Bassirou Diomaye Faye signe un partenariat stratégique de 6 milliards FCFA avec la Fondation Gates

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a rencontré ce mercredi Bill Gates, président de la Fondation Gates. Cette entrevue s’est conclue par la signature d’un partenariat stratégique d’une valeur supérieure à 6 milliards de francs CFA, soit plus de 10 millions de dollars.

Selon la présidence sénégalaise, cet accord s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique lancé par le chef de l’État. Il vise à transformer profondément l’écosystème numérique du pays, en mobilisant des ressources et des innovations capables d’accélérer la modernisation de plusieurs secteurs clés.

Parmi les axes prioritaires du partenariat figure la mise en place d’une identité numérique universelle destinée à l’ensemble des citoyens sénégalais. Cette mesure devrait faciliter l’accès aux services publics et renforcer l’inclusion numérique. Le projet prévoit également la création d’un hub d’intelligence artificielle qui orientera ses travaux vers des solutions innovantes dans les domaines de la santé et de l’agriculture, deux piliers essentiels du développement national.

Une Delivery Unit sera enfin installée pour veiller à la transparence et à l’efficacité dans la mise en œuvre des projets. Ce mécanisme, inspiré des meilleures pratiques internationales, aura pour mission de s’assurer que les engagements pris se traduisent rapidement par des résultats concrets pour les populations.

En scellant ce partenariat, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de la transformation numérique en Afrique de l’Ouest, tout en bénéficiant de l’expertise et de l’accompagnement d’une fondation reconnue mondialement pour son engagement en faveur du progrès technologique et social.

Golf Sud : une vaste opération de déguerpissement pour libérer l’espace public

La campagne de déguerpissement des espaces publics s’est poursuivie ce mercredi 24 septembre 2025 dans la banlieue dakaroise, avec une vaste opération menée dans le quartier de Golf Sud. À l’initiative du Commissariat d’arrondissement de Golf Sud, appuyé par un renfort venu du Commissariat central de Guédiawaye, l’opération avait pour objectif de mettre fin aux occupations anarchiques qui entravent la circulation et dégradent le cadre de vie.

Les interventions ont ciblé plusieurs zones stratégiques, notamment les abords du Bus Rapid Transit (BRT), les alentours de la clinique Kandji ainsi que les axes situés le long du tracé du BRT. Ces espaces, régulièrement envahis par des installations précaires et des étals informels, constituaient un frein à la mobilité urbaine et un facteur de désordre dans un quartier en pleine mutation.

Conduite sous la supervision directe du sous-préfet de Sam Notaire et du commissaire d’arrondissement de Golf Sud, l’opération s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 18h15. La présence coordonnée des autorités administratives et des forces de sécurité a contribué à garantir un climat apaisé tout au long de la journée.

Cette action s’inscrit dans le cadre des instructions fermes données par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, qui a réitéré à plusieurs reprises sa volonté de mettre un terme définitif à l’occupation illégale de l’espace public dans la capitale et sa périphérie. Pour les autorités, il s’agit non seulement de fluidifier la circulation, mais aussi de renforcer la sécurité des usagers et d’améliorer le visage urbain de Dakar.

À Golf Sud comme dans d’autres quartiers touchés par ces opérations, la mesure envoie un signal clair : l’espace public doit être préservé et utilisé conformément à sa vocation, dans l’intérêt de tous les citoyens.

Saint-Louis : les autorités mettent en garde les chauffeurs de taxis contre les hausses abusives

La flambée illégale des prix des courses de taxi à Saint-Louis est désormais dans le viseur des autorités locales. Hier, mardi, le préfet Abou Sow a convoqué une réunion avec les organisations de chauffeurs, les associations de consommateurs et le service régional du commerce. L’objectif était clair : rappeler aux conducteurs l’obligation stricte de se conformer à la grille tarifaire officielle.

Depuis plusieurs mois, les usagers dénoncent des augmentations unilatérales imposées par certains chauffeurs de taxis jaune-noir. Dans certains cas, les tarifs habituels sont doublés, alimentant la colère des populations. Face à cette situation jugée intenable, le préfet a été catégorique : « Les tarifs sont fixés par un tableau officiel, et seul le comité régional de la consommation, convoqué par le gouverneur, peut décider d’une hausse. »

Le directeur régional du commerce, Dr Ousmane Diallo, a apporté des précisions sur les prix en vigueur. Il a rappelé que la majorité des quartiers restent desservis à 500 francs CFA. Les destinations comme Gokhou Mbathie, Khor, Cité Vauvert, Pikine 700 et Médine-Course sont fixées à 550 francs CFA, tandis que Sor Diagne et la Gare routière affichent un tarif de 600 francs CFA. Pour les déplacements nocturnes, un tarif unique de 600 francs CFA s’applique sur toute l’étendue de la commune.

Afin de garantir le respect de ces dispositions, les autorités ont annoncé le déploiement de contrôles systématiques dans toute la ville. Les chauffeurs récalcitrants s’exposent à des sanctions sévères. Les amendes iront de 100 000 à 200 000 francs CFA, avec un doublement en cas de récidive. Les contrevenants risquent également la suspension de leur licence, voire la saisie pure et simple de leur véhicule.

À travers ces mesures, l’administration locale entend protéger les droits des consommateurs, préserver l’équilibre social et rappeler aux transporteurs que l’exercice de leur profession doit se faire dans le strict respect des règles établies.

42ᵉ Assemblée de l’OACI : le Sénégal récompensé pour sa performance en aviation civile

Le Sénégal s’est vu décerner une importante distinction lors de la cérémonie d’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), tenue mardi à Montréal, au Canada. Cette reconnaissance met en lumière les efforts constants du pays pour renforcer la supervision de son système d’aviation civile et garantir une meilleure conformité aux standards internationaux.

Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a personnellement reçu le certificat des mains de Salvatore Sciacchitano, président du Conseil de l’OACI. Ce geste symbolique vient couronner plusieurs années d’efforts engagés par les autorités sénégalaises, à travers l’Autorité de l’aviation civile nationale (ANACIM), pour améliorer la sécurité aérienne et se conformer aux exigences de l’organisation mondiale.

Cette distinction fait suite à un audit minutieux de l’OACI qui visait à évaluer la capacité du Sénégal à mettre en place un système de supervision robuste et des mécanismes adaptés à l’application des normes et pratiques recommandées. Les résultats témoignent d’un bond significatif : de 67 % en 2019, le taux de mise en œuvre effective de ces standards est passé à 85 % en 2024. Une progression de plus de 15 points qui traduit les avancées du pays dans la modernisation de ses procédures, la formation de ses acteurs et le renforcement de son cadre réglementaire.

Pour les autorités sénégalaises, cette reconnaissance constitue non seulement un motif de fierté, mais aussi un gage de crédibilité sur la scène internationale. Elle envoie un signal fort aux compagnies aériennes, aux investisseurs et aux partenaires techniques, confirmant que Dakar ambitionne de consolider son rôle de hub aérien en Afrique de l’Ouest.

La 42ᵉ Assemblée de l’OACI, ouverte le 23 septembre, se poursuivra jusqu’au 3 octobre. Elle réunit les représentants des 193 États membres, ainsi que de nombreuses organisations internationales invitées. Ces assises mondiales permettront de définir les orientations de l’aviation civile internationale pour les trois prochaines années et d’adopter un plan stratégique de long terme couvrant la période 2026-2050.

Avec cette distinction, le Sénégal confirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de rigueur et de transparence, en faisant de la sécurité et de la qualité de ses services aériens des priorités nationales. Une étape décisive dans l’ambition affichée de hisser le pays au rang des acteurs majeurs de l’aviation civile africaine et internationale.

Tambacounda : un réseau de fraude documentaire démantelé à Kidira, neuf personnes arrêtées

La Section de Recherches de Tambacounda a mené une opération décisive dans la lutte contre la criminalité organisée. Le mercredi 17 septembre 2025, ses agents ont réussi à mettre fin aux agissements d’un réseau spécialisé dans la falsification et la commercialisation de documents liés au transport routier.

Selon les premières informations, ce réseau avait trouvé refuge à Kidira, une ville frontalière considérée comme un point stratégique pour le transit des marchandises. Les faussaires s’étaient spécialisés dans la confection de cartes internationales de transport public de marchandises. Ces documents, censés être officiels, étaient en réalité de grossières imitations vendues à 25 000 francs CFA l’unité. Un système frauduleux qui générait des profits considérables pour ses organisateurs, au détriment de la régularité du secteur et de la sécurité des usagers.

Les enquêteurs ont également découvert que plusieurs syndicalistes du transport étaient directement impliqués dans ce trafic, ce qui démontre la profondeur de l’infiltration du réseau dans un secteur déjà fragile. Leur rôle consistait à faciliter la diffusion des fausses cartes auprès de transporteurs cherchant à contourner les règles administratives.

Au terme de l’opération, neuf personnes ont été interpellées. Elles ont été mises à la disposition de la justice et devront répondre des accusations de fraude documentaire et de participation à un réseau criminel organisé.

Ce coup de filet marque une étape importante dans les efforts de sécurisation du corridor Est du pays, particulièrement exposé aux trafics en tout genre en raison de sa position frontalière. Il illustre également la détermination des autorités à lutter contre les pratiques illégales qui fragilisent le secteur du transport et nuisent à l’économie nationale.

Bakel : sensibilisation des orpailleurs pour une exploitation minière plus responsable

Un atelier d’échanges et de sensibilisation s’est tenu récemment à Bakel, dans la région de Tambacounda, à l’initiative du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Cette rencontre, rapportée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), avait pour objectif de mieux encadrer l’activité des orpailleurs du département et de promouvoir une exploitation minière durable et respectueuse des normes en vigueur.

Le directeur régional de l’Énergie et des Mines, Diéry Abdoul Diallo, a expliqué que les discussions ont porté sur la réglementation en vigueur, avec une volonté affirmée de sensibiliser les acteurs locaux et d’échanger avec les services techniques ainsi que les collectivités territoriales. « L’idée est de parvenir à des recommandations concrètes pour que l’exploitation artisanale et semi-mécanisée des ressources se fasse de manière responsable et durable », a-t-il déclaré.

Cet atelier s’inscrivait dans le cadre des journées portes ouvertes initiées par le ministre Birame Souleye Diop, placées sous le thème : « Vers une exploitation responsable et durable des ressources minérales pour un développement inclusif au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le préfet de Bakel, Daouda Sène, en présence de plusieurs autorités administratives, locales, de chefs de service et bien sûr des orpailleurs concernés.

Les échanges ont abordé plusieurs aspects essentiels, notamment le code minier, les modalités d’exploitation semi-mécanisée et la nécessité de formaliser les orpailleurs pour mieux organiser leur activité. Diéry Abdoul Diallo a salué la création d’un cadre de concertation qui permet d’anticiper et de résoudre les difficultés récurrentes dans l’exploitation artisanale. Parmi les propositions issues de la rencontre figurent l’augmentation du nombre de couloirs d’orpaillage et l’ouverture de carrières publiques dans les arrondissements et communes afin d’offrir aux exploitants davantage de possibilités légales d’activité.

La question du désenclavement des zones minières a également été soulevée. Les participants ont insisté sur l’importance de construire des pistes rurales et d’améliorer la couverture téléphonique afin de renforcer la sécurité sur les sites. L’ouverture de comptoirs d’achat directement au niveau des zones d’orpaillage a également été évoquée comme un moyen de mieux encadrer la filière et d’éviter les pratiques informelles.

Pour le directeur régional, la formalisation des orpailleurs est un passage obligé si l’État veut mieux contrôler la chaîne de valeur. Cela permettrait de suivre la production, de connaître les lieux de vente de l’or et de créer des centres de traitement intégrés capables de limiter les pollutions environnementales liées à l’exploitation artisanale.

Il a rappelé que le département de Bakel présente déjà une avance notable par rapport à d’autres zones minières du pays. La majorité des exploitants y sont organisés en groupements d’intérêt économique (GIE), et la zone concentre plus de 90 % des titres miniers de la région de Tambacounda. « Ces échanges sont indispensables pour améliorer la gouvernance de nos ressources minières et assurer que leur exploitation profite réellement aux communautés locales », a conclu M. Diallo.

Sénégal : un nouveau cas de Mpox confirmé, les autorités sanitaires alertent

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a confirmé un nouveau cas de Mpox, plus connue sous le nom de variole du singe, au Sénégal. Contrairement au premier cas signalé dans le pays, celui-ci concerne un ressortissant sénégalais.

Selon Mamadou Ndiaye, Directeur de la prévention, vingt (20) cas contacts ont été identifiés autour du malade. Ce dernier a été localisé dans la région de Dakar et n’a déclaré aucun voyage en dehors de cette zone, ce qui renforce l’hypothèse d’une circulation locale du virus.

« À partir de ce deuxième cas et selon des informations disponibles, nous pouvons dire que le virus est en train de circuler. En tout cas dans certaines zones du pays et particulièrement dans la zone de Dakar », a-t-il déclaré sur les ondes de la RFM.

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à la vigilance. Mamadou Ndiaye invite les populations à surveiller l’apparition de signes évocateurs tels que l’éruption cutanée, notamment des boutons au visage et aux extrémités. Toute personne présentant ces symptômes est encouragée à se rendre rapidement dans une structure de santé pour une prise en charge adéquate.

Le Directeur de la prévention rappelle également la nécessité d’éviter les contacts physiques rapprochés, qui constituent l’un des principaux modes de transmission interhumaine du Mpox.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°565 – 24/09/2025

🔴 AFFIRMATION DU PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE SUR L’ENGAGEMENT DU SÉNÉGAL EN FAVEUR DES DROITS DES FEMMES : LES FÉMINISTES RÉCLAMENT DU CONCRET
🔴 MAINTIEN DU TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT MALGRÉ LA SOUFFRANCE DES SÉNÉGALAIS : ÑOO LANK APPELLE À LA MOBILISATION

🔴 UFOA-U17 FÉMININ : LES « LIONCELLES » BUTENT SUR LA SIERRA LEONE
🔴 HOMMAGE À MOUSSA DIOP QUENUM : UN DÉPART QUI LAISSE UN VIDE ABYSSAL

Diamel submergé : Thierno Alassane Sall accuse le gouvernement de négligence

La situation dramatique vécue par les habitants du village de Diamel, aujourd’hui submergé par les eaux, fait vivement réagir la classe politique. Parmi les voix les plus critiques, celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, se distingue par sa fermeté. Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce ce qu’il qualifie de « non-assistance à des populations en danger » de la part du président Bassirou Diomaye Faye et de son gouvernement.

Selon l’ancien député, la menace pesant sur Diamel n’était ni soudaine, ni imprévisible. Depuis deux mois, affirme-t-il, les habitants du village se battent à mains nues contre une crue annoncée, tentant désespérément d’endiguer les eaux avec de simples sacs de sable. Il rappelle avoir alerté à plusieurs reprises, y compris lors de sessions extraordinaires à l’Assemblée nationale, sur la gravité de la situation et l’urgence d’une intervention étatique.

Le 18 septembre dernier, après les premiers lâchers d’eau du barrage de Manantali, Thierno Alassane Sall dit avoir réitéré son appel, insistant sur le caractère « pressant » de la situation. En vain. Quelques jours plus tard, Diamel est sous les eaux, ses habitants livrés à eux-mêmes. Pour lui, ce drame aurait pu être évité. « Ce n’était pas une fatalité », écrit-il. « C’est de la non-assistance à des populations en danger. »

Mais ce qui semble l’avoir le plus choqué, c’est l’attitude du chef de l’État dans ce contexte de crise. Alors que le village appelait à l’aide, le président Diomaye Faye apparaissait, selon lui, dans une scène légère et déplacée : une partie de Scrabble partagée sur les réseaux sociaux. Une image qui, pour Thierno Alassane Sall, incarne un manque total de considération face à la détresse d’une partie du peuple. « Il avait le temps et les moyens », souligne-t-il, tout en fustigeant une communication décalée, à mille lieues des urgences du terrain.

Avec une ironie amère, il anticipe déjà la suite. « Sans doute, comme l’année dernière, il va aller, en tenue de Général, au chevet des sinistrés. Un Général qui vient toujours après la bataille. » Une formule acérée qui résume le sentiment d’abandon ressenti par les sinistrés et que l’opposition n’hésite pas à exploiter pour dénoncer l’inaction du pouvoir.

Au-delà du président, Thierno Alassane Sall interpelle également les parlementaires. Deux sessions extraordinaires ont été organisées récemment à l’Assemblée nationale, mais aucune n’a, selon lui, accordé l’attention requise à la situation de Diamel et d’autres localités menacées par les inondations. Un silence institutionnel qu’il juge complice. « Les représentants du peuple porteront aussi la responsabilité d’avoir ignoré une situation extraordinaire qui frappe bien des localités du pays. »

Il conclut son message par une définition sans équivoque du patriotisme : « Le patriotisme, c’est être auprès du peuple. » Une piqûre de rappel adressée à ceux qui, selon lui, ont tourné le dos à leurs responsabilités les plus élémentaires.

Diamniadio : une opération coup de poing permet l’arrestation de onze présumés trafiquants

À Diamniadio, la lutte contre le trafic de stupéfiants a franchi un nouveau cap avec une intervention musclée menée par la Brigade territoriale, en collaboration avec l’Escadron de Surveillance et d’Intervention. L’opération, menée dans la journée du dimanche 21 septembre 2025, a ciblé les quartiers de Sant Yalla et Ndindy, connus pour être des zones sensibles.

À l’issue de cette descente, les forces de sécurité ont interpellé onze individus soupçonnés d’appartenir à un réseau de trafic de chanvre indien et de Kush. Une perquisition effectuée dans un appartement régulièrement fréquenté par les suspects a permis de découvrir une quantité significative de produits illicites, ainsi que divers objets liés à leurs activités.

Le bilan de l’intervention fait état de la saisie de deux kilogrammes de chanvre indien, de douze cornets déjà emballés et prêts à être écoulés, de onze téléphones portables, ainsi que de plusieurs armes blanches et équipements divers utilisés par les trafiquants.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer la sécurité, lutter contre la délinquance et démanteler les réseaux de trafic sur l’ensemble du territoire. Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue, et l’enquête suit son cours pour identifier d’éventuels complices et élargir les ramifications de ce réseau.

Sénégal : des pluies et des orages annoncés sur une grande partie du pays

L’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a publié un nouveau bulletin météorologique pour la période allant du lundi 23 septembre à 21h jusqu’au mardi 24 septembre à la même heure. Selon les prévisions, une grande partie du territoire sénégalais connaîtra une nuit marquée par des épisodes pluvieux parfois accompagnés d’orages.

Les régions du sud, notamment Kédougou, Kolda, Ziguinchor et Sédhiou, devraient être particulièrement concernées par ces intempéries. Le centre du pays, incluant Kaolack, Thiès, Fatick, Diourbel, Linguère et Louga, pourrait également enregistrer des précipitations, avec une probabilité de pluie à Dakar. Du côté est, Matam, Bakel et Tambacounda sont aussi sous la menace d’averses orageuses, tandis que le nord, notamment Saint-Louis, n’est pas épargné. En revanche, à Podor, le risque de pluie demeure plus limité.

Pour la journée du mardi 24 septembre, l’ANACIM prévoit que l’ouest et le centre du pays pourraient encore connaître des averses et des orages. Ailleurs, le temps sera majoritairement nuageux, avec des pluies légères et éparses possibles par moments.

Enseignement supérieur : Daouda Ngom inscrit le dialogue au centre de sa stratégie

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, s’est rendu ce mardi à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), située dans la Cité du Savoir à Diamniadio. Cette visite a été l’occasion pour lui de réaffirmer sa volonté de fonder son action sur une approche participative et inclusive.

D’après l’Agence de presse sénégalaise (APS), le ministre a insisté sur l’importance de la concertation avec l’ensemble des parties prenantes du secteur. Il a déclaré que l’ensemble de ses initiatives seront guidées par l’écoute et l’échange avec les enseignants-chercheurs, les chercheurs, le personnel administratif et technique, les étudiants ainsi que les syndicats, dans le but de garantir un accès juste et équitable à un enseignement supérieur de qualité.

Lors de son intervention, Daouda Ngom a tenu à saluer les performances remarquables de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane. En douze ans seulement, l’établissement est devenu la deuxième université du pays en nombre d’inscrits, comptant aujourd’hui quelque 74 000 étudiants. Il a rappelé que l’université a obtenu son habilitation institutionnelle en 2020, avant d’ouvrir une école doctorale dès l’année suivante, en 2021.

Cette progression rapide, qu’il qualifie de « prouesse », démontre selon lui le rôle essentiel que joue l’UN-CHK dans la démocratisation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le ministre a également mis en lumière les avancées technologiques de l’établissement, en citant notamment les applications numériques développées en interne telles que « Jokoo », « Gisé » et « Disso ». Ces outils, selon lui, participent activement à la consolidation de la souveraineté numérique nationale.

Il a d’ailleurs exprimé un intérêt particulier pour l’application « Gisé », soulignant qu’elle représente une alternative gratuite et locale aux plateformes de visioconférence payantes comme Zoom.

Encourageant l’université à poursuivre ses efforts, Daouda Ngom a salué des initiatives telles que les vacances citoyennes numériques, organisées en partenariat avec le ministère en charge du numérique. Pour lui, ces actions illustrent parfaitement l’engagement de l’UN-CHK au service des communautés.

Enfin, le ministre s’est montré attentif aux difficultés rencontrées par l’université. S’il a promis un accompagnement de la part de son département, il a également précisé qu’il souhaitait éviter les promesses non tenues, préférant une approche réaliste et pragmatique dans la conduite des réformes.

Macky Sall reçoit une délégation de l’Utah pour renforcer les liens avec l’Afrique

Ce mardi 23 septembre, l’ancien président de la République, Macky Sall, a reçu en audience une délégation officielle venue des États-Unis. À la tête de cette mission diplomatique se trouvait Jabez Stuart Adams, président du Sénat de l’État de l’Utah. Il était accompagné de Jonathan Freeman, président du World Trade Center Utah, ainsi que de Miles Hansen, président de la Fondation Stirling.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la visite que Macky Sall avait effectuée à Salt Lake City en mai 2024. Selon lui, ces échanges ont été l’occasion de faire avancer les discussions sur plusieurs dossiers d’intérêt commun. L’objectif affiché reste clair : consolider la coopération entre l’État de l’Utah et le continent africain. Macky Sall a d’ailleurs souligné sur sa page Facebook l’importance stratégique de ces relations pour le développement de partenariats durables.

Santé : un deuxième cas de Mpox confirmé à Dakar, 20 personnes sous surveillance

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, ce lundi 22 septembre 2025, la confirmation d’un deuxième cas de Mpox, plus connue sous le nom de variole du singe, dans la capitale sénégalaise. Cette annonce intervient à peine quelques jours après la détection d’un premier cas, suscitant une vigilance accrue des autorités sanitaires et de la population.

Selon les précisions du communiqué officiel, il s’agit d’un patient de nationalité sénégalaise, résidant à Dakar, qui avait commencé à présenter des signes suspects dès le 11 septembre. Le malade a été reçu en consultation au Service des maladies infectieuses de l’Hôpital de Fann le 21 septembre, avant d’être immédiatement hospitalisé. Les analyses effectuées sur ses prélèvements ont confirmé la présence du virus le 22 septembre.

À la suite de cette confirmation, une enquête épidémiologique a été déclenchée afin de retracer les déplacements et interactions du patient. Les services compétents ont déjà identifié vingt personnes qui ont été en contact direct ou indirect avec lui. Toutes ces personnes sont désormais placées sous surveillance médicale rapprochée, conformément aux protocoles établis. À ce stade, les autorités soulignent qu’aucun lien n’a pu être établi entre ce deuxième cas et le premier patient confirmé ni avec les contacts de ce dernier, ce qui laisse penser à des chaînes de transmission distinctes.

Le ministère a tenu à rassurer la population, rappelant que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour limiter la propagation de la maladie. Les équipes médicales spécialisées sont mobilisées et des dispositifs de suivi rigoureux ont été mis en place dans les zones potentiellement exposées. L’autorité sanitaire invite néanmoins les citoyens à rester vigilants, à signaler rapidement tout symptôme suspect et à suivre scrupuleusement les recommandations données par les agents de santé.

Dans son communiqué, le ministère insiste sur l’importance de la sérénité et de la responsabilité collective. L’apparition de signes tels que la fièvre, les éruptions cutanées, les douleurs musculaires ou les ganglions enflés doit pousser les personnes concernées à consulter sans délai les structures de santé les plus proches. Cette démarche préventive, combinée à une réponse rapide du système sanitaire, est jugée essentielle pour éviter une propagation plus large du Mpox.

Avec ce deuxième cas confirmé, le Sénégal rejoint la liste des pays africains appelés à renforcer leur dispositif de surveillance épidémiologique face à une maladie qui, bien que rarement mortelle, peut avoir de graves conséquences sur la santé et créer une forte inquiétude au sein des populations. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si la situation est maîtrisée ou si des mesures supplémentaires devront être prises.

Sénégal : lancement d’un programme de renouvellement de 2 000 taxis urbains avec 500 hybrides gaz-essence

Le ministère des Transports terrestres et aériens a annoncé un vaste plan de modernisation du parc de taxis urbains au Sénégal. Porté par le Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD) et le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT), ce programme prévoit le renouvellement de deux mille taxis, dont un premier lot de cinq cents véhicules hybrides fonctionnant au gaz et à l’essence.

Ce projet, financé par la société MECTRANS avec l’accompagnement du FDTT et du Fonds de Garantie des Investissements prioritaires (FONGIP), s’inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser le transport urbain et de professionnaliser les acteurs du secteur. Le ministère rappelle que cette initiative répond à un double enjeu : d’une part, améliorer la qualité du service rendu aux usagers, et d’autre part, contribuer à la réduction des émissions polluantes grâce à l’introduction de véhicules plus respectueux de l’environnement.

L’arrivée de taxis hybrides constitue une innovation majeure dans le domaine de la mobilité urbaine au Sénégal. Ces véhicules, combinant l’utilisation du gaz et de l’essence, permettront de réduire significativement la consommation de carburant et d’améliorer la performance énergétique. Ils offriront également davantage de confort et de sécurité aux passagers, tout en renforçant la compétitivité des chauffeurs dans un secteur marqué par la vétusté d’une partie importante du parc actuel.

Pour garantir le succès de cette opération, le ministère des Transports a invité les propriétaires et chauffeurs de taxis à se regrouper en entités organisées avant de déposer leurs demandes d’adhésion auprès du CETUD. Cette démarche vise à assurer une meilleure coordination, une distribution équitable des véhicules et une gestion transparente des financements mobilisés.

Au-delà du simple renouvellement du parc automobile, ce projet illustre l’ambition des autorités de faire du transport urbain un levier de développement durable. En introduisant des technologies hybrides et en soutenant la transition énergétique, le Sénégal s’inscrit dans une logique de modernité et d’efficacité, tout en respectant ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Ngor : arrestation d’un trafiquant avec du crack et de la cocaïne

Une opération de la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a permis l’interpellation d’un individu suspecté de trafic de drogue dure. Les faits se sont déroulés le 22 septembre 2025, dans la commune de Ngor, selon une communication officielle de la Police nationale.

L’intervention est partie d’un renseignement jugé « exploitable » par les enquêteurs, faisant état de l’existence d’un réseau actif dans la zone côtière de Ngor. Les policiers ont alors mis en place une opération de surveillance qui a conduit à l’arrestation du suspect au niveau du rond-point du casino du Cap-Vert.

La fouille de sécurité effectuée sur place a permis de mettre la main sur 37 pierres de crack et une demi-boulette de cocaïne, ainsi qu’une somme d’argent dont l’origine reste à déterminer. La nature des produits saisis confirme l’implication présumée du mis en cause dans un trafic de drogues dites « dures », particulièrement surveillées par les autorités en raison de leur dangerosité et de leur forte valeur marchande.

Placée en garde à vue, la personne arrêtée fait désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs et détention de stupéfiants en vue de trafic. Elle sera présentée au parquet à l’issue de l’enquête, qui devrait également s’attacher à identifier d’éventuels complices et à démanteler l’ensemble du réseau.

Cette saisie illustre une nouvelle fois la vigilance accrue des forces de sécurité dans la lutte contre la prolifération des drogues dures au Sénégal. Ces dernières années, la police et la gendarmerie multiplient les opérations de terrain, souvent grâce à des informations issues de dénonciations citoyennes ou de recoupements de renseignements.

Pour les autorités, la présence de crack et de cocaïne à Dakar et dans sa banlieue constitue une menace croissante, en particulier pour la jeunesse. Les enquêteurs de l’OCRTIS entendent donc renforcer la pression sur les trafiquants afin de couper l’approvisionnement et de dissuader les réseaux de s’implanter durablement dans la capitale.

Sénégal : la Direction de l’Emploi introduit la délivrance de certificats de chômage

La Direction de l’Emploi a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mardi 23 septembre 2025, la mise en place d’une nouvelle procédure permettant aux citoyens sénégalais d’obtenir un « certificat de chômage ». Ce document administratif, délivré sur demande, vise à attester officiellement la situation de non-emploi d’un individu et pourrait être requis dans divers contextes, notamment pour l’accès à certains programmes publics, aux appuis sociaux ou dans le cadre de démarches administratives spécifiques.

Selon la note, plusieurs pièces justificatives sont nécessaires pour constituer un dossier. Parmi elles figurent une photocopie de la carte nationale d’identité, une déclaration sur l’honneur légalisée, une demande manuscrite adressée au Directeur de l’Emploi, ainsi qu’un certificat de résidence. Dans le cas où la demande est effectuée par une tierce personne, une procuration dûment signée doit également être présentée.

La Direction de l’Emploi insiste sur l’importance de vérifier la complétude du dossier avant tout dépôt, afin d’éviter les retards liés à des pièces manquantes ou mal établies. Cette précision témoigne de la volonté des autorités de rationaliser et d’accélérer la procédure, tout en garantissant la fiabilité des informations fournies par les demandeurs.

L’instauration de ce certificat intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le marché du travail, où le chômage reste une préoccupation majeure pour une grande partie de la population active, notamment les jeunes diplômés. Pour certains observateurs, cette initiative pourrait contribuer à mieux cerner et documenter la réalité du chômage au Sénégal, en fournissant des statistiques plus fiables aux décideurs publics.

Cependant, des interrogations demeurent quant à l’impact réel de ce document sur l’amélioration des conditions d’accès à l’emploi. Si le certificat constitue une reconnaissance administrative d’une situation vécue par beaucoup de Sénégalais, il n’apporte pas de solution directe au déficit d’opportunités économiques et professionnelles.

Migration irrégulière : la marine nationale intercepte une pirogue avec 259 candidats au large de Dakar

Un nouveau coup de filet en mer illustre l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de frapper le Sénégal et la sous-région. La marine nationale sénégalaise, en étroite coordination avec l’armée de l’air, a annoncé avoir intercepté, lundi dernier, une pirogue transportant 259 candidats à l’immigration irrégulière. L’embarcation a été repérée à environ 100 kilomètres au large de Dakar alors qu’elle tentait de rallier les côtes européennes.

Selon la communication officielle relayée via la page X (ex-Twitter) de la marine nationale, l’opération a mobilisé des moyens aériens et navals permettant de sécuriser rapidement la pirogue et de mettre les passagers hors de danger. Ces derniers, visiblement épuisés après plusieurs jours en mer, ont été conduits sains et saufs à la base navale Amiral Faye Gassama, où ils ont été pris en charge par les services compétents.

Les migrants interceptés sont actuellement entre les mains des structures chargées de leur identification et de leur accompagnement. Les autorités n’ont pas précisé la nationalité des personnes secourues, mais l’embarcation, selon les premières informations, provenait d’un pays voisin, confirmant le caractère transfrontalier et régional de cette migration irrégulière.

Cette opération vient rappeler l’intensification des départs par voie maritime observés ces derniers mois. Malgré les risques considérables, de nombreux jeunes continuent de s’embarquer à bord de pirogues surchargées, dans l’espoir d’atteindre l’Espagne, via les Canaries. Une traversée périlleuse qui entraîne chaque année des drames humains, avec des naufrages meurtriers recensés au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes.

Les autorités sénégalaises réaffirment régulièrement leur détermination à lutter contre ce fléau, en renforçant la surveillance côtière et la coopération internationale. Mais les observateurs estiment que la solution durable passe par des mesures structurelles, visant à améliorer les opportunités économiques et sociales des jeunes dans leurs pays d’origine.

En interceptant cette pirogue chargée de 259 personnes, la marine nationale évite sans doute une nouvelle tragédie en mer. Mais cet épisode illustre aussi la persistance d’un phénomène migratoire complexe, où l’espoir d’une vie meilleure continue de pousser des centaines de candidats à défier les vagues et les dangers de l’Atlantique.

Saint-Louis : Les chemins de fer du Sénégal portent plainte pour « bradage foncier » sur le périmètre ferroviaire

La société nationale Les chemins de fer du Sénégal (CFS) a décidé de saisir la justice pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « bradage foncier » sur son patrimoine à Saint-Louis. L’affaire, désormais confiée à la Section de recherche (SR) de la gendarmerie, met en lumière une occupation jugée illégale et anarchique des emprises ferroviaires de la vieille gare de la ville tricentenaire.

Selon les révélations du journal Libération, la situation remonte à 2020, année de la création de la nouvelle société nationale chargée de la gestion du rail. Dès son installation, la direction des CFS a constaté une prolifération d’occupations irrégulières sur les terrains ferroviaires, notamment dans le périmètre stratégique de la gare de Saint-Louis. Des individus se seraient arrogé, sans droit ni titre, la qualité de propriétaires de portions de ces emprises, allant jusqu’à les diviser en parcelles pour les louer ou les vendre à d’autres personnes.

Cette pratique a entraîné, selon les CFS, une véritable « anarchie foncière » au cœur même d’un domaine réservé à l’exploitation ferroviaire. Les nouveaux occupants, souvent inconscients de l’illégalité de leurs acquisitions, y ont installé des abris précaires ou développé des activités commerciales et artisanales sans respecter aucune norme de sécurité. Une situation jugée particulièrement préoccupante puisque ces occupations s’étendent parfois jusque dans des zones où le passage des trains ou la protection des infrastructures impose des règles strictes.

La société nationale dénonce également des complicités qui auraient facilité cette appropriation frauduleuse. Elle estime que des acteurs locaux, par leur silence ou leur implication directe, ont contribué à renforcer ce désordre foncier, au détriment du patrimoine national. « Ces pratiques mettent en danger non seulement la sécurité des usagers et des riverains, mais elles hypothèquent aussi la relance du rail que l’État s’efforce de promouvoir », confie une source proche du dossier.

En portant plainte, les CFS cherchent à la fois à mettre un terme aux occupations irrégulières et à valoriser leurs droits légitimes sur les emprises ferroviaires. L’objectif est clair : obtenir la réparation du préjudice subi et restaurer l’autorité de l’État sur un domaine d’utilité publique stratégique.

Ce bras de fer judiciaire survient dans un contexte de regain d’intérêt pour le transport ferroviaire au Sénégal, notamment avec la relance du projet de réhabilitation de la ligne Dakar–Tambacounda et la modernisation de certains tronçons. Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre les défis récurrents liés à la gestion du foncier dans le pays, où l’absence de contrôle rigoureux et les pratiques frauduleuses fragilisent souvent les grands projets d’infrastructures.

À Saint-Louis, la balle est désormais dans le camp de la justice. Les habitants et usagers du rail attendent de voir si cette plainte permettra non seulement de sanctionner les fraudeurs, mais aussi de sécuriser définitivement le patrimoine ferroviaire de la ville, berceau historique du chemin de fer au Sénégal.

Groupe Ledakarois en deuil : décès du père de notre correspondante à Diourbel

Le Groupe Ledakarois a appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu, hier, du père de notre correspondante à Diourbel, Ndeye Yancine Mbaye.

En ce moment de douleur et de recueillement, nous tenons à lui exprimer toute notre compassion et à présenter nos condoléances les plus émues à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la communauté de Diourbel.

La disparition d’un parent est une épreuve difficile, et nous partageons sa peine avec solidarité et fraternité. Le Groupe Ledakarois reste à ses côtés dans cette épreuve, priant pour le repos éternel de l’âme du défunt et pour que Dieu, dans Sa miséricorde infinie, lui ouvre les portes du paradis.

Nous adressons également nos pensées de réconfort à Ndeye Yancine Mbaye, à sa famille, et à tous ceux qui l’ont connu et aimé.

Que la terre de Touba lui soit légère.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°564 – 23/09/2025

🔴 BAKEL NOYÉ, DJILAKHAR FOUDROYÉ : TRAGIQUE HIVERNAGE
🔴 ONU : LA VOIX DU SÉNÉGAL RÉSONNE !

🔴 BALLON D’OR 2025 : DEMBÉLÉ INDÉLÉBILE DE L’HISTOIRE
🔴 BALLON D’OR FÉMININ : BONMATÍ SACRÉE POUR LA TROISIÈME FOIS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°563 – 22/09/2025

🔴 BOYCOTT AUTOUR DU FORUM PÉTROLE ET GAZ / FADILOU KEÏTA VS SERIGNE MBOUP : LA GUERRE FROIDE
🔴 BOULANGERIE / CHAMPION À MARRAKECH ET QUALIFIÉ POUR LE MONDIAL 2026 : LE SÉNÉGAL SUR LE TOIT DU CONTINENT

🔴 PRÉLIMINAIRES COUPE CAF : GÉNÉRATION FOOT ACCROCHÉ PAR AFAD DJÉKANOU (1-1)
🔴 UFOA-A U17 FÉMININ : LE SÉNÉGAL REPREND LA MAIN CONTRE LE LIBERIA

Occupations anarchiques : un recensement national ordonné par le ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a demandé aux gouverneurs de région de procéder à un recensement général des occupations irrégulières de la voie publique et des abords des zones commerciales.

Dans une lettre-circulaire datée du 19 septembre 2025, il relève une « prolifération regrettable » d’installations précaires, de commerces informels et de stationnements anarchiques dans la capitale ainsi que dans plusieurs centres urbains.

Pour préserver l’ordre public et améliorer la sécurité routière, le ministre préconise des mesures « hardies » à mettre en œuvre « avec rigueur ». Les gouverneurs, en collaboration avec les collectivités territoriales et les services compétents, devront dresser un état des lieux complet d’ici le 25 septembre 2025, selon un canevas annexé à la circulaire.

Il leur est également demandé d’élaborer des plans d’action régionaux, en lien avec les forces de défense et de sécurité, afin d’établir un calendrier précis des opérations. L’objectif est de « mettre fin à ces installations et d’assainir les villes du pays », insiste Mouhamadou Bamba Cissé.

Le ministre appelle enfin à une exécution rapide et efficace de ces directives, avec la pleine implication des autorités locales et de tous les acteurs concernés.

Podor : le fleuve Sénégal franchit le seuil d’alerte

L’inquiétude monte à Podor où le niveau du fleuve Sénégal continue de grimper. Ce samedi 20 septembre 2025, à 8 heures, l’échelle du quai Elhadj Boubou Sall a affiché 5,14 mètres, soit trois centimètres de plus que la veille.

Cette évolution confirme une hausse régulière enregistrée depuis plusieurs jours. La côte d’alerte fixée à 5 mètres a été franchie dès le 14 septembre. À titre de comparaison, à la même période l’année dernière, le fleuve n’avait pas dépassé 4,95 mètres, ce qui souligne la gravité de la crue actuelle.

Dans certaines zones, notamment au niveau des périmètres irrigués villageois (PIV) relevant de la SAED, des parcelles sont déjà envahies par les eaux. Les populations, préoccupées, suivent avec appréhension l’évolution de la situation, d’autant que des lâchers d’eau ont été confirmés au barrage de Manantali, après que le réservoir a atteint son seuil critique.

Face à ce contexte, les autorités locales exhortent les riverains à rester « prudents, vigilants et mobilisés » afin de limiter les risques liés à la montée du fleuve.

Lâchers d’eau à Manantali : le préfet de Matam annonce un plan de protection des populations

À la suite des lâchers d’eau du barrage de Manantali, qui ont provoqué une hausse du niveau du fleuve Sénégal, le préfet du département de Matam, Téning Faye, a présenté les dispositions prises pour protéger les habitants. Il a indiqué qu’un plan de réponse opérationnel a été finalisé afin d’anticiper d’éventuels risques.

Selon lui, la montée des eaux a été constatée dès le week-end dernier. Pour y faire face, l’administration locale a pu compter sur l’appui d’entreprises de la place. La SAED (Société d’Aménagement et d’Exploitation du Delta du Fleuve Sénégal) a notamment participé à la réhabilitation de la digue de Matam et à la construction d’une petite digue à Tigéré, destinée à détourner les eaux.

Au micro d’iRadio, Téning Faye a également évoqué des mesures spécifiques pour les zones déjà affectées par les eaux stagnantes, comme à Afia. Avec l’appui de l’entreprise Dental BTP, une tranchée a été creusée pour permettre un écoulement par gravité, afin de limiter l’impact sur les habitations.

Gouye Mbinde : arrestation de deux individus pour vol de bétail à l’aide d’un véhicule

Le Poste de Police de Gouye Mbinde a procédé, le 18 septembre, à l’arrestation de deux individus soupçonnés d’association de malfaiteurs et de vol de bétail commis de nuit à l’aide d’un moyen de transport.

D’après la Police nationale, cette opération fait suite à un vol de bétail perpétré dans la nuit du 11 au 12 septembre 2025. Les investigations ont révélé que deux membres présumés de la bande impliquée avaient été aperçus dans une dibiterie située près de la gare routière de Touba. Une intervention sur place a permis leur interpellation.

Au cours de leur audition, les mis en cause ont reconnu leur participation au vol. Le véhicule utilisé ainsi que les moutons volés ont été saisis et consignés par le Poste de Police de Gouye Mbinde.

Les deux suspects sont actuellement placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices.

Liberté d’expression : Seydi Gassama plaide pour plus de responsabilité et de tolérance

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a appelé ce vendredi les citoyens à faire preuve de retenue dans l’usage de la liberté d’expression, tout en invitant les autorités à davantage de tolérance dans la répression des propos jugés offensants, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

« Nous encourageons les citoyens à user de leur liberté d’expression avec discernement et à éviter de polluer le débat public par des propos inutiles. S’exprimer librement ne signifie pas diffamer ou porter atteinte à la dignité d’autrui », a-t-il affirmé.

Ces propos ont été tenus lors d’un atelier consacré à la présentation des avant-projets de loi sur la protection des défenseurs des droits humains, l’instauration d’un juge des libertés, ainsi que les recommandations issues des assises de la justice et du dialogue national sur le système politique.

D’après l’APS, cette rencontre visait à sensibiliser les parlementaires et à faciliter une adoption rapide de ces réformes destinées à renforcer la garantie des droits et libertés au Sénégal.

Le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Me Abdoulaye Tall, a pour sa part souligné que « tous ceux qui aspirent à la paix et à la justice doivent accorder une attention particulière à ces textes ».

Présent également, Ayéda Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, a salué les efforts conjoints de l’État et de la société civile dans la promotion des droits humains.

« Cet atelier est une initiative que nous soutenons fortement. Il est essentiel de continuer à progresser sans exclure aucune institution », a-t-il conclu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°562 – 20 ET 21/09/2025

🔴 GRANDE MOBILISATION DE « RAPPEL À L’ORDRE » ET DE L’OPPOSITION : L’AVERTISSEMENT !
🔴 ENTRETIEN / Dr MOUSSA DIOP KOUROU (KALIME) : AUTEUR DE « MUNQIDH » : DANS LA PEAU DU POÈTE SOUFI

🔴 CAN 2025 : LE MAROC SIMPLIFIE LES FORMALITÉS D’ENTRÉE AUX SÉNÉGALAIS
🔴 RENCONTRE ENTRE ABDOULAYE FALL ET GIANNI INFANTINO : LE FOOT SÉNÉGALAIS AU CŒUR

Dysfonctionnements au sein de l’ARP : le SAMES tire la sonnette d’alarme

L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), structure clé chargée de garantir la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments disponibles sur le marché national, traverse une zone de fortes turbulences. Dans un communiqué rendu public, la section ARP du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) dénonce de graves irrégularités qui menacent, selon elle, la viabilité et la mission fondamentale de l’institution.

Le syndicat pointe en premier lieu des pratiques de gouvernance jugées inacceptables. Les nominations au sein de l’ARP seraient désormais guidées par le clientélisme, l’appartenance familiale ou partisane, au détriment des compétences et de la transparence. À cela s’ajoutent des recrutements massifs qualifiés de complaisance, qui ont fait exploser les effectifs de l’agence en passant de près de 150 agents à plus de 200 en moins d’un an. Or, selon le SAMES, cette augmentation s’est opérée sans ressources financières additionnelles, compromettant la viabilité de l’agence.

Les syndicalistes dénoncent également des mutations jugées abusives et injustifiées visant notamment des pharmaciens inspecteurs, analystes et points focaux des fonctions réglementaires. Ces cadres avaient pourtant joué un rôle déterminant dans l’obtention par l’ARP du « niveau de maturité 3 », un acquis majeur pour la reconnaissance internationale de l’agence. Leur déplacement, sans justification claire, est perçu comme un recul qui fragilise l’institution.

La gestion du personnel dans les pôles régionaux est également mise en cause. Les affectations y seraient faites sans mesures d’accompagnement adéquates, comme le versement de primes d’éloignement ou l’amélioration des conditions de travail. Une situation qui, selon le syndicat, démotive les agents et affecte leur rendement.

Le communiqué du SAMES met aussi en lumière un climat social délétère, marqué par des intimidations et menaces de mutation visant certains membres du syndicat. Les retards récurrents dans le paiement des salaires et des primes viennent accentuer les frustrations. Les médecins signalent que les salaires du mois d’août n’ont toujours pas été versés, tout comme la prime de motivation du programme NEPAD.

Face à ce tableau préoccupant, la section ARP du SAMES appelle les autorités à réagir rapidement. Elle estime que la persistance de ces dysfonctionnements risque de compromettre la mission essentielle de l’agence, qui est de protéger la santé publique en veillant à la qualité et à la sécurité des médicaments mis à la disposition des populations. Pour les syndicalistes, seule une intervention urgente et décisive permettra de rétablir un fonctionnement normal de l’ARP et de restaurer la confiance des agents comme des usagers.

Moustapha Diakhaté : « Nous devons faire face à ce régime qui en 18 mois a montré ses limites »

Présent à la marche citoyenne organisée par le mouvement « Rappel à l’Ordre » ce vendredi 19 septembre 2025 à Dakar, l’ancien député Moustapha Diakhaté a livré un discours particulièrement virulent contre le régime en place. S’exprimant devant une foule rassemblée à Liberté 5 après le changement d’itinéraire imposé aux manifestants, l’ancien parlementaire a salué la mobilisation des citoyens et souligné la présence remarquée de militants issus du régime précédent, venus renforcer la contestation.

Moustapha Diakhaté a saisi cette tribune pour exiger la libération immédiate de plusieurs personnalités incarcérées, parmi lesquelles Lat Diop, ancien directeur général de la LONASE, ainsi que Farba Ngom et d’autres figures politiques considérées par l’opposition comme des « détenus arbitraires ». Selon lui, ces arrestations traduisent une volonté manifeste du pouvoir de museler la contradiction et d’affaiblir l’État de droit.

Mais l’ancien député est allé plus loin dans sa critique, en appelant sans détour à la démission du régime de Pastef qu’il juge « à bout de souffle » après seulement dix-huit mois d’exercice. « Ce gouvernement a déjà montré ses limites. Nous devons lui faire face et l’obliger à rendre des comptes. Nous sommes prêts à tout donner pour restaurer la démocratie dans ce pays », a-t-il martelé sous les applaudissements des manifestants.

Pour Moustapha Diakhaté, la mobilisation de ce vendredi constitue un signal fort envoyé au pouvoir. Elle démontre, selon lui, que l’opposition politique, les acteurs de la société civile et une frange importante de la population sont désormais déterminés à s’unir pour défendre les libertés fondamentales et mettre fin aux dérives qu’ils attribuent au tandem Diomaye-Sonko.

Cette sortie de l’ancien député confirme la radicalisation du discours de plusieurs figures de l’opposition, qui voient dans ces rassemblements l’occasion de galvaniser leurs partisans et de poser les jalons d’une contestation durable contre le régime actuel.

« Morosité économique », libération des « détenus politiques » : la marche de « Rappel à l’Ordre » galvanise l’opposition et la société civile

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme d’une mobilisation initiée par le Collectif citoyen « Rappel à l’Ordre ». Société civile, activistes, partis politiques d’opposition et simples militants ont répondu à l’appel, transformant cette marche pacifique en une véritable démonstration de force. Objectif affiché : dénoncer la situation économique jugée préoccupante et exiger la libération de plusieurs personnalités considérées comme des « détenus politiques ».

Initialement, l’itinéraire devait relier le FASTEF (ex-École Normale Supérieure) au rond-point Jet d’Eau. Mais, sur instruction des autorités administratives, les organisateurs, parmi lesquels Karim Xrum Xax, ont été contraints de revoir leurs plans. Les discours ont finalement été tenus près du terminus Dakar Dem Dikk à Liberté 5, où une foule compacte s’était rassemblée.

Les revendications ont largement tourné autour de la libération des personnalités incarcérées, parmi lesquelles Farba Ngom, Lat Diop, Khadim Ba, Badara Gadiaga, Tahirou Sarr ou encore Abdou Nguer. Pour Thierno Alassane Sall, ancien ministre et leader de République des Valeurs, mais aussi pour l’activiste Assane Diouf et l’ancien parlementaire Moustapha Diakhaté, « il y a, au sommet de l’État, des gouvernants qui redoutent la contradiction et qui veulent affaiblir la démocratie et l’État de droit ».

Dans les rangs de l’opposition, le message est clair : multiplier ce type de mobilisations pour accentuer la pression sur le pouvoir exécutif. Les leaders présents ont insisté sur la nécessité d’ancrer ces manifestations dans la durée, en les inscrivant comme un levier de résistance démocratique.

Au-delà des questions de libertés publiques, les orateurs ont dressé un tableau sombre de la conjoncture économique. « La situation est marquée par une morosité croissante qui appelle une réaction immédiate », a martelé Abdou Mbow, député et membre de l’Alliance pour la République (APR). Pour sa part, l’ancien ministre Papa Malick Ndour a averti que « les difficultés actuelles ne feront qu’empirer si les dirigeants actuels persistent dans leurs choix politiques et économiques ».

Un appel à l’union a été lancé, dépassant les clivages partisans pour rassembler l’ensemble des forces vives du pays. Les acteurs de la société civile, à l’image de Karim Xrum Xax, ont insisté sur l’urgence d’une coalition élargie, afin de faire face aux inégalités et injustices qu’ils jugent de plus en plus criantes.

Cette marche marque une nouvelle étape dans la dynamique de contestation du « tandem Diomaye-Sonko », accusé par ses détracteurs d’instaurer une gouvernance autoritaire et de fragiliser les acquis démocratiques. Pour les organisateurs, la mobilisation de ce 19 septembre doit servir de tremplin à d’autres actions de masse, dans une perspective de lutte prolongée contre ce qu’ils appellent « les dérives du régime ».

Importations d’oignons : le Sénégal lève le gel après neuf mois d’autosuffisance

Après neuf mois d’approvisionnement assuré exclusivement par la production nationale, le gouvernement sénégalais vient d’autoriser à nouveau l’importation d’oignons. La décision a été officialisée ce vendredi 19 septembre 2025 par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à travers une note circulaire.

Cette levée du gel des importations intervient dans un contexte marqué par l’épuisement progressif des stocks locaux. Depuis le 25 janvier, date du lancement de la campagne de commercialisation, la production nationale avait réussi à satisfaire la demande du marché intérieur, une performance saluée par les autorités comme une preuve de la montée en puissance de la filière.

« La production locale a permis de couvrir les besoins du pays pendant neuf mois. Toutefois, afin de garantir la régularité et l’adéquation de l’approvisionnement, il est désormais jugé nécessaire d’autoriser à nouveau les importations », précise le communiqué signé par Serigne Guèye Diop.

La reprise des importations ne se fera cependant pas sans encadrement. Le ministère, en collaboration avec l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et l’Interprofession oignon du Sénégal (IPOS), a décidé de soumettre les autorisations à des quotas, afin de préserver un équilibre entre l’offre importée et la relance future de la production nationale. Ces autorisations resteront valables jusqu’au 31 décembre 2025.

Pour assurer une application rigoureuse de cette décision, plusieurs services publics sont mobilisés, dont la Direction générale des Douanes, la Direction du Commerce intérieur et la Direction de la Protection des végétaux. Leur mission consistera à encadrer le processus, contrôler les flux et garantir la qualité des produits mis sur le marché.

En levant le gel, l’État cherche à prévenir toute tension sur les prix et à maintenir la stabilité de l’approvisionnement, tout en réaffirmant son ambition de renforcer la souveraineté alimentaire. Cette alternance entre consommation de la production nationale et ouverture contrôlée aux importations illustre une stratégie de gestion souple mais vigilante des denrées de grande consommation.

FRDS : un sit-in annoncé à Bercy le 23 septembre pour dénoncer les dérives et arrestations au Sénégal

Le Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS) se prépare à descendre dans la rue pour faire entendre sa voix. L’organisation, qui regroupe des Sénégalais établis à l’étranger et engagés pour la défense des libertés démocratiques, a annoncé la tenue d’un sit-in le mardi 23 septembre 2025 sur l’Esplanade de Bercy, à Paris. Cette mobilisation vise à dénoncer ce que ses membres considèrent comme des « dérives arbitraires » et une multiplication des arrestations ciblant des opposants politiques et des acteurs de la société civile au Sénégal.

Selon le FRDS, la situation actuelle dans le pays exige une vigilance accrue et une réaction forte de la diaspora. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à l’arbitraire et à la répression », déclarent les organisateurs, qui appellent à une large participation des Sénégalais de France et d’Europe pour donner plus de visibilité à leurs revendications. Pour eux, ce rassemblement est un signal adressé aux autorités sénégalaises, mais également à la communauté internationale, afin de mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits fondamentaux.

Cette initiative s’inscrit dans un climat marqué par une succession de mobilisations citoyennes. À Dakar, le Collectif Rappel à l’Ordre a déjà organisé, le vendredi 19 septembre, une marche pacifique dénonçant l’absence de justice, la restriction des libertés et la montée des pratiques autoritaires. Plusieurs personnalités politiques et de la société civile avaient pris part à cette manifestation, renforçant la portée du message de contestation.

En annonçant son sit-in à Paris, le FRDS entend ainsi prolonger ce mouvement de résistance au-delà des frontières nationales, tout en mettant en avant le rôle de la diaspora comme acteur incontournable dans le débat démocratique sénégalais. Le choix de l’Esplanade Bercy n’est pas anodin : lieu symbolique de rassemblements et d’expression publique, il permettra aux manifestants d’attirer l’attention des médias et des autorités françaises sur la situation au Sénégal.

Les organisateurs espèrent que ce sit-in marquera une étape importante dans la mobilisation de la diaspora et contribuera à accentuer la pression pour un retour à ce qu’ils appellent « le respect de l’État de droit et des libertés individuelles ».

Affaire des 5,597 milliards FCFA : Ibrahima Ba, Saliou Sylla et Cheikh Tidiane Seck écroués

Le scandale financier révélé par le dernier rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Dans le cadre de l’enquête sur des flux suspects estimés à 5,597 milliards de FCFA, trois personnalités viennent d’être placées sous mandat de dépôt. Il s’agit d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, de son chauffeur Cheikh Tidiane Seck, ainsi que de l’opérateur économique Saliou Sylla. La décision a été prise par le juge du premier cabinet du Pôle judiciaire financier (PJF), après plusieurs jours d’auditions menées par la Division des investigations criminelles (DIC).

Ces arrestations marquent une nouvelle étape dans une affaire qui implique également Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, et le chanteur Wally Seck. Selon les investigations de la CENTIF, de larges mouvements financiers ont transité par des circuits bancaires et des comptes liés à ces personnalités, sans justification économique claire. Le rapport fait état de retraits massifs effectués par l’homme d’affaires Saliou Sylla, qui aurait manipulé plusieurs milliards en espèces à partir des comptes de la société Woodrose Investment Ltd.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement aux liens entre les différents mis en cause et aux transactions croisées qui pourraient relever d’un vaste système de blanchiment de capitaux. Dans ses déclarations, Saliou Sylla a tenté de justifier l’origine de certains flux, mais ses explications n’ont pas suffi à convaincre les autorités judiciaires. Quant à Ibrahima Ba, il est cité dans le rapport pour ses parts dans une société immobilière, la SCI CTS, détenue conjointement avec Amadou Sall, ce qui a éveillé les soupçons sur l’origine du financement.

Le juge du PJF a donc décidé d’envoyer en prison les trois prévenus, en attendant la suite de l’instruction. Cette décision accentue la pression autour de ce dossier sensible, qui mêle hommes politiques, opérateurs économiques et célébrités, et qui ravive le débat sur la transparence dans la gestion des flux financiers au Sénégal.

Avec ces détentions, l’affaire prend une tournure judiciaire lourde de conséquences, tant sur le plan politique que médiatique. Elle devrait rester au centre de l’actualité dans les prochains jours, au rythme des auditions et des révélations à venir.

Abdou Mbow dénonce une « dictature » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d’expression

La marche citoyenne organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre, ce vendredi à Dakar, continue de susciter des réactions politiques marquées. Parmi les participants, le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et proche du régime précédent, a tenu un discours virulent contre l’actuel pouvoir, qu’il accuse de bafouer la liberté d’expression et de tendre vers une « dictature ».

Dans une allocution prononcée devant les manifestants, l’élu a rappelé que cette initiative est partie de citoyens qui, selon lui, ont été déçus par les promesses non tenues du président Ousmane Sonko et de son parti Pastef. « Des Sénégalaises qui avaient placé leurs espoirs en Ousmane Sonko et son parti, porteurs d’une promesse de changement, ont pris l’initiative de cette manifestation. Toutes ces promesses faites aux Sénégalais n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, la liberté d’expression dans ce pays est bafouée », a-t-il affirmé, sous les applaudissements d’une partie de la foule.

Le député a également pointé du doigt la vague d’arrestations qui, selon lui, vise à réduire au silence toute voix discordante. Citant des noms précis, Abdou Mbow a évoqué les cas de Badara Gadiaga, Farba Ngom, Abdou Nguer, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Maodo Malick Mbaye, tous emprisonnés dans des conditions qu’il juge arbitraires. Pour lui, ces détentions traduisent une volonté claire d’instaurer un régime répressif et autoritaire.

« L’actuel régime veut instaurer une dictature au Sénégal, mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais », a lancé le député, appelant à une mobilisation populaire massive pour contraindre Ousmane Sonko et Pastef à quitter le pouvoir. Ses propos s’inscrivent dans une stratégie d’opposition frontale, marquée par une dénonciation constante de la gouvernance actuelle et de ses pratiques jugées liberticides.

Cette sortie d’Abdou Mbow intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui accuse les autorités de restreindre les libertés publiques et de multiplier les décisions arbitraires. La marche du Collectif Rappel à l’Ordre, qui se veut pacifique, apparaît ainsi comme un espace d’expression de ces frustrations, mais aussi comme un point de ralliement pour les forces politiques et citoyennes qui entendent résister à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire.

Marche du Collectif Rappel à l’Ordre : Thierno Alassane Sall fustige une justice « absente » au Sénégal

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme de la marche pacifique organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre. Ce mouvement citoyen, né dans un contexte de crispations sociales et politiques, milite pour la défense des libertés fondamentales et le respect de l’État de droit. Parmi les personnalités présentes, la participation de Thierno Alassane Sall, député à l’Assemblée nationale et leader du parti République des Valeurs, a retenu l’attention.

L’ancien ministre a profité de cette tribune pour pointer du doigt ce qu’il considère comme une faillite de l’appareil judiciaire sénégalais. Dans son allocution, il a affirmé avec force qu’« il ne peut y avoir de paix sans justice », rappelant que la stabilité sociale et politique du pays dépend directement de l’impartialité des juges et de leur capacité à rendre des décisions équitables. Il a cité le cas d’Abdou Nguer, envoyé en instruction « sans raison valable », ainsi que celui d’autres personnes détenues qu’il estime arbitrairement privées de liberté.

Revenant sur les crises de 2021 et de 2024, marquées par des manifestations violentes et de profondes contestations sociales, Thierno Alassane Sall a insisté sur le fait qu’elles ne résultaient pas uniquement d’un conflit autour d’un individu ou d’un parti politique, mais traduisaient surtout un ressentiment collectif face à ce qu’il a appelé « l’absence de justice ». Selon lui, ce déficit de confiance dans les institutions judiciaires est l’un des principaux moteurs des tensions persistantes au Sénégal.

Au-delà de la justice, le député a également dénoncé des pratiques qu’il qualifie de « dictatoriales » de la part des dirigeants actuels. Il a notamment pointé le licenciement de travailleurs qu’il juge arbitraire, remplacés, selon lui, par des militants du parti au pouvoir, Pastef. « Des travailleurs, soutiens de famille, ont été licenciés sans motif valable. C’est une violence inacceptable », a-t-il martelé, soulignant que ces décisions ne font qu’aggraver le sentiment d’injustice au sein des populations.

Pour Thierno Alassane Sall, sa présence à cette marche répond à une exigence morale et citoyenne. Il affirme que ce type d’injustices constitue l’une des principales raisons de son engagement aux côtés du Collectif Rappel à l’Ordre. Par ce geste, il veut signifier sa solidarité avec les Sénégalais qui dénoncent une gouvernance jugée autoritaire et qui appellent à un retour aux valeurs fondamentales de l’État de droit.

Cette mobilisation, bien que pacifique, s’inscrit dans une dynamique de contestation qui prend de l’ampleur à travers le pays. Elle illustre le malaise profond d’une partie de la société sénégalaise, qui estime que les institutions, en particulier la justice, ne remplissent plus leur rôle de garant de l’équité et de la paix sociale.

Diourbel : le Dr Mamadou Dieng tire la sonnette d’alarme face à la prolifération des maladies non transmissibles

À Diourbel, la situation sanitaire interpelle les autorités médicales. Le directeur régional de la santé, Dr Mamadou Dieng, a profité de la cérémonie de restitution de l’enquête STEPS sur les facteurs de risques liés aux maladies non transmissibles (MNT) pour alerter sur une tendance qu’il qualifie d’« alarmante ». Selon lui, la population doit impérativement modifier ses habitudes alimentaires et son mode de vie si elle veut freiner la progression de pathologies comme l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires ou encore certains troubles métaboliques.

L’enquête STEPS, menée sur l’ensemble du territoire national et ciblant des personnes âgées de 18 à 69 ans conformément aux directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), révèle des résultats préoccupants pour la région de Diourbel. La consommation excessive de sel et d’épices y atteint 75 %, un taux particulièrement inquiétant au regard des conséquences connues sur la santé. Ce constat met en évidence une tendance qui alimente la recrudescence de maladies cardiovasculaires et d’autres affections chroniques.

Lors de son intervention, Dr Dieng a rappelé que ces maladies, longtemps associées aux personnes âgées, touchent désormais des populations beaucoup plus jeunes. Cette évolution inquiète d’autant plus qu’elle menace la vitalité économique et sociale de la région. Selon lui, la lutte contre les MNT passe nécessairement par un changement profond de comportement : réduire la consommation de sel, de sucre et de matières grasses, pratiquer une activité physique régulière et éviter la sédentarité. Le directeur régional a également insisté sur l’importance du dépistage afin que chaque individu connaisse son état de santé et puisse adopter des mesures préventives adaptées.

Au-delà des maladies cardiovasculaires, Dr Dieng a évoqué un autre problème de santé en forte progression dans la région : les déficits visuels, qui touchent particulièrement les femmes. Face à cette réalité, il a plaidé pour un développement accru des services d’ophtalmologie afin de répondre efficacement aux besoins des populations et d’assurer un meilleur suivi.

Pour transformer les conclusions de l’enquête en actions concrètes, le directeur régional de la santé a annoncé l’organisation de séances de restitution communautaire. Ces rencontres de proximité permettront de sensibiliser directement les habitants, de les amener à s’approprier les résultats et de les inciter à adopter des comportements plus sains. L’objectif est de susciter une véritable dynamique collective, où les communautés elles-mêmes deviennent actrices de la lutte contre les MNT.

À travers cette alerte, Dr Mamadou Dieng souligne l’urgence d’une mobilisation générale. Les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui un défi majeur pour le système de santé sénégalais. À Diourbel, elles menacent de plus en plus de foyers et nécessitent une réponse collective, faite de prévention, de dépistage et de changement durable des modes de vie.

Riziculture : record historique de 420.000 tonnes de paddy dans la vallée du fleuve Sénégal

La vallée du fleuve Sénégal vient d’écrire une nouvelle page de son histoire agricole. La campagne de contre-saison chaude 2025 a permis d’atteindre un niveau record de production de riz, avec 420.000 tonnes de paddy récoltées, selon les chiffres relayés par le quotidien national Le Soleil. Ce résultat constitue un bond remarquable par rapport aux 343.000 tonnes enregistrées lors de la même période en 2024.

Dans les casiers rizicoles du Walo et du Dieri, les silos affichent complet et les rizeries fonctionnent à plein régime. Cette réussite est saluée par les producteurs, qui mettent en avant la disponibilité à temps des intrants agricoles, la diffusion de semences améliorées comme Sahel-108, Sahel-177 et Sahel-202, ainsi qu’une planification mieux structurée des cultures. « Cette année, nous avons connu des rendements de 7 à 9 tonnes à l’hectare. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une telle réussite », a témoigné Souleymane Sall, président de l’Union Doué.

L’atteinte de ce record n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un ensemble de réformes et d’investissements opérés par la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal (Saed). La modernisation des infrastructures hydrauliques, la remise en état des stations de pompage et la gestion optimale de l’irrigation ont permis de mieux sécuriser la campagne agricole. L’État a également joué un rôle déterminant à travers l’octroi de crédits agricoles, la subvention d’engrais et un accompagnement technique renforcé auprès des producteurs.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est d’ailleurs déplacé dans la vallée pour féliciter les riziculteurs et réaffirmer sa volonté de conduire le pays vers l’autosuffisance alimentaire. Ce soutien politique, combiné aux efforts des acteurs de la filière, nourrit l’espoir de voir le Sénégal réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis des importations de riz.

L’abondance profite également aux opérateurs nationaux. La Société sénégalaise de filières alimentaires (SFA) a pu collecter, pour la première fois, 20.000 tonnes de paddy, un volume qui illustre le dynamisme et la professionnalisation croissante de la filière. « Nous savons désormais que l’autosuffisance alimentaire est possible si les moyens sont maintenus », a estimé Oumar Bâ, riziculteur à Ndioum.

Au-delà des chiffres, ce record historique conforte la vallée du fleuve dans son rôle stratégique pour la sécurité alimentaire nationale. Il ouvre aussi de nouvelles perspectives de compétitivité pour le riz local, qui pourrait, dans un avenir proche, rivaliser sérieusement avec le riz importé sur les marchés sénégalais. Pour les producteurs, il s’agit désormais de consolider ces acquis et de veiller à ce que la dynamique enclenchée ne soit pas interrompue.

Rapport CENTIF : les montants perçus par Wally Seck et plusieurs personnalités révélés

Le dossier dit du rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de livrer ses secrets. Un rapport supplétif transmis au parquet financier révèle les sommes perçues par plusieurs personnalités citées dans l’affaire des transferts financiers jugés suspects.

Selon les enquêteurs, l’ancien ministre Samuel Sarr aurait bénéficié d’un montant de 200 millions de FCFA. Mahamadane Sarr, de Lansar Automobile, aurait quant à lui perçu 800 millions de FCFA. Il est d’ailleurs placé sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois dans le cadre de l’enquête sur la reddition des comptes. Mamadou Sy figure également parmi les bénéficiaires présumés, avec un milliard de francs CFA. Le chanteur Wally Seck, de son côté, est cité pour un montant de 210 millions de FCFA.

Ces flux financiers, selon la CENTIF, proviennent de chèques ou de virements liés au Trésor public ou à d’autres entités étatiques. Ils n’auraient cependant aucun fondement économique réel, ce qui alimente les soupçons de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs. Face à ces révélations, le parquet financier a établi un réquisitoire supplétif, transmis au président du collège des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier. Des mesures de saisies conservatoires sur les biens identifiés ont également été planifiées.

Au cœur du dispositif, le cambiste Saliou Sylla, gérant d’un bureau de change, a été placé en garde à vue. Il est accusé d’avoir joué un rôle central dans le circuit financier en procédant notamment à des retraits de chèques d’un montant total de 5,59 milliards de FCFA sur les comptes de la société Woodrose Investment Ltd. Devant les enquêteurs, il a évoqué l’implication d’un certain Seydou Dia, entendu à la Division des investigations criminelles (DIC). Ce dernier a remis des pièces justificatives qu’il présente comme preuves de la légalité de ses transactions, conformément aux règles bancaires en vigueur.

Le rapport met aussi en lumière l’implication présumée d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Il est cité pour sa participation à hauteur de 30 % dans la SCI CTS, une société immobilière créée en partenariat avec Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. La CENTIF estime que ces parts auraient été financées grâce à la vente en 2002 d’un terrain situé à Ouakam. Toutefois, l’entourage d’Ibrahima Ba avance une autre version. Ses proches assurent qu’il avait apporté comme contribution un terrain acquis en 2008, bien avant l’accession de Macky Sall à la présidence. Ils soutiennent également qu’il avait envisagé de construire un immeuble qui n’a finalement jamais vu le jour.

Les auditions menées par la DIC visent à lever ces zones d’ombre et à déterminer si le fils de l’ancien Premier ministre a, ou non, procédé à des opérations de blanchiment en association avec le fils de l’ancien chef de l’État. Ce nouveau rebondissement confirme la complexité d’une affaire qui mêle personnalités politiques, artistes et hommes d’affaires, et dont les ramifications continuent d’être explorées par la justice.

Maintenance : la Senelec annonce des perturbations sur la plateforme Woyofal à partir du 22 septembre

La Société nationale d’électricité (Senelec) a informé sa clientèle d’une opération de maintenance sur sa plateforme informatique de vente de crédit Woyofal. Cette intervention, prévue entre le lundi 22 et le jeudi 25 septembre 2025, entraînera des interruptions temporaires du service.

Selon le communiqué de l’entreprise, ces perturbations se produiront uniquement la nuit, entre 1 heure et 5 heures du matin, durant trois jours consécutifs : du 22 au 23 septembre, du 23 au 24 septembre et enfin du 24 au 25 septembre. Pendant ces plages horaires, aucun achat de crédit Woyofal ne sera possible.

La Senelec invite donc ses clients à prendre les dispositions nécessaires afin d’anticiper leurs besoins en électricité. Elle recommande notamment de recharger leurs compteurs avant les périodes concernées, afin d’éviter toute coupure inopinée liée à l’impossibilité d’acheter du crédit.

L’entreprise publique a présenté ses excuses pour les désagréments que ces interruptions pourraient occasionner, tout en rassurant que le service sera pleinement opérationnel en dehors de ces créneaux.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts de la Senelec pour renforcer la fiabilité et la performance de son système informatique, élément essentiel à la gestion du réseau prépayé Woyofal, qui concerne des centaines de milliers de ménages sénégalais.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°561 – 19/09/2025

🔴 COUR SUPRÊME : BARTH’ AU TAPIS
🔴 JUSTICE / TENUE DE L’AUDIENCE D’ABDOU NGUER : SON AVOCAT MET LA PRESSION

🔴 TOKYO 2025 : SALY SARR DANS LE GOTHA DU TRIPLE SAUT
🔴 BASKET / AL HALA (BAHREÏN) : YACINE DIOP RÈGNE SUR L’ARAB WOMEN’S CLUB

Rapport CENTIF : Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, placé en garde à vue par la DIC

L’affaire révélée par le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Selon des informations rapportées par Seneweb, Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été interpellé et placé en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC).

Son arrestation s’inscrit dans le cadre de la délégation judiciaire ouverte après les soupçons de blanchiment de capitaux et de flux financiers suspects impliquant plusieurs personnalités publiques. Le dossier met déjà en cause Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, ainsi que le chanteur Waly Ballago Seck, dont les noms sont apparus dans les conclusions de la CENTIF.

D’après les mêmes sources, Ibrahima Ba est actuellement entendu par les enquêteurs sur l’origine et la traçabilité de certains mouvements financiers qui lui sont attribués. Les enquêteurs cherchent à déterminer son rôle exact dans les transactions considérées comme atypiques par la cellule financière.

Dans cette même affaire, l’opérateur économique Saliou Sylla, interpellé il y a deux jours, a vu sa garde à vue prolongée. Il est soupçonné d’avoir effectué des transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, un montant qui intrigue particulièrement les autorités judiciaires.

Ces arrestations traduisent la volonté affichée de la justice sénégalaise d’approfondir les investigations sur les flux financiers révélés par la CENTIF dans son rapport 2024, qui avait déjà mis en lumière des dossiers sensibles dans différents secteurs, notamment l’extractif, les services financiers et les réseaux de transferts d’argent.

L’opinion publique, très attentive à l’évolution de ce dossier impliquant des figures connues, attend désormais de savoir si d’autres personnalités pourraient être inquiétées par l’enquête. Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs pour la suite judiciaire de cette affaire qui, au-delà de ses aspects financiers, met en jeu la transparence et la crédibilité des institutions dans la lutte contre le blanchiment et la corruption.

Accusations de détournement : l’ASER saisit la justice contre Pape Mahawa Diouf

L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les accusations publiques formulées par Pape Mahawa Diouf. Ce dernier, invité de l’émission Faram Facce diffusée le mercredi 17 septembre 2025, avait affirmé qu’« un détournement de 37 milliards de francs CFA aurait eu lieu au sein de l’ASER ».

Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de l’agence, qui les qualifie de « diffamatoires » et de « fausses nouvelles ». Dans un communiqué transmis à la presse, l’ASER estime que de telles déclarations, « d’une extrême gravité », portent atteinte à son image et risquent de semer le doute dans l’opinion publique sur sa gestion.

L’agence a précisé avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son conseil juridique afin que M. Pape Mahawa Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses allégations. Pour l’ASER, cette action judiciaire vise à rappeler l’importance du respect de l’État de droit et à mettre chacun face à sa responsabilité lorsqu’il s’agit d’accusations de détournement touchant des institutions publiques.

Dans le même communiqué, l’ASER a tenu à réaffirmer son engagement à poursuivre sa mission de service public en faveur des populations rurales. Elle rappelle que l’électrification rurale demeure un pilier du développement économique et social, et assure que ses activités sont menées dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole et sur la nécessité de distinguer critique légitime et accusations non étayées. Le dossier sera désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la véracité ou non des propos tenus par M. Pape Mahawa Diouf.

Dysfonctionnements persistants à l’ARP : le SAMES tire la sonnette d’alarme

Le malaise grandit au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), section ARP, a publié le 19 septembre 2025 un communiqué alarmant sur « de graves dysfonctionnements persistants » qui, selon ses membres, compromettent la mission première de l’agence : assurer la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments mis à la disposition des populations.

Parmi les griefs exprimés, le syndicat dénonce en premier lieu les retards récurrents dans le paiement des salaires et primes. À titre d’illustration, les agents n’avaient toujours pas perçu leur rémunération du mois d’août au moment de la publication du communiqué. Pour le SAMES, cette situation est symptomatique d’une gestion financière chaotique qui fragilise la motivation et la stabilité du personnel.

Le syndicat critique également les pratiques de gestion des ressources humaines au sein de l’institution. Il accuse la direction de procéder à des nominations sur des critères clientélistes, familiaux ou partisans, au détriment de la compétence et de l’expérience. Dans le même registre, il pointe du doigt des recrutements jugés de complaisance, qui auraient fait gonfler les effectifs de l’ARP en moins d’un an, passant de 150 à plus de 200 agents, sans que des ressources financières supplémentaires ne soient prévues pour absorber cette augmentation. Une telle évolution mettrait en péril la viabilité économique et organisationnelle de l’agence.

Autre point de crispation : les mutations de pharmaciens inspecteurs, analystes et points focaux qui, selon le SAMES, avaient largement contribué à l’obtention du niveau de maturité 3 par l’ARP, un acquis stratégique dans la régulation pharmaceutique. Ces redéploiements, qualifiés d’abusifs et d’injustifiés, seraient contre-productifs et porteraient atteinte aux performances de l’institution. De plus, l’affectation de personnel dans les pôles régionaux n’aurait pas été accompagnée de mesures incitatives telles que des primes d’éloignement ou de meilleures conditions de travail, ce qui décourage les agents concernés et limite l’efficacité de leur action sur le terrain.

Le SAMES section ARP fait également état d’un climat social délétère marqué par des intimidations et des menaces de mutation ciblant certains de ses membres. Ces pratiques, si elles étaient avérées, constitueraient une entrave au droit syndical et à la liberté d’expression des agents, accentuant encore davantage le malaise interne.

Dans ce contexte tendu, le syndicat en appelle à l’intervention urgente des autorités de tutelle afin de prendre la pleine mesure de la situation et d’engager des solutions rapides. L’objectif, rappellent les syndicalistes, n’est pas seulement de rétablir des conditions de travail dignes pour le personnel, mais aussi de garantir que l’ARP puisse continuer à remplir sa mission cruciale de régulation et de sécurisation du marché pharmaceutique au Sénégal.

Réforme fiscale : l’Assemblée nationale adopte le nouveau Code général des impôts malgré quelques réticences

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 17 septembre 2025, le projet de loi n°17/2025 modifiant la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts. Sur les 133 députés présents, 123 ont voté en faveur du texte, 8 s’y sont opposés et 2 se sont abstenus. Ce large plébiscite traduit l’adhésion d’une grande majorité des parlementaires, même si des voix discordantes ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact social de certaines mesures.

Défendu par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le projet de loi s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), axe central de la politique économique actuelle. Selon le ministre, cette réforme se fonde sur trois piliers : la souveraineté nationale, la justice sociale et la transparence dans la gestion des ressources publiques. Il a souligné que l’objectif du PRES est d’assurer une plus grande indépendance financière de l’État en s’appuyant sur des ressources endogènes, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans sa présentation, Cheikh Diba a mis en avant la nécessité d’explorer de nouvelles niches fiscales, capables d’apporter une contribution significative au financement du développement économique et social. Les choix opérés par le gouvernement s’expliquent, selon lui, par l’évolution de la structuration de l’économie sénégalaise, marquée notamment par le poids croissant des transactions numériques dans les flux financiers. Les transferts d’argent, qu’ils soient nationaux ou internationaux, représentent aujourd’hui un volume considérable et apparaissent comme un secteur à fort potentiel contributif.

Au-delà de la recherche de recettes, le ministre a insisté sur le rôle du vecteur fiscal comme instrument de régulation publique. L’introduction de nouvelles taxes vise aussi à infléchir certains comportements jugés nocifs pour la société. C’est dans ce sens que la réforme cible les jeux de hasard, les boissons alcoolisées, les liquides alcoolisés et le tabac, des produits dont la consommation engendre à la fois des risques sanitaires et des coûts sociaux importants. De même, la taxation des véhicules importés a été justifiée par des impératifs à la fois économiques et environnementaux, dans un contexte où le parc automobile connaît une croissance rapide et parfois désordonnée.

Le ministre a assuré que les nouvelles mesures fiscales n’ont pas été conçues dans une logique punitive mais dans une perspective de justice sociale et d’équité. Elles doivent permettre à chaque secteur de contribuer de manière proportionnelle à l’effort collectif, tout en consolidant la base budgétaire nécessaire au financement des services publics essentiels comme l’éducation, la santé ou encore l’aménagement du territoire.

Malgré l’adhésion massive des députés, le texte n’a pas fait l’unanimité. Certains élus ont exprimé des réserves, estimant que ces hausses fiscales risquent de peser directement sur les ménages les plus modestes, en particulier en ce qui concerne les transferts d’argent et les transactions digitales, qui constituent souvent un soutien vital pour de nombreuses familles. Des inquiétudes similaires ont été exprimées sur le risque de voir s’accroître l’économie informelle, si les taxes incitent une partie des usagers à contourner les circuits officiels.

La réforme, désormais adoptée, marque toutefois une étape importante dans la mise en œuvre du PRES. Elle traduit la volonté du gouvernement d’adapter la fiscalité nationale aux mutations économiques et sociales, tout en renforçant sa marge de manœuvre financière dans un contexte marqué par la pression sur les dépenses publiques et la nécessité de financer de vastes projets structurants.

À l’issue du vote, Cheikh Diba a salué « un pas décisif vers une souveraineté budgétaire plus affirmée » et a assuré que son ministère veillera à une mise en œuvre progressive et concertée, en tenant compte des réalités sociales et économiques du pays.

Rejet du recours de Barthélémy Dias : Thierno Bocoum fustige une « fiction juridique » de la Cour suprême

Thierno Bocoum a réagi à la décision de la Cour suprême concernant le recours de Barthélémy Dias. Selon l’ancien député, ce rejet soulève de sérieuses interrogations sur le plan juridique. Il rappelle qu’aucun acte administratif n’a destitué Barthélémy Dias de son mandat de maire de Dakar. À ses yeux, il n’a jamais été question d’une « radiation » ni d’une « destitution » du maire.

Le président du mouvement AGIR estime ainsi que la haute juridiction « s’est aventurée à entériner une fiction juridique, en substituant son interprétation à la lettre claire de la loi et à l’arrêté préfectoral ».

Ci-dessous l’intégralité de son texte :


 Cour suprême : comment confirmer une radiation qui n’a jamais existé ?

La décision rendue par la Cour suprême interroge profondément sur le plan juridique. En effet, nul acte administratif n’a jamais destitué Barthélémy Dias de son mandat de maire de Dakar.

Le préfet de Dakar, dans son arrêté, s’est limité à déclarer: « Je vous déclare démissionnaire de votre mandat de conseiller municipal de la Ville de Dakar, à compter de la date de notification de la présente. »

Il n’a donc jamais été question d’une radiation du maire de Dakar, encore moins d’une destitution de ce dernier.
Le droit positif sénégalais est pourtant sans ambiguïté. L’article 92 nouveau de la loi n°2021-38 du 3 décembre 2021 portant Code général des collectivités territoriales dispose que : « Le maire de ville est élu au suffrage universel direct. »

À ce titre, le maire bénéficie de prérogatives propres à sa fonction, distinctes de celles d’un conseiller municipal (article 92 nouveau, article 171 et suivants du Code général des collectivités territoriales).

Le mandat de conseiller municipal et celui de maire de ville sont certes concomitants dans le temps mais ils procèdent de deux élections distinctes.
Le maire est candidat au suffrage universel direct. Il n’est plus désigné par ses pairs comme c’était le cas dans l’ancien système.

Par conséquent, la perte du mandat de conseiller municipal n’entraîne pas ipso facto la perte du mandat de maire.
Sous l’ancien régime électoral, le maire devait nécessairement être conseiller municipal avant d’être élu par le conseil. Dans ce schéma, la perte du statut de conseiller pouvait logiquement affecter celui de maire.

Cependant,  la réforme de 2021 a consacré une indépendance totale entre les deux mandats. Le maire est élu directement par les citoyens. Dès lors, toute tentative de déduire la destitution du maire de la perte de son mandat de conseiller municipal procède d’une confusion juridique.

Le préfet n’a pas pris d’arrêté de radiation du maire de Dakar. La Cour suprême n’était donc en possession d’aucun acte administratif destituant le maire de son mandat. Comment alors peut-elle confirmer une radiation qui n’a jamais eu lieu ?
En réalité, la haute juridiction s’est aventurée à consacrer une fiction juridique, substituant son interprétation à la lettre claire de la loi et à l’arrêté préfectoral lui-même.

Ainsi, la décision de la Cour suprême, loin de consolider le droit, ouvre un dangereux précédent qui est celui d’avaliser une sanction administrative inexistante.

La question demeure entière et implacable : par quelle alchimie juridique peut-on confirmer une radiation qui n’a jamais été prononcée ?

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22 septembre au 10 octobre 2025, est portée par le ministère des Finances et du Budget en partenariat avec Impaxis Securities, société de gestion et d’intermédiation désignée comme chef de file. Les autorités affirment que cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources financières de l’État et qu’elle constitue une étape importante dans la volonté de renforcer l’implication des Sénégalais, en particulier de la diaspora, dans le financement des projets nationaux.

Mais cette présentation optimiste ne convainc pas tout le monde. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Pape Malick Ndour, a réagi avec scepticisme et a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « slogan creux ». Dans une analyse critique, il estime que cette opération pourrait bien être utilisée comme un outil de communication politique si le gouvernement n’accompagne pas son discours d’une transparence totale. Selon lui, au moment du bilan prévu pour le 10 octobre, il est fort probable que les autorités annoncent un succès éclatant, avec un taux de souscription dépassant 100 %, sans pour autant préciser l’origine réelle des fonds collectés.

Pape Malick Ndour insiste sur la nécessité de publier la répartition détaillée des souscriptions entre la diaspora, les personnes physiques sénégalaises et les personnes morales de droit sénégalais. Il considère que sans cette ventilation, les citoyens risquent de se laisser abuser par une présentation biaisée, alors même que, dans la réalité, ce sont souvent des capitaux étrangers, transitant notamment par des banques de la sous-région comme celles installées en Côte d’Ivoire, qui assurent la plus grande partie du financement. À ses yeux, la rhétorique de l’endogénéité du financement national ne résiste pas à l’épreuve des faits, d’autant plus que l’économie sénégalaise connaît une morosité qui limite fortement la capacité d’épargne et d’investissement des ménages.

Dans une touche ironique, l’ancien ministre a également interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé publiquement sa volonté de souscrire à l’emprunt. Pape Malick Ndour estime que pour montrer l’exemple et asseoir la crédibilité du projet, le chef du gouvernement devrait rendre public le montant de sa contribution. Il soulève toutefois une interrogation sur l’origine de ces fonds, rappelant que M. Sonko avait affirmé exercer ses fonctions à titre gratuit, sans percevoir de salaire, et qu’il ne dispose d’aucune autre source de revenus identifiée en dehors de ses fonds politiques.

Cette sortie traduit une inquiétude plus large sur la manière dont les autorités communiquent autour des instruments financiers. Pour Pape Malick Ndour, la question n’est pas seulement économique mais aussi politique, car il en va de la confiance des citoyens dans la gestion publique. Sans transparence, dit-il, l’emprunt obligataire risque de n’être qu’un artifice de communication destiné à masquer une dépendance persistante à l’égard de capitaux étrangers.

En rappelant ces enjeux, l’ancien ministre invite le gouvernement à faire preuve de courage et de clarté. Pour lui, seule la publication de chiffres précis permettra de transformer ce projet en véritable acte de souveraineté économique. Dans le cas contraire, il restera dans l’opinion comme un simple slogan, détaché des réalités du pays et des difficultés quotidiennes des Sénégalais.

Sénégal : l’Éducation nationale amorce l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques

Le Sénégal entre dans une nouvelle ère éducative marquée par l’introduction progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique impulsé par le chef de l’État et s’aligne sur la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 (SNE 25-29). Dans une note adressée aux enseignantes et enseignants, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a insisté sur l’importance de l’IA comme moteur des grandes transformations éducatives à l’échelle mondiale. Selon lui, l’école sénégalaise doit saisir ces opportunités avec lucidité et ambition, tout en veillant à une intégration éthique et inclusive.

Pour concrétiser cette orientation, le ministère va lancer dès cette rentrée un vaste programme national de formation continue destiné à plus de 105 000 enseignants. Ce dispositif, mis en place en partenariat avec l’Université Cheikh Hamidou Kane à travers la plateforme Force-N, comprendra notamment un module consacré à l’usage éducatif et responsable de l’IA. L’objectif est de doter les enseignants de compétences solides pour renforcer leurs pratiques professionnelles, encourager l’innovation pédagogique et maîtriser les technologies émergentes au bénéfice des élèves.

Parallèlement à la formation des enseignants, le ministère a prévu la distribution de 5 000 ordinateurs portables aux élèves de Première et de Terminale des séries scientifiques S1 et S3. Cette dotation vise à soutenir l’apprentissage des disciplines scientifiques tout en initiant les bénéficiaires à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle et en développant leurs compétences numériques avancées. Cependant, conscient des disparités d’accès à la connectivité qui persistent à travers le territoire, le ministère a prévu des solutions hybrides et diversifiées afin de garantir une inclusion numérique équitable pour l’ensemble du pays.

Moustapha Guirassy a par ailleurs tenu à préciser que l’intelligence artificielle ne remplacera en aucun cas le rôle de l’enseignant. Selon lui, l’IA doit être envisagée comme un outil d’accompagnement, capable d’enrichir les méthodes pédagogiques, de mieux différencier les parcours d’apprentissage, d’identifier en temps réel les besoins des apprenants et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la réussite scolaire. Il considère que l’IA contribuera ainsi à renforcer l’équité, la créativité et la performance du système éducatif.

Afin d’encadrer cette transition, le ministère annonce la mise en place prochaine d’une Charte nationale d’éthique de l’IA en éducation. Ce document de référence aura pour mission de garantir que l’intégration des outils intelligents respecte pleinement les valeurs républicaines et humanistes de l’école sénégalaise. Pour le ministre, il s’agit de s’assurer que l’innovation technologique reste avant tout un levier au service de la dignité, de la justice sociale et du droit à l’éducation pour tous.

À travers cette initiative, le Sénégal confirme sa volonté d’inscrire son système éducatif dans les standards internationaux de modernisation et d’innovation. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les écoles représente à la fois un défi et une opportunité : celui d’accompagner les enseignants et les apprenants vers un avenir où le numérique devient un moteur d’équité et de performance.

OACI 2025 : l’IATA exige des engagements forts pour une aviation plus sûre et plus verte

À quelques jours de l’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui se tiendra du 23 septembre au 3 octobre 2025 à Montréal, l’Association du transport aérien international (IATA) hausse le ton. L’organisation, qui a soumis quatorze notes de travail pour examen, veut placer la sécurité, la durabilité et l’efficience au centre des priorités des États membres.

Pour Willie Walsh, directeur général de l’IATA, l’heure n’est plus aux discours mais aux décisions concrètes. « Il est essentiel que nous obtenions un soutien plus ferme à la production de carburants d’aviation durables (SAF) et au régime CORSIA, qui sont les facteurs clés de l’engagement de l’aviation d’éliminer ses émissions nettes d’ici 2050 », a-t-il déclaré. L’IATA insiste sur l’importance d’un consensus mondial, rappelant que l’OACI demeure le seul cadre légitime pour définir des règles universelles.

L’un des points névralgiques concerne la montée en puissance de la production de SAF, considérée comme indispensable pour atteindre la neutralité carbone. Malgré les efforts des compagnies, les volumes disponibles restent largement insuffisants face aux besoins du secteur. L’association appelle donc les gouvernements à créer les conditions d’une industrialisation rapide de ces carburants, tout en préservant l’équité entre transporteurs.

Parallèlement, l’IATA met en garde contre l’affaiblissement du régime CORSIA (Compensation et réduction de carbone pour l’aviation internationale), adopté en 2016 et susceptible de générer jusqu’à 17 milliards de dollars d’ici 2035 pour financer des mesures climatiques. L’organisation déplore l’émergence de taxes et régimes nationaux parallèles qui, selon elle, « minent sa crédibilité et font très peu, sinon rien, pour améliorer la durabilité ». Elle exhorte donc les États à réaffirmer leur engagement envers ce dispositif et à garantir un volume suffisant d’unités d’émissions éligibles.

Au-delà du climat, la sécurité aérienne occupe une place centrale dans les notes de travail de l’IATA. L’association plaide pour une publication plus rapide et systématique des rapports d’accidents, comme le prévoit l’Annexe 13 de l’OACI, et pour des mesures renforcées contre les interférences liées aux systèmes GNSS et à l’expansion de la 5G, qui menacent l’intégrité du spectre radioélectrique critique. L’harmonisation des règles de sécurité à l’échelle mondiale reste également une priorité.

Autre proposition phare : l’élévation de l’âge limite des pilotes internationaux de vols en équipage multiple, qui passerait de 65 à 67 ans. Cette mesure serait accompagnée d’un renforcement des contrôles médicaux, afin de tenir compte des progrès en matière de santé et d’espérance de vie, tout en répondant aux besoins croissants en personnels navigants qualifiés.

L’IATA insiste également sur la nécessité de mieux protéger les consommateurs et de renforcer la confiance du public dans le transport aérien. Pour Willie Walsh, la clé réside moins dans l’adoption de nouvelles mesures que dans une application rigoureuse et cohérente des engagements déjà pris. « Tout le monde souhaite que l’aviation soit sécuritaire, efficiente et plus durable. En fait, plusieurs de nos documents demandent simplement aux gouvernements de mettre en œuvre plus efficacement les mesures qu’ils ont déjà adoptées », a-t-il rappelé.

Avec plus de 290 compagnies membres représentant 83 % du trafic aérien mondial, l’IATA espère que cette 42ᵉ Assemblée de l’OACI marquera un tournant et aboutira à des engagements fermes pour relever les défis environnementaux et sécuritaires de l’aviation mondiale.

Goudomp : Kabonketoor fait de la dénonciation une arme contre les violences sexuelles

À Goudomp, dans le sud du Sénégal, l’association Kabonketoor poursuit son engagement dans la lutte contre les violences sexuelles, un fléau qui fragilise les communautés et brise des vies. Avec l’appui du Fonds Africain pour le Développement de la Femme (AWDF), elle a organisé un atelier de sensibilisation de deux jours destiné aux leaders communautaires, aux chefs de quartier, aux conducteurs de motos-taxis Jakarta ainsi qu’aux représentants venus des localités de Kaour et de Goudomp.

Cette rencontre, qui s’inscrit dans une dynamique participative, avait pour ambition de renforcer l’implication des relais sociaux dans la prévention et la répression de ces violences. Les participants ont été outillés pour détecter les signes de violences, briser le silence, accompagner les victimes et surtout dénoncer les auteurs afin de mettre un terme à leur impunité.

Pour Rama Diedhiou, chargée de projet à Kabonketoor, la gravité de la situation impose une réaction collective. « Les violences sexuelles restent préoccupantes. Il nous faut désormais dénoncer et signaler les auteurs pour mettre un terme à ce fléau », a-t-elle martelé, appelant à une mobilisation de tous les acteurs sociaux.

Au-delà de la sensibilisation, Kabonketoor mise sur la responsabilisation des communautés. L’association encourage un changement de mentalités, afin que la dénonciation des cas ne soit plus perçue comme une trahison, mais comme un devoir de protection des victimes et de défense de la dignité humaine. Les familles, les leaders d’opinion et les structures locales sont ainsi appelés à unir leurs efforts pour créer un environnement où les survivantes sont écoutées, soutenues et accompagnées.

Cet atelier marque une étape importante dans la stratégie de l’association, qui entend placer la dénonciation au cœur de la lutte contre les violences sexuelles dans le département de Goudomp. Pour Kabonketoor, le silence n’est plus une option : seule une vigilance collective permettra d’éradiquer ce phénomène destructeur et de bâtir des communautés plus sûres et plus solidaires.

Niacourab : un voleur nocturne arrêté après une série de cambriolages

La quiétude des habitants de Niacourab, dans la banlieue dakaroise, a été fortement troublée ces dernières semaines par une série de cambriolages nocturnes. Mais la traque menée par les limiers du commissariat d’arrondissement de Jaaxay, Parcelles Assainies et Niacourab a finalement porté ses fruits. Lundi 15 septembre 2025, un individu soupçonné d’être à l’origine de ces multiples vols commis de nuit par escalade et effraction a été interpellé, selon une annonce officielle de la Police nationale.

L’affaire remonte au 6 septembre dernier lorsqu’un commerçant domicilié à Niacourab s’est présenté au commissariat pour dénoncer un cambriolage dans sa maison. Trois téléphones portables lui avaient été dérobés au cours de l’incursion d’un inconnu. Grâce aux caméras de surveillance, l’intrus avait été identifié et même brièvement rattrapé par la victime avant de réussir à s’échapper. Toutefois, ce dernier avait abandonné dans sa fuite pas moins de onze téléphones portables, dont les trois volés au commerçant. Les appareils avaient été remis à la police et, après vérification, restitués à leurs propriétaires, tous résidant dans le même quartier et ayant déclaré avoir été cambriolés durant la nuit du 6 au 7 septembre.

Alors que les habitants pensaient l’épisode clos, le même individu est repassé à l’action la nuit du 14 au 15 septembre. Escaladant les grilles d’un patio, il s’est introduit dans une autre maison du quartier et y a dérobé quatre téléphones portables ainsi qu’une valisette contenant des photocopies de pièces d’identité et divers documents administratifs. Cette fois-ci, son forfait a été interrompu par le propriétaire de la maison, réveillé par des bruits suspects. Celui-ci est parvenu à neutraliser le voleur avant de le remettre au délégué de quartier, qui a alerté les forces de l’ordre.

Présenté aux premières victimes, l’homme a été formellement reconnu grâce aux images de vidéosurveillance. L’enquête a ensuite révélé l’ampleur de son activité criminelle : seize victimes ont été identifiées et entendues, toutes résidant à Niacourab et affirmant avoir été cambriolées dans des conditions similaires. Quinze téléphones portables supplémentaires retrouvés en sa possession ont pu être restitués à leurs propriétaires.

Lors de son audition, le suspect a partiellement reconnu les faits, tout en niant être responsable de l’ensemble des vols recensés. Il a affirmé avoir écoulé une partie du butin auprès d’un vendeur ambulant de téléphones opérant sur le marché noir de Keur Massar.

Placé en garde à vue, il fait désormais face à la justice, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour identifier ses éventuels complices et retrouver d’autres objets volés. L’affaire illustre, une fois de plus, la recrudescence des cambriolages dans certains quartiers de la banlieue dakaroise et la vigilance accrue des forces de sécurité pour endiguer ce phénomène.

Révocation de Barthélemy Dias : la Cour suprême rendra sa décision ce jeudi à midi

L’affaire de la révocation de Barthélemy Dias connaît un nouveau tournant. Ce jeudi, la Cour suprême s’est penchée sur le recours introduit par l’ancien maire de Dakar, qui conteste la légalité de sa destitution. Après de brefs débats, l’audience a été suspendue et le verdict a été fixé à midi, dans une atmosphère tendue où les doutes persistent quant à l’issue.

À la sortie de l’audience, Me El Hadji Amadou Sall, seul avocat présent aux côtés de l’ex-maire, a livré ses impressions devant la presse. Son discours était empreint d’inquiétude. « Je ne suis pas rassuré du dénouement de cette affaire. Nous avons des craintes par rapport au verdict qui sera rendu par le juge à 12 heures », a-t-il déclaré. Ces craintes, selon lui, découlent notamment du climat politique entourant le dossier.

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il considère comme une pression excessive exercée par l’État et l’administration sur le Conseil municipal de Dakar. « Fondamentalement, nous avons des craintes liées d’une certaine façon au comportement du Conseil municipal, à la pression que l’État a exercée, que l’administration et le gouvernement ont exercée sur ce Conseil », a-t-il souligné.

Il a également dénoncé le calendrier jugé suspect de certaines décisions administratives. Alors même que la Cour suprême avait été saisie en procédure d’urgence, le Conseil municipal s’était réuni pour élire un nouveau maire. « Pendant que nous plaidions devant la Cour, le Conseil municipal élisait un maire. La Cour suprême aurait pu annuler et interdire cette réunion. La décence et le respect commandaient d’attendre sa décision », a regretté Me Sall. Il a par ailleurs rappelé que la convocation du Conseil municipal est intervenue peu après la publication par le Greffe de la date de l’audience, ce qui donne, selon lui, « la désagréable sensation d’une course de vitesse contre la Cour suprême ».

Concernant l’absence remarquée des autres membres du collectif d’avocats de Barthélemy Dias, Me Sall a relativisé : « Leur présence ou leur prise de parole n’était pas indispensable. Nous nous en rapportons à ce qui a été écrit. Les audiences de la Cour suprême ne sont pas des audiences de longs débats, ce sont des audiences très courtes. »

Malgré ses inquiétudes, l’avocat a tenu à réaffirmer sa foi dans l’institution judiciaire. « L’essentiel a été dit et écrit. La décision relève désormais de la Cour suprême. Même si, fondamentalement, nous avons des craintes, nous avons confiance en la Cour, quel que soit le verdict », a-t-il conclu.

Projet portant code des investissements : Voici le rapport de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Deuxième SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ANNEE 2024-2025

Rapport Fait au nom de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Sur le projet de loi n° 16/2025 portant code des investissements

 Par

Mady Danfakha

Rapporteur général

Monsieur le Président,

Messieurs les ministres,

Chers collègues,

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire s’est réunie le mercredi 17 septembre 2025, sous la direction de Monsieur Chérif Ahmed DICKO, Président de ladite Commission, à l’effet d’examiner le projet de loi n° 16/2025 portant Code des investissements. 

Le Gouvernement était représenté par Monsieur Cheikh DIBA, ministre des Finances et du Budget, assisté par ses principaux collaborateurs. 

Ouvrant la séance, le Président a, au nom de la Commission, souhaité la bienvenue au ministre ainsi qu’à ses collaborateurs. Il a, par la suite, invité le ministre à présenter les motifs qui sous-tendent le présent projet de loi.

Abordant le projet de loi, le ministre a d’abord indiqué que l’investissement privé est un facteur essentiel dans la dynamique de développement économique et social d’un pays. Il est donc important que les investisseurs privés aient non seulement une bonne visibilité, mais également s’assurent de la mise en place d’un dispositif de réduction des risques réels ou potentiels auxquels ils peuvent ou pourraient faire face, a-t-il ajouté.

Selon lui, ces préoccupations majeures appellent des réformes profondes permettant de soutenir et d’accompagner les efforts de croissance de l’économie nationale, dans un environnement légal et réglementaire stable.

Le ministre a fait noter que la promotion des investissements a longtemps été une priorité de l’État, comme en témoignent les nombreux dispositifs incitatifs adoptés. Il a ainsi rappelé que la dernière réforme introduite par la loi n° 2004-06 avait permis, entre autres, de pallier certaines insuffisances et contraintes liées à l’investissement, notamment celles relatives aux conditions d’éligibilité et au champ d’application de la loi. Cette loi avait également permis d’adapter le mécanisme d’incitation à l’investissement aux réalités d’alors de l’économie sénégalaise et mondiale, a-t-il ajouté.

Selon le ministre, la loi de 2004 avait surtout procédé à la résorption de la multiplicité des régimes et amélioré l’attractivité du Sénégal en termes d’incitations offertes aux investisseurs.

Cependant, après plus de vingt (20) ans d’application du Code des Investissements de 2004, il a paru opportun de tenir compte des transformations majeures de l’environnement de l’investissement privé, des évolutions notées dans les politiques publiques nationales, des normes communautaires ou internationales et des exigences liées aux mutations de l’économie mondiale, à la survenance de nouveaux défis et à l’émergence de nouvelles opportunités, a-t-il relevé.

Sous ce rapport, la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, référentiel national unique des politiques publiques, implique la mise en place d’un nouveau cadre incitatif pour l’investissement privé, condition indispensable pour la construction d’une véritable économie de développement.

À ce titre, la Stratégie nationale de Développement accorde à l’investissement privé un rôle central dans l’atteinte des objectifs de croissance durable, de création d’emplois et de renforcement de la souveraineté économique.

Aussi, la réforme du Code des investissements offre-t-elle l’opportunité de prendre en charge les préoccupations susceptibles de nuire à l’environnement des affaires. Parmi celles-ci, on peut relever, entre autres :

– le déficit de suivi de la réalisation des investissements agréés ;

– les difficultés de mise en œuvre d’un dispositif incitatif performant ;

– la complexité et la lourdeur des procédures administratives ;

– les contraintes liées à l’accès au foncier ;

– la non-prise en charge de la spécificité de certains investissements particuliers.

Ainsi, le présent projet de loi introduit un cadre des investissements reconfiguré en instrument moderne et adapté aux enjeux économiques actuels et futurs, en alignement avec la Vision Sénégal 2050.

A cet effet, le projet de loi portant Code des Investissements apporte les innovations majeures suivantes :

– l’élargissement des secteurs d’activités éligibles au Code ;

– la digitalisation des procédures liées à l’octroi des avantages prévus par le présent Code ;

– la redéfinition du régime de protection des investisseurs et des investissements, pour le rendre plus clair et efficace ;

– l’intégration des services de facilitation de l’accès au foncier pour les investisseurs potentiels ;

– la promotion de la réalisation d’investissements dans les zones de l’intérieur du pays conformément à la politique de territorialisation de l’investissement ;

– le renforcement des incitations non fiscales et l’accès à des facilités pour les investisseurs enregistrés auprès de l’organe en charge de la promotion des investissements ;

– le renforcement du rôle de l’organe en charge de la promotion des investissements dans la facilitation des procédures, la gestion des griefs et la prévention des conflits entre les investisseurs et les administrations publiques ;

– la révision des seuils d’éligibilité pour le régime fiscal de droit commun, afin de permettre d’inclure dans le champ d’application du Code la petite, voire la très petite entreprise ;

– la mise en place de régimes fiscaux et douaniers dérogatoires, pouvant être complétés par des régimes incitatifs particuliers pour les investissements répondant à certains critères ;

– la promotion du contenu local, de l’investissement responsable et du développement durable.

Suivant le ministre, le présent projet de loi tient compte des objectifs stratégiques de politique nationale suivants :

– le développement du secteur privé national ;

– la promotion de l’investissement privé dans les secteurs prioritaires ;

– la promotion des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises ;

– la création d’entreprises nouvelles et le développement des entreprises existantes ;

– la création d’emplois et la réduction des disparités territoriales en matière d’investissement ;

– l’attraction des investissements directs étrangers durables ;

– le transfert de technologies et de compétences.

Intervenant à leur tour, vos commissaires ont souhaité la bienvenue au ministre ainsi qu’à ses collaborateurs. Ils ont adressé des félicitations chaleureuses au ministre pour sa reconduction à la tête de ce département hautement stratégique, avant de faire part de leurs préoccupations et suggestions qui, pour l’essentiel, se résument aux points ci-dessous. 

Certains de vos commissaires ont salué ce présent projet de loi qui s’inscrit dans le cadre de la réforme globale du dispositif d’incitation à l’investissement privé devant accompagner l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ». D’autres ont, en revanche, déploré l’examen de ce projet de loi en procédure d’urgence, les privant ainsi d’un précieux temps en vue de l’étude analytique de ce texte de grande portée et d’extrême importance. 

Par ailleurs, considérant que nombre d’entreprises ne respectent pas le cahier des charges dûment signé avec l’autorité contractante, des commissaires ont demandé au ministre si la Responsabilité sociétale d’Entreprise (RSE) incombe à toutes les entreprises. Aussi, ont-ils souhaité être édifiés sur l’existence d’un dispositif spécifique de contrainte, notamment en cas de non-satisfaction à cette obligation. De même, ils ont suggéré un contrôle plus rigoureux sur les investisseurs afin de rendre effectif le contenu local. 

Certains commissaires ont, dans la même optique, interpellé le ministre sur l’absence de suivi par rapport au respect de certains engagements par l’investisseur, surtout en ce qui concerne l’impact environnemental du projet d’investissement. Ils ont, en outre demandé, si le retrait de l’agrément peut être effectué sans difficulté en cas de non-respect par l’investisseur du cahier de charges. 

Sur un autre registre, des commissaires ont estimé que ce nouveau Code des investissements confère trop de pouvoirs à l’investisseur. À ce niveau, l’attention du ministre a été attirée sur l’exploitation, dont sont victimes nombreux Sénégalais dans les entreprises, notamment celles étrangères. 

Ils ont dès lors exprimé leur inquiétude quant à l’accentuation de la violation des droits de ces employés sur le fondement de l’article 9 de ce présent de projet de loi tout en interpellant le ministre sur l’existence d’un dispositif de contrôle spécifique y afférent. 

Dans le même sillage, certains commissaires ont magnifié l’article 18 de ce projet de loi relatif à l’éthique des affaires et aux normes de travail. Toutefois, ils se sont interrogés sur les capacités de l’État à contrôler l’origine licite des fonds d’investissements, surtout dans un contexte de raréfaction des ressources. 

De plus, il a été suggéré au ministre la réécriture de l’article 6 du Code des investissements dans le sens d’impulser une dynamique intégrée voire coopérative à travers l’implication des nationaux dans les projets détenus par les étrangers. Aussi, ont-ils proposé que les projets d’investissements puissent durer cinq (5) ans à Thiès au même titre que dans les autres régions tout en estimant que le rabaissement de l’éligibilité à 15 millions de FCA pour induire le foisonnement des Petites et Moyennes Entreprises. 

Dans le même ordre d’idées, des commissaires ont considéré que l’entrée en vigueur de ce projet de loi va induire un changement notoire relativement au Règlement intérieur de certaines entités comme le FONSIS.  

Par ailleurs, certains commissaires ont considéré que les activités professionnelles libérales et réglementées sont exclues du champ d’application de ce présent projet de loi, à l’exception du secteur de la santé. 

Sur ce, il a été demandé au ministre les raisons d’une telle option. De même, ils ont souhaité plus d’éclairages sur les critères spécifiques concernant la mise en place de régimes fiscaux et domaniaux dérogatoires. 

Enfin, des commissaires se sont également préoccupés de l’absence de système de suivi-évaluation coordonné susceptible d’avoir un impact significatif sur la mise en œuvre des projets et programmes voire des politiques publiques. À ce titre, ils ont souhaité savoir si une étude évaluative a été faite afin de mesurer les pertes en termes de recettes fiscales et douanières dues à la mise en application de ce nouveau Code des investissements.

Reprenant la parole, le ministre a d’abord remercié vos commissaires pour les prières et vœux formulés à son endroit tout en se réjouissant de l’intérêt singulier que la Représentation nationale a attaché à l’examen de ce projet de loi.

Concernant le Code des investissements, il fera noter qu’il s’agit d’un texte important qui participe à l’attractivité de notre économie. Il vient corriger les manquements de l’ancien Code de 2004 pour améliorer l’environnement des affaires au Sénégal.

Sur les critères pour bénéficier de ce Code, le ministre indiquera qu’il faut un investissement supérieur ou égal à 15.000.000.000 FCFA. Derrière ce Code, il y a une politique de formalisation du secteur avec un certain nombre d’avantages comme la suspension de la TVA, l’exonération des droits de douane, etc.

Sur le coût budgétaire de la mise en œuvre de ce Code, le ministre a précisé qu’il n’y avait pas d’analyse ex ante. Toutefois une évaluation ex post existe à travers le rapport sur les dépenses fiscales qui est un document qui accompagne le projet de loi de finances.

À la suite des réponses apportées par le ministre, vos commissaires ont adopté à la majorité le projet de loi n° 16/2025 portant Code des investissements. Ils vous demandent d’en faire autant, s’il ne soulève de votre part, aucune objection majeure.

23ᵉ anniversaire du naufrage du Joola : les familles exigent justice et le renflouement de l’épave

Le Sénégal s’apprête à commémorer, le 26 septembre 2025, le 23ᵉ anniversaire du naufrage du bateau Le Joola. À l’approche de cette date douloureuse, le Comité d’initiative pour l’érection du Musée-Mémorial Le Joola a organisé, ce jeudi 18 septembre à Dakar, une conférence de presse pour rappeler deux revendications centrales : la réouverture du dossier judiciaire et le renflouement du navire englouti au large de la Gambie.

Samsidine Aidara, porte-parole du comité, a dénoncé le classement sans suite du dossier, qu’il juge injuste. « Aujourd’hui, 23 ans après, nous pensons que si la lumière est faite sur le Joola, si ce dossier est ramené à sa juste place et jugé convenablement, il n’y a rien de mieux comme baromètre pour tester la justice sénégalaise et la volonté du nouveau régime d’en faire son fer de lance », a-t-il déclaré.

L’autre exigence porte sur le renflouement de l’épave, perçu comme un impératif moral et un devoir de mémoire. Le collectif rappelle que, malgré les promesses faites par les autorités successives, le navire repose toujours au fond de l’océan, enfermant les dépouilles de centaines de victimes. « Renflouer le bateau est aussi une question de justice sociale. Vingt ans après le naufrage, le bateau n’est toujours pas renfloué malgré les engagements répétés de l’État à le faire. Le renflouement est aussi un acte de respect de la dignité humaine », a martelé le comité.

Les familles estiment qu’aucune contrainte, qu’elle soit financière ou psychologique, ne peut justifier le maintien de l’épave sous les eaux. « Est-il possible, un seul instant, de penser que les familles acceptent, l’esprit apaisé, de laisser leurs proches coincés dans l’épave du bateau, sous prétexte que renflouer créerait de nouveaux traumatismes ou coûterait cher ? Non ! Le renflouement du Joola n’est pas juste une question technique et financière. C’est aussi et surtout une occasion unique de faire véritablement le deuil et de connaître toute la vérité sur le naufrage », a insisté le porte-parole.

Pour mémoire, le 26 septembre 2002, le bateau Le Joola sombrait en pleine nuit, au large des côtes gambiennes. Parti quelques heures plus tôt du port de Ziguinchor en direction de Dakar, il transportait des centaines de passagers au-delà de sa capacité. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts, ce qui en fait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire moderne, comparable au naufrage du Titanic.

Vingt-trois ans après, les blessures restent vives. Les familles des victimes, toujours en quête de vérité et de justice, espèrent que cette commémoration sera l’occasion pour les nouvelles autorités de prendre enfin des décisions concrètes pour solder ce lourd héritage.

Taxe sur les transactions digitales : l’AFP tire la sonnette d’alarme et redoute des pertes d’emplois massives

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), dirigée par l’honorable Mbaye Dione, a tenu une réunion stratégique le 18 septembre 2025 consacrée à l’examen de la situation nationale et aux perspectives politiques du parti. À l’issue de cette rencontre, l’AFP a publié un communiqué dans lequel elle exprime de profondes inquiétudes quant à la trajectoire économique et politique du pays, tout en annonçant de nouvelles orientations internes pour renforcer sa présence sur le terrain.

Sur le plan économique, l’AFP estime que le Sénégal traverse « des zones de turbulences inédites » et accuse le gouvernement de naviguer à vue. Le parti dénonce un « tâtonnement sans fin » dans la recherche de solutions à la crise actuelle et considère que le plan de redressement présenté par les autorités est compromis dès son lancement par « un manque flagrant de concertation » et une « pression fiscale déraisonnable » imposée aux populations les plus vulnérables.

La formation politique prend pour exemple la taxe sur les transactions digitales, qualifiée de menace directe pour l’emploi et l’activité économique. Selon le communiqué, cette mesure risque de provoquer une contraction immédiate des transactions et de pousser de nombreuses entreprises à réduire leurs effectifs. L’AFP prévient que ces pertes d’emplois s’ajouteraient aux « 30 000 travailleurs du public déjà remerciés », aggravant encore les tensions sociales dans un contexte marqué par l’arrêt de plusieurs chantiers du BTP.

Sur le plan diplomatique, le parti critique sévèrement la stratégie du gouvernement, pointant du doigt « les errements d’une communication et d’une diplomatie hasardeuses ». D’après l’AFP, cette approche a contribué à dégrader l’image du Sénégal à l’international et à fragiliser ses relations avec des partenaires stratégiques tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays a plus que jamais besoin de financements extérieurs.

La gouvernance politique est également mise en cause. L’AFP évoque une « dualité au sommet de l’État » qui engendrerait confusion et désordre, tout en représentant une « menace grave » pour la séparation des pouvoirs. Le dernier remaniement ministériel est perçu comme une manœuvre visant à lever les obstacles gênant « le projet totalitaire du régime en place », en contradiction avec les valeurs républicaines.

Face à ce constat, l’AFP appelle à « un sens élevé des responsabilités » et à une gouvernance fondée sur la sérénité, le respect de l’État de droit et la transparence, en mettant en garde contre les règlements de comptes politiques susceptibles de miner la cohésion nationale.

Sur le plan organisationnel, le parti entend engager une dynamique de massification et de remobilisation de ses bases. Mbaye Dione a déjà entamé des tournées départementales et multiplié les rencontres avec d’anciens militants, la diaspora et divers acteurs sociaux. La Direction collégiale a décidé de mettre en place des structures plus légères et efficaces afin de mieux répondre aux enjeux actuels.

La relance des mouvements affiliés tels que le MOUNFEP et le MNJP, ainsi que des organisations partenaires comme l’ANCP et le MPASI, fait partie des priorités définies. L’AFP prévoit également de renforcer ses alliances politiques et sociales, notamment avec l’opposition, la gauche plurielle et les syndicats. Dans ce cadre, Mbaye Dione a récemment rencontré les responsables du PIT et l’association des licenciés du public.

En conclusion, l’AFP exhorte ses responsables et militants à un « engagement sans faille » afin de préparer les prochaines échéances électorales et de se poser en véritable alternative face aux défis économiques et politiques du pays. Le parti réaffirme son ambition de participer activement à la gestion des aspirations des Sénégalais, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales grandissantes.

MOBILISATION DE 300 MILLIARDS F CFA DANS L’UMOA, CRÉATION DES « DIASPORA BONDS » : Un pari suffisant pour relancer l’économie ?

Face à la suspension partielle des décaissements du Fonds monétaire international (Fmi) et aux contraintes liées à la dette publique, Dakar mise, désormais, sur deux leviers principaux : le marché financier régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et l’épargne de la diaspora à travers les « Diaspora Bonds ».
Ainsi, le Sénégal, s’apprête-t-il à émettre 300 milliards F CFA sur le marché régional. Ceci est structuré en quatre tranches : 60 milliards à trois ans, 100 milliards à cinq ans, 80 milliards à sept ans et 60 milliards à dix ans, chacune assortie d’un taux de coupon compris entre 6,40 % et 6,95 %.
La SGI Impaxis Securities, dirigée par Ababacar Diaw, assume le rôle d’arrangeur principal et de chef de file de l’opération.
Cette levée s’ajoute aux deux précédentes émissions de 2025. En effet, depuis le début de l’année, le Sénégal a déjà réalisé deux appels publics à l’épargne : 416 milliards FCFA en mars, puis 364 milliards en juillet. Avec cette troisième opération, le total mobilisé par syndication dépasse 1000 milliards FCFA. À cela s’ajoutent 1 740 milliards FCFA levés via les adjudications classiques organisées par UMOA-Titres sur les neuf premiers mois de l’année, portant donc le cumul des fonds mobilisés sur le marché régional à plus de 2 700 milliards FCFA.
Ces nombreux recours à l’UMOA interviennent dans un contexte difficile suite aux déclarations du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a évoqué une « dette cachée » par l’Administration Macky Sall, estimée à 8 300 milliards FCFA, soit 41 % du PIB. En conséquence, la dette publique, initialement évaluée à 74 % du PIB fin 2023, a été révisée à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. La note souveraine du Sénégal a été abaissée par l’agence S&P Global Ratings de B à B- avec perspective négative.
Suite à ces épisodes, le FMI a gelé un programme à plus de 1 100 milliards F CFA. L’institution financière n’est d’ailleurs, jusqu’à présent, pas revenue sur cette décision, dans l’attente d’informations complémentaires demandées au gouvernement sénégalais.
Pour pallier ces contraintes, le duo Diomaye-Sonko s’appuie sur le marché régional et sur de nouveaux instruments financiers, tels que les « Diaspora Bonds », destinés à mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur. Une orientation qui traduit une volonté de s’affranchir de l’assistance du FMI.
Mais, beaucoup de défis sonnent à l’horizon. Si la croissance globale bénéficie du démarrage de la production pétrolière et gazière, avec un taux de 12,1 % au premier trimestre 2025 selon le FMI, la progression hors hydrocarbures demeure modeste, freinée par les difficultés dans le BTP et l’industrie chimique. L’inflation, elle, reste contenue, à 0,7 % en juillet.
La réussite du Plan de redressement économique et social (PRES) dépendra, dès lors, de la capacité du gouvernement à mobiliser de manière soutenue et efficace les ressources régionales et locales. Le marché financier de l’UEMOA et les « Diaspora Bonds » constituent des leviers, mais la question centrale demeure. D’où la question : le Sénégal pourra-t-il financer son plan ambitieux sans l’appui du FMI et des marchés internationaux, tout en maîtrisant les risques liés à une dette publique déjà très élevée ?
La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°560 – 18/09/2025

🔴 NOUVEL EMPRUNT DE 300 MILLIARDS F CFA VIA L’UMOA-TITRES, LANCEMENT DES « DIASPORAS BONDS » : EST-CE SUFFISANT POUR REMONTER LA PENTE ?
🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : LES OPÉRATEURS HAUSSENT LE TON

🔴 YOUSSOUPHA MBODJ ÉTINCELANT, BAYERN, PSG ET LIVERPOOL PHÉNOMÉNAUX : LA LIGUE DES CHAMPIONS EST LANCÉE !
🔴 ENTRÉE FRACASSANTE EN LIGUE DES CHAMPIONS AFC 2 : SADIO MANÉ EN FEU

Rapport CENTIF 2024 : le secteur extractif épinglé pour plus de 4 milliards FCFA de flux financiers suspects

Le secteur extractif sénégalais se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, après la publication du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). L’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a révélé des flux financiers suspects estimés à plus de 4 milliards de francs CFA. Ces fonds proviendraient d’opérations douteuses dans le domaine de l’exploitation aurifère, en particulier dans les circuits liés à l’orpaillage artisanal, mais aussi dans des transactions effectuées par des sociétés de négoce considérées comme des façades de blanchiment.

Les investigations de la CENTIF ont mis en évidence des pratiques inquiétantes. Plusieurs individus, officiellement présentés comme orpailleurs, effectuaient régulièrement des dépôts bancaires en espèces, parfois de très forte valeur. Or, les montants déposés étaient sans commune mesure avec les revenus déclarés de ces exploitants artisanaux. Dans certains cas, ces dépôts étaient rapidement suivis de transferts à l’international, notamment vers des pays reconnus comme plaques tournantes du commerce de l’or. Ce schéma, classique dans les circuits de blanchiment, a attiré l’attention des enquêteurs.

Le rapport met aussi en cause des sociétés de négoce, parfois créées récemment, qui réalisaient des transactions financières massives sans qu’une activité économique claire ne justifie de tels flux. Ces structures, soupçonnées de servir de couverture, semblent avoir été mises en place pour masquer l’origine illicite de fonds liés à des trafics de métaux précieux ou à de la contrebande aurifère. Dans plusieurs zones minières, la sous-déclaration de la production officielle a par ailleurs facilité l’introduction de l’or de contrebande dans les circuits formels, alimentant des réseaux transnationaux de blanchiment.

Pour la CENTIF, le secteur extractif reste l’un des plus vulnérables aux activités criminelles. La prédominance des transactions en espèces, la difficulté à tracer les flux financiers et l’implication d’acteurs transnationaux rendent ce domaine particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de financement illicite. Le rapport recommande un renforcement de la vigilance des banques et institutions financières, qui doivent redoubler d’attention dans la gestion des comptes ouverts par les acteurs du secteur, notamment ceux implantés dans les zones frontalières où les contrôles sont souvent plus difficiles.

Le document de la CENTIF ne se limite pas au secteur extractif. Pour l’année 2024, l’institution indique avoir transmis 62 dossiers aux juridictions compétentes, pour un montant cumulé de plus de 102 milliards de francs CFA. Une partie importante de ces affaires est directement ou indirectement liée aux activités minières, confirmant la sensibilité du secteur et la nécessité de mieux encadrer ses flux financiers.

Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence l’urgence d’une coopération renforcée entre l’État, les acteurs financiers et les structures de contrôle. Il s’agit non seulement de protéger les ressources naturelles du Sénégal, mais aussi de garantir que leur exploitation profite réellement à l’économie nationale, sans être détournée par des circuits opaques et criminels.

La CENTIF, qui joue un rôle central dans la prévention et la détection du blanchiment, appelle ainsi à des réformes structurelles pour sécuriser le secteur extractif et limiter les risques. Pour les experts, cette alerte devrait constituer un signal fort en faveur de la transparence et du renforcement de la gouvernance dans un domaine stratégique pour l’avenir économique du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°559 – 17/09/2025

🔴 97ᵉ MONDIAL, 8ᵉ AFRICAIN DANS LE CLASSEMENT DES PAYS LES PLUS ATTRACTIFS POUR LES INVESTISSEURS : LE SÉNÉGAL EST-IL COMPÉTITIF ?
🔴 SANTÉ / ÉLIMINATION DU TRACHOME : L’EXPERTISE SÉNÉGALAISE SALUÉE !

🔴 TOKYO 2025 / QUALIFIÉE EN FINALE DU TRIPLE SAUT FÉMININ : SALLY SARR PORTE LES ESPOIRS SÉNÉGALAIS
🔴 « SAUVONS NOTRE FOOTBALL LOCAL » : LE « CRI DU CŒUR » DE MBAYE JACQUES DIOP

Ministère des Infrastructures : Déthié Fall prend officiellement en main de nouvelles directions stratégiques

La réorganisation gouvernementale autour des infrastructures a franchi une étape clé avec la cérémonie de passation de service tenue entre Yankhoba Diemé, ministre des Transports terrestres et aériens, et Déthié Fall, désormais en charge du nouveau ministère des Infrastructures. Sous la supervision d’un inspecteur général d’État, le transfert s’est déroulé dans un climat empreint de respect institutionnel et de collaboration, marquant le passage de relais sur l’ensemble des dossiers relevant du volet infrastructures.

Désormais, plusieurs directions et structures stratégiques rejoignent le portefeuille confié à Déthié Fall. Parmi elles, la Direction générale des Infrastructures routières et du Désenclavement, qui pilote la planification, le suivi et la régulation des projets routiers, un rôle essentiel dans la consolidation de la continuité territoriale et la lutte contre l’isolement des régions. À cela s’ajoute la Direction des Infrastructures aéroportuaires, chargée de mettre en œuvre la politique nationale de développement aéroportuaire, un levier important pour renforcer la compétitivité du Sénégal à l’échelle régionale et internationale.

L’Agence des Travaux et de Gestion des Routes, connue pour sa contribution directe à la réalisation, à l’entretien et à la gestion du réseau routier, est également rattachée à ce ministère, tout comme le Fonds d’Entretien Routier Autonome, qui assure la mobilisation des financements nécessaires à la préservation du patrimoine routier national.

Dans le domaine de la qualité et de la sécurité, le Laboratoire national de Référence du Bâtiment et des Travaux publics devient un allié incontournable pour garantir la fiabilité des ouvrages réalisés. À cela s’ajoute le Centre de Formation et de Perfectionnement des Travaux publics, dont la mission de former et de renforcer les compétences des acteurs du secteur en fait un outil stratégique pour accompagner l’ambition de modernisation du pays. Enfin, les Divisions régionales des Infrastructures passent elles aussi sous la tutelle du ministère, permettant un maillage plus rapproché et une gestion déconcentrée des projets.

Avec cette nouvelle architecture, Déthié Fall hérite d’un portefeuille élargi et lourdement stratégique. Le ministre a déjà affiché sa volonté d’inscrire son action dans la rigueur, la transparence et l’efficacité, pour accélérer la cadence des grands chantiers nationaux. Dans un pays où la modernisation des infrastructures conditionne le développement économique et social, cette prise en main marque un tournant décisif pour la mise en œuvre des priorités fixées par les plus hautes autorités.

Élimination du trachome au Sénégal : un succès sanitaire qui inspire l’Afrique et le reste du monde

Le Sénégal vient de franchir une étape historique dans le domaine de la santé publique avec l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique. Cette maladie oculaire, principale cause de cécité infectieuse dans le monde et classée parmi les quatorze maladies tropicales négligées (MTN), a officiellement été éradiquée grâce à des années d’efforts concertés entre l’État, les acteurs de santé et les partenaires internationaux.

À l’occasion de la journée de célébration de cette prouesse, organisée mardi, le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Samba Cor Sarr, a souligné que cette victoire devait être inscrite parmi les indicateurs nationaux de transformation sanitaire. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’un succès ponctuel, mais d’un levier stratégique pour transformer durablement le système de santé sénégalais. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les budgets consacrés à la surveillance et à la coordination multisectorielle, tout en plaidant pour une valorisation diplomatique de cette réussite dans les fora régionaux et internationaux.

Dr Sarr a expliqué que cette étape constitue « un début de capitalisation » et que le parcours sénégalais doit être documenté afin de produire des articles scientifiques, des communications internationales et des leçons utiles à d’autres pays encore confrontés à cette maladie. « Au-delà de la victoire sanitaire, cette validation représente un levier stratégique pour la transformation globale de notre système de santé et l’atteinte des autres objectifs de souveraineté, d’équité et de développement durable », a-t-il déclaré, ajoutant que cette prouesse illustrait l’engagement du pays à bâtir un Sénégal inclusif et solidaire tel que défini dans le projet Sénégal 2050.

Le représentant par intérim de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal, Dr Mady Ba, a pour sa part salué un exemple inspirant pour l’Afrique et le monde. Selon lui, l’expérience sénégalaise prouve qu’il est possible d’éliminer des maladies longtemps considérées comme inévitables, à condition de s’appuyer sur une approche fondée sur la dignité humaine, l’équité en matière de santé et un engagement constant. « Le Sénégal montre aujourd’hui l’exemple à l’Afrique et au monde entier », a-t-il déclaré, espérant que cette célébration serve de source d’inspiration pour d’autres initiatives de santé publique et pour les pays encore engagés dans cette lutte.

Neuvième pays de la région africaine de l’OMS à réussir cette performance, le Sénégal avait déjà éliminé la dracunculose, ou maladie du ver de Guinée, en 2004. Le ministère de la Santé entend désormais consolider ces acquis en mettant en place un plan national de surveillance et d’élimination, destiné à prévenir toute résurgence du trachome.

Ce succès témoigne du chemin parcouru par le pays et de la force de la volonté politique, de l’engagement des acteurs de santé et du soutien indéfectible des partenaires techniques et financiers. En devenant une référence dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, le Sénégal ouvre une voie qui inspire à la fois l’Afrique et le reste du monde.

Inondations à Touba : Cheikh Tidiane Dièye valide un plan d’urgence et mobilise des moyens exceptionnels

La situation des inondations à Touba a pris une tournure critique, poussant les autorités à valider un plan d’action d’urgence. Ce mardi 16 septembre 2025, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présidé une réunion stratégique consacrée à la lutte contre ce fléau dans la région de Diourbel, plus particulièrement dans la ville sainte.

Autour de la table, toutes les forces vives ont été mobilisées. Le Gouverneur de Diourbel, le maire de Touba (Mosquée), les Forces armées, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, ainsi que les services techniques du ministère (ONAS, SONES, SEN’EAU, Directions de l’Assainissement et de la Prévention des inondations) ont pris part aux discussions. Des structures opérationnelles telles qu’Ageroute, Senter, l’ADM, le Service national de l’hygiène, ainsi que des organismes de bassin (OMVS et OMVG), des entreprises de travaux et l’Association des Acteurs de l’Assainissement étaient également représentés.

Le ministre a insisté sur la nécessité de mutualiser et de redéployer les ressources existantes pour répondre à l’urgence. Près de 130 millions de FCFA et 15 000 litres de carburant ont été immédiatement débloqués. Des camions hydrocureurs, des motopompes et électropompes à gros débit, ainsi que des engins d’excavation et de terrassement ont été mobilisés, complétés par trois kilomètres de tuyaux destinés à améliorer l’évacuation des eaux. Sur le plan humanitaire, un appui conséquent a été mis en place : plus de 200 millions de FCFA ont été engagés par la mairie de Touba Mosquée, tandis que la Gendarmerie a offert cinq tentes, 200 moustiquaires et 500 matelas pour venir en aide aux familles sinistrées.

Parmi les mesures prioritaires adoptées figurent l’ouverture de tranchées drainantes pour accélérer l’écoulement des eaux, le renforcement du dispositif de pompage et de drainage, ainsi que des travaux de voirie pour désenclaver les zones touchées. La mobilisation de jeunes volontaires a été décidée, tout comme l’intervention d’Ageroute sur les routes fortement dégradées. Le Service national de l’hygiène, pour sa part, est chargé des opérations de saupoudrage et de délarvage afin de prévenir les risques sanitaires.

Cheikh Tidiane Dièye a rappelé que la gestion des inondations est une responsabilité collective et a confié au gouverneur de Diourbel le suivi et la coordination de la mise en œuvre de ce plan. Objectif : soulager rapidement les populations impactées par cette catastrophe.

Le ministre a également annoncé sa venue à Touba dans les prochains jours pour constater l’avancement des travaux, rencontrer les familles sinistrées et échanger avec le Khalife général des mourides, son porte-parole et les autorités religieuses. À travers ce déplacement, il souhaite discuter non seulement des solutions d’urgence, mais aussi des projets structurels à long terme, dont un écoulement gravitaire durable des eaux pluviales vers la vallée du Sine.

Financement agricole : l’adjointe au gouverneur de Dakar alerte sur les détournements et annonce des contrôles renforcés

À Dakar, la gestion des financements destinés au secteur agricole attire désormais une attention particulière des autorités. L’adjointe au gouverneur de la région, chargée du développement, Digou Yala Mathilde Sadio, a tenu à mettre en garde les bénéficiaires de fonds publics contre toute utilisation détournée des ressources mises à leur disposition.

« Nous veillons, et demandons d’éviter les détournements d’objectif parce qu’on ne doit pas utiliser de l’argent destiné à des projets bien définis à d’autres fins », a-t-elle déclaré lors d’un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS). La responsable a annoncé que des contrôles réguliers seraient effectués sur le terrain pour s’assurer que les financements sont employés conformément aux objectifs fixés.

Cette mise au point est intervenue mardi, au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation consacrée aux opportunités offertes par le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), un dispositif régional visant à soutenir l’agriculture et l’élevage.

Selon Mme Sadio, les échanges avec les participants ont mis en lumière des préoccupations récurrentes. Plusieurs intervenants ont souligné les risques de détournements d’usage des financements, mais également le problème du non-remboursement des prêts contractés. « On entend toujours les gens dire qu’on ne rembourse pas parce que c’est de l’argent de l’État », a-t-elle relevé, déplorant une perception erronée qui nuit à la pérennité des dispositifs de soutien.

Elle a rappelé avec insistance que ces ressources proviennent de l’argent du contribuable et doivent donc être considérées comme un bien commun. « Les financements publics ne sont pas une manne gratuite, mais un outil destiné à renforcer la productivité et la résilience des exploitants », a-t-elle insisté.

La sortie de l’adjointe au gouverneur s’inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour améliorer la sécurité alimentaire et soutenir les acteurs agricoles. Mais l’efficacité de ces politiques dépend largement de la bonne gestion des fonds par les bénéficiaires, une responsabilité que les autorités entendent désormais suivre de près.

Thiès : trois mois de prison ferme pour un jeune qui avait volé neuf téléphones durant le Magal

Le Magal de Touba, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles, a été marqué cette fois par un fait divers survenu dans une maison d’accueil. Un jeune homme de 18 ans, domicilié à Thiès et répondant au nom de Gora, a profité de l’hospitalité de son hôte pour exécuter un plan minutieusement préparé : dérober des téléphones portables afin de les revendre.

Hébergé chez C. Mbaye, comme de nombreux autres invités venus participer à l’événement religieux, Gora attendait patiemment la tombée de la nuit pour passer à l’action. Lorsque toute la maison était plongée dans le sommeil, il s’introduisait dans les chambres et subtilisait les appareils. Au total, neuf téléphones portables ont ainsi disparu dans la nuit.

Au matin, la découverte du vol a provoqué stupeur et incompréhension parmi les occupants. Les soupçons se sont immédiatement tournés vers l’hôte, C. Mbaye, tenu pour responsable par ses invités de la disparition de leurs biens. Décidé à laver son honneur, ce dernier est parti à la recherche du véritable coupable et a retrouvé le jeune Gora dans le quartier Hersent, à Thiès.

Le voleur présumé a été interpellé par la police, puis déféré devant le tribunal d’instance de Thiès. Face au juge, il a reconnu les faits, mais a tenté de se justifier en expliquant que son geste relevait d’un esprit de vengeance. Selon ses déclarations, C. Mbaye lui aurait causé du tort par le passé, ce qui l’aurait poussé à agir de la sorte.

Le tribunal n’a pas retenu cette justification. Sur la base des preuves et des aveux, Gora a été déclaré coupable de « vol commis la nuit », une infraction lourdement sanctionnée par la loi. Le juge l’a condamné à une peine de trois mois de prison ferme, une décision rapportée par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce mardi 16 septembre.

Parti socialiste : le tribunal rendra son verdict le 29 septembre dans l’affaire de la direction contestée

Le différend qui secoue le Parti socialiste (PS) a franchi une nouvelle étape judiciaire. Le tribunal des référés, saisi dans l’affaire opposant Aminata Mbengue Ndiaye et ses camarades socialistes à la direction du parti, a examiné le dossier ce lundi 15 septembre 2025. Toutefois, le juge a choisi de mettre sa décision en délibéré. Le verdict est attendu pour le 29 septembre prochain.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, la salle d’audience a offert un contraste marqué entre les deux camps. Du côté de la direction du parti, la mobilisation a été jugée faible, avec l’absence remarquée de plusieurs responsables, dont Me Aïssata Tall Sall. La défense a finalement été assurée par Me Barro, qui s’est tenu face à l’avocat des contestataires, Me Elhadji Diouf. Ce dernier n’a pas manqué de critiquer avec vigueur la gestion actuelle du parti.

À l’inverse, le camp des « rebelles » s’est signalé par une forte présence de militants venus soutenir leurs représentants. Une manière d’affirmer leur détermination à contester la légitimité d’Aminata Mbengue Ndiaye, accusée d’avoir prolongé illégalement son intérim à la tête du parti. Les contestataires estiment que cette prolongation viole clairement les articles 25 et 30 des statuts du PS, ainsi que d’autres dispositions internes.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes qui traversent l’un des plus vieux partis politiques du Sénégal, partagé entre la fidélité à une direction incarnée par Aminata Mbengue Ndiaye et la volonté de renouvellement exprimée par une partie de ses cadres et militants. Le verdict du 29 septembre sera déterminant pour l’avenir immédiat du parti, à l’heure où le climat politique national se trouve déjà marqué par de fortes recompositions.

Diamaguène et Jaxaay : plusieurs arrestations pour vente de viande impropre et vol de moto

La vigilance des forces de l’ordre a permis, le 12 septembre dernier, de mettre un coup d’arrêt à deux affaires distinctes dans la banlieue dakaroise. À Diamaguène Sicap Mbao comme à Jaxaay, les interventions de la police se sont soldées par plusieurs arrestations, l’une pour tentative de mise en vente de viande impropre à la consommation, l’autre pour vol de moto.

À Diamaguène Sicap Mbao, les agents du poste de police ont interpellé un homme domicilié à Jaxaay, surpris alors qu’il tentait d’écouler sur le marché une chèvre morte et non égorgée. Selon ses propres aveux, l’animal avait été ramassé à Yeumbeul par son complice, toujours en fuite, qui lui aurait demandé de le livrer pour la vente. Placé en garde à vue, il fait désormais l’objet de poursuites pour « tentative de mise en danger de la vie d’autrui ». Son complice, activement recherché, reste pour l’instant introuvable.

Non loin de là, une patrouille menée par les éléments du commissariat des Parcelles Assainies et Niacoulrab a permis de démanteler une bande spécialisée dans le vol de motos. Les suspects, circulant sur une moto de type Jakarta KTM, ont tenté de s’échapper à l’arrivée de la police. Deux d’entre eux ont rapidement été rattrapés. L’exploitation du téléphone de l’un des interpellés a permis de retrouver des conversations sur WhatsApp, preuves de la préparation du vol.

D’après les informations publiées par Les Échos, le troisième complice a finalement été arrêté dans son quartier à Keur Massar. Lors de son audition, il a reconnu avoir participé au vol. Entre-temps, le propriétaire de la moto s’était présenté au commissariat pour signaler la disparition de son véhicule. Il a pu identifier sans équivoque la moto saisie comme étant la sienne.

Ces deux affaires, bien que différentes dans leur nature, rappellent la diversité des défis sécuritaires auxquels les forces de l’ordre doivent faire face au quotidien. À Diamaguène comme à Jaxaay, les opérations réussies de la police renforcent la lutte contre des pratiques qui, qu’il s’agisse de mettre en danger la santé publique ou de porter atteinte aux biens, fragilisent la sécurité et la confiance des citoyens.

Assemblée nationale : trois projets de loi soumis à l’examen cette semaine

Les députés du Sénégal s’apprêtent à vivre une semaine particulièrement chargée. Ils sont convoqués demain, mercredi 16 septembre 2025, en commission, avant de se retrouver en séance plénière le jeudi 17 septembre. L’agenda parlementaire portera sur l’examen de trois projets de loi d’importance stratégique pour l’économie nationale.

Selon une note transmise à Ledakarois, ces textes concernent notamment le Code des investissements et une modification de la loi de 2012 relative au Code général des impôts. Deux réformes qui, à elles seules, traduisent la volonté du gouvernement d’adapter son cadre légal et fiscal aux défis actuels de l’économie sénégalaise.

Le ministre des Finances et du Budget, en première ligne sur ces dossiers, viendra défendre les projets devant la représentation nationale. Il devra expliquer les motivations de ces réformes, leurs implications pour les entreprises et leur impact attendu sur la mobilisation des ressources budgétaires.

L’examen de ces projets de loi est d’autant plus crucial qu’il intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les finances publiques et la nécessité pour l’État d’attirer davantage d’investissements privés, locaux comme étrangers. Les débats s’annoncent animés à l’Assemblée, où les parlementaires auront l’occasion de confronter leurs positions sur la pertinence et la portée de ces réformes.

Sonacos : la justice saisie après les irrégularités de la campagne arachidière 2022-2023

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) est entrée dans une phase de fermeté après les irrégularités constatées lors de la campagne arachidière 2022-2023 et dans la gestion de la vente d’huile. La direction générale a décidé de porter plainte et d’engager une série de procédures judiciaires pour récupérer des sommes considérables qui auraient échappé à l’entreprise publique.

L’une des premières affaires concerne un opérateur économique mis en cause pour « abus de confiance » sur un montant évalué à 1,5 milliard de francs CFA. D’après les révélations du quotidien Libération, l’homme a été discrètement arrêté la semaine dernière avant d’être présenté au parquet financier. Les faits reprochés remontent à la dernière campagne agricole. Pour éviter l’incarcération, il a demandé et obtenu une médiation pénale, acceptant de mettre en garantie certains de ses biens et de rembourser intégralement la somme due à la Sonacos avant le mois de décembre 2025.

Un second dossier, non moins sensible, vise un autre opérateur réputé proche d’une grande famille maraboutique. Celui-ci aurait vendu pour près de 1,5 milliard de francs CFA d’huile appartenant à la Sonacos sans reverser les fonds. La direction, déterminée à mettre fin à ces pratiques, envisage également d’intenter une action judiciaire contre ce dernier.

Ces décisions interviennent dans un contexte où la Sonacos, pilier de la filière arachidière nationale, traverse des difficultés financières récurrentes. Un conseil interministériel présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko a d’ailleurs consacré une large partie de ses discussions à la relance de l’entreprise. À l’issue de cette réunion, les autorités ont donné des instructions claires pour récupérer les milliards dus par plusieurs débiteurs identifiés depuis plusieurs campagnes.

Au-delà des chiffres, cette série de procédures traduit une volonté politique forte de mettre fin à l’impunité dans la gestion des ressources publiques et de renforcer la crédibilité de la Sonacos. Pour l’entreprise, il s’agit non seulement de solder les comptes du passé mais aussi de restaurer la confiance des producteurs et des partenaires, dans une filière qui reste stratégique pour l’économie sénégalaise et pour les revenus de milliers de familles.

Affaire Waly Seck : aucun mandat d’arrêt, mais l’artiste suspend ses activités

La polémique enfle autour du nom de Waly Ballago Seck, cité dans une enquête judiciaire en cours sur des soupçons de blanchiment de capitaux. Contrairement aux rumeurs qui ont circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médiatiques, aucun mandat d’arrêt n’a été émis contre le chanteur. L’information a été confirmée par plusieurs sources fiables, dont le journal Le Témoin, qui précise que si son nom figure bel et bien dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), aucune poursuite judiciaire n’a pour l’instant été engagée contre lui.

Cette précision vient calmer une partie des spéculations qui prenaient de l’ampleur, mais elle ne met pas fin aux interrogations. L’artiste, conscient de la gravité de la situation et de la sensibilité du dossier, a pris la décision de suspendre toutes ses activités musicales pour une durée indéterminée. Ce choix radical témoigne de sa volonté de se consacrer pleinement à sa défense et de préserver son image dans une période marquée par une forte pression médiatique et sociale.

L’affaire demeure toutefois ouverte. L’enquête en cours pourrait concerner plusieurs personnalités influentes, appelées à être entendues par les autorités judiciaires dans les prochains jours. Cette perspective entretient un climat d’attente et d’incertitude, aussi bien pour les proches de l’artiste que pour ses nombreux fans, qui suivent de près chaque évolution de ce dossier.

Pour l’heure, aucune charge formelle n’est retenue contre Waly Seck. Mais sa mise en retrait de la scène musicale et la médiatisation croissante de l’affaire rappellent combien les enquêtes de la CENTIF, souvent discrètes, peuvent avoir des répercussions directes sur la vie publique et artistique.

Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre aux questions des juges sur une affaire de surfacturation présumée de riz portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA.

Devant la Commission, le maire de Saint-Louis a fermement nié les accusations qui pèsent sur lui et affirmé qu’aucune surfacturation n’avait été commise. Pour appuyer ses déclarations, il a présenté plusieurs éléments de preuve qu’il considère comme suffisants pour établir son innocence.

Les magistrats instructeurs lui ont opposé un arrêté ministériel datant de 2013, lequel fixait le prix de la tonne de riz à 250 000 francs CFA. Mansour Faye aurait, selon l’accusation, acquis la même denrée à 275 000 francs CFA en pleine période de Covid-19. L’ancien ministre a répondu en expliquant qu’il était tout à fait normal que le prix du riz en 2020 soit supérieur à celui fixé sept ans plus tôt. Il a ajouté que la hausse des cours mondiaux justifiait cette différence.

Par ailleurs, il a rappelé que les marchés en question n’étaient pas de son ressort direct. Une commission indépendante était chargée de l’attribution des contrats, et il n’en assurait pas la présidence. Son rôle, a-t-il précisé, se limitait à veiller au respect des procédures administratives, une tâche dont il s’est acquitté avec rigueur alors qu’il n’y était pas obligé. Il a même souligné que la Cour des comptes avait reconnu dans son rapport que les règles du Code des marchés publics avaient été respectées.

Mansour Faye a également tenu à préciser que l’offre retenue par la commission correspondait à la moins chère du marché au moment de l’appel d’offres. Selon lui, la tonne de riz a été achetée à 275 000 francs CFA, un tarif inférieur à d’autres propositions qui atteignaient 300 000 francs CFA.

Ses avocats, de leur côté, ont contesté la validité de l’arrêté ministériel de 2013, soulignant qu’il ne pouvait être pris en compte dans la procédure car sa durée de validité n’était que de deux mois, renouvelables une fois. Ils ont par ailleurs fait remarquer que cet arrêté concernait plusieurs denrées de base, comme l’huile, le sucre ou le riz, et se sont étonnés que seule la question du riz soit retenue contre leur client. « C’est comme si l’on cherchait à cibler exclusivement Mansour Faye, alors que d’autres structures comme la Sonacos n’ont jamais été inquiétées », ont-ils dénoncé.

À la sortie de son audition, l’ancien ministre a déclaré n’avoir détourné « aucun sou » dans cette affaire. Ses avocats n’ont pas sollicité de liberté provisoire orale, mais selon des informations relayées par le journal Libération, ils envisagent de déposer prochainement des requêtes écrites. Le parquet donnera ensuite son avis avant que le juge ne tranche. À ce stade, aucune offre de cautionnement n’a été proposée par la défense.

Cette affaire, qui remonte à la période critique de la pandémie de Covid-19, continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, tant par l’importance des montants en jeu que par le profil politique de Mansour Faye, beau-frère de l’ancienne Première dame Marième Faye Sall. Les prochains développements judiciaires seront déterminants pour éclairer l’issue de ce dossier sensible.

Affaire Wally Seck : son frère Aliou met en garde contre toute prise de parole non autorisée

Alors que l’affaire impliquant le chanteur Wally Ballago Seck continue de faire couler beaucoup d’encre, son frère Aliou Seck est monté au créneau pour recadrer le débat et mettre fin aux spéculations. Dans un message publié ce mardi 16 septembre 2025 sur sa page Facebook, il a rappelé que toute communication au sujet de l’artiste relève exclusivement de ses conseillers juridiques.

« Toute personne qui se prononcera sur cette affaire au nom de l’artiste ou de la famille sera traduite en justice », a-t-il prévenu fermement, dénonçant les multiples interventions faites jusque-là sans l’aval de Wally Seck ni celui de ses proches. Selon lui, ces déclarations indépendantes ne reflètent en rien la position de la famille et risquent de perturber davantage l’opinion publique.

Aliou Seck a profité de son message pour inviter les fans et les sympathisants du chanteur à garder leur calme et leur sérénité. « Le concerné Wally Ballago Seck va très bien par la grâce d’Allah. Bientôt cette affaire sera réglée et ensemble nous continuerons à avancer In Shaa Allah », a-t-il rassuré.

Se voulant apaisant, il a également insisté sur la nécessité de la patience et de la confiance en la justice, soulignant que celle-ci est là « pour tous les citoyens ». Il a par ailleurs précisé qu’aucune conférence de presse ne sera organisée et qu’aucune déclaration publique ne sera faite, si ce n’est par les conseillers juridiques de l’artiste, au moment jugé opportun.

Ce message vise à mettre un terme aux rumeurs et à rétablir une communication claire dans un contexte où chaque prise de parole sur ce dossier est scrutée et amplifiée. En attendant les prochaines étapes judiciaires, la famille de Wally Seck demande donc silence et discipline, tout en réaffirmant sa confiance dans le dénouement prochain de l’affaire.

Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Ngor : dix-neuf candidats à l’émigration irrégulière interpellés, dont trois enfants

La lutte contre l’émigration irrégulière s’est encore illustrée à Ngor ce lundi 15 septembre 2025. La Brigade de proximité a procédé à l’interpellation de dix-neuf personnes, parmi lesquelles figuraient trois enfants, toutes en partance pour une traversée clandestine.

L’opération a été déclenchée après la dénonciation d’un propriétaire de maison sur l’île de Ngor. À son retour, ce dernier a découvert la présence de personnes étrangères installées chez lui et a immédiatement alerté les gendarmes. Ces derniers ont rapidement investi les lieux, procédant à une perquisition qui a permis de mettre la main sur l’ensemble des occupants.

Selon les informations fournies par la Gendarmerie nationale, les personnes interpellées étaient de nationalités diverses. On dénombre douze Guinéens, un Ivoirien, un Malien et cinq Sénégalais. Les enquêteurs ont précisé que tous étaient candidats à l’émigration irrégulière et se préparaient à rejoindre clandestinement les côtes européennes.

En plus de cette opération réussie, la Gendarmerie a tenu à rappeler son engagement constant dans la lutte contre ce phénomène qui continue de mettre en danger de nombreuses vies, en particulier celles des jeunes et des mineurs. Elle a également lancé un appel à la population, invitant chacun à collaborer davantage avec les forces de sécurité pour signaler toute activité suspecte et contribuer ainsi à endiguer ce fléau social.

Cette nouvelle arrestation met une fois de plus en lumière l’ampleur de l’émigration irrégulière au Sénégal, malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés. Elle illustre aussi les risques que prennent certaines familles entières, prêtes à s’engager dans des périples souvent mortels pour tenter de rejoindre l’Europe.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°558 – 16/09/2025

🔴 ABSENCE DE PREUVES SELON LA DÉFENSE : LAT DIOP, UN « OTAGE POLITIQUE » ?
🔴 ENCORE 33 MILLIARDS F CFA LEVÉS DANS LE MARCHÉ DE L’UMOA : DERNIÈRE ÉTAPE AVANT LES « DIASPORA BONDS » ?

🔴 QUALIFS CAN U17 / SIERRA LEONE, MAURITANIE ET GUINÉE : UN GROUPE B RELEVÉ POUR LES « LIONCEAUX »
🔴 ODCAV RUFISQUE / KAKALAM, JAD, MÉDINE ET TENNU NGUY : LE DERNIER CARRÉ EXPLOSIF

Passation de service au MESRI : El Hadji Abdourahmane Diouf cède la place au Pr Daouda Ngom

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a officiellement changé de titulaire ce lundi 15 septembre 2025. La cérémonie de passation de service, organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), a marqué le relais entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre sortant, et le Pr Daouda Ngom, désormais en charge du MESRI.

Après avoir dirigé le département de l’Environnement et de la Transition écologique pendant dix-sept mois et six jours, le Pr Daouda Ngom retrouve un secteur qu’il connaît bien. Son expérience et son expertise dans l’enseignement supérieur en font un acteur familier de ce milieu stratégique pour l’avenir du pays. En prenant les rênes du MESRI, il succède au Dr Abdourahmane Diouf, appelé à occuper désormais le portefeuille de l’Environnement et de la Transition écologique.

Ce jeu de chaises ministérielles illustre la volonté du gouvernement de mettre à profit les compétences de chacun dans les domaines jugés prioritaires. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au cœur des enjeux liés à la formation des jeunes, à l’innovation et à la compétitivité nationale, se retrouve placé sous la responsabilité d’un universitaire aguerri, tandis que l’Environnement et la Transition écologique, domaine sensible et transversal, est confié à un profil rompu aux questions de gouvernance et de stratégie.

Passation au ministère de l’Intérieur : Me Bamba Cissé s’engage pour une sécurité publique efficace et citoyenne

La cérémonie de passation de service au ministère de l’Intérieur s’est tenue ce lundi, consacrant le passage de témoin entre le général Jean-Baptiste Tine, ministre sortant, et Me Bamba Cissé, nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’événement, marqué par solennité et respect, a permis à chacun des deux responsables de dresser un bilan et de tracer les perspectives.

Dans son allocution, le général Jean-Baptiste Tine a tenu à exprimer sa gratitude au président de la République et au Premier ministre pour la confiance placée en lui durant près d’un an et demi à la tête du département. Revenant sur son action, il a insisté sur deux grands chantiers qui, selon lui, ont guidé son passage : la modernisation de l’administration territoriale pour la rendre plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens, et le renforcement de la sécurité quotidienne afin d’assurer la tranquillité publique. Il a également salué la bonne organisation des élections législatives anticipées, tenues dans un climat apaisé et sans contestation, un succès qu’il a attribué au professionnalisme des services du ministère.

Prenant la parole à son tour, Me Bamba Cissé a réaffirmé son engagement à inscrire son action dans une double exigence : efficacité et respect des droits des citoyens. Le nouveau ministre a insisté sur l’importance d’assurer le bon ordre, la tranquillité et la sauvegarde des personnes et de leurs biens. Pour lui, la mission du ministère ne se limite pas à la sécurité mais englobe aussi des dimensions civiques et sociales. « Nous devons davantage remettre en selle l’ordre, le civisme, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. Ces objectifs seront au cœur de notre action », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de ressusciter « la discipline, l’amour du bien commun et l’amour de la patrie » comme valeurs fondatrices de la société.

Le nouveau ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux forces de l’ordre et de sécurité, ainsi qu’à l’administration territoriale et aux partenaires institutionnels du ministère. Il leur a renouvelé sa confiance et les a appelés à travailler ensemble pour relever les défis sécuritaires et renforcer la cohésion nationale.

Me Bamba Cissé a également adressé un message d’ouverture aux acteurs politiques et à la société civile, assurant que ses portes leur resteront grandes ouvertes. « Je puis vous assurer de ma disponibilité, et ensemble nous mènerons la barque à bon port », a-t-il conclu, marquant ainsi sa volonté d’instaurer un dialogue permanent et inclusif.

Avec cette passation, le ministère de l’Intérieur s’apprête à entamer une nouvelle étape, où la rigueur administrative et la sécurité publique devront se conjuguer avec le respect des droits et des libertés, dans un contexte où les attentes citoyennes sont particulièrement fortes.

Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI : Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé son élection en tant que membre du Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI. Une nomination qui confère à l’ancienne ministre des Affaires étrangères une nouvelle responsabilité sur la scène internationale, où elle représentera désormais la région Afrique de l’Ouest.

Dans un message adressé à l’opinion, Aïssata Tall Sall a expliqué que son rôle, aux côtés de ses collègues membres du Board, consistera à administrer le Réseau et à contribuer à sa mission d’appréciation critique et d’orientation des politiques menées par les deux institutions financières internationales. L’objectif est de veiller à ce que les décisions et stratégies mises en œuvre profitent directement aux populations, particulièrement celles des pays en développement.

« Je siégerai en ma qualité de député du Sénégal représentant la région Afrique de l’Ouest. Notre mission débutera le 13 octobre à Washington, à l’occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi sa participation à ce rendez-vous majeur de la gouvernance économique mondiale.

Cette élection marque une étape importante dans la carrière politique de la parlementaire, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, de la justice sociale et du rayonnement du Sénégal à l’international. Elle offre également une opportunité au pays de renforcer sa voix au sein des débats stratégiques portant sur le financement du développement, la réduction de la pauvreté et les réformes économiques globales.

Santé publique : une enquête révèle de fortes disparités régionales dans les facteurs de risque au Sénégal

L’enquête nationale STEPS sur les maladies non transmissibles, rendue publique cette semaine après sa publication en juillet dernier, met en lumière une réalité préoccupante pour la santé publique sénégalaise. Les résultats révèlent des écarts considérables entre les régions, où certains comportements à risque et pathologies chroniques atteignent des niveaux alarmants.

La consommation d’alcool reste une pratique marquée dans certaines zones. À Ziguinchor, plus d’un habitant sur dix déclare en consommer, soit un taux de 11,1 %, trois fois supérieur à la moyenne nationale fixée à 3,6 %. Dakar n’est pas en reste avec un taux de 5,9 %, confirmant une tendance qui dépasse le seuil national.

Le tabac, quant à lui, est surtout présent dans le sud du pays. Sédhiou affiche un taux de 12,1 %, largement au-dessus de la moyenne nationale estimée à 6 %. Dakar se situe également en zone rouge avec un taux de 7,9 %.

Mais c’est sur le plan de la santé mentale que les chiffres interpellent le plus. Fatick enregistre un taux de suicide de 26,9 %, le plus élevé du pays, suivi par Matam avec 20,8 % et Tambacounda avec 20,2 %. La moyenne nationale est pourtant de 13 %, ce qui montre l’ampleur du malaise dans ces régions. Louga (17,1 %) et Saint-Louis (15,3 %) affichent aussi des niveaux supérieurs à la moyenne.

Les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète apparaissent également comme des menaces grandissantes. Saint-Louis détient le record national de l’hypertension artérielle avec un taux de 43,3 %, suivi de près par Thiès (40,3 %) et Matam (32,6 %). La moyenne nationale est de 28,2 %, ce qui signifie que plusieurs régions dépassent de manière inquiétante ce seuil. Dakar (31,6 %) et Louga (30,4 %) ne sont pas épargnées. En ce qui concerne le diabète, Matam attire particulièrement l’attention avec une prévalence de 10,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale fixée à 4,2 %. Dakar, Kaolack et Louga affichent respectivement 7,7 %, 6,1 % et 5,8 %.

À Kédougou, ce sont les comportements alimentaires et le mode de vie qui suscitent l’inquiétude. Près de 96,5 % des habitants utilisent systématiquement du sel, des épices et du bouillon lors de la cuisson, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale de 75,8 %. La sédentarité est également marquée, avec 91,5 % de la population ne pratiquant pas suffisamment d’activité physique, un taux également au-dessus de la moyenne nationale estimée à 86,1 %. Saint-Louis affiche des chiffres comparables avec 91 % d’inactivité physique.

La dépigmentation volontaire, considérée comme un problème de santé publique à part entière, est très répandue dans certaines régions. Diourbel arrive en tête avec 21,3 %, suivie de près par Kaffrine avec 20,2 %. Kaolack (19,6 %), Thiès (17,4 %), Fatick (17,2 %) et Saint-Louis (16,2 %) affichent toutes des niveaux supérieurs à la moyenne nationale fixée à 15 %.

Cette enquête met en lumière une carte sanitaire contrastée où chaque région présente ses propres fragilités. Ziguinchor et Sédhiou se distinguent par la consommation d’alcool et de tabac, Fatick, Matam et Tambacounda par des indicateurs inquiétants en matière de santé mentale, Saint-Louis et Thiès par une forte prévalence de l’hypertension, Matam par une alerte rouge sur le diabète, Kédougou par des pratiques alimentaires et un manque d’activité physique, tandis que Kaffrine, Diourbel et Kaolack sont en première ligne sur la dépigmentation.

Ces résultats rappellent l’urgence d’adapter les politiques de prévention et de santé publique aux spécificités régionales, afin d’agir de manière ciblée et efficace. Faute d’une réponse rapide et coordonnée, le Sénégal risque de voir ces maladies non transmissibles peser lourdement sur son système de santé et sur l’équilibre socio-économique des communautés locales.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Jaxaay : trois individus arrêtés pour vol en réunion et association de malfaiteurs

La police a mis fin aux agissements d’un groupe de présumés voleurs dans la banlieue dakaroise. Le commissariat d’arrondissement de Jaxaay, Parcelles Assainies et Niacourab a annoncé l’arrestation de trois hommes impliqués dans une affaire de vol en réunion commis la nuit et d’association de malfaiteurs.

Les faits remontent au 12 septembre 2025. En pleine patrouille aux alentours de 14 heures, les éléments de la Brigade de Recherches ont repéré trois individus circulant à bord d’une moto de type Jakarta KTM dont le comportement a immédiatement attiré l’attention. À la vue des policiers, les suspects ont abandonné leur engin et tenté de prendre la fuite. Une course-poursuite s’est engagée, permettant l’interpellation de deux d’entre eux, ainsi que la saisie de la moto, conduite ensuite au commissariat pour vérification.

Une fois au poste, les deux hommes arrêtés n’ont pas été en mesure de présenter les papiers du véhicule, tout en soutenant qu’ils en étaient les propriétaires. Quelques heures plus tard, un citoyen s’est présenté au commissariat pour signaler le vol de sa moto, survenu dans la nuit du 11 au 12 septembre alors qu’elle était stationnée dans la cour de son domicile. La victime a formellement identifié le véhicule saisi comme étant le sien.

Les investigations se sont poursuivies avec l’exploitation du téléphone portable de l’un des suspects. Les enquêteurs y ont découvert, via l’application WhatsApp, des échanges vocaux avec un complice, dans lesquels il était clairement question de la préparation et de l’exécution du vol.

Le lendemain, aux environs de 17 heures, les policiers ont été informés de la présence du troisième individu, qui avait réussi à échapper à l’interpellation initiale, dans son quartier de la cité SOTRAC à Keur Massar. Une descente a aussitôt été organisée et a permis son arrestation. Interrogé sur les faits, il a reconnu avoir planifié et exécuté le vol avec ses complices.

Les trois suspects ont été placés en garde à vue et l’enquête se poursuit afin de déterminer leur éventuelle implication dans d’autres affaires similaires. Cette opération illustre l’efficacité des patrouilles de proximité et la vigilance des forces de l’ordre dans la lutte contre le grand banditisme en banlieue dakaroise.

Opération coup de poing de la Gendarmerie de Dakar : une vingtaine d’interpellations et plusieurs saisies

La Gendarmerie de Dakar a mené dans la nuit du 12 au 13 septembre 2025 une opération d’envergure destinée à renforcer la sécurité des personnes et des biens. L’intervention, organisée de 22 heures à 4 heures du matin, a mobilisé la brigade territoriale de Sangalkam, deux escadrons de la Légion de Gendarmerie d’Intervention, deux équipes cynophiles ainsi que deux cellules du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

Les forces de l’ordre ont concentré leurs efforts sur les localités de Kounoune, Sangalkam et Keur Ndiaye Lo, zones réputées pour être exposées à des cambriolages et à diverses formes de délinquance. Grâce au déploiement de moyens logistiques importants et à une stratégie coordonnée, les gendarmes ont pu effectuer de nombreux contrôles et dresser un bilan significatif.

Au total, 128 véhicules ont été passés au crible, dont cinq immobilisés pour des infractions. Neuf motos ont également été contrôlées. Du côté des individus, 108 personnes ont été identifiées, parmi lesquelles vingt ont fait l’objet d’interpellations pour vérification d’identité. Les gendarmes ont aussi procédé à la saisie de huit permis de conduire. Lors de l’opération, un sachet contenant une poudre blanche non identifiée a été découvert après avoir été abandonné par un trafiquant présumé en fuite. Par ailleurs, 51 000 francs CFA ont été perçus au titre d’amendes forfaitaires.

Cette opération coup de poing traduit la volonté des autorités sécuritaires de lutter fermement contre l’insécurité dans la région de Dakar et ses environs. Elle illustre la capacité de la Gendarmerie à mobiliser ses unités spéciales et ses ressources pour protéger efficacement les populations et prévenir les actes criminels.

Selon les responsables de la Légion de Gendarmerie de Dakar, d’autres actions similaires sont prévues dans les prochaines semaines, avec pour objectif de maintenir la pression sur les délinquants et de garantir la tranquillité publique.

Passation de service au ministère des Infrastructures : Déthié Fall promet rigueur et accélération des projets

Une nouvelle page s’ouvre au ministère des Infrastructures. Ce lundi, aux Sphères ministérielles de Diamniadio, Déthié Fall, leader du Parti Républicain pour le Progrès (PRP), a officiellement pris ses fonctions à la tête du département, succédant à Fatou Diouf. La cérémonie de passation de service s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte de respect, où se sont mêlées gratitude et volonté d’accélérer les chantiers stratégiques du pays.

Dans son discours d’au revoir, Fatou Diouf, qui dirigeait jusque-là le portefeuille des Infrastructures maritimes et portuaires, a rappelé les grandes orientations de son mandat. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la ville de Saint-Louis, qualifiée de « grande ville de pêche » mais qui reste encore dépourvue d’infrastructures portuaires adaptées. Un projet de quai de pêche agréé y est actuellement à l’étude, de même que la construction du port en eau profonde de Ndiaye (Nikin), présenté comme un projet structurant pour le sud du pays. Elle a assuré avoir transmis à son successeur tous les éléments nécessaires pour poursuivre l’ambition de faire du Sénégal un véritable hub régional en matière de logistique et d’infrastructures maritimes et portuaires.

Prenant la parole à son tour, Déthié Fall a rendu un hommage appuyé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la confiance qu’ils lui ont témoignée. Il a salué le travail accompli par sa prédécesseure avant de s’engager à mobiliser « toute l’énergie nécessaire, dans la rigueur requise, dans la transparence attendue et en toute célérité » pour atteindre les objectifs fixés.

Le nouveau ministre a par ailleurs réaffirmé l’orientation donnée par le Premier ministre d’un travail sans relâche, « 24 heures sur 24 », afin de rattraper le retard du Sénégal sur certains pays plus avancés. Dans ce sens, il a lancé un avertissement ferme aux entreprises du secteur : celles qui ne partagent pas cette exigence de rigueur et de rapidité ne seront pas retenues pour collaborer avec son département. « Elles ne vont pas travailler avec nous », a-t-il tranché, promettant d’appliquer cette politique « de façon militaire ».

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par l’engagement partagé de faire des infrastructures sénégalaises un levier essentiel de la croissance économique. Entre continuité et rupture, la passation entre Fatou Diouf et Déthié Fall symbolise la volonté du gouvernement d’accélérer le rythme de réalisation des projets structurants pour accompagner les ambitions du pays.

Suspension des importations de bananes : l’Arm veille à la régulation et à la stabilité des prix

L’Agence de régulation des marchés (Arm) poursuit son travail de terrain après la suspension des importations de bananes. Son directeur général, Babacar Sembène, accompagné du comité de suivi et d’évaluation du protocole, a effectué une tournée dans plusieurs sites de stockage et de commercialisation. Cette mission avait pour objectif de vérifier concrètement l’état d’application du protocole signé avec les acteurs de la filière et d’en mesurer les premiers résultats.

Selon le journal Libération, qui rapporte la visite dans son édition de ce lundi, l’initiative vise avant tout à garantir aux consommateurs l’accès à des bananes de qualité, disponibles en quantité suffisante et proposées à un prix abordable. Mais elle a aussi pour ambition de soutenir les producteurs locaux et de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur de cette filière stratégique.

Durant ses échanges sur les différents sites, Babacar Sembène a rencontré des commerçants, des distributeurs et des consommateurs afin de recueillir leurs avis sur la mise en œuvre du dispositif. Le directeur général a insisté sur l’importance d’un contrôle rigoureux de la qualité des produits mis sur le marché et sur la nécessité de maintenir des prix justes et stables. Pour lui, la réussite de cette politique passe par la collaboration de tous les acteurs, chacun devant jouer son rôle dans la préservation de l’équilibre entre l’offre et la demande.

En saluant les efforts consentis par les partenaires de la filière, Babacar Sembène a réaffirmé la détermination de l’Arm à garantir le bon fonctionnement des marchés. Il a rappelé que la mission de l’institution ne se limite pas à la régulation économique, mais inclut également la protection du pouvoir d’achat des ménages et le renforcement de la confiance entre producteurs, commerçants et consommateurs.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de suivi permanent qui traduit la volonté de l’Arm d’accompagner durablement la filière banane. L’agence entend ainsi prévenir les déséquilibres qui pourraient résulter de la suspension des importations, tout en consolidant les acquis en matière de qualité, de disponibilité et de stabilité des prix.

Marché des chantiers navals de Dakar : le recours de Hat-San jugé irrecevable par l’Arcop

Le processus de sélection pour l’attribution du contrat de partenariat public-privé relatif à la reprise, la réhabilitation, le financement, l’exploitation et la maintenance des Chantiers Navals de Dakar vient de franchir une nouvelle étape. L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a déclaré irrecevable le recours introduit par Hat-San, l’un des candidats retenus, qui contestait certains aspects de la procédure.

D’après les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi, la décision a été rendue sans même qu’il soit nécessaire d’examiner le fond du dossier. L’Arcop a motivé son rejet par le non-paiement, par Hat-San, du montant fixé par l’arrêté conjoint du 3 avril 2023 relatif à la consignation exigée en matière de recours dans le cadre de la passation des contrats de partenariat public-privé. En l’absence de ce versement obligatoire, l’autorité n’avait pas d’autre choix que de déclarer la requête irrecevable.

Cette décision intervient dans un processus où la concurrence est particulièrement forte. Sur dix-sept dossiers initialement retirés, sept soumissions avaient été déposées auprès de la Société des infrastructures de réparation navale (Sirn), qui pilote ce marché stratégique. À l’issue de la phase de présélection, quatre candidats avaient été retenus : le groupement Dakarnave/Lisnave, exploitant sortant, le groupement Damen Shipyards/Matériel terrestre offshore Africa Sas, Hat-San Shipyard et l’entreprise italienne Jobson Italia Sri.

Les soumissionnaires préqualifiés ont jusqu’au 9 octobre prochain, à 11 heures, pour déposer leurs offres définitives. L’issue de cette compétition est très attendue, compte tenu des enjeux liés à l’avenir des Chantiers Navals de Dakar. Ce site industriel, véritable pilier du secteur maritime sénégalais, joue un rôle crucial dans la réparation et la maintenance des navires, mais aussi dans la dynamique économique et sociale de la capitale.

Le rejet du recours de Hat-San ne met pas fin à sa participation, mais il illustre la rigueur du cadre réglementaire qui encadre la passation de ce type de marché. La décision de l’Arcop permet en tout cas au processus de se poursuivre sans encombre, dans l’attente des propositions définitives des candidats retenus.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°557 – 15/09/2025

🔴 MALGRÉ LES RISQUES DE CRUES DU FLEUVE SÉNÉGAL, INONDATIONS, VIE CHÈRE, ETC : ÇA PARADE !
🔴 MILAN / POIGNÉE DE CONTESTATAIRES FACE À LA FOULE MILITANTE DE SONKO : L’OPPOSITION DE LA DIASPORA RÉSISTE

🔴 APRÈS L’ITALIE, LE CAPITAINE DE BE SPORT ACADEMY À L’AJEL DE RUFISQUE : DIAO FAIT SON COME-BACK
🔴 TOKYO 2025 / CENTRE AFRICAIN DE L’ATHLÉTISME : 7 ATHLÈTES EN LICE

Assemblée nationale : ouverture d’une session extraordinaire le 15 septembre 2025

Dakar – L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit en session extraordinaire ce lundi 15 septembre 2025 à 10 heures, annonce un décret officiel. L’ordre du jour de cette session exceptionnelle porte sur l’examen de trois projets de loi majeurs.

Il s’agit notamment du projet de loi portant Code des investissements, du projet de loi modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 relative au Code général des impôts, ainsi que du projet de loi modifiant la loi n° 2008-46 instituant la redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL).

Selon le décret, ces textes seront présentés par le Ministre des Finances et du Budget, qui exposera les motifs de ces projets et assurera la défense de leur contenu lors des discussions parlementaires.

Sénégal : Wally Ballago Seck suspend sa carrière musicale

Le chanteur sénégalais Wally Ballago Seck a annoncé la suspension de ses activités musicales, après avoir été cité dans un rapport de la CENTIF aux côtés d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. L’artiste affirme vouloir se consacrer à la justice et dénonce un « acharnement » à son encontre.

Cette décision devrait avoir un impact économique majeur. Avec un cachet minimum de 10 millions de FCFA par prestation, l’annulation d’une cinquantaine de concerts programmés représente déjà un manque à gagner estimé à 500 millions de FCFA. En incluant les pertes liées aux sponsors et aux événements internationaux, les retombées pourraient dépasser un milliard de francs CFA d’ici fin 2025.

Le staff de Wally Seck, composé d’une centaine de personnes – musiciens, danseurs, techniciens et agents de communication – se retrouve également dans l’incertitude. L’avenir de l’artiste et de son équipe dépend désormais de l’issue des procédures judiciaires en cours.

Sénégal : quand la démocratie bloque les dérives du pouvoir

En Afrique de l’Ouest, peu de pays peuvent se targuer d’avoir résisté aux crises politiques par la voie des urnes. Le Sénégal en fait partie. À plusieurs reprises, ses citoyens ont imposé le respect des règles démocratiques face à la tentation de leurs dirigeants de s’accrocher au pouvoir.

En 2012, le président Abdoulaye Wade, qui briguait un troisième mandat jugé anticonstitutionnel, a été sèchement sanctionné dans les urnes. Battu par Macky Sall, son ancien Premier ministre, le « Vieux » a quitté le Palais présidentiel de Dakar par la petite porte, marquant une étape symbolique dans la maturité démocratique sénégalaise.

En 2023, l’histoire a semblé se répéter. Macky Sall, soupçonné à son tour de vouloir s’inspirer de son prédécesseur pour se maintenir au pouvoir, a fait face à une contestation populaire sans précédent, portée par Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre. Les mobilisations massives, impliquant des centaines de milliers de jeunes, ont contraint le chef de l’État sortant à renoncer à un troisième mandat.

Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Décrypter l’Afrique, l’avocat et conseiller politique franco-libanais Robert Bourgi est revenu sur ce moment décisif. « Ousmane Sonko, je ne l’ai jamais rencontré, mais j’ai de l’estime pour ce garçon. Il a du charisme, il en impose. Il a jeté dans la rue des centaines de milliers de jeunes », a-t-il reconnu, tout en rappelant le lourd tribut payé : « Il y a eu 80 morts hélas, et des milliers de blessés. Cela a beaucoup joué dans la décision de Macky Sall de ne pas faire un 3e mandat. »

Sénégal : Mbaye Dionne alerte sur le gel des grands projets faute d’accord avec le FMI

Invité de l’émission Jury du dimanche sur iRadio, le député Mbaye Dionne, secrétaire général de l’Alliance des forces de progrès (AFP), a exprimé ses profondes inquiétudes quant à l’avenir des grands projets de développement au Sénégal. Selon lui, plusieurs programmes structurants sont aujourd’hui à l’arrêt en raison des tensions persistantes entre l’État et le Fonds monétaire international (FMI).

Parmi les initiatives affectées, le parlementaire a cité le Programme spécial de désenclavement, qui prévoyait la construction de près de 2 700 kilomètres de routes et la création de 50 000 emplois. « Un bailleur anglais, qui devait accompagner ce programme, a suspendu son financement à cause des difficultés avec le FMI », a-t-il révélé.

Il a également évoqué le blocage du PACACEN, un programme destiné aux collectivités territoriales et doté de 130 milliards de francs CFA pour sa première phase. Plus de 120 communes devaient en bénéficier pour améliorer leurs infrastructures locales. « Aujourd’hui, tout est arrêté. Les fonds de concours ne sont plus versés régulièrement et beaucoup de mairies ne peuvent même plus assurer leurs dépenses de base », a déploré l’élu.

Au-delà des institutions publiques, Mbaye Dionne a alerté sur les répercussions pour le secteur privé, particulièrement dans l’immobilier et le BTP. « Les promoteurs sont pris en otage, les banques ne peuvent plus débloquer les crédits et les entreprises tournent au ralenti », a-t-il constaté.

Pour le député, ces blocages découlent directement de l’absence d’accord avec le FMI. « Tant que les discussions ne sont pas réglées, les bailleurs ne décaisseront pas. Et pendant ce temps, ce sont les populations qui souffrent : des villages restent enclavés, des jeunes privés d’emplois et nos communes étouffées », a-t-il martelé.

Sénégal : la controverse autour des « diaspora bonds »

L’État du Sénégal s’apprête à lancer ses « diaspora bonds », un instrument financier destiné à capter l’épargne des Sénégalais établis à l’étranger. Présentée comme une innovation pour diversifier les sources de financement, l’initiative soulève déjà des critiques, notamment de la part de l’économiste et ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour.

Coordinateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR), Ndour estime que ce mécanisme place la diaspora dans une position vulnérable, l’exposant à des risques qui devraient être assumés par l’État.

« Le risque de change, jadis hypothétique pour l’État, s’est transformé en une réalité tangible et supportée directement par les populations prêteuses », avertit-il, dénonçant une démarche « profondément irresponsable ».

Selon lui, le gouvernement fait des Sénégalais de l’extérieur un « bouclier contre les fluctuations de change », alors même que les marchés financiers internationaux demeurent marqués par l’incertitude et la volatilité.

L’économiste reconnaît que certaines évolutions monétaires pourraient, en théorie, jouer en faveur des prêteurs. Mais il insiste sur le fait que « le peuple n’est pas suffisamment outillé pour être un acteur sur le marché des changes », un espace réservé aux institutions spécialisées.

« Il ne doit jamais servir de bouclier face à ces variations », martèle-t-il, en appelant à des solutions plus « responsables » pour protéger la diaspora et mieux gérer l’exposition de l’État au risque de change.

Pour Pape Malick Ndour, la voie la plus viable consisterait à émettre les obligations en monnaie locale, et non en devises étrangères.

« Diaspora Bond oui, mais à condition que le prêt soit libellé dans la monnaie de résidence du prêteur. Ce qui n’est guère une innovation puisqu’à l’état actuel, la diaspora, bien organisée et informée, peut tout aussi souscrire directement aux Eurobonds. Et ici, le problème restera entier : l’État devra encore faire face aux risques de change », conclut-il.

Inondations à Touba : Papa Djibril Fall dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à un plan d’urgence

Le député Papa Djibril Fall s’est rendu, ce samedi 13 septembre 2025, dans plusieurs quartiers de Touba durement touchés par les récentes inondations. Constatant l’ampleur des dégâts, il a exprimé sa profonde tristesse et sa colère face au silence et à l’inaction des autorités.

Dans les zones les plus affectées – Soura, Guèdè, Darou Khoudouss, Ngiraanen, Kër Niang, Madiyana Maarya, Dianatoul Firdawsy et Garabu Serigne Ibra –, les habitants vivent une situation dramatique. Des centaines de maisons sont englouties par les eaux, des mosquées abandonnées et de nombreuses familles contraintes de quitter leur domicile. « Je suis peiné et sidéré par le mutisme et le manque d’empathie du gouvernement face à cette tragédie », a déclaré l’élu, visiblement indigné.

Face à ce drame humain, Papa Djibril Fall a lancé un appel pressant à la mobilisation des moyens publics à travers le déclenchement du Plan d’Organisation Rapide des Secours (ORSEC). Selon lui, il est urgent de mettre à contribution, sans délai, le ministère de la Santé, la Brigade nationale du service d’hygiène, la Direction de la protection civile ainsi que la Délégation à la solidarité nationale. Il préconise également la mobilisation du Fonds de solidarité nationale afin de venir en aide aux sinistrés.

Le député estime qu’il est du devoir de l’État d’apporter une réponse rapide et coordonnée à cette crise qui plonge des milliers de citoyens de la ville sainte dans la détresse. Pour lui, seule une action concertée et immédiate permettra d’atténuer les souffrances des victimes et d’éviter une aggravation de la catastrophe.

Inondations à Touba : Papa Djibril Fall dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à un plan …

Tribunal de Dakar : Un chauffeur condamné pour usurpation d’identité numérique après un chantage sur TikTok

Une affaire de mœurs impliquant l’usage abusif des réseaux sociaux a été tranchée ce vendredi par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le prévenu, C. Dione, chauffeur de camion âgé de 32 ans, marié et père d’un enfant, était poursuivi pour usurpation d’identité numérique, diffusion illicite de données à caractère personnel et atteinte à la vie privée.

Selon l’accusation, après sa rupture avec son ex-maîtresse, l’étudiante D. Faye, le mis en cause a ouvert un compte TikTok en son nom et y a publié ses images, dans l’unique but de la contraindre à reprendre des rapports sexuels avec lui.

À la barre, C. Dione a reconnu avoir créé le compte, tout en minimisant les faits. « Elle était ma petite amie. Chaque fois que je publiais la photo de mon épouse sur mon statut WhatsApp, elle me demandait aussi de poster les siennes », a-t-il déclaré, affirmant n’avoir partagé que des photos « correctes ».

La plaignante, qui s’était initialement constituée partie civile, a finalement retiré sa plainte, mais a tenu à livrer sa version. Elle a expliqué avoir mis fin à leur relation, jugeant l’homme « trop intéressé par le sexe ». Refusant la séparation, C. Dione aurait alors usé de menaces, allant jusqu’à brandir l’envoi de ses vidéos intimes à sa mère s’il n’obtenait pas gain de cause.

Le procureur a qualifié les faits de « graves » et requis six mois ferme et une amende de 300 000 F CFA. En défense, Me Michel Ndione a plaidé la clémence, insistant sur le repentir affiché par son client.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°556 – 13 ET 14/09/2025

🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : UN CHOIX À HAUT RISQUE
🔴 MARCHE CONTRE L’INVASION DU FER CHINOIS : LES FERRAILLEURS EN FUREUR

🔴 TURQUIE / APRÈS DES HAUTS ET DES BAS : KOUYATÉ REPREND DU SERVICE EN D2 !
🔴 MERCATO / D1 TURQUIE : CHÉRIF NDIAYE S’ENGAGE POUR 4 ANS À SAMSUNSPOR

Mali : le JNIM mène une guerre économique en s’attaquant à Kayes, selon le Timbuktu Institute

Dans le sud-ouest du Mali, la région de Kayes est devenue une zone de forte pression pour les groupes jihadistes, notamment le Jama’at Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), qui la considère désormais comme un territoire stratégique majeur. Une étude publiée le 12 septembre par le Timbuktu Institute, basé à Dakar, met en lumière cette évolution inquiétante. Selon ce centre de recherche, les actions du JNIM s’inscrivent dans une nouvelle logique baptisée « guerre économique ».

Le rapport explique que les groupes armés cherchent à perturber délibérément l’approvisionnement du pays dans l’objectif de fragiliser l’économie nationale, d’isoler la capitale Bamako et d’augmenter la pression sur les autorités de transition. Ce changement de stratégie se manifeste notamment par des attaques répétées contre des infrastructures clés.

La région de Kayes, deuxième contributeur au PIB malien après Bamako, constitue un véritable carrefour économique. Elle est traversée par la Route Nationale 1 (RN1), qui relie Bamako à Dakar en passant par Kayes et Diboli. Cet axe représente à lui seul près de 30 % des importations terrestres du pays, avec environ 2,7 millions de tonnes de marchandises acheminées chaque année, incluant des produits essentiels tels que le carburant et les denrées alimentaires. Ce corridor est également vital à l’échelle régionale, puisque plus de 70 % des importations maliennes transitent par les ports de pays voisins, notamment celui de Dakar.

Le 1er juillet 2025, des attaques coordonnées ont visé plusieurs localités de la région, notamment Kayes et Diboli, située à seulement 1,3 km de la frontière sénégalaise. Le JNIM a mené des assauts simultanés contre cinq positions militaires, ciblant notamment des casernes, des postes de contrôle et des bâtiments administratifs. Ces opérations, dirigées par la Katiba Macina – principale branche armée du JNIM –, visaient à désorganiser le trafic transfrontalier et à démontrer la capacité du groupe à défier l’autorité de l’État malien. Bien qu’ils n’aient pas pu maintenir un contrôle durable sur les zones attaquées, les combattants ont réussi à interrompre temporairement les flux commerciaux.

L’étude souligne également que le JNIM continue de renforcer son emprise sur le centre du Mali tout en planifiant de nouvelles actions ciblées contre les axes économiques cruciaux. Le 3 septembre, un message audio diffusé en peul et en bambara par un certain Abou Houzeifa Al-Bambari a annoncé l’instauration d’un blocus sur les routes menant à Kayes et Nioro-du-Sahel, qui sont des points de passage vers le Sénégal et la Mauritanie. Ce message interdisait également le transport de carburant depuis la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie, et annonçait la suspension forcée des activités de l’entreprise Diarra Transport.

Ce durcissement stratégique a eu des conséquences directes sur l’approvisionnement en carburant et en denrées alimentaires à destination de Bamako. Les tensions sur les prix se sont accentuées, aggravant l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions, dont Ménaka, où plus d’1,5 million de personnes sont concernées. En réaction à cette situation, l’Union des transporteurs routiers du Sénégal (UTRS) a appelé dès le 2 juillet à suspendre temporairement les trajets vers le Mali, signe que la menace est perçue au-delà des frontières maliennes.

Le Timbuktu Institute estime que cette stratégie vise à étouffer Bamako en bloquant ses principales routes d’approvisionnement, contraignant ainsi les autorités à dépendre de voies secondaires souvent contrôlées par les insurgés. Selon l’analyse, cette logique de conquête passe par un contrôle accru des flux transfrontaliers, l’imposition de taxes sur certaines routes et l’organisation de blocus ciblés, comme cela a déjà été observé dans d’autres localités maliennes, notamment à Farabougou.

Reprise du nettoiement à Dakar : les prestataires relancent leurs activités après un accord avec l’État

Après plusieurs jours de paralysie dans le secteur du nettoiement, les opérations de collecte et de traitement des ordures ont officiellement repris ce jeudi sur l’ensemble du territoire national. Cette reprise fait suite à un accord trouvé entre les prestataires du secteur et les autorités étatiques, notamment la SONAGED SA (Société nationale de gestion des déchets) et la Direction générale du Budget (DGB), qui se sont engagées à commencer le paiement des créances dues.

La grève des concessionnaires du nettoiement avait entraîné une accumulation inquiétante de déchets dans plusieurs villes du pays, en particulier à Dakar, suscitant l’inquiétude des populations et des acteurs de la santé publique. À l’origine du mouvement : des retards importants dans le paiement des prestations exécutées par les sociétés privées, souvent sur fonds propres, sans avance ni garanties suffisantes.

Dans un communiqué conjoint, les prestataires ont expliqué que la SONAGED et la DGB ont proposé un premier versement immédiat équivalent à 25 % de la dette arrêtée au 31 juillet 2025. Le reste du montant, selon l’accord, sera inscrit dans le projet de budget 2026 de l’État, ce qui permettrait aux prestataires d’être remboursés progressivement.

Les sociétés prestataires ont accueilli favorablement ces engagements, tout en rappelant que leur mobilisation visait avant tout à alerter sur la précarité de leur situation économique. « Notre arrêt n’était pas volontaire, mais imposé par une situation financière intenable. Nous avons longtemps préfinancé les opérations de nettoiement, mais les retards de paiement devenaient insoutenables », ont-ils déclaré.

Avec la levée de la suspension, les activités de nettoiement devraient reprendre progressivement dans tous les quartiers touchés. Cette normalisation du service est attendue avec soulagement par les citoyens, notamment dans les zones urbaines fortement exposées à des risques sanitaires liés à l’accumulation des déchets.

Les prestataires ont néanmoins averti que leur patience a des limites, et ont invité l’État à tenir ses engagements dans les délais convenus. Ils ont également plaidé pour une réforme structurelle du secteur, qui garantirait des mécanismes de financement stables, transparents et durables, afin d’éviter que ce type de crise ne se reproduise.

Litige LONASE–PAYMETRUST : la Cour suprême rejette le recours d’AFITECH et valide la position de la LONASE

La Cour suprême du Sénégal a tranché. Lors de son audience tenue le 11 septembre 2025, la plus haute juridiction administrative du pays a rejeté le référé introduit par la société AFITECH contre le contrat qui lie la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) à la société PAYMETRUST. En se déclarant incompétente pour statuer sur ce recours, la Cour a ainsi consolidé la position défendue par la LONASE, qui assure avoir agi dans le respect strict de ses prérogatives contractuelles.

Ce revers judiciaire pour AFITECH intervient dans un climat de tensions juridiques persistantes autour de la création d’une seconde plateforme de centralisation des jeux, mise en place par PAYMETRUST. Depuis plusieurs mois, AFITECH, partenaire historique de la LONASE, dénonce ce qu’elle considère comme une violation de la clause d’exclusivité figurant dans son propre contrat.

Avant cette décision de la Cour suprême, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) avait été saisie à deux reprises par AFITECH. Le 1er juillet 2025, l’ARCOP avait déclaré le premier recours irrecevable, estimant que le litige en question ne relevait pas de la réglementation applicable aux marchés publics. Plus récemment, le 1er septembre, l’ARCOP a apporté des clarifications substantielles : elle a confirmé que la nature juridique de la convention entre la LONASE et AFITECH correspond à une délégation de service public, tandis que le contrat avec PAYMETRUST s’apparente à un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette même décision, l’ARCOP a indiqué que toute contestation liée à la clause d’exclusivité devait être tranchée par le juge compétent, soulignant implicitement que ce type de litige dépasse le champ d’intervention de l’autorité de régulation. L’organisme a néanmoins formulé une recommandation forte à l’endroit de la LONASE : celle de lancer, dans un délai de six mois, une procédure conforme aux normes encadrant les partenariats public-privé. Une exigence qui vise à sécuriser juridiquement les futurs contrats et à garantir une meilleure transparence dans la gestion des ressources publiques.

Pour la LONASE, ces décisions successives sont perçues comme un appui clair à sa démarche. L’entreprise publique se dit confortée dans sa volonté d’explorer de nouveaux modèles de gestion, à travers notamment la mise en place de plusieurs plateformes technologiques. Une diversification que l’ARCOP elle-même n’exclut pas, à condition que les conventions respectent les procédures appropriées.

La société affirme également sa volonté de revoir et, si nécessaire, de réajuster les conventions en cours avec ses partenaires AFITECH et PAYMETRUST, afin de les aligner sur les exigences légales et réglementaires. Elle réitère son engagement à défendre l’intérêt national et à corriger tout contrat qu’elle jugerait désavantageux pour l’État du Sénégal.

L’affaire, bien qu’ayant connu un tournant juridique majeur avec le rejet du recours d’AFITECH, laisse entrevoir une recomposition des partenariats technologiques autour de la LONASE. Elle pose aussi plus largement la question de la gouvernance et de la transparence dans la gestion des délégations de service public au Sénégal, dans un contexte où la réglementation sur les PPP devient un levier incontournable pour assurer la crédibilité des engagements contractuels.

Diplomatie économique : Ousmane Sonko quitte les Émirats arabes unis et poursuit sa tournée en Italie

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a quitté ce vendredi 12 septembre 2025 les Émirats arabes unis à la mi-journée, à destination de l’Italie. Plus précisément, il est attendu ce samedi à Milan où il présentera le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) à la diaspora sénégalaise établie dans la région lombarde.

Cette étape italienne s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale entamée plus tôt cette semaine, axée sur la mobilisation de la diaspora et le renforcement des partenariats économiques stratégiques. Après cinq jours passés à Dubaï, où il a multiplié les rencontres avec des investisseurs et visité les installations du géant portuaire DP World, Ousmane Sonko veut désormais s’adresser aux Sénégalais d’Europe pour partager sa vision et recueillir leur soutien dans la mise en œuvre des réformes économiques engagées depuis l’arrivée du nouveau régime.

Durant son séjour aux Émirats, le chef du gouvernement sénégalais a supervisé la signature d’un avenant au partenariat stratégique entre DP World et le Port Autonome de Dakar, un projet structurant qui concerne notamment le développement du port de Ndayane. Ce nouveau hub logistique est censé renforcer la compétitivité du Sénégal sur les corridors de commerce ouest-africains et impulser un nouveau souffle à la politique d’industrialisation portée par le gouvernement.

Dans une rencontre organisée avec les membres de la communauté sénégalaise à Dubaï, Sonko a déclaré que ce déplacement aux Émirats « aura un impact réel sur le développement économique du pays », saluant l’ouverture d’esprit des investisseurs du Golfe et leur intérêt pour les opportunités qu’offre le Sénégal dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies.

À Milan, le Premier ministre poursuivra cette dynamique en mettant l’accent sur la place centrale de la diaspora dans la relance économique du pays. Il devrait notamment évoquer les dispositifs mis en place pour faciliter les investissements des Sénégalais de l’extérieur, la simplification des procédures administratives, mais aussi le renforcement des mécanismes de soutien à la création d’entreprise. Le PRES, pilier de la politique économique actuelle, prévoit un rôle accru pour la diaspora dans la création d’emplois, le transfert de compétences et la transformation des chaînes de valeur locales.

Ce voyage en Italie est le troisième déplacement hors du continent africain du chef du gouvernement depuis son entrée en fonction en avril 2024. Il témoigne d’un positionnement diplomatique résolument tourné vers l’économie, où les voyages officiels sont désormais orientés vers des résultats concrets, en lien avec les priorités nationales.

Météo : De fortes pluies et orages annoncés ce vendredi sur une grande partie du territoire sénégalais

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a publié une alerte météorologique ce vendredi, annonçant d’importantes précipitations accompagnées d’orages sur plusieurs zones du pays. Dans sa mise à jour de 12 heures, l’agence signale que plusieurs régions du Sud, du Centre et de l’Est sont déjà touchées ou le seront dans les heures à venir.

Les premières zones affectées sont situées au Sud du pays, notamment Ziguinchor, Cap-Skirring, Sédhiou et Kolda. Ces localités ont déjà enregistré des averses orageuses dans la matinée, selon les observations de l’agence. La situation devrait s’intensifier au fil de la journée avec une extension vers le Centre, où des villes comme Kaolack, Fatick, Kaffrine, Diourbel, Mbour, Thiès et même la capitale Dakar sont placées sous surveillance. Dans la partie orientale du Sénégal, des pluies significatives sont également attendues à Kédougou et Tambacounda.

L’ANACIM précise que ces phénomènes orageux devraient se poursuivre durant tout l’après-midi et s’étendre jusqu’en soirée. Cette situation pourrait engendrer des accumulations d’eau importantes dans certaines zones urbaines mal drainées, ce qui nécessite une attention particulière de la part des autorités locales et des services de secours.

Dans le reste du pays, notamment au Nord, le ciel restera globalement nuageux avec des risques de pluie relativement faibles. Toutefois, les prévisionnistes ne l’excluent pas totalement, car des évolutions locales peuvent toujours survenir dans un contexte météorologique aussi instable.

Face à cette situation, l’ANACIM invite les populations à faire preuve de vigilance, notamment les conducteurs sur les axes routiers où la visibilité pourrait être réduite. L’agence recommande également de suivre attentivement les prochains bulletins météorologiques, disponibles via ses canaux officiels ou relayés par les médias nationaux.

Ce nouvel épisode pluvieux s’inscrit dans un contexte de saison des pluies marquée par une forte variabilité, avec des zones parfois très arrosées et d’autres confrontées à un déficit pluviométrique. Dans certaines régions, notamment en zone rurale, ces pluies sont attendues avec espoir pour sauver les campagnes agricoles en cours. Mais en milieu urbain, notamment à Dakar et dans les grandes agglomérations, la saturation des réseaux d’évacuation et l’urbanisation non maîtrisée pourraient aggraver les risques d’inondations.

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