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Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État

La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.

Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.

Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.

Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.

L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.


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