Justice
Affaire de viol à Thiès : six ans de réclusion pour A. G., le neveu qui abusait de sa tante sous prétexte de rituel mystique
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par
Diack
La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès a rendu ce mardi son verdict dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion locale. A. G., un homme âgé d’une trentaine d’années, était poursuivi pour viols répétés sur la femme de son oncle. Après trois ans de détention provisoire, la justice a finalement tranché : l’accusé a été reconnu coupable et condamné à six ans de réclusion criminelle.
Le délibéré faisait suite à l’audience du 28 octobre 2025, au cours de laquelle le ministère public avait requis une peine de quinze ans de prison. Le juge n’a cependant pas suivi intégralement les réquisitions du procureur de la République, estimant que les éléments du dossier justifiaient une condamnation moins lourde.
Les faits remontent à 2022. Selon le dossier d’instruction, A. G. aurait profité de la confiance que lui accordait sa tante, R. C., l’épouse de son oncle, pour l’abuser sexuellement à plusieurs reprises. La victime a raconté à la barre comment son neveu lui avait proposé de rencontrer un marabout censé l’aider à « consolider son ménage », qui traversait alors une période difficile. Dans ce cadre, il lui aurait parlé d’un prétendu « rituel mystique » impliquant des rapports sexuels avec un homme autre que son époux afin de chasser les mauvais esprits et renforcer les liens conjugaux.
C’est sous le couvert de ce stratagème, selon les déclarations de la plaignante, qu’A. G. aurait réussi à entretenir des rapports sexuels avec elle à trois reprises. Des relations qu’elle dit avoir subies sous l’emprise de la peur et de la manipulation mystico-religieuse.
Mais les agissements de l’accusé ne se seraient pas limités à cette seule victime. L’enquête a révélé qu’il aurait tenté d’utiliser le même procédé auprès d’une autre femme mariée, l’épouse d’un marabout établi à Thiès. Ce dernier, cité comme témoin à la barre, a affirmé avoir surpris A. G. « presque nu » dans sa chambre conjugale, prêt à passer à l’acte. Cette scène, décrite avec précision lors du procès, a renforcé les soupçons du tribunal sur les méthodes employées par l’accusé.
Face aux juges, A. G. a nié catégoriquement les faits, évoquant une « machination » montée contre lui. Ses dénégations n’ont cependant pas convaincu la Chambre criminelle, qui a estimé que les témoignages concordants de la victime et du marabout, ainsi que les circonstances du dossier, établissaient suffisamment sa culpabilité.
Le verdict est tombé : six années de réclusion criminelle, une peine qui reste bien en deçà des quinze ans requis par le parquet, mais qui marque la reconnaissance par la justice de la gravité des faits.
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