Paix en Casamance : les ex-rebelles du MFDC dénoncent le non-respect des engagements de l’État

La visite du Médiateur de la République, Demba Kandji, ce jeudi à Ziguinchor, a donné une tournure particulière au débat sur la paix en Casamance. Ce déplacement dans le sud du pays, destiné à recueillir les doléances des populations locales, a mis en lumière des frustrations croissantes liées à la lenteur de la mise en œuvre des accords de paix signés entre l’État du Sénégal et certaines factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Parmi les voix les plus attendues lors de cette rencontre figurait celle de Fatoma Coly, ex-chef rebelle de la base de Diakaye. Sa présence symbolique et ses déclarations fermes ont attiré l’attention. S’exprimant devant les autorités locales et le Médiateur, il a dénoncé ce qu’il qualifie de manque total de suivi des accords de paix signés le 13 mai 2023 à Mongone, dans la commune de Djinaky. Ces accords, qui devaient poser les bases d’un retour à la stabilité dans la région, restent, selon lui, lettre morte.

« L’État du Sénégal n’a pas respecté les engagements que nous avons paraphés. Depuis la signature des accords, nous n’avons constaté aucun acte concret de leur mise en œuvre », a-t-il déclaré avec amertume. Fatoma Coly, aujourd’hui engagé dans une dynamique de paix, a exprimé le sentiment d’abandon ressenti par les 255 ex-combattants de sa base qui ont déposé les armes dans le cadre du processus de réconciliation. Ces anciens rebelles, selon lui, attendent toujours les financements promis par l’État pour leur permettre de s’insérer dans la vie civile à travers des projets agricoles et des opérations d’acquisition foncière. « Nous sommes tous déçus. On continue toujours d’attendre », a-t-il ajouté, appelant le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko à poser un acte fort pour rétablir la confiance.

Le Médiateur de la République, interpellé sur ces déclarations, a rappelé l’essence de sa mission, à savoir la transmission des plaintes des citoyens vers les institutions de l’État. « Ma venue à Ziguinchor est motivée par un devoir de reddition. J’ai pour rôle d’écouter et de porter les préoccupations des populations auprès de l’administration. Ce que je fais en toute responsabilité », a expliqué Demba Kandji. Il a indiqué que son institution reçoit en moyenne 400 dossiers par an, avec un taux de résolution de 50 à 60 %, les litiges fonciers représentant la part la plus importante des réclamations.

Le cas de la Casamance semble illustrer les limites actuelles de l’action publique face aux enjeux post-conflit. Alors que les accords de paix ont été salués comme une avancée majeure dans le processus de pacification de cette région meurtrie par des décennies d’instabilité, leur non-application effective menace aujourd’hui de raviver les tensions. La mobilisation des anciens rebelles, désormais engagés pour la paix, montre que la volonté de tourner la page est réelle sur le terrain. Mais leur patience s’épuise face à l’inertie institutionnelle.

Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

Le Collectif Rappel à l’Ordre s’oppose à la nomination de Me Bamba Cissé et alerte les instances internationales

La récente nomination de Me Bamba Cissé au poste de ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions vives au sein de la société civile sénégalaise. Ce jeudi 11 septembre, le Collectif Rappel à l’Ordre, mouvement citoyen connu pour son engagement dans la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit, a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ce choix gouvernemental.

Dans un communiqué officiel, le Collectif qualifie cette décision de « menace grave pour la démocratie et pour l’équilibre institutionnel » du pays. Selon les membres du mouvement, Me Bamba Cissé serait marqué par un « engagement partisan » et des « prises de position radicales » qui, selon eux, ne correspondent en rien à l’exigence d’impartialité requise à un poste aussi stratégique que celui du ministère de l’Intérieur.

Craignant des dérives autoritaires ou des restrictions futures des libertés individuelles et collectives, Rappel à l’Ordre a décidé de porter l’affaire au niveau international. Deux institutions ont d’ores et déjà été saisies : l’Association Panafricaine des Avocats et le Département d’État des États-Unis, plus précisément son Bureau des Droits de l’Homme. Le mouvement indique avoir alerté ces entités sur les « risques que cette nomination fait peser sur les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits humains au Sénégal ».

Pour les membres du Collectif, cette alerte n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte politique qu’ils jugent tendu, et où certaines décisions récentes du pouvoir sont perçues comme des signaux inquiétants quant à la direction prise par les autorités. En appelant à une surveillance accrue de la communauté internationale, Rappel à l’Ordre espère prévenir d’éventuelles dérives et rappeler le Sénégal à ses engagements en matière de gouvernance démocratique.

Le Collectif conclut en réaffirmant son engagement total en faveur de la démocratie, de l’indépendance des institutions, et de la défense des libertés fondamentales. Il appelle à la vigilance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, face à ce qu’il qualifie de tournant potentiellement dangereux dans la conduite des affaires de l’État.

Sénégal : Sonko mise sur une nouvelle fiscalité numérique pour redresser les finances publiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé, le 1er août dernier, un plan de redressement économique et social (2025-2028) qui ambitionne de mobiliser 220 milliards de FCFA en trois ans. Présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce programme vise à répondre à une crise financière qualifiée d’« inédite », marquée par un déficit budgétaire de 12,3 % et une dette publique atteignant 99,67 % du PIB, selon le dernier rapport de la Cour des comptes publié en février 2025.

Une fiscalité ciblée sur les nouveaux secteurs

Au cœur du dispositif, une nouvelle politique fiscale tournée vers le numérique. Le gouvernement entend capter des recettes dans des niches jugées jusqu’ici sous-exploitées : les paris sportifs en ligne, les plateformes de mobile money comme Wave et Orange Money, ainsi que les services de transferts marchands.

« Nous avons énormément de niches, notamment dans le secteur du numérique. C’est un secteur en plein essor, mais qui jusque-là est sous-fiscalisé ou pas du tout fiscalisé », a justifié Ousmane Sonko lors de la présentation du plan.

Le Conseil des ministres, réuni le 30 juillet, a déjà validé l’instauration d’une taxe inédite sur les transactions électroniques : 0,5 % sur toutes les opérations de mobile money et 1,5 % sur les paiements marchands.

Un risque pour l’inclusion financière ?

Si l’exécutif parie sur cette mesure pour combler une partie du déficit, les inquiétudes grandissent sur ses effets collatéraux. Le mobile money est devenu, ces dernières années, un pilier de l’inclusion financière au Sénégal, facilitant l’accès aux services bancaires pour des millions de citoyens jusque-là exclus du système classique.

Les associations de consommateurs et plusieurs économistes alertent déjà sur un risque de renchérissement des coûts pour les usagers, en particulier dans l’économie informelle où les transactions mobiles sont massivement utilisées. « Toute hausse de frais peut décourager l’utilisation de ces services et freiner la dynamique d’inclusion financière », souligne un expert interrogé par nos soins.

Des leçons venues d’ailleurs

L’expérience d’autres pays africains, comme l’Ouganda et le Ghana, montre que la taxation du mobile money est un terrain glissant. Dans ces États, l’introduction de taxes similaires avait provoqué une chute brutale des transactions et suscité une forte contestation sociale, contraignant parfois les autorités à revoir leur copie.

Entre impératif budgétaire et pression sociale

Pour le gouvernement Sonko, l’enjeu est donc d’équilibrer la recherche de nouvelles recettes avec la préservation des acquis de l’inclusion financière. Le pari est risqué : si la mesure réussit, elle pourrait renforcer la souveraineté fiscale du pays ; si elle échoue, elle risque de fragiliser un secteur en plein essor et d’alimenter la grogne sociale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°555 – 12/09/2025

🔴 GAMOU SAGNE BAMBARA / CHEIKH MOUHIDINE SAMBA DIALLO : RÉVÉLATION POSTHUME D’UN HOMME DE DIEU
🔴 NURU SIRÂT FÎ ILMIL TASSÂWUFI DE CHEIKHNA CHEIKH SAAD BOUH : L’IMMORTALITÉ DU SOUFISME EN 666 VERS

🔴 MERCATO / MONACO OUVERT AU DÉPART : KRÉPIN DIATTA VERS LA TURQUIE ?
🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE / MESURES CORRECTIVES : RÉTROPÉDALAGE DU MINISTÈRE DES SPORTS

Gamou de Ndiassane : l’État renouvelle son engagement aux côtés des familles religieuses

La 142e édition du Gamou de Ndiassane, haut lieu de la confrérie Khadriya au Sénégal, a été marquée ce jeudi par une forte présence de l’État, représenté officiellement par le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne. À l’occasion de cette célébration religieuse d’envergure nationale, le ministre, qui parlait au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir pleinement les communautés religieuses du pays.

Dans son adresse au khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, ainsi qu’aux fidèles venus de tout le Sénégal, Dr Diagne a insisté sur le respect inaltérable de la liberté de culte, tout en réitérant l’engagement de l’État à accompagner les familles religieuses dans l’organisation de leurs activités cultuelles. Selon lui, ces manifestations spirituelles sont des moments de communion nationale qui participent à l’ancrage des valeurs républicaines, à travers la foi, la solidarité et la transmission intergénérationnelle des enseignements islamiques.

Le thème retenu pour cette édition, « Voilà ceux qu’Allah a guidés, suis donc leur direction », a été l’occasion pour le ministre d’opérer un parallèle entre les fondements spirituels de l’islam et les défis contemporains du Sénégal. Il a souligné que suivre la guidance divine aujourd’hui, c’est incarner les principes de justice, de probité, de fraternité et de travail. Dans un contexte économique et social marqué par des attentes fortes, il a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs fondamentales pour bâtir une société plus équitable et résiliente.

Dr Mabouba Diagne a également mis en lumière le rôle central que jouent les confréries religieuses dans la stabilité du pays. Il a salué la contribution historique de la tariqa khadriya dans la pacification des esprits, l’éducation religieuse et la préservation du vivre-ensemble. À ses yeux, le modèle sénégalais de l’islam, tolérant, enraciné dans les réalités sociales et ouvert au dialogue interreligieux, est une exception qu’il faut protéger contre les dérives extrémistes.

Le représentant de l’État a particulièrement loué la manière dont la famille Kounta a su transmettre fidèlement l’héritage prophétique à travers les générations, en mettant l’accent sur la modération, la recherche du savoir et la quête de la paix. Pour lui, le Gamou de Ndiassane n’est pas seulement une veillée religieuse commémorant la naissance du Prophète Muhammad (PSL), mais un acte vivant de fidélité aux valeurs universelles de l’islam.

En clôturant son intervention, Dr Diagne a appelé à renforcer le partenariat entre les autorités religieuses et les pouvoirs publics, dans l’optique de construire un Sénégal plus juste, plus spirituel et plus uni. Il a exprimé la volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec toutes les composantes de la société pour garantir la paix sociale, la cohésion nationale et le développement inclusif.

Ce discours a été chaleureusement accueilli par les dignitaires religieux et les fidèles, venus nombreux assister à cette édition du Gamou, devenue au fil des années un symbole de la vitalité spirituelle du Sénégal et de la place prépondérante des familles religieuses dans l’équilibre sociopolitique du pays.

Assemblée nationale : session extraordinaire ce lundi pour l’examen urgent de trois projets de loi majeurs

Les députés sénégalais sont convoqués en urgence ce lundi 15 septembre 2025 à 10 heures pour l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année, conformément à un décret pris par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette session parlementaire se tiendra en procédure d’urgence, dans un contexte de réformes économiques accélérées engagées par le nouveau gouvernement.

Trois projets de loi d’une importance stratégique seront soumis à l’examen de l’Assemblée nationale. Le premier concerne le nouveau Code des Investissements, un texte très attendu par les milieux économiques. Ce projet vise à réformer en profondeur le cadre juridique et fiscal applicable aux investisseurs au Sénégal, afin d’attirer davantage de capitaux nationaux et étrangers, notamment dans les secteurs clés identifiés par le Plan de Redressement économique et social (PRES).

Le deuxième projet de loi porte sur la modification du Code général des impôts, en particulier la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012. Il s’agit d’adapter la fiscalité aux nouvelles priorités économiques, notamment en lien avec les objectifs de justice fiscale, de digitalisation des recettes publiques et de mobilisation accrue des ressources intérieures.

Le troisième texte porte sur une révision de la loi n° 2008-46 du 3 septembre 2008, qui institue la redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL). Cette loi, déjà modifiée à plusieurs reprises, pourrait connaître une nouvelle évolution afin de renforcer la contribution du secteur des télécommunications au financement du développement national, notamment dans les domaines de l’inclusion numérique, de la régulation des opérateurs et de la cybersécurité.

La convocation en procédure d’urgence témoigne de la volonté des autorités de faire avancer rapidement les réformes structurelles nécessaires à la mise en œuvre de leur programme économique. Elle illustre également la collaboration étroite entre l’exécutif et le législatif dans le contexte post-électoral, où l’Assemblée nationale est appelée à jouer un rôle moteur dans l’adoption des textes fondateurs de la nouvelle vision gouvernementale.

Selon des sources parlementaires, l’examen de ces projets pourrait s’étendre sur plusieurs jours, mais le vote final est attendu avant la fin de la semaine, sauf imprévu. Cette session s’annonce donc décisive pour la suite de l’agenda législatif et pour la relance économique du pays.

Grève des concessionnaires du nettoiement : la mobilisation reste intacte malgré une avance de 5 milliards FCFA

La grève déclenchée par les concessionnaires du nettoiement se poursuit, en dépit de l’annonce faite par le Directeur du Budget concernant un décaissement partiel des sommes dues. Ces entreprises, qui assurent une part importante du service public de collecte et de traitement des déchets au Sénégal, réclament au total 15 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement. Mercredi, un mandat de 5 milliards de francs CFA a été confirmé par les services budgétaires, mais cela n’a pas suffi à convaincre les concessionnaires de reprendre leurs activités.

Selon Boubacar Diallo, secrétaire général du collectif des concessionnaires du nettoiement, cette somme représente à peine un tiers des montants attendus. S’exprimant au micro de Radio Sénégal International (RSI), il a précisé que bien que le collectif ait initialement exigé entre 70 et 80 % des sommes dues, il a accepté le principe de percevoir d’abord les 5 milliards proposés, dans un esprit d’ouverture. Il a aussi indiqué qu’un engagement supplémentaire a été pris par les autorités pour le versement de 4 milliards supplémentaires « d’ici une vingtaine de jours », au début du mois d’octobre.

Cependant, cet engagement verbal ne suffit pas à lever la suspension des activités. Les concessionnaires, qui disent être à bout de souffle, insistent sur la nécessité d’un décaissement effectif. Pour eux, les promesses et annonces ne permettent plus d’assurer les services dans les conditions actuelles. « La suspension de nos activités reste en vigueur car nous n’avons plus les moyens de préfinancer le service », a souligné M. Diallo. Il a précisé que si le ministère des Finances a accompli sa part en validant les mandats, c’est désormais au Trésor public de mobiliser effectivement les fonds pour permettre aux entreprises concernées de fonctionner à nouveau.

La grève affecte visiblement la propreté dans plusieurs communes, où les ordures s’accumulent en bordure de route et aux abords des marchés. Les autorités locales, souvent prises en otage par cette situation, peinent à rassurer les populations. Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte économique difficile, où les tensions sur la trésorerie de l’État compliquent l’exécution budgétaire dans plusieurs secteurs.

Les concessionnaires, qui avaient déjà alerté depuis plusieurs semaines sur leur précarité financière croissante, réclament plus de transparence dans le traitement de leurs créances et une régularité dans les paiements. Ils dénoncent un système dans lequel ils sont contraints d’assurer un service public essentiel sans garantie de rémunération dans les délais convenus.

Face à cette impasse, l’exécutif est désormais sous pression. Le règlement rapide de la dette due aux entreprises du secteur du nettoiement s’impose pour éviter une crise sanitaire et environnementale plus grave. Le bras de fer reste tendu, et les jours à venir seront décisifs pour savoir si la promesse de décaissement se matérialisera suffisamment vite pour convaincre les grévistes de reprendre leurs activités.

Litige entre Bocar Samba Dièye et la CBAO : 17 ans de bataille judiciaire, et toujours pas d’épilogue

Depuis plus de dix-sept ans, le célèbre commerçant et importateur sénégalais Bocar Samba Dièye se bat contre la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO), désormais filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, dans un contentieux complexe mêlant saisie de biens, documents contestés et lenteurs judiciaires. Cette affaire, qui prend désormais une tournure publique, a été au centre d’un point de presse organisé cette semaine par l’homme d’affaires, qui réclame l’intervention urgente de l’État, notamment du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

L’origine du conflit remonte à une saisie bancaire que Bocar Samba Dièye conteste avec vigueur. Il affirme que ses biens ont été confisqués sur la base d’une fausse lettre de crédit et d’une traite bancaire qui, selon lui, n’ont jamais existé. Ces documents, censés justifier la créance de la CBAO, n’ont à ce jour jamais été présentés, selon les déclarations de l’homme d’affaires, qui accuse la banque d’avoir monté une opération frauduleuse pour s’emparer de son patrimoine.

Ce que Bocar Samba Dièye vit comme une injustice judiciaire prend une dimension plus profonde à ses yeux : il estime que les décisions rendues jusque-là donnent systématiquement raison à la banque, malgré de nombreux éléments à décharge. Il soutient notamment avoir obtenu gain de cause à douze reprises dans diverses procédures judiciaires, mais sans que cela ne change l’issue pratique du litige.

Dans son récit, l’homme d’affaires revient aussi sur son engagement initial auprès de la CBAO, au moment de sa fusion avec la BAO. Il affirme avoir été approché par l’économiste Abdoul Mbaye, ancien directeur général de la CBAO, pour entrer au capital d’une nouvelle banque. Il avait alors déboursé sept millions de francs CFA pour financer une étude de faisabilité, et acheté 3 000 actions, puis 3 000 autres à la demande d’Aliou Sow, avant de convertir ses dividendes en actions. À terme, il était devenu actionnaire à hauteur de 13 049 actions.

Mais selon lui, tout a basculé après la cession de la CBAO au groupe marocain Attijariwafa Bank. Lors d’une Assemblée générale au cours de laquelle il avait pris la parole pour critiquer certaines pratiques, il aurait été mis sur liste noire. Il affirme que c’est à partir de ce moment-là que le directeur général de l’époque, Raghni, aurait entrepris de le « briser ».

Le cœur du litige repose toutefois sur une dette que la banque estime qu’il doit, mais que lui conteste catégoriquement. À l’appui de sa défense, Bocar Samba Dièye s’appuie sur les conclusions d’un expert judiciaire désigné par le tribunal, qui a affirmé que la banque lui devait de l’argent. Ce rapport, jugé accablant pour la CBAO par les soutiens du plaignant, met en évidence des montants importants liés à des agios et intérêts supposément prélevés de manière irrégulière.

Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des commerçants et importateurs du Sénégal et de la diaspora (ACSIF), qui a assisté à la conférence de presse, a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus manifeste. Selon lui, la banque a appliqué 2,6 milliards de francs CFA d’agios sur le compte de Bocar Samba Dièye, agios qui ont ensuite généré 388 millions de francs CFA d’intérêts. Pour lui, cela constitue une ponction abusive, injustifiée et contraire aux règles bancaires. Il a également affirmé que la fameuse traite de 5,6 milliards, présentée comme pièce centrale du litige par la CBAO, est « introuvable » et n’a jamais été présentée au tribunal.

Famara Ibrahima Cissé estime, sur la base du rapport d’expertise, que la banque devrait reverser plus de 7,6 milliards de francs CFA à Bocar Samba Dièye, correspondant aux montants prélevés de manière indue, à la traite fictive et aux intérêts associés.

Malgré toutes ces affirmations, les décisions de justice semblent aujourd’hui tourner en faveur de la CBAO, ce qui pousse les soutiens de Bocar Samba Dièye à crier à l’injustice. L’homme d’affaires affirme avoir saisi les plus hautes autorités du pays, y compris le président de la République et le Premier ministre, mais n’avoir reçu aucune réponse officielle. Il demande désormais publiquement une médiation politique, dans ce qu’il considère comme un combat pour l’équité et la justice économique.

Ce dossier sensible soulève des interrogations profondes sur la place des investisseurs nationaux dans un environnement bancaire dominé par des groupes étrangers, ainsi que sur la capacité du système judiciaire à trancher les conflits commerciaux avec impartialité. Pour Bocar Samba Dièye et ses soutiens, l’enjeu dépasse désormais le cadre individuel : il s’agit, selon eux, de rétablir un climat de confiance entre la justice, les institutions financières et les opérateurs économiques nationaux.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer l’État de droit et à promouvoir un environnement des affaires stable et équitable, cette affaire pourrait bien devenir un test pour les nouvelles autorités. En attendant une issue judiciaire définitive ou une médiation politique, Bocar Samba Dièye campe sur ses positions : il dit ne réclamer que ce qui lui revient de droit et refuse de baisser les bras.

Thiès : l’ENSA entre en grève de 72 heures pour exiger l’effectivité de son autonomie

L’École nationale supérieure de l’agriculture (ENSA) de Thiès a entamé ce jeudi 11 septembre 2025 une grève de 72 heures, à l’appel de la section locale du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES). Ce mouvement de protestation fait suite à ce que les enseignants décrivent comme un blocage administratif et financier, près de deux ans après la publication du décret leur conférant l’autonomie de l’établissement.

Selon les syndicalistes, malgré la promulgation du décret n°2023-2024 du 1er décembre 2024, qui garantit à l’ENSA son autonomie administrative et financière vis-à-vis du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), aucun dispositif concret n’a encore été mis en œuvre pour permettre à l’institution de fonctionner de manière autonome. Ce retard est jugé inacceptable par les membres du SAES qui dénoncent une situation qui nuit gravement au bon déroulement de l’année académique en cours.

Dans un communiqué relayé par la radio Sud FM, les enseignants de l’ENSA ont présenté cinq revendications principales pour lesquelles ils exigent des réponses urgentes. La première concerne l’organisation immédiate d’élections pour les postes de direction, notamment celui de directeur, de directeur des études et des cinq chefs de département. Ces postes stratégiques, essentiels à la gestion interne de l’établissement, restent à pourvoir alors même que l’ENSA a officiellement acquis son autonomie.

Les enseignants réclament également l’affectation sans délai d’un agent comptable particulier, indispensable pour la gestion directe des finances de l’école. En l’absence de cet agent, les budgets de fonctionnement et d’investissement ne peuvent être exécutés de manière autonome, ce qui ralentit les activités pédagogiques et administratives.

Un autre point de friction majeur concerne la composition du conseil d’administration. Le SAES exige la publication d’un erratum pour rectifier un arrêté jugé « litigieux », estimant que certaines références contenues dans ce document sont erronées et ne respectent pas les textes réglementaires en vigueur. Pour le syndicat, cette rectification est cruciale pour garantir la légalité et la transparence dans la gouvernance de l’ENSA.

Le syndicat demande également l’installation effective, et sans plus tarder, du conseil d’administration, organe clé dans le pilotage stratégique et budgétaire de l’école. Son absence prolongée entrave non seulement les prises de décision, mais empêche également la mise en œuvre de projets structurants nécessaires à l’amélioration de la formation et des conditions de travail.

Enfin, les enseignants appellent à l’octroi immédiat d’une rallonge budgétaire pour assurer la continuité de l’année académique. Ils réclament également la publication d’un décret rectificatif du décret 2024-940 du 5 avril 2024, qu’ils jugent incompatible avec les nouveaux statuts de l’école.

Face à cette situation, la section SAES de l’ENSA dit avoir adressé plusieurs correspondances officielles au ministère de tutelle, restées sans réponse. Une indifférence que les enseignants dénoncent fermement, estimant qu’elle traduit un manque de volonté politique pour faire respecter les droits de l’école à sa pleine autonomie.

En entamant cette grève, les enseignants de l’ENSA veulent alerter l’opinion publique et les autorités sur la nécessité de débloquer rapidement la situation. Sans avancées concrètes dans les prochains jours, la section syndicale n’exclut pas de durcir le ton avec de nouvelles actions.

Senelec : le marché des compteurs intelligents éclaboussé par un conflit d’intérêt impliquant le fournisseur Hexing

Le projet d’acquisition de compteurs intelligents par la Senelec, destiné à moderniser le réseau de distribution électrique au Sénégal, est actuellement gelé par décision du Comité de Règlement des Différends (CRD) de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (Arcop). Une dénonciation anonyme reçue par l’Arcop le 20 mars 2025 a provoqué cette suspension, mettant en lumière de graves soupçons de conflit d’intérêts et d’abus de position dominante au profit de l’entreprise Hexing, fournisseur bien implanté dans l’architecture du système actuel.

Selon les révélations du journal Les Échos, la procédure de passation de ce marché très stratégique est entachée d’irrégularités présumées. Le principal grief porte sur l’influence qu’aurait exercée Hexing, déjà fournisseur du système MDMS (Meter Data Management System) et fabricant du concentrateur utilisé par Senelec, pour barrer la route au concurrent classé premier, à savoir Inhemeter.

Le dénonciateur affirme que bien que classée second moins-disant, Hexing aurait saboté les tests d’intégration des compteurs proposés par Inhemeter, rendant impossible leur compatibilité avec le système MDMS existant. Cette incompatibilité aurait eu pour conséquence directe l’échec d’Inhemeter à franchir l’étape des tests techniques exigés, ouvrant ainsi la voie à une réattribution du marché au second candidat, soit Hexing elle-même.

Cette situation a été jugée préoccupante par les régulateurs car elle met en évidence une double casquette problématique : Hexing, fournisseur du système en place, se retrouvait également en compétition pour intégrer ses propres équipements à ce même système, tout en étant le partenaire obligé de tout autre soumissionnaire via une clause imposée dans le dossier d’appel d’offres. Cela a fait dire au CRD que cette clause pouvait créer un déséquilibre structurel entre les candidats et brouiller le principe d’égalité d’accès à la commande publique, pourtant garanti par la réglementation sénégalaise.

Face à cette alerte, la Senelec a tenté de se défendre. Dans une réponse adressée au CRD le 18 avril dernier, l’entreprise publique a rejeté toute accusation de favoritisme. Elle a rappelé que l’attribution initiale du marché à Inhemeter était conditionnée à la réussite de tests d’intégration dans un délai de 30 jours, tel que stipulé dans le cahier des charges. En cas d’échec, le marché devait revenir automatiquement au second moins-disant, ce qui s’est produit. Senelec a également précisé que la maîtrise préalable du système Hexing n’était pas un critère de sélection, et que tous les candidats avaient reçu le même niveau d’information.

Cependant, le CRD, s’appuyant sur l’article 20 du décret 2023-832, a jugé qu’il existait un risque réel de conflit d’intérêts. La clause obligeant tout soumissionnaire à collaborer, à ses frais, avec le fournisseur du système existant — Hexing — est apparue comme une source potentielle de distorsion de concurrence, plaçant les autres soumissionnaires dans une position de dépendance technique et stratégique vis-à-vis d’un concurrent direct.

En conséquence, le CRD a pris une mesure conservatoire : la suspension immédiate de la procédure d’attribution du marché jusqu’à ce qu’une décision sur le fond soit rendue. Cette décision est d’autant plus importante qu’elle intervient dans un contexte où la Senelec est en pleine transformation de son modèle de distribution, misant sur les compteurs intelligents pour améliorer la gestion énergétique, lutter contre la fraude et favoriser une meilleure facturation.

Ce blocage administratif retarde donc une réforme capitale pour le secteur énergétique sénégalais. Il pose également des questions de gouvernance et de transparence dans la gestion des marchés publics dans des secteurs stratégiques comme l’énergie.

L’affaire est désormais entre les mains de l’Arcop, dont la décision finale pourrait faire jurisprudence sur la gestion des relations entre régies publiques et fournisseurs privés disposant d’une position dominante sur les infrastructures critiques. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si Senelec devra relancer tout le processus ou si un compromis peut être trouvé sans compromettre les règles de la commande publique.

Non-reversement de fonds : Intech Group dans la tourmente judiciaire après des plaintes d’Air Sénégal et des Grands Moulins de Dakar

La société Intech Group SAS, spécialisée dans les services de paiement et de collecte numérique, est actuellement au cœur d’un scandale financier de grande ampleur. Deux des plus importantes entreprises du Sénégal, Air Sénégal SA et les Grands Moulins de Dakar (GMD), ont engagé des poursuites judiciaires distinctes contre la fintech pour des non-reversements de fonds collectés dans le cadre de contrats commerciaux.

L’affaire la plus avancée est celle opposant Air Sénégal SA à Intech Group, en instance devant le tribunal de commerce de Dakar. Selon des documents judiciaires consultés, la compagnie aérienne nationale réclame à Intech Group un montant principal de 1 221 236 141 francs CFA, ainsi que 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Cette somme représenterait le total des ventes collectées par la fintech sur les services de réservation d’Air Sénégal, après déduction de ses commissions contractuelles.

Le contrat initial entre les deux entités remonte au 26 février 2022. À travers ce partenariat, Intech Group avait pour mission de gérer les paiements des clients d’Air Sénégal à travers sa plateforme numérique, puis de reverser les fonds collectés à la compagnie dans les délais impartis. Mais selon Air Sénégal, la fintech n’a pas respecté ses engagements, malgré plusieurs relances et la mise en place d’un plan de remboursement sur sept mois accepté à titre exceptionnel.

Une mise en demeure formelle a finalement été adressée à Intech Group le 26 février 2025, après plusieurs tentatives infructueuses de règlement à l’amiable. Dans sa défense, Intech Group évoque une suspension temporaire de ses flux de paiement par la BCEAO, arguant de difficultés techniques indépendantes de sa volonté. Une explication balayée par les avocats d’Air Sénégal, qui parlent d’un préjudice commercial grave pour une entreprise nationale en pleine restructuration financière.

Mais la compagnie aérienne n’est pas la seule à subir les conséquences de ce dysfonctionnement. Les Grands Moulins de Dakar (GMD) ont, pour leur part, déposé une plainte au pénal contre Intech Group pour abus de confiance. D’après les éléments recueillis par Libération, la fintech aurait encaissé environ 550 millions de francs CFA issus de paiements effectués par les clients des GMD, sans procéder au reversement convenu.

Malgré deux lettres d’engagement signées par le président du conseil d’administration d’Intech Group, promettant un remboursement dans les meilleurs délais, aucun paiement n’aurait été effectué à ce jour. Les GMD, qui disent avoir « épuisé tous les recours amiables », ont finalement saisi la justice pour que les responsabilités soient établies et que les fonds soient recouvrés.

Ces deux dossiers viennent écorner sérieusement la réputation d’Intech Group, jusque-là considérée comme un acteur innovant dans l’écosystème fintech de l’UEMOA. Cette affaire met en lumière les risques de gouvernance et de fiabilité qui pèsent sur certaines entreprises du secteur, pourtant cruciales pour la transformation numérique de l’économie.

Le procès civil intenté par Air Sénégal sera examiné le 16 septembre 2025. Il pourrait être suivi d’autres actions, d’autant que des sources proches du dossier évoquent d’autres entreprises victimes de pratiques similaires, qui envisageraient également de porter plainte.

Dans un contexte de renforcement de la régulation des activités financières numériques en Afrique de l’Ouest, ce scandale pourrait marquer un tournant dans la surveillance des opérateurs de services financiers digitaux, dont le rôle dans les chaînes de valeur économiques ne cesse de croître.

Demande de liberté provisoire de Farba Ngom : la CNDH dénonce la fuite d’un courrier confidentiel

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a vivement réagi après la fuite d’une correspondance adressée au juge d’instruction dans le cadre de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom. Dans un communiqué officiel, l’institution dirigée par le professeur Amsatou Sow Sidibé a dénoncé la divulgation de ce document confidentiel, la qualifiant de « grave atteinte au principe de confidentialité » et de « fait passible de poursuites judiciaires ».

Selon le document consulté par Les Échos, la CNDH rappelle que toutes ses démarches institutionnelles, en particulier celles touchant à des situations individuelles ou judiciaires, sont couvertes par une confidentialité stricte. Elle souligne que cette discrétion est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, qu’il s’agisse de détenus, de victimes ou de tiers impliqués dans une procédure.

La commission précise que ses interventions ne deviennent publiques que dans un cadre bien défini, notamment lors de la présentation de son rapport annuel remis au Président de la République, conformément à la loi qui régit son fonctionnement. Toute autre publication ou fuite en dehors de ce cadre est considérée comme une violation du secret de ses procédures.

Au-delà de la polémique, la CNDH a tenu à rappeler la nature de sa mission. Celle-ci est définie par l’article 4 de la loi qui l’institue : prévenir les violations, promouvoir et protéger les droits humains. À ce titre, la Commission indique qu’elle est fondée à adresser des recommandations et avis aux autorités, y compris judiciaires, dans le cadre de situations impliquant des droits fondamentaux, tout en respectant les limites de son mandat et de la séparation des pouvoirs.

L’institution s’est également appuyée sur ses récents travaux concernant la loi d’amnistie, un dossier particulièrement sensible, pour illustrer sa posture constante en faveur de la protection des droits humains dans un cadre strictement légal. Elle rappelle avoir formulé neuf recommandations dans ce cadre, dont l’une portait sur la création d’une commission d’indemnisation des victimes, preuve de son engagement envers une justice réparatrice et équitable.

Enfin, la CNDH a salué la volonté politique manifestée par les nouvelles autorités de l’État en faveur d’un renforcement de son indépendance. Elle cite notamment un projet de loi en cours, visant à élargir son mandat et à doter l’institution de nouveaux leviers d’action dans la promotion des droits humains au Sénégal.

En conclusion, la CNDH affirme qu’elle restera fidèle à ses principes fondateurs, notamment la confidentialité, l’impartialité et l’indépendance. Elle invite l’opinion publique à ne pas prêter foi aux fuites et lectures biaisées de ses correspondances internes, et rappelle que dans une démocratie, la protection des droits humains ne saurait être instrumentalisée ni exposée au tribunal de l’opinion publique.

Loi de finances 2026 : Bassirou Diomaye Faye exhorte son gouvernement à finaliser les arbitrages budgétaires

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 10 septembre 2025, au Palais présidentiel, le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale, récemment nommée par décret présidentiel. Cette session a été l’occasion pour le chef de l’État de fixer les priorités immédiates, notamment la finalisation du projet de loi de finances pour l’année 2026.

Dans son adresse introductive, le Président Faye a salué le travail accompli par les ministres sortants, soulignant leur contribution à l’exécution de la politique gouvernementale coordonnée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Il a félicité les ministres reconduits et souhaité la bienvenue aux nouveaux entrants, tout en leur rappelant la lourde responsabilité qu’implique leur nomination. « Être ministre ou secrétaire d’État, c’est assumer une responsabilité nationale primordiale, portée par une confiance exceptionnelle », a-t-il affirmé.

Insistant sur les valeurs fondamentales qui doivent guider l’action gouvernementale, Bassirou Diomaye Faye a appelé chaque membre du gouvernement à incarner « la sacralité de l’État », en adoptant une posture exemplaire, marquée par l’intégrité, le sens du service public, la proximité avec les citoyens et l’efficacité dans l’action. Il a également insisté sur la collégialité, estimant que le gouvernement doit être perçu comme une équipe soudée, force de propositions et de réalisations, au service des attentes du peuple sénégalais.

Le Chef de l’État a particulièrement insisté sur l’urgence de mettre en œuvre, avec rigueur et célérité, les réformes et programmes inscrits dans l’Agenda national de Transformation, en lien avec le Plan de Redressement économique et social (PRES). Il a rappelé que chaque ministre devait désormais adopter une gestion axée sur les résultats, en phase avec les objectifs fixés pour accélérer la transformation structurelle du pays.

Dans ce contexte, la préparation du budget 2026 constitue une priorité immédiate. Le Président a ainsi chargé le ministre des Finances et du Budget de finaliser, en collaboration avec son collègue de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi que les ministres sectoriels, les arbitrages nécessaires en vue du dépôt du projet de loi de finances 2026. Il a précisé que cette démarche devait se faire sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko.

Cette exigence témoigne de la volonté du chef de l’État d’installer rapidement son gouvernement dans une dynamique de gouvernance proactive, structurée et orientée vers des résultats tangibles. Le budget 2026 sera, selon toute vraisemblance, un véritable test de mise en œuvre des engagements de la nouvelle administration, notamment en matière de justice sociale, de relance économique, de réforme fiscale et de rationalisation des dépenses publiques.

Affaire Lat Diop : ses avocats vont s’exprimer publiquement ce lundi 15 septembre à Dakar

Le collectif des avocats assurant la défense de Lat Diop a annoncé la tenue d’un point de presse ce lundi 15 septembre 2025, à partir de 16 heures, dans la capitale sénégalaise. Cette déclaration a été rendue publique à travers un communiqué signé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, l’un des avocats du mis en cause.

Selon le communiqué, l’objectif de cette rencontre avec la presse est « d’éclairer l’opinion publique sur le contenu du dossier, les procédures en cours et les droits de la défense », tout en précisant que cet exercice se fera dans le strict respect du secret de l’instruction et des règles déontologiques qui encadrent la profession d’avocat.

Pour rappel, Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), est en détention depuis le 26 septembre 2024. Il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs chefs d’accusation graves, notamment « détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds ». Les montants en jeu dans ce dossier sont estimés à près de 8 milliards de francs CFA, selon les sources judiciaires.

Cette affaire, qui implique une personnalité bien connue du paysage politique et économique national, suscite depuis plusieurs mois une forte attention médiatique et un vif intérêt au sein de l’opinion publique. Le point de presse de ses avocats devrait ainsi permettre de clarifier certains éléments du dossier, dans un contexte où les spéculations et rumeurs continuent d’alimenter le débat public.

Les maladies non transmissibles : Un enjeu majeur de santé publique au Sénégal, selon l’Enquête STEPS 2024

Au Sénégal, les maladies non transmissibles (MNT) sont désormais responsables de 53 % des décès, selon les résultats de l’enquête nationale STEPS 2024, rendus publics à Kolda lors d’un atelier régional organisé ce jeudi. Cette rencontre, réunissant des autorités sanitaires, administratives et communautaires, s’inscrit dans un cycle de partages régionaux destinés à renforcer la riposte nationale contre ces pathologies silencieuses mais dévastatrices.

Le Dr Malick Hann, chef de la Division de la lutte contre les MNT au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a présenté les principales conclusions de cette étude d’envergure. Il a rappelé que les MNT regroupent principalement quatre grandes familles de maladies : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les affections respiratoires chroniques. Toutes ont en commun des facteurs de risque bien identifiés, liés au mode de vie et à l’environnement. « Une alimentation déséquilibrée – trop salée, trop sucrée ou trop grasse –, la consommation excessive d’alcool, le tabagisme, la sédentarité ainsi que la pollution de l’air sont les principaux éléments déclencheurs de ces pathologies », a-t-il précisé.

Ces facteurs, modifiables pour la plupart, mettent en lumière l’importance d’une stratégie de prévention solide. D’autant que les MNT, souvent silencieuses à leurs débuts, deviennent extrêmement coûteuses à traiter une fois qu’elles s’aggravent. C’est pourquoi le ministère de la Santé, à travers cette enquête, cherche à sensibiliser l’ensemble des acteurs sur la nécessité d’agir en amont, en renforçant la communication et la mobilisation communautaire.

Prenant la parole à son tour, Bonaventure Kalamo, gouverneur adjoint de la région de Kolda, a insisté sur la responsabilité collective face à ce fléau sanitaire. Pour lui, la lutte contre les MNT ne peut se limiter au seul secteur de la santé. Elle doit impliquer les collectivités locales, les établissements scolaires, les acteurs religieux et les leaders d’opinion. « Il faut diversifier les canaux d’information pour toucher toutes les couches sociales. Les MNT sont des maladies qui ruinent les familles, mettent à mal les revenus des ménages et pèsent sur le budget de l’État », a-t-il soutenu.

L’atelier de Kolda, à l’instar de ceux organisés dans d’autres régions du pays, ambitionne d’ancrer la lutte contre les maladies non transmissibles dans une logique territoriale, en tenant compte des spécificités locales. Il est question de former des relais communautaires, de renforcer les structures sanitaires de proximité, et surtout, de promouvoir des comportements sains dès le plus jeune âge.

Les résultats de l’enquête STEPS 2024 serviront par ailleurs de base pour l’élaboration d’un nouveau plan stratégique national de lutte contre les MNT. L’actuel plan d’action couvrant la période 2023-2025 arrive à son terme, et les autorités veulent s’appuyer sur des données actualisées pour affiner leurs interventions. L’ambition est claire : faire reculer de manière significative l’impact des MNT dans les années à venir, en misant sur la prévention, la détection précoce et un accompagnement durable des patients.

Le Sénégal, à l’image de nombreux pays en développement, est aujourd’hui confronté à un double fardeau épidémiologique : la persistance des maladies infectieuses et la montée en puissance des pathologies chroniques. Dans ce contexte, la lutte contre les maladies non transmissibles s’impose comme une priorité de santé publique et un défi national qui engage l’avenir du système sanitaire et la qualité de vie des populations.

AUGMENTATION DE 2,2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UN AN : Les Sénégalais à l’épreuve de la cherté de la vie

Le quotidien des Sénégalais devient de plus en plus insoutenable. Même ceux qui parviennent encore à subvenir à leurs besoins essentiels ne trouvent plus le sommeil tranquille. Selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré, en août 2025, une progression de 2,2 % en glissement annuel, signe manifeste d’un renchérissement généralisé qui fragilise davantage les ménages.
Cette inflation est principalement imputable à la hausse du coût des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées (+3,8 %), poste de dépense central des familles. La hausse des prix des légumes, tubercules, fruits, viandes et poissons – largement tributaire d’une baisse de la production maraîchère en période hivernale – illustre l’ampleur de cette tension. D’autres secteurs stratégiques accentuent également la pression : logement, eau, électricité et combustibles (+1,3 %), transports (+1,7 %), santé (+1,8 %) et services de restauration et d’hébergement (+1,8 %). La flambée des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants (+7,5 %) vient, quant à elle, compléter ce tableau alarmant.
Certes, quelques allègements se dessinent dans les services de communication (-3,1 %) ou certains produits de soins personnels (-1,2 %) ; toutefois ils apparaissent marginaux face à l’ampleur de la tendance haussière.
Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, atteint 4,5 % en rythme annuel, révélant la persistance de tensions structurelles sur les prix. Les produits locaux connaissent une hausse marquée (+4,2 %), contrastant avec le léger recul des biens importés (-1,8 %).
En variation mensuelle, les prix progressent encore de 1 %, avec une envolée spectaculaire des légumes feuillus (+32,2 %), des légumes-fruits (+13,3 %) et des tubercules (+12,7 %). À ces hausses alimentaires s’ajoutent celles du transport aérien, des services de livraison, de l’électricité et même de certaines prestations culturelles et de santé.
Par conséquent, derrière les chiffres, c’est une réalité implacable qui se dessine : la cherté de la vie grignote chaque jour davantage le pouvoir d’achat et plonge de nombreux foyers dans une angoisse croissante. L’inflation n’est plus une abstraction statistique, mais une épreuve quotidienne qui met à rude épreuve la résilience des populations.

Conseil des ministres : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux ministres sortants et encourage les nouveaux entrants

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a profité du conseil des ministres tenu ce mercredi pour exprimer sa reconnaissance aux membres du gouvernement récemment remerciés.

Parmi eux figurent Jean-Baptiste Tine, ex-ministre de l’Intérieur, Ousmane Diagne, ancien ministre de la Justice, et Mountaga Diao, jusque-là en charge du Tourisme. Le chef de l’État a tenu à saluer publiquement « les efforts déployés par les ministres sortants pour la mise en œuvre de la politique définie, sous la conduite et la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko », peut-on lire dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion hebdomadaire.

En parallèle, Bassirou Diomaye Faye a adressé ses félicitations aux ministres et secrétaires d’État reconduits, tout en exhortant les nouveaux entrants à s’investir pleinement dans leurs missions. Pour le président, la responsabilité gouvernementale constitue « une position spéciale, fondée sur une confiance exceptionnelle, dans l’exercice de charges publiques, au service des populations et de l’intérêt général ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°554 – 11/09/2025

🔴 AUGMENTATION DE 2,2% DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UNE ANNÉE : LES MÉNAGES À BOUT DE SOUFFLE
🔴 INVESTIR DANS LES ADOLESCENTES EN AFRIQUE : UN TRÉSOR DE PLUS DE 280 000 MILLIARDS F CFA À RECOUVRER

🔴 PAPE MATAR SARR : LA PERLE AU SERVICE DE LA « TANIÈRE »
🔴 CRÉATION DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LES ACTEURS EXPRIMENT DES OBJECTIONS

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Tribunal de Dakar : Dame Amar condamné à un mois ferme pour détention et usage de drogue

Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de grande instance de Dakar dans l’affaire qui mettait en cause l’homme d’affaires Dame Amar pour détention et usage de drogue. Alors que le parquet avait requis deux ans de prison dont six mois ferme, la juridiction a opté pour une peine plus clémente, en le condamnant à un mois de prison ferme.

Selon plusieurs sources médiatiques ayant suivi l’audience, le tribunal a également ordonné la restitution des quatre véhicules de luxe ainsi que des 2 millions de francs CFA saisis lors de son arrestation, lesquels avaient été initialement présentés comme une tentative de corruption visant les agents de la brigade des stupéfiants. Le juge n’a donc pas retenu cette qualification dans sa décision finale.

Pour rappel, Dame Amar, âgé de 35 ans, avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à son domicile situé au Plateau, en plein centre-ville de Dakar. Cette arrestation faisait suite à une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. Elle avait également conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont sa compagne, de nationalité marocaine, présente sur les lieux au moment de l’intervention.

Les enquêteurs avaient mis la main sur une quantité importante de produits illicites : 100 grammes de skunk, une variété de cannabis à forte teneur en THC, 10 grammes de haschich, du matériel de consommation, neuf téléphones portables, des bijoux en or ainsi que les quatre véhicules saisis. Le chauffeur personnel de Dame Amar avait lui aussi été arrêté, poursuivi pour tentative de corruption, après avoir, selon les enquêteurs, proposé de l’argent aux policiers pour étouffer l’affaire.

Dame Amar n’en est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été cité et jugé dans le cadre de l’affaire Hiba Thiam, une jeune femme décédée en 2020 lors d’une soirée privée à Dakar où l’usage de drogues et d’alcool avait été mis en cause. Ce précédent judiciaire avait déjà entaché sa réputation et placé son nom au cœur de plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire vient donc alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, bien que la peine prononcée cette fois reste relativement légère. Elle relance également les débats sur la consommation de stupéfiants dans les milieux mondains de Dakar et la réponse judiciaire face à des figures publiques impliquées dans ce type de dossier.

Reste à savoir si le parquet fera appel de cette décision qu’il pourrait juger insuffisamment dissuasive au regard de la gravité des faits reprochés. En attendant, Dame Amar devra purger son mois de prison ferme, une peine qui, si elle semble symbolique, pourrait avoir des répercussions sur sa liberté conditionnelle dans le cadre de ses précédentes condamnations.

Investir dans les adolescentes : un levier de 500 milliards de dollars pour la croissance africaine d’ici 2050, selon un rapport

Le rapport Parcours vers la prospérité pour les adolescentes en Afrique, parvenu à la rédaction de Ledakarois, lance un appel clair et urgent : investir dans les adolescentes africaines n’est pas seulement un impératif moral, c’est un choix stratégique majeur pour l’avenir du continent. Selon les projections contenues dans ce document, un investissement accru dans l’éducation, la santé et l’emploi des adolescentes pourrait générer jusqu’à 500 milliards de dollars supplémentaires de croissance économique d’ici 2050.

L’étude, menée par un consortium d’experts en développement, santé publique et économie, évalue les pertes économiques liées à la sous-exploitation du potentiel des jeunes filles âgées de 10 à 19 ans, et propose une série de réformes pour inverser cette tendance. Elle met en lumière le lien direct entre le bien-être des adolescentes et la prospérité des nations africaines.

Le premier pilier mis en avant par le rapport est l’éducation. Il recommande un accès gratuit et universel à l’enseignement secondaire pour toutes les filles, objectif jugé essentiel pour briser le cycle de la pauvreté et ouvrir des perspectives économiques à long terme. Le texte souligne également l’importance de l’enseignement technique et professionnel, qui permettrait d’adapter les compétences des jeunes filles aux réalités du marché du travail, de plus en plus numérisé et compétitif.

Sur le plan sanitaire, le rapport appelle à renforcer les services de santé sexuelle et reproductive à destination des adolescentes. Il insiste sur l’accès à la contraception, aux soins de santé adaptés et à une éducation complète à la sexualité. Cette stratégie permettrait notamment de réduire significativement les grossesses précoces, responsables de nombreuses ruptures scolaires et de complications de santé, et de sauver jusqu’à 30 000 vies chaque année.

Le rapport ne se limite pas aux infrastructures et services. Il met aussi l’accent sur la transformation des normes sociales qui freinent l’épanouissement des adolescentes. En particulier, il appelle à éradiquer le mariage précoce, encore largement répandu dans plusieurs régions d’Afrique, par une combinaison de lois plus strictes et de campagnes de sensibilisation engageant les chefs religieux, coutumiers et communautaires. Retarder le mariage des filles, affirme le document, permettrait à des millions d’entre elles de rester à l’école et de jouer un rôle actif dans la société.

Le rapport insiste également sur l’autonomisation économique des adolescentes. Il recommande le soutien à l’entrepreneuriat féminin, à travers des mécanismes de financement adaptés, des programmes de formation et des politiques fiscales incitatives. Les gouvernements sont invités à intégrer les adolescentes dans les plans nationaux d’emploi, de développement économique et de réduction de la pauvreté. D’après les estimations du rapport, chaque dollar investi dans l’éducation et la santé des adolescentes génère en moyenne quatre dollars de croissance économique.

Enfin, le rapport plaide pour une meilleure représentation des adolescentes dans les sphères de décision, tant au niveau local que national. Il propose leur inclusion dans les conseils de jeunes, les plateformes citoyennes, les comités scolaires ou les structures communautaires, afin que leurs besoins spécifiques soient directement pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques.

La conclusion du rapport est sans équivoque : l’Afrique ne pourra atteindre ses objectifs de développement durable sans une inclusion réelle et structurée de ses adolescentes. Elles représentent non seulement une force démographique considérable, mais aussi un levier économique sous-exploité. Le rapport propose ainsi une feuille de route claire, articulée autour de quatre axes : éducation, santé, inclusion économique et participation à la gouvernance.

« Investir dans les adolescentes, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique », affirme le rapport. Dans un contexte où les défis économiques, sociaux et environnementaux s’accumulent, faire de la jeunesse féminine une priorité n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 10 Septembre 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a évoqué le décret n° 2025-1430 du 06 septembre 2025, qui nomme les Ministres et Secrétaires d’Etat, membres du nouveau Gouvernement de la République du Sénégal. Il a adressé ses remerciements aux Ministres sortants qui n’ont ménagé aucun effort pour mettre en œuvre la politique qu’il a déterminée, sous la conduite et la coordination du Premier Ministre Ousmane SONKO. Il a félicité et encouragé les Ministres et Secrétaires d’Etat reconduits dans le Gouvernement, ainsi que ses nouveaux membres. Il a rappelé qu’être Ministre ou Secrétaire d’Etat, est une responsabilité nationale primordiale. C’est une position spéciale, fondée sur une confiance exceptionnelle, dans l’exercice de charges publiques, au service des populations et de l’Intérêt général. D’où, l’impératif, pour tout Ministre ou Secrétaire d’Etat, d’incarner, à tout instant, la sacralité de l’Etat, le culte du service public et l’engagement patriotique, l’intégrité, l’efficacité dans la mise en œuvre de la politique de la Nation, à travers le déploiement optimal des politiques publiques.
 

Le Président de la République a invité le nouveau Gouvernement qui a tenu sa première session de Conseil des ministres ce jour, d’être une institution de la République marquée du sceau de l’action. Dans cette posture d’exception, il constitue dans la lettre et l’esprit de la Constitution, une équipe collégiale et solidaire, une force collective de propositions et de réalisations au service des attentes, aspirations et même des exigences de nos populations. Le Gouvernement, doit incarner le projet politique patriotique, plébiscité par le Peuple sénégalais. Il doit le matérialiser par la détermination, l’engagement et la maitrise de la communication, mais aussi le sens du travail dans la diligence, la qualité, l’efficacité et la proximité.
 

Le Chef de l’État a invité le nouveau gouvernement à s’attacher avec méthode à la gestion axée sur les résultats à l’intérieur de chaque département ministériel, à l’intensification de la mise en œuvre optimale du Plan de Redressement économique et social (PRES), conformément aux séquences temporelles et aux stratégies sectorielles opérationnelles de l’Agenda national de Transformation. Il a rappelé à chaque Ministre, l’urgence de mettre en œuvre, sous la supervision du Premier Ministre, les programmes, projets, réformes et textes requis dans le cadre de l’exécution des directives présidentielles. A cet égard, il a indiqué au Ministre des Finances et du Budget, l’urgence de prendre toutes les dispositions nécessaires avec le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et les Ministres sectoriels, en vue de la finalisation adéquate avec le Premier Ministre, de tous les arbitrages concernant le projet de Loi de finances pour l’année 2026. Par ailleurs, il a signalé au Gouvernement, la nécessité d’asseoir un ancrage territorial des actions ministérielles et interministérielles, en liaison avec la politique de territorialisation des politiques publiques. Il s’agit aussi et surtout, de veiller sans relâche à la prise en charge des problématiques sécuritaires, ainsi que des questions sociales dirimantes concernant l’éducation, l’enseignement supérieur, la santé, la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat des populations par la maitrise des circuits de commercialisation et des prix des denrées et produits essentiels. Enfin, il a demandé au Gouvernement d’intensifier la relance de l’économie nationale, le développement du secteur privé, des investissements productifs et de l’entreprenariat, de même que les travaux publics à haute intensité de main d’œuvre dans tous les secteurs, fondamentalement dans ceux du logement et des constructions, afin de promouvoir l’employabilité et l’emploi des jeunes : une priorité nationale.


Abordant les questions liées à l’organisation du dernier Maouloud, le Chef de l’État s’est appesanti sur l’accompagnement de ces cérémonies religieuses. Il a adressé ses chaleureuses félicitations au Gouvernement, aux forces de défense et de sécurité, aux services de l’Etat et à l’ensemble de la communauté musulmane du Sénégal, ainsi qu’aux Khalifes généraux, pour l’excellent déroulement des célébrations du Maouloud sur l’étendue du territoire national. Il a demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller avec les acteurs publics et religieux impliqués, à la programmation optimale des différentes interventions de l’Etat dans les cités et lors des manifestations religieuses et même coutumières. Il a insisté sur la tenue des réunions d’évaluation de l’organisation des manifestations assorties de recommandations d’amélioration pour les prochaines éditions.
 

Sur un autre chapitre, le Président de la République a mis l’accent sur la question de la relance des programmes d’alphabétisation et de promotion des langues nationales. Il a profité de la célébration du mois de l’alphabétisation qu’il avait initié en 2024 pour féliciter les acteurs et opérateurs en alphabétisation pour leur travail remarquable à l’échelle de toutes les collectivités territoriales du Sénégal. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale d’accentuer, à tous les niveaux, la mise en œuvre inclusive et optimale des projets et programmes d’alphabétisation, notamment dans nos langues nationales, dont la vulgarisation dans notre système éducatif et universitaire, et dans les secteurs public et privé, demeure une exigence essentielle à la réalisation du projet d’un Sénégal souverain, juste et prospère.


Dans un an, le Sénégal va accueillir les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, un évènement international d’envergure qui a des impacts notables sur les systèmes de transport (aériens, terrestres, maritimes), d’hébergement et sur nombre de secteurs de la vie économique, sociale et culturelle. C’est pourquoi, le Chef de l’État a invité le Gouvernement, notamment le Ministre de la Jeunesse et des Sports de prendre toutes les dispositions avec le Comité d’organisation (COJOJ), les Ministères et acteurs concernés, en vue de la réalisation, à temps, des infrastructures et autres diligences requises par l’organisation. Il a souligné la nécessité d’accentuer, dès à présent, une bonne préparation de nos athlètes à cette importante compétition, qui se déroule pour la première fois en Afrique.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

  • Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation des mises en place et cessions des intrants agricoles 2025, la situation prévisionnelle des semences et le point sur Africa Foods System Forum (AFSF) ;
  • Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.

Le Conseil a examiné et adopté :

  • Le Projet de loi portant Code des Investissements.
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts ;
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2008-46 du 03 septembre 2008 instituant une redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL), modifiée ;

Le Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions
Porte-Parole du Gouvernement.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Adolescentes en Afrique : 34 % hors du système scolaire, un rapport tire la sonnette d’alarme

Un rapport récemment publié, intitulé Parcours vers la prospérité pour les adolescentes en Afrique, dresse un tableau préoccupant de la situation des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans sur le continent. Malgré les progrès enregistrés dans certains domaines ces dernières années, les inégalités restent criantes, particulièrement en matière d’éducation, de santé, et d’inclusion économique.

Selon ce document, près de 34 % des adolescentes africaines ne sont pas scolarisées, un chiffre qui témoigne d’un désengagement préoccupant du système éducatif vis-à-vis d’une frange importante de la jeunesse féminine. Ces statistiques révèlent des inégalités persistantes, accentuées par les disparités géographiques. Dans plusieurs pays, l’écart de fréquentation scolaire entre les zones urbaines et rurales dépasse les 20 points de pourcentage. Le rapport souligne notamment que les filles vivant en milieu rural sont deux fois plus susceptibles d’être déscolarisées que celles des centres urbains, ce qui compromet sérieusement leurs chances d’émancipation sociale et d’intégration dans l’économie formelle.

Le rapport aborde également la situation sanitaire des adolescentes, un autre indicateur majeur de leur vulnérabilité. Il indique que près de 30 % des filles âgées de 15 à 19 ans sont déjà mères ou enceintes, un phénomène alarmant qui augmente les risques de mortalité maternelle, mais aussi les cycles de pauvreté intergénérationnelle. Cette réalité est fortement liée à la persistance de pratiques telles que le mariage précoce, encore largement répandu, notamment en Afrique de l’Ouest, où une fille sur deux est mariée avant l’âge de 18 ans.

Sur le plan économique, le rapport met en lumière une marginalisation quasi systématique des adolescentes dans les activités productives. Peu d’entre elles accèdent à des emplois stables ou formels. En zone rurale, plus de 80 % des jeunes filles travaillent dans l’agriculture de subsistance, souvent sans rémunération ni aucune forme de protection sociale. Leur participation à l’économie reste donc informelle, précaire et invisible dans les statistiques officielles.

Au-delà de ces constats alarmants, l’étude propose une lecture prospective. Elle insiste sur le fait que l’autonomisation des adolescentes africaines représente un levier de croissance majeur pour l’ensemble du continent. Le rapport estime que si les gouvernements parviennent à garantir un accès équitable à l’éducation et à la santé pour cette tranche de la population, l’Afrique pourrait générer jusqu’à 500 milliards de dollars de croissance économique supplémentaire d’ici 2050. Ce chiffre donne la mesure du potentiel économique aujourd’hui sous-exploité.

L’étude rappelle enfin que les adolescentes représentent une force démographique déterminante pour l’avenir du continent. Cependant, sans politiques publiques adaptées, cet atout risque de se transformer en fardeau, aggravant les déséquilibres sociaux et économiques.

« Investir dans les adolescentes, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique », conclut le rapport. Il invite ainsi les gouvernements, les partenaires au développement et les sociétés civiles à reconsidérer l’adolescente non pas comme une victime passive des inégalités, mais comme une actrice clé du changement à condition qu’on lui donne les moyens d’agir.

Branchements frauduleux d’électricité : coup de filet de la SENELEC et de la gendarmerie à Ndiakhirate Extension

La lutte contre la fraude à l’électricité s’intensifie au Sénégal. Moins d’une semaine après le démantèlement d’un réseau de branchements frauduleux à Keur Massar, impliquant même des agents de la Société nationale d’électricité (SENELEC), une nouvelle opération conjointe a été menée ce mardi 9 septembre à Ndiakhirate Extension, dans la commune de Sangalkam. Cette fois encore, la Brigade territoriale de la gendarmerie a prêté main-forte aux équipes de contrôle de la SENELEC, dans le cadre d’une campagne de répression ciblée contre les raccordements clandestins.

Selon un communiqué de la Gendarmerie nationale, une vingtaine de branchements frauduleux ont été découverts lors de cette opération. Ces installations illégales, réalisées sans aucune autorisation, consistaient à tirer des câbles directement enfouis dans le réseau électrique de la SENELEC, dans le but d’alimenter plusieurs habitations du village. Cette pratique constitue non seulement une infraction grave à la réglementation en vigueur, mais elle met aussi en danger les infrastructures électriques et la sécurité des habitants.

L’ensemble du matériel utilisé pour les raccordements illicites a été saisi sur place, et les branchements ont été immédiatement neutralisés par les techniciens de la société. Selon la SENELEC, ces interventions sont nécessaires pour sécuriser le réseau électrique national et réduire les pertes techniques et commerciales qui affectent lourdement la performance du service public de l’électricité.

Les propriétaires des habitations concernées ont été identifiés et convoqués par la direction de la SENELEC. Certains techniciens, soupçonnés d’avoir facilité ou directement participé à ces installations frauduleuses, figurent également parmi les personnes entendues. Des poursuites judiciaires ne sont pas exclues, selon les autorités.

Cette opération à Ndiakhirate s’inscrit dans une série d’actions plus larges entreprises par la SENELEC en partenariat avec les forces de défense et de sécurité pour combattre la fraude électrique, un phénomène qui prend de l’ampleur dans plusieurs zones périurbaines et rurales du pays. Ces branchements illégaux, souvent justifiés par l’absence ou la lenteur des procédures d’abonnement, engendrent pourtant des risques élevés : courts-circuits, incendies, électrocutions, et perturbations dans la distribution normale du courant.

Face à cette situation, la SENELEC appelle les populations à faire preuve de responsabilité en optant pour des branchements légaux et sécurisés. L’entreprise réitère sa disponibilité à accompagner les citoyens dans leurs démarches d’abonnement, tout en rappelant que la tolérance zéro sera désormais de rigueur face à toute forme de fraude.

Visite officielle aux Émirats arabes unis : Ousmane Sonko échange avec Cheikh Mansour Bin Zayed sur de nouveaux axes de coopération

Dans le cadre d’une visite officielle entamée lundi à Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu, ce mercredi, par Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, vice-président des Émirats arabes unis et figure influente du gouvernement émirati. Ce tête-à-tête de haut niveau, tenu à la résidence de Cheikh Mansour, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays.

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), les discussions entre les deux hommes ont porté sur plusieurs axes stratégiques de coopération bilatérale. Les domaines de l’énergie, des mines, des infrastructures et de l’investissement ont été au cœur des échanges. Cheikh Mansour, en plus de ses fonctions de vice-président, cumule des postes clés comme celui de ministre des Affaires présidentielles, président de la Banque centrale des Émirats et de l’Autorité d’investissement émiratie, ce qui donne un poids particulier à cette rencontre sur le plan institutionnel et économique.

La rencontre a été suivie par une série d’audiences entre Ousmane Sonko et des responsables d’institutions émiraties majeures opérant dans les secteurs stratégiques ciblés par le Sénégal pour soutenir son développement. Il s’agit notamment de partenaires dans l’énergie renouvelable, les infrastructures portuaires, les télécommunications et la transformation minière. Des contacts ont également été établis avec des fonds souverains et des groupes d’investissement désireux de s’implanter en Afrique de l’Ouest.

Cette visite officielle, qui s’étale sur six jours, constitue le troisième déplacement hors du continent africain pour Ousmane Sonko depuis sa nomination en tant que chef du gouvernement. Après la Chine et la Turquie, le choix des Émirats arabes unis témoigne d’une volonté assumée de diversifier les partenariats stratégiques du Sénégal, tout en attirant des investissements à forte valeur ajoutée.

Le Premier ministre est accompagné dans cette mission diplomatique par une délégation composée de plusieurs membres du gouvernement. Parmi eux, Ahmadou Al Aminou Lo, ministre auprès du président de la République, et Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui devrait également prendre les rênes du ministère de la Justice. Leur présence souligne l’envergure politique et diplomatique de cette visite.

En s’entretenant directement avec Cheikh Mansour, propriétaire du club anglais Manchester City mais surtout puissant acteur de la finance et de la diplomatie économique des Émirats, Ousmane Sonko cherche à positionner le Sénégal comme un partenaire crédible, stable et stratégique dans une région du monde en quête d’opportunités d’expansion en Afrique.

Les retombées concrètes de cette visite pourraient se manifester dans les mois à venir à travers de nouveaux projets d’investissement, des accords de coopération technique, ou encore des financements dans des secteurs prioritaires. Ce déplacement renforce également la stature internationale du Premier ministre sénégalais, qui entend redéfinir les contours de la diplomatie économique nationale à travers une approche plus proactive et ciblée.

Gamou de Ndiassane : El Malick Ndiaye reçu par le Khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta

À l’occasion du Gamou 2025 célébré à Ndiassane, haut lieu de la confrérie khadre au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a effectué une visite marquante ce mercredi 10 septembre. Il a été reçu par le Khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, à qui il a transmis un message officiel de la part des plus hautes autorités de l’État.

Dans une publication relayée sur sa page Facebook, El Malick Ndiaye a indiqué qu’il était porteur d’un message de paix, de solidarité et de reconnaissance, au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que de l’Assemblée nationale. Un geste qui, au-delà de la symbolique religieuse, traduit l’importance que les nouvelles autorités attachent aux relations avec les foyers religieux du pays.

« J’ai sollicité ses prières pour un Sénégal uni, une paix durable et la réussite de notre nouveau gouvernement », a écrit le président de l’Assemblée. Il a également mis en avant la dimension spirituelle et sociale du Gamou, soulignant son rôle essentiel dans la consolidation de la cohésion nationale et dans la préservation des valeurs républicaines fondées sur le dialogue, le respect et la foi.

Le Gamou de Ndiassane est un événement religieux majeur qui réunit chaque année des milliers de fidèles venus des quatre coins du pays et de la sous-région. Il commémore la naissance du prophète Mohammed (PSL) dans la tradition khadre, et demeure un moment fort de spiritualité, d’enseignements religieux et de prières.

La visite d’El Malick Ndiaye s’inscrit dans une série de déplacements effectués par les autorités sénégalaises à l’occasion des célébrations du Maouloud à travers le pays. Ces rencontres visent à renforcer les liens entre l’État et les familles religieuses, considérées comme des piliers de stabilité, d’éducation et de médiation sociale.

Météo au Sénégal : de nouvelles pluies attendues ce 10 septembre sur une grande partie du territoire

Alors que plusieurs localités ont été arrosées dans la matinée du mardi 10 septembre, notamment Dakar et Thiès, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) prévoit la poursuite des épisodes pluvieux dans les heures à venir. Des pluies, parfois accompagnées d’orages, sont attendues dans de nombreuses régions du pays, confirmant une dynamique atmosphérique active qui caractérise ce début de mois de septembre.

Selon le dernier bulletin de l’ANACIM, les zones du Sud et de l’Est du pays seront les plus concernées par ces nouvelles perturbations météorologiques. Des averses parfois soutenues sont attendues dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Kédougou et Tambacounda, en particulier dans l’après-midi et en soirée. La densité des nuages observée dans ces régions laisse présager des cumuls de pluie importants, susceptibles de perturber certaines activités rurales ou de mobilité.

Le Centre du pays ne sera pas épargné. Des précipitations sont également annoncées dans les régions de Kaolack, Fatick, Kaffrine et Diourbel. Les populations vivant dans les zones basses ou sujettes aux inondations sont invitées à redoubler de vigilance, surtout dans un contexte où la saturation des sols augmente les risques d’accumulation rapide d’eau.

Dans le Nord du pays, bien que les pluies soient moins fréquentes en cette période, Linguère est placé sous surveillance météorologique. La région pourrait enregistrer des averses localisées en fin de journée, selon les prévisions du centre météorologique national.

Sur la façade ouest du pays, notamment Dakar, Thiès et Mbour, les météorologues prévoient encore des pluies éparses, susceptibles de tomber en fin de journée ou durant la nuit. Ces averses s’inscrivent dans un contexte de pluviométrie régulière depuis le début du mois, marquant une phase active de la saison des pluies dans la zone côtière.

L’ANACIM appelle les populations à la prudence, notamment les usagers de la route, les agriculteurs et les habitants des zones sensibles. Des consignes simples, comme éviter de s’abriter sous les arbres pendant les orages ou de traverser des zones inondées à pied ou en véhicule, sont rappelées pour prévenir les accidents.

Les services météorologiques poursuivent leur veille et annoncent des mises à jour régulières pour permettre aux citoyens de mieux anticiper les évolutions climatiques. Dans ce contexte de fortes précipitations, la vigilance reste de mise.

Mairie de Dakar : Abass Fall prône la performance, la concertation et la fin des clivages pour une capitale inclusive

Ce mardi, dans une salle comble de l’Hôtel de ville de Dakar, Abass Fall a officiellement pris ses fonctions à la tête de la capitale sénégalaise. Lors de la cérémonie de passation de service avec son prédécesseur Ngoné Mbengue, le nouveau maire a prononcé un discours fort, aux accents de rupture et d’espoir, axé sur la performance, la concertation et le dépassement des querelles politiques au service des Dakarois.

D’entrée, Abass Fall a tenu à remercier Mme Mbengue pour avoir, selon ses mots, su « préserver l’élan de service républicain dans un contexte très difficile ». Reconnaissant les efforts de gestion de l’ancienne équipe municipale, il a posé les jalons de son mandat en appelant à un changement profond de culture administrative et politique.

« La confiance des Dakarois ne se gagne pas avec des promesses, mais avec des résultats tangibles », a-t-il martelé. Pour lui, son élection n’est pas un triomphe personnel mais un mandat populaire exigeant, qui impose rigueur, méthode et humilité. Il a promis de gouverner dans « la concertation, le respect mutuel et la sérénité », indiquant que seule une gouvernance inclusive permettra de répondre efficacement aux attentes d’une population urbaine de plus en plus exigeante.

Fidèle à sa réputation d’homme de terrain, Abass Fall a assumé un ton direct et lucide sur les défis qui l’attendent. Il a notamment pointé du doigt la faiblesse des conditions salariales dans l’administration municipale comme un frein majeur à la performance : « Quand j’ai vu le salaire des gens qui travaillent ici, je me suis dit : voilà pourquoi l’administration municipale n’est pas aussi performante qu’on aurait souhaité. »

Fort de son expérience en tant que premier adjoint au maire, il entend mettre en œuvre une réforme profonde de la gestion municipale pour transformer Dakar en une « municipalité performante, à l’image des grandes capitales du continent ». Mais cette transformation, selon lui, ne peut se faire sans une synergie active avec l’État central. Abass Fall a d’ailleurs tendu la main aux autorités nationales, affirmant que « la ville de Dakar ne peut prospérer que dans une synergie intelligente pour apaiser les autorités locales et centrales ».

Il a également lancé un appel à l’unité entre les acteurs politiques de la capitale, les invitant à dépasser les rivalités partisanes pour privilégier l’intérêt général. « L’heure n’est plus au clivage politique, mais à la recherche de performance », a-t-il souligné avec fermeté.

En dressant les grandes lignes de son programme, le nouveau maire a mis l’accent sur les enjeux cruciaux de l’heure : assainissement, mobilité urbaine, culture, éducation, inclusion sociale, modernisation des infrastructures et gestion des déchets. Il a promis une gouvernance tournée vers la justice sociale et un progrès partagé, sans discrimination.

Conscient que la réalisation de ses ambitions nécessitera des moyens financiers conséquents, Abass Fall se veut toutefois confiant. Il mise sur les ressources humaines et le potentiel économique de Dakar pour impulser une dynamique nouvelle. « Cette ville regorge d’énergie, d’intelligence et de ressources remarquables », a-t-il affirmé avec conviction.

Il a conclu son discours par une adresse directe aux Dakarois : « Ce mandat est le vôtre. Vous en êtes les premiers acteurs, les premiers bénéficiaires, mais aussi les premiers évaluateurs. » Et de promettre une gouvernance de proximité, basée sur l’unité, la transparence et la discipline collective. « Ensemble, dans l’unité et la discipline collective, nous tracerons la voie d’une capitale plus moderne, plus inclusive, plus rayonnante », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Prise de fonction d’Abass Fall à la Ville de Dakar : Ngoné Mbengue exprime sa confiance envers son successeur

La passation de service entre l’ex-maire par intérim Ngoné Mbengue et le nouveau maire de Dakar, Abass Fall, s’est déroulée ce mercredi 10 septembre, dans une atmosphère à la fois solennelle et symbolique. Élu par les conseillers municipaux le 25 août dernier, Abass Fall prend officiellement les rênes de la capitale sénégalaise, succédant ainsi à Mme Mbengue qui assurait l’intérim depuis décembre 2024.

Lors de la cérémonie d’installation, Ngoné Mbengue n’a pas caché son soulagement et sa confiance vis-à-vis de son successeur. « Je suis rassurée. Je suis convaincue qu’il saura mener la barque de Dakar à bon port », a-t-elle déclaré devant les membres du conseil municipal, les agents de la mairie, les militants et les invités venus assister à l’événement.

Saluant les qualités humaines du nouvel édile, Mme Mbengue a souligné sa « disponibilité » et sa « bienveillance », des traits de caractère qu’elle dit connaître personnellement. Elle a également invité Abass Fall à s’inscrire dans la continuité, en consolidant les acquis de la précédente équipe municipale tout en apportant des améliorations là où cela s’avère nécessaire. « Je compte sur lui pour parachever les bonnes actions que nous avons entamées et améliorer ce qui reste à parfaire », a-t-elle ajouté avec sérénité.

Membre du parti Taxawu Sénégal, dirigé par Khalifa Ababacar Sall, Ngoné Mbengue a également profité de cette occasion pour adresser un mot de gratitude à l’ensemble des conseillers municipaux. Elle a salué leur « sens des responsabilités », qui a permis, selon elle, de maintenir un climat de stabilité et de sérénité au sein de l’institution municipale depuis sa prise de fonction le 13 décembre 2024.

« Nous sommes venus d’obédiences différentes, mais nous avons su préserver ce que nous ne pouvons pas départager : l’intérêt des Dakarois », a-t-elle déclaré avec émotion, en évoquant l’esprit de collaboration qui a prévalu au sein du conseil malgré les différences politiques.

La prise de fonction d’Abass Fall intervient dans un contexte marqué par des enjeux urbains complexes : gestion des inondations, amélioration des services publics, modernisation des infrastructures et renforcement de la participation citoyenne. Très attendu par les populations, le nouveau maire devra faire preuve de leadership et de dialogue pour répondre efficacement aux aspirations des Dakarois.

Mairie de Dakar : Abass Fall succède à Ngoné Mbengue lors d’une passation marquée par des tensions organisationnelles

La mairie de Dakar a officiellement changé de main ce mardi à l’occasion d’une cérémonie de passation de service entre la maire intérimaire sortante, Ngoné Mbengue, et son successeur, Abass Fall. Organisé dans une ambiance à la fois solennelle et électrique, l’événement a connu un démarrage mouvementé, débutant avec près de deux heures de retard sur l’horaire initialement prévu.

Prévue à 10 heures, la cérémonie n’a effectivement commencé qu’à midi, dans une salle comble où se mêlaient conseillers municipaux, représentants d’institutions, militants, sympathisants et membres du personnel administratif. Ce retard s’explique en partie par des tensions liées à l’organisation et à la gestion des invités, notamment autour de la question de l’occupation des places assises.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines de militants, manifestement acquis à la cause d’Abass Fall, ont pris d’assaut la salle et occupé la majorité des sièges. Lorsque les invités officiels, dont certains dignitaires politiques et représentants des collectivités locales, sont arrivés, il ne restait que très peu de places disponibles. Les agents de sécurité et les services de la mairie ont alors tenté de réorganiser la salle en demandant à certains militants de céder leurs sièges aux invités protocolaires. Cette initiative a été mal accueillie par une partie du public, provoquant une brève montée de tension.

Refusant de quitter leurs places, plusieurs militants se sont opposés aux instructions, forçant les organisateurs à trouver une solution d’urgence. Des chaises supplémentaires ont été installées dans la salle pour pallier le manque d’espace, mais cela n’a pas suffi à satisfaire tout le monde. Ainsi, plusieurs participants, y compris des personnalités invitées, ont dû suivre la cérémonie debout.

Malgré ce début chaotique, la cérémonie a ensuite pu se dérouler dans le calme. Elle a été ouverte par des prières, demandant succès et bénédictions pour le nouveau mandat d’Abass Fall. Ce dernier, peu avant son entrée officielle dans la salle, avait tenu une réunion à huis clos avec les conseillers municipaux, dans un geste de concertation visant à poser les bases de son administration.

Cette passation de service marque un tournant dans la gestion de la mairie de Dakar. Abass Fall, figure politique bien connue sur la scène dakaroise, prend désormais les rênes de la capitale avec de nombreuses attentes. Son arrivée intervient dans un contexte de réformes et de défis urbains majeurs, où la gestion de l’espace public, les services de base et la gouvernance locale seront au cœur des priorités.

S’il a su galvaniser ses partisans, le nouveau maire devra maintenant rassembler au-delà de son cercle de fidèles pour répondre aux besoins concrets des populations et apaiser les tensions observées dès cette première étape de son mandat.

Litige au Marché national : l’ARM condamnée à verser 88,6 millions FCFA à la SEMIG par le Tribunal de commerce de Dakar

Le Tribunal de commerce de Dakar a tranché dans un contentieux opposant deux acteurs publics du secteur agroalimentaire sénégalais. Dans son jugement récemment rendu, la juridiction a condamné l’Agence de Régulation du Marché (ARM) à verser la somme de 88,6 millions de francs CFA à la Société d’Exploitation du Marché national de la Gare des gros porteurs (SEMIG SA), tout en rejetant la demande d’expulsion formulée par cette dernière.

À l’origine de ce litige, un contrat de partenariat signé le 9 novembre 2021 entre l’ARM et la SEMIG. Dans le cadre de cet accord d’une durée de cinq ans, l’ARM obtenait l’autorisation d’ériger et d’exploiter un hangar de stockage d’oignons – baptisé « Centre U » – sur le terre-plein du Marché d’intérêt national. Ce projet, à forte valeur stratégique, s’inscrivait dans la dynamique de réduction des pertes post-récolte, alors estimées entre 20 % et 30 %, et dans le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

Ce partenariat, salué à son lancement comme un modèle de coopération interinstitutionnelle pour le développement de chaînes de valeur agricoles, n’a toutefois pas tenu ses promesses. Moins de deux ans après sa mise en œuvre, les relations entre les deux entités se sont tendues. Des accusations mutuelles ont émergé : retards dans l’exécution du contrat, mauvaise gestion financière, non-respect de certaines clauses contractuelles, et absence de coordination dans la gestion des espaces du marché.

Estimant que l’ARM n’avait pas respecté ses engagements, la SEMIG a décidé de porter l’affaire devant la justice. Représentée par l’avocat Me Soumaré, elle a saisi le Tribunal de commerce de Dakar pour demander l’expulsion de l’Agence du site du Marché national, ainsi que le paiement de créances financières contractées dans le cadre du partenariat.

Le tribunal a partiellement accédé à la demande. Si la demande d’expulsion a été rejetée – sans doute pour préserver un minimum de continuité dans l’exploitation du hangar et éviter une perturbation brutale des activités liées au stockage d’oignons – la justice a toutefois reconnu la validité des arguments financiers avancés par la SEMIG. L’ARM a ainsi été condamnée à verser un montant de 88,6 millions FCFA à la société plaignante, somme qui correspondrait à des arriérés ou à des frais impayés liés à l’utilisation du site et à l’exécution du projet.

Le journal Les Échos, qui a rapporté l’information, précise que l’Agence de Régulation du Marché conserve encore la possibilité de faire appel de cette décision. Il reste à voir si elle décidera d’exercer cette voie de recours ou si elle choisira de s’acquitter du montant fixé pour solder ce différend.

Cette affaire met en lumière les défis que rencontrent même les projets les mieux intentionnés lorsqu’ils manquent d’une gouvernance rigoureuse, d’un suivi contractuel clair et d’une transparence dans la gestion. Elle soulève également la question de la solidité des partenariats entre entités publiques, souvent minés par des divergences d’approche ou des conflits d’intérêts mal encadrés.

Patisen : les travailleurs menacent d’entrer en grève pour dénoncer des conditions de travail jugées dégradantes

Un climat social tendu règne actuellement au sein de Patisen, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires du Sénégal. Ce mardi, les employés de la société ont organisé un rassemblement devant les locaux de l’entreprise pour exprimer leur profonde colère face à ce qu’ils considèrent comme des abus persistants. Brandissant la menace d’une grève, ils réclament le respect de leurs droits fondamentaux et une nette amélioration de leurs conditions de travail.

À l’origine de cette mobilisation, le licenciement, qualifié d’« injuste », du chef du personnel. Une décision que les travailleurs perçoivent comme un signal inquiétant de la part de la direction, qui semble ignorer les inquiétudes et aspirations du personnel. Le délégué du personnel, Lamine D., a fermement dénoncé cette mesure, affirmant qu’elle a été prise sans concertation ni respect pour ceux qui œuvrent quotidiennement à la productivité de l’entreprise. « Nous sommes prêts, tous pieds fermes, pour qu’au moins les droits des travailleurs soient respectés », a-t-il déclaré devant la presse.

Mais au-delà de ce renvoi, les employés de Patisen dénoncent un malaise bien plus profond. Selon les représentants syndicaux, les salaires perçus sont jugés insuffisants et indignes de la charge de travail imposée. Certains agents gagneraient à peine entre 70 000 et 75 000 francs CFA par mois. Un montant qui, dans le contexte économique actuel, ne permettrait pas de couvrir les besoins élémentaires comme le logement, le transport ou la nourriture. « Si vous payez la location, votre transport, votre nourriture, 70 000 francs ne peuvent rien contre ça », a lancé Lamine D., visiblement excédé.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les travailleurs dénoncent également l’absence totale de plan de carrière au sein de la société. Pour beaucoup, il n’existe aucune perspective d’évolution professionnelle, aucune politique de motivation ni reconnaissance des efforts. Ce manque d’horizon professionnel, combiné à des conditions de travail qu’ils jugent précaires, viendrait aggraver le malaise social déjà bien installé.

Sur le plan sanitaire, les accusations sont tout aussi préoccupantes. Le personnel pointe du doigt des conditions de sécurité et d’hygiène défaillantes dans les unités de production, exposant ainsi les employés à des risques pour leur santé. « La santé des employés est complètement menacée », a alerté le délégué du personnel, évoquant une détérioration progressive de l’environnement de travail.

Face à cette situation jugée « grave », les employés n’écartent pas l’option d’une grève générale si leurs revendications continuent d’être ignorées. Ils appellent la direction à entamer un dialogue franc et à apporter des solutions concrètes à leurs doléances, sous peine de voir le mouvement social s’intensifier dans les prochains jours.

Pour l’heure, la direction de Patisen n’a pas encore officiellement réagi aux accusations portées contre elle, mais la pression monte, et le malaise au sein du personnel est palpable. Si aucune médiation n’est engagée rapidement, l’entreprise pourrait faire face à un blocage aux lourdes conséquences sur ses activités et son image.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet

Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.

Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.

Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.

À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.

Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.

Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.

Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

Sénégal : des performances record dans la production de pétrole et de gaz en août 2025

Le secteur énergétique sénégalais poursuit son envolée. Le mois d’août 2025 a été marqué par des avancées significatives dans les projets pétroliers et gaziers de Sangomar et du gisement transfrontalier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), confirmant la place grandissante du Sénégal et de la Mauritanie sur la carte mondiale des hydrocarbures.

Selon le ministère du Pétrole, dirigé par Birame Soulèye Diop, trois cargaisons de pétrole brut ont été exportées et commercialisées au cours du mois d’août, pour un volume global de 2,90 millions de barils.

Depuis le démarrage de la production, 41,03 millions de barils ont été extraits à Sangomar, dont 40,24 millions de barils déjà écoulés sur le marché international à travers 42 cargaisons.

Ces performances dépassent les attentes initiales. La production annuelle, estimée à 30,53 millions de barils pour 2025, a été revue à la hausse et devrait désormais atteindre 34,5 millions de barils. Une révision que le ministère attribue à la « robustesse des performances opérationnelles et à la bonne tenue des puits ».

Le gisement gazier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, connaît également une dynamique positive. Deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 337 966 m³, ont été finalisées en août.

Depuis le lancement de la production le 9 février 2025, huit cargaisons ont été exportées, représentant un volume cumulé de 1,34 million de m³ de GNL.

Parallèlement, les travaux de mise en service des installations se poursuivent à bord du FPSO, le navire de production, de stockage et de déchargement du gaz. L’objectif, selon le ministère du Pétrole, est d’assurer une montée en puissance progressive afin d’optimiser la capacité de production.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°553 – 10/09/2025

🔴 CHUTE LIBRE DE LA PRODUCTION (-14,9%), DES EXPORTATIONS (-29,1%) ET VENTES (-18,1%) : LA FILIÈRE CIMENT SE NOIE
🔴 SOIXANTE JOURS DE DÉTENTION : TOUJOURS AUCUN GRIEF CONTRE BADARA GADIAGA ?

🔴 ÉLIMINATOIRES CDM 2026 / DÉFAITE FACE AU SÉNÉGAL : LA FRUSTRATION DES CONGOLAIS VIRE À LA VIOLENCE

Des orages et des pluies attendus dans plusieurs régions du Sénégal durant la nuit du 9 au 10 septembre

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a publié un bulletin météorologique annonçant des conditions pluvieuses sur une bonne partie du territoire sénégalais durant la nuit du 9 au 10 septembre. D’après les prévisions, plusieurs régions du pays seront touchées par des orages accompagnés de pluies parfois soutenues.

Les zones les plus concernées sont celles du Sud, notamment Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, où l’on prévoit une forte activité orageuse. Ces précipitations s’étendront également vers le Centre-sud du pays, affectant les régions de Kaffrine, Kaolack et Fatick. Dans la région de Mbour, les risques demeurent faibles, bien que la vigilance soit toujours recommandée.

Selon les dernières observations, un système pluvieux actuellement situé au Mali devrait traverser la frontière dans la nuit pour atteindre le territoire sénégalais, affectant en particulier les régions de Kédougou, Tambacounda ainsi que la partie sud de Matam, en fin de nuit et au petit matin du 10 septembre.

Par ailleurs, plusieurs localités du Nord et de l’Ouest du pays, dont Dakar, Thiès, Diourbel, Louga et Saint-Louis, connaîtront un ciel nuageux pouvant s’accompagner de pluies légères et localisées.

Face à cette situation météorologique instable, l’ANACIM appelle les populations à la prudence et les encourage à suivre régulièrement ses bulletins et mises à jour afin d’anticiper les éventuelles conséquences liées aux intempéries.

Aïssatou Diop Fall auditionnée par la Division spéciale de Cybersécurité avant d’être relâchée

La journaliste Aïssatou Diop Fall, connue pour son franc-parler et son engagement dans les médias, a été convoquée et entendue ce mardi par la Division spéciale de Cybersécurité (DSC). Directrice de la chaîne d’information en ligne Public.sn, elle a été interrogée dans le cadre d’une plainte déposée par l’une de ses consœurs, Thioro Mandela. Après plusieurs heures d’audition, Mme Diop Fall a été autorisée à rentrer chez elle, sans qu’aucune mesure restrictive ne soit prise à son encontre pour le moment.

Cette affaire fait suite à une émission récemment diffusée sur la plateforme Public.sn, au cours de laquelle Aïssatou Diop Fall aurait tenu des propos jugés diffamatoires par Thioro Mandela. Cette dernière a rapidement saisi la justice, estimant que sa réputation avait été mise à mal de manière injustifiée. Le contenu précis des propos incriminés n’a pas encore été rendu public, mais la plainte fait état d’atteinte à l’honneur et à la considération de la plaignante.

Dans un climat où la liberté d’expression et la régulation des contenus en ligne soulèvent de nombreuses questions, cette audition a immédiatement suscité l’intérêt de l’opinion publique et des acteurs du monde médiatique. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les implications de cette affaire, à la fois sur le plan juridique et sur la liberté des journalistes d’exercer leur métier sans subir de pressions.

À ce stade, aucune inculpation n’a été prononcée, et l’enquête se poursuit sous la houlette des services compétents. Aïssatou Diop Fall, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources proches de la journaliste indiquent qu’elle reste sereine et prête à se défendre face aux accusations portées contre elle.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°552 – 09/09/2025

🔴 MOUHAMED DIENG DANS LE COLLIMATEUR DE LA CENTIF : TENTATIVE DE CORRUPTION DE CERTAINS MÉDIAS
🔴 AFFAIRE FARBA NGOM / « COMPLICATIONS POTENTIELLEMENT FATALES, DONT UNE MORT SUBITE » : AMSATOU SOW SIDIBÉ EXIGE SA LIBÉRATION

🔴 ÉLIMINATOIRES COUPE DU MONDE 2026 / RENCONTRE CONTRE LA RDC : LES « LIONS » PRÊTS À SORTIR LES CROCS

AFFAIRE MOUHAMED DIENG : Quand l’argent cherche à acheter le silence des médias

L’affaire Mouhamad Dieng, déjà alourdie par le rapport accablant de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), connaît désormais un prolongement des plus préoccupants. L’homme d’affaires aurait, par l’entremise d’un promoteur musical très en vue, entrepris de soudoyer plusieurs rédactions sénégalaises afin d’orienter la couverture médiatique en sa faveur. Des sommes faramineuses, se chiffrant en millions, ont été proposées pour obtenir des publications flatteuses, destinées à redorer son image et à détourner l’opinion publique des accusations documentées qui pèsent sur lui.
Le Dakarois Quotidien a lui aussi été approché dans le cadre de cette opération de charme. Une offre de plusieurs millions a été soumise à la rédaction, en échange de contenus complaisants. Toutefois, elle a été rejetée sans équivoque. Le journal demeure fidèle à son engagement d’indépendance, préférant la rigueur de l’information à la compromission ou à la capitulation face aux menaces, et la vérité à l’argent.
Cette tentative de corruption illustre une stratégie profondément préoccupante : substituer à la transparence judiciaire une mise en scène médiatique financée à coups de billets. Plutôt que de répondre devant les autorités aux faits précis relevés par la CENTIF – flux financiers suspects, acquisitions douteuses, sociétés-écrans – Mouhamad Dieng semble avoir choisi la voie d’un storytelling artificiel, construit pour séduire l’opinion et museler les voix discordantes.
Le recours à un intermédiaire issu du milieu culturel révèle, par ailleurs, la volonté de brouiller les pistes et de s’appuyer sur des relais d’influence familiers pour pénétrer le champ médiatique. Ce procédé ne fait que renforcer les interrogations sur l’étendue des moyens mobilisés pour échapper au regard de la justice.
Il convient de rappeler une évidence : l’innocence ne se proclame pas dans les colonnes achetées des journaux, mais se démontre devant les tribunaux.
Le silence du parquet, face à un dossier d’une telle gravité, interpelle et nourrit la suspicion d’un étouffement.
Au-delà du cas de Mouhamad Dieng, c’est la crédibilité de notre système démocratique et judiciaire qui est en jeu. L’argent ne devrait pas dicter la ligne des rédactions et achèter les consciences.
Le Dakarois Quotidien réaffirme son refus de toute compromission : informer, sans crainte ni faveur, demeure notre unique boussole.

Mauritanie : 119 migrants secourus au large d’Amhijrat, dont 50 Sénégalais

Les garde-côtes mauritaniens ont porté secours à 119 migrants en détresse au large d’Amhijrat, dans la région d’Inchiri. L’annonce a été faite par le ministère mauritanien de la Pêche et de l’Économie maritime à travers un communiqué publié sur sa page officielle. Parmi les rescapés figurent 50 Sénégalais, dont une femme, 54 Gambiens, dont dix femmes, ainsi que 15 Guinéens de Conakry.

Selon les premières informations, l’embarcation avait quitté la Gambie au début du mois de septembre 2025 avec pour objectif de rallier l’Europe. Mais le moteur de la pirogue est tombé en panne en pleine mer, condamnant ses passagers à une errance de près d’une semaine. Privés de moyens de propulsion et à la merci des courants, les migrants ont vécu des jours d’angoisse avant d’être localisés. Leur sauvetage a été rendu possible grâce à une coordination entre les garde-côtes mauritaniens et des navires évoluant dans la zone.

Après avoir été secourus, les migrants ont été conduits à Nouakchott où ils ont bénéficié d’une assistance et de soins médicaux conformément aux procédures en vigueur. Ce dénouement heureux a permis d’éviter un drame supplémentaire dans une région où les naufrages sont fréquents et souvent meurtriers.

L’épisode illustre une nouvelle fois les dangers extrêmes liés à la migration irrégulière par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes originaires du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre les côtes européennes à bord d’embarcations de fortune. Faute de conditions de navigation sûres, nombre d’entre eux périssent en mer ou disparaissent sans laisser de traces, transformant ces traversées en tragédies humaines répétées.

Keur Massar : démantèlement d’un vaste réseau de vol d’électricité impliquant des prestataires de la SENELEC

La brigade de recherches de Keur Massar a mis au jour, ce week-end, un vaste réseau de fraude électrique qui opérait depuis plusieurs mois au détriment de la SENELEC. L’opération, entamée dans la nuit du 6 septembre et poursuivie le lendemain, a conduit à l’arrestation de trois suspects, parmi lesquels figurent deux prestataires travaillant directement pour la société nationale d’électricité.

Selon les informations recueillies, les personnes interpellées sont A. Diame, âgé de 41 ans et prestataire affecté à Malika, S. Diallo, 40 ans, également prestataire à Keur Massar, et M. M. Diop, 35 ans, un électricien indépendant. Les enquêteurs, accompagnés d’agents de la SENELEC et d’un huissier de justice, ont découvert un système sophistiqué mais dangereux : des câbles posés à même le sol, des branchements irréguliers s’étendant sur plus de cent mètres et des dizaines de foyers connectés illégalement. Les habitants concernés payaient un forfait fixe de 7 000 francs CFA par mois, quel que soit le niveau de leur consommation.

Les pertes pour la SENELEC se chiffreraient à plusieurs millions de francs CFA. Cependant, les conséquences ne se limitent pas à l’aspect financier. Ces branchements anarchiques constituaient un danger mortel. Des cas d’électrocution ont déjà été signalés, dont la mort de deux chevaux, tandis que les riverains vivaient constamment sous la menace d’incendies et d’accidents graves liés à la mauvaise installation des câbles.

Dimanche 7 septembre, entre 11 heures et 15 heures, les gendarmes, renforcés par un escadron de la Légion de gendarmerie d’intervention, ont procédé à la neutralisation complète du dispositif frauduleux. Une cinquantaine de maisons identifiées comme bénéficiaires de ces branchements illégaux ont été débranchées. Les agents de la SENELEC ont retiré les câbles sous la supervision de l’huissier de justice afin de sécuriser la zone et de rétablir l’ordre sur le réseau.

Les trois suspects arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol et fraude d’électricité. Ils devraient être présentés mardi devant le tribunal de grande instance de Rufisque. L’enquête reste ouverte pour identifier d’éventuelles complicités et mesurer l’ampleur réelle de ce trafic, qui pourrait concerner d’autres quartiers de la banlieue dakaroise.

Cette affaire met en lumière les lourdes conséquences des branchements clandestins, non seulement pour la SENELEC et les finances publiques, mais surtout pour la sécurité des populations. Les autorités entendent renforcer la lutte contre ces pratiques, qui continuent de fragiliser le réseau électrique national et de mettre des vies en péril.

Yassine Fall, nouvelle Garde des Sceaux : « Rendre la justice au service du peuple »

Nommée Ministre de la Justice, Garde des Sceaux dans le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, Yassine Fall a livré ses premiers mots après l’annonce officielle. Dans un message empreint d’humilité et de patriotisme, elle a tenu à remercier le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre pour la confiance placée en elle.

« C’est avec une grande humilité et un sens élevé du patriotisme que j’accepte ma nomination comme Ministre de la Justice, Garde des Sceaux du Sénégal », a-t-elle écrit, avant de réaffirmer sa loyauté au peuple sénégalais.

Consciente de la lourde responsabilité qui l’attend, la nouvelle patronne de la Justice a promis de travailler en étroite collaboration avec toutes les institutions de la République et les acteurs de la société civile. Son objectif affiché : mettre le droit au service des citoyens et faire de la justice un instrument au service du peuple.

« Je mesure pleinement l’importance et la lourdeur de la tâche qui m’incombe. Je réitère ma loyauté au peuple sénégalais et ma parfaite disposition à collaborer avec toutes les institutions de la République ainsi qu’avec les acteurs non étatiques, afin de servir le droit, rendre la justice au service du peuple et atteindre les résultats escomptés », a-t-elle conclu.

YASSINE FALL À LA JUSTICE, Me BAMBA CISSÉ À L’INTÉRIEUR : Le spectre d’un parti-État

La nomination de Yassine Fall au ministère de la Justice et de Me Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur pourrait dépasser le cadre d’un simple réaménagement gouvernemental. Elle semblerait traduire une orientation politique : faire de la justice et de la sécurité des instruments au service d’un projet de contrôle accru.
Ces choix, loin d’être anodins, pourraient envoyer un signal fort sur la volonté du régime de verrouiller les institutions et d’imposer une gouvernance partisane.
Yassine Fall, militante assumée du Pastef, avait déjà attiré l’attention en octobre 2024 lorsqu’elle aurait pris publiquement fait et cause pour une passagère ayant agressé verbalement l’ancien président Macky Sall dans un avion. Ce positionnement, jugé partisan par beaucoup, pourrait aujourd’hui nourrir des interrogations sur son aptitude à incarner l’impartialité attendue de la fonction de garde des Sceaux. La justice, censée rester un rempart contre les dérives, risquerait d’être alignée et instrumentalisée.
Les déclarations du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, affirmant que « ceux qui dérangent » devraient être écartés du corps judiciaire ou encore celles attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko selon lesquelles les ministres de la Justice et de l’Intérieur devraient exécuter sans discuter un ordre d’arrestation, pourraient conforter cette lecture d’une justice d’obéissance plutôt que d’équilibre.
De l’autre côté, l’arrivée de Me Bamba Cissé comme ministre de l’Intérieur ne semblerait pas être le fruit du hasard. Plus qu’un avocat connu, il est une vieille connaissance d’Ousmane Sonko qu’il fréquente depuis plus de vingt ans. Lui-même rappelait avoir partagé avec le leader du Pastef des années de doctorat à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). En 2024, il n’hésitait pas à qualifier Sonko de « phénomène politique » et d’« homme le plus remarquable dans l’histoire politique du Sénégal ». Sa proximité avec le Premier ministre, avérée de longue date, pourrait conforter l’idée d’un appareil sécuritaire confié à un fidèle dont l’allégeance politique ne ferait aucun doute.
Au-delà des personnes, c’est une certaine conception de l’État qui semblerait se dessiner. Les nominations de Yassine Fall et de Me Bamba Cissé pourraient confirmer la mise en place progressive d’un Parti-État où justice et sécurité deviendraient des leviers de domination. Les promesses de rupture, brandies comme des symboles d’espoir, sembleraient céder le pas à une pratique politique qui installerait la peur, fragiliserait la presse, marginaliserait les opposants et mettrait en péril l’indépendance des institutions.
Le Sénégal, longtemps cité en exemple pour son pluralisme et son équilibre démocratique, pourrait, dès lors, se retrouver dans une situation délicate. Si la justice venait à se transformer en bras armé d’un régime, elle perdrait sa fonction de rempart et entraînerait avec elle l’ensemble du système dans une zone de turbulence.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°551 – 08/09/2025

🔴 NOMINATIONS DE YASSINE FALL ET DE Me BAMBA CISSÉ : LE SPECTRE D’UN PARTI-ÉTAT
🔴 KAOLACK / L’AXE MÉDINA BAYE – MBADAKHOUNE PARALYSÉ PAR LES EAUX USÉES : MENACES D’OCCUPATION DES BUREAUX DE L’ONAS

🔴 DÉFAILLANCES LORS DU MATCH CONTRE LE SOUDAN : LA FSF TIRE DES LEÇONS
🔴 NOUVELLE DIRECTION AU JARAAF : SOULEYMANE DIALLO ÉLU POUR 2 ANS

Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des incertitudes sur la capacité de l’exécutif à gouverner efficacement.

La nomination des titulaires de la Justice et de l’Intérieur marque un tournant. Longtemps défendus par la présidence comme des bastions de neutralité, ces ministères ont finalement été cédés sous la pression du Premier ministre et de son camp. Ce choix confère à Ousmane Sonko et à ses proches un pouvoir inédit dans l’appareil sécuritaire et judiciaire. Pour nombre d’observateurs, cela ouvre la voie à un durcissement des pratiques répressives et à une possible instrumentalisation des procédures judiciaires dans la gestion des rivalités politiques.

Alors que le pays traverse une conjoncture difficile – hausse du coût de la vie, chômage des jeunes, fragilité de l’investissement – les attentes étaient fortes sur l’émergence d’une équipe compétente et soudée autour du plan de redressement. Or, plusieurs ministres critiqués pour leur manque de résultats ont été reconduits, par défaut d’accord entre le président et son Premier ministre. Ce statu quo traduit un arbitrage politique plutôt qu’une vision économique, laissant craindre un retard dans la mise en œuvre des réformes attendues.

Derrière les sourires officiels, la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko reste palpable. L’un incarne la légitimité institutionnelle, l’autre revendique la légitimité politique et militante. Cette dualité installe une « guerre froide » au sommet, qui pourrait se diffuser insidieusement dans la haute administration et les institutions de la République. La stratégie présidentielle, consistant à temporiser et laisser pourrir la situation, apparaît comme un aveu de faiblesse. Mais ce choix pourrait à terme miner la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Ce gouvernement, né de compromis laborieux, illustre les limites d’un partage du pouvoir imposé par des équilibres politiques précaires. Loin d’incarner une dynamique de réforme, il s’apparente à une fragile coalition interne dont les contradictions risquent d’entraver l’action publique. Dans un contexte où la société sénégalaise attend des réponses rapides et concrètes, cette paralysie politique pourrait s’avérer lourde de conséquences.

Matam : le pont de Oréfondé fermé à la circulation à cause de la crue du fleuve Sénégal

La circulation a été provisoirement interdite sur le pont de Oréfondé, submergé par les eaux du fleuve Sénégal. L’annonce a été faite ce samedi par le gouverneur de la région de Matam, Saïd Dia.

« Le pont de Oréfondé, reliant cette commune du Dandé Mayo nord, a été submergé par les eaux du fleuve Sénégal. La circulation y est provisoirement interdite », a indiqué l’autorité administrative dans un communiqué.

Cet ouvrage constitue un axe vital pour relier la commune de Oréfondé aux villages environnants. Déjà par le passé, il avait été fermé dans des circonstances similaires, forçant les populations à se rabattre sur les pirogues motorisées pour se déplacer.

La situation reste préoccupante, puisque le niveau d’alerte du fleuve Sénégal, fixé à 8 mètres, a été dépassé depuis plusieurs jours. Les risques d’inondations persistent et perturbent fortement la mobilité dans cette zone frontalière, où les populations attendent des mesures urgentes pour sécuriser leurs déplacements.

Gouvernement II : Marie Rose Khady Fatou Faye devient Porte-parole du gouvernement

Le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko enregistre l’arrivée d’une nouvelle figure. Marie Rose Khady Fatou Faye a été nommée Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des relations avec les institutions. Elle assumera également le rôle de Porte-parole du gouvernement.

Avant cette nomination, Marie Rose Khady Fatou Faye dirigeait l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME). Son parcours à la tête de cette structure lui a permis de se distinguer par son engagement en faveur de l’entrepreneuriat et du renforcement des capacités des PME sénégalaises.

Son nouveau poste, hautement stratégique, la place désormais au cœur de la communication gouvernementale et des relations institutionnelles. À travers cette responsabilité, elle devient l’une des voix officielles de l’exécutif, chargée de porter les décisions, d’expliquer les orientations et de défendre l’action du gouvernement auprès de l’opinion publique

Cheikh Niang, nouveau ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine

Le Sénégal a un nouveau chef de sa diplomatie. L’ambassadeur Cheikh Niang a été nommé ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères dans le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.

Diplomate de carrière depuis 1993, Cheikh Niang a représenté le Sénégal dans plusieurs pays et institutions internationales. Il a notamment été ambassadeur au Japon, aux États-Unis, en Afrique du Sud et dans d’autres pays. En 2018, il avait été nommé Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies à New York, où il a défendu les positions du pays sur des questions de paix, de sécurité et de développement.

Sa nomination intervient dans un contexte où le Sénégal veut renforcer son rôle dans l’intégration africaine et consolider ses relations avec le reste du monde. Avec son expérience et son parcours, Cheikh Niang apparaît comme un choix stratégique pour donner un nouvel élan à la diplomatie sénégalaise.

Sénégal : Un nouveau gouvernement pour impulser un souffle politique inédit

Le Sénégal vient de franchir une étape politique majeure avec l’annonce officielle de la composition d’un nouveau gouvernement. Attendu depuis plusieurs semaines, ce remaniement traduit la volonté du chef de l’État de donner un nouvel élan à l’action publique et de répondre aux aspirations de changement exprimées par les citoyens.

Le Premier ministre Ousmane Sonko conduira cette nouvelle équipe où l’on retrouve des figures connues mais aussi de nouveaux visages, témoignant d’une volonté d’ouverture et de renouvellement. Les portefeuilles stratégiques sont confiés à des personnalités issues de différents horizons politiques et professionnels.

Au ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang prend la relève, tandis que le Général Birame Diop hérite des Forces armées. Bamba Cissé est nommé ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, un poste sensible dans le contexte actuel. L’économie, secteur névralgique, est confiée à Abdourahmane Sarr (Économie, Plan et Coopération) et Cheikh Diba (Finances et Budget).

La gestion des ressources énergétiques revient à Birame Soulèye Diop (Énergie, Pétrole et Mines), alors que Malick Ndiaye pilotera les Infrastructures et les Transports. La transition écologique sera portée par Daouda Ngom, tandis que Cheikh Tidiane Dièye prend en charge l’Hydraulique et l’Assainissement.

Le nouveau gouvernement met un accent particulier sur les secteurs sociaux. Moustapha Guirassy prend les rênes de l’Éducation nationale, et Ibrahima Sy devient ministre de la Santé et de l’Action sociale. La jeunesse, les sports et la culture sont confiés à Khady Diène Gaye, tandis que Maïmouna Dièye prend en charge la Famille et les Solidarités.

Elhadj Abdourahmane Diouf sera en charge de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, un portefeuille clé pour l’avenir du pays.

Le commerce et l’industrie reviennent à Serigne Guèye Diop, tandis que les Pêches, essentielles pour l’économie sénégalaise, sont confiées à Fatou Diouf. L’agriculture et l’élevage, piliers de la souveraineté alimentaire, sont attribués à Mabouba Diagne.

Le numérique et la communication sont désormais sous la responsabilité d’Alioune Sall, alors que Mountaga Diao est chargé du Tourisme et de l’Artisanat.

Pour renforcer l’action gouvernementale, plusieurs secrétariats d’État viennent compléter l’architecture institutionnelle. Amadou Chérif Diouf s’occupera des Sénégalais de l’Extérieur, Ibrahima Thiam du développement des PME/PMI, et Momath Talla Ndao de l’Urbanisme et du Logement. Alpha Ba prend en charge les Coopératives et l’Encadrement paysan, tandis que Bacary Sarr s’occupera de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique.

Sangue Barhamou Ndiaye : Un destin scellé par la spiritualité

Né le 5 février 1958 à Thiakho Thiof Yôr, dans la région du Saloum, Sangue Barhamou Ndiaye est issu d’une lignée noble. Fils d’Ibrahima Ndiaye et d’Aminata Cissé, il grandit dans un environnement marqué par la foi et la tradition. Très tôt, il fut initié à l’apprentissage coranique auprès de plusieurs maîtres, dont Ibra Gueye et Cheikh Mbaye Awa, qui virent en lui les prémices d’une vocation spirituelle singulière.

Parmi les souvenirs de son enfance, un épisode demeure gravé dans sa mémoire comme le sceau de sa destinée. Un jour béni, alors qu’il n’était qu’un enfant de Thiakho, le village eut l’honneur de recevoir la visite du grand maître Shaykh Ibrahim Niass. L’événement attira une foule enthousiaste, et les enfants, débordants d’ardeur, s’éparpillèrent entre un acacia et un baobab avant de courir derrière la voiture qui transportait le guide. Sangue Bi, le plus vif, fut le premier à atteindre le véhicule. Lorsque Baye descendit, il posa sa main avec douceur sur la tête du jeune garçon. Ce simple geste provoqua en lui une émotion indicible, une vibration intérieure qu’il n’avait jamais ressentie. Il en garda le souvenir comme une marque intime, un signe silencieux scellant un destin spirituel hors du commun.
En 1978, il s’installa définitivement à Dakar, où son cheminement spirituel prit une dimension nouvelle. Sa quête de vérité l’amena à fréquenter divers cercles de savoir et de spiritualité, jusqu’à franchir les portes d’églises pour écouter des prêtres. Cette ouverture rare, loin d’être une errance, traduisait une soif ardente de Dieu. Elle s’inscrivait dans la continuité de la tradition des grands maîtres soufis, qui passèrent par de multiples écoles avant de recevoir la grâce définitive. Shaykh Ahmad at-Tijânî lui-même, bien qu’essence de sainteté dès avant sa naissance, avait suivi une douzaine de maîtres avant que le Prophète – en état de veille – ne l’investisse directement de la voie tijânie.
Cette quête inlassable trouva son accomplissement en 1996, lorsque Sangue Barhamou Ndiaye rencontra Mawlânâ Shaykh Ibrahim Niass, vers qui il fut conduit par Mawlânâ Shaykh Uld Khayr de Mauritanie. Dès lors, il devint l’un de ses disciples les plus fervents, entièrement dévoué à sa voie. Déjà, Shaykh Uld Khayr avait pressenti son destin spirituel en affirmant que « Babacar Ndiaye », comme on le nommait alors, connaîtrait une ouverture totale qui l’élèverait au-dessus de ses semblables. L’un de ses proches, Baye Abdul Qâdir Lo, avait lui aussi reconnu son envergure exceptionnelle : « Ton horizon spirituel est si vaste qu’il te faudra longtemps pour trouver un maître à ta mesure. »
Aujourd’hui, Sangue Bi s’impose comme une figure majeure de la Fayda Tijâniyya. Sa rigueur, sa générosité et sa constante disponibilité au service de la transmission de la gnose font de lui une référence incontournable de la spiritualité contemporaine. Son itinéraire, marqué par l’humilité et l’ardeur, incarne la continuité vivante d’une tradition qui dépasse les frontières du temps et de l’espace.

CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI NIASSE : Un guide spirituel au service de l’humanité

À la fois érudit, pédagogue et médiateur, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse reste fidèle à l’héritage de son père, El Hadji Ibrahima Niasse, tout en façonnant une vision contemporaine de l’Islam fidèle aux enseignements du Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui). De la bibliothèque de Médina Baye à la médiation des conflits à l’international, sa mission repose sur le savoir et l’amour de l’humanité.

Chaque jour, le cinquième khalife de Médina Baye, depuis 2020, s’entoure d’un cercle de fidèles et de proches. Ces rencontres quotidiennes, empreintes d’humilité et de culture générale, traduisent la proximité d’un guide spirituel qui aime échanger sur tous les aspects de la vie contemporaine. Modeste et généreux, il incarne l’image d’un érudit accessible, profondément enraciné dans la tradition tout en demeurant attentif aux défis du monde moderne.
Sa passion pour la lecture et son attachement à la jeunesse renforcent l’image d’un apôtre de la paix, soucieux de transmettre les valeurs de dialogue, de tolérance et de savoir.
En 2022, Cheikh Mahi Ibrahima Niass s’est distingué par une médiation historique dans la crise soudanaise, contribuant ainsi à rapprocher des belligérants que tout semblait opposer. Cet acte a confirmé son rôle de passeur de paix et d’acteur incontournable de la diplomatie religieuse. Héritier spirituel de son illustre père, El Hadji Ibrahima Niasse, il perpétue une tradition d’ouverture et d’engagement au service de la Oumma et de l’humanité.
En 2024, celui qui est également Président de l’Union islamique africaine, a été l’artisan de la conversion de plus d’une centaine de personnes à l’Islam.

QUÊTE ÉTERNELLE DU SAVOIR
Né en 1938, Cheikh Mahi Ibrahima Niasse est unanimement décrit comme un homme d’une humilité exemplaire, d’une disponibilité constante et d’une érudition remarquable. Alors que la plupart des enfants de sa génération commençaient l’apprentissage du Coran à l’âge de 7 ans, il en entama la mémorisation dès l’âge de 5 ans en Mauritanie, auprès de maîtres coraniques réputés auxquels son père l’avait confié. Arraché à l’affection maternelle pour être initié aux sciences religieuses, il s’est très tôt consacré à la quête de Dieu, aux côtés de ses frères également dédiés à cette mission spirituelle.
De retour au Sénégal, il poursuivit son apprentissage avant de s’exiler en Égypte. À l’Université Al Azhar du Caire, en Égypte, haut lieu du savoir islamique, il s’illustra par sa rigueur intellectuelle et obtint en 1976 une maîtrise en Histoire islamique.
Très impliqué dans les mouvements estudiantins du monde arabe, il fut tenté de prolonger son engagement militant en dehors du Sénégal. Mais son père, conscient des dérives possibles, le rappela à ses responsabilités spirituelles et le ramena à une voie plus mesurée. Ce rappel paternel marqua un tournant décisif dans son parcours : Cheikh Mahi choisit alors de mettre son érudition et son énergie au service du savoir et de la communauté.
Directeur de l’Institut franco-arabe El Hadji Abdoulaye Niasse de Médina Baye, il s’impose depuis plusieurs décennies comme un pédagogue passionné, transmettant aux nouvelles générations son amour de la connaissance. Il confia un jour que, lors d’une retraite auprès de son père, il avait prié pour une seule chose : le savoir. Cette prière fut exaucée, tant sa maîtrise des sciences islamiques et des enjeux contemporains force aujourd’hui l’admiration de ses pairs et de ses disciples.

APÔTRE DE LA PAIX
Propulsé sur le devant de la scène en tant que vice-khalife sous le magistère du quatrième khalife, Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, Cheikh Mahi a toujours préféré la discrétion aux honneurs. Il affectionne davantage l’esplanade de la grande mosquée, où il improvise des conférences sur la géopolitique, l’histoire ou l’œuvre de son père, que les tribunes officielles. Sa résidence, abritant une bibliothèque riche et variée, est devenue un lieu de rencontres et d’échanges, où il reçoit sans protocole et où chacun peut trouver écoute et conseil.
Au-delà de son érudition et de sa proximité avec les fidèles, c’est son rôle dans la résolution de conflits qui demeure le plus marquant. L’exemple le plus frappant est sans doute celui du Darfour, où il mit fin à une guerre ethnique qui avait duré 9 ans et impliqué plus de cinquante (50) tribus. Sans mobilisation militaire ni moyens financiers, il réussit à instaurer un cessez-le-feu fondé uniquement sur l’amour d’Allah et les valeurs universelles de l’islam. Cette victoire silencieuse, obtenue par la seule force du dialogue et de la foi, illustre parfaitement sa vision d’une diplomatie spirituelle au service de la paix et de la réconciliation.
Humble, visionnaire et profondément attaché au service de l’humanité, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse apparaît aujourd’hui comme l’un des grands artisans de paix de notre temps.
Fidèle à l’héritage de son père tout en affirmant sa propre voie, il demeure un serviteur infatigable de la Oumma et un guide éclairé dont l’influence dépasse largement les frontières du Sénégal.

BAYE SERIGNE ASSANE SECK : Le Khalife bâtisseur

Serigne Assane Seck, 9ᵉ Khalife général de Thiénaba, perpétue une tradition tidiane séculaire. Issu d’une lignée prestigieuse, il allie guidance spirituelle, engagement moral et actions concrètes pour renforcer l’unité, la justice et le développement de sa communauté.

Né en 1939 à Thiouty, un village situé à proximité de Thiénaba, Serigne Assane Seck est le 9ᵉ Khalife général de la confrérie tidjane de Thiénaba. Fils de Serigne Ibrahima Seck, le 6ᵉ Khalife, il a grandi dans un environnement profondément religieux, imprégné des valeurs de droiture, de générosité et de dévouement à la communauté. Très tôt, il a reçu une éducation religieuse solide, à Thiouty puis à Thiénaba, qui a forgé son attachement aux enseignements de la Tidjania et à la Sunna du Prophète Muhammad (PSL).
Avant son accession au khalifat, Serigne Assane Seck a longuement accompagné son frère, Serigne Abdou Rahim Seck, dans la gestion des affaires de la confrérie, acquérant ainsi une connaissance fine des besoins spirituels et matériels de sa communauté. Sa réputation de gardien vigilant des valeurs tidianes repose sur son intégrité, son sens de la justice et son engagement constant pour l’unité de la communauté.
Intronisé Khalife en 2021, il a immédiatement affirmé son désir de poursuivre et d’élargir les projets de ses prédécesseurs. Sous sa direction, Thiénaba a poursuivi son développement, avec notamment l’électrification de plusieurs villages et l’amélioration des infrastructures locales. Il valorise l’action concrète autant que la guidance spirituelle, convaincu que le progrès matériel et la vie religieuse doivent se renforcer mutuellement.
Serigne Assane Seck n’hésite pas à souligner l’importance historique et religieuse de Thiénaba dans le paysage national. Lors de la célébration du Gamou 2025, il a appelé à une plus grande reconnaissance de la cité par les autorités étatiques, rappelant son rôle central dans la préservation des valeurs tidianes et dans la promotion de l’éthique religieuse au Sénégal.
Sa stature morale, son dévouement à la communauté et sa capacité à incarner l’unité font de lui une figure respectée et écoutée, non seulement par ses talibés, mais aussi par l’ensemble de la société sénégalaise. Avec un équilibre rare entre tradition et modernité, Serigne Assane Seck illustre la continuité d’une lignée religieuse prestigieuse et demeure un pilier de la Tidjania, guidant sa communauté avec sagesse, fermeté et humilité.

SERIGNE MBAYE SY MANSOUR : Sentinelle de la justice et de la vérité

Héritier d’une lignée prestigieuse et formé à l’école de Tivaouane, Serigne Mbaye Sy Mansour, 7e Khalife général, se distingue par son attachement indéfectible à la vérité, à la justice et à la Sunna du Prophète Muhammad (PSL). Reconnu pour son franc-parler et sa droiture, il se présente comme le gardien vigilant des valeurs spirituelles et morales de la Tidjania, inspirant respect et admiration au sein de la communauté.

Serigne Mbaye Sy Mansour est le 7e Khalife général de Tivaouane, succédant à Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.
Né en 1932 et formé à l’École de Tivaouane, il a d’abord été porte-parole de la famille Tidiane avant d’accéder au khalifat. Fils aîné de Cheikh El Hadj Mouhamadou Mansour Sy Maodo (1900-1957) et petit-fils de Sokhna Safiétou Niang, il puise dans cet héritage aristocratique et spirituel les valeurs qui façonnent sa personnalité : droiture, justice, vérité, honneur et vertu.
Sa mère, Sokhna Aminata Seck, descendante de Doudou Seck Bou El Mogdad, illustre par son exemple la générosité, la foi et la probité, tandis que son père et ses tuteurs spirituels – El Hadji Mansour Sy, Cheikh Al Seydi Khalifa Ababacar Sy et Seydi Djamil – lui ont transmis un caractère bien trempé, fondé sur la constance et la fidélité aux principes religieux. Cette éducation lui a permis de rester un pur orthodoxe, attaché aux valeurs de la Tarikha et à la vérité, tout en rejetant toute forme d’aristocratie ostentatoire.
Serigne Mbaye Sy Mansour est connu pour son franc-parler ; d’où son surnom « Pa Allemand ». Cette franchise n’est pas un simple trait de caractère, mais le reflet d’un engagement profond envers la vérité et le désintéressement. Il apparaît comme le gardien vigilant et intransigeant des vertus attachées à Tivaouane, garantissant que la Tarikha conserve sa force morale et spirituelle. Partout où il s’impose, c’est par son intégrité et sa constance dans l’application des principes islamiques les plus fondamentaux, parmi lesquels la justice, la paix et la vérité occupent une place centrale.
En plus de ses racines familiales et spirituelles, son héritage moral et intellectuel se nourrit de figures historiques et religieuses de la région, comme sa grand-mère Sokhna Arame Bonkho, connue pour sa générosité et son dévouement envers autrui, et les poèmes dédiés par Khaly Madiakhaté Kalla à Doudou Seck Bou El Mogdad, son arrière-grand-père. Cette lignée confère à Serigne Mbaye Sy Mansour une légitimité morale qui dépasse les frontières de la famille Tidiane, en faisant un repère respecté par l’ensemble de la communauté musulmane.

L’ÉTHIQUE COMME PIERRE ANGULAIRE

La vérité est la nourriture quotidienne de Serigne Mbaye Sy Mansour. Son attachement intrépide à la justice, au désintéressement et à la rigueur morale le distingue de nombreux leaders religieux. Sa vision dépasse les considérations égoïstes et hiérarchiques, privilégiant toujours la responsabilité morale et religieuse dans la société. Pour lui, défendre la foi islamique va de pair avec la protection de la République, l’unité nationale, la paix civile et la citoyenneté.
Doté d’un caractère incorruptible, d’une constance sans faille et d’une sincérité exemplaire, le Khalife impose le respect partout où il passe. Il répète volontiers : « Devant Dieu, qui est Seul souverain, nul n’est fort et tous sont périssables », rappelant que la puissance humaine reste limitée face à la vérité et à la justice divine. Sa probité morale et sa conformité aux préceptes coraniques font de lui une référence spirituelle et morale, forgeant la fierté et la confiance des talibés tidianes.
Le Khalife est une université vivante, un silo inépuisable de grandeur morale et de vertu ainsi qu’un ambassadeur infatigable de la Tidjania. Ces qualités expliquent la crédibilité et le respect unanime dont il jouit auprès des citoyens de toutes confessions et obédiences. Contrairement à ceux qui privilégient les statuts sociaux ou les privilèges de naissance, Serigne Mbaye Sy Mansour a choisi de mettre son Moi individuel au service du suprême Soi et de la communauté, incarnant ainsi un idéal de dévouement et de service religieux.
Durant toute sa vie, il s’est illustré comme un homme de justice et de vérité, toujours constant dans ses engagements moraux et spirituels. Chez lui, la liberté n’abdique jamais et la vérité ne saurait être une marchandise. Il incarne la sentinelle vigilante d’une tradition religieuse respectueuse des lois divines et humaines, guidant la communauté vers la vertu, l’éthique et la piété.
Ainsi, Serigne Mbaye Sy Mansour reste-t-il un modèle de vertu et de fidélité ; un guide religieux dont la voix et les actes résonnent comme des repères solides dans un monde en perpétuelle mutation. Sa vie et son engagement demeurent un exemple vivant de la Tidjania et une inspiration pour tous ceux qui aspirent à la justice, à la vérité et à l’intégrité.

Gamou 2025 : à Thiès, plus de 2 300 baguettes et 12 tonnes de produits impropres saisis par la Brigade régionale du commerce

À l’occasion du Gamou 2025, la Brigade régionale du commerce de Thiès a procédé à une vaste opération de contrôle destinée à sécuriser l’approvisionnement et à protéger les consommateurs. Les vérifications menées sur plusieurs sites de vente ont abouti à des saisies massives, traduisant à la fois la vigilance des autorités et les manquements persistants de certains commerçants.

Selon Khadim Ndiaye, chef du service régional du commerce, l’une des infractions relevées concerne directement le prix du pain, denrée de première nécessité très consommée pendant les rassemblements religieux. « Un boulanger a été pris en flagrant délit en vendant la baguette à 200 francs CFA, alors que le prix officiel est fixé à 150 francs. Cette irrégularité a conduit à la saisie de 2 309 baguettes et à leur revente immédiate aux consommateurs au tarif réglementaire », a-t-il expliqué.

Outre cette fraude sur le pain, les équipes de contrôle ont également retiré du marché 12 tonnes de produits impropres à la consommation. Ces marchandises, composées de denrées alimentaires avariées mais aussi de produits non alimentaires, représentaient un danger direct pour la santé des consommateurs.

Pour Khadim Ndiaye, ces résultats illustrent l’importance des missions de veille menées par ses services, particulièrement lors des grands événements religieux qui rassemblent des millions de pèlerins. « Ces opérations illustrent l’efficacité des services de contrôle qui, à travers leurs missions de veille et d’alerte, contribuent à garantir la protection des consommateurs et à permettre aux pèlerins de vivre un Gamou en toute sécurité sur le plan alimentaire », a-t-il souligné.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des marchés lors du Gamou, période durant laquelle la demande explose et favorise les tentatives de spéculation ou la mise en circulation de produits de mauvaise qualité. Les autorités rappellent qu’elles resteront vigilantes tout au long de l’événement afin d’éviter de nouveaux abus et de préserver la santé publique.

Mercure dans le poisson importé : le ministère des Pêches rassure, le Brown Croaker déclaré sans danger pour la consommation

Face aux inquiétudes soulevées ces derniers jours par certaines informations relayées dans les médias sur la présence supposée de mercure dans le poisson importé, notamment le Brown Croaker, le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a tenu à clarifier la situation. Dans un communiqué parvenu à Ledakarois, il a apporté des précisions visant à rassurer les consommateurs et à rétablir les faits.

Selon la Direction des Industries de Transformation de la Pêche (DITP), tous les produits de la pêche et de l’aquaculture importés au Sénégal sont soumis à des contrôles sanitaires rigoureux avant leur mise sur le marché. Ces vérifications comprennent plusieurs étapes : inspection documentaire et physique, évaluation sensorielle des produits et analyses obligatoires en laboratoire. L’objectif est de s’assurer que les poissons ne présentent pas de traces de métaux lourds tels que le mercure, le plomb ou le cadmium, ni de résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires.

Le ministère rappelle que la commercialisation d’un produit de la pêche n’est autorisée qu’après réception des résultats d’analyses conformes aux normes sanitaires en vigueur. Chaque lot importé doit obligatoirement être accompagné d’un certificat délivré par l’autorité compétente, attestant de sa salubrité et garantissant qu’il est sans danger pour la consommation.

Les résultats récents des analyses effectuées dans des laboratoires accrédités confirment que les niveaux de mercure et d’autres métaux lourds contenus dans le Brown Croaker respectent parfaitement les normes internationales de sécurité alimentaire. « La consommation de ce poisson ne présente aucun risque pour la santé humaine », a souligné le ministère, qui insiste sur la fiabilité du dispositif national de contrôle sanitaire.

Réaffirmant son rôle en tant qu’autorité de contrôle, de certification et de régulation, le ministère appelle les acteurs du secteur et les citoyens à faire preuve de responsabilité dans leurs propos, surtout lorsqu’ils portent sur des questions aussi sensibles que la santé publique. Pour les autorités, la diffusion d’informations infondées risque de créer une panique inutile et de nuire à la confiance des consommateurs comme à la réputation du secteur halieutique sénégalais.

Accident sur l’axe Linguère-Matam : cinq morts et quinze blessés, dont huit dans un état grave

Un nouvel accident mortel vient endeuiller les routes sénégalaises. Ce mercredi matin, un drame s’est produit sur l’axe Linguère-Matam, au niveau du village de Loumbelana, dans la commune de Barkédji. Le bilan est particulièrement lourd : cinq personnes ont perdu la vie et quinze autres ont été blessées, dont huit grièvement.

Selon les premières informations fournies par l’adjudant-chef Papa Élimane Ndour, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers de Linguère, l’accident s’est produit lorsqu’un véhicule de transport en commun, de type « Cheikhou Chérifou », reliant Kaolack à Matam, est entré en collision avec un camion en stationnement sur le bord de la route. La violence du choc a été telle que plusieurs passagers sont morts sur le coup.

Les secours ont rapidement été déployés sur place. Six ambulances et quatre véhicules d’intervention ont été mobilisés pour évacuer les victimes. Quinze blessés ont été transportés vers l’hôpital Magatte Lô de Linguère. Parmi eux, huit présentaient des blessures graves nécessitant une prise en charge urgente, tandis que sept souffraient de traumatismes plus légers. Deux des cas les plus critiques ont dû être transférés d’urgence vers l’hôpital de Matam.

Les corps sans vie des cinq victimes ont été déposés à la morgue de l’hôpital de Linguère, où familles et proches se sont rendus dans une grande consternation. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir les responsabilités.

Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité routière au Sénégal, alors que les accidents de la circulation continuent de faire des dizaines de victimes chaque mois, en particulier sur les axes interrégionaux. Les causes souvent invoquées vont de l’excès de vitesse au stationnement dangereux des camions, en passant par l’état dégradé des routes.

Diplomatie : Ousmane Sonko renonce au BIG de Paris et annonce une visite officielle aux Émirats Arabes Unis

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décliné l’invitation de la France à participer en tant qu’invité d’honneur à la 11ᵉ édition de Bpifrance Inno Génération (BIG), prévue le 23 septembre prochain à Paris. L’annonce a été faite dans un communiqué diffusé par la Primature sur les réseaux sociaux, précisant que ce renoncement est lié à des contraintes d’agenda.

« En raison d’un empêchement lié à son calendrier, le Premier ministre ne pourra honorer cette invitation, à laquelle il aurait souhaité prendre part personnellement », indique le texte officiel. Toutefois, le Sénégal sera représenté à l’événement par un membre du gouvernement, dont le nom n’a pas encore été communiqué.

Si Ousmane Sonko renonce à Paris, il ne ferme pas la porte au dialogue avec la France. Le communiqué précise en effet qu’il accueillera prochainement à Dakar son homologue français, à l’occasion du Séminaire intergouvernemental (SIG), une initiative conjointe annoncée par les deux Chefs d’État pour renforcer la coopération bilatérale.

En parallèle, la Primature a confirmé que le Premier ministre effectuera une visite officielle aux Émirats Arabes Unis, du 8 au 12 septembre 2025. Durant ce déplacement, il sera reçu par Son Altesse Sheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, Président des Émirats, avec qui il discutera de partenariats stratégiques dans les domaines de l’investissement, de l’énergie, des infrastructures et de la technologie. Cette mission s’inscrit dans la volonté du Sénégal de diversifier ses alliances diplomatiques et économiques, en multipliant les partenariats avec les puissances émergentes et les pays du Golfe.

Ousmane Sonko a par ailleurs tenu à adresser ses remerciements à Bpifrance et à son Directeur général, Nicolas Dufourcq, pour l’invitation officielle qui lui avait été transmise le 22 juillet 2025. Ce courrier l’invitait à représenter le Sénégal comme invité d’honneur d’un événement international réunissant chaque année des milliers d’acteurs économiques, institutionnels et innovateurs.

En déclinant Paris pour privilégier Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais envoie un signal fort sur ses priorités diplomatiques. Tout en maintenant une ouverture avec la France, il affiche une volonté assumée de consolider les relations avec les Émirats, partenaires de plus en plus présents sur le continent africain.

Abdoulaye Fall prend officiellement les commandes de la Fédération Sénégalaise de Football

La transition est désormais actée à la tête de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Le président sortant, Me Augustin Senghor, a officiellement transmis ses pouvoirs à son successeur, Abdoulaye Fall, lors d’une cérémonie tenue dans les locaux de l’institution.

Dans une atmosphère sobre mais empreinte de solennité, Me Augustin Senghor a réitéré ses félicitations au nouveau président, soulignant l’importance de la continuité et de l’engagement au service du football sénégalais. En retour, Abdoulaye Fall a salué le travail accompli par son prédécesseur, qui a marqué de son empreinte plusieurs années de gestion à la tête de la FSF.

À présent, Abdoulaye Fall et son équipe sont attendus sur de nombreux chantiers. Le nouveau bureau promet de placer la transparence au cœur de son action, tout en misant sur l’innovation et le renforcement des infrastructures sportives pour accompagner l’essor du football sénégalais, aussi bien au niveau local qu’international.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°550 – 03 AU 07/09/2025

🔴 SERIGNE MBAYE SY MANSOUR : SENTINELLE DE LA JUSTICE ET DE LA VÉRITÉ
🔴 THIÉNABA / ENTRE SPIRITUALITÉ ET DÉVELOPPEMENT : BAYE SERIGNE ASSANE SECK : LE KHALIFE BÂTISSEUR

🔴 TRANSMISSION DU FLAMBEAU À ABDOULAYE FALL : NOUVEAU LEADERSHIP À LA FSF
🔴 MONDIAUX D’ATHLÉTISME 2025 : QUATRE « LIONS » DÉCROCHENT LEUR TICKET POUR TOKYO !

Ousmane Sonko charge l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre : « Dakar est victime d’une urbanisation sauvage insoutenable ! »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un véritable cri d’alarme sur la situation urbaine de Dakar, dénonçant une « urbanisation sauvage » qui, selon lui, menace l’avenir de la capitale sénégalaise. Prenant la parole lors de la journée de partage du projet Dakar Métropole Internationale 2050, il a pointé du doigt les responsabilités institutionnelles dans ce qu’il qualifie de désastre planifié.

« Les déséquilibres sont profonds, la croissance urbaine est devenue insoutenable », a-t-il martelé devant un parterre d’experts, d’élus et de partenaires. Les chiffres qu’il avance traduisent l’ampleur du problème : 4 millions d’habitants concentrés sur moins de 0,3 % du territoire national, et une moyenne de 100 000 nouveaux arrivants chaque année. Le Premier ministre souligne que près de 45 % de l’habitat est hors-norme, sans planification urbaine ni raccordement aux réseaux essentiels.

Cette urbanisation incontrôlée, selon lui, se traduit par des problèmes majeurs de congestion, une pénurie criante de logements adaptés, un déficit d’équipements publics et une mobilité urbaine devenue chaotique.

M. Sonko a également balayé l’argument récurrent selon lequel les inondations à Dakar seraient dues à la nature du sol. « Avant cette urbanisation sauvage, il pleuvait peut-être même plus à Dakar et il n’y avait pas ces problèmes », a-t-il rappelé, prenant l’exemple du sud du pays où les pluies atteignent parfois 2 000 mm par an, contre 400 mm seulement à Dakar, sans que les populations y connaissent des inondations majeures. Pour lui, c’est bien la mauvaise urbanisation qui est à la base de ce fléau récurrent.

Le Premier ministre n’a pas hésité à pointer directement les responsabilités des services publics. Il a critiqué la gestion actuelle des lotissements, citant nommément l’Urbanisme, les Impôts et Domaines ainsi que le Cadastre. « Autrefois, sous la colonisation, on réglait d’abord les questions d’assainissement et de voirie avant d’admettre les constructions. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il regretté.

Selon lui, la logique s’est inversée : les quartiers dits « sauvages » prolifèrent, et même dans certains lotissements administratifs, les services publics valident les plans sans garantir les infrastructures de base. « On laisse l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre piloter, puis chacun se débrouille après pour amener l’eau, faire l’assainissement ou amener l’électricité », a-t-il dénoncé avec amertume.

En posant ce diagnostic sévère, Ousmane Sonko appelle à une refonte radicale de la gouvernance urbaine de Dakar, afin de stopper une dynamique qui, selon lui, met en péril non seulement la capitale mais aussi l’équilibre territorial et social du pays.

Sénégal : saisie de 438 kg de faux médicaments d’une valeur de 503 millions FCFA

Les autorités sénégalaises ont porté un coup dur aux réseaux de trafic pharmaceutique. Une vaste opération menée conjointement par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) et les Forces de défense et de sécurité (FDS) a permis de saisir 438 kilogrammes de faux médicaments, dont la valeur marchande est estimée à plus de 503 millions de francs CFA.

Cette mission, conduite entre le 18 et le 29 août 2025, visait à démanteler des réseaux spécialisés dans la distribution de médicaments falsifiés et de compléments alimentaires non homologués. Selon les informations recueillies, les opérations se sont concentrées sur plusieurs quartiers de Dakar, notamment Grand Yoff, Médina, Thiaroye, Foire et Scat Urbam, identifiés comme des zones de forte activité pour ces trafics.

Les saisies réalisées révèlent l’ampleur et la dangerosité de ce commerce illicite. Parmi les produits interceptés figurent des antalgiques, anti-inflammatoires, antitussifs, antihypertenseurs, antidiabétiques, stimulants sexuels, antifongiques et dermocorticoïdes, mais également des abortifs, produits de croissance mammaire et génitale, et du matériel destiné à la chirurgie esthétique féminine. Autant de substances vendues en dehors du circuit réglementé, et dont l’usage non contrôlé représente un risque majeur pour la santé publique.

L’ARP a tiré la sonnette d’alarme en soulignant que « les récentes sessions d’évaluation ont mis en évidence une recrudescence de maladies rénales et hépatiques liées à la consommation de ces produits ». Ces constats viennent rappeler la gravité de la menace, tant pour les individus que pour le système de santé, confronté à une augmentation de pathologies évitables.

Face à ce constat, l’Agence appelle à la vigilance et exhorte les populations à n’acheter leurs médicaments qu’en pharmacie, seuls points de vente autorisés au Sénégal. L’opération menée fin août s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la contrefaçon pharmaceutique, un fléau transnational qui alimente un marché parallèle aussi lucratif que dangereux.

En renforçant la coopération entre régulateurs et forces de sécurité, les autorités entendent envoyer un signal fort : la santé des Sénégalais n’est pas négociable et la lutte contre les faux médicaments restera une priorité nationale.

Gamou 2025 : un dispositif exceptionnel de sapeurs-pompiers déployé à Tivaouane et Thiénaba

À la veille du Gamou 2025, célébration de la naissance du Prophète Mohamed (PSL) prévue ce jeudi 4 septembre, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a annoncé la mise en place d’un dispositif spécial pour encadrer l’événement. Cette mission, qui s’étend du 31 août au 6 septembre, couvre l’ensemble des foyers religieux, avec un accent particulier sur Tivaouane et Thiénaba, qui accueillent chaque année des centaines de milliers de fidèles.

L’objectif des soldats du feu est clair : prévenir et gérer les risques liés à la forte affluence, qu’il s’agisse des accidents de circulation, des incendies, des sinistres sanitaires ou encore des inondations qui touchent actuellement plusieurs régions du pays. Le plan prévoit également une présence renforcée autour des sites de prières, des grandes cuisines collectives et des zones de rassemblement, considérées comme des espaces sensibles.

Dans son communiqué, la BNSP a détaillé les contours de son intervention. Outre la prévention et la prévision des risques, les sapeurs-pompiers assureront l’assistance médicale et les secours d’urgence, la sécurisation des mosquées et des esplanades, ainsi que le ravitaillement en eau des pèlerins. Des équipes spécialisées seront également mobilisées pour superviser les cérémonies officielles et accompagner le dispositif sanitaire déployé par le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Pour mener à bien cette mission, la Brigade a mobilisé 550 sapeurs-pompiers, dont 25 officiers, 155 sous-officiers et 370 militaires du rang. Le dispositif repose sur un parc de 93 véhicules comprenant 14 engins d’incendie, 24 ambulances, 8 véhicules de secours routiers, 9 camions-citernes de 30 000 litres et plusieurs engins spéciaux adaptés aux interventions en terrain difficile.

La BNSP insiste sur l’importance de la coordination interservices, notamment avec les structures de santé publique, afin d’apporter un soutien efficace aux millions de pèlerins attendus cette année. Dans un contexte marqué par les risques sanitaires et climatiques, les autorités veulent rassurer : tout est mis en œuvre pour garantir la sécurité et le bon déroulement de ce grand rendez-vous spirituel.

Le Gamou, célébré dans plusieurs villes religieuses du Sénégal, demeure l’un des événements les plus fédérateurs du pays. Le dispositif exceptionnel des sapeurs-pompiers vient ainsi renforcer l’encadrement de cette célébration, où la ferveur religieuse se conjugue à une mobilisation logistique et sécuritaire sans précédent.

Panne du scanner de l’Hôpital Idrissa Pouye : le Directeur rassure et annonce un retour rapide à la normale

L’Hôpital Général Idrissa Pouye (HGIP) de Grand Yoff a connu, ces derniers jours, une perturbation de ses services d’imagerie médicale en raison de la panne de son scanner. Face à l’inquiétude des patients et de leurs familles, la direction de l’établissement est sortie de son silence pour apporter des précisions et rassurer l’opinion.

Dans un communiqué daté du 2 septembre 2025, le Directeur de l’hôpital, le Dr Ousmane Gueye, a tenu à clarifier la nature du problème. Selon lui, il ne s’agit en aucun cas d’un manque de moyens financiers, mais d’un incident technique complexe. « Le scanner est couvert par un contrat de maintenance actif. Il s’agit d’un dysfonctionnement qui nécessite l’intervention du fabricant, basé à l’étranger », a-t-il expliqué.

Le Directeur a ajouté que les équipes spécialisées du fournisseur et du constructeur sont déjà mobilisées afin d’apporter une solution définitive. Les démarches ont été enclenchées dès les premières heures de la panne, ce qui permet d’espérer un retour rapide à la normale dans les prochains jours.

En attendant, l’Hôpital Général Idrissa Pouye présente ses excuses aux patients pour les désagréments causés par cette situation imprévue. La direction réaffirme par ailleurs son engagement à offrir des soins de qualité, dans un environnement sécurisé et conforme aux standards internationaux.

Cette communication vise à couper court aux rumeurs qui faisaient état de difficultés financières ou d’un abandon de la maintenance des équipements. Le Dr Ousmane Gueye insiste : le problème est purement technique, et toutes les dispositions sont prises pour que l’hôpital continue d’assurer sa mission de service public auprès des populations.

Notation abaissée : le Port autonome de Dakar sous pression malgré des performances solides

Le Port autonome de Dakar (PAD) traverse une zone de turbulence financière. Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé la note d’émetteur de long terme du port de A-(WU) à BBB-(WU). Dans le même temps, l’emprunt obligataire de 60 milliards de FCFA émis en 2020 et arrivant à échéance en 2027 a subi la même dégradation. La note de court terme est également revue à la baisse, passant de A2(WU) à A3(WU), même si la perspective est jugée stable.

Selon GCR, cette révision traduit une aggravation des risques liés au contexte macroéconomique sénégalais. Le pays fait face à un endettement public élevé et à des déséquilibres persistants, qui fragilisent l’environnement financier dans lequel évolue le PAD. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement, malgré les performances en nette progression du port et sa position stratégique sur la façade atlantique.

Les résultats de 2024 confirment pourtant une solide dynamique. Le PAD a enregistré une hausse de 9,3 % de ses revenus et une progression de 27 % de ses autres produits d’exploitation. Dans le même temps, les charges de personnel ont reculé de 4,4 %. Ces évolutions se traduisent par une marge d’EBITDA de 35,8 %, en hausse par rapport aux 31 % de 2023, et une marge nette de 25 %, contre 20 % un an plus tôt et seulement 5 % en 2021. La liquidité du port s’est également améliorée, avec une couverture des besoins à un an supérieure à 200 %, un niveau jugé satisfaisant par les analystes.

Toutefois, ces performances sont ternies par un endettement toujours préoccupant. Le ratio dette brute/EBITDA s’établissait encore à 8,9x fin 2024, après un pic de 12,9x en 2023. De plus, la couverture des intérêts nets reste faible, à seulement 1,3x, ce qui limite la capacité du PAD à absorber les charges financières sans fragiliser ses marges.

Les investissements massifs engagés dans la construction du Port de Ndayane expliquent en grande partie cette pression financière. S’il s’agit d’un projet stratégique destiné à renforcer l’avantage compétitif du Sénégal face à la montée en puissance des hubs portuaires de la sous-région, son financement par l’endettement alourdit la structure financière du PAD. GCR estime que cette politique demeure « agressive », malgré le caractère structurant des infrastructures en cours de réalisation.

La perspective stable accordée par l’agence repose sur des anticipations prudentes : une amélioration progressive des performances opérationnelles et une meilleure maîtrise des coûts pourraient permettre au port de conserver sa notation actuelle. Mais les risques restent élevés. Un nouvel abaissement interviendrait en cas de dégradation de la marge nette ou de la liquidité. À l’inverse, un relèvement exigerait un ratio dette/EBITDA ramené sous 5x et une couverture des intérêts supérieure à 4,5x, deux objectifs ambitieux au regard de la situation actuelle.

Introduit à la BRVM en 2020, le PAD demeure un acteur central de l’économie sénégalaise, vital pour les échanges commerciaux du pays et de la sous-région. Mais sa dépendance aux fragilités macroéconomiques du Sénégal et aux tensions budgétaires de l’État, son unique actionnaire, accentue la pression qui pèse sur sa trajectoire financière.

Numérique : l’ARTP expose ses priorités stratégiques à l’UIT lors du Symposium mondial des régulateurs

Le Sénégal continue de renforcer sa voix sur la scène internationale du numérique. En marge du Symposium mondial des régulateurs, qui se tient actuellement en Arabie Saoudite, le Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), Dahirou Thiam, a eu un long entretien avec la Secrétaire générale de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), Mme Doreen Bogdan-Martin.

Selon une note publiée par l’ARTP, cette rencontre a permis d’aborder plusieurs sujets stratégiques, avec en ligne de mire le renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’UIT. Le Directeur général a saisi l’occasion pour présenter la nouvelle vision de son institution, bâtie autour d’une approche inclusive. Cette démarche, explique le document, vise à impliquer toutes les parties prenantes, y compris l’UIT, dans l’élaboration du futur plan stratégique de l’ARTP.

Ce plan, qui repose sur un diagnostic jugé « sans complaisance », mettra l’accent sur des priorités majeures. Parmi elles figurent la co-régulation, considérée comme un levier d’efficacité, la prise en compte du changement climatique, la régulation par la donnée, la gouvernance de l’intelligence artificielle ou encore la régulation des réseaux non-terrestres, un domaine en pleine expansion avec le développement des constellations satellitaires.

Dahirou Thiam a également souligné que ce plan stratégique ne saurait ignorer la vision des nouvelles autorités sénégalaises, notamment le Référentiel 2050 et sa déclinaison numérique, connue sous le nom de New Deal Technologique. Cette orientation place le numérique au cœur de la transformation économique et sociale du pays, et l’ARTP entend jouer un rôle de catalyseur dans cette dynamique.

De son côté, Mme Bogdan-Martin a salué l’approche présentée par le Directeur général, qu’elle a jugée en phase avec les orientations de l’UIT. Elle a, dans le même temps, exprimé son souhait d’effectuer prochainement une visite officielle au Sénégal, signe de l’importance accordée par son organisation au partenariat avec Dakar.

Membre du Conseil de l’UIT depuis 1972, le Sénégal s’est toujours illustré par son implication active dans les instances internationales de gouvernance du numérique. Le pays abrite d’ailleurs à Dakar le bureau régional de l’UIT pour l’Afrique de l’Ouest, ce qui renforce son rôle de hub régional dans le domaine des télécommunications et des nouvelles technologies.

Cette rencontre de haut niveau illustre une volonté partagée : positionner le Sénégal comme un acteur incontournable du numérique en Afrique, tout en consolidant son partenariat avec l’UIT pour relever les défis d’un secteur en mutation rapide.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°549 – 02/09/2025

🔴 CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI NIASSE : SERVITEUR INFATIGABLE DE LA OUMMA ET DE L’HUMANITÉ
🔴 RENCONTRE AVEC BAYE NIASSE : SANGUE NDIAYE : UN DESTIN TOUT TRACÉ

🔴 MERCATO : NICOLAS JACKSON AU BAYERN MUNICH
🔴 TEUNGUETH FC : BAYE ASSANE CISS REJOINT LE SHERIFF TIRASPOL

Université Gaston Berger : les étudiants de Sédhiou sous la menace d’expulsion faute de loyer payé

À quelques semaines de la reprise des cours, l’avenir académique des étudiants originaires de Sédhiou inscrits à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis se retrouve sérieusement compromis. Ces jeunes, regroupés au sein de leur amicale, font face à une menace d’expulsion en raison de cinq mois d’arriérés de loyer pour l’immeuble qu’ils occupent collectivement.

Réunis à Sédhiou lors d’une conférence de presse, ils ont tiré la sonnette d’alarme et lancé un appel pressant aux autorités locales et aux bonnes volontés. En première ligne de leurs sollicitations figure le maire de la ville, Abdoulaye Diop, à qui ils demandent un soutien urgent. « Depuis trois ans, nous ne recevons plus la subvention de la mairie qui nous permettait de régulariser nos factures de location. Nous remercions le maire Abdoulaye Diop pour son appui par le passé et réitérons notre demande d’accompagnement, car depuis cinq mois, nous n’arrivons plus à payer », a déclaré El Hadji Cissé, président de l’amicale des étudiants.

Le problème, selon eux, ne date pas d’hier. L’absence de subventions régulières fragilise leur quotidien, au point d’en pousser certains à l’abandon. « Beaucoup de jeunes ont été contraints de quitter leurs études à cause de ce problème de logement, particulièrement les nouveaux bacheliers », alerte Sidou Cissé, un ancien étudiant qui suit encore de près la situation.

Malgré la patience du propriétaire des lieux, la situation atteint aujourd’hui ses limites. Sans solution rapide, le spectre d’une expulsion plane, ce qui risquerait d’entraîner des abandons massifs, en particulier parmi les nouveaux étudiants récemment orientés à Saint-Louis.

Les étudiants rappellent les aides ponctuelles de certaines personnalités, à l’image de Dr Labaly Touré et du footballeur Salif Sané, mais soulignent que ces soutiens restent insuffisants face à l’ampleur de leurs difficultés. Pour eux, seule une intervention institutionnelle durable — impliquant la mairie, les élus locaux et le ministère de l’Enseignement supérieur — pourra mettre un terme à ce calvaire et leur permettre de poursuivre sereinement leurs études.

RTS : Pape Alé Niang dissout trois cellules stratégiques rattachées à la Direction générale

Un vent de réorganisation souffle sur la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Dans une décision datée du 29 août 2025, sous le numéro 1945, le directeur général Pape Alé Niang a prononcé la dissolution de trois cellules rattachées directement à la Direction générale de l’entreprise publique.

Selon le document officiel, il s’agit de la cellule de Contrôle de gestion, de la cellule d’Audit interne et de la cellule de Passation des marchés. À compter de la date de signature, ces entités cessent donc d’exister dans l’organigramme de la RTS.

Cette mesure ne manque pas de susciter des interrogations, tant ces structures étaient considérées comme des piliers de la bonne gouvernance et de la transparence financière. La cellule de Contrôle de gestion assurait le suivi budgétaire et l’évaluation des performances ; l’Audit interne veillait au respect des procédures administratives et financières ; quant à la Passation des marchés, elle garantissait la régularité des appels d’offres et des contrats, conformément à la réglementation nationale. Leur suppression pure et simple dépasse ainsi le cadre d’une simple mesure administrative et soulève des inquiétudes quant au futur mode de fonctionnement de la RTS.

Interrogé par Le Quotidien, Pape Alé Niang a tenu à relativiser la portée de sa décision. Pour lui, il ne s’agit nullement d’une remise en cause des missions de contrôle interne, mais d’une réorganisation structurelle : « C’est juste une réorganisation. Et sortir ces cellules rattachées à la Direction », a-t-il expliqué, sans donner davantage de détails sur le dispositif qui pourrait remplacer ces entités.

Cette réorientation stratégique intervient dans un contexte où la RTS est régulièrement appelée à moderniser son fonctionnement et à renforcer sa gestion interne. La dissolution de ces trois cellules stratégiques pourrait marquer le début d’une restructuration plus large de l’entreprise publique.

Sénégal – FIDA : un partenariat renforcé pour moderniser l’agriculture et soutenir les zones rurales

En marge du Forum africain des systèmes alimentaires qui se tient actuellement à Diamniadio, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience le président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Alvaro Lario.

Selon une note publiée sur la page officielle de la Présidence, cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer la solidité et la pertinence du partenariat entre le Sénégal et le FIDA, un partenariat construit autour de projets concrets en faveur de l’agriculture et du développement des zones rurales.

Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux stratégiques. Les deux parties ont d’abord mis en avant la souveraineté alimentaire, considérée comme une priorité partagée et incontournable pour le continent. Le président Faye a insisté sur la nécessité d’accompagner durablement le monde rural à travers des investissements structurants, capables de renforcer les capacités de production, de réduire les pertes post-récoltes et de soutenir les exploitations familiales.

La modernisation des pratiques agricoles et la valorisation de la jeunesse ont également occupé une place centrale dans les échanges. Pour le chef de l’État, il s’agit non seulement de garantir une agriculture plus performante et résiliente, mais aussi d’en faire un véritable levier de création d’emplois et de perspectives pour les jeunes générations.

La rencontre a également permis de rappeler l’importance des axes de la Vision Sénégal 2050, qui place l’agriculture au cœur de la transformation économique et sociale du pays. Dans cette perspective, le rôle du FIDA est jugé essentiel pour appuyer des projets innovants, durables et inclusifs.

À l’issue de l’audience, le président Bassirou Diomaye Faye et Alvaro Lario ont réitéré leur volonté commune de consolider une coopération exemplaire, orientée vers l’innovation, la durabilité et le mieux-être des populations rurales.

Ce renforcement du partenariat Sénégal–FIDA s’inscrit dans une dynamique plus large, où l’agriculture est perçue comme le moteur d’une transformation structurelle de l’économie sénégalaise et un pilier pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Préparatifs du Gamou de Ndiassane : le ministre de l’Intérieur juge les avancées « acceptables »

À quelques jours du Gamou de Ndiassane, prévu le 4 septembre prochain, les préparatifs étaient au centre d’une rencontre nationale présidée, jeudi dernier, par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le général Jean-Baptiste Tine. La réunion s’est tenue en présence de Serigne Khalifa Abdallah Kounta, porte-parole de Cheikh Bouh Sidy Makhtar Kounta, Khalife général de la famille Ahloul Kountiyou, entouré d’une forte délégation.

Lors des échanges, le représentant du Khalife a fait part de plusieurs préoccupations majeures. Il a notamment insisté sur les insuffisances constatées dans les domaines de la santé, de l’assainissement, des routes, de l’électricité et des télécommunications. Il a particulièrement attiré l’attention des autorités sur la nécessité de mettre en place un programme spécial d’électricité pour Ndiassane, afin de garantir une couverture adéquate durant la période du Gamou. Il a par ailleurs critiqué l’Agence des routes (Ageroute), accusée de n’avoir « rien construit dans la cité religieuse depuis dix ans », en dépit de la fréquentation grandissante du site.

En réponse, le ministre Jean-Baptiste Tine a reconnu les défis à relever, tout en se félicitant du « niveau acceptable » d’exécution des travaux en cours. Il a annoncé que le secrétaire général de son département assurerait un suivi quotidien des décisions arrêtées, notamment dans les domaines sensibles de la santé, de l’électricité et de l’assainissement, et ce jusqu’à la fin de l’événement.

Le ministre de l’Intérieur a également saisi l’occasion pour solliciter les prières du Khalife général, afin d’accompagner le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la réussite du « projet de transformation systémique du Sénégal » porté par le nouveau gouvernement.

Considéré comme l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, le Gamou de Ndiassane attire chaque année des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de plusieurs pays de la sous-région. Les autorités entendent ainsi renforcer les mesures d’organisation et de sécurité pour assurer le bon déroulement de cette importante manifestation spirituelle.

Rentrée scolaire 2025/2026 : reprise fixée au 6 octobre pour les enseignants et au 8 octobre pour les élèves

Le gouvernement a officiellement arrêté les dates de la rentrée scolaire pour l’année académique 2025/2026. Selon un décret signé conjointement par le président de la République et son Premier ministre, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la reprise des cours est fixée au lundi 6 octobre 2025 à 8 heures pour les enseignants et le personnel administratif.

Les élèves, quant à eux, bénéficieront de deux jours supplémentaires avant de reprendre le chemin des classes. Leur rentrée est prévue pour le mercredi 8 octobre 2025 à 8 heures. Ce décalage permet aux équipes pédagogiques de disposer du temps nécessaire pour préparer les établissements et organiser les conditions d’accueil.

Le décret précise également que la fixation du calendrier des examens scolaires relève de la compétence du ministre de l’Éducation nationale, qui devra aussi définir les modalités pratiques de l’année académique. En ce qui concerne l’enseignement technique et la formation professionnelle, la répartition des congés et vacances sera arrêtée par décision ministérielle spécifique.

Plusieurs départements ministériels sont associés à l’exécution de ce texte, notamment ceux des Forces armées, de la Formation professionnelle, des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, en plus du ministère de l’Éducation nationale. Cette transversalité traduit la volonté des autorités de mieux coordonner les actions pour une rentrée apaisée et une année scolaire sans perturbations.

Avec ce calendrier désormais fixé, l’ensemble de la communauté éducative se prépare à entamer une nouvelle année, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de qualité d’enseignement et de stabilité du système scolaire.

54ᵉ session de l’UPCI : Malick Ndiaye appelle l’OCI à s’opposer à la judaïsation d’Al Qods et à soutenir fermement la Palestine

La capitale sénégalaise a accueilli, ce lundi 1ᵉʳ septembre 2025, la 54ᵉ session du comité exécutif de l’Union parlementaire de la Conférence islamique (UPCI). Les travaux, qui réunissent parlementaires et diplomates venus de plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont été largement dominés par la question palestinienne.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a lancé un appel solennel à l’ensemble des délégations pour « rejeter sans équivoque la tentative de judaïsation de la ville sainte d’Al Qods », qu’il a qualifiée de « patrimoine sacré des trois religions révélées ».

Le président du Parlement sénégalais a exhorté les États membres à dénoncer « avec la plus grande fermeté le génocide en cours » et à soutenir « la solution des deux États », présentée comme la seule issue crédible pour un règlement pacifique et durable du conflit israélo-palestinien. En rappelant l’incendie criminel de la mosquée El Aqsa en 1969, événement fondateur de l’OCI, il a insisté sur la dimension historique de ce combat. « La Palestine n’est pas seulement une cause, elle est notre cause commune », a-t-il martelé devant ses homologues.

Malick Ndiaye a par ailleurs invité les pays membres de l’OCI à porter « haut et fort la voix du peuple palestinien dans toutes les enceintes diplomatiques », soulignant que défendre la Palestine équivaut à « défendre la justice, protéger notre identité commune et préserver la dignité de la communauté musulmane ».

Au-delà de la question palestinienne, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de bâtir une Oumma forte, respectée et influente grâce à « des décisions courageuses et une solidarité agissante ». Il a mis en avant l’urgence de renforcer la lutte contre le terrorisme, de protéger les minorités musulmanes souvent persécutées et de garantir les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des enfants.

Il a également rappelé le rôle actif et constant du Sénégal au sein de l’OCI et sur la scène internationale. En tant que président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien aux Nations unies, le Sénégal, a-t-il rappelé, « n’a cessé de défendre le droit à l’autodétermination, à la dignité et à la justice ».

Hydrologie : la DGPRE alerte sur les fluctuations du fleuve Gambie

Le fleuve Gambie connaît actuellement des variations significatives de son niveau d’eau, selon le dernier bulletin hydrologique publié ce lundi par la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE). Ce document met en évidence une évolution contrastée entre l’amont et l’aval du cours d’eau, conséquence des dynamiques complexes de la saison des pluies.

Dans la partie amont, la tendance est clairement à la baisse. À Kédougou, le niveau du fleuve est passé de 500 centimètres le 30 août à 465 centimètres le 1er septembre, soit une diminution de 35 centimètres en seulement deux jours. À Mako, la situation apparaît encore plus préoccupante, avec une baisse de 51 centimètres sur la même période. Ces reculs inquiètent fortement les populations riveraines dont les activités agricoles dépendent étroitement de la disponibilité en eau. Une chute prolongée pourrait compromettre les cultures en cours et accentuer les risques de précarité alimentaire dans des zones déjà fragiles.

En revanche, l’aval du fleuve présente une évolution encourageante. Le niveau a progressé de 45 centimètres à Simenti, atteignant 805 centimètres, et de 43 centimètres à Gouloumbou, pour s’établir à 742 centimètres. Ces hausses sont accueillies avec optimisme par les éleveurs et les pêcheurs, qui y voient la promesse d’une meilleure disponibilité en eau pour l’abreuvement du bétail, la pêche artisanale et la régénération des écosystèmes.

La DGPRE insiste sur l’importance du suivi de ces variations pour la prévention des risques liés aux crues. Les mesures hydrométriques sont relevées deux fois par jour, matin et soir, puis transmises aux autorités locales afin d’alimenter le système national d’alerte précoce. « Notre mission est d’assurer un suivi rigoureux afin de protéger les populations et leurs activités face aux aléas climatiques », a expliqué Idrissa Ka, chef de la Brigade des Ressources en Eau de Tambacounda.

Ces contrastes observés entre l’amont et l’aval rappellent à quel point les équilibres hydrologiques restent sensibles en période hivernale. Si certaines zones bénéficient d’un apport vital en eau, d’autres doivent faire face à un déficit préoccupant. Dans ce contexte, la DGPRE appelle les communautés riveraines à rester vigilantes et à suivre attentivement les prochains bulletins, considérés comme essentiels pour anticiper toute évolution défavorable et adapter les activités agricoles, pastorales ou de pêche.

Forum africain des systèmes alimentaires : le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour une agriculture moderne et inclusive

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio accueille depuis ce lundi l’édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires (AFSF). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, aux côtés du président rwandais Paul Kagame et de l’ancien Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, actuel président de l’AFSF. Les travaux, qui réunissent décideurs, experts et acteurs du secteur agricole, se poursuivront jusqu’à vendredi autour du thème central : l’innovation et la transformation des systèmes agroalimentaires.

Dans son allocution d’ouverture, le président Diomaye Faye a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le continent africain, tout en soulignant ses fragilités persistantes. « En ce moment même, des millions de femmes et d’hommes sont dans les champs, à la faveur de la saison des pluies. La plupart travaillent la terre à la force des bras ou avec des outils rudimentaires, et n’ont que quelques mois pluvieux pour espérer nourrir leur famille », a-t-il déclaré, insistant sur la dépendance du secteur agricole aux aléas climatiques.

Le chef de l’État a évoqué les conséquences directes du changement climatique, qui accentuent l’irrégularité des pluies et limitent fortement les capacités de production. À cela s’ajoutent les pertes post-récoltes, parfois estimées à près de 30 % des denrées produites, un facteur qui contribue à la persistance de la faim et de la malnutrition sur le continent.

Pour étayer ses propos, le président a rappelé les chiffres alarmants publiés par la FAO en 2024 : plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde l’année dernière, dont une part importante en Afrique. Une situation qui éloigne davantage le continent de l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°2 (ODD), qui vise l’éradication de la faim d’ici à 2030. Si la tendance actuelle persiste, a-t-il averti, plus d’un demi-milliard d’êtres humains seront en situation de sous-alimentation chronique à cette échéance, et la moitié d’entre eux se trouvera en Afrique.

Face à ce constat, Bassirou Diomaye Faye estime que l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Pour lui, la transformation des systèmes alimentaires est désormais une urgence de première nécessité, qui exige non seulement des politiques adaptées mais aussi une mobilisation accrue des acteurs sociaux et économiques.

Le président sénégalais a particulièrement insisté sur le rôle central de la jeunesse dans cette transformation. « Nous devons mettre les jeunes au cœur de nos politiques de développement », a-t-il plaidé, avant de préconiser leur responsabilisation et leur implication directe dans la formulation des politiques agricoles. Pour atteindre cet objectif, il appelle à développer une offre de formation adaptée aux besoins d’une agriculture moderne, intensive et durable, capable de concilier productivité et respect de l’environnement.

Cette édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires se veut un espace de réflexion mais aussi d’action, où les innovations technologiques et les modèles inclusifs devront être partagés pour répondre à un défi commun : assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté agricole de l’Afrique.

Polémique autour du règlement intérieur : Amadou Ba recadre l’expert Alioune Souaré

Le débat autour de la promulgation du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale continue d’alimenter la presse et la classe politique. Dans son édition du jour, le quotidien Les Échos a mis en avant l’analyse de l’expert en droit parlementaire, Alioune Souaré, qui estime que le Conseil constitutionnel a censuré la disposition relative à l’audition des magistrats par les commissions d’enquête. Une lecture vivement contestée par le député de Pastef, Amadou Ba, qui a tenu à clarifier les termes juridiques.

« Une réserve d’interprétation n’est pas juridiquement une censure », a martelé le parlementaire dans sa réplique. Selon lui, la nuance est fondamentale : « La disposition incriminée reste bel et bien dans le texte promulgué, mais elle prend le sens indiqué par le Conseil constitutionnel. Or, celui-ci n’a jamais interdit l’audition des magistrats par les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. »

Pour Amadou Ba, la décision des Sages a simplement précisé les conditions dans lesquelles cette audition est possible, à savoir sans dépendre d’une autorisation préalable du ministre de la Justice. En d’autres termes, le Conseil n’a pas supprimé la mesure, mais en a encadré l’application.

Le député a également dénoncé la manière dont l’affaire a été relayée par Les Échos. Il estime que le quotidien aurait dû vérifier ses informations auprès des services de l’Assemblée nationale, plutôt que de s’appuyer sur une analyse qu’il juge « totalement erronée ». « L’expert Alioune Souaré confond censure et réserve d’interprétation », a-t-il insisté.

Amadou Ba rappelle par ailleurs que les décisions du Conseil constitutionnel, qu’elles plaisent ou non, s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics. Il souligne que dans le cas présent, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a respecté scrupuleusement l’avis du Conseil en promulguant le règlement intérieur tel qu’interprété par les Sages.

Cette mise au point vient ainsi contrer la lecture faite par Alioune Souaré, qui soutenait que la disposition relative à l’audition obligatoire des magistrats avait été annulée par le Conseil, mais réintroduite par le chef de l’État lors de la promulgation. Une interprétation jugée infondée par Amadou Ba, qui conclut que l’expert « n’a pas bien lu la décision » rendue par le Conseil constitutionnel.

Mpox au Sénégal : guérison du patient importé et levée de l’alerte immédiate

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé, ce lundi 1er septembre 2025, la guérison complète du patient testé positif au Mpox il y a une dizaine de jours. Diagnostiqué le 22 août dernier, l’individu avait été immédiatement pris en charge par les équipes médicales spécialisées, avant d’être déclaré rétabli et autorisé à quitter l’hôpital ce jour.

Dans son communiqué, le ministère précise que la surveillance mise en place autour du malade a porté ses fruits. Trente personnes identifiées comme cas contacts ont été suivies de près par les services sanitaires durant toute la période d’incubation. Aucun symptôme n’a été détecté chez elles, ce qui permet de confirmer que le pays ne compte plus aucun cas actif de Mpox.

Si cette issue rassurante marque un soulagement pour les autorités sanitaires comme pour la population, le ministère appelle toutefois à ne pas baisser la garde. La vigilance reste de mise face à une maladie encore présente dans plusieurs pays. Les recommandations habituelles demeurent en vigueur : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des lésions cutanées ou des symptômes suspects, et consulter rapidement un centre de santé en cas de doute.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines d’inquiétude et confirme l’efficacité du dispositif de surveillance épidémiologique du Sénégal. Le ministère assure que ses services resteront mobilisés pour prévenir toute nouvelle introduction du virus et protéger la santé publique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°548 – 01/09/2025

🔴 LANCEMENT DE DAKAR MÉTROPOLE INTERNATIONALE 2050 PAR SONKO / APPROPRIATION D’UN CHANTIER DE MACKY SALL : LE PSE RÉADAPTÉ AU GRAND THÉÂTRE
🔴 GAMOU 2025 : BALLET DES OFFICIELS

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 / BLESSURE D’ÉDOUARD MENDY : GROSSE FRAYEUR DANS LA « TANIÈRE »
🔴 PHASES NATIONALES 2025 : DOUBLE TITRE POUR WALLY DAAN

Addiction aux jeux d’argent : le cri du cœur de Seydina Mohamed M. Gueye, fondateur de SOS PARIEURS

Dans les rues de Dakar, derrière l’agitation quotidienne, une réalité silencieuse et douloureuse prend de l’ampleur. L’addiction aux jeux d’argent, longtemps ignorée ou minimisée, s’impose aujourd’hui comme un fléau social qui dévaste des familles entières. Face à cette urgence, l’association SOS PARIEURS SENEGAL, fondée par Seydina Mohamed M. Gueye, tente de porter secours, malgré des moyens dérisoires et une stigmatisation persistante.

« Quand j’ai lancé SOS PARIEURS il y a deux ans, j’étais animé par une profonde volonté d’agir, de répondre à une souffrance trop souvent invisible », confie Seydina Mohamed M. Gueye, les traits marqués par l’engagement. Depuis, les appels à l’aide se sont multipliés : parents désemparés, jeunes pris dans la spirale des paris sportifs, couples brisés par les dettes… « On reçoit des témoignages bouleversants chaque jour. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. »

Avec la banalisation des paris en ligne et l’omniprésence des jeux de hasard, notamment dans les quartiers populaires, l’addiction gagne du terrain. Les plus jeunes sont particulièrement exposés, souvent sans réelle conscience des risques. Les dégâts sont multiples : isolement, dépression, perte de repères, voire tentatives de suicide.

Pourtant, l’association peine à suivre le rythme. « Nous manquons cruellement de ressources, confie le fondateur. Nous n’avons pas de siège fixe, pas de personnel salarié. Tout repose sur quelques bénévoles, courageux mais débordés. » L’urgence est là, mais les moyens manquent pour y répondre efficacement. Impossible, dans ces conditions, de mettre en place des dispositifs de suivi à long terme, ou d’élargir les campagnes de sensibilisation prévues.

Au-delà des contraintes matérielles, un autre obstacle pèse lourd : le tabou. « Beaucoup de personnes concernées n’osent pas demander de l’aide, par honte ou peur du jugement. L’addiction aux jeux reste perçue comme un échec personnel, alors qu’il s’agit d’un véritable trouble psychologique », explique Seydina Gueye.

Ce manque de reconnaissance sociale, doublé d’un vide institutionnel, empêche une prise en charge efficace. Dans le système de santé sénégalais, peu de structures sont spécialisées dans les addictions comportementales. « Les familles viennent vers nous, mais nous ne sommes pas des thérapeutes. Il est urgent de tisser des liens avec les psychologues, les hôpitaux, les écoles aussi, pour intervenir dès le plus jeune âge. »

Malgré l’adversité, SOS PARIEURS poursuit son combat avec détermination. Entre les permanences téléphoniques, les visites de terrain et le plaidoyer auprès des autorités, l’association fait de son mieux pour maintenir le lien avec les victimes et leurs proches.

Aujourd’hui, son fondateur lance un appel à la solidarité. « Nous ne pouvons pas faire face seuls. Chaque contribution compte, que ce soit un don, du temps offert en tant que bénévole, ou simplement relayer notre message. Ce combat est celui de toute la société. »

À travers ses mots, une conviction émerge : il est encore possible de faire reculer ce fléau, à condition que chacun prenne conscience de son ampleur. « L’addiction aux jeux d’argent peut être combattue. Ce n’est pas une fatalité. Mais pour y arriver, il faut que les pouvoirs publics, les médias, les citoyens s’unissent. Ensemble, nous pouvons sauver des vies. »

Seydi Gassama : « Le régime Sonko-Diomaye ne fait pas mieux que les précédents en matière d’environnement »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé sa déception face à la politique environnementale du gouvernement actuel. Dans un message publié sur X, il estime que l’équipe dirigée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye reproduit les mêmes erreurs que les précédents régimes dans la gestion du droit à un environnement sain.

« En matière de protection du droit à un environnement sain, le régime ne fait pas mieux que les précédents », a-t-il dénoncé. Pour le défenseur des droits humains, l’implantation de cimenteries, de carrières polluantes et de décharges d’ordures à ciel ouvert près des agglomérations illustre ce manque de considération pour les populations.

Seydi Gassama accuse également les autorités de valider des études d’impact environnemental biaisées, financées par les promoteurs eux-mêmes. Il évoque des méthodes marquées par « les menaces, la répression, la division, l’exclusion et le forcing » pour faire passer des projets contestés.

Ces critiques viennent rappeler que la gouvernance écologique demeure un défi majeur au Sénégal. Alors que les attentes citoyennes sont fortes, la société civile réclame une véritable rupture en faveur d’une politique plus respectueuse de l’environnement et des communautés.

Kafountine : dix-sept candidats à l’émigration interceptés par la gendarmerie

La lutte contre l’émigration irrégulière se poursuit dans le sud du Sénégal. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Brigade de gendarmerie de Kafountine a interpellé dix-sept personnes qui tentaient de rallier clandestinement les côtes espagnoles à partir du village d’Abéné, situé dans la région de Ziguinchor.

Selon une source sécuritaire citée par l’APS, parmi les migrants arrêtés figurent onze Sénégalais. Trois individus soupçonnés d’être des complices dans l’organisation de ce départ ont également été mis aux arrêts. Il s’agit de deux Sénégalais et d’un ressortissant étranger, dont l’identité n’a pas été révélée.

Cette nouvelle opération intervient seulement quelques jours après une précédente arrestation. Dans la nuit de mardi à mercredi, les gendarmes de Kafountine avaient déjà intercepté trente-quatre candidats à l’émigration. Ce groupe comprenait quatre femmes, dont l’une voyageait accompagnée de ses deux enfants mineurs, soulignant encore une fois la diversité des profils qui tentent de franchir la mer au péril de leur vie.

Ces interpellations successives témoignent de l’ampleur du phénomène migratoire dans la région sud du pays, où les départs clandestins se multiplient malgré les dangers. Les autorités locales insistent sur leur détermination à renforcer la surveillance des côtes et à démanteler les réseaux qui alimentent ce trafic humain.

À Kafountine comme ailleurs, la gendarmerie reste en alerte face à ce fléau qui continue d’endeuiller de nombreuses familles et d’alimenter les débats sur la recherche de solutions durables pour offrir des perspectives meilleures à la jeunesse sénégalaise.

Touba inaugure la GIGA FANII FACTORY : une étape décisive pour le textile africain

Ville sainte et pôle économique en plein essor, Touba vient de franchir un cap important dans l’industrie textile. Le groupe FANII, dirigé par Monsieur Seyni Diaw, a lancé son projet le plus ambitieux à ce jour : la GIGA FANII FACTORY.

Cette nouvelle structure, équipée d’une centaine de machines de pointe, va bien au-delà d’un simple atelier de couture. Elle symbolise l’innovation, l’excellence et la modernisation du secteur textile en Afrique. Pensée comme un futur centre de référence pour la mode, la GIGA FANII FACTORY ambitionne de stimuler l’économie locale et d’offrir de nombreuses opportunités professionnelles aux jeunes de la région.

À travers ce projet, Seyni Diaw et son équipe posent une étape décisive dans la dynamique industrielle et entrepreneuriale de Touba, mais aussi du continent. L’inauguration de cette usine prestigieuse reflète une vision audacieuse ainsi qu’une détermination sans faille pour redéfinir l’avenir de la mode africaine.

La GIGA FANII FACTORY marque le début d’une aventure porteuse d’espoir pour l’entrepreneuriat et l’industrie textile en Afrique. Avec cette initiative, Seyni Diaw s’affirme comme un acteur majeur de l’innovation et du développement économique, offrant à Touba un rayonnement qui dépasse largement ses frontières.

Santé fragile de Farba Ngom : ses avocats dégainent la contre-attaque judiciaire

Après plusieurs mois de bras de fer mêlant procédures judiciaires et expertise médicale, la défense de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba, a décidé de changer de cap. Selon des informations rapportées par L’Observateur, ses avocats ont introduit une nouvelle requête demandant la main levée du mandat de dépôt ainsi qu’une mise en liberté provisoire pour leur client. Cette démarche, appuyée par un rapport médical jugé accablant, est présentée comme une riposte juridique ferme face à la position jugée inflexible du parquet financier.

Le document sur lequel s’appuie la défense est une contre-expertise médico-légale réalisée par trois spécialistes de renom : le cardiologue Ousmane Dièye, le professeur Papa Saliou Mbaye et le professeur Serigne Maguèye Gueye. Le rapport, qualifié d’alarmant, décrit un état de santé critique, évoquant une cardiopathie débutante, un diabète ancien, une obésité et un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère. Selon les experts, l’ensemble de ces pathologies expose l’homme politique à un risque réel de mort subite nocturne. Pour ses avocats, ces conclusions dépassent la simple analyse médicale et deviennent un véritable bouclier juridique, rendant injustifiable le maintien en détention de leur client.

Cette contre-offensive judiciaire intervient dans un contexte marqué par un précédent rejet. Le parquet financier avait en effet balayé une première demande de liberté provisoire, remettant en cause la crédibilité du rapport du professeur Alassane Mbaye, désigné par l’Ordre des Médecins. Soupçonnant un document complaisant, le ministère public avait alors exigé qu’une contre-expertise soit confiée à un collège médical indépendant. Mais loin d’infirmer les conclusions initiales, ce second rapport les a non seulement confirmées mais encore renforcées, donnant ainsi un poids supplémentaire aux arguments de la défense.

Les conseils de Farba Ngom s’appuient désormais sur cette double validation scientifique pour exiger que le juge ordonne la main levée du mandat de dépôt. Et si cette requête venait à être rejetée, ils invoquent les dispositions du Code de procédure pénale qui permettent d’obtenir au moins une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Dans leur stratégie, le médical devient un levier juridique, et leurs propos traduisent une détermination sans faille : « Ce rapport clôt définitivement le débat », assurent-ils, estimant que l’autorité judiciaire n’a plus aucune base légale pour maintenir leur client derrière les barreaux.

Écroué hier par le doyen des juges : Hamidou Djiba, figure controversée du MFDC, replonge dans les ténèbres de la prison

Le feuilleton de la crise casamançaise vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Hamidou Djiba, 61 ans, connu pour s’être autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté à Ziguinchor le 20 août 2025, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, accusé de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs criminelle.

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’opération a été soigneusement planifiée et menée conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Pendant plusieurs jours, les enquêteurs ont surveillé les moindres faits et gestes du suspect avant de l’intercepter, le 20 août aux alentours de 18 heures, à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Après son arrestation, il a été transféré sous bonne escorte à Dakar, où il a été pris en charge dès le lendemain matin par les services de la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête. Dans le même temps, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, dans la périphérie de Ziguinchor, a permis de saisir plusieurs tee-shirts floqués de symboles jugés liés au mouvement indépendantiste, considérés comme pièces à conviction.

Les autorités judiciaires expliquent que cette opération a été déclenchée à la suite de propos incendiaires tenus par Hamidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure emblématique du MFDC. Ses déclarations, filmées et largement diffusées, ont été interprétées comme une menace directe contre la stabilité nationale, poussant le parquet à demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Hamidou Djiba apparaît dans les chroniques judiciaires. Déjà en 1995, il avait été arrêté lors d’une vaste opération militaire avant d’être détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss. Sa libération, intervenue dans le cadre des négociations de paix entre l’État du Sénégal et le MFDC, lui avait alors permis de retrouver une liberté surveillée. Mais trois décennies plus tard, le sexagénaire se retrouve de nouveau face aux mêmes accusations, confirmant ainsi son statut de figure controversée et persistante d’un conflit qui continue de hanter la Casamance.

Aujourd’hui, son incarcération marque une nouvelle étape dans ce long bras de fer entre l’État et les franges les plus radicales du MFDC. Elle rappelle aussi que, malgré les multiples tentatives de médiation et les accords de paix successifs, la question casamançaise reste une plaie ouverte dans l’histoire politique et sécuritaire du Sénégal.

Gamou 2025 : Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye en visite auprès des foyers religieux de Thiénaba, Thiès et Dakar

À quelques jours de la célébration du Gamou, marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a entamé une tournée de courtoisie ce samedi 30 août auprès de plusieurs foyers religieux situés à Thiénaba, Thiès et Dakar. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition républicaine de dialogue et de proximité avec les guides spirituels du pays.

Première étape de cette tournée : Thiénaba, haut lieu de l’islam au Sénégal. El Malick Ndiaye y a été reçu par le khalife, Baye Serigne Assane Seck, à qui il a rendu hommage pour le rôle historique et spirituel joué par cette cité dans l’enracinement et la diffusion de la religion musulmane. Dans son allocution, il a souligné que les familles religieuses constituent des piliers de stabilité, de paix et de cohésion nationale, rappelant ainsi leur place centrale dans la vie sociale et spirituelle du pays.

À Thiès, le président de l’Assemblée nationale a ensuite rendu visite au khalife Serigne Mounirou Ndiéguéne. L’occasion pour lui de magnifier l’héritage spirituel et intellectuel de la famille de Mame El Hadj Ndiéguéne, dont il a salué l’apport à l’éducation islamique et à la préservation des valeurs fondamentales de foi, de discipline et de solidarité qui forgent la société sénégalaise.

La tournée s’est achevée à Dakar, où El Malick Ndiaye a été reçu par le khalife de la famille omarienne, Serigne Thierno Madani Tall. Dans son intervention, il a exprimé toute son estime pour l’œuvre de la famille omarienne dans la diffusion du savoir religieux et la défense des valeurs islamiques, tout en sollicitant des prières pour la paix et la prospérité du Sénégal.

Dans chacune de ces étapes, le président de l’Assemblée nationale a demandé des prières pour le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que pour le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin que Dieu les accompagne dans leur mission de service à la Nation. Les khalifes, en retour, ont formulé des prières pour la réussite de ses actions, mais aussi pour les autorités et l’ensemble du peuple sénégalais, dans un esprit de bénédiction et de solidarité nationale.

Coupé du reste du pays en pleine saison des pluies : le village de Yero Nguedol lance un cri de détresse aux autorités

En pleine saison des pluies, le village de Yero Nguedol, situé dans la commune de Dakatéli, département de Salémata (région de Kédougou), vit une situation d’isolement quasi total. Les pistes devenues impraticables et une rivière en crue coupent toute communication avec l’extérieur, privant les habitants d’accès aux services essentiels. Cette coupure fragilise encore davantage les populations déjà confrontées à un quotidien difficile, notamment les malades, les enfants et les femmes enceintes.

Sur les ondes d’Iradio, Mamadou Touré, habitant du village, a témoigné du calvaire que vivent les populations depuis plusieurs semaines. « Dans un village où on peut rester une semaine sans traverser. Personne ne sort, personne n’entre. C’est comme si nous n’étions pas au Sénégal. Quand on voit les gens dans d’autres villes, on se demande si nous ne sommes pas des Sénégalais, alors que nous avons les mêmes pièces d’identité », a-t-il dénoncé, exprimant le sentiment d’abandon qui anime la communauté.

La situation est particulièrement alarmante pour les cas d’urgence. Les malades et les femmes enceintes se retrouvent dans une détresse indescriptible. « Nos enfants sont malades, les femmes enceintes sont là. On les transporte par des charrettes, mais arrivé au fleuve, on ne peut pas traverser. On ne peut pas emporter une femme enceinte pour traverser le fleuve avec elle », a alerté Mamadou Touré. Ces obstacles rendent les évacuations sanitaires presque impossibles, mettant en danger la vie des plus vulnérables.

Face à ce drame silencieux, les habitants de Yero Nguedol lancent un appel pressant aux autorités locales et nationales. Ils réclament une intervention urgente pour désenclaver la localité et mettre fin à leur isolement. Routes praticables, passerelles sécurisées ou tout autre aménagement durable sont attendus pour garantir la libre circulation des personnes et l’accès aux services de base.

Ousmane Sonko en visite à Médina Baye : « D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal »

Le Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation gouvernementale, s’est rendu ce samedi 30 août 2025 à Médina Baye, dans la ville de Kaolack. Cette visite de courtoisie auprès du Khalife général de la Fayda Tidjanya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Maouloud, célébration annuelle marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL).

Accueilli dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour dresser un état des lieux de la situation nationale et exposer les grandes lignes de son plan de redressement. Face au Khalife, Ousmane Sonko a rappelé les difficultés héritées de ses prédécesseurs, dénonçant une gouvernance marquée par l’opacité et la mauvaise gestion. « Le pays dispose d’énormes potentialités, mais il a longtemps été retardé par une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Nous avons hérité d’une situation catastrophique, marquée par une dette colossale. Les Sénégalais nous ont élus pour y remédier, et nous sommes résolument engagés dans ce défi national. D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également insisté sur le caractère collectif de l’effort à fournir pour sortir le pays de ses difficultés. Selon lui, le développement ne peut être atteint qu’au prix de sacrifices. « Aucun pays ne s’est développé sans sacrifice. En Chine, avec la révolution culturelle, des millions de personnes ont perdu la vie. Nous n’en arriverons pas là, mais nous sommes la génération qui va consentir des efforts pour que nos enfants vivent dans un Sénégal développé », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a annoncé que son plan de redressement, déjà présenté aux instances gouvernementales, sera bientôt partagé avec l’ensemble des guides religieux, traduit en wolof et en arabe pour une meilleure appropriation par tous.

Saint-Louis : SEN’EAU alerte sur des perturbations liées à la crue du fleuve

La société SEN’EAU a annoncé ce samedi 30 août 2025 des perturbations dans la distribution d’eau potable à Saint-Louis. Ces désagréments, qui touchent directement les populations de la capitale du Nord, sont liés à la montée des eaux consécutive à l’installation de la crue du fleuve Sénégal.

Dans un communiqué transmis à Ledakarois, l’entreprise a expliqué que « les perturbations notées dans la distribution et les fluctuations de la qualité de l’eau sont consécutives à l’installation de la crue du fleuve ». L’usine de traitement de Saint-Louis, qui fournit l’ensemble de la production destinée à l’alimentation en eau potable des ménages, a été contrainte de réduire son rythme de fonctionnement afin de s’adapter aux nouvelles conditions hydriques.

« Nous avons enregistré une baisse de la capacité de production pour mieux nous adapter aux nouvelles conditions des eaux du fleuve », a précisé SEN’EAU, tout en rassurant que la continuité du service public reste garantie. L’entreprise a souligné que l’approvisionnement se fait dans le respect des normes de qualité exigées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Cependant, ces ajustements techniques ne sont pas sans conséquences pour les habitants de Saint-Louis. La société a averti que la distribution d’eau connaîtra par moments des baisses de pression, voire des coupures temporaires. Une situation qui suscite déjà l’inquiétude dans certains quartiers, où les ménages se préparent à recourir à des solutions alternatives pour assurer leurs besoins quotidiens.

Consciente de l’impact de ces perturbations sur le quotidien des usagers, SEN’EAU a tenu à présenter ses excuses. « Nous remercions nos clients pour leur compréhension face à ce phénomène naturel indépendant de notre volonté », indique la note de l’entreprise, qui affirme suivre l’évolution de la situation de près.

La crue du fleuve Sénégal, phénomène saisonnier attendu mais souvent redouté, met une fois de plus en lumière la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques de la région face aux aléas climatiques. Elle pose également la question de la résilience des systèmes de distribution d’eau dans un contexte marqué par le changement climatique et la pression croissante sur les ressources hydriques.

Cancers féminins : le retard de consultation, un danger mortel pour les patientes

Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye a lancé un cri d’alerte ce samedi sur la gravité des cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, lors d’un panel consacré aux cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions Sanitaires pour le Fouta (ASFO). Selon lui, la majorité des patientes arrivent à l’hôpital dans un état trop avancé, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie.

« Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent déjà au stade 4, le plus avancé », a déclaré le médecin à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « À ce stade, 90 % décèdent au bout de cinq ans », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et surtout le dépistage précoce.

Le spécialiste a pointé du doigt une situation particulièrement alarmante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam, où les femmes consultent souvent trop tard, parfois après plusieurs mois de symptômes ignorés ou tus. Les causes de ces retards sont multiples : manque d’accès aux structures de santé spécialisées, déficit d’information, mais aussi poids des tabous.

« Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein », a expliqué le gynécologue, rappelant que ces silences sont lourds de conséquences.

Malgré ce constat inquiétant, le médecin a tenu à saluer les efforts de sensibilisation de l’ASFO, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de proximité dans le Fouta et ses environs. Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a d’ailleurs annoncé la tenue de la 26ᵉ édition de ces campagnes de dépistage et de soins, prévue du 11 au 17 septembre prochain. Huit villages de la région de Matam seront concernés et plus de 110 professionnels de santé, parmi lesquels des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes, seront mobilisés.

Selon l’ASFO, ces campagnes ont déjà permis de consulter près de 10 000 patients lors des précédentes éditions, contribuant ainsi à rapprocher les services de santé des populations et à briser certains tabous. Mais face à l’ampleur du défi, Mamadou Guèye estime que la lutte contre les cancers féminins nécessite encore davantage d’efforts concertés de l’État, des structures sanitaires et des organisations communautaires, afin de sauver des milliers de vies menacées par le silence et le retard de consultation.

Tivaouane : le Président Bassirou Diomaye Faye annonce la création d’un budget dédié au culte dès 2026

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a profité de sa visite de courtoisie à Tivaouane, ce samedi 30 août, dans le cadre de la célébration du Maouloud (Gamou), pour annoncer une mesure majeure en faveur des confréries religieuses et de la vie spirituelle nationale. Dès 2026, un budget spécifique sera consacré au culte au Sénégal.

C’est à l’auditorium Serigne Babacar Sy, où se tenait le lancement du symposium sur le Gamou organisé par la cellule Zawiya Tidiane, que le chef de l’État a révélé cette initiative. « Nous sommes en train de travailler sur sa mise en place et son administration », a-t-il déclaré, soulignant que ce budget sera reconduit chaque année et renforcé progressivement afin de mieux soutenir les familles religieuses dans l’organisation des grands événements spirituels, à l’image du Maouloud.

En mettant l’accent sur l’importance du rôle des confréries dans la société sénégalaise, le président Faye a tenu à magnifier leur contribution au vivre-ensemble. « Les confréries religieuses au Sénégal sont des références, sources de paix et de développement », a-t-il affirmé, mettant en avant la place centrale qu’elles occupent dans l’équilibre social et spirituel du pays.

Le chef de l’État n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage à El Hadj Malick Sy, fondateur du Gamou de Tivaouane en 1902. Évoquant son œuvre et son héritage, Bassirou Diomaye Faye a salué « l’attitude exemplaire » de ses descendants, qu’il considère comme les « dépositaires et continuateurs du legs de l’auteur de Mimiya », un ouvrage de référence retraçant la vie et les enseignements du prophète Mouhammad.

Par cette annonce, le président inscrit son action dans une volonté de renforcer le dialogue entre l’État et les foyers religieux, tout en institutionnalisant un appui qui jusque-là se faisait de manière ponctuelle. Le budget du culte, qui devrait être dévoilé dans les prochains mois, s’annonce ainsi comme une innovation majeure dans la gouvernance sénégalaise en matière de politique religieuse.

Tivaouane : le Président Bassirou Diomaye Faye reçu par le Khalife des Tidianes avant le Gamou

À quelques jours du Mawlid Al-Naby, prévu le 4 septembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, à Tivaouane.

Le guide religieux a exprimé toute sa satisfaction à l’endroit du chef de l’État. « Cette visite me va droit au cœur. Je prie pour que vous et votre équipe réussissiez à la tête du pays », a déclaré le Khalife, avant de mettre l’accent sur l’importance de la paix, citant le slogan du gouvernement « jub, jubbeul, jubbanti ». « La paix est facile à invoquer mais difficile à obtenir, car il faut la construire et qu’il y ait justice », a-t-il rappelé.

En réponse, le président Bassirou Diomaye Faye a assuré que l’État prendra toutes les dispositions nécessaires pour un bon déroulement du Gamou. « Des directives ont déjà été données afin d’assurer l’accompagnement, et les comptes rendus que j’ai reçus montrent que les préparatifs avancent bien. Concernant l’assainissement, le ministre Cheikh Tidiane Dieye a entrepris d’importants travaux pour faire face aux inondations », a-t-il affirmé, tout en sollicitant la bénédiction et les prières du Khalife pour la stabilité du pays.

Dans son discours, Serigne Babacar Sy Mansour a par ailleurs insisté sur la valeur fondamentale de la droiture (jub), qu’il a qualifiée de « socle de toute chose ». Il a exhorté les Sénégalais à s’approprier cette philosophie afin de promouvoir justice et paix, appelant également à « privilégier le respect et la vérité » face aux tensions et polémiques qui traversent le pays. Concernant les inondations, il a souligné qu’il s’agit d’un « phénomène naturel » sur lequel seul Dieu détient la solution ultime, tout en invitant les autorités à renforcer leur action pour protéger les populations.

Niassya : du matériel remis aux femmes pour renforcer leur autonomisation

Les communes de Niassya et d’Enampore ont bénéficié, jeudi 28 août 2025, d’un appui matériel destiné à soutenir l’autonomisation socio-économique des femmes. La cérémonie, présidée par le sous-préfet de Niassya, Moussa Aly Ba, a marqué la remise de quatre tricycles, de sécateurs et de matériels de pesage aux groupements féminins.

Cet appui s’inscrit dans le cadre du projet de promotion de l’autonomisation des femmes dans la gestion des ressources agroforestières, conduit par le consortium ETDS, ACCP et Usoforal. « Ces tricycles permettront aux femmes d’être plus autonomes, notamment dans le transport des produits agroforestiers, une tâche qui constituait jusqu’ici un grand défi », a déclaré le sous-préfet, invitant les bénéficiaires à un usage judicieux du matériel.

Le coordonnateur du consortium, Pape Tairou Kanouté, a pour sa part souligné l’importance stratégique du projet, qui vise à structurer deux filières majeures, la mangue et le maad. Selon lui, « le matériel remis représente une valeur de 10 millions FCFA, tandis que la réhabilitation de deux unités de transformation locales dépasse les 100 millions FCFA ».

La maire de Niassya, Justine Manga, s’est réjouie de cette initiative qui, selon elle, « va booster le travail des femmes » et renforcer leur autonomisation. Même satisfaction exprimée par les bénéficiaires. Maria Gomis, présidente des femmes transformatrices de Niassya, a salué un appui qui « permettra de mieux transformer les produits locaux et d’améliorer les revenus ».

À Enampore, l’enthousiasme était également palpable. « Nous attendions ce matériel depuis longtemps. Il vient répondre à un besoin crucial de nos communautés », a affirmé Martial Manga, président du comité local.

À travers cette remise, le consortium et ses partenaires réaffirment leur volonté d’accompagner les femmes rurales dans la valorisation durable des ressources agroforestières. Une avancée qui ouvre de nouvelles perspectives économiques et sociales pour les communautés de Niassya et d’Enampore.

Alexis Sagna

Ousmane Sonko en visite de courtoisie à Kaolack en prélude au Gamou

À l’approche de la célébration du Gamou, prévue le 4 septembre prochain, le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès de plusieurs foyers religieux de Kaolack.

Cette tournée s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de sa rencontre à Tivaouane avec le khalife général des Tidianes. Le chef de l’État avait exprimé sa volonté de se rendre auprès des grandes familles religieuses du pays à l’occasion du Gamou, mais, pour des raisons d’agenda, il avait précisé que le Premier ministre et d’autres autorités d’État effectueraient certaines visites en son nom. Ainsi, pendant que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, était à Thiès et à Thiénaba, Ousmane Sonko a été mandaté pour Kaolack.

À Médina Baye, le chef du gouvernement a été reçu par Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Fayda tidianiyya. Accompagné de membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, ainsi que des autorités administratives locales, Ousmane Sonko a salué l’érudition et l’ouverture de l’autorité religieuse sur les grands défis du continent, en particulier la souveraineté et le panafricanisme. Il a également sollicité des prières pour la paix, l’unité et la prospérité du Sénégal.

Poursuivant son séjour à Kaolack, le Premier ministre s’est ensuite rendu à Léona Niassane. Il y a été accueilli par le khalife Cheikh Ahmed Tidiane Niass et plusieurs membres de la famille de l’illustre El Hadji Abdoulaye Niass, père de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass et de Mame Khalifa Niass. Cette étape a constitué un moment de communion spirituelle, marqué par des échanges fraternels et des prières pour le pays.

Pourquoi le Sénégal a besoin de la France. (Par Badou Ndao Le Médiateur)

L’avion présidentiel risque la saisie

La visite en France du Président Diomaye et celle prochaine de son premier ministre a de forts relents d’objectivité et de réalisme politique et économique. L’Etat du Sénégal surtout dans le secteur énergétique traîne une ardoise de 700 milliards dus principalement à des entreprises françaises telles Total, Vivo. Dans d’autres secteurs, l’Etat doit payer 150 milliards à Eiffage. Et que le risque est grand que la banque d’investissement de Paris d’activer la garantie d’Air Sénégal pour immobiliser ses appareils en plus de l’avion présidentiel qui a été acquis dans ce même montage, il y’a une certaine urgence.

Du besoin de l’appui budgétaire.

En temps normal de relations normales, l’Etat sollicitait la France pour alléger ce service de la dette en demandant un appui budgétaire où la France supporte une partie des décaissements permettant au Sénégal de respirer et d’être en règle avec ses créanciers. C’est cette diplomatie économique et financière essentielle qui a été mise à mal par des déclarations outrancières et va—t- en guerre d’une opposition qui a beaucoup surfé sur la vague anti – France en vogue dans la sous – région pour se rallier les idées panafricanistes.

Aujourd’hui au pouvoir, cette opposition se rend compte qu’au-delà des apparences, les pays ont des amis. Et cela a été clarifié par les voyages du Président et de son premier ministre en Chine et en Turquie, pays qui ne décaissent pas un franc pour des appuis budgétaires ou autres, étant plutôt dans les IDE. Il ne reste donc que la France, l’alliée traditionnelle plus proche des réalités sénégalaises que tout autre pays dans le monde et à laquelle nous lie un passé certes peu glorieux mais un pays avec qui nous partageons énormément de choses sentimentalement et intellectuellement, ce qui n’est pas la moindre des choses. La France est un pays ami et frère comme la Grande Bretagne l’est avec les Etats – Unis. Les nouvelles autorités rattrapées par la réalité économique ont vite compris qu’il vaut mieux garder son ancienne amie que de s’en chercher d’autres qui ont les leurs. La Chine investit aux USA qui est son ami de toujours. La Turquie parle avec l’Allemagne où vive la plus grande colonie de sa diaspora.

Les États ont des amis.

C’est une bonne chose que de se réconcilier avec la France qui a perdu énormément au Sénégal où le BTP est aux mains des Turcs et des Chinois. Les produits français sont rares à voir dans nos boutiques remplacés par le déferlement des marchandises chinoises. CFAO est pour les Japonais. Air France n’appartient plus à la France. Les ressources minières sont majoritairement entre d’autres mains. Les banques et les assurances sont aux mains des Marocains. Bref, si ce n’étaient les relations sentimentales, la France n’est plus au Sénégal qu’à travers d’anciennes entreprises où les Sénégalais détiennent des intérêts. C’est bien donc de raison garder. On se demande où est la France qui doit dégager ?

Khadim Bâ et les autres.

Mais, il y a un hic dans ces nouvelles approches de reconquête de la France, c’est que tout doit se faire selon l’existant et avec les hommes d’affaires qui ont pris la place de la France dans beaucoup de secteurs dont celui des énergies. Se retrouver avec la France ne doit se faire contre les entreprises Sénégalaises et les capitaines d’industrie qui ont creusé leurs trous et font valoir l’expertise nationale.

Dans le secteur pétrolier où la société africaine de raffinage peine à importer faute de trésorerie propre ; où Senelec commence à subir des contres- coups de l’incapacité de la SAR à la fournir et où l’Etat n’a pas les moyens de s’investir, les hommes d’affaires rompus à la tâche qui ont des solutions sénégalaises sont en prison victimes de batailles politiciennes dont on les aurait épargnés.

Cas de Khadim Bâ et Samuel Sarr qui sont les solutions des problèmes de l’Etat dans ce secteur. Disons que les solutions de ce secteur hyper sensible qui fournit l’électricité dont les Sénégalais sont maintenant habitués et ne toléreront aucun délestage qui les retournerait en arrière sont entre les barreaux ou muni de bracelet électronique sous de fallacieuses accusations.

Le Président Diomaye et son Premier ministre doivent savoir que quelque soient leurs résultats à l’étranger, ce seront sous forme de projets et qu’ils ont moins de cinq ans alors que l’expertise locale a mis en place un existant opérationnel depuis des années dont ils doivent tenir compte.
Autant les autorités de l’Etat du Sénégal pensent à se réconcilier avec la France, autant elles devraient la faire avec les hommes d’affaires Sénégalais.

Ndao Badou « Le Médiateur »

Sénégal : Le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale promulgué et publié au Journal officiel

Le Sénégal vient de franchir une nouvelle étape dans le renforcement des prérogatives de son Parlement. Le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale a été officiellement promulgué et publié au Journal officiel, marquant une évolution importante dans le fonctionnement de l’institution législative.

Parmi les innovations majeures introduites par ce texte, figure l’obligation pour toute personne convoquée dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire de répondre à l’appel des députés. Désormais, nul ne pourra refuser de se présenter ni de décliner de répondre aux questions posées par les élus. Cette disposition vient corriger une lacune qui, jusque-là, limitait la portée des enquêtes parlementaires et réduisait leur efficacité, certaines personnalités convoquées ayant pu, par le passé, se soustraire à cette obligation.

Selon l’exposé des motifs, ce nouveau règlement intérieur s’inscrit dans la volonté d’outiller davantage les députés afin qu’ils puissent exercer pleinement leurs missions. Il vise à renforcer le rôle du Parlement en matière de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques, conformément aux dispositions de la Constitution sénégalaise.

Cette réforme est également perçue comme un signal fort en faveur de la transparence et de la redevabilité. Elle place les députés au cœur de la vie démocratique, en leur donnant les moyens de vérifier plus efficacement la gestion des affaires publiques et de rendre des comptes aux citoyens. Elle traduit ainsi une volonté d’améliorer l’équilibre des pouvoirs et d’asseoir davantage l’autorité de l’Assemblée nationale dans le paysage institutionnel du pays.

En adoptant et en promulguant ce nouveau règlement, l’Assemblée nationale du Sénégal entend consolider son rôle de vigie démocratique et affirmer sa place dans l’architecture républicaine. Les prochaines commissions d’enquête parlementaire permettront de mesurer concrètement la portée de ce changement et de juger de sa capacité à instaurer une culture plus affirmée de responsabilité politique et institutionnelle.

JAMMI Sénégal dénonce les “dérives” du président de l’Assemblée nationale et appelle au respect de la Constitution

Le Mouvement JAMMI Sénégal a haussé le ton ce vendredi 29 août 2025 à Paris en exprimant sa « profonde inquiétude » face aux récentes prises de position d’El Hadji Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué signé par son président, Ibrahima Diop, le mouvement accuse le responsable parlementaire d’adopter une attitude jugée contraire aux fondements de la République, notamment par des déclarations qui remettent en cause l’équilibre institutionnel.

En s’appuyant sur la doctrine classique de la séparation des pouvoirs, JAMMI Sénégal rappelle le célèbre avertissement de Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Le communiqué insiste sur le fait que la Constitution sénégalaise, à travers ses articles 88 et suivants, établit clairement une distinction entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, tout en garantissant l’indépendance des magistrats.

Or, selon le mouvement, le président de l’Assemblée nationale s’est engagé dans une série de prises de position jugées préoccupantes. Il lui est reproché de s’immiscer dans les prérogatives de l’Exécutif et d’adresser des menaces directes au pouvoir judiciaire. Une attitude qui, selon JAMMI Sénégal, constitue « une violation flagrante du principe sacré de séparation des pouvoirs » et expose le pays à un déséquilibre institutionnel dangereux.

Dans son communiqué, le mouvement met l’accent sur les responsabilités républicaines qui incombent au chef du Parlement. Il rappelle que le Législatif n’a pas vocation à interférer dans la conduite de l’Exécutif, que le pouvoir judiciaire doit rester indépendant et respecté dans son intégrité, et que le président de l’Assemblée nationale a l’obligation morale et politique de se conformer à la retenue républicaine afin de préserver la dignité du Parlement.

JAMMI Sénégal se montre ferme : « La République ne saurait tolérer aucune dérive autoritaire, aucune confusion des pouvoirs, ni aucune tentative de pression sur la justice. » Le mouvement appelle ainsi solennellement El Hadji Malick Ndiaye « à se ressaisir, à rester dans le périmètre de ses compétences et à cesser immédiatement ses attaques contre les magistrats ainsi que son ingérence dans l’action gouvernementale ».

En conclusion, le mouvement rappelle que la solidité de la démocratie sénégalaise repose sur trois piliers indissociables : un Parlement responsable, une justice indépendante et un Exécutif respecté dans ses prérogatives. Selon JAMMI Sénégal, seul le respect scrupuleux de cet équilibre permettra au pays de continuer à incarner « une République forte, juste et crédible ».

Gamou 2025 : les plus hautes autorités attendues auprès des familles religieuses ce samedi

À l’approche du Gamou, célébration marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), l’État du Sénégal prépare sa participation à travers une forte mobilisation de ses plus hautes autorités. Ce samedi 30 août 2025, plusieurs personnalités institutionnelles seront présentes dans différentes cités religieuses du pays, témoignant de l’importance de cette fête dans la vie nationale et du lien fort entre la République et les foyers spirituels.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Tivaouane, épicentre du Gamou, où il se recueillera auprès de la famille de Seydi El Hadji Malick Sy. Cette visite présidentielle constitue un moment symbolique fort, confirmant la centralité de Tivaouane dans la célébration du Maouloud et le respect des traditions établies entre les autorités étatiques et les guides religieux.

Parallèlement, le Premier ministre, Ousmane Sonko, se rendra à Kaolack pour rencontrer les familles religieuses de Médina Baye et de Léona Niassène. Ces visites de courtoisie traduisent la reconnaissance de l’État envers l’influence spirituelle et sociale des foyers niassènes, qui accueillent chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de la sous-région pour célébrer le Gamou.

Le Président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, poursuivra cette dynamique de proximité en se rendant à Thiénaba, foyer spirituel fondé par Cheikh Ahmadou Ndack Seck, ainsi qu’auprès de la famille Ndiéguène de Thiès, autre grande référence religieuse du pays.

À travers ces déplacements coordonnés, l’État manifeste son ancrage dans une tradition républicaine où le respect, le dialogue et la solidarité entre les institutions et les familles religieuses demeurent essentiels. Le Gamou, au-delà de sa portée spirituelle, reste ainsi un rendez-vous national majeur, qui unit les Sénégalais autour de valeurs communes de foi, de paix et de cohésion sociale.

Gamou 2025 : Dakar Dem Dikk déploie un dispositif spécial pour Tivaouane

À l’occasion du Gamou, prévu le 4 septembre 2025, la société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a annoncé la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour accompagner les milliers de fidèles attendus à Tivaouane. La ville sainte, centre spirituel de la Tidjaniyya, sera une nouvelle fois le point de convergence des pèlerins venus rendre hommage à l’œuvre d’El Hadji Malick Sy et à la tradition religieuse qui s’y perpétue.

Pour faciliter les déplacements, trois journées de départs ont été programmées à partir de Dakar. Les bus quitteront la capitale les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 septembre, avec un premier départ fixé à 6 heures du matin et un dernier départ prévu à 15 heures. Le prix du billet aller simple est fixé à 2 500 francs CFA, une tarification que Dakar Dem Dikk a souhaité accessible afin de permettre au plus grand nombre de rallier Tivaouane dans de bonnes conditions.

Les bus desserviront directement le site Serigne Mansour Sy Djamil, situé au quartier Ndiandakhoune, pour déposer les fidèles au plus près des lieux d’accueil et de recueillement. Les retours vers Dakar sont programmés dès le vendredi 5 septembre, à partir de 5 heures du matin, afin de fluidifier le retour des pèlerins après les célébrations religieuses.

La société rappelle toutefois qu’aucune réservation ne sera possible pour ce service spécial. « La vente de tickets se fait uniquement sur place », a précisé Dakar Dem Dikk, invitant ainsi les voyageurs à se rendre tôt aux points de départ afin de garantir leur place.

Par cette initiative, Dakar Dem Dikk confirme son rôle d’acteur central dans l’accompagnement logistique des grands événements religieux, en apportant un soutien pratique et sécurisé aux fidèles qui se déplacent chaque année en masse vers Tivaouane.

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