Politique
Tahirou Sarr recadre le débat sur les étrangers et appelle le gouvernement à « dire la vérité au peuple »
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par
Diack
À l’issue de la Déclaration de politique générale (DPG) prononcée ce mardi devant l’Assemblée nationale par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, le député Tahirou Sarr a livré une intervention particulièrement critique sur plusieurs sujets, notamment la question de la présence des étrangers au Sénégal et l’application des lois adoptées dans l’intérêt des citoyens sénégalais.
Prenant la parole après le discours du chef du gouvernement, Tahirou Sarr a d’abord insisté sur la nécessité, pour les responsables publics, de faire preuve de transparence dans leur manière de gouverner. Pour lui, les dirigeants doivent avant tout la vérité au peuple, qu’ils considèrent comme la source de leur légitimité.
« Il faut être honnête. Disons la vérité au peuple ! Arrêtons de mentir au peuple ! C’est ce peuple qui nous a placés ici, qui nous fait travailler et qui nous paie pour que nous travaillions pour lui, pour que nous travaillions dans la vérité », a-t-il déclaré.
Le député a poursuivi en présentant la vérité comme une exigence fondamentale dans l’exercice du pouvoir. À ses yeux, un dirigeant ne peut véritablement réussir que lorsqu’il assume ses responsabilités et applique les principes qu’il défend.
« La vérité est une bonne chose pour celui qui dirige et qui l’applique. C’est cela la vraie bénédiction et la vraie réussite », a-t-il ajouté.
Cette sortie intervient alors que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô avait, au cours de sa Déclaration de politique générale, dénoncé la montée de discours qu’il considère comme stigmatisant les étrangers vivant au Sénégal. Le chef du gouvernement avait notamment estimé que de tels discours étaient incompatibles avec les valeurs traditionnellement défendues par le pays.
Une position que Tahirou Sarr n’a pas manqué de contester. Le député estime que la question doit être abordée sous l’angle de l’application des lois et de la protection des intérêts des citoyens sénégalais, plutôt que par des accusations de xénophobie.
« Il y a des problèmes au sujet de ce qui se passe au Sénégal. Ce sont des lois qui ont été votées pour la sécurité et l’intérêt des Sénégalais, mais personne ne les applique. C’est cela la réalité au Sénégal. Et il faut le reconnaître », a-t-il soutenu.
Dans son intervention, l’élu a ainsi voulu déplacer le débat vers la mise en œuvre effective des textes en vigueur. Selon lui, l’existence de lois destinées à encadrer certaines questions liées à la sécurité, à l’immigration ou encore aux intérêts des Sénégalais n’a de sens que si ces dispositions sont effectivement appliquées.
Tahirou Sarr s’est également adressé directement au Premier ministre pour contester l’utilisation du terme « xénophobe » dans ce débat. « Venir vous tenir ici pour traiter les gens de xénophobes. C’est un manque d’arguments », a-t-il lancé, assumant ainsi une position qui pourrait susciter de nouvelles réactions dans les prochains jours.
L’intervention du député ne s’est toutefois pas limitée à une critique du discours gouvernemental. Il a également proposé l’ouverture d’un débat public sur la question, estimant que le gouvernement devait accepter la confrontation des idées et permettre aux différents acteurs de s’exprimer sur un sujet devenu sensible dans l’espace public.
« Vous êtes un gouvernement soi-disant responsable, alors posez le débat pour qu’on en discute », a-t-il déclaré.
À travers cette intervention, Tahirou Sarr entend donc placer le gouvernement face à ses responsabilités sur une question qui suscite de plus en plus de discussions au Sénégal. Pour le député, le débat ne doit pas être réduit à une opposition entre défenseurs des étrangers et supposés xénophobes, mais doit permettre d’aborder ouvertement les conditions d’application des lois et les préoccupations exprimées par une partie de la population.
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