la stricte application des garanties constitutionnelles et conventionnelles en la matière.

Par ailleurs, l’ADHA exhorte les citoyens et les acteurs politiques à s’abstenir de toute récupération partisane de cette affaire, afin de préserver la sérénité du débat public et de maintenir la confiance dans les institutions républicaines. Elle rappelle enfin son engagement constant à défendre les droits fondamentaux de tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance politique ou sociale.

Fidèle à sa ligne de défense des libertés, l’ADHA rappelle qu’elle s’était déjà mobilisée dans le passé pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme dans plusieurs affaires politiques sensibles, notamment celles concernant le leader Ousmane Sonko. L’organisation réaffirme ainsi son attachement à un État de droit fondé sur la transparence, l’équité et le respect des principes démocratiques.

Procès de Pape Mahawa Diouf : la partie civile réclame 200 millions de F CFA à titre de réparation

L’affaire opposant Pape Mahawa Diouf, ancien directeur de la communication de la présidence de la République, à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), a été appelée ce lundi 6 octobre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette audience très attendue a été marquée par des moments de tension, notamment lors de la confrontation entre l’accusé et les représentants de l’agence publique.

Selon les informations recueillies à l’audience, l’ASER reproche à Pape Mahawa Diouf d’avoir tenu, dans des déclarations publiques, des propos jugés diffamatoires concernant une prétendue mauvaise gestion de 37 milliards de F CFA. Ces fonds étaient, selon le mis en cause, liés à des projets d’électrification rurale dont la transparence aurait été mise en doute. Face aux juges, les représentants de l’ASER – notamment le directeur technique et un conseiller technique – ont tenu à apporter des éclaircissements.

Ils ont expliqué que la somme évoquée par Pape Mahawa Diouf correspondait bien à des financements effectivement décaissés, mais dans le cadre de 47 projets distincts. Parmi eux, quarante concernaient la phase pilote du programme d’électrification rurale et couvraient plus de 300 villages répartis sur l’ensemble du territoire national. Les représentants de l’agence ont insisté sur le caractère transparent du processus et sur la conformité des dépenses effectuées.

Dans ses réquisitions, la partie civile a sollicité une réparation financière évaluée à 200 millions de F CFA, se fondant sur les dispositions du Code de procédure pénale. L’avocat de l’ASER a précisé que la structure ne cherchait pas la condamnation pénale de l’accusé, mais plutôt la reconnaissance d’un préjudice moral et institutionnel. « Nous ne demandons pas sa condamnation pénale, mais une réparation de 200 millions de F CFA pour l’ASER », a-t-il déclaré à la barre.

De son côté, Pape Mahawa Diouf, assisté par un collectif d’avocats composé de Me Elhadji Youm, Me El Hadji Diouf et Me Amadou Sall, a reconnu que ses propos s’inspiraient d’anciens commentaires de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall relatifs à la gestion de l’ASER. L’ancien porte-parole du parti APR a tenu à préciser qu’il n’avait jamais voulu accuser personnellement le directeur général de l’agence ni porter atteinte à l’institution. « Si mon propos heurte, je peux le retirer. Mon intention n’a jamais été d’accuser le Directeur général ni l’ASER. En tant que porte-parole d’un parti, j’alertais simplement l’opinion », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Lors de la prise de parole de la défense, Me El Hadji Diouf a d’abord demandé à savoir qui, au juste, représentait l’ASER dans cette procédure. Le directeur technique et le conseiller technique se sont levés pour se présenter. L’avocat s’est alors étonné de cette situation, soulignant qu’il s’agissait d’une première dans ce tribunal. Une remarque qui a provoqué un léger tumulte dans la salle avant que le président d’audience ne rétablisse le calme.

Le procès, suivi avec beaucoup d’intérêt par les observateurs politiques et médiatiques, s’annonce comme un test pour la gestion de la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs publics dans le débat national. L’audience s’est poursuivie dans une atmosphère tendue, les plaidoiries des parties étant attendues pour la suite des débats.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°575 – 06/10/2025

🔴 « JE VEUX UN PROCÈS PUBLIC, DEVANT LES CAMÉRAS » : PMN AFFRONTE SON DESTIN
🔴 CHANGEMENTS DANS LES INSTANCES : LE PARTI DE BOUBACAR CAMARA SE FISSURE

🔴 MONDIAL 2026 / « RIEN N’EST ENCORE JOUÉ » : PAPE THIAW APPELLE À LA CONCENTRATION
🔴 SÉNÉGAL VS MAURITANIE : LA FSF FAIT FLAMBER LES PRIX DES BILLETS !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°574 – 04 ET 05/10/2025

🔴 REPORT DU VOTE SUR LA DÉROGATION LIÉE À LA DETTE PAR LE FMI : LE SÉNÉGAL DANS L’EXPECTATIVE
🔴 PACTE DE STABILITÉ SOCIALE / INDUSTRIES ALIMENTAIRES : LE TORCHON BRÛLE

🔴 LSFP : RENDEZ-VOUS CE SAMEDI POUR LE CALENDRIER
🔴 UFOA-A U17 : LE SÉNÉGAL HÉRITE DE SON PROGRAMME

Sénégal – Le FMI reporte le vote sur la dérogation liée à la dette

Le Sénégal devra encore patienter avant de voir le Fonds monétaire international (FMI) valider la dérogation indispensable à la reprise de ses financements. Réuni ce vendredi pour examiner la situation du pays, le Conseil d’administration de l’institution basée à Washington n’a pas procédé au vote attendu. Cette décision, jugée cruciale par Dakar, visait à lever le blocage lié à la découverte de dettes non déclarées. En attendant, le pays reste privé d’un accès direct aux ressources financières du FMI, dans un contexte où la contrainte budgétaire devient de plus en plus pesante.

Ce report s’explique par le fait que certains critères techniques exigés n’ont pas encore été remplis par les autorités sénégalaises. Sans leur satisfaction, le Conseil n’a pas jugé possible de se prononcer formellement sur la dérogation. Selon des informations relayées par l’agence Reuters, les discussions avancent néanmoins dans la bonne direction et deux sources proches du dossier estiment que la validation pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. L’absence de calendrier officiel entretient toutefois un climat d’incertitude sur les marchés et chez les partenaires financiers du Sénégal, dont certains conditionnent leurs propres financements à la position finale du FMI.

Cette situation trouve son origine dans un scandale révélé au printemps dernier : la découverte de dettes cachées estimées à plus de 11 milliards de dollars. Cette révélation avait conduit à la suspension d’un programme de prêts d’un montant de 1,8 milliard de dollars, signé antérieurement avec le Sénégal. Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, des échanges techniques ont été engagés avec les services du FMI pour clarifier l’ampleur réelle de ces engagements et restaurer la crédibilité des statistiques publiques. Le 2 octobre, l’institution avait d’ailleurs annoncé qu’elle préparait un nouveau cadre de coopération actualisé, laissant espérer une relance rapide des discussions.

L’attente actuelle est lourde de conséquences. Le Sénégal, qui fait face à une pression croissante sur ses finances publiques, se retrouve sans le soutien du FMI et doit gérer seul ses engagements financiers. L’absence de dérogation prive Dakar d’un levier crucial pour restaurer la confiance des bailleurs de fonds. Plus encore, la reprise de l’appui du FMI apparaît comme une condition déterminante pour mobiliser d’autres financements bilatéraux et privés. Tant que la décision officielle n’est pas prise, les marges de manœuvre budgétaires du pays restent limitées et son image sur les marchés demeure fragilisée.

L’issue des prochaines discussions du Conseil d’administration sera donc déterminante. En validant la dérogation, le FMI offrirait au Sénégal l’opportunité de rétablir un partenariat durable et de relancer son programme économique. Mais tant que ce feu vert n’est pas acquis, Dakar devra continuer de composer avec une situation financière tendue et une crédibilité internationale en attente de réhabilitation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°573 – 03/10/2025

🔴 CONCLUSIONS DU FMI SUR LA « DETTE CACHÉE » ATTENDUES AUJOURD’HUI : FIN DU SUSPENSE !
🔴 6,5 MILLIARDS DE FRANCS CFA RÉCLAMÉS PAR LES HACKERS : LA DGID PRISE EN OTAGE

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : MAMADOU LAMINE CAMARA, ILAY CAMARA ET NAMPALYS MENDY DE RETOUR
🔴 JOJ 2026 À DAKAR / ATHLÉTISME : UN SÉMINAIRE PRÉVU POUR LES AFRICAINS FRANCOPHONES

Linkering : les habitants descendent dans la rue pour réclamer l’électricité

La commune de Linkering, située dans le département de Vélingara, a connu hier mercredi une mobilisation populaire d’une ampleur inédite. Hommes, femmes et jeunes sont sortis massivement pour marcher pacifiquement dans les rues du village afin de réclamer ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental : l’accès à l’électricité.

Munis de pancartes où l’on pouvait lire « Nous voulons de l’électricité », les manifestants ont scandé tout au long de la principale artère du village : « Non à l’obscurité ! Monsieur le Président Diomaye, aidez-nous ! ». Cette marche citoyenne témoigne du désarroi des populations de cette commune plongée dans le noir depuis toujours, à l’heure où l’électrification est considérée comme un levier incontournable du développement.

Le sentiment de frustration était largement partagé parmi les marcheurs. Plusieurs habitants ont dénoncé l’inaction des autorités face à leur situation. « Il est regrettable qu’au 21ᵉ siècle, Linkering soit une commune sans électricité. Nous lançons un appel aux plus hautes autorités pour sortir notre commune des ténèbres », ont déclaré certains manifestants, visiblement déterminés à ne plus rester silencieux.

Issa Baldé, professeur de lycée et porte-parole de la marche, a rappelé les conséquences directes de ce déficit en énergie. « Sans le courant, aucun développement n’est viable », a-t-il martelé. Selon lui, l’absence d’électricité constitue un frein majeur à l’éducation, avec des élèves contraints d’étudier dans des conditions difficiles, mais aussi à la santé, puisque les structures sanitaires ne disposent pas de l’équipement minimum pour assurer des soins de qualité. Les activités économiques, notamment l’artisanat, le commerce et l’agriculture modernisée, sont elles aussi lourdement impactées par cette carence.

Cette mobilisation pacifique marque un tournant dans la lutte des habitants de Linkering pour leur inclusion dans les programmes nationaux d’électrification. En attendant une réponse concrète du gouvernement et des autorités compétentes, ils promettent de maintenir la pression à travers d’autres actions citoyennes afin que leur cri de détresse ne soit pas ignoré.

Ousmane Sonko installe le Conseil national du numérique : un pilier de la transformation digitale

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation et d’innovation technologique. Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé, ce jeudi 2 octobre 2025, à l’installation officielle du Conseil national du numérique (CNN), un organe consultatif composé de 20 personnalités issues du secteur public, du privé et de la société civile.

La cérémonie d’installation a été l’occasion pour le Chef du gouvernement de rappeler la place stratégique du numérique dans le programme politique du président Bassirou Diomaye Faye. « Le numérique occupe une place centrale dans les priorités du Président de la République et dans l’Agenda national de Transformation », a déclaré Ousmane Sonko, soulignant que cet outil représente un levier essentiel pour bâtir une économie compétitive et inclusive.

Placé sous la coordination stratégique de la Primature, le CNN aura pour mission de formuler des recommandations sur les politiques numériques nationales et d’accompagner leur mise en œuvre. L’organe consultatif devra jouer un rôle actif dans le suivi des grands projets structurants du secteur, notamment dans l’innovation technologique, la digitalisation des services publics et le développement d’une économie numérique robuste capable de générer des emplois durables.

Au-delà de l’appui stratégique, le Conseil est appelé à renforcer la synergie entre les initiatives publiques et privées. Il travaillera à créer un cadre favorable à l’entrepreneuriat digital, à la création de start-up et au développement de solutions technologiques locales. Une attention particulière sera portée à l’inclusion numérique afin de réduire la fracture entre zones urbaines et rurales, et de garantir que toutes les couches sociales bénéficient des opportunités offertes par le digital.

Le CNN aura également un rôle clé dans la protection des données personnelles et le renforcement de la cybersécurité, deux défis majeurs à l’ère des échanges massifs d’informations et de la montée des cybermenaces. En s’appuyant sur des experts et des acteurs de référence, le Conseil ambitionne de doter le Sénégal d’une gouvernance numérique solide, alignée sur les standards internationaux.

Avec cette installation, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire du numérique un vecteur de souveraineté, de développement économique et de modernisation de l’État. L’entrée en fonction du Conseil national du numérique marque ainsi le lancement d’une nouvelle phase de la transformation digitale du Sénégal, tournée vers l’efficacité, l’innovation et l’inclusion.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°572 – 02/10/2025

🔴 HAUSSE DE PRÈS DE 3% DES PRIX DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION : LE SECTEUR BTP FACE À L’INFLATION
🔴 « FISCALITÉ ÉTOUFFANTE SANS ÉQUITÉ NI EFFET REDISTRIBUTIF » : L’ALERTE DU PDS

🔴 ODCAV RUFISQUE (Z1 B) : BOKK JOM ET JALOORÉ S’OFFRENT LA FINALE !
🔴 BLESSÉ À LA CUISSE : MAMADOU SARR POURRA-T-IL DÉBUTER AVEC LES « LIONS » ?

Le PDS tire la sonnette d’alarme et dénonce une crise « multidimensionnelle » au Sénégal

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) est monté au créneau ce mercredi 1er octobre 2025 pour alerter sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle » frappant le pays. Lors d’un point de presse organisé à Dakar, les responsables libéraux ont dressé un tableau sombre de la situation nationale, en insistant sur les difficultés sanitaires, sociales et économiques, tout en formulant des propositions pour redresser la trajectoire du Sénégal.

Au plan sanitaire, le PDS s’est particulièrement attardé sur la question des inondations, citant le cas de Touba où les populations, selon lui, vivent sous la menace permanente des maladies hydriques. Pour les libéraux, cette situation est la conséquence directe d’une gestion insuffisante et mal planifiée. Le parti réclame la création urgente d’un fonds spécial dédié à la lutte contre les inondations, la mise en œuvre d’un programme structuré de prévention et de résilience, ainsi qu’un audit rigoureux des ressources mobilisées depuis 2009 pour combattre ce fléau récurrent.

La vie chère a été un autre axe central de la déclaration. Les dirigeants du PDS ont dénoncé une fiscalité jugée « étouffante », accusant le gouvernement de maintenir une politique fiscale asphyxiante, dépourvue d’équité et sans véritable effet redistributif. Selon eux, cette politique fragilise non seulement les ménages mais aussi le tissu économique national. Ils accusent par ailleurs le pouvoir d’incohérence, en mettant en avant un discours souverainiste d’un côté, tout en s’alignant sur « les logiques de la dette » de l’autre, ce qui aurait pour conséquence de faire peser le fardeau du remboursement sur les couches sociales les plus vulnérables.

Le volet macroéconomique a donné lieu à de vives critiques. Selon le PDS, l’économie nationale est aujourd’hui « à la dérive ». Le parti s’appuie sur les récentes décisions des agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s qui ont dégradé la note souveraine du Sénégal à B- avec une perspective négative, ce qui, pour les libéraux, traduit une perte de crédibilité et de confiance des marchés financiers. Ils estiment que la situation est aggravée par un déficit public qui dépasse 9 % du PIB, un niveau jugé insoutenable en l’absence de plan de relance crédible. Pour illustrer leur propos, les libéraux ont évoqué la période du président Abdoulaye Wade, citant l’exemple de la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) qui avait permis de financer la construction de l’aéroport international Blaise Diagne sans recourir aux ressources du budget national.

Le PDS a aussi tenu à rappeler que l’héritage économique laissé par Abdoulaye Wade en 2012 était loin de correspondre au tableau de « caisses vides » souvent avancé par ses successeurs. Les responsables ont mis en avant les chiffres de la BCEAO qui estimaient les avoirs de l’État à 387 milliards de francs CFA à son départ du pouvoir. Ils ont également salué la vision de Karim Wade, à travers le projet du Port de Ndayane présenté comme un levier stratégique de compétitivité logistique et un modèle réussi de partenariat public-privé, susceptible de transformer durablement l’économie nationale.

Sur le plan politique, les libéraux ont annoncé une réorganisation en profondeur de leur Secrétariat national et l’installation prochaine d’un nouveau Comité directeur. Mais leur discours ne s’est pas limité à la critique économique. Le PDS a insisté sur « l’urgence vitale » de renforcer la cohésion nationale et de refonder la confiance entre les citoyens et les institutions. Le parti a condamné fermement ce qu’il considère comme des « arrestations arbitraires liées aux délits d’opinion » et exigé la libération immédiate des détenus politiques, qu’il présente comme une condition essentielle pour décrisper le climat social et préserver la démocratie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°571 – 01/10/2025

🔴 UEMOA / LANCEMENT DE LA PLATEFORME INTEROPÉRABLE DU SYSTÈME DE PAIEMENT INSTANTANÉ (PI-SPI) : FIN DES FRONTIÈRES FINANCIÈRES
🔴 CABINET FRANÇAIS WILLIAM BOURDON & ASSOCIÉS, TÉNORS DU BARREAU SÉNÉGALAIS : MADIAMBAL DIAGNE SE BLINDE

🔴 INSTALLATION D’UNE FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : KHADY DIÈNE GAYE ACCÉLÈRE LA CADENCE
🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR LES  « LIONS »

Goudomp : le PASTEF secoué par de fortes tensions entre le ministre Olivier Boucal et des cadres locaux

La section communale du PASTEF à Goudomp traverse une période de turbulences qui risque de fragiliser l’unité du parti dans cette zone stratégique du sud du pays. Ce week-end, une conférence publique consacrée à la fiscalité, initiée par la coordination communale, a tourné au fiasco, exposant au grand jour les divisions profondes qui opposent le ministre Olivier Boucal à certains cadres locaux du parti.

L’événement, pensé comme un espace d’échanges citoyens, a rapidement été marqué par une ambiance électrique. Après la prise de parole du ministre, ses partisans auraient quitté la salle en signe de désaccord ou pour marquer leur soutien exclusif à leur leader. Ce départ collectif a exacerbé les tensions et provoqué une escalade qui a culminé en jets de pierres et en usage de gaz irritant. Face à ce désordre, les organisateurs ont été contraints de mettre fin prématurément à la rencontre, laissant un goût amer à ceux qui espéraient un dialogue constructif.

Dans la foulée, Albino Ndecky, membre du MONCAP et représentant du parrain de l’événement, n’a pas mâché ses mots. Il a accusé Olivier Boucal d’avoir volontairement saboté la conférence : « Il a fait plus de 500 km de Dakar à Goudomp pour venir saboter notre activité », a-t-il déploré, exprimant sa frustration et sa déception face à ce qu’il considère comme une manœuvre délibérée.

Olivier Boucal, de son côté, a rejeté toute responsabilité dans la perturbation de la rencontre. Dans sa réplique, le ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de tentatives d’exclusion orchestrées par des cadres locaux qui, selon lui, veulent l’écarter des activités du PASTEF dans sa propre base. « Des gens qui se disent militants authentiques s’organisent à m’écarter du parti », a-t-il déclaré, avant de prévenir qu’il mènerait son « gatsa-gatsa » chaque fois qu’il serait visé par ce type de manœuvres. Avec fermeté, il a ajouté : « Le respect ne se quémande pas, il s’arrache. » Pour lui, la situation est incompréhensible : « Je ne peux pas être majoritaire et être malmené par une minorité incapable. »

Cette confrontation illustre, selon plusieurs observateurs politiques, une lutte d’influence en perspective des prochaines élections locales. Dans ce contexte, chaque camp cherche à consolider ses positions, quitte à exposer les fractures internes du parti. La querelle dépasse ainsi le simple cadre d’un événement perturbé pour devenir un révélateur des rivalités de leadership au sein du PASTEF à Goudomp.

L’avenir dira si la direction nationale du parti interviendra pour apaiser les tensions et restaurer l’unité, ou si le bras de fer entre le ministre Olivier Boucal et la coordination communale s’intensifiera. Ce qui est certain, c’est que la cohésion du PASTEF dans cette commune sera déterminante pour son implantation durable et son poids électoral dans la région.

Révision des listes électorales : la DGE annonce l’affichage des mouvements dans les préfectures, sous-préfectures et mairies

La Direction générale des élections (DGE) a publié un communiqué pour informer les citoyens et les acteurs politiques de nouvelles dispositions liées à la révision ordinaire des listes électorales, qui s’est tenue du 1er février au 31 juillet 2025. À partir du 1er octobre, les listes de mouvements — comprenant les inscriptions, les modifications, les changements de statut et les radiations — ainsi que les listes de rejet seront affichées dans les préfectures, sous-préfectures et mairies. Cette mesure s’appuie sur les articles L.40, L.43, R.43 et R.44 du Code électoral.

L’objectif, selon la DGE, est de garantir transparence et accessibilité dans la gestion du fichier électoral. Les citoyens sont ainsi invités à se déplacer dans ces administrations pour vérifier si leurs demandes ont été correctement prises en compte et si leurs informations personnelles sont conformes.

Le communiqué précise également les voies de recours ouvertes à tout électeur. Toute personne omise de la liste électorale ou confrontée à une erreur matérielle sur ses données d’identification, et qui détient son récépissé d’inscription, peut saisir le président du tribunal d’instance compétent dans un délai de vingt jours après la publication des listes. Cette saisine peut se faire directement ou par l’intermédiaire de la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Par ailleurs, la DGE rappelle que non seulement les citoyens concernés, mais aussi l’autorité administrative ou tout autre électeur peuvent demander l’inscription d’un électeur omis ou la radiation d’une personne indûment inscrite.

Bras de fer à l’Hôtel Radisson de Diamniadio : le ministre Amadou Ba appelle au dialogue et à la responsabilité

La crise sociale qui secoue l’Hôtel Radisson de Diamniadio continue de prendre de l’ampleur et attire désormais l’attention des plus hautes autorités. Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, s’est exprimé publiquement à travers un communiqué transmis à la presse. Dans ce document, il invite les travailleurs et la direction de l’établissement à se conformer au cadre légal en matière de licenciement et de grève. Il appelle ainsi à un retour à la légalité et au dialogue dans un climat de conciliation et de responsabilité.

Le ministre insiste sur l’urgence d’engager des négociations sous la supervision de l’Administration du Travail afin de trouver un compromis permettant une reprise rapide et durable des activités de l’hôtel. Pour lui, ce conflit dépasse les simples relations sociales internes, car il touche directement l’image touristique du Sénégal et la disponibilité de son parc hôtelier.

Amadou Ba rappelle que l’Hôtel Radisson constitue un atout stratégique pour le pays, notamment à l’approche d’événements internationaux majeurs tels que le Sommet sur les investissements FII Sénégal et les Jeux olympiques de la Jeunesse. Dans ce contexte, il souligne que la stabilité et la crédibilité de l’offre hôtelière nationale doivent être préservées en toutes circonstances.

Afin de suivre de près l’évolution de la situation, le ministre a pris contact avec les plus hautes autorités de la Société de Gestion des Infrastructures publiques dans les Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP-SA) ainsi qu’avec le ministère du Travail. Il veut ainsi s’assurer que toutes les mesures nécessaires soient prises pour éviter une dégradation du climat social.

Le communiqué du ministère apporte également une précision importante sur le statut juridique de l’hôtel. Amadou Ba rappelle en effet que l’Hôtel Radisson est une propriété exclusive de l’État du Sénégal, qui en a confié la gestion au Groupe Summa dans le cadre d’une délégation de quinze ans. En cas de contentieux persistant, le différend devra être porté devant la Chambre de Commerce Internationale de Paris, comme le prévoit le contrat de gestion.

Par cette intervention, le ministre cherche à apaiser les tensions et à rappeler aux parties concernées leurs obligations légales et contractuelles. L’objectif affiché reste la recherche d’une solution concertée qui garantisse à la fois la protection des droits des travailleurs et la sauvegarde de l’intérêt national lié à l’image et au dynamisme du secteur touristique.

Mpox à Dakar et Fièvre de la Vallée du Rift dans le nord : le ministère de la Santé alerte et renforce la riposte

Le Sénégal est confronté à une situation sanitaire préoccupante avec l’apparition simultanée de deux épidémies distinctes. À Dakar, plusieurs cas de Mpox (variole du singe) ont été confirmés, tandis que la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) sévit dans le nord du pays, particulièrement dans la région de Saint-Louis, où plusieurs décès ont été enregistrés. Face à ces menaces, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a convoqué une réunion d’urgence du Comité national de gestion des épidémies (CNGE), ce lundi 29 septembre 2025, afin de coordonner et renforcer la riposte.

Selon le communiqué publié tard dans la nuit, le Mpox est suivi avec une vigilance particulière dans la capitale. Depuis la confirmation du premier cas le 22 août dernier, cinq cas ont été enregistrés dans la région de Dakar. Aucun décès n’a été signalé à ce stade. Parmi les patients pris en charge, un est déjà déclaré guéri, tandis que quatre autres sont hospitalisés au service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann. Leur état clinique est jugé favorable. Pour éviter toute propagation, 52 personnes identifiées comme contacts sont actuellement suivies de près par les équipes médicales.

La situation est plus préoccupante à Saint-Louis, où la Fièvre de la Vallée du Rift a déjà causé 28 cas confirmés dont huit décès. Cette maladie virale, transmise principalement par les piqûres de moustiques ou par contact direct avec des animaux infectés, constitue un véritable défi de santé publique. L’enquête épidémiologique menée sur le terrain a permis d’identifier 90 personnes exposées, dont quatre ont déjà développé la maladie. Les autorités rappellent que quelques jours plus tôt, le 28 septembre, le bilan faisait état de 21 cas et 7 décès, confirmant une progression inquiétante de l’épidémie.

Pour faire face à cette double crise, le ministre de la Santé a donné plusieurs orientations fortes à l’issue de la réunion du CNGE. Il a insisté sur le renforcement du partenariat intersectoriel, la surveillance accrue dans les régions voisines de Saint-Louis, et l’intensification de la communication afin de sensibiliser davantage les populations. Le ministre a également appelé à une implication plus active des communautés locales, qui jouent un rôle crucial dans la prévention et la rupture des chaînes de transmission.

Dans son message, le ministère a invité les populations à redoubler de vigilance et à adopter sans réserve les mesures de prévention, qu’il s’agisse de l’hygiène, de la protection contre les moustiques ou encore de la prudence dans les contacts avec les animaux. « Chaque citoyen doit jouer pleinement son rôle dans cette lutte collective », rappelle le communiqué.

Cette mobilisation multisectorielle vise à contenir rapidement ces deux épidémies qui, bien que distinctes, exigent une réponse coordonnée et énergique afin de préserver la santé publique et d’éviter une propagation plus large à l’échelle nationale.

Sénégal : un nouvel organigramme de l’État entre en vigueur avec le décret n°2025-1431

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a publié le 6 septembre 2025 le décret n°2025-1431 fixant la nouvelle répartition des services de l’État et des pouvoirs de contrôle sur les établissements publics, sociétés nationales et sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte abroge le décret n°2024-940 du 5 avril 2024 et redessine de façon précise la cartographie administrative et les chaînes de responsabilité au sommet de l’exécutif.

Le cœur du dispositif repose sur trois pôles. À la Présidence, sont reconduits et recentrés les leviers dits “régaliens” et de redevabilité : l’Inspection générale d’État et l’OFNAC pour l’audit et la lutte contre la corruption, le COS-PETROGAZ pour l’orientation stratégique des hydrocarbures, ainsi que des cellules de suivi et d’évaluation des politiques publiques. La Présidence conserve aussi les fonctions diplomatiques et protocolaires de très haut niveau, les organes de sécurité nationale, la coordination des conseils supérieurs de la magistrature et de la Cour des comptes, ainsi que le renseignement. Elle chapeaute l’appareil militaire placé au plus près du chef de l’État, y compris les hautes autorités sectorielles de la sûreté maritime et des aéroports, le CHEDS, et l’ensemble des services de soutien et de sécurité dédiés.

La Primature se voit, elle, confirmée dans son rôle de pilote et d’orchestrateur interministériel. Autour du cabinet et du Secrétariat général du gouvernement, le texte rassemble les instruments de planification, de normalisation et de coordination, du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets aux conseils et comités nationaux thématiques — nutrition, sécurité alimentaire, sécurité sanitaire “One Health”, prévention et sécurité routières, restructuration des entreprises publiques, suivi de l’Agenda Sénégal 2050. La Primature concentre aussi les fonctions de fabrication de la norme, de conservation des archives de l’État, de communication gouvernementale et de gestion des grands ensembles immobiliers administratifs, dans une logique de cohérence d’ensemble.

Chaque ministère dispose d’un périmètre clarifié, avec ses inspections, cellules techniques, directions générales et directions spécialisées. La Justice articule protection judiciaire, administration pénitentiaire, droits humains, dématérialisation et bonne gouvernance. L’Énergie, le Pétrole et les Mines structurent l’électricité, les renouvelables, la transition énergétique, les hydrocarbures et la géologie, avec une direction de contrôle transverse des opérations minières, pétrolières et gazières. L’Intérieur concentre sécurité publique, police judiciaire, frontières, protection civile, traitement des fichiers et organisation des élections. L’Économie et le Plan coordonnent prévision, politiques économiques, coopération et financements extérieurs, tandis que Finances et Budget encadrent Trésor, Douanes, Impôts-Domaines, Budget et secteur financier. L’Enseignement supérieur organise l’offre publique et privée, la recherche et l’innovation, les bourses, les classes préparatoires et la maintenance universitaire. Les Transports intègrent routier, ferroviaire et aérien, avec des directions de planification, QHSE et systèmes d’information. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la Santé, de la Famille et de l’Action sociale, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Environnement et de la Transition écologique, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, de l’Industrie et du Commerce, des Pêches et de l’Économie maritime, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des Infrastructures, ainsi que de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, se voient attribuer des organigrammes complets et homogènes, avec des cellules de passation des marchés, d’études, de planification, de suivi-évaluation, d’informatique, de genre et d’équité, signe d’une standardisation des fonctions support.

Au-delà des organes internes, le décret ventile la tutelle et le contrôle de centaines d’entités publiques et parapubliques. Les établissements de santé — du CHU de Fann aux hôpitaux régionaux en passant par les centres spécialisés — sont regroupés sous la Santé et l’Hygiène publique, avec la PNA, les ordres professionnels et le SAMU. Les universités — UCAD, UGB, UADB, UASZ, UAM, USSEIN, UNS, l’Université numérique, les œuvres universitaires et les instituts supérieurs — relèvent de l’Enseignement supérieur. Les grands opérateurs énergétiques — SENELEC, SAR, les filiales de PETROSEN, le Réseau gazier — sont confirmés sous l’Énergie. Les transports publics structurants — Dakar Dem Dikk, TER (SETER et SEN-TER), Grands Trains du Sénégal, Autoroutes du Sénégal, AIBD, Air Sénégal — se rattachent aux Transports terrestres et aériens. Les entreprises de télécoms et de médias d’État — RTS, Le Soleil, APS, Sonatel, La Poste, TDS, Sénégal Numérique — sont assignées au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’hydraulique et l’assainissement regroupent la SONES, la Sénégalaise des Eaux et la coordination avec les organisations de bassins. L’agriculture et l’élevage encadrent SODAGRI, SODEFITEX, SAED, l’ANCAR et les programmes structurants. L’Industrie et le Commerce couvrent ICS, SONACOS, le CICES, les domaines industriels et les agropoles. Le Port autonome de Dakar, l’ANAM et les organismes maritimes relèvent des Pêches et de l’Économie maritime. Les finances publiques et le secteur financier listent banques et assureurs à participation publique, du Crédit du Sénégal à la BNDE, en passant par la BHS, la BIS, la CBAO ou la LONASE. La Culture et le Tourisme regroupent les institutions patrimoniales et scéniques majeures — Grand Théâtre, Sorano, Musée des Civilisations Noires, École nationale des Arts — ainsi que les agences de promotion et la gestion des sites touristiques.

La logique d’ensemble est lisible : recentrer la Présidence sur le stratégique, le contrôle et la sécurité, conforter la Primature dans le pilotage et la fabrique de la norme, donner aux ministères des blocs de compétences complets, doter chaque département d’un socle identique de fonctions de gouvernance et de gestion, et aligner clairement les têtes de tutelle des établissements et sociétés publiques. L’ambition affichée est de fluidifier les processus, réduire les zones grises de responsabilité et rendre l’action publique plus traçable, depuis l’initiation d’une politique jusqu’à son exécution et son évaluation.

Cette répartition ne se limite pas à un toilettage administratif. Elle annonce aussi une montée en puissance des dispositifs de contrôle interne, de suivi-évaluation, de statistiques et de digitalisation, omniprésents dans les organigrammes. La transversalité “genre et équité”, désormais systématisée, signale un cadrage normatif que les départements devront décliner dans leurs politiques. La centralisation du pilotage des grands projets à la Primature, conjuguée au renforcement des directions de planification dans les ministères, laisse entrevoir un arbitrage plus resserré des investissements publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigence d’efficience.

Avec l’abrogation du décret de 2024, le nouveau cadre devient immédiatement opposable. Il appartiendra aux secrétariats généraux, inspections et directions de formaliser leurs manuels de procédures et de mettre à jour les chaînes de délégation, tandis que les établissements et sociétés publiques s’aligneront sur leurs ministères de rattachement. La réussite de cette réforme dépendra, au-delà du texte, de la capacité des acteurs à coopérer, à partager l’information et à faire vivre les mécanismes d’évaluation promis au cœur du dispositif.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°570 – 30/09/2025

🔴 MACKY SALL SUR LA « DETTE CACHÉE » : « UN NON-SENS »
🔴 PAPE MAHAWA DIOUF GARDÉ À VUE À LA DSC : « ASER-GATE » : SUITE ET PAS FIN

🔴 NAVÉTANES À DIAMNIADIO / ÉLIMINÉE EN DEMI-FINALE : L’ASC MANKOO ACCUSE DES RESPONSABLES DE LA ZONE 9B
🔴 COUPE DU MONDE U20 / PREMIÈRE UTILISATION DU CARTON VERT PAR LE MAROC : HISTORIQUE !

Litige financier : La Poste-Burkina réclame plus de 7 milliards FCFA à Money Express devant la justice sénégalaise

Le Tribunal de commerce de Dakar a examiné pour la première fois le différend financier qui oppose La Poste-Burkina à la société de transfert d’argent Money Express. En jeu : une créance de plus de 7,1 milliards de francs CFA, que l’établissement public burkinabè réclame à son ancien partenaire commercial.

À l’origine de ce litige figure un contrat d’adhésion signé le 11 mai 2005 entre les deux entités. Ce partenariat autorisait à l’époque Sona-Post Burkina – devenue par la suite La Poste-Burkina – à exploiter le réseau de Money Express pour assurer des services de transfert d’argent, aussi bien pour ses clients que pour ses opérations à l’international.

Mais deux décennies plus tard, ce partenariat semble s’être soldé par un contentieux financier de grande ampleur. Dans son édition de ce lundi, le journal Libération rapporte que La Poste-Burkina revendique aujourd’hui une dette de 7,128 milliards FCFA à l’encontre de Money Express. Une procédure judiciaire a été engagée pour tenter de récupérer cette somme.

Dans cette optique, La Poste-Burkina a d’abord obtenu une ordonnance de saisie conservatoire, enregistrée sous le numéro 600/2025 en date du 15 mai 2025, afin de bloquer les comptes et avoirs de Money Express. Ces opérations de saisie ont été menées entre les 7 et 15 juillet derniers par l’huissier Me Adama Dia, basé à Dakar. Toutefois, cette démarche s’est révélée infructueuse : aucun actif significatif n’a été identifié.

Dans son assignation au tribunal, La Poste-Burkina explique que l’analyse des opérations menées laisse penser que Money Express SA ne disposerait plus de comptes bancaires actifs, ou alors que ces comptes sont clos ou présentent des soldes débiteurs. Une situation qui a poussé l’établissement public à changer de stratégie.

Estimant que la société est dans l’incapacité manifeste de faire face à ses engagements financiers, La Poste-Burkina demande désormais au Tribunal de commerce de Dakar de prononcer la cessation de paiement de Money Express. Elle sollicite également la nomination d’un juge-commissaire et d’un syndic, dans la perspective d’une éventuelle liquidation judiciaire de la société.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et une décision est attendue dans les prochaines semaines. Ce contentieux pourrait marquer un tournant dans les relations entre établissements publics africains et sociétés privées opérant dans le secteur stratégique des transferts d’argent.

Fièvre de la Vallée du Rift : le Dr Mamadou Ndiaye éclaire sur les risques et les mesures de prévention

La fièvre de la Vallée du Rift suscite de nombreuses interrogations au sein de la population. Pour clarifier les risques liés à cette maladie et expliquer les modes de transmission, le Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a tenu à apporter des éclaircissements.

Selon lui, cette maladie est avant tout d’origine animale, ce qui en fait une zoonose – une infection transmissible des animaux vertébrés à l’être humain. « Mais pour que le virus passe de l’animal à l’homme, il faut un vecteur amplificateur », précise-t-il. Ce rôle est principalement joué par le moustique, qui constitue le canal de transmission le plus courant.

Le mécanisme est simple : certaines espèces de moustiques piquent un animal infecté, puis, en piquant un être humain, transmettent le virus. Toutefois, le risque ne se limite pas aux piqûres d’insectes. Le Dr Ndiaye a également insisté sur la possibilité d’une contamination directe, notamment par le contact avec les sécrétions d’un animal infecté – comme le sang – ou encore par la consommation de produits d’origine animale contaminés, tels que de la viande insuffisamment cuite ou du lait non pasteurisé.

Une fois l’infection contractée par l’être humain, les premiers symptômes ressemblent à ceux d’un syndrome grippal classique. « On parle de pseudo-grippe », indique le Dr Ndiaye. Le patient peut souffrir de maux de tête, de douleurs articulaires et musculaires, accompagnés parfois de vomissements. Mais dans certains cas, la maladie peut évoluer vers une forme plus grave, à caractère hémorragique. Ces complications peuvent se manifester par des vomissements de sang ou des diarrhées sanglantes, nécessitant une prise en charge médicale urgente.

Sur le plan préventif, le responsable du ministère de la Santé a insisté sur la limitation des contacts directs avec les animaux potentiellement infectés, ainsi que sur l’importance de bonnes pratiques alimentaires. Il recommande d’éviter de consommer du lait non pasteurisé ou de la viande mal cuite, qui sont autant de vecteurs potentiels de transmission. La réduction de l’exposition aux moustiques reste également une mesure essentielle, en particulier dans les zones rurales où la proximité entre l’homme, les animaux et les insectes est plus marquée.

Sénégal : le taux de chômage recule de 2,6 % au deuxième trimestre 2025, selon l’ANSD

Au deuxième trimestre de l’année 2025, le Sénégal a enregistré une baisse notable de son taux de chômage élargi chez les jeunes âgés de 15 à 34 ans. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), ce taux s’est établi à 19,0 %, contre 21,6 % à la même période en 2024, soit une diminution de 2,6 points de pourcentage en un an.

Cette tendance à la baisse masque cependant d’importantes disparités territoriales et sociodémographiques. En milieu rural, le chômage élargi reste plus prononcé, atteignant 22,8 %, contre 16,4 % en zone urbaine. L’analyse par groupe d’âge montre également que les jeunes continuent d’être les plus touchés par le phénomène, avec un taux de 24,0 %, nettement supérieur à celui observé chez les adultes, fixé à 13,6 %.

Les inégalités de genre demeurent également marquées : les femmes, toutes tranches d’âge confondues et quel que soit leur lieu de résidence, sont plus fortement touchées par le chômage que les hommes, selon le rapport de l’ANSD.

Concernant la dynamique globale du marché du travail, l’étude indique que 56,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont participé à l’activité économique au cours de ce trimestre. Toutefois, ce taux de participation reste relativement faible chez les jeunes (15-34 ans), avec un niveau de 48,2 %, contre 69,0 % chez les adultes de 35 ans et plus. Cette différence traduit une insertion plus difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, souvent liée à des facteurs tels que le manque d’expérience professionnelle ou les inadéquations entre formation et emploi.

Le document met aussi en évidence un écart significatif entre hommes et femmes en matière de participation à la main-d’œuvre. En milieu urbain, 65,4 % des hommes sont actifs contre 46,4 % des femmes ; en milieu rural, l’écart est similaire, avec 68,3 % pour les hommes contre 47,7 % pour les femmes. Ce déséquilibre entre les sexes reste constant, toutes tranches d’âge confondues, et illustre les obstacles persistants à l’égalité d’accès à l’emploi.

Enfin, malgré une participation globale plus forte en zone rurale (57,5 %) qu’en zone urbaine (55,8 %), le taux d’activité national connaît un léger recul sur un an. Comparé au deuxième trimestre de 2024, il a diminué de 1,1 point, passant de 57,6 % à 56,5 %.

Sécurité publique : plus de 400 interpellations lors d’une vaste opération de police à l’échelle nationale

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2025, les forces de sécurité ont mené une opération d’envergure sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre d’un dispositif de sécurisation visant à renforcer l’ordre public. Le bilan communiqué fait état de 408 personnes interpellées pour divers motifs, allant de simples vérifications d’identité à des infractions plus graves.

Selon les informations rapportées par Les Échos, une majorité des individus arrêtés – précisément 272 – l’ont été dans le cadre de vérifications d’identité. En parallèle, 59 personnes ont été appréhendées pour ivresse manifeste sur la voie publique, un phénomène récurrent lors des opérations nocturnes de sécurité. Par ailleurs, 30 autres ont été interpellées pour des besoins liés à des enquêtes en cours.

Le reste des arrestations concerne des infractions plus spécifiques. Des cas de détention et d’usage de chanvre indien ont été relevés, de même que des actes de violence, des atteintes à la propriété, ou encore des délits liés à la moralité publique. La police a ainsi enregistré plusieurs cas d’usage de produits psychotropes comme le cellulosique, de détention d’armes blanches, de rixes sur la voie publique, mais aussi des faits de harcèlement sexuel, d’escroquerie, de vagabondage ou encore d’abus de confiance.

Parmi les infractions notées, figurent également des cas de rébellion et d’outrage à agent, des situations de violences conjugales – notamment envers des ascendants – ainsi que plusieurs faits de vol, dont certains en flagrant délit.

Cette opération coordonnée n’a pas seulement donné lieu à des interpellations. D’importantes saisies ont été réalisées, témoignant de la vigilance accrue des forces de l’ordre. Ainsi, les services de police ont mis la main sur 2,5 kg de chanvre indien, ainsi que plusieurs doses conditionnées sous forme de cornets ou de joints prêts à la consommation. À cela s’ajoute la mise en fourrière de 46 véhicules et 89 motos, souvent en infraction avec les règles de circulation ou impliqués dans des délits. En outre, 855 pièces administratives – dont des permis, cartes grises ou pièces d’identité – ont été saisies pour vérification ou non-conformité.

Enfin, cette opération a donné lieu à la rédaction d’amendes forfaitaires pour diverses infractions, pour un montant total s’élevant à 1 137 000 francs CFA.

Ce type de dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention et de répression des actes délictueux, visant à restaurer un climat de sécurité dans les zones urbaines comme rurales. Les autorités promettent d’ailleurs de renforcer ces opérations dans les semaines à venir, face à une recrudescence de certains comportements déviants et infractions de rue.

À Dakar, l’Afrique adopte une Vision commune de l’eau à l’horizon 2063 : un tournant décisif pour le continent

C’est dans la capitale sénégalaise que s’est tenue cette semaine la 14e session du Conseil des Ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), un rendez-vous continental qui a abouti à l’adoption officielle de la Vision africaine de l’eau 2063. Qualifié d’« événement historique » par de nombreux observateurs et responsables politiques, ce moment marque un changement de cap stratégique dans la manière dont le continent entend gérer, valoriser et protéger sa ressource en eau.

L’adoption de cette nouvelle vision continentale est le fruit de plusieurs mois de concertation entre les États membres de l’Union africaine, les experts en hydrologie, les institutions régionales, et les représentants de la société civile. Les travaux préparatoires se sont intensifiés au cours des deux jours ayant précédé la réunion ministérielle, avec la participation d’une délégation technique élargie. Ces échanges ont permis de finaliser un document de référence, désormais présenté comme le socle des politiques africaines de l’eau pour les décennies à venir.

Cheikh Tidiane Dièye, ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui assure actuellement la présidence de l’AMCOW, a ouvert la session avec un discours empreint de fierté. Il a salué un « moment déterminant pour l’avenir du continent », rappelant que c’est à Dakar, et grâce au travail mené sous sa présidence, que ce document a pu voir le jour. Pour lui, cette Vision 2063 constitue bien plus qu’un simple cadre stratégique ; elle est l’expression d’une ambition collective de souveraineté et de justice hydrique.

L’Assemblée Générale de l’AMCOW, qui s’est déroulée en format hybride avec la participation de plusieurs délégations à distance, a rapidement validé l’ensemble des résolutions. Le texte adopté sera désormais transmis aux instances supérieures de l’Union africaine pour approbation finale par les Chefs d’État et de Gouvernement lors de leur prochain sommet. Il est appelé à devenir un référentiel unique pour les politiques nationales et régionales en matière de gestion de l’eau, de l’assainissement et de la coopération transfrontalière.

Ce nouveau cadre stratégique met particulièrement l’accent sur la nécessité d’une gestion intégrée et durable des ressources hydriques, en lien direct avec les objectifs de transformation économique, de résilience climatique et de stabilité sociale. La Vision encourage une approche qui considère l’eau non seulement comme une ressource naturelle, mais comme un véritable levier de développement. Elle appelle à une mobilisation renforcée des financements, en priorisant les ressources internes des États africains avant de faire appel aux financements extérieurs. Une orientation qui témoigne d’une volonté d’autonomisation croissante du continent en matière de gouvernance hydrique.

La Vision africaine de l’eau 2063 repose aussi sur l’expérience déjà acquise à travers les mécanismes de coopération sous-régionale, tels que l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG). Ces exemples sont cités comme des modèles de gestion partagée de ressources transfrontalières, basés sur la solidarité, le partage équitable et la prévention des conflits. Le ministre Dièye a insisté sur cette dimension, affirmant que « c’est avec l’eau qu’on peut construire la paix, garantir la sécurité alimentaire, et faire reculer les inégalités entre les territoires. »

Au-delà de cette avancée politique, l’adoption de la Vision 2063 renforce également la place du Sénégal comme acteur central dans la diplomatie de l’eau. Le pays multiplie les initiatives sur la scène internationale et se positionne déjà comme un leader africain sur les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Cette position sera renforcée par la co-organisation, en 2026, de la Conférence des Nations Unies sur l’eau, aux côtés des Émirats arabes unis. En prélude à cet événement, une réunion préparatoire de haut niveau se tiendra à Dakar dès le mois de janvier, avec la participation attendue de plusieurs chefs d’agences internationales et ministres du continent.

En parallèle, les ministres présents à Dakar ont également entériné une série de mesures visant à renforcer l’AMCOW en tant qu’institution continentale. Le Secrétariat de l’organisation, basé au Nigeria, fera l’objet d’un appui renforcé, tant sur le plan institutionnel que financier. Une meilleure régularisation des contributions des États membres est prévue, de même qu’une augmentation progressive de ces contributions, afin d’assurer l’autonomie et la pérennité de l’organe décisionnel.

En clôturant les travaux, le ministre Cheikh Tidiane Dièye s’est réjoui du consensus fort qui a émergé de cette session. Il a rappelé que sous la présidence sénégalaise, l’AMCOW avait su reprendre de la vigueur et poser des actes concrets pour relever les défis de l’eau en Afrique. La Vision 2063 n’est pas seulement un document, a-t-il conclu, mais « une boussole commune pour une Afrique plus résiliente, plus unie et plus souveraine dans sa gestion de l’eau. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°569 – 29/09/2025

🔴 AGRESSION DE JOURNALISTES PAR LE MAIRE BILAL DIATTA : LA CJRS ET L’APPEL RÉPLIQUENT
🔴 L’AFRIQUE AU CŒUR / REDDITION DES COMPTES : « UNE VENDETTA » SELON MACKY SALL

🔴 1ER TOUR DES PRÉLIMINAIRES / DE LA LIGUE DES CHAMPIONS AFRICAINE : FIN DE PARCOURS POUR LE JARAAF
🔴 NATIONAL 2 FRANCE : BABOU SÈYE À L’ASC BIESHEIM

Pacte de stabilité sociale : Cheikh Diop (CNTS/FC) accuse le gouvernement de ne pas honorer ses engagements

Le climat social reste tendu entre l’État et les organisations syndicales. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV ce dimanche 28 septembre 2025, le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal–Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a dénoncé le non-respect par le gouvernement des engagements contenus dans le pacte de stabilité sociale signé le 1er mai dernier.

Selon lui, cet accord, censé apporter un souffle nouveau au dialogue social et redonner confiance aux travailleurs, demeure lettre morte. « Nous avons signé un pacte depuis le 1er mai. Et ce pacte devait donner de l’espoir aux travailleurs, aux signataires et au monde du travail sur le déroulement du pacte, mais depuis lors rien n’a été respecté », a-t-il fustigé.

Face à ce qu’il considère comme une inertie gouvernementale, la CNTS/FC a organisé une conférence de presse le 25 septembre pour alerter l’opinion et annoncer un plan d’action. Celui-ci inclut l’organisation d’une marche nationale, une vaste campagne de sensibilisation sur l’ensemble du territoire et, en dernier recours, le dépôt d’un préavis de grève.

Réagissant aux critiques de certains syndicalistes qui voient dans ce pacte une manœuvre pour museler les travailleurs, Cheikh Diop a tenu à préciser qu’il ne retire en rien les droits fondamentaux : « Pour rappel, ce pacte ne prive aucun travailleur ni de son droit de grève, ni de son droit de revendication, ni de son droit de manifester. Ce pacte est une entente. C’est un principe et une forme de dialogue social qui nous permet d’éviter un accrochage avec les autorités. »

Le syndicaliste souligne par ailleurs que les revendications des travailleurs sont, par essence, permanentes : « La source de la revendication est inépuisable, c’est pourquoi quel que soit l’état de la revendication, ça ne devrait pas nous empêcher de signer un pacte. Quand on signait le pacte, on avait pris nos précautions parce que cette fois-ci, on a mis en place une autre forme de stratégie que celle qu’on avait l’habitude d’utiliser. »

Interpellé sur la situation des travailleurs victimes de licenciements abusifs, Cheikh Diop a rassuré que son organisation prendra en charge chaque cas soumis. « Si les licenciements sont jugés abusifs, nous œuvrerons à leur réintégration », a-t-il promis.

Violence contre des journalistes à Keur Massar : le SYNPICS dénonce une « atteinte grave à la liberté de la presse »

L’agression de journalistes à Keur Massar continue de susciter une vague d’indignation au sein de la corporation. Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau ce dimanche 28 septembre 2025, après les violences attribuées au maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et à ses agents, lors d’une opération de déguerpissement.

Dans un communiqué ferme, le syndicat dénonce « une atteinte grave à la liberté de la presse ainsi qu’au droit fondamental des citoyens à être informés ». Pour le SYNPICS, ces actes ne peuvent rester sans suite, d’autant plus qu’ils sont le fait d’une autorité locale censée protéger et accompagner les acteurs chargés d’assurer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique.

Le syndicat rappelle que la mission des journalistes est de garantir un droit constitutionnel à l’information et qu’en ce sens, toute tentative d’entrave ou de violence dirigée contre eux constitue une violation des libertés publiques. « Ces comportements sont indignes et totalement incompatibles avec la responsabilité d’un maire », souligne le communiqué.

En réaction, le SYNPICS n’écarte pas la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, qu’il affirme avoir formellement identifiés. L’organisation estime qu’il est temps de mettre un terme à l’impunité qui entoure souvent les violences faites aux journalistes, en envoyant un signal fort de protection et de justice.

Le syndicat interpelle également le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, l’exhortant à « prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes et techniciens de l’information mobilisés sur le terrain, notamment lors des opérations de déguerpissement menées dans la région de Dakar ».

Fidèle à sa mission de défense des intérêts moraux et matériels des journalistes, le SYNPICS réaffirme son engagement total à protéger la profession et à accompagner les victimes dans toutes les démarches nécessaires, qu’elles soient judiciaires ou sociales.

Cet incident, qui survient le jour même de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, ravive le débat sur les rapports parfois tendus entre autorités locales et professionnels des médias, et pose à nouveau la question de la sécurité et du respect de la liberté de la presse au Sénégal.

Détournement présumé de 30 millions au CUSEMS : Ndongo Sarr confirme le retrait et accuse le Trésorier de blocage

La polémique autour d’un présumé détournement de 30 millions de francs CFA continue d’agiter le Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (CUSEMS). Après les accusations du Trésorier national Aliou Diouf, qui évoquait un « décaissement frauduleux », le Secrétaire général Ndongo Sarr a brisé le silence. Dans un communiqué publié le 27 septembre, il a confirmé le retrait de la somme tout en en donnant les justifications, renvoyant la responsabilité de la crise vers le Trésorier.

« Je confirme le retrait », a-t-il déclaré sans détour, précisant que cette décision était dictée par le refus du Trésorier d’exécuter des dépenses pourtant budgétisées et ordonnées par le Secrétaire général, un refus dûment constaté par procès-verbal d’huissier. Selon Ndongo Sarr, ce blocage a progressivement paralysé le fonctionnement du syndicat. Il cite en exemple la privation d’internet pendant près de deux mois au siège, l’absence de règlement des factures et le non-paiement du personnel fin août. « Le Trésorier a délibérément refusé depuis fin juillet de s’acquitter correctement de son rôle. L’objectif étant très clair : bloquer le syndicat et empêcher la tenue du congrès », a-t-il accusé.

Face à cette situation, le Secrétaire général assure avoir agi conformément aux textes du syndicat. Il rappelle que l’article 16 du règlement intérieur dispose que le Secrétaire général est le responsable moral de l’organisation et qu’il ordonne toutes les dépenses. Fort de cette disposition, Ndongo Sarr affirme avoir pris la responsabilité de remplacer le Trésorier par son adjoint pour assurer la continuité des activités.

Concernant le montant du retrait, il explique qu’un budget de 25 millions avait été voté par le Conseil syndical pour l’organisation du congrès. À cette somme, cinq millions supplémentaires ont été ajoutés pour couvrir les besoins de fonctionnement du directoire jusqu’à la fin du mandat. « Chaque franc dépensé sera justifié », promet-il, insistant sur sa volonté de transparence.

Ce bras de fer financier met en lumière une fracture profonde au sein du CUSEMS, entre un Trésorier qui dénonce une gestion opaque et un Secrétaire général qui invoque la légitimité statutaire de ses décisions. Les deux camps s’accusent mutuellement de mettre en péril la stabilité et la crédibilité du syndicat, à un moment où la base enseignante attend des réponses concrètes à ses revendications sociales et professionnelles.

Keur Massar : la CJRS dénonce les violences contre des journalistes lors d’un déguerpissement

Un incident grave est venu assombrir l’opération de déguerpissement menée ce dimanche 28 septembre 2025 à Keur Massar, en banlieue dakaroise. La Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) a vivement réagi après que des journalistes, dépêchés pour couvrir l’événement, ont été victimes d’agressions de la part du maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et de certains de ses agents municipaux.

Dans un communiqué rendu public dans la journée, l’organisation professionnelle a exprimé son indignation. Elle « condamne fermement le traitement inacceptable infligé aux journalistes venus exercer leur mission d’informer », dénonçant une atteinte directe à la liberté de la presse et au droit des citoyens à accéder à une information libre et transparente.

La CJRS a rappelé la gravité symbolique de cet incident, qui survient à la veille de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée chaque 28 septembre. « Ce triste événement constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit des citoyens à être informés », insiste le communiqué.

Face à cette situation, l’organisation a tenu à exprimer sa solidarité pleine et entière aux reporters agressés. Elle a assuré qu’elle se tenait aux côtés des confrères et consœurs concernés pour leur apporter une assistance médicale ou juridique si nécessaire.

La Convention a conclu en réaffirmant sa détermination à défendre la dignité et la sécurité des journalistes sénégalais. « La CJRS reste mobilisée pour la défense de la liberté de la presse et la dignité des journalistes », a-t-elle martelé, appelant implicitement les autorités à prendre leurs responsabilités face à ces dérives.

Cet incident relance le débat sur la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier, particulièrement lors de missions de couverture de situations sensibles où les tensions peuvent dégénérer. Il met aussi en lumière la nécessité de renforcer les garanties en matière de liberté de presse au Sénégal, dans un contexte marqué par la multiplication des opérations de déguerpissement dans la région de Dakar.

Déguerpissements à Dakar : Alioune Tine dénonce un « échec de la décentralisation » et appelle à un changement de capitale

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Intérieur, Me Bamba Cissé a multiplié les opérations de déguerpissement dans la région de Dakar. Ces interventions, menées à Soumbédioune, Colobane, Guédiawaye et récemment autour du pont de Keur Massar, visent à libérer les voies publiques et les espaces marchands des occupations anarchiques qui perturbent la circulation et l’ordre urbain.

Si ces actions trouvent un écho favorable auprès d’une partie de la population, elles suscitent également des critiques. Parmi les voix discordantes figure celle d’Alioune Tine. Le fondateur du think tank Afrikajom Center a réagi via la plateforme X (anciennement Twitter) pour dénoncer ce qu’il considère comme une mauvaise réponse à un problème structurel.

« Déguerpir n’est pas une solution », a-t-il martelé. Selon lui, la situation actuelle illustre avant tout l’échec de la politique de décentralisation au Sénégal. « Il faut circuler dans Dakar pour voir que la politique de décentralisation est un échec total. Il faut changer de capitale, faire de chaque capitale régionale des espaces de développement économique et social durable, des espaces de bien-être pour les habitants. Et faire de la planification urbaine », a-t-il écrit.

Pour Alioune Tine, la gestion des occupations irrégulières ne saurait être uniquement l’affaire du ministère de l’Intérieur. Elle relève aussi, insiste-t-il, de la responsabilité des collectivités locales, du ministère de l’Urbanisme et de celui du Travail. « Il est temps de véritablement décentraliser le pouvoir et les ressources financières, humaines et matérielles », a-t-il plaidé, estimant que seule une décentralisation effective pourrait permettre de résorber durablement le problème d’occupation anarchique des espaces publics.

Pendant ce temps, l’action gouvernementale se poursuit. Ce dimanche 28 septembre 2025, Me Bamba Cissé a lui-même supervisé une nouvelle opération de déguerpissement à Keur Massar, accompagné du maire de Keur Massar Nord, Adama Sarr. Cette démarche témoigne de la détermination de l’État à faire respecter l’ordre public et à fluidifier la mobilité urbaine, malgré les réserves exprimées par certains acteurs de la société civile.

Le débat reste donc ouvert entre, d’un côté, la fermeté affichée par le gouvernement dans la gestion de l’espace urbain et, de l’autre, les critiques qui appellent à une approche plus structurelle fondée sur la décentralisation, la planification urbaine et un rééquilibrage du développement territorial.

Mandat d’arrêt contre Madiambal Diagne : le Forum du justiciable appelle au respect des principes de l’État de droit

La réaction ne s’est pas fait attendre après l’annonce du mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, accusé de transactions financières suspectes. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a pris la parole pour rappeler les obligations de chacun dans une démocratie.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le juriste a rappelé un principe fondamental : « Déférer à une convocation de justice est un devoir citoyen ». Pour lui, tout justiciable doit répondre aux sollicitations de la justice, quel que soit son statut. Cependant, il a tenu à apporter une précision importante sur le rôle des autorités compétentes dans une procédure judiciaire. « Mais dans un État de droit, les autorités doivent aussi notifier clairement, et à temps, les interdictions de sortie du territoire aux concernés », a-t-il souligné, pointant ainsi d’éventuelles failles dans la gestion de cette affaire.

Au-delà de ce rappel juridique, Babacar Ba a exprimé une conviction personnelle concernant l’issue de cette affaire : « Je reste convaincu que Madiambal Diagne viendra, pour son honneur, répondre de ses responsabilités comme il l’a promis ».

Cette réaction intervient dans un contexte tendu où l’affaire Madiambal Diagne continue d’alimenter les débats sur la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance de la justice au Sénégal. Alors que l’ancien directeur de publication est activement recherché, les voix s’élèvent pour exiger que la procédure suive son cours sans atteinte aux droits fondamentaux, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation politique.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas du journaliste : il illustre les défis auxquels la justice sénégalaise est confrontée, entre exigence de fermeté dans la lutte contre la corruption et nécessité de garantir un traitement équitable et respectueux des principes de l’État de droit.

Crise au Radisson de Diamniadio : le personnel sénégalais rejette les accusations d’occupation illégale

L’atmosphère reste tendue au Radisson de Diamniadio, où le conflit entre la direction turque et le personnel sénégalais prend une nouvelle ampleur. Alors que la direction accuse les employés d’avoir occupé illégalement les locaux et entravé l’accès à l’hôtel, ces derniers ont tenu à apporter un démenti ferme et public.

Paul-André Diouf, délégué du personnel, a qualifié ces accusations de « grotesques, fallacieuses et mensongères », dénonçant ce qu’il considère comme une « pure manipulation ». Dans une déclaration, il a rappelé que les travailleurs respectaient leurs engagements et continuaient d’assurer leurs missions professionnelles. « Depuis le 15 septembre dernier, nous nous rendons chaque jour sur notre lieu de travail fidèle à nos engagements contractuels et professionnels. Nous sommes tous liés à l’hôtel par des contrats à durée indéterminée et nous n’avons jamais cessé d’honorer nos obligations », a-t-il affirmé.

Selon les employés, la direction cherche délibérément à bloquer le fonctionnement normal de l’établissement. Le délégué du personnel a ainsi dénoncé des pratiques qu’il juge contradictoires : « Les mêmes dirigeants turcs qui nous accusent de manquer à nos obligations professionnelles sont ceux-là même qui nous bloquent l’accès aux outils de travail en verrouillant le système informatique, que ce soit à la réception, à la comptabilité ou au service de réservation ». Il a ajouté que les clés de l’économat avaient été retirées par la direction, rendant impossible la réception de livraisons et paralysant de fait l’activité de l’hôtel.

Un autre point de tension concerne le recrutement d’agents de sécurité privée récemment installés dans l’établissement. Pour les travailleurs sénégalais, cette décision traduit une volonté d’intimidation plus que de sécurisation. « Ils ont transformé l’établissement en caserne en y logeant des agents de sécurité fraîchement recrutés pour nous intimider au lieu de servir les clients », a déploré Paul-André Diouf.

Pour conclure, le délégué a retourné les accusations contre la direction turque, l’accusant de saboter volontairement l’activité de l’hôtel. « Voilà la vérité. Ce sont les Turcs qui sabotent l’activité de l’hôtel et tentent, par des manœuvres malsaines, de salir l’image des travailleurs sénégalais, dignes, loyaux et engagés », a-t-il martelé.

Cette crise, qui oppose désormais frontalement le personnel sénégalais à la direction turque, soulève des inquiétudes quant à l’avenir du Radisson de Diamniadio, un établissement stratégique pour le tourisme d’affaires et les grands événements internationaux organisés dans la capitale sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°568 – 27 ET 28/09/2025

🔴 ENQUÊTE SUR LES IVG – MARCHÉ NOIR DES PILULES ABORTIVES : TRAFIC MORTEL AU CŒUR DE DAKAR
🔴 « NOUS RENFORCERONS NOTRE SÉCURITÉ SUR L’ENSEMBLE DES FRONTIÈRES FACE À LA MENACE TERRORISTE » : DIOMAYE FAYE IMPLACABLE

🔴 SAUDI PRO LEAGUE : SADIO MANÉ RAYONNE DANS LE CLASSIQUE DU GOLFE
🔴 COMPÉTITIONS INTERCLUBS CAF : JARAAF ET GÉNÉRATION FOOT JOUENT LEUR SURVIE

« Dette cachée » : Bassirou Diomaye Faye presse le FMI de clarifier sa position

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien à la chaîne France 24. Interrogé par le journaliste Mark Perelman, le chef de l’État est revenu sur plusieurs dossiers économiques sensibles, dont celui de la fameuse « dette cachée » qui suscite de vifs débats au Sénégal.

Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel clair au Fonds monétaire international (FMI), exhortant l’institution à accélérer le processus afin de lever les incertitudes. « Nous voulons que le FMI presse un peu le pas pour que nous sachions sur quel pied danser… », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une clarification rapide pour orienter les choix économiques du pays.

Le président a néanmoins tenu à rappeler que le Sénégal avait déjà respecté ses obligations. « Tout ce que nous devons faire, nous l’avons déjà fait, non pas pour le FMI, mais pour les dirigeants que nous sommes et pour la crédibilité que nous avons vis-à-vis de notre peuple », a-t-il affirmé. Une manière de souligner que la démarche du gouvernement n’est pas guidée uniquement par les injonctions extérieures, mais par une exigence de responsabilité et de transparence vis-à-vis des citoyens.

Le dossier de la dette cachée, dont l’ampleur et les implications continuent de faire l’objet d’investigations, reste l’un des sujets les plus scrutés du moment, tant au niveau national qu’international. En mettant la pression sur le FMI, le président Faye veut visiblement accélérer la levée des zones d’ombre et rassurer aussi bien les partenaires financiers que l’opinion publique sénégalaise.

Poursuites contre Macky Sall : Bassirou Diomaye Faye promet une justice « juste et équitable »

Lors de son entretien accordé à la chaîne France 24, ce vendredi, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur la question sensible des éventuelles poursuites judiciaires visant des responsables de l’ancien régime de Macky Sall.

Le chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté en rappelant que la justice, pour préserver la paix civile et l’ordre public, doit être rendue de manière impartiale et équitable. « Je fais toujours la différence entre se faire justice et rendre la justice. Rendre la justice suppose respecter la présomption d’innocence de tout individu, respecter ses droits et lui assurer un procès juste et équitable », a-t-il déclaré, soulignant que cette règle s’applique à tout citoyen, quel que soit son statut ou sa fonction passée.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le fait qu’il ne saurait exister de « présomption de culpabilité sur personne ». Selon lui, seules les procédures prévues par le droit sénégalais doivent guider les décisions de justice, loin de toute forme de règlement de comptes politiques.

Le président a également voulu rassurer sur l’indépendance du processus judiciaire. « Chacun est libre d’exprimer ses opinions. Mais quand la justice aura à se prononcer, elle le fera de manière sereine et sur la base d’éléments matériels, devant un juge indépendant qui va juger selon son intime conviction », a-t-il précisé.

En plaçant ainsi la présomption d’innocence et l’équité au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye trace une ligne de conduite claire : les enquêtes et éventuels procès concernant les figures de l’ancien régime ne devront pas être interprétés comme une revanche politique, mais comme une exigence de l’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur la reddition des comptes reste vif au Sénégal, deux ans après l’alternance politique. Elle traduit la volonté du président de concilier exigence de justice et respect des principes démocratiques, afin de préserver la stabilité et la crédibilité des institutions.

ONU : Antonio Guterres félicite Bassirou Diomaye Faye pour son leadership et réaffirme l’importance du Sénégal dans le multilatéralisme

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a rencontré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en marge de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, à New York. Cette entrevue a été l’occasion pour le patron de l’organisation internationale de saluer « l’excellence des relations entre le Sénégal et les Nations Unies », mais aussi de mettre en lumière le rôle majeur que joue le pays sur la scène diplomatique.

Antonio Guterres a particulièrement tenu à souligner « le leadership et l’engagement du Sénégal et du Président Faye, sur le multilatéralisme et sur les grands défis en Afrique et dans le monde ». Pour lui, la position du Sénégal dans les instances internationales, conjuguée à la vision de son président, fait de ce pays un acteur incontournable dans les débats mondiaux, qu’il s’agisse de paix et de sécurité, de développement durable ou de réformes financières internationales.

Le secrétaire général a rappelé que l’Afrique restait au cœur des priorités de l’ONU, en particulier dans un contexte marqué par de fortes attentes concernant une réforme du système financier international. Selon lui, il est indispensable de parvenir à un modèle « plus juste et plus équitable au bénéfice des populations », une ambition partagée par le Sénégal.

Pour sa part, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la volonté du Sénégal de défendre un multilatéralisme rénové, plus humain et plus respectueux de la dignité des peuples. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de faire face aux crises mondiales, qu’elles soient sécuritaires, économiques ou environnementales.

La rencontre a également permis d’évoquer la dynamique de redéploiement des agences onusiennes à la Maison des Nations Unies de Diamniadio, un projet symbolique qui illustre la confiance de l’organisation dans le Sénégal et confirme le rôle central du pays en tant que hub diplomatique et institutionnel en Afrique de l’Ouest.

Cette reconnaissance du secrétaire général de l’ONU vient renforcer l’image internationale du Sénégal, déjà perçu comme une démocratie stable et un partenaire fiable dans les affaires multilatérales. Elle conforte également le président Bassirou Diomaye Faye dans son ambition de positionner son pays comme un acteur clé dans la refonte des équilibres mondiaux.

Affaire Madiambal Diagne : le ministère de l’Intérieur annonce un mandat d’arrêt international et relève deux hauts responsables de la sécurité

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a publié, ce vendredi 26 septembre 2025, un communiqué officiel confirmant la fuite du journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne. L’homme de presse, visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par une autorité judiciaire, a quitté le Sénégal dans la nuit du 23 au 24 septembre via l’aéroport international Blaise Diagne. Les circonstances de ce départ, malgré les instructions de vigilance adressées aux services de sécurité, restent encore inexpliquées.

Selon le communiqué, des consignes strictes avaient pourtant été données pour empêcher le voyage de l’intéressé, mais celui-ci a réussi à embarquer à bord d’un vol sans que les mesures d’opposition ne soient appliquées. Face à cette situation jugée grave, une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les conditions exactes de la sortie de Madiambal Diagne et d’identifier d’éventuelles complicités ou manquements.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministre de l’Intérieur a pris une décision conservatoire en relevant de leurs fonctions les responsables de deux structures directement concernées : le chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et celui du Commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne. Le communiqué précise que si des responsabilités sont établies, des sanctions appropriées seront appliquées contre les agents fautifs.

En parallèle, le ministère indique que le président du Collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier a émis, ce vendredi même, un mandat d’arrêt international à l’encontre de Madiambal Diagne. Cette décision ouvre la voie à une coopération avec les autorités étrangères pour localiser, interpeller et, le cas échéant, extrader le journaliste afin qu’il réponde devant la justice sénégalaise.

Le texte insiste également sur les principes fondamentaux qui doivent encadrer ce dossier sensible. Le ministère rappelle son attachement au respect des décisions judiciaires, à la transparence dans la gestion des affaires publiques et à la présomption d’innocence, soulignant qu’aucune condamnation ne peut être retenue sans un jugement définitif.

L’affaire Madiambal Diagne, déjà au centre de l’attention en raison des soupçons portant sur des transactions financières estimées à plusieurs milliards de francs CFA, prend désormais une dimension plus large avec l’émission d’un mandat d’arrêt international et la mise en cause de responsables sécuritaires. Elle met en lumière les failles dans le dispositif de contrôle aux frontières et place les autorités face à un double défi : retrouver le fugitif et restaurer la confiance dans l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

23e anniversaire du naufrage du « Joola » : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux victimes et réaffirme la solidarité nationale

Le Sénégal s’est souvenu, ce vendredi 26 septembre 2025, du naufrage du ferry Le Joola, survenu il y a vingt-trois ans au large de la Gambie. À l’occasion de ce triste anniversaire, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message solennel de recueillement et de solidarité aux familles des disparus.

Dans une publication sur sa page Facebook, le chef de l’État a rappelé l’ampleur de ce drame qui demeure une blessure encore vive dans la mémoire collective. « En ce 26 septembre, notre Nation se recueille à la mémoire des victimes du naufrage du Joola, survenu il y a 23 ans. Ce drame, l’un des plus douloureux de notre histoire, reste gravé dans la conscience nationale. Aux familles éprouvées, j’exprime, au nom du Sénégal, compassion et solidarité indéfectibles », a-t-il écrit.

Le naufrage du Joola, survenu dans la nuit du 26 septembre 2002, demeure l’une des plus grandes catastrophes maritimes en temps de paix. Officiellement, près de 1 900 personnes y ont perdu la vie, faisant de cette tragédie une plaie nationale et internationale. Au fil des ans, le souvenir des victimes est resté intact, et la douleur des familles endeuillées continue de hanter la conscience collective.

Chaque année, la date du 26 septembre est marquée par des cérémonies commémoratives, à Dakar comme à Ziguinchor, où une partie des victimes était originaire. Ces moments de recueillement permettent à la Nation de rendre hommage aux disparus, mais aussi de réaffirmer la nécessité de préserver leur mémoire et de tirer des leçons de ce drame pour renforcer la sécurité maritime.

En réitérant son message de compassion, le président Diomaye Faye s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, tout en rappelant que la solidarité avec les familles endeuillées demeure une responsabilité permanente de l’État.

Bassirou Diomaye Faye : « Nous renforcerons notre sécurité sur l’ensemble des frontières face à la menace terroriste »

Le Sénégal affiche sa détermination à prévenir toute infiltration terroriste sur son territoire. Lors d’un entretien accordé à la chaîne française France 24, ce vendredi 26 septembre 2025 à New York, en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé la vigilance de son gouvernement face à un contexte sécuritaire régional marqué par l’instabilité au Mali et la multiplication des attaques dans le Sahel.

« La menace terroriste, elle n’est pas simplement qu’à l’ouest du Mali ou à l’est du Sénégal. Je suis convaincu que le phénomène du terrorisme, où qu’il soit, est une menace », a déclaré le chef de l’État. Il a insisté sur la dimension globale du danger, estimant que « tous les pays sont concernés par ce qui se passe au Mali et partout ailleurs tant que cela porte sur le terrorisme ».

Bassirou Diomaye Faye a révélé que son gouvernement a pris des mesures fermes pour renforcer la sécurité aux frontières, considérées comme les premières lignes de défense. « Nous renforçons notre sécurité sur l’ensemble des frontières parce que la menace peut venir de partout et elle peut être multiforme », a-t-il expliqué, soulignant que le Sénégal n’entend pas baisser la garde.

Au-delà du dispositif militaire, le président sénégalais a plaidé pour une approche globale et concertée de la lutte antiterroriste. Il a défendu une stratégie « intégrée », reposant sur l’échange de renseignements entre pays, le dialogue entre puissances internationales et nations directement concernées, ainsi que la coopération avec les États dont les frontières restent vulnérables.

Pour lui, la réponse au terrorisme ne saurait se limiter au continent africain. Elle doit être portée par une solidarité internationale, en évitant toutefois que l’Afrique devienne le théâtre d’affrontements indirects entre grandes puissances. « J’ai toujours alerté en disant qu’il ne faut pas que l’Afrique, notamment le Sahel, devienne le terrain d’affrontement des grandes puissances par terrorisme interposé ou par intervention militaire conventionnelle interposée », a-t-il mis en garde.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques dans plusieurs pays voisins et la présence croissante de groupes armés non étatiques, ces déclarations traduisent la volonté du Sénégal d’anticiper les menaces et de consolider ses alliances stratégiques tout en préservant sa souveraineté.

Inondations : l’armée sénégalaise érige des digues de protection à Matam et Podor

Les armées sénégalaises ont renforcé leur mobilisation dans la lutte contre les inondations qui frappent plusieurs localités du nord du pays. Sur X (ancien Twitter), le Directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) a annoncé que le génie militaire s’est mobilisé pour la réalisation de plusieurs digues de protection au niveau de Aram, Fanaye, Diamel, Ngouye et Thilogne dans les départements de Matam et Podor, en relation avec la direction de la prévention et de la gestion des inondations.

Ces travaux, entamés le 3 septembre 2025, visent à sécuriser les zones riveraines du fleuve Sénégal, particulièrement exposées aux débordements. Les opérations se poursuivent afin de protéger les populations menacées par les crues et réduire les risques de dégâts matériels et humains.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°567 – 26/09/2025

🔴 « INONDATIONS, INFLATION, INJUSTICE » : GUEUM SA BOPP DÉCLENCHE L’OFFENSIVE
🔴 JUSTICE : MANSOUR FAYE ET BOUGAR LIBRES

🔴 FSF / LE PROJET PRAXIS : L’AXE MAJEUR DU PROGRAMME D’ABDOULAYE FALL

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne confirme sa présence en France et promet de revenir « faire face à ses responsabilités »

Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a confirmé avoir quitté le Sénégal pour la France le 24 septembre 2025. Cette annonce intervient alors que l’homme de presse est visé par une information judiciaire ouverte par le parquet financier, dans le cadre d’un dossier portant sur des transactions suspectes estimées à 21 milliards de francs CFA.

« Suis arrivé en France depuis ce 24/9/2025. J’ai quitté le Sénégal le soir même de l’opposition par la Police à mon départ pour la France. J’ai tenu à me donner quelques jours pour préparer ma défense. Je reviendrai dans quelques jours pour faire face à mes responsabilités », a-t-il écrit.

Dans une seconde publication, il a rectifié la date, précisant qu’il voulait parler de ce jeudi 25 septembre 2025. Ce message a rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, entre scepticisme et interrogations sur les véritables intentions du journaliste.

Madiambal Diagne est activement recherché depuis son absence remarquée à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), où il devait recevoir une notification d’interdiction de sortie du territoire. La veille, il avait déjà été intercepté à l’aéroport par la Police de l’air et des frontières alors qu’il tentait d’embarquer pour Paris.

Sa sortie publique vise visiblement à couper court aux rumeurs de fuite. Il assure qu’il compte revenir au Sénégal « dans quelques jours » pour répondre à la justice. En attendant, ses déclarations renforcent le climat de tension autour d’un dossier qui implique également certains de ses proches, notamment son épouse, placée en garde à vue en lien avec cette affaire.

Le cas Madiambal Diagne reste l’un des plus sensibles de cette rentrée judiciaire. Son retour annoncé, s’il se confirme, sera scruté de près par l’opinion publique comme par les autorités, tant le dossier cristallise l’attention autour des questions de gouvernance financière et de responsabilité des élites.

Sénégal : la Première Dame Marie Khone Faye nommée ambassadrice de la Fondation Merck « Plus qu’une mère »

La Première Dame du Sénégal, Marie Khone Faye, a été officiellement désignée ambassadrice de l’initiative « Plus qu’une mère » de la Fondation Merck. La nomination a été annoncée lors de la 7ᵉ édition du sommet MFFLI 2025, une rencontre annuelle qui réunit les Premières Dames autour des programmes de cette organisation internationale dédiée à la santé et au développement.

La cérémonie s’est tenue en présence de Frank Stangenberg-Haverkamp, président du Conseil d’administration de la Fondation Merck, et de la sénatrice Dr Rasha Kelej, directrice générale de la fondation. Aux côtés de Marie Khone Faye figuraient plusieurs Premières Dames venues d’Afrique et d’Asie, notamment celles de l’Angola, du Cap-Vert, de la République centrafricaine, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, du Kenya, du Libéria, des Maldives, du Mozambique, du Nigeria, de São Tomé-et-Principe et du Zimbabwe.

Dans son allocution, la Dr Rasha Kelej a salué l’arrivée de l’épouse du président sénégalais au sein de cette initiative qui milite en faveur de la santé reproductive et de l’autonomisation des femmes. Elle a rappelé les actions déjà menées par la Fondation Merck au Sénégal, notamment l’octroi de vingt-cinq bourses à des médecins sénégalais dans des domaines aussi variés que l’oncologie, le diabète, la fertilité ou encore l’embryologie. Elle a également annoncé l’inscription prochaine de nouveaux praticiens dans des spécialités critiques encore insuffisamment couvertes.

Prenant la parole à son tour, Marie Khone Faye a exprimé sa reconnaissance pour cette nomination, qu’elle considère comme une responsabilité majeure au service de la cause des femmes et des familles. « C’est un véritable honneur d’être ambassadrice de la Fondation Merck ‘Plus qu’une mère’ et de rejoindre cette 7ᵉ édition du sommet aux côtés de mes sœurs, les Premières Dames d’Afrique et d’Asie », a-t-elle déclaré. Elle a aussi annoncé le lancement du programme « Éduquer Linda », destiné à promouvoir l’éducation des jeunes filles. Pour elle, l’instruction constitue la clé de l’autonomisation féminine et un levier indispensable à la construction de nations plus solides et plus justes.

Avec cette nomination, la Première Dame du Sénégal s’engage ainsi dans une dynamique internationale qui associe santé, éducation et empowerment des femmes. Cette nouvelle mission pourrait renforcer la contribution du Sénégal aux initiatives mondiales en faveur du développement inclusif et de l’égalité des chances.

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne activement recherché, son épouse placée en garde à vue

L’affaire impliquant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne connaît un tournant décisif. Le fondateur du groupe Avenir Communication est désormais activement recherché par les forces de sécurité après avoir ignoré une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC).

Le dossier a basculé mercredi lorsque Madiambal Diagne ne s’est pas présenté devant les enquêteurs, alors qu’il devait simplement recevoir une ordonnance d’interdiction de sortie du territoire. La convocation faisait suite à son interception la veille par la Police de l’air et des frontières à l’aéroport international Blaise Diagne, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Paris.

Devant son absence, les enquêteurs ont décidé de se rendre à son domicile, sur autorisation du juge du premier cabinet financier. Mais ils n’y ont pas trouvé le journaliste. Toutes les tentatives pour le localiser étant restées vaines, un avis de recherche et d’arrestation a été lancé à son encontre, accompagné d’une vaste opération destinée à le retrouver.

L’affaire remonte à un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui soupçonne Madiambal Diagne d’être impliqué dans une opération financière douteuse portant sur 21 milliards de francs CFA. Ce document, transmis au parquet financier, a déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Dans le prolongement de cette cavale présumée, l’épouse de Madiambal Diagne, présentée comme la gérante de l’une de ses sociétés, a été interpellée et placée en garde à vue ce jeudi. Une mesure qui confirme la volonté des autorités de resserrer l’étau autour de ce dossier sensible, au croisement de la justice financière et du monde médiatique.

L’affaire, qui continue de faire grand bruit, est suivie de près par l’opinion publique. Les prochains développements devraient être décisifs pour l’avenir judiciaire du patron de presse, dont la disparition alimente déjà de nombreuses spéculations.

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