Le Dakarois Quotidien N°591 – 24/10/2025
Étiquette : Sénégal
Le FDR prépare sa marche du 31 octobre contre la politique du gouvernement
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) se prépare à faire entendre sa voix dans les rues de Dakar. Le mouvement a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce lundi 27 octobre 2025 afin de détailler le déroulé de sa marche pacifique prévue pour le vendredi 31 octobre. L’itinéraire choisi s’étendra le long de l’avenue Ababacar Sy, partant du Jet d’eau de la Sicap jusqu’au terminus de Liberté 5.
À travers cette mobilisation, le FDR entend dénoncer ce qu’il qualifie de « politique antinationale » du pouvoir en place, dirigé par PASTEF, et réclamer un ensemble de mesures sociales, économiques et judiciaires. Sur le plan social et économique, le mouvement exige notamment le retrait des mesures jugées antisociales, telles que l’augmentation du coût de l’énergie, la taxation du mobile money et la hausse des prix des produits de première nécessité. Les manifestants réclament également le maintien des subventions sur l’énergie et les denrées de consommation courante, le paiement des bourses familiales, le soutien aux couches vulnérables, ainsi que l’exécution immédiate des 8 milliards FCfa promis aux victimes des inondations de 2024 dans la Vallée et l’assistance aux sinistrés de cette année.
Sur le plan judiciaire et des droits, le FDR appelle au rétablissement des 30 000 licenciés dans leurs droits, au respect des accords avec les organisations syndicales, ainsi qu’au strict respect des décisions de justice, notamment celles du Conseil constitutionnel et des condamnations définitives. Le mouvement exige la fin du harcèlement judiciaire contre les opposants, les journalistes et toute voix critique, ainsi que l’arrêt de la politique du « deux poids deux mesures » et le respect de l’égalité de tous devant la loi. Parmi les points forts de leur programme figure également la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que l’annulation des poursuites politiques relatives aux événements survenus entre 2021 et 2024, rappelant que la loi 2024-09 portant amnistie reste en vigueur.
En préparation de cette marche, le FDR organisera par ailleurs une série de réunions d’information ouvertes à la population, du 23 au 28 octobre, dans les principales localités de la région de Dakar, notamment Rufisque, Guédiawaye, Keur Massar, Dakar et Pikine. Ces rencontres visent à mobiliser et informer les citoyens sur les objectifs et modalités de la marche, tout en renforçant l’engagement des structures décentralisées du mouvement.
Dette cachée : Me Aïssata Tall Sall promet une bataille judiciaire jusqu’au bout
L’affaire de la supposée « dette cachée » continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Lors de la conférence de presse organisée par le pool d’avocats de l’ancien président Macky Sall ce jeudi 23 octobre 2025, Me Aïssata Tall Sall a tenu un discours sans concession, affirmant que la défense ira « jusqu’au bout » pour faire la lumière sur cette affaire et contester les accusations portées par le gouvernement.
Selon Me Tall Sall, les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, en septembre 2024, affirmant l’existence d’une dette cachée, n’étaient pas fondées sur des preuves tangibles. « Le Premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas ce qu’est cette dette cachée, ni comment elle a été cachée, encore moins en quoi elle consiste », a-t-elle dénoncé. Pour elle, il est inacceptable de lancer de telles accusations sans apporter les documents ou éléments permettant de les étayer.
L’avocate a également souligné les difficultés rencontrées par la défense pour accéder aux documents essentiels dans cette affaire, notamment le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), le pré-rapport de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Mazars. Toutes les démarches entreprises pour obtenir ces documents sont restées sans réponse, ce qu’elle qualifie de violation flagrante de la loi sur l’accès à l’information. « La Cour des comptes et le ministère des Finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’ont-ils à cacher dans ce rapport ? », s’est interrogée Me Tall Sall.
L’avocate a également tenu à rappeler la présomption d’innocence de l’ancien président. « Macky Sall n’a rien à se reprocher dans cette affaire, sinon il n’aurait pas commis d’avocats », a-t-elle insisté, avant de promettre que la défense poursuivra toutes les voies légales pour obtenir les documents et clarifier la situation. Elle a affirmé que la stratégie du pool d’avocats repose sur une démarche graduée et déterminée : « On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est facile d’accuser les gens. »
Me Tall Sall a également évoqué les répercussions internationales de cette polémique, soulignant l’impact négatif sur l’image du Sénégal. Elle a rappelé que le pays reste au centre des discussions à l’international, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale, et que ces accusations non étayées ont terni la réputation du pays. « Dans les couloirs du FMI, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le FMI », a-t-elle déploré.
Cette intervention de Me Aïssata Tall Sall confirme la détermination du pool d’avocats à obtenir la transparence et à défendre Macky Sall dans ce dossier, tout en mettant en lumière les questions sur la disponibilité et la diffusion des rapports officiels qui alimentent le débat sur la « dette cachée » au Sénégal.
Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État
La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.
Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.
Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.
Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.
L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.
Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.
Le chroniqueur « Sa Wolof » convoqué à la Brigade de recherches pour « injures » contre un islamologue et la confrérie tidjane
L’affaire suscite un vif émoi dans les milieux religieux et médiatiques. Abdoulaye Cissé, plus connu sous le nom de « Sa Wolof », est convoqué ce jeudi à la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe à Dakar. Cette convocation intervient à la suite d’une plainte déposée pour « injures » et « atteinte à la dignité » visant ses propos tenus à l’encontre de l’islamologue Dr Pape Matar Kébé et, plus largement, de la confrérie tidjane.
Tout est parti d’une intervention du chroniqueur le 3 octobre dernier, lors d’une émission diffusée sur une chaîne web sénégalaise, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés offensants envers le Dr Kébé. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague d’indignation au sein de la communauté tidjane. Même si le principal concerné, Dr Pape Matar Kébé, a publiquement accordé son pardon à « Sa Wolof », la procédure judiciaire a, elle, suivi son cours.
Le 7 octobre, les disciples de la Hadara Malickiya ont déposé une plainte auprès du parquet, dénonçant une « atteinte grave à l’honneur et à la dignité » non seulement du Dr Kébé, mais aussi de l’ensemble des fidèles tidjanes. Selon les plaignants, les propos du chroniqueur ont dépassé le cadre d’une simple polémique médiatique pour toucher des symboles spirituels profonds. Ils estiment que certaines de ses déclarations manquaient de respect envers la mémoire du vénéré Cheikh Seydi Hadji Malick Sy, figure fondatrice et emblématique de la confrérie.
Le journal L’Observateur, qui rapporte les faits, indique que la plainte s’appuie notamment sur des extraits vidéo considérés comme offensants, et que les disciples demandent à la justice d’agir afin de « préserver la cohésion sociale ». Dans leur courrier adressé au procureur, ils insistent sur la sensibilité du fait religieux au Sénégal, estimant que de tels propos risquent d’alimenter des tensions dans un pays où la tolérance et le respect entre confréries ont toujours été des valeurs cardinales.
Face à cette situation, la Brigade de recherches a convoqué le chroniqueur pour audition. Cette étape marque le début de l’enquête judiciaire ouverte à la suite de la plainte. « Sa Wolof » devra s’expliquer sur le contenu de ses propos et sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tenus.
Ce n’est pas la première fois que des chroniqueurs ou influenceurs se retrouvent dans le collimateur de la justice pour des propos jugés offensants à l’endroit de figures religieuses. Ces dernières années, la multiplication des débats en ligne, souvent virulents, a conduit les autorités à rappeler l’importance du respect des croyances et des symboles religieux dans l’espace public.
En attendant les suites de son audition, cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, entre critique légitime et atteinte au sacré. Elle interroge aussi sur la responsabilité des chroniqueurs et animateurs des médias en ligne, dont la parole touche désormais un public de plus en plus large et sensible aux questions spirituelles.
Le Sénégal et le FMI en discussions avancées pour un nouveau programme économique
Le Sénégal poursuit ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique visant à renforcer la stabilité macroéconomique, à assurer la soutenabilité de la dette publique et à soutenir la relance post-crise. Ce jeudi 23 octobre 2025, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu à Dakar une délégation du FMI conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal.
La rencontre, tenue dans un climat jugé constructif, a permis d’aborder plusieurs sujets cruciaux, notamment les contours du futur partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, le cadre macroéconomique actuel du pays, ainsi que les perspectives de croissance à moyen terme. Selon les informations communiquées à l’issue de la réunion, les deux parties s’accordent sur la nécessité d’un programme plus adapté aux priorités économiques nationales, axé sur la bonne gouvernance financière et l’efficacité des dépenses publiques.
Le ministre Abdourahmane Sarr a profité de cette occasion pour réaffirmer la solidité et la soutenabilité de la dette publique du Sénégal. Il a tenu à rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements, précisant que les paramètres économiques et financiers restent sous contrôle. Il a rappelé que la politique budgétaire engagée depuis avril 2024, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a permis d’amorcer une stabilisation durable des finances publiques. Ces efforts se traduisent notamment par une réduction progressive du déficit budgétaire, une meilleure mobilisation des recettes internes et une rationalisation des dépenses.
Dans son exposé, le ministre a également mis en avant les perspectives économiques positives soutenues par le Plan de redressement économique et social (PRES), un programme de relance lancé pour dynamiser le secteur privé, moderniser l’administration et promouvoir l’investissement productif. Le PRES, selon Abdourahmane Sarr, constitue aujourd’hui la boussole de la politique économique nationale. Il permet de redonner confiance aux investisseurs, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et de renforcer la souveraineté économique du pays.
Les discussions avec le FMI ont également porté sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique, un point essentiel selon le ministre, qui estime qu’il ne suffit plus d’investir massivement, mais qu’il faut désormais investir mieux. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une meilleure planification, d’un suivi rigoureux et d’une évaluation systématique des projets publics, afin de maximiser leur impact sur la croissance, l’emploi et la réduction des inégalités sociales.
Concernant la gestion de la dette, le ministre Abdourahmane Sarr a rappelé la stratégie d’endettement à moyen terme adoptée par le gouvernement, qui met l’accent sur les emprunts en monnaie locale. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux devises étrangères et à protéger l’économie nationale des variations du marché international. Il a également salué le rôle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le cadre institutionnel et financier permet au Sénégal de bénéficier d’un accès régulier et sécurisé au marché régional pour le refinancement de sa dette.
Au terme des échanges, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement sénégalais de finaliser rapidement un nouvel accord avec le FMI. Il a assuré que le Sénégal honore tous ses engagements financiers et qu’il entend renforcer la confiance de ses partenaires techniques et financiers, après une période d’incertitude liée au débat sur la dette publique et la gestion budgétaire du précédent régime.
Ce futur programme, dont les discussions techniques se poursuivent, devrait permettre de consolider les acquis économiques et de soutenir les priorités du gouvernement, notamment la souveraineté alimentaire, la réforme du système fiscal, la promotion de l’emploi des jeunes et la réduction de la pauvreté.
Une mission officielle du FMI est attendue à Dakar en décembre 2025 pour approfondir les négociations et évaluer les conditions d’un nouvel accord de financement. Si les conclusions sont favorables, le Sénégal pourrait bénéficier dès le premier trimestre 2026 d’un appui financier destiné à renforcer ses réserves, soutenir ses réformes structurelles et assurer la continuité de ses programmes de développement.
Absence de Premier ministre au Conseil des ministres : une nouvelle tension entre Diomaye et Sonko ?
Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 22 octobre 2025 a intrigué plus d’un observateur : aucune communication du Premier ministre Ousmane Sonko n’y est mentionnée. Ce détail, qui pourrait passer inaperçu dans un autre contexte, a cette fois-ci attiré l’attention, tant les relations entre le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre semblent, selon plusieurs sources, traverser une période de crispation.
Selon des informations relayées par PressAfrik, une source gouvernementale a confirmé que le Premier ministre n’a pas pris part au Conseil des ministres tenu ce mercredi au Palais de la République. Cette absence, dans une instance considérée comme le cœur du fonctionnement gouvernemental, soulève des interrogations sur la nature des rapports actuels entre les deux hommes, jadis alliés indissociables du projet politique issu de Pastef.
L’absence d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte déjà chargé en signes de tension. Ces dernières semaines, plusieurs observateurs ont noté un froid apparent entre le président et son chef de gouvernement. Si certains y voient un simple désaccord stratégique ou un incident passager, d’autres évoquent une divergence plus profonde dans la gestion du pouvoir et l’interprétation du projet politique qu’ils portent ensemble.
Le silence officiel des deux parties entretient d’ailleurs le mystère. Aucun communiqué de la Primature ni du Palais n’est venu expliquer l’absence du Premier ministre à cette réunion hebdomadaire, où sont discutées les grandes orientations de la politique nationale.
Un autre fait, survenu quelques jours plus tôt, semble conforter la thèse d’un malaise latent. Le vendredi 17 octobre, lors d’un déplacement officiel du président Diomaye Faye, ce dernier était accompagné de son Directeur de cabinet, Mary Teuw Niane, et non du Premier ministre. Une situation inhabituelle, relevée par le journaliste Adama Gaye, qui y a vu une entorse au protocole habituel : « Le Premier ministre est souvent celui qui accompagne le Chef de l’État ou, à défaut, lui souhaite bon voyage au pied de l’avion », a-t-il rappelé dans une publication sur Facebook.
Cette scène, anodine en apparence, a été perçue par certains comme le symbole d’une mise à l’écart progressive du Premier ministre dans certaines activités présidentielles.
Malgré ces signes de distanciation, plusieurs analystes estiment que le duo Diomaye–Sonko reste encore fonctionnel sur l’essentiel. Leur projet commun de refondation de l’État, basé sur la rupture, la transparence et la souveraineté, continue d’être décliné à travers les politiques publiques, notamment dans les secteurs de la justice, de la fiscalité et de la gouvernance économique.
Cependant, il n’est un secret pour personne que la cohabitation au sommet de l’exécutif n’est pas exempte de frictions. Ousmane Sonko, chef de parti et figure politique charismatique, conserve une forte base militante et une liberté de ton parfois dérangeante pour les équilibres institutionnels. De son côté, Bassirou Diomaye Faye, en sa qualité de président, entend affirmer son autorité et garantir la cohérence de l’action gouvernementale.
Si l’absence du Premier ministre à un Conseil des ministres peut s’expliquer par un empêchement personnel ou une divergence ponctuelle, elle prend une dimension politique symbolique dans le contexte actuel. Certains observateurs redoutent qu’elle ne traduise un réajustement silencieux des équilibres au sein du pouvoir exécutif.
Carte d’égalité des chances : le Sénégal vise 50 % d’enrôlement des personnes handicapées d’ici 2027
Le gouvernement sénégalais entend franchir un cap décisif dans la politique d’inclusion sociale et numérique des personnes vivant avec un handicap. À travers le Projet d’accélération de l’économie numérique du Sénégal (PAENS), l’État ambitionne de permettre à 50 % des personnes handicapées d’obtenir la carte d’égalité des chances d’ici à 2027. Cette annonce a été faite par Mamadou Lamine Faty, directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, lors d’un atelier de formation sur les outils du recensement spécial organisé cette semaine à Dakar.
Selon M. Faty, cet objectif constitue l’un des indicateurs majeurs du PAENS, un programme structurant du gouvernement visant à réduire la fracture numérique et sociale dans le pays. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives présidentielles appelant à une refonte de la stratégie nationale du handicap, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques de cette frange vulnérable de la population.
Les données issues du dernier recensement général font état de 1 210 726 personnes handicapées au Sénégal, soit environ 7,3 % de la population nationale. Pour M. Faty, ces statistiques mettent en évidence l’ampleur du défi : « On ne peut pas mener une politique efficace sans disposer de données fiables et pertinentes », a-t-il déclaré. C’est dans cette optique que le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a lancé une étude nationale visant à redéfinir les priorités de la stratégie d’inclusion et à adapter les interventions sociales aux réalités du terrain.
Depuis le lancement de la carte d’égalité des chances, 100 021 cartes ont été délivrées à ce jour, soit environ 9 % des personnes éligibles. Ce document, rappelons-le, permet à ses titulaires d’accéder à une série d’avantages tels que la gratuité de certains soins médicaux, l’accès facilité à l’emploi public et privé, ou encore des appuis financiers et logistiques. Pour atteindre l’objectif fixé d’ici 2027, le ministère devra encore enrôler plus de 605 000 bénéficiaires supplémentaires.
Le recensement spécial prévu dans les mois à venir, avec l’appui de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), sera déterminant pour identifier les bénéficiaires et accélérer la délivrance des cartes. Ce travail de terrain permettra également de mieux géolocaliser les populations handicapées, d’évaluer leurs besoins spécifiques et de faciliter la mise en œuvre des programmes d’accompagnement.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’action sociale et de numérisation des services publics, conformément à la vision du président Bassirou Diomaye Faye, axée sur l’équité et la participation inclusive. Le gouvernement souhaite, à travers cette démarche, faire de la carte d’égalité des chances un outil central de justice sociale, garantissant à chaque citoyen, quelle que soit sa condition, un accès équitable aux droits et aux opportunités.
Extorsion de fonds : le rappeur « 10 000 Problèmes » et l’influenceur Lamine Kangam condamnés à la prison ferme
L’affaire qui a secoué les réseaux sociaux sénégalais ces dernières semaines vient de connaître son épilogue judiciaire. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a rendu, hier mercredi, son verdict dans le dossier opposant le marabout Serigne Abdoulaye Faye au rappeur Mohamed Fall, alias « 10 000 Problèmes », et à l’influenceur Lamine Kangam. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’extorsion de fonds à la suite d’une vaste campagne de diffamation orchestrée en ligne contre le religieux.
Selon les faits établis à l’audience, tout a commencé par la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos virulentes et diffamatoires accusant le marabout d’homosexualité et de comportements indécents avec de jeunes garçons, qu’il aurait prétendument promis d’« enrichir ». Ces publications, devenues virales en quelques heures, ont gravement entaché la réputation de Serigne Abdoulaye Faye et provoqué une vague d’indignation sur internet.
Mais l’enquête menée par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar a rapidement révélé une tout autre réalité. Derrière cette campagne se cachait, selon les enquêteurs, un stratagème d’extorsion bien orchestré. Après la diffusion des vidéos, les deux accusés ont contacté le marabout pour lui proposer de retirer les publications compromettantes contre paiement. Craignant pour son image et sa crédibilité au sein de sa communauté, la victime a finalement cédé à la pression, versant la somme de 1 300 000 F CFA aux deux hommes.
Cependant, malgré ce paiement, les vidéos n’ont jamais été supprimées, aggravant le préjudice subi par le marabout. Le parquet a alors ouvert des poursuites pour extorsion de fonds, diffamation et atteinte à l’honneur d’autrui par voie électronique. À la barre, les deux prévenus ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’il ne s’agissait que de « simples manœuvres » pour soutirer de l’argent, sans réelle volonté de nuire à leur victime. Des explications que le tribunal a jugées peu crédibles, soulignant la gravité des faits et le caractère destructeur de leurs actes sur la réputation et la dignité du plaignant.
Au terme du procès, le tribunal a condamné Lamine Kangam à deux ans de prison, dont six mois ferme, et Mohamed Fall, alias “10 000 Problèmes”, à un an de prison, dont trois mois ferme. Les deux hommes devront également rembourser intégralement les 1,3 million de francs CFA versés par Serigne Abdoulaye Faye.
Cette affaire, largement médiatisée, met une nouvelle fois en lumière les dérives des réseaux sociaux au Sénégal, où la recherche du buzz et de la notoriété conduit souvent à des dérapages graves. En condamnant les deux influenceurs, la justice sénégalaise entend ainsi envoyer un signal fort contre la cybercriminalité et la diffamation en ligne, rappelant que la liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la destruction de réputations ou à l’enrichissement illégal.
Affaire de la « dette cachée » : Mamadou Lamine Diallo somme Macky Sall de publier le décret sur le PDIES
L’affaire dite de la « dette cachée » continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal. Après la contre-offensive lancée par l’ancien président Macky Sall, qui réclame la publication intégrale du rapport de la Cour des comptes, plusieurs voix s’élèvent pour exiger davantage de clarté sur la gestion financière de son régime. Parmi elles, celle du député Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, qui interpelle directement l’ex-Chef de l’État sur un document clé : le décret 2017-74 du 12 janvier 2017, relatif au Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires du Sénégal (PDIES).
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’économiste et parlementaire a invité Macky Sall à faire preuve de transparence en rendant public ce décret présidentiel, qu’il considère comme un élément central pour comprendre l’origine et la nature des engagements financiers non déclarés de l’ancien régime. « Plutôt que de réclamer les rapports de la Cour des comptes, il serait plus utile qu’il publie le décret PDIES afin que les Sénégalais sachent comment ont été gérées certaines dépenses », a-t-il martelé.
Pour Mamadou Lamine Diallo, la divulgation de ce texte permettrait de « faire la lumière sur les liens entre les comptes de dépôt intitulés « Cap/Gouvernement » et le PDIES, à l’origine de dettes estimées à 167 milliards de francs CFA qui n’ont jamais été présentées à l’Assemblée nationale ». Le député dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « montage budgétaire opaque », qui aurait permis d’engager des dépenses importantes en dehors des circuits officiels du contrôle parlementaire.
L’affaire du PDIES, souvent évoquée dans les rapports d’audit internes et certaines notes du ministère des Finances, concerne un mécanisme de financement parallèle créé en 2017, officiellement pour soutenir des programmes stratégiques liés à la sécurité et à la souveraineté économique. Mais selon plusieurs observateurs, ce dispositif aurait servi à couvrir des opérations financières non justifiées, alimentant ce que certains appellent désormais la « dette cachée » du Sénégal.
Le président du mouvement Tekki, connu pour son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance économique, estime qu’il est temps de rompre avec la culture du secret budgétaire. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’utilisation de leurs ressources. Macky Sall doit des explications au peuple », a-t-il insisté, avant d’appeler la Cour des comptes et le ministère des Finances à jouer pleinement leur rôle dans la transparence et la reddition des comptes.
Cette interpellation intervient alors que la nouvelle administration a engagé une revue approfondie de la dette publique, notamment celle contractée entre 2012 et 2023, afin d’en identifier les contours, les bénéficiaires et les impacts sur les finances nationales. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a d’ailleurs affirmé sa volonté d’assainir les pratiques budgétaires héritées du passé et de publier les résultats des audits en cours.
En attendant, l’ancien chef de l’État n’a pas encore réagi publiquement à cette demande de Mamadou Lamine Diallo, qui fait désormais de la publication du décret PDIES une condition préalable à toute clarification sur la gestion de la « dette cachée ». Une affaire appelée à rebondir, tant les enjeux financiers et politiques qu’elle soulève semblent considérables.
Lutte contre le cancer : une subvention annuelle de 300 millions FCFA pour renforcer la prise en charge et alléger les coûts des traitements
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le cancer. Le Directeur général de la Santé, Ousmane Cissé, a annoncé une importante mesure de soutien financier destinée à améliorer la prise en charge des malades et à renforcer les capacités des structures hospitalières spécialisées. Désormais, une subvention annuelle de 300 millions de FCFA sera allouée aux hôpitaux pratiquant la radiothérapie, un traitement essentiel pour de nombreux patients atteints de cancer.
Cette initiative vise à réduire considérablement les coûts liés aux soins, particulièrement ceux du kit de radiothérapie, dont le prix passera de 700 000 FCFA à 150 000 FCFA, rendant ainsi le traitement plus accessible à une large frange de la population. Le ministère de la Santé souhaite, à travers cette mesure, lever les obstacles financiers qui freinent souvent la continuité des soins et aggravent la situation des patients issus de milieux modestes.
En parallèle, le gouvernement a pris une décision majeure pour deux types de cancer particulièrement fréquents au Sénégal. La chimiothérapie est désormais gratuite pour les cancers du sein et du col de l’utérus, deux pathologies qui représentent un défi de santé publique. Pour les autres formes de cancer, les traitements sont subventionnés entre 40 et 60 %, une avancée significative dans la politique d’équité sanitaire. Par ailleurs, la morphine, médicament essentiel pour soulager les douleurs liées à la maladie, est désormais disponible gratuitement dans les structures hospitalières publiques.
Le Directeur général de la Santé a également annoncé la création d’un Centre d’Oncologie multidisciplinaire à Diamniadio, une infrastructure moderne qui regroupera sur un même site les services de Chirurgie, Chimiothérapie et Radiothérapie. Ce centre, conçu pour offrir une prise en charge intégrée et coordonnée des malades, s’inscrit pleinement dans la vision du président Bassirou Diomaye Faye, qui met l’accent sur la prévention sanitaire, la décentralisation des soins et la modernisation du plateau médical national.
Dans cette dynamique, le ministère prévoit aussi l’extension des services de radiothérapie vers les zones centre et nord du pays, afin d’éviter les déplacements coûteux et éprouvants des patients vers Dakar. Cette décentralisation des soins spécialisés permettra une couverture médicale plus équilibrée sur le territoire national et contribuera à réduire les délais de traitement.
De son côté, le professeur Demba Diédhiou, Directeur de l’hôpital Abass Ndao, a informé de la réhabilitation en cours de plusieurs services hospitaliers, notamment la maternité, dans le but de renforcer la capacité d’accueil et d’améliorer la prise en charge des urgences sanitaires. Ces travaux devraient être achevés d’ici 2026, marquant une étape importante dans la modernisation de l’un des plus anciens établissements hospitaliers du pays.
Cette série de mesures traduit une volonté politique claire : placer la lutte contre le cancer parmi les priorités nationales de santé publique. En rendant les traitements plus accessibles et en renforçant les infrastructures médicales, les autorités sénégalaises entendent offrir aux patients une meilleure qualité de soins et une réelle chance de guérison, tout en consolidant le système sanitaire dans son ensemble.
Fièvre de la Vallée du Rift : deux cas confirmés à Daara, dont un décès
Une alerte sanitaire est en cours à Daara, dans le nord-ouest du Sénégal, où deux cas de fièvre de la Vallée du Rift ont été confirmés par les autorités sanitaires, dont un décès enregistré. L’annonce a été faite ce jeudi par le docteur Abdou Ndiaye, médecin-chef du district sanitaire de Daara, confirmant la présence active de la maladie depuis une semaine dans la localité.
Selon Dr Ndiaye, la maladie touche principalement les éleveurs, considérés comme la population la plus exposée. « Comme vous l’avez vu dans le communiqué du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le district de Daara, en épidémie depuis une semaine, a enregistré son deuxième cas de fièvre de la Vallée du Rift, et malheureusement, ce dernier est décédé. D’après nos constats, tous nos cas concernent des éleveurs, ce qui montre qu’ils sont les plus exposés, car ils sont constamment en contact avec les animaux », a-t-il déclaré au micro du Groupe Futur Média (TFM).
La fièvre de la Vallée du Rift, une maladie virale transmise à l’homme par la piqûre de moustiques infectés ou par le contact avec le sang et les organes d’animaux contaminés, représente une menace à la fois pour la santé publique et pour le cheptel. Elle provoque des fièvres aiguës, des saignements et, dans certains cas, la mort, comme cela a été observé à Daara.
Face à cette situation, le district sanitaire a renforcé ses actions de riposte. « Il faut impliquer la sous-brigade des jeunes, les vétérinaires et les collectivités territoriales pour soigner les animaux malades ou présentant des symptômes », a plaidé Dr Ndiaye, insistant sur la dimension communautaire et intersectorielle de la lutte. Les autorités locales misent sur une approche coordonnée entre la santé humaine, animale et environnementale, conformément à la stratégie “Une seule santé”.
Des équipes mobiles de sensibilisation sillonnent déjà les marchés à bétail et les zones d’élevage pour informer les populations sur les gestes de prévention. Des moustiquaires imprégnées ont été distribuées aux ménages, notamment aux éleveurs, afin de réduire les risques de transmission. « Lorsque le moustique pique un animal ou une personne infectée, il peut transmettre la maladie. C’est pourquoi nous insistons sur la prévention, la communication et la sensibilisation », a ajouté le médecin-chef.
Le docteur Ndiaye a tenu à rassurer les populations : la fièvre de la Vallée du Rift ne se transmet pas d’homme à homme. Cela signifie que la maîtrise de la propagation reste possible si les mesures de protection et d’hygiène sont scrupuleusement respectées. Les autorités sanitaires appellent donc à la vigilance et à la collaboration de tous les acteurs locaux pour endiguer la progression de cette maladie, qui menace non seulement la santé humaine, mais aussi l’économie pastorale de la région.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°590 – 23/10/2025
Guem Sa Bopp, Papa Djibril Fall et Mbaye Dione unis pour la vérité sur les 8 milliards de Bakel et contre la taxe de 1 % sur les paiements en espèces
Le mouvement Guem Sa Bopp, dirigé par Bougane Guèye Dany, intensifie son offensive politique et citoyenne face à deux sujets brûlants qui agitent l’actualité nationale : l’affaire des 8 milliards de francs CFA destinés aux sinistrés de Bakel et la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces. À travers un communiqué rendu public ce mercredi 22 octobre 2025, le mouvement annonce une série d’initiatives politiques, judiciaires et citoyennes pour exiger la transparence et défendre le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Au cœur de cette mobilisation, des rencontres de haut niveau ont eu lieu à Dakar entre une délégation du mouvement conduite par Moussa Niang, Délégué national à la vie politique, et plusieurs acteurs de l’opposition parlementaire. Le mardi 21 octobre, la délégation a échangé avec le député Papa Djibril Fall, membre de la coalition Sam Sa Kaddu, avant de rencontrer le lendemain le député Mbaye Dione, figure respectée de l’opposition. Ces discussions ont principalement porté sur la gestion controversée des 8 milliards de francs CFA alloués aux populations en détresse du département de Bakel et des zones affectées par le débordement du fleuve Sénégal.
Selon Guem Sa Bopp, ce dossier illustre parfaitement les dérives d’une administration publique minée par la mauvaise gouvernance, le favoritisme et les suspicions de détournement de fonds destinés aux victimes. Le mouvement rappelle qu’une plainte a été déposée devant le Pôle judiciaire et financier, marquant une étape importante dans la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité. Pour Bougane Guèye Dany et ses collaborateurs, il ne s’agit pas d’un combat politique, mais d’un devoir républicain et moral, visant à protéger les deniers publics et à défendre les intérêts des populations marginalisées.
Dans cette dynamique, Guem Sa Bopp, soutenu par les députés Papa Djibril Fall et Mbaye Dione, réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire. Cette instance, selon eux, devra faire toute la lumière sur la gestion des fonds, identifier les responsables des malversations et restaurer la confiance, aujourd’hui ébranlée, entre l’État et les citoyens. Le mouvement insiste sur la nécessité d’un contrôle parlementaire rigoureux, seule garantie d’une gouvernance éthique et responsable.
Au-delà de cette affaire, Guem Sa Bopp s’attaque également à la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces dans les grandes surfaces, récemment annoncée par le gouvernement. Dans son communiqué, le mouvement juge cette mesure injuste, illégale et économiquement incohérente, arguant qu’elle constitue une double imposition. En effet, les transactions commerciales sont déjà soumises à la TVA, et cette nouvelle taxe revient à pénaliser deux fois le consommateur.
« Une taxe sur une taxe, c’est une double peine pour le peuple », dénonce le communiqué, qui fustige une décision « déconnectée de la réalité sociale » et « motivée par la seule volonté de renflouer les caisses de l’État ». Pour le mouvement, cette politique fiscale renforce la précarité des ménages sénégalais, déjà accablés par la flambée des prix des denrées de première nécessité et la stagnation des revenus.
Face à ce qu’il qualifie d’injustice fiscale, Guem Sa Bopp prévoit une riposte multiforme. Le mouvement entend engager des concertations avec les organisations de consommateurs, saisir les plateformes citoyennes comme Nio Lank et Rappel à l’Ordre, et constituer un collectif d’avocats chargé de déposer dès le jeudi 23 octobre un recours devant la Cour suprême. Cette action en justice vise à faire annuler une taxe jugée anticonstitutionnelle, contraire aux principes fondamentaux de la fiscalité et aux droits économiques des citoyens.
Dans un ton ferme et résolument combatif, Guem Sa Bopp prévient que toute mesure qui pèse injustement sur le citoyen fera face à la mobilisation et à l’action judiciaire. Le mouvement se positionne ainsi comme un contre-pouvoir vigilant, déterminé à défendre la justice sociale et la bonne gouvernance.
« Le peuple n’est pas une vache à lait », conclut le communiqué, avant de rappeler que la rupture ne doit pas être un simple slogan politique, mais une exigence morale et républicaine. À travers ces initiatives, Guem Sa Bopp confirme sa volonté d’incarner une opposition crédible et constructive, au service de la vérité, de la transparence et du bien-être des Sénégalais.
Communiqué du conseil des ministres du mercredi 22 octobre
Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 22 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et célébration de la journée des tirailleurs sénégalais
Le Président de la République a informé le Conseil avoir reçu, le jeudi 16 octobre 2025, le livre blanc sur le Massacre des Tirailleurs sénégalais à Thiaroye, le 1er décembre 1944. Il adresse ses félicitations au Premier Ministre qui a supervisé ce travail de mémoire et de vérité, d’une portée symbolique et historique exceptionnelle. Il rend également un vibrant hommage au Professeur Mamadou DIOUF qui a coordonné les travaux du Comité de commémoration ayant enregistré la contribution d’éminents historiens ainsi qu’à son équipe.
Rappelant que la restauration de la mémoire des résistants et héros africains demeure un axe majeur du Projet panafricain du Sénégal, le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude à son homologue du Kenya, Son Excellence Monsieur William RUTO, à la suite de sa participation, en qualité d’invité d’honneur, aux célébrations officielles de la Journée des Héros de son pays, le 20 octobre 2025. Poursuivant sa communication, le Président de la République demande au Gouvernement d’exploiter les constats, enseignements, conclusions et recommandations du livre blanc sur le Massacre de Thiaroye et de prendre toutes les dispositions pour l’implantation, dans les meilleurs délais, du Centre spécial de documentation au sein du Cimetière de Thiaroye. Il invite, enfin, le Premier Ministre à coordonner l’organisation et le déroulement des activités indiquées dans le cadre de la commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye, prévue le 1er décembre 2025.
Déroulement de la session budgétaire et gestion préventive des urgences économiques et sociales
Rappelant le dépôt du projet de Loi de Finances de l’année 2026 à l’Assemblée nationale, le 15 octobre 2025, jour de l’ouverture de la session ordinaire unique du Parlement, le Président de la République félicite le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget et l’ensemble des membres du Gouvernement pour le travail effectué, en vue de bâtir un budget pour la Nation conforme aux orientations du Plan de Redressement en cours d’exécution et de l’Agenda national de Transformation porté par la Vision Sénégal 2050.
Dans ce cadre, le Président de la République, après avoir fait observer que la session budgétaire est un moment fort de dialogue démocratique, de vérité et de transparence, demande aux membres du Gouvernement de prendre toutes les dispositions requises, afin de présenter devant la Représentation nationale, au mieux et en vue d’asseoir la performance de la gestion sectorielle, les politiques, programmes, projets et actions pour accélérer : (i) la relance de l’investissement productif et l’emploi ; (ii) le développement du secteur privé ; (iii) l’amélioration du bien-être des populations sur l’étendue du territoire national.
Par ailleurs, le Président de la République indique au Premier Ministre, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget l’urgence de procéder à l’évaluation des mesures et impacts du Plan de redressement économique et social (PRES) et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Développement (SND). Dans l’exécution du PRES, il invite le Premier Ministre à veiller à : (i) la maitrise des prix des denrées alimentaires et services de consommation courante et la préservation du pouvoir d’achat des ménages ; (ii) la justice sociale et la protection des groupes vulnérables.
Amélioration concertée de l’aménagement urbain et du cadre de vie des populations
Le Président de la République souligne que la gestion inclusive et responsable du cadre de vie des populations demeure un élément fondamental de la modernisation des villes et communes. Il instruit le Gouvernement, à cet égard, de prendre toutes les dispositions et mesures afin de favoriser le développement d’un urbanisme commercial maitrisé, qui préserve les espaces aménagés, la sécurité et la salubrité publiques ainsi que le cadre de vie des populations. En outre, le Président de la République rappelle son attachement à l’accélération de la mise en œuvre du programme de modernisation des marchés et espaces commerciaux.
Le Chef de l’Etat demande, par ailleurs, au Ministre en charge de l’Environnement et de la Transition écologique, au Ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, et au Ministre de l’Assainissement de travailler à l’amélioration continue et durable du système de gestion des déchets solides et liquides, à travers des concertations soutenues et des cadres opérationnels d’intervention entre les sociétés, services, projets et acteurs.
Enfin, le Chef de l’Etat souligne l’importance d’un aménagement paysager adéquat des villes et communes qui doivent davantage faire de la propreté, de la modernisation des espaces publics et de la qualité du cadre de vie, des priorités dans leurs programmes urbains de transformation.
Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats
Le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude et ses félicitations à son homologue rwandais, Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, pour l’accueil exceptionnel et le succès notable de sa visite d’Etat et de travail du 17 au 19 octobre 2025, tournant majeur dans les relations d’amitié et de coopération entre le Sénégal et le Rwanda. Il a, en outre, exprimé sa reconnaissance à son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO, pour la parfaite réussite de sa visite officielle au Kenya du 19 au 21 octobre 2025.
Pour clore sa communication, le Président de la République annonce qu’il présidera, le jeudi 23 octobre 2025, la première réunion du Conseil supérieur d’Orientation Agrosylvopastoral.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
– Monsieur le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a présenté une communication sur l’accélération de l’inclusion numérique au Sénégal.
– Monsieur le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.
– Monsieur le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur les vérifications administratives et financières des collectivités territoriales.
AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité national de Coordination de la Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive;
– le projet de décret relatif au contrôle et à la supervision des personnes assujetties du secteur non financier en matière de Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP) ;
– le projet de décret fixant les redevances issues de la régulation du secteur pharmaceutique et leurs modalités de perception.
AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE :
• Monsieur Djibril NDOYE, Auditeur interne, titulaire d’un Master en Direction Financière-Contrôle de Gestion-Audit interne, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Justice, en remplacement de Monsieur Aliou NDIAYE.
AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE :
• Madame Djireye Clotilde COLY, Expert-comptable, est nommée Directeur de l’Emploi au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Babacar SY.
• Madame Khady MBODJ, Psychologue conseiller, matricule de solde n° 725 803/A, est nommée Directeur de l’Orientation professionnelle au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant.
AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
• Monsieur Massamba NDIAYE, Ingénieur en Développement Economique local, est nommé Directeur général de l’Association Sénégalaise de Normalisation au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Abdourahmane NDIONE, appelé à d’autres fonctions.
AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE :
• Monsieur Amadoune DIOP, Administrateur civil, matricule de solde n° 606 107/D, précédemment Préfet du Département de Gossas, est nommé Préfet du Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mactar DIOP, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
• Monsieur Georges Samba FAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 161/K, précédemment Adjoint au Gouverneur de la Région de Thiès chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Amadoune DIOP, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kolda, est nommé Adjoint au Prefet du Département de Thiès, poste vacant.
• Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, Instituteur, matricule de solde n° 600 304/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, en remplacement de Monsieur Baba WILLANE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 470/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bignona, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Modou SAMB, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Modou SAMB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 217/E, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Ziguinchor, poste vacant.
• Monsieur Ibrahima POUYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 731 835/F, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bignona, en remplacement de Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Babacar DIOUF, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 192/M, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Salémata, poste vacant.
• Monsieur Mamadou Farba SY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 449/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Saraya, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbour, poste vacant.
• Monsieur Serigne FALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 210/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dakar, poste vacant.
• Monsieur Landing DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 635 228/Z, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dagana, en remplacement de Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Koumpentoum, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Bou KAMARA, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 239/A précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Pikine, poste vacant.
• Monsieur Boubacar BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 225/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Modou THIAO, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Moussa BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 223/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bambey, en remplacement de Monsieur Mamadou FAYE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Etienne Antoine LOPY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 476/D, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Yeumbeul, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Ousseynou KABA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Ousmane THIOUB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 190/0, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Louga, en remplacement de Monsieur Sékhou SEYDI, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Ciré BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 246/C, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Amadou SOW, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 244/E, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Thierno Hamidou SOW, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Abdoul SOW, Instituteur, matricule de solde n° 622 919/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Gossas, est nommé Adjoint au Préfet du Département d’Oussouye, en remplacement de Monsieur Georges Gabriel DIARRA, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Néné DIOMBANA, Inspectrice de l’Animation et du Développement, matricule de solde n° 619 133/M, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Matam, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Abdoul SOW, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Abiboulaye DIALLO, Instituteur, matricule de solde n° 514 624/L, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissaient de Ouadiour, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Serigne FALL, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Youssoupha SEYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 336/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndindy, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Matam, en remplacement de Madame Néné DIOMBANA, appelée à d’autres fonctions.
• Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 460/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Dagana, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Diendé, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Sébastien SENGHOR, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
• Monsieur Baba WILLANE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 472/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Djirédji, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Moussa SY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
• Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 609 859/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mousseu, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Oumar DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
• Monsieur Ousmane THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 621 196/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Amadou SARR, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 448/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, en remplacement de Monsieur Ousmane THIAO, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Modou THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 601 271/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Amadou SARR, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Khady Basse NDIAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 779/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, Département de Dakar, en remplacement de Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, appelée à d’autres fonctions.
• Monsieur Ababacar DIEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 666 319/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Tafsir Mouhamed THIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 883/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Masse BOUSSO, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Masse BOUSSO, Instituteur, matricule de solde n° 626 748/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement Saré Coly Sallé, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Younousse DIOP, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Mamadou Diallo WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 629 496/L, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Babacar DIOUF, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Ibrahima MBENGUE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Fary NDAO, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Tafsir Oumar SALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 019/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur El Hadji Djibril FALL, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Coliba DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 280/0, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Paoskoto, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Lamine KABA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Moustapha SECK, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 732 308/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Missira Wadène, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Kéba SALL, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Pierre Nestor Noêl COLY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 923/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ciré BA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Adama PAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 826/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Landing DIATTA, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Sébastiana BADJI, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 012/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, Département de Keur Massar, en remplacement de Monsieur Ibrahima POUYE, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Fatou Diaw NIANG, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ibrahima DRAME, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Mané DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 947/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniado, Département de Rufisque, en remplacement de Madame Marième Sylvia KANE, appelée à d’autres fonctions.
• Madame Marième Sylvia KANE, institutrice, matricule de solde n° 676 530/C, précédemment adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniadio, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wack Ngouna, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Ciré DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Cheikh DIAGNE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 905/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niakhar, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Daouda MBOW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 688 521/B, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Mamadou Mansour NIANG, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Mariama DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 996/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Madiéye NDIAYE, appelé à d’autres fonctions
• Monsieur Madièye NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 611 323/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Birahime Fall, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Abdourahmane KEBE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 701 583/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fimela, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Oumar KABA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Mouhamed Malick NGOM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 919/J, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Monsieur Léopold Yangane DIOP, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Adji Mame Diarra Bousso MBAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 945/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Boubacar BA, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur El Hadji Balla CAMAR A, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 651 696/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Pikine Dagoudane, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Hamady TOURE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Amadou Garmy WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 017/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, Département de Tivaoune, en remplacement de Monsieur Cheikh Tidiane SOW, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Cheikh Tidiane SOW, Instituteur, matricule de solde n° 513 210/F, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Vélingara Ferlo, Département de Ranérou Ferlo, poste vacant.
• Madame Soda Mariama CISSE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 877/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Ousmane THIOUB, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Amadou NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 612/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, Département de Fatick, en remplacement de Madame Guéda DOUCOURE, appelée à d’autres fonctions.
• Madame Guéda DOUCOURE, Institutrice, matricule de solde n° 683 357/D, précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Lour Escale, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Mamadou DIENG, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Birahime FALL, Professeur de Collèges d’Enseignement moyen, matricule de solde n° 515 486/H, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, est nommé Adjoint au Sous-préfet de Arrondissement de Pakour, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Cheikh Sarr THIOUNE, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Oumar DIENG, Instituteur, matricule de solde n° 629 978/C, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fongolimbi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Yoro SY, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Hamady NIANG, Instituteur, matricule de solde n° 713 594/I, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, appelé à d’autres fonctions.
Marie Rose Khady Fatou FAYE,
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement
PREMIER FACE-À-FACE : Badara Gadiaga devant le juge le 27 octobre
Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, est convoqué ce lundi 27 octobre 2025 devant le juge du premier cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Inculpé depuis le 14 juillet dernier, il est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant les prérogatives du président de la République.
Il est également visé par les articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier sanctionnant la réception ou l’acceptation de dons destinés à une propagande compromettant la sécurité publique.
L’issue de cette procédure est très attendue dans un contexte où les poursuites visant des journalistes et chroniqueurs relancent le débat sur la protection des libertés publiques au Sénégal.
Paiements en liquide : SEN’EAU applique une taxe de 1 % conformément à la nouvelle loi fiscale
La société SEN’EAU a annoncé ce mardi l’application d’un droit de timbre de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure rendue obligatoire par la loi n°2025 du 27 septembre 2025. Dans un communiqué transmis à la presse, l’entreprise précise que cette disposition, entrée en vigueur depuis le 4 octobre 2025, s’applique à l’ensemble des règlements en liquide réalisés auprès de ses guichets.
« En application de la loi n°2025 du 27 septembre 2025, un droit de timbre de 1 % est à payer en sus sur tous les règlements en espèces, quel qu’en soit le montant », indique SEN’EAU. Cette décision découle de la volonté des autorités fiscales de réduire les transactions en cash et d’encourager l’utilisation de moyens de paiement électroniques, jugés plus sûrs et plus traçables.
Ce nouveau prélèvement concerne uniquement les paiements en espèces. Les clients qui règlent leurs factures par chèque, virement bancaire ou via les plateformes de mobile money ne sont donc pas concernés par cette taxe. SEN’EAU souligne que le montant du droit de timbre sera calculé sur la base du montant total réglé, avant d’être ajouté au paiement dû.
L’entreprise précise qu’elle se conforme strictement aux nouvelles dispositions fiscales adoptées par l’État et assure qu’aucun prélèvement supplémentaire ne sera appliqué en dehors du cadre légal.
Cette mesure, bien qu’elle suscite déjà des interrogations parmi certains usagers, s’inscrit dans une politique plus large de modernisation du système de recouvrement des taxes et de promotion de la digitalisation des paiements au Sénégal.
Pour les consommateurs, cette réforme représente un léger surcoût sur les paiements en liquide, mais elle vise, selon le ministère des Finances, à renforcer la transparence fiscale et à favoriser les transactions électroniques, considérées comme un levier de modernisation de l’économie nationale.
Inclusion financière : plus de 6,8 milliards FCFA injectés dans la microfinance pour dynamiser l’économie sociale au Sénégal
Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a franchi une étape majeure dans la promotion de l’inclusion financière au Sénégal. Mardi, à Dakar, le ministre Alioune Dione a présidé la signature de conventions d’un montant global de 6,826 milliards FCFA avec plusieurs institutions de microfinance partenaires. Cet engagement marque le lancement effectif du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU), un programme stratégique visant à renforcer l’accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables.
Selon le ministre, le PACTIFU « formalise le cadre de collaboration entre le ministère et l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal) », conformément à la stratégie de finance ciblée adoptée en Conseil des ministres du 18 décembre 2024. L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la microfinance un levier central de la lutte contre la pauvreté et de la relance économique inclusive.
Au total, 18 conventions individuelles ont été signées pour un montant de 5,267 milliards FCFA, tandis que six institutions de microfinance ont reçu des chèques symboliques représentant 1,559 milliard FCFA, portant ainsi le total à plus de 6,8 milliards FCFA. Ces financements seront principalement orientés vers les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), notamment dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. L’objectif est clair : encourager la substitution aux importations, stimuler la production locale et favoriser la création d’emplois durables à travers un modèle économique équitable et participatif.
Alioune Dione a exhorté les institutions bénéficiaires à concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et adaptés aux besoins des populations cibles, tout en respectant des normes rigoureuses de gouvernance, de transparence et de performance sociale. Il a également insisté sur l’importance de lier la rentabilité économique à des finalités sociales concrètes, notamment la réduction de la pauvreté et l’autonomisation des femmes et des jeunes, deux priorités de la politique nationale d’inclusion.
En conclusion, le ministre a rappelé que la finance islamique devait jouer un rôle de plus en plus déterminant dans ce dispositif. À travers le développement des coopératives productives solidaires (CPS), ce modèle alternatif constitue, selon lui, « un pilier essentiel du développement national », capable d’offrir des solutions éthiques et durables à la finance traditionnelle.
PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS TOUCHÉS : Les changements climatiques menacent la sécurité alimentaire
Le Sénégal subit de plein fouet les effets du changement climatique et les populations rurales en ressentent les conséquences les plus directes. Selon la première Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité de la population selon le genre (ENREVG), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), plus de 60% des agriculteurs et éleveurs ont enregistré une baisse de rendement en raison des aléas climatiques.
Les femmes sont particulièrement touchées : 62,2% d’entre elles déclarent une diminution de leur production contre 59,5% chez les hommes.
En milieu rural, la situation est encore plus préoccupante puisque 68,2% des producteurs ont vu leurs rendements chuter contre 42,4% en milieu urbain. Les régions de Kolda (81,3%), Sédhiou (79,8%), Kaffrine (74,7%) et Fatick (74,6%) figurent parmi les plus affectées.
Les écarts de genre persistent à travers tout le territoire. À Dakar, par exemple, 40,5% des femmes rapportent une baisse de rendement contre seulement 14% des hommes. Des disparités similaires s’observent dans des zones agricoles clés comme Diourbel (52,3% contre 36%), Kaolack (69,8% contre 57,9%), Kaffrine (74,7% contre 74,6%) et Fatick (74,7% contre
74,6%). En effet, l’accès limité des femmes à la terre, aux intrants et aux équipements agricoles accentue leur vulnérabilité.
D’après les agriculteurs et éleveurs, cette situation est principalement due aux vagues de chaleur récurrentes (81,7%), l’augmentation des températures (66,9%), la diminution des précipitations (59,4%), la dégradation des terres (44%) et la désertification (35,8%).
Parallèlement, la pêche n’est pas épargnée. Près de 40% des pêcheurs ont dû augmenter leur temps de travail pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques et à la dégradation de l’environnement marin. Les pêcheurs des zones urbaines sont davantage affectés (57%) que ceux des zones rurales (12,9%). Cependant dans ce secteur, les hommes restent les plus nombreux à prolonger leurs heures de pêche (47,1% contre 1,6% de femmes).
Cette intensification du travail en mer est surtout liée aux vagues de chaleur récurrentes (88,8%), à la perte de biodiversité aquatique (84%), à l’augmentation des températures (67,6%) et aux épisodes de froid extrême (64,8%).
Les résultats de l’étude mettent également en évidence que sur les dix premiers évènements/phéno-mènes climatiques, les femmes enregistrent des proportions plus élevées que celles des hommes en cas de perte de biodiversité aquatique / raréfaction des espèces (100% contre 83,9%), d’épisodes de froid extrême récurrents (100,0% contre 64,5) et de perte de la biodiversité terrestre et aérienne / raréfaction des espèces (81,6% contre 61,6%).
Entre sécheresses, inondations, érosion côtière et perte de biodiversité, le Sénégal est confronté à une série de crises climatiques qui fragilisent les moyens de subsistance et aggravent les inégalités. Ces bouleversements menacent la sécurité alimentaire et accentuent la précarité, notamment chez les femmes.
Face à ces défis, les résultats de l’enquête de l’ANSD et d’ONU Femmes rappellent l’urgence d’une adaptation inclusive, qui devrait tenir compte du rôle et des besoins spécifiques des femmes dans la résilience climatique. Qu’elles cultivent la terre ou jettent leurs filets en mer, ce sont elles qui, souvent, subissent le plus durement les caprices d’une nature en perpétuelle mutation.
Penda THIAM
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°589 – 22/10/2025
Octobre Rose au Centre Hospitalier Abass Ndao : une mobilisation totale pour la prévention et le dépistage des cancers féminins
Le Centre Hospitalier Abass Ndao (CHAN) s’illustre une nouvelle fois comme un acteur majeur de la santé féminine au Sénégal à l’occasion des Journées d’Octobre Rose 2025, qui se déroulent sur deux jours, du 21 au 22 octobre. La cérémonie officielle, prévue le 22 octobre, se tiendra sous la présidence effective du Directeur Général du CHAN, le Pr Demba Diedhiou, entouré de figures clés du centre hospitalier telles que Pr Halimatou Diop, chef de service de biologie moléculaire, et le Dr Raymond Alipio, chef de service de la maternité. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, maladies qui continuent de représenter un lourd fardeau pour la santé des femmes au Sénégal.
Dès l’ouverture de la campagne, les équipes du CHAN ont mis en place des salles de consultation spécialisées, permettant aux patientes de bénéficier d’un dépistage et d’une prise en charge médicale gratuite et personnalisée. La direction de l’hôpital a effectué une visite de contrôle pour s’assurer de la bonne organisation des activités et de la disponibilité des équipements nécessaires à la prise en charge optimale des patientes. Cette attention particulière reflète l’importance accordée par le CHAN à la qualité et à la rigueur des services offerts.
La mobilisation du personnel est totale, tous les services étant engagés dans un effort collectif pour assurer le dépistage, la sensibilisation et le suivi médical des femmes. Au-delà de la prise en charge clinique, l’accent est mis sur l’éducation et l’information, afin de permettre aux femmes de mieux comprendre l’importance de la prévention, des examens réguliers et d’une détection précoce des cancers féminins. Selon le Pr Demba Diedhiou, « votre santé est notre priorité », rappelant ainsi l’engagement indéfectible du CHAN envers la santé publique et la promotion de la santé féminine.
Cette initiative n’est pas seulement médicale mais également sociale. Elle constitue une plateforme de sensibilisation pour l’ensemble de la communauté, invitant les familles et le grand public à participer activement à la lutte contre les cancers féminins. Les autorités sanitaires espèrent ainsi renforcer la conscience collective sur l’importance de la prévention et de l’accès à des services de santé de qualité, surtout pour les populations les plus vulnérables.
En somme, les Journées d’Octobre Rose au CHAN témoignent d’une volonté de conjuguer efforts médicaux, sensibilisation communautaire et engagement institutionnel pour réduire l’impact des cancers féminins au Sénégal. Cette campagne s’inscrit dans la continuité des actions de santé publique visant à protéger, informer et accompagner chaque femme, dans une approche intégrée où prévention, dépistage et traitement sont étroitement liés.


Électrification rurale : Thierno Alassane Sall entame une tournée de contrôle du projet ASER-AEE Power EPC dans le nord du pays
Le député Thierno Alassane Sall a annoncé le lancement d’une mission de terrain dans les départements de Kébémer et de Louga à partir du jeudi 23 octobre 2025, pour une durée de quatre jours. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une initiative d’envergure nationale destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du Sénégal.
L’ancien ministre de l’Énergie a précisé que cette visite vise avant tout à « vérifier concrètement les taux de réalisation », à évaluer la matérialité des chantiers en cours et à constater sur place la disponibilité des équipements installés. Pour Thierno Alassane Sall, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité et de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’électrification rurale.
Le projet ASER-AEE Power EPC, confié à la société AEE Power, ambitionne de connecter des centaines de villages aux réseaux électriques nationaux ou isolés. L’avance de démarrage, fixée à 37 milliards de francs CFA, devait permettre à terme l’électrification de plus de 500 localités réparties principalement entre les régions de Louga et de Saint-Louis. Ces zones figurent parmi les plus concernées par le déficit énergétique rural, avec de nombreux villages encore privés d’électricité malgré les engagements pris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).
En choisissant de commencer sa tournée dans ces départements du nord, Thierno Alassane Sall entend poser un regard critique sur la gestion et le rythme d’exécution du programme. Selon lui, « il est impératif de s’assurer que les chantiers avancent réellement, que les ressources investies servent à ce pour quoi elles ont été débloquées, et que les populations rurales bénéficient effectivement du droit fondamental à l’énergie. »
Le parlementaire a également invité la presse nationale à accompagner cette mission afin de garantir une couverture médiatique transparente de la situation sur le terrain. Pour lui, la lumière publique constitue un levier essentiel de la bonne gouvernance : « Plus les citoyens sont informés, plus les acteurs sont redevables et efficaces. »
Le projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, s’il est conduit à terme dans les conditions prévues, pourrait contribuer à réduire significativement les inégalités énergétiques entre les zones urbaines et rurales, tout en stimulant l’activité économique locale à travers l’éclairage public, l’accès à l’eau potable et la dynamisation des petites entreprises.
Cette tournée de contrôle marque ainsi une étape importante dans la volonté de Thierno Alassane Sall d’imposer un suivi rigoureux des projets publics et de s’assurer que les promesses de développement ne restent pas lettre morte dans les zones les plus reculées du pays.
Rufisque : le maire Omar Cissé tire la sonnette d’alarme face à l’érosion côtière et appelle à une intervention urgente de l’État
La ville de Rufisque fait face à une situation environnementale de plus en plus alarmante. Confrontée à une érosion côtière accélérée, la vieille cité, l’une des plus anciennes du Sénégal, voit son littoral reculer chaque année sous l’effet de la montée des eaux et des vagues dévastatrices. Devant cette menace qui met en péril des quartiers entiers, le maire Omar Cissé a lancé un appel solennel à l’État du Sénégal pour qu’il engage des actions concrètes et rapides.
Le maire s’exprimait mardi à Dakar lors d’un atelier de l’Initiative pour la résilience en Afrique, un programme conjoint de la GIZ, de la CEDEAO et de l’Union africaine, consacré à la recherche de solutions durables face aux impacts du changement climatique. « Le prochain défi, pour lequel je sollicite l’accompagnement de l’État, c’est la lutte contre l’érosion côtière », a déclaré Omar Cissé, soulignant que le phénomène constitue aujourd’hui un véritable « problème » et un « défi majeur » pour sa municipalité.
À Rufisque, l’avancée de la mer a déjà provoqué la disparition de pans entiers du littoral, détruisant des habitations et menaçant des zones densément peuplées. Certaines parties historiques de la ville, autrefois animées, sont aujourd’hui envahies par les vagues. Pour le maire, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle risque d’empirer si rien n’est fait : « La mairie n’est pas encore parvenue à protéger la ville », a-t-il reconnu, tout en saluant les efforts accomplis dans la lutte contre les inondations, un autre fléau récurrent dans la commune.
Omar Cissé a indiqué que le conseil municipal de Rufisque a engagé plusieurs initiatives pour faire face à la dégradation du littoral, notamment par la sensibilisation des populations et l’identification des zones les plus menacées. Cependant, il admet que les moyens locaux sont limités : « Nous faisons ce que nous pouvons avec nos ressources, mais la nature du problème dépasse les capacités d’une collectivité locale. Nous avons besoin de l’appui de l’État et de ses partenaires techniques et financiers. »
L’édile espère que la rencontre tenue dans le cadre de l’Initiative pour la résilience en Afrique permettra de mobiliser des financements et d’aboutir à des projets concrets, capables de renforcer la résilience de Rufisque face aux impacts du changement climatique. Selon lui, il est temps de passer des études et diagnostics aux actions réelles sur le terrain.
Outre l’érosion, Omar Cissé a également attiré l’attention sur le déficit d’infrastructures de la commune, qui aggrave sa vulnérabilité. Routes dégradées, réseaux d’assainissement insuffisants, absence d’ouvrages de protection côtière : autant de facteurs qui fragilisent encore davantage la ville face aux aléas naturels.
Le cas de Rufisque est loin d’être isolé. De Saint-Louis à Saly, en passant par Joal, Kayar ou Dakar, plusieurs localités du littoral sénégalais subissent de plein fouet les effets de l’érosion marine. Des centaines de familles ont déjà été déplacées, des écoles et des commerces détruits, et des pans d’activités économiques menacés. Selon les experts, près de 70 % du littoral sénégalais présente aujourd’hui un risque élevé d’érosion.
Pour de nombreux observateurs, la réponse doit être nationale et intégrée. Les collectivités locales ne peuvent agir seules face à ce défi environnemental d’une telle ampleur. L’appel du maire de Rufisque résonne donc comme un cri d’alarme pour la sauvegarde d’un patrimoine historique et d’un espace vital, symbole de l’identité urbaine et maritime du Sénégal.
Affaire Madiambal Diagne : Bachir Fofana rectifie et assure que le journaliste s’est présenté volontairement à la police française
La situation entourant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que plusieurs médias, aussi bien au Sénégal qu’en France, avaient annoncé son interpellation à Paris dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises, de nouvelles précisions viennent apporter un éclairage différent sur cette affaire.
C’est Bachir Fofana, un proche collaborateur de Madiambal Diagne, qui a pris la parole pour corriger ce qu’il qualifie de “désinformation”. Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook, il a fermement démenti la version faisant état d’une arrestation forcée du journaliste par la police française. Selon lui, Madiambal Diagne n’a jamais été arrêté ni interpellé, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises afin de faire preuve de transparence et de collaborer pleinement avec la justice.
« Madiambal Diagne n’a jamais été cueilli ni arrêté. Il n’a pas été interpellé par les éléments du commissariat des Yvelines. Et ce n’est pas une arrestation pour l’exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui », a précisé Bachir Fofana, insistant sur le fait que le journaliste a voulu, par cette démarche volontaire, démontrer son respect du cadre légal et son refus de se soustraire à la justice.
Le proche du journaliste explique que Madiambal Diagne a pris l’initiative de se présenter accompagné de ses avocats aux services de police, afin de signaler sa présence sur le sol français. « La vérité est que Madiambal a pris les devants et s’est rendu de lui-même, accompagné de ses avocats, à la police pour les informer de sa présence sur le sol français. Il a été auditionné, puis il est rentré chez lui », a-t-il ajouté, soulignant ainsi le caractère volontaire de sa démarche.
Cette précision vient contredire les informations initiales selon lesquelles le journaliste aurait été interpellé à Paris sur ordre du parquet de Versailles. En réalité, il a été entendu par la Cour d’appel de Versailles, qui a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure d’extradition demandée par le Sénégal.
Pour rappel, Madiambal Diagne, directeur du Groupe Avenir Communication et propriétaire du journal Le Quotidien, fait l’objet d’une demande d’extradition émise par les autorités sénégalaises dans le cadre d’une condamnation pour diffamation. Ses avocats, parmi lesquels figurent Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, ont dénoncé une procédure “irrégulière et infondée”, estimant que cette demande repose sur des motivations politiques plus que juridiques.
Cette affaire, très suivie par les milieux de la presse sénégalaise, suscite de nombreuses réactions sur la liberté d’expression, le rôle de la justice et la protection des journalistes. Le collectif de défense du journaliste a rappelé que Madiambal Diagne a toujours respecté la loi et qu’il “n’a jamais cherché à fuir ses responsabilités”.
En attendant la prochaine audience devant la Cour d’appel de Versailles, la tension reste vive entre partisans et détracteurs du journaliste. D’un côté, certains dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, tandis que d’autres estiment que nul ne doit être au-dessus de la loi.
Quoi qu’il en soit, la sortie de Bachir Fofana vient apporter une nuance importante dans la compréhension des faits : Madiambal Diagne n’a pas été arrêté, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises, un geste que ses soutiens interprètent comme la preuve de sa bonne foi et de sa volonté d’affronter la justice à visage découvert.
Saint-Louis : le préfet annonce une vaste opération de retrait des épaves de véhicules à partir du 25 octobre
La ville de Saint-Louis s’apprête à vivre une importante opération de désencombrement de la voie publique. À partir du samedi 25 octobre 2025, la préfecture du département lancera une campagne de retrait systématique des épaves de véhicules abandonnés ou en stationnement irrégulier dans l’ensemble du périmètre communal.
Dans un communiqué signé par Abdoukhadre Dieylani Bâ, adjoint au préfet, les autorités administratives précisent que cette mesure s’inscrit dans une politique de réorganisation urbaine visant à rendre à la circulation et aux riverains les espaces publics longtemps occupés par des carcasses de véhicules et autres obstacles.
Selon le communiqué, l’opération a plusieurs objectifs : assurer la libre circulation des personnes et des biens, améliorer le cadre de vie des habitants, mais aussi renforcer la sécurité et la salubrité publiques. En effet, les épaves de véhicules, souvent abandonnées sur les trottoirs, dans les parkings ou le long des artères principales, constituent à la fois une gêne à la mobilité urbaine et un risque sanitaire. Elles favorisent l’insalubrité et servent parfois de repaires à des activités illicites.
La préfecture invite d’ores et déjà les propriétaires concernés à procéder volontairement à l’enlèvement de leurs véhicules avant le début de l’opération. À défaut, les services techniques compétents interviendront pour le retrait forcé des épaves, aux frais des contrevenants. « Cette mesure n’a pas pour but de punir, mais de restaurer l’ordre et la propreté dans nos espaces publics », souligne une source administrative.
Le préfet du département de Saint-Louis en appelle au sens de civisme et de responsabilité des citoyens pour la réussite de cette initiative d’intérêt général. Il rappelle que la propreté et la fluidité urbaine dépendent aussi de l’implication de chaque habitant dans la préservation de son environnement immédiat.
Cette campagne s’inscrit dans la dynamique nationale de désencombrement des voies publiques, initiée depuis plusieurs mois par le ministère de l’Intérieur et les collectivités territoriales. Après Saint-Louis, d’autres régions du pays devraient suivre dans les semaines à venir, afin d’harmoniser les efforts de modernisation urbaine et d’amélioration du cadre de vie dans toutes les grandes agglomérations du Sénégal.
Avec cette initiative, les autorités locales entendent donner un nouvel élan à la politique d’assainissement et d’embellissement de la ville tricentenaire, fidèle à sa vocation de capitale régionale historique, touristique et culturelle.
Transition énergétique : le Sénégal franchit le cap des 1 903,8 MW de puissance installée, dont près de 30 % issus des énergies renouvelables
Le Sénégal continue de renforcer sa position de modèle africain en matière de transition énergétique. Selon les chiffres officiels communiqués mardi par Cheikh Niane, secrétaire général du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le pays a atteint une puissance installée totale de 1 903,8 mégawatts (MW), dont 29,1 % proviennent désormais des énergies renouvelables.
Cette performance marque une étape importante dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique, lancée depuis plusieurs années pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et favoriser une production d’énergie plus propre et durable.
Lors de l’atelier de validation de l’Enquête nationale sur les énergies renouvelables, Cheikh Niane a insisté sur l’importance d’une approche basée sur des données fiables. « Je réaffirme notre engagement à faire de la donnée statistique et de l’analyse rigoureuse les fondements d’un secteur énergétique performant et résilient », a-t-il déclaré. Cette enquête constitue, selon lui, « la première photographie statistique complète du secteur énergétique sénégalais », intégrant aussi bien les usages des entreprises que ceux des ménages.
Les résultats révèlent toutefois des disparités marquées entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les différents segments économiques. Le directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), Diouma Kobor, a précisé que 93,3 % de la production d’énergie utilisée par les entreprises proviennent encore des sources fossiles, contre 6,7 % d’origine renouvelable. À l’inverse, le monde rural recourt davantage aux énergies vertes grâce à la multiplication des kits solaires individuels et des mini-réseaux électriques autonomes, qui permettent de pallier le déficit de raccordement au réseau national.
Pour Abdou Diouf, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cette enquête offre désormais aux décideurs un outil stratégique pour calibrer les politiques publiques. « Nous avons pu mesurer la puissance installée des systèmes solaires domestiques, le volume réel de production, mais aussi la perception des ménages face aux énergies vertes », a-t-il expliqué. Ces informations serviront à mieux orienter les incitations fiscales, les programmes d’investissement et les projets de modernisation du secteur.
Les partenaires techniques et financiers saluent cette initiative. Catherine Phuong, représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a souligné que cette base de données « parle le langage des banques de développement, des fonds climat et des investisseurs privés ». Elle pourrait ainsi faciliter l’accès du Sénégal aux financements verts et permettre de mettre à jour les indicateurs d’accès universel à l’énergie, notamment la part du solaire dans le mix énergétique.
Pour le secrétaire général Cheikh Niane, cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision d’un Sénégal énergétiquement autonome, fondée sur la transparence statistique, la planification rationnelle et la souveraineté énergétique. « Nous voulons bâtir un secteur solide, durable et souverain, où chaque décision repose sur la preuve », a-t-il conclu.
Dakar – Un pompiste de la station Shell condamné à six mois avec sursis pour abus de confiance
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict dans une affaire d’abus de confiance impliquant un employé de longue date d’une station-service Shell. Vieux Cissé, pompiste depuis 1997, a été reconnu coupable d’avoir détourné des fonds de la caisse et condamné à six mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 50 000 FCFA, lors de l’audience tenue le jeudi 16 octobre 2025.
L’affaire trouve son origine dans un déficit constaté à la fin du service du prévenu. Selon ses propres déclarations, il aurait découvert un manque de 194 000 FCFA dans la caisse après sa prise de fonction. « J’ai attendu le gérant sans le voir. J’ai noté le montant manquant sur le carnet », a tenté de se justifier Vieux Cissé à la barre. Le pompiste a également évoqué un second déficit, apparu en octobre, après deux ventes de carburant à des camions. Il a soutenu que cet argent aurait été égaré lors de ses déplacements et a assuré avoir proposé au gérant, Mbaye Mbow, de compenser la perte sur son salaire.
Mais ces explications n’ont pas convaincu le ministère public. Le procureur a pointé des contradictions dans le récit du prévenu : « Il parle tantôt d’une perte, tantôt d’un dépôt quelque part », a-t-il relevé avant de requérir six mois de prison assortis du sursis et une amende de 100 000 FCFA.
L’avocat de la partie civile, représentant la direction de la station, a de son côté dénoncé une récidive. « Ce n’était pas une erreur. Il avait déjà commis un premier manquement pour lequel la direction avait été conciliante. Mais il a recommencé », a-t-il soutenu. Le conseil a réclamé 800 000 FCFA de dommages et intérêts, tout en reconnaissant que Vieux Cissé, père de six enfants, avait déjà remboursé 400 000 FCFA avant le procès.
La défense, plaidant la bonne foi et la précarité du prévenu, a sollicité la clémence du tribunal. À l’issue des débats, la juridiction a décidé de retenir la culpabilité du pompiste tout en lui accordant les circonstances atténuantes. En plus de l’amende, Vieux Cissé devra verser 700 000 FCFA à la partie civile à titre de réparation des préjudices subis, selon les informations rapportées par le journal Le Soleil.
Ce verdict, qui met un terme à près de trois décennies de collaboration entachées par cette affaire, rappelle la rigueur du droit du travail face aux manquements à la probité professionnelle, même dans les secteurs où la confiance reste la pierre angulaire des relations entre employeurs et employés.
Négociations avec le FMI : la dette du Sénégal explose à 132 % du PIB selon le Fonds
Le Sénégal entame cette semaine des négociations décisives avec le Fonds Monétaire International (FMI), dans un contexte économique tendu marqué par une forte pression budgétaire et une crise de confiance des investisseurs. Ces discussions visent à finaliser un nouvel accord de financement, un an après la suspension du précédent programme d’un montant de 1,8 milliard de dollars, interrompu à la suite de divergences sur la gestion budgétaire et la transparence des comptes publics.
L’urgence de ces pourparlers s’explique par la révélation, jugée explosive, faite récemment par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Selon les autorités actuelles, l’ancien gouvernement aurait dissimulé près de 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés, gonflant considérablement le niveau réel de la dette publique. Cette annonce a eu l’effet d’une bombe sur les marchés financiers et a conduit les agences de notation S&P et Moody’s à abaisser la note souveraine du Sénégal, invoquant un « manque de fiabilité des données budgétaires ».
La tension a encore monté d’un cran la semaine dernière, lorsque le FMI a publié ses propres évaluations. D’après les données relayées par Bloomberg, l’institution financière internationale estime désormais que la dette publique du Sénégal représente 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB), bien au-delà des 119 % avancés par le gouvernement sénégalais. Cet écart de treize points de pourcentage a semé le doute parmi les partenaires financiers du pays et déclenché un net repli de la confiance sur les marchés obligataires régionaux.
Pour les observateurs économiques, cette divergence traduit un différend méthodologique, mais surtout un manque de transparence hérité de la précédente gestion. Plusieurs experts estiment que certains emprunts, notamment souscrits par des entreprises publiques ou garantis par l’État, n’auraient pas été intégrés dans les statistiques officielles, ce qui fausse la lecture réelle de l’endettement.
Dans ce contexte, les discussions avec le FMI s’annoncent particulièrement ardues. Le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux tout en évitant une cure d’austérité trop sévère. « Le Sénégal veut un accord équilibré qui protège les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements sociaux », a confié une source proche du ministère des Finances.
Le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe économique misent sur une approche de transparence et de vérité des comptes, censée convaincre le FMI et les bailleurs de la sincérité de la nouvelle gouvernance. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures, accusées d’avoir masqué la réalité des chiffres.
Cependant, la tâche s’annonce difficile. Avec une dette équivalente à plus de 130 % du PIB, le Sénégal se trouve désormais au-dessus du seuil critique fixé par les institutions financières internationales pour les pays à revenu intermédiaire. Une telle situation pourrait limiter sa capacité à emprunter sur les marchés extérieurs et alourdir le coût du financement de sa dette.
Les négociations devraient se poursuivre tout au long de la semaine à Dakar, en présence d’une mission du FMI dirigée par Edward Gemayel, chef de division pour l’Afrique de l’Ouest. Les discussions porteront sur la consolidation budgétaire, la réforme du secteur public et la rationalisation des dépenses, mais aussi sur la manière d’assurer une croissance inclusive dans un contexte de contraintes financières accrues.
Affaire Madiambal Diagne : la défense dénonce une demande d’extradition « infondée et entachée d’irrégularités »
L’affaire Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. Les avocats du journaliste et patron de presse ont vivement réagi, ce mardi 21 octobre 2025, à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre de leur client. Selon eux, cette procédure est « dénuée de fondement et entachée d’irrégularités graves ».
Interpellé à Paris sur la base d’un mandat d’arrêt international transmis par le parquet général de Versailles, Madiambal Diagne a été entendu dans la journée par la Cour d’appel de Versailles. Après examen du dossier, la juridiction française a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, écartant ainsi toute détention provisoire, le temps de statuer sur la demande d’extradition.
Dans un communiqué conjoint, un collectif d’avocats composé notamment de Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, a dénoncé « une tentative d’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques ». Les conseils de M. Diagne soulignent que « la décision du premier président de la Cour d’appel de Versailles tient compte du statut de Madiambal Diagne, personnalité publique, journaliste connu, propriétaire d’un titre de presse et figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais ».
Le collectif rappelle également qu’« aucun élément du dossier ne permettait de supposer que M. Diagne tenterait de se soustraire à la procédure judiciaire », et que cette absence de risque de fuite a logiquement conduit la justice française à privilégier la liberté sous contrôle judiciaire.
Sur le fond, la défense s’est montrée particulièrement critique à l’égard des autorités sénégalaises, estimant que « la procédure d’extradition souffre d’irrégularités manifestes et d’un manque flagrant de base juridique ». Les avocats soutiennent que les accusations portées contre leur client « relèvent davantage d’une volonté de représailles politiques que d’un véritable dossier pénal ».
D’après leurs déclarations, la demande d’extradition ne reposerait sur aucune infraction clairement définie dans les conventions bilatérales en vigueur entre la France et le Sénégal. Ils évoquent également un non-respect des procédures prévues par le Code de procédure pénale sénégalais, notamment en matière de notification et de transmission de documents.
Cette affaire, qui suscite une large attention dans les milieux médiatiques et juridiques, intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains acteurs de la presse et le pouvoir en place à Dakar. Plusieurs observateurs y voient une tentative de museler les voix critiques, tandis que d’autres appellent à la prudence, rappelant que la procédure doit suivre son cours devant les juridictions françaises.
En attendant la prochaine audience, le journaliste reste sous contrôle judiciaire à Paris. Ses avocats se disent confiants quant à l’issue de la procédure et assurent que leur client « fera face à la justice avec sérénité et détermination ».
Le collectif a également tenu à rappeler le rôle essentiel de la liberté de la presse dans un État de droit, soulignant que « la criminalisation des opinions et des publications journalistiques constitue une menace directe pour la démocratie ».
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°588 – 21/10/2025
Huit Sénégalais sur dix exposés à des risques environnementaux : l’alerte de l’ANSD sur une vulnérabilité croissante
La vulnérabilité environnementale des populations sénégalaises atteint un niveau préoccupant. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité des populations selon le genre (ENREVG), présentés ce lundi 20 octobre à Dakar, huit Sénégalais sur dix ont déjà été victimes ou témoins d’une catastrophe ou d’un risque environnemental. Cette étude, rendue publique par le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la statistique, placée cette année sous le thème : « Favoriser le changement grâce à des statistiques et des données de qualité disponibles pour tous. »
Selon Abdou Diouf, l’écrasante majorité de la population vit dans un environnement exposé à des menaces multiples. L’étude a répertorié pas moins de 43 types de risques, parmi lesquels figurent la proximité des décharges publiques, la salinisation des terres, la sécheresse, la pollution de l’air ou encore les tempêtes de poussière. Les risques liés à la chaleur et à la poussière sont les plus courants, touchant respectivement six à sept Sénégalais sur dix, ce qui témoigne d’une exposition quasi généralisée à des conditions climatiques extrêmes.
Le rapport indique que 43 % des personnes interrogées ont eu accès à un système d’alerte précoce, notamment lors des vagues de chaleur et des tempêtes de sable. Toutefois, près de la moitié de la population déclare ne pas être informée à temps. Cette situation, selon le directeur général de l’ANSD, révèle « la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et les capacités d’adaptation communautaire ». Le manque d’information rapide et fiable sur les phénomènes météorologiques accentue la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines.
Les conséquences de cette exposition aux risques environnementaux sont lourdes pour de nombreux ménages. Environ 15 % des foyers interrogés ont signalé des dégâts matériels, tandis que 26 % affirment que leurs moyens de subsistance ont été affectés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de la foresterie sont particulièrement touchés, mettant en péril la sécurité alimentaire et les revenus de milliers de familles. Abdou Diouf a aussi insisté sur le fait que « les femmes, les enfants et les personnes vivant avec un handicap sont les groupes les plus exposés », en raison de leur plus grande dépendance aux ressources naturelles et de leur faible accès à l’information et aux moyens de protection.
Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’ANSD a plaidé pour une promotion accrue des emplois verts et un renforcement de l’éducation environnementale dans les communautés. Il a également souligné l’importance de la collecte et de l’exploitation des données issues de nouvelles sources, telles que la téléphonie mobile et les données numériques, dans un contexte d’ouverture et de transparence statistique. Ces données, a-t-il affirmé, permettront d’éclairer les politiques publiques de manière plus efficace et de mieux anticiper les catastrophes environnementales.
De son côté, Abdourahmane Ndiaye, de la Direction de la planification et de la veille environnementale, a salué cette enquête qu’il considère comme « une traduction concrète de la volonté du Sénégal de fonder ses politiques publiques sur des données fiables et scientifiquement établies ».
La directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, Mireille Kamitatou, a pour sa part félicité le « partenariat exemplaire entre l’ANSD et les institutions internationales », soulignant que le Sénégal fait figure de pionnier dans la production de statistiques intégrant la dimension genre.
Cette étude vient ainsi rappeler l’urgence d’une action concertée pour faire face aux menaces environnementales croissantes. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression démographique, la planification fondée sur des données scientifiques devient un impératif national pour protéger les populations les plus vulnérables.
LONASE : la vérité derrière le marché de 813 millions de FCFA attribué à ASS malgré une offre inférieure de Fambène Sécurité
La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) est depuis quelques jours au cœur d’une vive polémique concernant l’attribution de son marché de gardiennage évalué à plus de 813 millions de francs CFA. Des rumeurs, propagées sur les réseaux sociaux, évoquent un « deal » suspect entre la direction de l’entreprise publique et la société attributaire, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS). Les internautes et plusieurs observateurs y voient un cas de favoritisme, arguant qu’une autre entreprise, Fambène Sécurité, avait proposé une offre financière inférieure de 13 millions de francs CFA. Face à la controverse, la Cellule de Passation des Marchés de la LONASE a rompu le silence, brandissant le Code des Marchés Publics et donnant des explications détaillées pour justifier sa décision.
Selon le communiqué de la LONASE, quatre sociétés avaient soumissionné à l’appel d’offres ouvert pour le marché de gardiennage de ses locaux. Il s’agit notamment de Sypress Sécurité, Fambène Sécurité, Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) et Vigassistance Sénégal. Les offres déposées variaient considérablement, mais les deux plus compétitives étaient celles de Fambène et d’ASS, séparées par un écart de 13 millions de francs CFA. Cette différence de prix, jugée minime, a suffi à déclencher une vague de suspicion. Mais, selon la LONASE, ce n’est pas le prix seul qui détermine le choix final d’un adjudicataire dans un marché public, car les critères techniques et financiers priment sur le montant proposé lorsqu’il s’agit d’assurer l’exécution correcte du contrat.
L’institution précise que le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) comportait un critère de qualification financière obligatoire, qualifié de « non négociable ». Chaque société devait fournir une attestation de ligne de crédit délivrée par une banque, prouvant sa capacité à couvrir ses charges de fonctionnement pendant l’exécution du contrat, sans dépendre des paiements de la LONASE. C’est sur ce point précis que la société Fambène Sécurité a été recalée.
La LONASE souligne que l’attestation bancaire présentée par Fambène Sécurité n’offrait aucune garantie ferme sur la disponibilité des fonds nécessaires. Le document fourni par la banque indiquait simplement qu’elle serait « disposée, si toutes les conditions sont réunies, à étudier toute demande de crédit jusqu’à hauteur de 50 millions de francs CFA », tout en précisant qu’elle restait « libre d’accepter ou de rejeter ladite demande ». Pour la commission d’évaluation, cette formulation conditionnelle est incompatible avec les exigences du DAO, car elle ne constitue pas une ligne de crédit effective, mais une simple promesse soumise à appréciation future.
En revanche, la société Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) a, selon la LONASE, rempli toutes les conditions exigées, aussi bien sur le plan technique que financier. Son offre, bien que légèrement plus élevée, a été jugée complète et conforme aux critères du marché. La Commission des Marchés a donc recommandé son attribution, décision qui a par la suite reçu l’aval de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP). Celle-ci a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, validant la régularité du processus d’évaluation et d’attribution.
La LONASE précise que l’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans le journal Sud Quotidien, conformément aux dispositions du décret n° 2022-2295 portant Code des Marchés Publics. Ce texte encadre les procédures de passation de marchés et impose un strict respect des règles de transparence et de concurrence. En se conformant à ce décret, la direction générale estime avoir agi dans la légalité la plus absolue.
Face aux accusations de favoritisme, la LONASE insiste sur le fait que le choix de l’ASS repose exclusivement sur des critères techniques et administratifs, et non sur des considérations politiques ou personnelles. L’entreprise rappelle qu’elle a mené tout le processus sous la supervision de la DCMP, garant institutionnel du respect des règles en matière de marchés publics.
Cependant, malgré ces clarifications, la polémique continue d’enfler sur les réseaux sociaux, où certains observateurs estiment que l’écart de 13 millions entre les deux offres aurait pu être négligé au profit d’une société locale réputée sérieuse. D’autres, en revanche, saluent la rigueur administrative de la LONASE, qui a préféré privilégier la conformité technique à la tentation du moindre coût.
Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité de la confiance du public dans les procédures de passation des marchés publics au Sénégal, souvent perçues comme opaques, même lorsqu’elles respectent la lettre de la loi. Pour la LONASE, cette affaire illustre surtout la complexité de concilier transparence, performance financière et rigueur administrative dans un contexte de forte suspicion généralisée.
En conclusion, si la LONASE se félicite d’avoir respecté les normes juridiques et techniques qui encadrent les appels d’offres, cette affaire révèle une fois de plus la nécessité pour les entreprises publiques de renforcer leur communication et leur pédagogie sur les décisions de gestion, afin d’éviter que les zones d’ombre administratives ne se transforment en scandales médiatiques.
Blocages du déminage en Casamance et gestion des licences d’importation de riz : le gouvernement répond à Guy Marius Sagna
Le député Guy Marius Sagna a rendu publiques les réponses du gouvernement à plusieurs de ses interpellations écrites portant sur des sujets sensibles, notamment le déminage humanitaire en Casamance et la gestion des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA). Ces réponses, transmises par les ministères concernés, apportent un éclairage sur les difficultés administratives, budgétaires et structurelles qui freinent certains programmes publics.
Dans sa question écrite intitulée « Casamance : le déminage humanitaire bloqué par une absence de base légale », introduite le 21 juillet 2025, le député de la coalition Yewwi Askan Wi avait attiré l’attention sur la situation critique du Centre National d’Action Antimines du Sénégal (CNAMS) et de son Projet d’Assistance à la Lutte Antimine en Casamance (PALAC). Il avait évoqué une série de dysfonctionnements internes, citant des retards de paiement de salaires, des coupures d’Internet, des factures d’eau et d’électricité impayées, et surtout, la suspension des missions de supervision sur le terrain.
Selon la réponse du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le problème n’est pas lié à un manque de financement, mais à une anomalie administrative héritée de la création du PALAC. Le gouvernement a précisé que, même si le budget du CNAMS pour 2025 a été augmenté à 465 millions de francs CFA, soit 165 millions de plus que la subvention habituelle, les fonds ne peuvent pas être légalement versés au personnel. En effet, « les contrats des travailleurs du PALAC étaient initialement prévus pour la période 2007-2009, et aucune décision administrative n’a formellement prolongé ce projet », a indiqué la tutelle. Cette absence de texte officiel constituerait donc une « absence de base légale » empêchant le paiement des salaires.
Toutefois, le gouvernement a assuré qu’un travail de réforme et de régularisation du statut du CNAMS/PALAC est en cours, afin de résoudre durablement cette impasse juridique et budgétaire. Guy Marius Sagna, tout en prenant acte de cette réponse, a déclaré qu’il entendait se rapprocher des travailleurs pour mieux comprendre leurs conditions et exiger plus de célérité dans la régularisation du projet. Selon lui, les difficultés actuelles « ne relèvent pas de la responsabilité des travailleurs », mais d’un dysfonctionnement administratif persistant.
S’agissant du dossier des DIPA (Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires), le député a rappelé que ce système, longtemps critiqué pour son opacité et son caractère clientéliste, devait faire l’objet d’une refonte complète après le changement de régime en avril 2024. Dans sa question adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce, il a demandé des clarifications sur la gestion actuelle des DIPA, notamment dans le cadre de la distribution du sucre et du riz, deux produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays.
Guy Marius Sagna a posé une série de questions précises : un audit des DIPA délivrés depuis avril 2024 a-t-il été effectué ? Le schéma de répartition du sucre (50 % aux commerçants, 25 % à la Compagnie Sucrière Sénégalaise, 25 % aux stocks de sécurité) a-t-il mis en lumière des pratiques de favoritisme ? Le ministre est-il informé de reventes de DIPA entre 20 000 et 25 000 F CFA la tonne ? Les critères d’attribution des licences ont-ils été revus, et existe-t-il un comité collégial pour valider ces déclarations, ou une seule personne détient-elle le pouvoir de décision ? Enfin, des non-commerçants ont-ils pu bénéficier de DIPA ?
Pour l’heure, a indiqué le parlementaire, le ministre de l’Industrie et du Commerce n’a pas encore communiqué sa réponse officielle sur cette question sensible. Guy Marius Sagna promet de rendre publiques les réponses dès qu’elles seront disponibles, afin de garantir la transparence et de vérifier la rupture promise par le nouveau pouvoir dans la gestion de ces autorisations d’importation.
Enfin, le député a mentionné que le ministère des Affaires étrangères a également répondu à une autre de ses interpellations, concernant les dysfonctionnements du serveur 206010 du Bureau État Civil (BEC). Le ministère a assuré avoir pris des mesures correctives pour résoudre les difficultés rencontrées par les usagers dans la délivrance de documents administratifs.
À travers ces réponses, le gouvernement tente d’apporter des éléments de clarification sur des dossiers complexes hérités du passé. Cependant, les réponses incomplètes ou en attente, notamment sur les DIPA, laissent planer de nouvelles interrogations sur la réelle portée des réformes promises par l’administration. Guy Marius Sagna, fidèle à sa posture de député du peuple, assure qu’il poursuivra ses interpellations jusqu’à ce que les zones d’ombre soient totalement levées.
Dakar Dem Dikk : les travailleurs en colère exigent la signature de l’accord d’établissement et de meilleures conditions de travail
Un vent de contestation souffle sur la société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD). Ce lundi, les travailleurs ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « manque de considération » de la Direction générale. Réunis autour de la coordination des syndicats, ils exigent des améliorations urgentes de leurs conditions de travail et surtout la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient d’« historique ».
Le mouvement social, initié depuis plusieurs semaines, s’est transformé en véritable bras de fer entre les représentants du personnel et la direction dirigée par Assane Mbengue. Selon Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, plusieurs points de revendication avaient été soumis lors d’une réunion tenue le 3 juillet dernier avec le Directeur général, mais « rien n’a bougé depuis ». « Nous avons l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk joue au dilatoire. L’accord d’établissement devait être signé depuis le mois de mai, et nous n’avons toujours aucune avancée concrète », a-t-il déploré.
Au cœur des revendications, la signature de cet accord d’établissement apparaît comme une question de dignité pour les travailleurs. Ce document, attendu depuis des années, devait harmoniser les droits et avantages du personnel et instaurer un cadre clair pour les relations professionnelles au sein de la société. « Cet accord est essentiel pour nous. Il fixe nos conditions de travail, nos primes, nos droits à la retraite et les avantages sociaux. Sans lui, nous restons dans une précarité administrative », a expliqué Masseck Ndiaye.
Les conditions de travail jugées « extrêmement difficiles » sont également au centre des plaintes. Les employés dénoncent un environnement dégradé, notamment la vétusté des bus et le manque de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. « Les receveurs tombent en période de canicule à cause de la chaleur insupportable dans les bus non climatisés », a alerté M. Ndiaye. Il a également fait une comparaison avec le personnel du Bus Rapid Transit (BRT), récemment mis en service : « Regardez les conditions de travail du BRT. Dakar Dem Dikk existe depuis plus de vingt ans et pourtant, les travailleurs sont traités comme s’ils n’étaient pas dans une entreprise publique. »
Les travailleurs réclament aussi l’octroi d’une indemnité de logement, l’augmentation des salaires et le paiement des primes non encore versées. Ces revendications, selon eux, sont légitimes face à la hausse du coût de la vie et aux sacrifices quotidiens consentis pour assurer le transport des populations de la capitale.
Pour Mor Wade, délégué du personnel, la rupture du dialogue social est l’une des causes principales du conflit. « Au début, le Directeur général avait affiché une volonté d’écoute et de collaboration. Mais depuis quelque temps, il ne reçoit plus directement les représentants des travailleurs. Il nous renvoie systématiquement au DRH et les procès-verbaux ne reflètent jamais fidèlement nos échanges », a-t-il regretté.
Face à cette situation, les syndicats ont décidé d’adopter un plan d’action progressif. Le port des brassards rouges, premier signal de contestation, a été observé « à 100 % » par les travailleurs, selon leurs responsables. Une requête a déjà été adressée à la Direction du Travail, et une lettre d’ultimatum sera envoyée à la Direction générale pour exiger la signature de l’accord d’établissement dans un délai de quinze jours. « Si rien n’est fait, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », a prévenu Mor Wade, tout en précisant que l’objectif immédiat n’est pas de paralyser les activités, mais d’alerter l’opinion publique.
Les syndicats ont d’ores et déjà prévu d’organiser une grande conférence de presse le vendredi 24 octobre afin d’exposer en détail les difficultés rencontrées par les employés et de sensibiliser les autorités sur l’urgence d’agir. Déterminés à obtenir gain de cause, les travailleurs de Dakar Dem Dikk affirment qu’ils poursuivront leur mobilisation « jusqu’à la satisfaction totale » de leurs revendications.
Ce mouvement, s’il venait à s’intensifier, pourrait impacter lourdement le transport urbain dakarois, déjà marqué par une forte pression liée à la fréquentation quotidienne des usagers. Entre frustrations syndicales et crispation managériale, Dakar Dem Dikk traverse une période de turbulences sociales dont l’issue dépendra largement de la volonté de la direction à renouer le dialogue.



« Dette cachée » : l’avocat de Macky Sall dénonce une manipulation politique et prépare la riposte judiciaire
La controverse autour de la supposée « dette cachée » du Sénégal prend une ampleur inédite, désormais au cœur d’une bataille à la fois politique, économique et judiciaire. Depuis Paris, Me Pierre-Olivier Sur, coordonnateur du collège d’avocats et d’experts financiers de l’ancien président Macky Sall, est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation politique » orchestrée contre son client. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce dimanche 19 octobre 2025, l’avocat français a annoncé une série d’actions judiciaires et administratives destinées à faire toute la lumière sur ce dossier explosif qui secoue la scène publique sénégalaise.
Selon Me Sur, l’affaire de la « dette cachée » est entretenue par des acteurs politiques cherchant à réécrire l’histoire économique du Sénégal. « La vérité ne sert pas un camp, elle sert le Sénégal », a-t-il affirmé d’un ton ferme. Le juriste, connu pour avoir défendu plusieurs figures politiques africaines et européennes, a indiqué qu’il demanderait officiellement au Premier président de la Cour des comptes et au ministre du Budget la communication de l’ensemble des documents comptables relatifs à la dette publique sénégalaise. Il s’agit, selon lui, de créer une base de travail « équitable et contradictoire » pour permettre à toutes les parties, y compris les institutions internationales comme le FMI, de juger sur pièces.
Me Sur, qui doit se rendre à Dakar dans les prochains jours, a précisé qu’il rencontrera la presse locale et les autorités judiciaires afin de lancer les premières procédures. « Nous voulons des faits, pas des rumeurs. Il faut que la lumière soit faite sur les chiffres, sur les mécanismes et sur les responsabilités », a-t-il martelé, regrettant le climat d’amalgames qui, selon lui, alimente la confusion et la suspicion autour du dossier.
Revenant sur le bilan économique de Macky Sall, l’avocat a rappelé que « sous sa présidence, le PIB du Sénégal a été multiplié par deux ». Il a mis en avant les réalisations majeures du régime précédent : l’accès accru à l’eau potable et à l’électricité, le développement des infrastructures, l’émergence de nouvelles zones économiques et la modernisation des transports. Pour Me Sur, la dette contractée sous Macky Sall ne saurait être qualifiée de dissimulée ni d’illégitime, car elle s’inscrivait dans une logique de financement du développement. « Il s’agit d’une dette vertueuse, qui a servi à bâtir des routes, des hôpitaux, des écoles et à soutenir la croissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.
Le coordinateur du collège d’avocats a en outre dénoncé un manque de transparence institutionnelle, estimant que l’absence de communication officielle entretient les suspicions. Il a demandé expressément que soient transmis au pool de défense les lois de règlement qui clôturent chaque exercice budgétaire, les rapports de l’Inspection générale des finances ainsi que le pré-rapport de la Cour des comptes. « À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse ni du ministère du Budget, ni de la Cour des comptes », a-t-il déploré, tout en annonçant qu’en cas de silence prolongé, une mise en demeure formelle serait adressée aux institutions concernées.
L’avocat entend replacer le débat sur un terrain purement juridique et technique, loin des interprétations partisanes. Il affirme vouloir travailler avec un réseau d’experts internationaux en finances publiques afin d’analyser en profondeur la structure de la dette du Sénégal. « Ce débat n’est pas une bataille d’opinion, c’est une question de méthode et de vérité comptable. Il faut clarifier ce qui relève réellement de la dette publique et ce qui ne l’est pas », a-t-il expliqué.
Me Sur a listé plusieurs points d’interrogation à examiner : faut-il inclure ou non les dettes des établissements publics garanties par l’État dans le calcul global ? Comment traiter les avances de trésorerie, les facilités de paiement et les dettes hors bilan ? À quel moment une garantie devient-elle un engagement budgétaire ? Autant de questions que l’avocat souhaite soumettre à un audit contradictoire, ouvert aux observateurs nationaux et internationaux.
En conclusion, il a rejeté avec vigueur les chiffres avancés dans les médias, évoquant une prétendue dissimulation de 7 à 10 milliards de dollars de dette. « Il est impossible pour un État aussi structuré que le Sénégal de masquer une telle somme sans que le FMI, la BCEAO ou les marchés financiers ne s’en aperçoivent. C’est absurde », a-t-il tranché.
La sortie de Me Pierre-Olivier Sur marque une nouvelle étape dans cette affaire qui divise l’opinion. Elle annonce surtout une contre-offensive juridique destinée à défendre l’image de Macky Sall et à tenter de restaurer la crédibilité d’une gouvernance économique dont les chiffres font aujourd’hui l’objet d’une âpre bataille d’interprétations. Le débat sur la dette sénégalaise, désormais porté devant la justice, s’annonce long, technique et hautement politique.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°587 – 20/10/2025
Nouveau programme avec le FMI : comment négocier en position de faiblesse Par Mamadou Sy Tounkara
Le Fonds monétaire international (FMI) a attendu en vain les preuves promises par le gouvernement sénégalais sur la supposée « dette cachée ». Un an après, aucune pièce tangible n’a été produite. Rien ne nous a été donné non plus, à nous citoyens, même pas le bulletin statistique de la dette, encore moins le rapport du cabinet Forvis-Mazars. De guerre lasse, le Fonds a fini par classer cette affaire dans la catégorie « politique-fiction ». Ce tournant est lourd de conséquences : désormais, les discussions entre le Sénégal et le FMI s’ouvrent dans un contexte de crédibilité affaiblie.
La fin d’un récit politique
Pendant des mois, le débat public s’est focalisé sur la « dette cachée », avec des accusations spectaculaires, des déclarations enflammées et une bataille de communication aux résonances politiques. Mais le temps a joué contre ceux qui ont brandi ces accusations sans preuves. Le FMI, qui a une mémoire longue, n’oublie pas qu’il a été publiquement accusé d’avoir été floué ou fermé les yeux sur des pratiques comptables frauduleuses.
Aujourd’hui, le vocabulaire a changé. Le gouvernement comme le FMI parlent désormais de « misreporting », c’est-à-dire de déclarations erronées — une formulation bien moins explosive que dette cachée, « hidden debt ». Mais la trace de la polémique demeure, et elle pèsera sur la table des négociations.
Une position de faiblesse assumée… ou subie
Négocier avec le FMI est déjà difficile en temps normal. Le faire après une telle séquence revient à entrer dans la pièce avec un désavantage stratégique.
Le Sénégal a besoin de financement, le FMI détient une partie des clés de cet accès, et la confiance a été entamée. Dans ces conditions, le rapport de force penche naturellement en faveur du Fonds, qui saura imposer ses conditions — sous couvert de rigueur macroéconomique.
Le FMI ne négocie pas comme un partenaire politique
Le FMI n’est pas une organisation humanitaire. C’est une institution financière, dont la mission est de garantir la stabilité macroéconomique et de sécuriser les flux de remboursement. Dans son logiciel, il n’y a qu’un levier principal : l’ajustement.
Cela signifie concrètement :
• des réductions de subventions sur les produits de base, l’énergie et les carburants,
• un resserrement des filets sociaux, souvent considérés comme des dépenses « inefficaces »,
• une accélération des réformes structurelles avec des coûts sociaux à court terme.
Ce n’est ni une surprise ni une injustice : c’est simplement la logique de l’institution.
Reprendre l’initiative
Être en position de faiblesse ne signifie pas être sans leviers. Pour ne pas subir un programme « prêt-à-porter » taillé par Washington, le Sénégal doit reprendre l’initiative. Cela suppose :
• une communication claire et transparente sur l’état réel des finances publiques,
• une stratégie de négociation articulée autour de priorités sociales intangibles,
• une mobilisation diplomatique auprès des bailleurs non-FMI pour élargir la marge de manœuvre,
• et surtout, une posture politique ferme et crédible.
Car l’austérité imposée d’en haut n’a jamais permis de construire une économie durable. Elle génère frustrations et conflits sociaux.
Le choix de la dignité économique
Le Sénégal n’a pas intérêt à s’enfermer dans une posture de confrontation, mais il n’a pas non plus intérêt à céder sur l’essentiel. Le remboursement de la dette restera une obligation, mais il ne doit pas devenir une obsession qui écrase la souveraineté économique.
Il est temps que le pays négocie en adulte, avec lucidité, discipline et vision stratégique. La dignité économique ne se proclame pas : elle se défend à la table des négociations.
La dette cachée n’a jamais existé. La confiance, elle, s’est bel et bien effritée.
La bataille qui s’ouvre avec le FMI ne sera pas idéologique, mais technique et politique. Et c’est là que se jouera une partie de la souveraineté économique du Sénégal pour la génération à venir.
Mamadou Sy Tounkara
Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations
À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.
Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.
Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.
Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.
Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.
Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.
Appels à l’interdiction des manifestations : Seydi Gassama alerte sur les dérives et défend le droit à la contestation pacifique
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le climat social est marqué par une intensification des mobilisations citoyennes. À Dakar, les rues ont de nouveau vibré ce week-end sous le signe de la contestation. Après la marche du mouvement « Ñoo Lank » vendredi, organisée pour dénoncer la cherté de la vie, une nouvelle manifestation a eu lieu samedi. Plusieurs centaines de personnes ont parcouru le trajet de Liberté 6 au Jet d’eau, exigeant la libération de Farba Ngom, maire des Agnam, placé en détention dans le cadre d’une instruction financière.
Face à cette recrudescence des rassemblements, certaines voix issues du camp présidentiel ont appelé à interdire les manifestations, arguant que les discours tenus lors de ces événements risquent d’attiser la tension politique. Ces appels à restreindre la liberté de rassemblement ont suscité une vive réaction dans la société civile.
Parmi les voix les plus critiques figure Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui s’est exprimé sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’activiste a mis en garde contre les conséquences d’une politique d’interdiction systématique :
« L’État doit continuer à autoriser et à encadrer les manifestations qui doivent être pacifiques. Les interdictions entraînent la défiance et la violence », a-t-il déclaré.
Pour Seydi Gassama, la liberté de manifester demeure un droit fondamental garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il rappelle que le rôle des autorités est d’assurer la sécurité publique sans pour autant restreindre les libertés individuelles. Selon lui, interdire les rassemblements revient à alimenter la frustration et à ouvrir la voie à des affrontements imprévisibles.
Cette sortie du défenseur des droits humains intervient dans un contexte où le débat sur les libertés publiques reprend de la vigueur. Entre la volonté du gouvernement d’assurer l’ordre public et la détermination des citoyens à exprimer leurs revendications, le Sénégal se trouve à un tournant délicat de sa vie démocratique.
Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une éventuelle interdiction des manifestations. Mais le message de Seydi Gassama résonne comme un avertissement : la paix sociale, selon lui, ne saurait se construire sur la répression des libertés, mais sur le dialogue, la confiance et le respect du droit de manifester pacifiquement.
Les avocats de Pape Malick Ndour dénoncent une « manipulation grossière » de ses propos et menacent de porter plainte
Une vive polémique enfle autour des déclarations récentes de Pape Malick Ndour. Alors que certains responsables politiques de Pastef lui attribuent des propos jugés subversifs, le collectif d’avocats de l’ancien ministre monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation grossière » et d’« interprétation tendancieuse » de ses mots.
Dans un communiqué rendu public et signé par Me El Hadji Amadou Sall, le collectif de la défense estime que les déclarations de Pape Malick Ndour ont été déformées à des fins politiques. « Ses propos ont été volontairement travestis par des responsables et militants de Pastef, notamment Amadou Ba et Ayib Daffé », affirme le texte. Selon les avocats, l’un aurait prêté à leur client des intentions de « renverser le gouvernement », tandis que l’autre aurait évoqué un prétendu appel à un « coup d’État ».
Les défenseurs de Pape Malick Ndour rejettent fermement ces accusations qu’ils jugent « fallacieuses » et « politiquement motivées ». Ils estiment qu’il s’agit d’un « stratagème habituel visant à déclencher des poursuites pour faire taire des voix discordantes au sein de l’opposition ».
Dans leur communiqué, les avocats mettent formellement en demeure les deux responsables politiques cités de retirer leurs déclarations qu’ils considèrent comme diffamatoires. À défaut d’une rétractation immédiate, ils annoncent leur intention de déposer une plainte pour « dénonciation calomnieuse et diffamation », tout en les tenant « solidairement responsables de tout préjudice moral ou matériel subi par leur client ».
Cette réaction du collectif intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une recrudescence des affrontements verbaux entre responsables de la majorité et figures de l’opposition. Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse et cadre de la mouvance présidentielle, s’était récemment exprimé sur la situation nationale, appelant à un débat politique apaisé et à la responsabilité des acteurs publics. Ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux, ont rapidement fait le tour de la toile, suscitant des interprétations contradictoires.
Alors que ses avocats dénoncent une campagne de désinformation, cette affaire relance le débat sur l’usage politique des réseaux sociaux et la manipulation de l’opinion à travers des extraits sortis de leur contexte. Le collectif promet de « défendre l’honneur et la réputation » de leur client, tout en avertissant que « toute nouvelle tentative de dénaturation de ses propos fera l’objet d’une riposte judiciaire ».
Papa Malick Ndour répond à Amadou Ba : « Je refuse la diffamation et la manipulation »
L’ancien ministre de la Jeunesse, Papa Malick Ndour, a brisé le silence ce samedi à la suite des accusations portées contre lui, l’accusant d’avoir tenu des propos incitant à un coup d’État. Dans un message fort et empreint de dignité, il a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité, tout en annonçant une action judiciaire contre ses détracteurs.
« Monsieur le Ministre Amadou Ba, je suis un homme d’élégance et de principes. Jamais je ne m’abaisserai à des interprétations malveillantes pour salir un adversaire politique ou instrumentaliser la justice », écrit Papa Malick Ndour, dénonçant ce qu’il qualifie de manipulation politique. L’ancien ministre se défend de tout appel à la subversion : « Que les choses soient claires : je n’ai appelé ni à un renversement du gouvernement par la force ni à un coup d’État. Tout le monde peut regarder la vidéo. »
Pour illustrer sa conception de la politique et de l’éthique républicaine, il rappelle un souvenir personnel partagé avec Amadou Ba : « Souviens-toi de cette photo, celle où, ministre de la République que j’étais, élégant et respectueux de l’adversaire politique, je te déposais chez toi sans rancune, tout sourire et sans amertume, après un débat où tu avais pourtant traité notre régime, l’État, la justice et notre gouvernance de tous les qualificatifs inélégants et anti-républicains. Voilà l’élégance dans notre République, la République sénégalaise. »
Papa Malick Ndour estime que le débat politique doit se faire dans le respect et la vérité, non dans la manipulation. « Aujourd’hui, je refuse la diffamation et la manipulation », martèle-t-il avant d’annoncer la suite : « Dès lundi, mes avocats déposeront une plainte contre toi, Monsieur le Ministre, ainsi que contre le président du groupe parlementaire de Pastef qui m’accuse d’avoir appelé à un coup d’État. »
L’ancien ministre conclut avec un message de fermeté teinté de sérénité : « La dignité, c’est aussi de répondre fermement, mais sans haine. Le combat continue… »
Sénégal–FMI : vers la réconciliation après la tempête du « misreporting »
Le Fonds monétaire international (FMI) refait surface dans le paysage économique sénégalais, déterminé à tourner la page d’un épisode douloureux : celui du scandale du « misreporting », ou dette cachée, qui avait provoqué la suspension du programme financier liant Dakar à l’institution de Bretton Woods. Après dix-sept mois de brouille et de méfiance, les deux parties semblent prêtes à renouer un dialogue franc, empreint de rigueur et de transparence.
Dans un entretien exclusif accordé au journal L’Observateur, Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, est revenu sur cette crise de confiance sans précédent, tout en dévoilant les contours du futur partenariat entre son institution et le pays.
Une introspection nécessaire au sein du FMI
Pour la première fois, le FMI reconnaît publiquement avoir sa part de responsabilité dans le scandale. Edward Gemayel l’admet : « Le FMI est en train de faire une révision interne de ce qui s’est passé, afin de prendre des leçons. » Autrement dit, l’institution ne se limite pas à pointer du doigt les autorités sénégalaises ; elle interroge également ses propres mécanismes de contrôle, jugés défaillants.
Selon lui, une double enquête – interne et externe – est actuellement en cours. Des experts indépendants ont été mandatés pour comprendre comment une telle dette a pu échapper à la vigilance du FMI, pourtant réputé pour sa rigueur en matière de surveillance macroéconomique. Cette démarche d’autoévaluation marque une rare volonté d’humilité et de transparence au sein de l’organisation internationale.
Un nouveau programme en préparation
Si le FMI s’interroge, il agit aussi. Edward Gemayel révèle que les discussions avec les autorités sénégalaises ont déjà repris : « Officiellement, on a commencé à négocier le nouveau programme avec les autorités depuis lundi passé. » Une mission du FMI est attendue à Dakar dès la semaine prochaine pour finaliser la première étape de ces pourparlers.
Toutefois, il ne s’agira pas d’une simple reprise du précédent cadre financier. « Les autorités sénégalaises ne veulent pas continuer avec l’ancien programme. Elles souhaitent démarrer un nouveau qu’elles vont elles-mêmes négocier », précise le chef de mission. Cette volonté d’un nouveau départ symbolise la fin d’un cycle et l’ouverture d’une ère où la transparence et la responsabilité devraient primer.
L’objectif est clair : restaurer la crédibilité financière du Sénégal et garantir que les données transmises au FMI soient désormais fiables, vérifiables et conformes aux standards internationaux.
Dix-sept mois d’isolement financier
Le scandale du misreporting a laissé des traces profondes. Pendant dix-sept mois, le Sénégal s’est retrouvé privé de l’appui du FMI et, par ricochet, de celui de nombreux partenaires financiers internationaux. Dans le système mondial, la validation du FMI reste un signal fort pour les bailleurs : elle conditionne souvent le déblocage d’aides budgétaires, de prêts concessionnels ou d’investissements publics.
« Dix-sept mois sans le FMI, c’était difficile pour le Sénégal », reconnaît Edward Gemayel. Malgré tout, il salue la résilience du pays et de son peuple : « Les Sénégalais ont été remarquablement solides pendant cette période. De notre côté, nous sommes prêts à tout faire pour les aider à repartir sur de bonnes bases. »
La reprise des discussions avec le FMI devrait ainsi marquer le retour progressif du Sénégal sur la scène financière internationale, avec pour ambition de stabiliser les comptes publics et de redonner confiance aux investisseurs.
Une nouvelle culture de transparence
Au-delà de l’aspect financier, le scandale du misreporting aura eu un mérite : celui de forcer l’ensemble des acteurs – autorités, institutions de contrôle et bailleurs – à revoir leurs pratiques. Edward Gemayel souligne une collaboration renforcée entre le gouvernement, la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances et les auditeurs indépendants, notamment le cabinet Mazars.
Ces efforts conjoints visent à bâtir un cadre de transparence totale autour de la dette publique. Désormais, chaque ligne budgétaire est passée au crible, chaque chiffre vérifié. Ce travail minutieux est essentiel pour rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers, mais aussi pour renforcer la crédibilité du Sénégal sur les marchés internationaux.
Vers un nouveau climat de confiance
Selon L’Observateur, la mission attendue à Dakar pourrait marquer un tournant historique dans les relations entre Washington et Dakar. Après la méfiance, place à la vigilance partagée. « On a les pieds sur la pédale, et on fonce pour un nouveau programme », assure Edward Gemayel, confiant quant à la possibilité d’un accord rapide.
Mais au-delà des chiffres et des négociations techniques, l’enjeu est politique et symbolique : il s’agit de restaurer l’image du Sénégal comme partenaire fiable et discipliné, d’envoyer un signal fort aux marchés et de tourner définitivement la page des « dettes cachées ».
« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive
La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.
UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?
Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.
UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS
Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.
NOUVEAU PROGRAMME DU FMI
Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°586 – 18 ET 19/10/2025
Sûreté urbaine : l’influenceuse Adji Mass arrêtée sur instruction du procureur de la République
L’influenceuse sénégalaise Adji Mass a été interpellée ce vendredi sur instruction du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, d’après des informations obtenues par Seneweb. Cette arrestation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de propos jugés contraires aux bonnes mœurs, déclenchant l’ouverture d’une enquête par le parquet.
Le parquet s’était autosaisi du dossier et avait donné des instructions à la Sûreté urbaine, par l’intermédiaire du commissariat central de Dakar, afin de localiser et interpeller l’influenceuse. Les investigations ont permis de la retrouver à la cité Djily Mbaye, où elle a été arrêtée dans l’après-midi, peu après la prière du vendredi.
Selon les premières informations, Adji Mass s’était rendue injoignable ces derniers jours, compliquant ainsi la procédure. Elle sera entendue dans le cadre de l’enquête ouverte pour déterminer la nature exacte des propos incriminés et établir si ces derniers constituent une infraction au regard de la loi.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités veillent à encadrer la publication de contenus sur les réseaux sociaux, notamment ceux pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions importantes sur la responsabilité des influenceurs et la régulation des contenus diffusés en ligne au Sénégal.
Massacre de Thiaroye : des chercheurs dénoncent une « entreprise de dissimulation et de manipulation »
À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi 17 octobre 2025 au Building administratif Président Mamadou Dia, le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais a tiré la sonnette d’alarme sur les tentatives de manipulation de l’histoire entourant le drame de Thiaroye. Selon les chercheurs, l’approche officielle française autour de ce massacre s’inscrit dans ce qu’ils qualifient d’« entreprise délibérée de dissimulation et de manipulation ».
Le professeur Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration du 80e anniversaire du massacre, a dénoncé un refus systématique de raconter fidèlement l’histoire : « Autour de Thiaroye, il y a eu une entreprise délibérée. Une entreprise française de la dissimulation, de la manipulation de l’information et surtout du refus de même raconter l’histoire », a-t-il affirmé.
Selon lui, le cimetière de Thiaroye reste un immense terrain d’investigation inexploité. « Personne n’a jamais essayé de faire des fouilles et l’archéologie de ce cimetière pour savoir qui est enterré là, ni comment ces personnes ont été tuées », a regretté le professeur Diouf, insistant sur la nécessité de confronter les archives aux preuves matérielles afin de révéler la vérité complète sur le massacre.
Le professeur Mamadou Fall, président de la Commission de traitement et d’exploitation, a précisé que les recherches archivistiques menées par la commission ont permis de réévaluer le nombre de victimes, faisant passer les estimations de 35 à environ 70 morts. Cependant, il estime que la recherche archéologique pourrait encore élargir ces chiffres, révélant ainsi l’ampleur réelle de la tragédie.
« Il faut aller au-delà des chiffres et montrer ce qui importe pour nous, Africains, qui écrivons ce récit sur nous-mêmes. Il y a eu un récit linéaire, unique, qui a cherché à invisibiliser et à dissimuler. Aujourd’hui, il y a une pluralité de récits », a souligné le professeur Fall, appelant à la construction d’un récit plus complet et plus juste.
Pour les chercheurs, il est crucial de déconstruire le récit métropolitain qui a longtemps dominé la mémoire du massacre et d’ouvrir un espace pour un récit africain, écrit et contrôlé par les Africains eux-mêmes. « Trop longtemps, notre histoire a été racontée par d’autres. Il est temps de reprendre la parole et de restituer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la dignité », a conclu le professeur Mamadou Diouf.
Cette prise de position des chercheurs s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter la mémoire des tirailleurs sénégalais et à garantir que la vérité historique soit établie, non pas à travers les archives officielles seules, mais aussi grâce à des preuves matérielles et à des recherches scientifiques sur le terrain.
Massacre de Thiaroye : les fouilles archéologiques révèlent de troublantes incohérences dans les tombes des tirailleurs
Le voile se lève progressivement sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais, le professeur Moustapha Sall, président de la Commission Archéologie, a présenté les premiers résultats des fouilles entreprises au cimetière militaire de Thiaroye, théâtre du drame du 1er décembre 1944. Ces investigations confirment d’importantes incohérences entre les archives officielles et la réalité du terrain, ouvrant une nouvelle phase dans la quête de vérité historique.
Selon le Pr Sall, les fouilles avaient pour but de vérifier la correspondance entre les tombes présumées des tirailleurs et les restes humains qui y reposent réellement. Il a rappelé que « la vérité sur ce qui s’est passée à Thiaroye se trouve dans le sol, car tout y est enfoui », soulignant que les archives françaises ne permettent pas à elles seules d’éclairer toutes les zones d’ombre entourant ce massacre.
Les premières constatations des archéologues se révèlent particulièrement troublantes. Contrairement à ce que soutiennent les récits officiels, les squelettes ne se trouvent pas à l’intérieur des tombes supposées abriter les tirailleurs. Dans plusieurs cas, les restes humains ont été retrouvés à l’extérieur du carré funéraire, parfois dans des positions inhabituelles. « Certains corps ont été découverts la tête tournée à l’opposé de la stèle, ce qui montre que les tombes actuelles ne sont pas contemporaines des inhumations », a précisé le chercheur.
Le professeur Sall parle d’un « cimetière réceptacle de plusieurs pratiques d’enterrement », une formule qui laisse entendre que les lieux auraient servi à diverses opérations funéraires à des époques différentes, brouillant ainsi la traçabilité des victimes du massacre.
Depuis le lancement des fouilles en mai dernier, sept tombes ont été ouvertes, permettant la découverte de sept squelettes généralement bien conservés. Chacun d’eux révèle des éléments singuliers. Le premier individu, mesurant environ 1m80, portait encore des brodequins, des bagues, des anneaux, ainsi que des restes de chaînes de fer autour des tibias, évoquant une détention ou une exécution violente. Le second corps ne présente que la moitié de la colonne vertébrale et du bassin, tandis que le troisième est dépourvu de crâne et d’une partie des côtes, avec une balle logée dans la poitrine gauche.
Ces indices, selon le professeur Sall, constituent des preuves matérielles d’une exécution massive et d’un possible déplacement ultérieur des corps. « Ces découvertes confirment que les tombes que l’on croyait être celles des tirailleurs ne le sont pas toutes, ou du moins, qu’elles ne correspondent pas aux récits établis », a-t-il affirmé.
Les archéologues comptent désormais poursuivre leur travail à travers des études anthropologiques et génétiques pour déterminer l’identité des victimes. « Les sept squelettes exhumés feront l’objet d’analyses approfondies. Nous allons extraire leur ADN afin de tenter de les identifier et de retracer leur origine », a indiqué le Pr Sall.
Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, reste l’un des symboles les plus forts des violences coloniales. Des dizaines de tirailleurs sénégalais, anciens combattants revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, furent abattus par l’armée française pour avoir réclamé le paiement de leurs soldes.
Ces nouvelles fouilles viennent remettre en question la version officielle, longtemps contestée par les historiens et les familles des victimes. Elles pourraient ouvrir la voie à une reconnaissance historique plus complète, fondée cette fois sur des preuves scientifiques, et marquer une étape décisive dans la réhabilitation de la mémoire des tirailleurs de Thiaroye.
Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement
À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.
Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.
« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.
Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.
Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.
Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.
Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.
Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.
Fatick : une vaste opération de saupoudrage lancée pour contrer la fièvre de la vallée du Rift
La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.
L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”
Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.
Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.
La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.
Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.
Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.
Bassirou Diomaye Faye accueilli à Kigali par Paul Kagame pour une visite officielle placée sous le signe du partenariat stratégique
Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce vendredi une visite officielle à Kigali, au Rwanda, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. À son arrivée à l’aéroport international de Kigali, le chef de l’État sénégalais a été chaleureusement accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame, dans une ambiance empreinte de fraternité africaine et de respect mutuel.
Cette visite officielle revêt une importance particulière dans le contexte actuel de redéfinition des alliances africaines et de promotion de la coopération Sud-Sud. Elle vise à consolider les liens d’amitié et de partenariat entre le Sénégal et le Rwanda, deux nations reconnues pour leur vision réformatrice et leur volonté de bâtir des États modernes, performants et souverains.
Au cœur des échanges entre Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame figurent plusieurs axes prioritaires, notamment la gouvernance publique, la transformation numérique, la sécurité régionale, l’industrialisation et la promotion du capital humain. Les deux dirigeants entendent également explorer de nouvelles opportunités de collaboration dans les domaines de l’innovation technologique, de l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que du développement durable.
Le président Faye, dont la politique étrangère repose sur une approche souverainiste et pragmatique, considère le Rwanda comme un partenaire africain exemplaire, en raison de ses avancées notables en matière de gouvernance, de digitalisation des services publics et de promotion de l’efficacité administrative. Kigali, souvent cité comme modèle en Afrique en termes de stabilité et de développement, partage avec Dakar une vision commune : celle d’un continent maître de son destin, où la coopération entre nations africaines se substitue progressivement à la dépendance extérieure.
La visite du président sénégalais intervient dans un contexte où les relations entre Dakar et Kigali connaissent un essor constant. Ces dernières années, plusieurs accords de coopération ont été signés dans les domaines de la formation, des technologies de l’information, de la gestion publique et du commerce. Le déplacement de Bassirou Diomaye Faye devrait aboutir à la signature de nouveaux partenariats destinés à renforcer la coopération institutionnelle et économique.
Au-delà des enjeux politiques et économiques, cette rencontre revêt également une forte portée symbolique. Elle illustre la volonté des deux chefs d’État de donner un nouvel élan à la diplomatie africaine, fondée sur la complémentarité et la mutualisation des ressources. Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame entendent ainsi mettre en avant une nouvelle génération de leadership africain, déterminée à offrir des solutions endogènes aux défis du développement et à redéfinir la place du continent sur la scène internationale.
Affaire Parilutte-Parilamb : la Lonase lourdement désavouée, la saisie de fonds annulée par le Tribunal de commerce de Dakar
Le feuilleton judiciaire opposant la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) au Groupement d’intérêt économique (Gie) Parilutte-Parilamb vient de connaître un nouveau rebondissement, et pas en faveur de l’entreprise publique. Le Tribunal de commerce de Dakar a rendu une ordonnance en référé annulant la saisie-attribution de créances opérée par la Lonase sur les comptes bancaires de son partenaire, au motif d’un vice de fond dans la procédure. Cette décision, rendue avec exécution provisoire, vient aggraver la situation de la société nationale déjà condamnée au fond en 2023 à verser 5 milliards de francs CFA au Gie pour rupture abusive de contrat.
Le contentieux remonte à janvier 2020, date à laquelle la Lonase et le Gie Parilutte-Parilamb avaient signé un partenariat stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique dédiée aux paris sur la lutte sénégalaise, dénommée « Parilutte-Parilamb ». Ce projet ambitieux visait à moderniser la gestion des paris sportifs et à mieux encadrer les mises autour du sport roi du Sénégal. Dans l’esprit du partenariat, la Lonase devait apporter son expertise institutionnelle, son réseau et ses autorisations réglementaires, tandis que Parilutte-Parilamb devait fournir la solution technologique et l’infrastructure opérationnelle.
Mais très vite, des désaccords sont apparus. Le Gie accuse la Lonase d’avoir manqué à ses engagements contractuels, en bloquant le lancement du projet et en refusant d’exécuter certaines obligations financières prévues dans la convention. Malgré de multiples tentatives de conciliation, les discussions ont échoué, poussant Parilutte-Parilamb à saisir le Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir réparation.
En octobre 2023, la justice avait tranché en faveur du Gie, condamnant la Lonase à lui verser la somme de cinq milliards de francs CFA pour non-exécution de ses engagements. Une décision que l’entreprise publique avait contestée sans succès, tout en cherchant à contourner ses effets. En mars 2025, la Lonase a tenté de faire saisir les comptes bancaires du Gie logés à la Coris Bank International, sur la base d’une procédure initiée par Me Guillaume Sagna, huissier de justice à Dakar.
Mais cette démarche s’est retournée contre elle. Le Tribunal de commerce, saisi par les avocats de Parilutte-Parilamb, a constaté plusieurs irrégularités de fond dans la procédure de saisie. Le juge a ainsi déclaré nulle la saisie-attribution de créances opérée le 21 mars 2025 et a ordonné la main levée immédiate sur les fonds. Dans son ordonnance, le tribunal a estimé que la Lonase avait violé les principes élémentaires de la procédure civile, en initiant une saisie sans base juridique solide. L’entreprise publique a, de surcroît, été condamnée aux dépens, avec exécution provisoire de la décision, ce qui signifie qu’elle devra s’y conformer sans délai, même en cas d’appel.
Pour Me Mohamed Seydou Diagne, avocat de Parilutte-Parilamb, cette nouvelle victoire judiciaire ne souffre d’aucune ambiguïté : « C’est une décision claire, cohérente et conforme au droit. Elle confirme que la Lonase a choisi une voie de fait en tentant d’obtenir par la force ce que la justice lui avait déjà refusé. » Le conseil a ajouté que son client restait déterminé à obtenir l’exécution intégrale du jugement de 2023 et à faire respecter ses droits.
Cette affaire, au-delà de son aspect financier, met en lumière les fragilités structurelles de la gouvernance contractuelle dans certaines entreprises publiques sénégalaises. Plusieurs analystes y voient le symptôme d’un rapport souvent déséquilibré entre les institutions étatiques et leurs partenaires privés. Dans le cas d’espèce, la Lonase, censée incarner la rigueur et la transparence du service public, se retrouve accusée de manquements répétés à ses engagements, d’initiatives procédurales hasardeuses et de tentatives d’intimidation économique.
Pour l’entreprise publique, ce nouveau désaveu judiciaire constitue un coup dur. Déjà en proie à des critiques sur sa gestion interne et sur la transparence de ses partenariats, la Lonase voit son image encore ternie par cette série de revers judiciaires. Elle se retrouve désormais dans une position délicate : condamnée au fond, déboutée en référé, et sous pression pour exécuter les décisions de justice qui s’accumulent contre elle.
De son côté, le Gie Parilutte-Parilamb sort renforcé de cette séquence. Après cinq années d’un combat juridique éprouvant, il dispose désormais de deux victoires successives qui confortent la solidité de sa position et la légitimité de ses revendications. L’enjeu, désormais, est d’obtenir le paiement effectif des 5 milliards de francs CFA fixés par le tribunal en 2023.
Ce bras de fer, qui mêle enjeux économiques, juridiques et institutionnels, risque de se poursuivre encore longtemps. Mais une chose est certaine : la Lonase, en accumulant les revers, donne l’image d’une institution fragilisée, confrontée à ses propres contradictions et à un besoin urgent de réforme interne. Quant à Parilutte-Parilamb, sa détermination à faire respecter la justice pourrait en faire un symbole de la résistance du secteur privé face aux dérives des structures publiques.
Farba Ngom porte plainte pour diffamation et injures contre Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou
Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a décidé de saisir la justice pour défendre son honneur après la publication d’informations qu’il juge diffamatoires et injurieuses. Actuellement détenu dans le cadre d’une autre procédure, le parlementaire a engagé des poursuites contre le journal Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou, à la suite d’articles et de commentaires qu’il estime attentatoires à sa réputation.
Selon le quotidien Les Échos, deux plaintes distinctes ont été déposées par les avocats de Farba Ngom : la première auprès du procureur de la République pour « diffamation » vise le journaliste Salif Ka et le directeur de publication de Walf Quotidien, Seyni Diop. La seconde, introduite auprès de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), cible Meïssa Babou pour « injures publiques ».
À l’origine de ces plaintes, un article publié dans l’édition du 13 octobre de Walf Quotidien. Le journal y affirmait que Farba Ngom, à travers les sociétés Woodrose Investment et SF-Farms, serait propriétaire de 251 parcelles issues de lotissements, ainsi que de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, sans oublier des terrains au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo. Des allégations que le maire des Agnam conteste fermement, estimant qu’elles portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération publique.
S’agissant de Meïssa Babou, économiste et enseignant, il lui est reproché d’avoir, dans un commentaire relatif à ces accusations, tenu des propos jugés offensants à l’égard du député : « …ils ont choisi la facilité non pas dans l’éthique mais dans la magouille et des détournements (…) C’est de l’enrichissement illicite », aurait-il déclaré. Ces propos ont été interprétés par les conseils de Farba Ngom comme une attaque personnelle, relevant du champ de l’injure publique.
Cette affaire survient dans un contexte judiciaire déjà tendu pour Farba Ngom, qui a parallèlement saisi la juridiction suprême afin d’obtenir la mainlevée de son mandat de dépôt. Ses proches dénoncent ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement médiatique, destinée à ternir son image alors qu’il fait face à plusieurs accusations.
En engageant ces poursuites, le député des Agnam entend rétablir la vérité et faire sanctionner ce qu’il qualifie de dérive médiatique et de diffamation manifeste. Du côté des mis en cause, ni le Walf Quotidien ni Meïssa Babou n’ont pour l’instant réagi publiquement à ces plaintes, mais l’affaire risque d’ouvrir un nouveau front judiciaire mêlant presse, politique et justice dans un climat déjà chargé de tensions autour de la liberté d’expression et de la responsabilité des médias au Sénégal.
Université Gaston Berger : grève de 48 heures des travailleurs pour protester contre la suppression des quotas réservés à leurs enfants
À l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le climat social s’est tendu ces derniers jours. Les travailleurs de l’établissement ont observé une grève de 48 heures, les jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2025, pour dénoncer la suppression des quotas d’inscription réservés aux enfants du personnel universitaire. Cette décision, jugée injuste et brutale, a provoqué la colère des syndicats, qui parlent d’une attaque frontale contre les droits acquis de longue date par les travailleurs de l’université.
Selon les syndicalistes, cette mesure a déjà un impact concret : plus de 40 dossiers d’inscription sont actuellement bloqués, compromettant la rentrée universitaire des enfants concernés. Ibrahima Traoré, membre du syndicat des travailleurs de l’UGB, a décrit la situation comme alarmante. « Aujourd’hui, 24 dossiers sont en souffrance au niveau de notre rectorat. Il s’agit de 42 enfants de travailleurs qui risquent d’être exclus pour ne pas être inscrits. Nous affirmons que c’est injuste », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qu’il qualifie de « honte » pour une institution censée promouvoir la justice et l’équité.
Les travailleurs estiment que l’université renie ses engagements et efface des avantages sociaux acquis de haute lutte. « Nous ne pouvons plus attendre, il n’y a pas d’autre démarche possible que celle de riposter », a insisté M. Traoré, avant de marteler : « Les acquis restent des acquis, nous ne ferons pas marche arrière. »
L’intersyndicale de l’Université Gaston Berger, qui regroupe les principales organisations de travailleurs, a ainsi décidé de paralyser le rectorat et le Centre des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous) pendant deux jours. L’objectif est de faire pression sur les autorités universitaires pour qu’elles reviennent sur leur décision et rétablissent les quotas réservés aux enfants du personnel.
Cette mobilisation met en lumière un malaise plus profond au sein des universités publiques sénégalaises, où les tensions sociales se multiplient sur fond de réformes administratives et budgétaires. Pour les syndicalistes, il ne s’agit pas simplement d’un privilège perdu, mais d’un symbole du respect dû aux agents qui, depuis des années, participent activement au fonctionnement et au rayonnement de l’université.
Alors que la grève a temporairement ralenti les activités de l’UGB, les travailleurs promettent de poursuivre leur combat si aucune solution n’est trouvée. Ils exigent un dialogue franc avec les autorités universitaires et le ministère de l’Enseignement supérieur afin de préserver ce qu’ils considèrent comme un droit légitime.
La rentrée universitaire, prévue dans les prochains jours, risque ainsi d’être perturbée si le conflit persiste, laissant planer une incertitude sur l’avenir des enfants concernés et sur la stabilité sociale au sein de l’Université Gaston Berger.
Assises des entreprises : le gouvernement consacre 300 milliards FCFA à l’apurement des arriérés du secteur privé dans la LFR 2026
Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.
Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.
Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.
M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.
Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.
Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.
Assises de l’entreprise : Baïdy Agne alerte sur les contentieux bancaires et le manque de concertation fiscale
Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.
Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.
Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.
Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.
Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.
Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.
Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.
Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.
Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°585 – 17/10/2025
Forum national du Livre : le Président Diomaye veut faire de Dakar un hub régional de l’édition et de la création intellectuelle
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé ce jeudi à Dakar la volonté du gouvernement de hisser la capitale sénégalaise au rang de pôle régional majeur de l’édition, du livre et de la création intellectuelle. Il présidait la cérémonie d’ouverture du Forum national sur le livre et la lecture, tenu sous le thème “L’éducation par le livre pour une souveraineté éclairée”, un rendez-vous qui marque une étape importante dans la redéfinition de la politique culturelle et éducative du Sénégal.
Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé que la culture, le savoir et la pensée critique constituent les leviers d’une véritable souveraineté nationale. Il a souligné que le livre doit redevenir un outil central dans la formation citoyenne, intellectuelle et morale de la jeunesse, à l’heure où le pays s’engage sur la voie de la refondation de son système éducatif.
Le président Diomaye Faye a annoncé la volonté du gouvernement de réinventer la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), afin d’en faire un cadre plus dynamique, tourné vers l’innovation et la promotion des métiers de l’édition. Il a également insisté sur la nécessité d’ancrer Dakar comme “un hub culturel et intellectuel pour toute la sous-région ouest-africaine”, en renforçant la coopération entre éditeurs, auteurs et institutions éducatives.
Le Forum national du livre et de la lecture, a-t-il expliqué, constitue “un moment fondateur d’un dialogue sincère et d’un pacte renouvelé entre l’État et les acteurs du livre”. Cette rencontre, réunissant éditeurs, écrivains, bibliothécaires, enseignants et institutions publiques, vise à identifier les défis structurels du secteur et à proposer des solutions concrètes pour sa modernisation.
Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation des bibliothèques et salles de lecture, la structuration et le financement du sous-secteur du livre, ainsi que les enjeux liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle, appelées à transformer durablement le paysage éditorial sénégalais.
Le président Faye a aussi insisté sur la valorisation des langues nationales dans la production littéraire, qu’il considère comme un impératif pour consolider l’identité culturelle et exprimer la pensée sénégalaise dans sa propre grammaire. « La souveraineté culturelle et intellectuelle passe par la reconquête de notre parole propre. Il n’est pas possible de transformer durablement une nation sans transformer d’abord son imaginaire, sans élever ses lectures, sans nourrir sa pensée », a-t-il déclaré avec conviction.
Dans un moment empreint d’émotion, le chef de l’État a rendu hommage aux grandes figures des lettres sénégalaises disparues, saluant leur héritage et leur rôle dans la promotion du livre et de la lecture. Il a également exprimé sa reconnaissance aux professionnels du secteur, femmes et hommes “dont l’engagement traduit un patriotisme éclairé et une citoyenneté assumée”.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les écrivains, éditeurs et acteurs du monde du livre sont “les dépositaires d’une mission essentielle” : celle de tenir éveillée la conscience nationale, d’entretenir la flamme du savoir et de préserver la dignité de l’esprit. Pour lui, faire de Dakar un centre de rayonnement intellectuel et éditorial, c’est aussi affirmer la place du Sénégal dans la renaissance culturelle africaine.
Saint-Louis : vives tensions après l’annonce de la démolition des maisons sur la bande des 20 mètres
La situation est tendue sur la Langue de Barbarie, notamment dans les quartiers de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie, à Saint-Louis. L’annonce des autorités locales de procéder à la démolition des maisons construites sur la bande des 20 mètres, une zone considérée comme à risque et relevant du domaine public maritime, a provoqué une vive colère au sein des populations concernées.
Cette décision, présentée par les autorités comme une mesure de sécurité et de préservation du littoral, est perçue par les habitants comme une tentative d’expulsion injuste. À Guet Ndar, des centaines de familles vivent dans l’angoisse d’être déguerpies de leurs habitations. Pour elles, il ne s’agit pas seulement de maisons, mais de leur histoire, de leur identité et de leur principal lieu d’ancrage économique et social.
« Nous n’allons pas partir, nos maisons nous appartiennent et nous refusons de quitter Guet Ndar. En tout cas moi, je mourrai ici », a lancé Abdoulaye Sarr, porte-parole des habitants, sur les ondes de la RFM, traduisant la détermination des populations.
Dans les ruelles étroites de Santhié Ba, la même colère gronde. « Si nous quittons Guet Ndar, c’est comme si nous perdons tout dans la vie. Le gouvernement ne fait rien pour nous. Nous sommes les parents pauvres de ce régime, nous allons rester ici », a ajouté un autre habitant, Abdou Gueye.
Les pêcheurs, principaux résidents de cette zone, se sentent particulièrement visés. Ils estiment que cette opération menace leur mode de vie, déjà fragilisé par la raréfaction des ressources halieutiques et la montée des eaux. Beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme une stratégie déguisée de « récupération foncière » au profit de promoteurs immobiliers.
Face à la montée des tensions, les autorités locales appellent au calme et à la concertation. Elles insistent sur le caractère vital de cette mesure pour la protection des populations elles-mêmes, rappelant les nombreux cas d’érosion côtière et d’effondrement de maisons survenus ces dernières années dans la zone.
Mais pour l’instant, la méfiance reste totale. Les habitants de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie campent sur leur position et promettent de résister à toute tentative de démolition. « Nos maisons nous appartiennent, nous allons voir ce qu’ils vont faire. Nous allons rester ici et nous les attendons », préviennent-ils avec fermeté.
Tivaouane : le préfet lance l’opération de libération des voies publiques
Le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Gueye, a procédé ce jeudi 16 octobre au lancement officiel de l’opération de libération des voies publiques. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de réorganisation de l’espace urbain, impulsée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
La première phase de l’opération a pris la forme d’une visite de terrain consacrée à la sensibilisation des commerçants et occupants installés illégalement sur la voie publique. Le préfet, accompagné de ses services techniques, du maire adjoint chargé du cadre de vie et des forces de sécurité, a tenu à rappeler que cette démarche vise avant tout à “libérer les emprises sans recours à la force”.
L’arrêté préfectoral, entré en vigueur le même jour, interdit désormais toute activité commerciale sur plusieurs artères principales de la ville, notamment les avenues Palla Mbaye et El Hadji Malick Sy, la route nationale 2 et la voie ferrée. Ces zones, souvent encombrées par des étals et des installations anarchiques, seront progressivement dégagées afin de faciliter la circulation, renforcer la sécurité et améliorer le cadre de vie des populations.
Les commerçants concernés ont accueilli la mesure avec prudence, tout en saluant l’approche pédagogique adoptée par l’autorité préfectorale. Certains ont promis de se conformer à la nouvelle réglementation, tout en espérant un accompagnement pour leur relocalisation.
“L’objectif n’est pas de punir, mais de rétablir l’ordre et la fluidité dans la ville”, a souligné Mamadou Gueye, avant de préciser que “la concertation et la sensibilisation demeurent prioritaires, mais force restera à la loi en cas de résistance”.
Cette opération marque une étape importante dans la volonté de l’État de réaffirmer l’autorité publique et d’instaurer une gestion plus harmonieuse des espaces urbains, particulièrement à l’approche des grands événements religieux et économiques qui drainent des milliers de visiteurs à Tivaouane.
« Diffusion de fausses nouvelles » : Soya Diagne envoyé en prison
Le journaliste Soya Diagne, directeur du site d’information en ligne Ledakarois221, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi par le Doyen des juges d’instruction, selon des informations rapportées par la RFM. Il passera ainsi sa première nuit en détention, après avoir été inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, dont diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, et actes ou manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République.
Les faits qui lui sont reprochés découlent d’une publication sur les réseaux sociaux. Soya Diagne aurait partagé un post du blogueur Akhenaton, dans lequel des propos jugés diffamatoires et dénigrants visaient El Malick Ndiaye, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Cette reprise de contenu aurait suffi à déclencher la procédure judiciaire, les autorités estimant que le journaliste a contribué à propager des informations susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à l’honneur d’une institution.
L’affaire suscite déjà de vives réactions dans le milieu de la presse. Plusieurs confrères dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté d’expression et appellent à une application mesurée des lois sur la cybercriminalité et la désinformation. D’autres, en revanche, rappellent la nécessité pour les journalistes et les administrateurs de plateformes en ligne de vérifier leurs sources avant toute diffusion d’information.
Ce nouveau cas relance le débat sur les limites de la liberté de presse au Sénégal, à l’heure où les autorités affichent leur détermination à lutter contre les « fausses nouvelles » et les dérives sur les réseaux sociaux. Soya Diagne reste en détention en attendant la suite de l’instruction.
Auchan applique désormais un droit de timbre sur tous les paiements en espèces
La direction d’Auchan Sénégal a annoncé une nouvelle mesure qui concerne tous ses clients effectuant des paiements en espèces. À compter de ce mois d’octobre, un droit de timbre de 1 % est désormais appliqué sur toutes les transactions réglées en numéraire, quel que soit le montant. Cette décision a été officialisée à travers un communiqué rendu public par l’entreprise, qui précise qu’il s’agit d’une mesure conforme aux dispositions fiscales en vigueur au Sénégal.
Selon Auchan, cette nouvelle taxe n’est pas une initiative commerciale, mais une exigence légale découlant de la politique fiscale nationale. L’entreprise indique qu’elle agit simplement en tant qu’intermédiaire dans le processus de collecte. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », explique le communiqué.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à renforcer la mobilisation des recettes fiscales et à encourager la traçabilité des transactions financières. En imposant un droit de timbre sur les paiements en espèces, le gouvernement espère réduire la circulation du cash et favoriser l’utilisation des moyens de paiement électroniques, jugés plus transparents et sécurisés.
Du côté des consommateurs, cette mesure risque cependant de susciter des réactions mitigées. Certains y verront un prélèvement supplémentaire sur leur pouvoir d’achat déjà affecté par l’inflation, tandis que d’autres y liront une incitation à se tourner vers le paiement par carte ou mobile money.
Dakar-Marrakech-Bissau : un réseau de trafic de drogue démantelé, les suspects placés en garde à vue
Une opération conjointe entre les services de police sénégalais et marocains a permis de mettre à jour un vaste réseau de trafic de drogue reliant Marrakech, Dakar et Bissau. Cette action coordonnée, menée le 13 octobre dernier après une livraison piégée, s’est soldée par plusieurs arrestations à Yarakh et Pikine, dans la banlieue dakaroise, ainsi que par la saisie de plus de 25 kilogrammes de cannabis. Les suspects interpellés ont depuis été placés en garde à vue.
L’affaire a débuté à Marrakech, lorsque les autorités marocaines ont découvert, au début du mois d’octobre, six kilogrammes de cannabis soigneusement dissimulés dans des chauffe-eau électriques. Pris de panique après cette découverte, le transporteur sénégalais impliqué a aussitôt alerté la police. Cet acte a déclenché une opération transfrontalière impliquant l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du Sénégal, en étroite collaboration avec les services marocains, selon les informations rapportées par Les Échos dans sa parution de ce jeudi.
Les enquêteurs ont alors décidé de piéger la cargaison. Le cannabis a été remplacé par une matière inoffensive, dans le but de remonter toute la chaîne du réseau jusqu’à Dakar. Le 13 octobre, les agents sénégalais ont intercepté la livraison à Yarakh, un quartier populaire de la capitale. Sur place, ils ont arrêté B.D., un individu détenteur de la double nationalité sénégalaise et bissau-guinéenne, accompagné de deux complices qui tentaient de récupérer le colis dans un entrepôt discret.
L’opération ne s’est pas arrêtée là. Une deuxième descente à Pikine-Technopole a permis la saisie de 25 kilogrammes supplémentaires de cannabis, ainsi qu’une série d’objets suspects : passeports africains et européens, cartes d’identité, chéquiers, cartes bancaires, cinq téléphones portables et deux véhicules. Ces découvertes ont mis en évidence un réseau structuré et solidement implanté dans la sous-région, opérant à travers plusieurs circuits logistiques et financiers.
Les premiers éléments de l’enquête désignent B.L.T., basé en Guinée-Bissau, comme le cerveau présumé de ce trafic. C’est lui qui aurait coordonné l’acheminement de la drogue entre les différents pays impliqués. Cette affaire illustre la montée des flux illicites à travers l’Afrique de l’Ouest, où les trafiquants exploitent les failles frontalières et les corridors commerciaux pour leurs activités criminelles.
L’opération a également mis en lumière la coopération croissante entre Dakar et Rabat dans le domaine sécuritaire. Confrontés à la recrudescence du narcotrafic, les deux États ont choisi d’unir leurs efforts. Cette collaboration a été saluée par de nombreux observateurs comme « un modèle d’efficacité et de solidarité régionale » face à un fléau transnational. « Aucun pays ne peut lutter seul contre ce phénomène », confie une source proche du dossier, soulignant la nécessité de renforcer les échanges d’informations et les opérations conjointes.
Entre ingéniosité criminelle et vigilance policière, cette opération réussie démontre que la lutte contre le trafic de drogue n’a pas de frontières. Le Sénégal, déterminé à assainir son territoire face à la menace du narcotrafic, entend poursuivre les investigations pour identifier d’autres complices et démanteler les ramifications régionales de ce réseau tentaculaire. L’enquête se poursuit sous la supervision conjointe des autorités sénégalaises et marocaines.
Budget 2026 : la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent plus de 100 milliards FCFA
Le projet de loi de finances 2026, présenté par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, détaille avec précision les allocations budgétaires destinées aux principales institutions de la République. Dans un contexte de rigueur, de rationalisation et de transparence, la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale voient leurs enveloppes financières adaptées à leurs missions, conformément à la politique d’assainissement des finances publiques mise en avant par l’exécutif.
Pour l’exercice 2026, la Présidence de la République bénéficiera d’un budget global de 56,01 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 17,01 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette dotation, selon les précisions du document budgétaire, comprend d’importants concours extérieurs, parmi lesquels 48 milliards proviennent de la Banque africaine de développement (BAD/FAD), 5 milliards de la coopération allemande via la KfW et 2 milliards de l’Agence française de développement (AFD). Ces ressources sont destinées à soutenir la mise en œuvre des programmes présidentiels axés sur la gouvernance, la diplomatie, la modernisation institutionnelle et la coopération internationale. L’objectif affiché est de permettre à la Présidence d’accompagner les grandes orientations du Plan de Redressement économique et social, tout en garantissant la continuité des projets stratégiques de l’État.
La Primature, de son côté, se voit attribuer une enveloppe de 8,29 milliards de francs CFA. Cette somme intègre des appuis extérieurs conséquents, notamment un don de 2,86 milliards de l’AFD, 4,17 milliards du Fonds mondial et un prêt de 1,25 milliard de la Banque islamique de développement (BID). Ces ressources permettront à la Primature d’assurer efficacement la coordination des politiques gouvernementales, la supervision des réformes structurelles et le suivi de la performance administrative. L’enveloppe servira également à appuyer la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES), un pilier majeur du programme gouvernemental visant la relance économique et la création d’emplois.
Quant à l’Assemblée nationale, elle disposera d’un budget de 25,11 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 24,86 milliards en crédits de paiement. Cette dotation vise à renforcer les capacités institutionnelles du Parlement, afin qu’il remplisse pleinement ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un Parlement fort et efficace, garant de la redevabilité et du bon usage des deniers publics, dans un contexte où la rationalisation des dépenses institutionnelles demeure une priorité.
Ainsi, la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent une enveloppe globale dépassant les 100 milliards de francs CFA. Cette somme, bien que conséquente, s’inscrit dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence prônée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de restaurer la discipline budgétaire et d’optimiser les ressources publiques.
Le projet de loi de finances 2026 introduit également un dispositif de suivi et de contrôle renforcé des dépenses publiques. Il fixe notamment les plafonds d’emplois à 1 962 agents pour la Présidence et 877 pour la Primature. Ce mécanisme vise à assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale et une utilisation optimale des ressources humaines de l’État. Dans la même dynamique, une obligation de publication régulière des rapports d’exécution budgétaire est instaurée, afin de garantir la transparence et de permettre aux citoyens de suivre, en toute clarté, l’utilisation des fonds publics.
Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de concilier efficacité institutionnelle, rigueur financière et redevabilité. En plaçant la transparence au cœur de la gestion des finances publiques, l’exécutif entend instaurer une nouvelle gouvernance budgétaire, plus sobre, plus responsable et tournée vers les résultats.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°584 – 16/10/2025
Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye réaffirme l’importance de l’accès à un logement décent et abordable
Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré que l’accès à un logement décent et abordable constitue une préoccupation majeure pour les Sénégalais, en particulier pour les ménages. Conscient de l’importance de cette problématique sociale, le chef de l’État a instruit le Premier ministre de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’accélérer la mise en œuvre des programmes de construction de logements à l’échelle nationale.
Le président a insisté sur la nécessité d’une maîtrise préventive de l’accès au foncier, en soulignant le rôle central de la Société d’Aménagement foncier et de Restructuration urbaine (SAFRU) dans ce domaine. Il a également encouragé le développement de nouveaux projets innovants par la Société nationale des Habitations à loyer modéré (SN HLM) et la Société immobilière et de construction pour l’habitat au Sénégal (SICAP SA), afin de diversifier et renforcer l’offre de logements dans le pays.
Dans le même temps, le chef de l’État a appelé le Secrétaire d’État chargé du Logement à assurer un encadrement plus rigoureux des projets d’aménagement et de construction de logements initiés par les coopératives d’habitat. Il a insisté sur le contrôle systématique de la réalisation des voies, des réseaux divers et des équipements collectifs, en veillant à leur cohérence avec les grandes infrastructures publiques. Cette démarche vise à garantir une urbanisation harmonieuse et une meilleure qualité de vie pour les habitants.
Le président Faye a également souligné la nécessité d’évaluer les missions et actions du Fonds de l’Habitat Social (FHS), afin de confirmer sa véritable place comme instrument stratégique et levier de promotion de l’accès au logement pour les populations les plus vulnérables.
Dans la continuité de ces orientations, le chef de l’État a demandé au Secrétaire d’État chargé du Logement, en concertation avec le ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales ainsi que le ministre des Finances et du Budget, d’engager des discussions avec les acteurs publics et privés du secteur financier, notamment la Caisse de Dépôts et de Consignations et la Banque de l’Habitat du Sénégal. L’objectif est de mettre en place un système de financement efficace pour le logement, capable de soutenir durablement la construction et l’acquisition de logements à travers le pays.
Fièvre de la Vallée du Rift : un deuxième cas confirmé à Dioffior, dans la région de Fatick
La fièvre de la Vallée du Rift refait surface dans la région de Fatick. Un deuxième cas a été confirmé dans la commune de Dioffior, selon les autorités sanitaires régionales. L’annonce a été faite par le directeur régional de la santé de Fatick, le Dr Assane Ndiaye, qui a apporté des précisions sur la situation.
Ce nouveau cas survient quelques jours après la détection d’un premier patient infecté dans la même localité. D’après les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), il s’agit d’un éleveur âgé d’une quarantaine d’années, récemment rentré de Dahra Djolof, une zone d’élevage située dans le nord-ouest du pays, connue pour son activité pastorale intense.
Le Dr Assane Ndiaye a indiqué qu’une équipe d’investigation a été immédiatement dépêchée sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et d’identifier d’éventuels cas contacts. Les services sanitaires locaux travaillent en coordination avec les autorités administratives et vétérinaires pour circonscrire la propagation de la maladie.
La fièvre de la Vallée du Rift, zoonose virale transmise principalement par les moustiques et affectant aussi bien les animaux que les humains, peut provoquer des pertes importantes dans les cheptels et représenter un risque sanitaire pour les populations rurales.
Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, notamment chez les éleveurs et les habitants des zones à risque, en les invitant à signaler tout cas suspect d’abattement ou de fièvre inexpliquée chez l’homme ou l’animal. Des mesures préventives, incluant la désinsectisation et la sensibilisation communautaire, sont également en cours pour contenir la résurgence de la maladie dans la région de Fatick.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°583 – 15/10/2025
Migration irrégulière : 123 candidats interceptés au large de Sangomar par la Marine nationale sénégalaise
La Marine nationale sénégalaise a annoncé, dans la soirée du lundi 13 octobre 2025, avoir intercepté une pirogue transportant 123 candidats à l’émigration irrégulière au large de Sangomar, à environ 110 kilomètres des côtes. L’embarcation, partie d’un pays voisin selon les premières informations, a été repérée par les dispositifs de surveillance maritime avant que les unités navales n’interviennent pour porter secours à ses passagers.
D’après un communiqué publié sur la page X (ex-Twitter) de la Marine nationale, l’opération de sauvetage s’est déroulée dans des conditions difficiles, en raison des courants marins et du nombre élevé de passagers à bord. Les 123 migrants, parmi lesquels figuraient plusieurs femmes et jeunes hommes, ont été secourus et ramenés sains et saufs à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. Une fois sur place, ils ont été remis aux autorités compétentes pour identification, soins médicaux et audition.
Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Europe, notamment vers les îles Canaries. En l’espace de deux semaines, la Marine nationale a procédé à plusieurs opérations similaires. Le 27 septembre dernier, une autre pirogue transportant 282 migrants avait été secourue au large de Dakar, tandis que deux jours auparavant, une embarcation avec 142 personnes à bord avait été interceptée en coordination avec l’Armée de l’Air. Ces opérations traduisent une intensification des départs, souvent organisés par des réseaux transfrontaliers de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des jeunes Africains à la recherche d’un avenir meilleur.
Les autorités militaires affirment que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de surveillance et de sécurisation des côtes sénégalaises. La Marine nationale, appuyée par l’Armée de l’Air et la Gendarmerie maritime, déploie régulièrement des patrouilles dans les zones à haut risque, notamment autour de Sangomar, Joal, Mbour et Saint-Louis, devenues des points de départ fréquents pour les migrants.
Au-delà de la dimension sécuritaire, cette situation met en lumière la persistance des causes profondes de la migration irrégulière : chômage massif, manque d’opportunités économiques, pauvreté, et désespoir social. Beaucoup de jeunes, confrontés à une précarité accrue, continuent de céder aux promesses illusoires des passeurs, malgré les dangers connus des traversées clandestines.
Les autorités sénégalaises, en partenariat avec des organisations internationales comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), multiplient les campagnes de sensibilisation et les programmes d’insertion socio-économique. Cependant, les résultats restent limités face à la pression migratoire croissante et au pouvoir d’attraction du rêve européen.
La Marine nationale, dans son communiqué, a rappelé que la mer n’est pas une voie de salut mais un cimetière pour des milliers de jeunes Africains. Elle a renouvelé son engagement à poursuivre sans relâche les opérations de surveillance et de secours, tout en appelant à une coopération régionale plus soutenue pour endiguer le phénomène à sa source.
Cette nouvelle interception au large de Sangomar vient ainsi s’ajouter à la longue liste des opérations de sauvetage menées ces dernières semaines, soulignant une fois de plus l’urgence d’une réponse globale et concertée à la crise migratoire qui frappe l’Afrique de l’Ouest.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°582 – 14/10/2025
Hausse du prix de l’électricité : Noo Lank dénonce une « injustice énergétique » et appelle à une grande mobilisation le 17 octobre
Le collectif citoyen Noo Lank a tenu, ce lundi 13 octobre à Dakar, une conférence de presse au ton particulièrement ferme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « cherté injustifiée de l’électricité » au Sénégal. Face à la hausse continue des tarifs appliqués par la SENELEC, les membres du mouvement ont fustigé un système de tarification qu’ils jugent « injuste, déséquilibré et socialement insoutenable ». Noo Lank a ainsi annoncé une grande mobilisation populaire prévue pour le vendredi 17 octobre 2025, afin d’exiger du gouvernement des mesures concrètes pour soulager les ménages et les entreprises.
Au cours de cette rencontre avec la presse, les porte-parole du collectif ont dressé un tableau alarmant de la situation énergétique actuelle. Selon eux, les Sénégalais font face à des factures d’électricité exorbitantes et à des consommations jugées anormalement élevées, notamment avec les compteurs prépayés Woyofal. Cette situation, dénoncent-ils, engendre une pression économique insupportable sur les familles, un effondrement du pouvoir d’achat et une asphyxie progressive des petites et moyennes entreprises, ainsi que des startups qui n’arrivent plus à supporter leurs charges mensuelles. Pour Noo Lank, cette crise traduit « l’échec d’une politique énergétique au service des intérêts privés plutôt que de l’intérêt national ».
Le collectif explique avoir tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec les autorités pour trouver des solutions, mais sans succès. Une rencontre prévue avec le ministère de l’Énergie n’a finalement pas eu lieu pour des raisons de coordination. Toutefois, Noo Lank affirme avoir échangé avec la Convergence syndicale des travailleurs de la SENELEC, le directeur général de la société et Habib Sy, président du conseil d’administration. Ces discussions ont permis, selon le mouvement, de confirmer que la situation dénoncée par les citoyens correspond bien à une réalité vécue au quotidien : celle d’un réseau énergétique en crise et d’une gestion financière fragilisée par l’endettement et la dépendance.
Le système de tarification est au cœur des critiques formulées par le collectif. Noo Lank dénonce un modèle qui ne prend pas en compte les disparités sociales ni les efforts de paiement anticipé consentis par les usagers du compteur Woyofal. Selon eux, il est injustifiable que le tarif appliqué soit identique pour les consommateurs prépayés et ceux du système postpayé. Le collectif souligne que Woyofal, en permettant à la SENELEC de bénéficier d’une avance de trésorerie tout en éliminant les risques d’impayés, devrait logiquement être accompagné d’un tarif préférentiel. « Woyofal doit signifier soulagement et non souffrance. Ce système doit bénéficier d’un allègement tarifaire sur toutes les tranches pour jouer pleinement son rôle social », soutient le mouvement.
Dans sa déclaration, Noo Lank ne se limite pas à la dénonciation, mais avance également une série de recommandations. Le collectif appelle le gouvernement à s’attaquer aux causes structurelles de la crise énergétique en commençant par le paiement immédiat de la dette de l’État envers la SENELEC, une dette qui, selon certaines estimations, pèse lourdement sur le fonctionnement de la société nationale. Il plaide aussi pour une augmentation de la capacité nationale de production afin de réduire les coupures récurrentes d’électricité qui affectent l’économie et la qualité de vie des citoyens.
Noo Lank exhorte également l’État à réduire progressivement la dépendance aux producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui assurent près de 70 % de la production nationale, une dépendance jugée dangereuse pour la souveraineté énergétique du pays. Dans le même esprit, le collectif insiste sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet gazier Yakaar-Teranga, censé permettre une réduction significative des coûts de production à moyen terme. Par ailleurs, Noo Lank réclame une renégociation transparente des contrats énergétiques et gaziers conclus avec des opérateurs étrangers, afin qu’ils soient véritablement au service du développement national et non de la rente privée.
En attendant des réponses concrètes, Noo Lank maintient son appel à la mobilisation citoyenne du vendredi 17 octobre. Le rassemblement, prévu à partir de 15 heures, se déroulera du rond-point Sipres au rond-point Pentola, sur les deux voies de Liberté 6, à Dakar. Les organisateurs assurent qu’il s’agira d’une marche « pacifique, populaire et déterminée » destinée à interpeller les autorités sur l’urgence d’une réforme profonde du système énergétique.
Pour le collectif, la lutte contre la cherté de l’électricité dépasse le simple enjeu économique : elle touche au cœur même de la justice sociale et du droit à une vie décente. « L’électricité n’est pas un luxe, c’est un droit social et un levier de développement. Tant que ce droit sera bafoué, nous continuerons à nous battre », a conclu Noo Lank dans sa déclaration finale, invitant l’ensemble des citoyens, syndicats et organisations sociales à se joindre à leur mouvement pour faire entendre la voix du peuple.
Crise de confiance économique : Sénégal Bi Ñu Bokk dénonce la gouvernance « sans cap » du tandem Sonko-Diomaye après la dégradation de la note souveraine
La récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par l’agence de notation américaine Moody’s continue de susciter des réactions politiques et économiques dans le pays. Le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a réagi avec fermeté, dénonçant une « crise de confiance majeure » née, selon lui, d’une gouvernance budgétaire sans direction claire et d’une communication gouvernementale jugée « imprudente et déstabilisatrice ».
Dans un communiqué rendu public, le mouvement dirigé par des figures de la société civile et d’anciens cadres économiques estime que cette dégradation à la note « Caa1 » — la troisième en moins d’un an — est la conséquence directe des « errements et contradictions » du gouvernement. Pour Sénégal Bi Ñu Bokk, cette décision marque « une perte de crédibilité sans précédent du Sénégal sur les marchés financiers internationaux », alors que le pays connaissait auparavant une réputation de stabilité et de bonne gestion budgétaire.
Les membres du mouvement rappellent que cette baisse de la note, couplée à la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI), place désormais le Sénégal dans la catégorie des débiteurs à haut risque, rendant plus difficile et plus coûteux l’accès au financement extérieur. Selon leurs analyses, le pays se retrouve aujourd’hui à emprunter sur les marchés internationaux à des taux dépassant les 7 %, une situation qualifiée d’« intenable » à moyen terme. Le ratio dette/PIB, quant à lui, frôlerait désormais les 119 %, soit le plus haut niveau de l’histoire financière du Sénégal moderne.
Sénégal Bi Ñu Bokk insiste sur les conséquences sociales de cette dérive financière, soulignant que chaque hausse du coût de la dette se traduit par des sacrifices sur les investissements publics. Concrètement, cela signifie moins de budgets pour les écoles, les hôpitaux, les infrastructures régionales et les programmes d’emploi des jeunes. Le mouvement estime que la population sénégalaise paie le prix d’une politique économique marquée par « l’improvisation et la communication », plutôt que par la rigueur et la planification.
Les responsables du mouvement pointent du doigt une déclaration jugée « désastreuse » du Premier ministre Ousmane Sonko, faite en 2024, évoquant l’existence d’une « dette cachée de plusieurs milliers de milliards de francs CFA ». Selon eux, cette sortie publique a eu l’effet d’une bombe dans les milieux financiers internationaux, provoquant un effondrement de la confiance et un renchérissement immédiat du coût de la dette. Ils accusent également le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement de manquer de coordination, évoquant « une cacophonie économique où les chiffres changent chaque semaine et où les ministres se contredisent dans leurs déclarations ».
Le communiqué du mouvement déplore une hausse continue des impôts et des taxes, présentée comme une solution de facilité pour combler les déficits, mais qui asphyxie selon eux les ménages et les petites entreprises déjà fragilisées par l’inflation. Le mouvement y voit le signe d’une perte de maîtrise budgétaire, aggravée par l’absence d’une stratégie économique claire depuis la transition politique de 2024.
Au-delà des finances publiques, Sénégal Bi Ñu Bokk alerte également sur une crise sanitaire croissante, citant les 140 cas confirmés et 18 décès dus à la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) recensés au 10 octobre 2025, principalement dans la région de Saint-Louis. Le mouvement accuse les autorités sanitaires d’improvisation et d’inaction, déplorant l’absence d’un plan national d’urgence sanitaire malgré la gravité de la situation. Cette double crise, économique et sanitaire, serait selon eux la conséquence d’une gouvernance « sans boussole, sans anticipation et sans cohérence ».
Face à ce constat, Sénégal Bi Ñu Bokk formule plusieurs exigences de transparence et de réforme. Il appelle d’abord le gouvernement à publier immédiatement le rapport d’audit du cabinet Forvis-Mazars sur la dette publique, ainsi que le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et le rapport budgétaire de la Cour des comptes. Ces documents permettraient, selon eux, de « faire toute la lumière sur l’état réel des finances de l’État et sur la gestion de la dette publique ».
Le mouvement propose également la centralisation de la dette dans un compte unique du Trésor pour mieux en assurer la traçabilité, la publication mensuelle des statistiques budgétaires, à l’instar des pays modèles du continent comme le Rwanda, et une réforme profonde du système fiscal afin de le rendre plus équitable et plus favorable au développement économique.
En conclusion, Sénégal Bi Ñu Bokk estime que le Sénégal traverse une crise de confiance sans précédent, où la perte de crédibilité financière s’ajoute à un climat social tendu. Pour ses responsables, il est urgent de « restaurer la vérité, la justice, la transparence et le courage politique », car chaque erreur de gouvernance se traduit aujourd’hui par des prix plus élevés, des taxes nouvelles et des emplois perdus.
LOUGA / DRAME À NDOYENNE : Sidy Sow, un éleveur populaire, lynché par une foule
La quiétude du village de Ndoyenne, situé à quelques kilomètres de Darou Moukhty, a été troublée dans la nuit du mercredi 8 octobre. Un drame s’y est produit vers 22 heures, coûtant la vie à Sidy Sow, plus connu sous le nom d’Aloussaye Kardiata, âgé de 45 ans et père de six enfants. Originaire du village de Mbappou, dans la même commune, il a été sauvagement tué par une foule en colère.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, Sidy Sow était un éleveur prospère, connu pour la richesse de son troupeau et son sens du travail. Ses proches, encore sous le choc, affirment qu’il n’avait jamais eu de différends avec qui que ce soit dans la localité.
Mais depuis plusieurs semaines, la zone de Darou Moukhty à Kébémer en passant par Sagata, est marquée par une recrudescence des vols de bétail. Pour faire face à ce fléau, un groupe d’habitants de Ndoyenne a mis sur pied un mouvement de vigilance dénommé « Aar Sunu Momel » (Protégeons notre patrimoine).
Le jour du drame, Sidy Sow s’était rendu à Ndoyenne pour des affaires personnelles. Il s’était arrêté dans un « maïga » pour prendre le dîner lorsqu’il fut averti par le vendeur que des individus cherchaient à l’interpeller, sans préciser leur motivation.
Avant qu’il ne puisse s’échapper, une foule l’a encerclé. Deux gendarmes du poste de Sagata, alertés par la situation, sont intervenus et ont confisqué son téléphone pour contacter ses proches. Son père, joint par les forces de l’ordre, aurait supplié les gendarmes de protéger son fils.
Pris de panique, Sidy Sow aurait tenté de reprendre son téléphone avant de s’enfuir, espérant échapper à la colère de la foule. Non assisté par les forces de l’ordre, il a malheureusement été rattrapé, lynché et grièvement blessé à coups de pierres et d’objets contondants.
UNE MORT QUI SOULÈVE L’INDIGNATION
Les sapeurs-pompiers ont évacué la victime vers l’hôpital de Darou Moukhty, où elle a succombé à ses blessures dans la matinée du jeudi 9 octobre. Joint par notre un de nos confrères, Cheikh Aldiouma Sow, un proche de la victime juge incompréhensible, le silence médiatique autour de ce meurtre. Il dénonce une tentative de manipulation sur les réseaux sociaux, visant à détourner l’attention du public de la brutalité du meurtre. Cheikh Aldiouma a également critiqué les propos de Baye Ndaw, chef du mouvement « Aar Sunu Momel » de Ndoyenne qui aurait minimisé les faits, évoquant la nécessité de comprendre la colère des populations face aux vols répétés de bétail.
Les proches de Sidy Sow, eux, demandent justice : « Ce qui s’est passé est inacceptable. Aucun acte ne peut justifier un tel lynchage », déclare un membre de la famille, appelant les autorités à « punir sévèrement les responsables ».
Selon nos informations, le procureur de Louga a ordonné une autopsie du corps. Cinq (5) suspects ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête. Les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur ce drame qui choque la région et relance le débat sur les dérives de la justice populaire au Sénégal.
Djibril DEME
Tribunal : trois ans de prison ferme pour l’agresseur du Directeur de la Communication d’E-Media
Le tribunal de grande instance de Dakar a rendu ce lundi son verdict dans l’affaire qui avait profondément choqué le monde médiatique sénégalais. Mamadou Fall, reconnu coupable de l’agression violente de Mamadou Ndiaye, directeur de la communication du groupe E-Media, a été condamné à trois ans de prison ferme.
Les faits remontent à une nuit où l’accusé s’était introduit au domicile de sa victime avant de l’attaquer sauvagement. Selon les éléments du dossier, Mamadou Fall avait frappé Mamadou Ndiaye à la tête à l’aide d’une brique, le blessant grièvement. L’agression, d’une rare violence, avait suscité une vague d’indignation dans le monde de la presse et de l’opinion publique.
Transporté d’urgence à l’hôpital principal de Dakar, le Directeur de la communication du groupe E-Media avait subi des soins intensifs pour une blessure grave ayant entraîné une incapacité totale de travail de 28 jours.
Le tribunal a également ordonné à Mamadou Fall de verser à sa victime la somme de cinq (5) millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi.
Ce jugement, rendu après plusieurs semaines d’audience, vient clore un dossier qui avait ému au-delà du secteur médiatique, tant par la brutalité des faits que par la personnalité de la victime.
La décision du tribunal a été accueillie comme un signal fort contre la violence ciblant les acteurs de la communication et les professionnels des médias, rappelant la nécessité de garantir leur sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.
Le Sénégal entame des négociations décisives avec le FMI à Washington
Conformément aux annonces faites par Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), une étape cruciale s’ouvre ce lundi 13 octobre à Washington pour l’économie sénégalaise. Une délégation officielle, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Djiba, a entamé les négociations formelles avec le FMI, en marge des Assemblées annuelles conjointes du Fonds et de la Banque mondiale. Ces discussions visent à conclure un nouveau programme d’aide financière pour le Sénégal, dans un contexte économique marqué par de fortes tensions budgétaires et une perte de confiance des partenaires financiers.
Suspendues depuis plusieurs mois à la suite de ce que le FMI a qualifié de « misreporting » — des déclarations erronées sur la dette et les déficits publics sous l’ancienne administration —, les relations entre Dakar et l’institution financière internationale entrent dans une phase de réévaluation. Les nouvelles autorités sénégalaises, au pouvoir depuis 2024, jouent ainsi une partie essentielle de leur crédibilité économique et politique. Pour elles, il s’agit de prouver leur engagement envers la transparence, la discipline budgétaire et la sincérité des comptes publics.
Les discussions devraient porter sur la mise en place d’un programme triennal d’appui budgétaire et de réformes structurelles, conditionné par la résolution complète du dossier du « misreporting ». Ce préalable est indispensable pour permettre au FMI de débloquer de nouveaux financements, mais aussi pour restaurer la confiance des marchés internationaux et des autres bailleurs de fonds.
La mission de la délégation sénégalaise à Washington s’annonce d’autant plus déterminante que la situation macroéconomique du pays demeure préoccupante. Selon les dernières estimations, le déficit budgétaire atteindrait 14 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau jugé insoutenable par les standards internationaux. Parallèlement, la dette publique s’élève désormais à environ 119 % du PIB, un seuil qui limite considérablement la marge de manœuvre de l’État et compromet son accès aux financements extérieurs.
Cette fragilité a déjà produit ses effets. L’agence de notation Moody’s a récemment abaissé la note souveraine du Sénégal, invoquant une dégradation de la gouvernance financière et une forte dépendance à l’endettement. Le pays se retrouve ainsi dans l’obligation de convaincre non seulement le FMI, mais également l’ensemble de ses partenaires économiques, de sa capacité à corriger le cap.
Pour Cheikh Djiba et son équipe, l’objectif est clair : rassurer, rétablir la crédibilité budgétaire du pays et obtenir un accord qui permette d’alléger la pression sur les finances publiques. Si un consensus est trouvé au terme de ces négociations, le Sénégal pourrait bénéficier d’un soutien financier structuré, combinant assistance technique, prêts concessionnels et mesures d’accompagnement pour relancer la croissance.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°581 – 13/10/2025
Farba Ngom : ses avocats exigent la mainlevée du mandat de dépôt face à un état de santé préoccupant
Le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr dans une affaire présumée de blanchiment et de détournement de fonds continue de susciter de vives tensions. Ce dimanche 12 octobre, Me Baboucar Cissé, avocat du pool de défense de Farba Ngom, a officiellement demandé la mainlevée du mandat de dépôt de son client, dénonçant un non-respect flagrant des droits de la défense et des procédures pénales. Selon lui, Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février, et Tahirou Sarr, incarcéré le 28 février, n’ont jamais été entendus sur le fond de l’affaire malgré neuf mois de détention.
Me Cissé a insisté sur l’état de santé critique de Farba Ngom, soulignant que dès le jour de son inculpation, ce dernier avait fourni un dossier médical complet au juge, demandant une expertise qui n’a jamais été prise en compte. Après l’opposition du procureur, trois professeurs-médecins civils ont confirmé la gravité de la situation, précisant que Farba Ngom courait un risque de « mort subite ». L’avocat a dénoncé l’interprétation erronée de l’alinéa 2 de l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit la mainlevée du mandat de dépôt lorsque l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention. Il a ainsi réclamé la sortie de prison de son client, éventuellement sous contrôle judiciaire.
Me Cissé a par ailleurs critiqué la loi régissant la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qu’il qualifie de « loi scélérate » pour son non-respect du principe du contradictoire et pour avoir permis une incarcération préventive sans preuves tangibles. Il a rappelé que, dans ce dossier, aucune preuve n’atteste que Farba Ngom et son co-prévenu auraient détourné les 125 milliards de francs CFA qui leur sont reprochés. L’avocat a notamment questionné l’absence d’interventions des inspecteurs du Trésor et le manque de détails budgétaires dans le dossier, qui auraient dû clarifier la provenance réelle de ces fonds.
Au-delà des aspects financiers, Me Cissé a dénoncé un déséquilibre dans le traitement de certaines affaires et a appelé au strict respect des droits de la défense, « sacrés » selon la Constitution sénégalaise. Il a souligné qu’il est inconcevable de maintenir Farba Ngom et Tahirou Sarr en détention pendant neuf mois sans les entendre sur un dossier de 125 milliards de francs CFA, et a insisté sur la nécessité de permettre à son client de se défendre dans les plus brefs délais.
Cette demande de mainlevée s’inscrit dans un contexte où la défense de Farba Ngom met en avant l’urgence médicale et les lacunes procédurales, appelant les autorités judiciaires à prendre des mesures conformes à la loi pour garantir la protection de la santé et des droits fondamentaux de leur client.
Thierno Lô dénonce une justice « revancharde » et défend la stratégie de Madiambal Diagne
L’ancien ministre et président de l’Alliance pour la Paix et le Développement (APD), Thierno Lô, a profité de son passage dans l’émission Face au Jury diffusée ce dimanche 12 octobre sur PressAfrik pour livrer une analyse percutante sur la situation politique et judiciaire actuelle du Sénégal. Sans langue de bois, il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de la justice sénégalaise, qu’il qualifie de « revancharde », tout en apportant son soutien à Madiambal Diagne, dont il estime que le départ du pays relève d’une « stratégie de défense » et non d’une fuite.
Dès le début de son intervention, Thierno Lô a remis en cause la légitimité de certaines détentions dans le cadre de la politique de reddition des comptes mise en œuvre par le gouvernement. Évoquant le cas de l’ancien ministre Mansour Faye, il a affirmé que son incarcération était « arbitraire » et motivée davantage par des considérations politiques que juridiques. « Je savais que s’il se présentait devant le juge, il allait être libéré parce qu’il était dans la légalité. Il est parti d’un décret, il a fait un appel. On l’a mis en prison juste parce qu’il est le beau-frère de l’ancien président Macky Sall », a-t-il déclaré. L’ancien ministre a ajouté que le pays faisait face à « une justice revancharde », où certains juges ou procureurs semblent agir sous l’influence de règlements de comptes politiques.
Abordant la question des réformes institutionnelles, Thierno Lô s’est montré dubitatif face à la multiplication des dialogues nationaux et autres forums. Selon lui, ces initiatives n’apportent aucun changement concret. « Les Sénégalais en ont marre des dialogues et des forums qui ne servent à rien. Les conclusions restent toujours dans les tiroirs », a-t-il déploré, soulignant la lassitude d’une population en quête de résultats concrets plutôt que de discours politiques.
Le président de l’APD s’est ensuite longuement attardé sur le dossier brûlant de Madiambal Diagne, journaliste et patron de presse accusé dans plusieurs affaires. Contrairement à ceux qui le qualifient de fugitif, Thierno Lô estime que son départ pour la France s’inscrit dans une stratégie de défense réfléchie. « On dit qu’il a fui, mais moi je ne considère pas ça comme une fuite. Pour moi, c’est une stratégie pour préparer sa défense », a-t-il expliqué, avant de justifier sa position. Selon lui, Madiambal Diagne aurait quitté le pays pour mettre en sécurité certains documents sensibles et mieux organiser sa riposte judiciaire.
« Madiambal dit qu’il détient des documents et il défie constamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Il parle du protocole du Cap Manuel, du patrimoine du Premier ministre, de l’affaire Adji Sarr, du patrimoine bâti et d’autres dossiers. Il affirme qu’il possède une masse d’informations car il a été dans le système. Si tout cela est avéré, son départ n’est rien d’autre qu’une démarche pour préserver ces éléments et préparer sa défense », a expliqué Thierno Lô.
L’ancien ministre a même anticipé le retour du journaliste en évoquant un plan d’action bien orchestré. « Si c’est le Madiambal que je connais, quand il reviendra au Sénégal, il le fera avec un pool d’avocats et en compagnie de la presse internationale pour mener son combat », a-t-il déclaré, laissant entendre que cette affaire pourrait bientôt prendre une dimension internationale.
Dans la dernière partie de son intervention, Thierno Lô a élargi son propos en analysant les racines profondes des dysfonctionnements du pays. Pour lui, le problème du Sénégal n’est pas lié aux institutions ou aux textes, mais aux hommes qui les incarnent. « Nous n’avons ni un problème de texte, ni un problème de système. Nous avons un problème d’animateurs des systèmes. Si on prenait les gens d’ici et qu’on les mettait en France, et inversement, dans deux ans la France serait un pays sous-développé et le Sénégal un pays développé », a-t-il lancé, dans une formule choc illustrant sa vision d’un État gangrené par l’incompétence et le manque d’éthique.
Cette sortie médiatique de Thierno Lô relance le débat sur la politisation de la justice, la place du journalisme d’investigation dans un contexte tendu, et la responsabilité des élites dans la construction d’un Sénégal plus juste et plus équitable. À travers ses propos, l’ancien ministre appelle implicitement à un sursaut national pour réhabiliter la justice, protéger les libertés et restaurer la confiance entre institutions et citoyens.
Sénégal : les conséquences de la dégradation de la note souveraine par Moody’s
Le 10 octobre, l’agence de notation Moody’s Ratings a abaissé la note de crédit du Sénégal, la faisant passer de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision, qui place désormais le pays dans la catégorie des investissements spéculatifs à haut risque, met en lumière les défis économiques croissants auxquels le Sénégal est confronté. Mais que signifie concrètement cette dégradation pour l’économie nationale et pour les citoyens ? Et surtout, la situation est-elle aussi alarmante qu’elle en a l’air ?
Au cœur de cette décision, Moody’s met en avant une détérioration notable de la situation budgétaire et de l’endettement public. Le ratio d’endettement du Sénégal a été révisé à la hausse, atteignant désormais 119 % du PIB en 2024, contre 107 % dans les projections de février. Ce niveau, parmi les plus élevés des pays émergents, témoigne d’une dépendance accrue aux emprunts, notamment sur le marché régional de l’UEMOA. Or, sur ce marché, les taux d’intérêt oscillent entre 6,75 % et 7,75 %, ce qui alourdit considérablement la charge de la dette et réduit les marges de manœuvre de l’État.
En comparaison, la médiane des pays notés « B » par Moody’s s’établit à 283 % des recettes publiques, contre 581 % pour le Sénégal. Cette situation traduit une vulnérabilité budgétaire prononcée et un recours excessif à la dette pour financer les dépenses publiques. Concrètement, cela signifie que près d’un tiers des ressources de l’État servira bientôt à payer les intérêts de la dette, au détriment des investissements essentiels dans les secteurs de la santé, de l’éducation ou des infrastructures. D’après les prévisions, les paiements d’intérêts pourraient absorber 27 % des recettes publiques en 2026, limitant drastiquement la capacité du gouvernement à soutenir la croissance et à améliorer les conditions de vie.
Déjà, la compression des dépenses d’investissement observée au premier semestre 2025 inquiète les observateurs. Si la tendance se poursuit, la croissance économique, prévue à 6,9 % en 2024, pourrait ralentir dans les prochaines années. Les citoyens risquent d’en ressentir directement les effets : retard dans les projets d’infrastructures, baisse de la qualité des services publics ou encore difficultés accrues d’accès à l’emploi. Dans un pays où près de 70 % des travailleurs n’ont pas de contrat formel, tout ralentissement économique a un impact immédiat sur le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.
Un autre facteur de préoccupation réside dans les tensions de liquidité. Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme, initialement prévues pour juin, tardent à aboutir. Or, cet accord est crucial : il permettrait de débloquer des financements concessionnels et de rétablir la confiance des investisseurs. En son absence, le Sénégal est contraint de se financer sur le marché régional, plus coûteux et moins profond. Moody’s avertit que de nouveaux retards dans ces discussions pourraient accroître le risque d’une restructuration de la dette, impliquant les créanciers privés — un signal perçu sur les marchés comme un risque de défaut élevé.
Pour la population, ces difficultés pourraient se traduire par une hausse du coût de la vie ou par une stagnation des services publics essentiels. Les projets d’électrification rurale, par exemple, pourraient être ralentis alors qu’à ce jour, seulement 74 % de la population a accès à l’électricité. De même, la pression budgétaire risque de retarder la réalisation de programmes sociaux et de freiner la création d’emplois dans un contexte déjà fragile.
Pour autant, la situation, bien que préoccupante, n’est pas désespérée. Certains éléments jouent en faveur du Sénégal. L’appartenance à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’ancrage du franc CFA à l’euro garantissent une relative stabilité monétaire, réduisant les risques liés à la convertibilité et aux déséquilibres extérieurs. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé dans une politique d’assainissement budgétaire : il vise une réduction du déficit de 12,8 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, grâce à des réformes fiscales et à la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES).
Enfin, si un accord est conclu avec le FMI d’ici mi-2026, comme l’anticipe Moody’s, cela pourrait marquer un tournant positif. Une telle entente ouvrirait la voie à des financements à taux préférentiels, tout en renforçant la crédibilité du pays auprès des marchés.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°580 – 11 ET 12/10/2025
Moody’s dégrade la note souveraine du Sénégal à Caa1 face à des inquiétudes sur la dette et la liquidité
L’agence de notation Moody’s a abaissé, ce vendredi, les notes d’émetteur à long terme du Sénégal en devises étrangères et locales de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision reflète l’accroissement des risques liés à la trajectoire de la dette publique et à la situation de liquidité du pays depuis le début de l’année 2025.
Selon Moody’s, la dette publique du Sénégal a été réévaluée à 119 % du PIB pour l’année 2024, ce qui complique fortement les efforts d’ajustement budgétaire, malgré les avantages de l’appartenance du pays à l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le ratio d’endettement du pays, estimé à 581 % des recettes publiques en 2024, dépasse largement la médiane observée pour les émetteurs souverains notés B (283 %) et pour les pairs notés Caa (355 %). Cette situation place le Sénégal parmi les marchés émergents et frontières ayant le niveau d’endettement le plus élevé au monde.
L’agence de notation a également relevé la lenteur des progrès concernant la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette situation oblige le gouvernement à se financer davantage via le marché régional, plus coûteux, augmentant ainsi les risques de liquidité et fragilisant la soutenabilité de la dette. Bien que Moody’s estime dans son scénario de base que le pays pourrait bénéficier d’un soutien du FMI sans restructuration de la dette, la confiance dans cette hypothèse a diminué. Les négociations formelles avec le FMI sont prévues pour mi-octobre, l’agence anticipant un accord d’ici mi-2026.
Le Sénégal fait face à des besoins de financement bruts élevés, représentant environ 26 % du PIB pour cette année et pour 2026, avec des paiements d’intérêts estimés à 27 % des recettes publiques en 2026. Pour y répondre, le gouvernement a fortement recours au marché régional de l’UEMOA, émettant des bons et obligations du Trésor combinés équivalant à 8 % du PIB jusqu’à fin septembre, avec des taux compris entre 6,75 % et 7,75 %.
Moody’s a également abaissé les plafonds nationaux du Sénégal en monnaie locale et en devises étrangères, les ramenant respectivement à Ba3 et B1 contre Ba2 et Ba3 auparavant. La perspective négative maintenue par l’agence traduit les risques persistants pour la liquidité du pays, en particulier si des retards supplémentaires venaient à se produire dans la conclusion d’un accord avec le FMI. Une telle situation pourrait réduire le soutien financier externe et accroître la dépendance à des marchés régionaux aux capacités d’absorption limitées.
Cette dégradation de notation reflète donc non seulement les vulnérabilités financières et budgétaires du Sénégal, mais elle met également en évidence l’importance cruciale de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les perspectives économiques et sécuriser les financements nécessaires au fonctionnement de l’État et à la réalisation de ses projets de développement.
Dakar accueille le premier sommet régional sur les filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : Maimouna Dieye appelle à un front unitaire pour leur épanouissement
Dakar a ouvert ses portes au tout premier sommet sur les Filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, un événement qualifié d’« initiative conjointe » réunissant l’UNICEF et le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités du Sénégal. Cette rencontre marque un engagement fort et unifié pour promouvoir l’épanouissement des jeunes filles dans la région et s’inscrit dans une dynamique de partenariat inédit avec les principales concernées : les filles elles-mêmes.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre sénégalaise de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dieye, a exprimé sa fierté d’accueillir ce sommet et a salué la présence massive de ses homologues de la sous-région comme la preuve d’une « convergence de vues » et d’une « détermination collective à créer un front unitaire, j’allais dire un bouclier solide contre tous les obstacles à l’épanouissement des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre ». La ministre a insisté sur le fait que l’avenir des filles est désormais une « priorité absolue, stratégique et intergouvernementale » pour les Chefs d’État et Gouvernements de la région.
Le sommet se distingue par son approche novatrice, centrée sur l’élaboration d’un Agenda Régional commun qui sera « porté, par les filles, pour les filles ». Selon Mme Dieye, cette méthodologie place les bénéficiaires en première ligne de la conception et de la prise de décision, garantissant la pertinence des politiques publiques et valorisant le savoir-faire et les compétences extraordinaires des filles africaines. Elle a également rappelé leur parfaite maîtrise des enjeux et leur connaissance approfondie des solutions adaptées aux défis qu’elles affrontent.
Cette rencontre rassemble l’ensemble des parties prenantes, notamment la CEDEAO, la CEEAC, les partenaires au développement, les corps diplomatiques, les leaders religieux et traditionnels, la société civile, le secteur privé, et surtout les filles elles-mêmes. Mme Dieye a souligné que le choix de Dakar est hautement symbolique, trente ans après l’adoption de la position commune africaine fondant la Plateforme d’action de Beijing en 1995.
Au cours de son allocution, la ministre a rappelé les défis persistants auxquels font face les 74 millions de filles de la région, notamment les violences, les mariages précoces, les mutilations génitales ainsi que l’accès limité à la santé et à l’éducation, des fléaux accentués par les crises liées aux conflits, à l’instabilité économique et au dérèglement climatique. Elle a martelé que « ce sommet de Dakar vient à son heure » et constitue une plateforme pour dire « Assez ! ».
Les travaux, qui s’étaleront sur deux jours, auront pour objectif principal de finaliser l’Agenda Régional. Le point d’orgue de la rencontre sera le Dialogue Intergénérationnel de haut niveau, au cours duquel les jeunes filles présenteront leur Déclaration directement aux autorités politiques, incluant le Haut Représentant du Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
En clôture de son discours d’ouverture, Maimouna Dieye a lancé un appel à transformer ce sommet en acte fondateur d’un mouvement régional puissant pour les filles et annoncé que l’illumination du Monument de la Renaissance Africaine reflétera « l’espoir de toute une génération », symbolisant l’engagement collectif pour un avenir meilleur des jeunes filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Enseignants décisionnaires : Moustapha Guirassy promet une solution avant le 1er janvier 2026
Lors de la conférence de presse du gouvernement tenue ce vendredi, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, est revenu sur la question des enseignants décisionnaires, un dossier qui suscite depuis plusieurs mois l’attention du G7 et de l’ensemble de la communauté éducative. Le ministre a assuré que ce dossier complexe serait définitivement réglé avant le 1er janvier 2026, apportant ainsi une perspective de clarté et de stabilité pour les enseignants concernés.
« Pour les enseignants décisionnaires, la directive est très claire : nous allons vider cette affaire avant le 1er janvier 2026 », a déclaré M. Guirassy, précisant qu’un décret sera signé dans les prochains jours pour formaliser et concrétiser cette mesure. Il a souligné que cette décision s’inscrit dans le cadre d’une volonté de règlement définitif et de respect des engagements pris dans le cadre du Pacte national pour l’éducation.
Le ministre a également lancé un appel aux syndicats, les invitant à privilégier le dialogue et la concertation afin de transformer « l’octobre rouge » décrété par le G7 en un « octobre rose », symbole d’apaisement et de coopération entre le gouvernement et les acteurs du secteur éducatif. Selon lui, l’esprit du Pacte national ne repose pas sur la confrontation, mais sur une volonté partagée de dépasser un passif ancien avec lucidité et générosité.
Cette annonce vise à rassurer les enseignants et à garantir que les mesures nécessaires seront prises pour résoudre durablement les problèmes liés aux enseignants décisionnaires, tout en préservant la stabilité du système éducatif sénégalais.
Kolda : Enda Jeunesse Action plaide pour la création d’un centre psychiatrique
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce vendredi 10 octobre, la coordonnatrice de Enda Jeunesse Action à Kolda, Madame Coumba Boye Sy, a exprimé un plaidoyer vibrant pour la création d’un centre psychiatrique dans la région. Lors d’une caravane de sensibilisation organisée pour marquer cette journée, elle a mis en lumière les difficultés majeures rencontrées par les familles dans la prise en charge des malades mentaux, faute de structures spécialisées à proximité.
Selon Madame Sy, l’absence d’un centre psychiatrique à Kolda oblige les familles à se rendre à Ziguinchor ou à Tambacounda, situés à plusieurs centaines de kilomètres, pour bénéficier de soins adaptés. Cette situation entraîne des retards dans la prise en charge et accroît la souffrance des patients ainsi que le fardeau des proches. « La prise en charge des malades mentaux pose problème du fait de l’éloignement des centres de Ziguinchor et de Tambacounda. C’est une nécessité que Kolda puisse disposer d’un centre psychiatrique », a-t-elle insisté.
En attendant la concrétisation de ce projet, Madame Sy a encouragé le développement d’un accompagnement psychologique communautaire, basé sur l’écoute bienveillante et le soutien mutuel, afin de prévenir l’aggravation des souffrances en véritables troubles mentaux. Dans ce cadre, Enda Jeunesse Action a inauguré en août dernier un centre de bien-être communautaire à Kolda. Cet espace offre aux jeunes et aux adultes confrontés à des situations de détresse émotionnelle un lieu d’écoute, de dialogue et d’accompagnement, permettant ainsi de désamorcer certaines crises avant qu’elles ne deviennent plus graves.
La coordonnatrice a conclu son intervention en appelant les populations à s’approprier ce centre, afin que « personne ne souffre seule », et a insisté sur l’importance de la prévention, de la solidarité et de l’engagement communautaire dans la lutte contre les troubles mentaux. Cette initiative, souligne-t-elle, constitue un pas essentiel vers une meilleure prise en charge de la santé mentale dans la région de Kolda.
Aliou Sall et son épouse toujours en garde à vue malgré une caution de 240 millions FCFA : Me El Hadji Diouf dénonce
L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse, Aïssata Sall, restent en détention au Pôle judiciaire financier, une situation qui suscite incompréhension et indignation de la part de leur avocat, Me El Hadji Diouf. Ce vendredi 10 octobre 2025, à l’issue de l’audition du couple devant le président du Collège des juges d’instruction, Me Diouf a exprimé son étonnement quant au maintien en garde à vue de ses clients alors que ceux-ci ont déposé une caution importante pour obtenir leur mise en liberté provisoire.
Selon l’avocat, Aliou Sall et son épouse ont versé en espèces un montant de 240 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations, répondant ainsi aux exigences pour leur libération. Cependant, le procureur, arrivé tardivement, n’a pas pu examiner la demande dans les délais impartis, ce qui a conduit au prolongement de la détention. Me Diouf insiste sur le fait que toutes les pièces justificatives concernant les opérations bancaires et les transactions liées au projet immobilier conduit par Aliou Sall ont été fournies. L’avocat assure qu’il n’existe aucun élément d’illégalité dans les démarches entreprises par ses clients.
Il a également relevé que les juges d’instruction n’étaient pas tenus de communiquer la demande de caution au procureur, et a indiqué que ce dernier s’est engagé à retourner le dossier lundi au président du Collège des juges d’instruction pour statuer sur la mise en liberté du couple. Me Diouf se montre confiant sur le fait qu’Aliou Sall et son épouse seront libérés après l’examen de cette caution.
L’avocat a par ailleurs déploré le maintien en garde à vue de ses clients durant le week-end, dénonçant ce qu’il qualifie « d’humiliation » et de « souffrance supplémentaire ». Il estime que le couple aurait pu rentrer chez lui et revenir sur convocation lundi, d’autant que, jusqu’à présent, aucun acte d’instruction n’a été formellement pris contre eux.
Cette situation met en lumière la lenteur des procédures judiciaires au Pôle judiciaire financier, alors même que le couple a respecté les exigences financières imposées par la justice. Le maintien en détention d’Aliou Sall et de son épouse, malgré la caution déposée, soulève des interrogations sur la gestion des dossiers et la communication entre les différentes instances judiciaires impliquées.
Pôle judiciaire financier : Aliou Sall et son épouse obtiennent un retour de parquet
L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse ont été autorisés à bénéficier d’un retour de parquet à l’issue de leur audition ce vendredi devant le Pôle judiciaire financier (PJF). Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête en cours portant sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, liés à une société immobilière dont Aliou Sall serait l’actionnaire principal.
Le couple est convoqué une nouvelle fois devant le juge d’instruction en charge du dossier ce lundi, pour poursuivre les investigations. Cette mesure permet aux autorités judiciaires de continuer à approfondir l’examen des éléments constitutifs de l’affaire et de déterminer la suite à donner à cette procédure.
L’affaire, très médiatisée, s’inscrit dans un contexte de contrôle renforcé sur les activités financières et immobilières des personnalités publiques au Sénégal. Les investigations du Pôle judiciaire financier visent à établir la réalité des transactions et à identifier les éventuelles infractions à la législation en vigueur en matière de blanchiment de capitaux.
Le retour de parquet octroyé à Aliou Sall et son épouse illustre le fonctionnement normal de la procédure judiciaire, offrant aux mis en cause la possibilité de répondre aux questions du juge tout en permettant aux enquêteurs de poursuivre la collecte et l’analyse des preuves. L’audition de lundi sera déterminante pour la suite du dossier et pourrait orienter les décisions ultérieures du juge d’instruction concernant la mise en liberté ou la détention éventuelle des intéressés.
Éducation nationale : Moustapha Guirassy présente les avancées et projets stratégiques du ministère
Lors de la conférence de presse du gouvernement « Kàddu » tenue ce vendredi 10 octobre 2025, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a détaillé un ensemble de projets et d’initiatives en cours, soulignant les efforts du ministère pour renforcer la qualité et l’accessibilité de l’éducation au Sénégal.
Le ministre a d’abord mis l’accent sur l’enseignement des langues nationales, qui constitue un axe majeur de sa politique éducative. Huit langues nationales sont désormais enseignées dans les écoles publiques élémentaires à travers les douze académies régionales du pays. Deux nouvelles langues, le Balante et le Safi, ont récemment été intégrées au programme, ce qui témoigne de la volonté du ministère de valoriser la diversité linguistique sénégalaise et de mieux préparer les élèves à un environnement multiculturel. Parallèlement, l’enseignement de l’anglais au préscolaire sera progressivement généralisé, offrant ainsi aux jeunes élèves une ouverture sur le monde et renforçant leurs compétences linguistiques dès les premières années scolaires.
Sur le plan de l’alimentation scolaire, Moustapha Guirassy a rappelé que le ministère a désormais une politique claire en la matière. Il a précisé que l’adoption prochaine d’une loi viendra encadrer cette politique, conformément aux directives du Conseil interministériel. Cette mesure vise à garantir la santé et la sécurité des enfants, tout en contribuant à l’amélioration de la performance scolaire. L’accent est mis sur la qualité nutritionnelle des repas servis et sur l’importance d’un suivi rigoureux afin de répondre aux besoins alimentaires des élèves.
Concernant les daaras, le ministre a indiqué que les travaux des assises sont en cours et que leurs conclusions seront communiquées dans les prochains mois. Ces assises visent à moderniser et à mieux encadrer ces établissements traditionnels, en intégrant des programmes éducatifs adaptés tout en respectant leur dimension culturelle et religieuse. L’objectif est de renforcer la qualité de l’enseignement dispensé et de mieux protéger les droits des élèves.
En matière d’infrastructures scolaires, le ministre a annoncé l’ouverture de deux nouveaux LYNAQES en moins d’un an et la pose imminente de la première pierre de 46 collèges (CEM) et 46 écoles élémentaires, dont le financement est déjà sécurisé. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie nationale de renforcement de l’offre éducative, permettant à davantage d’élèves d’accéder à des structures modernes et adaptées à leurs besoins. Le développement des infrastructures est également pensé pour réduire les disparités régionales et améliorer les conditions d’apprentissage.
Enfin, Moustapha Guirassy a évoqué le rôle essentiel de l’enseignement privé dans le système éducatif national et annoncé la tenue prochaine d’un symposium national à ce sujet avant la fin de l’année. Cette initiative vise à favoriser le dialogue entre le public et le privé, à soutenir les acteurs privés et à créer des synergies pour améliorer la qualité globale de l’éducation. Le ministre a insisté sur la nécessité d’accompagner le secteur privé et de l’intégrer pleinement dans les politiques éducatives nationales.
À travers ces annonces, le ministère de l’Éducation nationale confirme sa volonté de moderniser le système éducatif sénégalais, en valorisant la diversité linguistique, en assurant une meilleure nutrition pour les élèves, en améliorant les infrastructures scolaires et en renforçant la coopération avec le secteur privé. L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une démarche globale visant à garantir un accès équitable à une éducation de qualité pour tous les enfants du pays.
Hivernage 2025 : le ministère de l’Hydraulique dresse un bilan positif des opérations de préhivernage
Lors de la conférence de presse du gouvernement « Kàddu » tenue ce vendredi 10 octobre 2025, Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a présenté un bilan détaillé des activités menées par son département dans le cadre de l’hivernage 2025 et des opérations de préhivernage.
Le ministre a souligné l’ampleur des interventions réalisées pour sécuriser le territoire face aux risques d’inondation. Il a indiqué que 594 kilomètres de canalisations ont été curés, accompagnés de l’entretien de plus de 10 hectares de bassins, ce qui a permis de mobiliser 6,7 millions de mètres cubes d’eau pompée. Pour assurer l’efficacité de ces opérations, 210 camions hydrocureurs ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire.
Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations techniques introduites pour mieux anticiper les crues et gérer les flux d’eau. Il a ainsi annoncé l’installation de 10 stations hydrométriques automatiques, équipées de systèmes de télétransmission, ainsi que la mise en service d’un radar météorologique couvrant un rayon de 60 kilomètres entre Dakar, Mbour et Thiès. Ces outils permettront un suivi plus précis des niveaux d’eau et une meilleure préparation face aux intempéries.
Le ministre a par ailleurs détaillé les efforts réalisés pour réduire les risques de débordement fluvial. La construction de deux bassins de rétention à Kidira, d’une capacité de 20 000 m³ chacun, ainsi que le déplacement et l’indemnisation d’une trentaine de places d’affaires, ont été effectués pour limiter les impacts sur les populations et les infrastructures. À cela s’ajoutent huit digues totalisant 15 kilomètres, dont 3,5 kilomètres de murs de soutènement, contribuant à sécuriser les zones vulnérables.
S’exprimant sur les passerelles et ouvrages de franchissement, le ministre a précisé que quatre passerelles ont été construites dans plusieurs villages de l’intérieur, notamment à Kaffrine (Dioly Manda et Fanaye), tandis que des travaux similaires ont été réalisés à Keur Massar Nord et Sud, ainsi qu’à Rufisque, facilitant ainsi la mobilité des populations et des biens pendant la saison des pluies.
Toutes ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de la Matrice d’actions prioritaires, dont l’objectif est de renforcer la fluidité des mobilisations et d’atténuer les risques d’inondation. Pour appuyer ces efforts, le budget du ministère a été porté de 2,6 milliards à 6,4 milliards F CFA, témoignant de l’importance accordée par l’État à la prévention et à la gestion des eaux pluviales.
Santé mentale : le Sénégal brille par son absence lors de la Journée mondiale, les acteurs tirent la sonnette d’alarme
Le 10 octobre, le monde entier célébrait la Journée mondiale de la santé mentale, une occasion de sensibiliser sur l’importance du bien-être psychique et d’attirer l’attention sur les défis liés à la prise en charge des troubles mentaux. Mais au Sénégal, cette journée est passée dans un silence total. Aucune activité officielle n’a été organisée par les autorités pour marquer l’événement, une situation dénoncée avec fermeté par les acteurs du secteur.
L’Association sénégalaise de soutien et de suivi des malades mentaux (ASSMM), par la voix de son président Ansoumana Dione, a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un désintérêt de l’État pour une question de santé publique majeure. Intervenant sur les ondes de la RFM, M. Dione a rappelé que cette journée, placée sous le thème « Accès aux services de santé mentale en cas d’urgence », devait être une opportunité pour le Sénégal de montrer son engagement. « Il n’y a pas eu de cérémonie officielle, aucune activité institutionnelle n’a été organisée. Nous demandons au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’organiser une réunion afin que cette journée soit tout de même célébrée au cours de ce mois d’octobre que l’OMS a dédié à la santé mentale », a-t-il plaidé.
L’activiste a également dénoncé l’absence de services d’urgence psychiatriques dans plusieurs régions du pays. « Que ce soit à Kaolack, à Saint-Louis, à Matam, voire même à Dakar, beaucoup de zones ne disposent d’aucun service d’urgence dédié à la santé mentale », a-t-il regretté. Une réalité alarmante, d’autant plus que les troubles psychiques ne cessent de croître, notamment chez les jeunes.
Le psychiatre Bamba Seck, exerçant dans la région de Kaolack, abonde dans le même sens. Selon lui, la situation devient critique. « Nous avons enregistré 5 370 consultations cette année, un chiffre en constante augmentation. Cela montre que la région fait face à un problème majeur de prise en charge des malades mentaux », a-t-il déclaré. Il dénonce par ailleurs le manque criant d’infrastructures adaptées et l’insuffisance du personnel médical spécialisé, rappelant qu’il est le seul psychiatre couvrant les régions de Kaolack, Kaffrine et Diourbel. « Lorsqu’une hospitalisation est nécessaire, nous devons transférer les patients vers d’autres structures, car il n’y a pas de centre de santé mentale ni de psychiatre à Kaffrine », explique-t-il, soulignant les conditions précaires de travail dans lesquelles évoluent les professionnels du secteur.
Cette situation préoccupante met également en lumière les failles du système de prévention. Pour le Dr Augustin Diégane Tine, psychiatre en santé publique à l’Université Cheikh Anta Diop, le pays doit investir davantage dans la sensibilisation et l’éducation communautaire. « Le Sénégal doit renforcer la promotion et la prévention de la santé mentale. Il ne faut pas attendre qu’une catastrophe se produise pour orienter les populations. Celles-ci doivent être préparées à réagir de manière proactive pour préserver leur santé mentale », a-t-il insisté.
En réalité, le Sénégal souffre d’un déficit chronique de personnel qualifié. Le pays compte moins de 40 psychiatres pour plus de 18 millions d’habitants, un ratio largement insuffisant pour faire face aux besoins croissants. Pour pallier ce déficit, les autorités universitaires et sanitaires ont lancé un programme de formation de 500 étudiants d’ici décembre, dans le cadre de l’initiative « Santé mentale mobile », mise en œuvre par l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, avec l’appui de partenaires comme la CEDEAO.
Cependant, en l’absence d’une politique nationale forte et d’un engagement réel de l’État, les efforts isolés risquent de ne pas suffire. La célébration manquée de cette journée mondiale est, pour beaucoup, le symbole d’un désintérêt structurel envers la santé mentale, encore trop souvent considérée comme un sujet secondaire.
Alors que les troubles psychiques gagnent du terrain et que les structures d’accueil se font rares, la santé mentale au Sénégal reste le parent pauvre du système sanitaire, malgré son impact direct sur les familles, les communautés et la productivité nationale. Les acteurs de terrain appellent à une réaction urgente des autorités pour que la santé mentale cesse d’être ignorée et devienne enfin une priorité nationale de santé publique.
Cyberattaque d’envergure contre la DGID : le groupe de hackers “Black Shantak” exige 6 milliards de F CFA et menace de paralyser tout le ministère des Finances
La tension est à son comble entre l’État du Sénégal et un mystérieux groupe de cybercriminels se présentant sous le nom de « Black Shantak ». Après plusieurs jours de silence officiel, les hackers sont revenus à la charge, revendiquant ouvertement la cyberattaque qui a visé la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID). Dans une communication rendue publique dans la nuit de jeudi à vendredi, le groupe a lancé un ultimatum à l’État sénégalais, exigeant le paiement d’une rançon de 6 milliards de francs CFA avant 16 heures ce vendredi, faute de quoi ils menacent de paralyser l’ensemble du ministère des Finances et du Budget.
Selon les informations rapportées par la RFM, le groupe de pirates informatiques affirme avoir eu un accès complet aux serveurs internes de la DGID et assure détenir plus d’un térabit de données confidentielles, soit l’équivalent de plus de 1 000 gigaoctets de fichiers. Ces informations, selon eux, contiennent des documents fiscaux, des données sur des entreprises privées, des informations personnelles sur des contribuables, ainsi que des correspondances internes de l’administration.
Dans un ton de défi, « Black Shantak » a catégoriquement démenti les déclarations de la DGID, qui avait, plus tôt cette semaine, nié tout incident majeur. Pour appuyer leurs affirmations, les pirates ont publié un échantillon de fichiers volés, présentés comme provenant directement du système informatique de la direction. Ils affirment par ailleurs que l’infrastructure de la DGID sert de porte d’entrée stratégique vers les autres directions clés du ministère, notamment les Douanes, le Trésor public et la Direction générale du Budget.
Les cybercriminels soutiennent également qu’ils surveillent en temps réel les activités numériques de la DGID et de ses partenaires techniques. Dans leur communiqué, ils citent nommément la société Kaspersky, réputée pour son expertise en cybersécurité, qu’ils accusent de ne pas avoir la capacité d’endiguer la menace. Selon eux, « les sociétés de sécurité ne peuvent que présenter des rapports et donner des conseils, sans être capables d’arrêter ce qui est déjà en marche ».
Le groupe se montre particulièrement provocateur, exhortant le ministre des Finances et du Budget ainsi que le directeur général des Impôts à « arrêter de perdre du temps » et à entamer des négociations immédiates. Passé le délai fixé, les pirates menacent de publier l’intégralité des données sensibles et de bloquer l’accès à plusieurs plateformes fiscales stratégiques, y compris celles utilisées pour la collecte et le suivi des recettes publiques.
Cette attaque, si elle est confirmée dans son ampleur, constitue l’un des incidents cybernétiques les plus graves jamais recensés au Sénégal. Elle met en lumière la fragilité du système de cybersécurité de l’administration publique, déjà fragilisé par plusieurs signaux d’alerte au cours des derniers mois. La DGID, pilier de la collecte fiscale nationale, gère des données cruciales relatives aux recettes de l’État, aux entreprises et aux particuliers, faisant d’elle une cible de choix pour les cybercriminels.
Des experts en sécurité numérique interrogés par plusieurs médias locaux estiment que cette attaque pourrait provenir d’un réseau international structuré, probablement basé hors du continent africain, compte tenu du niveau technique et du volume de données extraites. Certains évoquent même la possibilité d’une opération d’espionnage économique, visant à tester la résilience des infrastructures informatiques sénégalaises.
Du côté du gouvernement, le silence reste de mise. Aucune déclaration officielle n’a été faite dans les dernières heures, et les services de communication de la DGID n’ont toujours pas confirmé l’authenticité des données publiées par les pirates. Toutefois, plusieurs agents internes auraient reçu des consignes de restriction d’accès aux serveurs et aux comptes de messagerie, le temps de rétablir les niveaux de sécurité.
Cette affaire soulève une question majeure sur la souveraineté numérique du Sénégal, alors que les institutions publiques dépendent de plus en plus des systèmes informatisés pour la gestion de leurs activités. Une éventuelle fuite massive de données fiscales pourrait avoir des conséquences économiques, diplomatiques et politiques considérables, affectant la confiance des partenaires techniques et financiers du pays.
À quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé par les pirates, le Sénégal se retrouve face à un chantage numérique sans précédent. L’enjeu dépasse la simple question du paiement d’une rançon : il s’agit désormais de savoir si l’État sénégalais est prêt à affronter, seul, une menace cybercriminelle de cette envergure.
Pikine : le directeur de l’Anec alerte sur la présence de logiciels malveillants dans des centres d’état-civil
Une alerte grave sur la sécurité numérique des données de l’État a été lancée jeudi à Pikine. Le nouveau directeur général de l’Agence nationale de l’état-civil (Anec), Matar Ndao, a révélé la présence de nombreux logiciels non autorisés, potentiellement malveillants, installés sans aucun contrôle dans plusieurs centres d’état-civil. Cette découverte a été faite lors de sa première visite officielle dans les mairies du département de Pikine, en banlieue dakaroise.
Selon M. Ndao, ces programmes informatiques, d’origines diverses, échappent totalement à la supervision des autorités compétentes. « Ces logiciels sont de différents types, trop nombreux et on ignore qui les a installés, dans quel but et où les données collectées sont hébergées », a-t-il déclaré, visiblement préoccupé. Le directeur de l’Anec, n’ayant obtenu aucune explication claire de la part des agents locaux, a exprimé ses doutes quant à la finalité réelle de ces outils. Il craint qu’ils puissent être utilisés pour extraire ou transférer clandestinement des informations personnelles de citoyens sénégalais vers des serveurs extérieurs, exposant ainsi le pays à de graves risques en matière de souveraineté numérique et de cybersécurité.
Face à cette menace potentielle, le directeur général a insisté sur l’urgence de renforcer la protection des infrastructures numériques de l’État. Il a notamment recommandé l’installation et la mise en service rapide de Data centers nationaux afin d’assurer la conservation et la sécurité des données sensibles. « Nos données sont privées, l’État doit assurer leur sécurité », a-t-il martelé, rappelant qu’à ce jour, plus de 400 centres d’état-civil sont déjà connectés à des serveurs nationaux. Cette interconnexion, selon lui, constitue un socle solide pour bâtir un système fiable et résilient, à condition que les failles actuelles soient corrigées sans délai.
Matar Ndao a également profité de cette tournée pour aborder un autre problème persistant : la prolifération des faux documents administratifs. Ce phénomène, souvent facilité par des intermédiaires, démarcheurs ou courtiers, fragilise la crédibilité du système d’état-civil et alimente des réseaux de fraude à grande échelle. Pour y remédier, l’Anec a lancé le programme « Nekkal », aussi connu sous le nom d’« Ernec », un ambitieux projet de numérisation et de sécurisation des actes administratifs. Ce dispositif vise à authentifier les documents, limiter les falsifications et réduire l’intervention des tiers dans les procédures officielles.
Une attention particulière est portée aux enfants du primaire, nombreux à ne pas disposer de pièces d’état-civil. Le programme « Nekkal » entend corriger cette lacune afin de garantir à chaque enfant sénégalais une identité légale et numérique sécurisée. Toutefois, malgré les progrès observés dans les mairies visitées, des insuffisances persistent dans la tenue des registres et dans l’archivage des documents.
Pour le directeur général de l’Anec, la modernisation complète du système d’état-civil ne pourra être réussie que si la sécurité informatique devient une priorité nationale. Cette découverte à Pikine, qui soulève la question du contrôle des logiciels utilisés dans les administrations, pourrait marquer un tournant dans la politique de protection des données publiques au Sénégal.
Crise sociale à AIBD.SA : les travailleurs dénoncent le non-paiement des salaires d’octobre
Une vive tension secoue l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD.SA). Depuis le début du mois d’octobre, les agents de la société n’ont toujours pas perçu leurs salaires, une situation qui plonge plusieurs familles dans la détresse et qui provoque la colère du Syndicat des Travailleurs des Aéroports du Sénégal (SYTAS). Dans un communiqué rendu public ce vendredi 10 octobre 2025, le syndicat dénonce une « situation scandaleuse et intolérable » qui illustre, selon lui, la mauvaise gestion de l’entreprise et le mépris affiché envers les travailleurs.
Le retard du paiement intervient dans un contexte particulièrement sensible. En pleine période de rentrée scolaire, de nombreux employés se retrouvent dans l’incapacité de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants. Le SYTAS déplore que des pères et mères de famille, dévoués au service de l’entreprise, soient ainsi laissés sans ressources. Dans sa déclaration, le syndicat alerte sur les conséquences directes de cette situation sur la vie des agents, soulignant que certaines banques ont commencé à suspendre les avantages et à couper les lignes de crédit, aggravant davantage la précarité financière des familles concernées.
Les travailleurs ne cachent pas leur indignation. Pour eux, ce retard n’est pas un simple incident administratif, mais le signe d’un dysfonctionnement profond au sein de la direction de l’AIBD.SA. Le SYTAS parle d’une « énième forfaiture » et accuse la direction de confisquer progressivement les acquis sociaux, pourtant obtenus après de longues luttes syndicales. Les agents dénoncent un climat de travail devenu pesant, marqué par une absence de dialogue et par une gestion jugée opaque des ressources de la société.
Face à cette situation, le syndicat appelle la direction générale à assumer pleinement sa responsabilité sociale et à rétablir sans délai le paiement des salaires. Le SYTAS interpelle également les autorités publiques, en particulier le ministère des Finances et du Budget et le ministère des Transports aériens, les exhortant à intervenir pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « mépris institutionnalisé » envers les travailleurs. Les représentants syndicaux rappellent que l’AIBD.SA n’est pas une entreprise ordinaire, mais une structure stratégique qui joue un rôle central dans l’économie nationale et l’image du Sénégal à l’international.
Le syndicat s’interroge sur la capacité de gestion d’une société aussi symbolique du développement national, incapable de garantir à ses employés le minimum vital. Selon le communiqué, cette situation compromet non seulement la stabilité sociale du personnel, mais aussi la performance de l’aéroport, qui repose sur l’engagement quotidien de centaines de travailleurs. Le SYTAS affirme rester ouvert au dialogue, mais avertit que la patience des employés a atteint ses limites. En cas d’inaction, le syndicat se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux et syndicaux, y compris la mobilisation générale pour défendre les droits des travailleurs.
En attendant, la tension reste vive au sein de l’AIBD.SA, où l’incertitude domine. Le retard du paiement des salaires d’octobre risque d’amplifier la grogne sociale et de relancer le débat sur la gouvernance des entreprises publiques, à un moment où la question du pouvoir d’achat et de la justice sociale prend une importance croissante au Sénégal.
Fièvre de la Vallée du Rift à Louga : deux morts et plusieurs cas graves enregistrés, les autorités sanitaires en alerte
La région de Louga, située dans le nord-ouest du Sénégal, est en état d’alerte après la détection de plusieurs cas de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR). Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), quatre cas humains ont été confirmés, dont un cas simple et trois graves. Deux décès ont déjà été enregistrés, provoquant une vive inquiétude dans les localités touchées.
Le médecin-chef de région, le Dr Cheikh Sadibou Senghor, a indiqué que les équipes sanitaires ont immédiatement pris des mesures pour contenir la propagation de la maladie. Parmi ces actions figurent la désinfection des zones concernées, la vaccination de plus de 1 000 têtes de bétail et la réalisation de 271 prélèvements sur les animaux. Dix-neuf prélèvements ont également été effectués chez les personnes présentant des symptômes suspects.
Les services de santé ont également renforcé la surveillance épidémiologique et multiplié les campagnes de sensibilisation à destination des populations rurales. En tout, 1 210 éleveurs ont été formés et sensibilisés sur les modes de transmission et les précautions à adopter.
Le Dr Senghor a tenu à rappeler que, selon les données scientifiques actuelles, la transmission interhumaine de la Fièvre de la Vallée du Rift n’a pas été démontrée. La maladie se transmet principalement par la piqûre de moustiques infectés ou par contact direct avec le sang, les tissus ou les produits d’animaux contaminés.
Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue et insistent sur la nécessité d’adopter des mesures d’hygiène strictes lors de la manipulation du bétail et de ses produits dérivés. Une surveillance renforcée reste en cours à Louga et dans les zones environnantes afin d’éviter toute propagation du virus vers d’autres régions du pays.
Sédhiou : une adolescente de 14 ans retrouvée pendue dans sa chambre, une enquête ouverte
Un drame d’une rare tristesse a secoué la ville de Sédhiou ce jeudi après-midi. Une jeune fille âgée de seulement 14 ans a été retrouvée pendue dans sa chambre familiale, au quartier Moricounda. La victime, identifiée sous les initiales M. Fall, était élève en classe de 6e.
Selon les premiers éléments rapportés par le journal L’Observateur, la jeune fille aurait préparé le repas familial avant de se retirer dans sa chambre, peu avant la prière de 14 heures. Quelques instants plus tard, la famille, inquiète de son absence prolongée, est allée à sa recherche et a fait la macabre découverte. Le corps sans vie de l’adolescente était suspendu à l’intérieur de la pièce, plongeant les proches et le voisinage dans une profonde consternation.
Les circonstances exactes de ce drame demeurent pour l’instant inconnues. Aucune piste n’est écartée, et les autorités locales restent prudentes quant aux causes du décès. Les éléments de la police, alertés aussitôt, se sont rendus sur les lieux accompagnés du procureur de la République et des sapeurs-pompiers pour les premières constatations d’usage.
Le corps de la victime a été transporté à la morgue de l’hôpital régional de Sédhiou pour autopsie, tandis qu’une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Ce drame relance le débat sur la santé mentale et le suivi psychologique des jeunes, dans un contexte où les cas de suicides précoces deviennent de plus en plus préoccupants dans certaines régions du pays. À Moricounda, la douleur est immense et les habitants restent sous le choc face à la disparition tragique de la jeune élève, décrite par son entourage comme calme, studieuse et sans histoire.
Ouakam : un vaste réseau de trafic de haschich démantelé par l’OCRTIS
Une importante opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a permis de mettre fin aux activités d’un réseau de trafic de haschich actif à Ouakam et dans ses environs. Quatre individus ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire, parmi lesquels figure le présumé chef de bande, El Hadji Malick Diagne, connu sous le surnom de « Ass Malick ».
Tout est parti de renseignements précis faisant état de la présence d’un réseau de distribution de drogue dans cette zone côtière de la capitale. Après plusieurs semaines de filature et de recoupement d’informations, les enquêteurs ont mis sur pied une opération d’infiltration soigneusement planifiée. Un agent de l’OCRTIS, se faisant passer pour un client, a passé commande de 50 grammes de haschich pour un montant de 220 000 francs CFA. Deux intermédiaires, Taha Thiam et Ibrahima Thiam, se présentant tous deux comme chauffeurs de Yango, ont été chargés d’organiser la transaction.
Le rendez-vous a été fixé à la station Shell de Ouakam. À l’heure convenue, El Hadji Malick Diagne, alias « Ass Malick », s’est présenté sur les lieux à bord d’une moto conduite par Maïssa Fall, qui prétend exercer le métier de peintre. Les agents de l’OCRTIS, déjà en position, ont procédé à leur interpellation immédiate, les prenant en flagrant délit avec la quantité de drogue commandée. L’opération, rapide et précise, a permis de neutraliser le réseau sans incident.
Interrogé par les enquêteurs, « Ass Malick » a reconnu sans détour être le propriétaire du haschich saisi. Il a également révélé des informations sur son fournisseur, un certain « Ada », basé dans la zone du parking de Ngor. Ces déclarations ont conduit les agents à perquisitionner son domicile à Ouakam, près du terminus de bus. Les recherches ont permis de découvrir d’importants éléments matériels liés au trafic : trois couteaux, une balance électronique, un rouleau de papier film utilisé pour le conditionnement de la drogue, ainsi que plusieurs téléphones portables.
La moto utilisée pour la livraison a également été saisie, renforçant le dossier à charge contre les suspects. Selon les premiers éléments de l’enquête, le réseau fonctionnait de manière structurée, avec des rôles bien définis entre les intermédiaires chargés du contact avec les clients et le chef présumé, chargé de l’approvisionnement et de la distribution.
Les quatre mis en cause, actuellement en garde à vue, font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue. Ils seront présentés au parquet dès la fin de l’enquête préliminaire.
Cette nouvelle opération, saluée par les autorités policières, témoigne de la détermination constante de l’OCRTIS à combattre le trafic de stupéfiants sur l’ensemble du territoire national. Le démantèlement de ce réseau de Ouakam s’inscrit dans la continuité des efforts visant à assécher les circuits de distribution de drogues dures, particulièrement le haschich, dont la consommation gagne du terrain dans certains milieux urbains.
UMOA : La SENELEC innove avec une émission de 120 milliards FCFA d’obligations vertes et durables
La SENELEC, opérateur public de l’électricité au Sénégal, vient de franchir une étape majeure en lançant une opération de titrisation de ses créances pour un montant de 120 milliards de francs CFA, marquant une première sur le continent africain. Cette initiative combine pour la première fois une émission de Green Bond et de Sustainable Linked Bond, offrant ainsi aux investisseurs la possibilité de soutenir à la fois la transition énergétique et les objectifs de durabilité sociale et environnementale du pays.
L’opération consiste à céder des factures échues et impayées, notamment auprès d’entités publiques, d’ambassades et de grandes entreprises, à un Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC SENELEC 2025-2030). En contrepartie, des obligations seront émises sur le marché financier régional de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), avec une période de souscription ouverte du 29 septembre au 5 novembre 2025. La durée de ces obligations est de cinq ans, avec échéance en 2030, et elles sont structurées en quatre tranches offrant des taux d’intérêt allant jusqu’à 10 %.
La répartition des fonds montre la volonté de SENELEC d’investir dans des projets durables et verts : 52,5 % de l’enveloppe, soit 63 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations vertes destinées au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, tandis que 47,5 %, soit 57 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations liées à la durabilité, indexées sur des objectifs environnementaux et sociaux. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’objectif national de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique d’ici 2030 et d’assurer un accès universel à l’électricité.
La titrisation des créances, méthode novatrice pour un énergéticien africain, consiste à transformer un portefeuille de factures clients en titres financiers négociables. Les flux futurs des paiements de ces créances serviront à rémunérer les investisseurs. Cette approche permet à SENELEC de réduire sa dépendance aux subventions étatiques et de diversifier ses sources de liquidités, alors que la demande en électricité croît régulièrement sur l’ensemble du territoire. En logeant les créances dans un fonds commun coté à la BRVM, la société bénéficie d’une notation basée sur la qualité de ses factures plutôt que sur son bilan, réduisant ainsi la prime de risque exigée par les investisseurs.
Le montant de 120 milliards FCFA correspond à environ la moitié du programme d’investissement de SENELEC pour la période 2025-2027, couvrant la modernisation du réseau de transport, l’extension de la production solaire et le renforcement des postes de distribution urbains critiques. Le Plan spécial d’investissement est structuré en trois tranches à durées variables de cinq, sept et dix ans, avec des coupons différenciés afin d’attirer différents types d’investisseurs, allant des banques commerciales aux caisses de retraite et assurances.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large du marché financier régional, où des entreprises ivoiriennes et maliennes ont déjà expérimenté des émissions titrisées dans le secteur des télécoms. Pour les régulateurs et les investisseurs africains, la réussite de cette initiative pourrait servir de référence pour d’autres utilities publiques, notamment en Afrique centrale, qui cherchent des solutions innovantes pour financer l’électrification rurale et fiabiliser leurs réseaux.
Pour les investisseurs institutionnels, les obligations de SENELEC représentent une alternative intéressante aux bons du Trésor, avec des rendements supérieurs et un placement sécurisé par la qualité des créances titrisées. Les caisses de retraite, notamment, bénéficieront de placements à long terme permettant d’adosser leurs engagements sociaux.
En termes de transition énergétique, les fonds levés permettront de financer la distribution de quarante mille kits solaires dans les zones rurales, de renforcer les partenariats avec les développeurs indépendants pour l’intégration de gaz naturel dans le mix énergétique et d’améliorer le raccordement des infrastructures électriques sans alourdir la dette publique. La réussite de cette opération enverra un signal positif aux partenaires techniques et financiers internationaux sur la capacité des entreprises africaines à s’autofinancer de manière innovante et responsable.
Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°579 – 10/10/2025
Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 9 octobre
Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 09 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
A l’entame du Conseil, il a présenté sa communication sur les points suivants :
CHANGEMENT DE PARADIGME DANS LA PROMOTION DE L’ATTRACTIVITÉ
Le Président de la République est d’abord revenu sur l’organisation de la 2ème édition du Forum Invest in Sénégal sur le thème « Connecter les opportunités, bâtir l’avenir », tenue les 7 et 8 octobre 2025, pour remercier l’ensemble des participants et partenaires pour leur mobilisation et leur engagement.
Après avoir félicité le Premier Ministre, le Gouvernement, les services de l’Etat, avec mention spéciale à l’APIX, pour l’organisation remarquable dudit Forum, il demande au Premier Ministre de veiller, en lien avec chaque ministre concerné et le Directeur général de l’APIX, à la concrétisation et au suivi des engagements pris, lors de la signature des Accords d’investissement et de partenariat, en vue de la réalisation adéquate et rapide des projets sectoriels co-validés.
Le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre d’accélérer la digitalisation des services publics et le déploiement de toutes les réformes recommandées, afin d’améliorer l’attractivité et l’environnement des affaires du Sénégal en faveur des investissements directs étrangers.
Le Président de la République indique, en outre, l’urgence de renforcer la compétitivité de l’économie et le dispositif national de
Promotion de l’investissement et de réfléchir à un système de financement innovant et efficace. A cet effet, il estime qu’il est essentiel pour le Gouvernement d’engager toutes les administrations publiques et le secteur parapublic à un changement de rythme et de paradigme dans l’accompagnement et le suivi des projets privés ou de partenariats public-privé.
PILOTAGE OPTIMAL DES POLITIQUES PUBLIQUES
Rappelant que l’Agenda national de Trans- formation se décline à travers les Lettres de Politique sectorielle de Développement (LPSD), le Président de la République souligne que ces dernières doivent être exhaustives et cohérentes dans le cadre intégral du système national de Planification.
Il instruit ainsi tous les Ministres et Secré- taires d’Etat, membres du Gouvernement, de prendre toutes les mesures et dispositions idoines, sous la supervision du Premier Ministre, en vue de signer, dans les meilleurs dé- lais, avec le Ministre chargé du Plan, la LPSD, validée, de chaque département ministériel.
SUIVI DU PLAN DE TRANSFORMATION DU SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
Après avoir souligné la place de l’Enseigne- ment supérieur, qui demeure un secteur moteur de la modernisation et de la transformation du pays, le Président de la République réitère sa volonté de mobiliser les moyens adéquats pour accentuer sa transformation.
A cet effet, il demande au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de finaliser le Plan d’actions prioritaires (2026-2028) issu des concertations de l’Agenda national de Transformation du Secteur et, au Premier Ministre, de superviser le suivi de l’exécution des projets prioritaires de l’Enseignement supérieur.
CONSTRUCTION ET RÉALISATION D’INFRASTRUCTURES PUBLIQUES DANS LES ZONES ET TERRITOIRES FRONTALIERS
Le Président de la République fait observer que la situation stratégique des zones et territoires frontaliers, appelle des investissements publics massifs en infrastructures sociales de base. Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre, aux Ministres chargés de l’Intérieur, des Finances et des Infrastructures de prendre les dispositions idoines, en vue de renforcer les ressources budgétaires nécessaires à la réalisation progressive et rapide d’infrastructures sociales de base, dans les zones et territoires frontaliers du Sénégal.
Il souligne également l’importance d’une relance des projets et actions du Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (PUMA) dans les zones prioritaires et invite le Premier Ministre à présider, chaque année, un Conseil national de suivi du développement des zones et territoires frontaliers, en vue d’une meilleure programmation et coordination des interventions de l’Etat et de ses démembrements.
PROMOTION DE LA PROTECTION SOCIALE ET DE LA SOLIDARITÉ NATIONALE
Le Chef de l’Etat rappelle les caractères laïque, démocratique et social de la République et demande au Gouvernement de veiller à la vulgarisation des valeurs de la République, au- tour du principe fondamental du « Gouverne- ment du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple
», socle de la cohésion nationale.
Il indique au Gouvernement l’urgence de restructurer les instruments de protection sociale et de promotion de la solidarité nationale. A cet égard, il engage le Premier Ministre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités et le Ministre des Finances et du Budget, à relancer l’allocation de Bourses de Solidarité nationale (BSN) et de bourses d’assistance sociale en cas de sinistre, en conformité avec la nouvelle doctrine de solidarité nationale, d’inclusion, d’équité et de transparence.
AGENDA
Le Président de la République annonce qu’il effectuera, à partir du 17 octobre 2025, une visite de travail au Rwanda à l’invitation de Son Excellence le Président Paul KAGAME et au Kenya du 19 au 21 octobre 2025, à l’invitation de son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :
RENOUVEAU DE L’INVESTISSEMENT POUR LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE NATIONALE
Monsieur le Premier Ministre a fait remarquer que la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation (ANT)-Sénégal 2050 requiert une démarche cohérente reposant sur le triptyque « Redresser-Impulser-Accélérer », dont le lancement du Plan de Redressement économique a été une étape importante.
Il a annoncé aussi que seize (16) réformes majeures ont été élaborées, dont cinq (5) lois déjà adoptées par l’Assemblée nationale, huit (08) projets de décret et trois (3) arrêtés en cours de finalisation. Ces réformes traduisent la détermination du Gouvernement à moderniser l’environnement économique, à renforcer la transparence et la régulation et à bâtir un cadre attractif pour l’investissement, l’innovation et la création d’emplois durables, tout en mobilisant des ressources nécessaires au financement de l’action publique. Ainsi, Monsieur le Premier Ministre a invité à saisir les opportunités d’accélération, à travers l’investissement massif sur une courte période.
Relativement à la tenue du Forum Invest in Sénégal, il a félicité Monsieur le Président de la République pour l’initiative et les services présidentiels dont l’APIX pour la bonne organisation et l’éclatant succès de cet événement phare. Pour être optimal, a-t-il rappelé, l’investissement attendu doit rigoureusement obéir aux priorités dans l’objectif de transformation poursuivi et dans les domaines d’intervention retenus. Cet investissement doit renforcer les poumons économiques du Sénégal, favorisant
l’ouverture sur l’Afrique et le renforcement du capital humain en sortant le maximum de citoyens de l’ignorance, de la précarité sanitaire, du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité.
Par ailleurs, Monsieur le Premier Ministre a abordé l’approche filière de l’Agenda national de Transformation, qui permettra de promouvoir les chaines de valeur et d’impacter significativement sur la vie des populations à travers une transformation structurelle durable. Dans ce cadre, la réalisation d’infrastructures de soutien à l’économie est indispensable. Celles- ci doivent porter notamment sur les ports et aéroports, les ouvrages d’accès aux zones de production, de stockage, de conservation et de commercialisation des produits tirés de l’agri- culture, de la pêche et de l’élevage en particulier.
Enfin, Monsieur le Premier Ministre a insisté sur le bloc de support à l’économie qui doit être renforcé avec la réalisation de grands projets pour rendre disponibles, et à moindre coût, l’énergie et l’eau. Ces investissements sont nécessaires pour un aménagement adéquat du territoire, l’assainissement, les transports et les télécommunications.
Il a annoncé qu’un Plan spécial d’Investissement pour la réalisation des projets structurants prioritaires, sur une période de trois (03) ans (2026-2027-2028), adossé à un schéma de financement, est en cours de finalisation.
Monsieur le Premier Ministre a rappelé que la réalisation des projets retenus dans ledit Plan spécial nécessitera l’aménagement d’un environnement propice et de mesures d’accompagnement. Dans ce cadre, il a demandé à tous les ministres de mettre en place un dispositif dédié de facilitation en faveur du secteur privé national et de prendre les mesures appropriées pour sensibiliser les agents placés sous leur autorité.
DÉVELOPPEMENT DU TOURISME ET VALORISATION DU PATRIMOINE CRÉATIF
Monsieur le Premier Ministre a informé qu’en prélude aux prochains États généraux du Tourisme instruits par le Président de la République, le Gouvernement s’attèle à ériger le tourisme en levier majeur de croissance économique, de création d’emplois, de cohésion territoriale et de promotion de la Destination Sénégal.
Pour ce faire, il a signifié toute l’attention à accorder à la Zone touristique intégrée (ZTI) de Pointe Sarène, qui permettra de créer une destination balnéaire d’excellence, conciliant modernité, durabilité et attractivité.
Monsieur le Premier Ministre a souligné que la réussite de notre ambition touristique repose sur la mise en valeur du patrimoine immatériel du Sénégal ; les industries culturelles et créatives, en particulier l’artisanat, doivent en être les piliers.
En ce sens, il a demandé à l’ensemble des acteurs publics de faire des créateurs et artisans les ambassadeurs de l’identité nationale sénégalaise,
en intégrant systématiquement les produits de l’artisanat local dans les achats publics, les événements officiels et l’aménagement des espaces administratifs ; en réservant aussi une part significative de la commande publique aux productions sénégalaises et en accompagnant les entrepreneurs culturels et artisanaux pour faciliter leur accès aux marchés publics et aux financements.
Monsieur le Premier Ministre a clos sa communication sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 qui constituent une opportunité historique pour le rayonnement du Sénégal. Il a indiqué que le Gouvernement mobilisera toutes les forces vives pour transformer cet événement en un levier de visibilité et de fierté nationale.
A cet effet, une stratégie nationale de “marketing pays” sera mise en œuvre, sous la coordination de la Primature, en synergie avec les ministères du Tourisme, de la Culture, du Commerce et des Sports. Cet évènement sera l’occasion de montrer au monde la vitalité du Sénégal, la qua- lité de son hospitalité, l’authenticité de sa culture et la créativité de son peuple.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
– Monsieur le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;
– Monsieur le Ministre des Finances et du Budget a fait une communication sur le pro- jet de Loi de Finances initiale (LFI) de l’année 2026.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi de finances initiale de l’an- née 2026 ;
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement des Services de Recherches et de Sauvetage (SAR) en temps de paix ;
– le projet de décret fixant l’assiette et les montants des redevances et produits dus pour services rendus par l’Autorité de l’Aviation civile;
– le projet de décret fixant les montants des amendes et pénalités aéronautiques ;
– le projet de décret modifiant l’article 12 du décret n°2011-1055 du 28 juillet 2011 portant création et fixant les règles d’organisation et de
fonctionnement de l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM), modifié ;
– le projet de décret modifiant le décret n°2001-72 du 26 janvier 2001 relatif aux conditions d’importation des véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés ;
– le projet de décret fixant les montants et les modalités d’application et de recouvrement des amendes forfaitaires pour contraventions routières constatées par vidéoverbalisation ;
– le projet de décret fixant les taxes et redevances en matière forestière ;
– le projet de décret portant institution d’un système de marquage fiscal de certaines catégories de marchandises.
AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère des Transports terrestres et aériens :
• Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde n° 624 581/J, est nommé Secrétaire général du Ministère des Transports terrestres et aériens ;
• Monsieur Ablaye DIOP, Planificateur, matricule de solde n° 618 402/G, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du Ministère des Transports terrestres et aériens.
Au titre du Ministère de la Communication des Télécommunications
et du Numérique :
• Monsieur Birane BADIANE, Comptable-auditeur, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de la Communication des Télécommunications et du Numérique, en remplace- ment de Madame Hélène Ndoukite Helndou DIOUF.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique :
• Monsieur Serigne MBAYE, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 516 909/H, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
• Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités :
• Monsieur Edmond KAMARA, Adminis- trateur civil, matricule de solde n° 624 555/C, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fa- mille, de l’Action sociale et des Solidarités.
• Madame Coura SOW, agent de suivi de projets, titulaire d’un Master en Banque et Assurance, est nommée Directeur du Fonds national de Crédit pour les Femmes.
• Monsieur Matar TRAORE, Consultant en Systèmes d’Information décisionnels, est nom- mé Secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la Couverture sanitaire universelle (SEN- CSU).
Au titre du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime :
• Monsieur Mamadou Abibou DIAGNE, docteur vétérinaire de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 600 694/E, est nommé Secrétaire général du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime.
• Monsieur Papa Ndiamé SENE, spécialiste en Finances publiques, matricule de solde n° 625 106/B, est nommé Directeur de l’Adminis- tration générale et de l’Equipement du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime ;
• Monsieur Ibrahima LO, Ingénieur des Pêches et de l’Aquaculture, matricule de solde n° 513 971/D est nommé Inspecteur des Affaires Administratives et financières (IAAF), au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, en remplacement de Madame Marième Diagne TALLA, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public :
• Madame Thioro Mbaye SALL, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 604 145/H, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Ré- forme du Service public ;
• Monsieur Louis Benoit MBAYE, Pro- fesseur de l’Enseignement moyen, matricule de solde n° 666 139/A, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public.
Au titre du Ministère de la Jeunesse et des Sports :
• Monsieur Moussa DIAGNE, Administrateur civil, matricule de solde n° 518 911/C, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Jeunesse et des Sports ;
• Monsieur Aboubakry BOCOUM, Inspecteur du Trésor, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Au titre du Ministère des Infrastructures :
• Monsieur Abdoulaye GUEYE, Conseiller en Planification de classe exceptionnelle, matricule de solde numéro 602 820/B, est nommé Secrétaire général du Ministère des Infrastructures.
Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme :
• Madame Seynabou NIANG, Administra- teur civil, matricule de solde n° 607 623/ F, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ;
• Monsieur Mamadou Moustapha DIALLO, Spécialiste en gestion de projets et en Finances publiques, matricule de solde n° 634 436/Z, est
nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.
Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :
• Monsieur Thierno Seydou LY, Ingénieur pétrolier, matricule de solde n° 727 813/B, est nommé Directeur général des Hydrocarbures au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
• Monsieur Assane MBENGUE, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n° 626 385/J, précédemment Inspecteur d’Académie de Tambacounda par intérim, est nommé Inspecteur d’Académie de Tambacoun- da, en remplacement de Monsieur Babacar DIACK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Khadim SYLLA, titulaire d’un Diplôme en d’Etudes approfondies (DEA) en étude méditerranéenne, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut islamique de Dakar, en remplacement de Mon- sieur Papa Abdou CISSE.
• Monsieur Makha NDIOM, matricule de solde n° 514 154/H, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Education nationale, en rem- placement de Madame Yacine GUEYE
Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique :
• Monsieur Mamadou GUEYE, Psycho- logue Conseiller, matricule de solde n° 685 098/ D, est nommé Directeur général de la Formation professionnelle et technique au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Madame Mame Diarra DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Cheikh Sadibou SIDIBE, Pro- fesseur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n° 704 563/I, précédemment Directeur par intérim du Centre de Référence aux métiers de l’Aviculture de Diamniadio, est nommé Directeur des Examens, Concours professionnels et Certifications au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Alassane DJIGO admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
• Monsieur Mamadou Camara FALL, Ins- pecteur du Travail et de la Sécurité sociale, ma- tricule de solde n° 515 710/C, est nommé Se- crétaire général du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique ;
• Docteur Mamadou KANE, matricule de solde n° 625 481/L, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique.
Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
Affaire Madiambal Diagne : le CDEPS dénonce une atteinte aux libertés et exprime sa solidarité
Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a réagi avec inquiétude à la situation de son ancien président, Madiambal Diagne, actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui secoue le monde médiatique sénégalais. Dans un communiqué publié ce 9 octobre 2025, le CDEPS dénonce la manière dont le journaliste a été empêché de quitter le territoire national et alerte sur les conséquences de ces pratiques sur la liberté de la presse et les droits fondamentaux.
Selon le communiqué, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal après avoir été confronté à une menace réelle d’arrestation alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France. Cette interdiction brutale de sortie du territoire, suivie d’une convocation par un service de police, l’aurait contraint à s’installer temporairement en France pour préparer sa défense.
Le CDEPS dit s’émouvoir de la violence des procédures judiciaires et policières engagées contre son ancien président, estimant qu’elles traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des affaires publiques et dans la manière de traiter les journalistes et acteurs de la presse. « Ces méthodes constituent une menace pour la liberté des citoyens et pour la presse en particulier », souligne le communiqué.
L’organisation professionnelle rappelle également que les entreprises membres du CDEPS traversent une période économique difficile, aggravée par ce qu’elle qualifie de « mesures injustes et illégales » visant à affaiblir leur santé financière. Cette situation, selon le Conseil, s’inscrit dans un climat général de pressions croissantes sur les médias, qui fragilisent le pluralisme et le droit à l’information.
En signe de soutien, le CDEPS exprime sa solidarité totale avec Madiambal Diagne, saluant son parcours et son engagement pour la liberté de la presse. Le Conseil appelle les autorités sénégalaises à garantir le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, particulièrement ceux des journalistes, dans le respect des principes de l’État de droit.
Par ce communiqué, le CDEPS entend également alerter sur la nécessité de préserver un espace médiatique libre et indépendant, condition essentielle pour toute démocratie. L’affaire Madiambal Diagne, selon l’organisation, ne doit pas devenir le symbole d’un recul des libertés au Sénégal, pays historiquement reconnu pour son attachement à la liberté d’expression.
Affaire Madiambal Diagne : Ellipse Projects dément toute implication et dénonce un conflit « politique et médiatique »
L’affaire Madiambal Diagne, liée au Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), continue de faire couler beaucoup d’encre. La société française Ellipse Projects, citée dans l’enquête sur de présumées malversations financières, a tenu à réagir pour la première fois. Interrogée par Jeune Afrique, la directrice de la communication du groupe, Victoria Jaunasse, a fermement démenti toute implication, estimant que l’entreprise est « injustement mentionnée dans un conflit d’apparence politique et médiatique qui ne la concerne pas ».
Au Sénégal, le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne, patron du quotidien Le Quotidien, est visé par une procédure judiciaire portant sur des soupçons « d’enrichissement illicite » et de « passation de marchés frauduleuse » dans le cadre du PROMIJ. Plusieurs membres de sa famille ont également été inculpés. Selon les premiers éléments de l’enquête, les autorités cherchent à établir d’éventuelles connexions financières entre Ellipse Projects, principal prestataire du programme, et la SCI Pharaon, une société immobilière appartenant à Madiambal Diagne et à certains de ses proches.
Face à ces accusations, la représentante d’Ellipse Projects se veut catégorique. « Aucune notification officielle ne nous a été adressée concernant d’éventuelles procédures en cours », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que la société « a respecté l’ensemble de ses engagements contractuels et les mécanismes de contrôle établis par l’État sénégalais ». Le groupe français, spécialisé dans les infrastructures publiques en Afrique, dénonce ainsi ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique d’un dossier purement administratif et technique.
Pour rappel, le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), lancé par le gouvernement sénégalais, visait la réhabilitation et la construction de tribunaux sur tout le territoire national. Ce projet, estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, devait permettre d’améliorer l’accès à la justice et les conditions de travail des magistrats et personnels judiciaires. Cependant, des mouvements financiers suspects ont été signalés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), entraînant l’ouverture d’une enquête pour déterminer d’éventuels détournements de fonds ou conflits d’intérêts.
Alors que le dossier prend une tournure de plus en plus sensible, Madiambal Diagne, qui se trouverait actuellement en France, n’a pas encore publiquement réagi aux dernières déclarations d’Ellipse Projects. De son côté, la société française réaffirme sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités sénégalaises si elle était officiellement sollicitée, tout en dénonçant le caractère « disproportionné » des soupçons portés contre elle dans ce qu’elle décrit comme un « contexte de tensions politiques et médiatiques au Sénégal ».
Rentrée scolaire 2025-2026 : une reprise réussie et pleine de symboles à Ndiaganiao
La rentrée scolaire 2025-2026 s’est déroulée dans un climat d’enthousiasme et de satisfaction sur l’ensemble du territoire sénégalais. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, qui a présidé la cérémonie officielle à Ndiaganiao, dans le département de Mbour, s’est félicité du bon déroulement de cette reprise. Selon les chiffres communiqués, le taux de reprise s’élève à 86 % dans le primaire et à 84 % dans les collèges et lycées, traduisant un engagement fort de tous les acteurs de la communauté éducative.
La cérémonie s’est tenue à l’école privée catholique Marie Médiatrice, un établissement qui compte près de 600 élèves. Dans une ambiance à la fois solennelle et joyeuse, le ministre a salué l’esprit de discipline et de responsabilité qui a marqué cette journée d’ouverture. Le choix de Ndiaganiao pour abriter cette cérémonie revêtait une signification particulière. « Célébrer la rentrée à Ndiaganiao revêt une portée particulière : c’est ici que le Président Bassirou Diomaye Faye a effectué ses premières années d’apprentissage », a rappelé Moustapha Mamba Guirassy dans les colonnes du quotidien Libération.
En visitant la classe où le chef de l’État a fait ses débuts scolaires, le ministre a souligné le caractère symbolique de cette visite. Selon lui, le parcours de Bassirou Diomaye Faye illustre parfaitement la capacité de l’école sénégalaise à révéler des talents exceptionnels, même dans les zones rurales. Il a insisté sur le fait que chaque élève, où qu’il soit au Sénégal, peut rêver grand et réussir grâce à l’éducation, pilier fondamental du développement national.
Pour le ministre Guirassy, ces taux de reprise élevés témoignent du dévouement et du sens du devoir des enseignants, mais aussi de la confiance renouvelée des parents envers l’école publique et privée. Il a rendu hommage à tous les acteurs de l’éducation, rappelant que leur engagement collectif fait de l’école « le cœur battant de la République, enracinée dans ses valeurs et tournée vers l’avenir ».
La rentrée 2025-2026 apparaît ainsi comme un moment fort dans la consolidation des acquis du système éducatif sénégalais. Elle symbolise non seulement la continuité des efforts entrepris par les autorités pour améliorer la qualité de l’enseignement, mais aussi une reconnaissance des potentialités de chaque région du pays. En choisissant Ndiaganiao, le gouvernement a voulu envoyer un message d’espoir et de proximité, soulignant que l’excellence éducative ne dépend pas du lieu de naissance mais de la détermination et du travail.
Cette rentrée, au-delà des chiffres, incarne une véritable dynamique nationale pour une école plus performante, plus inclusive et plus ancrée dans les valeurs républicaines. Elle ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’éducation au Sénégal, une page tournée vers l’avenir, portée par la volonté collective de bâtir un système éducatif à la hauteur des ambitions du pays.

























