Le parquet général de Paris a requis, ce mardi 24 mars 2026, une peine de 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Tariq Ramadan , jugé pour des accusations de viols visant trois femmes. Cette réquisition s’inscrit dans le cadre d’un procès particulièrement sensible, ouvert le 2 mars devant la cour criminelle, et qui retient depuis plusieurs semaines l’attention de l’opinion publique.
Âgé de 63 ans, l’accusé ne s’est pas présenté à l’audience de ce mardi, un fait qui a immédiatement conduit la juridiction à délivrer un mandat d’arrêt à son encontre. Cette décision marque une étape importante dans la procédure, traduisant la volonté de la cour de poursuivre les débats malgré l’absence du principal mis en cause. Le procès se déroule désormais sans lui, une situation rare mais prévue par le droit français dans certaines circonstances.
La question de l’état de santé de Tariq Ramadan a occupé une place centrale dans les discussions judiciaires. Atteint de sclérose en plaques, l’islamologue avait invoqué son état pour justifier son impossibilité de comparaître. Toutefois, les experts médicaux désignés dans le cadre de l’instruction ont estimé que sa condition était compatible avec une présence devant la justice. Cette conclusion a pesé lourd dans la décision de maintenir le procès, rejetant ainsi les arguments avancés par la défense.
Les avocats de l’accusé ont vivement réagi à cette appréciation. Dénonçant ce qu’ils considèrent comme une procédure inéquitable, ils ont qualifié le procès de « parodie de justice ». En signe de protestation, ils ont quitté la salle d’audience, laissant la cour poursuivre les débats sans la présence de la défense constituée, ce qui renforce encore le caractère exceptionnel de cette affaire.
Au-delà de la peine de réclusion criminelle, le parquet général a également requis une interdiction définitive du territoire français contre Tariq Ramadan. Une telle mesure, si elle est prononcée, ne s’appliquerait qu’à l’issue de l’exécution de sa peine, dans l’hypothèse d’une condamnation. Elle traduirait la gravité des faits reprochés et la volonté des autorités judiciaires d’écarter durablement l’accusé du territoire national.
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