Le Centre hospitalier régional de Tambacounda est au bord d’une crise sanitaire majeure. La banque de sang de l’établissement ne dispose quasiment plus de réserves suffisantes pour répondre aux besoins quotidiens des patients. Mahamadou Ba, responsable de cette banque de sang, alerte sur une situation qu’il qualifie de critique. Les poches de sang des groupes O+ et B+ sont totalement épuisées, tandis qu’il ne reste qu’un nombre infime de poches de groupes A+ et AB+. Cette pénurie compromet la prise en charge des malades, notamment les femmes enceintes en situation d’hémorragie, les victimes d’accidents et les patients souffrant d’anémie sévère.
Cette urgence révèle un déséquilibre profond entre l’effort consenti à Tambacounda et la faible participation d’autres zones. Alors que le département de Tambacounda organise régulièrement des collectes et multiplie les campagnes de sensibilisation, les autres zones de la région comme Koumpentoum, Bakel, Goudiry et plusieurs localités de la région voisine de Kolda, notamment Vélingara et Médina Gounass, n’apportent pas un soutien suffisant. Pourtant, ces localités dirigent régulièrement leurs patients vers Tambacounda dans des conditions critiques. Mahamadou Ba cite des exemples de patients évacués avec des taux d’hémoglobine si bas qu’ils nécessitent une transfusion en urgence dès leur arrivée.
Face à la gravité de la situation, la Direction régionale de la Santé a été saisie officiellement. Néanmoins, selon le responsable de la banque de sang, aucune mesure concrète n’a encore été mise en œuvre pour renforcer les réserves et prévenir une rupture totale. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit plus d’un problème ponctuel, mais d’un défi structurel qui nécessite un sursaut collectif et une coordination régionale plus efficace.
Dans ce contexte, Mahamadou Ba lance un appel solennel à la solidarité. Il invite les associations locales, les mouvements culturels, les centres de santé et même les équipes sportives à se mobiliser et à intégrer le don de sang comme un geste citoyen indispensable. Il déplore que le mouvement nawétane soit réduit aux seules compétitions sportives, alors qu’il pourrait devenir un puissant vecteur de solidarité.
L’hôpital rappelle que chaque poche de sang collectée permet de sauver une vie. Dans les jours à venir, il compte organiser des opérations de collecte décentralisée et sollicite toutes les bonnes volontés pour participer à cet élan. Mahamadou Ba insiste sur l’urgence de la mobilisation et prévient que si rien n’est fait rapidement, des décès évitables risquent de se multiplier. Il conclut en lançant cet appel pressant : « C’est maintenant qu’il faut agir. Chaque donneur peut faire la différence et donner une chance de survie à un malade qui n’a plus d’autre option. »